• Les USA ont lancé une vaste opération militaire pour arrêter le président du Venezuela, Nicolas Maduro, accusé de trafic de drogue, avec ses alliés colombiens des FARC. Se croyant revenu au temps du western, Trump a mis à prix la tête du président Maduro : 15 millions de dollars.

    La menace est sérieuse, les USA viennent de déployer dans la Caraïbe la plus grande force militaire depuis l’invasion du Panama en 1989. Cette flotte se dirige vers les côtes du Venezuela, avec le soutien des alliés locaux des USA, la Colombie, le Honduras, le Guatemala, etc., et la présence d’un navire du Royaume-Uni, le RFA Argus. De son côté, dans le cadre de l’opération Résilience, la France envoie dans les Antilles le porte-hélicoptères Dixmude. La flotte états-unienne comprend des destroyers lance-missiles, des navires de combat côtiers et des avions de patrouille maritime et de guerre électronique.

    ALERTE VENEZUELA (Collectif ni guerres ni état de guerre)

    Alors que les Nations Unies réclament l’abandon des sanctions contre le Venezuela, les USA se lancent dans une opération de guerre qui pourrait déboucher sur une agression et une invasion. Trump veut bien lever les sanctions à condition que le président Maduro soit destitué et que soit nommé (par Washington ?) un « conseil de transition ». L’Union Européenne soutient ce chantage états-unien. Le gouvernement vénézuélien, se préparant au pire, a ordonné l’arrestation des collaborateurs de Juan Guaido, l’homme de main des USA.

    Le président Maduro a déclaré : « Si les États-Unis osent attaquer le Venezuela, la nation vénézuélienne les écrasera. Le Venezuela, comme d'autres parties du monde, est aux prises avec le Coronavirus. Ce dont a besoin ce pays, c'est la solidarité, le partenariat, le soutien et l'aide humanitaire, pas une confrontation. Nous voulons la paix, en particulier dans ce contexte de la crise sanitaire. »

    Ainsi, alors que les dirigeants de l’impérialisme états-unien sont, eux aussi, complètement dépassés par la crise sanitaire et la crise économique qui ravagent leur pays, ils montrent qu’ils ne savent faire qu’une chose, planter leurs griffes sur les nations indépendantes et y semer la mort.

    Retrait de la flotte française des Antilles !

    Levée des sanctions contre le Venezuela, Cuba et autres pays !

    Bas les pattes devant le Venezuela !


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  • Au fond, si l'on y regarde bien de près, ce que l'on a appelé historiquement fascisme a-t-il été autre chose que 1°/ des entreprises d'expansion impérialiste particulièrement agressives (Allemagne nazie, Italie fasciste, Japon), ou alors 2°/ des régimes ultra-réactionnaires compradores de ces impérialismes (Hongrie, Roumanie, Croatie et tous les régimes ou forces collabos pro-nazies d'Europe de l'Est, Vichy, Espagne de Franco) et même, par la suite... du "monde libre" impérialiste anticommuniste (Espagne de Franco encore, Portugal de Salazar, dictatures sud-américaines, Suharto en Indonésie, Marcos aux Philippines etc. etc.) ?

    Au-delà du fait qu'il fallait sans doute, à l'époque, faire passer en priorité le combat contre la menace la plus immédiate pour la Patrie du Socialisme, l'Union Soviétique ; qui était le bloc impérialiste dit "fasciste" autour de l'Allemagne nazie ; combattre spécifiquement "le fascisme" a-t-il réellement un sens plutôt que de combattre de manière générale L’IMPÉRIALISME, sa domination permanente sur des peuples et des continents entiers comme ses intervention guerrières criminelles ici et là, sans attendre qu'il n'atteigne un niveau d'agressivité (et de mobilisation réactionnaire, militariste des masses dans la métropole) tel qu'on puisse le qualifier de fascisme ?

    Cela vaut-il vraiment la peine d'être "antifa"... surtout si c'est pour aller servir de mercenaire à l'impérialisme pour s'emparer d'un tiers de la Syrie arabe au nom de "Rojava", ou pour rechigner à soutenir la Résistance palestinienne (ou les grandes manifestations du peuple des quartiers en soutien ici...) "aux mains d'islamistes réactionnaires bourgeois antisémites", ou le Donbass "infesté de fachos et autres nazbols" ; ou passer son temps à faire parmi ceux qui s'opposent concrètement à la politique de l'impérialisme français et occidental la chasse aux "confus" ; et j'en passe ?

    Ne faut-il pas plutôt, en réalité, être tout simplement ANTI-IMPÉRIALISTE ?

    C'est-à-dire, systématiquement, regarder de quel côté se situe un tant soit peu l'intérêt du peuple, le desserrement même minimal de l'étau du règne mondial des monopoles capitalistes financiers (définition matérialiste de l'impérialisme)  sur lui ? (quitte à, dans certains cas mais rares, considérer qu'un "ni-ni" est la position correcte au regard de cela, comme par exemple en Syrie où la situation pouvait être caractérisée d'affrontement fratricide et de suicide collectif de la résistance régionale à l'impérialisme, à l'encontre de l'incroyable - vue d'aujourd'hui - unanimité qui pouvait sembler se dessiner au lendemain de la vile agression contre l'Irak en 1991 https://en.wikipedia.org/Popular Arab and Islamic Congress)

    VIVE L’ANTI-IMPÉRIALISME, qui est le SEUL VRAI ANTIFASCISME !!

    ACTION ANTI-IMPÉRIALISTE !


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  • Ce n'est pas que nous croyions tant que cela aux perspectives que peut apporter la participation électorale... Mais ces attaques, qui se développent quasiment à la veille du scrutin sur l'air de la lutte contre le "communautarisme" et même le "séparatisme" (!!), sont bien à comprendre (comme l'affaire de la candidate voilée du NPA à Avignon en 2010, une de nos premières grosses polémiques...) dans un esprit de guerre contre une partie du peuple : les "indigènes" colonisés intérieurs des quartiers dits "sensibles".

    L'objectif, sous-entendu de manière à peine voilée, étant de faire du "communautarisme" (qui n'apparaît pas encore, dans la plupart des études, comme une préoccupation majeure des électeurs...) l'un des enjeux des municipales dans certaines villes, notamment en région parisienne. Le président du groupes des Républicains au Sénat, Bruno Retailleau (dans son rôle d'"aiguillon" réactionnaire qui est celui de la droite dans le Système), a quant à lui d'ores et déjà appelé à "la mise sous tutelle républicaine" des communes dirigées par des élus "complices des islamistes"... 

    https://www.france24.com/fr/20200218-emmanuel-macron-à-mulhouse-pour-lutter-contre-le-séparatisme-islamiste

    Et ceux qui, "ici et là", centrent leurs luttes sur "la classe ouvrière", ou "les questions nationales" (blanches) etc., bref des (soi-disant) "questions plus centrales" que celles des "quartiers" et du colonialisme intérieur ("racisme"), feraient bien le cas échéant de s'enlever leurs œillères et de se dépouiller de leurs (éventuels) petits sectarismes à la con ; car de fait, la répression contre le mouvement des Gilets Jaunes a déjà prouvé que les menées contre cette partie précise des masses populaires sont toujours tôt ou tard vouées à s'étendre à d'autres secteurs qui deviendraient "remuants"...


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  • Et en bonus (pas une position du Parti communiste, mais un parti occitaniste provençal, anticapitaliste et anti-impérialiste, soutenant le Front populaire) :


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  • "Un élément décisif, caractéristique de la grande lutte révolutionnaire des masses — l'armement du peuple — s'était imposé comme une donnée fondamentale de la situation politique française en 1944. C'est alors la trahison irrémédiable, celle à partir de laquelle on peut dater sans risque d'erreur le succès définitif dans ce P.C.F. de la voie réactionnaire révisionniste, traître aux intérêts de la classe ouvrière et du peuple.

    Il est vrai que ce n'est pas sans mal que la direction de vieux traîtres qui domine alors un des moments les plus dramatiques de l'histoire du P.C.F. va imposer sa politique de capitulation. C'est au prix d'une répression interne farouche que les cadres issus de la résistance seront un à un balayés, mutés, isolés de leur base de masse, coupés des militants avec qui ils ont mené les luttes, voire liquidés physiquement ; ils vont peu à peu cesser toute participation active à la vie du parti, beaucoup le quitteront.

    Le sommet de l'appareil, le secrétariat du B.P., va être trusté par les apparatchiks, y compris par ceux qui n'ont jamais dirigé sur le terrain pendant toute la guerre. Le bouquet de cette abjection sera atteint au moment de la liquidation politique de Tillon et Marty. Ce dernier sera impudiquement accusé, dans les Cahiers du Communisme, de s'être opposé, pas seulement verbalement, au désarmement des milices patriotiques. De Gaulle lui­-même justifie le retour légal de Thorez en déclarant à ses proches qu'il est préférable que le P.C. ne soit pas dirigé par un héros de la résistance.

    À cela les révisionnistes ont beau jeu de répondre traditionnellement qu'il n'était pas possible de prendre le pouvoir en France à la Libération. Certes, Messieurs, le rapport des forces et en particulier la présence de l'armée américaine, rendait impossible l'occupation prolongée des palais gouvernementaux, aussi bien ce n'est pas de cela qu'il s'agit ; entre la prise du pouvoir et le désarmement du peuple à la Libération, il y a tout ce qui sépare l'aventurisme sanglant de la trahison, c'est ­à ­dire qu'il y a place pour la voie juste, la voie communiste : la lutte prolongée, la préparation de la guerre révolutionnaire du peuple.

    Les grèves insurrectionnelles de 1947­ - 1948 montrent à l'évidence qu'une telle possibilité était à l'ordre du jour de la France de la Libération. Que l'on se souvienne seulement que malgré le désarmement criminel des masses, il faudra l'armée, ses blindés, et ses parachutistes pour réduire les mineurs insurgés. Le mot d'ordre des masses en 1944 était « Épuration ! ». Thorez a répliqué par le mot d'ordre : « Retroussons nos manches, la grève c'est l'arme des trusts. »

    Il ne veut pas épurer la France, il épure le parti. Voilà, ou bien on regarde vers les masses, ou bien vers les palais gouvernementaux ; pour ceux­-là, quand on ne peut les prendre, on n'y entre pas, car le prix à payer, c'est la trahison de la révolution. Il était impossible de les prendre, eh bien que n'a-­t­-on gardé et développé l'armement du peuple quitte à ne pas s'offrir quelques mois de voitures à cocardes ?

    Désarmer le peuple, est un crime qui conduit au massacre ou à l'étouffement de la révolution. Justifier ce crime par des fariboles sur le passage pacifique au socialisme est tout juste bon à se préparer à la récidive. C'est la forme moderne du révisionnisme."

    Gaullisme et Révisionnisme - Gauche Prolétarienne - 1972


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  • Organisation que nous respectons mais dont il ne s'agit pas, en toute camaraderie, de nier les limites, et d'éluder le constat de l'incapacité à prendre une place un tant soit peu significative dans la résistance de ce pays à l'occupation impérialiste depuis maintenant 19 ans.

    Le texte en question (en fait, une interview) est ici : http://www.sholajawid.org/english/neither-imper-nor-islam.html

    Notons qu'il s'agit d'une organisation restée (tout de même) longtemps proche des positions de Bob Avakian et du RCP-USA, que l'on peut sans crainte qualifier d'effroyablement nazes dès que le paramètre "islam" entre en ligne de compte... (les Iraniens, eux, sont restés ouvertement dans cette mouvance).

    Sur l'histoire du mouvement maoïste en Afghanistan, et la tragédie traversée par ce pays depuis plus de 40 ans, lire : http://servirlepeuple.eklablog.com/35-ans-apres-le-coup-d-etat-pro-sovietique-les-peuples-d-afghanistan-c-a114094334

    Ou encore (point de vue "révisio", mais intéressant et factuel) : http://ekladata.com/Retour-sur-l-experience-communiste-en-Afghanistan-Christian-Parenti-Le-Monde-diplomatique

    "Bon disons que là je te rejoindrais si tu me parlais de ouin-ouin trotskoïde.

    Ouin-ouin les révisionnistes ils ont tout mal fait et puis les féodaux et puis les États réactionnaires étrangers et les impérialistes ouin ouin, du coup les masses elles aiment pas le communisme et elles sont hégémoniquement islamistes (y compris chez les Hazaras d’ailleurs : islamistes chiites pro-Iran), et SI SEULEMENT si seulement si seulement (ma bonne dame) il en avait été autrement, et ben il en serait autrement aujourd'hui...

    Sauf que, le gars… il commence par ATTAQUER L’ISLAM et considérer que celui-ci ne peut être QUE totalement incompatible avec la révolution et la nouvelle démocratie ; concrètement, que les gens doivent abandonner plus d’un millénaire de croyances, mais surtout de CULTURE, de CIVILISATION qui est LA LEUR pour pouvoir être communistes !

    Comme si le marxisme à la base n’était pas la rationalisation scientifique (matérialiste dialectique) de siècles et de siècles de résistance… CHRÉTIENNE contre les pouvoir oppresseurs ET le clergé de régime, l’Église au service du pouvoir, oui, mais au nom des valeurs chrétiennes perçues comme "vraies" : les gens pensant que Dieu n’existait pas et que la parole du Christ n’était que foutaises, même en 1793 c’était encore rarissime, même dans le premier mouvement ouvrier (chartisme anglais) c’était rarissime, et quand c’était le cas c’était souvent antisémite (Dieu et Messie "sémites orientaux" venus parasiter la "vraie culture occidentale gréco-romaine").

    Les choses ne tombent pas du ciel, toute idéologie est un produit de l’histoire des idées… et des luttes qui les sous-tendent, et de la culture de l’endroit où elle naît (c’est d’ailleurs en cela, aussi, que je verrais le sens des sauts qualitatifs marxisme -> ML -> MLM : marxisme = idéologie révolutionnaire PUR PRODUIT CULTUREL de l’histoire des luttes sociales en Europe occidentale, ML = "ensemble des premières formes", et MLM = "ensemble des formes abouties" de FUSION des apports universels du marxisme – universels parce que scientifiques, universels comme 2+2=4 – avec les cultures populaires issues de l’histoire des luttes AILLEURS, dans les autres régions du monde).

    Et l’islam lui aussi est tout autant traversé par ces luttes depuis des siècles, d’ailleurs il y a bien longtemps (peut-être un millénaire) qu’il n’a plus d’autorité centrale incontestée, que les courants, écoles etc. s’affrontent, largement sur fond de luttes sociales.

    "Lorsque la sage-femme aide l'enfant à venir au monde, elle ne fait que l'aider : ce n'est pas elle qui va changer les traits physiques de l'enfant, son poids, son code génétique... Elle peut favoriser des éléments, ou les défavoriser, c'est vrai ; mais il y a un donné qui est déjà là. Pour l'avant-garde révolutionnaire, c'est la même chose : tu peux favoriser un processus révolutionnaire, mais il y a des données qui sont là, historiques. Tu ne peux pas intervenir dans une  société sans prendre en compte son histoire politique, sociale, culturelle, tous ces éléments enchevêtrés : l'avant-garde est l'accoucheuse de l'histoire ; mais l'histoire est là. Cela signifie pour moi, avec Marx, que les conditions d'une révolution viennent de l'intérieur d'une société, de son intérieur profond, et ici, dans cet intérieur profond, que tu le veuilles ou non il y a l'islam, qui a été un courant civilisationnel historique, profond. Et qui a fait que quand il y a eu oppression au nom de l'islam, il y a eu en contrepartie une résistance se fondant et s'appuyant sur l'islam. Il y a pour moi dans cette thèse de la ligne de masse, et de l'avant-garde qui ne fait qu'accoucher d'une histoire à laquelle tu ne peux pas échapper, un caractère scientifique profond : la révolution vient du plus profond d'une société, pas d'un parachute. Et certainement pas d'un parachute occidental." – Mounir Chafiq

    Ce qui peut être injuste ou carrément inhumain (parfois) dans les sociétés musulmanes aujourd’hui peut comme absolument partout être combattu en s’appuyant sur l’islam qui est synonyme de CULTURE NATIONALE, sans besoin de se dé-nationaliser parce que c’est de ça qu’il s’agit, renoncer à soi pour devenir un Européen du 21e siècle (ou un Moscovite des années 1970-80) parce que ce serait ça être "civilisé".

