• Équateur : la lutte a payé, petite victoire pour les masses populaires.

    Les mesures contestées, à commencer par l'augmentation vertigineuse des prix du carburant (avec toutes les hausses de prix forcément induites), ont été retirées.

    Ce n'est certes pas la chute du gouvernement laquais du FMI, mais cela aura tout de même montré au peuple comment ce que l'on veut s'obtient...

    JATARISHUN MASHIKUNA ! (On a raison de se révolter !)

    https://www.lemonde.fr/international/article/2019/10/14/equateur-gouvernement-et-indigenes-trouvent-un-accord-pour-sortir-de-la-crise_6015378_3210.html

    Revue de presse : Équateur, Syrie-Rojava, Tunisie

    Syrie-Rojava : lâchés par l'imprévisible Trump (contre l'avis y compris de ses plus proches partisans républicains, pour des raisons au-delà du mystérieux... qui pourraient bien être en lien avec des casseroles qu'il se traîne au derrière, faisant déjà face à une procédure de destitution), sous les coups de la violente agression turque lancée par Erdogan et faisant face à la défection de nombre de leurs alliés arabes au sein des Forces Démocratiques Syriennes (problème déjà latent depuis pratiquement deux ans) ; les YPG se tournent vers le régime fasciste et capitulent ainsi toute autodétermination pour le Peuple kurde...

    https://secoursrouge.org/syrie-accord-historique-entre-le-rojava-et-le-regime (article qui bien sûr, dans le délire collectif qui s'est emparé ces dernières années de toute l'extrême-gauche sur le sujet, célèbre ledit "accord"...)

    http://www.rfi.fr/moyen-orient/20191013-syrie-accord-kurdes-damas-russie-deploiement-armee-syrienne

    Aboutissement logique d'années (pour ne pas dire de décennies) d'opportunisme dans la conduite de cette lutte de libération aussi juste que celles de tous les peuples de la planète ; de vente au plus offrant fut-il un ennemi patenté des peuples, etc. etc. (lire et relire : recapitulatif-des-articles-sur-la-question-de-rojava-ordre-anti-chrono).

    Revue de presse : Équateur, Syrie-Rojava, TunisieRevue de presse : Équateur, Syrie-Rojava, TunisieRevue de presse : Équateur, Syrie-Rojava, Tunisie

    Tunisie : victoire écrasante (76%) de Kaïs Saïed à l'élection présidentielle.

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/10/14/la-victoire-du-conservateur-kais-saied-a-la-presidence-tunisienne-est-lourde-d-interrogations_6015417_3232.html

    Un candidat dont les grands médias comme la gôôôche occidentale auront beaucoup plus souligné les prises de positions conservatrices (sur la peine de mort, l'homosexualité affichée ou l'héritage des femmes) que les propositions de réformes institutionnelles tendant fortement à la démocratie participative "de bas en haut", et la campagne avant tout basée sur la proximité avec les "petits", les déshérités, ainsi qu'une bonne part de la jeunesse aspirant au changement, et la continuité avec ou plutôt le retour aux idéaux (trahis selon lui) qui avaient présidé au renversement du despote Ben Ali début 2011 (évènement fondateur des "Printemps arabes").

    https://www.middleeasteye.net/fr/decryptages/kais-saied-un-projet-de-democratie-radicale-pour-la-tunisie

    De fait, avec le triomphe de ce "candidat surprise" élu notamment avec le soutien des "islamiiiiistes" d'Ennahdha (Frères Musulmans tunisiens, trop "abîmés" par leur propre passage au pouvoir, et peut-être trop "clivants" pour remporter eux-mêmes une telle victoire, bien qu'ils soient tout de même arrivés en tête des législatives simultanées avec 52 sièges sur 217), il se pourrait bien que la Turquie d'Erdogan, désormais (voir ci-dessus) plus que contrariée dans ses plans en Syrie, ait en revanche marqué un point sur les bords de la Méditerranée.

    Quoi qu'il en soit, en plus de valoir clairement mieux que son adversaire Karoui (golden boy pathétique qui aurait notamment reçu des fonds d'un ancien du Mossad... alors que Saïed, lui, a qualifié de "haute trahison" toute idée de "normalisation" avec l'Entité sioniste), le nouvel élu pourrait peut-être bien (entre autres) offrir une "profondeur stratégique" salutaire au gouvernement libyen de Tripoli, confronté à l'offensive militaire fasciste de Khalifa Haftar (véritable Sissi local appuyé par l'Occident et les Émirats)... Bref, entre cela et sa volonté affichée de "désaligner" autant que possible la Tunisie de son statut de colonie pseudo-"indépendante", ce n'est certes pas la Guerre populaire prolongée et la révolution nationale-démocratique en marche, mais ce n'est pas pour nous (on dira) la pire nouvelle de la semaine !


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  • Quand y a rien à ajouter, ben y a rien à ajouter...

    Les occupants, depuis des décennies, du Kurdistan du Nord ; se battent donc désormais contre les occupants depuis des années (et, encore hier, au service de l'impérialisme) de la vallée majoritairement arabe de l'Euphrate, dont tous les cadavres des victimes des bombardements n'ont pas encore été sortis de sous les décombres...

    Rien de plus à signaler, pas de camp à choisir.

    ************************

    The decades-long occupyers of Northern Kurdistan, are now fighting the years-long (and until yesterday, in the service of Western imperialism) occupyers of Arab-majority Euphrate Valley, whose all bombing-victims corpses have still not emerged from under the ruins...

    No more to say, no side to chose.

    *************************

    Quelques éléments sur la situation (éléments SÉRIEUX, pas le gnagnagna portnawak des gauchistes qui s'égosillent maintenant alors qu'on les pas entendus quand les bombes pleuvaient sur Raqqa, Alep ou Mossoul, ou encore plus récemment sur la Ghouta ou Idlib) ; par un mec de droite (on peut le qualifier ainsi) mais assez fin connaisseur de la région et de ses enjeux :


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  • https://victoriaoprimidos.wordpress.com/2019/10/08/el-pueblo-de-ecuador-se-levanta-contra-el-gobierno-de-moreno/

    L’Équateur traverse en ce moment une situation pré-révolutionnaire. Les masses se soulèvent contre le gouvernement et on entend des cris de guerre populaire. Les dernières nouvelles sont que le gouvernement s'est transféré de la capitale andine Quito à la ville côtière (plus conservatrice) de Guayaquil, par crainte du peuple en marche et de ses manifestations insurrectionnelles.

    Voici la traduction d'un article en anglais, sur la situation, publié sur le site allemand Dem Volke Dienen :

    Insurrection des masses en Équateur – l'état d'urgence déclaré

    Mercredi et jeudi dernier, le président équatorien Moreno avait prévu de visiter l'Allemagne et de rencontrer la chancelière Merkel. Sa visite, cependant, a vite disparu de l'agenda lorsque l'agitation a commencé à secouer l’Équateur la semaine passée, après que l'application des diktats du FMI se soit traduite par des mesures d'un grand impact sur la vie quotidienne de la population. Depuis lors, des centaines de manifestants et de policiers ont été blessés dans des affrontements continus entre les forces de l'ordre d'un côté, et les plus larges et profondes masses populaires des villes de l'autre. Le pays se trouve à présent placé sous l'état d'urgence, avec une grève générale nationale annoncée pour mercredi prochain.

    En février, le gouvernement de Moreno avait signé un accord avec le Fonds Monétaire International, pour un prêt et donc une augmentation de la dette du pays de quelques 4,2 milliards de dollars. En échange, le FMI a exigé la mise en place de tout un vaste ensemble de mesures qui devaient impacter les masses populaires équatoriennes, en particulier les plus profondes et larges, lorsqu'elles sont entrées quasi simultanément en vigueur la semaine dernière. Suite, notamment, à la suppression totale des tarifs subventionnés pour les carburants, le prix du gallon (3,8 litres) de diesel a fait plus que doubler du jour au lendemain, passant d'1 à 2,30 US$, tandis que l'essence ordinaire augmentait de 0,60 US$. Et comme si ceci n'était pas suffisant pour aggraver catastrophiquement la situation des masses, en augmentant non seulement le prix du transport mais aussi, en conséquence, celui de toutes les produits de nécessité quotidienne, d'autres mesures viennent encore s'ajouter telles que la dérégulation de la sécurité sur les lieux de travail ou la réduction des congés payés pour les employés publics.

    Suite à la mise en place de ces mesures, les syndicats de transporteurs, les étudiants mais aussi de larges secteurs des communautés indigènes sont passés à l'action, affrontant le vieil État réactionnaire bureaucratique-comprador et propriétaire-terrien au service de l'impérialisme, et ont lancé divers appels à la grève. Depuis lors, le mouvement de protestation grandit rapidement. Le Capitole du Quito, siège du gouvernement a été attaqué avec des jets de cocktails Molotov par les manifestants, qui ont également élevé des barricades, brûlé des pneus et affronté la police et les militaires déployés pour les réprimer.

    Pour tenter de contenir le soulèvement du Peuple équatorien contre l'imposition des diktats du FMI au service de l'impérialisme, Moreno a finalement décidé jeudi de lâcher la bride aux forces de répression en déclarant l'état d'urgence pour 60 jours. Plus de 24 000 militaires sont donc désormais déployés pour renforcer les rangs de la police dans son combat contre les masses en révolte, ce qui a conduit à des centaines d'arrestations ou de blessés graves.

    Une vidéo réalisée par un camarade du FDLP montre comment les militants maoïstes sont en première ligne dans les manifestations et les affrontements, et d'autres scènes encore de la lutte héroïque du Peuple équatorien, comme ces paysans pauvres désarmant des militaires ou les masses appelant à la Guerre du Peuple au milieu des heurts avec la police et l'armée.

    Plus d'informations sur la situation en Équateur, sur le blog du Frente de Defensa de Luchas del Pueblo (FDLP) :


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  • Laurent Lévy est le père d'Alma et Lila, les jeunes filles voilées de l'"affaire d'Aubervilliers" qui avait directement conduit à la loi islamophobe de 2004... avec le concours y compris d'éléments d'extrême-gauche, Lutte Ouvrière ou LCR futur NPA ; vous savez, un peu comme ceux-là qui aujourd'hui croient revivre les "Brigades internationales" au service d'un protectorat impérialiste en Syrie, ou qui tolèrent dans leurs rangs des démarches comme appartenir à un groupe d'"ex-musulmans" (genre de petits collectifs mis en avant par la propagande islamophobe - après il est bien évident qu'en soi on a le droit de tourner le dos à une religion quelle qu'elle soit).

    "On se rappelle la redoutable opération de « dédiabolisation » du Front National, avant qu’il ne soit rebaptisé Rassemblement National. Mais FN/RN, nous sommes bien d’accord, c’est la même chose. Cette « dédiabolisation » était au prix d’un ajustement de vocabulaire, d’un changement de style, de l’adoption d’un mode d’expression aux allures plus respectables, avec en corollaire la mise à l’écart du vieux leader que l’on ne pouvait plus assumer – et qui lui-même n’assumait pas ces changements de ton. Mais ça, c’était avant. Et peut-être que, en définitive, ce n’était pas malin.

