• Itw de l'AFA Paris-Banlieue sur Médiapart


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    Made in PS



    #QuartiersLibres : Made in PS

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  • Article paru sur Contretemps :


    https://www.contretemps.eu/hajjat-mta-autonomie-travailleurs-arabes/

    L'expérience politique du Mouvement des travailleurs arabes (MTA)


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  • Depuis le temps que ça durait... l'organisation Éirígí l'a fait, mettant les points sur les i ! (traduction d'un camarade breton) : 


    Les néo-nazis n’ont aucun droit à se revendiquer de Pádraig Pearse et du républicanisme irlandais !

    Comme il apparaît qu’un groupe français d’extrême droite, le GUD (Groupe Union Défense) a tenu une réunion publique en tentant de récupérer Pádraig Pearse et la liberté de l’Irlande, Éirígí affirme qu’il n’y aucune place pour les néo-nazis, racistes ou fascistes au sein de lutte révolutionnaire irlandaise.

    Le républicanisme socialiste irlandais est une idéologie internationaliste, laïque et inclusive, avec une longue et fière histoire d’opposition à la menace fasciste, qu’elle ait montré sa tête affreuse dans les rues de Dublin ou sur les champs de bataille de l’Espagne. Depuis plus de 200 ans, le républicanisme irlandais a eu pour objectif de donner plus de pouvoir aux petites gens, indépendamment de leur religion ou de leur nationalité, et a cherché à construire sur cette île un système social qui mettrait fin à toutes les formes d’exploitation. De tels principes reposent sur une totale opposition à l’idéologie d’extrême droite.

    En tant que signataire de la Proclamation de 1916, Pádraig Pearse s’est battu pour les libertés civiques et religieuses, des droits égaux et des opportunités égales pour tous, et a finalement donné sa vie dans la tentative d’établir une République irlandaise qui chérirait tous les enfants de la nation de manière égale. L’absurdité de la suprématie raciale prêchée par l’extrême droite ne saurait être plus éloignée des convictions politiques de Pearse.

    En tant que républicains socialistes irlandais, Éirígí rejette toute tentative de la part de l’extrême droite de récupérer le combat pour la liberté de l’Irlande. Nous affirmons que la lutte en Irlande est une lutte socialiste de libération nationale.

    Nous affirmons, avec les mots de James Connolly, que “le salut de l’Irlande ne peut venir que du socialisme” !

    Étant donné que l’extrême droite à travers le monde se sent pousser des ailes depuis la victoire de Donald Trump, nous rappelons aux groupes tels que le GUD que toute tentative néo-nazie de s’organiser en Irlande a été empêchée par le Peuple irlandais, qui a sans cesse démontré qu’il est déterminé à affronter l’idéologie de la haine.

    Aucune tribune ne sera donnée aux racistes, fascistes ou néo-nazis et leur soutien n’est pas le bienvenu. No pasarán !

     

    Une orga républicaine irlandaise ferme son claquet à l'"irlandomanie" de nos fafs BBR

    Une orga républicaine irlandaise ferme son claquet à l'"irlandomanie" de nos fafs BBR


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  • La conquête du Pouvoir populaire est l'objectif central de toute révolution. Dans les conditions de chacune, la tâche est de commencer à l'instaurer en partie, sous la forme de Comités populaires ouverts.

    Ces comités sont formés de cinq membres, appelés "commissaires" parce qu'ils sont commissionnés par les masses et révocables par elles à tout moment. Ils sont désignés par des Assemblées de Représentants qui elles-mêmes, lorsque cela est possible, sont élues par des Assemblées populaires de toute la population d'un village ou d'un secteur donné. Ils sont dirigés par le Parti et constitués de communistes, de paysans et d'autres forces progressistes locales. Leur mission est de commencer à créer une nouvelle politique, une nouvelle économie et une nouvelle culture dans les campagnes, comme préparatif pour pouvoir le faire à l'échelle de tout le pays.

    Parmi les cinq commissaires, le Secrétaire représente le Parti et le prolétariat (présent à la campagne essentiellement à travers le Parti). Le Commissaire de Sécurité, également membre du PCP, est chargé de la défense du Nouveau Pouvoir par la population locale dans son ensemble, organisée en milices, aux côtés des forces de guérilla locales et des forces principales de l'Armée de Guérilla Populaire. Cela signifie aussi se préparer au repli tactique des habitants de la zone en cas de nécessité. Il ou elle est également chargé-e des pouvoirs de police, et prend des mesures contre les contra-révolutionnaires qui attaquent le Nouveau Pouvoir et contre les criminels de droit commun qui nuisent aux masses. Le vol, la drogue, l'ébriété permanente, la prostitution, les jeux de hasard, les violences contre les femmes et les enfants, les viols et autres fléaux qui depuis si longtemps prospèrent sous la protection du vieil ordre établi, sont désormais réprimés.

    Le Commissaire à la Production dirige l'organisation de la nouvelle économie basée sur un nouveau type de relations sociales. La terre est divisée et répartie en premier lieu entre ceux qui n'en possèdent pas, et ensuite seulement, s'il reste quelque chose, entre ceux qui en possèdent peu, sur la base du nombre de membres de la famille. La terre est donnée à la famille dans son ensemble et non pas seulement aux pères de famille ou aux hommes en général (aux jeunes qui souhaitent quitter leurs parents et fonder leur propre famille est également donné de la terre). Mais si la possession de la terre est personnelle, les semences et les récoltes sont collectives et organisées par tous et toutes. Le Commissaire veille à ce que soient entretenues les terres des personnes âgées, des veuves et des enfants orphelins. Il ou elle organise également la production de la propriété directe du Comité, telle que l'élevage de volailles ou de cuyes (cochons d'Inde, équivalent du lapin là-bas), ainsi que les travaux collectifs d'irrigation.

    Des changements fréquents sont opérés dans les plantes et les céréales cultivées, afin de permettre aux Bases d'Appui (ensembles de plusieurs Comités populaires) d'être les plus autosuffisantes possibles. Le Comité s'occupe de la sélection scientifique des semences et de la diversification des récoltes. Avec les efforts pour remplacer les fertilisants chimiques dépendants de l'importation, tout ceci met fin à la nécessité de s'endetter. Ces mesures et l'abolition des fermages ("loyers" pour les terres agricoles) libèrent les paysans du lourd poids de la bureaucratie gouvernementale, qui depuis si longtemps suçait le sang de l'agriculture, et de la tyrannie des potentats locaux dont le pouvoir sur la terre, le contrôle du crédit et des intrants s'exerçaient de la manière la plus arbitraire. Ces nouvelles relations de production et d'échange, conçues pour satisfaire les besoins du Peuple et de la Guerre populaire, libèrent les forces productives de leurs entraves et améliorent la productivité. Dans certains cas se développent même des embryons de manufactures de vêtements et d'outils de travail, de sorte que les Bases d'Appui se font encore plus autosuffisantes.

    Les petits et moyens commerçants sont autorisés à poursuivre leurs importantes activités ; de fait, pour eux aussi c'est une libération. Mais les Comités populaires ouverts organisent aussi l'activité d'échange. Cela peut signifier, localement, une Foire populaire dans laquelle les marchandises peuvent se vendre directement du producteur au consommateur ou être troquées. Cela signifie aussi des convois de mulets qui puissent traverser sans risque les montagnes et permettre le commerce avec d'autres localités, car les Bases d'Appui ne peuvent pas non plus être totalement autosuffisantes et le Parti doit veiller à la solution de ce problème.

    À mesure que se renforce militairement la révolution, et que son pouvoir politique commence à être relativement consolidé dans un certain nombre de zones, ces questions économiques n'en sont que toujours plus cruciales. L'autosuffisance économique signifie l'indépendance vis-à-vis de la dette et de l'inflation, et l'opportunité de commencer à développer une économie qui nourrisse le Peuple au lieu de se nourrir de lui. C'est un élément clé pour la Guerre populaire, car sinon le Pouvoir révolutionnaire s'effondrerait et l'Armée révolutionnaire ne pourrait plus compter sur le Peuple pour se ravitailler. Ces changements font également partie de la préparation de l'avenir, lorsqu'un Pérou économiquement indépendant et militairement puissant pourra se maintenir fermement face à l'impérialisme et servir la révolution mondiale.

    Le Commissaire aux Affaires communautaires est chargé de l'administration de la justice. Cela veut dire organiser les procès populaires : un procureur présente les arguments du Comité, l'accusé a le droit d'assurer sa défense et de présenter des éléments à sa décharge, et en dernière instance ce sont les masses populaires qui écoutent et tranchent. Un autre exemple est l'organisation d'un comité de réparation des dommages entre paysans, de manière tournante. Si la vache d'un paysan endommage le champ semé de son voisin, le comité se charge d'assurer l'indemnisation du préjudice. La première fois, c'est un avertissement, la deuxième fois la vache est confisquée, la troisième fois elle est abattue et sa viande est partagée entre les habitants.

    Ce Commissaire célèbre également les mariages. Les personnes qui souhaitent se marier doivent amener deux témoins qui certifient qu'aucun des deux n'est déjà marié avec quelqu'un d'autre – ceci est la seule obligation. Les affaires de la communauté comprennent aussi le registre des naissances, l'approvisionnement du dispensaire médical populaire (avec des médicaments confisqués à l'ennemi et des plantes médicinales), les examens de santé des jeunes mariés et autres diverses choses.

    L'éducation est guidée par la conception communiste et liée au travail. Aux paysans sont enseignés les mathématiques de base, l'espagnol (que le PCP considère important pour s'ouvrir une fenêtre sur le reste du monde, mais la langue indigène n'est pas réprimée et il n'est pas cherché à l'anéantir), les sciences naturelles et l'histoire. Le Commissaire organise aussi les loisirs, parmi lesquels le sport, la culture (œuvres de théâtre ou spectacles de marionnettes), des célébrations pour les anniversaires révolutionnaires, et aide à l'organisation de la fête votive du village. Celle-ci est organisée comme une fête populaire – le Parti n'aide ni n'empêche d'autres célébrations à caractère plus religieux. Le Parti applique la politique qualifiée par Lénine de liberté de croyance au sens le plus large : il respecte le droit des gens à leurs croyances religieuses, mais se réserve par ailleurs le droit de lutter pour l'éducation au matérialisme dialectique.

    Le divorce est immédiatement concédé, dès que sollicité par un conjoint, sans conditions. Le Commissaire doit réussir à ce que le couple en séparation parvienne à un accord sur les enfants en général. Il essaye aussi d'aider à résoudre les conflits entre familiers, conjoints, ou parents et enfants, à travers un processus de critique et auto-critique. Si une femme souhaite s'en aller pour rejoindre l'Armée de Guérilla Populaire, et que ses parents ou son mari s'y opposent, dans tous les cas elle peut s'en aller. Le mari est prioritaire pour garder la charge des enfants s'il le souhaite ; dans le cas contraire, le Comité cherche et trouve une solution.

    Il y a aussi un Commissaire chargé de convoquer et organiser les réunions des organisations de masse dirigées par le Parti.

    Ainsi fonctionne un Comité populaire ouvert. Au long de la période ces Comités ont pu prendre des formes différentes, en accord avec le rapport de force entre révolution et contre-révolution dans une zone et/ou à un moment donné et avec la fluidité de la Guerre populaire, avançant ou refluant, apparaissant puis possiblement disparaissant pour réapparaître ensuite au même endroit ou ailleurs.

    Un ensemble de Comités populaires forme une Base d'Appui et l'ensemble de ces Bases d'Appui constitue la République de Nouvelle Démocratie en formation, matérialisation du Nouveau Pouvoir qui élimine et détruit le vieil État bourgeois et propriétaire terrien.

    Au travers du Nouveau Pouvoir, les masses s'éduquent révolutionnairement à l'exercice du pouvoir politique et acquièrent une conscience de classe pour elles-mêmes. De cette façon, la ligne de masse pour l'accumulation de forces au cours de la guerre révolutionnaire a pu s'appliquer grâce à la participation des masses à la lutte révolutionnaire et à la construction du Nouveau Pouvoir, étant destinataires de cette ligne les masses les plus profondes de la paysannerie pauvre et du prolétariat. C'est ainsi que des milliers d'ouvriers et de paysans péruviens se sont unis à la Guerre populaire.

    Pour l'année 1986, en dépit des tueries de masse perpétrées par les forces armées gouvernementales et les ronderos (milices supplétives contre-révolutionnaires) contre les paysans des Bases d'Appui, l'on comptait des centaines de ces Comités populaires fonctionnant pour la plus grande partie dans la Cordillère des Andes.


    https://revolucionobarbarie.wordpress.com/balance-del-ciclo-de-octubre/estudio-de-otras-experiencias-revolucionarias-destacadas/el-partido-comunista-del-peru-reconstitucion-y-guerra-popular/

    [Pour faciliter la compréhension des choses, il est possible de prendre cette page (peu glorieuse) de l'histoire du PCF :

    "Le 24 septembre 1922, un rapport fut adopté à l’unanimité par le 2e Congrès Interfédéral Communiste de l’Afrique du Nord, et disait que « ce qui caractérise la masse indigène, c’est son ignorance. C’est, avant tout, le principal obstacle à son émancipation ». Envisagée ainsi, « l’émancipation des populations indigènes d’Algérie ne pourra être que la conséquence de la Révolution en France ». « La propagande communiste directe auprès des indigènes algériens [...] est actuellement inutile et dangereuse. »"

    ... et de l'extrapoler à la situation péruvienne => au Pérou aussi, après la mort prématurée de Mariátegui (principal théoricien communiste de la situation coloniale du pays), pour la gauche "marxiste" à direction principalement criolla (blanche, coloniale espagnole, encore que ce soit là-bas moins une question d'apparence physique européenne que de mode de vie), le "principal problème" et "obstacle à l'émancipation" de l'"Indien" était son "ignorance" ; son seul salut l'intégration à la classe ouvrière des villes et le métissage tant biologique que culturel progressif ; et son émancipation "forcément" une "conséquence" de la "révolution", ou plutôt de la prise de pouvoir électorale ou par putsch militaire de cette "gauche"-là à Lima – la capitale créature du colonialisme espagnol séparé de la métropole en 1821.

