• Lu sur Bretagne-info bretagne-info.org/2018/08/07/les-communistes-du-pcf-et-la-question-alsacienne/ :


    Les communistes du PCF et la question alsacienne

    Alsace : les lignes en train de bouger... à la JC ?

    Il n'est pas exagéré ou injurieux d'affirmer que le PCF en Bretagne est pour le moins frileux quant à l'évocation de la moindre évolution institutionnelle en Bretagne. Si des engagements sincères en son sein existent ici et là en faveur de la langue bretonne, on n'a jamais lu un texte de ce parti en faveur de la co-officialité de la langue bretonne.

    Suivant les fédérations départementales  on perçoit bien que tous les adhérents de ce parti ne sont pas très à l'aise avec ces questions. Il faut dire que leur histoire d'amour tumultueuse avec la mouvance mélenchoniste, elle très hostile à la langue bretonne et même à l'affirmation de la moindre singularité bretonne, n'aide pas pour classer ce parti dans le camp des défenseurs du droit du peuple breton à choisir son avenir. Peu semblent savoir en son sein que l'Humanité en 1932 défendait les poseurs de bombe de Gwenn-ha-Du, groupe "terroriste" nationaliste breton qui fit sauter le monument de la honte à Rennes symbolisant l'union de la Bretagne à la France et par là même le droit du peuple breton à l'autodétermination.

    En Alsace, suite à la constitution du soviet de Strasbourg (un des seuls conseils ouvrier-soldats-paysans de l'actuel État français) qui institua l'éphémère république d'Alsace-Loraine en novembre 1918, les communistes du PCF ont parfois fait front commun avec la revendication autonomiste alsacienne dans les années 1920 et 30, en défense des libertés et de la langue locale.

    Comme en Bretagne, le PCF abandonna progressivement ce soutien aux nationalités opprimées de l'Hexagone au fur et à mesure qu'il entamait sa mue en parti de gouvernement défendant l'unité de la France.

    [Lire à ce sujet : le-pcf-et-la-question-alsacienne.html]

    Depuis 2014 et la réforme territoriale qui a engloutit l'Alsace-Moselle dans le Grand-Est, la revendication "autonomiste" alsacienne a reprit de la vigueur et de la visibilité. Les scores du Parti autonomiste Unser Land, près de 5 % aux régionales de 2015 et de très bonnes prestations aux départementales, sa capacité à mener des campagnes contre le Grand Est en sont des témoignages. Unser Land (le Parti Alsacien) est un parti centriste et fédéraliste.

    Désir d'Alsace ?

    C'est un courant suffisamment puissant qui oblige comme le rappelle le journal "Les Echos" du 6 aout 2018 le gouvernement "d' Edouard Philippe à charger la ministre Jacqueline Gourault d'une nouvelle mission de concertation sur l'avenir institutionnel de l'Alsace. Un rapprochement entre Haut-Rhin et Bas-Rhin est envisagé." Et le préfet Marx de se prononcer malgré "un désir d'Alsace" perceptible dans la population contre une sortie de l'Alsace de la région Grand-Est et une future collectivité unique. Le combat pour que le peuple alsacien puisse s'exprimer est à mener.

    Le retour de l'Alsace rouge ?

    Mais à part Unser Land une autre formation a fait une déclaration étonnamment favorable à l'autonomie de l'Alsace, parlant même d'autodétermination, de référendum et d'indépendance. Les Jeunesses communistes du Bas-Rhin ont adopté une résolution en novembre 2017 lors d'une conférence fédérale ayant pour mot d’ordre : « Pour une Alsace libre et dans les mains de ses travailleurs » (!!) et exigeant :

    À court terme : bilinguisme appliqué dans l’enseignement (français/allemand-alsacien), promotion de la langue et de la culture régionale, réappropriation des symboles alsaciens par le mouvement communiste (drapeau rouge et blanc, etc.), maintien du droit local (notamment en ce qui concerne l’assurance maladie), abolition du Concordat par référendum.

    À moyen et long termes : autonomie avec autodétermination du peuple alsacien (référendum pour une indépendance, etc).

    En plus de cette résolution, les jeunes communistes alsaciens recouvrent les murs d'affiches sur lesquelles ils assument clairement leur mots d'ordres.

    Alsace : les lignes en train de bouger... à la JC ?

    C'est surprenant et réjouissant, nous serions curieux de savoir ce qu'en pensent leurs alter-égos des fédés PCF et MCJF de Bretagne (Loire-Atlantique incluse !)....

    Ce qui serait des revendications justes en Alsace ne le serait pas en Bretagne ?

    Bretagne-info leur est ouvert...

    PS : la photo de une est issue d'un rassemblement de la Brigade Antifasciste de Strasbourg qui a publié un intéressant texte contre la récupération de l'identité alsacienne par les fascistes.


    1 commentaire

  • (bien que la probabilité de voir Marine Le Pen accéder au pouvoir ait toujours été objectivement très faible)

    À présent il est possible de dire qu'il y a une expérience, avec l'Italie de Salvini, l'Autriche de Kurz et Strache, les États-Unis de Trump et dans une certaine mesure l'Angleterre du Brexit.

    La "droite radicale populiste" au pouvoir, c'est donc avant tout des mesures racistes et plus encore des discours "décomplexés" qui "libèrent" des agressions ultra-violentes, parfois mortelles de la part d'éléments populaires, en plus des forces d'État (sur lesquelles on n'a pas encore de statistiques en termes de violences et de meurtres, mais une augmentation notable est fort possible, aux États-Unis il y a les pratiques ignobles de la police de l'immigration - ICE - que l'on peut observer, les enfants en cage séparés de leurs parents, un enfant qui vient de mourir récemment dans un centre etc.) ; tandis que rien ne permet encore à ce stade de parler de durcissement significatif à l'encontre de la gauche blanche.

    On assiste donc plutôt à un allègement (ou une prétention, du moins) de l'austérité pour les Blancs sur le dos des non-Blancs ; et non, comme il était légitime de pouvoir le penser au regard des fascismes du siècle dernier, une politique de terreur contre les Blancs de gauche, un écrasement du mouvement ouvrier, mais peu de changement réel par rapport aux "démocrates" pour la condition des colonisés.*

    On saura donc pour l'avenir, surtout en cas de vrai risque que le FN accède au pouvoir, que les discours blancs "on s'en fout, on continuera la lutte comme avant" ont en fait raison, mais ne pensent en disant cela un peu qu'à leurs gueules ; et que c'est surtout chez les indigènes qu'une démarche barragiste est compréhensible.

    Bon après, le barragisme en soi n'est pas la solution, car une extrême-droite qui louperait le coche par un score de 45 à 49,99% verrait de toute façon la moitié ou plus de son programme appliquée par le vainqueur "républicain" (ne parlons même pas de si c'est un Wauquiez...), fût-ce en faisant preuve d'un peu de discrétion, en ne communiquant pas trop fort dessus, à l'attention de l'autre moitié libérale ou "de gôche" de la société (cf. les pratiques de l'ICE sous Obama, tout simplement... passées sous silence par la gauche alors que quand c'est Trump ça sort).

    La politique sarkozyste pendant 10 ans, après le "séisme" du 21 avril 2002 ; puis de Hollande-Valls et maintenant Macron-Collomb, rythmée par des succès électoraux FN conclus par 10 millions de voix à la présidentielle ; devrait nous permettre aisément d'imaginer ce qu'il en serait avec une extrême-droite non pas à 20 ni même 30 mais 48%...

    [Lire par exemple à ce sujet (article socedem pro-FI) : http://www.regards.fr/politique/article/loi-asile-et-immigration-le-fn-et-en-marche-main-dans-la-main-a-l-assemblee]

    Ce ne sont pas les programmes des partis, les promesses électorales ni les plateformes d'accords de second tour qui font la politique des élus, mais "l'opinion" quotidiennement sondée, afin d'essayer de terminer son mandat le moins bas possible en popularité. Une "opinion" elle-même forgée par les médias du Capital, petits et grands, mainstream ou "anti-système".

    C'est la raison pour laquelle la lutte politique est d'abord et avant tout une lutte d'HÉGÉMONIE.

    Les dirigeants bourgeois ne font en réalité JAMAIS que gouverner avec la moitié de la société à leur droite et l'autre moitié à leur gauche, en fonction des idées hégémoniques dans la conscience collective (on pourrait presque dire à ce sujet que Hitler a cherché à gouverner avec le nationalisme pangermaniste, conservateur et anticommuniste à sa droite et le "socialisme" réformiste à sa gauche, d'où le "national-socialisme"...) ; et la révolution est en dernière analyse une longue lutte prolongée pour que nos idées "radicales" deviennent "centristes" dans le corps social, en montrant dans le feu de la lutte à une portion grandissante des gens que ce que nous proposons est pour eux la voie du POUVOIR sur leurs destinées et d'une vie meilleure (faille-t-il beaucoup endurer pour y arriver).

    https://www.lecho.be/economie-politique/europe/general/salvini-seme-la-haine-des-italiens-passent-aux-actes-et-l-europe-se-tait/10036285.html

    On s'est beaucoup posé la question au moment de la présidentielle l'année dernière

    [* Nous sommes de toute évidence devant une mutation du fascisme, en lien avec l'évolution finale de l'impérialisme vers un "Tiers Monde" colonisé devenu le véritable centre productif de la planète et non plus simplement de quelques matières premières ou agricoles bien précises comme avant.

    Il y avait des pays-mines, à vocation extractive, et une production agricole d'"appoint" (ce qui ne poussait pas en Europe, déjà pour commencer). Mais on est passé ces dernières décennies à des pays-USINES, de transformation, ce qui était strictement réservé à l'Occident ou au Japon auparavant (les Anglais avaient même activement DÉTRUIT l'industrie textile indienne de transformation du coton, pour la réserver à l'Angleterre).

    Une évolution que Hobson avait prophétisée NwfBvTX0M.png ; Lénine ne se disant pas en désaccord, mais que la révolution mondiale l'empêcherait... Or la première vague de celle-ci s'est terminée par une défaite temporaire, et c'est précisément à partir de ces mêmes années 1980-90 que l'on a vu la "prophétie" se réaliser.

    Quant à l'agriculture, on a aussi désormais tendance à produire TOUT ce qui est nécessaire (en quantités forcément phénoménales, puisque la population mondiale a triplé depuis 1917) dans le "Sud global", qui compte aussi des zones climatiques tempérées ; laissant les agriculteurs occidentaux, en Europe de l'Ouest du moins, dans un rôle de paysagistes et de défricheurs anti-incendies.

    À l'époque léniniste donc, le fascisme était surtout destiné à fermement encadrer, et au besoin écraser les classes ouvrières européennes ; et ne représentait pas un "saut" qualitatif dans l'oppression pour les asservis coloniaux : on peinerait à expliquer ce que Mussolini a fait de bien différent dans les colonies italiennes, ou dans sa guerre en Éthiopie, de la France en Algérie par exemple (quant à Hitler en Europe - de l'Est surtout - occupée, il n'a rien fait de différent de la conquête européenne des Amériques sur un temps plus "ramassé" et avec des moyens plus industriels).

    Aujourd'hui, le nouveau fascisme en Occident exprime plutôt une dynamique de durcissement contre le Tiers Monde "usine et grenier de la planète", les masses non-blanches qui tendent à être devenues le "seul vrai" prolétariat en Occident même et les néo-migrants dont "la place est dans leurs pays" (à y produire pour beaucoup moins cher et sans bénéfice des acquis sociaux) ; et les classes populaires blanches tendent à être devenues une "grande aristocratie ouvrière" sur laquelle ce durcissement contre les indigènes vise au contraire à alléger les effets de la crise.

    Finalement, un modèle précurseur de cela était l'Allemagne nazie... où il y a certes eu une grande répression de l'AVANT-GARDE communiste et socialiste organisée, mais pour la grande masse de la population, comme l'explique Parenti ekladata.com/3f8eDnJ_1EPeE4It8bBHNjah5RI.jpg, il n'y avait "pas grand chose à faire" à part ne pas être engagé politiquement contre le régime, et détourner le regard des persécutions politiques et raciales, pour vivre de manière très agréable et connaître même une amélioration constante de son niveau de vie, sur les dos des pays envahis les uns après les autres ou des Juifs spoliés et envoyés à la mort.

    Ce n'est finalement pas très différent aujourd'hui, hormis que l'on évite de faire "trop de vagues" en attaquant et envahissant ses voisins blancs...

    Si vous faites les chauds, vous vous faites niquer la gueule (physiquement puis pénalement) avec une violence peut-être effectivement croissante d'année en année, mais qui a justement montré (aussi) une totale indépendance vis-à-vis de toute alternance droite/gauche.

    Mais le fascisme au sens "commun", celui des régimes de ce nom au 20e siècle, ce n'est pas cela. C'est "empêcher les cerveaux (révolutionnaires) de penser pour 20 ans", comme Gramsci, et encore ça c'est la version soft (oui, de 1922 à 1943 du moins le fascisme italien a été plutôt "soft" en métropole). C'est être violemment réprimé pour simplement ÊTRE révolutionnaire, ou même réformiste radical.

    Aujourd'hui on a le droit de penser, dire, et même faire ce que l'on veut tant qu'on n'enfreint pas les lois pénales, qui fixent les limites de la combattivité : s'en prendre aux biens, privés ou publics (casser, exproprier, incendier, faire sauter), et bien sûr aux personnes ; ou inciter haut et fort à le faire... Et ceci n'est pas le fascisme au sens "classique".

    Aux États-Unis, le Pouvoir bourgeois pratique plus de 1.000 exécutions extrajudiciaires par an, soit autant que bon nombre de dictatures ces 70 dernières années ; sans compter les exécutions judiciaires, certes en diminution par rapport au pic autour de l'an 2000 ; et ce pour le seul et simple fait d'ÊTRE... non pas révolutionnaires, mais noirs ou latinos, et pauvres. Les prisons, qui renferment approximativement un Américain sur 200, comptent un tiers de détenus noirs contre seulement 12% dans la population générale, plus d'un quart de Latinos contre 16%, seulement 30% de Blancs pour... 64%, et par déduction 15% d'autre minorités contre 8% number-of-blacks-and-whites-in-prison ; des détenus dans la plupart des cas condamnés pour des peccadilles, généralement soumis à un vaste et juteux système de travail forcé qui a remplacé l'esclavage louisiane-les-prisonniers-rapportent-gros, et ensuite privés de droits civiques longtemps après l'exécution de leur peine : il est parfois estimé qu'un Noir sur quatre, voire sur trois fera de la prison au cours de sa vie (une chance sur 20 pour un Blanc) et se trouvera par la suite dans cette situation, ainsi que légalement discriminé à l'emploi, au logement etc.

    Par contre, vous pouvez déclarer PROGRAMMATIQUEMENT vouloir déclencher une Guerre populaire pour renverser les institutions et établir la dictature socialiste du prolétariat... UN leader sera peut-être éventuellement arrêté, et libéré au bout de quelques mois.

    Hitler aurait fait décapiter toute l'organisation à la hache ; les militaires argentins ou turcs des années 1970 les auraient fait disparaître sous des tortures abominables, découper à la scie etc.

    Rien de cela n'existe, ni ne semble à l'ordre du jour dans le programme d'aucun mouvement d'extrême-droite susceptible de remporter les élections en Occident aujourd'hui. Mais en vérité... à quoi cela servirait-il lorsque l'on voit l'efficacité de la propre gauche radicale anticapitaliste à se neutraliser elle-même, par le terrorisme intellectuel voire parfois jusqu'à la violence physique, sans besoin du moindre nervis fasciste pour ce faire ; et le "phare" de son "antifascisme", justifiant des brigades internationales armées, n'être rien d'autre que l'établissement d'un protectorat impérialiste au Moyen-Orient et une guerre contre des "barbares" désignés comme tels par tous les grands médias ?

    Même ce que dit Parenti est inexact : il n'y a pas de "persécution des activistes" ni de "destruction des syndicats" sur lesquelles les Occidentaux seraient déjà disposés à fermer les yeux pour que s'instaure le fascisme. Les activistes gauchistes sont le meilleur dispositif contre-révolutionnaire contre eux-mêmes ; et les syndicats sont soit combattifs et n'existent plus (ou presque), soit puissants et des agents cogestionnaires du Capital. L'hégémonie idéologique de masse se partage entre conservatisme, ultra-libéralisme individualiste et je-m'en-foutisme/fatalisme.