    Longtemps, les partis de droite – et la plupart des gens de droite, malgré des exceptions de plus en plus nombreuses – ont persévéré à affirmer qu’il ne pouvait être question de nouer des alliances avec le FN/RN. Mais on aurait vainement demandé à ces partis de dire pourquoi. D’expliciter ce qu’ils reprochaient effectivement au FN, dont ils reprenaient de façon toujours plus nette les éléments de langage sur l’immigration, l’islam, et que sais-je encore. Dans le fond, ce qu’ils lui reprochaient, outre le fait de leur faire concurrence dans l’électorat, c’était d’être anti-européen. Au point que Marine Le Pen mettait sur ce terrain de l’eau dans son vin.

    Et puis, ces partis ont quasi disparu du paysage électoral. Pour partie au profit du macronisme, qui mène tranquillement la politique réactionnaire dont la grande bourgeoisie a besoin, et pour partie, précisément, au profit de l’extrême droite frontiste dédiabolisée. Mais ce qui monte est plus vigoureux.

    Alors qu’une majorité de l’électorat resté fidèle à la droite souhaite une alliance de « toute la droite », c’est à dire incluant le RN, l’extrême droite dédiabolisée tend à faire place à l’extrême droite décomplexée, au discours fasciste assumé. C’est l’opération Maréchal-Zemmour. La légitimation de ce discours radicalisé, véritable appel à la guerre civile, au pogrom et au meurtre, est lourde de dangers que l’on de saurait sous-estimer : c’est en effet par là que pourraient bien s’opérer les recompositions à venir. En s’engouffrant dans la brèche ouverte par le discours ambiant suivant lequel « on a le droit d’être islamophobe », ils avancent leurs pions. On n’en a pas seulement le droit, on en le devoir.

    Le devoir des forces d’émancipation, ou de ce qu’il en reste, est de prendre très au sérieux la menace fasciste. Le pouvoir macronnien, déjà, fait entrer dans les mœurs admises la brutalité de l’État. Autoritarisme et violence policière, longtemps expérimentées dans les quartiers populaires, sont devenues dans l’indifférence générale de ceux et celles qu’elle ne frappent pas, voire avec leur approbation plus ou moins enthousiaste, des modes de gestion normaux des conflits.

    La combinaison de cette nouvelle normalité avec celle qui s’installe à travers les discours à la Zemmour est explosive. Tôt ou tard, si nous ne réagissons pas très vite, elle explosera. Et la vague de violences qui s’en suivra sera sans commune mesure avec ce que nous connaissons.

    Les armes idéologiques de l’adversaire sont déjà en place, et il dispose déjà des forces matérielles qui les feront passer des discours aux actes. Plutôt que d’attendre le moment où dans le calme de nos cellules de prison, entre deux interrogatoires musclés, nous pourrons chercher à comprendre comment nous en sommes arrivés là, il est temps de riposter."


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  • ... les rojavards et en particulier les liquidateurs pseudo "tkp/ml" parmi eux c'est littéralement devenu l'équivalent de trotsks soutenant Pétain parce que voyez-vous "De Gaulle c'est rien qu'un sale impérialiste qui veut la guerre indéfiniment, à la solde de la City"... Ou, pour rester dans le champ des pays semi-coloniaux, des "communistes" révisionnistes argentins (codovillistes) face à Perón ("sale fasciste" - effectivement issu d'une junte d'officiers sympathisants de l'Axe pendant la Seconde Guerre mondiale, "nationaliste bourgeois" etc. etc.), prêts à soutenir les pires juntes militaires.

    Erdogan aujourd'hui, c'est en quelque sorte un Perón turc - donc un réactionnaire, personne ne dit le contraire... Mais son opposition (kémalistes... qui n'ont plus grand chose du relatif nationalisme d'Atatürk, Iyi d'Aksener, gülenistes "islamo-thatchériens") c'est de fait encore pire, dans la soumission totale à l'ordre impérialiste mondial, le caractère semi-colonial qui se rapproche de colonial tout court ("néocolonial").

    Et eux ils viennent te sortir que le CHP, le Parti "républicain du peuple" KÉMALISTE que Kaypakkaya a CLAIREMENT caractérisé comme le FASCISME (sans dire bien entendu, que l'autre camp grand bourgeois, à l'époque incarné par Demirel et que l'AKP d'Erdogan a aujourd'hui en quelque sorte remplacé, c'était mieux !), n'est aujourd'hui "clairement pas l'ennemi principal" ; à partir de quoi, vers "possible allié tactique" il n'y a qu'un pas (ils sont de toute façon connus pour être des larbins du HDP qui a lui-même appuyé la reprise d'Istanbul par le CHP, de fait ils y ont fait campagne aussi, pour le HDP et indirectement pour le candidat CHP dont ils ont célébré la victoire comme une "révolution", en piétinant totalement la position kaypakkayiste "le kémalisme c'est le fascisme" !).

    Les choses sont on ne peut plus claires... Et c'est du joli !

    Pour rappel : https://www.middleeasteye.net/selon-bagdad-les-frappes-israeliennes-en-irak-ont-ete-lancees-depuis-rojava


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  • C'est donc confirmé : il y a bien une tendance gauchiste dans le MLM international, essentiellement en Europe/Occident, qui "réfléchit" (soi-disant) à la question avec le ferme objectif en tête de proclamer le "gonzalisme" nouvelle 4e et supérieure étape du développement du marxisme (après le léninisme et le maoïsme).

    Ceci, CONTRE GONZALO LUI-MÊME qui a toujours dit et réaffirmé n'être que "celui qui a dit" que le 3e et supérieur stade du marxisme qu'est le maoïsme existait et en quoi il consistait ; et TOUJOURS clairement dit lui-même que ce qu'il (ou son Parti) pouvait dire de portée universelle (généralement présenté comme tel au moment même d'être énoncé) n'était autre que du marxisme-léninisme-maoïsme, principalement maoïste, S'INSCRIVANT dans ce 3e et supérieur développement de la pensée marxiste qui ne se réduit PAS au apports théoriques à portée universelle de Mao, même si ceux-ci y sont principaux, mais en incluent d'autres, dont... ceux-là même de Gonzalo et ses camarades.

    https://lesmaterialistes.com/pcp-marxisme-leninisme-maoisme-1988

    OUI, Gonzalo et le PCP ont apporté des contributions de valeur universelle... au marxisme-léninisme-maoïsme ! Et non à un quelconque fantasmagorique "pré-4e et encore supérieur développement", à peine le 3e synthétisé...

    Des principes universels étant explicitement, pour eux, les conséquences logiques de l'application du MLM dans sa plus correcte compréhension ; rien de moins, mais rien de plus !

    Un nouveau et supérieur développement du marxisme consiste en un ensemble de contributions 1°/ de valeur universelle, 2°/ nouvelles (corrigeant ou complétant quelque chose qui était mal ou incomplètement compris auparavant), et 3°/ en principe, démontrées dans la pratique (ce qui explique que soit toujours débattue à ce jour l'universalité, ou plutôt l'applicabilité de la Guerre populaire prolongée dans les pays développés impérialistes, étant donné qu'aucune GPP n'y a jamais triomphé ni même été menée dans des dimensions conséquentes, mais bon à ce jeu-là la voie "d'Octobre" accumulation de force - insurrection n'y a jamais été démontrée non plus...).

    Et ceci, encore, dans les trois (et non pas seulement un ou deux des trois) domaines différents que sont le socialisme scientifique, l'économie politique et la philosophie.

    http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/le-maoisme-a114084210

    Non seulement il semble difficile de voir en quoi la production théorique de Gonzalo et du PCP remplit ces critères ; mais il semble encore plus difficile d'imaginer qu'ils aient, entre 1980 et 1988, synthétisé le maoïsme comme troisième et supérieure étape, expliqué que tel ensemble de contributions de Mao et de quelques autres suivant son exemple constituaient un tel dépassement du marxisme-léninisme, et en quoi... pour aussitôt considérer que tout cela serait imparfait/incomplet et nécessiterait un dépassement dans une 4e et encore supérieure étape !

    Quels événements pourraient donc bien justifier la nécessité d'un tel dépassement ; événements comparables à la faillite de la 2e Internationale dans le premier révisionnisme au début du 20e siècle et surtout en 1914, ou à celle de la 3e (Komintern puis Kominform) dans le révisionnisme dès l'après-Seconde Guerre mondiale et surtout après 1956 ; alors que le MLM vient (dans les années 1980) d'être synthétisé comme tel et que depuis lors, le mouvement communiste international se développe à nouveau tout doucement sur cette base ?

    Cette dérive, que l'on peut qualifier de lin-piaoïsme (comme Lin Piao avec Mao : organiser le "culte", l'exagération de l'apport intellectuel d'une personnalité - qui en l'occurrence n'est pas en situation de confirmer ou contredire - dans le but de s'en faire les "grands prêtres"), est bien emblématique et explique beaucoup de choses en particulier quant aux problématiques que soulève depuis des années la transplantation du MLM, aux grands contributeurs tous du "Tiers Monde", en Occident impérialiste...

    Et de fait, représente peut-être l'une des plus redoutables armes du Fascisme Moderne infiltrée au sein même du mouvement communiste de notre époque, le mouvement MLM, pour le torpiller.

    Il est temps de lutter de toutes les forces du maoïsme authentique contre cette déviation typique de la petite bourgeoisie occidentale (en particulier d'Europe germanique et du Nord - mais aussi peut-être d'Amérique du Nord - qui, osons le dire clairement, s'emmerde dans la vie et a besoin de se trouver un tel "titre de gloire", celui d'avoir "synthétisé" à partir de nulle part un nouveau stade du marxisme, pour se sentir importants et exister).

    ["gt" = Gonzalo Thought, Pensée Gonzalo ; c'est à dire la "Pensée" qui constitue l'application concrète du marxisme-léninisme-maoïsme aux conditions concrètes du Pérou (et à la rigueur de l'Amérique latine) ; et qu'il s'agit ici, "tout en subtilité"... de ne pas proclamer directement en "-isme" ("gonzalisme"), mais de rajouter derrière MLM en mode "principalement" (alors que lorsque Gonzalo et les maoïstes péruviens prenaient des positions de validité selon eux universelle, ils les présentaient comme des positions "marxistes-léninistes-maoïstes, principalement maoïstes", autrement dit "avoir vraiment compris ce que signifie le rajout de maoïsme après marxisme et léninisme"...

    "crf" = Comité Red Flag (ou Rote Fahne en allemand), petit groupe maoïste d'Allemagne qui joue un rôle important comme tenant de la ligne "gonzaliste dure" en Europe, tout en ayant aussi joué un rôle, sain celui-là, dans le démasquage de l'imposture "MPP Sol Rojo" (ultra-gauchiste liquidateur péruvien en exil en Suède, en vague lien avec une "ligne opportuniste de gauche en-réalité-de-droite" au Pérou même) qui n'avait que trop duré depuis plus de 10 ans, et dont les principaux porte-voix francophones des élucubrations "maoïstes"-CIA étaient le (bien connu des lecteurs de SLP) "p''c''mlm"-"Voie Lactée"-"lesmatérialistes.com"... Et qui a tout de même, au long de cette décennie avant d'être démasqué, largement donné le "la" au niveau international de ce qu'était censé être "le vrai maoïsme" selon la conception péruvienne, "principalement maoïste", avec limite la tentation (que l'on sentait permanente) de proclamer un nouveau stade "gonzaliste".]