    Au "mieux" on "pense très fort à lui" et on le célèbre de manière mythologisante, "bon sauvage" dans un sens, comme Haya de la Torre en son temps (avant de dériver toujours plus à droite pour tenter de gagner les élections) ou de manière plus contemporaine le mandarin et perroquet bavard Quijano (qui au moment d'aller au bout des conséquences de ses brillantes analyses, n'a pas fait grand-chose sinon des conférences "même dans le noir" et pérorer sur les massacres de Fujimori en renvoyant implicitement dos-à-dos le Pouvoir criollo assassin et la seule résistance armée et organisée conséquente face à lui).

    Jusqu'à ce qu'un jour de mai 1980, dans la campagne andine d'Ayacucho, brûlent les urnes de la collecte semi-décennale de bulletins de vote par les caciques politiques (y compris "de gauche") locaux... et commencent à se lever par milliers les ignoré.e.s et méprisé.e.s de toujours, sonnant l'heure du remembrement d'Inkarri, du retour de Tupac Amaru sous la forme de millions ("je reviendrai et je serai des millions") !]


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  • Haya, “En avant” en arabe, est l’extraordinaire chronique de la grève victorieuse des OS immigrés de Citroën Aulnay en avril et mai 1982.

     

     


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  • #AníbalQuijano

    https://es.wikipedia.org/wiki/An%C3%ADbal_Quijano

    Je peux tout sauf prétendre avoir une connaissance encyclopédique de l’œuvre d'Anibal Quijano. Mais disons qu'un membre (si j'ai bien compris) de la Gauche Unie péruvienne, ponte universitaire issu selon toute vraisemblance de la bourgeoisie blanche ou métisse claire et dont les étudiant.e.s qualifiaient de "petite secte d'halluciné.e.s" ce qui a été en réalité, malgré sa défaite finale face au "Plan Challe" du fasciste Fujimori, la PREMIÈRE GUERRE DE MASSE ANTICOLONIALE (anti-"semi-coloniale-semi-féodale" = contre le Pouvoir colonial criollo détaché de la métropole espagnole en 1821) du pays depuis Gabriel Condorcanqui dit Tupac Amaru II en 1780 ; contrôlant en 1990 près de la moitié de celui-ci (pas mal pour une "petite secte d'halluciné.e.s"...) ; j'ai nommé l'héroïque Guerre populaire du PCP "Sentier Lumineux"... je trouve ça un peu moyen quand même.

    Pour ne pas dire rageux de voir un mecton de 6 ans son cadet (Abimael Guzmán "Gonzalo"), finalement du même milieu social que lui (universitaire issu de la petite/moyenne bourgeoisie du province), trouver (lui !) le chemin de la véritable mobilisation des masses paysannes indigènes de l'Altiplano, qui depuis un demi-siècle restaient désespérément sourdes aux appels de la gauche socialiste et communiste même avec les discours les plus indigénistes qui soient - celle-ci ne touchant en réalité (et encore dans une mesure assez limitée) que les personnes parties vers le salariat industriel des moyennes et grandes villes (ce qui était encore une minorité de la population travailleuse dans les années 1980).

    Quijano me fait l'impression d'être un "indo-américaniste de gauche" dans la tradition de l'APRA originelle (Haya de la Torre, avant la dérive droitière, anticommuniste et finalement néolibérale) ; une pensée intéressante et historiquement nécessaire à un moment donné (pas la seule cependant : il y a Mariátegui), mais qui au moment d'aller au bout de toutes ses conséquences, et en particulier d'assumer la violence révolutionnaire totale pour la libération, recule.

    Nombreux sont les personnages qui, ayant eu une longue carrière militante politique, sont susceptibles d'avoir ce double aspect (on pourrait penser spontanément à Messali, encore que son hostilité réelle au déclenchement de la lutte armée et à la Toussaint 54 soit discutée par les historiens algériens, donc j'éviterai les affirmations catégoriques à ce sujet... mais bon vous voyez l'idée ; ou sinon Kautsky, qui "prophétisait" la révolution en Russie en 1902 pour finalement la vomir lorsqu'elle arriva réellement 15 ans plus tard).

    De los Andes hasta los mares /
    Rugen las masas embravecidas /
    Enarbolando bandera roja /
    Iniciamos la Guerra Popular !

    Desplegando las guerrillas /
    Va floreciendo la nueva aurora /
    Conquistando bases de apoyo /
    Derrochando heroicidad !


    Aníbal Quijano Obregón (Yanama, provincia de Yungay, 1928) es un sociólogo y teórico político peruano. Actualmente es director de la cátedra América Latina…
    es.wikipedia.org
     
     
     
     
     
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     #FiladeMaosTrotskosEnAllemagne

    Je crois que c'est surtout encore une fois un exemple du règne de la post-vérité internétique.

    L'ère des embrouilles inter-personnelles, entre petits groupes locaux, dont 100 personnes du ter-ter au grand maximum connaissent tous les tenants et les aboutissants, et qui se retrouvent propulsées-buzzées sur le Net à une échelle parfois internationale (comme c'est le cas ici), généralement transformées par celui qui saura le mieux faire sa victime en véritables "attaques fascistes"...

    En l'occurrence, ayant personnellement les contacts pour avoir la version de l'autre côté aussi, les maos ont également leur liste de griefs contre le groupe trotskyste (local hein, je ne pense pas que ça implique l'orga toute entière au niveau allemand) ; griefs qui vont jusqu'à ce qu'ils considèrent (vrai ou pas, vraiment grave ou pas) comme de la délation et du boulot d'indic (il est question d'exposition publique des identité, noms voire même adresses de membres de la JW).

    C'est ce qui aurait causé l'affrontement en se croisant par hasard lors de la nuit du Nouvel An, pas du tout prémédité, toujours selon la version des maos.

    Il y a eu un certain nombre d'affaires du même type ici en Hexagone, ces 2-3 dernières années... et même topo : on balance ses versions sur Internet, et celui qui tire (généralement) le premier le communiqué le plus auto-victimiste, le plus efficace à occulter ses propres torts, se gagne la solidarité du petit monde internéto-facebookien qui n'existe politiquement pratiquement que là ; tandis que ceux qui tardent au décollage passent pour des "soutiens d'agresseurs" quand ils essayent simplement de rétablir un peu les faits... Par contre, comme j'ai pu le constater dans quelques affaires où (j'aurais préféré ne pas l'être, ayant franchement mieux à foutre, mais) j'ai été vite fait impliqué, c'est que comme diraient les gens de QL "celleux qui luttent savent" (pas forcément tout, mais mieux en tout cas). En général, celleux qui sont un minimum impliqué.e.s dans un militantisme de terrain connaissent mieux le "genre" des protagonistes, ou du moins, ayant l'expérience d'embrouilles similaires, sont plus ouvert.e.s à entendre les différentes versions et à concevoir que les choses soient beaucoup plus compliquées que ce que les "victimes" racontent.

    Je ne pense pas, honnêtement, que le mouvement révolutionnaire anticapitaliste ait particulièrement sombré dans un syndrome d'épouvantable division depuis quelques années. Des ceci qui se tapent avec des cela, ça a toujours existé ; et bien souvent les relations exécrables entre deux groupes locaux ne reflètent pas exactement les relations qui peuvent exister entre les deux mêmes orgas, ou les deux courants idéologiques (souvent vastes et multi-facettes) respectifs à une échelle plus grande.

    La différence c'est que dans les années 70 ou 80, de minimis non curat praetor et ce genre de petits échanges de baffes locaux ne faisaient pas la une d'organes de presse révolutionnaires en ligne jusqu'à l'étranger...

    C'est un peu comme les photos de soi, vous savez : à cette époque, elles étaient dans un album rangé sur l'étagère. Pas sur Instagram à la poursuite des 10k likes...

    Il faut dire aussi que les organes de presse des organisations politiques s'adressaient moins à leurs militants (qui avaient des bulletins d'information internes) qu'aux masses, et certainement pas à une nébuleuse cyber-militante facebookienne. Masses qui auraient trouvé le fait de diffuser internationalement ce genre de faits encore plus lamentable que les faits eux-mêmes. Ce qui favorisait peut-être une forme d'auto-censure...

    Berlin. Agression contre des militant-e-s trotskystes

    Au cours de la nuit du Nouvel An, des militant-e-s de l’Organisation Révolutionnaire Internationaliste ont été victimes d’une violente agression à Neukölln, un quartier qui a été la cible de nombreuses attaques, ces derniers…
    revolutionpermanente.fr
     

    [* On pourrait d'ailleurs, je pense, me reprocher à moi certaines des choses que je critique ici.

    Le problème, tel que l'ont défini des dizaines de leaders révolutionnaires par le passé, c'est qu'à un moment donné, on est toujours un peu obligés de se battre sur le terrain défini par l'adversaire. Je pense qu'on rêverait tou.te.s, par exemple, d'un réel changement de société dans la non-violence. Mais on sait que face au Capital, ce n'est pas possible.

    Donc à un moment donné, quand TOUT LE MONDE fonctionne ainsi par "dossiers" et/ou communiqués publics sur ses petites embrouilles entre personnes et groupes affinitaires qui sautent à la rescousse de leurs potes, jusqu'à flirter avec la délation, si on veut (au moins) un peu rééquilibrer les faits, on est obligés d'aller sur le même terrain.

    La Jugendwiderstand va probablement répondre à ces accusations dans les prochains jours, et il y aura probablement des attaques ad hominem et de la semi-délation contre le groupe trotskyste. Mais maintenant qu'illes sont qualifiés de véritables nazis et que ça a buzzé jusqu'à l'étranger, il ne leur est sans doute pas possible de rester sans répondre.

    Contrairement à ce qu'on vous a appris à l'école, "c'est qui qui a commencé" est une donnée de toute première importance dans la vie...]

     

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  • "La lutte de l’émir afghan pour l’indépendance de l’Afghanistan est objectivement une lutte révolutionnaire, malgré le tour monarchiste des conceptions de l’émir et de ses partisans, car elle affaiblit, désagrège et sape l’impérialisme. Cependant que la lutte des démocrates et des "socialistes" à tout crin, des révolutionnaires et républicains tels que par exemple Kerenski et Tsérétéli, Renaudel et Scheidemann, Tchernov et Dan, Henderson et Clynes, pendant la guerre impérialiste (pour la défense de la patrie) était une lutte réactionnaire, car elle avait pour résultat de maquiller, de consolider, de faire triompher l’impérialisme" (Lénine)

    Voilà la seule position anti-impérialiste et internationaliste conséquente dans une lutte anticoloniale.

    PALESTINE : avoir sa préférence pour tel ou tel mouvement de résistance relève de la liberté de chacun-e ; mais le SOUTIEN À TOUTE LA RÉSISTANCE et le NON-RENVOI DOS-À-DOS de la résistance même "de droite" (si l'on veut schématiser ainsi) avec l'occupant en mode "deux fascismes", des quelques victimes des roquettes ou des attentats avec les milliers de mort-e-s des bombardements etc. etc., est une POSITION DE PRINCIPE exigée d'ailleurs par la fameuse (et sacro-sainte) gauche palestinienne que tout le monde (enfin, presque) trouve "safe" de soutenir.

    Ce n'est pas à nous, habitants et financeurs par nos impôts d'un État parmi les principaux soutiens de l'occupation israélienne, de la colonisation et de l'apartheid ; et pas près (à court terme) d'en finir avec lui et la bourgeoisie capitaliste-impérialiste dont il est l'appareil ; de dicter aux Palestiniens opprimés comment ils doivent lutter, sous quel drapeau, sous la direction principale de quelle organisation et idéologie (quelle que soit notre préférence à titre personnel).

    Quant à renvoyer dos-à-dos les principales forces de résistance, au prétexte d'"islamistes" (et pourquoi pas "nationalistes staliniennes" pour le FPLP, FDLP et compagnie tant qu'on y est, je suis sûr qu'il y en a qui y ont pensé...), et la violence raciste criminelle de l'occupant, c'est prendre le parti de ce dernier, tout simplement. Là, ça, ça me démange carrément d'en faire une ligne de démarcation et de déclarer ennemis politiques les tenant-e-s de ce genre de position !!

    Sans, encore pour cette fois, citer nommément personne... à bon entendeur.

    [Lire par exemple ici : http://anti-imperialiste.over-blog.org/article-a-propos-du-…

    "Sur la question palestinienne, la démarcation est claire et doit être inlassablement rappelée : en Palestine occupée il y a un oppresseur et il y a un opprimé. La critique éventuelle des conceptions qu’ont les opprimés – i.e. les forces palestiniennes qui résistent à la colonisation – n’a de sens que lorsque cette ligne de démarcation principale est clairement définie et assumée. En d’autres termes, la critique des conceptions du monde présentes dans les cerveaux des acteurs de la Résistance palestinienne est tout à fait légitime mais cette critique est subordonnée au soutien à cette même Résistance. À nos yeux par exemple, la domination de la Palestine est une affaire de lutte des classes à l’échelle locale et internationale et non un conflit ethnique et religieux. Toute conception pessimiste qui fait du conflit au Proche-Orient l’expression d’un conflit entre religions ou civilisations est erronée. Et il est évident que pour les tenants de l’Islam politique c’est le contraire qui est vrai. Mais en aucune façon la nature des conceptions du mouvement national palestinien n’est un préalable à la solidarité internationale, en particulier pour nous ici dans un centre impérialiste. (...) Les révolutionnaires soutiennent sans ambigüité les forces qui agissent et qui résistent objectivement à l’impérialisme sans pour autant nécessairement partager toutes leurs conceptions. En fait, dans une situation d’oppression, les idées qu’ont en tête ceux qui résistent ne constituent pas la question principale. Ce qui compte c’est ce qu’ils font. Ce qui compte, c’est leur lutte objective. C’est le point de vue du matérialisme historique comme l’a magnifiquement montré Engels dans La Guerre des Paysans en Allemagne."