    La droite radicale n'exprime en réalité de nécessité que celle de s'affranchir des "bonnes âmes" humanistes pour mener à bien les restructurations économiques exigées par la crise (et encore, même là, on peut se passer d'elle...) ; ce qui inclut de renvoyer chez eux (où les monopoles impérialistes en ont besoin) les prolétaires qui tentent de venir récupérer en Occident un peu de ce qui a été pillé dans leurs pays, et éventuellement d'exclure du corps légitime de la nation les "indésirables" non-blancs déjà là pour maintenir autant que possible le niveau de vie des Blancs ; et de mobiliser l'opinion pour la guerre de repartage impérialiste dans les (mêmes) "pays de sauvages"...

    Et cela, faute de lutte politique d'hégémonie acharnée pour leur faire comprendre que ce n'est pas leur intérêt à long terme, est bel et bien l'intérêt à court terme des Occidentaux et ne nécessite même pas qu'ils en détournent le regard.]

    ***************************

    Réponse à un commentaire ci-dessous :

    "On pouvait vivre très agréablement en Allemagne nazie à condition de ne pas être juif ou engagé politiquement. A condition aussi de ne pas être envoyé crapahuter par -45 à Moscou ou Stalingrad. Les syndicats étaient interdits. Vous parlez comme si les luttes de classes étaient dans la période actuelle des luttes essentiellement raciales."

    Aux élections de novembre 1932, le total des voix socialistes et communistes s'élevait à plus de 13 millions.

    On n'a vu autant de monde ni dans les camps de déportation politique, ni dans le maquis les armes à la main, ni se mettre en grève générale. Aux premières élections non-libres (novembre 1933), seulement 3 millions exprimeront leur opposition par des bulletins invalides, et il y aura près de 40 millions de voix pour le NSDAP contre 11 millions un an plus tôt (moins de 20 millions pour le total des droites).

    Un autre scénario aurait peut-être été possible si le nazisme avait fait BAISSER le niveau de vie. Mais en réalité, il l'a fait augmenter... D'abord par des mesures revenant tout simplement au New Deal de Roosevelt, puis en reprenant possession de la Rhénanie et de la Sarre, puis en spoliant progressivement 700.000 Juifs et en redistribuant leurs patrimoines, puis enfin en conquérant et pillant l'Europe entière.

    À l'été 1941 (avant le début de l'enfer en URSS, puis les déluges de bombardements alliés), en échange de leurs enfants dans l'armée (mais les pertes restaient alors raisonnables par rapport à 14-18), les Allemands avaient probablement le plus haut niveau de vie au monde, sur le dos de son continent le plus riche, devenu leur colonie. Suffisait d'y penser ! Et qui allait se plaindre d'une telle situation ?

    Certes il y avait aussi que tous les nés après 1920 (moins de 13 ans en 1933, ou nés après) n'avaient été formés politiquement qu'au nazisme ; mais quid des autres ? Le facteur niveau de vie était réellement le principal.

    L'Allemagne nazie quand on y pense était réellement, sur 12 ans, une métaphore de l'Occident déjà à l'époque (dans lequel elle était radicale, ultra, mais pas une "anomalie") et encore plus aujourd'hui. Du point de vue non pas de "lutte raciale", mais ANTI-IMPÉRIALISTE (cœur du léninisme et encore plus du maoïsme) qui est le nôtre.

    La seule différence est que l'extrême-gauche n'est pas envoyée dans des camps mais, par la combinaison de son crash général des années 1980-90 et de ses difficultés à repartir depuis, se neutralise elle-même, confinée dans le "camp de concentration" de son microcosme, et ne représente aucune menace. Et les moyens technologiques rendent les guerres moins meurtrières pour les armées impérialistes qu'à l'époque et que jamais. De quoi "l'opinion" se soucierait-elle donc ?

    Le travail politique des révolutionnaires, qui a pour préalable leur réorganisation générale sur des bases saines et la proclamation de la mort de la "gauche radicale" pour crier "Vive la Révolution", est bien sûr ce qui permettra en premier lieu de se sortir de cette ornière ; mais il faut vraiment espérer de tout cœur ne pas avoir à s'en prendre plein la gueule comme les Allemands entre 1942 et 45 pour que les choses se débloquent réellement en masse.


    6 commentaires

  • - Il faut peut-être tout d'abord commencer par réaffirmer quelques points par rapport à cette position sur Rojava qui peut de prime abord sembler saugrenue de notre part, nous qui militons pour la libération révolutionnaire socialiste du Peuple occitan et de tous les peuples opprimés de l'État français et d'ailleurs. Les choses sont assez synthétiquement expliquées ici : quelques-considerations-sur-le-confederalisme-democratique-et-la-question-nationale

    Le PKK d'Öcalan n'est pas une organisation qui lutte pour, mais qui a au contraire TOTALEMENT LIQUIDÉ l'indépendance socialiste du Kurdistan vis-à-vis de l'État fasciste (centraliste négateur calqué sur la France) turc, ce que nous soutiendrions bien évidemment même si nous préférerions encore plus, comme nos camarades du TKP/ML, une révolution démocratique dans tout l'État qui offrirait ensuite à chaque peuple l'autodétermination. Le PKK est une organisation LIQUIDATRICE de cela ; libre à quiconque, breton ou pas, de se bercer d'illusions contraires mais c'est ainsi.

    Sa lutte ne prend plus sens, à l'arrivée, que comme instrument de l'impérialisme pour déstabiliser ou se tailler une part des États qui se partagent les terres kurdes, dans la gigantesque guerre de repartage impérialiste qui secoue actuellement le Moyen-Orient. recapitulatif-articles-sur-rojava

    - Le retrait américain (et forcément occidental dans la foulée). C'est une question qui fait l'objet de déclarations contradictoires depuis la fin de l'année dernière, y compris de la part de Trump lui-même (roi incontesté de la volte-face). Mais il faut déjà savoir de quel retrait on parle ! Il n'est en réalité, apparemment, nullement question de retrait au sens d'"abandon" de la région par le bloc occidental ; mais plutôt d'un désengagement au sens d'éviter un sinistre bodycount à l'irakienne... À mesure que les dernières poches de la menace Daesh se réduisent, les effectifs (déjà essentiellement des forces d'élite, de toute façon) ont effectivement vocation à être retirés. La question d'un déploiement de troupes arabes a été évoquée et la Jordanie, l'Arabie saoudite et surtout l'Égypte de Sissi (en assez bon termes avec le régime d'Assad, ce qui serait un "plus") approchées en ce sens ; des voix discordantes faisant cependant parfois valoir que ces troupes n'apporteraient pas vraiment de valeur ajoutée aux aguerries FDS, et que tous ces pays ont déjà leurs capacités militaires  lourdement engagées par ailleurs (Yémen, Sinaï etc.). la-croix.com/Syrie-Etats-Unis-voudraient-remplacer-militaires-force-arabe

    À Manbij il n'y a eu absolument nul retrait occidental mais, longuement négocié avec Erdogan, un repli des YPG/J de l'autre côté de l'Euphrate (déjà largement entamé  bien avant l'accord de début juin) et l'autorisation de patrouilles turques dans le secteur ; les forces spéciales US et françaises sont toujours bien là, aux côtés des FDS arabes locales sans les Kurdes. challenges.fr/syrie-milice-kurde-ypg-va-retirer-ses-conseillers-de-manbij

    french.xinhuanet.com/patrouilles-conjointes-turquie-etats-unis

    Concrètement, l'Occident veut bien sûr éviter le "bourbier" (si coûteux politiquement) pour ses troupes, mais n'est absolument pas sur la voie d'un "retrait" signifiant abandon total de ses intérêts.

    - L'axe géopolitique tant de Trump que de Macron semble en fait marqué par un paradoxe : une confrontation croissante avec l'Iran (où les "ultras" à la Ahmadinejad pourraient bien prochainement reprendre le pouvoir aux "modérés" en place depuis 2013), et même avec des régimes trop "non-alignés" comme celui d'Erdogan ou encore le Qatar (éviction de Tillerson qui tendait à le "protéger" apparemment-tillerson-s-est-fait-virer) ; mais en même temps une volonté de ménager la Russie, ce qui pourrait bien déboucher sur quelque chose comme "mains libres" en Syrie pour Poutine contre "mains libres" en Palestine et alentour pour Trump et sa clique d'ultra-sionistes et de fondamentalistes chrétiens millénaristes, avec leur VRP local Netanyahou... haha-interessant-russie-deal-du-siecle-palestine

    middleeasteye.net/sissi-detient-la-cle-du-programme-envisage-par-trump-dans-le-sinai-pour-tuer-l-etat-palestinien

    Aussi proche (contrairement aux délires des "anti-impérialistes" poutinolâtres, soraliens et autres) d'Israël qu'elle ne l'est de Téhéran, la Russie travaille aussi à résoudre un autre paramètre essentiel du conflit, qui est la terreur des sionistes devant l'installation massive de forces militaires iraniennes et du Hezbollah à leurs portes (Golan) ; en quête d'un modus vivendi certes laborieux à trouver : actuj.com/presence-iranienne-en-syrie-ce-que-change-l-accord-entre-russes-et-israel - lejdd.fr/russie-intermediaire-conflit-entre-israel-et-liran - orientxxi.info/syrie-subtil-jeu-d-equilibre-russie-entre-israel-et-iran - jforum.fr/israel-ne-croit-plus-moscou-sur-le-retrait-iranien-du-sud-syrien

    - De là sans doute, plus qu'un quelconque "abandon occidental face à Erdogan", la raison de l'accord en voie de finalisation pour la restitution de Rojava à l'autorité de Damas termes-exacts-accord-conclu-forces-kurdes-regime-syrien. Un accord qui en contrepartie de cette restitution, outre quelques concessions à la langue et à la culture kurde, prévoit surtout... l'attribution du Ministère du Pétrole à un Kurde du PYD ou proche. Ce qui, avec les liens étroits tissés au cours des années de guerre contre Daesh, signifie QUOI pour le bloc impérialiste occidental d'après vous ??! Nous, à part une COGESTION russo-occidentale de fait des gisements syriens, on ne voit pas bien...

    Mais bien sûr, nous avons là ("enfin" !) l'accord "anti-impérialiste" Rojava-régime (contre "Hitlerdogan", s'il vous plaît !) qui pourra être brandi comme argument par le dernier carré de rojavistes internationaux, pour continuer à nous fourguer en contrebande tout leur opportunisme gaucho-impérialiste dans l'analyse internationale, leur lutte contre l'idéologie et les devoirs révolutionnaires de notre époque etc. etc. (tant pis pour les libertaires planant à 10.000, et les gauchistes atlanto-sionistes cocus).

     

    Un point (final ?) sur la situation en Syrie et au Moyen-Orient


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  • ... par Trump parce qu'il s'est opposé à une possible offensive saoudienne-émiratie contre le Qatar, qui s'est considérablement (re-) rapproché de l'Iran comme Erdogan de la Russie ces deux dernières années : (en anglais)

    https://www.rt.com/news/434852-tillerson-stopped-invasion-qatar-report/

    [En français, la chose avait déjà été évoquée par le journaliste spécialiste du Moyen Orient, Georges Malbrunot :

    https://mobile.twitter.com/Malbrunot/status/973573352148357121

    http://www.actuj.com/2017-06/moyen-orient-monde/5312-georges-malbrunot-trump-a-epouse-les-theses-saoudienne-et-emiratie]

     


    2 commentaires

  • Nous ne pensons pas qu'il existe de véritable opportunisme liquidateur dans le maoïsme international ; sinon une espèce d'olympiade sportive mondiale de s'en accuser mutuellement.

    Il existe des PENCHANTS. Le sisonisme philippin a un PENCHANT vers l'opportunisme de droite, le pragmatisme/réalisme, avec parfois des relents postmodernes ou de libéralisme envers le postmo.

    Le gonzalisme a un penchant vers le dogmatisme paralytique qui a l'insigne mérite de pratiquement interdire de se tromper, de quasi systématiquement pouvoir "l'avoir bien dit" quand ça part en vrille, mais qui interdit aussi à notre sens dans la plupart des cas toute ligne de masse, toute réelle action ; sauf au Brésil où il a un background et ne part pas de rien ; mais ailleurs il n'avance pas vraiment, même dans des pays proches du Pérou.

    D'autres ont des penchants mouvementistes sans réel fond politique, sous un "village Potemkine" spectaculaire : le maoïsme occidental, notamment, est fait de villages Potemkine, voilà le mot. C'est beau, mais quand on toque un peu dessus, toc toc, c'est creux. Il n'y a pas de contenu.

    Certes, dire que l'opportunisme liquidateur n'existe pas implique de ne prendre en compte que le TKP/ML légitime et non les usurpateurs liquidateurs rojavistes qui eux le sont vraiment, encore que certains pourraient en revenir (devant la voie de garage évidente que représente de se mettre à la remorque du PKK et du HDP). Mais bref.

    Il y a une tendance générale qui est de considérer que poser les principes universels de la "3e et supérieure étape" du marxisme se suffit à soi-même, et à ne pas développer une PENSÉE pour empoigner réellement le glaive de la révolution dans chaque pays et les conditions qui lui sont propres.

    Lorsqu'il s'agit de copier-coller ce qui s'est fait au Pérou dans des pays assez similaires, comme au Brésil, ça peut fonctionner... Mais pas systématiquement, y compris dans des pays encore plus proches comme l'Équateur. Au demeurant ni le Pérou, ni le reste de l'Amérique latine actuels ne sont le Pérou des années 1970, c'est un problème et l'a peut-être déjà été au Pérou lui-même dans les années 1990.

    D'autres mouvements importants (Inde, Philippines, Turquie et Kurdistan du Nord) capitalisent sur ce qui a été "pensé" à leurs débuts, dans les années 1960 ou 70.

    [Nous avions déjà évoqué cette question il y a quelques mois : pour-en-finir-avec-histoires-controverse-amerique-du-sud-vs-philippines ; comme quoi le problème est moins qu'il y ait des "déviations" plaçant telles ou telles organisations hors du MLM, qu'une prétention à définir et imposer comme "voie" universelle des schémas de pensée qui, de fait, sont adaptés et "marchent" dans tel ou tel pays.]

    Ailleurs, nous ne voyons pas vraiment un groupe qui ait réellement "pensé" son pays.

    À l'heure actuelle, le fait est que beaucoup plus d'énergie est dépensée en controverses, à se traiter mutuellement de révisionnistes ou de dogmatiques qu'à se consacrer chacun dans son pays à cette tâche, sans même parler de passer sérieusement à l'action.

    Il est peut-être intéressant de relever que la plus "grande", pas seulement quantitativement mais qualitativement, Guerre populaire maoïste en cours actuellement est celle d'Inde... Et que les maoïstes de ce pays sont assez peu présents sur internet et dans toutes ces polémiques.

    ********************

    En principe le révisionnisme est une menace parce qu'en offrant une voie militante plus facile et accessible, il présente rapidement un caractère de masse au détriment des vrais communistes qui offrent un chemin plus difficile, risqué et tortueux.

    Si l'on part de ce principe... franchement le prachandisme (hors Népal), l'avakianisme (partout), c'est quoi la menace ? Personne n'en a rien à foutre ; presque personne, dans les masses, n'en a même entendu parler. Le MLM vision Sison, si on le tient pour révisionniste, à peine plus (hors Philippines)... Au Brésil, l'orga dissidente sisonienne a fait un flop ; elle s'est avérée incapable de menacer en quoi que ce soit un mouvement maoïste gonzaliste implanté depuis des décennies.

    À un moment donné, il faudrait arrêter les fixettes. Si le gonzalisme a des limites elles sont d'abord internes, bieeeen avant l'"influence néfaste" de quelque autre courant.

    Les gonzalistes qui peuvent se targuer d'un certain succès, comme les Brésiliens, devraient réellement moins se préoccuper de ça que du fait que les autres gonzalistes internationaux le soient authentiquement. Développent une Pensée Guide pour faire la révolution dans leurs pays respectifs, par exemple. Et que le cas échéant, cette Pensée Guide ne soit pas complétement réactionnaire, une régression intellectuelle y compris par rapport à des forces ML ou trotskystes, comme cela a pu être le cas en fRance avec un certain 'p''c''mlm' et l'est actuellement aux États-Unis (et pourrait l'être à nouveau en France par ré-importation d'outre-Atlantique).

    ********************

    En fait, pour qu'on se comprenne bien, on n'est pas sur une question de trucs qui marchent pas. Encore que le Pérou se soit pris une certaine branlée, dont on pourrait discuter des raisons, bon.

    On est sur la question de l'exportation et application bête et méchante partout dans le monde de modèles qui marchent.

    Les Philippines ça marche, nous ne croyons pas à leur capitulation 100 fois annoncée, la stratégie de négociations nous a encore été réexpliquée etc. L'Inde ça marche, le Pérou ça a glorieusement marché, le Brésil aujourd'hui ça marche plutôt pas mal...

