• [Et cela n'est-il pas, au fond, applicable à tous les pays occidentaux ; n'est-il pas ce que l'on appelle, parfois, le FASCISME MODERNE - voire carrément post-moderne (l'expression "fascisme moderne" vient de la Gauche prolétarienne des années 1970, la Guerre froide, la Chine de Mao, "l'heure des brasiers", "le fond de l'air est rouge", bref l'eau a coulé sous les ponts...), genre, bien capable de nous mettre une femme métisse lesbienne comme porte-parole ou sergent-recruteur ou icône (y compris involontaire) de l'une ou l'autre de ses saloperies ?!! (on a déjà bien une féministe fille de lamberto qui cite Marx à tort et à travers et se fait reprendre par papa, LOL ! on pourrait même dans un sens citer Ivana Hoffmann, tuée au Rojava début 2015 et mise en avant à son cadavre défendant sans doute pour exalter l'engagement rojaviste comme "révolution intersectionnelle totale" face à la "barbarie patriarcale islamo-fasciste" aux dépens des milliers d'autres tué-e-s de cette effroyable guerre, dans les rangs rojavistes... ET EN FACE, sous les bombes de la coalition, parmi la population "pro-Daesh" "Raqqa, cette ville de réacs comme Lyon"... ou en tout cas prise entre deux feux, avec au bout du compte un tiers de la Syrie sous protectorat impérialiste occidental...)]


    “Le fascisme américain est sa propre création sui generis. Il n'est pas explicitement antisémite comme pouvait l'être le nazisme [on pourrait même dire qu'il n'est... rien, pas même raciste, et surtout pas fasciste, officiellement !], mais il partage avec lui bon nombre de caractéristiques.

    Il autorise même, parfois, des personnes noires ou brunes à agir comme ses porte-paroles. Le sheriff David Clarke en est un bon exemple, comme l'est le gouverneur Bobby Jindal.

    Ce qui le définit uniquement est le concept d'identité nationale et d'exceptionnalisme américain, principalement exprimé à travers une militarisation toujours croissante. Il révise les atrocités du passé américain, ou produit des justifications pour elles, y compris et tout particulièrement pour les horreurs de l'époque actuelle.

    On peut le voir aisément dans la justification des bombardements atomiques sur le Japon ("préservation de vies américaines"), de la période de l'esclavage ("tout le monde le faisait à l'époque", ou tenter d'en minimiser les crimes), ou encore de l'actuelle "Guerre contre la Terreur" ("c'est notre boulot de faire la police dans le monde et de combattre les terroristes !").

    En particulier, le fascisme américain dans son étape actuelle justifie ses atrocités par la guerre contre trois principaux ennemis, raciaux ou politiques :

    1) Le soi-disant "extrémisme islamique". Cibler et traiter les musulmans (voire les sikhs...) comme des terroristes.

    2) Les gangs et les "criminels". Les cibles sont ici les personnes noires ou latines. Ceci inclut aussi bien les maras que les "extrémistes identitaires noirs", et les traite comme des ennemis combattants sur un champ de bataille. La soi-disant lutte contre les gangs et la criminalité est aussi ce qui justifie la solution militaire au "problème de l'immigration illégale".

    3) Le communisme et l'anarchisme. Ceci couvre un champ très large. Ce combat est principalement mené par les groupes suprématistes blancs et les polices locales. Mais déjà le FBI et le DHS commencent à être impliqués, ciblant des organisateurs, lançant des charges pénales ridicules contre eux, et les enfermant dans des batailles judiciaires qui les empêchent de mener leurs luttes.

    Il existe un ensemble d'ouvrages destinés aux militaires d'infanterie, rédigés par un vétéran du Vietnam du nom d'H.J. Poole. Son discours est que les États-Unis sont actuellement face à un nouveau type de guerre, une "Guerre de 4e Génération", et ses ouvrages ne contiennent pas seulement des solutions tactiques pour vaincre cette "nouvelle menace", mais aussi un très haut niveau d'endoctrinement politique fasciste. Il détaille longuement chacun des trois "ennemis de l'Amérique" et quelles stratégiques le gouvernement, les militaires et les citoyens doivent adopter pour les vaincre. Ces ouvrages exercent une grande influence sur les forces armées et cela peut être vu dans les récents efforts du régime Trump pour "stopper l'immigration illégale", entre autres choses.