    Moi j’ose le dire : on ne peut pas concevoir la nouvelle démocratie dans un pays musulman, autrement que comme un "socialisme dans les principes islamiques" de type Proclamation de la Toussaint 54.

    [Lire par exemple "L’Islam et la Révolution algérienne" de Ben Bella]

    Le souci jusqu’à présent c’est que ça n’a jamais existé comme VÉRITABLE nouvelle démocratie, c’est-à-dire sous la direction d’un Parti qui l’assure comme révolution ininterrompue vers le socialisme et le communisme – ça n’a jamais existé que sous direction nationale-bourgeoise, donc ne pouvant pas évoluer ainsi de manière ininterrompue et condamné par conséquent à dégénérer en oligarchie capitaliste bureaucratique, que l’on pense à la Révolution verte de Kadhafi en Libye, à l’Algérie, à l’Iran d’autour de 1980 etc. etc. ; mais il n’empêche que C’EST la forme que doit prendre la nouvelle démocratie dans ces pays, et il y a des gens qui doivent sérieusement sortir de leur petit microcosme intellectuel occidentalisé, et l’accepter. 

    Sinon, ce sera toujours la bourgeoisie nationale islamique qui prendra la main (appelons-la par son nom, et là aussi l’analyse du PCmA est classiquement à côté de la plaque avec ses "féodauuuuux", comme si la féodalité à l’ère du capitalisme mondialisé pouvait être une force politique motrice en quoi que ce soit, bien qu’elle soit, certes, une force ALLIÉE du courant national-islamique de la bourgeoisie nationale et un relais essentiel pour elle dans les campagnes)..."

    Lire aussi sur le sujet :

    http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/religion-et-revolution-un-excellent-texte-maoiste-arabe-a114071990

    http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/encore-une-fois-sur-la-question-de-l-islamisme-a145777528

    (n)PCI - La révolution démocratique anti-impérialiste dans les pays arabes et musulmans

    http://ekladata.com/J3kL3EpeemlWbk5gQ_3_TkjK18M/Les-theologies-islamiques-de-la-liberation-_-arabmaoists.pdf

    http://ekladata.com/PNdZupD5SrHPLbHL_QBsIu9ibPA/La-theologie-de-la-liberation-de-Munir-Chafiq-_-arabmaoists.pdf (lire aussi ici, génial : Chafiq-nouveau-Bloc-social-historique-pour-l-unite-arabe.pdf)

    http://ekladata.com/vTYcE7fFcX4JFcMNyKEagaSs8wA/La-theologie-de-la-liberation-de-Ali-Shariati-arabmaoists.pdf

    http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/egypte-l-affrontement-entre-capitalisme-d-en-haut-bureaucratique-et-ca-a114086574

    http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/pour-comprendre-la-tempete-arabe-avoir-une-analyse-de-classe-correcte--a114094440

    Sur l'expérience étonnante des "maos de l'islam" au Liban :

    http://ekladata.com/aMWtD4biDmduz0KwuECvsQC_eus/2008_12_Dot.pdf

    Très intéressant aussi, pour s'y "retrouver" et arrêter de tout confondre (tragédie de l'extrême-gauche occidentale en la matière...), cet excellent dossier publié en 2017 sur Investig'Action : 

    http://ekladata.com/5lOBWb7wr6Au53wxq2o8UWJX6M4/Islamisme-Lalieu-Hassan.pdf

    [Et puis, trotskyste et donc avec les défauts que l'on pourra lui trouver de par cette idéologie ; mais enfin néanmoins, du bon trotskysme (comme il y a le bon et le mauvais cholestérol !) ; le fameux texte de Chris Harman (du SWP britannique) qui devrait vraiment, à notre sens, avoir toute sa place dans la conception communiste du monde de notre époque (et qui n'est, sans doute, pas pour rien honni de tous ceux - des "libertaires" aux ML voire "maoïstes" dogmatos en passant par les trotskystes de type LO - qui peinent à cacher sous un maquillage anticapitaliste leur profonde islamophobie "barbus de Saint Foooons"...) : « Chris Harman - Le prophète et le prolétariat (1994).pdf »

    Dans une veine finalement assez proche, il y a d'ailleurs le maoïste indien Ajith : resistance-islamique-la-contradiction-principale-et-la-guerre-contre-l-a136656668]

    [Une certaine confusion s'est peut-être installée au fil de nos multiples écrits sur ce sujet. Il est en réalité question de deux choses qu'il importe de bien distinguer :

    - Le CAPITALISME islamique, expression du "capitalisme d'en bas" (bourgeois national, des "entrailles de la société" : souk, bāzār, économie informelle des quartiers populaires) opposé au "capitalisme d'en haut" bureaucratique-compradore impulsé par et au service de l'impérialisme, qui essaye de construire son propre circuit d'accumulation national. Évidemment c'est impossible, mais du moins il le tente... Il n'est pas à mettre sur le même plan qu'une pure satrapie "extravertie" vers les Centres financiers impérialistes ; et il peut être la cible d'agressions ou du moins de déstabilisations de la part de ceux-ci (car il ne laisse pas le surproduit, la plus-value "sur-accaparée", "remonter" correctement jusqu'aux monopoles impérialistes) et doit donc alors être défendu ; tout en faisant bien évidemment preuve (comme tous les capitalistes lorsqu'on leur faut miroiter de bonnes affaires ou au contraire les menace de sanctions économiques), d'un strict point de vue anti-impérialiste, d'un grand opportunisme (comme par exemple lorsque le Soudan a livré Illitch Ramirez Sanchez alias "Carlos" à l'impérialisme français, pour prendre un exemple qu'on nous a donné... un peu comme, en fin de compte, lorsque la Bolivie "capitaliste ando-amazonienne" de Morales a livré Cesare Battisti à l'Italie, pareil).

    C'est le cas de l'Iran, ou d'un pays qui serait dirigé par les Frères Musulmans (il n'y en a plus depuis le bref passage de Morsi au pouvoir en Égypte) ou un régime lié (Turquie d'Erdogan, Qatar, Soudan jusqu'en 2019, Malaisie de Mahathir dans une certaine mesure...) ; mais ça l'était à vrai dire aussi... en version "laïciste"-"moderniste", des systèmes nassériens ou baathistes de la "grande époque" (mais en général depuis ils ont fini satrapies).

    - Le "SOCIALISME dans les principes islamiques" quant à lui, comme nom de la révolution de nouvelle démocratie dans un pays culturellement musulman (c'est à dire concrètement l'idée que "on ne peut pas intervenir dans une  société sans prendre en compte son histoire politique, sociale, culturelle, tous ces éléments enchevêtrés : l'avant-garde est l'accoucheuse de l'histoire ; mais l'histoire est là", "les conditions d'une révolution viennent de l'intérieur d'une société, de son intérieur profond, et ici, dans cet intérieur profond, que tu le veuilles ou non il y a l'islam, qui a été un courant civilisationnel historique, profond" – Mounir Chafiq ; ou encore que "mieux vaut un pas en avant avec le peuple, que 100 pas sans lui" – Thomas Sankara), n'existe pas aujourd'hui ; il n'y a pas d'exemple.

    On pourrait à la rigueur citer, par le passé, la Libye de la Révolution verte kadhafiste (avant sa liquidation néolibérale et pro-impérialiste des années 1990-2000, débouchant sur la chute du régime en 2011), ou encore l'Algérie de Boumediene, avant là aussi la liquidation des années 1980-90, notamment au travers de la terrible "Décennie noire" (et peut-être aussi le Yémen du Sud ? - apparemment c'était le cas, ainsi peut-être que le Nord qui à cette époque était anti-impérialiste et envisageait la réunification... et même, comme on peut le voir ici, la Somalie de Siad Barre qui bien que condamnant officiellement le concept de socialisme islamique avait un rapport disons "complexe" à la culture profondément musulmane de 99,99% de la population)...

    Mais le truc, c'est que ça s'est toujours dans ces cas-là conçu (explicitement) comme une fin en soi ; jamais dans une perspective ininterrompue vers le socialisme et le communisme (il est important, aussi, de comprendre qu'en réalité et en fin de compte, très peu de régimes anti-impérialistes des années 1960 ou 70 dans les pays musulmans sont réellement "rentrés dans le lard" à l'islam ultra-majoritaire comme avait pu le faire le kémalisme en Turquie, réprimant sa pratique ou son expression publique, ou même se sont payés de provocations stériles tel Bourguiba buvant un jus d'orange devant son auditoire en plein ramadan : c'est, en fait, surtout contre les mécanismes - inéluctables - d'"oligarchisation bureaucratique corrompue" de ces régimes bourgeois nationaux, traduits dans l'esprit des masses par "comportements non-islamiques" ou "mécréance", que se sont développés les mouvements islamistes des années 1980, comme - au fond - revendications d'éthique et de souci du peuple dans la gouvernance, plus que d'une liberté religieuse à laquelle il n'avait que rarement été porté atteinte).

    Lire aussi ici : http://ekladata.com/O-Carre-Pensee-politique-arabe-Proche-Orient.pdf ; en particulier le chapitre II, très intéressant sur le sujet (et intéressant, aussi, pour bien voir comment jusqu'à présent les prétentions à un "socialisme islamique" - essentiellement de la part de certains courants des Frères Musulmans - mais aussi et tout autant... à un "socialisme arabe", ont toujours été dans un rejet explicite du marxisme - même si certes, comme on peut le voir dans cet ouvrage ou encore dans les récits de Mounir Chafiq, l'attitude des Partis communistes pro-soviétiques l'a souvent en partie justifié - autrement dit, un refus de la transition ininterrompue vers le socialisme et le communisme).]


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  • https://www.initiative-communiste.fr/articles/culture-debats/le-27-janvier-1945-les-soldats-sovietiques-liberaient-auschwitz/ (le partage de ce lien ne signifie bien entendu pas que nous allons prendre notre carte au PRCF...)

    À 75 ans de la libération d'Auschwitz par la glorieuse Armée Rouge des Peuples soviétiques : recueil de textes

    Rappelons que, en libérant ces camps de la mort avant de s'en aller à Berlin écraser le monstre dans son antre, ces valeureux soldats et soldates (parmi lesquels nombre de Juifs, y compris sauvés d'une mort certaine par l'annexion soviétique d'une partie de la Pologne et des Pays baltes suite à l'"abominable" "pacte germano-soviétiiiiique"...) arrivaient au bout d'un terrible combat (27 millions de mort-e-s) pour éviter à leur Patrie socialiste de connaître le sort de l'Amérique indigène sous la botte des conquistadores espagnols et autres pionniers yankees ; comme l'a bien rappelé (bien que n'étant pas lui-même exempt de tout crime contre l'humanité, de Tchétchénie en Syrie) Vladimir Poutine à Jérusalem :

    "C'est avant tout le peuple soviétique qui a mis fin aux projets nazis, «défendant sa Patrie et libérant l'Europe», a tenu à rappeler Poutine. Et ce au prix de 27 millions de victimes. Il a rappelé que les populations des territoires que les nazis voulaient s’approprier avaient un triste sort devant eux : «Les peuples slaves et autres avaient pour sort soit d’être exterminés, soit de devenir des esclaves sans droits, sans culture, sans mémoire historique, sans langue. Le Peuple soviétique a défendu sa Patrie et a apporté la libération du nazisme à l’Europe. Le prix que nous avons payé n’est venu dans les pires cauchemars à aucun peuple»."

    https://fr.sputniknews.com/international/202001231042950192-collaborationnisme-les-camps-dextermination-nazis-etaient-desservis-dans-plusieurs-pays-deurope/

    Ci-après, un article publié en 2010 sur un homme qui était alors l'un des derniers survivants du camp encore en vie (il est mort depuis, en 2014)... Des propos SANS APPEL pour ceux qui tentent de trafiquer avec les crimes contre l'humanité de la Seconde Guerre mondiale pour justifier ceux d'aujourd'hui :

    http://servirlepeuple.over-blog.com/article-hajo-meyer-survivant-d-auschwitz-antisemite-pour-les-sionistes-43819624.html

    Rappelons ici qu'avant d'opter pour l'extermination dans tous les pays occupés, Hitler avait dans un premier temps cherché à "libérer" l'Allemagne de ses Juifs... par un accord de collaboration avec le sionisme, qui partageait les mêmes buts :

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Accord_Haavara

    Pour une lecture "décoloniale" de la Shoah (une lecture fondamentalement nécessaire qui la réinscrive dans la continuité de l'impérialisme et ses crimes, pour ne plus en faire un catastrophe incompréhensible et comme "tombée du ciel") :

    http://indigenes-republique.fr/intervention-de-enzo-traverso-lors-de-la-conference-pour-une-lecture-decoloniale-de-la-shoah/

    "Les nazis n'ont rien inventé. Ils ont puisé dans la culture dominante de l'Occident libéral" - entretien avec Johann Chapoutot

    Comme l'avait, de fait, exprimé Aimé Césaire dès le lendemain de la Seconde Guerre mondiale (Discours sur le Colonialisme, 1950) :

    http://ekladata.com/qt8Ti_DMKm84T9mEY6pftO6QhIQ/CESAIRE.pdf

    "On s’étonne, on s’indigne. On dit : « Comme c’est curieux ! Mais, bah ! C’est le nazisme, ça passera ! » Et on attend, et on espère ; et on se tait à soi-même la vérité, que c’est une barbarie, mais la barbarie suprême, celle qui couronne, celle qui résume la quotidienneté des barbaries ; que c’est du nazisme, oui, mais qu’avant d’en être la victime, on en a été le complice ; que ce nazisme-là, on l’a supporté avant de le subir, on l’a absous, on a fermé l’œil là-dessus, on l’a légitimé, parce que, jusque-là, il ne s’était appliqué qu’à des peuples non européens ; que ce nazisme-là, on l’a cultivé, on en est responsable, et qu’il sourd, qu’il perce, qu’il goutte, avant de l’engloutir dans ses eaux rougies, de toutes les fissures de la civilisation occidentale et chrétienne.

    Oui, il vaudrait la peine d’étudier, cliniquement, dans le détail, les démarches d’Hitler et de l’hitlérisme et de révéler au très distingué, très humaniste, très chrétien bourgeois du XXe siècle qu’il porte en lui un Hitler qui s’ignore, qu’Hitler l’habite, qu’Hitler est son démon, que s’il le vitupère, c’est par manque de logique, et qu’au fond, ce qu’il ne pardonne pas à Hitler, ce n’est pas le crime en soi, le crime contre l’homme, ce n’est pas l’humiliation de l’homme en soi, c’est le crime contre l’homme blanc, c’est l’humiliation de l’homme blanc, et d’avoir appliqué à l’Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu’ici que les Arabes d’Algérie, les coolies de l’Inde et les nègres d’Afrique."

    Ce texte est cité et cette question assez largement abordée dans ce long article que nous avions publié début 2014 :

    http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/reflexion-theorique-loi-gayssot-lois-antiracistes-et-memorielles-antif-a114072232

    Transformée ainsi en "devoir de mémoire" quasi religieux, visant à en faire une sorte d'"arbre qui cache la forêt" ou de "solde de tout compte" qui "lave plus blanc que blanc" tous les crimes de l'impérialisme avant, pendant (famine au Bengale, bombardements exterminateurs sur le Japon) et depuis, l'horreur d'Auschwitz et de la Shoah suscite alors parfois des réactions d'incrédulité, ou de contestation de la "vérité officielle" (la question ici n'étant pas que des personnes admirant le nazisme, et souhaitant le réhabiliter, nient son crime le plus effroyable, mais qu'il y ait des gens pour les écouter, ou ne serait-ce que leur prêter l'oreille) :

    http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/mort-de-faurisson-reflexions-a148986222

    Le fascisme et le nazisme ne SONT PAS des démarches de "rejet des Lumières", mais bien des formes d'aboutissement absolu de celles-ci, en leur "aile droite" qui est le piétinement permanent des valeurs démocratiques et humanistes sécrétées par l'"aile gauche" :

    http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/sur-zeev-sternhell-et-sa-theorie-du-fascisme-anti-lumieres-a114065362

    Tenter, comme le fait le sioniste de gauche Zeev Sternhell (idole des "antifas" dans nos contrées), de disculper la Modernité occidentale en présentant les atrocités fascistes des années 1930-40 comme un gigantesque "retour en arrière" (à la "barbarie médiévale"), est une effroyable imposture intellectuelle.



