• Que fait l’armée française au Tchad - Libération.pdf

    On a tendance à avoir du mal à interconnecter les fronts, tant ils sont éloignés géographiquement ; mais en réalité, tout est interconnecté dans une grande guerre mondiale non-déclarée.

    Le bordel au Venezuela part du fait que les exportations de pétrole étaient sur le point de se faire majoritairement vers la Chine, suite à la signature de nouveaux contrats.

    C'est donc un assaut contre une tranchée chinoise, quelque part.

    Au Tchad, les rebelles anti-Déby sont appuyés par le Soudan donc la Chine. Ça peut donc être vu comme une contre-attaque de Pékin.


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  • Steve Bannon, ex très droitier voire fascisant conseiller personnel de Trump :

    "Un nouvel ordre mondial (qui) se dessinera avec une alliance de coopération au sein du monde judéo-chrétien, avec Israël, la Russie, l'Europe et les États-Unis ; car notre vrai ennemi commun, c'est le Parti communiste chinois."

    https://www.parismatch.com/Actu/International/Les-gilets-jaunes-inspiration-pour-le-monde-entier-selon-Steve-Bannon-1603881

    Confirmant ce que nous pensons ici à SLP depuis des années (par exemple : les-4-lignes-de-l-imperialisme-francais) : la "russophilie" des droites radicales européennes et (souvent aussi) nord-américaines n'est en rien incompatible avec la "défense de l'Occident" ni le philo-israélisme. L'idée est bien de parvenir, un jour, à réaliser ce grand "bloc civilisationnel blanc"... de l'Alaska à Vladivostok, pour faire face au reste du monde. Ils considèrent simplement qu'avec ses alliances "tiers-mondistes" telles que l'Iran (et maintenant la Turquie), le Venezuela et bien sûr, en premier lieu, la Chine, Poutine est pour le moment "mal-orienté", "prisonnier" en quelque sorte de la "barbarie" non-blanche ; et que tout le travail est de le ramener dans son camp "naturel" blanc...

    [Voir aussi (site fasciste) : Bannon-vaincre-la-Chine-communiste-alliance-avec-la-Russie.pdf]

    Encore une fois des propos qui confirment notre vision géopolitique depuis longtemps déjà


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  • ... mais L'ENSEMBLE de l'extrême gauche occidentale qui est truffée d'éléments pernicieux qui sont sur les positions du sionisme binationaliste.

    Des positions dont l'importance va bien au-delà de la seule question de la Palestine, car au-delà de rejoindre les positions rojavistes pour l'ensemble du Proche et Moyen-Orient, elles impliquent forcément une vision TOTALE du monde dans le sens de la contre-révolution préventive.

    C'est, basiquement, le problème de considérer la "non-oppression" dans les rapports entre groupes humains (nationaux, raciaux, de genre... et pourquoi pas de classe, alors ?) sans s'attaquer aux FONDEMENTS ÉCONOMIQUES qui rendent ces rapports oppressifs, autrement dit la Question du Pouvoir.

    https://ici-et-ailleurs.org/contributions/migrations-frontieres/article/ivan-segre-comme-passe-partout-une-opportunite-pour-israel

    http://ekladata.com/T1hHPviXkZNBr9RtWP8T3SgsgKQ/Ivan-Segre-comme-passe-partout.pdf

    C'est, de fait, non pas telle ou telle organisation spécifique...

    C'est toi le pingouin de l'universel, Dugland !


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  • À bas la fRance, vive Abdelkrim.

    "Marocains !

    Il ne suffit plus aux impérialistes français d’occuper votre pays, de coloniser vos terres et d’y amener des armées pour vous combattre chez vous. Ils vous ont rendus misérables et ont exercé sur vous une pression telle que certains d’entre vous sont portés à croire que pour en finir avec leurs souffrances et échapper à la tyrannie, ils n’ont d’autres moyens que de s’enrôler dans les rangs des armées françaises.

    En réalité, enfants du Maghreb, c’est une action prohibée par notre juste religion, contraire aux enseignements du Prophète (SAWS). En effet, ceci est contraire aux commandements de Dieu et de son Prophète qui vous interdisent d’être les aides des Français oppresseurs contre le peuple du Vietnam, ce peuple héroïque qui défend sa liberté.

    Soldats marocains !

    Sachez que l’aide que vous apportez aux forces de l’impérialisme en Indochine, en plus de son caractère contraire à la religion et à la morale, prolonge la présence française dans vos patries.

    Les Français vous diront que les Vietnamiens sont un peuple d’idolâtres, mais quand les français ont ils eu une religion ?

    Vous devez chercher à passer dans les rangs des Vietnamiens pour les aider à vaincre les impérialistes français, car leur défaite serait aussi une victoire pour la cause de la liberté et de l’indépendance du Maghreb."

    Abdelkrim al-Khattabi, appel paru dans le journal égyptien Sawt al Oumma du 21 mars 1948.


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  • "Mais non mais non enfin, tout ça ça n'existe pas, dire ça c'est du racisme à l'envers, y a que la classouvriaîre qui compte..."

    « Je m'étonne. Il n'est que manœuvre ? Ce n'est quand même pas si facile, la soudure à l'étain. Et moi qui ne sais rien faire, on m'a embauché comme "ouvrier spécialisé" (O.S.2, dit le contrat) : O.S., dans la hiérarchie des pas-grand-chose, c'est pourtant au-dessus de manœuvre... Mouloud, visiblement, n'a pas envie de s'étendre. Je n'insiste pas. À la première occasion, je me renseignerai sur les principes de classification de Citroën. Quelques jours plus tard, un autre ouvrier me les donnera. Il y a six catégories d'ouvriers non qualifiés. De bas en haut : trois catégories de manœuvre (M. 1., M. 2, M.3) ; trois catégories d'ouvriers spécialisés (O.S. 1, O.S. 2, O.S. 3). Quand à la répartition, elle se fait d'une façon tout à fait simple : elle est raciste. Les Noirs sont M. 1, tout en bas de l'échelle. Les Arabes sont M. 2 ou M. 3. Les Espagnols, les Portugais et les autres immigrés européens sont en général O.S. 2. Les Français sont, d'office, O.S. 2. Et on devient O.S. 3 à la tête du client, selon le bon vouloir des chefs. Voilà pourquoi je suis ouvrier spécialisé et Mouloud manœuvre, voilà pourquoi je gagne quelques centimes de plus par heure, quoique je sois incapable de faire son travail. Et après, on ira faire des statistiques subtiles sur la "grille des classifications", comme disent les spécialistes. »

    Robert Linhart, L'Établi (relatant son expérience ouvrière à l'usine Citroën de la Porte de Choisy, en 1968-69)


    [* L'on peut parler de SUREXPLOITATION lorsque l'on est à la limite permanente de ne même plus permettre la reproduction des conditions d'existence de la force de travail (c'est-à-dire du travailleur...). Une manière de fonctionner qui ne PEUT PAS être la manière générale du capitalisme, car si celui-ci produit c'est pour VENDRE (comment, sinon, dégager des profits et reproduire le Capital ?) et il a donc besoin d'acheteurs, qui ne peuvent pas être simplement 5 ou même 10% de bourgeois et autres personnes aisées. Il lui faut donc des personnes "simplement exploitées", c'est-à-dire à qui leurs revenus laissent une "margeounette" pour consommer. Mais pour que ces personnes puissent exister et exister en quantité conséquente, il est NÉCESSAIRE que d'autres, sur le territoire qu'une bourgeoisie donnée contrôle, soient dans ces conditions de surexploitation (ce qui signifie, en substance, définir et assigner à cette position des "ultra-pauvres" pour que puissent exister des "moins pauvres", que l'on pourra en sus aliéner en leur disant qu'ils ne sont "pas les plus à plaindre").]

    La race sociale, arme massive de la SUREXPLOITATION dont a besoin le capitalisme à côté de l'exploitation "simple"


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  • http://vnd-peru.blogspot.com/2019/01/america-latina-al-pueblo-patriotico.html

    AMÉRIQUE LATINE : Au Peuple vénézuélien patriote, il appartient de livrer un combat héroïque contre l'agresseur impérialiste yankee et ses valets.

    L'agression de l'impérialisme yankee contre la République bolivarienne du Venezuela est en marche, sous la forme du coup d'État de sa marionnette Juan Guaidó. 

    Ce coup d'État annoncé depuis septembre 2018, pour préparer l'opinion publique interne comme internationale, par les propres représentants de Trump et le New York Times sans en préciser la forme, a donc fini par avoir lieu de la manière la plus cynique et sinistre.

    Le fantoche Guaidó, subitement jailli de nulle part comme leader de l'"opposition", a été proclamé président de l'Assemblée législative actuellement suspendue. Ensuite de quoi, suivant la feuille de route établie par le gouvernement archi-réactionnaire et génocidaire Trump-Pence, il s'est autoproclamé devant un rassemblement public de ses partisans "président par intérim" du pays, en violation de l'ordre constitutionnel et légal, contre soi-disant "le gouvernement illégitime de Maduro", "contre la dictature" et "pour la liberté".

    Dans la foulée, en une parodie ridicule et violant ses propres normes internationales (Chartes des Nations Unies et de l'OEA), le gouvernement impérialiste US a reconnu cette mise en scène comme acte valide d'investiture en tant que président du pays et gouvernement légitime ; ordonnant aux forces armées et de sécurité de se mettre au service de sa marionnette, autrement dit, disposant comme une autorité impériale des forces armées d'un pays souverain comme de simples troupes coloniales à ses ordres...

    Il a ensuite ignoré l'acte souverain du président Maduro de rompre ses relations avec les États-Unis et affirmé que les forces armées et de sécurité devaient répondre de la sécurité de son personnel diplomatique ; ne reconnaissant plus comme gouvernement vénézuélien souverain que le "gouvernement intérimaire" à sa botte.

    Comme il fallait s'y attendre, les impérialistes russes et sociaux-impérialistes chinois ont condamné l'agression yankee qui se présente pour le moment comme coup d'État, et appelé au respect du "droit international" ; cette agression allant à l'encontre de leurs intérêts dans le pays et la région.

    Les autres puissances impérialistes, toujours en collusion et lutte avec la superpuissance hégémonique unique US, ont pris leur temps pour négocier et s'assurer leur part de butin.

    Ainsi l'Espagne, qui a d'importants intérêts économiques au Venezuela, a annoncé qu'elle "reconnaîtra dans les prochains jours Juan Guaidó comme président en exercice du pays si Maduro ne convoquer pas immédiatement des élections avec toutes les garanties démocratiques et sous contrôle international", selon des sources diplomatiques. Les mêmes sources ont indiqué que la durée de ce délai, qui dans tous les cas sera bref, sera discutée ce vendredi entre les représentants politiques des 28, afin d'assurer une position commune de l'Union européenne.

    Le chef du gouvernement Pedro Sánchez a tenu des conversations avec la chancelière allemande Angela Merkel, le président français Emmanuel Macron et d'autres dirigeants européens pour parvenir à cette position commune. Sánchez a rencontré jeudi à Davos, en Suisse, le président équatorien Lenin Moreno, le colombien Iván Duque et le costaricain Carlos Alvarado, qui lui ont demandé de plaider auprès de l'Union pour la reconnaissance du fantoche autoproclamé (les États-Unis envoyant encore ainsi des messages et faisant pression par le biais de leurs valets).

    En ce sens, le gouvernement allemand a exigé ce vendredi la tenue immédiate d'élections "libres et transparentes" au Venezuela, et fait savoir qu'il était disposé à reconnaître provisoirement Guaidó comme chef de l'État en attendant ce scrutin (El País, 25/01/19).

    L'agression impérialiste contre le Venezuela, qui se déroule pour le moment sous forme de coup d'État, place le Peuple vénézuélien devant la nécessité de se lever en un gigantesque et puissant mouvement de résistance nationale contre elle, et de mettre en échec ce coup en marche. Il lui faut désormais s'armer mentalement de la décision d'affronter cette intervention impérialiste les armes à la main ; et ensuite armer son bras pour combattre et résister à l'agression dans une lutte héroïque contre l'agresseur yankee et ses valets.

    Les peuples d'Amérique latine, afin de préserver leur indépendance nationale et leur souveraineté, doivent absolument livrer une lutte "coup pour coup" contre l'agressif et génocidaire impérialisme yankee, ennemi principal des peuples du monde entier.

    Au gouvernement vénézuélien, appartient le devoir de relever le défi et mobiliser ses forces armées pour défendre l'indépendance nationale et la souveraineté dans une dure guerre de résistance. C'est un bon signe, de voir qu'enfin il semble avoir cessé de prétendre rester assis entre deux chaises ; en décidant de rompre ses relations avec Washington et d'expulser son personnel diplomatique. 

    Mais ceci n'est pas encore suffisant ; les choses ne sont pas comme les fois précédentes où l'opposition fantoche après quelques rodomontades battait en retraite ; cette fois-ci il est bien question d'une attaque directe, sans masque de l'impérialisme :

    "La différence est qu'aujourd'hui l'opposition assure avoir un plan bien défini et un soutien international qui va bien au-delà des simples déclarations de solidarité (...) En quoi consiste ce soutien ? Comme l'a assuré Guaidó sur son compte Twitter, il s'agit d'ores et déjà de “résultats concrets”. En premier lieu, un envoi de quelques 20 millions de dollars pour soi-disant aide humanitaire annoncé par le Secrétaire d'État américain. En second lieu, avoir reçu le soutien d'une autre institution qui dans les Amériques garantit l'accès à des fonds :  la Banque intéraméricaine de développement (BID) a manifesté sa volonté de travailler avec le président intérimaire vénézuélien pour assurer la continuité du soutien au développement du pays, a fait savoir son directeur Luis Alberto Moreno. À ceci s'ajoute la reconnaissance par l'administration de Donald Trump, le Canada, le Brésil, la Colombie, l'Argentine, le Pérou, l'Équateur et le Chili." (El País, 25/01/19)

    Et que fait le gouvernement de Maduro, selon le même quotidien : "le 10 janvier, il a appelé la population, les communautés, les familles à se faire les “défenseurs actifs de la paix”. Il a ordonné à tous les diplomates états-uniens de quitter le pays avant dimanche et annoncé le rapatriement du personnel vénézuélien. (...) “Je dis aux gouvernements du Mexique et de l'Uruguay que je suis d'accord avec une initiative diplomatique de dialogue”, a-t-il ajouté à l'occasion de l'inauguration de l'année judiciaire ; tout en laissant entendre clairement qu'il restera au pouvoir au moins jusqu'en 2025. “Ils prétendent imposer un gouvernement parallèle, un gouvernement de clowns”, “le gouvernement que je préside continuera à gouverner (…) nous continuerons à gouverner, en appliquant la loi”, a-t-il tenu à souligner".

    Comme on peut le voir dans ses propres déclarations, Maduro, de par ses limites de classe en tant que représentant d'un secteur de la grande bourgeoisie bureaucratique, n'évalue pas correctement la situation et hésite quant à ce qu'il a à faire ; croyant qu'il peut négocier alors qu'il s'agit d'agir avec détermination, alors qu'a sonné l'heure des armes, et que la situation ne laisse d'autre alternative que lutter ou capituler. 

    S'il capitule, il cède aux exigences du maître yankee qui l'a appelé à quitter le pouvoir et convoquer des élections pour que soit "légitimée" par une farce électorale sous contrôle impérialiste sa marionnette ou une autre du même acabit. S'il n'obtempère pas et choisit la lutte, Trump a déjà menacé d'employer la plus grande violence ; il se retrouvera alors obligé de défendre l'indépendance et la souveraineté du pays et ce faisant, qu'il le veuille ou non, de servir la révolution démocratique anti-impérialiste au Venezuela, qui commencera alors à se développer armée avec pour contradiction principale, dans cette première étape, la contradiction nation-impérialisme ; les deux autres [des masses populaires avec la grande propriété terrienne et le capitalisme bureaucratique-comprador, NDLR] étant pour le moment secondaires.