    Lorsque vous voyez un rassemblement pro-Trump dont les participants acclament le bombardement de pays musulmans, l'enfermement de prisonniers politiques de gauche ou la rétention des immigrants, vous devez savoir que toutes ces personnes sont des fascistes américains.

    Non, cela n'a pas commencé avec Trump et ne finira pas avec lui. À moins que nous ne fassions quelque chose.

    C'est pourquoi il nous faut parvenir à construire un puissant front uni rassemblant tous les éléments émancipateurs de la société, avec une direction révolutionnaire cohérente.

    La seule façon de mettre fin à cela est de nous engager dans une transformation fondamentale de la société par tous les moyens que nous avons entre les mains.”

    Un militant communiste local.

    Lire aussi :

    http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/sur-le-mouvement-communiste-maoiste-aux-etats-unis-a135737730

    http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/y-a-t-il-des-questions-nationales-aux-etats-unis-a136959878

    Sur la situation fasciste aux États-Unis

    Sur la situation fasciste aux États-Unis


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  • Si l'on voulait résumer (à l'extrême) l'esprit de cet article de Slate : Poutine est kiffé par des millions de petits "beaufs" blancs (et même quelques non-blancs) de toutes les périphéries cambouiseuses d'Europe comme un mec qui "tient tête" (forcément, en tant que rival impérialiste...) à l'hyperpuissance US, aux "élites" libérales et européistes, à la "mondialisation" (tout ceci étant largement déconnecté de la réalité, précisons-le), ainsi qu'à un certain "progressisme" perçu comme élitiste et donneur de leçons aux "sans dents" ; et aussi, il faut hélas bien le dire, à "l'islaaaaam" dont on leur injecte quotidiennement une dose de psychose.

    Et Erdogan... eh bien joue le même rôle, bénéficie du même réflexe dans la communauté musulmane (sauf pour ce qui est de "l'islaaam" évidemment, enfin si mais en négatif : comme héros anti-islamophobe). La Chine ne bénéficie pas de ce type de réflexe car elle a mauvaise réputation dans les pays d'Afrique et d'ailleurs, et l'écho remonte dans les communautés indigènes d'Occident (cela dit une réalité est aussi que sans Chine pas d'Erdogan, tous les pays "émergents" ne sont pas potes entre eux - on peut légitimement douter qu'Erdogan apprécie le sort des Ouïghours... - mais se "portent" les uns les autres dans le grand phénomène d'émergence).

    Des réflexes dans les deux cas à combattre, sans l'ombre d'un doute... mais pour combattre, il faut d'abord expliquer et comprendre. Ce qui passe par repenser complètement notre façon d'être "de gauche" / révolutionnaires.

    Ce qui ne peut passer, à notre sens, par jouer la carte d'un truc tel que le HDP ; aussi conforme aux canons et kiffé (fut-ce en invisibilisant des éléments populaires moins "kiffant"...) par une gauche radicale occidentale toujours prompte à voler au secours de ce qui lui ressemble, dans les valises de la NED quand ce n'est pas carrément sous la queue d'un bombardier de l'OTAN [lire turquie-kurdistan-elections-anticipees voila-ca-y-est erdogan-est-un-fasciste] ; une "gauche" "radicale" qui n'est en réalité plus que longue et permanente décomposition, perdition, et même en définitive... police politique contre l'émergence de son propre sein (de quel autre ?) d'une véritable grille d'analyse révolutionnaire du monde analyse-retrospective-fascisme-anti-politique 1 - 2 - 3 - 4.


    http://www.slate.fr/story/163169/nombreux-jeunes-musulmans-franco-maghrebins-erdogan-leader-juste

     


    [Échange autour d'un intéressant article (fortement pro-HDP) d'un trotskyste d'origine turque :

    http://reflexions-echanges-insoumis.org/turquie-une-election-comme-un-cambriolage-durant-un-incendie/

    "en comptant sur le climat propice au nationalisme créé par l’opération militaire en Syrie avant que l’incendie économique et social ne s’étende trop" : et avant que les opérations en Syrie ne deviennent un Vietnam turc, aussi. C'est à mon sens une raison très claire de cette anticipation surprise des élections. Le lâchage par les impérialistes d'Afrin, et maintenant de Manbij n'est pas forcément un pur "cadeau" à Erdogan, ou du moins est peut-être un cadeau empoisonné et il semblerait que lui-même ne soit pas dupe.