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  • Dans le cadre de la controverse qui secoue ces dernières années le mouvement maoïste international, entre (disons) tendance de quelques uns à trop "coller" au "ML anti-révisionniste de Mao" et idéalisme gauchiste d'autres "en route vers une quatrième et encore supérieure étape" ("gonzaliste", ou "principalement maoïste", du développement de la science marxiste) ; voici un très intéressant texte qui nous vient du Canada (groupe de Montréal, les autres dits "pan-canadiens" ayant de scission en exclusion poursuivi leur dissolution vers le néant de l'insignifiance politique) et qui pourrait peut-être (en tout cas contribuer à) "remettre les pendules matérialistes dialectiques à l'heure".

    Précisons simplement, au préalable, que nous n'en partageons pas forcément à 100% la tonalité un peu agressive, en tout cas contre toutes ses "cibles", notamment les Brésiliens dont nous avons du respect pour l'activité pratique qui n'est pas si insignifiante (surtout dans les campagnes). Pour autant, plus d'un point "tape" incroyablement juste :


    Le maoïsme tel qu’en lui-même : contre l’idéalisme
    du courant « principalement maoïste »

    [Quelques (petits) points de désaccord, mineurs au regard de la masse considérable de vérités énoncées :

    - Par rapport à cette question des étapes de développement du marxisme, et de la "rupture" entre elles que le PCR rejette : ne serait-il pas possible de considérer que chaque étape (marxisme, léninisme et maoïsme, ou pourquoi pas marxisme de Marx et Engels, marxisme de le 2e Internationale, léninisme de Lénine puis ML de Staline et du MCI jusqu'aux années 50, Pensée Mao et enfin MLM) ne peut pas en son essence matérialiste comporter des "erreurs" ; MAIS qu'elle peut en revanche comporter des lacunes... des questions laissées sans réponses et auxquelles, du coup, l'influence pernicieuse extérieure (idées bourgeoises, ou petites-bourgeoises idéalistes-gauchistes) va venir apporter SES réponses ; l'accumulation de questions sans réponse marxiste, et donc à réponses bourgeoises ou gauchistes, finissant par amener la consolidation des lignes opportunistes (de droite ou de gauche) et, par la simple loi du nombre, le principe majoritaire présidant aux décisions du Parti, le basculement vers le révisionnisme... ? 

    De fait, en réalité, nous nous demandons plutôt si la question n'est pas ; plutôt que la "rupture" si l'on entend par là "dépassement de limites de compréhension du monde" ou "comblement de lacunes", ou, comme dit dans le texte, "développement permettant d’aborder avec plus de précision les anciens phénomènes, de même qu’en étudier de nouveaux" ; le "GONZALISME", car c’est bien ainsi qu’il faut l’appeler en tant que prétention (masquée autant qu’ils le voudront, mais toujours transparente) d’ajouter le-plus-tôt-sera-le-mieux un "G" au MLM… (et là-dessus, dirions-nous, nous ne pensons pas que les Brésiliens soient vraiment des "impulseurs" d’une telle conception, nous pensons plutôt qu’ils "pèsent" d'un certain poids dans la ligne de s’en tenir à "principalement maoïste", terme légitimé par son emploi par le PCP ; mais ils font, bel et bien, preuve d’OPPORTUNISME vis-à-vis des tenants essentiellement occidentaux de cette volonté, dans une perspective de lutte contre Sison à qui ils attribuent à tort ou à raison le lancement d’une organisation rivale dans leurs pattes il y a quelques années).

    Une "nouvelle et supérieure étape"… sans AUCUNE justification, si l’on admet justement que le MLM est (en gros) une "fusion" de l’œuvre de Mao (et d’autres jusqu’en 1976 : Mazumdar, Kaypakkaya, Yari etc.) contre le révisionnisme soviétique de Krouchtchev, ET de celle de Gonzalo et d’autres APRÈS 1976 contre la contre-révolution de Deng et ses partisans "ML Pensée Mao" à travers le monde, ou encore le dogmato-révisionnisme de Hoxha. Car la justification essentielle d’une nouvelle et supérieure étape selon nous, c’est l’"assassinat" révisionniste de la précédente ! C’est ainsi, justifié par 1°/ l’assassinat khrouchtchévien de la Révolution soviétique et 2°/ l’assassinat denguiste de la Révolution chinoise (+ le coup de couteau dans le dos hoxhiste), qu’a vu le jour le MLM.

    Qu’est-ce qui justifierait donc, aujourd’hui, un passage à un tel MLMG ? Nous ne pensons pas que, en termes d’"assassinat" de gigantesques expériences révolutionnaires et de mouvements mondiaux autour d’elles, le prachandisme et l’avakianisme soient en quoi que ce soit comparables pour pouvoir être cette justification. À notre sens, ils peuvent tout à fait être "traités" par le MLM comme Lénine a "traité" le kautskysme ou le gauchisme pannekoekien, ou critiqué Luxemburg ; et comme Staline a combattu le trotskysme et le boukharinisme. En fait, c’est précisément cette prétention à un MLMG qui s’apparente un peu au trotskysme, qui ne l’a certes jamais formulé explicitement ainsi, mais prétendait au fond être un "MLT" ("marxisme-léninisme-trotskysme") ; Trotsky se voulant (un peu comme les gonzalistes peuvent parfois l'expliquer au sujet de la Pensée Gonzalo) les "lunettes" ou la "résolution pixel" à travers lesquelles on obtiendrait la "meilleure compréhension possible de Marx et Lénine".

    - Nous ne partageons pas non plus tout à fait les critiques visant les "maoïstes" US au sujet des questions nationales. Au contraire, et nous avons déjà eu l'occasion de le dire, nous pensons justement que leurs positions ne vont pas assez loin en ce sens, pour ne pas dire sont complètement hypocrites et bidons. Nous pensons, oui, que le Parti doit être construit et la lutte révolutionnaire menée dans la plus absolue centralité prolétarienne-ouvrière... MAIS, le prolétariat étant au jour d'aujourd'hui tel qu'il est et non tel que l'on voudrait qu'il soit ; tel qu'il est signifiant notamment avec une identité nationale profondément ancrée dans sa conscience ; cette absolue centralité ouvrière veut forcément également dire absolue centralité nationale.

    En d'autres termes, il faut selon nous absolument respecter les identités nationales (ou "raciales" = en Amérique du Nord, colonies intérieures selon les mots du géant marxiste-léniniste Harry Haywood - indigènes, descendants d'esclaves africains, Mexicains des territoires annexés etc.) dans la constitution des Partis ouvriers d'avant-garde. C'est peut-être même d'ailleurs ; même si nous partageons leur analyse (ou plutôt le même constat d'évidence) que l'oppression des Francophones canadiens n'est plus du tout celle d'il y a 100 ou même encore 60 ans, et que désormais la bourgeoisie canadienne francophone est largement "co-gérante" de l'impérialisme canadien ; leur oubli de cela (ce qui précède ne signifiant pas que Francophones et Anglophones ont cessé d'exister au Canada, pas plus que la France et l'Allemagne n'ont cessé d'exister sous prétexte qu'elles ne se font plus la guerre et ne s'occupent plus militairement l'une l'autre à intervalle régulier...), pour prétendre construire un grand Parti "pan-canadien" (qui restait purement théorique avant 2010), qui leur a dans une large mesure valu tous les problèmes qu'ils ont eu.

    Nous entendons, disons, leur critique de l'"activisme anti-raciste" ; au sens où nous pensons que l'antiracisme politique, terme sans doute contestable mais c'est celui qui existe actuellement, se situe précisément en rupture avec ce qu'ils appellent "anti-racisme" et qui est l'antiracisme MORAL, par ailleurs (généralement) totalement piloté par des Blancs (flanqués de quelques authentiques petits bourgeois non-blancs pour faire bonne mesure) de manière totalement paternaliste – ce qui se retrouve et confirme largement dans les positions des Red Guards que nous avons critiquées (le masque qu'ils ont en 2018 laissé tomber sur ces questions), recevant évidemment en retour leurs attaques ne répondant pas à grand chose sur le fond... 

    Le PCR montréalais perd peut-être, ici, un peu rapidement de vue le fait que la classe ouvrière qui doit être absolument au centre de la construction du Parti et du processus révolutionnaire, n'est pas "abstraite" mais une réalité concrète telle qu'elle est concrètement ; et qu'elle n'a donc pas "pas de patrie" (cette phrase de Marx n'a de toute façon jamais voulu dire ce qu'on lui fait abusivement dire depuis un siècle et demi), ni d'identité aucune, mais bien des identités culturelles nationales diverses, a fortiori lorsque celles-ci sont "hiérarchisées" par la domination bourgeoise avec des "petits privilèges" qui ne font certes pas des uns la "classe dominante" des autres, mais déforment néanmoins leurs perceptions et leurs rapports mutuels ; si bien que l'on ne peut donc pas prétendre l'"unir" par-delà ces barrières par pure "proclamation" abstraite, pour autant que cette unité soit souhaitable et, à terme bien sûr, viendra.

    De fait, et tout simplement, qu'il s'agisse de colonies intérieures à proprement parler (peuples indigènes ou, en tout cas, présents depuis l'origine de la colonie devenue aujourd'hui pays à majorité blanche, en Amérique du Nord, Australie, Nouvelle-Zélande) ; ou de communautés importantes d'immigrés venus des pays que la puissance impérialiste tient sous sa domination coloniale ou semi-coloniale (comme les Portoricains aux États-Unis, ou les importantes communautés jamaïcaine ou haïtienne au Canada), et qui sont en quelques sorte des "ambassadeurs" et des "fers de lance" de ces pays dominés dans la métropole ; la question se passe totalement de postmodernisme et peut tout à fait correctement être abordée sous l'angle de l'anti-impérialisme (et des devoirs de l'avant-garde révolutionnaire d'une métropole impérialiste envers les peuples de ses colonies).

    Il ne faut certes pas verser dans le bundisme (dont nous ne partageons pas totalement, cela dit, la critique faite extensivement par Staline dans sa Question Nationale, bien qu'il s'agissait indéniablement d'une organisation réformiste), ou l'austro-marxisme et aller vers l'atomisation "ethnique" absolue des luttes "pour le plaisir d'atomiser", dans les "creusets" économiques où réside très largement un prolétariat multinational et où commencent à se dessiner des convergences ; mais il ne s'agit pas non plus, à notre sens, de se déconnecter de la réalité et de prétendre "résoudre par proclamation" ce genre de problématiques ; il faut partir (pratiquement dans chaque territoire, bassin de vie populaire) de la situation concrète, et la situation concrète aux États-Unis, pour le coup, est tout de même celle d'une énorme ségrégation ethnique territorialisée, en plus d'une expérience historique qui a largement montré la viabilité (et même la plus grande "qualité" révolutionnaire) d'une organisation autonome des "minorités" colonisées intérieures (non pas depuis les Black Panthers, mais depuis l'African Blood Brotherhood presque un demi-siècle plus tôt, en passant par Robert F. Williams ; et sans oublier bien sûr les résistances indigènes jusqu'à l'AIM, les luttes des Chicanos et les Brown Berets etc.).

    Il n'est pas, à notre sens, nécessaire de rejeter en bloc les positions du mouvement Red Guard sur ces questions ; positions qui ont pu être assez correctes au regard de leur Condemned to Win de 2015 ou des positions des Red Guards LA (essentiellement chicanos) à la même époque, et qu'ils ont de fait plus trahies depuis qu'autre chose ; pour appuyer une critique de leur activité anti-gentryfication qui pour le reste tape extraordinairement juste.

    Sur la centralité de la classe ouvrière, "en particulier de la grande industrie" : qu'est-ce que la grande industrie ? Les grandes unités de production de plusieurs centaines, voire milliers de travailleurs, type Billancourt ou Flins en 1968 ?

    Il y a là à notre avis un danger : que se passe-t-il si la bourgeoisie ATOMISE sciemment les collectifs de travailleurs, ce que les moyens de transport aujourd'hui permettent finalement facilement, en petites unités ne dépassant guère la centaine d'ouvriers ?

    C'est déjà plus ou moins le cas en France... Les grandes chaînes de production comme Billancourt, cela n'existe plus. Le recours massif au turn over, aussi (contrats temporaires)... À ce moment-là, le sujet révolutionnaire aurait disparu ?

    Il y a au contraire, selon nous, plein sens à se tourner vers ces formes nouvelles de prolétariat précaire et atomisé, souvent ignoré des organisations ouvrières "classiques" (syndicats) – ou en tout cas, celles-ci n'ayant pas les moyens de l'organiser, en n'envisageant justement que le site de production comme cadre d'organisation.

    Quelques explications à ce sujet (assez éclairantes... voire convaincantes) ici :

    https://www.iskra-pcr-rcp.ca/2019/10/12/la-centralite-ouvriere-les-producteurs-au-coeur-de-la-lutte-pour-le-socialisme/

    En fait, nous prendrions presque (plutôt) le problème dans l'autre sens : si l'on prend vraiment au pied de la lettre la définition de l'aristocratie ouvrière donnée par Engels et Lénine (travailleurs des pays impérialistes bénéficiant, "achetés" en quelque sorte, par des "miettes" de surprofits de l'exploitation des pays dominés)... alors, à l'heure actuelle dans ces pays, c'est TOUT LE MONDE (à l'exception peut-être des migrants en situation irrégulière ou des Roms, seules véritables "enclaves de Tiers Monde" ou de "prolétariat à la Dickens", au choix).

    Donc, dans ces pays-là, on ne fait plus rien... Ou alors du Baader ou du Sekigun (engagement, éventuellement armé, de pur soutien internationaliste aux luttes anti-impérialistes du Sud).

    OU ALORS... il ne faut peut-être pas la prendre au pied de la lettre, justement. Il faut, peut-être, relire attentivement les deux auteurs... et se rendre compte qu'ils ne disent JAMAIS, à aucun moment que cette catégorie de travailleurs (certains diront : "les Blancs") serait consolidée pour l'éternité en classe extérieure et ennemie du prolétariat mondial ; qu'elle ne serait plus (parce que bénéficiaire de "miettes" de l'exploitation d'autres) exploitée ; que sa condition ne pourrait pas (à terme) se dégrader sous l'effet de la crise générale du capitalisme (et une situation qui se dégrade est, bien souvent, porteuse d'autant sinon plus de potentiel d'explosion révolutionnaire qu'une misère "de toute éternité"...) ; et donc que les communistes ne pourraient et devraient pas travailler politiquement en sa direction, à forger son unité avec le prolétariat mondial proprement dit (aujourd'hui, donc, essentiellement extérieur aux pays impérialistes, ce qui signifie internationalisme et anti-impérialisme, éventuellement par l'"entremise" des "détachements" immigrés de celui-ci), dans la lutte commune contre les quelques % de grands bourgeois monopolistes qui eux sont les ennemis irréductibles de l'humanité.

    En vérité, ce devrait même être selon nous le principal devoir des communistes "blancs" des pays impérialistes : s'occuper de LEUR classe ouvrière, "aristocratisée" ou pas, dans cet objectif que nous venons d'énoncer ; plutôt que d'envoyer en direction des masses populaires non-blanches (ou à défaut, vers des "plus précaires" largement fantasmés) des "alliés"-missionnaires généralement petits-bourgeois qui tôt ou tard vireront au paternalisme ; tout en s'efforçant de "déconstruire intersectionnellement les normativités de genre" en cénacles non-mixtes (et écriture inclusive s'il vous plaît)...

    Tous ces points sont largement développés et argumentés dans l'article en lien ci-dessus : on peut ne pas être (ou pas à 100%) d'accord, avoir des réserves et trouver discutables certains points ; mais on ne peut pas dire en tout cas que les choses sont "assenées" au pur nom du dogme sans le moindre argument.]