    Ah et puis les histoire de "la droite et l'extrême-droite israélienne", on oublie aussi... La "gauche" sioniste est le plus grand foutage de gueule de l'histoire de l'humanité. Le Ministre de la Défense lors de la guerre-massacre de juillet-août 2006 au Liban s'appelait Amir Peretz. Quelques mois plus tôt... il avait été célébré comme une sorte de Corbyn local, le "retour de la gauche" à la tête du Parti travailliste israélien !]

     



    J'ai aussi partagé cet article sur FB :


    “Le principe, c’est qu’on soutient les luttes qui
    affaiblissent l’impérialisme français”


    ... Et bim !!!

    C'est là le typique exemple de ce que de très nombreuses personnes révolutionnaires, libérationistes des Peuples ou anticolonialistes pourfendent depuis des années : la THÈSE UTILITARISTE.

    "Soutenir" les luttes parce que ça "affaiblit" notre ennemi, autrement dit parce que ça nous SERT. Exactement le même raisonnement que tou.te.s celleux qui, depuis le Komintern comme l'"Opposition de Gauche" des années 1930 jusqu'à nos jours, ont pu dire "Vive les luttes des Peuples colonisés"... parce que ça affaiblit la bourgeoisie chez nous, notre ennemi direct. JAMAIS pour les Peuples opprimés qui luttent en tant que tels, parce que c'est JUSTICE, parce que c'est le sens de l'Histoire (la strangulation des Centres capitalistes par les Périphéries exploitées)... Parce que c'est la colonne vertébrale du système que nous disons combattre ; parce que (petits Blancs occidentaux vis-à-vis des Peuples colonisés d'outre-mer et des racisé.e.s ici même, petits bourgeois "dans le mouv" des métropoles vis-à-vis des "sans-dents" et des "illettré.e.s" des territoires relégués) nous aurions compris que le secret de notre impuissance est que notre râtelier, notre petit confort repose sur leur servitude et que (en véritables révolutionnaires) nous serions prêt.e.s à TRAHIR, à RENONCER à cela pour soutenir sans prétendre leur dicter leur agenda ces luttes nécessaires pour dynamiter ce système – et arracher l'humanité et la planète à la perdition vers laquelle il les précipite.

    Non, toutes ces luttes ne seraient en réalité (dans le fond) que des "notes discordantes dans le processus révolutionnaire (que l'on) voudrait contrôler" (Argala au sujet de la lutte basque et des partis "ouvriers" espagnols) ; des problématiques "gênantes" (des "cailloux dans la chaussure") dont il faudrait faire en sorte de se débarrasser au plus vite, en en "tenant compte" et en leur donnant "quelque chose comme ce qu'elles veulent" ; sans jamais cesser de chercher, bien sûr, à imposer son agenda au leur à la première occasion... et sans hésiter à les poignarder dans le dos lorsqu'elles ne veulent pas s'y prêter.


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  • Sur la question de l'abolition de l'esclavage "grâce" à la Révolution de 1848, donc des afro-descendants des colonies qui "devraient" leur liberté aux ouvriers de la métropole qui ont "fait" cette révolution : je pense qu'il n'y avait tout simplement aucune causalité, ni dans un sens ni dans l'autre.

    Le seul lien est que le système fRance dans sa globalité impériale avait atteint un point d'ingouvernabilité, avec une recrudescence des révoltes ouvrières et paysannes en Hexagone et des révoltes d'esclaves dans les colonies, mais sans coordination aucune ni même (à cette époque) solidarité voire simplement conscience de l'existence les unes des autres.

    Louis-Philippe est tombé, et à partir de là le système a dû reconstruire sa gouvernabilité en octroyant le suffrage universel masculin aux Blancs ET (enfin) l'abolition définitive de l'esclavage, c'est à dire la transformation des afro-descendants en métayers gardant genre 20% du produit de leur "propriété" (je sais pas exactement combien c'était, en Algérie en tout cas c'était 20% : la khamsa), ou en journaliers payés 4 sous par jour... Mais effectivement, une amélioration quand même et obtenue PAR LA PRESSION mise par les révoltes sur la gouvernabilité de la partie coloniale du système (pression extrêmement concrète, rappelons que la plus riche de toutes ces colonies - Haïti - s'était déjà faite la malle 40 ans plus tôt comme cela, à travers un soulèvement général des esclaves). Et nullement, par contre, par celle mise par les ouvriers et paysans blancs sur la gouvernabilité de la partie hexagonale européenne (il y avait déjà eu une révolution parisienne en 1830, sans abolition pour autant).

    C'est pourquoi d'ailleurs, en toute honnêteté, je pense que Marx himself fantasme dans sa Lettre à Lincoln qu'a dernièrement publiée Ribbe sur son site Une Autre Histoire (en plus d'être un texte prônant la colonisation des "terres vierges" par le "travail des émigrants"-colons blancs, autrement dit un texte anti-Premières Nations). Je ne crois pas du tout, en 1864, à une telle "conscience" des ouvriers européens que la libération des Noirs outre-Atlantique "servirait" la leur...

    Et quand bien même il y aurait vraiment eu une telle conscience... ça n'en reste pas moins une mauvaise chose. Ce n'est pas la même chose de soutenir une lutte parce qu'elle vise l'émancipation humaine COMME NOUS, et même une émancipation d'une oppression PIRE que la nôtre (lorsque l'on est capable d'avoir atteint ce niveau de conscience-là, de reconstruction du sentiment de commune humanité que le capitalisme détruit) ; et de soutenir une lutte parce qu'elle SERT la nôtre... Ça, c'est ce qui conduit systématiquement à vouloir dicter son agenda aux autres. Genre en 1928, l’Étoile nord-africaine, cool ça "affaiblit le Grand Capital impérialiste" donc ça nous rend service => on soutient. Par contre en 1936, soutenir l'ENA c'est un obstacle au Front populaire avec les radicaux et les socialos => hop, on soutient plus (et ceux qui insistent deviennent des "hitlériens")*.


    [* « Ceux qui, n’ayant rien compris ou rien voulu comprendre à la situation politique en France, et dans le monde, voudraient voir se dresser, aujourd’hui même, les peuples coloniaux dans une lutte violente contre la démocratie française sous le prétexte de l’indépendance, travaillent en réalité à la victoire du fascisme et au renforcement de l’esclavage des peuples coloniaux ». Cahiers du Bolchevisme, Deloche - lire ici :
    http://www.etatdexception.net/eradiquer-les-fascistes-basa…/ ]

    Sur la question de l'abolition de l'esclavage "grâce" à la Révolution de 1848


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  • Les forces de police franco-espagnole ont mené plusieurs interpellation vendredi aus sein de l'organisation clandestine et séparatiste basque espagnole ETA. Une… 
    lexpress.fr


    Le président d’honneur de la Ligue des droits de l’homme, annoncé un temps comme l’un des interpellés, a expliqué au « Monde », qu’il aurait dû se trouver sur…
    mediabask.naiz.eus|Par Mediabask
     
    Ils ont répondu présent à Bayonne en faveur de la paix 
    Environ 4 000 personnes sont venues apporter leur soutien, aujourd'hui à Bayonne, aux cinq personnes arrêtées à Louho...
    mediabask.naiz.eus|Par Ximun Larre
     

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  • "La classe n'efface pas la race" : c'est ce que ne cessent de répéter les militants décoloniaux, et que démontre l'évidence de manière récurrente.

    Mais c'est aussi quelque chose que rechignent à admettre beaucoup de camarades, blancs mais aussi racisés, disons "marxistes purs et durs". Essayons donc d'avoir une analyse MATÉRIALISTE de la réalité de cette "distorsion" de la hiérarchie de classe par le paramètre racial, c'est-à-dire, en dernière analyse, le reflet dans les conceptions hégémoniques et tous les rapports sociaux de cette DIVISION INTERNATIONALE DU TRAVAIL qu'est la division entre Blancs et non-Blancs. Vous allez voir, c'est en réalité très simple.

    Qui sont les non-Blancs riches, ou du moins aisés ? Il est possible de dire sans se tromper que 99,99% rentrent dans les 3 catégories suivantes :

    - Des dignitaires ou enfants de dignitaires de leurs propres pays colonisés ou néocoloniaux. En Amérique latine, déjà, ce sont généralement des Blancs (caste criolla de colons espagnols + d'immigration européenne diverse, séparés de la métropole au 19e siècle) => out du sujet, illes sont "de la maison". Ailleurs, ce sont des indigènes COOPTÉS par l'impérialisme et à son service, des "courroies de transmission" de sa machine. Lorsqu'illes viennent "faire un tour par ici", ou même s'y installer pourquoi pas, pour y dépenser beaucoup d'argent et y payer beaucoup d'impôts, illes sont reçu.e.s avec les égards dûs à leur rang - quitte à privatiser pour elleux des portions de littoral, ou des boutiques entières des Champs Élysées. Mais attention ! Qu'illes ne viennent surtout pas se MÊLER DE NOS AFFAIRES, surtout de POLITIQUE ; nous dire ce qu'on doit faire... ou nous demander des comptes. Illes doivent rester dans leur rôle (de courroies de transmission, de commis, bref SERVILES et obséquieux). C'est l'expérience qu'a pu faire par exemple Rama Yade (fille de dignitaires sénégalais, pourtant engagée plutôt à droite politiquement). Ou n'importe quel dignitaire de n'importe quel pays du Sud global (Algérie par exemple) qui viendrait rappeler à la fRance ses crimes coloniaux, ou pointer du doigt le traitement de ses compatriotes d'origine dans les quartiers... Christiane Taubira représente un croisement de ce cas et de celui d'une personne d'origine modeste qui s'est hissée socialement par ses propres efforts, que nous verrons plus loin (de surcroît elle a longtemps été d'engagement politique anticolonialiste et indépendantiste, elle s'est grandement "rangée" depuis mais est restée un "caillou dans la chaussure" des tenants de la suprématie blanche).

    - Des représentant.e.s d'économies émergentes, comme Mittal ou les Qataris, Asiatiques etc. etc., c'est-à-dire des fortunes bâties peut-être (pas toujours) comme "courroies de transmission", mais qui s'indépendantisent et ne sont pas exactement réductibles à ce rôle (et puis, sans "monter" jusqu'à un tel niveau, des gens qui auraient accédé à une bonne situation dans de telles économies - il y a de plus en plus une "jolie" classe moyenne dans tout un tas de pays d'Afrique, d'Asie, du monde arabe ou d'Amérique latine, bref des "Trois Continents").

    Mais justement... ces "économies émergentes" sont un phénomène ABSOLUMENT INSUPPORTABLE aux yeux de l'Occident, dont elles sont un symbole du déclin !! Ces individus vus comme des concurrents dans la guerre économique, concurrents d'autant plus insupportables qu'ils bousculent "l'ordre des choses" voulant que les décideurs économiques de la planète soient européens ou nord-américains, qu'ils ne sont pas (en somme, là encore) "restés dans leur rôle", ne risquent évidemment pas de bénéficier de représentations dominantes positives. Genre, qu'ils sévissent en Afrique ou en Lorraine, ils vont être présentés comme des "ogres" économiques au point de presque nous laisser croire, le temps d'un instant d'égarement, que nos transnationales tricolores sont des organismes de bienfaisance. Genre.

    Ces deux premières catégories sont (donc) des cas de bourgeois non-blancs "du bled", directement des pays colonisés ou néocoloniaux.

    - Troisième catégorie, les riches ou du moins "petits bourgeois" D'ICI, né.e.s ici.

    Né.e.s ici c'est-à-dire... né.e.s prolos, ou du moins de parents né.e.s tel.le.s. Soyons sérieux deux minutes : connaître l'histoire de l'immigration coloniale en Hexagone, c'est savoir qu'il est impossible de remonter jusqu'aux grands-parents (grand maximum) sans trouver des prolétaires, l'usine ou le chantier, la cité voire le bidonville. C'est le cas de Benzema ou de Rachida Dati, ou de n'importe qui ayant échappé aux filières techniques pour accéder à la fac et, derrière, à un job stable et correctement payé. Là, la situation est celle d'être perpétuellement vu.e comme "illégitime", "intrus", entré.e "par effraction" dans un milieu où l'on n'est pas censé.e être.

    Et ce n'est pas qu'une question d'"évasion" du prolétariat EN SOI, car on ne retrouve pas cette situation chez les enfants ou petits enfants de prolos en général, de prolos immigrés italiens ou portugais en particulier (ou migrants ou pas des "provinces" les plus périphériques de l’État bleu-blanc-rouge), pour qui l'"ascenseur social" reste et demeure un symbole du "modèle républicain"... mais n'est pas "censé" fonctionner pour celleux issu.e.s de l'immigration coloniale ; plus exactement, il DOIT être "en panne" pour celleux-ci afin de pouvoir correctement fonctionner pour les autres (lien de conditionnalité). Bien entendu, à moins d'assumer ouvertement des lois d'apartheid (ce qui la foutrait mal, tout de même...), il n'est pas possible d'empêcher qu'une petite minorité y arrive tout de même ; trouve en quelque sorte... la porte de l'escalier de service, et le monte. Mais une fois arrivé.e.s "en haut", donc, leur sanction sera d'être en permanence renvoyé.e.s à "là d'où illes n'auraient pas dû sortir".

    Il n'est donc tout simplement pas possible de parler de petit.e.s, moyen.ne.s voire grand.e.s bourgeois.es "comme les autres". Il y a un paramètre fondamental de distorsion.

    Il ne s'agit bien sûr pas (je vois venir les procès d'intention, me faire dire ce que je n'ai pas dit) de dire que le racisme est vécu strictement et exactement de la même manière que dans les quartiers populaires ; que l'argent et/ou autre forme de capital (réseaux relationnels etc.) ne protègent pas au moins de ses manifestations les plus violentes dans une plus ou moins large mesure.