    Au prolétariat vénézuélien et à la fraction la plus avancée en son sein, les maoïstes, il appartient désormais de se fondre dans le peuple des ouvriers et des paysans, des petits bourgeois, des bourgeois nationaux patriotes et de tous ceux qui sont décidés à faire face à l'agresseur impérialiste et à ses laquais, à l'exclusion d'une poignée de traîtres ; et de participer activement à l'armement général du peuple à la campagne comme à la ville pour le préparer à une vaste guerre de résistance comme lutte armée, s'efforçant d'en prendre la direction et dans le feu de l'action militaire, de reconstruire le Parti communiste pour transformer cette lutte armée de résistance en Guerre populaire de libération nationale.

    Il leur appartient d'unir tous ceux qui ne veulent pas être les esclaves des États-Unis, tous ceux qui veulent défendre l'indépendance, la souveraineté et la dignité nationale du pays, tous ceux qui refusent de se soumettre aux intimidations, à l'ingérence, au contrôle et à l'agression des impérialistes yankees. Il leur faut s'unir à tous ceux-là et les mobiliser en s'opposant aux appels à la conciliation, à la paix ou à privilégier les négociations plutôt que d'agir résolument pour écraser l'agression impérialiste qui a pris pour le moment la forme du coup d'État.

    Les forces patriotiques doivent appliquer le centralisme démocratique et défendre les conditions de vie du peuple ; tandis que les maoïstes comme représentants du prolétariat et de son avant-garde ont pour tâche de critiquer toutes les expressions de capitulationnisme parmi les représentants des autres classes et tous ceux qui montrent peu de décision dans l'accomplissement des devoirs qui sont les leurs.

    L'intervention militaire de l'impérialisme US, qui a commencé sous forme de coup d'État accompagné de tout un déploiement et encerclement de forces pour pousser le gouvernement de Maduro à capituler et asservir la nation, ne s'arrêtera pas avant d'avoir atteint ses objectifs ; elle ira crescendo sur tous les plans jusqu'à les atteindre, et de ce fait suscite et suscitera encore une nouvelle gigantesque vague de résistance contre l'impérialisme parmi les peuples d'Amérique latine et du monde entier.  

    Toi, héroïque Peuple vénézuélien, sois assuré que tu n'es pas seul dans ta lutte !

    Tu peux compter sur l'appui de tous les peuples d'Amérique latine, d'Asie, d'Afrique et de toute la planète.

    La lutte des peuples du monde contre l'impérialisme yankee triomphera !

    #Venezuela - encore un texte péruvien (vraiment très proche, pour le coup, de notre vision des choses...)


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  • Encore une fois, notre position sur toutes ces "révolutions" latino-américaines (position de critique sans concession, mais aussi de défense inconditionnelle contre le coup de force impérialiste et fasciste) :

    http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/les-etats-bolivariens-notre-position-a114096116

    http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/retour-sur-la-situation-en-amerique-du-sud-a114193192

    http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/discussion-sur-la-gauche-en-amerique-latine-et-la-bourgeoisie-bureaucr-a114096324

    Et sur les raisons du "pourrissement" des dernières années (concrètement, depuis la mort de Chávez et l'élection de Maduro) qui a conduit à la situation où nous sommes :

    http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/analyse-d-un-militant-ml-sur-le-venezuela-a144777292

    Intéressant aussi, sur la situation d'un pays (autrefois) de la même "alliance" bolivarienne, et le contexte mondial d'offensive impérialiste :

    http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/sur-la-situation-en-equateur-texte-du-fdlp-a148319626

    Encore une fois, c'est un peu comme la République bourgeoise espagnole des années 1930 ou les socedems allemands de Weimar : le destin des masses populaires repose en premier lieu sur la lutte contre le FASCISME ; car ne nous leurrons pas, c'est bien une ultra-droite à la Bolsonaro qui se cache derrière les sympathiques figures "centristes" voire "de centre-gauche" de l'opposition ; mais cela n'implique pas de se voiler la face sur tout ce que ces réformards ont commis pour en arriver là, à commencer par plus limiter les forces révolutionnaires que lutter réellement contre la droite (l'individu Chávez se situait peut-être un peu en dehors de ce constat, mais bien seul...).

    Bien que nous n’ayons aucune forme d’idée de ce qu’il peut se passer à présent, l’on pourrait se prendre à "rêver", ou disons plutôt : le "scénario" idéal du point de vue révolutionnaire qui est le nôtre, serait que les forces populaires organisées et ARMÉES depuis longtemps, du temps et à l’initiative de Chávez surtout (Milice bolivarienne etc.), assument la DÉFENSE PATRIOTIQUE du pays et ce faisant débordent la "boli-bourgeoisie", l’oligarchie maduriste qui selon toute vraisemblance cherche déjà comment (en sacrifiant le petit chauffeur de bus qui est son homme de paille) sauver au maximum ses positions de pouvoir et ses canaux bureaucratiques d’accumulation sous un nouveau régime de droite.

    Pour aboutir, en cas de succès, à quelque chose de ressemblant à véritable Pouvoir du Peuple en Armes ; dont un éventuel régime Maduro résiduel ne serait plus qu’un appendice "sauvé des eaux" ; rétablissant, renforçant et GÉNÉRALISANT le système de Communes lancé (à titre "expérimental") par Chávez peu avant sa mort, ce qui liquiderait totalement les problèmes d’approvisionnement alimentaire et de première nécessité qui caractérisent la "crise" vénézuélienne depuis des années ; etc. etc.

    L’on peut se prendre à rêver ; et il est bien évident qu’une telle perspective devrait avoir le soutien internationaliste sans faille de quiconque veut se prétendre révolutionnaire autour du monde.

    #Venezuela - deux présidents ; vers la guerre civile, voire l'intervention impérialiste ?

    À lire aussi (article de septembre plus que jamais d'actualité) :

    MPP (CR) : SOUTIEN AU PEUPLE VÉNÉZUÉLIEN CONTRE LES PLANS D'INTERVENTION MILITAIRE DE L’IMPÉRIALISME YANKEE


    [Mouvement Populaire Pérou - Comité de Réorganisation]

    http://www.demvolkedienen.org/index.php/en/lat-amerika/2660-mpp-cr-support-the-people-of-venezuela-against-the-military-intervention-plans-of-yankee-imperialism-solely-or-jointly

    CONTRE LA CI-NOMMÉE "NOUVELLE STRUCTURE DE DÉFENSE" DE L’IMPÉRIALISME US ET SES PLANS DE FORCE MILITAIRE CONJOINTE, SOUS COMMANDEMENT YANKEE, DE TOUTES LES ARMÉES DES ÉTATS LAQUAIS DU CONTINENT.

    Dans deux articles publiés dans le New York Times le 8 septembre 2018, sous les titres de "L'administration Trump discute des plans de coup d'État avec des officiers vénézuéliens dissidents" et "Le Venezuela accuse les États-Unis de préparer un coup contre Maduro", le quotidien faisait état des conversations tenues entre des fonctionnaires du gouvernement américain et des officiers militaires de ce pays, qui planifiaient un coup d'État contre Nicolas Maduro.

    Les raisons mises en avant par ces hauts fonctionnaires du gouvernement impérialiste US, c'est à dire le gouvernement Trump, sont toujours les mêmes à travers lesquelles ils déploient depuis des années leurs interventions dans tous les domaines des affaires internes du Venezuela, à savoir leur "préoccupation pour la situation de la démocratie", la "torture d'opposants au régime", les "centaines d'arrestations et de prisonniers politiques", les "milliers de civils blessés", les "trafics" etc. etc., ainsi que la "crise humanitaire" dans le pays et son extension aux autres pays de la région (problème des réfugiés).

    Tout ceci n'est bien sûr que prétextes éhontés de la part des hauts représentants de l'impérialisme US, superpuissance hégémonique unique et grand gendarme contre-révolutionnaire du monde qui agit dans son "pré carré" d'Amérique latine, aux côtés des gouvernements réactionnaires locaux, pour écraser les luttes du prolétariat et des peuples travailleurs des nations opprimées du continent ; afin de les maintenir dans leur situation semi-féodale et semi-coloniale, où un capitalisme bureaucratique [en gros, en jargon MLM : un appareil d’État clanico-mafieux au service de la pénétration du Capital impérialiste et des "modernisations" qu'il nécessite, éventuellement - fréquemment à une époque - par le biais d'un certain dirigisme d’État, de "nationalisations" comme celle du pétrole - PDVSA - au Venezuela en 1976, etc.] s'est développé au service de l'impérialisme (principalement yankee, le principal impérialisme opprimant nos peuples).

    Et ce par tous les moyens possibles, par le feu et le sang, impulsant des gouvernements "démocratiques" ou fascistes selon sa convenance, au travers de coups d’État ou, lorsque ce n'est pas possible, des interventions directes ; comme les 100 dernières années de l'histoire de l'Amérique latine en témoignent.

    L'impérialisme US, superpuissance hégémonique unique et ennemi principal de tous les peuples de la planète, est en train d'étendre et d'approfondir sa domination sur les nations opprimées de notre continent, dans tous les domaines économique, politique, éducatif, militaire etc. Il a noué des accords qui lui permettent d'intervenir dans les affaires internes de tous nos pays dans cette perspective.

    Un exemple de cela, parmi d'autres, sont les accords passés au niveau de l'Organisation des États des Amériques (OEA) tels que la "Lettre démocratique", les rencontres et déclarations continentales de "lutte contre la corruption et le crime organisé", ou contre le "terrorisme", le "trafic de drogue" bien sûr, etc. ; tout ceci impulsant des modifications dans tous les systèmes juridiques de tous les pays du continent afin qu'ils adoptent un système pénal accusatoire avec prééminence du procureur ou de l'accusateur public dans les procès. Les impérialistes yankees dispensent pour cela des formations à des juges et procureurs de tous les pays, par le biais de l'Institut d’Études Juridiques du Département de la Justice de Porto Rico ; et fournissent aux forces de police spécialisées dans la lutte anti-corruption des équipements électroniques d'écoute, tout en plaçant ces brigades et les procureurs "anti-corruption" sous leur commandement direct. Ils peuvent ainsi, ensuite, utiliser ces écoutes et leur éventuelle diffusion publique par les monopoles médiatiques pour impulser des changements de hauts fonctionnaires, voire de gouvernements au profit d'autres servant mieux leurs intérêts.

    Par le biais de leur domination économique et financière sur tous les pays de la région, ils imposent également des sanctions ou autres limitations dans cet objectif. 

    Les instruments que sont le FMI, la Banque mondiale, l'IDB ou l'ECLAC leur permettent d'imposer leurs politiques économiques telles que les coupes dans les systèmes de protection sociale, les plans de lutte contre la pauvreté etc. ; ainsi par exemple la ci-nommée "aide conditionnelle" qui permet à l'impérialisme de renforcer son exploitation des ressources naturelles et du prolétariat, la dépossession des terres communautaires ou encore de répandre le consumérisme et la vie à crédit bancaire hypothécaire pour les plus pauvres.

    Ils imposent leurs plans de privatisation de l'enseignement à tous les niveaux et mettent en place des "plans de scolarité" qui justifient la suppression de toute éducation publique et gratuite, au profit des grands monopoles qui ont leurs tentacules dans le business éducatif aux États-Unis comme en Amérique latine, ainsi que du capitalisme bureaucratique à leur service.

    Pour autant, tout ce système par lequel ils tissent la toile de leur domination sur nos pays n'est pas suffisant ; pas même le Pacte de Défense et d'Assistance Mutuelle dont tous les pays d'Amérique latine font partie depuis l'après-Seconde Guerre mondiale. Les manœuvres conjointes avec l'US Army, et autres ; tout cela n'est pas suffisant.

    C'est pourquoi, depuis le début des années 1990 les impérialistes yankees essayent de mettre en place tout un "Nouveau Système de Défense de l'Hémisphère Occidental", partagé entre un Northern et un Southern Command ("commandements" Nord et Sud) et destiné à regrouper et  placer sous commandement militaire US toutes les forces armée du continent depuis le Mexique jusqu'à la Patagonie. Une partie de ce plan consistait et consiste encore à déployer leurs troupes sur terre comme sur mer à travers tout un réseau de bases militaires.

    Au Nord, les choses ont déjà bien avancé en plaçant les Forces armées mexicaines sous le Northern Command ; et au Sud elles avancent en déployant des bases militaires tout en incorporant les Forces armées de Colombie à l'OTAN et en organisation des Séminaires du Southern Command, auxquels participent des représentants des forces armées de différents pays du continent et qui se sont tenus l'an dernier à Lima et prochainement cette année à Buenos Aires.

    Un précédent, que nous avons déjà eu l'occasion de dénoncer en son temps, a bien sûr été la force d'intervention conjointe en Haïti.

    Le premier des deux articles du New York Times dont nous avons parlé, indique ce qui suit :

    “Dans son communiqué, la Maison Blanche a qualifié la situation au Venezuela de ‘menace pour la sécurité régionale et la démocratie’ et affirmé que l'administration Trump continuera à renforcer une coalition de partenaires américains, européens et asiatiques pour faire pression sur le régime de Maduro et restaurer la démocratie au Venezuela.”

    C'est encore plus clair dans le second article du quotidien :

    “’Si vous n'aimez pas l'idée que les États-Unis parlent aux militaires vénézuéliens (en rupture de ban), que proposez-vous de faire ?’, a déclaré Richard N. Haas, ancien haut dirigeant du Département d’État sous George W. Bush et désormais à la tête du Conseil aux Affaires Étrangères. Il a ajouté que, bien que n'étant pas partisan du coup d’État, la région devrait considérer l'idée d'une ‘coalition des bonnes volontés’, une alliance entre voisins du Venezuela en vue d'une possible intervention militaire, similaire à l'invasion américaine de l'Irak.”

    Il apparaît très clairement que la situation actuelle au Venezuela, avec l'échec du régime de Nicolas Maduro, représentant de la fraction bureaucratique de la grande bourgeoisie [en jargon MLM : l'oligarchie "de gauche", militaire ou civile, de tendance étatiste-dirigiste-nationalisatrice, éventuellement rejointe par des éléments de la bourgeoisie nationale - et nationaliste - à travers des "révolutions" comme au Venezuela - la "boli-bourgeoisie"...], sert de prétexte à l'impérialisme US pour avancer ses plans d'intervention militaire, solitaire ou conjointe, visant à s'assurer le contrôle des ressources pétrolières et à renverser Maduro pour le remplacer par un réactionnaire plus loyal envers ses intérêts.

    Mais ceci n'est pas tout : ce "Nouveau Système de Défense de l'Hémisphère Occidental" et le déploiement militaire de l'impérialisme yankee visent aussi à défendre sa position de superpuissance hégémonique unique au niveau mondial, dont l'Amérique latine, en tant que son "pré carré", est la base stratégique vitale. Il pointe donc aussi, en tant que grand gendarme planétaire, ses armes en direction du développement de la révolution démocratique anti-impérialiste sur notre continent. Dans certaines situations, son action de gendarme vise directement à écraser une Guerre populaire en cours ; tandis que dans d'autres elle s'exerce à titre préventif, au travers par exemple d'un coup d’État directement piloté par lui pour étouffer la révolution dans l’œuf, comme au Brésil.