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  • "A priori l'idée d'un socialisme islamique n'a pas grand sens autre qu'idéologique. L'islam concentre un très grand nombre de contradictions et de tendances (féodales/tributaires, bourgeoisies, socialistes) du fait du développement inégal et combiné des formations sociales islamiques médiévales. Avec notamment un État califal puissant et tributaire, mais aussi une place importante du secteur marchand, du prolétariat, de la paysannerie pauvre, c'est ce qui a fait la richesse intellectuelle, culturelle, philosophique et scientifique des sociétés islamiques médiévales"

    Pour moi, un système "démocratique et social dans les principes islamiques" (comme indiqué dans la Déclaration de la Toussaint) [lire par exemple "L’Islam et la Révolution algérienne" de Ben Bella] est la forme obligatoire de l'étape nationale-démocratique dans les pays musulmans, point.

    C'est juste que sous direction bourgeoise cette étape ne peut pas être dépassée vers autre chose.

    On reproche beaucoup aux FM leur défense de la propriété, de la libre entreprise etc., mais quelque part, sous une "féodalité d'État" un peu comme sous l'Ancien Régime ici (et de surcroît, existant totalement par et pour l'extraction impérialiste de surprofits), c'est un discours révolutionnaire bourgeois...

    "Mais les FM défendent la libre propriété dans un contexte bourgeois. Le seul intérêt des FM (et généralement de l'islamisme) c'est l'idée de l'unité islamique, qui recèle l'idée d'une renaissance panarabe anticoloniale. Mais en général la forme proposée va à l'encontre des aspects progressistes de la tradition islamique elle même (rationalisme, mystique, chiismes, etc.)"

    Lis ça c'est hyper intéressant :

    http://ekladata.com/5lOBWb7wr6Au53wxq2o8UWJX6M4/Islamisme-Lalieu-Hassan.pdf

    En gros le reproche qu'on peut faire aux FM c'est d'être des possibilistes ultra pragmatiques. En gros, des socedems de l'anticolonialisme sur la branche d'inspiration religieuse de celui-ci.

    Mais bon en même temps, ceux qui sont "volontaristes" et veulent forcer, les qutbistes-djihadistes, ça donne pas forcément des merveilles non plus, donc bon...

    [Quoi qu'il en soit] Tout régime bourgeois national au départ, peut réaliser des tâches nationales-démocratiques importantes mais finit toujours par dévier en oligarchie bureaucratique néo-compradore faute d'assurer une révolution ininterrompue vers le socialisme et le communisme.

    Non seulement ceci est également valable pour les nationalistes dits 'laïcs'... mais ça s'est vu, le spectacle est sous nos yeux (alors que les FM on a jamais trop vu, ils sont jamais restés longtemps au pouvoir nulle part). Et en Iran (que tu défends) aussi, d'ailleurs.

    "Ils sont surtout manipulés depuis des décennies par les impérialistes, du fait justement que leur idéologie est incapable de réaliser ce qu'elle proclame : indépendance nationale et unité arabo musulmane. On ne peut pas réaliser ces objectifs quand on rejette la modernité, quand on est anticommuniste et sectaire. Ça donne au mieux des régimes archi compradores (libéraux et financiarisés), hostiles aux populations non sunnites et à la traîne sur le plan scientifique et intellectuel. Tout pour être un jouet de l'Occident quoi..."

    Parce que la Modernité c'est bien maintenant ? Lol...

    Par rapport aux politiques dites modernistes dans ces pays, tu peux lire ça pour voir un peu les problématiques que ça pose : 

    http://ekladata.com/LaXzPDRdZzz-n3H7TONW1Y85jOU/reforme-agraire-Iran-effets-pervers.pdf

    Ce que je pense en effet et on peut être d'accord, c'est que si tu veux être trop charia-charia tu clives et tu n'es pas assez rassembleur pour une politique d'indépendance nationale. Et il en va de même pour une politique trop moderniste-séculariste...

    On le voit en Tunisie : Ben Ali était honni, Ennahdha s'est grillée en quelques années. Saïed, lui, représente la position capable de mettre 75% ou presque sur son nom - à voir maintenant ce qu'il en fera.

    [Une certaine confusion s'est peut-être installée au fil de nos multiples écrits sur ce sujet. Il est en réalité question de deux choses qu'il importe de bien distinguer :

    - Le CAPITALISME islamique, expression du "capitalisme d'en bas" (bourgeois national, des "entrailles de la société" : souk, bāzār, économie informelle des quartiers populaires) opposé au "capitalisme d'en haut" bureaucratique-compradore impulsé par et au service de l'impérialisme, qui essaye de construire son propre circuit d'accumulation national. Évidemment c'est impossible, mais du moins il le tente... Il n'est pas à mettre sur le même plan qu'une pure satrapie "extravertie" vers les Centres financiers impérialistes ; et il peut être la cible d'agressions ou du moins de déstabilisations de la part de ceux-ci (car il ne laisse pas le surproduit, la plus-value "sur-accaparée", "remonter" correctement jusqu'aux monopoles impérialistes) et doit donc alors être défendu ; tout en faisant bien évidemment preuve (comme tous les capitalistes lorsqu'on leur faut miroiter de bonnes affaires ou au contraire les menace de sanctions économiques), d'un strict point de vue anti-impérialiste, d'un grand opportunisme (comme par exemple lorsque le Soudan a livré Illitch Ramirez Sanchez alias "Carlos" à l'impérialisme français, pour prendre un exemple qu'on nous a donné... un peu comme, en fin de compte, lorsque la Bolivie "capitaliste ando-amazonienne" de Morales a livré Cesare Battisti à l'Italie, pareil).

    C'est le cas de l'Iran, ou d'un pays qui serait dirigé par les Frères Musulmans (il n'y en a plus depuis le bref passage de Morsi au pouvoir en Égypte) ou un régime lié (Turquie d'Erdogan, Qatar, Soudan jusqu'en 2019, Malaisie de Mahathir dans une certaine mesure...) ; mais ça l'était à vrai dire aussi... en version "laïciste"-"moderniste", des systèmes nassériens ou baathistes de la "grande époque" (mais en général depuis ils ont fini satrapies).

    - Le "SOCIALISME dans les principes islamiques" quant à lui, comme nom de la révolution de nouvelle démocratie dans un pays culturellement musulman (c'est à dire concrètement l'idée que "on ne peut pas intervenir dans une  société sans prendre en compte son histoire politique, sociale, culturelle, tous ces éléments enchevêtrés : l'avant-garde est l'accoucheuse de l'histoire ; mais l'histoire est là", "les conditions d'une révolution viennent de l'intérieur d'une société, de son intérieur profond, et ici, dans cet intérieur profond, que tu le veuilles ou non il y a l'islam, qui a été un courant civilisationnel historique, profond" – Mounir Chafiq ; ou encore que "mieux vaut un pas en avant avec le peuple, que 100 pas sans lui" Thomas Sankara), n'existe pas aujourd'hui ; il n'y a pas d'exemple.

    On pourrait à la rigueur citer, par le passé, la Libye de la Révolution verte kadhafiste (avant sa liquidation néolibérale et pro-impérialiste des années 1990-2000, débouchant sur la chute du régime en 2011), ou encore l'Algérie de Boumediene, avant là aussi la liquidation des années 1980-90, notamment au travers de la terrible "Décennie noire" (et peut-être aussi le Yémen du Sud ? - apparemment c'était le cas, ainsi peut-être que le Nord qui à cette époque était anti-impérialiste et envisageait la réunification... et même, comme on peut le voir ici, la Somalie de Siad Barre qui bien que condamnant officiellement le concept de socialisme islamique avait un rapport disons "complexe" à la culture profondément musulmane de 99,99% de la population)...

    Mais le truc, c'est que ça s'est toujours dans ces cas-là conçu (explicitement) comme une fin en soi ; jamais dans une perspective ininterrompue vers le socialisme et le communisme (il est important, aussi, de comprendre qu'en réalité et en fin de compte, très peu de régimes anti-impérialistes des années 1960 ou 70 dans les pays musulmans sont réellement "rentrés dans le lard" à l'islam ultra-majoritaire comme avait pu le faire le kémalisme en Turquie, réprimant sa pratique ou son expression publique, ou même se sont payés de provocations stériles tel Bourguiba buvant un jus d'orange devant son auditoire en plein ramadan : c'est, en fait, surtout contre les mécanismes - inéluctables - d'"oligarchisation bureaucratique corrompue" de ces régimes bourgeois nationaux, traduits dans l'esprit des masses par "comportements non-islamiques" ou "mécréance", que se sont développés les mouvements islamistes des années 1980, comme - au fond - revendications d'éthique et de souci du peuple dans la gouvernance, plus que d'une liberté religieuse à laquelle il n'avait que rarement été porté atteinte).

    Lire aussi ici : http://ekladata.com/O-Carre-Pensee-politique-arabe-Proche-Orient.pdf ; en particulier le chapitre II, très intéressant sur le sujet (et intéressant, aussi, pour bien voir comment jusqu'à présent les prétentions à un "socialisme islamique" - essentiellement de la part de certains courants des Frères Musulmans - mais aussi et tout autant... à un "socialisme arabe", ont toujours été dans un rejet explicite du marxisme - même si certes, comme on peut le voir dans cet ouvrage ou encore dans les récits de Mounir Chafiq, l'attitude des Partis communistes pro-soviétiques l'a souvent en partie justifié - autrement dit, un refus de la transition ininterrompue vers le socialisme et le communisme).]

    [En Syrie] "C'est surtout que, évidemment, la révolte naît de la poursuite de la libéralisation et de liquidation du "socialisme" baathiste déjà commencé par Assad père.

    Dans son long article sur la crise syrienne, Ali Kadri insiste bien sur la tendance "compradore" du régime Assad, comme source du conflit. Mais il en tire la conséquence inverse de celle attendue : là encore, ce n'est pas l'élite corrompue et misérable de Damas qui est le "prime mover" de la guerre en Syrie, mais l'hégémonie néolibérale US qui a poussé tous les États relativement autocentrés et socialisants à se libéraliser et se financiariser. Kadri soutient in fine le fait que la Syrie se défende contre l'agression étrangère, dans la mesure où la victoire des milices contre le régime irait plus encore à l'encontre des intérêts des masses exploitées et opprimées qu'un maintien d'Assad."

    "Ça, on est d'accord que toute la tragédie du peuple syrien et de sa si légitime révolte, ça a été de ne pas avoir de projet politique alternatif crédible et viable (contrairement aux fantasmes de "communes" des totos de Lundi Matin et compagnie).

    À la rigueur, il y aurait eu Morsi en Égypte, ils auraient pu nous refaire la RAU version frériste (avec la Turquie et le Qatar en arrière plan).

    Mais comme il s'est fait gicler au bout d'un an... la seule perspective viable (je ne dis pas idéale, je dis viable !) s'est évaporée.

    Maintenant, ce que dit ce Kadri c'est bien beau sur le papier d'une théorie anti-impérialiste que n'aurait pas reniée Amin... Mais LES FAITS, rien que les faits, nous dirait Lénine : qu'a fait Assad, concrètement ? Il a purgé le pays... tout simplement.

    Car le conflit (je parle de la fitna de départ qui a fourni le terreau à des groupes, on va dire, peu recommandables, à moins que tu me prétendes que la rébellion n'avait aucune base sociale...) était fondamentalement une crise de clientélisation, le régime en 2010 n'arrivait plus à clientéliser des pans entiers de la population, à absorber des masses de migrants ruraux comme typiquement à la Ghouta ou Alep Est (les Russes et les Iraniens auraient d'ailleurs dû le pousser à calmer le jeu et priver les fanatiques de cette base sociale... mais c'est sûr que l'aider à pouvoir le faire aurait coûté des ronds : ils ont donc préféré la doctrine tchétchène !).

    Entre ceux qui sont morts et ceux qui sont partis (et sont officiellement interdits de retour par une loi selon laquelle pour pouvoir revenir et retrouver son domicile, avec aides à la reconstruction, et non être définitivement exproprié par un nouveau projet immobilier, il faut pouvoir faire valoir son titre de propriété... ce qui exclut les implantations "sauvages", les "favelas" quoi, bases sociales de la révolte), il s'est débarrassé d'une bonne partie de ces masses populaires qu'il n'arrivait plus à clientéliser. Tu parles d'une solution...

    À partir de là, Nicolas Bay a beau jeu d'aller se pavaner à Damas "libérée"... Enfin un pays bougnoule bien propre comme il faut !!"

    "Il ne me semble pas hors de propos de dire qu'Assad a été l'aryen d'honneur de la droite et d'une certaine gauche laïcarde dans ce conflit, comme les Kurdes l'ont été d'un certain gauchisme antifa.

    Pour ma part, quand il n'y a pas de perspective communiste, je me fous de ce que pensent les gens. Ils pourraient être raéliens, ce serait pareil. Je regarde la nature de classe des forces, des directions ET des bases...

    Pas pour espérer le socialisme de forces qui ne le veulent explicitement pas, par la seule magie de la "nature de classe".

    Mais pour l'avoir à l'esprit quand je parle du sujet, c'est tout."

    "Il faut aussi arrêter avec cette histoire que les Occidentaux veulent "le chaos".

    Non : ils veulent la stabilité... à leurs ordres. L'Égypte de Moubarak, ou la Jordanie, étant les modèles. L'insécurité généralisée n'est pas bonne pour les investissements.

    Quand ils prennent la main sur une rébellion contre un régime pas aux ordres (comme avec Jibril et Abdel Jalil en Libye par exemple), c'est aussi dans la perspective que ça débouche sur un tel ordre un minimum stable.

    Simplement, ils n'y arrivent plus (mais persistent à tenter encore et encore). C'est l'autonomie relative de l'idéologie (ici, l'idéologie BHL) par rapport au principe de réalité, que défendent pour leur part la droite dure, le FN ou Mélenchon.

    Enfin bon, en Syrie ils ont quand même fini par comprendre et c'est là qu'ils se sont tournés vers Rojava, se disant qu'avec les zones kurdes + celles reconquises sur Daesh, formant un cadre stable, ce serait toujours ça de gagné (c'est là qu'il y a l'essentiel du pétrole !).

    C'est aussi pour ça que si l'instabilité d'un côté n'est pas souhaitable pour les populations, de l'autre elle n'est pas à considérer comme une victoire, mais comme une défaite de l'impérialisme.

    L'instabilité chronique qui règne en Irak, ou en Libye, est bel et bien une défaite pour les plans qui visaient à faire main basse sur ces pays.

    En Libye, ils tentent de jouer maintenant Haftar, un vieux collaborateur de la CIA et déclinaison locale de Sissi.

    En Irak... c'est mort car toute stabilisation du pays signifie un triomphe de l'Iran, et ils ne peuvent pas non plus jouer la sécession du Centre-Nord sunnite car ça deviendrait automatiquement un Djihadistan (donc là peut-être que oui, ils se contentent du chaos actuel pour rester sur un DEMI-échec, et non une déroute totale).

    Quant à la Syrie, elle s'est restabilisée... mais plus que jamais dans les circuits d'accumulation de Moscou, Pékin et Téhéran. Donc échec là aussi, en effet. Et quelque part, une forme de victoire posthume et involontaire pour... Daesh, qui a largement permis cela en détournant l'effort de guerre occidental du renversement d'Assad vers lui.

    La crise générale du capitalisme est fondamentalement une crise du surproduction absolue de capital (incluant forces productives, force de travail etc.), et donc, la destruction de forces productives fait effectivement partie de la "solution" impérialiste à la crise...

    Mais ensuite, la reconstruction et la stabilité sont nécessaires pour relancer le marché.

    Anéantir l'Allemagne et le Japon en 1944-45, oui... Mais ensuite, reconstruire la RFA et le nouveau Japon "démocratique", "impérialismes vassaux" fermement soumis et inclus dans les circuits d'accumulation manhattano-centrés.

    La préférence absolue va bien évidemment à la stabilité parfaitement alignée type Égypte de Moubarak, Jordanie hachémite, ou Turquie de 1950 à 2003.

    Le chaos est la demi-défaite, "préférable" dans une certaine mesure à la stabilité au bénéfice d'un autre circuit d'accumulation. "Dans la certaine mesure"... où ça ne déstabilise pas toute la région (c'est à dire y compris les stables-alignés alentour), voire produise des attentats meurtriers dans les métropoles impérialistes mêmes, intenables devant l'opinion dans la perspective des échéances électorales.

    D'ailleurs les "opinions" sont aussi un paramètre à prendre en compte, faut arrêter.