    Donc en fait, la question qui a pu se poser pour l'URSS de Lénine-Staline ou la Chine de Mao, ou le guévarisme après le succès cubain, dans les années 1960, sur le continent américain. Des trucs qui marchaient... Il y avait déjà ces débats sur le "modèle" à suivre plus ou moins aveuglément.

    Déjà on pourrait faire beaucoup plus simple, en disant simplement que le MLM c'est le gonzalisme. Ben oui, c'est qui qui l'a synthétisé et affirmé internationalement, le MLM ?* 

    Tous les autres sont des ML ralliés, un peu comme les catholiques ralliés à la République LOL, plus ou moins tardivement et à des degrés divers.

    Un peu comme à une époque, des marxistes et des socialistes divers se sont petit à petit ralliés au marxisme-léninisme.

    Forcément, ça pose la question de l'adaptation à chaque contexte national (qui passe par l'élaboration d'une Pensée... ce que combien ont fait ?). Plus le MLM s'éloigne du Pérou, moins il peut être "pur".

    Les Philippins sont "problématiques", déjà peut-être parce qu'au moment de reconnaître le MLM (vers la fin des années 1990 ?) ils avaient déjà derrière eux une longue histoire et pas ridicule. Il est donc logique qu'ils en fassent un peu à leur tête, et revendiquent une légitimité en tant que seule organisation à avoir une continuité totale depuis l'époque de Mao et de la Révolution culturelle.

    En fin de compte, on peut critiquer Sison comme on peut critiquer Gonzalo ou ses épigones actuels, comme Mao critiquait Staline : comme des CAMARADES, et de grands révolutionnaires communistes qui ont pu parfois commettre des erreurs en s'écartant du matérialisme dialectique, et/ou en perdant de vue certains principes ; mais qui restent dans le camp du communisme.

    En revanche, il existe des lignes rouges de l'inacceptable et des gens comme Prachanda et Bhattarai au Népal, Öcalan et le PKK et les orgas à sa remorque dans le HBDH en Turquie/Kurdistan, le 'p''c''mlm' en Hexagone ou les Red Guards aux États-Unis (liquidation infra-ML de la nécessité anticoloniale intérieure) les ont franchies.


    [* Il existe une tendance, des groupes, qui disent que la Pensée Gonzalo a des aspects universels, qu'il est effectivement la "4e épée du marxisme" et qu'il prépare une 4e et encore supérieure étape.

    C'est assez fréquent en Occident et à notre humble avis, c'est l'épicentre de ce qui peut chier idéologiquement.

    Gonzalo ne s'est jamais qualifié lui-même de "4e épée" et le qualifier ainsi est anti-MLM. Il a simplement synthétisé et affirmé internationalement le maoïsme comme 3e et supérieure étape en même temps qu'il l'appliquait ("passant" Mariátegui à travers ce nouveau prisme) à la réalité concrète du Pérou, ce qui constitue sa "Pensée". Personne n'est de toute façon une "épée" du marxisme ; le maoïsme ou même le marxisme-lénininsme anti-révisionniste post-Khrouchtchev ne se résument pas à Mao par exemple, qui n'est donc pas la "3e épée", ni Lénine à lui seul la 2e, etc. marxisme-au-dela-de-marx-leninisme-au-dela-de-lenine-maoisme-au-dela-de-mao

    Aucun propos émanant de gens qui appellent ainsi leur maison d'édition, ou de leurs soutiens internationaux, ne mérite d'être pris au sérieux ni d'engager la moindre discussion.]

    ********************

    Cette lutte entre 'pôles' 'grands frères' internationaux, nous croyons qu'il n'existe pas d'autre ligne juste que de s'en tenir à l'écart, et en fait, dans le respect de ceux qui le méritent (que ce soit la lutte aux Philippines ou au Brésil), refuser CATÉGORIQUEMENT ces logiques de 'modèles' dictant ce qu'il et comment il faut faire dans le moindre recoin du monde. Ça a déjà été néfaste à l'étape ML, ça apparaît clairement dans le retour critique (matérialiste et constructif) chinois sur l'expérience soviétique sous Staline la-critique-maoiste-de-staline ; les éminences du Komintern sont passées à côté de génies comme Mariátegui comme ça, bref.

    Le grand-frérisme est chez les grands Partis un 'vertige du succès' à combattre ; et surtout comme nous avons déjà pu le dire pour-en-finir-histoires-controverse-amerique-du-sud-vs-philippines, traduit chez les 'petits frères' une fainéantise politique. Oui : la problématique des Partis 'grands frères', c'est finalement et avant tout un problème de FLEMME idéologique des partis 'petits frères' qui vont se reposer sur les 'grands' plutôt que de bosser ; plus encore qu'une volonté active de ces derniers de se poser comme tels, même si bien sûr ça existe (le PCbUS dans le Komintern, mais aussi ensuite le PC de Chine ou l'Albanie contre le révisionnisme, etc.).

    Cela rejoint encore une fois la nécessité absolue d'une Pensée... Mais lorsqu'on y travaille, même modestement, il faut s'attendre à se prendre des pierres ! Se souvenir de Mariátegui à ce sujet... AMX_056_0012.pdf

    Et dans 99% des cas on voit bien que le ralliement à tel 'grand frère' contre tel autre recouvre en fait surtout des règlements de comptes strictement nationaux. Si les Red Guards se rallient au 'purisme' gonzaliste, c'est par exemple beaucoup pour pouvoir attaquer l''éclectisme' qu'est le respect des militants colonisés-intérieurs pour les grandes figures anti-impérialistes non-maoïstes (c'est à dire à peu près toutes, puisque le MLM a été affirmé dans les années 1980-90... à ce jeu là même Kaypakkaya ou Majumdar n'étaient pas 'maoïstes'...), et pouvoir les disqualifier au profit de leur volonté de centralisation partidaire sous la coupe de l'Amérique blanche. Vous imaginez un peu, l'utilisation faite ici d'un truc qui part à la base de la plus grande armée de libération indigène de l'histoire du Pérou depuis le 18e siècle sur-gonzalo-le-pcp-et-la-guerre-populaire-au-perou ?

    Travaillons à l'écart de tout ça, élaborons la Pensée pour faire la révolution chez nous, et ne cherchons pas des 'grands frères' pour excuser notre rien-faire idéologique ou régler nos différends nationaux...

    Cherchons et trouvons le point d'équilibre (véritable pierre philosophale...) entre solidité théorique scientifique et lien avec les masses, permis seulement par la FINESSE intellectuelle et le penser-avec-sa-tête ; afin d'éviter les situations à l'allemande où l''autisme politique' (excellence théorique, mais difficulté à 'socialiser' avec les masses par sa pratique) engendre automatiquement contre lui le populisme éclectique et bas-du-front au nom de 'toucher enfin' celles-ci, ce qui est une phénomène littéralement mécanique et AUTOMATIQUE et qui n'a pas d'autre antidote que ce juste équilibre.

    **********************

    Le centrisme, c'est vouloir se tenir absolument à équidistance entre deux positions.

    Ce n'est pas notre cas : au contraire, nous en affirmons fermement une. À savoir, la position de Mao et des communistes chinois dans leurs retours critiques sur l'URSS de Staline critique-maoiste-staline ; au sujet de la tendance de grands Partis aux grandes réalisations à se poser en "guides" de l'activité de tous les Partis de la planète, et de l'autre côté, des petits Partis au suivisme aveugle vis à vis des grands ; l'un ne pouvant aller sans l'autre.

    Le centrisme, ce peut être aussi vouloir à tout prix concilier des positions inconciliables.

    Au contraire, nous disons que nous ne concilierons pas avec ce qui nous semblerait inacceptable, de qui que cela provienne ; et ne nous fixerons jamais dans le mouvement communiste un "camp" de la part duquel tout serait accepté et défendu, et rien de ce pourrait faire le "camp" opposé.


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  • Couldn't have said it better...


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  • Les Français selon nous sont une "sociothnie", une CATÉGORIE SOCIALE : les PETITS BOURGEOIS (et bien sûr grands, mais en nombre surtout les petits) "BIEN DANS LE SYSTÈME" et autres aristocrates du travail qui en profitent, fussent-ils (dans leurs têtes) "radicaux-révolutionnaires" ; ni gaulois de sang, ni citoyens de sol de la Républiiiique, mais français DE CERVEAU ; et ce dans TOUT L'HEXAGONE, ayant tout particulièrement leur repaire parmi les 12 millions de Franciliens certes mais aussi à Lyon et dans toutes les métropoles dites "d'équilibre", relais de la domination capitaliste parisienne (nosinfo.org/qu-est-ce-qu-une-metropole).

    "Au-dessous" de cela, il y a bien sûr des millions de personnes aliénées par l'idéologie dominante française ; mais nous ne parlons pas ici d'aliénation mais de position sociale objective et d'intérêt bien compris.

    "Au-dessous" de cela en réalité, il y a des classes populaires travailleuses MULTINATIONALES et au sein de cette multinationalité, en Occitanie (qu-est-ce-que-occitanie-occitans), en Bretagne, en Corse, au Pays Basque, en Alsace et ailleurs, des nationalités populaires réelles historiques locales (qui sont généralement majoritaires hors des métropoles, dans les villages et les petites villes).

    Ces nationalités populaires ont également des diasporas dans toutes les métropoles (hors celles sur leur territoire historique, s'entend, comme Toulouse ou Montpellier en Occitanie et Nantes en Bretagne) et dans le Bassin parisien ; qui jointes à l'immigration au sens commun (étrangère, extra-hexagonale, européenne ou extra-européennes) contribuent à y rendre les "souchiens" séculaires finalement peu nombreux.

    Bien sûr, de nombreux éléments de ces nationalités autant que de l'immigration européenne et même parfois extra-européenne intègrent aussi la "Nation" sociale "française" petite-bourgeoise ; parfois de façon très subjective (sans être réellement de position sociale petite bourgeoise) sans en être pour autant moins fiers d'eux, et insupportables. Ils côtoient joyeusement dans les métropoles leurs congénères venus d'ailleurs, avec la mobilité tantôt "provinciotrope" tantôt "parisiotrope", mais toujours hype et dans le mouv' qui les caractérise.

    Ces classes populaires multinationales dans toutes leurs nationalités réelles doivent bien sûr lutter pour abattre le système capitaliste et impérialiste, centraliste napoléonien et raciste dans la plus grande coordination et UNITÉ possible ; mais cela ne peut pas être une unité sans principes, sans critique et autocritique sur ces questions nationales et raciales sans même parler des autres (patriarcat etc.) ;  une proclamation abstraite de "l'unité des travailleurs" au niveau hexagonal qui en dernière analyse, en reproduisant l'idéologie négatrice de l'État bourgeois napoléo-républicain, ne profitera qu'à la "sociothnie" dont nous avons parlé ; fût-ce à travers l'interface de prolétaires aliénés (qui servent à cela).

    Notre refus d'un Parti révolutionnaire unique, "hautement centralisé et hiérarchisé" au niveau de l’État français (sur-la-necessite-imperieuse-de-refuser-un-parti-francais), est tout simplement un refus de cela.

    La nation dominante dans un système de domination nationale n'est pas un concept hors-sol, imaginaire et subjectif, postmo, uniquement voué à "diviser les travailleurs" ; elle est une RÉALITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIALE très concrète : un ensemble humain qui même en ses plus basses couches sociales PROFITE de la richesse extorquée aux autres.

    Pour les peuples colonisés, ou semi-colonisés ("indépendants" sur le papier), cet ensemble humain est toute la multinationalité blanche d'Hexagone et de Corse. Les non-Blancs "colonisés intérieurs", prolongement intérieur de ces colonies extérieures, en profitent eux aussi d'ailleurs un peu, mais moins, en position reléguée ; relégation dont profitent les non- ou "moins" relégués blancs.

    Et pour toute la multinationalité populaire blanche comme non-blanche d'Hexagone ; eh bien c'est évidemment la grande bourgeoisie capitaliste mais aussi toute la masse "sociothnique" "française" des petits bourgeois, hipsters, aristocrates du travail, petits chefs, bureaucrates syndicaux ou partidaires, agents de répression ou de contrôle social des masses, qui est dans cette position.

    Paris "pompe" la richesse non seulement de l'Empire colonial et semi-colonial ultramarin mais aussi de la "province", et selon la théorie désormais connue pour être chère à Emmanuel Macron, la fait "ruisseler" sur toute la population des 150 ou 200 km alentour (bien visibles sur cette carte : http://ekladata.com/kgGUk.jpg montrant les inégalités entre territoires d'Hexagone) ; de façon évidemment hiérarchisée (un peu comme le Parti que d'aucuns nous proposent, LOL !), petits bourgeois puis aristocrates du travail puis prolos blancs puis enfin (voire pas, pas plus que s'ils vivaient en "province") prolos non-blancs ; BREF.

    Dans l’État turc (pays dans son ensemble dominé, semi-colonial), les maoïstes ont fait au début des années 1970 et maintenu depuis le choix d'un Parti unique ; mais il faut préciser en disant cela que les Turcs (ceux qui se définissent comme tels... sans forcément descendre de cavaliers d'Asie centrale) en tant que nation dominante de l’État sont eux aussi et peut-être d'abord et avant tout un peuple opprimé par l'impérialisme, autant qu'ils ne profitent (tout relativement) de l'oppression nationale des Kurdes et autres (petites) nationalités ; qu'ils doivent lutter en liant cette libération des griffes de l'impérialisme à la rupture de la chaîne à leurs pieds qu'est pour eux le chauvinisme turc dominateur, ce qui revient à dire à la libération des nationalités opprimées ; qu'il faut en permanence, là-bas, être vigilant au dévoiement des JUSTES luttes de libération nationale par l'impérialisme pour renforcer (en changeant brusquement le schéma) sa domination sur l'Anatolie, comme l'a montré par le passé le Traité de Sèvres...

    La problématique est évidemment TOTALEMENT DIFFÉRENTE dans un grand État impérialiste.

    Nous ne disons pas qu'un Parti unifié au niveau global de l’État français ne peut pas exister ; mais il ne le peut que comme ABOUTISSEMENT d'une longue coordination démocratique et respectueuse des forces révolutionnaires nationales-réelles, dans la prise à bras-le-corps de toutes ces problématiques que nous venons de voir, finissant par déboucher sur quelque chose que l'on pourra sainement qualifier d'unité ; et certainement pas par décret d'une "avant-garde" autoproclamée...

     

    Les Français ne sont pas, selon nous, "les gens du Bassin parisien"


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  • Voici la traduction en castillan d'un article de Servir le Peuple publié il y a quelque mois : echange-de-commentaires-qui-clarifie-magistralement-ce-que-l-anticolonialisme-en-carton-veut-dire. Une traduction qui prend aujourd'hui TOUTE SON IMPORTANCE dans un contexte où la marche arrière opérée par la mouvance dite "Red Guards" aux États-Unis, sur la question anticoloniale dans ce pays critique-d-une-position-terriblement-erronee, relève selon nous d'une controverse de portée internationale ; étant donné que l'échange de commentaires sur FB traduit ici était précisément avec un individu de cette mouvance.

    Aqui a continuación, una traducción en castellano de un articulo publicado en este sitio hace unos meses echange-commentaires-clarifie-magistralement-anticolonialisme-en-carton-veut-dire. Una traducción apareciendo hoy de MERA IMPORTANCIA mientras la marcha atrás operada en EEUU por el movimiento de los dichos "Red Guards", respeto a la cuestión anticolonial en este país critique-position-terriblement-erronee, esta adquiriendo lo que calificariamos de un alcance internacional ; dado que esta discusión en Facebook reproducida a continuación involucraba un indviduo de este movimiento.


    UN INTERCAMBIO DE COMENTARIOS QUE ACLARA MAGISTRALMENTE QUÉ SIGNIFICA ANTICOLONIALISMO “DE PEGA”, “MERAMENTE DECLARATIVO”

     

    SERVIR LE PEUPLE

    16 de mayo de 2018

    [El texto es una retraducción al castellano de un texto inglés traducido, a su vez, al francés]

    “La posición de los maoístas es que las naciones oprimidas tienen DERECHO a la autodeterminación si así lo deciden. Cuando haya una República socialista en lo que ahora son los Estados Unidos, si ciertas tribus (sic) quieren la independencia de su propio territorio, la República socialista no se enfrentará a ellas como enemigos por ese territorio, sino que, por el contrario, defenderá su derecho incluso si la nación oprimida quiere ser un Estado capitalista y no socialista. Sobre la cuestión nacional, no sería (sin embargo) necesariamente correcto que los comunistas defendieran en la nación oprimida la secesión de la República socialista. Si surge el deseo de separarse, sería correcto simplemente que la República socialista lo autorice (mientras que se combatiría a cualquier otro territorio que pretendiera la secesión a favor del capitalismo)”.