    "Il faut relever que loin de se distancier du discours chauvin d’Erdogan, une grande partie des partis dits d’opposition participent au consensus nationaliste turc et anti-kurde" : hormis le HDP, bien entendu. Un parti ouvertement kurdophile est un parti mort aux élections en Turquie (sauf au Bakur et au Dersim).

    Mais... il était une fois en Colombie un monsieur au moins aussi anti-guérillas qu'Aksener n'est nationaliste et anti-kurde, et sans doute plus que ne l'est Ince. Et pourtant, fort de cette position de "faucon" en tant que Ministre de la Défense, une fois Président, Juan Manuel Santos a conduit les négociations et finalement les accords de paix que l'on connaît. Car depuis la "Fin de l'Histoire", dès lors que les forces révolutionnaires sont suffisamment affaiblies et/ou que l'opportunisme a suffisamment triomphé en leur sein, les accords de paix sont aussi une stratégie centrale de la contre-révolution. On l'a vu en Palestine, dans toute l'Amérique centrale, au Népal etc. etc. Il y a presque 15 ans que le PKK ne prône plus l'indépendance du Bakur mais sa "démocratisation", ce qui pourrait simplement vouloir dire que les municipalités HDP ne soient plus sous tutelle, et je ne vois pas ce qui empêcherait Ince ou même Aksener d'y accéder, au contraire ils seraient politiquement infiniment plus solides pour le faire qu'Erdogan (qui a dû totalement y renoncer dès lors que son pouvoir ne tenait plus qu'aux Loups Gris).

    D'ailleurs Erdogan lui-même pendant des années (avant la rupture avec les gülenistes, puis Gül et d'autres encore) a négocié en ce sens. Mieux, Saleh Muslim (le chef du PYD, le PKK de Syrie) se rendait encore en 2012-2013 régulièrement à Ankara, autrement dit, à cette époque Rojava avait d'un tout d'un deal : allez faire votre confédéralisme démocratique et décalquer du "barbare" en Syrie ; et contentez vous de ce qu'on vous accordera, comme par exemple le droit pour un parti de gauche kurde de gérer des municipalités, côté "turc" (Bakur). Le deal a été rompu quand les contradictions ont éclaté entre Rojava et les propres forces supplétives d'Erdogan en Syrie, puis avec le soutien toujours plus massif des Occidentaux à Rojava au détriment de l'ASL, puis la perte "à cause du HDP" de la majorité absolue aux élections de 2015, etc. etc.

    Donc à présent c'est mort, oui, Erdogan n'ayant plus d'autre allié possible que le MHP ("Loups Gris", extrême-droite ultra-nationaliste) qui ne veut pas en entendre parler. Mais si les négociations reprennent et aboutissent avec un éventuel nouveau régime... tu imagines la gauche occidentale (et bobo locale) en folie ? C'est fini. La Turquie n'est "plus fasciste". C'est la "Libération". Peu importe que ce soit tout sauf une révolution et que ce nouveau régime soit tout simplement... les gens qui ont dirigé le pays pendant 80 ans.

    "le CHP ainsi que la fondatrice du Iyi Parti, Meral Aksener, ont soutenu ces dernières années des mesures antidémocratiques visant en premier lieu les députés du HDP" : le CHP a tout de même désigné, contre son président actuel, comme candidat à la présidentielle Muharrem Ince qui a justement voté CONTRE cette levée de l'immunité parlementaire des députés HDP. Ce qui pourrait être interprété comme un premier signe d'ouverture dans le sens d'une "solution politique", pour s'assurer de reports HDP massifs sur lui en cas (très probable) de second tour.

    Parmi les innombrables trucs bizarres de cette élection, d'ailleurs, en plus de la précipitation à l'anticiper : le leader du HDP, Demirtas, est en taule... et peut être candidat. En Espagne "démocratique", quand des gens en taule ou en fuite veulent être présidents de la Catalogne, Madrid dit non et c'est non. Dans le très complexe État turc et ses innombrables États dans l’État, Erdogan est-il vraiment autant en position de force qu'il ne le paraît et que la Constitution qu'il s'est taillée sur mesure lui promet de l'être si il est réélu ?

    Enfin bon on pourrait effectivement en discuter 10 plombes sans arriver à être d'accord LOL (bon n'exagérons rien, je suis quand même d'accord avec les deux tiers de ton article).