    Je suis par exemple persuadé qu'Erdogan, depuis la tentative de coup d’État de 2016, n'a qu'un rêve : rejoindre le circuit d'accumulation "de Shanghai" (Russie, Chine, Iran, Asie centrale, "nouvelles routes de la soie" etc.). Et pour ça, devrait évacuer la Syrie et se réconcilier avec Assad.

    Mais il est "tenu" par son opinion, sa base électorale, qui ne veut pas entendre parler 1°/ d'un PKKistan dans le Nord de la Syrie, 2°/ d'un massacre de coreligionnaires sunnites "regardé sans rien faire", et 3°/ d'un nouvel afflux de réfugiés.

    C'est pour ça qu'il maintient sa présence militaire, et la confrontation avec Damas, alors que son intérêt à s'allier avec Poutine et Téhéran apparaît chaque jour plus évident.

    Et ce sont pareillement les "opinions" qui, avant même le triomphe de Daesh en 2014, ont enterré dès 2013 la perspective de renversement d'Assad pour les Occidentaux (à mesure que des "cartes" comme Manas Tlass perdaient leur crédibilité, qu'ils voyaient bien que les hommes sûrs du CNT libyen, souvent anciens piliers du régime de Kadhafi, étaient incapables de stabiliser quoi que ce soit dans ce pays etc.).

    Fin 2012 (je crois), le "bon boulot d'Al Nosra" de Fabius, ressorti par Le Pen en 2016, était en réalité un constat horrifié : la fameuse "ASL" était une coquille vide, qui s'était complètement vidée avec armes et bagages au profit des groupes radicaux (comme, la même année d'ailleurs, le MNLA au profit d'Ansar Dine au Mali).

    Vers septembre-octobre 2013, c'est la fameuse menace de frappes pour forcer Assad au départ, qui se déballonne et tourne en eau de boudin.

    Juin 2014 : Daesh prend Mossoul en Irak et proclame son califat.

    À partir de là, ça a été le basculement clair et net sur la carte kurde (PKK-YPG/J), pour pouvoir au moins se tailler un protectorat sur un gros quart ou tiers nord de Syrie, au nom d'une "lutte contre le terrorisme" largement soutenue (elle) par les opinions (mais accroissant, par contre, les tensions avec Erdogan)."

    "Il y a un centre, une semi périphérie et une périphérie. Pour maintenir l'échange inégal, il faut déstructurer constamment la périphérie. Avec les chaînes globales de valeur pas besoin de lourds investissements partout. Dans la périphérie tu peux avoir des processus très peu intenses en capital mais très peu coûteux du fait de bas salaires, du semi esclavage, d'un petit capital travaillant en dessous du taux de profit moyen. Tout cela permet aux firmes intenses en capital, au centre, de faire des surprofits."

    "C’est marrant comme d’un côté tu es anti-stal, et de l’autre tu es finalement proche de la vision de Bruno Drweski (que j’apprécie beaucoup par ailleurs)… smile

    Je veux bien qu’on parle de semi-périphérie pour l’Eurasie depuis l’Oder et les Alpes (car j’y mettrais volontiers aussi l’Italie, et la péninsule ibérique au sud des Pyrénées) jusqu’à Vladivostok ; mais à condition d’admettre qu’elle contient des "petits centres" (Moscou, Téhéran, ou encore Istanbul et ses 15 millions d’habitants, sans parler bien sûr des mégalopoles chinoises) qui bagarrent pour se créer leurs propres circuits d’accumulation autonomes.

    Sans ce paramètre, on ne peut pas plus comprendre le monde de notre époque qu’avec le chimérique "bloc France-Allemagne-Russie" quasiment ennemi principal mondial du ‘p’’c’’mlm’ (tout en considérant que la Chine n’est pas impérialiste...).

    Sans bien sûr verser (d’ailleurs les analyses du ‘p’’c’’mlm’ y versaient un peu…) dans la géopolitique zhou-dengiste des années 70 en faisant de Poutine (comme de Brejnev à l’époque) un véritable "nouvel Hitler" justifiant pratiquement l’alliance mondiale "antifasciste" avec l’Occident. Il faut savoir raison garder.

    Les Centres semi-périphériques "shanghaïens" d’aujourd’hui, comme l’URSS de Brejnev hier, ne sont pas les ennemis principaux des peuples de la planète ; mais ils peuvent être l’ennemi principal dans certains cas précis comme les peuples d’Afghanistan ou d’Éthiopie-Érythrée hier (… ou les Palestiniens et progressistes du Liban lors de l’intervention syrienne pro-phalangiste en 1976 !), ou en Tchétchénie et maintenant en Syrie (ou au Xinjiang) depuis la Chute de 1991. À l'extrême rigueur, on louera "l'intention" anti-impérialiste mais on reconnaîtra (sauf mauvaise foi caractérisée) que la méthode, hégémonique et brutale, ne va pas du tout ; zéro ligne de masse et grosses limites de conception du monde (évidemment pour des États redevenus pleinement capitalistes, mais au sujet de l'URSS brejnévienne...).

    Sans qu’il ne soit pour autant question, le moins du monde, de nier leur rôle positif aux côtés par exemple des gauches sud-américaines, comme l’URSS en Amérique centrale ou en Afrique australe à l’époque.
    Je dirais même plutôt : ennemi principal "ex aequo" avec l’Occident dans ces cas précis ; par opposition aux cas majoritaires où l’Occident est indiscutablement l’ennemi principal ; et sans qu’il soit jamais question d’un Occident "ennemi secondaire" au point que l’on puisse s’allier avec lui (même si certains le font, mais c’est alors un suicide politique).

    Je suis même d’avis que par exemple, lorsque Gbagbo en Côte d’Ivoire avait un certain soutien de W Bush pour faire chier Chirac et Villepin, il fallait néanmoins fermement considérer la Françafrique comme l’ennemi principal en Afrique de l’Ouest, en tout cas concentrer nos efforts contre son intervention et ses massacres de civils à Abidjan.

    Et d’ailleurs je me demande : pourquoi à ce moment-là tu rejettes (enfin, j’imagine) l’expérience Salvini-M5S en Italie, alors qu’elle visait clairement à "libérer" un peu les Centres financiers semi-périphériques de Milan et Rome de la tutelle des Centres parisien et rhénan… certes au prix d’une chasse ignoble aux migrants et d’une multiplication des violences racistes ?

    C’est peut-être que "libérer" un peu une semi-périphérie des grands Centres ne justifie pas tout. Et c’est également le cas avec Poutine et l’Iran en Syrie."

    ["Ton concept de semi-périphéries est un peu fourre-tout."

    Je suis de plus en plus porter à penser que Samir Amin avec son développement inégal et ses Centres et Périphéries est un penseur FONDAMENTAL de l'économie politique et du matérialisme historique du stade maoïste de la pensée marxiste.

    On ne peut tout simplement PAS se dire marxiste-léniniste-maoïste en balayant son œuvre d'un revers d'un revers de main ; quels qu'aient été ses errements tardifs (soutien à la Chine après 1976, obsession des "islamiiiistes" le conduisant à des positions pro impérialistes).

    Ceci étant, je pars d'Amin mais je choisis aussi délibérément de ne pas y coller.

    Pour moi les Centres, semi-périphéries et périphéries sont des réalités à la fois territoriales et sociales ; sur la base du concept d'introversion/extraversion d'Amin.

    Les Centres sont les populations, sises dans des territoires, qui "pompent" (comme des Shadoks lol) ; les périphéries celles qui sont pompées ; et les semi-périphéries celles qui sont d'un côté pompées mais bénéficient aussi d'un pompage.

    Sont les Centre mondiaux les "métropoles mondialisées" d'Europe de l'Ouest, d'Amérique du Nord et d'Asie du Nord Est, ainsi bien sûr que d'Australie et Nouvelle-Zélande (mais toutes contenant, cependant, en leur sein des populations déshéritées qui sont à classer semi-périphériques).

    Sont des semi-périphéries l'Europe du Sud et de l'Est, la Russie, la plus grande partie de l'Asie du Nord Est (avec leurs "petits centres" qui peuvent chercher à s'autonomiser des grands) ; mais aussi les populations "reléguées"/"périphériques" d'Europe de l'Ouest et d'Amérique du Nord, les "Indigènes du Nord" (colonies intérieures, soit "d'origine" comme les Nations indigènes ou les descendants d'esclaves africains en Amérique du Nord, soit issues de l'immigration du Tiers-Monde), etc. ; et les populations aisées du Sud global, dans les territoires où elles vivent (métropoles du Tiers Monde qui abritent aussi en masse leurs déshérités, ultra-périphériques eux ; et qui par ailleurs, peuvent aussi chercher à se comporter en "puissances régionales" et parfois "challenger" l'Occident).

    Enfin, les populations exploitées du Sud global sont la périphérie mondiale.] 

    [Dans notre article précisément consacré aux thèses de Samir Amin, nous avons pu écrire de manière plus détaillée que :

    - Les Centres, ce sont les "métropoles mondialisées-connectées" petites bourgeoises occidentales (et japonaises, + quelques centres hors Occident, en Russie, en Chine, à la limite les oligarchies de chez oligarchie du Sud comme "centres relais"...).

    - La "semi-périphérie centrale", ce sont les masses populaires blanches ; c'est à dire effectivement presque tout le monde en Europe de l'Est et du Sud, mais aussi les masses les plus reléguées d'Europe de l'Ouest et d'Amérique du Nord. Ceci inclut la plus grande partie des peuples à question nationale d'Europe. On peut aussi y adjoindre, sans doute, une grande partie du Nord-Est asiatique.

    - La "semi-périphérie périphérique", ce sont les masses "indigènes" non-blanches du Nord global.

    - Enfin, la périphérie proprement dite c'est tout le reste : les 3/4 de l'humanité qui vivent en régime "semi-colonial semi-féodal".]

    [Autre discussion sur le même sujet]

    "Un aspect me gênait dans ta rhétorique de se placer comme si Assad était l'ennemi principal nonobstant tout contexte et que les "rebelles" étaient donc de base légitimes et qu'ils se seraient délégitimés par leurs alliances mais qu'il faudrait en somme "d'autres rebelles" alors que je pense qu'au contraire ce qu'il faudrait c'est l'alliance et la réconciliation de l'aile gauche anti-impérialiste qui peut exister à la base des camps pro comme anti Assad (voire chez les nationalistes kurdes) contre les ailes droites chauvines, sectaires, prêtes à se vendre à n'importe qui pour du pouvoir (clairement Assad lui-même, Cemil Bayik, les chefs de l'ASL...)"

    "Ça ce serait l'idéal.

    Un idéal presque chafiquien... Mais le reproche qu'on peut faire à Chafiq, c'est d'avoir peut-être des idées très belles sur le papier mais pour y arriver concrètement il faudra du temps.

    Mais oui c'est sûr que ce serait l'idéal. Espérons qu'on y arrivera, surtout que dans la région les réconciliations guidées par le bon sens peuvent être aussi spectaculaires que les fitna absurdes et suicidaires.

    Le ni-ni systématique est une caractéristique du trotskysme, du gauchisme en général, des nanars-totos.

    Mais le "ni-ni des fois" fait partie intégrante du matérialisme communiste.

    La grille d'analyse est simple : l'intérêt des peuples ; qu'est-ce qui fait avancer (même un peu) cet intérêt.

    Personnellement, je n'arrive toujours pas à me laisser convaincre par les arguments (même élaborés) en faveur de la victoire en cours d'Assad, dans les conditions où elle se réalise (concrètement : foutre dehors et interdire de retour ceux qui ont trop fait chier), au regard de ce seul et unique critère fondamental.

    J'ai infiniment plus de mal à y déceler l'intérêt populaire, que dans (même) une mobilisation des "chemises rouges" pro-Shinawatra en Thaïlande...

    Donc sur la Syrie, je dirais que la position juste s'apparente à un ni-ni vis à vis des camps en présence.

    Et je suis en effet, d'accord avec ton commentaire, convaincu que hormis quelques bandes de branquignoles qui ont été jusqu'à accepter du soutien sioniste (pour aujourd'hui se sentir "trahis", lol !) nous avons assisté à une effroyable fitna entre gens avant tout (tous) PATRIOTES, parfois sur un clivage panarabiste/panislamiste, "socialisme arabe"/"socialisme islamique", ou parfois même simplement entre patriotes arabes.

    Et que l'idéal serait, en effet, que rejetant de part et d'autre (y compris chez les Kurdes et les Assyriens) les opportunistes vendus aux Croisés de l'Est comme de l'Ouest, parviennent à s'unir à nouveau les forces saines ; car avec la situation devant nous ("deal du siècle" en Palestine, Irak bientôt champ de bataille entre US et Iran...), le moins qu'on puisse dire est que l'heure est grave.

    Mais comme tu le reconnais toi-même, Assad victorieux ne fait pas partie de ces forces saines et de la solution."

    ****************************************************************************************************

    [Autre commentaire dans une toute autre discussion, en réponse à une énième attaque contre toute critique de Rojava sur le sempiternel air connu de "pseudo révolutionnaires maoïstes en chambre", "lâchez vos ordinateurs" etc. etc.]

    C'est tout au contraire l'engouement pour "Rojava" qui est un pur produit de l'ère cyber-militante, du règne de la plus belle photo, et de tout le "progressisme intersectionnel" ainsi charrié.

    Une organisation autrefois un tant soit peu marxiste-léniniste et anti-impérialiste (même si déjà très ethnocratique dans le fond) a subi un lourd revers militaire par l'arrestation de son chef en 1999, et a dès lors jeté aux orties cette idéologie soi-disant "périmée" pour un concept inspiré d'un anarchiste américain (plus que complaisant envers l'Entité sioniste par ailleurs) et beaucoup plus "vendeur" vis-à-vis des extrême-gauches occidentales... et même des social-démocraties et gauches libérales (Hollande, Obama), ce qui s'avèrera effectivement vital le moment venu, et certes personne ne "regrette" que Kobané n'ait pas été réduite à néant par Daesh, mais voilà.

    Et sur la base de cette alliance, loin de simplement préserver les zones kurdes des djihadistes, ils se sont emparés d'un tiers de la Syrie arabe au bénéfice de leurs alliés occidentaux (car tout autant que sous le marxisme-léninisme des années 80, sous le confdem se cachait l'ETHNOCRATISME et le projet d'Empire régional kurde !)...

    Avant d'être lâchés, enfin, oui mais non : Erdogan s'est vu autorisé à s'emparer... des seules zones en Syrie qui sont vraiment kurdes (en fait) ; laissant aux rojavistes des zones ultra-majoritairement arabes (et, en 2012-2013, massivement rebelles) qu'ils se sont empressés de... livrer au régime fasciste marionnette de Moscou ; tandis que les forces occidentales, prétextant une dernière possible présence "résiduelle" de Daesh, se sont confortablement repliées... sur les zones pétrolières.

    J'ajouterai qu'à leur place je craindrais moins d'Erdogan, qui n'ira que jusque là où Trump et Poutine le laisseront aller (et qui lui-même d'ailleurs s'en fout, c'est volontiers qu'il aurait évacué vers la Syrie son "problème PKK", c'était même ouvertement dans l'esprit des discussions qu'il pouvait y avoir encore en 2012-2013 voire 14, si il fait ça aujourd'hui c'est surtout pour son opinion publique, surtout les anciens électeurs MHP qui lui sont vitaux) ; que de la perte et de la révolte qui monte des anciens alliés arabes au sein des FDS, comme la Brigade des Révolutionnaires (Liwa al-Thouwar) de Raqqa, entre autres... 

    Je ne vois pas en quoi dire cela, et avoir en outre eu la bienséance d'attendre la chute du Reich daeshien à Raqqa pour le dire, serait être un "pseudo" révolutionnaire "cyber" ou "en chambre" ; et aurait quoi que ce soit à voir avec le dogmatisme borné des mao-gonzalistes du Sud (qui rejettent par principe toute lutte non dirigée par des marxistes-léninistes-maoïstes en tant que guerre populaire), et encore moins avec l'opportunisme pitoyable de ceux du Nord qui ont encensé, vénéré, louangé et alléluïé "Rojava" quand c'était à la mode pour ensuite le rejeter sur ordre de leurs Partis grands frères du Sud, sans bien sûr le moindre texte d'autocritique. 

    Bref...  