    [Autre exemple, par des "gonzalistes" US (appelons "gonzalistes" ces éléments délétères qui travaillent activement à cette proclamation délirante d'un "marxisme-léninisme-maoïsme-gonzalisme" pour pouvoir s'asperger de la "gloire" de l'avoir proclamé...) :

    "Today Gonzalo Thought is already taking on the former role of Mao Zedong Thought, it is both a demarcation and an application outside of Peru. Once theorized as the specific application of MLM to Peruvian conditions, it has already transcended these parameters, the revolutionary movements of Latin America, Europe, and the US have discovered that certain contributions of Gonzalo Thought are indeed universal (yes, les "potes" : la production théorique de Gonzalo et du PCP, comme on l'a dit, a apporté des contributions de valeur universelle... au maoïsme !! comme Staline, ou Dimitrov - par exemple sur le fascisme, que Lénine n'avait pratiquement pas connu et pas du tout analysé - au léninisme !). This has not been synthesized into a fourth stage yet, but the possibility remains intact. Such a synthesis is well beyond the means of our journal so we will not concern ourselves with this and instead leave this task in the capable hands of the revolutionaries in the storm centers."

    https://struggle-sessions.com/2019/06/30/guiding-thought-the-guarantor-of-victory/]


    Une traduction en anglais, aimablement réalisée par un petit site que nous ne connaissions pas :

    http://ottoswarroom.blogspot.com/2019/09/a-fairly-or-nearly-complete-debate-on.html

    Against the imposture of a so-called "gonzalism" fourth and still higher stage of the development of Marxism

    So it is confirmed: there is indeed a leftist tendency in the international MLM, mainly in Europe / West, which "thinks" (so-called) to the question with the firm objective in mind to proclaim some "Gonzalism" new 4th and higher stage of the development of Marxism (after Leninism and Maoism).

    This, AGAINST GONZALO HIMSELF who has always said and reaffirmed to be only "the one who said" that the third and highest stage of Marxism that was Maoism existed and in what it consisted; and ALWAYS clearly said himself that what he (or his Party) could say of universal scope (generally presented as such at the very moment of being uttered) was none other than Marxism-Leninism-Maoism, mainly Maoist, JOINING in this 3rd and higher development of Marxist thought that is NOT reduced to Mao's universal theoretical contributions, even if these are the main ones, but include others, including... even Gonzalo and his comrades.

    https://lesmaterialistes.com/pcp-marxisme-leninisme-maoisme-1988

    YES, Gonzalo and the PCP have made contributions of universal value ... to Marxism-Leninism-Maoism ! And no to some phantasmagoric "pre-4th and even higher development", hardly the 3rd synthesized...

    Universal principles are explicitly , for them, the logical consequences of the application of the MLM in its more correct understanding ; nothing less, but nothing more!

    A new and higher development of Marxism consists of a set of contributions 1°/ universal value, 2°/ news (correcting or completing something that was badly or incompletely understood before), and 3°/ in principle, demonstrated in practice (This explains why the universality, or rather the applicability of the protracted People's War in the developed imperialist countries is still debated, since no GPP has ever triumphed or even been consequent, but good at this game the way "October" accumulation of strength - insurrection has never been demonstrated either ...).

    And this, again, in the three (and not just one or two of the three) different areas that are scientific socialism, political economy and philosophy.

    http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/le-maoisme-a114084210

    Not only does it seem difficult to see how the theoretical production of Gonzalo and PCP fulfills these criteria; but it seems even more difficult to imagine that they had, between 1980 and 1988, synthesized Maoism as a third and higher stage, explained that such a set of contributions by Mao and some others following his example constituted such an extension of Marxism- Leninism, and in what way... to immediately consider that all this would be imperfect / incomplete and would require an overtaking in a 4th and even higher stage!

    What events might well justify the need for such an overrun; events comparable to the bankruptcy of the 2nd International in the first revisionism at the beginning of the 20th century and especially in 1914, or that of the 3rd (Comintern then Kominform) in revisionism after the Second World War and especially after 1956; while the MLM comes (in the 1980s) to be synthesized as such and since then the international communist movement has been slowly developing again on this basis?

    This drift, which can be described as Linpiaoism (as Lin Piao with Mao: organize the "cult", the exaggeration of the intellectual contribution of a personality - which in this case is not in situation to confirm or contradict - in order to make it the "high priests"), is well emblematic and explains a lot of things in particular concerning the problems that raises for years the transplantation of the MLM, to the big contributors all of the "Third World ", imperialist West ...

    And indeed, represents perhaps one of the most formidable weapons of the Modern Fascism infiltrated within even the communist movement of our time, the movement MLM, to torpedo it.

    It is time to fight with all the forces of genuine Maoism against this deviation typical of the Western petty bourgeoisie (particularly from Germanic Europe and the North - but also perhaps from North America - which, let us say it clearly, is bored in life and needs to find such a "title of glory", that of having "synthesized" from nowhere a new stage of Marxism, to feel important and exist).

    ["gt" = Gonzalo Thought, Gonzalo Thought; that is, the "thought" which constitutes the concrete application of Marxism-Leninism-Maoism to the concrete conditions of Peru (and, strictly speaking, of Latin America); and that it is here, "all in subtlety" ... not to proclaim directly in "-ism" ("gonzalism"), but to add behind MLM mode "mainly" (whereas when Gonzalo and the Peruvian Maoists took positions of validity according to them universal, they presented them as "Marxist-Leninist-Maoists, mainly Maoists ", in other words "to have really understood what the addition of Maoism means after Marxism and Leninism"...

    "crf" = Red Flag Committee (or Rote Fahne in German), a small Maoist group from Germany that plays an important role as the "hard gonzalist" line in Europe, while also playing a role, healthy this one, in the unmasking of the imposture "MPP Sol Rojo" (ultra-leftist Peruvian liquidator in exile in Sweden, in vague connection with a "left-in-reality-right opportunistic line" in Peru itself) which had lasted too long for more than 10 years, and whose main Francophone mouthpieces of the "Maoists"-CIA were the (well known to SLP readers) "p''c''mlm" - "Milky Way" - "lesmatérialistes.com"... And who still during this decade before being unmasked, largely "set the tone" on international level about what was supposed to be "true Maoism" according to the Peruvian conception, "mainly Maoist", with the temptation (that could be felt permanent) to proclaim a new "gonzalist" stage.]

    [Another example, by "gonzalist" US (let's call "gonzalist" these deleterious elements who are actively working on this delusional proclamation of a "Marxism-Leninism-Maoism-Gonzalism" so that to endow themselves with the "glory" of having proclaimed it...) :

    "Today Gonzalo Thought is already taking over the role of Mao Zedong Thought, it is both a demarcation and an application outside of Peru. of Latin America, Europe, and the US have discovered that certain contributions of Gonzalo Thought are indeed universal (yes, "mates" : the theoretical production of Gonzalo and PCP, as we have said, has made valuable contributions universal ... to Maoism, like Stalin, or Dimitrov - for example fascism , which Lenin had hardly known and not analyzed at all - to Leninism!). This has not been synthesized , but the possibility remains intact . Such a synthesis is well beyond the means of our journal so we can not concern ourselves with this issue of this task in the capable hands of the revolutionaries in the storm centers."

    https://struggle-sessions.com/2019/06/30/guiding-thought-the-guarantor-of-victory/]


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  • Non, nous pensons que l’on ne peut pas "critiquer" la religion. Nous allons expliquer pourquoi.

    La critique est un acte scientifique qui vise à démontrer par des éléments probants, qu’une affirmation est fausse ou alors en tout cas inexacte, incomplète, perfectible. La perspective est, bien entendu, de convaincre l’interlocuteur de son erreur ou imprécision.

    Mais la religion, elle, ne se situe pas du tout sur ce terrain-là. La religion, PAR DÉFINITION, a pour fonction d’apporter des réponses à ce que la science n’explique pas (à peu près tout il y a 2000 ans, mais encore beaucoup aujourd’hui).

    La religion ne demande pas de prendre acte de vérités scientifiques établies ; elle demande un ACTE DE FOI, un acte de CROIRE en des postulats que la science est incapable de démontrer ou d’infirmer.

    On n’est pas (en principe) obligé de lui accorder cet acte de foi ; mais à partir du moment où on l’a fait, on n’est PAS sur le terrain où une démonstration « scientifique » est susceptible de nous dé-convaincre de ce en quoi l’on croit.

    C’est donc pratiquement une absurdité, et une perte de temps que de prétendre « critiquer la religion ». On peut EXPRIMER QUE L’ON N’AIME PAS telle ou telle religion, ou telle ou telle partie de son message ; mais ce n’est pas la « critiquer » au sens scientifique du terme.

    La seule chose qui peut faire « reculer » la religion, c’est l’extension du domaine de l’expliqué, autrement dit le progrès de la science. Mais d’ici que la science explique tout, on sera dans l’univers de Star Trek rêvé par les Matérialistes-point-com… Expliquera-t-elle un jour ce que devient notre conscience d’exister après la mort ? Pas sûr…

    Donc voilà. Et puis de toute façon, en soi, cet acte de foi religieuse n’est pas un problème, pour ne pas dire qu’il est totalement inoffensif.

    Les problèmes qui peuvent se poser sont de deux ordres… et PAS EXCLUSIFS aux fois religieuses, mais au contraire totalement partagés par le rationalisme et le scientisme, la « libre-pensée » etc.

    1°/ Le premier problème est la « politisation » négative, c’est-à-dire la mise au service d’intérêts sonnants et trébuchants. Cela peut concerner toutes les religions, y compris celle de la Science, de la Raison et du Progrès.

    On n’a pas massacré plus au nom d’une religion, sur Terre, qu’au nom du christianisme. Pourtant, le message du Nouveau Testament est de loin le plus peace and love de tous ! Il n’y a pratiquement pas d’autre texte religieux où ainsi pas une goutte de sang n’est versée, sauf celui d’un garde du Temple dont Simon-Pierre tranche l’oreille d’un coup d’épée avant que Jésus ne l’arrête et le sermonne. Dont acte – indigènes « païens » du monde entier, « mahométans », « hérétiques » et « sorcières » apprécieront.

    On voit bien que cela n’a rien à voir : les massacres commis l’ont été AU NOM de la parole du Christ, mais pour d’autres intérêt en réalité que son triomphe, et certainement pas sur la base d’un appel au meurtre des non-croyants dans les textes de base (sauf à prendre en considération aussi l’Ancien Testament, à la rigueur).

    « Politisation » négative, donc ; mais par ailleurs une politisation POSITIVE, mise au service de luttes émancipatrices, est tout à fait possible et a même été monnaie courante dans l’histoire de toutes les grandes religions de la planète : luttes sociales au nom du message chrétien premier, islam comme résistance anti-impérialiste, ou opposition des bouddhistes au régime pro-impérialiste du Sud-Viêt-Nam, etc.

    Tandis que de l’autre côté, combien de massacres et de crimes contre l’humanité ont été commis au nom de « civiliser » ceux qui ne l’étaient (soi-disant) point au Progrès, à la Raison et aux Lumières ?

    2°/ L’autre problème est celui du dogmatisme et du sectarisme. Il y a dogme et secte à partir du moment où, en religion, il n’y a plus (au sens religieux chrétien du terme) « mystère », c’est-à-dire une certaine conscience qu’on répond à de l’inexplicable et indémontrable, qu’il y a des « voies impénétrables » ; mais qu’au contraire on prétend à la Vérité établie (démontrable, contraire infirmable) comme s’il s’agissait de science, et bien évidemment, on ne peut pas plus contester ou modifier même légèrement cette « Vérité » qu’une affirmation scientifique telle que 2+2 = 4.