    “¿Un DERECHO a la autodeterminación”... pero con la esperanza (más o menos velada) de que no se “determinen” en ese sentido? ¿O no? Todo esto me lleva a pensar en algunos trotskistas europeos partidarios de un “Estado único” en Palestina, en el entendido de que ese Estado único es sin duda la posición correcta en términos absolutos (la posición histórica de la izquierda palestina...), pero también puede significar... la actual Sudáfrica (y nadie menos que el presidente israelí Rivlin se pronunció a su favor).

    ¿Qué es exactamente la “voluntad del pueblo”? Hoy en día, probablemente menos del 10% de los negros estadounidenses quieren una República socialista de Nueva Afrika; pasa igual con los chicanos en relación con un Aztlán socialista y la reunificación con México. Pocos son quienes, miembros de las Naciones indígenas, quieren Estados independientes socialistas, ni siquiera capitalistas... y menos aún serían los trabajadores blancos que defendieran tu versión maoísta del socialismo.

    Existe una “voluntad del pueblo” en este momento en que estamos hablando... y habrá otra mañana o dentro de 30 o 50 años, que depende de la propaganda que difundamos; y esta propaganda se basa en un objetivo estratégico, una concepción del mundo, algo que pensamos (nuestra concepción comunista del mundo) que es el objetivo y la justicia popular, la reparación (por ejemplo) a un pueblo y al mismo tiempo la conmoción de los fundamentos del poder de un Estado al servicio de los monopolios imperialistas: en una palabra, el Sentido de la Historia.

    Es fácil decir “si así lo deciden, tienen derecho”, pero con la esperanza, en realidad, de que no sea así y haciendo todo lo posible para que no decidan de ese modo.

    En 1950 una minoría de los argelinos estaba a favor de la independencia. Todos ellos sufrían el yugo y las atrocidades de los colonos, pero la posición mayoritaria era conquistar los derechos cívicos y democráticos en el marco de una Argelia francesa. ¡Y el Partido “comunista” francés tenía la firme esperanza de que las cosas siguieran siendo siempre así! Las cosas cambiaron con la Guerra de Liberación, iniciada con el levantamiento del FLN el día de Todos los Santos de 1954 y que se prolongó hasta 1962, año en que ya una mayoría del 99% de los argelinos estaba a favor de la independencia y del “socialismo árabe”. Ni que decir tiene (como cabía esperar)... que el PCF comenzó oponiéndose a aquel levantamiento “reaccionario”, luego propugnó la “paz” y una “solución democrática”, a veces (no siempre...) denunció las torturas y los crímenes del ejército imperialista y, finalmente, defendió la “autodeterminación”... muy al final, cuando el propio De Gaulle se hubo adherido a esta solución.

    Estoy totalmente de acuerdo en que “la identidad no prevalece sobre la línea política” y que “si fuera así, todos los grupos sociales oprimidos tendrían ya una línea comunista perfecta, lo que no es el caso”. Soy un enemigo resuelto de la identity politics [política identitaria] y no soy partidario ni de la inacción ni del politiqueo de salón. Pero “el oportunismo identitario” no puede ser tampoco la palabra mágica con que poner punto final a todas las cuestiones que incomodan. Cuando los indígenas colonizados (¡Lambda, que no pretende ser una organización de vanguardia!) hablan de su experiencia y lo primero en que te fijas es que “Existir es resistir es el típico lema de la política identitaria de mierda y un argumento para no hacer nada”, tu noción de lo principal y de lo secundario muestra que en realidad no tienes ganas de oír a lo que esas personas tratan de decir.

    En realidad, es fácil estar al corriente de las luchas que le rodean a uno y adoptar una postura anticolonialista que se quede en agua de borrajas, apuntándose, eso sí, el tanto y dándose importancia con frases del estilo de: “el colectivo maoísta más avanzado en los Estados Unidos está hoy en Aztlán”.

    Pero las cosas son como son: la Historia enseña que el sudoeste de los Estados Unidos es parte de los Estados Unidos gracias a una guerra de agresión criminal y a un tratado imperialista desigual, tras lo cual fue salvajemente colonizado; y el Sentido de la Historia es que ese tratado desigual debe ser borrado de la página del tiempo y México reunificado. Ocurre lo mismo con todos los “tratados” suscritos con las Naciones indígenas, así como con la Nación nacida de la esclavitud de los africanos en el sureste.

    No se trata de “si el pueblo lo decide de tal modo” (la segunda parte de tu comentario es de hecho muy explícita sobre el fondo de tu pensamiento...). La gran mayoría de los latinos no lo desean a día de hoy y tú, en el fondo de tu corazón, esperas que siga siendo siempre así.

    Usted utiliza a Aztlán de cara a la galería, por razones de imagen; pero en los hechos, ¿qué ayuda en concreto le presta Usted a su lucha de liberación y por la reunificación con la madre patria?

    ¡Ah, sí! Y además: las naciones son NACIONES; no hay naciones si son europeas/blancas y “tribus” (!!) o “etnias”, de lo contrario...

    Como ya explicó el glorioso Kaypakkaya[i], existen caracteres nacionales preexistentes, como los que indicó Stalin en La Cuestión Nacional, y estos caracteres dan a luz a una nación no en el momento de la revolución burguesa o industrial, sino cuando resultan “alcanzados” por las “primeras luces del alba” del capitalismo (de manera que los kurdos son una nación y no un pueblo, como sostenía el grupo revisionista –ahora completamente fascista– “Şafak”); lo cual significa, en América, por la colonización.

    Si hablas de “tribus” no hay naciones, no hay cuestión nacional y tampoco hay derecho a la autodeterminación. Pero he de admitir que su línea blanca paternalista es especialmente sutil y astuta.

    [De hecho, toda esta palabrería y este jesuitismo intelectual significa una sola cosa: NO HABER COMPRENDIDO NADA de lo que sucedió en la URSS. ¿Hasta cuándo dura la lucha de clases? Hasta el COMUNISMO. Hasta el comunismo, durante decenios y decenios, un siglo tal vez después de la revolución socialista, la contrarrevolución, la restauración capitalista sigue siendo posible. ¿Cómo? Porque existe una BASE MATERIAL para ello, para que la vieja burguesía vuelva al poder... o que una nueva, nacida en el seno mismo del aparato del Estado socialista y del Partido dirigente, se apodere de él, defendiendo la “vía capitalista”.

    POR LO TANTO, HAY QUE QUEBRAR ESA BASE; y esa base es, en especial, la base territorial de acumulación, el Imperio de los monopolios. Y en los Estados Unidos, incluso antes de ser la primera potencia mundial imperialista, el Imperio de los monopolios es, en primer lugar,... el propio territorio federal, con sus colonias interiores. Por lo tanto, (especialmente) hay que destruirlo por medio de la autodeterminación de los pueblos colonizados. No hacerlo es garantizarse que de las entrañas mismas de la República socialista de que habla de nuestro “amigo” brotará una nueva burguesía (más o menos pseudo-“roja”) que, más o menos gradualmente, restaurará el capitalismo.

    Lenin decía ya a principios de los años 20 que el chovinismo gran ruso (la dominación nacional de los rusos sobre las otras nacionalidades), si no se le combatía correctamente, estaría entre las primeras cosas que “matarían” al socialismo soviético; y eso es lo que sucedió. Alain Sibé, de la misma manera, con la salvedad de que el PCF nunca ha estado en el poder, ve en el abandono por parte de éste de un anticolonialismo intransigente y en su apoyo a la “República una e indivisible” contra las nacionalidades negadas del propio Hexágono, una de las principales razones de su degeneración en partido burgués reformista. CQFD. Esto es lo que entendemos por estar (...o no) en el “Sentido de la Historia”, en consonancia con una visión del mundo puesta al servicio de los intereses de la victoria del comunismo, que define los objetivos de nuestra labor política.]

     

    Red de Blogs Comunistas : Un intercambio de comentarios que aclara magistralmente qué significa anticolonialismo “de pega”, “Meramente Declarativo”


    [i] En inglés : bannedthought.net/Turkey/TKP-ML/EarlyDocs/Kaypakkaya-KurdishQuestion-1972.pdf  “Certain overly knowledgeable wiseacres claim that landlords are not considered part of a nation. What‟s more, these gentlemen even hatched the marvel that the Kurds do not yet constitute a nation due to the existence of landlords in the Kurdish region. This is a frightfully demagogic statement and a sophistry. Do the landlords not speak the same language? Do they not reside on the same land? Are they not part of the unified economic existence and spiritual formation? And besides, nations emerge not with capitalist development reaching its final limit but at the dawn of capitalism. With capitalism penetrating into a country and unifying the markets in that region to a certain degree, the communities already meeting all the other conditions are considered a nation. If it were not so, all stable communities in the backward countries and regions where capitalist development is limited could not be considered nations. In China up until the 1940s there was a rather strong state of feudal fragmentation, and according to this logic, one would have to deny the existence of nations in China previously. Until the 1917 revolution, feudalism had a strong presence in the broad countryside of Russia; this understanding would lead to rejecting the existence of nations in Russia.”

    En francés : EM-Rb1M-dCeiJVhgZObXkNCCFXI.jpg "En outre les nations n'apparaissent pas lorsque le capitalisme a atteint le stade ultime de son développement, mais à ce que l'on peut appeler l’aube du capitalisme. Lorsque le capitalisme pénètre dans un pays et y unifie les marchés dans une certaine mesure, les communautés qui possèdent les autres caractéristiques (énoncées dans "La Question Nationale" de Staline NDLR) sont alors considérées comme formant une nation. Si tel n’était pas le cas, il faudrait alors considérer que toutes les communautés stables situées dans des pays arriérés, des régions où le développement du capitalisme reste encore limité, ne sont pas des nations. Jusque dans les années 1940, il existait encore en Chine un fort morcellement féodal. Dans cette logique, il aurait alors fallu dénier l'existence de nations en Chine à cette époque. Jusqu'à la Révolution de 1917, la féodalité restait fortement implantée dans les campagnes profondes de Russie ; ce raisonnement  devrait donc conduire à rejeter l'existence de nations en Russie. En Turquie, par exemple, durant la Guerre de Libération (la guerre menée par Kemal Atatürk contre le dépeçage de la Turquie par le Traité de Sèvres en 1920 NDLR), la féodalité était beaucoup plus forte qu'aujourd'hui, il faudrait donc en conclure qu'il n'y avait pas de nations en Turquie à cette époque. En Asie, en Afrique et en Amérique latine, la féodalité existe toujours à différents degrés : il faudrait donc rejeter l'existence de nations sur ces continents."

    (Traducción parcial) “Las naciones no aparecen cuando el capitalismo alcanza la última fase de su desarrollo, sino en lo que se puede nombrar el amanecer del capitalismo. Cuando el capitalismo entra en un país y unifica allí el mercado en une cierta medida, las comunidades poseyendo ya las demás características (enunciadas en la Cuestión Nacional de Stalin) están entonces consideradas naciones. Si no fuera así, tocaría entonces considerar que cualquier comunidad estable en un país atrasado, territorios donde el desarrollo capitalista sigue limitado (enuncia a continuación ejemplos como la China de los años 40, Rusia del 1917, Turquía del 1920 y “hasta un cierto grado” África, Asia o América latina en su presente año 1972), no son naciones.” 

     

    Red de Blogs Comunistas : Un intercambio de comentarios que aclara magistralmente qué significa anticolonialismo “de pega”, “Meramente Declarativo”

    Un échange de commentaires qui clarifie magistralement ce que l'anticolonialisme "en carton", "déclaratif comme aux impôts" veut dire

    Red de Blogs Comunistas : Un intercambio de comentarios que aclara magistralmente qué significa anticolonialismo “de pega”, “Meramente Declarativo”


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  • Si l'on prend la TROISIÈME définition du fascisme, celle que l'on qualifiera de "césairienne" ou "fanonienne" (dans le prolongement de la dimitrovienne en fait, basée comme elle sur la violence et la terreur) : transplanter et appliquer en Occident même, dans la conquête militaire de pays alentour ou la répression du mouvement ouvrier, les méthodes "normalement" "réservées aux Arabes, aux coolies de l'Inde et aux Nègres d'Afrique", jusqu'à la déshumanisation (peuples non-germaniques "inférieurs", "gène rouge" des révolutionnaires pour certains théoriciens franquistes, "homme criminel" etc.) ; c'est la conclusion à laquelle on est forcé d'aboutir.

    Israël est une colonie collective occidentale au Proche-Orient qui fonctionne "normalement" pour une colonie. Il n'y a point là de fascisme (encore moins de "dérive" plus ou moins récente), mais des agissements qui sont dans la nature même d'une telle chose.

    C'est le fascisme qui est "israélien" ; signifiant de lorsque de telles méthodes se trouvent appliquées en Occident même.

     

    Israël n'est pas en "dérive fasciste", c'est le fascisme qui est "israélien"


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  • Ce sont celles et ceux pour qui Rojava n'a jamais été qu'un cache-sexe de leur admiration islamophobe honteuse pour Assad ("toujours mieux" que "les barbes de hipster, le Coran-unique-source-du-droit et les mariages forcés à 9 ans" LOL) qui vont être content-e-s !

    Les autres, les "rebello"-rojavistes en mode atlantiste et pro-sioniste "de gauche", seront bien sûr dévastés ; mais bon, ça fait déjà un an voire un an et demi que c'est comme ça et que la plupart ont d'ailleurs compris...

    1. L'Armée arabe syrienne (SAA) augmente ses effectifs dans la province de Hasaka, prend le contrôle des postes frontières avec la Turquie et l'Irak, ouvre des bureaux de recrutement et participe aux checkpoints avec les YPG.

    2. Les YPG qui joindront l'Armée arabe syrienne (SAA) toucheront leur solde du gouvernement syrien ainsi que les mêmes avantages pour les familles des martyrs que pour les soldats de la SAA, les périodes de combats avec ISIS sous uniforme YPG seront comptées comme service militaire SAA.

    3. Le drapeau syrien officiel remplacera toutes les signalétiques PYD/YPG, et autre ; y compris les images d'Abdullah Öcalan.

    4. Le contrôle de tous les sites pétroliers sera transféré au ministère syrien du pétrole.

    5. La langue kurde sera considérée comme langue officielle.

    6. Le poste de ministre du pétrole du gouvernement syrien sera dévolu à une personnalité kurde.

    Lire aussi :

    https://www.bastamag.net/Quel-avenir-pour-les-Kurdes-de-Syrie-menaces-d-epuration-politique-par-la


    [Est évoqué dans cet article un retrait US qui semble a priori surréaliste, mais peut-être moins qu'il y a quelques mois au regard de la possibilité que la Russie ait obtenu les "mains libres" en Syrie (le contrôle de la totalité du pays avec son laquais Assad) en échange de son accord pour le "deal du siècle" en Palestine : haha-interessant-a145713280

    Lire aussi ici le-programme-envisag-par-trump-dans-le-sinaï-pour-tuer-l-état-palestinien pour se faire une (horrible) idée de ce qui est en train de se jouer dans la région : un plan de repartage impérialiste qualifiable de véritable QUATRIÈME REICH yankee-sioniste, avec bien sûr le soutien des Européens et, donc, la complaisance de Moscou tant que ses intérêts sont un minimum préservés ; n'hésitant pas à recourir au "progressisme au service de l'ordre" ; une MONSTRUOSITÉ que les révolutionnaires du monde entier doivent affronter sans faillir... et sans tolérer dans leurs rangs le moindre opportunisme !]


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  • Texte d'un militant de libération noire sur Facebook :

    Thierry Henry est l'un des plus grands footballeurs de l'histoire de France. Sur les terrains de foot il a tout gagné : Coupe du Monde, Coupe d'Europe des nations, Ligue des Champions, championnat d'Espagne...

    Sa fonction ? 'Goleador', meilleur buteur de l'équipe de France avec 51 réalisations, meilleur buteur de l'histoire d'Arsenal.

    En plus dans la vie il a l'air d'un mec posé. On ne lui connaît aucun scandale en plus de 20 ans de carrière de foot.

    Bref Thierry Henry est un grand homme.

    Après sa carrière, il a d'abord travaillé comme consultant pour la chaîne sportive anglaise Skysport.

    Puis il a voulu se rapprocher à nouveau des terrains en tant qu'entraîneur. Certainement, pour commencer, en France.

    Mais comme il a un gros nez, on a dû lui dire ce qu'on dit à tous les gros nez et comme on l'a dit à Tigana et à Kombouaré auparavant au pays des Lumières : "Ah désolé mais je crois que ça va pas être possible".