    Il ne s'agit pas non plus d'excuser tout ce qui peut être fait EN TANT QUE BOURGEOIS (comme Mittal en Lorraine) ou dignitaires de colonies ou néocolonies. Il ne s'agit pas, puisque certain.e.s ne pourront sans doute pas résister à ce genre de point Godwin, de dire que les dirigeants actuels de la totalité des pays arabes ne sont pas des pourris ou que Sassou-Nguesso n'est pas un satrape fasciste (À CONDITION de ne pas occulter la main impérialiste occidentale - ou russe, parfois - qui tire les ficelles de ces personnages par derrière).

    Mais il s'agit de faire ce simple constat qu'à côté de la division sociale bourgeois/prolétaires dans chaque pays (à commencer, puisqu'elle y est née, par nos pays blancs occidentaux), il y a une division INTERNATIONALE (séculaire) du travail qui subordonne EN PRINCIPE la totalité du monde non-blanc (impérialiste, si vous voulez) à la totalité du monde blanc (colonial et semi-colonial, si vous voulez) ; et qui rend "intolérables" les "évadé.e.s" de ce schéma.


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  • http://www.vp-partisan.org/article1697.html

    Interview de volontaires du Bataillon International de Libération au Rojava - OCML Voie Prolétarienne

    À l'automne, nous avons interviewé deux volontaires révolutionnaires français partis se battre au Rojava, André et Jacques. Les deux ont combattu dans (...)
    vp-partisan.org
     

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  • Article plutôt trotskyste de toute évidence, c'est-à-dire donc un peu gonflant dans le Staline-ceci-Staline-cela (la bonne vieille personnalisation trotskyste de tous les problèmes de l'expérience soviétique quoi, oubliant soigneusement les racines desdits problèmes dans la période pré-1922 où Trotsky dirigeant de l'Armée rouge était le n°2 de l’État - genre Zinoviev il était bien "trotskyste" non ? Zinoviev du Congrès de Bakou, dont Sultan Galiev avait déjà été écarté... et en matière de "primauté absolue de la révolution prolétarienne en Occident sur la révolution coloniale", vous m'excuserez mais bon, Trotsky... si c'est le même Trotsky qui s'est pris dans les dents par Lénine, sur la question paysanne, des critiques tout à fait transposables aux nationalités paysannes des 'marges impériales'... bon j'arrête là).

    Mais bon, BEAUCOUP DE CHOSES TRÈS VRAIES AUSSI... qui par conséquent ne plairont pas au camp (par contre) des "adorateurs". Désolé. "Adorateurs" qui ne manqueront (peut-être) pas de venir avec leurs Sultan-Galiev-ceci-Sultan-Galiev-cela, comme si une pensée de la PRIME ENFANCE du marxisme appliqué à la révolution anticoloniale pouvait être parfaite et exempte d'erreur : BIEN SÛR qu'à la simple lecture de ce document, qui ne cache rien ou pas grand-chose, on voit bien qu'il y a des choses qui ne vont pas. Mais il faut (dans la vie) savoir contextualiser les choses, en ayant par exemple à l'esprit qu'il s'agissait là d'une des premières tentatives de "parler le marxisme dans la langue des peuples colonisés".

    Notion de première tentative que nous n'avons (nous "mao-stals") pas de mal à rappeler au sujet de Staline, lorsque nous répliquons avec les mots de Mao que "certaines (erreurs) étaient difficilement évitables en l'absence de tout précédent dans la dictature du prolétariat auquel on pût se référer"...

    L'on pourrait encore par exemple parler de Mariátegui, autre pensée fondamentale (pour l'Amérique latine - en particulier andine - cette fois) de cette "traduction du marxisme en langue colonisée", qui n'a pas non plus été exempt de trucs tendancieux, comme ses propos peu amènes sur les Afro-Péruviens ou le fait qu'une fois caractérisée l'arriération économique du pays (comme reposant sur la question agraire qui est aussi une question coloniale et indigène), il voit comme principal problème de celle-ci qu'elle "ne permet pas une véritable immigration européenne", propos bien dans l'esprit et cherchant (sans doute) à se conformer aux marxistes locaux de l'époque, marxistes généralement criollos (BLANCS) qui appelaient de tous leurs vœux cette immigration européenne vue comme une importation de travailleurs à qui ils SAVAIENT PARLER... bref, si on veut lui chercher des poux on en trouvera ! Mais tout ceci n'empêche aucunement qu'il ne nous vienne PAS UNE SEULE SECONDE À L'ESPRIT de nier le géant de la pensée marxiste qu'a été Mariátegui. Alors pourquoi lui et pas un autre ?


    L’idée du communisme musulman : à propos de Mirsaid Sultan Galiev (1892-1940) – Période

    L’idée du communisme musulman : à propos de Mirsaid Sultan Galiev (1892-1940) Matthieu Renault À travers…
    revueperiode.net

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  • Bon ben Fidel est mort... Depuis qu'il avait définitivement choisi l'URSS vers 1968, les maoïstes ne l'aimaient pas trop. J'ai cependant toujours voulu prêcher, moi, pour une position un peu raisonnable et équilibrée : http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/che-guevar…

    Alors il y avait des problèmes, c'est sûr, mais ce sont tout simplement les problèmes du 'socialisme réel' qui se sont posés dans tous les pays (et peut-être à Cuba bien moins que dans d'autres). Et le final, depuis 1992 en fait et plus encore depuis quelques années, s'oriente vers la même chose : ''l'ouverture''... Ici un texte génial d'un jeune communiste de là-bas à ce sujet : Cuba à l'heure de l'"ouverture"

    ''Lesmaterialistes'' vont sûrement nous pondre un article pour nous dire que c'était un ''fasciste'', mais leur idole Gonzalo, pour être très critique, ne tenait pas pour sa part de tels propos outranciers (ici une interview de lui, il y a une question consacrée à Cuba : http://ekladata.com/Document1.pdf ; ou encore ce texte du PCP de 1970, parlant de "voie petite-bourgeoise" dans un moment de grande colère qui était celui de l'échec de la stratégie cubaine foquiste, dans laquelle des milliers de révolutionnaires valeureux avaient perdu la vie pour rien, ce que le PCP n'était pas du tout le seul à critiquer - à juste titre - à cette époque) [ça y est la vomissure est sortie, bien qu'on n'y trouve pas le mot "fasciste" cette fois-ci (contrairement à l'article sur Mandela), histoire de nous faire chier certainement lol].

    Fidel est tout simplement (effectivement) à classer avec les Mandela, Arafat ou encore Chávez dans la catégorie des leaders du Sud global qui auront finalement été des RÉFORMISTES. Mais là-bas pour les Peuples cela représente déjà des avancées énormes, et qui surtout ne se font pas comme ici sur le dos de l'exploitation impérialiste... du Sud global mais justement au détriment de celle-ci, l'obligeant à céder du terrain, à PERDRE des parts du produit national accaparé qui seront mises au service du bien-être de la population (la haine des impérialistes, à moins qu'ils n'aient trouvé un compromis vraiment acceptable comme avec Mandela, est là pour en témoigner).

    Il peut et même doit y avoir des critiques révolutionnaires envers ces leaders, émanant du Sud lui-même ; mais ces critiques ne sont pas là pour venir servir les masturbations sordides de petits bourgeois gauchistes occidentaux en quête d'une manière "plus-révolutionnaire-que-moi-tu-meurs" de couvrir de merde les expériences populaires anti-impérialistes à travers le monde...


    Lire aussi :

    Fidel Castro nous a quittés (Unité Communiste Lyon)

    Communiqué de la RBC à la nouvelle de la mort de Fidel Castro

    Fidel Castro est mort - Saluons le révolutionnaire anti-impérialiste (PCm Italie)

    Sur Castro et le castrisme (PC maoïste)

    Décès de Fidel Castro : hommage de la Gauche indépendantiste bretonne

    Fidel Castro (1926-2016) (Quartiers Libres, texte d'Eduardo Galeano)

    Introduction de Saïd Bouamama à son ouvrage sur la Tricontinentale

    La mort de Fidel Castro vue de Martinique et de Guadeloupe (recension de textes par Breizhistance)

    Castro, un panafricaniste fidèle à l'Afrique (Ligue panafricaine - UMOJA)

    Très intéressant aussi : Cuba / Angola, la bataille qui mit fin à l'apartheid

    Ou encore : 7 raisons pour lesquelles les Noirs aimaient Fidel Castro

    Par rapport à la question de l'homophobie (grand 'argument' des décompos gauchistes anticommunistes en ce moment - illes en trouvent toujours un de toute façon, mais là c'est celui-là) : Droits LGBT à Cuba (Wikipédia)


    Addendum :

    Parler de "révolution bourgeoise" au sujet de Cuba ou de n'importe quel pays du Sud global, dans la seconde moitié du 20e siècle, n'a STRICTEMENT AUCUN SENS et montre bien la farce de "marxisme" et les "anti-impérialistes" en carton que sont les gens qui emploient ces termes.

    L'ère des "révolutions bourgeoises", phénomène au demeurant strictement OCCIDENTAL/blanc (à l'exception peut-être des "demi"-révolutions du Japon et de Turquie, entre la fin du 19e et le début du 20e siècle), est CLOSE depuis près d'un siècle et demi.

    Ce qu'il y a dans le Sud global, les Trois Continents, le monde COLONISÉ (ou "protectoralisé" de diverses manières), ce sont comme premières étapes de la marche vers l'émancipation communiste des LIBÉRATIONS NATIONALES populaires, démocratiques ("de nouveau type" comme disaient les communistes chinois), anti-impérialistes ; des révolutions ANTICOLONIALES. C'est ce qu'il y a eu à Cuba en 1959.

    Ce qui peut varier ensuite c'est la RÉUSSITE ou pas de ces révolutions ; autrement dit la capacité à échapper à la RE- (néo-) COLONISATION ; et il est malheureusement vrai, mais c'est normal au stade de l'ENFANCE d'un processus forcément prolongé, qu'à ce jour nous ne pouvons pas observer dans le monde de véritable "réussite" : le Capital impérialiste a toujours réussi à remettre la main sur les pays et les Peuples qui s'étaient levés contre lui (mais au moins y a-t-il eu des EXPÉRIENCES RÉVOLUTIONNAIRES, contrairement au monde occidental blanc industrialisé, impérialiste, où les travailleurs sont restés prisonniers du réformisme financé -précisément- par la surexploitation du Sud et où il n'y a rien eu de cela, même lorsque c'était possible en 1945). Lorsque ceci est le cas, effectivement, les anciennes directions révolutionnaires (éliminant au besoin les éléments "droits dans leurs bottes") tendent à se convertir en BOURGEOISIES BUREAUCRATIQUES compradores (intermédiaires/"gérants" des intérêts impérialistes).

    À Cuba, le problème et la SEULE CRITIQUE VALABLE qui peut être adressée d'un point de vue autre que décompo ultra-gauche, c'est de s'être liés et rendus beaucoup trop dépendants de l'Union soviétique (à l'encontre des positions du Che, notamment) et d'être ainsi par conséquent soumis, depuis l'effondrement de celle-ci (1991-92), à une recolonisation "en douceur" qui pourrait bien à présent devenir brutale, maintenant que le symbole Fidel a disparu.

    Aucune autre critique n'est recevable ; et dire que Cuba a mené une révolution "bourgeoise" qu'il faudrait critiquer mais enfin quand même soutenir un peu, "fin oui mais enfin bon vous comprenez...", est un non-sens total d'un point de vue marxiste (à la limite, mieux vaut encore le pathétique dans la clarté des positions ultra-gauche style "c'est pas l'pouvoir ouvrier", "et l'homophobiiiiie alors", "ils foutent en taule les opposants bouuuuh" etc. etc.).

    [PS : hahaha MDR quand les gens modifient leurs articles une fois qu'ils ont lu ce genre de critique]


     
    "Les aigles peuvent parfois voler plus bas que les poules, mais les poules ne s'élèveront jamais à la hauteur des aigles" (V.I. Lénine, au sujet de Rosa Luxembourg)…
    servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com


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    #MacronCeGrosMarxisteLol

    Encore des punchlines réseaux sociaux (pour finir novembre)Enfin ''lol'' bon, c'est marrant qu'à moitié, voire même pas. Voire pas du tout en fait.

    Mais c'est un fait que les derniers propos de Macron sur la colonisation sont en réalité tout à fait conformes à un certain marxisme primitif. Enfin, ''primitif'', façon de parler... Car c'est encore ce qui formate le raisonnement d'une grande partie de l'extrême-gauche actuelle, et rend par conséquent cocasse sa ruée sur l'ancien Ministre de l'Économie.

    Ce qu'il dit en gros c'est que la colonisation a été ''un mal pour un bien''... Or Marx et surtout Engels, vers 1850, ne disaient pas autre chose : oui c'est affreux, oui ça charrie les cadavres et les atrocités, mais ces pays entrent ainsi de plain pied dans la modernité capitaliste, ce qui met la révolution socialiste à l'ordre du jour.

    Le problème c'est que plus de 150 ans d'eau, de réflexions et d'analyses marxistes, mais surtout de FAITS ont coulé sous les ponts... et l'on sait aujourd'hui qu'il n'en est absolument rien.

    Marx et Engels étaient ''imminentistes'' : la révolution ouvrière mondiale était (pensaient-ils) IMMINENTE, elle devait survenir avant la fin de leur siècle (le 19e), et en s'étendant et ''capitalisant'' ainsi toute la planète le capitalisme ''hâtait'' cela, ''creusant sa propre tombe''.

    Bien entendu, l'avant-garde de cette révolution mondiale imminente devait naturellement être les pays les plus anciennement et fortement industrialisés, autrement dit les ''nations civilisées''.

    Un siècle et demi plus tard, nous voyons bien que cela n'a pas du tout été le cas. À travers l'impérialisme, le capitalisme n'a fait que se renforcer de décennie en décennie et il est toujours bel et bien là. Il a acheté la paix sociale dans les métropoles anciennement et fortement industrialisées, ''civilisées''.