    Cela va généralement de pair avec la « politisation » négative que nous avons vue précédemment – et d’ailleurs, cela pose la question de si les tenants de cette « Vérité » y croient vraiment, ou s’il s’agit seulement de préserver leur « infaillibilité » et à travers elle, l’Ordre.

    Par ailleurs, si l’on prend les cas célèbres de Copernic, Giordano Bruno et Galilée, l’Église catholique ne défendait absolument une quelconque affirmation du Nouveau Testament (qui ne dit strictement rien sur ce sujet), mais bien une affirmation… scientifique en matière d’astronomie, celle de Ptolémée, un païen grec égyptien du 2e siècle, qui était finalement erronée et qu’elle avait faite sienne. La plupart des autres cas de répressions, et bûchers inquisitionnaires, relevaient quant à eux de controverses théologiques, de personnes et groupes contestant la lecture catholique romaine des textes, ou dénonçant une hypocrisie par rapport à ceux-ci, mais (ces personnes et groupes) tout aussi croyants eux-mêmes en l’« irrationnel ». De la même façon qu’aujourd’hui, les victimes de tel ou tel groupe « islamiste radical » vont être en premier lieu des musulmans, CROYANTS eux aussi, mais pas selon la doctrine du groupe...

    Mais il peut aussi, très bien, y avoir DOGME ET SECTE à partir de la Science… À partir du moment où celle-ci n’est plus considérée « dynamique », évolutive, n’expliquant jamais tout au moment où nous vivons, et susceptible de perfectionnement. Ceci peut être valable y compris en science politique ; et y compris pour la science de l’histoire et des sociétés humaines (et de leur transformation vers plus de justice et de bien-être général) qu’est le marxisme.

    Qu’il s’agisse du positivisme bourgeois comtien des laïcards-républicards-libres-penseurs, ou de tel ou tel courant du marxisme ou de l’« idéal libertaire » (ou… de l’un se croyant l’autre !), le mécanisme (et le fond de l’affaire) est au fond toujours le même : la détention d’une « Vérité » absolue et incontestable « glorifie » ses détenteurs et forme leur « capital social ». Que cette « Vérité » puisse être discutée et remise en question même partiellement, fragilise ce « capital » et leur position « sur un piédestal » basée dessus. Donc, ils la défendent bec et ongle et ne tolèrent aucune remise en question.

    Comme on peut le voir, le phénomène de dogme-secte (qui peut concerner une formation politique – on y inclura la Libre Pensée, les loges maçonniques etc. – ou, à la tête d’un État, donner un régime que le langage courant qualifierait de « totalitaire ») n’est ABSOLUMENT PAS EXCLUSIF de ce que l’on catégorise habituellement comme religion (foi en un Verbe divin qui explique ce que la science n’explique pas).

    Et puis, sur la question du "droit d'être islamophobe" = "droit de critiquer l'islam" ("comme toutes les religions") :

    Une "phobie" ne peut pas être une critique.

    Une critique est quelque chose de rationnel, étudié, argumenté, sachant de quoi on parle.

    Et de toute façon, critiquer une foi qui repose par définition sur une part de "je ne sais pas, je n'ai pas de 'preuve' de ceci ou cela, je crois, c'est tout", on peut se demander si ça a un sens, si tant est qu'on ait de l'énergie à dépenser là-dedans.

    À la rigueur, parlons plutôt de "débat théologique" - ce qui implique pour le coup une très haute maîtrise de ce dont on parle (problème : la spécialité de la grande majorité des anticléricaux-athéistes-libres-penseurs est justement le contraire, parler sans rien connaître au-delà du superficiel) ; et interdit par ailleurs, pour quiconque de sérieux, de critiquer en bloc "l'islam", comme "le judaïsme" ou "le christianisme", comme si il s'agissait de courants de pensée parfaitement monolithiques.

    Une "phobie" est un rejet irrationnel qui signe par définition l'ignorance, les idées à l'emporte pièce et les contre vérités sur ce dont on est "phobe" (tout comme les termes médicaux ne désignent jamais une peur qui est rationnelle, celle-ci étant normale, mais une peur irraisonnée de ce qui ne présente pas un danger justifiant cette peur).

    Le problème du "droit à la critique" (en général et des doctrines religieuses en particulier), contemporain du moins, c'est qu'il n'est pratiquement jamais couplé avec un devoir de connaissance et une interdiction de l'ignorance du sujet.

    Or les droits dans le champ intellectuel-politique ne font pas partie des droits "naturels", "de naissance", mais des droits qui s'acquièrent, se méritent, vont avec des devoirs (sinon par exemple on aurait le droit de vote dès la naissance).

    Ici, et de plus en plus, le DEVOIR d'enquête et de connaissance du sujet pour avoir le DROIT à la parole, est ignoré.

    En tout cas, quoi qu'il en soit, dire qu'on a 'droit' à une phobie revient au mieux à dire qu'on a le droit d'être con.

    Par contre, si quelqu'un a les connaissances théologiques requises pour, il peut toujours s'il le souhaite engager un débat avec des musulmans eux aussi théologiquement formés, pourquoi pas.

    Un exemple d'argument des "pro-liberté de critique" :

    Oui... Et la véritable essence de la laïcité de 1905, c'est que face à tous ces gens libres de ne pas aimer les convictions (religieuses-politiques-philosophiques) des autres, L’ÉTAT EST NEUTRE et ne prend pas parti pour les uns ou pour les autres.

    Il ne prend parti que contre l'atteinte à la liberté d'autrui, c'est à dire lorsque la liberté de conscience des uns ne s'arrête pas comme elle le devrait là où commence celle des autres ; exemple : la liberté d'être catholique devient obligation des autres autour de soi à l'être ; ou la liberté d'être musulman, OBLIGATION des autres à l'être et pour les femmes de porter un niqab (par exemple).

    Mais sinon, au delà de cela l’État républicain (dont nous nous faisons pour l'occasion les avocats) n'a PAS à intervenir, et donc PAS à interdire le port d'un voile musulman simplement parce que... ça dérange, ça "choque" des gens qui ne sont pas d'accord avec ces convictions et qui auraient un droit sorti d'on ne sait où à voir imposer les leurs, hostiles à ce port. Pas plus que l’État n'avait le droit de piétiner le sens du sacré des catholiques de 1905, simplement parce que ce sens n'était pas celui de M. Combes (ce contre quoi s'élèvera Jaurès).

    Le communisme n'est pas une race, être communiste non plus, ce n'est pas le sujet.

    Le sujet est que l'on peut certes ne pas être communiste et ne pas aimer ces idées ("communismo-phobie", on dira), mais interdire aux communistes de l'être, ce qui va nécessairement impliquer des moyens de coercition de plus en plus importants, s'appelle du fascisme...

    Tout comme interdire (au-delà de ne pas l'être et ne pas apprécier leurs doctrines) aux musulmans de l'être, ou aux juifs, ou aux catholiques...

    À partir d'interdire à quelqu'un d'être de telles ou telles convictions, qu'il n'a en général pas l'intention de lâcher sinon peut-être à travers un long processus personnel ; où et comment s'arrête donc la dynamique vers lui interdire tout simplement de vivre ?

    Interdiction qui fait passer du fascisme au nazisme.

    Sachant que le fascisme et le nazisme ont cette particularité, qu'ils n'ont nul besoin qu'on les interdise en tant qu'idées : interdire l'appel au meurtre (ce que font les lois de la plupart des pays) suffit en principe à leur interdire toute expression, puisque celle-ci consiste à 99% en cela. Donc soit on autorise l'appel au meurtre, soit les fascistes et les nazis n'ont qu'à apprendre à parler d'autre chose – mais ça semble difficile.

     


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  • JULIUS MALEMA, leader du parti EFF (Economic Freedom Fighters), AU SUJET DES VIOLENCE FAITES AUX ÉTRANGERS :

    "Nous pouvons chasser de notre sol tous nos frères africains, mais vous verrez qu'il n'y aura toujours pas de travail en Afrique du Sud. Notre richesse est entre les mains des Blancs qui refusent d'investir pour créer plus d'industries.

    Il n'y a aucun Nigérian qui a volé une industrie et n'y a employé que des Nigérians. Il n'existe aucun Zimbabwéen qui possède des grandes fermes dans lesquelles il n'a employé que des Zimbabwéens.

    Les industries sont contrôlées par les Blancs qui emploient des étrangers et leur paient un maigre salaire. C'est ça qui vous pousse à croire que vos frères africains vous volent vos emplois.

    Arrêtez de glorifier les frontières qui séparent les Africains. Auparavant, ces frontières n'existaient pas. Elles nous ont été imposées par l'homme blanc pour nous diviser, nous les Noirs, afin de bien exploiter les richesses de notre continent.

    J'AI HONTE AUJOURD'HUI QU'ON M'APPELLE SUD-AFRICAIN. Les images atroces qui nous viennent de certaines villes du pays sont totalement insupportables : vous frappez des Noirs, vous massacrez vos frères africains.

    Je ne vous ai jamais vu frapper un Chinois, un Blanc, un Indien, sous prétexte qu'ils n'ont pas de papiers. Mais regardez ce que vous faites à vos propres frères africains !!! Cela prouve que vous ne vous aimez pas vous-mêmes. L'homme blanc vous a appris à vous haïr vous-mêmes, raison pour laquelle vous haïssez vos propres frères africains.

    CETTE CRUAUTÉ APPELÉE XÉNOPHOBIE DOIT CESSER IMMÉDIATEMENT. Nous devons être un avec nos frères africains !"

    Grand Malema, véritablement Grand Leader de tous les leaders d'Afrique !

     

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  • Le latifundio bolsonariste incendie l'Amazonie, l'impérialisme s'en mêle

    https://anovademocracia.com.br/noticias/11731-latifundio-bolsonarista-incendeia-amazonia-e-imperialismo-se-intromete

    Les 10 et 11 août derniers ont été proclamées "Journées du Feu", un acte politique des latifundistes [grands propriétaires agricoles] pro-Bolsonaro qui a dévasté les exploitations des petits paysans producteurs, et recouvert des régions entières du pays d'épais nuages de fumée.

    Dans une entrevue accordée au journal la Folha do Progresso, de l'intérieur de l’État de Pará, les latifundistes eux-mêmes ont déclaré que l'objectif était d'allumer des incendies de manière coordonnée dans diverses régions du pays en soutien au gouvernement. Mais spécifiquement, l'objectif était de détruire des forêts et des aires de préservation naturelle pour se les approprier, ainsi que pour justifier la militarisation de la région et étouffer la lutte pour la terre, réprimer les paysans en lutte pour la Révolution agraire.

    Les incendies ont dévasté la région du Pará, toute la région amazonienne et même jusqu'au Centre-Ouest et à la triple frontière avec la Bolivie et le Paraguay.

    Dans le Rondônia, le 13 août, le feu s'est étiré tout au long de la Ligne TB-14 et a atteint des dizaines de maisons, y compris le quartier de Galo Velho dans la municipalité de Machadinho do Oeste. Après que le feu ait pu être éteint, les paysans sont revenus sur place et y ont trouvé, en plus de leurs maisons et tous leurs biens détruits, une famille morte carbonisée...