    L'impérialisme US cherche à anéantir la Guerre populaire au Pérou, conduite depuis 1980 par le PCP sous la direction du Président Gonzalo et qui n'a jamais réellement cessé. Il prend partout pour cible les masses du peuple qui se lèvent, comme au Brésil où le Parti communiste "Fraction Rouge" avance dans la reconstruction du Parti et du mouvement communiste, la concrétisation d'une avant-garde pour le prolétariat de ce pays, un processus qui se développe aussi en Équateur, au Chili, au Mexique, en Colombie et dans d'autres pays. Un processus de constitution ou de reconstitution du Parti communiste, qui doit également être assumé par les maoïstes au Venezuela.

    C'est aujourd'hui une grande opportunité de reconstituer le Parti communiste qui se présente au prolétariat vénézuélien ; une opportunité car une nécessité vitale, que le prolétariat de ce pays représenté par son avant-garde doit empoigner sans attendre pour mener la résistance nationale armée contre l'invasion militaire impérialiste si elle a lieu ; mais quelle que soit la situation, les maoïstes révolutionnaires au Venezuela doivent se placer à la tête de la lutte des masses et diriger celle-ci contre l'impérialisme, la semi-féodalité [la grande propriété terrienne exploiteuse] et le capitalisme bureaucratique, et dans le feu de ceci constituer ou reconstituer leur Parti, pour transformer la résistance nationale armée en Guerre populaire en cas d'invasion militaire ou si celle-ci n'a pas lieu, débuter dans tous les cas une Guerre populaire pour une véritable révolution démocratique.

    D'autre part nous ne devons pas négliger non plus le fait que l'impérialisme US traverse une sérieuse crise, expression de son lent effondrement et effacement international ; raison pour laquelle il est également très clair qu'il tente de tirer profit de la situation au Venezuela pour rétablir l'ordre à l'intérieur de ses frontières tout en gagnant des positions à l'extérieur ; et donc, attise le conflit. La "collusion-et-lutte" entre Washington, superpuissance hégémonique unique (le "gros chien"), et la Russie superpuissance nucléaire (le "chien maigre"), ainsi que d'autres "simples" puissances encore, se tient elle aussi en toile de fond de la situation ; la collusion apparaissant toujours comme principale, mais la lutte, sous-jacente, s'exprimant aussi.

    Le slogan de soutien au Peuple vénézuélien est un slogan juste et nous devons le porter haut et le faire entendre. Nous n'avons jamais été des soutiens de Maduro [peut-être néanmoins que ce nouveau MPP "Réorganisation", en rupture avec l'ancien qui s'était révélé - de mémoire - infiltré par des agents provocateurs, mesure ici et prend un peu ses distances avec la quantité de conneries déversées à une époque sur ce sujet des expériences "bolivariennes"...], mais il est attaqué et la politique de l'impérialisme yankee est d'intervenir avec arrogance dans les affaires internes du Venezuela et de le menacer d'une invasion militaire ; une invasion en forme d'"intervention conjointe" continentale. Le Venezuela est une nation opprimée face à des plans impérialistes d'agression ; ce que les États-Unis tentent de faire est de le soumettre ainsi que son peuple à une occupation. L'impérialisme US agit en gendarme du monde et détruit les peuples ; il doit être clairement désigné comme l'ennemi principal des peuples de la planète car c'est ce qu'il est.

    Il est juste et nécessaire de soutenir le Peuple vénézuélien et nous devons mobiliser les masses sous le slogan "Yankees dehors !". Nous devons mener toutes les actions possibles en soutien à lui et contre les plans impérialistes.

    Yankees, hors du Venezuela et d'Amérique latine !! Soutien au Peuple vénézuélien !

    Comme disait le Président Gonzalo au sujet de l'Irak : beaux sont les mots du prolétariat et des peuples.

    Avec tout leur puissant et sophistiqué matériel de guerre, les impérialistes US n'ont jamais rencontré que l'échec depuis leur victoire en 1945. Ils sont aujourd'hui d'ores et déjà embourbés au Grand Moyen Orient ; ce qui est l'occasion pour nous de rappeler ce que nous a enseigné le Président Gonzalo : les armes ne sont pas le principal ; le principal est l'idéologie qui "arme" les armes, comme nous l'a déjà enseigné Lénine dans les pas de Marx.


    Yankees dehors !

    Yankees, hors du Venezuela et de l’Amérique latine !

    Soutien au Peuple vénézuélien !

    ****************************************************************************************************

    PC maoïste (globalement d'accord aussi) :

    http://www.pcmaoiste.org/communique/a-bas-les-plans-dintervention-de-limperialisme-americain-au-venezuela/

    Le 23 janvier 2019 au Venezuela, le président de l’Assemblée Nationale, Juan Guaido, s’est autoproclamé « président de la République » par intérim, entrant donc en conflit ouvert avec le gouvernement en place de Nicolas Maduro. L’Assemblée Nationale, élue en 2015, est la seule institution tenue par l’opposition, et Maduro l’avait parasitée en 2017 en créant l’Assemblée Nationale Constituante, fidèle à son gouvernement.

    Dans les heures qui ont suivi la proclamation de Guaido, les États-Unis, le Canada ainsi que de nombreuses semi-colonies US en Amérique du Sud (Pérou, Brésil, Colombie…), l’ont reconnu immédiatement comme président. Ils ont donc démasqué rapidement l’allégeance du coup d’État envers l’impérialisme américain.

    Cette tentative coup d’État intervient seulement quelques semaines après la réunion de janvier du « Groupe de Lima », une organisation inter-gouvernementale américaine réunissant de nombreux pays comme le Pérou, le Brésil, l’Argentine, le Canada, la Colombie, le Costa Rica, le Chili, le Guatemala, le Guyana, le Honduras, le Panama et le Paraguay. Ce groupe, soutenu par les impérialistes américains, canadiens et d’Europe, avait décidé dés le 4 janvier de ne pas reconnaître le gouvernement de Maduro. Il n’est pas étonnant qu’ils aient aussi suivi le soutien à Juan Guaido immédiatement après les annonces américaines.

    L’impérialisme français, à travers l’État français dirigé par Emmanuel Macron, s’est lui aussi prononcé en faveur du coup d’Etat. Tout comme les impérialistes allemands et britanniques, Macron s’est déclaré prêt à reconnaître Juan Guaido si des élections ne sont pas annoncées au Venezuela dans la semaine à venir. Le Venezuela a rejeté cet ultimatum à l’ONU.

    Cette unanimité dans le bloc de soutien au coup d’État dénote une chose : l’impérialisme américain, ses alliés impérialistes et leurs chiens de garde dans les pays opprimés, souhaitent faire aller ce coup d’État jusqu’au bout. Dans le communiqué officiel de Trump sur la reconnaissance de Guaido comme président, le dirigeant de l’impérialisme américain déclare qu’il « utilisera tout le poids du pouvoir économique et diplomatique des États-Unis » (Maison Blanche) afin que Guaido triomphe. Il a également averti directement le gouvernement de Maduro pour les « menaces qu’il porte à la sécurité des vénézuéliens » (Maison Blanche). Le gouvernement de Maduro, qui conserve pour le moment l’armée de son côté, a immédiatement dénoncé l’attitude des américains et rompu ses relations diplomatiques avec eux.

    Le Venezuela constitue aujourd’hui un maillon particulièrement tendu de la chaîne impérialiste. La situation de crise qui y dure depuis 2010 est liée à sa place de lutte inter-impérialiste intense. En effet, depuis la « révolution bolivarienne » de la fin des années 90, la montée au pouvoir de Chávez a constitué une opposition, au moins en discours, aux impérialistes américains. Pour eux, le Venezuela est depuis longtemps une semi-colonie de valeur grâce à ses exports pétroliers massifs, et son sous-sol première réserve mondiale. Dès 2002, les États-Unis avaient déjà soutenu une tentative de coup d’État, afin de conserver leur emprise sur le pays.

    Seulement, la nature de classe de l’État vénézuélien, un État des rentiers compradores, n’a pas été transformée par la prise de pouvoir « bolivarienne ». 20 ans après la montée de Chávez à la présidence, cette prétendue « révolution » a montré l’échec de la bourgeoisie à faire quoi que ce soit d’autre qu’à se transformer elle-même en bourgeoisie compradore une fois qu’elle prend le contrôle d’un État de ce type. Cette dynamique des forces de classes au Venezuela s’est accentuée sous la direction de Maduro, depuis 2013. La chute des cours du pétrole a brusquement mis fin aux redistributions de la rente obtenues par les exportations, et a révélé la faillite de l’État vénézuélien qui ne faisait qu’administrer du capital bureaucratique sans entamer de transition socialiste. C’est un nouvel exemple que seule une direction prolétarienne de la révolution peut assurer la transition socialiste de l’économie.

    Depuis les quatre dernières années, la pression des impérialistes américains et alliés sur le régime s’est accentuée. Le gouvernement de Maduro s’était tourné vers d’autres impérialismes, accentuant la contradiction inter-impérialiste dans l’arrière-cour des USA qu’est l’Amérique du Sud. Tout d’abord avec la Russie, sous la forme d’essais militaires russes conjoints avec l’armée vénézuélienne ou de commerce d’armes entre Moscou et Caracas. Cette coopération directe est la face émergée de l’iceberg, la plus visible. Mais la pénétration impérialiste est surtout venue de la Chine. En 2018, les exports pétroliers du Venezuela (98 % des exports totaux du pays selon l’OPEC [Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole]) étaient retombés à leur niveau de 1988 pour les exports vers les États-Unis. Dans les quatre dernières années, plusieurs prêts de « développement » à hauteur de plusieurs milliards de dollars ont été signés par le gouvernement de Maduro et la Chine avec comme ligne de mire l’industrie pétrolière. Les impérialistes chinois ont également pénétré le marché vénézuélien à l’aide d’accords de coentreprise comme Sinovensa, cédée a 49 % par Maduro à la Chine en septembre dernier, ou la Banque de Développement de Chine (CDB), devenue partenaire majeure des dirigeants vénézuéliens.

    Le coup d’État de Guaido intervient quelques semaines seulement après l’annonce par Maduro d’un investissement chinois historique dans le pétrole vénézuélien qui ferait monter le nombre de barils exportés vers la Chine à 1 million par jour. Le Venezuela envoyait déjà dés octobre près de la moitié de sa production journalière vers la Chine, un changement total lorsque l’on sait qu’il y a 20 ans, le pays était le premier fournisseur de pétrole aux États-Unis. En octobre, Maduro a annoncé être prêt à tenir ses engagements avec la Chine « à tout prix » (Reuters). Ainsi, il n’est pas surprenant que la Russie et la Chine se soit immédiatement portées garantes de l’intégrité du gouvernement de Maduro. Cette situation nous donne un exemple clair de l’enjeu qu’est le Venezuela pour les conflits inter-impérialistes.

    Tout cela confirme les plans de l’impérialisme américain d’intervenir dans la situation au Venezuela. Au-delà de l’ingérence et de la pression diplomatique, le passage à un conflit ouvert en cas de maintien de Maduro au pouvoir ouvre la porte à une agression de l’impérialisme américain. Face à cette menace, la contradiction principale est entre les impérialistes qui attaquent et les masses populaires qui se défendent. Nous devons par conséquent appuyer tous les efforts à l’émergence d’un quartier général prolétarien indépendant au Venezuela, capable de mener la lutte contre l’impérialisme jusqu’au bout, en commençant par repousser les yankee hors du pays avec toutes les forces qui s’opposent à l’agression américaine.

    En ce sens, le slogan « À bas les plans d’intervention impérialiste américaine ! Victoire au peuple du Venezuela ! » est juste, car il part de la situation actuelle où l’opposition à l’impérialisme américain est devenue principale dans le creuset du coup d’État. Combattre et dénoncer les plans d’agression américaine et tous ceux qui la soutiennent est notre devoir n°1 aujourd’hui dans notre soutien aux masses populaires du Venezuela.

    À bas les plans d’intervention impérialiste américaine !

    Victoire au peuple du Venezuela !


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  • Lire par exemple ici :

    https://www.huffpostmaghreb.com/entry/le-vice-president-du-conseil-italien-luigi-di-maio-attaque-la-france-et-sa-politique-colonialiste-en-afrique

    "Ce week-end, la mer Méditerranée a de nouveau été témoin de tragédies. D’après le HCR, 170 personnes qui tentaient de rejoindre l’Europe ont perdu la vie dans les eaux lors de deux naufrages distincts. 53 migrants sont morts dans un bateau parti du Maroc. L’autre bateau, qui partait de la Libye, a laissé 117 candidats à l’immigration sans vie. Trois personnes seulement ont survécu, sauvées par la marine militaire italienne. (...)

    De son côté, le vice-Président du Conseil italien Luigi Di Maio a adopté une position encore plus ferme. Lors d’un déplacement dans la région des Abruzzes (centre de l’Italie), il a accusé directement la France d’être à l’origine de l’immigration et demandé des sanctions de l’Union européenne contre ce pays qui “colonise l’Afrique” et qui “appauvrit” ses États. “Si aujourd’hui les gens partent d’Afrique, c’est parce que certains pays européens avec la France en tête n’ont jamais cessé de coloniser des dizaines d’États africains”, a souligné Luigi Di Maio. “La place des Africains est en Afrique et non au fond de la Méditerranée”, a-t-il ajouté.

    Pour convaincre, celui qui est aussi ministre du Développement économique et du Travail et leader politique du Mouvement 5 étoiles (M5S) revient sur l’utilisation du franc CFA. “Il existe des dizaines d’États africains dans lesquels la France imprime sa propre monnaie, le franc des colonies, et avec cette monnaie la dette publique française est financée. Macron nous fait d’abord la morale puis continue de financer la dette publique avec l’argent avec lequel il exploite les pays africains”."

    CQFD.

    Avril 2011. La fontaine du Trocadéro, à Paris, est teinte en noir (couleur pétrole) par des militants néofascistes italiens de Casapound, avec des petits bateaux en papier symbolisant les bateaux de migrants, et dessus des photos de migrants criant "Sarkozy, à l'aide !" :

    http://www.fascinazione.info/2011/04/casapound-sbarca-parigi-con-una-beffa.html

    Et un texte sans équivoque :

    "Vous avez pris le pétrole libyen que nous utilisions (les Italiens). Vous avez pris le gaz libyen que nous utilisions. Vous avez pris les contrats libyens qui étaient les nôtres. Maintenant prenez vous les bateaux entiers d'immigrés. Il y a des Italiens qui ne se vendent pas et ne se rendent pas".

    Comme quoi... cet "anti-impérialisme" populiste italien dont vient encore de faire montre Luigi Di Maio n'est pas non plus une idée tout à fait neuve quand il s'agit de contrer la France en Afrique.

    Peut-être tellement pas neuve qu'elle pourrait remonter à Mussolini et avoir inspiré à Léon Trotsky son célèbre exemple ("admettons que dans une colonie française, l'Algérie, surgisse demain un soulèvement sous le drapeau de l'indépendance nationale et que le gouvernement italien, poussé par ses intérêts impérialistes, se dispose à envoyer des armes aux rebelles" – ajoutant ensuite "Je prends intentionnellement l'exemple d'un soulèvement contre un impérialisme démocratique et d'une intervention en faveur des rebelles de la part d'un impérialisme fasciste. Les ouvriers italiens doivent-ils s'opposer à l'envoi de bateaux chargés d'armes pour les Algériens ? Que quelque ultra-gauche ose répondre affirmativement à cette question ! Tout révolutionnaire, en commun avec les ouvriers italiens et les rebelles algériens, rejetterait avec indignation une telle réponse. Si même se déroulait alors dans l'Italie fasciste une grève générale des marins, en ce cas, les grévistes devraient faire une exception en faveur des navires qui vont apporter une aide aux esclaves coloniaux en rébellion ; sinon ils seraient de pitoyables trade-unionistes, et non des révolutionnaires prolétariens"... raisonnement "pas idiot" vu ainsi de prime abord, et même très "juste" dans l'idéal, mais perdant de vue un point non-négligeable, qui est que dans de telles circonstances le résultat aurait probablement été une Algérie non pas "libre" mais redevable et protectorat italien, renforçant par conséquent l'Italie et le camp fasciste en Europe qui égorgeait la République espagnole, menaçait l'URSS et tous les peuples travailleurs du continent etc. etc., paramètre impossible à ignorer même si sa dénonciation d'un certain "purisme" gauchiste peut sonner par certains aspects fort juste, et faire écho à nombre de nos raisonnements par le passé)...