    OK, le HDP est la force la plus "à gauche" si l'on prend les critères, les valeurs de ce qui en Europe fonde historiquement la gauche.

    Mais en admettant qu'il arrive au pouvoir (il en est loin pour le moment, sauf au niveau local au Bakur)... je ne vois pas, STRUCTURELLEMENT comment il peut faire autre chose que du Syriza, au delà de la (vague) ressemblance physique entre les deux leaders.

    Mais ça tout le monde dans la gauche occidentale s'en fout de toute façon. Qui s'est jamais VRAIMENT intéressé à la politique économique intérieure en Turquie ? Pas grand monde en vérité (à part quelques uns comme toi). Le seul clivage qui les intéresse, c'est laïcité / pas laïcité. Que la politique d'Erdogan ait été libérale et "ruissellement" (et soit confrontée maintenant à la même crise que tous les "émergents"), allez, quelques uns l'ont vu et pioché comme argument-renfort contre l'horrible islamiiiiste. Mais la capacité de ceux capables de le renverser à mener une AUTRE politique, pour 80 millions de travailleurs de toutes les nationalités de l’État, alors que le parti qui incarnait l'espoir en Grèce ne l'a pas pu, tout le monde s'en fout. On aura jamais droit à ce débat-là.]

    Sur la fascination de toute une jeunesse populaire musulmane pour Recep Tayyip Erdogan


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  • Comment, loin des petites postures anti-Gramsci "c'est le maître à penser du révisionnisme eurocommuniste gnagnagna" à deux balles, se voulant ultra-radicales, le Parti communiste du Pérou gonzalo-pcp-guerre-populaire-perou s'est totalement inspiré de sa vision dans l'"étape zéro" de sa Guerre populaire (années 1970, avant le déclenchement en 1980), pour conquérir des positions idéologiques et de masse.


    https://revolutionary-initiative.com/2014/06/02/gramsci-gonzalo-considerations-on-conquering-combat-positions-within-the-inner-wall-of-hegemony/


    par Kenny Lake, communiste canadien

    À travers son article “Vers la Guerre de Positions : Gramsci en continuité et rupture avec le marxisme-léninisme”, le camarade Amil a initié le processus — qui ne s'était que trop fait attendre dans le mouvement communiste international — d'arracher enfin Gramsci aux griffes de l'académisme progressiste bourgeois, pour remettre ses développements théoriques au service de la stratégie révolutionnaire.

    Que considérer Gramsci à cette lumière ait pris autant de temps, reflète essentiellement deux problématiques. La première est la bien réelle et apparemment infinie capacité de l'académisme progressiste bourgeois à effectivement distordre sa théorie de l'hégémonie au service d'une vision étroite et platement réformiste, aidé en cela par la nécessaire auto-censure du dirigeant communiste italien écrivant depuis le fond d'une cellule de prison fasciste. La seconde est le doctrinarisme, et le circuit intellectuel fermé qui a tendu à caractériser le mouvement communiste international (MCI) au cours des dernières décennies écoulées.

    Dans l'intérêt de s'attaquer à cette seconde problématique, et de développer des réflexions stratégiques pour la révolution, je vais tenter dans cet essai d'examiner la notion gramscienne de guerre de positions à la lumière des récentes expériences de lancement d'une Guerre populaire.

    Tandis que dans le MCI a été dépensée beaucoup d'énergie... et peu d'intellect à défendre la nécessité stratégique de la Guerre populaire prolongée (GPP), les tentatives d'étudier et comprendre comment les Guerres populaires des dernières décennies ont pu être initiées ont plutôt été rares. Le résultat en a été que ces appels-slogans, pontifiants à la GPP n'ont été dans la totalité des cas suivis... d'aucun déclenchement de celle-ci que ce soit.

    Gramsci, tout comme Mao d'ailleurs, insistait sur le rôle décisif du facteur SUBJECTIF pour mener à bien la révolution. Il attirait l'attention sur la nécessité d'une force communiste construite patiemment et de longue haleine, consistant en des cadres intellectuels pointus* et une large base organisée de masse, “qui puisse être envoyée sur le champ de bataille lorsque la situation y est favorable”. Plutôt que de voir a possibilité de la révolution émerger, pour l'essentiel, de développements dans la situation objective (crise économique ou autres), Gramsci voyait la construction du facteur subjectif comme la clé pour créer ladite "situation favorable" à la prise du pouvoir, qui selon ses mots, “ne peut être favorable que si et autant qu'une telle force [le facteur subjectif] existe, et déborde d'esprit combattif”.