    Aussi minoritaires soient-ils face à la peste takfiriste et aux vénéneuses ingérences occidentales, ottomanes, saoudites et du Golfe, et bien sûr russes et perses, une minorité peut toujours être le siège de la raison : il y a toujours des milliers de fils et de filles héroïques de Bilad al-Sham qui sont des patriotes révolutionnaires, prêt-e-s à donner leur vie contre tous les gangsters à la solde des Croisés de l'Ouest comme de l'Est, contre l'Entité sioniste criminelle et démoniaque ; pour une révolution démocratique et sociale dans son contenu, arabe et islamique dans sa forme. 

    Victoire au Machrek arabe, bientôt débarrassé de ses parasites sectaires diviseurs, de ses régimes oligarchiques laquais et de tous les sionismes ; et enfin libéré !

    Thawra, Thawra hatta el-Nasr !

    Conception du monde - Extraits de discussion sur la guerre en Syrie, en digressant sur la question des Centres et Périphéries, etc.

    [C'est sûr que c'est toujours plus facile de ne pas répondre, et de biaiser, quand on ne peut rien face aux arguments puisque ceux-ci ne sont pas des opinions mais des faits.

    Les parasites diviseurs, en l'occurrence je pensais plutôt aux sectarismes sunnites et chiites mais bon... C'est vrai que le sionisme kurdo-assyrien hier en Irak et maintenant en Syrie, c'est guère mieux.

    Je suis effectivement un partisan de la Révolution démocratique arabe. Pour ce qui est du Baas, on peut dire que je l'emmerde puisque désormais on peut considérer que tant son aile irakienne que syrienne ont définitivement trahi cette révolution, et muté en oligarchies bureaucratiques opportunistes (l'aile irakienne finissant carrément à ce jeu là par perdre le pouvoir... et voir le pays livré à l'occupation).

    En dehors de cette pâle copie arabe du kémalisme turc, autrement dit indirectement du jacobinisme français, il existe tout un nationalisme arabe (Mounir Chafiq etc.) qui repose non pas sur un "ethnos" ou quelque conception racialiste importée d'Europe, mais plutôt sur une "unité de civilisation" indépendante de la confession (bien que la composante islamique de l'identité régionale soit jugée à sa juste place, c'est à dire centrale), voire même du fait d'avoir l'arabe pour langue maternelle et première ("est arabe celui qui parle arabe", mais rien ne dit que ça ne peut pas être sa langue véhiculaire, à côté d'une langue vernaculaire autre !).

    Il est aussi possible (peut-être) d'élargir les choses en allant vers une idée d'Union du Machrek pas uniquement arabe (mais incluant les Turcs et Turkmènes, les Kurdes, les Perses...). À voir.

    Quoi qu'il en soit, c'est plutôt du côté du PKK que le marxisme-léninisme d'hier, le confdem d'aujourd'hui apparaissent furieusement entre les lignes comme les masques d'un projet réel de Grand Kurdistan... qui n'a, au fond, pas grand chose à envier en virulence à la volonté d'effacement des Kurdes des nationalistes ethnocratiques arabes ou turcs.

    Le confdem... oui, c'est peut-être "pas trop mal" pris comme ça sur le papier ; à condition (si on parle de l'ouvrage d'Öcalan en tant que tel) d'arriver à digérer les petits passages suintant le chauvinisme vis à vis des autres peuples de la région. Mais quand on sait ce qui se cache en réalité derrière (et que les Arabes ou Turkmènes du Nord de la Syrie ont pu expérimenter), c'est déjà une autre affaire.

    Pour le reste... Je me contenterai de rester d'une fidélité indéfectible aux conceptions de Lénine, de loin les meilleures à avoir jamais existé et à être dignes d'intérêt sur la question nationale.

    Conceptions de Lénine qui n'ont jamais consisté à avoir la moindre indulgence envers les Dachnak arméniens ou les menchéviks géorgiens de Noé Jordania, nationalistes bourgeois "progressistes" et agents du dépeçage impérialiste du Caucase qui n'avaient au fond pas grand chose à envier au "progressisme" d'Öcalan.

    Conceptions qui ont toujours prôné la plus totale liberté démocratique nationale, le respect le plus absolu des peuples et de leurs cultures etc., OUI ; mais avec toujours en perspective la FÉDÉRATION, l’État (fédératif bien sûr) continent dont l'URSS fut un radieux exemple et le COMECON une prolongation. Pas les petits fiefs tribalistes visant (de surcroît) au "petit empire" régional (comme l'étaient tant le Baas tikriti irakien que le Baas alaouite syrien, puisque vous avez cités ces exemples).

    Et conceptions qui n'ont, par ailleurs, jamais mis "avec des œillères" sur le même plan les peuples opprimés dans des CENTRES IMPÉRIALISTES comme par exemple l'Europe de l'Ouest, dont la lutte en tant que telle affaiblit ces Centres ; et ceux opprimés par des nations ELLES-MÊMES DOMINÉES par l'impérialisme, ce qui ne leur retire certes pas le droit à la liberté démocratique nationale, mais impose une certaine vigilance pour que ces luttes ne deviennent pas des instruments de renforcement de la domination impérialiste sur les nations "oppresseuses".

    L'Europe doit devenir une Union soviétique des peuples libérés des Centres financiers que sont les capitales des États actuels. Tout simplement.

    Pas une juxtaposition de petits nationalismes bourgeois. Même si on peut à la rigueur (comme actuellement en Catalogne, demain peut-être en Corse) les soutenir comme une première étape, mais toujours avec cet objectif en ligne de mire.

    Et si ça partait en mode complètement fasciste (comme ça pourrait être le cas en Flandre par exemple), on soutiendrait ? Évidemment non. Déjà.

    Mais même, même si c'était "progressiste" mais en même temps ramener et installer genre la plus grosse base US du continent, parce que eux ils voudraient bien soutenir... Bah non plus, en fait. En tout cas on critiquerait, et ce serait bien normal. Et c'est valable partout pareil. Je veux bien ne pas être un gros mao dogmatique, mais il y a quand même des lignes rouges.

    Et si, encore ensuite de ça, la base US pliait bagages et (imaginons que ce soit la Catalogne) les blindés espagnolistes venaient reprendre possession du territoire... Ben ce serait triste, c'est sûr, mais voilà. Misère de l'opportunisme...

    Donc non, je ne fais pas vraiment de deux poids deux mesures entre l'Europe et le reste du monde, non plus.

    Et ce n'est pas non plus une question de considérer Erdogan comme un "moindre mal" ; mais une question de :

    - Comprendre, pour pouvoir comprendre correctement les enjeux régionaux, que la Turquie n'est plus l’État larbin totalement aligné sur l'impérialisme occidental qu'elle pouvait être dans les années 70-80-90.

    - Partir non pas de ses petites mythologies militantes, mais de constats de réalité.

    Il est ainsi acté, par quiconque ayant un peu "fouillé" les dossiers et même par des militants maoïstes anatoliens attachés à la vérité, qu'Erdogan a TOUJOURS été partisan d'une solution négociée plus ou moins autonomiste au Bakur (Kurdistan du Nord, "turc") ; rejoignant en cela le PKK nouvelle mouture, puisque celui-ci ne prônait plus l'indépendance comme but.

    Lorsqu'il a eu enfin, vers 2010-2011, écarté les lourdes menaces de coup d’État de la vieille garde militaire kémaliste qui pesaient sur lui depuis son arrivée au pouvoir, il s'est effectivement engagé dans ces négociations.

    C'est même pour ainsi dire DE LÀ qu'est né "Rojava" : l'autorisation de profiter de l'effondrement de l’État syrien pour monter cette entité, d'aller se battre là-bas pour la fougueuse jeunesse militante brûlant d'en découdre avec quelqu'un, était de fait un "cadeau" de l’État turc au PKK sur la table des négociations...

    C'EST LE PKK d'Öcalan & co (à moins que ce ne soit, plutôt, la tendance "faucon" de Cemil Bayik) qui, se sentant "pousser des ailes" avec justement "Rojava" et le soutien que celui-ci commençait à recevoir des Occidentaux contre les djihadistes, a renversé cette table et tout jeté par les fenêtres, pour revenir vers une logique de confrontation et ses vieux objectifs séparatistes. 

    C'est là qu'il y a eu retour à la confrontation ; notamment après l'attentat de Suruç qui était de toute évidence une représaille de Daesh face à la résistance de Kobané, mais que la direction militaire du PKK a immédiatement et délibérément prêté au régime AKP, abattant dans la foulée deux flics, on connaît la suite ; dans un contexte marqué aussi par le succès de la "vitrine légale" HDP ; conduisant Erdogan à un durcissement spectaculaire et à se rapprocher... de la vieille extrême-droite ultra-nationaliste MHP-"Loups Gris" (des gens qui appelaient... à l'assassiner quelques années auparavant).

    À un moment donné, il faut regarder les choses en face : derrière les beaux discours de confédération démocratique anti-toute-oppression-ethnique-ou-confessionnelle, la politique du PKK est une véritable course à l'abîme non seulement pour le Peuple kurde, mais aussi et surtout pour la nécessaire unité anti-impérialiste de tous les peuples de la région. On peut d'ailleurs même dire à présent, entre le Bakur sous état d'exception et "Rojava" abandonné par Trump et liquidé, partagé entre Erdogan et Assad, que cette course a atteint son point de chute en fait. Si les Yézidis du Sinjar, désormais bien équipés et entraînés, sont en sécurité, on pourra dire que c'est la seule chose positive qu'il en reste.]


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  • ... et en même temps, la faiblesse de la riposte iranienne au regard de ce qui avait été annoncé (quelques missiles frappant deux bases, 80 morts américains selon l'Iran mais aucune victime selon Washington), suivie de l'annonce par le régime de son intention d'en "rester là" ; Trump disant globalement la même chose...

    Tous ces éléments pourraient-ils être de nature à laisser penser que la mort de Soleimani (dont les millions de personnes dans la rue, donc, pour lui rendre hommage suffisent à démontrer l'immense popularité) pourrait être le résultat d'un deal entre les Américains et les oligarques du régime, afin de débarrasser les premiers d'un redoutable chef de guerre ennemi, ET les seconds d'une personnalité devenue trop populaire et pouvant peut-être représenter une menace pour leur pouvoir, violemment contesté dans la rue encore en novembre (et/ou peut-être, aussi, d'un opposant particulièrement ferme à une éventuelle capitulation sur le programme nucléaire) ?

    Ce n'est qu'une hypothèse, étayée par aucun fait établi sinon des déductions ; mais qui mérite peut-être qu'on la garde à l'esprit dans nos futures analyses de la suite des événements, si l'on veut bien réaliser, deux minutes, le caractère énorme de ce qu'il s'est passé : ce n'est pas le chef d'une "organisation terroriste" mondialement condamnée, comme Ben Laden ou Baghdadi, qui a été éliminé, mais bien le de facto n°3 ("ministre de la politique d'expansion régionale", après le "Guide" Khamenei et le président Rohani) d'un puissant État de 80 millions d'habitants ; ce qui devrait normalement prêter à des conséquences proches d'une guerre totale, que Trump ne pouvait ignorer en donnant l'ordre fatidique. S'il a pu prendre cette décision comme si elle ne prêtait pas à de telles conséquences, et qu'effectivement il ne se passe guère rien de plus que la très mesurée riposte qui vient d'avoir lieu ; alors il faudra peut-être se poser des questions...


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  • [Avec toujours les mêmes gauchistes rappelant le rôle de "boucher" de l'individu face à la révolte populaire syrienne - dont il n'est nul besoin de rappeler combien Servir le Peuple a toujours défendu la part de légitimité ; les "contestations populaires" en Iran et en Irak (sauf qu'en Irak la contestation tourne essentiellement autour des partisans de la coalition Moqtada al-Sadr - Parti communiste qui a remporté les élections en 2018 mais pas pu accéder au gouvernement, le pays se voyant doté d'un gouvernement en quelque sorte "technique" ; forces qui ont toutes deux vigoureusement condamné l'assassinat du général pasdaran ; et en Iran il est loin d'être sûr que ce que souhaitent beaucoup de manifestants, effectivement très populaires et dressés contre l'austérité, l'augmentation des prix du carburant etc., ne soit pas tout simplement un nouvel Ahmadinejad, étant donné que c'est le courant "rafsandjaniste", "modéré" aux yeux de l'Occident, beaucoup plus oligarchique et néolibéral, qui est au pouvoir à l'heure actuelle... mais-c'est-pas-grave !) ; etc. etc.]

    [Au sujet de l'évènement lui-même, lire : http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/l-assassinat-sauvage-imperialiste-et-sioniste-du-general-iranien-solei-a179640864]

    "En vrai les gens, je crois qu'il faut se rendre à l'évidence.

    Il y a trois hiérarchies dominatrices qui structurent la planète : la hiérarchie entre les nations, la hiérarchie de classe dans chaque nation et la hiérarchie de genre (et autres oppressions inter-personnelles) dans chaque classe.

    Et briser, abattre la première est la clé pour en finir avec les deux autres."

    "Abattre la hiérarchie économique des nations => possibilité d'abattre le pouvoir bourgeois/possédant dans chaque pays (qu'il soit dominant ou dominé) => possibilité d'en finir avec les hiérarchies de genre et toutes les autres oppressions.

    Point, barre, à la ligne.

    Ça sert à rien de discuter avec des gens pas capables de comprendre ça. C'est la fonction même du gauchisme que d'empêcher la victoire sur tous les fronts en mettant systématiquement la charrue avant les bœufs."

    (Bon commentaire d'un intervenant) "Les troubles en Iran viennent avant tout des SANCTIONS économiques qui rendent intenables la vie, et font que la population exsangue se retourne contre le régime - qui n'est pas idéal par ailleurs comme chacun sait mais merci de ne pas tout confondre, le but des sanctions est précisément cela, de déstabiliser le régime et le faire chuter de l'intérieur. Un pays sous les feux de l'impérialisme ne peut pas s'émanciper, c'est toute l'histoire de Cuba et bien d'autres, toute tentative d'insurrection sera accusée de faire le jeu de l'ennemi (et le fera) et divisera le pays - ce dont profitent évidemment les conservateurs au pouvoir mais peu importe ça ne change pas le réel. Voilà pourquoi nous notre rôle ici n'est pas de jouer les révolutionnaires à leur place mais d'agir sur le seul pouvoir sur qui on ait un poids : l'Etat français, et d'exiger la fin des sanctions (cad la fin de l'alignement de la France et de l'Europe sur la pol US de sanctions)."

    "Un pays sous la coupe de l'impérialisme ne peut pas s'émanciper, c'est à dire ses masses populaires ne peuvent pas s'émanciper de leurs exploiteurs => EXACTEMENT, et la Syrie l'a encore tragiquement prouvé pendant 8 ans, et Dieu sait combien j'ai été un défenseur de la légitimité de la révolte là-bas contre les lectures complotistes de "révolution colorée complètement fabriquée par la CIA et le Mossad"...

    Et l'expérience "Rojava"/"Syrie du Nord" si excitante au début l'a aussi prouvé, avec son degré zéro de grille de lecture de l'impérialisme, qui de fait pourrait pratiquement être "joué" contre les oppresseurs nationaux locaux sans que ça prête à conséquence.

    Et ici c'est pareil. On peut à la rigueur bloquer un peu une "réforme" antisociale, mais aucune révolution n'est possible ni envisageable sans sortir de notre position de métropole impérialiste.

    La première contradiction à faire exploser et résoudre, c'est la hiérarchie des pays dans la division internationale du travail, sans quoi aucune libération de classe n'est possible dans chacun de ces pays (dans aucun d'entre eux).

    Les communistes iraniens dont parle [un autre intervenant, bolosse rojavo-semi-sioniste], ils ont raison sur le fond mais à ce stade ils peuvent lutter, certes, mais pas vaincre. Tant que le pays en tant que tel n'a pas vaincu l'impérialisme. D'ailleurs il y a aussi des oppressions nationales à l'intérieur du pays même (des Perses sur les Arabes, Kurdes, Baloutches etc.) mais même ça ça ne peut pas être résolu si la région (ouest-asiatique) dans sa globalité n'est pas purgée de la vermine impérialiste avec son avant-poste sioniste. C'est ce que les nationalistes kurdes, PKK ou autre, de Turquie ou d'Irak ou d'Iran, n'ont jamais compris et pourquoi ils n'ont jamais été (au mieux, de temps en temps et selon les endroits) que des jouets de l'impérialisme, du projet de Sèvres en 1920 jusqu'à tout dernièrement Rojava, en passant même par l'impérialisme soviétique avec le PKK des années 80."