    Histoire de replacer, un peu, les récents propos non pas de Salvini (erreur du texte qui suit) mais de Di Maio dans un contexte, celui des CONTRADICTIONS INTER-IMPÉRIALISTES :

    "À l'époque où des dirigeants de son parti comparaient Cécile Kyenge à un orang-outang, on n'a pas entendu Salvini prendre la défense des Africains dont il semble soudainement se préoccuper.

    Ces Africains qu'ils méprisent en Italie sont en revanche charmants quand il s'agit d'aller chez eux afin d’exploiter leurs richesses ?

    Et des gogos tombent dans le panneau : youpla ils ont dénoncé la France et le CFA !

    Mais l’Italie est en guerre économique ouverte avec la France pour exploiter les richesses du continent depuis plusieurs mois.

    La société italienne ENI utilise les mêmes ficelles que Total : coups tordus, corruptions des élites au Nigeria, au Congo pour obtenir des marchés etc.. ENI a en outre été accusée d'avoir arnaqué le Nigeria de 6 milliards de dollars avec Shell...

    Sources :

    http://afrique.le360.ma/autres-pays/economie/2018/11/27/24044-corruption-shell-et-eni-auraient-fait-perdre-6-milliards-de-dollars-au-nigeria-24044

    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2018/09/21/premieres-condamnations-pour-corruption-au-nigeria-des-compagnies-schell-et-eni_5358290_3212.html

    https://www.afrik.com/l-italie-enquete-sur-la-corruption-d-eni-au-congo

    La page de Kahm Piankhy"


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  • [Ce n'est pas la première fois qu'un de ces régimes "bolivariens" livre des militants révolutionnaires à des États réactionnaires. Lire ici notre analyse de la nature de ces régimes : retour-situation-amerique-du-sud discussion-gauche-en-amerique-latine etats-bolivariens-notre-position]


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  • (de ce précédent article ici : http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/sur-une-controverse-de-definitions-entre-marxisme-et-decolonialisme-a157559122)

    ... le capitalisme ne serait donc pas "simplement" "l'économie de marché", mais bel et bien un SYSTÈME, une forme sociale TOTALE fondée certes sur une économie marchande... mais de marchandisation de tout ; avec une tendance intrinsèque à la financiarisation et surtout, à l'EXPANSION TERRITORIALE de ses Centres d'accumulation au détriment les uns des autres ou des territoires encore pré-capitalistes.

    Autrement dit, intrinsèquement oppresseur national et colonialiste ; ce qui rejoint finalement l'"intuition" que nous avons pu exprimer depuis plusieurs années à ce sujet (par exemple, vieux articles : question-nationale-21e-siecle - gros-pave-question-nationale - clarification-centre-peripherie - notes-de-lecture-weil) ; et signifie que quiconque n'est "pas clair" là-dessus ne PEUT PAS faire partie du camp de la révolution et doit en être exclu (pas rétroactivement bien sûr : on pouvait être "limité" là-dessus il y a 150 ans et rester quand même dans l'histoire comme un grand révolutionnaire, mais en 2018, une fois ces choses-là comprises, ce n'est plus acceptable - exemple : critique-d-une-position valable pour ceux qui soutiennent ladite position ici et là dans le monde).

    C'est là une nature, une ESSENCE MÊME que l'on ne peut pas sérieusement prétendre combattre le capitalisme si on ne la combat pas (non seulement en paroles, grandes déclarations de principes dans ses documents organisationnels, mais EN ACTES).

    En un sens, quelque part, cela ferait de ce que nous appelons capitalisme une sorte de "cancer" social, né d'un système tributaire faible, "malade" (celui de l'Europe médiévale, post-romaine), et qui en submergeant (au final) toute la planète aura planétairement "tué" le néolithique tardif de l'humanité qu'était le système tributaire ; pour permettre désormais à une nouvelle forme sociale, le SOCIALISME, de le remplacer là encore sur toute la planète.]


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  • Le fascisme n'est après tout qu'une forme modernisée de bonapartisme au 20e siècle. En cela le sioniste de gauche Sternhell n'a pas forcément tort de dire que le fascisme est d'origine française, sauf qu'il ne pointe pas du doigt les bons exemples LOL (enfin il pointe des choses assez épiphénoménales, car c'est ce qu'était en réalité le maurrassisme et encore plus ses tentatives de rapprochement avec des syndicalistes révolutionnaires comme Valois).

    Prenons n'importe quelle situation révolutionnaire tendax, 1789-1799 ou 1848 : il y a la porte de sortie révolutionnaire socialiste (qui ne s'est hélas jamais concrétisée, surtout qu'à cette époque elle n'avait pas de théorie scientifique guide...) ; il y a la possibilité de la reprise en main thermidorienne c'est à dire ouvertement bourgeoise, "populace on t'emmerde" (Thermidor donc, le Parti de l'Ordre avec Cavaignac, ou plus tard la répression de la Commune par la République versaillaise de Thiers et Mac-Mahon) ; et puis il y a la porte de sortie d'une "réconciliation nationale générale" populiste sous la conduite d'un homme fort, qui à cette époque a été les deux Bonaparte.

    On peut aussi dire quelque part que Vichy après le Front populaire a tenté de reproduire un "bonapartisme providentiel" avec Pétain, mais a surtout été en réalité une reprise en main thermidorienne, thiers-mac-mahoniste ; ce qui avait surtout des traits bonapartistes était évidemment le gaullisme (aujourd'hui le FN issu de l'extrême-droite antigaulliste s'est reconverti dans une espèce de néo-gaullisme, en gros il faut revenir à gouverner la France comme du temps de De Gaulle).

    On va flatter par une promesse (plus ou moins tenue) d'amélioration du niveau de vie le "bon" petit peuple opposé au "mauvais" ("minorité" d'agitateurs, d'incendiaires gauchistes).

    L'impérialisme et le colonialisme entrent souvent en jeu à ce niveau : on va y chercher des miettes de surprofit à redistribuer aux masses (ou dans une optique de colonisation de peuplement, des terres ou des places - des positions de pouvoir - à donner à une partie de "masses dangereuses"). Napoléon a échoué en Haïti et vendu la Louisiane mais réussi à reprendre en main pas mal de colonies et surtout, conquis et pillé toute l'Europe. L'Algérie viendra un peu plus tard comme débouché-"solution" aux colères populaires de 1830 et surtout 1848. Napoléon III le Petit a échoué au Mexique mais néanmoins véritablement lancé l'expansion coloniale (Afrique, Indochine, Pacifique) que poursuivra la IIIe République. Mussolini relancera lui aussi l'entreprise coloniale italienne (pacification de la Libye, conquête de l'Éthiopie). Hitler : tentative d'Empire colonial allemand en Europe. Parfois, cet impérialisme "social" a pu aussi être assumé dans le cadre d'un système farouchement parlementaire, comme la IIIe République ou la Grande-Bretagne victorienne de Cecil Rhodes. De Gaulle n'a pas "abandonné" les colonies mais réformé la domination pour la rendre quelque part plus efficace (les néocolonies rapportent sans doute bien plus aujourd'hui que comme colonies directes auparavant) et acheter le climat de paix sociale qui fera capituler l'essentiel de l'extrême-gauche au milieu des années 1970, et duquel on peut dire que nous sortons à peine tout doucement.

    C'est un schéma que l'on retrouve absolument dans TOUTES les situations où "la barque tangue" et encore une fois dans la zone de turbulence actuelle.

    Les Gilets Jaunes s'inscrivent dans une longue séquence de ras-le-bol généralisé qu'on peut faire commencer en 2013 sous Hollande voire lors du mouvement de fin 2010 sous Sarkozy.

    Il y a l'"hypothèse" révolutionnaire mais on voit mal où, qui, quand, comment et les GJ de base le voient probablement encore plus mal. Les appels à une VIe République citoyenniste, participative, gouvernée par RIC (l'esprit mélenchoniste du mouvement quoi) ; certes mais bon, à voir si ça peut aller très loin tout ça...

    Il y a l'hypothèse d'une reprise en main directe par le Centre thermidorien (Macron), mais sur une base sociale tellement faible (15% de soutien) qu'on voit mal comment.

    Et puis il y a l'hypothèse d'une reprise en main par ce qu'on appellera l'"opposition de droite" (Wauquiez et/ou RN), avec leur noyau intra-mouvement "Gilets Jaunes libres", qui cherchera des "solutions" réactionnaires pour racheter la paix sociale.

    [Le gouvernement bourgeois, c'est en dernière analyse l'art de gouverner avec l'assentiment de 55 ou 60% de la population (typiquement : 70-80% des 50% les plus riches et 40% des 50% les plus pauvres, ce qui nous amène à ce chiffre - et c'est, par exemple, typiquement le score de Jair Bolsonaro aux dernières élections brésiliennes) ; ce qui fait une "volonté majoritaire souveraine" et les autres "circulez y a rien à voir". Ou du moins, l'idée chez cette large majorité que "ça ne mérite pas" une insurrection violente et qui si on n'est pas content on verra aux prochaines élections. C'est cet "art" qui s'est progressivement émoussé depuis 10 ans sous Sarkozy, puis Hollande et enfin le très mal élu Macron pour aboutir à la situation actuelle. Le Grand Capital doit donc à nouveau trouver la "formule" qui redonnerait au sommet de l'État cet assentiment majoritaire ; car il ne suffit pas que l'équipe dirigeante serve à la perfection ses intérêts, ce que fait sans l'ombre d'un doute LaREM. Et c'est là que se niche la "possibilité du fascisme" ; fascisme qui est, répétons-le encore une 100e fois, une méthode de gouvernement et non l'exercice du pouvoir par un parti proclamant "nous sommes fascistes". Un gouvernement, par exemple, des idées de Le Pen mais entre les mains et sous le ferme garde-fou des Républicains ; qui aurait par conséquent le soutien ou du moins la non-hostilité du macronisme (dont on connaît déjà certains propos tenus en "off", comme ceux de Gérard Collomb, ou carrément en direct à l'antenne comme ceux de Luc Ferry) ; pourrait bien être la "solution" pour reformer ce bloc majoritaire (avec l'appui, donc, des forces réactionnaires intra-mouvement comme les "Gilets Jaunes libres" Cauchy-Mouraud-Chalençon). La révolution (lutte prolongée) est victorieuse lorsque la bourgeoisie n'est plus capable de reconstruire un tel bloc majoritaire d'assentiment ou (du moins) de résignation.]


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  • https://grozeille.co/%EF%BB%BFconstruire-des-bases-rouges-dans-le-territoire/

    Construire des Bases rouges dans le territoire


    Des amis barcelonais nous ont fait parvenir ce texte très intéressant qui restitue l’expérience des « syndicats de quartier » ou « bases rouges » (plutôt issues l’héritage de l’autonomie). Ces bases, qui rassemblent des habitants du quartier autour de problèmes communs, semblent avoir une véritable implantation dans la ville (plus de 20 syndicats de quartier sur Barcelone), souvent en lien avec les Comités de Défense de la République (CDR, plus de 300 sur le territoire catalan, plutôt versant gauche radicale indépendantiste, très portée sur les questions de démocratie directe et « sociale »). L’esquisse d’une stratégie de lutte qui pourrait être : construire des bases sur le territoire, pour faire tenir les luttes, dans le temps et dans les cœurs.

    La rue n’est à personne. On va voir qui la prendra.

    Ramon J. Sender, Sept dimanches rouges.

    1. Le territoire contre le mouvement.

    L’hypothèse du mouvement comme forme centrale de l’intervention politique, pour les forces avec une inclinaison révolutionnaire, a été hégémonique dans la plupart de pays européens ces dernières années. Ceci est une conséquence de notre faiblesse dans ce que l’on pourrait appeler la quotidienneté de notre l’enracinement réel dans le territoire. Nous avions supposé qu’il y aurait périodiquement des explosions qui seraient en mesure de reconfigurer les corrélations des forces d’une façon progressivement avantageuse pour nous. Et ceci aussi bien dans l’État espagnol avec le 15M, qu’en France avec la Loi Travail, ou encore en Allemagne avec le G20 ou enfin Catalogne avec le mouvement indépendantiste.

    Nous considérions que le moment venu, le peuple se réveillerait et nous rejoindrait. Mais après une litanie de défaites, nous avons dû nous résoudre à accepter l’erreur de cette hypothèse. D’une part, l’irruption de la révolte dépendait excessivement de facteurs extérieurs que nous ne maîtrisions pas. Ceci faisait que nous n’étions jamais à la hauteur des circonstances de cette temporalité imprévisible, ce qui nous empêchait alors d’élaborer une stratégie précise. D’autre part, si ces mouvements avaient une grande capacité à agréger des gens, tant qu’ils allaient croissant, une fois parvenus à leur climax, immanquablement revenait la phase de reflux avec le retour à la maison des nouveaux militants impliqués dans ces irruptions. Et ceci jusqu’au prochain mouvement politique…

    À la suite de ces réflexions, dans divers endroits de l’État espagnol, nous avons décidé de laisser cette figure du mouvement dans un arrière-plan et de développer une hypothèse territoriale. Il s’agissait d’éprouver davantage les effets de nos formes d’inscription politique, d’avoir notre propre agenda.

    Nous considérons que dans les pays du sud de l’Europe l’hypothèse du territoire comme sujet politique qui s’exprime dans la forme du « quartier » c’est la seule manière que nous avons d’ouvrir des brèches.

    Dans l’arc méditerranéen, l’offensive capitaliste qui a transformé le territoire en métropole uniforme et indistincte, quelle que soit la singularité des latitudes géographiques, ne s’est pas complètement matérialisée. Nos quartiers préservent leur dimension tellurique, une forte identité qui les distingue les uns des autres. Cette diversité, empêche que les conflits politiques ne s’articulent qu’au seul niveau de la totalité métropolitaine et qu’il soit possible de trouver un autre niveau qui les précède : les quartiers.

    À cela il faudrait ajouter que dans les pays du sud l’État social n’a jamais pu se mettre véritablement en place, comme ce fut le cas ailleurs après la Deuxième Guerre mondiale. Des nombreux besoins élémentaires sont couverts par des entités aliènes à l’État. En revanche, dans le centre et le nord de l’Europe l’interventionnisme de l’État providence a dissout progressivement la possibilité de faire émerger des formes d’intervention politique à partir de la matérialité de ces besoins. Il aura conduit pendant des décennies à la colonisation de tous les aspects de la vie. Tout lien social a été intercepté et surcodé à partir de l’intervention étatique. Il s’en est suivi un accroissement de l’individualisme et la désactivation de toute possibilité de construire une force révolutionnaire à partir de la localisation de nos expériences communes.