    Surtout, nous avons pu constater de visu que l'avant-garde révolutionnaire mondiale était SYSTÉMATIQUEMENT dans les pays les plus ''fraîchement'' capitalisés, d'abord le vaste Empire russe féodal (et... colonial en Sibérie, en Asie centrale et dans le Caucase), puis clairement et définitivement le monde non-blanc colonisé : Chine, Vietnam, Cuba puis Pérou, Philippines, Anatolie, aujourd'hui Inde etc.

    Mao l'explique très clairement :

    "Il est très difficile de faire la révolution et de construire le socialisme dans les pays occidentaux, car dans ces pays l'influence pernicieuse de la bourgeoisie est très profonde et s'est déjà infiltrée partout. En Chine, la bourgeoisie n'existe que depuis trois générations tandis que dans les pays comme l'Angleterre ou la France, elle existe depuis des dizaines de générations. Dans ces pays la bourgeoisie a une histoire vieille de 250 à 260 ans, voire de plus de 300 ans ; l'idéologie et le style de travail bourgeois ont des influences partout et dans toutes les couches sociales. C'est pourquoi la classe ouvrière anglaise ne suit pas le Parti communiste, mais le Parti travailliste.

    Lénine a dit : "Plus un pays est arriéré, plus difficile est son passage du capitalisme au socialisme". Vue d'aujourd'hui, cette thèse n'est pas correcte. En réalité, plus un pays est arriéré économiquement plus son passage du capitalisme au socialisme est facile, et non difficile. Plus un homme est pauvre, plus il veut la révolution. Dans les pays capitalistes occidentaux, le niveau de l'emploi et les salaires sont plus élevés et l'influence de la bourgeoisie sur les travailleurs est plus profonde. Dans ces pays, la transformation socialiste est moins facile qu'on ne le croit."

    Certes, nous avons pu constater aussi que la révolution au cœur des Centres impérialistes est également importante, parce que c'est un peu comme les tiques dont le corps se reforme si on ne détruit pas la tête : si les métropoles restent intactes, avec leur paix sociale achetée grâce à la sueur et au sang des Peuples impérialisés, elles parviennent tôt ou tard à RE-(néo-)COLONISER les pays du Sud global qui ont tenté de s'arracher à leur emprise.

    Les plus grands et puissants de ces États (comme l’État français) sont construits historiquement comme des "nations" factices en réalité PLURINATIONALES, des PRISONS DES PEUPLES : c'est un ferment de désintégration possible, et même essentiel.

    Mais surtout, la révolution mondiale dont le vent souffle du Sud possède dans ces pays un fer de lance, un "vecteur" évident qui est la force de travail qui a dû être IMPORTÉE dans le cadre de l'expansion économique des années 1950-60-70 : celleux que l'on appelle les racisé.e.s, parqués en ghettos et soumis quotidiennement au racisme structurel. Il suffit d'ouvrir les yeux pour voir qu'il s'agit là de la force dont le Pouvoir du Capital veut à tout prix empêcher l'émergence... [les États-Unis ou encore le Canada sont quant à eux nés en tant que colonies britanniques et ont toujours eu directement à l'intérieur de leurs frontières, depuis l'origine, des Peuples colonisés : Natifs américains, Natifs métissés hispanophones de la moitié du Mexique annexée en 1848, et évidemment les descendants d'esclaves amenés d'Afrique, + les Asiatiques amenés eux aussi comme semi-esclaves pour l'aménagement de l'Ouest, et toute l'immigration latino-américaine ou afro-caraïbe du 20e siècle, ce qui mis bout à bout représente désormais 40% de la population et la principale "dynamite" à l'intérieur de cette Citadelle impériale].

    Ceci étant dit, et en attendant, beaucoup de celleux qui se ruent sur Macron (qui ne fait que se réjouir DANS LA LOGIQUE DE SA CLASSE de la conquête de ces pays par la "modernité" capitaliste) feraient mieux de ne PAS TROP LA RAMENER, vu combien leur "marxisme" en est resté FONDAMENTALEMENT à ces conceptions du 19e siècle que nous avons vues précédemment... et que même Marx et Engels, au demeurant, ont commencé plus tard dans leur longue vie politique à remettre en question (quand Marx envisage par exemple que la paysannerie "communautaire-collectiviste" de l'Empire russe n'ait pas besoin de passer par les affres du capitalisme pour accéder au communisme https://bataillesocialiste.wordpress.com/…/1881-03-projet-…/, ou quand Engels se rend compte de l'"embourgeoisement" de la classe ouvrière anglaise au travers des bénéfices tirés de l'Empire http://wikirouge.net/Aristocratie_du_travail#Engels, etc. - lire ici une étude globale de cette évolution).

    *****************************************************************************************************************

    Ah tiens, Aymeric CHAUPRADE ex-grand intellectuel organique du FN, dont je savais qu'il avait eu des problèmes pour des déclarations sur l'islam ("problème de forme, pas de fond" selon les cadres du parti à l'époque), mais pas qu'il avait démissionné... SOUTIENT FILLON maintenant.

    Voilà. Je pose ça là.

    Aymeric Chauprade: "Fillon peut bloquer l'accès du second tour à Marine Le Pen"

    Trois questions à l'ancien conseiller de Marine Le Pen aux questions internationales,
    aujourd'hui député européen (non-inscrit) sur la primaire de la… lexpress.fr


    Voilà qui confirme encore ce que j'ai dit et répété plusieurs fois ces dernières années : le "fond de l'air noir", le "Mai rampant de droite" depuis en fait le début du millénaire (toutes les campagnes des dernières années de Jospin, sur l'"insécurité", contre le PACS etc. etc. qui avaient fini par mettre Le Pen au second tour), c'est cette "droite décomplexée" qu'a réussi cette fois à incarner Fillon (alors qu'il avait plutôt incarné le contraire en 2012 face à Copé, qui s'est entre temps grillé avec ses histoires de pains au chocolat et autres âneries, et même entre 2007 et 2012 face à Sarkozy, grillé lui par son bilan et ses affaires de magouilles).

    Le FN, ils vont tenter de nous l'installer dans le rôle du PC révisionniste des années 60... un "gardien" des classes populaires "dans les clous" de l'ordre bourgeois, et qui lui, en plus (contrairement à son prédécesseur), ne fait pas de grèves !

    Les "têtes" comme Chauprade l'ont compris, et il serait d'ailleurs intéressant de savoir ce qu'en pense par exemple Guillaume Faye, autre "intellectuel organique" de la droite radicale, qui a globalement la même position et les mêmes doutes sur la capacité du FN à gouverner...

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    Les Kurdes, c'est comme les Palestiniens : ils ne SONT PAS le problème que peuvent être en revanche certains de leurs soutiens à l'étranger.

    Les Palestiniens ont d'ailleurs des soutiens encore bien pires (pas la peine de faire la liste, on la connaît). Cela n'invalide en rien, pour autant, la légitimité de leur lutte.

    Les Kurdes, qui ont (oui) l'appui aérien des impérialistes occidentaux, ont en Occident énormément de soutiens islamophobes, OUI, de gauche comme de droite (bien que ces derniers aient tendance à préférer les chrétiens, ou l'État kurde autonome - indépendant de fait - bourgeois et ouvertement pro-impérialiste d'Irak).

    Il faut avoir la méfiance la plus maladive pour celleux qui affichent aujourd'hui et depuis 2-3 ans environ un soutien exalté à Rojava ; quand il s'agit pour citer un exemple de gens qui attiraient l'attention il y a quelques années sur l'importance numérique des musulmans religieux visibles dans une banlieue lyonnaise, ou qui invitaient au "whitesplaining" quant à l'"affrosité" d'un intellectuel musulman connu dans une réunion-débat sur Gaza alors que la présence à la même réunion de Stéphane Hessel, grand bourgeois alter-impérialiste en mode gaulliste de gauche, ne semblait pas nécessiter à leurs yeux un quelconque "classplaining".

    Il est important aussi de relayer et de faire connaître les critiques "de proximité" (maoïstes de l’État turc, par exemple) quant aux limites idéologiques du processus.

    Mais le fait est que si en Syrie tout le monde se bat AVEC L'AIDE de quelqu'un (impérialistes ou puissances régionales), les seul.e.s qui se battent UN PEU POUR LE PEUPLE sont les Forces démocratiques syriennes (FDS) autour des YPG kurdes de Rojava. L'"opposition modérée", l'ASL, les forces de type Frères Musulmans ou Al Qaïda se battent pour Erdogan, le Qatar, les Saoud et l'Occident, avec l'aide de ceux-ci. Assad se bat avec l'aide de la Russie et de l'Iran pour sa caste militaire baathiste. Daesh se bat pour ses financeurs du Golfe et la bourgeoisie daeshiste, qui n'est autre que la bourgeoisie sunnite irakienne pro-Saddam transmutée (qui rêvait de se venger de la Syrie depuis sa "trahison" lors de la Guerre du Golfe en 1990). Seules les FDS se battent (un peu) pour les intérêts populaires, avec (certes) l'appui aérien occidental et (donc) le soutien international d'islamophobes, mais aussi l'aide très concrète de milliers de volontaires communistes et autres révolutionnaires (liens : 123 - 4).

    C'est cela qui est déterminant et qui doit nous déterminer, et non le fait que ce soit (enfin !!!) la lutte "safe" tant rêvée pendant toutes ces années passées avec ces foutus Palestiniens ou Irakiens ou Afghans tout vilains islamistes barbus baaah pas beaux ; une lutte "facile" (intellectuellement) à soutenir d'un point de vue occidental de petits bourgeois à l'échelle-monde ; logique qui en ferait effectivement, pour une certaine gauche, l'équivalent des chrétiens d'Orient pour une certaine droite...

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    La gauche révolutionnaire abertzale ne lutte pas pour l'"autodétermination du Pays Basque" (en gros, un référendum où serait décidé le statut et l'avenir du pays, un peu comme le mouvement qu'il y a actuellement en Catalogne). Les choses sont pour elle "déterminées" depuis plus de 50 ans.

    La gauche révolutionnaire abertzale lutte pour un Pays Basque (Euskal Herria) LIBRE, réunifié (il est actuellement divisé entre la Communauté autonome de Bilbao - sa capitale économique, le siège des institutions étant Gasteiz ; la Communauté forale de Navarre et la partie située dans l’État français), et SOCIALISTE. Ce qui n'est évidemment pas possible dans le système "Espagne" ni dans le système "France" tels qu'ils sont construits depuis des siècles, et implique donc l'INDÉPENDANCE (pas une vague autonomie) ; après, si lesdits systèmes venaient à exploser, toute forme d'association ÉGALITAIRE serait bien sûr envisageable avec la double dizaine d'autres Peuples (+ les nationalités de l'immigration coloniale) qui s'y trouvent également emprisonnés.

    La gauche révolutionnaire abertzale lutte par divers moyens (dont la lutte armée jusqu'en 2010) pour rassembler le plus large mouvement de masse possible sur cet objectif démocratique et socialiste, face à des forces espagnolistes (le PP essentiellement) mais aussi "basquistes" bourgeoises (PNV et dans une certaine mesure le PS) qui ont elles aussi "autodéterminé" les choses depuis la fin des années 1970 dans le sens d'un Pays Basque capitaliste autonome et (comme on l'a vu) divisé, réactionnaire et antipopulaire, mais dont leurs comptes en banque font en apparence la "plus riche région d'Espagne après la Catalogne" (vous savez, le genre de "PRB" - produit régional brut - qui aurait largement permis de dire, jusqu'il y a peu voire encore aujourd'hui, que le Lorraine ou le Nord voire la Picardie étaient des régions "riches" où tout le monde vivait dans le luxe... LOL).

    C'est vers cet objectif, vers une RÉPONSE qu'elle a déjà déterminée depuis 50 ans, et non vers la simple possibilité de poser une QUESTION, que la gauche révolutionnaire abertzale lutte pour mobiliser le Peuple travailleur d'Euskal Herria. Depuis 2010 environ, elle est confrontée à la défection d'une partie de ses rangs vers un schéma réformiste (un schéma, peut-être, de "pouvoir poser la question" comme en Catalogne) ; c'est un combat qu'il lui appartient de mener et de gagner, nous n'en disserterons pas ici.

    Mais en tout cas, dire que la gauche révolutionnaire abertzale (puisqu'il est question des prisonniers, et moi, des prisonniers PNV ou Aralar j'en connais pas...) lutte pour "l'autodétermination" est assez révélateur de la part d'une organisation qui s'éperd en lèche vis-à-vis de cette lutte de libération et d'autres, sans jamais perdre de vue en ligne de mire son véritable objectif d'un Parti marsiss-neuneuniss FRANÇAIS qui aurait la gentillesse de "tenir compte" de la réalité nationale des Peuples de la Prison France.

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    Revue de presse : 

    Égalité et approximations

    (Quartiers Libres ; suite et - espérons-le - fin du "feuilleton" Soral)


    https://joaogabriell.com/2016/11/24/repressions-politiques-luttes-des-quartiers-populaires-et-division-de-classe-parmi-les-racises/

    (par rapport à des débats qu'il a pu y avoir au sujet de la "nature de classe" ou de la "non-implantation réelle dans les quartiers" de telle ou telle force politique décoloniale)


    http://www.bboykonsian.com/m/Interview-de-Kaveh_a3558.html

    Grosse interview de ce rappeur irano-allemand de Berlin avec un LONG passage sur la mouvance antideutsch et ''ceux qui disent ne pas en faire partie mais qui partagent ses conceptions''... Une petite erreur cependant : ceux qui, du moins, ''n'en sont pas'' mais en ont les idées ne se trouvent pas du tout circonscrits en Allemagne et en Autriche. Ils sont tout sauf rares en Hexagone, terre peut-être la plus pétrie de colonialisme civilisateur ''de gauche'' au monde, et là pour le coup c'est bien en lien total avec cette imprégnation et non avec une quelconque culpabilité pour quelques uns des pires crimes contre l'humanité de l'histoire, puisque ceux-ci n'ayant pas été commis en Europe (pas dans l'histoire contemporaine), il ne nous est imposé collectivement aucun sentiment de ce type (si véritablement un hipster teuton a un problème de culpabilité 'génétique' d'être allemand, je peux lui faire lire le Discours sur le Colonialisme de Césaire, ça l'aidera peut-être à surmonter, qui sait... et à devenir moins con peut-être accessoirement).