    (Intervenant gauchiste) "Donc on laisse pour l'instant de côté la lutte de classe et les combats féministes pour se concentrer sur le problème des hiérarchies entre les Nations, et quand ça ce sera bon, réglé une fois pour toutes, on s'occupera du reste, mais ce sera que des formalités, c'est ça ?"

    "Les opprimés de classe ou de genre ou autre peuvent lutter (et éventuellement desserrer un peu l'étau sur eux comme c'est arrivé dans quelques pays d'Amérique du Sud), mais pas vaincre totalement et définitivement. C'est ça que ça veut dire, au cas où tu serais un peu bouché comme tu en as l'air.

    D'ailleurs ce n'est aucunement une histoire de "priorités réservées au Sud global" car c'est exactement la même chose ici. On peut remporter des victoires économiques ou sociétales partielles et temporaires, mais pas de véritable victoire révolutionnaire tant qu'on reste une métropole impériale ("un peuple qui en opprime d'autres ne saurait être libre")."

    ***********************************************

    (Autre discussion) "Je honnis autant le régime iranien ke l'Amérike de Trump mais dans cette analyse on oublie leur saleté de "real politike" où une bonne guerre ferait l'affaire des 2 camps  Pour l'Iran justement pour calmer les ardeurs révolutionnaires du peuple et pour Trump sa réélection..sans parler des terribles consékences dans la région...et l'arme atomike est à portée de bouton de l'Iran, de Trump, d'Israël etc..."

    "Les enjeux ne sont pas à aussi courte vue que ça.

    L'Iran est actuellement un pays semi-colonial c'est à dire (si on regarde le verre à moitié plein) semi-indépendant.

    Avec un régime réactionnaire certes, mais bon, ça, tant que DANS le pays la classe qui est au pouvoir est celle des possédants, c'est difficile d'avoir quelque chose de plus progressiste que ce qu'ont à la rigueur fait Lula ou Chavez.

    Cette définition est au demeurant valable aussi pour la Turquie et d'autres pays dans le monde.

    Et Trump, avec ses seconds couteaux Macron, Netanyahou et MBS... ce qu'ils veulent, c'est tout simplement faire de l'Iran et de tous les pays de la région (et du monde) des COLONIES pures et simples n'ayant d'indépendantes que le nom, un peu comme les pays de la Françafrique, pour dire.

    Voilà."

    ***********************************************

    (Autre discussion encore) "'Ce type de régime ne doit jamais être soutenu face à la juste révolte' tout dépend la nature de la révolte et sur quoi elle aboutit. Pour l'instant, jamais vu une révolte contre un régime non-aligné sur Washington qui aboutisse sur quelque chose de positif politiquement.

    D'ailleurs les grandes manifestations de 2009 visaient à soutenir le candidat Mir-Houssein Mousavi, premier ministre de la République islamique de 1981 à 1989, appuyé par le Front de participation à l'Iran islamique et la Société des clercs militants et soutenant le caractère pacifiste du programme nucléaire iranien. C'était un réformateur modéré qui promettait d'amender les lois « discriminatoires et injustes » à l'encontre des femmes et une réforme libérale que je trouve pas positive personnellement (la levée de l'interdiction des chaines TV privées). Bref, toujours est-il que ce n'était en rien quelqu'un qui voulait renverser la République Islamique d'Iran ou même changer la nature du régime. Juste y apporter quelques légers remaniements.

    Quand on voit la nullité des partis dits "de gauche" appelant à renverser le régime comme les hekmatistes qui veulent interdire le persan au profit de l'anglais, les MLM qui ont adopté l'avankianisme (du nom de Bob Avakian, sorte de Badiou étastunien, fondateur du RCP, parti membre du MRI gonzaliste avant de s'opposer aux gonzalistes dans les années 2000) ou encore les Moudjahidines du Peuple qui financent la campagne électorale du parti islamophobe espagnol Vox... sans parler des multiples groupuscules dits "Fedai" qui ne cessent de se diviser... Je vois pas bien de quelle juste révolte ou guerre du peuple tu parles.

    Il faudrait plutôt appeler à ce que les manifestants orientent leurs slogans contre les sanctions internationales... Wikipedia nous dit que les manifestants actuels en Iran scandent des slogans tels que : « Ni Gaza, ni le Liban, ma vie seulement pour l’Iran », visant ainsi la liquidation du patrimoine anti-impérialiste de la RI d'Iran." (Pierre Mengistu)

    "Non mais dans l'absolu... S'il y avait une véritable Guerre populaire dans un pays comme ça...

    En Turquie il y a le TKP/ML (Comité central légitime), ou le DHKP-C que tu aimes bien et moi aussi dans le fond.

    Évidemment je les soutiens contre Erdogan. Mais je ne soutiens pas un changement de régime made in Occident au bénéfice des kémalos ou même du HDP, ça non.

    Maintenant c'est vrai que je vois pas trop d'autres exemples happy

    Donc du coup c'est une façon de dire : oui bien sûr, ce sont des régimes contre lesquels on soutiendrait évidemment une Guerre populaire. Mais comme il n'y en a pas (en général)... On ne soutient pas n'importe quelle déstabilisation impérialiste.

    [Lire : http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/breve-facebook-iran-a135672508]

    Sur la nullité de l'opposition iranienne, on est d'accord, sans même parler de la secte dégénérée OMPI qui réussit l'exploit de dépasser le PKK en la matière... On pourrait même dire, en étant un peu cash, que l'existence même du régime est la rançon de cette nullité.

    Les mobilisations pro Moussavi de 2009 opposaient clairement les beaux quartiers (pro Moussavi) à l'Iran populaire, pro Ahmadinejad.

    [Lire : http://servirlepeuple.over-blog.com/article-iran-pour-les-31-ans-d-une-revolution-confisquee-quelles -perspectives-revolutionnaires]

    Les mobilisations des dernières années avaient quand même un caractère populaire et social plus évident, effectivement lié à la crise dûe aux sanctions, mais aussi contre un régime dont la corruption et le caractère oligarchique est de plus en plus évident.

    D'ailleurs lol, si ça se trouve ces manifestants populaires et 'sociaux' des derniers temps, ce qu'ils veulent c'est un nouvel Ahmadinejad mdr... (vu que c'est actuellement un 'modéré' rafsandjanien qui est président)

    Mais tous les gogols bourgeois et gauchistes occidentaux se pâment dessus parce que c'est des zguègues, ils ne comprennent rien à rien et tant que quelque chose conteste le régime c'est trop cool."

    ***********************************************

    (Ou encore dans une autre) "Demande toi pourquoi au lieu de tuer Soleimani maintenant et comme ça, ils n'ont pas utilisé tous ces beaux missiles pour arrêter le massacre en Syrie justement... Et tu auras la réponse à ta propre question.

    Pourquoi l'impérialisme n'utilise pas ses bombes et ses drones pour arrêter les fameux massacres, plutôt que de frapper un mec comme ça, qui sera de toute façon remplacé, et de toute façon le mal (si on parle de la Syrie) est fait... ?

    Question dont la réponse, allez, inutile de faire durer le suspense, est qu'ils s'en BATTENT des populations massacrées et ne sont absolument pas là pour venir leur sauver la vie, et encore moins leur apporter la liberté, la dignité et tout le tralala.

    Ce qu'ils (les impérialistes) veulent, c'est que les gens dans la région comme ailleurs s'entre-égorgent pour qu'ils puissent régner en maîtres ; et l'exécution de Soleimani (qu'on ne peut comprendre que de pair avec celle de Baghdadi) consiste à remettre une pièce dans la machine.

    Entre-égorgements dont font partie les soulèvements et leur répression dont tu parles...

    Enfin, je veux dire : comme tous les gauchistes occidentaux, tu en as une idée passablement déformée.

    En Iran, tu vois un régime monolithique et tout ce qui bouge contre lui est cool. Je crains de doucher tes ardeurs : en l'Iran il y a dans le "cadre islamique des institutions" DEUX partis informels, les fameux "modérés"... qui sont plutôt le parti des riches/aisés, et les "conservateurs" qui sont plutôt le parti des pauvres.

    En 2009, c'étaient les "conservateurs" qui étaient au pouvoir (Ahmadinejad). Et, en toute logique, plutôt les milieux aisés-éduqués pro "modérés" (Moussavi) qui étaient dans la rue.

    Aujourd'hui... Ce sont LES "MODÉRÉS" plus "ouverts" à l'Occident et plus libéraux en économie qui sont au pouvoir (Rohani). Qui crois-tu donc être dans la rue ??

    En Irak, il y a eu des élections en mai 2018 qui ont donné la majorité à une coalition "anti système" entre le leader chiite (assez autonome vis à vis de l'Iran) Moqtada Sadr et le vieux Parti communiste (qui revient de loin en termes de kollaboration avec l'impérialisme...).

    Mais cette majorité parlementaire n'a jamais été laissée former un gouvernement. À la place il y a eu une sorte de "gouvernement technique", façon de dire "tout sauf eux au pouvoir".

    Idem : qui crois-tu être dans la rue à présent ? Sadr va régulièrement se faire acclamer dans les mobilisations, que ce soit dans son bastion de Sadr City ou à Kerbala ou Najaf.

    Et pour info... Le Parti communiste a fermement condamné l'action contre Soleimani, tandis que Sadr a annoncé qu'il allait mobiliser sa milice contre les Américains pour le venger. Donc bon...

    De toute façon, Soleimani n'est pas vraiment la question.

    Les mecs à Washington ne sont pas cons, même Trump, même si on dirait.

    Ils savent très bien que tuer Soleimani ne va rien changer structurellement à l'appareil iranien. Même tuer Khamenei en personne ne changerait rien.

    Ce genre d'action c'est un MESSAGE... aux PEUPLES de la région.

    C'est une façon de dire : nous tuons qui nous voulons où nous voulons quand nous voulons. Qui que vous soyez, si vous nous défiez vous n'êtes pas à l'abri (puisque même un dignitaire comme Soleimani a pu être liquidé).

    C'est ce message de terreur néocoloniale qui doit être unanimement rejeté ; qui qu'ait été Soleimani, et quelle qu'ait été son implication dans la désastreuse confrontation chiites-sunnites qui paralyse la région depuis des années."

    Conception communiste du monde : extraits de discussion FB suite à l'"affaire" Soleimani

    Rapide petit panorama-récap des derniers "mouvements" géopolitiques dans la région, à l'heure où semble s'accélérer, donc, la marche vers une possible confrontation de grande ampleur :

    Un sommet réunissant une vingtaine de pays musulmans dont la Turquie, le Qatar et l'Iran ; tous notoirement en conflit avec la géopolitique (totalement alignée sur l'Occident et l'Entité sioniste) de l'Arabie saoudite et ses appendices tels les Émirats ; s'est tenu le mois dernier à Kuala Lumpur en Malaisie :

    http://ekladata.com/Un-sommet-musulman-antisaoudien-a-Kuala-Lumpur.pdf

    La Malaisie, véritable puissance économique musulmane en Asie du Sud-Est dirigée par le nonagénaire Mahathir Mohamad (revenu aux affaires en 2018 après plus de deux décennies de pouvoir entre 1981 et 2003, et connu pour ses diatribes anti-occidentales et avoir tant envoyé au diable, lors de la crise asiatique de la fin des années 1990, le FMI et ses Diafoirus que prôné vigoureusement depuis un "modèle islamo-asiatique" et "Sud-Sud" de développement), semble de fait de plus en plus clairement prendre place dans le "bloc frériste" aux côtés de la Turquie, du Qatar ou encore du Hamas de Gaza ; ce qui lui a récemment valu ("comme par hasard"...) de faire l'objet à la télévision publique française d'un petit "morceau" de propagande bien senti, en l'occurrence un "Enquête exclusive" de l'inénarrable Bernard de la Villardière sous le titre-choc "Un paradis menacé par l'islam"...

    Ainsi par exemple, il se pourrait bientôt que dans le cadre d'un "accord de détente" entre l'Arabie saoudite et le Qatar, accord qui impliquerait entre autres que ce dernier n'héberge plus de hauts dirigeants des Frères Musulmans (y compris du Hamas palestinien), ceux-ci soient conduits à déménager vers le pays sud-est-asiatique, qui confirmerait ainsi son appartenance et son rôle de "profondeur stratégique" (loin de la poudrière moyen-orientale) pour ce bloc, en plus d'artisan, avec le sommet vu plus haut, de ses tentatives de réconciliation avec le bloc irano-russe après la violente rupture syrienne.

    Le Hamas, qui a présenté ses condoléances à l'Iran après la mort de Soleimani : mort-soleimani-hamas-jihad-islamique-presentent-condoleances chef-hamas-rend-hommage-a-soleimani-lors-de-ses-funerailles ; après que déjà en décembre, son principal leader Ismaïl Haniyeh ait effectué une "tournée diplomatique" qui l'a mené en Turquie, au Qatar... et en Malaisie, ainsi qu'au Liban, en Mauritanie et en Russie :
    https://fr.timesofisrael.com/premiere-fois-depuis-2017-que-le-chef-du-hamas-voyage-au-dela-de-legypte/

    Une "tournée" qui a toutefois dû disposer de l'accord de l'Égypte, seul point de sortie possible du territoire assiégé ; ce qui s'inscrit aussi possiblement dans des tractations entre le Hamas et l'Entité sioniste impliquant le Caire.

    [Et concernant l'attitude de la Turquie face à la mort de Soleimani : Erdogan s'est a priori limité à se dire "préoccupé par l'escalade de la tension" suite à l'événement, affirmant par ailleurs avoir "conseillé à Trump" de ne pas s'engager dans une telle escalade quelques heures à peine avant l'opération ; mais, fait qui ne peut pas ne pas être considéré significatif, une manifestation de partisans de l'"Axe de la Résistance" iranien a été autorisée à se tenir dimanche devant le consulat américain à Istanbul... spanish.alahednews.com.lb/article.php?id=28428&cid=23 Ce qui peut tout de même être vu comme une forme de "prise de position par procuration", dans un pays où lorsqu'une manifestation est interdite, elle est interdite et point.]

    Concernant l'intervention turque en Libye, le nouveau président tunisien Kaïs Saïed a reçu fin décembre la visite "surprise" d'Erdogan, et l'a chaleureusement accueilli : libye-centre-visite-surprise-erdogan-tunis

    Mais il a néanmoins tenu un peu plus tard, suite à des affirmations d'officiels libyens quant à son engagement concret aux côtés du gouvernement de Tripoli contre Haftar, à réaffirmer sa "neutralité" dans le conflit qui déchire le pays voisin :

    http://www.webdo.tn/2019/12/26/presidence-de-la-republique-la-tunisie-nacceptera-jamais-de-faire-partie-dune-alliance/

    L'Algérie a quant à elle fini par prendre parti pour une condamnation de l'intervention :

    https://ouvalalgerie.com/2020/01/03/lalgerie-refuse-que-la-turquie-et-son-armee-entre-en-libye/

    Mais bon, là... Un peu logique vu la "communauté de pourriture" qu'il peut y avoir entre Haftar, le "Sissi libyen", et la clique corrompue jusqu'à la moelle des généraux d'Alger, confrontés depuis le début de l'année à une gigantesque contestation populaire.

    [Lire ci-après l'analyse (équilibrée) de Mohamed Tahar Bensaada, directeur de l'Institut Frantz Fanon :

    Ou encore (ici d'un chercheur bourgeois, mais qui connaît son sujet et sait de quoi il parle, ce qui est déjà denrée rare...) :

    ]


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  • Décision de Trump sans passer par le Congrès, mais enfin, contrairement au récent retrait-qui-n'en-est-pas-vraiment-un-d'ailleurs de Syrie du Nord, largement soutenue par les Républicains, et critiquée (bien sûr, opposition oblige, mais ils ont beau jeu avec leur passif) par les Démocrates...