    On se rappelle qu'en son temps Claude Simonet, le patron de la FFF, avait dit clairement : "il y a trop de Noirs en équipe de France, on ne peut pas mettre en plus un sélectionneur noir".

    Voilà la conception du "vivre ensemble" des décideurs français.

    Du coup comme Henry est un mec calme, il n'a rien dit et est allé proposer ses services ailleurs... et ça marche : second entraîneur de l'équipe nationale de Belgique, les Diables Rouges qui sont aujourd'hui en demi-finale de la Coupe du Monde... face à la France.

    Et les Français de rappeler alors à Thierry Henry qu'il est français en lui subodorant à l'oreille de trahir sa fonction si possible, en piégeant les joueurs belges qui disent tous le plus grand bien de lui.

    Certains français tentent même de faire un procès en sorcellerie à Thierry Henry pour trahison, alors que c'est la France qui a trahi ses idéaux républicains envers Henry.

    Giroud qui décidément est plus décisif hors des terrains que sur les terrains vient de déclarer : "j'avoue que ça fait bizarre de l'avoir contre nous... j'aurais préféré qu'il soit avec nous". On savait que les pieds de Giroud ne fonctionnaient pas bien, on découvre qu'au niveau de la matière grise ça va pas mieux non plus.

    Parce que l'affaire Henry c'est pas bizarre, c'est du racisme.

    Voilà l'intégration à la française. Elle utilise les gros nez autant qu'elle le peut tant que ces derniers peuvent apporter de la valeur ajoutée à la France.

    Mais à l'heure de promouvoir les gros nez pour tout ce qu'ils ont fait pour "leur" patrie, la France les jette proprement comme du poisson pourri.

    Et quand le gros nez refait surface ailleurs, cette même France sans la moindre honte, indexe ce dernier, le sollicite... pour qu'il trahisse au nom de la France.

    Il n'y a rien de bon à prendre dans l'intégration. Tout est à découper en mille morceaux et à jeter à la poubelle.

    Et les gros nez de France n'ont qu'une chose à faire : respecter les lois de la France, les coutumes de la France en s'organisant entre eux de façon autonome sur le plan communautaire ; parce qu'ils vivent dans un pays ultra-communautariste, en fait dans un pays raciste.

     

    Henry, le "traître" ?


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  • ... voici des nouvelles du Pinochet du Nil :

    https://www.bastamag.net/Ventes-d-armements-un-nouveau-rapport-denonce-la-cooperation-des-entreprises

    Depuis son coup d’État militaire en juillet 2013, le régime d’al-Sissi a mis en prison au moins 60 000 personnes [une personne adulte ou adolescente sur 1.000] pour des raisons politiques, dispersé des manifestations par des moyens militaires faisant des centaines de morts [la répression de l'été 2013 en a déjà fait autour de 2.000...], sans compter les exécutions extra-judiciaires [ou simplement judiciaires : centaines de condamnations à mort, comme celles de près de 700 pro-Morsi en 2014, et dizaines d'exécutions],  et les disparitions forcées (entre juillet 2013 et juin 2016, il y a eu en Égypte 2811 cas de disparitions forcées des mains des services de sécurité, indique la FIDH), et le recours systématique à la torture. [On pourrait encore parler de la refermeture de la frontière avec Gaza, au service de l'asphyxie de l'insoumise cité palestinienne par l'entité sioniste : frontiere-egyptienne-rafah-gaza]

    Cela ne semble pas (bien sûr, s'il fallait en douter) déranger l'impérialisme et le complexe militaro-industriel bleu-blanc-rouge :

    Dans le même temps, entre 2010 et 2016, les livraisons d’armes françaises vers l’Égypte sont passées d’un volume de 39,6 millions d’euros à 1,3 milliard d’euros, rappelle la FIDH. « Certaines entreprises ont vendu des armes conventionnelles à une armée responsable de la mort de centaines de civils au nom de la guerre contre le terrorisme, notamment dans le Sinaï : navires de guerre Mistral (entreprise DCNS), frégates Fremm (DCNS), corvettes (Gowind), avions de combat Rafale, véhicules blindés (Arquus), missiles air-air Mica et de croisière SCALP (MBDA), missiles air-sol 2ASM (SAGEM) », détaille le rapport.

    Pendant que les néo-menchéviks gaucho-impérialistes nous bassinent avec l'"islamofascisme" et "Hitlerdogan"...

    Mais bon, c'est d'autant moins étonnant que cela ne semble de toute façon pas déranger non plus un certain gauchisme gaucho-impérialiste, typiquement fan du protectorat impérialiste "Rojava" au Nord de la Syrie, comme ce militant lyonnais d'une organisation tristement connue :

    Pendant que les néo-menchéviks gaucho-impérialistes nous bassinent avec l'"islamofascisme" et "Hitlerdogan"...

    En Turquie, le kémaliste Muharrem Ince a renoncé à contester la victoire pourtant manifestement truquée (de 3 ou 4 points facile) d'Erdogan dès le premier tour, et donc à donner le signal du regime change pour lequel tout était pourtant dans les starting-blocks turquie-kurdistan-elections-anticipees-heure-de-verite-approche hitlerisation-erdogan.

    Probablement parce que, selon nous, il a rapidement réalisé qu'il n'avait... pas d'armée pour ce qui devait forcément prendre la tournure d'une guerre civile (entre 45 et 50% de soutien pour Erdogan, ce n'est pas rien !) ; soit qu'il n'ait pas trouvé d'officiers limogés en 2016 prêts à tuer d'autres militaires turcs, soit qu'il ait été perçu comme trop à gauche (incarnation de la volonté de rapprochement avec la gauche kurde-alévie impulsée par certaines fractions de la bourgeoisie moderniste et - surtout - de l'impérialisme occidental) par ces secteurs militaires kémalistes orthodoxes ou "gülenistes" ("islamistes" modérés-libéraux et pro-occidentaux), soit un peu des deux.

    Mais s'il l'avait fait, pourrait alors déjà régner en Turquie, derrière la façade civile de son gouvernement "social-démocrate" (toutes les dictatures militaires en Turquie, au pire après un an ou deux, ont toujours adopté une façade civile), strictement la même répression FASCISTE qu'en Égypte ; toujours contre le mouvement révolutionnaire, non-liquidateur du moins (pas à la remorque du PKK et/ou du HDP en cas d'"accords de paix" avec ceux-ci), ET donc contre les partisans d'Erdogan, "islamistes" et ultra-nationalistes (comme déjà... sous tous les régimes militaires turcs de la seconde moitié du 20e siècle, première moitié des années 1960, 1971-74 et première moitié des années 1980).

    Mais voilà, attention hein, on aurait alors (sans doute) "bon fascisme" et pas "mauvais" comme avec Erdogan ; comme il y a "bonne scission et mauvaise scission" pour reprendre les mots d'un Turc (justement) de cette mouvance LOL ; et d'aucuns viendraient sans aucun doute nous expliquer que "l'armée a repris les choses en main" pour "empêcher les masses populaires de s'occuper elles-mêmes d'Erdogan et de sa clique" !!


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  • Il y a bien sûr la question de la "féodalité" entendue comme PROPRIÉTÉ, "assise", directe (sur des terres typiquement) ou "éminente", et mise au service de l'impérialisme pour encadrer et exploiter la force de travail ; autrement dit, intégrée dans l'appareil productif impérialiste. Mais ce n'est pas le sujet que nous aborderons ici.

    Dans les pays dominés par l'impérialisme, toute question politique et sociale revient en dernière analyse à : unité ou division dans la confrontation avec lui.

    À partir de là, les choses sont simples : ce qui opprime divise.

    Opprimer, surexploiter un groupe social ("ethnique", de genre, ou une "caste") au nom de principes qui auront l'argument d'être immémoriaux, va contre l'unité car 1/ les opprimés détestent leurs oppresseurs et ne se laisseront pas facilement mobiliser par eux à leurs côtés, ou plutôt sous leurs ordres, pour que leur condition pourrie ne change pas d'un iota ensuite, 2/ l'impérialisme peut carrément débarquer en se présentant comme leur sauveur, leur libérateur, et les mobiliser à son service (pratique qui remonte à l'utilisation des "intouchables" par les Anglais en Inde, contre l'Empire marathe notamment : ils y auront gagné un jour de fierté célébré chaque année, celui d'une bataille livrée aux côtés des troupes de la Compagnie coloniale britannique contre les hautes castes qui les traitaient comme des esclaves manifestations-d-une-caste-indienne-defavorisee-a-bombay... mais aussi, comme tous les Indiens, un siècle et demi de colonisation qui fera 60 millions de morts genocide-british-starved-to-death-over-60-millions-indians), et 3/ de toute façon, pour maintenir leur domination, le plus probable est que les oppresseurs eux-mêmes aillent lécher les bottes de l'impérialisme.

    C'est pour cela que les pratiques sociales, aussi ancestrales soient-elles, qui oppriment avec la dernière brutalité des groupes sociaux doivent être combattues et battues en brèche, et que la révolution anti-impérialiste présente obligatoirement (pour avancer vers la victoire) un aspect DÉMOCRATIQUE.

    PAR CONTRE, le gaucho-impérialisme occidental (au service de son maître l'impérialisme tout court) a souvent tendance à placer sous le vocable de "féodalité" des structures et des pratiques sociales anciennes qui vont à l'encontre de l'individualisme, du moi-roi... et donc par définition servent l'unité.

    L'impérialisme a toujours très bien compris les choses à ce niveau-là, et arrive toujours et encore aujourd'hui en porteur du "Progrès" et de la "Liberté" en ce sens de dissolution et d'atomisation sociale, de division de la société dominée en autant d'individus qu'elle en contient ; et comme de bien entendu, sa précieuse pour ne pas dire vitale aile gauchiste encourage et applaudit cela.

    Ici la question va donc se poser sérieusement, une question de "dosage" en quelque sorte : dans quelle mesure telle réalité sociale est un facteur d'unité anti-impérialiste contre l'individualisme et l'isolement des colonisés les uns des autres ; dans quelle mesure est-elle oppressive (sachant que toute pratique sociale repose toujours sur une part de coercition !) et au contraire un facteur de fossé entre groupes sociaux et de potentiel enrôlement du groupe opprimé comme tirailleurs de l'impérialisme ; où se situe la limite, ou le "bon dosage" entre les deux etc. etc.

    Il est bien évident que pour des pratiques consistant en de l'esclavage, par exemple, ou encore la condition des basses ou hors-castes en Inde, la question ne se pose pas ; mais pour de nombreuses structures traditionnelles ancestrales dans de nombreux pays, elle mérite de se poser.

    Il ne faut pas avoir une vision linéaire du matérialisme historique ; féodalité/"archaïsme" => "Progrès"/"Modernité" capitaliste => socialisme ; tel est le grand apport au marxisme de pensées géniales comme celle de Mariátegui Mariategui.pdf, sachant que Marx lui-même n'était pas totalement fermé aux idées que lui exprimait par exemple Vera Zassoulitch marxists.org-marx-zassoulitch et que l'on peut trouver des raisonnements allant dans ce sens chez Mao : http://ekladata.com/-5-39bNwfYd4vBK-8.png.

    Le capitalisme a consisté fondamentalement à briser les structures sociales "communautaires" et toutes les soumissions à "quelque chose de plus grand que soi" pour établir le règne de l'individu... "fort" de sa "liberté" sur le papier, et faible face au Capital. Et de cette manière... il règne sans partage depuis des siècles en Europe (depuis deux ou trois siècles totalement, on va dire), et depuis la colonisation dans les autres régions du monde qu'elle a à un moment ou à un autre colonisées. Et l'on n'a pas l'impression d'en voir le bout du tunnel...

    Doit-on alors considérer qu'il faille absolument aller en ce sens et en passer par là, au risque de ne pas en voir le bout de sitôt ; plutôt que de prendre appui sur ce qui, avant même de pouvoir être éventuellement "remodelé" en collectivisme productif, est de nature à favoriser la plus large unité populaire et nationale possible contre l'ennemi, au lieu d'individus ou des petits foyers familiaux chacun dans leur coin et ne pensant qu'à leurs propres problèmes ?

    Il est permis d'en douter... quand bien même, pour l'impérialisme et ses spécialistes en vernissage "progressiste" voire "rouge", cela ne ferait aucun doute !


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  • https://redguardsla.org/2018/06/29/updated-position-on-the-chicano-nation/

    Cette position des Red Guards Los Angeles ; ou plutôt la thèse des Red Guards Austin devant laquelle elle est une capitulation historique pour le Mexique du Nord occupé et la décolonisation en Amérique du Nord en général ; est l'antithèse exacte de ce que nous avons pu développer ici (précisément ce qui y est critiqué) : Un échange de commentaires qui clarifie magistralement ce que l'anticolonialisme "en carton", "déclaratif comme aux impôts" veut dire

    L'archétype absolu du thorézisme-cheeseburger ; et l'équivalent (la "rectification" de RGLA) de si Hô Chi Minh ou Messali avaient capitulé devant Thorez, ce qui heureusement n'a pas été le cas.

    L'argument central, comme quoi prioriser la libération socialiste du Mexique du Nord occupé (Aztlán) serait "abandonner à leur sort" les autres colonies intérieures, est bien sûr proprement ridicule : cela revient à dire que lancer la guerre de libération du Vietnam en 1945, sans attendre "la révolution dans tout l'Empire" ou (dit plus clairement) que le PCF fraternaliste ne prenne le pouvoir à Paris, revenait à "abandonner" l'Algérie et le reste de l'Afrique dans leur lutte contre le même colonialisme français.

    L'histoire a bien sûr démontré le contraire, puisque cette guerre et sa glorieuse conclusion à Diên Bien Phu a été littéralement le signal du lancement de la Toussaint 54, d'une intensification de la lutte au Maroc et en Tunisie, ainsi qu'au Cameroun et en Guinée, le début d'un mouvement en Gwadloup etc. etc. C'est là une négation pure et simple de la possibilité de coordination, ou du moins de la dynamique d'émulation et de galvanisation qui peut exister entre colonies d'une même puissance ; ici l'Empire français, là l'Amérique WASP ; jusqu'à finir (même) par entraîner dans son torrent le (ou les) prolétariat(s) de la nation ou du "bloc de nations" (la question aux États-Unis est complexe et nous ne nous y lancerons pas ici, en "France" c'est clair qu'il y en a plusieurs) dominante(s), c'est-à-dire "glacis protecteur" de la bourgeoisie impérialiste (effet historiquement avéré, observable dans les années 1960 de la Révolution algérienne en "France" et de la Guerre populaire du Vietnam et des luttes de libération noire puis chicana puis portoricaine etc. aux US).

    Pour celles et ceux qui lisent l'anglais... (critique d'une position terriblement erronée)

    D'autant plus honteux que l'argumentation passe par une tokenisation (utilisation dilatoire, manipulatoire) de la Nation noire – ce serait la Black Belt, New Afrika qui serait ainsi "pénalisée"...

    BIEN SÛR que dans le cadre d'un même État, c'est-à-dire face un état-major unique de l'ennemi oppresseur, nous avons coutume de dire que les peuples sont "les doigts d'un poing uni" ; en particulier lorsque la nationalité dominante est elle aussi opprimée par l'impérialisme, comme les Turcs ou les Arabes au Proche-Orient vis-à-vis des Kurdes (dont la "cause" a déjà failli servir en 1920, et sert de fait depuis ces dernières années - ce dont ils semblent d'ailleurs commencer à se rendre compte, après des années de tonitruant soutien... - le dépeçage impérialiste de la région, raison pour laquelle Kaypakkaya insistait sur le "lien" nécessaire entre les différentes révolutions démocratiques)  ; ou lorsque la question peut vraiment se poser comme dans l’État espagnol (où les Castillans ne "dominent" pas vraiment les autres en termes de "privilège", mais une oligarchie principalement castillane avec pour quartier-général Madrid sert de garde-chiourme des peuples travailleurs de l’État pour le compte des monopoles "espagnols" et surtout nord-européens) ; SAUF QUE... ce n'est pas vraiment le cas de l'Amérique blanche, nation-glacis de la première puissance impérialiste mondiale, sans doute la plus "privilégiée" (comprendre : gorgée de miettes de bénéfices de l'exploitation des peuples à travers le monde) de la planète ; et cette notion de "poing uni" ne saurait être utilisée comme prétexte pour justifier l'"unité"... à la botte d'une telle nation (ultra-) dominante !

    BIEN SÛR qu'"aucun peuple aux États-Unis ne peut être libre tant que les États-Unis eux-mêmes ne sont pas détruits" ; personne ne dit le contraire ! L'on pourrait, en fait, dire strictement la même chose de la QUASI TOTALITÉ des peuples du monde... Aucun peuple de la sphère impériale française ne pouvait et ne peut (encore actuellement) être libre tant que "la France", le Pouvoir de Paris et de sa Bourse, n'est pas détruit. Faute de cela, la néo-colonisation y compris des pays ayant lutté le plus héroïquement (comme l'Algérie) est un phénomène que l'histoire des 40 ou 50 dernières années nous a donné l'occasion d'observer.