    Guerre populaire en Inde : Communiqué du Parti Communiste d’Inde (maoïste) sur le face-à-face de Malkangiri


    Et puis en région parisienne, la famille d'Adama Traoré, mort asphyxié dans un commissariat cet été et dont l’État a tout fait pour étouffer que la violence policière raciste était la cause réelle du décès, subit une véritable campagne de persécution judiciaire pour lui faire payer (et cesser) son combat pour la vérité, la justice et la dignité ; combat soutenu et rejoint par des milliers de personnes de "l'Empire colonial intérieur" hexagonal.

    L'info sur cette affaire emblématique du racisme structurel du système fRance est à suivre en temps réel sur la page Facebook : 

    La vérité pour Adama


     http://www.pcmaoiste.org/communique/justice-pour-adama-liberte-pour-youssouf-et-bagui/


    1 commentaire

  • J'ai longtemps eu une vision plutôt critique du Parti communiste du Pérou (PCP), dit "Sentier Lumineux" (nom jamais utilisé par lui-même, tiré d'une de ses publications des années 1970), dirigé par Abimael Guzmán Reynoso dit Gonzalo. J'y voyais un modèle de "fanatisme", de dogmato-sectarisme dans son travail auprès des masses et ses rapports avec le reste de la gauche de ce pays, ce qui malgré ses succès initiaux avait conduit à sa défaite.

    Mais aujourd'hui, à travers une grille de lecture décoloniale (fanonienne, si l'on veut !), j'aurais tendance à relativiser ces critiques ; même si je maintiens toujours (en revanche) que la dimension quelque peu messianique et métaphysique prise par la "Pensée Gonzalo" et le caractère ultra-centralisé de la direction (jefatura) autour de ce dernier a été un problème.

    Ce qu'a fait Gonzalo (sa "pensée"), en dernière analyse, c'est développer et synthétiser le travail théorique de José Carlos Mariátegui ("par le sentier lumineux de Mariátegui" était le sous-titre du journal à l'Université d'Ayacucho, d'où le surnom donné par la bourgeoisie pour le distinguer de la multitude d'autres PCP) à la lumière du marxisme-léninisme-maoïsme, parallèlement théorisé comme "3e et supérieure étape de la science marxiste" (ce avec quoi je suis totalement d'accord).

    Le travail de Mariátegui c'est à dire l'analyse PROFONDE, sociologique et historique, de la société péruvienne comme une société COLONIALE dont la caste de colons espagnols, avec l'indépendance du pays en 1821, n'avait fait que rompre avec la métropole comme les colons anglais, écossais et hollandais des États-Unis en 1776, ou les Boers d'Afrique du Sud avec leur Parti national en 1948.

    Il décrivait les résidus, sous la botte de la propriété terrienne coloniale (encomienda), de la communauté populaire ancestrale quechua-aymara, l'AYLLU, comme la base possible et même nécessaire du collectivisme communiste (rural, du moins) dans un futur Pérou rouge.

    Et donc à partir de là, de ce travail, et par l'intermédiaire des cadres indigènes ou métis à dominante indigène qu'il avait recruté à Ayacucho, Gonzalo a dit en substance : voilà, j'ai élaboré la "pensée-guide", la synthèse de la pensée révolutionnaire dans ce pays. Je la remets entre vos mains, à vous de jouer. C'est VOUS qui vous battez POUR VOUS. Je suis un métis plutôt clair, fils naturel de marchand de chevaux aisé et professeur d'université, mais je ne suis pas le énième "amauta" ("grand sage" en quechua, traduction approximative) avec ce profil sociologique qui vient vous dire qu'il se "bat" et "donnera sa vie pour vous", et je ne vous demande pas de vous battre pour moi.

    Quelle était le degré de sincérité réelle d'une telle posture ? Qu'est-ce qui nous dit qu'il ne cherchait pas simplement à prendre la tête d'un État "nouveau" où lui et ses fidèles auraient remplacé la vieille oligarchie, comme cela s'est si souvent produit dans le monde colonisé, y compris avec des indigènes à 200% (mais "blancs politiques") et non des métis comme lui ? Rien, en effet. On ne saura jamais rien à ce sujet : arrêté en 1992, il est incarcéré au secret depuis et ne sera jamais le Président de la République populaire du Pérou.

    Mais ce qui est certain en revanche, c'est que les masses quechuas et aymaras de l'Altiplano ne l'ont pas perçu ainsi. Pour la première fois, par une de ces alchimies politiques que l'on ne sait jamais vraiment expliquer, le lien s'est noué. Et pour la première fois, une partie (du moins) conséquente d'entre elles a vu dans cette proposition stratégique le chemin vers le POUVOIR réel, la libération, ne plus "se confondre avec le paysage" comme disait Mariátegui, et (disons-le) leur RÉSURRECTION EN TANT QUE PEUPLE.

    C'est ainsi que dans les faits, la "Guerre populaire prolongée" initiée en 1980 est rapidement devenue le PLUS VASTE SOULÈVEMENT ARMÉ DE MASSE INDIGÈNE depuis Tupac Amaru II au 18e siècle (1780, exactement deux siècles plus tôt...), et de fait la première VÉRITABLE GUERRE DE DÉCOLONISATION du pays puisque comme on l'a dit, l'indépendance de 1821 n'avait été que la rupture de la caste coloniale criolla (espagnole née dans la colonie) avec la lointaine métropole. La véritable guerre de libération de Tawantinsuyu – le véritable nom précolonial du pays.

    C'est pour cela que l'accent était tant mis sur la lutte "anti-féodale" et non pas seulement anti-impérialiste, chasser l'impérialisme yankee et ses "valets locaux", comme dans la conception traditionnelle "cubano-guévariste". La "semi-féodalité" n'étant que le nom de la botte coloniale espagnole demeurée intacte, simplement séparée de Madrid depuis un siècle et demi.

    D'ailleurs, par la suite et sur tout le continent, CHAQUE FOIS qu'émergera un mouvement armé à forte base indigène (zapatistes ou EPR au Mexique, Armée de Guérilla Tupac Katari -EGTK- de Felipe Quispe en Bolivie), l'oligarchie locale et ses maîtres impérialistes agiteront le spectre du "Sentier Lumineux", quand bien même ces mouvements en étaient idéologiquement très éloignés. Les "spectres" qui hantent l'ennemi en disent parfois plus long sur les choses que toutes nos analyses...

    Et c'est aussi à la lueur de cela que l'on peut saisir le problème (le "sectarisme") par rapport à la foultitude de petits partis socialistes ou "communistes" regroupés au début des années 80 dans la "Gauche Unie" : si Mariátegui, le "père fondateur" des années 1920, était un petit bourgeois métis visible comme indigène à nos yeux de Blancs, il suffit de regarder des personnalités criollas comme Jorge del Prado ou Gonzalo García Núñez pour mesurer le problème de représentativité de ces gens vis-à-vis de ces 90% d'indigènes ou métis à dominante indigène "pour" lesquels ils affirmaient lutter.

    Il n'en allait pas différemment avec le Mouvement Révolutionnaire Tupac Amaru (MRTA) qui, tout paré du nom de Tupac Amaru qu'il était, incarnait en réalité une petite bourgeoisie métisse urbaine-éduquée avec pour seule proposition stratégique un réformisme armé (lutte armée pour amener l’État à des négociations) et, à l'arrivée, une République "rénovée" où elle aurait sa place...

    Il y avait bien longtemps que les masses paysannes et ouvrières indigènes, si elles allaient parfois en traînant des pieds remplir les urnes de quelques bulletins à leurs noms, ne voyaient pas ces mouvements autrement que ce qu'ils étaient : des gens cherchant avant tout des places que l'oligarchie au pouvoir ne leur laissait pas, voire simplement, ayant déjà de telles places, une certaine forme de "justice sociale" pour soulager leur conscience (l'absence d'empathie que suppose la domination n'est pas naturelle chez l'être humain, elle est le résultat d'un conditionnement et il se trouve toujours quelques individus pour échapper à celui-ci... mais de l'empathie à la renonciation à ses privilèges, il y a encore un grand pas beaucoup plus difficile à franchir !!).

    Alors bien sûr, d'aucuns viendront peut-être nous dire que "le Sentier a aussi tué des indigènes", et même "beaucoup", voire même 95% d'indigènes vu que ceux-ci constituent le gros des troupes militaires et de police. Oui, il est possible de dire cela... comme il est possible pour Mélenchon de dire que la guerre de libération algérienne a été une "guerre civile", car le FLN aurait "tué plus d'Algériens que de soldats français", etc. etc. Il serait d'ailleurs possible de dire la même chose du Parti communiste vietnamien, ou de l'Armée rouge bolchévique durant la Révolution russe (en remplaçant "indigènes" par "paysans").

    Il est possible, oui, de mettre cela en avant comme l'aspect principal dans une démarche intellectuelle totalement malhonnête.

    Car la vérité, c'est tout simplement que les révolutions ne consistent malheureusement jamais en un affrontement "pur" de 90% d'exploité.e.s contre 10% d'exploiteurs (qui seraient dans ces conditions immédiatement balayés). Elles consistent hélas généralement en un affrontement entre deux parties des masses, dont une aliénée et au service des dominants, propagandée du cerveau comme quoi la révolution est le Mal absolu, les révolutionnaires des bandits, et ayant en fin de compte plus peur du changement que de sa propre misérable condition actuelle. Le gouvernement péruvien a organisé des milices paysannes d'"autodéfense" contre-révolutionnaires comme l’État colonial français avait mobilisé des centaines de milliers de harkis en Algérie : à ce jeu-là, comment le PCP pourrait-il ne jamais avoir tué le moindre indigène ? En ajoutant à cela la confrontation avec des mouvements adverses hostiles à sa stratégie de lutte armée pour la libération (MNA en Algérie, Gauche Unie et MRTA au Pérou)... etc. etc.

    En réalité, le PCP n'a rien commis (pour ce qui n'a pas été commis par l'armée ou les milices en mode "false flag") de plus horrible que le FLN algérien, le PC vietnamien ou l'Armée rouge dirigée par Trotsky. Les révolutions ne sont simplement pas des dîners de gala. L'unique différence, c'est qu'il n'a pas fini par remporter la victoire ; ce qui renforce bien évidemment les torrents de boue haineuse déversés sur lui (rappelons qu'il a été la seule guérilla révolutionnaire à ne pas entrer dans les processus de "normalisation" de la "Fin de l'Histoire" après 1989, et même à menacer plus que jamais le pouvoir en place après cette date).

    Voilà en substance ce vers quoi ma vision de la question du Pérou et du "Sentier" a évolué ces derniers temps.

    Après, je reste d'avis que la multitude de petits groupes issus de son éclatement (après la capture de Gonzalo) sont effectivement à bien des égards sectaires, par exemple sur la question des gouvernements dits "bolivariens" : il faut savoir analyser les choses dans le contexte et le rapport de force de l'époque, et si ces gouvernements sont indéniablement réformistes, comme peut l'expliquer le leader aymara et ex-guérillero de basse intensité Felipe Quispe au sujet d'Evo Morales en Bolivie par exemple, il n'est tout simplement pas possible de qualifier de "fascistes" des forces politiques qui ont pour la première fois reconnu les droits démocratiques nationaux, culturels et linguistiques des Peuples natifs. Le fascisme en Amérique du Sud ne peut se concevoir que comme un "hispanisme" féroce, écrasant violemment les cultures indigènes - c'est à dire du prolétariat le plus exploité et opprimé. Gonzalo, au secret depuis 1992, n'a évidemment jamais rien écrit sur ces phénomènes politiques ; il a parlé des sandinistes du Nicaragua* pour les qualifier de réformistes radicaux, pusillanimes et inféodés à l'impérialisme soviétique, mais pas de "fascistes" ; et le "bolivarisme" des années 2000 et actuel n'a que peu à voir non plus (au Venezuela et en Bolivie en tout cas) avec la "gauche" péruvienne de son époque ou même les juntes militaires "progressistes" de la décennie précédente.

    Quant à prétendre vouloir transposer ces schémas de pensée "gonzalistes" en dehors de leur contexte colonial, dans des pays occidentaux, c'est évidemment d'un ridicule absolu.


    [Ici en commentaire sous un autre post, un petit descriptif des raisons internes et surtout externes de la défaite, autrement dit le "Plan Challe" local déchaîné principalement sous la présidence de Fujimori (années 1990) – et ce n'est pas une comparaison "comme ça", on sait le rôle qu'ont joué les "experts" français de retour d'Algérie dans les "écoles" de "contre-subversion" en Amérique latine : "Le PCP  a largement survécu à la capture de Gonzalo, jusqu'au moins en 2003 (après je ne sais pas, j'ai pas d'infos sûres) il contrôlait de vastes zones et était un GROS problème pour l'armée. Dans le PCP a triomphé une ligne erronée qui a pensé que le "moment était arrivé" pour prendre le pouvoir, Gonzalo s'y est fermement opposé mais il a perdu (cette ligne était dirigée par le chef du Secours Rouge qui contrôlait aussi Lima). Son arrestation a été un coup rude, certes (comme tout mouvement qui perd son leader) mais c'est surtout la capture de la direction de rechange par "trahison" (il faut dire qu'ils ont torturé la fille de 4 ans du couple dirigeant devant leurs yeux, d’où les guillemets), puis la capture de la direction de rechange du rechange (qui elle n'était pas prête), puis le non respect du fait que si il se passait ce type de situation c'était le front d'Ayacucho qui devait prendre la direction sauf que d'autres ont refusé (j'ai oublié le nom). Ça c'est les causes internes, sinon au niveau extérieur mais les deux sont liés, c'est la politique génocidaire de Fujimori et de la CIA (40.000 morts), des villages entiers rasés, des populations déplacées (je peux même témoigner personnellement je les ai vus les villages détruits, ils ont encore trouvé récemment une fosse commune de 3.000 à 4.000 personnes paumée dans les montagnes)... puis la criminalisation de tout mouvement de gauche, la terreur en gros qui a fait mettre en veilleuse l'organisation. Le PCP est en réorganisation, rien n'est fini, les cadres sont toujours dans la nature et les masses vont reprendre le chemin de la guerre."]