    Ingérence impérialiste et latifundio

    Devant les répercussions internationales négatives, des dirigeants de pays impérialistes comme le président français Emmanuel Macron se sont sentis encouragés à s'ingérer dans les affaires internes du pays, et ont commencé à le menacer d'un boycott de l'agrobusiness et d'une rupture de l'accord commercial entre le Mercosur et l'Union Européenne, en raison des incendies.

    Qualifiant l'Amazonie de "notre bien commun", Macron s'est ainsi peint en “écologiste” tandis qu'il continue à piller les richesses naturelles des pays opprimés.

    Ces pays impérialistes européennes ne s'opposent pas à l'expansion du latifundio brésilien pour des raisons “humanistes”, mais bien par prétention coloniale à s'emparer des ressources naturelles de l'Amazonie à moyen et long terme.

    D'autre part, ils s'y opposent parce qu'à la suite des accords signés par les deux parties, la production des grandes exploitations brésiliennes aura un accès facilité au marché interne du Vieux Continent, ce qui pourrait ruiner les producteurs subventionnés français, base sociale importante dans la politique intérieure de ce pays.

    Au Brésil même, la division quant à ce qu'il faut faire traverse jusqu'aux rangs des latifundistes eux-mêmes. Une partie, liés à l'extrême-droite, fait pression sur le gouvernement pour aller de l'avant dans la destruction des forêts, afin de s'enrichir toujours plus aux dépens du Peuples et de la Nation ; tandis que d'autres importants représentants de cette classe, plus classiquement de droite, se sont positionnés contre par crainte des implications négatives pour les exportations.

    Le décret GLO en Amazonie

    Le 23 août, profitant de la situation et feignant de répondre à la pression internationale, le régime de Bolsonaro et des généraux a autorisé, à travers un décret de "Garantie de la Loi et de l'Ordre" (GLO), l'envoie de troupes des Forces Armées et d'autres forces fédérales pour soi-disant “combattre les incendies” dans toute la région amazonienne légale.

    À l'heure où nous publions, les troupes fédérales sont déployées dans les zones rurales des États d'Amazonas, Acre, Rondônia, Roraima, Mato Grosso, Pará et Tocantins. Le scénario de militarisation de la région met là aussi en alerte les paysans pauvres, en particulier ceux en lutte pour la terre.

    En Amazonie Légale se trouvent les deux États, le Pará et le Rondônia, où sont mortes le plus de personnes dans des conflits entre paysans et latifundistes au cours des dernières années.


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  • - Au stade de l’impérialisme, de façon totale ; mais même dans un sens dès le début, puisque la Modernité capitaliste n’est pas simplement "l’économie de marché" (qui a toujours existé dans toutes les sociétés depuis l’entrée dans l’Histoire), mais un Marché financiarisé et surtout intrinsèquement (dès le début) expansionniste impérial/colonial à partir de Centres d’accumulation controverse-de-definitions… eh ben forcément, le patriotisme est lui aussi (en miroir) intrinsèquement le préalable à la libération sociale de classe (de l’exploitation des patrons). C’est ainsi.

    - À partir de là, ça ne peut pas être "n’importe quoi" comme patriotisme non plus certes. J’aime bien, en fait, mobiliser à ce titre un auteur non-marxiste et sur lequel il y a beaucoup de choses à dire par ailleurs, mais dont je trouve cette phrase précise brillante : Jaurès, "un peu d’internationalisme éloigne de la patrie, beaucoup y ramène" ; sentence par ailleurs réversible dans le même esprit : un peu de patriotisme, médiocre en quelque sorte, éloigne de l’internationalisme (n’est que chauvinisme, et pourrait être finalement la définition du nationalisme fasciste lorsqu’il se met au service du pouvoir financier qu’il prétend dénoncer) ; mais beaucoup y ramène, c’est-à-dire qu’un vrai patriotisme non-médiocre au sens d’attachement profondément à son Peuple travailleur et de refus de son oppression, de sa dépossession du pouvoir sur sa vie, rapproche de tous les autres peuples de la Terre dans la même situation, dans ce qu’on appelle l’interNATIONalisme…

    - C’est ici que surgissent plusieurs "difficultés" :

    1°/ Qu’est-ce qui est une patrie et qu’est-ce qui n’en est pas une, déjà. Tous les États (pratiquement) de plus de 100.000 km² dans le monde ne sont pas des "nations" au sens scientifique léniniste de ce mot ; mais… des États, qui sont à la base des "empires" de Centres capitalistiques et qui en regroupent, ou plutôt en ont au cours de l’histoire annexé, soumis, opprimé plusieurs. La France est bien entendu dans ce cas, construction séculaire par la conquête autour de Paris, et même parmi les derniers États au monde à s’étendre en administration directe "sur les 5 continents", c’est-à-dire à posséder des colonies outre-mer.

    2°/ Aujourd’hui (enfin, depuis quelques décennies) on peut effectivement considérer être dans une tendance à une nouvelle concentration du pouvoir capitalistique, au-delà de celle qui a donné ces grands États : concentration européenne autour de l’axe rhénan, concentration mondiale (la "mondialisation", avec ses instruments comme le FMI, l’OMC, la Banque mondiale etc.) autour de l’"Anglo-Saxonie" planétaire, principalement la superpuissance hégémonique unique US. Tout cela est une réalité ; mais c’est aussi une réalité que les contestations "souverainistes" de cela partent en général sur la base des constructions États, elles-mêmes Prisons de Peuples, qui ne sont pas remises en cause.

    3°/ La construction-concentration Europe, ce n’est pas juste l’Allemagne et l’Allemagne... La France aussi y a sa part et ses intérêts ; sauf une fraction de la bourgeoisie qui n’y trouve pas son compte et qui est précisément celle qui impulse les discours souverainistes et anti-"mondialisme" quand-un-referendum-chez-la-perfide-albion-provoque-des-fretillements. Que la Grèce, le Portugal, voire l’État espagnol voire l’Italie se sentent des provinces reléguées de cette construction, ça peut se comprendre, mais la France c’est quand même autre chose. Ou alors, il faut affiner un peu les choses dans leur complexité : le Centre financier parisien (+ ses quelques "métropoles connectées" "relais" régionales) s’est "greffé" à l’axe rhénan et y trouve son compte (cette métropole, ce Centre de la construction européenne apparaît même sur les cartes... des émissions de gaz polluants) ; le reste, qui était sa "province" violemment entubée, se retrouve encore plus "provincial" (mais enfin, quand même pas comme la Grèce ou le Portugal ou la Roumanie) dans ce nouvel édifice. À la limite on peut voir les choses comme ça.

    4°/ La contestation souverainiste de l’UE et de la "mondialisation" par une fraction bourgeoise qui n’y trouve pas son compte, n’est tout de même pas la seule chose en ligne de compte. On ne peut pas réduire qu’à pure aliénation (à cette fraction bourgeoise) le refus des classes populaires d’aller, dans ces nouveaux édifices continentaux ou planétaires, vers encore plus de dépossession de tout pouvoir sur leurs vies que celle déjà infligée depuis des siècles par le capitalisme et l’appareil technocratique d’État (parisien en France).

    5°/ Le souci c’est que ce sentiment légitime reste largement dans les griffes de la fraction bourgeoise souverainiste, et de ce fait ne remet pas en cause la construction séculaire étatique et impériale bleu-blanc-rouge, qu’au contraire il va souvent sacraliser. Il ne va pas remettre en cause, en fait, cette dépossession séculaire des peuples par l’appareil d’État parisien, ni (voire encore moins) celle infligée depuis le "camp de base" hexagonal à des dizaines de peuples sur la planète, et qui l’est toujours d’ailleurs (sous une forme néocoloniale départementalisée ou pseudo-indépendante). Tout ça n’est évidemment pas contesté par la bourgeoisie souverainiste, c’est au contraire ce qu’elle veut préserver (car elle le sent menacé, la hantise du dépeçage territorial et de la perte de colonies est pour ainsi dire consubstantielle à l’idéologie bourgeoise française…) ; et les classes populaires dans leur grande majorité marchent dedans.

    6°/ La France n’est pas une nation si on prend la définition léniniste de celle-ci (même si ni Illitch ni l’Oncle Jo ni Kaypakkaya ne se sont trop penchés sur son cas), c’est un fait incontestable. Pour autant, elle peut exister dans les masses populaires comme signifiant pas forcément uniquement réactionnaire ; car cet ensemble de peuples, dans le même bateau depuis des siècles, a déjà pu vivre dans ce même bateau des expériences qu’on peut considérer positives (la Révolution de 1789 du moins avant que ça parte en couille avec le retour en force du centralisme, 1848 ou encore décembre 1851, la Défense nationale de 1870 débouchant sur le moment révolutionnaire de 1871, les luttes sociales de 36 et la lutte et la victoire antifasciste de 1940-45, bref, "Ma France" de Ferrat quoi).

    [Voir ici quelques réflexions à ce sujet et une "rectification" récente : les-francais-selon-nous-ne-sont-pas-les-gens-du-bassin-parisien]

    C’est ce que tu as su percevoir face aux drapeaux tricolores et aux Marseillaises des Gilets Jaunes, et je me suis largement rangé à ton analyse : des références conçues dans ce contexte précis comme révolutionnaires, 1789, Bastille et compagnie, raccourcir la tête au roi ; à une époque, la nôtre, où le fait est que les références drapeau rouge et Internationale ne rallieraient pas 10% de ce monde (il n’est même pas sûr qu’elles en ralliaient autant au plus fort de 36 ou de 68, en fait…), donc ne feraient pas bouger un cil au pouvoir macronien.

    "La France" avec ses grands symboles a peut-être été, globalement, depuis 800 ans, 90% du temps une armée plus ou moins volontaire au service d’un cartel de bourgeoisies sous la conduite de Paris, dans ses projets impériaux ; mais elle a pu AUSSI parfois "faire France" dans le sens d’une libération démocratique et sociale (repossession de souveraineté sur leurs vies) au moins de ceux et celles qui l’habitent (mais c’est déjà ça…). Il existe, bel et bien, cette possibilité de "faire France" comme ensemble de Peuples travailleurs (et cette conscience-là aussi se manifeste chez les GJ par une floraison de drapeaux régionaux - voir lien ci-après) ralliés autour d’un projet politique qui ne soit pas exclusivement réactionnaire (pas être les petits soldats du cartel bourgeois).

    Voire même, peut-être, la possibilité… de renouer avec l’esprit originel tout sauf centralisateur parisien d’une Révolution née à Grenoble contre une manœuvre (justement) centralisatrice royale, avant le retour de bâton de 1794 ; esprit de République "une et indivisible" certes, mais sur la base d’une démocratie participative locale vivante et permanente ? Pourquoi pas…

    Mais évidemment, et malheureusement, l’ambigüité autour du signifiant France-BBR-Marseillaise permet toujours (et assez facilement) le retournement de la chose en son contraire.

    Bref, question compliquée et qu’on est à mon avis loin d’avoir tranchée.


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  • "Face à une répression policière et judiciaire féroce, en l’absence de résultats tangibles au bout de six mois de lutte, le soulèvement des Gilets jaunes connaît aujourd’hui un passage à vide tout à fait normal. Ce dernier demeurera sans conséquences… à condition que les GJ sachent renouveler leur stratégie et se concentrer sur leur seul véritable objectif à atteindre.