    Heureusement pour les pays du pourtour méditerranéen, la torpeur de l’État rend encore possible l’intervention politique à même l’affrontement de l’expérience imposée par les coordonnées de l’économie, et pas seulement sur un plan purement existentiel. C’est ainsi que même sans stratégie, dans les territoires de la Catalogne, se sont maintenues des traditions très enracinées dans l’associationnisme et le coopérativisme. Ajoutons à cela les coutumes toujours extrêmement vivaces des fêtes populaires avec ce qu’elles comportent comme usage singulier de l’espace public. Celui-ci se transforme alors en une multiplicité de lieux de rencontres et de formes de vie collectives. Tout ceci ouvre la possibilité de formes quotidiennes de résolution de problèmes concrets, aussi bien dans le monde du travail que de l’école, le logement ou autour des questions de genre. C’est par là que des formes d’agrégation entre habitants peuvent avoir lieu. Fomenter la formation de ces nouveaux corps, avec la patience nécessaire pour qu’ils augmentent graduellement en nombre et en expérience, est le seul chemin que nous disposons pour mener un nouvel assaut.

    2. Descente dans les profondeurs.

    La lutte contre les expulsions des logements a été la méthode utilisée par beaucoup d’entre nous pour nous inscrire dans la réalité des quartiers ces dernières années, ce qui nous a permis de connaître et partager les pratiques et habitudes qui régissent la vie des places et des rues de chaque territoire singulier. Ces nouvelles relations nous ont montré que notre langue et nos codes étaient devenus incompréhensibles et indéchiffrables pour nombre de personnes avec lesquelles nous avons commencé à partager des contacts quotidiens. Au point d’avoir à expliciter des termes devenus pour nous des évidences communes que ce soit les concepts abstraits de classe, de genre ou nos conceptions éthiques pour pouvoir en faire des outils communs dans nos discussions les plus ordinaires. Mais cette relation n’a pas été unilatérale : elle nous a contraint à la réciprocité, les influences se sont partagées, ce qui a transformé nos relations. En descendant vers cette réalité territoriale, il a été essentiel d’être perméable aux changements qu’elle nous imposait, d’accepter de questionner les forme de nos idées politiques – qu’il s’agisse de codes ou de langage, devenus avec le temps totalement imperméables. Nous avons dû transformer radicalement la manière d’expliquer nos thèses politiques afin que des personnes de profils très différents puissent éventuellement les soutenir.

    À Barcelone, les groupes et les collectifs de défense du logement ont donc été l’outil central des luttes au niveau des quartiers. Ils ont eu la capacité de briser l’isolement, ce qui n’est pas forcement possible même lorsqu’on dispose de lieux, tels les Casals ou les Ateneus1, qui ne permettent pas forcément de se fondre dans l’hétérogénéité du territoire. Nous avons constaté que si les habitants d’un quartier ne participaient pas à nos syndicats (de quartier), ce n’était pas en raison d’affinités politiques ou personnelles, mais parce qu’ils savaient que s’ils venaient à nos assemblées, des problèmes concrets pouvaient être abordés, partagés et éventuellement résolus. C’est la question du logement qui réveillait alors des situations de conflit avec la plus grande capacité d’agrégation de forces. Ce qui est devenu intéressant, ce n’est pas seulement les expulsions que nous avons pu empêcher, ni les maisons que nous avons squattées, mais l’ensemble des connaissances que nous avons acquises et pu partager sur le territoire dans lequel nous opérons. C’est ainsi que nous avons pu nous familiariser avec la dynamique propre qui régit les différentes quartiers : les points de vente de drogues, les relations que les vigiles des supermarchés entretiennent avec Desokupa2, où vous pouvez vendre des objets volés, qui vend des appartements squattés dans le quartier, dans quels quartiers se déplacent les communautés d’immigrants. Tout ceci est pour nous le début d’une connaissance et d’une perception du maillage des forces cachées qui traversent le territoire en dehors du contrôle de l’État.

    3. Articulation politique des forces existantes.

    Le territoire n’est pas encore une zone uniforme dans laquelle l’État, avec son armée et sa police, exerce un contrôle panoptique. Au contraire, les quartiers dans lesquels nous vivons sont composés d’une infinité de fragments, de forces qui se rejoignent, se séparent, se heurtent et se recomposent en fonction des circonstances. Au final, nous sommes un fragment de plus, une force qui doit interpréter la direction à suivre pour se développer de manière stratégique. Cela nous contraint à construire la position que nous voulons occuper dans cette hétérogénéité qui se déploie dans nos quartiers.

    Le fait que la porte d’entrée de toutes ces interprétations ait été la question du logement nous montre que les faiblesses de l’État espagnol pour résoudre les besoins les plus élémentaires ouvrent des espaces pour agir. Si quelque chose a la capacité de fissurer le capitalisme, c’est notre capacité à construire des formes de vie en mesure de s’opposer à ses formes à lui, c’est-à-dire aux valeurs qu’il impose comme étant les seuls valables pour vivre. Ces autres formes de vie communes ont besoin d’être soutenues pour qu’elles puissent s’épanouir à partir de tous les problèmes où l’État n’a pas la capacité de fournir des solutions.

    L’hypothèse à développer doit donc être celle de créer nos propres structures, parallèles à celles de l’État et de combler les lacunes qu’il laisse, en lui arrachant progressivement sa légitimité et sa présence dans les quartiers. En mettant en place, par exemple, une école populaire qui permet la participation des enfants, des familles et des gens engagés dans des collectifs de lutte pour le logement. Cela résout, d’une part, le besoin matériel des familles qui ne disposent pas de revenus suffisants pour inscrire leurs enfants à des activités périscolaires, tout en conférant à la communauté un caractère plus intergénérationnel tout en partageant avec les uns et les autres notre éthique politique. L’ouverture d’une école d’arts martiaux populaire peut permettre que des jeunes, généralement très dépolitisés, s’inscrivent dans la construction de la vie commune du territoire et qu’ils puissent défendre activement le quartier contre les fascistes et la police. Une école d’alphabétisation pour femmes migrantes peut intégrer une population généralement reléguée aux tâches ménagères et leur permettre ainsi de jouer un rôle central dans la résolution de leurs problèmes de logement. Posséder un bar qui sert de point de rencontre dans le quartier, ouvre des possibilités pour se rencontrer dans des situations plus informelles et d’échapper à certaines logiques militantes.

    La question pour nous est de développer sur le territoire de la métropole différentes institutions qui relèguent l’État à une position secondaire dans la résolution des problèmes quotidiens. Et la priorité n’est pas tant que ces différentes institutions communes soient les tentacules d’un organe politique spécifique, mais de trouer le quartier en développant une multiplicité opaque aux yeux de l’État. Il s’agit donc de générer un substrat hétérogène et vivant à partir de nos actions, d’avoir l’intelligence politique d’agréger dans des actions communes aussi bien un militant politique d’une autre orientation que la nôtre, qu’un doctorant qui n’a du temps libre que le week-end, ou encore la travailleuse d’un fast-food qui peut venir un jour par semaine ou un enfant de bobo qui peut contribuer en apportant de l’argent. Il s’agit de devenir ce catalyseur qui a la capacité de rassembler des fragments, de rapprocher des formes de vie qui ne se rencontrent jamais, de mettre en contact toutes les forces qui s’opposent à ce monde : être un nœud entre des positions politiques.

    Nous voulons constituer une force qui ne soit pas un sujet concret, fermé, défini, ni un bloc, ni un front, mais un collage articulé sur un territoire, hostile à la police et indéchiffrable pour leurs schémas d’intelligibilité. Un mode de vie qui se maintient matériellement et spirituellement, qui n’a pas la capacité de compter le nombre de membres qui le composent, mais qui a le sentiment d’être illimité.

    4. Inverser la gentrification. Devenir prolétaire des quartiers.

    La gentrification ravage de nombreux quartiers des villes où nous habitons. Ce phénomène transforme en particulier les centres-villes en coquilles vides. Dans maints endroits des voisins qui ont cohabité toute leur vie sont remplacés par de hordes de touristes qui viennent s’enivrer ou par des gens riches qui veulent posséder un appartement dans une ville ensoleillée comme Barcelone. On constate une rapide transformation de quartiers populaires où les personnes à faibles revenus sont ainsi déplacés sous la pression de la spéculation immobilière et la destruction de leur cadre de vie.

    Pour inverser ce phénomène, il est nécessaire d’articuler toutes les forces que nous avons rassemblées au cours de ces dernières années et de transformer les quartiers en territoires hostiles à l’économie. Prendre des mesures contre la gentrification dans les quartiers, s’il n’y a pas des expressions d’hostilité à celle-ci, revient à crier dans le vide. Ce qui compte c’est de nous immerger dans toutes les dynamiques légales et illégales des quartiers afin de les amplifier et de les agréger et leur donner un sens commun territorial. Chris Ealham3 a expliqué ce qui s’est passé à Barcelone il y a un siècle. En raison des fortes racines prolétariennes qui existaient dans les quartiers, la bourgeoisie a dû fuir vers les parties plus hautes de la ville, telles Horta ou Pedralbes, puisque les quartiers du centre étaient devenus des espaces hostiles pour leur mode de vie : ce furent eux qui se trouvèrent « expulsés » vers la périphérie.

    Cela signifie en quelque sorte passer à l’offensive une fois que notre enracinement et nos liens sur le territoire est inexpugnable, mais aussi laisser libre cours à de nombreux autres facteurs incontrôlables qui constituent le mode de vie commun que nous générons. Qu’un investisseur doive réfléchir deux fois avant d’acheter un terrain en friche par peur des sabotages, qu’un agent immobilier sache que s’il expulse un de nos voisins, son visage sera affiché sur tous les murs du quartier ou qu’un touriste craigne de se faire voler ses affaires. Ce sont là quelques-unes des expressions concrètes de ce terreau qui doivent être générées dans les années à venir pour inverser la corrélation des forces. Certaines zones du quartier du Raval à Barcelone sont un exemple de cette dynamique, des zones où il n’y a presque plus, et cela n’a pas mis beaucoup de temps, de boutiques cools, de touristes et d’agents immobiliers. Et où la foule plébéienne campe à l’aise même devant le contrôle policier.

    5. Construction des bases rouges.

    Les thèses développées ci-dessus peuvent être concrétisées par l’hypothèse suivante : construire des bases rouges sur le territoire. C’est-à-dire établir une éthique politique commune qui soit maintenue dans les institutions populaires, telles que les syndicats, les écoles populaires, les bars et les Ateneus. Générer des coutumes et des espaces matériels propres qui s’opposent à l’économie en tant que mode de vie. Convertir cette approche en quelque chose de plausible pour les habitants de nos territoires, développer une éthique qui rend habitable un monde opposé à la morale qui y prévaut. Comme disait Assata Shakur : « Personne au monde, personne au cours de l’histoire, n’a été libérée en faisant appel au sens moral de son oppresseur ». Dans le cadre capitaliste, la capacité à subvertir ses fondements est très limitée, car toute proposition qui tente de les surmonter apparaît comme une utopie, une absurdité irréelle. Notre objectif est la création de Bases Rouges, de ZAD urbaines, c’est-à-dire de territoires régis par des formes de vie et habitudes qui sont de facto des zones de non-droit pour l’État. Ces zones sont la possibilité de créer de nouveaux cadres hétérogènes dont la multiplicité de formes et expressions peuvent ouvrir la possibilité à l’apparition de mondes habitables en dehors de la logique capitaliste.

    Notes

    1.

    Les Casals et Ateneus, nés dans la deuxième moitié du XIXe siècle avec l’industrialisation de la Catalogne, ce sont des lieux issus des univers ouvriers, très marqués par les pratiques d’associationnisme libertaires, dans lesquels des travailleurs, des chômeurs partageaient des savoirs. Malgré la tentative de la bourgeoisie intellectuelle d’en faire des lieux apolitiques, ils restèrent très marqués par les luttes d’émancipation ouvrière. Entre les années 90 du siècle dernier et les premières décennies du XXIᵉ siècle, le réseau des Ateneus et Casals, se sont développés à nouveau, souvent liés aux milieux indépendantistes de la « gauche radicale ».

    2.


    Desokupa, est une entreprise privée à laquelle ont recours des propriétaires, ou des groupes s’adonnant à la spéculation immobilière, pour expulser habitants de logements squattés. Elle s’est fait connaître par ses interventions extra-légales d’une très grande violence. Elle est dirigée par un ex-membre de l’armée serbe et recrute des anciens militaires ou des mercenaires connus par leurs accointances avec les milieux néo-fascistes de plusieurs pays.

    3.


    Chris Ealham, La lucha por Barcelona. Clase, cultura y conflicto, 1898-1937. Allianza Barcelona, 2005.

    En PDF : Télécharger « Bases rouges dans le territoire.pdf »


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  • En l'occurrence, la question de savoir si le capitalisme :

    - une fois né au Moyen Âge (en Europe, mais pas seulement) puis, à l'issue de la crise générale traversée par la féodalité européenne entre le 13e et le 15e siècle, lancé dans une dynamique d'expansion ultra-marine, EST À L'ORIGINE DU COLONIALISME ET DONC DU RACISME ; ou alors

    - est un paradigme, une manière "totale" de produire mais aussi de vivre et de voir le monde, ISSUE de ce colonialisme européen dont l'idéologie est le racisme et qui débute à la fin du 15e siècle (date emblématique de 1492).

    Car il est possible en un sens de dire que (commentaire FB) :

    "Concrètement je pense qu'il ne faut pas confondre le capitalisme qui est un mode de production, une manière de produire et distribuer des marchandises, et qui ne produit donc que ça (et pas des choses telles que la race...), et la Modernité occidentale qui est une CIVILISATION, un paradigme et une vision du monde dans laquelle la race est centrale et fondatrice.

    Le capitalisme est une simple façon de produire et distribuer qui peut exister n'importe où dans le monde, n'est pas exclusivement blanche-européenne et a même longtemps été bien plus développée ailleurs qu'en Europe (que Samir Amin décrit au Moyen Âge comme une petite péninsule complètement périphérique sur la planète).

    Le capitalisme engendre tendanciellement, mais pas forcément l'impérialisme ; puisque cette tendance amène des gagnants mais aussi des perdants qui sont vaincus et se retrouvent dominés.

    Et de toute façon l'impérialisme n'engendre pas forcément une théorie de la race, en témoignent les grands Empires musulmans qui ont fonctionné des siècles sans.

    La Modernité occidentale avec la race en son centre ne découle pas 'du capitalisme' mais de la façon dont la petite péninsule périphérique Europe a renversé la vapeur dans la plus extrême violence, pour se constituer en Centre du monde (de fait premier empire totalement mondial), et de fait, certes, en seule forme mondiale de capitalisme que nous connaissons aujourd'hui.

    Le capitalisme n'est pas équivalent de la Modernité occidentale et peut même dans le contexte d'aujourd'hui, dans certains pays, être subversif, un crachat contre elle (même si de mon point de vue le socialisme c'est mieux :D)."

    "le capitalisme c'est pas quelque chose de plus structurel, institutionnel et situé historiquement, que simplement une manière de produire localement"

    "Ce que tu décris, et qui s'appelle la Modernité occidentale, est une civilisation. Certes assise sur un mode de production : le capitalisme.

    Le capitalisme est un mode de production. Certes, n'existant plus vraiment aujourd'hui dans le monde autrement que sous la forme de la Modernité occidentale, ou en tout cas se débattant dans ses filets comme les capitalismes asiatiques.

    C'est comme si tu disais esclavage = Empire romain. Ben non. L'esclavage est une manière d'exploiter la force de travail pour produire. L'Empire romain était une civilisation avec des institutions, une culture, une vision du monde ; fondée sur cette manière de produire."