    [Le document "Combien de Péruviens sont-ils morts ?" aborde la question des pertes humaines qui a été évoquée ci-dessus. Dans un contexte de défaite quasi-totale du PCP, la Commission "Vérité et Réconciliation" du gouvernement libéral de Toledo se voit malgré tout obligée de ne lui attribuer qu'un peu moins de la moitié (46%) des 69.000 victimes recensées, contre 30% pour "l'ensemble des forces de répression d'État" et 24% pour les "autres forces non-étatiques ou non-identifiées" (mon œil !), autrement dit les milices supplétives contre-révolutionnaires, les escadrons de la mort et (pour un millier environ) le MRTA... À noter que cette proportion de 46-54 est fréquemment inversée dans les sources d'information grand public, comme par exemple Wikipédia en français ; d'autres encore n'hésitant pas à attribuer au "Sentier" l'intégralité des "70.000 morts" (de ce qui serait en quelque sorte le "dernier génocide communiste du 20e siècle", si l'on veut). Mais en même temps, quelques paragraphes plus loin, le document indique que "dans d'autres projets de systématisation de l'information, le PCP et l'ensemble des forces non-étatiques ou non-identifiées apparaissent comme responsables d'une proportion bien moindre de victimes"... de l'ordre de 5 à 16%  (donc de 84 à 95% pour l’État, si mes calculs sont bons) ! BREF.]

    [* "Le Nicaragua a fait une révolution inachevée et son problème est que là-bas, le Pouvoir de toute la grande bourgeoisie n’a pas été détruit ; ils se sont centrés sur l’anti-somozisme ; je crois que c’est un problème. Une révolution démocratique doit balayer les trois montagnes et là-bas, cela n’a pas été fait ; par ailleurs, elle se développe avec des critères cubanistes, réajustés ces derniers temps, et ceci mène simplement à dépendre, en dernier recours, de l’Union Soviétique. (...) Il nous semble que le Nicaragua, pour continuer sur la bonne voie comme le mérite bien ce peuple héroïque, doit développer la révolution démocratique complètement et ceci implique pour lui une Guerre populaire ; il doit rompre le commandement de l’Union Soviétique, prendre en main son propre destin et défendre son indépendance de classe ; ceci exige un Parti et évidemment, exige de s’assujettir à la conception du prolétariat ; sinon il continuera d’être une pièce sur l’échiquier et c’est lamentable." interview de Gonzalo par El Diario, 1988]

    Propos (en castillan) à l'appui de ce qui vient d'être dit : 

    http://ekladata.com/dNKssvxCQsKdO6h2o8TFDUis-ic.png

    http://ekladata.com/dlD-Ic3RUWrMizazKXEOVM_IUeU@633x636.png


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    "Vive l'antiracisme politique sans le PIR !"...

    Ça claque comme slogan non ? Ça a un petit côté #KronstadtCredibility ("vive les soviets sans les bolchéviks !") qui sied bien à une certaine ultra-gauche...

    Ou dit autrement : vive l'antiracisme politique... sans celleux qui quoi qu'on en pense dans le détail l'ont initié dans ce pays, l'ont porté sous un déluge de crachats et ont été dans les faits sa LIGNE DE DÉMARCATION avec le reste pendant près de 10 ans. La ligne de démarcation, en substance, entre celleux qui sont capables de lire un texte avant (éventuellement) de lui adresser une critique constructive et celleux qui préfèrent hurler avec les loups (sans avoir lu) au ''grand remplacement de la classe par la race'', à l'antisémitisme, à l'anti-féminisme et à l'homophobie...

    Hein quoi ? Que me dites-vous ? Que c'est UN PEU FASTOCHE ??? Ah... euh... ben... à bien y réfléchir... Oui, en fait.

    Mais bon, ho, abusez pas quoi... S'offrir une cause en plein essor et porteuse d'avenir pour prendre la pose à côté et avoir l'air super révolutionnaire, ça peut pas coûter une telle remise en question de soi non plus. C'est comme quand tu veux du mascarpone, tu vas pas l'acheter hors de prix à Grand Frais (le bien nommé) alors qu'il coûte trois fois moins cher à Lidl.

    Surtout quand y a pas deux ans et demi on chiait abondamment sur les mobilisations autonomes pour Gaza et la consolidation d'un champ politique non-blanc organisé qui se jouait alors là-dessus.

    Surtout quand on est, pour dire les choses clairement, incapables du moindre anti-impérialisme conséquent à l'international et que la situation des racisés.e.s en Occident, et donc l'antiracisme politique autonome de celleux-ci, c'est juste un chouïa lié à la domination impérialiste occidentale sur la planète.

    BREF. J'en jette plus sinon j'en ai pour 8 jours lol.

    Et sinon : arrêtez d'"articuler les luttes intersectionnelles", vous allez finir par vous faire un tour de rein. Rien ne s'articule avec rien du tout. Il n'y a juste simplement pas un ''prolétariat mondial'' dans la même situation abstraite et idéalisée d'un cercle polaire à l'autre, il y a des masses populaires qui sont dans des situations spécifiques différentes, produites par l'histoire, qui appellent des formes spécifiques (et différentes) de lutte de classe et l'antiracisme politique, révolutionnaire, est simplement la forme spécifique de lutte de classe des catégories populaires racisées. Tout comme le féminisme révolutionnaire est une composante obligatoire de la lutte de classe pour les femmes. Ou comme il n'est pas possible (pour les travailleurs blancs, bon les autres ont aussi le droit de s'y intéresser) de mener la lutte de classe dans le ''Midi' ou en Bretagne, de poser la question du pouvoir, sans avoir une analyse historique approfondie de ces territoires... et devenir ainsi occitaniste ou abertzale ou emsaviste (libération bretonne).

    C'est juste que ''l'exploitation'', ''la domination'' ne sont pas des notions universelles abstraites mais des réalités concrètes produites par l'histoire des territoires et des groupes humains, prenant donc des formes particulières localisées qui appellent chacune une lutte particulière (particulière ce qui ne l'empêche pas d'être solidaire des autres, dans la mesure où ces autres sont réciproquement et sincèrement solidaires d'elle, mais dans le respect et non la négation de sa particularité).


    [PS pour précision importante : je ne pensais absolument pas, en rédigeant ce post, à un certain nombre d'organisations ou de personnes (dont certaines sont intervenues en commentaires) que je qualifierais d'"observateurs sceptiques/critiques" de ce phénomène politique émergent ; NI au "rapport" (sur le Camp d'été décolonial) d'une militante d'une de ces organisations dont je n'ai eu connaissance que plusieurs jours plus tard ; NI encore moins à des personnes militantes de terrain, a fortiori racisées, des quartiers populaires qui auraient déjà (pour commencer) une LÉGITIMITÉ à émettre certaines critiques.

    J'avais à l'esprit des gens (blancs de chez blanc, bien sûr) beaucoup plus démonstratifs et théâtraux dans leur soutien, par rapport à l'action de Marseille par exemple ; des gens qui m'évoquent irrésistiblement les roulements d'yeux du serpent Kaa dans le Livre de la Jungle ("ais confiaaaance"), notamment avec leurs appels à l'"articulation" et à l'"intersectionnalité" ; et qui ont ABSOLUMENT BESOIN de dégommer le PIR parce que le PIR, en clair et quoi qu'on en pense par ailleurs, reste le lieu de production d'une "carapace" intellectuelle (ce récent article en offre un bon exemple, ou encore celui-ci sur la question de l'"intersectionnalisme" : Race, classe et genre ; une nouvelle divinité à trois têtes) contre leurs manœuvres d'approche de nouveaux "potes" : le PIR, quoi qu'on en pense, a un SOCLE IDÉOLOGIQUE qui est que les "indigènes", les racisé.e.s, les nationalités ultra-opprimées de "l'Empire colonial importé en métropole" sont un "autre pays", un "autre peuple" ("Tiers-Peuple") qui "ne se laissera pas dicter son agenda" par la gauche radicale blanche... ce qui ne peut évidemment pas plaire à tou.te.s celleux qui, à l'affût dans leur "rôle d'allié", attendent le moment propice pour "dicter" ainsi le leur (d'agenda) ! (c'est notamment, bien sûr, une évidence pour celleux qui ont en ligne de mire la constitution d'un Parti révolutionnaire FRANÇAIS...)

    EN FAIT, il n'est pas possible de qualifier tout simplement le PIR de "petit bourgeois intellectuel" (et encore moins d'"ennemi" !!) parce que le PIR est le parti d'une problématique qui illustre précisément le caractère "distordant" de la race sociale par rapport à la classe. À savoir que lorsque des non-Blanc.he.s "s'en sortent" (du quartier-ghetto), rejoignant la petite bourgeoisie intellectuelle ou l'aristocratie du travail, illes ne deviennent pas "tout simplement" des "petits bourgeois" : après un parcours (déjà) semé d'embûches que n'aurait jamais rencontrées un Blanc, illes sont quotidiennement soumis.es à un statut d'"intrus" et d'"illégitimes" dans ce nouveau milieu social ultra-majoritairement blanc. Le PIR est le parti de ces personnes-là, tout simplement ; tandis que des structures comme le FUIQP, la mouvance autour de Quartiers Libres ou encore Femmes en Lutte sont plutôt des forces organisées de "celleux du quartier", "resté.e.s au quartier". Mais LES UNS COMME LES AUTRES sont tout aussi absolument NÉCESSAIRES (lire à ce sujet Répressions politiques, luttes des quartiers populaires et division de classe parmi les racisés sur le Blog de João) ; et comme je l'ai dit, DU FAIT peut-être de cette sociologie plus "intellectuelle" et "universitaire" qui leur est précisément reprochée... autrement dit de l'habitude, de l'EXPÉRIENCE PRATIQUE QUOTIDIENNE de côtoyer de très près la gauche "radicale" petite-bourgeoise blanco-centrée et donneuse de leçons, le PIR reste le principal producteur d'une très efficace "carapace" théorique contre les manœuvres de "séduction" des éléments plus-malins-que-la-moyenne de cette mouvance.] 

    "Punchlines" réseaux sociaux - novembre 2016

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    #TRUMP  #FASCISME

    Depuis que j'ai crié à l'avènement du fascisme en 2007, je suis devenu méfiant.

    Ou plutôt si : le fascisme, en tout cas la Réaction la plus noire arrive... TOUT DOUCEMENT, pas à pas, comme un MOUVEMENT DE FOND et non en lien absolu avec l'élection d'untel ou unetelle. La victoire dans les urnes de tel ou telle démagogue hirsute est un jalon sur cette longue pente descendante, un "signe", mais pas la proclamation du fascisme en tant que telle. Comme un bouton purulent est un signe de la maladie mais pas la maladie elle-même, tapie au plus profond de l'organisme.

    On le voit bien avec le PS de Valls Cazeneuve et compagnie, qui fait des trucs que Sarkozy n'aurait jamais fait (tant sur le plan social que des libertés). Jamais fait, pas parce qu'il était meilleur mais parce que l'époque ne l'exigeait pas, et maintenant elle l'exige.

    Et c'est aussi ce qu'ont bien compris les révolutionnaires et la plus grande partie des progressistes outre-Atlantique en qualifiant le duel présidentiel de "peste et choléra" - il y a eu du vote barrage certes, cela dit chez les non-Blancs et notamment les Noirs c'est traditionnel face au Parti républicain, rien de vraiment nouveau sous le soleil ni surtout de signe d'un enthousiasme débordant pour "sauver la démocratie" ; finalement cela n'a réellement été observé que chez les "liberals" petits bourgeois blancs jouant à se faire peur pour se sentir exister, alors que je vois honnêtement très improbable que Trump ait prévu des camps de concentration pour eux...

    Donc j'ai de plus en plus tendance à me dire que peu importe qui gagnera l'année prochaine, et en 2022 et ainsi de suite : le gouvernement quel qu'il soit fera dans tous les cas ce que l'époque lui dicte ; seule la forme et le caractère ouvert et assumé des choses changeront peut-être (et encore).

    L'époque qui est celle de la crise généralisée et terminale de l'OCCIDENT, qui voit son monde (celui qu'il a construit) s'effondrer sous ses yeux. Ah merde ! Voilà donc que les "sauvages" n'acceptent plus nulle part notre domination sans broncher... Ah merde ! V'là maintenant que les Jaunes, les bronzés et (qui sait) bientôt les Noirs se mettent à produire en masse (pour leur propre compte) de la camelote bon marché et nous, avec nos salaires 3 ou 4 ou 5 fois supérieurs, on n'arrive plus à suivre... Etc. etc.

    Un phénomène finalement, en réalité, sans précédent dans l'Histoire et qui questionne pratiquement l'emploi du terme fascisme, dans un sens, car il ne s'agit pas d'une situation de frousse bourgeoise face au "peuple de gauche" local, ni de petites puissances qui veulent se tailler leur part du gâteau face aux grandes (Italie, Japon), ou de puissances rabaissées après une guerre perdue et qui veulent prendre leur revanche comme l'Allemagne nazie (ça, on le trouverait plutôt en Russie). Non, c'est le capitalisme qui, jamais aussi peu massivement contesté depuis sa naissance au Moyen Âge (même si ça repart tout doucement après la grande "Fin de l'Histoire" des années 90), ne fonctionne plus EN TANT QUE TEL... en tout cas dans ce qui est son berceau et le Centre historique de l'extension de ses tentacules sur toute la planète, l'Occident. En train de s'effondrer tout doucement sur lui-même pour ne laisser bientôt qu'un gros cratère.