    La question à laquelle nous communistes sommes confrontés est donc de comment développer ce facteur subjectif tel que Gramsci soutient qu'il est nécessaire. Ceci requiert d'affronter le Pouvoir bourgeois non seulement en tant qu'appareil répressif, mais aussi en tant qu'appareil d'hégémonie intellectuelle et culturelle — ce qu'Althusser appelait l'appareil idéologique d’État. C'est là un aspect crucial de la guerre de positions, qui consiste autant à accumuler un nombre croissant de personnes révolutionnaires qu'à les préparer à diriger la société après la révolution. En systématisant la théorie de l'hégémonie de Gramsci, Althusser note que même lorsqu'il n'y a aucun espace pour la lutte des classes exploitées dans l'appareil répressif, la résistance de celles-ci “peuvent trouver dans l'appareil idéologique d’État des occasions et des moyens de s'exprimer, soit par l'utilisation de ses propres contradictions, soit en conquérant des positions de combat en son sein par la lutte”.

    L'avant-Jour du Déclenchement au Pérou

    Un élément passablement ignoré dans le MCI est la méthode employée par le professeur Abimael Gúzman pour accumuler et organiser des forces révolutionnaires avant le déclenchement de la Guerre populaire au Pérou en 1980. Gúzman, désormais connu de nous sous le nom de Président Gonzalo, avait été titularisé professeur de philosophie à l'Université nationale de San Cristóbal de Huamanga à Ayacucho en 1962. Cette université, nouvellement rouverte, s'inscrivait dans le programme de modernisation nationaliste du gouvernement péruvien, qui attachait une importance cruciale à l'éducation. Tant les partis de gauche électoralistes que les juntes militaires des années 1968-80 voyaient la création d'universités et plus largement l'éducation comme un moyen de gérer l'instabilité et la paupérisation des régions périphériques. Au Pérou, le pouvoir politique et le développement économique tendaient à être concentrés dans quelques grandes villes mariategui-regionalisme-centralisme, à commencer bien sûr par la tentaculaire capitale Lima. La région d'Ayacucho était un exemple archétypique de négligence par le pouvoir central, et sa population indigène de langue quechua n'était pas facilement intégrable dans les structures hégémoniques de la société péruvienne. Pour ceux qui étaient au Centre du Pouvoir, l'expansion de l'éducation vers la périphérie était un moyen d'incorporer cette population sous l'hégémonie idéologique de la bourgeoisie. En cela elle était finalement un élément de continuation, par la classe dominante blanche et métisse, de la mission jadis abandonnée par les conquistadors espagnols de "civiliser" les masses indigènes.

    Gramsci & Gonzalo : Considérations sur la conquête de positions de combat dans l'antre même de l'hégémonie

    La toute nouvelle université offrait donc à Gúzman et ses camarades l'opportunité de pouvoir progressivement l'utiliser comme un centre de recrutement pour le Sentier Lumineux. La promesse d'une éducation était vue par les jeunes paysans comme une opportunité pour s'élever socialement eux-mêmes et aider leurs communautés à le faire, mais une fois diplômés la vaste majorité d'entre eux se retrouvaient dans la même pauvreté et incapacité de faire quoi que ce soit pour les leurs. Cette inhérente contradiction structurelle — que Gramsci aurait qualifiée d'organique, et non conjoncturelle — fournissait un ample terreau sur lequel le Sentier pouvait attirer des recrues dont les espoirs placés en le système et ses fausses promesses d'éducation avaient été anéantis. Les séances exaltées de lecture philosophique de Gúzman, dans lesquelles il offrait une explication matérialiste historique des contradictions auxquelles les étudiants paysans indigènes étaient confrontés et reliait celles-ci aux plus larges antagonismes du capitalisme à l'échelle mondiale, attiraient les recrues initiales qui pourraient bientôt mener le travail de terrain pour préparer le déclenchement de la GPP.