    Mais les choses doivent bien commencer quelque part ; déclenchant ensuite un effet domino... Et cela n'est tout simplement pas possible si les luttes de libération ne suivent pas, dans la solidarité internationaliste et éventuellement la critique mutuelle fraternelle et constructive bien sûr, leurs PROPRES AGENDAS définis par les peuples eux-mêmes ; et non par un "ensemble" incluant la nation-glacis des impérialistes. Les révolutionnaires de cette nation mènent la lutte contre leur bourgeoisie qui est la "super"-bourgeoisie de l'Empire entier ; au plus près ce qui présente un intérêt certain pour tous les peuples en lutte ; et pratiquent la solidarité internationale ; mais ne peuvent être en cela que des PORTEURS DE VALISES, et non des donneurs de directives !

    C'est bel et bien ce thorézisme d'outre-Atlantique qui doit être critiqué et combattu pour que la révolution socialiste là-bas puisse être à l'ordre du jour. La position originelle (ici abandonnée) des Red Guards Los Angeles était précisément la position juste !

    AZTLÁN LIBRE ET SOCIALISTE, RÉUNIFICATION ; RÉPUBLIQUE SOCIALISTE DE NEW AFRIKA ; RÉPUBLIQUES POPULAIRES DES 574 PREMIÈRES NATIONS et RÉVOLUTION ANTICOLONIALE des Grands Lacs jusqu'au Rio Grande !

    [Les Red Guards Austin ont "accueilli" la critique et le débat idéologique en supprimant notre commentaire... ressemblant ainsi de plus en plus à un 'p''c''mlm' yankee.]

    [Le groupe RGLA s'est finalement donné la peine de répondre... pour on ne sait quelle raison soudaine, paraissant jusque là plus à l'aise et loquace devant les contestations de tendance (hélas) postmo-idpol de sa position que devant une position impeccablement communiste telle que la nôtre. Serait-ce peut-être (comme ça, au hasard), après avoir d'abord réagi par l'ignorance ou la moquerie, une prise de conscience du danger de la critique qui commence à se lever de toute part contre leur position ; la chaleur du boulet qu'ils commenceraient à sentir ?

    Voici l'article en anglais :

    https://redguardsla.org/2018/07/04/defeat-u-s-imperialism-for-the-proletariat-and-all-oppressed-nations-clarification-and-reaffirmation-on-the-chicano-national-question/

    Nous ne nous donnerons pas la peine de traduire, tant il n'est qu'une assez piètre tentative de réaffirmer et justifier par une deuxième couche leur position capitulatrice sans apporter réellement de nouvel argument autre que l'attaque ad hominem... la plus classique concernant SLP ("blog d'un seul individu sans influence dans les masses" blabla), et d'ailleurs on-ne-peut plus clairement made in France et on voit assez bien made in qui (les gens, assez nombreux cela dit, qui depuis des années ne supportent pas de voir un "mec tout seul" - ils n'en savent rien en réalité, ni nous ne savons réellement ce que cela veut dire en fait, mais pas une avant-garde autoproclamée en effet - assumer une production théorique communiste qu'ils ne parviennent pas à égaler... et qui ont donc manifestement exporté leurs "arguments", les seuls qu'ils ont face à cela, outre-Atlantique - le savoir-faire français, on vous dit !!).

    Au point de consacrer (en fait) une bonne partie de leur texte, nous nous demandons même si ce n'est pas la majorité en nombre de lignes, à reconnaître que nous avons... RAISON sur certains points qui iraient dès lors (supposément) "dans leur sens" ; allant jusqu'à reformuler leur thèse en un "pourquoi pas coordonner toutes les luttes de libération" au sein d'un même État qui n'est rien d'autre (sans "why not" !) que ce que nous prônons necessite-imperieuse-refuser-parti-francais (mais par contre, une "direction politico-militaire hautement centralisée et hiérarchisée" est effectivement hors de question en incluant la nation dominante) ; et plus globalement, laisser ressentir un assez net vacillement sur leurs bases argumentaires (autre exemple : "et en quoi un Parti communiste unique de tous les USA serait forcément un parti à majorité blanche ?"... oui, bon ben les amis, on va dire qu'on verra bien ; et au demeurant un Parti sous DIRECTION STRATÉGIQUE, idéologique, intellectuelle blanche n'implique pas forcément qu'ils y soient majoritaires).

    Cela + quelques déformations, volontaires ou dûes à notre anglais approximatif on ne sait pas, de notre propos ; comme le fait que dans nos slogans à la fin nous parlons bien de RépubliqueS populaireS des Nations indigènes et non d'une seule et unique République comme ils prétendent l'avoir compris, et ne prétendons par ailleurs aucunement à la connaissance ultra-pointue du sujet qu'ils s'efforcent (inutilement donc) de nous dénier : nous savons simplement qu'il y a 574 nations à se revendiquer comme telles et (par la force des choses) reconnues au niveau fédéral, et pour le reste la seule chose que nous pouvons affirmer avec certitude est la complexité du sujet (ne serait-ce pas, sur le principe, TOUT le territoire US qui leur a été volé et qui devrait leur être restitué ? certes, mais ensuite, se posent les questions de faisabilité...).

    Deux points qui méritent discussion :

    - Aztlán et le Mexique seraient deux choses, "deux nations" différentes et ne devraient pas être réunifiés. C'est un point qui mérite sans doute plus ample investigation, certains arguments de RGLA sont tout à fait recevables ; néanmoins ils affirment de manière assez définitive que leur position est la "ligne rouge" alors que nous sommes suffisamment informés pour savoir que des points de vue tout à fait différents existent dans les masses locales (lire par exemple ici et ici) ; qui d'ailleurs ne descendent qu'en petite minorité des Mexicains "coupés" du Mexique en 1848 : c'est surtout, depuis un gros siècle, une IMMIGRATION venue du Mexique indépendant voire d'Amérique centrale qui a ré-hispanisé la zone. Les choses apparaissent de manière très nette sur ce graphique : http://ekladata.com/HCtOmwE.png ; où l'on voit bien qu'en 1850 (juste après l'annexion) nous avons quelques centaines de milliers de Mexicains annexés et devenus (donc) "américains", en 1970 environ un million de "Mexican-born" (personnes nées mexicaines au Mexique et immigrées) et 5 millions d'origine, et de là à 2010 on passe à plus de 11 millions nées au Mexique et quelques 33,7 millions d'origine mexicaine au total, en corrélation évidente ; formant une majorité ou proches de l'être dans plusieurs dizaines de comtés frontaliers et du Sud-Ouest en général (voire carte ci-dessous). Le slogan "les Mexicains ne traversent pas la frontière, c'est la frontière qui traverse le Mexique" ne peut pas signifier autre chose qu'un rejet de la légitimité de ladite frontière coloniale, et donc une certaine forme de réunification même si ce n'est pas sous la forme d'un Mexique monolithique et uniformisateur ; peut-être sous une forme de fédération-association ; et dans tous les cas bien évidemment, contrairement à ce qu'ils font mine de comprendre, pas avec le Mexique actuel TEL QU'IL EST, un régime narco-fasciste effectivement.

    - Un Aztlán (ou n'importe quelle nation opprimée) indépendant et socialiste "isolé", "entouré" par la Réaction impérialiste, serait constamment menacé, attaqué et probablement finalement écrasé. C'est un argument relativement peu convaincant. Ce qui est dépeint là n'est rien d'autre que le lot de toutes les révolutions, peu importe la taille du pays : qu'il s'agisse de la Russie bolchévique de Lénine, réduite au Nord de la Russie d'Europe, triomphant des Armées blanches et de 14 armées d'agression étrangères pour devenir l'URSS ; de cette même URSS, grande comme deux fois les États-Unis, triomphant de l'agression exterminatrice de l'Allemagne nazie en 1945 ; ou par la suite, de plus d'un tiers de la planète socialiste ou en démocratie populaire, là encore constamment attaqué en particulier dans les "nouveaux" pays (Corée, Vietnam, Cuba et ses alliés d'Amérique latine etc.) et bien souvent triomphant de ces agressions là aussi, mais finalement vaincu par cette longue guerre d'usure et surtout... le révisionnisme intérieur. Le même révisionnisme que celui de Maurice Thorez, tenant exactement le même discours aux colonies françaises : "isolés", "séparés" de la Frrrrance, vous serez écrasés, mangés par la nouvelle superpuissance US !

    Les colonies intérieures et les colonies situées outre-mer sont certes des choses différentes et beaucoup d'arguments de RGLA sonnent juste ; mais ils ne semblent absolument pas se rendre compte à quel point leurs arguments ("la nation opprimée sera isolée", "ne s'en sortira pas toute seule", "tombera dans les griffes du fascisme semi-colonial" etc.) sont en tout point similaires à ceux de Thorez en son temps et de n'importe quelle gauche coloniale aujourd'hui comme hier (ni sans doute combien leurs attaques directes contre nous, dans les derniers paragraphes, rappellent il y a 7 ou 8 ans la phraséologie d'un 'p''c''mlm' dont on sait hélas comment il a fini...).

    La question soulevée ici est d'importance, non seulement pour Aztlán et les États-Unis mais en réalité UNIVERSELLE et FONDAMENTALE ; transposable ici dans l'État français, ce qui explique l'hostilité bien "franco-française" envers nous qui transparaît de bout en bout du texte en filigrane. C'est tout simplement là une question dont nous avons violemment "débattu" avec toutes sortes de personnes et d'organisations hexagonales depuis près d'une décennie : nous rejetons résolument l'idée d'un Parti communiste "français" ou "de France", "hautement hiérarchisé et centralisé" (refuser-parti-francais - lire aussi ici). Nous considérons ainsi, par exemple, qu'il existe une Nation occitane (lire aussi : apres-8-segles) qui doit avoir son propre mouvement révolutionnaire de libération (nous avons récemment salué des développements en ce sens : occitania-nouvelle-organisation), de même que la Bretagne, l'Alsace, le Pays Basque ou la Corse ; que les minorités nationales non-blanches, "colonies intérieures" de force de travail "importée" des anciennes colonies en métropole impérialiste, doivent également avoir dans les ghettos où elles sont concentrées leurs propres organisations autonomes de type Black Panthers, reliées aux luttes anti-impérialistes des pays d'origine (Nation arabe, Afrique, Caraïbe) comme aux États-Unis les communautés noires de la Grande Migration sont reliées à New Afrika et au panafricanisme révolutionnaire international ; et ainsi de suite... Nous considérons, ni plus ni moins, que le refus de cela (c'est à dire ce qui a été jusqu'à présent l'expérience historique) conduira inévitablement au révisionnisme, intrinsèquement lié à l'esprit jacobin et gauche-coloniale. 

    Et bien évidemment, des gens ne sont pas d'accord et nous attaqueront bec et ongles jusqu'au bout sur ce sujet, souvent bassement, ad hominem et sans fondement, ni le moindre argument digne de ce nom (les RGLA ont au moins fait un petit effort de ce côté-là...). Il en va de leur petit râtelier de petits bourgeois : la Fraaance ; et si parfois ils font mine de soutenir les luttes des peuples c'est uniquement pour se donner une image "progressiste", de préférence lorsque ces luttes sont lointaines, ou au service de l'impérialisme comme en Rojava ; mais attention tout doit rester bien fermement sous leur contrôle. Mais nous n'en avons cure ; nous vivons dans la sérénité matérialiste et la conviction que notre ligne est toute-puissante parce que juste.

    Ah et puis maintenant qu'on y pense : le petit passage citant la Palestine comme autre "exemple" de colonie intérieur ("an internal colony like Palestine to Israeli settler-colonialism"... !!!), on est censé l'interpréter comment ? Que la Résistance palestinienne doit intégrer un "Parti unifié, hautement centralisé et hiérarchisé" avec les colons sionistes ???]

    Pour celles et ceux qui lisent l'anglais... (critique d'une position terriblement erronée)

    Lire aussi : Y a-t-il des questions nationales aux États-Unis ? - Sur le mouvement communiste maoïste aux États-Unis

    Pour celles et ceux qui lisent l'anglais... (critique d'une position terriblement erronée)

    [English]

    Long time we've been told : "you're completly wrong, you're attributing to Austin comrades positions which aren't theirs".

    Now, as we're able to read, this RGA's position, RGLA is joining with, appears crystal clear ; as steely is our firm opposition to its views for People's War and revolution in North America : https://redguardsla.org/2018/06/29/updated-position-on-the-chicano-nation/

    We're witnessing here nothing but basical capitulation before what may be called Cheeseburger Thorezism ; and RGLA's "rectification" is nothing but Ho Chi Minh or Messali capitulating before Thorez (which fortunately, historically didn't happen).

    This is just like if instead of launching their Liberation War, Vietnam's communists under Ho Chi Minh and Giap had quietly waited for "revolution in the whole Empire" ; better said, PCF (led 1930-1964 by Maurice Thorez) power seizure in Paris ; because if not so, they would have "abandoned Algeria, Africa and every other colony into French colonialism's clutch".

    History has proven this reasoning completly wrong ; as Vietnam's Liberation War and its glorious Dien Bien Phu epilogue has on the contrary contributed in launching Algeria's All Saints Day 1954, intensify struggles in Morocco and Tunisia, Cameroon and Ture's Guinea, the rising of a movement in the Carribean and so on.

    That's basically denying any possible coordination, or even mutual emulation and galvanization among colonized people under a same oppressor rule ; here imperial France, there USA ; up to (even) carrying along the torrent the very toiling masses of the dominant Nation, that is, the protective glaze of imperialist bourgeoisie ; as we could historically witness in 1960s decade's France after Algerian Revolution or USA during Vietnam People's War).

    This is, above all, nothing but basical attempt to drive the US Maoist movement, whose internal colonies CENTRALITY is obvious, under White leadership by using these fallacious arguments.

    Old enough to read these RGA's stances and thesis RGLA states joining with, we were absolutely not "wrong" about nor "mistakenly attributing positions" to anyone, nor dreaming...

    OF COURSE we've oftenly stated oppressed peoples into a unique state, that is, facing a unique bourgeois ennemy's command, are like "the fingers of a united fist" ; especially when so-called "oppressor nations" are themselves oppressed by imperialism, as Arabs and Turks are, oppressing Kurds but these latter able to be used by imperialism against them, in some new regional imperialist share, as attempted in 1920 and... going on these last years (which RGs seem now to take conscience) ; reason why Kaypakkay insisted on the necessity to "link" all their Democratic Revolutions each other...

    BUT White America isn't really in this situation, as one of the most priviledged imperialist "protective glaze" nation in the World ; and can't be tolerated such an attempt, under such a motto and tokenizing New Afrikan people, to put all these "fingers" struggles under its thumb.

    OF COURSE "no nation/people can be free in the US until the US itself is destroyed" : nobody states the opposite ! We could say, actually, the same for about EVERY PEOPLE in the World. No people in the French Empire could and (still) can be free until its Center, "France", Paris financial power is detsroyed : we have obviously witnessed the effects of "neo-colonization", even in the countries having the most heroically fought (Algeria), while it wasn't so.

    But things must start somewhere, producing then a domino effect ; and this ONLY can be possible if the liberation struggles, into tough international solidarity and not avoiding fraternal, principled and constructive mutual criticism if necessary, are following their OWN AGENDAS defined by peoples themselves and not by a "whole" including... the protective glaze nation of the imperialist bourgeoisie. This nation's revolutionary workers are fighting in "close combat" their own bourgeoisie, ruling class of the whole, which is obviously in everyone's interest ; and practice international solidarity ; but can only do it as SUITCASE CARRIERS and not in a commandist way !

    The previous, now abandoned RGLA's position was the correct one ; and this Cheeseburger Thorezism must be harshly criticized and fought in the whole American continent.

    FREE AND SOCIALIST AZTLÁN (170-years occupied Northern Mexico), REUNIFICATION ! SOCIALIST REPUBLIC OF NEW AFRIKA, PEOPLE's REPUBLICS OF THE 574 FIRST NATIONS and REVOLUTIONARY DECOLONIZATION of the WHOLE TURTLE ISLAND !

    [Red Guards Austin have "welcomed" this criticism and ideological debate deleting our comment...]

    [RGLA collective has finally answered our criticism : defeat-u-s-imperialism-for-the-proletariat-and-all-oppressed-nations-clarification-and-reaffirmation-on-the-chicano-national-question ; finally and quite suddenly, as we've seen them until now far more talkative facing far more (sadly) pomo-idpol tendency criticisms of their position, than a steely communist and materialist line as ours.