    Une très bonne chose dans l'absolu ! Sauf que ça ne va malheureusement pas se passer aussi simplement que ça ; les tauliers (héritiers des bâtisseurs) de ce monde qui s'effondre vont défendre bec et ongles leurs intérêts et c'est ce qui produit cette "tendance lente et rampante au fascisme", à la droitisation radicale DE FOND (de "l'opinion" via les médias aux mains du Capital et leurs succursales dépotoirs-à-boloss de la "dissidence"), avec ses "éruptions" du temps d'une campagne façon Berlusconi ou Fortuyn pour les déjà-un-peu-vieux comme moi, Sarkozy, et maintenant Marine Le Pen et Trump... qui élus (3 sur 5 que je viens de citer l'ont été) ne représenteront pas une "rupture" telle que l'arrivée au pouvoir d'Hitler en Allemagne, mais la poursuite et l'approfondissement de cette tendance de fond qui leur préexiste et qui les a portés, celle des besoins du Capital transmis à "l'opinion" formatée et que (on le sait maintenant) ceux qu'on appellera la "droite modérée" (comme le PS) suivent absolument tout autant qu'eux.

    "Punchlines" réseaux sociaux - novembre 2016

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    #AntiracismePolitique  #LuttesDesPeuples  #PasToutConfondre

    Moi, voyez-vous, je suis deux choses : 1°/ un (sale) COMMUNISTE, un gros rouge qui tâche lol, et 2°/ un affreux-tout-vilain "nationaliste" (pour reprendre les mots des détracteurs), au sens où je soutiens sans concession (et participe moi-même à une) les LUTTES DE LIBÉRATION DES PEUPLES (toutes, nonobstant que les formes et les degrés d'oppression ne s'équivalent pas). Car ces luttes sont non seulement compatibles, mais INDISSOCIABLES de la lutte contre le Capital ; les oppressions nationales n'étant pas une "problématique annexe" mais la NORME et, en réalité, le "carburant" du système capitaliste.

    Et donc, voyez-vous encore, c'est à travers ces lunettes toutes simples que j'arrive à voir les choses aussi simplement que cela : les racisé.e.s, les non-Blancs, ce sont des (un ensemble de) NATIONALITÉS OPPRIMÉES subissant une oppression PARTICULIÈRE - particulièrement brutale, excluant idéologiquement de l'espèce humaine, en lien avec la SUR-exploitation capitaliste de leur force de travail (ou parfois la volonté, qui a existé dans l'histoire, de les voir tout simplement disparaître pour garder leurs pays et leurs ressources sans la population).

    Cette forme particulière d'oppression nationale est bien connue de tou.te.s, hors d'Europe, sous la forme du COLONIALISME déployé par les Européens à partir de 1492, s'emparant grâce à leurs moyens militaires (armes à feu, chevaux etc.) d'immenses territoires à un moment où les gains territoriaux en Europe devenaient coûteux pour un résultat maigre et incertain, et y surexploitant sans pitié les populations locales ou des esclaves amenés d'Afrique et de quelques autres endroits (Madagascar, Inde, Indonésie) ; colonialisme ayant évolué à partir du milieu du 20e siècle vers une domination NÉOCOLONIALE plus "masquée" qui (elle) existe encore aujourd'hui (il n'y a plus de véritables colonies, les collectivités françaises d'outre-mer sont une forme de néocolonialisme).

    Et de manière tout à fait logique, elle (cette forme d'oppression nationale) a "accompagné" les millions de travailleurs de ces nationalités qui ont été IMPORTÉS pour les besoins du capitalisme au cœur même des métropoles impérialistes européennes - sans compter les cas particuliers d'anciennes colonies de peuplement blanc devenues des pays impérialistes : États-Unis, Canada, Australie etc., avec leurs nations indigènes et/ou descendant.e.s d'esclaves.

    Ce n'est pas plus compliqué que cela, et ne devrait pas faire de nœuds au cerveau des militant.e.s de notre champ politique "nationalitaire périphérique" : les non-Blancs/racisé.e.s sont des nationalités opprimées de manière particulièrement brutale et déshumanisante ("zone du non-être" comme disait Fanon au sujet des colonies) ; non "autochtones" mais "importées" pour les besoins du capitalisme (mais néanmoins bel et bien ici et "d'ici" : un "Empire colonial intérieur" à la métropole hexagonale en quelque sorte) ; dont l'oppression, comme nous l'avons dit, n'est pas une "problématique annexe" mais un élément essentiel au fonctionnement du système capitaliste ; et dont la lutte d'émancipation est une "dynamite" (au même titre et même PLUS que la nôtre) pour faire sauter celui-ci, d'autant plus qu'elle est en lien direct avec l'Empire extérieur (hors d'Europe) qui en est une sacrée (de dynamite) !!

    Le système qui a d'ailleurs très bien compris cela comme le montre la répression par le crachat, la calomnie, le pamphlet aussi pompeux que malhonnête et la démonisation de toute expression radicale à ce sujet (laissons de côté l'action, toujours réprimée par la loi lorsqu'elle franchit certaines lignes jaunes - ce n'est pas un critère). Quoi de plus simple, pour savoir qui est réellement un danger pour le système capitaliste-impérialiste français (ou n'importe quel autre...), que de regarder dans la direction des aboiements de ses chiens (y compris "de gauche") ?

    Voilà donc la base (l'ANALYSE SCIENTIFIQUE) toute simple sur laquelle nous pouvons et devons apporter notre soutien à l'antiracisme politique (que nous ne pouvons QUE soutenir, comme des hommes ne peuvent que soutenir le féminisme), pour répondre par exemple à la main tendue par certain.e.s de ses représentant.e.s : https://bouamamas.wordpress.com/…/la-logique-coloniale-fra…/ http://indigenes-republique.fr/pour-un-internationalisme-d…/

    Il ne s'agit nullement de substituer à la lutte contre le Capital une prétendue lutte contre "les oppressions" (où chacun.e s'emparerait d'une oppression qui l'afflige et se mettrait à lutter contre celle-ci) ; et d'ailleurs il faut affirmer  quelque chose bien clairement ici, car j'ai VU de mes yeux écrire le contraire noir sur blanc : NON, "toutes les oppressions" ne se valent pas. Non. Par définition, puisque ces oppressions consistent précisément à établir des HIÉRARCHIES au sein de la grande masse (mondiale) des producteurs-consommateurs de marchandise (et non des divisions "horizontales" et abstraites dont "l'unité de classe" ne devrait faire qu'une bouchée, comme dans la conception "rien-que-la-classiste" qu'il faut également réfuter)... "Hiérarchie" étant, pour celleux qui n'auraient pas bien suivi, un terme a priori antithétique d'"équivaloir".

    En dehors des quelques % de grand.e.s bourgeois.e.s "maîtres du système" (celleux qu'on ne croisera jamais dans la rue...), tout le monde est exploité et opprimé à un certain degré ; mais le principe même de "stratification" des masses populaires fait que l'oppression du travailleur même "précaire" homme blanc, ou même d'unE précaire blanchE ne "se vaut" pas avec celle d'un prolétaire racisé et a fortiori d'unE, et il en va de même si l'on prenait comme identité n'importe quel Peuple travailleur blanc d'Hexagone (puisque les "Français" comme nationalité, on l'a vu, cela n'existe pas), même les plus périphériques (Corse, Occitanie ou Bretagne "profondes", Pays Basque etc.) ; ou encore le cas très particulier des personnes juives ; et encore de même pour les situations opprimées sur la base du genre (femmes, personnes non-hétéronormées), qui ne sont jamais "abstraites" de l'appartenance de classe ou de race sociale : à bien des égards, oui, il est possible (et il ne faut pas avoir peur) de dire que LA prolétaire non-blanche de banlieue a finalement moins de choses en commun avec la petite bourgeoise blanche bien francouille (j'y reviendrai au paragraphe suivant) qu'avec... "son" HOMME (qui supposément la voile, bat et viole en tournante dans les caves aux yeux de la précitée). Et il n'est pas loin d'en être de même pour la prolétaire blanche de n'importe quelle périphérie "profonde" d'Hexagone !

    C'est là un démenti important à apporter aux thèses (plutôt de type anarchiste) de celleux qui pourraient y compris, rompant brutalement avec les "niqueurs de race" archéo-classistes, venir se poser en "allié.e.s blanc.he.s" de l'antiracisme politique. En clair, il ne s'agit surtout pas de verser dans une espèce de "foire aux identités opprimées" dans laquelle (et bien que nous convenions que toutes les oppressions, pour être de nature et de degré de violence différents, n'en soient pas moins "respectables") on en arriverait de fil en aiguille à cellelui qui n'est PLUS VRAIMENT L'AMI.E/ALLIÉ.E : le/la FRANCOUILLE (cf. le concept expliqué plus bas) - ou dit de manière peut-être sommaire et abrupte, le/la petit.e bourgeois.e blanc.he (qui aura bien toujours une ou deux oppressions à faire valoir dans sa besace, du genre être "précaire" à la sortie de ses -longues- études et "vivre moins bien que ses parents" - ce qui est le cas de toute personne blanche née après 1975 mais bon)... Un.e allié.e extrêmement encombrant.e.

    Il importe aussi, dans le même registre, de sortir d'une certaine "politique des ressentis" et d'un certain "nombrilisme politique" (faire de l'oppression sur laquelle on s'est focalisé - pour les raisons qui sont les siennes - l'alpha et l'oméga de tout) ; ce qui est particulièrement insupportable (entre risible et très énervant, disons) lorsque l'on est dans une situation d'oppression concrète "plus que toute relative" (il y a beaucoup de cas) ; mais fait dans tous les cas (même d'oppressions réellement très fortes) obstacle à la nécessaire compréhension globale du système dans sa totalité - en clair, une politique révolutionnaire totale et cohérente ne peut pas être un "défouloir" de souffrances individuelles, pour réelles et terribles qu'elles puissent être.

    Il s'agit au contraire et tout simplement, dans l'approche que nous devons avoir de toutes ces questions, de comprendre SCIENTIFIQUEMENT la manière dont le capitalisme, avalant au fil des siècles territoires et populations (arrachées à leur paisible "économie naturelle" agrémentée de quelques redevances féodales) pour les mettre dans ses chaînes (de production de plus-value), a "empilé" celles-ci dans sa besace et établi entre elles des hiérarchies dans sa division (mondiale, à l'arrivée) du travail.

    Exactement de la même manière que l'hétéropatriarcat ne se combat pas sur la base d'une "foire aux oppressions", mais d'une analyse scientifique de son caractère structurant pour le mode de production capitaliste (il existait déjà ici et là dans des modes de production antérieurs, mais il est démontré aujourd'hui que c'est le capitalisme qui l'a systématisé et "mondialisé").

    "Punchlines" réseaux sociaux - novembre 2016

    "Punchlines" réseaux sociaux - novembre 2016

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    Le concept 'francouille'

    Il n'y a pas de 'Français'. Il y a ce qui n'est pas une nationalité (une 'ethnie') mais plutôt une 'sociothnie' et qui s'appelle les FRANCOUILLES, consistant en les personnes qui baignent dans l'idéologie ou l'aliénation [exemple de cette aliénation francouille en mode "plus ouvrier que moi tu meurs" : http://humaniterouge.alloforum.com/blog-komunouriezh] ''lafRrrrance'' où qu'elles se trouvent sur le territoire hexagonal - mais particulièrement concentrées dans les zones les plus blanches (le choix de la couleur est sans doute un hasard lol) sur cette carte, ce qu'on appellera les "métropoles dans l'mouv" : http://ekladata.com/7BIxTBpdTv9J60kmiUW-oFMjJDY.jpg

    Et l'on peut dire en un sens que ce qui définit les non-Blancs c'est l'impossibilité de devenir pleinement de tels 'francouilles', ou du moins la possibilité au prix de beaucoup plus d'efforts et pour être moins bien 'payés' à l'arrivée que nous les Blancs (qui le sommes hélas devenus en très grande majorité, en catégorie 'aliénés' du moins).

    Voilà donc la 'sociothnie' dont nous refusons de voir se reproduire la prééminence dans une ''organisation révolutionnaire de la classouvrière de Frrrance'' (prééminence de Paris sur la 'province', des 'métropoles dans l'mouv' sur les périphéries reléguées, et bien sûr des Blancs sur les non-Blancs) ; reproduction automatique et inévitable dans un tel schéma [auquel j'assume, aujourd'hui, préférer un schéma de "Grand Front révolutionnaire coordonné" avec à la fois cette dimension d'"internationalisme domestique" incontournable (une "piste de modèle" à ce sujet pouvant être la Rainbow Coalition du BPP - Fred Hampton - aux États-Unis à la fin des années 1960) et, aussi, une dimension de pluralisme politique révolutionnaire car si l'on attend que tout le monde soit d'accord sur les moindres détails d'un programme politique et d'une idéologie (maoïste par exemple en ce qui nous concerne), le risque réel est d'attendre beaucoup trop longtemps : l'Hexagone et le monde auront plongé dans la pire barbarie fasciste bien avant... Si nous CROYONS en notre idéologie maoïste, si nous pensons vraiment qu'elle est la meilleure pour répondre à l'ordre du jour mondial d'abattre le capitalisme et d'instaurer le socialisme, alors quel souci y a-t-il à assumer le pluralisme dans le travail révolutionnaire, puisque nos conceptions devraient naturellement s'imposer d'elles-mêmes, influencer de plus en plus de gens etc. etc. ?].

    Et voilà ce que je viens de répondre à la 578ème proposition de construire un tel ''grand Parti de la classouvrière'' à m'avoir été adressée dernièrement....

    http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/petite-ref…

     


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