    Le général Qassem Soleimani a donc été tué au cours d'une frappe menée sur le territoire irakien. Né dans une famille paysanne pauvre du centre du pays, ouvrier à l'âge de 13 ans puis participant de la première heure à la Révolution islamique de 1979 (ce qui fait tout de même un autre pedigree qu'un vieux connard à moumoute pisseuse à qui son père klansman a prêté un million de dollars pour "démarrer"...), il était le commandant en chef de la Force Al Qods ("opérations extérieures") des Gardiens de la Révolution, et donc le véritable maître d'œuvre de la politique régionale iranienne ; autrement dit, un personnage de la plus haute importance pour le régime de Téhéran, contre lequel un tel niveau d'agression représente une terrifiante escalade et laisse craindre le pire pour la suite des événements – "un conflit multiforme, dont le théâtre risque d’être le Moyen Orient tout entier, et même au-delà", pour citer le socedem Pierre Haski sur France Inter.

    C'est là une accélération radicale sur le front proche- et moyen-oriental de la 4e Guerre mondiale non-déclarée en cours depuis les années 1990dont nous avons beaucoup parlé ces derniers temps ; en passant, après en avoir fini avec Daesh, beaucoup plus vite qu'on aurait pu le penser à l'offensive directe contre l'Iran, derrière lequel on sait que se profile la Russie ; accélération au regard de laquelle il faut peut-être lire l'"os à ronger" laissé au trublion Erdogan au Nord de la Syrie (bien que sa récente décision d'intervenir militairement en Libye en soutien au gouvernement national - Frères Musulmans - de Tripoli contre le maréchal Haftar, homme de main de l'Occident et du sionisme, des Saoud, des Émirats et de Sissi, mais vu également d'un assez bon œil par Moscou, soit loin de le montrer "rentré dans le rang"...).

    Certes, la première "arme de destruction massive" au service de l'impérialisme et du sionisme depuis bientôt 15 ans est d'abord et avant tout la terrible fitna, guerre fratricide, entre sunnites et chiites en lieu et place d'un puissant front uni qui ferait trembler le monde (qui avait déjà commencé à le faire lorsqu'il s'était brièvement dessiné en Irak en 2004) ; et Soleimani, d'Irak en Syrie aux côtés du fasciste Assad et jusqu'au Liban, avait largement pris sa part (côté chiite) dans cette désastreuse polarisation (nous nous abstiendrons ici de jouer les gauchistes occidentaux de base en insistant in extenso sur le "caractère anti-ouvrier" du régime iranien, tant c'est une évidence dès lors qu'une bourgeoisie nationale "révolutionnaire" a terminé de se consolider en bourgeoisie bureaucratique, mais absolument pas la question ici : ce type de régime ne doit jamais être soutenu face à la juste révolte ou la Guerre du Peuple, mais toujours face à l'impérialisme, ses missiles ou ses "révolutions de couleur" marionnettes).

    Pour autant, cet assassinat lâche et criminel, par la main de l'union sacrée de la superpuissance hégémonique unique yankee, de l'entité colonialiste et d'apartheid sioniste et de la porcherie wahhabite de Riyad, doit être condamné sans appel par tous les internationalistes anti-impérialistes dignes de ce nom ; tant pour l'effroyable conflagration qu'il risque de provoquer, semant la mort et la désolation dans toute la région voire au-delà ; que parce qu'à travers le général pasdaran, c'est tout semblant de volonté d'indépendance des peuples du Moyen-Orient et de toute la planète que l'Empire a voulu anéantir.

    https://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-moyen-orient/irak-le-puissant-general-iranien-qassem-soleimani-tue-par-les-etats-unis_2113285.html

    https://www.franceinter.fr/emissions/geopolitique/geopolitique-03-janvier-2020

    L'assassinat sauvage, impérialiste et sioniste, du général iranien Soleimani place toute la région moyen-orientale et l'humanité au bord du gouffre


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  • Le municipalisme libertaire / confédéralisme démocratique n'est pas "mauvais" en soi : c'est surtout qu'il n'invente rien ; qu'il n'est qu'une de ces dizaines de non-invention qui dans les années 1990 de la "Fin de l'Histoire" prétendaient "révolutionner" la pensée révolutionnaire.

    Il a toujours été évident ; sauf, bien sûr, pour qui s'est trompé d'étiquette en se collant celle de "communiste" dessus (et ils ne sont pas peu nombreux, c'est certes vrai) ; qu'une révolution SOCIALE radicale ne peut qu'impliquer une révolution radicale dans les rapports entre territoires et populations, briser les dominations impérialistes et les oppressions nationales, et à terme toute forme de domination sans partage d'une capitale (centre d'accumulation capitaliste) sur un plus ou moins vaste territoire.

    Que l'on pense au mouvement des Communes de 1871, dont un courant important ne concevait la République de la Justice et du Travail que comme une confédération de municipalités, de départements à la limite, seuls véritables cadres de la démocratie populaire vivante et permanente, les échelons supérieurs n'étant que des délégations de responsabilités ; ou à la quasi contemporaine Révolution cantonaliste dans la Péninsule ibérique (1873) ; jusque bien sûr à l'Union soviétique telle que conçue par Lénine (quelles qu'aient pu être ensuite les trahisons de cette vision d'origine)...

    De fait, par ce que ces hiérarchies "territoriales" entre territoires, pays, peuples permettent de part et d'autre de la "barrière de domination" (d'un côté, laisser à l'ordre du jour le "projet national" non-réalisé des élites des nations dominées, de l'autre, permettre dans le pays dominant l'"achat" de la paix sociale par les dividendes de la domination), les abattre est même un PRÉALABLE INDISPENSABLE à toute révolution sociale véritable dans chaque pays.

    Le centralisme décisionnel et d'action, pour défendre une jeune révolution contre ses ennemis mortels encore innombrables, ou pour assurer le développement économique d'un pays encore arriéré, ne peut être conçue que comme une nécessité temporaire et non comme une fin et une conception de l’État révolutionnaire en soi.

    Tout ceci n'est qu'une succession d'évidences.

    Le problème en réalité, avec le "municipalisme libertaire" de Bookchin dans sa seule et unique réalisation concrète, c'est à dire au Nord de la Syrie rebaptisé "Rojava"... c'est surtout qu'il n'a jamais réellement existé que comme cache-sexe, comme "vitrine" sympathique à destination de la gauchistosphère occidentale, pour un projet ethnocratique tribaliste (le pouvoir... et ses dividendes, sur le plus vaste territoire possible, pour l'"ethnie" kurde) en réalité inchangé depuis l'époque où il se vendait au social-impérialisme soviétique sous une étiquette "marxiste-léniniste" (encore jouait-il à cette époque, comme les forces liées à l'URSS révisionniste dans disons 50% des cas, un rôle un tant soit peu positif, contre un régime turc abject néolibéralisme policier à la solde de Washington, ou aux côtés des Palestiniens et des forces anti-impérialistes au Liban...) ; sous la direction d'un parti dont la structure verticaliste et le culte absolu du chef, beaucoup plus proches d'une secte que d'une organisation politique révolutionnaire, auraient pourtant dû interpeler nos gauchistes et libertaires de tout poil d'habitude si prompts à hululer au "'staliniiiiiisme".

    Il est là le problème : dans un type de projet qu'effectivement, pour le coup, la conception léniniste sur les questions nationales (et par extension, sur toute "domination d'un pays/territoire sur un autre") a toujours rejeté, comme générateur de guerres chauvines sans fin, alors qu'il faut de ces problématiques toujours rechercher une sortie démocratique "par le haut".

    Pour le reste, donc : Bookchin nous a pondu (et Öcalan, en situation de déroute politico-militaire, a repris) un charmant petit couplet écolo-libertaire de "cités idéales librement associées" ; alors qu'il suffit simplement pour les communistes avant tout léninistes que nous sommes, dans l'esprit de Lénine au début des années 1920 et au regard du niveau actuel des forces productives, à l'heure des "États-continents", de prôner de grandes "Unions soviétiques" continentales ou sous-continentales – "Union soviétique d'Europe" par exemple* ("aux 100 drapeaux"... à étoiles rouges, LOL !), "Union soviétique" du Proche et Moyen Orient (éventuellement avec le Maghreb, ou pas), "Union soviétique" africaine (ou de grandes parts de l'Afrique : Afrique du Nord, Afrique de l'Ouest, Afrique australe etc.), d'Asie du Sud, d'Extrême-Orient, etc. etc. ; "centralisés" comme peut l'être (dans une version capitaliste) la Suisse ; dans la reconnaissance et le respect le plus absolu des peuples et de leurs cultures, autant que dans le refus le plus strict du tribalisme et de l'ethnocratie (recherche d'un État "ethnique" "pur" pour chaque peuple, mais bien sûr sans - ou très rarement en tout cas - en rester là, l'objectif étant toujours de s'étendre au plus vaste territoire possible pour y asseoir le pouvoir et le privilège de son "ethnie")...


    https://etopia.be/bookchin-et-le-rojava-de-quoi-parle-t-on/


    [* "ENFIN BREF, tout cela pour dire que, les gens semblant par nature durs de la comprenette dans les milieux gauchistes, il est aussi possible de formuler les choses en des termes simples : ce que nous voulons, en lieu et place de l’État bourgeois français tel qu'il est, c'est une Union soviétique (telle que conçue par Lénine au début des années 1920) d'Hexagone... Point.

    D'Hexagone, ou pourquoi pas d'Europe ; en tout cas, des parties de l'Europe qui seraient dans un premier temps libérées du capitalisme par la révolution ; bref – ce genre de question se posera directement en son temps dans la réalité de la lutte, nous n'en sommes pas là.

    Tout simplement parce que le renversement du capitalisme DEVRA signifier, ne PEUT PAS signifier autre chose, que soit brisée l'organisation politico-économique des territoires en Centres financiers d'accumulation capitaliste et Périphéries plus ou moins, mais toujours, reléguées et "pompées" (lire à ce sujet : reflexions-a-partir-de-samir-amin - bouamama-basques-algeriens-colonisation-int-ext) ; organisation intrinsèque à la Modernité capitaliste et qui de fait, aussi longtemps qu'existent ces "hiérarchies géographiques" entre pays, régions d'un pays, etc., "bloque" en réalité tout déploiement d'une lutte des classes "pure", possédants vs exploités.

    Par conséquent, la voie de la raison matérialiste dans la situation concrète de notre époque, c'est d'aller vers... ce qu'était l'URSS (dans sa conception initiale léniniste) : de grands "États-continents" confédéraux, multiculturels, multilinguistiques et inclusifs (en plus, bien sûr, d'être résolument anticapitalistes).

    Car lorsque l'on critique le "tribalisme" des Catalans, Basques, Bretons, Corses ou autres, et cela peut parfois avoir sa part de vérité, l'on a tout de même tendance à oublier, en tout premier lieu, que les États européens existants ne sont ni plus ni moins que des "tribalismes qui ont réussi" : des régions qui en ont conquis d'autres, pour finir par proclamer ces ensembles de conquêtes des "États-nations", lancés à leur tour dans des affrontements "tribaux" avec les ensembles voisins ; tout cela sous un modèle centraliste uniculturel, unilinguistique et exclusif.

    Quant aux grands États-continents capitalistes qui existent déjà, comme les États-Unis ou le Canada, la Russie ou l'Inde, certes ils sont officiellement fédéraux, seul moyen pour eux de s'assurer une certaine stabilité et de n'avoir pas déjà explosé ; mais ce fédéralisme n'en reste pas moins très largement factice, "cache-sexe" d'une domination féroce sur tout un ensemble de groupes humains (Noirs, Latinos et Nations indigènes en Amérique du Nord, Caucasiens, Peuples sibériens et autres non-russes en Russie, Kashmiris, Tamouls, Adivasis "tribaux" et autres non-hindoustanis, musulmans et basses castes en Inde) ; tandis que de son côté l'Union Européenne est une tentative, précisément pour faire face à ces puissances concurrentes, de bâtir un tel super-État continental bourgeois et technocratique autour et au service des "pôles" de Paris et de la vallée du Rhin (Ouest de l'Allemagne, Bénélux), dominant et écrasant le reste comme l'avait fait auparavant chaque État membre avec ses "provinces" (rendant certes cocasse lorsque les "souverainistes" desdits États se plaignent de cette domination...) : il va de soi, bien entendu, que ces "modèles"-là d’États-"continents" ne sont pas les nôtres et sont au contraire résolument à combattre et détruire.

    Voilà donc : à partir de là, ce programme qui est le nôtre, vous pouvez le vomir ; mais au moins saurez-vous clairement sur quoi se déversent vos vomissures..."]

    [Illustration en commentaire FB :

    "Ça m'a toujours fait marrer ces vieux discours souverainistes à l'ère des États-continents, alors que la meilleure façon pour être tous vassaux des Américains c'est d'être chacun dans son petit coin... Eh oui eh oui, le truc que les souveraineux vont jamais te dire c'est que à l'époque de la Guerre froide, ouais peut-être, l'Europe conçue comme un contre-Pacte de Varsovie contre celui-ci ok admettons ça pouvait leur plaire ; mais depuis, les principaux torpillages anti UE comme le référendum irlandais de 2008 ou le Brexit ont largement été made in US, soutenus par Washington.

    Ce n'est bien sûr pas une raison pour soutenir l'UE de Bruxelles actuelle, qui est de fait un empire colonial financier parisio-rhénan sur les peuples.

    Mais à l'heure où ce qui compte dans le monde s'appelle États-Unis, Russie, Chine, de plus en plus Inde... Je vois mal comment l'avenir peut être à autre chose qu'un État continent européen ou euro-méditerranéen, BIEN ENTENDU fédératif et dans toute la mesure du possible, anticapitaliste (une URSS d'Europe ou d'Europe-Méditerranée).

    Rien à voir bien sûr avec l'UE de Bruxelles, centre de décision technocratique de la Finance dont les États bourgeois restent ensuite les gendarmes.

    On parle d'une Europe où chaque bassin de vie cohérent serait politiquement aussi souverain qu'un canton suisse, et socialement socialiste. Une véritable URSS idéale (telle que conçue par Lénine au début des années 1920) continentale, dans laquelle on ne serait après tout pas plus différents entre nous qu'un Letton et un Iakoute, chacun souverain chez soi (bien plus que dans les vieux États capitalo-technocratiques que nous défendent les chevènementos et autres PRCFeux aux côtés du RN...), et unis dans une grande puissance socialiste."]


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  • "Au-delà  de la question d'être trotskiste ou boukharinien, Staline est indéfendable par ses crimes dont le résultat est une disqualification du socialisme (provisoire, heureusement)."

    Ce qui permet une re-qualification du marxisme aujourd'hui, c'est que les conditions ; DONT FAIT PARTIE le corpus théorique dont nous disposons, la conception communiste du monde qui a largement évolué et n'a plus les limites ; ne sont plus du tout les mêmes.

    L'erreur et toute la stérilité dans le débat autour de Staline, c'est de penser que la cadre concret, situation objective (de l'espace géographique concernée à l'époque) + matériel théorique à disposition des communistes, aurait pu être "brisé" pour que les choses puissent se passer TRÈS différemment ; ce qui n'est pas le cas.

    [Lire absolument à ce sujet, passionnant : http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/entretien-debat-de-1977-entre-charles-bettelheim-l-ex-gp-robert-linhar-a165900082]


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  • ... car elle n'est pas seulement une somme d'individus bourgeois, mais aussi et même surtout une IDÉOLOGIE (une CONCEPTION DU MONDE) produite par ces individus et susceptible à tout moment, à travers n'importe quel individu, de devenir FORCE MATÉRIELLE au service du capitalisme, de son maintien en place face aux assauts de la révolution, ou de sa restauration sous la transition socialiste.


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  • 2000 personnes environ malgré les difficultés de transport etc... Pas si mal, en réalité. C'est par exemple ce qu'avait réuni la grosse manif antifasciste de Lyon en 2010 (et quel pire, plus dangereux fascisme que celui de l'État policier lui-même contre les quartiers et les colonisés intérieurs qui y vivent !!) ; et c'est plus que (hélas pour nous... mais c'est ainsi) la mobilisation pour les langues régionales du 30 novembre.

    Le meilleur retour dessus, sera certainement celui des concernées elles-mêmes : 


    https://blogs.mediapart.fr/collectif-de-defense-des-jeunes-du-mantois/blog/181219/marche-des-mamans-bilan-et-suites

    Marché des Mamans de Mantes-la-Jolie


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