    Mais l'on pourrait dire aussi que (autre commentaire FB en réponse à un facho complet digne d'Henry de Lesquen) :

    "Le capitalisme n'est pas simplement l'économie marchande (je fabrique pour te vendre en me faisant une marge qui paye mon travail et celui de mes collaborateurs). Le capitalisme est un SYSTÈME TOTAL qui inclut pouvoir absolu de la finance, expansion territoriale permanente, État moderne prison des peuples, impérialisme, colonialisme, esclavage ou formes poussées de travail asservi, surexploitation...

    Intéressant à ce titre que tu revendiques Richelieu, boucher de l'Occitanie, de la Provence (répression des Cascavèus 1630), inventeur des préfets (intendants) mais aussi initiateur de la colonisation des Antilles et de la première compagnie négrière. Un personnage vraiment clé et emblématique, en effet, dans ce processus de naissance du capitalisme.

    Ce système qui existe depuis la fin du Moyen Âge, est responsable depuis lors de millions de morts PAR AN.

    Alors sérieusement, s'il est certes des régimes communistes qui ont fâcheusement dévié et "le temps d'une mascarade, plus fait que frémir", entendre parler de "crimes du communisme" me fait toujours doucement rigoler, et j'ai pour politique de ne jamais me dissocier d'aucune révolution communiste devant les gugusses comme toi.

    Je te dis même la vérité : j'assume, quand je vois tes petits copains en Europe de l'Est (Kaczynski, Orban etc.), une pointe de nostalgie pour Jaruzelski et Ceausescu. Vraiment."

    Évoquées rapidement ci-dessus, il y a notamment les thèses de l'économiste marxiste égyptien Samir Amin (quoi que l'on puisse penser par ailleurs de ses prises de positions politiques comme son soutien à la Chine contre-révolutionnaire post-1976 ou plus récemment - et pire - au coup d’État fasciste de Sissi en Égypte) :

    http://ekladata.com/dT8dyYQdyQMZGuVUV6NlAKRPvQc/Samir-Amin-developpement-inegal-et-question-nationale.pdf

    En résumé extrême : les thèses d'Amin remettent en cause une certaine vision historique linéaire des marxistes, voyant s'enchaîner pareillement et partout dans le monde sociétés archaïques, esclavage antique, féodalité et capitalisme.

    Il "restaure" sur le devant de la scène le concept de système TRIBUTAIRE (parfois qualifié aussi d'"hydraulique" ou surtout "asiatique" par Marx et Engels qui s'y étaient finalement assez peu intéressés mode-production-asiatique), en distinguant différents niveaux d'"achèvement" de celui-ci (l’Égypte ou le Proche et Moyen Orient antiques, la Chine - surtout ! - ou les civilisations indiennes, mais aussi les civilisations islamiques médiévales représentant des modèles particulièrement "achevés") ; un système reposant sur des formes variées d'organisation de la production et d'exploitation de la force de travail (communautés libres plus ou moins collectivistes "versant" une part de leur produit à une autorité supérieure, servage, esclavage pur et simple, mais aussi salariat) ; et dans lequel évidemment circule la marchandise, donc existent (de tout temps et en de très nombreux endroits) des formes d'économie marchande produisant (transformant une matière première) pour vendre ou achetant pour revendre dans un service d'acheminement au consommateur.

    Et ainsi donc ; après l'Empire romain qu'il qualifie d'"ébauche de construction impériale tributaire (...) hétéroclite en termes ethniques et (à) la centralisation tributaire inégale, tandis que subsistaient des modes de production variés allant de la communauté primitive au mode tributaire achevé et que se développaient les échanges marchands et, avec eux, les enclaves esclavagistes", et que nous avons parfois pu pour notre part (comme d'autres marxistes, sujet vigoureusement débattu : Salvioli-et-la-controverse-du-capitalisme-antique.pdf) envisager comme une forme de "petit monde d'aujourd'hui", déjà par certains aspects capitaliste mais avec une force de travail principalement esclave, d'où sa crise finale et fatale ("suggérer que les empires de l'Antiquité orientale et romaine constituèrent des étapes d'une évolution vers la constitution d'une formation tributaire achevée, c'est poser la forme tributaire comme supérieure aux formes antiques, c'est donc prendre le contrepied de la thèse qui situe le mode de production asiatique avant le mode esclavagiste, ce que contredit le niveau comparé de développement des forces productives", ajoute Amin) ; il présente la féodalité médiévale européenne comme une forme de système tributaire très imparfait ("par contraste avec d'autres sociétés tributaires plus avancées, une variété précoce, inachevée et complexe"), faisant de l'Europe une petite péninsule du grand continent eurasiatique extrêmement périphérique dans le "monde connu" (Europe-Asie-Afrique) d'alors.

    Mais ce sont aussi, toujours selon lui, précisément ces caractéristiques qui vont en quelque sorte "pousser", offrir les "conditions les plus favorables au dépassement du mode tributaire (et) à l'éclosion rapide du mode capitaliste" et PERMETTRE à l'Europe (après la première tentative infructueuse des Croisades, mais aussi le succès de la "re"-conquête de l'Espagne et - il l'évoque rapidement - la soumission politique et économique des centres les plus avancés de l'An 1000 - Italie, Occitanie - à de nouveaux centres plus au Nord - Bassin parisien, Axe rhénan, Angleterre) de se lancer à la conquête du monde (un peu comme déjà, pourrait-on dire, pour les mêmes raisons les cités grecques, la fruste Macédoine d'Alexandre et la bourgade italienne nommée Rome)... et ce faisant de DONNER NAISSANCE au capitalisme, à la Modernité capitaliste : un "paradigme" n'ayant donc pas d'antécédents historiques mais aussi pas d'équivalent dans la multitude d'économies marchandes de production-pour-vendre ou achat-pour-revendre ayant toujours existé partout et de tout temps, et pas d'autres centres que l'Occident ouest-européen et nord-américain auquel peut éventuellement être adjoint ("Triade") le "petit dernier" japonais, régnant sur la planète entière ; sorte (quelque part) d'Empire romain à un niveau (infiniment) supérieur de modernité et (surtout) mondial ; INTRINSÈQUEMENT fondé sur un système de centres "introvertis" ("pompes" à richesses pour faire court) et de périphéries "extraverties" ("pompées") avec des situations intermédiaires (Espagne-Portugal et Russie à une époque, "émergents" aujourd'hui) jouant le rôle d'"interfaces" ; donc (intrinsèquement) sur l'État moderne prison des peuples et l'Empire colonialiste raciste.

    Le capitalisme serait ainsi quelque part, en dernière analyse, INTRINSÈQUEMENT un colonialisme : une classe dominante capitaliste, appuyée sur un appareil d’État (directement bourgeois ou d'extraction féodale - monarchie absolutiste), COLONISE des territoires et des masses populaires de force de travail (et aussi de consommation : "marché") qui les habitent... N'existant finalement, dans ce paradigme, QUE de telles colonisations plus ou moins "douces" ou violentes (avec notamment le divide entre les populations relevant du "monde blanc" et les autres - indigènes, Amin lui-même insistant sur cette distinction lorsqu'il aborde la question des périphéries intérieures des grands États impérialistes) et plus ou moins récentes et "à vif" ou anciennes et oubliées, enterrées sous les conditions de vies "correctes" que les masses populaires concernées auraient éventuellement atteintes depuis. C'est d'ailleurs un peu le sens originel (à l'époque dite moderne) du terme "coloniser", qui n'a longtemps pas signifié imposer à un peuple d'outre-mer une domination particulièrement violente, mais simplement investir un territoire soit inhabité soit hors de toute activité économique "productive" et "rentable"... d'un point de vue capitaliste, et le "mettre (toujours de ce même point de vue de profit capitaliste) en valeur" (comme par exemple au 19e siècle les Landes de Gascogne). Le capitalisme est donc, dans cette logique, colonisation (prise de possession et exploitation de territoires et de populations en quête permanente de profit) et la colonisation est capitalisme, de manière totalement indissociable.

    Des caractéristiques "tributaires inachevées-périphériques", dans un "Ancien Monde" dont les Centres étaient la Chine et la "ceinture islamique" du Maroc à l'Inde, auraient donc engendré concomitamment (et se nourrissant l'une de l'autre - cela personne de sérieux ne l'a jamais nié depuis Marx) l'expansion coloniale et le mode de production, mais aussi "modèle de civilisation" dit capitaliste : (reprenant et "repensant" le - très européo-méditerranéo-centré - enchaînement marxiste "classique" des modes de production) "le développement inégal s'est manifesté de cette manière : la longue histoire de l'Orient ancien, de l'Antiquité grecque, hellénistique et romaine puis de ses héritiers occidentaux, byzantins puis ottomans et arabo-islamiques, est l'histoire du développement progressif du mode tributaire et de son dépassement capitaliste à partir de sa périphérie la moins avancée, l'Europe barbare puis féodale".

    Il n'y aurait donc peut-être (du coup...) que DEUX grands modes de production dans l'histoire de l'humanité post-néolithique : le mode tributaire sous ses multiples formes (dont la féodalité européenne médiévale en serait une particulièrement "imparfaite" et "peu solide") ; et le mode que l'on appellera CAPITALISTE-IMPÉRIALISTE avec sa forme "primitive" ("mercantile-esclavagiste", disons) gréco-romaine antique (et peut-être, sans doute même des formes similaires dans des enclaves locales et sur des périodes momentanées au sein des grands ensembles tributaires ailleurs...) et sa forme actuelle dominant la planète entière, la Modernité capitaliste jailli à chaque fois de conditions très particulières spécifiques aux systèmes tributaires les plus "périphériques" et "fragiles". La question (pour prolonger la réflexion) de l'exceptionnelle stabilité et longévité des systèmes tributaires "achevés", telle que décrite par Marx et Engels et les auteurs marxistes par la suite ("mode de vie millénaire" etc.), soulevant peut-être celle de leur relative... justice sociale, ou du moins "complémentarité"-"symbiose" entre les groupes sociaux (et les régions/ethnies dans les grands Empires) par rapport au capitalisme impérialiste ; loin de l'imagerie bourgeoise "éclairée" du "despotisme oriental" ; avec simplement périodiquement, dans des situations de crise alimentaire pour causes naturelles ou de parasitisme/abus excessifs du pouvoir, la "sanction" d'une grande révolte paysanne ou de l'assaut d'un peuple périphérique marginalisé prenant la place de la caste dirigeante à la tête du système inchangé. Et bien sûr la question, qui a longuement pu faire débat parmi les marxistes (trois exemples : Marx-Zassoulitch, Mariátegui et John MacLean ont été évoqués par nous dans ce vieil article ; voir aussi ici), de si le socialisme ne serait peut-être pas en dernière analyse (permis uniquement par le capitalisme impérialiste et ses oppressions et contradictions "folles") un mode de production tributaire rétabli à un niveau supérieur sans la perception d'un tribut (produits ou travail fournis gratuitement) par une caste dominante "parasite", mais en reprenant ses caractéristiques collectivistes, solidaires, "justes" etc.  

    Ces thèses seraient peut-être une possible piste pour "réconcilier", ou plutôt trouver la bonne réponse entre les deux positions (qui ne s'opposent finalement pas sur grand chose !).

    Bref... Affaire à suivre.


    [=> EN CONCLUSION DE TOUT CELA, le capitalisme ne serait donc pas "simplement" "l'économie de marché", mais bel et bien un SYSTÈME, une forme sociale TOTALE fondée certes sur une économie marchande... mais de marchandisation de tout ; avec une tendance intrinsèque à la financiarisation et surtout, à l'EXPANSION TERRITORIALE de ses Centres d'accumulation au détriment les uns des autres ou des territoires encore pré-capitalistes.

    Autrement dit, intrinsèquement oppresseur national et colonialiste ; ce qui rejoint finalement l'"intuition" que nous avons pu exprimer depuis plusieurs années à ce sujet (par exemple, vieux articles : question-nationale-21e-siecle - gros-pave-question-nationale - clarification-centre-peripherie - notes-de-lecture-weil) ; et signifie que quiconque n'est "pas clair" là-dessus ne PEUT PAS faire partie du camp de la révolution et doit en être exclu (pas rétroactivement bien sûr : on pouvait être "limité" là-dessus il y a 150 ans et rester quand même dans l'histoire comme un grand révolutionnaire, mais en 2018, une fois ces choses-là comprises, ce n'est plus acceptable - exemple : critique-d-une-position valable pour ceux qui soutiennent ladite position ici et là dans le monde).

    C'est là une nature, une ESSENCE MÊME que l'on ne peut pas sérieusement prétendre combattre le capitalisme si on ne la combat pas (non seulement en paroles, grandes déclarations de principes dans ses documents organisationnels, mais EN ACTES).

    En un sens, quelque part, cela ferait de ce que nous appelons capitalisme une sorte de "cancer" social, né d'un système tributaire faible, "malade" (celui de l'Europe médiévale, post-romaine), et qui en submergeant (au final) toute la planète aura planétairement "tué" le néolithique tardif de l'humanité qu'était le système tributaire ; pour permettre désormais à une nouvelle forme sociale, le SOCIALISME, de le remplacer là encore sur toute la planète.]


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  • Toutes les informations et les analyses en suivant les liens ci-après :

    Les Gilets Jaunes... (c'est) [exemple d'une de leurs plateformes de revendications]

    Sur la question du référendum d'initiative citoyenne (RIC)

    Mouvement lycéen et répression

    #GiletsJaunes (suivi du mouvement)

    #GiletsJaunes : le 1er décembre en quelques images et textesDernières news (appels à coup d'État ou régime d'exception, et premières victimes mortelles de la répression !)

    Collectif Rosa Parks : Des gilets jaunes au(x) gants noirs, égalité, justice, dignité ou rien ! – et autres prises de position du mouvement contre le colonialisme intérieur

    Les anges, les gilets jaunes et le chemin de la révolution en Occitània (Novèlas OccitàniaS) – les prises de position de l'occitanisme politique

    Au lendemain du week-end "fatidique" : retour sur le mouvement des Gilets Jaunes

    Mouvement du 17 novembre : quelques réflexions et débats, en vrac

    **************************************************************

    L'aile droite putschiste des Gilets Jaunes, ou "Nous voulons les colonels"...

    Feu sur les jacobinards ou plutôt les bonapartistes "de gauche" et autres néo-thermidoriens à la Barère (bien vouloir voir et comprendre enfin, au-delà de la profusion de bleu-blanc-rouge, les Gilets Jaunes comme un RÉVEIL DES PEUPLES - certes principalement des peuples blancs - de la multinationalité d'Hexagone)

    Tandis que l'affaire du budget italien dévoile (encore une fois) l'arnaque pour mous du bulbe qu'est la "rupture" d'extrême-droite, Macron jette des miettes au peuple en gilet jaune et tente de dévier le débat vers l'"identité" et l'immigration ; le "clivage" entre "populistes" fachos et "progressistes" néolibéraux est une farce, et l’État français est depuis 225 ans une République thermidorienne fondée sur le hurlement aux "extrêmes"...

    Après l'attentat de Strasbourg (sur lequel nous ne nous prononcerons pas) : recueil de bons commentaires et posts FB au sujet des "théories du complot" (qui fleurissent évidemment dans les groupes de Gilets Jaunes)

    Mouvement des Gilets Jaunes (novembre 2018) : recueil d'articles

    Mouvement des Gilets Jaunes (novembre 2018) : recueil d'articles


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  • "Il faut rappeler aujourd'hui que ce passage (d'une adresse de 1850 à la Ligue des Communistes, qui défendait le centralisme étatique le plus rigoureux) repose sur un malentendu.