    Would it be (maybe ?) that after first welcoming our criticism looking away, and then mocking it, they're now starting to feel some danger with this kind of criticism rising from everywhere, and feeling the cannonball's heat on their hairs ?

    Nothing special to add, as the piece appears nothing but a pathetical attempt to reaffirm and strenghten a little bit their (and Austin's) thesis ; along with insults (history's defeated trademark) and personnal attacks through rumours, nothing but classical about Servir le Peuple, we're used to and actually perfectly know who they're coming from (our domestic, made in France numerous haters not standing we, as a so-called "individual blogger" and actually, yes, certainly not a self proclaimed vanguard, we can ensure day after day an intellectual production they just aren't able to)...

    And finally, on a quite long part of their text if not a majority, a kind of half acknowledging we're RIGHT and then (supposedly) "reinforcing (their) position" ; the whole emitting a quite strong impression to see them vacillating on their bases ; up to reformulate their line dressing it as "coordinate all internal national liberation wars", which is nothing but what we've always stood for (here the article in French : sur-la-necessite-imperieuse-de-refuser), under what we (nevertheless) would call a "coordinated state-level command" and, sadly, not a "highly centralized, hierarchical political-military proletarian machinery" including massively (we're talking about some serious mass People's War in some future, aren't we ?), even if only an important minority (minority = absolutely not synonym of "no power"), dominant settler nation's members.

    One discussible point : whether or not Chicano nation would be "very different" from Mexico. RGLA raises some valuable points : an internal colony inside an imperialist country, and a semi colonial semi feudal country are very different social experiences, in forging collective consciousness. This issue certainly needs further investigation from our part, but RGLA seems quite definitive about their "different nation - no reunification" conclusion while we know many radical forces in the same Chicano nation don't think the same (read for example : 1 - 2). Actual reality is 1848-annexed Chicano descendants, or even long-time immigrated families (19th or first half of the 20th century) are quite few ; and the huge majority of so-called "Mexican Americans", now something like 34 or 35 millions very mainly in the "Southwest" (Aztlán) are from quite recent Mexican immigration, as it can be clearly seen here on this graphic http://ekladata.com/HCtOmwE.png : some hundreds of thousands (recently annexed) Mexicans in 1850, about one million Mexican-born and 5 millions from Mexican origin in 1970 and over 11 millions born and 33 millions from origin in 2010 ; a majority or close to it in dozens of border and more generally Southwestern counties...

    Oftenly seen motto "Mexicans don't cross the border, the border crosses Mexico" can't really mean something else but a call to reunification in the sense of abolish this 1848 colonial border ; even if it doesn't mean a completly monolithic and uniform Mexican state (but perhaps some kind of federation, association). Of course, we and certainly nobody else never advocated reunification with Mexico AS IT'S NOW, a narco-fascist regime, yes.

    Another one is an isolated independent and socialist Aztlán (or other oppressed nation), "surrounded by U.S. imperialism, even more so aggravated like a fallen wasp nest", would be constantly under attack and threat and finally certainly crushed. That's not really convincing. What does it really means, a revolution would be "constantly under attack" and risk to be crushed ? That's obviously the case of any revolution in the World and in History ; be half planet socialist, there still would be "constant attack" and murderous wars here and there, especially against "new" countries (Corea, Vietnam). Soviet Russia started as a small part of Northern European Russia (that is, perhaps, as large as Aztlán). White reactionary armies and 14 foreign armies couldn't crush it, it triumphed and expanded and became USSR. Which, large as two US, was 20 years later under attack again, Hitler's total genocide war. And survived again. On the other hand... revisionnism allowed a long Western attrition war to finally crush (1990) more than one third of the planet living under socialism or people's democracy in the 1950s.

    Revisionnism like Thorez's PCF's one, telling French colonies EXACTLY THE SAME ("isolated, separated from us, US new superpower will eat you !").

    Internal colonies and offshore colonies are different, yes, and many RGLA's points sound right ; but they also seem absolutely unaware how every and any argument they're putting forward is basically similar to Thorez or any today's or yesterday's "colonial left"'s one ("the oppressed nation will be isolated", "finish as a fascist semi colonial regime" and so on).

    Ah and, now that we're thinking about it : the passage where Palestine is quoted as another example of internal colony ("an internal colony like Palestine to Israeli settler-colonialism"... !!), where is it exactly going to ? Palestinian resistance should join in an "unified, highly centralized and hierarchical" Party with Zionist settlers ??

    Well, we are not to discuss about it indefinitely. "Comrades" (as you don't consider us so...) : your revolution is yours. Do, and you and we'll see. Be sure that being proved mistaken would be, objectively, the best thing which could happen to us and the prisoner peoples of the US and (due to this hegemonic superpower's position in the World) the entire humanity in the next decades.

    We are just a certain number of people, here and there, thinking differently ; not because of some personnal hate for you (we've never met and never dealt with either), as you and your Texas friends seem used to take any criticism ; but because that's our convictions.

    We've been used, all along almost one decade, to dispute about this kind of issue with an amount of domestic organizations. We don't think, for instance, an "all-France" "highly centralized, hierarchical" Party (prevailing model until now) should lead our people's struggles for social and national liberation in Brittany, Corsica, Northern Basque Country or Occitany you've certainly never heard (and will probably laugh, knowing you) about ; we also think non-White national minorities, "imported" labour force "internal colonies" but without (unlike at yours) a large continuous territory, should autonomously organize in their ghetto areas under a BPP-like model (relying on their origin countries' anti-imperialist struggles like Great Migration-born Black communities on New Afrika and international Panafricanism), and so on.

    We think this way and you're thinking another. That's all !

    According to us, no serious decolonization is possible with a Party whose geographical boundaries are those of the Prisonhouse State or the Empire, and merging all oppressed nationalities with the dominant priviledged one, would this latter be only one third of the membership.

    That's nonsense. Proven nonsense through the whole last 100 years' revolutionary history. Has any Irish liberation struggle ever existed with a "British Isles Communist Party", even counting only 30% English inside ? Would have any Vietnamite Revolution been possible with an "Indochina chapter of the French Communist Party" ? 

    That's what Algeria's Communist Party was, and it failed to lead the liberation struggle (giving it up into national bourgeoisie's hands). The Spanish Communist Party has proven unable to solve any Basque, Catalan or other national question there, and these nationalities aren't at all the same than New Afrikan or Latin people in the US, Castillans at all the same than White American.

    There's TKP/ML... But Turks are themselves an oppressed nation, by imperialism, and are under 10% of the membership.

    And Russia's Bolsheviks, but Lenin spent his last years alive fighting Russian greater nation chauvinism in the Party and this one finally killed socialism in USSR.]

     

    Pour celles et ceux qui lisent l'anglais... (critique d'une position terriblement erronée)


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  • ... ou équipe DES PeupleS de l'Hexagone, DES prolétariatS (c'est quand même rare, les joueurs qui viennent de la bonne petite bourgeoisie, même si on essaye de les mettre en avant) et des quartiers populaires ?

    Nous ne pensons pas que l'un ou l'autre soit "acquis" : tout n'est plutôt qu'une histoire de contradiction entre les deux aspects.

    Entre d'un côté les "leurs" dans lesquels les classes populaires de banlieue ou du cul-du-monde, les "beaufs" et les "barbares" se reconnaissent ; et de l'autre, en cas de beau parcours (et bien sûr de victoire), les tentatives de récupération patriotarde-citoyenniste par le pouvoir politique comme le fameux "black-blanc-beur" de 1998.

    Une équipe qui prend bien sûr au fil du temps l'image de ces classes populaires dont elle est issue, ce qui veut dire moins de noms en -i ou en -ez et plus de Fekir ou de Mbappé ; et qui par conséquent suscite de plus en plus les réactions que l'on connaît et, fait à peu près inconnu dans les années 1980 ou encore 90 (ce qui était une spécialité française et d'ailleurs l'objet de critiques à l'époque !), l'absence totale d'indulgence et les gémonies dans la défaite, même si c'est en finale... Ce n'est jamais que les autres ont simplement été meilleurs, encore moins que le sélectionneur n'a pas (comme un certain Raymond D. en 2010) assuré son rôle au gouvernail ; c'est que "ce ne sont pas de vrais Français".

    Autrement dit : imaginons que l'EDF passe l'Uruguay (ce qui est loin d'être gagné) et se retrouve, par la suite, face à la redoutable équipe au damier oustachi, la Croatie*... Ou la Russie, ou la Suède, ou même l'Angleterre (équipe plus blanche), bref. Celles-ci ont bien sûr le droit de gagner si elles sont meilleures, à la loyale, là n'est pas la question ; mais connaissant l'engouement, ces dernières années, des fafs pour l'Europe du Nord et de l'Est comme "gardienne de la race blanche", qui au foot "gagne, c'est normal, parce qu'elle fait jouer de vrais nationaux", et donc si l'EDF perd ce sera "normal", "c'est une équipe de Noirs" : est-on si sûrs qu'il faille soutenir, par principe à moins que ce ne soit par posture comme le font beaucoup dans les milieux militants, l'équipe adverse des Bleus dans cette configuration ? Ce qui voudrait dire aux côtés de tous les fafs, espérant la défaite parce que selon eux, "comme ça à force on va ptet nous remettre un peu des Blancs sous le maillot" ?

    La question mérite d'être posée... Et à notre avis, ce serait avoir une vision un peu borgne de ce que signifie le soutien populaire à l'EDF dans les compétitions internationales.

    Les (rares) succès des Bleus dans les compétitions internationales sont l'objet de récupérations "black-blanc-beur" par le Pouvoir bourgeois, OK ; mais est-ce que rejeter, sous prétexte de ces récupérations, l'engouement populaire qui a accompagné ces succès ne revient pas (un peu) à condamner les mobilisations anticoloniales-intérieures du début des années 1980 sous prétexte qu'elles ont été récupérées par SOS Racisme ?

    Un autre élément assez central est que si l'EDF était au niveau footballistique de l'Islande, et que les équipes africaines et arabes abondaient au contraire au delà des 8e et jusqu'en finale voire au titre, la question dans les quartiers populaires ne se poserait pas : les gens soutiendraient leurs pays d'origine ou alors les équipes africaines ou arabes qui restent. Les classes populaires d'origine portugaise l'ont bien fait, sans hésitation, à l'Euro 2016 alors que l'adversaire final du Portugal pour le trophée était... la France (des supporters fêtant la victoire de Ronaldo et ses coéquipiers ont par la suite subi des agressions).

    Mais comme il est rare que ces équipes passent les 8e, et ce (osons le dire) de manière largement magouillée par la FIFA, payée ou arbitre payé ou accords infâmes comme entre l'Allemagne et l'Autriche contre l'Algérie en 1982 ; si les Bleus vont (eux) au delà alors les gens vont soutenir non pas "la Fraaaance", mais le ou les joueur(s) qu'ils sentent les représenter à leurs yeux (même si politiquement ils ne "revendiquent" pas beaucoup et sont plutôt lisses).

    On a bien vu, pour prendre l'exemple contraire, qu'en 2002 lorsque la France a été sortie et le Sénégal a un peu continué, les classes populaires colonisées-intérieures ont clairement reporté leur soutien sur les Lions de la Téranga.


    [* Nous y sommes à présent : l’Équipe de France jouera contre la Croatie en finale pour remporter la Coupe du Monde... Et l'on voit effectivement des gens aller UN PEU LOIN dans le soutien de principe à l'équipe opposée aux Bleus ; car en l'occurrence la Croatie n'est pas seulement une équipe sans Noirs, musulmans etc. (normal pour un pays sans passé colonial, plutôt d'émigration que d'immigration) sur laquelle les défenseurs de la race blanche projetteraient leurs fantasmes, mais également une équipe dont beaucoup de joueurs assument ouvertement des positions politiques fascistes :

    https://larepublica.es/2018/07/08/la-seleccion-croata-futbol-sigue-enalteciendo-fascismo-rusia/ (en castillan)

    http://ekladata.com/P1qPwqO849do709X50ZQE6xQ0xU.png

    Ce qui n'a rien d'illogique car en réalité, ce "pays" n'est rien d'autre que la concrétisation d'un projet politique fondamentalement réactionnaire, dont il n'existe pas vraiment de variante "de gauche" même modérée ; un projet politique qui consiste depuis 1918 en un fer de lance de l'Allemagne et de l'Autriche (qui venait alors de perdre cette possession à l'issue de la Première Guerre mondiale) contre l'unité des Slaves du Sud autrement nommée Yougoslavie, dont la Croatie n'est en réalité qu'une région caractérisée par la religion catholique et l'histoire (royaume médiéval, puis possession autrichienne et non ottomane), parlant selon les endroits trois des quatre (légères) variantes dialectales du "serbo-croate" (lui même très peu différent du slovène et du macédonien) sans aucun rapport avec les limites des territoires qu'elle revendique ; un instrument de ces impérialismes pour dominer la région balkanique comme cela fut fait pendant la Seconde Guerre mondiale avec les tristement célèbres Oustachis, dont les atrocités choquaient jusqu'aux SS eux-mêmes ; et encore à nouveau depuis la réactivation nationaliste et les guerres d'indépendance de 1990-92...

    Il n'y a pas d'identité "nationale" croate autre qu'une allégeance à ce projet politique ultra-réactionnaire et il ne faut donc pas s'étonner des faits et gestes des joueurs (soutien aux nazis ukrainiens de Kiev, chants appelant à "brûler Belgrade", saluts et slogans oustachis adressés aux supporters etc.), dont le "patriotisme" est évidemment un critère important de sélection. Un-e Croate sérieusement "de gauche", ou a fortiori révolutionnaire comme nos camarades de la Crvena Akcija, ne peut évidemment être qu'en faveur de la restauration d'une Yougoslavie fédérative socialiste (ou au "pire" dira-t-on, pour les socedems, d'une abolition des frontières et des nationalismes dans le cadre de l'Europe).

    En plus de pouvoir projeter leurs fantasmes sur une sélection white only et qui "elle, ne fait pas jouer des nationaux de papier", l'extrême-droite BBR sait qu'elle a affaire à de véritables "frères" d'idées politiques !

    Il serait donc bien de réfléchir un peu à deux fois avant de soutenir n'importe quelle équipe opposée aux Bleus ; ce qui n'empêche en rien de critiquer ce qu'il y a à critiquer dans ces "grands moments de communion nationale" qu'un beau parcours tous les 10 ou 12 ans met à l'ordre du jour ("qu'est-ce qu'on est un grand pays", "allez" nos enfants de prolos à qui on sucre en même temps les derniers acquis sociaux, "allez" nos "blacks" et "beurs" que tout le monde adore quand ils gagnent des coupes mais se font tuer par les flics tous les mois, etc. etc.).]

     

    Équipe de France...


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  • http://lequotidienalgerie.org/2018/06/29/lislamisme-est-il-la-forme-musulmane-de-la-theologie-de-la-liberation/

    "Pendant la période de la guerre froide, les groupes et les penseurs islamiques étaient souvent en concurrence avec leur principal rival idéologique, le marxisme, avec lequel ils partageaient des positions anticapitalistes, populistes et de justice sociale. Nous l’avons vu dans les idées socialistes de Mahmoud Taha au Soudan, l’anticapitalisme de Sayyid Qutb, la gauche islamique de Hassan Hanafi en Égypte, le marxisme économique d’Ali Shariati en Iran, ou la perspective distributionniste de Mohamed Bakr Al-Sadr en Irak. Ainsi, alors que l’islamisme des années 1980 et 1990 se caractérisait par une sorte de populisme de gauche, nous observons aujourd’hui une tendance au populisme néolibéral parmi les islamistes et les post-islamistes — par exemple, dans la pensée de figures comme Mahmoud Ahmadinejad en Iran, Kheirat Al-Shater, dirigeant des Frères musulmans égyptiens, Recep Tayyip Erdoğan en Turquie, ou les « salafistes Costa » qui ne s’intéressent ni à la redistribution ni à la protection sociale, mais à la « prospérité » par l’entrepreneuriat individuel. Cela représente un changement significatif vers ce que l’on pourrait appeler le « néo-islamisme » de notre époque néolibérale."

    C'est bien vu. C'est vrai que l'affrontement marxistes-islamistes au temps de la Guerre froide était en fait moins une question d'antagonisme total de vision du monde, que plutôt une concurrence sur le même créneau... Avec pour seul vrai clivage peut-être croyance/incroyance, voire un indépendantisme (des islamistes) vis à vis de l'URSS que l'on trouvait aussi chez les groupes pro-chinois.