    Gúzman a organisé ces jeunes étudiants révolutionnaires passionnés afin de recenser les communautés pauvres et organiser leurs résidents. Le journaliste Gustavo Gorriti décrit les efforts de Gúzman à l'université en ces termes :

    Son objectif était clair : utiliser l'université pour recruter, éduquer, organiser, et assurer le développement de cadres communistes. Il y avait créé une école de formation d'instituteurs largement supervisée par le Parti ou des sympathisants. Ces étudiants devenus les premières recrues offraient un vecteur idéal pour nouer le lien avec les petites bourgades et les communautés. Beaucoup rentreraient chez eux et y mèneraient le travail de terrain pour la révolution.

    Les efforts de Gúzman à l'Université nationale de San Cristóbal de Huamanga n'ont donc pas eu pour résultat qu'une simple influence idéologique communiste générale. Au sein même d'un appareil idéologique d’État encore incomplètement formé et éloigné des centres du pouvoir, les communistes réussirent à prendre pied et par la suite, pour reprendre les mots d'Althusser, “conquérir une position de combat”. Gorriti décrit l'Université de Huamanga comme étant virtuellement sous le contrôle du Sentier à la fin des années 1960 et au début des années 1970. Celui-ci était impliqué dans le plus routinier quotidien des étudiants, incluant le gîte et le couvert, la gestion administrative, et la plus grande part de la direction du Parti y enseignait dans les amphithéâtres. Ainsi, une combinaison de contrôle organisationnel et d'influence idéologique a pu offrir au Parti sa militance. Stratégiquement et tactiquement, le sain irrespect de Gúzman pour les procédures de la politique bourgeoise permirent au Sentier de profiter au maximum de toutes les situations. Gorriti explique ainsi qu'il utilisait son contrôle administratif pour purger ses adversaires idéologiques de l'université, et le citant : “soit vous utilisez le pouvoir, soit il est utilisé contre vous”.

    Plus tard, Gúzman sut percevoir la façon dont l'ambition de l’État bourgeois péruvien d'envoyer un nombre croissant d'instituteurs dans les périphéries pouvait être utilisé contre lui. Les instituteurs formés par le Sentier à l'école de formation de l'Université de Huamanga étaient en effet envoyés en poste dans les bourgades et les villages de la campagne, offrant ainsi un vecteur crucial pour organiser les paysans tout autour d'Ayacucho. Le Sentier avait conscience de l'importance de positions d'autorité pour influencer et gagner la population à sa cause, et sut ainsi tirer avantage du respect des paysans d'Ayacucho pour les instituteurs envoyés dans leurs communautés. Par ailleurs, les étudiants avaient déjà mené le travail d'investigation de terrain et établi des liens avec les masses. Tout ceci lui permit de lancer la Guerre populaire avec des cadres formés, une solide base de masse et une organisation clandestine.

    Ce contrôle de l'Université de Huamanga était néanmoins précaire, et prit fin au milieu des années 1970 pour une large part du fait d'organisations de gauche rivales reprenant la main [NDLR c'est aussi l'époque où la junte "progressiste" dirigeant le pays depuis 1968 démet le réformateur Velasco à sa tête et amorce son virage "à droite toute", rejoint le Plan Condor etc. et fait rédiger une nouvelle Constitution pour rendre le pouvoir à la bourgeoisie néolibérale civile]. Le but des communistes n'est toutefois pas de camper sur quelques positions acquises dans l'appareil idéologique bourgeois, mais plutôt de mettre efficacement à profit les plus ou moins éphémères moments où ces positions peuvent être utilisées pour accumuler des forces pour la révolution. Faire ceci doit forcément, tôt ou tard, signifier perdre ces positions ; mais avoir entre temps gagné en organisation révolutionnaire ; tandis que la première option (camper sur les positions acquises) ne peut conduire qu'à devenir un appendice "de gauche" de l'hégémonie bourgeoise, ce dont notre époque peut fournir pléthore d'exemples.

    Pour autant, même après avoir lancé la Guerre populaire, le Sentier a continué d'utiliser toutes les opportunités d'infiltrer l'appareil idéologique d’État et plus largement de créer une contre-hégémonie durable. Le journaliste Michael Smith nous indique ainsi que “dans les toutes dernières années de la présidence García [1989–1990], [il] a pu placer une centaine d'instituteurs à lui dans les bidonvilles isolés autour de l'autoroute centrale” de Lima. L'ex-procureure Gabriela Tarazona-Sevillano relève que “les enfants sont une préoccupation majeure des efforts d'endoctrinement (sic) de l'insurrection, ce qui lui donne l'opportunité de préparer la prochaine génération de cadres et illustre sa vision de long terme”.