    Les chiffres de participation aux derniers actes hebdo (je parle de ceux sérieusement établis par le Nombre jaune) en attestent : celle-ci s’effrite au fil des semaines, même si elle est loin d’être aussi négligeable que tentent de s’en rassurer le ministère de l’Intérieur et les éditocrates affolés de la presse de propagande.

    Avouons-le, les thèmes des derniers « actes » hebdomadaires laissaient plutôt à désirer. Manifester « contre » ceci ou « contre » cela, c’est se placer sur la défensive quand il faudrait aller résolument à l’offensive « pour » arracher quelque chose. Et il ne suffit pas, semaine après semaine, de chanter sur l’air des lampions qu’on va aller chercher Macron chez lui, si on n’y va pas vraiment une bonne fois pour toutes.

    Privilégier une stratégie de guérilla à des démonstrations de masse épuisantes et stériles

    « Si on nous laisse faire c’est qu’on ne dérange pas, et si on ne dérange pas on n’aura rien. »

    Même s’il le dit de façon un peu abrupte et maladroite, Éric Drouet a perçu le danger : les manifs bon enfant du samedi ne font plus peur à personne dans le camp d’en face (au point que les forces de l’ordre se sont à peine senties contraintes d’intervenir lors de l’acte 29 du 1er juin). Or l’expérience montre que les actes les plus efficaces ont été ceux qui ont vraiment fichu la trouille au pouvoir et à son camp retranché.

    Voilà pourquoi une stratégie de guérilla est désormais bien préférable à des démonstrations de masse épuisantes et stériles :

    - frapper là où ça fait mal : la multiplication des blocages de dépôts pétroliers ou de plateformes de grande distribution, la neutralisation de radars ou de péages, même de très courte durée, est bien plus usante pour le système qu’une « grève illimitée » qu’on ne peut pas tenir ou qu’une centaine de défilés en chansons bonnardes ;

    - frapper là où ça leur fait peur : les comités « d’accueil » qui marquent désormais à la culotte tout déplacement du président de la République, l’intervention à mains nues d’un boxeur décidé, l’invasion impromptue du ministère Griveaux à coups de tractopelle ou la dernière intervention coup de gueule devant le domicile de la ministre Schiappa, sont beaucoup plus déstabilisants pour les acteurs du régime que les démonstrations planplan répétitives du samedi.

    [On notera que j’écarte ici la possibilité d’une grève générale illimitée : trop difficile à mobiliser et à pérenniser dans un contexte social précarisé, illusoire dans un contexte économique où une bonne partie des outils de production a été délocalisée en dehors du territoire, de toute façon toujours torpillée par les centrales syndicales. Depuis 1968, une seule grande grève a obtenu gain de cause : la grève contre le CPE (Contrat première embauche) en 2006 et elle n’était qu’étudiante.]

    Un seul objectif : démanteler définitivement la 5ème République et neutraliser ses responsables corrompus

    Égrener de semaine en semaine la litanie des revendications en matière de justice sociale et d’exigence politique (le RIC), c’est laisser supposer que ces revendications peuvent être satisfaites par le pouvoir en place. Sauf à être le dernier des naïfs ou une autruche incorrigible, on sait très bien que Macron et sa bande n’en ont nullement l’intention, ni même d’ailleurs la latitude, tant ils sont tenus par leurs commanditaires.

    Dès lors, le seul véritable objectif du soulèvement des Gilets jaunes tombe sous le sens : le démantèlement total du régime, c’est-à-dire de la 5ème République, et la neutralisation de ses responsables corrompus.

    Tant qu’il n’aura pas pris conscience de la nécessité de renouveler sa stratégie et de se fixer l’objectif très clair de s’emparer du pouvoir politique (tout en se structurant politiquement pour préparer la relève), le mouvement des Gilets jaunes est condamné à stagner pour une très longue et très pénible période. Gageons cependant que celui-ci saura réagir puisque la précarisation insupportable des classes dites inférieures qui a motivé le soulèvement des GJ – et qui lui vaut toujours le soutien des classes moyennes elles-mêmes menacées – ne peut aller qu’en s’aggravant .

    => Photo : blocage du dépôt pétrolier de La Pallice à La Rochelle le vendredi 31 mai, en marge de l’acte 29 des Gilets jaunes"

    https://yetiblog.org/archives/17820

    #GiletsJaunes - article intéressant


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  • 44% des GJ pour le RN, d’autres sources disent 38% (ce ne sont que des enquêtes d’avant-scrutin)… C’est tout sauf improbable ; ce sont les proportions que l’on imagine depuis le début dans le mouvement, et de fait tout simplement (il est temps d’ouvrir les yeux) les proportions de sympathie pour le parti de Marine Le Pen chez les « sans-dents ».

    Le vote pour l’ex-Front, aujourd’hui Rassemblement National se situe comme on a déjà eu l’occasion de le dire, à « l’intersection entre la déshérence sociale (d’un capitalisme pourrissant en crise terminale) et le privilège blanc » (le « privilège » de faire partie du « corps légitime » d’un État-nation impérialiste qui participe à la domination occidentale sur le monde et d’en tirer un certain confort de vie qui même dans la plus grande précarité n’est pas celui du Bangladesh, ce que « dans le temps » les marxistes que nous sommes appelaient le « social-chauvinisme » de « l’aristocratie ouvrière », et qui peut même à présent affecter certains éléments non-blancs présents depuis un certain temps et relativement intégrés, face aux néo-migrants ou aux Rroms notamment) : il ne s’agit pas d’en faire un pur vote « protestataire », de « rejet des autres forces », et d’en minimiser la part d’ADHÉSION aux idées de ce parti, en particulier racistes/xénophobes, ou encore « réactionnaires » au sens parfois de rejet « excessif » d’un « progressisme » sociétal trop associé à un libéralisme économique débridé et à la dissolution de tout lien social, d'un (comme a pu brillamment l’exprimer H. Bouteldja) « besoin d’histoire, d’identité, de spiritualité et de dignité des classes populaires blanches » auxquelles on ne peut pas simplement, comme la « gauche radicale avec son matérialisme froid », proposer un SMIC à 1500 euros…

    Reste alors à savoir ce que l’on FAIT de ces millions de gens, quelles peuvent être les pistes pour les arracher à ce projet politique néfaste et les orienter vers d’autres voies ; ou si les faire disparaître de la circulation (et comment ?) peut se suffire comme politique.

    Quoi qu’il en soit, contrairement à ce qui pouvait être attendu (et que nous, en l’occurrence, pouvions espérer), l’aboutissement de ces 6 mois de mobilisation sans précédent n’a pas vu une explosion de l’abstention comme rejet global du « système » mais au contraire un regain de mobilisation à un niveau jamais vu depuis 25 ans, et en forme de « référendum » pour ou contre Macron et sa politique.

    De fait, ce sont près de 4 millions de personnes de plus qu’il y a 5 ans qui se sont présentées aux urnes ; soit une augmentation de pratiquement +20% de la participation (de 19,75 à 23,73 millions) ; bien que les personnes se déplaçant pour voter blanc ou nul aient progressé de quelques 285.000 (de 792.000 à plus d’1 million), soit une progression de +35% (progression des votes exprimés : 3,7 millions de 18,95 à 22,65 millions, soit +19,5%...).

    Du coup, et en toute logique, quel que soit le score final en %, TOUTES les listes ou presque ont en réalité enregistré une nette progression EN VOIX par rapport à leurs équivalents d’il y a 5 ans ; « ou presque » c’est-à-dire à l’exception des formations phares du vieux bipartisme qui depuis longtemps ne signifiait plus rien, désormais « prises en sandwich » entre La République en Marche et le RN pour les uns, la France Insoumise et EELV pour les autres : les Républicains et les débris du PS (liste de Raphaël Glucksmann et Génération.s de Benoît Hamon).

    Les Républicains réalisent en effet un score-fiasco historique, pulvérisant la contre-performance de la liste Sarkozy de 1999, avec 8,5% et 1,92 millions de voix soit une chute libre de plus de 2 millions, -50% par rapport à la liste UMP de 2014.

    La somme Glucksmann + Hamon s’élève à 2,14 millions d’électeurs contre 3,1 millions pour le total PS + Nouvelle Donne (qui cette année était sur la liste Glucksmann) en 2014, soit un recul d’un peu moins d’un million, -30%.

    De fait et même si, dans le sillage de Thierry Mariani et quelques autres, une certaine hémorragie a pu se produire des Républicains vers le RN, ceci permet de voir sur qui LREM a « mordu » en premier lieu (pour faire plus que doubler son score à ce qu’on appellera le « centre ») et donc où se situe sa ligne et quels intérêts sociaux sert sa politique.

    On peut encore y ajouter le cas de l’UDI, qui chute de pratiquement 1,9 millions à 566.000 voix ; score divisé (donc) par plus de 3 sous l’effet (clairement) de l’absorption radicale par LREM, à laquelle le Modem de Bayrou (colistier en 2014) s’était pour sa part rallié.

    Mais en dehors de ces cas de figure… tout le monde progresse ; mais bien sûr pas dans les mêmes proportions.

    Les écologistes d’EELV sont présentés comme la grande surprise de ce scrutin, sans toutefois renouveler leur résultat historique de 2009 – il faut rappeler que les européennes leur sont généralement favorables, sans qu’ils ne renouvellent en général l’exploit aux échéances nationales ou locales suivantes ; de fait ce sont des élections où les personnes de conscience disons sociale-démocrate, et sensibles à la question environnementale, ne semblent pas percevoir l’intérêt d’envoyer à Strasbourg des « antilibéraux » eurosceptiques et leur préfèrent des européistes convaincus mais « pour une autre Europe » (plus démocratique, sociale et écologique) comme pour mieux « peser de l’intérieur ».

    Ils arrivent (donc) en 3e position avec 13,5% contre 8,95% il y a 5 ans, progressant de quelques 1,35 millions de voix (de 1,7 à plus de 3 millions) soit +80%.

    Le score de la France Insoumise, avec 6,3%, est en revanche présenté comme une terrible contre-performance. Mais là encore, et loin de nous de nous faire les avocats de cette formation dont nous ne sommes pas vraiment grands fans, les choses méritent qu’on y regarde de plus près.

    En 2014, elle se présentait sous l’étiquette du Front de Gauche aux côtés du Parti communiste. Cette liste avait récolté 1,25 millions de voix (6,6%). Cette année, le PC y allait séparément (il est entré entre temps en lourd conflit avec Jean-Luc Mélenchon). La liste insoumise conduite par Manon Aubry n’en a pas moins atteint les 1,42 millions de voix, soit 170.000 de plus, tandis que la liste PC de Ian Brossat en engrangeait de son côté près de 565.000…

    Le total, seul réellement comparable au score FdG d’il y a 5 ans, s’élève ainsi à près de 2 millions de voix, soit une progression de ce qu’on appellera la « social-démocratie de combat » de l'ordre de +60% !

    L’« échec » est donc en réalité fortement à relativiser (mais évidemment, en termes d’élus et donc de financements, c’est du pareil au même, donc si on n’a que cela en tête… quant au PC, sous la barre des 5%, il disparaît des bancs du Parlement européen pour la première fois de son histoire).

    Le RN, par rapport au FN de 2014, ne progresse quant à lui que de 580.000 voix soit +12% (le total des « droites populistes-souverainistes » avec Dupont-Aignan, Asselineau, Philippot désormais démissionnaire du RN etc. d’environ 1 million soit +17%).