    À ce moment là il était admis – grâce aux faussaires libéraux et bonapartistes de l'histoire – que la machine administrative centralisée française avait été introduite par la Grande Révolution et maniée notamment par la Convention comme une arme indispensable et décisive pour vaincre la réaction royaliste et fédéraliste et l'ennemi extérieur.

    Mais c'est actuellement un fait connu que pendant toute la Révolution, jusqu'au 18 Brumaire, l'administration totale du département, de l'arrondissement et des communes se composait d'autorités élues par les administrés eux-mêmes qui, dans le cadre des lois générales de l’État, jouissaient d'une liberté complète ; que cette administration autonome provinciale et locale, semblable à ce qui se passe en Amérique, devint précisément le levier le plus puissant de la révolution ; et cela à un point tel que Napoléon immédiatement après son coup d’État du 18 Brumaire, s'empressa de la remplacer par le régime préfectoral encore en vigueur de nos jours et qui fut donc, dés le début, un instrument de réaction (en réalité et pour être parfaitement exacts, c'est même dès le Directoire que des "commissaires du gouvernement" dans chaque département préfigurent les préfets napoléoniens)."

    F. Engels dans une note sous le texte réédité, 1885

    La République française, c'est au choix, soit comme c'était prévu (et jamais appliqué) en 1793, avec (dixit l'ami Friedrich) "administration totale du département, de l'arrondissement et des communes composée d'autorités élues par les administrés eux-mêmes qui, dans le cadre des lois générales de l’État, jouissaient d'une liberté complète", et droit de veto du "dixième des assemblées primaires dans la moitié des départements plus un"... soit rien. Et nous avons une préférence pour rien.

    Car c'est bien, depuis maintenant 224 ans, sous la République thermidorienne bourgeoise que nous vivons ; cette République thermidorienne instituée par le fameux coup du 9 Thermidor (27 juillet 1794) de ceux qui depuis 1789 voulaient qu'"une nouvelle distribution des richesses entraîne une nouvelle distribution du pouvoir" (au profit de la bourgeoisie capitaliste) mais en intimant bien haut "silence !" aux pauvres ; et notamment (parmi ceux-ci) ceux que l'on pourrait appeler les "Montfort 2.0" de l'époque, les "représentants en mission" bouchers (Fouché, Barras, Fréron, Tallien, CarrierDumont etc.) traquant impitoyablement le "royaliste" et le "fédéraliste" en "province" tout en s'en foutant plein les poches, "rejouant" littéralement en cela les conquêtes et leurs pillages "fondateurs" du Moyen Âge, et qui se ligueront contre un Robespierre ulcéré par leurs crimes qui les avait fait rappeler à Paris... Et de fait tout ceci était tout simplement inévitable ; tout ceci était, en vérité, dans le Sens de l'Histoire : la ligne de Robespierre (de toute façon idéaliste, non-scientifique) n'avait sans le moindre doute pas plus de chances de triompher de ses innombrables adversaires que l'Occitanie ou Andalus, au Moyen Âge, de ne pas être conquises par le Bassin parisien capétien et la Castille et de donner naissance à un autre monde capitaliste que celui que nous connaissons depuis 800 ans !

    http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/annexe-a-l-etude-en-finir-avec-la-france-quelques-verites-sur-la-revolution-bourgeoise

    Nous voulons bien que le drapeau tricolore et la Marseillaise soient d'abord des références à 1789, à la prise de la Bastille et à la décollation de Louis XVI et quelques milliers d'autres faquins ; la seule référence révolutionnaire de millions de gens dans ce pays ; mais à un moment donné le mouvement des Gilets Jaunes va devoir s'assumer comme ce qu'il est : le réveil DES peupleS d'Hexagone, des périphérisés et niés multiséculaires de l'Empire totalitaire parisien dont aujourd'hui la Babylone brûle tous les samedis ; pour le droit de "vivre, travailler et décider au pays".

    http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/en-finir-avec-la-france-appareil-politico-militaire-et-ideologique-de--a114084612

    http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/luttons-nous-pour-ressusciter-le-comte-d-auvergne-une-reponse-qui-se-v-a118000934

    [* Depuis que la lutte ouvrière et populaire existe, il y a de toute façon toujours eu deux et même trois voies, dont on appelle fascisme les ultimes avatars de deux : il y a la voie de la révolution, du Pouvoir du Peuple ; et puis il y a la voie que Rémond appelait 'légitimiste', ultra réactionnaire, 'c'était mieux avant'... 1789 ; et enfin (surtout) la voie de la droite 'moderne, sociale, populaire' sous la conduite d'un homme fort, qui est le bonapartisme recyclé dans le gaullisme et maintenant le FN/RN.

    Ça c'est quelque chose de très sérieux : par exemple quand on regarde les élections de 1848-49, on s'aperçoit que très souvent les mêmes départements ont voté républicain radical, démocrate-socialiste, pour une république radicalement démocratique et sociale aux législatives... et pour Louis-Napoléon à la présidentielle. 

    Il y a de l'ultra droite, des royalistes, des cathos intégristes, Gabriac et Benedetti etc. dans le mouvement ; mais avec ses drapeaux et ses Marseillaises et ses références à la prise de la Bastille, c'est plutôt la voie bonapartiste qui est le risque, comme toujours.

    Quant à nos 'chers' gouvernants, ce sont évidemment d'éternels recyclages d'orléanistes et de thermidoriens, de Versaillais de droite... et 'de gôche' !]

    Feu sur les jacobinards ou plutôt les bonapartistes "de gauche" et autres néo-thermidoriens à la Barère


    Segur que tomba, tomba tomba...

    L'ORA ES VENGUDA !


    ***************************************************************************************************

    [Vu sur Facebook : https://www.facebook.com/RoccuGaroby/posts/992950750908879]

    2018, l'année de la révolte des territoires !

    Dans une France au conservatisme dépassé, au centralisme ankylosé et au jacobinisme suranné, 2018 aura été l'année de la révolte des territoires. Il est plus que temps de structurer cette révolte ! 

    "Le jacobinisme, ce cancer bien français"

    Alors que tous les pays d'Europe ont, durant les 50 dernières années, tous évolué vers plus de décentralisation, plus d’évolution, plus d'autonomie, plus de fédéralisme voire même plus, la France a traversé les 5 dernières décennies dans le formol! Incapable de se réformer, incapable de se repenser, incapable de se restructurer, elle est demeurée semblable à elle-même, dépassée. Dépassée par l'histoire, dépassée par les événements et désormais dépassée par la révolte des territoires.

    En effet, en 50 ans, aux mesures technocratiques et bureaucratiques, les gouvernements de droite comme de gauche n'ont jamais été à la hauteur ou alors, pour les très - mais très - rares exemples de gouvernements courageux, ils n'ont pas osé défier l'administration centrale à la française composée de tous ces énarques dont le formatage est tel qu'il leur est impossible de voir le monde, la vie et la réalité au-delà du périphérique. C'est de là qu'est née la révolte des territoires.

    "La Corse ouvre le bal"

    En 2018, cette révolte a commencé en Corse. Au sortir de l'élection territoriale de décembre 2017 remportée par les nationalistes avec une majorité absolue des sièges (41/63) et des voix (56,5%) dans une quadrangulaire (!), Paris aurait dû ouvrir les portes du dialogue, les portes de la paix, les portes de l'espoir.

    Que nenni ! Paris a tout fermé et à double tour d'abord avec un discours glacial, martial et réquisitorial d'Emmanuel Macron, qui a démontré l'étendue de son talent d'énarque pour fouler au pied la démocratie, lui, l'éphémère candidat du "pacte girondin". Puis avec une succession de visites ministérielles toutes aussi inutiles qu'improductives puisque les portes avaient été fermées, verrouillées puis condamnées. 

    Mais, heureusement et évidemment, les Corses ne se sont pas laissés intimider. Nationalistes ou pas, les Corses ont refusé ce mépris de Paris, ce déni de démocratie et continuent de demander pacifiquement, démocratiquement et publiquement le respect du vote des Corses. 

    La révolte de la Corse, c'est le refus d'un peuple de se soumettre à un État qui lui refuse son droit à l'existence. Cette révolte des territoires, elle vient de loin, de très loin, de très très loin dans le temps et dans l’espace, c'est un combat vieux de plusieurs décennies!

    Car, in fine, une autre révolte des territoires a marqué l'année 2018, c'est le résultat surprenant du référendum en Kanaky : 43,3% de votes pour l'indépendance quand les sondages, l'administration coloniale et Paris, sa capitale, imaginaient que les voix pour la liberté seraient cantonnées au rang de témoignage largement sous le seuil des 30%.

    Là aussi, que va faire Paris ? Va-t-elle considérer que le statu quo est viable ou va-t-elle enfin se mettre autour de la table et discuter de tout sans préalables ni tabous ? Poser la question, c'est déjà y répondre un peu tant Paris est incapable de raisonner démocratiquement car, n'en doutons pas, c'est de la révolte des territoires que naîtra le rapport de force nécessaire pour faire plier l'establishment et non d'un changement intramuros. 

    "La révolte prend partout"

    L'année 2018, c'est l'année de la révolte des territoires un peu partout. L'Alsace supprimée, éliminée et enterrée par les socialistes et la droite a connu une deuxième jeunesse grâce... aux Alsaciens qui ont refusé de disparaître au profit d'un technomachin appelé le ''Grand Est''. Paris n’a concédé que des miettes mais des miettes qui n'auraient jamais existé sans la mobilisation des autonomistes alsaciens. Des miettes qui sont loin de suffire car le Peuple alsacien n'est toujours pas reconnu mais qui prouve que de la révolte des territoires peuvent naître des avancées. 

    2018, c'est aussi l'année de la Bretagne et de sa réunification. Plus de 100 000 signatures collectées en Loire-Atlantique pour une consultation sur la réunification de la Bretagne, soit plus de 10% du corps électoral, l'équivalent d'une pétition de près de 5 millions de personnes à l'échelle de la France ! Quelle a été la réaction des élites parisiennes – ou parisianisées mais élues dans les territoires ? Circulez, il n'y a rien à voir ! Il ne peut et il n'y aura pas de consultation ou de référendum. À croire que les Pays de la Loire, région sans identité parce que sans territoire, sont ''uns et indivisibles''. On aura tout vu pour défendre l'indéfendable statu quo. 

    Mais les Bretons, et les autonomistes bretons en tête, se battent, depuis des décennies, pour que Nantes revienne en Bretagne, elle qui a toujours été bretonne. Ils n'abandonneront pas devant les arguments lapidaires et péremptoires d'une administration complètement dépassée. La révolte ne fera que s'amplifier.

    2018, c'est toujours la révolte des Catalans qui refusent de perdre leur identité et d'être fondus dans une région Occitanie qui nie le pays catalan. C'est aussi le retour du débat sur la fusion des 2 départements savoyards et de la création d'une région Savoie. C'est la bataille des provençaux pour renommer la PACA "Provence" et non "Région Sud", le plus technocratique des noms possibles proposé par le Président de la PACA, Renaud Muselier. C'est, enfin, la montée en puissance de la collectivité d'agglomération du Pays basque. 

    2018 c'est, enfin, l'année de la création d'un groupe parlementaire autour de la question des territoires : ''Libertés et Territoires'' avec nos 3 députés nationalistes corses, Jean Felix Acquaviva, Michel Castellani et Paul-André Colombani ainsi que l'autonomiste breton Paul Molac.

    "Et les gilets jaunes?"

    Bref, 2018 c'est l'année des territoires et de leur révolte. Et comment parler de révolte sans parler des ''gilets jaunes'' ? Une partie du message porté par les ''gilets jaunes'' c'est justement la lutte contre la fracture territoriale, celle-là même que les autonomistes et indépendantistes combattent.

    Il existe de véritables convergences sur ces thèmes-là et seule la convergence des luttes peut permettre de faire sauter le verrou parisien et son jacobinisme qui est le véritable cancer de la France. Elle en mourra tôt ou tard sauf à entreprendre une thérapie de choc, qui passe par la fin de la domination des corps ''d'élite" parisiens sûrement trop intelligents et trop subtils pour être compris par les peuples vivant dans les territoires. Cela passe par la mise en place d'un fédéralisme différencié allant jusqu'à une autonomie de plein exercice et de plein droit et la reconnaissance de tous les peuples, de leur langue et leur culture. 

    Si 2018 a été l'année de la révolte, 2019 doit être celle de la récolte pour tous les territoires car, face au conservatisme dépassé, au centralisme ankylosé et au jacobinisme suranné de Paris, la diversité qui nous unit est notre plus grande force. Révoltés de tous les territoires, unissons-nous !

     

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  • "Le problème du RIC, c'est que ça risque de donner l'aval "du peuple" à ce qui est "dans l'air du temps", L'HÉGÉMONIE CULTURELLE du moment.

    La révolution ce n'est pas "donner la parole" au peuple ; c'est lui donner le POUVOIR au terme d'un lutte qui le TRANSFORME pour le rendre en capacité de l'exercer (ce qui au terme de siècles de dépossession n'est pas le cas : non, nous ne SAVONS PAS à l'heure actuelle exercer le pouvoir et diriger nos vies, nous devons l'apprendre !!).

    Après tout, même si ce n'était pas d'initiative populaire/citoyenne, les élections de juin 1968 étaient un "référendum" : De Gaulle avait convoqué un référendum pour ou contre lui. Et il l'a largement gagné... Certes il a perdu celui de l'année suivante sur la régionalisation, là aussi pour ou contre lui en réalité, mais ce fut pour avoir aussitôt une présidentielle anticipée où la gauche sera éliminée dès le premier tour...

    De fait, la mise à l'ordre du jour du RIC pourrait plutôt être le moyen d'éteindre le mouvement actuel que de consacrer son triomphe. Et il n'est pas forcément surprenant qu'il soit devenu le mot d'ordre absolu du "noyau" de premiers initiateurs de celui-ci, manifestement dépassés par l'ampleur et la tournure qu'il a prise."

    "Disons que je suis partagé.

    Ça exprime une volonté de reconquête d'un pouvoir de décision sur son quotidien.

    En cela c'est positif... même si, existant comme on l'a dit dans d'autres pays déjà, le RIC est à ce niveau-là une demi-solution : rien à voir avec par exemple le mandat impératif et révocable à tout moment, un vrai pouvoir des collectivités locales, une sorte de pouvoir constituant permanent, ou quelque chose qui ressemblerait à la Constitution de 1793.

    Et le problème est que les questions posées (sur la base d'un million de signatures, mettons) et le résultat des consultations serait une photographie de la société à l'instant t. On aurait donc sûrement (comme le mouvement actuel nous le montre) des revendications sur le pouvoir d'achat (plus que la justice sociale proprement dite), mais aussi des questions et des réponses, appelons-les par leur nom, racistes.

    La révolution ce n'est pas "donner la parole au peuple", c'est porter au pouvoir un peuple TRANSFORMÉ par la lutte pour le conquérir.

    Ce n'est pas le pouvoir du peuple tel qu'il est, mais d'un peuple transformé, dont les composantes se seraient critiquées entre elles et autocritiquées, par exemple les Blancs sur la question du racisme et du bénéfice qu'ils tirent de l'impérialisme.

    Et évidemment tant que la pratique du référendum resterait encadrée par l’État tel qu'il est, bonjour les questions qui seraient acceptées et celles qui ne le seraient pas... Évidemment que tout ce qui remettrait en cause les fondements du pouvoir serait recalé (impossible de, comme le réclament beaucoup de gens, pouvoir destituer le président ou renverser le gouvernement par ce biais) ; par contre tout ce qui le renforce, comme les questions identité-immigration, ce serait la fête.

    Donc en gros je pense que la revendication du RIC exprime une aspiration positive mais que sa concrétisation serait loin d'être la panacée."