    Les Frères Musulmans avaient ainsi commencé par être des alliés de Nasser et Néguib, on l'oublie souvent. Ils avaient soutenu leur coup d'État contre la monarchie laquais de l'Empire britannique. La rupture ne s'est pas vraiment faite sur un rapport différent à l'impérialisme occidental (les uns et les autres avaient combattu côte à côté les Anglais sur le Canal de Suez), mais plutôt sur le rapprochement à partir de 1954 avec l'URSS "athée" et (selon leur point de vue) "ennemie des musulmans".

    Ceci étant RÉCUPÉRÉ par l'impérialisme occidental dans une optique anti-soviétique, COMME c'est arrivé à des groupes 'chinois' ou 'albanais' parmi lesquels on peut citer l'UNITA en Angola, les maos afghans qui ont combattu aux côtés des islamistes d'ailleurs, ou le PCRV contre Sankara au Burkina.

    Ensuite bien sûr, eh bien il y a eu reflux général de la révolution mondiale et COMME l'immense majorité des groupes cocos, glissement vers la social-démocratie voire le social-libéralisme de 'ruissellement' qui serait la position que l'on pourrait prêter aujourd'hui aux Frères ou à Erdogan.

    Encore une fois sur la question de l'"islamisme"

    Lire aussi : http://ekladata.com/aMWtD4biDmduz0KwuECvsQC_eus/2008_12_Dot.pdf


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  • Question : le gars là, avec ses lunettes à grosses montures carrées de démochrétien P2iste, il a pensé à une psychanalyse de Salvini, Berlusconi ou Grillo ?

    Non parce que "Marine Le Pen, la Marianne, la représentante de la France", on dit ça on dit rien mais ça nous fait un peu penser à un travail de commande pour le bloc Lega-M5S (qui a eu du contentieux avec Macron, qui a soutenu la tentative de coup de force présidentiel contre la nomination - finalement abandonnée - de l'europhobe Paolo Savona à l'Économie), quand même.

    Faut arrêter avec ces conneries en vrai.

    On s'en fout que Macron soit psychopathe, narcissique ou autre : il est un ennemi de classe, le chef d'état-major de la bourgeoisie qui en temps de crise "ne recule devant aucun crime", et ça nous suffit amplement.

    Ces trucs, ça sous-entend limite qu'il pourrait y avoir des ennemis de classe "sains d'esprit" donc "bons".

    "Il n'aime pas la France" : pareil, ça ne veut rien dire et ça a tendance à signer qui est derrière ce coup de com' politique.

    Les bourgeois AIMENT bien sûr la France, et ne L'AIMENT PAS comme Nom d'autre chose que de leur Pouvoir de classe, appareil politico-militaire et idéologique à leur service, donc intérêts de classe oui.

    Les prolétaires peuvent aimer "leur pays", "la terre où ils sont nés" au sens d'amour pour ce qu'on appellerait en castillan "su gente", leur peuple prolétaire comme eux qui les entoure (même si nous préférerions bien sûr qu'ils aiment leur pays et peuple réel, comme l'Occitanie par exemple, et non "la France", comme leur amour pour "su gente" se traduit encore hélas dans la grande majorité des cas).

    Bref, tout ça n'a aucun sens.

    Macron n'a pas fait que vivre dans un "sentiment enfantin d'omnipotence" : il l'a accompli, il a réussi, atteint les plus hauts sommets de la société... pour notre malheur.

    Et il faudrait peut-être que pour LE SIEN, quelques nouveaux Lénine fassent la même chose.

    Ce que dit ce bonhomme peut être vu comme la critique d'une "gagne" qu'il serait justement bien que les prolétaires aient (pour la révolution bien sûr, pas pour la réussite personnelle individualiste)*.

    Mais peut-être que ça l'arrange justement qu'ils ne l'aient pas. Quant à ce que des gens comme Macron l'aient, c'est tout naturel de leur point de vue de classe et ça ne mange pas de pain de les critiquer après...

    Bon allez, cassons le suspense : Adriano Segatori est bien psychiatre et psychanalyste, mais surtout, chroniqueur régulier de Destra.it... Un site d'extrême-droite, effectivement :

    http://www.slate.fr/story/145347/macron-psychopathe-extreme-droite

    Cette vidéo date en fait de l'avant débat de l'élection présidentielle et le spécialiste avait été chargé de coacher Marine Le Pen en vue de celui-ci. À cette époque les démocrates américains avaient déjà attaqué Trump à travers des expertises de psychiatres comme celle-ci, pour mettre en avant l'argument de sa "psychopathie" (de nature à justifier une procédure de destitution au Congrès).


    [* Il est certes vrai que le lycéen qui l'a appelé "Manu" avait 15 ans, et que cela dénote donc un tempérament puéril de sa part que de réagir comme il l'a fait sous l'œil des caméras... mais au fond, il n'a pas TOTALEMENT tort au sens où il est bien vrai que ceux qui voudraient faire la révolution dans ce pays feraient bien de se mettre au BOULOT, à ÉTUDIER, PENSER, CRÉER ; et arrêter de croire qu'interpeller les politiciens bourgeois sur un ton "populo", chanter l'Internationale ou encore réciter ses mantras "classiques" (même le père lambertiste de Schiappa en est capable, histoire de dire...) suffit à faire la révolution...]


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  • https://french.almanar.com.lb/945485

    "Une proposition aurait été faite par les Etats-Unis à la Russie en lien avec la situation au Moyen-Orient, a révélé le journal libanais al-Akhbar. Elle stipule que Moscou facilite la conclusion du Deal du siècle en échange de quoi elle aurait les pleins pouvoirs sur la Syrie.

    « Les Américains ont proposé aux Russes de faire évoluer l’entente sur la Syrie et de se baser sur elle pour la conclusion d’un accord régional élargi, en fonction duquel une hégémonie russe sans rival serait accordée en Syrie en échange de la facilitation de l’action de l’axe américano-israélo-golfique en Palestine », a révélé une source arabe informée pour le quotidien libanais.

    Moscou devrait donc œuvrer pour persuader le chef de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas de rencontrer le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

    Depuis que l’administration de Trump a décidé de reconnaitre Jérusalem comme la capitale de l’entité sioniste et d’y transférer son ambassade, le dirigeant palestinien a rompu ses contacts avec les dirigeants américains et israéliens.

    Ce qui a compliqué la tâche du haut-conseiller du président américain Jared Kushner et de son émissaire pour le M-O Jeyson Greenblat .

    Moscou n’a pas encore parlé de cette proposition ni donné sa réponse. Selon Al-Akhbar, les Russes gardent de bons liens avec la branche soviétique du mouvement de Fatah et dont M. Abbas est un pilier.

    Le vice-chef du bureau politique du Hamas Moussa Abou Marzouk a assuré pour al-Akhbar que les Russes se sont engagés lors de sa visite à Moscou de rejeter le projet de Trump et de contrecarrer le Deal du siècle.

    D’après al-Akhbar, l’entente avec les Russes sur l’élargissement du cadre du Deal du siècle et le partage de l’hégémonie au Moyen-Orient est plus plausible que jamais. Mais pas avant d’accomplir l’opération de purification de l’administration américaine de son pôle militaire hostile à Moscou. C’est dans ce contexte qu’a eu lieu le remplacement du secrétaire d’État pour la sécurité nationale Herbert Mc Master par John Bolton. Pour ce dernier, le renversement du pouvoir en Iran occupe la priorité. Pour ce faire, il prône la neutralisation de la Russie via une entente avec elle sur la Syrie.

    Ces révélations et les analyses qui vont avec interviennent au moment où un sommet a finalement été décidé entre les deux présidents américain et russe le 15 juillet prochain à Helsinki. C’est surement là-bas que les décision seront prises aussi bien sur le Deal du siècle que sur le statut de la Syrie."

    Rojava... encore (une fois de plus) dans le baba ?

    Lire ou relire :

    http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/l-annee-2018-commence-fort-au-proche-et-moyen-orient-a135432600

    http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/le-nouveau-sykes-picot-du-centenaire-a132732648

    http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/encore-un-commentaire-facebook-bien-explicatif-qui-permettra-a-ceux-qu-a135541702

     

    Haha... intéressant


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  • Une intéressante étude qui aborde, centrée sur un moment historique bien particulier, celui de la montée en puissance de la droite radicale nationaliste française avant, pendant et au sortir de l'Affaire Dreyfus, lors du débat sur la séparation de l’Église et de l’État etc. (années 1890-1900), la question à la lumière de ce contexte de la persistance et de la prégnance d'un discours ANTI-MÉRIDIONAL dans l’État français ; discours également, comme cela est dit dans le texte et prouvable par de nombreuses citations (lire ici a-propos-du-racisme-anti-occitan même si nous ne partageons pas la terminologie de "racisme" pour ce qui est de l'oppression nationale), déjà présent bien avant cette époque et même encore après.

    Un discours, comme vous allez pouvoir le voir, souvent et même étroitement lié à la caractéristique la plus ancrée dans les mémoires de ce mouvement de l'époque : l'antisémitisme... Ce qui n'est en soi pas illogique lorsque l'on sait, comme nous avons déjà pu l'aborder ici, que la politique anti-juive française est étroitement liée à la Conquête de notre Occitanie et que les toutes premières mesures (expulsions, port de la rouelle) ont été prises dans son contexte, vu que c'était là que la grande majorité des Juifs du nouveau Royaume de France (et non plus "des Francs de l'Ouest") vivaient et faisaient du pays une véritable "Andalus du Nord" à briser, comme celle du Sud (un peu plus tard) pour les rois très-catholiques de Castille, afin d'asseoir fermement l’État-"nation" moderne du roi-lieutenant-de-Dieu-sur-terre... il-y-a-800-ans-la-rouelle-premiere-etoile-jaune

    Et évidemment, dans le contexte plus précis de l'époque, indissociable également de l'anti-socialisme, de la "peur du rouge" étant donné que tant le socialisme révolutionnaire que la gauche républicaine réformiste avaient depuis déjà un demi-siècle AMNCHw.png dans notre "Midi" leur bastion.

    Un discours, de manière plus générale, forcé d'émerger épisodiquement en dépit de toutes les assimilations dans une identité "française" (et blanche), dans des contextes de crise et de sentiment de désintégration de l’État-"nation" ; puisque l'Occitanie et sa Conquête en ont été respectivement la victime sacrificielle et l'acte fondateur, et depuis lors, pour reprendre le terme de Gramsci sur une Italie née beaucoup plus tard, ce que l'on peut appeler sa "question méridionale" ou son "Sud socio-politique" ; le "socle" d'un État français d'abord constitué ainsi avant de devenir le centre de l'Empire, donc du pouvoir colonial-raciste (apres-8-segles, lire aussi ici : interview-de-l-odpo-pourquoi-feter-le-25-juin).

    Et un discours aux conséquences pas forcément toujours bénignes lorsqu'il pouvait déboucher par exemple, dans un épisode sur lequel se conclut l'article et que nous avons déjà évoqué par le passé la-faute-au-midi, sur la stigmatisation médiatique des soldats "méridionaux" devant les débâcles militaires de l'été 1914 et l'exécution "pour l'exemple" de centaines d'entre eux...

    Il ne s'agit bien sûr pas de nous "comparer", dans un esprit qui serait (finalement) postmo-identitaire et non matérialiste et scientifique, à ce qui n'est pas comparable : lorsque notre traitement, celui de nos grandes révoltes par exemple comme celle des Croquants ou des Camisards (ou la révolte de 1675 en Bretagne, ou les conquêtes meurtrières de la Franche-Comté ou de la Lorraine 1 - 2), pouvait être comparable à ce que l'on appelle aujourd'hui colonialisme, les peuples colonisés subissaient quant à eux l'esclavage et/ou des politiques génocidaires ; et lorsque leur condition a évolué vers ce qu'elle a été au 20e siècle, la nôtre a elle aussi évolué vers les "Droits de l'Homme" BLANC, bref...

    Mais il n'en est pas moins possible de dire, à l'unisson de Saïd Bouamama, que dans le long processus de construction de l’État-nation comme (nécessaire) centre et "camp de base" de l'Empire, "la colonisation a d'abord été intérieure" : la-logique-coloniale-francaise-des-basques-aux-algeriens-de-la-colonisation-interieure-a-la-colonisation-exterieure ; et ce, avec des réminiscences que l'on peut retrouver jusqu'à une époque très récente (écrits de Céline autour de 1940, voire propos de hauts fonctionnaires face aux Bretons, Occitans du Larzac ou des CAV, nationalistes corses ou basques dans les années 1970 ou 80).

    On notera bien sûr, comme dans toute pensée fondamentalement réactionnaire et anti-matérialiste, des incohérences ; ainsi l'anti-protestantisme qui va naturellement de pair avec l'anti-méridionalisme, le "Midi" ayant été le bastion historique du protestantisme hexagonal, mais qui ne peut s'empêcher à plus d'une reprise de louer les qualités... protestantes de l'Europe de Nord ou de l'Alsace perdue, voire de regretter comme Renan qu'"à cause de la Provence"... "et du Languedoc" (!) la France ne le soit pas purement et simplement devenue (or c'étaient bel et bien le Languedoc, la Provence du Sud de l'actuelle Drôme ou du Lubéron - vaudois - et la Gascogne d'Henri IV qui auraient éventuellement pu l'y conduire...). Mais il faut dire que c'est là (encore) une "exception française" que d'avoir vu son "Sud" socio-politique devenir le bastion de la Réforme, et non comme de manière générale le "Nord" centre le plus dynamique du développement capitaliste.

    D'ailleurs, comme de bien entendu, la moitié nord de l'Hexagone ne constitue pas plus une prétendue "Nation française" que l'Hexagone dans sa totalité, et l'on en voit s'esquisser la conscience chez les auteurs cités : le Nord comme l'Hexagone entier sont bien compris comme un ensemble de peuples distincts, censés être dans un "équilibre" presque "biologique" qui est ce que l'on appelle "la France" et fonde le "génie français" ; et la perte de l'Alsace-Moselle aurait "rompu" cet équilibre, mutilé et affaibli le Nord celto-germanique au profit du Midi "dissolvant", "ventre mou", méditerranéen presque "oriental"... Délire fasciste dans un sens ; mais dans un autre, au fond, perception bien sentie de ce qu'est la fRance comme Empire du Capital parisien dans lequel toutes les "provinces" ont effectivement leur place attribuée et leur rôle économique précis, formant en effet un "équilibre", ou une complémentarité que la perte d'une rend difficile de rétablir.

    L'on pourrait aussi être frappé, dès les premières lignes, par l'évocation de Maurras... provençal comme la Provence et félibre de son état ; mais c'est que la pensée assez spécifique de celui-ci, monarchiste orléaniste et décentralisateur presque fédéraliste plutôt que partisan d'un "césarisme" présidentiel, de préférence avec un militaire (comme Boulanger) à sa tête (donc bonapartiste, en essence, comme Delafosse à ses débuts), et farouchement centraliste, était finalement assez atypique parmi ses congénères de la droite radicale nationaliste ; et en faisait quelque part, comme nous avons pu l'expliquer par le passé... notre Dieudonné : une réponse à la question de comment souder notre nationalité minoritaire et reléguée, par ailleurs terre de socialisme de combat où l'on roulait les drapeaux tricolores aux frontons des mairies pour ne laisser flotter que le rouge, à la France ; dans un contexte de course à la guerre impérialiste ; contre des ennemis-"complots" fantasmatiques intérieurs (Juifs, francs-maçons) et extérieurs (Allemagne, Anglo-Saxons) dieudonne-soral-ou-le-maurrassisme-pour-les-non-blancs (le texte, page 8, aborde également cette question à travers la "défense" par Maurras du Midi "réel" devant l'un de ses contempteurs, Delafosse). L'identification de la figure de Maurras, à lui seul, à la droite extrême des années 1890-1940 (sans même parler de l'antisémitisme... qui ne se limitait pas du tout à cette droite extrême et était même presque un lieu commun, y compris chez les plus républicains des républicains et nombre de dreyfusards), c'est clairement cela : l'équivalent de quelqu'un qui dans un siècle, réduirait tout le "populisme" et la mobilisation réactionnaire de masse des années 2000-2010 à Dieudonné et Soral...

    Bref, bonne lecture...

     

    La haine du Midi : l’antiméridionalisme dans la France de la Belle Époque


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  • ... de toute façon concentrés au Kurdistan-Dersim et dans les grandes villes de l'Ouest (les quartiers kurdes et alévis surtout).

    La clé est dans la conquête idéologique révolutionnaire de la Turquie karatürk, "noire", "profonde" et "arriérée", votant historiquement Menderes puis Demirel puis Özal et enfin AKP ; et dans la réalisation (enfin) d'un bloc historique de libération avec elle.

    La clé n'est pas dans les scores du HDP...


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