    Ainsi, si on laisse de côté le cas particulier de LREM qui surgit en laminant (surtout pour ne pas dire quasi-exclusivement) le centre-droit et la droite traditionnelle (Républicains ex-UMP et UDI) ; et mis en perspective avec les +20% (environ) de déplacement aux urnes ; les forces qui progressent le plus par rapport à elles-mêmes ou leurs équivalents d’il y a 5 ans sont donc dans l’ordre : les écologistes d’EELV (+80%), la « social-démocratie de combat » FI + PC (+60% par rapport au FdG de 2014), le vote blanc ou nul (+35%) et… le RN (+12%, total des extrêmes-droites +17%).

    Ceci histoire de répondre, quoi que l’on pense de ces différentes forces, à l’idée (qui commence à se répandre) que le « débouché » de 6 mois de mobilisations en gilet jaune aurait été un surcroît (inattendu) de mobilisation électorale « au seul profit du RN »

    https://www.huffingtonpost.fr/entry/resultats-europeennes-2019-pour-qui-ont-vote-les-gilets-jaunes_fr_5ceaf34ee4b00e0365707bc5

    Autre mode de calcul :

    "EN 2014 :
    - "Gauche radicale" : FdG + NPA + LO = 8,17% ; un peu plus de 1,5 millions.
    - "Gauche modérée" : PS + Nouvelle Donne + EELV = 25,85% ; 4,9 millions de voix. On peut limite rajouter 65k voix (0,34%) pour Régions et Peuples Solidaires qui étaient cette fois avec EELV.
    - Centre : UDI-Modem + Nous Citoyens + AEI + Cap21 et compagnie : 13 et quelques % ; 2,5 millions de voix.
    - Droite : UMP = 20,8%, un peu moins de 4 millions de voix.
    - Extrême-droite : FN-RBM + DLR + Force Vie + UPR = un peu moins de 30% ; 5,65 millions.

    CETTE FOIS (34 listes, je prends pas les confettis ni les inclassables genre animalistes) :
    - "Gauche radicale" : FI + PCF + LO = 9,6% ; 2,17 millions de voix.
    - "Gauche modérée" : EELV + PS-Glucksman-ND + Génération.s = pratiquement 23% ; presque 5,2 millions.
    - Centre : LREM + UDI & co + Urgence Écologie = 26,7% ; un peu plus de 6 millions de voix.
    - Droite : "Union de la Droite et du Centre" autre de LR = 8,48% ; 1,9 millions.
    - Extrême-droite : RN + DLF + UPR + Philippot + confettis (Camus, royalistes, "dissidence", CNI, GJ malodorants) = dans les 30% ; 6,5 ou 6,6 millions.

    Suffrages exprimés en plus : 3,7 millions.
    Votes blancs ou nuls en plus : 285.000"

    AUTRE ASPECT INTÉRESSANT puisque nous avons (forcément) parlé du résultat d'EELV, et bien que nous n'en étions pas particulièrement des soutiens (problèmes d'européisme béat, de social-libéralisme etc.), la CARTE des ses résultats par localité en sachant que cette liste incluait cette année la coalition Régions & Peuples Solidaires (RPS) avec François Alfonsi de Femu a Corsica, deux membres de l'Union Démocratique Bretonne, une du Parti occitan, une Catalane du Roussillon et un Basque, et le soutien d'Unser Land (Alsace), du Mouvement Région Savoie, de Christian Troadec en Bretagne, de la Gauche Républicaine de Catalogne (ERC), de l'EAJ-PNB basque (mais pas d'EH Bai qui l'avait cependant envisagé, pour finalement laisser la liberté de vote à ses sympathisants), etc. etc. :

    #Européennes

    Faut-il y voir une expression de ce RÉVEIL DES PEUPLES et des territoires que nous avons pu dénoter dans le mouvement des Gilets Jaunes ?


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  • Tout est peut-être finalement dit ici :

    La flemme d'écrire un truc sur Notre Dame

    "Au bout de 700 ans, refleurira le laurier" (prophétie du dernier cathare, Guilhem Bélibaste, sur le bûcher au début du 14e siècle, il y a effectivement 700 ans environ...)

    Il ne s'agit pas de se réjouir d'une telle catastrophe frappant un monument historique, mais de prôner peut-être une certaine compréhension envers un certain droit à l'indifférence, notamment face au soudain élan de charité chrétienne de quelques multimilliardaires en quête de niches fiscales, alors que ces sommes pourraient par exemple littéralement suffire à ce personne ne dorme dans la rue dans tout l'Hexagone.

    Et de dire que si les monuments sont précieux pour dire l'histoire, alors, qu'elle soit toute dite ; que tout ce qu'ils ont à nous raconter le soit. Comme ces événements de 1229 par exemple. La différence entre histoire et roman national quoi.

    Notre Dame, de construction contemporaine et (de fait) symbole de la nouvelle puissance des rois capétiens de Paris, ayant été l'un des premiers et des plus prestigieux édifices religieux de l'ère gothique, il peut être intéressant de lire ou relire ceci :

    http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/notes-de-lecture-sur-en-quoi-consiste-l-inspiration-occitanienne-de-si-a114072518

    Une réflexion de David Grosclaude (occitaniste) dans Le Peuple Breton, organe de l'UDB :

    https://lepeuplebreton.bzh/2019/04/18/notre-dame/

    "Petite réflexion sur le fétichisme de ceux qui n’ont pas compris que patrimoine matériel et immatériel doivent faire l’objet des mêmes égards et de la même attention.

    Des monuments se consument en France mais cela n’émeut pas la classe politique et les médias.

    Je ne suis pas parisien, je ne suis pas un admirateur de Saint-Louis et je ne trouve pas que Notre-Dame de Paris soit la plus belle cathédrale du monde, pourtant je suis triste de ce qui est arrivé. C’est un monument unique. C’est une grande perte patrimoniale, c’est la disparition partielle du symbole d’une ville et de son histoire. Elle est connue dans le monde entier.

    Il faudra la reconstruire. Il faudra pour cela du temps et de l’argent, beaucoup de savoir faire aussi. Pourtant nous le savons, celle qui sera reconstruite ne sera pas l’originale, tout comme la précédente n’était que la compilation de constructions et de rénovations successives.

    Pourtant, je dois bien avouer avoir été passablement irrité par les commentaires des uns et des autres lors de cette soirée où les télévisions ont fait des éditions spéciales afin de suivre en direct la catastrophe. La suite est une avalanche de nouvelles qui s’auto-alimentent, de médias qui s’écoutent parler. On ressasse jusqu’à l’écœurement, on crée une sorte de sidération médiatique qui vitrifie le paysage et les esprits dans une compassion conformiste.

    Et le Président de la République est venu en rajouter avec un discours spécifique. L’analyse du lexique qu’il a employé, des phrases utilisées par le personnage, devrait nous interroger. Rien n’était anodin dans ce discours. Mais ce sera pour une autre fois.

    Des poncifs, encore des poncifs !

    Je ne m’étendrai pas sur les diverses couches de poncifs qui semblent sédimenter la pensée de ceux qui doivent (ou veulent) à tout prix remplir du temps d’antenne. Ils sont payés pour ça et ils sont plus victimes que criminels. Ça ne les empêche pas d’être ridicules.

    Pour quelques heures, pour quelques jours, Notre Dame de Paris est devenu le centre du monde, de l’histoire du territoire français et le centre de l’histoire du monde. Les messages de ceux qui n’ont rien à dire s’empilaient et défilaient en bandeaux sous les images dès les premières heures du psychodrame télévisuel. Quand même Trump y va de son commentaire ou peut s’attendre à tout. À partir de là tout pourrait arriver, même une brève annonçant la mise en garde-à-vue d’un certain Quasimodo.

    On pourrait se dire qu’il est heureux que les télévisions d’information en continu existent, parce que sinon où se déverserait la compassion médiatique ? C’est cette maladie qui fait que chacun doit y aller de son mot, de son communiqué. Mais c’est l’idée même d’info en continu qui crée cette compassion si conformiste. Tout cela confirme bien que la société de la communication se base sur : « moins j’en ai à dire plus je dois le dire fort ! ».

    Ce soir là, il y avait dans ce sport des champions toutes catégories. Et on peut en rire parce qu’il ne s’agissait heureusement pas d’un attentat meurtrier où le nombre des victimes s’allongeait au fil des minutes et des heures.

    Je rajouterai, même si cela ne va pas dans le sens du vent et dans le sens du conformisme médiatique, que j’ai du mal à comprendre pourquoi le parisianisme se déchaîne encore un peu plus grâce à cette affaire. Pourtant le centralisme dans ce pays est déjà assez puissant politiquement, économiquement et médiatiquement. Était-il nécessaire d’en rajouter au point de nous expliquer tout en détail comme si c’était l’église de notre quartier qui venait de s’effondrer. J’ai bien conscience que ce que j’écris n’est pas conforme à l’ambiance créée depuis quelques jours, mais peu importe ; je suis certain de ne pas être seul à le penser.

    Bref ! Notre Dame est dévastée et c’est une catastrophe. Ceci dit elle ne sera pas la première cathédrale a avoir besoin d’être reconstruite ; d’autres avant elle ont subi ce sort tragique et renaquirent de leurs cendres.

    Un monument n’a que la valeur qu’on lui confère

    Parce que dans ce monument, ce ne sont pas les pierres qui comptent le plus mais la valeur qu’on leur donne, l’histoire qu’elles racontent, l’histoire qu’elles ont vu se dérouler.

    Le patrimoine matériel n’est rien sans le patrimoine immatériel. Un monument, sans les mots qui vont avec, les savoirs qu’il recèle, qu’il a mobilisés, ce monument n’est qu’un tas de pierres.

    C’est en cela que les larmes et les déclarations de certaines personnalités étaient insupportables durant cette soirée. Certains d’entre eux laissent chaque jour se consumer des cathédrales et des monuments du patrimoine sans rien dire. Il leur arrive même de souffler sur les braises.

    Ils sont victimes d’un fétichisme qui fait qu’ils oublient que le patrimoine immatériel est aussi important que l’autre. Les deux évoluent au fil du temps, s’adaptent, subissent des outrages, des accidents, des violences ; mais on devrait à leur endroit avoir les mêmes égards. Ce n’est pas le cas.

    Les cathédrales qui se consument, les châteaux qui brûlent, les trésors qui s’envolent en fumée ne sont pas toujours ceux que l’on peut visiter avec un billet d’entrée et son smartphone à la main. En France ce sont aujourd’hui des réservoirs de savoir et d’intelligence, d’histoire et de littérature, de culture et d’outils prêts à servir pour demain qui se consument sans que Stéphane Bern ne soit appelé pour s’en émouvoir.

    Incohérents et malveillants

    Quand j’entends aussi bien Mélenchon, Macron, Hollande, Fillon, Sarkozy et les autres faire part de leur émotion de façon médiatique à propos de la perte patrimoniale que représente l’incendie de Notre-Dame de Paris, je ne peux que regretter leur incapacité à être cohérents. Je ne peux oublier que ce sont les mêmes qui se taisent (ou parfois se réjouissent) lorsque ces monuments de culture que sont nos langues se consument peu à peu faute d’attention et d’égards et en raison d’une politique destructrice de la diversité linguistique. Pourtant ce sont des monuments qui accueillent comme ils peuvent des milliers d’années d’histoire, des millions de pages de littérature et des millions de jours de l’histoire de l’Humanité.