    [Page "Si tu veux mon avis"]

    "Si tu veux mon avis, le référendum d'initiative citoyenne proposé par un bon nombre de gilets jaunes est basé sur un constat juste mais il n'apporte pas la réponse adéquate à ce constat.

    Le constat fait par de nombreux gilets jaunes c'est "nous sommes des travailleurs, nous produisons tout, c'est nous qui faisons tourner la société, et pourtant nous n'avons que très peu de pouvoir".

    Ce constat, dans le cadre de la société capitaliste et de l'État bourgeois, est tout à fait exact. Dans l'État bourgeois, la bourgeoisie détient les moyens de production et a à son service une structure étatique chargée de garantir sa domination. Le critère qui détermine qui a le pouvoir et qui ne l'a pas est donc celui de la détention ou non des moyens de production. Celui qui est propriétaire d'une usine gère la production au sein de cette usine comme il l'entend, ceux qui travaillent au sein de l'usine et produisent ce qui sortira de l'usine doivent obéir et touchent une rémunération inférieure à la valeur de ce qu'ils ont produit.

    Face à ce constat, les gilets jaunes ont émis plusieurs idées visant à rééquilibrer le pouvoir. En tête de ces idées, on trouve le fameux "référendum d'initiative citoyenne" (RIC). Cette idée, si elle était appliquée, ne permettrait pas de régler la question fondamentale du pouvoir pour deux raisons.

    Premièrement, le RIC est basé sur la notion de citoyenneté, or, ce qui détermine si on a du pouvoir ou non, ce n'est pas le fait d'être ou de ne pas être un citoyen, c'est notre rôle dans la production, c'est à dire le fait d'être propriétaire ou non des moyens de production, le fait d'être à la tête d'une structure étatique qui protège les intérêts de la bourgeoisie ou le fait d'être un simple travailleur qui se fait exploiter par la classe bourgeoise. De nombreux travailleurs ne sont d'ailleurs pas des citoyens français et sont exploités par la bourgeoisie au même titre, et même souvent plus, que les travailleurs français.

    Il n'y a donc pas d'opposition entre "les citoyens" et "les élites", il y a une opposition entre le prolétariat et la bourgeoisie. Les théories visant à opposer "les citoyens" et "les élites" sont volontairement confuses, il est très difficile de déterminer qui fait partie des citoyens et qui fait partie des élites et il est donc très difficile d'identifier qui a le pouvoir et qui ne l'a pas. Au contraire, la détermination de qui fait partie du prolétariat et qui fait partie de la bourgeoisie est basée sur des critères objectifs et facilement analysables.

    Deuxièmement, considérer que le RIC permettrait de palier au manque de pouvoir des travailleurs, c'est se méprendre sur la vraie nature de l'État dans le cadre du système capitaliste. Comme dit plus haut, l'État dans le cadre du système capitaliste, a pour vocation première de servir les intérêts de la bourgeoisie. Il a une police, chargée de réprimer les révoltes, une administration, chargée d'aider les entreprises à prospérer, un système législatif et judiciaire, chargé de légiférer en faveur de la bourgeoisie et de réprimer les personnes voulant défendre des intérêts contraires à ceux de cette dernière et un système politique, pensé pour ne faire émerger que des personnalités dont les intérêts convergent avec ceux de la bourgeoisie. Partant de là, la voie référendaire, tout comme la voie électorale, sont des impasses si on souhaite effectivement poser la question du pouvoir.

    Néanmoins, le RIC permettrait tout de même d'illustrer la façon dont la démocratie bourgeoise est une forme de gouvernement du système capitaliste capable d'une grande souplesse quand il s'agit de protéger les intérêts bourgeois. En effet, imaginons que demain le RIC soit mis en place et que, conformément aux modalités prévues par le RIC, des centaines de milliers de personnes revendiquent une augmentation du SMIC de 100%. Si le nombre de signatures requis pour déclencher un référendum est atteint, il serait très intéressant d'observer la réaction de l'État bourgeois et la façon dont les contradictions inhérentes à cette forme d'État s'exprimeraient.

    Naturellement, la bourgeoisie opposerait un veto à cette augmentation drastique du SMIC et parallèlement, l'État serait obligé de trouver des moyens de contrer la mise en oeuvre de ce référendum contraire aux intérêts des bourgeois. De même, une immense propagande médiatique se mettrait en marche, expliquant qu'une telle augmentation du SMIC constituerait une catastrophe économique. Un tel évènement ferait évidemment exploser au grand jour les contradictions internes du système capitaliste et de la démocratie bourgeoise, montrant aux travailleurs ayant cru au RIC que le capitalisme et l'État bourgeois ne se combattent pas par la voie institutionnelle mais bien par la grève, par le pavé, par l'organisation révolutionnaire et par le renversement violent de l'ordre social capitaliste ainsi que de l'État bourgeois.

    Au juste constat établi par les gilets jaunes, nous devons répondre par un slogan simple : tout le pouvoir à la classe ouvrière ! Ce pouvoir implique bien plus que le pouvoir politique, celui consistant, dans le cadre du capitalisme, à gérer les intérêts bourgeois. Ce pouvoir implique la propriété collective et la gestion démocratique de la production car c'est bien la production qui est au centre de toute l'organisation de la société."


    1 commentaire

  • (qui fleurissent évidemment parmi les groupes de Gilets Jaunes)

    "Ne nous moquons pas trop facilement des "théories du complot" sur les attentats. Tentons plutôt de les comprendre. Il n'y a pas de fumée sans feu, elles ne viennent pas de nulle part.

    Attention, je ne dis pas que l’État a pu organiser ces attentats, bien évidemment, mais il est passé maître dans la récupération de ces évènement tragiques pour justifier une politique plus autoritaire, répressif et nationaliste.

    Les "théories du complot" sont donc une façon, très maladroite et assez peu politisée, de souligner cette instrumentalisation, en s'imaginant l’État tellement surpuissant et cynique qu'il serait capable d'organiser pour ensuite récupérer."

    "Ce mépris (de classe notamment) envers les personnes qui évoquent les « théories du complot », c’est déplorable.

    Au lieu d’insulter ces gens, demandez vous comment des citoyens par millions peuvent en arriver à penser qu’un gouvernement cuisine en sous-marin la perte de son peuple.

    C’est bien parce que tous les jours des lois sont votées, que ces lois sont cyniques et malveillantes que la confiance du peuple envers les institutions est si fragile. 

    Il faut dépasser le jugement et comprendre le mécanisme. Quand la légalité n’est plus considérée comme légitime, on arrive à la suspicion."

    "Comme dit Boltanski le terme "théorie du complot" enferme une accusation. Dire d'une idée que c'est une "théorie du complot", c'est déjà affirmer que cette idée est fausse et farfelue.

    Il faut déjà déconstruire ça. Déjà, les complots existent. Dès qu'il y a pouvoir, il y a lutte pour le conquérir, et donc complot. Et tous, même l’État, acceptons certaines théorie qui donnent comme explication un complot.

    Prenons l'exemple du 11 septembre, événement qui a vu fleurir les théories du complot. Qu'est ce que l'explication "officielle", celle donnée par la commission nationale, et qui semble la plus plausible ? Une théorie d'un complot, un complot fomenté par Al Qaïda.

    En ce qui concerne les complotistes, il faut distinguer ce qu'on appelle les "entrepreneurs du complot", c'est-à-dire les Soral et Cie qui sont théoriciens, qui propagent et tirent profit de ces idée ; et les auditeurs.

    Tout d'abord, un auditeur n'est pas forcément un adhérent. Ce n'est pas parce que j'écoute Soral que je suis forcément d'accord avec lui. Il faut distinguer écouter/croire/adhérer. Des personnes peuvent "croire" à une théorie, sans forcément adhérer totalement. Ce sont un peu comme les rumeurs, on peut trouver qu'elles sont plausibles, sans forcément être totalement convaincus. Je peux "croire" que les États-Unis aient pu organiser les attentats du 11 septembre, sans y être totalement convaincu, sans y adhérer entièrement.

    De même, les théories du complot sont multiples. On parle de "conspirationniste", mais ça renvoie à quoi au juste ? À toutes les théories du complot ? Il y a des centaines de théories de complot sur des sujets extrêmement diverse (les vaccins, la lune, la terre plate, les illuminatis, l'Union Européenne, les nazis, Mosanto etc.), et souvent, ces théories complotistes se contredisent sur un même sujet, comme sur le 11 septembre. Donc dire de quelqu'un qu'il est un "conspi" ne veut pas dire grand chose.

    À partir de quel moment on peut considérer que quelqu'un est un conspi ? Lorsqu'un personne dit que le monde est dirigé par les illuminati ? Mais est-ce que c'est vraiment différent lorsque quelqu'un dit que le monde est dirigé par les capitalistes ? Quels sont les critères qui font qu'on considère qu'une personne est conspi et qu'une autre ne l'est pas ?

    Bien souvent ceux qu'on appelle les "conspi" sont simplement des gens qui pensent, de manière légitime, que l'ordre du monde est injuste, et tentent d'en trouver une explication. Ce sont souvent des personnes peu politisés au départ, et comme ils sont éloignés du champ militant, leur façon de se politiser c'est souvent internet. Ils regardent des vidéos de personnes sachant parler un langage simple et direct, avec l'impression d'une vraie critique du système établi. C'est-à-dire les Soral et toute la clique.

    Pour moi, la multiplication des "conspi", c'est surtout le signe de l'échec de la gauche et l'extrême-gauche à atteindre ces personnes, en s'adapter à ce nouveau format (dont internet), en s'échappant à l'entre-soi militant etc. pour réussir à leur proposer une véritable critique de l'ordre social actuel."

    "C'est qu'on entend aussi souvent que dans "certains quartiers", mal famés n'est-ce pas, il y aurait des individus sans foi ni loi, à la tête de business illégaux, qui seraient prêts à tuer n'importe qui, des gamins, des vieux, pères et mères même, pour préserver ces business et les quelques milliers d'euros mensuels qu'ils leur rapportent.

    Je veux bien le croire !

    Mais à partir du moment où on veut bien le croire, il devient impossible de penser que des gens avec des positions de pouvoir et des leviers lucratifs bien plus importants entre les mains, s'embarrasseraient de scrupules pour les préserver.

    Je ne vois rien de rationnel qui pourrait justifier ce distingo."

    "Plus ça va plus je me demande si l'anti-"conspirationnisme" n'est quand même pas consubstantiel au légalisme et à une certaine idéologie de la "neutralité" de l’État, du moins l'idée qu'il ne peut pas vraiment être ignoble et sans scrupules.

    C'est à dire un peu tout ce dans quoi s'est inscrite la "lutte" sociale dans les années Fin de l'Histoire."

    "C'est surtout un problème d'idéologie d'indépassabilité du capitalisme.

    Le complotisme consiste surtout à rêver d'un bon capitalisme, vertueux (un peu comme ce que voulait Robespierre, de fait), libéré des malfaisants qui ourdissent ignominie sur ignominie.

    Ce n'est pas un hasard si ça c'est développé énormément à partir des années 80-90...

    Et beaucoup, c'est marrant d'ailleurs, à partir de séries américaines (alors que hors US le complotisme est généralement très anti américain et hostile à l'hégémonie de leur culture)."

    "C'est aussi une idéologie de l'impuissance. La plupart des complotistes se complaisent dans leur impuissance et de fait ne militent pas dans les orgas. C'est une justification à la résignation."

    => (réponse) "C'est souvent le cas en ce moment, en lien avec la "Fin de l'Histoire" dont je parlais (dont on sort peu à peu mais lentement) et cette idée hégémonique qu'on ne peut pas faire grand chose contre le monde tel qu'il est, sinon le "moraliser" (au fond, quand on y pense... complotisme, citoyennisme, et antiracisme et autres "sociétalismes" MORAUX ressortent tous de la même matrice !).

    Parfois ça va effectivement au delà de cette idée de simplement "moraliser" (en dénonçant les complots, à la Assange-Snowden quoi), jusqu'à l'idée qu'on ne peut tout simplement RIEN faire à part rester devant son ordinateur avec la satisfaction d'avoir "compris".

    Mais je ne dirais pas que c'est TOUJOURS forcément une idéologie de l'impuissance, non.

    Il ne faut pas jeter aux orties, en bloc, comme "sorélisme", le fait de penser la fonction révolutionnaire des "mythes mobilisateurs".

    C'est à dire que les révolutions dans l'histoire se sont finalement moins faites par l'assimilation par des millions de personnes des grandes théories révolutionnaires (Contrat Social de Rousseau ou Que Faire de Lénine), par cœur à la virgule près, que sur des "mythes", des points de fixation contenant souvent une grande part de fantasme et d'irrationnel, voire sans aucun fond de vérité. La "Grande Peur" de l'été 1789, exemple type. La fixation contre Raspoutine et son influence "satanique" sur la famille tsariste, en Russie juste avant 1917.

    Le fait est qu'il y a aujourd'hui des mécanismes d'abrutissement de masse, c'est un fait... mais que les révolutions du passé, les grandes, ont été faites par des peuples infiniment plus "ignorants" que nous aujourd'hui en Hexagone ! Et pourtant, ils les ont faites.

    Ça me fait dire : peut-être parce que les révolutionnaires de l'époque les prenaient moins de haut. Ils les prenaient comme ils étaient, avec leurs mythes mobilisateurs, leurs visions fantasmatiques-irrationnelles des problèmes, et faisaient simplement en sorte que la mobilisation aille dans le bon sens historique."

    ["Les masses font l'histoire, le Parti les dirige" (Parti communiste du Pérou). C'est à dire qu'on ne fait pas la révolution sans les masses, par "putsch" d'une petite minorité agissante (blanquisme ou aujourd'hui Éric Fiorile lol). Mais on ne la fait pas non plus sans des RÉVOLUTIONNAIRES... qui "prennent" les masses en mouvement et les amènent exactement là où il "faut", c'est à dire à la révolution. Sans quoi ça part dans tous les sens ; ou alors dans le fascisme, lorsqu'un démagogue au service du Capital parvient, lui, à en prendre la direction et les amener là où le Capital veut.] 

    Lire :

    http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/tres-breves-considerations-conspirationnisme-et-chasse-aux-conspis-les-a114065330


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  • Grand-père Siset me parlait
    De bon matin sous le porche
    Tandis qu'en attendant le soleil
    Nous regardions passer les charettes

    Siset, ne vois-tu pas le pieu
    Où nous sommes tous attachés ?
    Si nous ne pouvons nous en défaire
    Jamais nous ne pourrons nous échapper !

    Si nous tirons tous, il tombera
    Cela ne peut pas durer très longtemps
    C'est sûr il tombera, tombera, tombera
    Bien vermoulu il doit être déjà.
    Si tu le tires fort par ici
    Et que je le tire fort par là
    C'est sûr, il tombera, tombera, tombera,
    Et nous pourrons nous libérer.

    Mais Siset, ça fait déjà bien longtemps
    Mes mains à vif sont écorchées !
    Et alors que les forces me quittent
    Il est plus large et plus haut.

    Bien sûr, je sais qu'il est pourri,
    Mais, aussi, Siset, il est si lourd !
    Que parfois les forcent me manquent
    Reprenons donc ton chant :

    (Si nous tirons tous...)

    Grand-père Siset ne dit plus rien
    Un mauvais vent l'a emporté
    Lui seul sait vers quel lieu
    Et moi, je reste sous le porche

    Et quand passent d'autres gens
    Je lève la tête pour chanter
    Le dernier chant de Siset,
    Le dernier qu'il m'a appris :

    (Si nous tirons tous...)


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