    Ils ont un défaut ; ils ne brûlent pas d’un coup sous l’œil des caméras. Ce sont des monuments qui s’effondrent, que certains sapent et qui meurent en silence.

    Alors bien évidemment, il va falloir reconstruire Notre-Dame de Paris comme il aurait fallu le faire pour tout autre monument de cette importance et de cet âge qui aurait brûlé ; mais il faut aussi de la cohérence. Le patrimoine matériel et immatériel se mêlent.

    La langue basque, la langue corse, la langue bretonne, la langue occitane, la langue catalane, les langues amérindiennes, celles de Kanaky, les créoles… etc., sont autant de cathédrales qui brûlent.

    J’ai entendu à propos de l’incendie de Paris les lamentations de ceux qui quelques jours, semaines, mois, années auparavant nous expliquaient que si nos cathédrales linguistiques s’effondraient c’était la fatalité et parfois même une bonne chose pour le progrès de l’humanité et que de toute façon il fallait laisser faire.

    Vous voulez des exemples ? Relisez le discours de Macron sur la francophonie : un monument d’ignorance et de malveillance mais aussi un monument de mépris (1). Relisez les déclarations de Mélenchon en 2008 lorsqu’il disait que les écoles qui enseignent en breton sont « une secte ». Il expliquait que la France était un modèle dans le domaine de la protection des langues : « Pour ma part, je n’accepte pas la caricature qui voudrait faire croire que la République française réprime ou méprise les langues régionales. Ce n’est pas vrai ! La France s’est dotée dès les années cinquante d’un cadre législatif très favorable aux langues régionales ; elle était même en avance sur beaucoup de pays d’Europe à cet égard » (2)

    Relisez Fillon qui disait toute sa tristesse face à l’incendie de Notre Dame. La phrase qu’il écrivait il y a vingt ans sur le débat concernant les langues dites régionales est extraordinaire ; appliquez la au patrimoine matériel comme Notre-Dame et vous serez atterrés. Je vous la cite : «Tout ceci est à l’image d’une société obsédée par la nostalgie du passé et, à tort, confortée dans ses frilosités. Alors que nous nous apprêtons à entrer dans un nouveau siècle complexe, marqué par des enjeux différents, l’élite politique, intellectuelle et médiatique choisit précisément de dépenser son énergie sur le sort d’un patrimoine certes estimable, mais qui ne mérite nullement de figurer au rang des enjeux culturels du futur ». (3)

    De l’imaginaire qui disparaît

    Tous ceux qui n’ont rien fait pour le patrimoine immatériel et qui avaient les moyens politiques de le faire se sont exprimés sur l’incendie de Notre-Dame, de droite ou de gauche. Cela fait des années que les uns et les autres promettent et parlent de la diversité culturelle sans rien faire. En tous cas s’ils font c’est toujours pour ce qui est lointain et ce qui leur parait exotique. De l’humanisme à usage externe mais jamais rien sur ce qu’il ont sous leur nez.

    Ils devraient pourtant savoir que les pierres n’ont de valeur que par l’histoire qui les a taillées, dessinées, les femmes et les hommes qui les ont nommées, désignées, illustrées.

    Donc Notre-Dame de Paris, même entièrement détruite aurait continué à vivre sous la plume de Victor Hugo, Quasimodo et Esmeralda continueraient d’habiter les esprits des amateurs de littérature et donc de faire vivre l’édifice, avec tous ceux qui ont écrit sur lui. Mais quand des pans entiers de notre imaginaire, du patrimoine de l’humanité auront disparu parce que des responsables politiques n’ont pas compris que la diversité des langues et des cultures est un des fondements de la démocratie, on pourra toujours appeler les pompiers ; il y a longtemps que le toit de l’édifice se sera effondré.

    Ajoutons que cet imaginaire qu’on laisse disparaître ou que l’on détruit avec une politique pensée et organisée, nous manquera sans aucun doute dans les années qui viennent, lorsque nous chercherons des solutions politiques, économiques, écologiques aux problèmes qui nous attendent. Sans boite à outils nous aurons bien du mal à rénover quoi que ce soit.

    (1) discours prononcé le 20 mars 2018.

    (2) intervention de Jean Luc Mélenchon au Sénat le 13 mai 2008.

    (3) tribune publiée par Libération en mai 1999, le député de la Sarthe, François Fillon.

    Dans la même veine :

    https://www.lexpress.fr/culture/les-langues-de-france-ces-cathedrales-oubliees_2073987.html

    Trouvé sur Facebook :

    Le mépris de Paris pour "la province", ça marche aussi dans le domaine du patrimoine historique :

    "Non, l'église de Sénanque n'est pas sauvée.

    Non, l'Abbaye n'a pas reçu de fonds de la part du Loto du Patrimoine.

    Non, nous ne détenons pas la somme nécessaire au lancement des travaux.

    Certaines informations erronées circulent actuellement ... et ont pour résultat de stopper net notre appel aux dons et mettre à mal nos démarches auprès de mécènes.

    Une certitude : à ce jour il nous reste encore à recueillir 270 000 euros pour débuter les travaux de sauvegarde.

    Une certitude : l'église de Sénanque est toujours à ce jour frappée d'un péril majeur.

    La secousse sismique récemment enregistrée en Charente est là pour nous alerter sur le risque que nous faisons courir, jour après jour, à l'édifice et nous rappeler à nos responsabilités.

    Vous pouvez nous aider à sauver l'église de Sénanque en faisant un don en ligne :

    https://www.credofunding.fr/fr/sauver-senanque

    Nous vous remercions vivement pour votre générosité et votre aide en relayant cet appel."

    Il faut dire que Sénanque ne fait pas vraiment partie de la machine à sous qu'est l'industrie du tourisme international à Paris...

    En Prouvènço on vient se bronzer le cul, pas visiter des abbayes. Tant qu'il reste du littoral à bétonner pour le tourisme balnéaire, tout va bien !

    "La plupart de nos chapelles, églises, châteaux, manoirs, calvaires, fontaines… tombent en ruines. Notre patrimoine vivant s’effondre aussi et c'est sûrement bien pire. La cause ? Observez la richesse du patrimoine Provençal jusqu'au XVIème siècle et un peu après dans sa lancée, pour décliner ensuite à la perte de l'indépendance.et l'autonomie en 1790. Tout est dit, l'âge d'or de la Provence meurt avec la France. Au XXIème siècle, la France nous pille toujours.
    Les quelques deniers saupoudrés pour entretenir nos cathédrales de Provence , après la réquisition de nos finances, ne sont qu'une maigre obole dont le larbin se satisfera et en vantera même les mérites. C'est le syndrome du bon larbin, très ordinaire.
    Alors, oui, un joyau du patrimoine brûle à Paris, un joyau européen. Nous allons le financer plus que jamais à notre détriment. C'est triste... je ne pleurerai pas. Au même titre que l'on aurait jamais fait pleurer Paris. Merde à la France ! Car es tu la Patrio e tu la Liberta.
    PROUVÈNÇO NACIOUN."

    https://www.facebook.com/abbayedesenanque/posts/2269001383162087


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  • En voilà, tout compte fait, une idée qu'elle pourrait être bonne !!

    Et si, dans un contexte marqué entre autres par le naufrage final de l'électoralisme béat avec le NPA qui appelle à voter LO (pour un résultat probable de 1,5%), et une abstention qui s'annonce de toute façon massive, on lançait le mot d'ordre ?

    Une abstention active et UTILE en glissant dans l'urne un bulletin au nom (imprimé ou manuscrit, peu importe) du plus ancien prisonnier politique de l'État impérialiste français, dans son rôle particulier, en plus, en l'occurrence, de ferme allié de l'Entité sioniste : GEORGES IBRAHIM ABDALLAH.

    Un homme dont l'emprisonnement depuis 35 ans, pour sa lutte contre l'impérialisme et le sionisme, est régulièrement l'occasion de grandes mobilisations de solidarité révolutionnaire ; et qui de fait (qu'on soit d'accord avec le moindre mot sortant de sa bouche ou pas, ce n'est pas la question), SYMBOLISE par sa condition toute l'oppression exercée par le Système France et l'Occident en général contre le Sud global dominé, les masses populaires racisées issues et solidaires de ce Sud global au Nord ; tous les peuples opprimés, de fait, et transformés par le règne planétaire du Capital en masses laborieuses dépossédées et corvéables à merci, quand ce n'est pas carrément "expulsables" comme une "espèce nuisible" de leur terre millénaire, comme les Palestiniens... et tant d'autres dans l'histoire récente. 

    Une "bombe" symbolique contre l'essence même de ce monde dans lequel nous vivons ;  glissée dans les urnes électorales du "cartel" des vieilles puissances impériales européennes pour continuer à dominer le monde...

    IDÉE À SUIVRE... (et faire suivre)

    [Et au demeurant... Si d'autres avaient d'autres noms à proposer, une préférence pour telle ou telle autre figure anti-impérialiste ; et d'autres encore pour "Je suis Gilet Jaune" ou dans le genre ; à la rigueur pourquoi pas ! L'idée serait alors (dans tous les cas) de parvenir à un vote "nul" militant, de rupture exprimée avec le Système, suffisamment massif pour commencer à faire du bruit, pour que (même) la presse mainstream commence à s'en faire l'écho inquiet etc. Les modalités pour, à l'issue du scrutin, réussir à quantifier l'ampleur de tels votes (que ne quantifiera évidemment pas le Ministère de l'Intérieur autrement que comme "nuls"), étant encore à réfléchir collectivement (pages Facebook dédiées etc.). En tout cas, nous notre idée et proposition est celle-là : le prisonnier politique anti-impérialiste palestino-libanais Georges Ibrahim Abdallah.]

    Européennes : et si on votait... Georges Ibrahim Abdallah ?


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  • On se demande bien qui a pu lancer une telle "rumeur" ignoble aux clichés aussi éculés...

    L'État impérialiste raciste ne veut évidemment pas le massacre des Rroms, ni leur brutalisation par pur plaisir gratuit.

    Ce qu'il veut c'est les renvoyer en Europe de l'Est, pour que des gouvernements à la Orban (qu'il critique "en même temps" pour se poser en "progressiste" dans la perspective des européennes) les y mettent au travail dans des centres de travail forcé anti-"assistanat", en sous-traitance pour ses monopoles (car ces pays n'ont pas d'économies propres et ne font que ça, de la sous-traitance pour les grands groupes de l'Ouest).

    Bien sûr, il est devenu difficile d'expulser des ressortissants de pays désormais européens de plein droit.

    Mais "on" peut faire en sorte de les pousser à partir d'eux-mêmes...

    En leur coupant les vivres, ce que par contre tout État membre a le droit de faire envers tout ressortissant étranger même communautaire... ou en faisant en sorte qu'un fond d'ambiance pogromiste ne les fasse plus se sentir en sécurité ici.

    Et toujours "en même temps", d'une pierre deux coups, trouver là une nouvelle occasion de stigmatiser la "barbarie" des "territoires perdus", et la nécessité de leur "pacification" par l'État.

    La boucle est bouclée, comme toujours dans la meilleure conscience qui soit.

    Voilà la vérité.


    Une rumeur déclenche une "chasse aux Roms" en Seine-Saint-Denis, plusieurs personnes interpellées


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