    Implications

    L’expérience du Parti communiste du Pérou dans la construction préparatoire au lancement de sa Guerre populaire, montre la façon dont infiltrer et utiliser l'appareil idéologique de la bourgeoisie est une méthode cruciale pour accumuler des forces révolutionnaires. De fait, trois des quatre Guerres populaires à travers le monde à avoir obtenu un appui de masse substantiel et être devenues une menace conséquente pour le Pouvoir bourgeois au cours des dernières décennies, ont construit au moins quelques unes de leurs forces initiales au sein d'institutions éducatives bourgeoises. Jose Maria Sison a ainsi enseigné à l'Université des Philippines dans les années 1960 et recruté une large part de la direction initiale du CPP parmi ses étudiants, tandis que Prachanda et d'autres membres dirigeants du Parti communiste maoïste du Népal étaient enseignants dans les districts où la Guerre populaire a commencé.

    La situation à l'Université de Huamanga dans les années 1960 était peut-être un cas exceptionnellement favorable et ne peut pas être dupliquée à l'infini, mais elle nous offre néanmoins plusieurs enseignements de toute première importance.

    Premièrement, Althusser avait totalement raison de souligner le caractère hautement contradictoire de l'appareil idéologique d’État. Une façon dont ce caractère contradictoire s'exprime est par exemple lorsque les classes dominantes cherchent à créer de nouvelles institutions, et n'ont pas fermement établi au préalable comment celles-ci doivent fonctionner ou formé le personnel pour ce faire. L'Université de Huamanga dans les années 1960 était très exactement une telle institution, que le Sentier a ainsi pu infiltrer et même pour un temps contrôler. Son éloignement des centres du pouvoir péruvien avait fait que l’État, comme d'ailleurs les autres organisations de gauche radicale qui tendaient à concentrer leurs efforts sur Lima, n'avaient que peu conscience et de toute façon peu de moyens d'action face à cette prise de contrôle.

    La description d'Althusser de la nature contradictoire de cet appareil idéologique met en évidence le fait que l'hégémonie doit être constamment remodelée et ré-établie dans le tourbillon du mouvement de développement constant du capitalisme. Bien que nous puissions identifier certaines lignes directrices centrales de la philosophie bourgeoise ayant persisté à travers les temps, le fait est qu'il n'y a pas d'idéologie dominante immuable et figée dispensée aux masses par l'appareil idéologique d’État ; mais au contraire des discours constamment changeants, forgés et reforgés en fonctions des nécessités auxquelles la classe dominante fait face.

    Ceci a permis, de manière croissante, d'incorporer des "contestations" de l'ordre bourgeois au cœur même de l'exercice de son hégémonie ; ainsi par exemple, la révolte culturelle des années 1960 aux États-Unis a pu être largement cooptée et incorporée dans la culture dominante capitaliste [à ce sujet lire ici : analyse-retrospective-historique-fascisme-anti-politique et suivre les liens].

    Ou encore, dans leur excellent ouvrage sur l'histoire du Black Panther Party, Joshua Bloom et Waldo Martin expliquent que les concessions de la classe dominante blanche ont été en réalité bien plus fatales aux Panthers que la répression. Tandis que des départements de Black Studies étaient créés dans toutes les universités des États-Unis, que le développement de la discrimination positive, les emplois publics et l'augmentation des élus noirs donnaient aux classes moyennes noires un plus grand accès à des positions de pouvoir au début des années 1970 (sous Nixon, rien de moins !), les Panthers perdaient peu à peu leurs alliés de classe moyenne en même temps que leur appui de masse. Là où la répression avait échoué à les détruire, et leur avait en fait au contraire donné plus de stature que jamais, les concessions et la cooptation ont fonctionné [ce que, concrètement, Derbent appelle "enfoncer ses tentacules dans le corps social", alors que la répression exacerbée signifie en fait les en retirer, et "s'installer en position d'assiégé"]

    Beaucoup d'entre nous ont ainsi pu voir dans cette capacité grandissante du capitalisme à intégrer ses contestataires dans son hégémonie, le synonyme d'une impuissance de toute opposition à lui. Cette vision unilatérale, borgne, généralement exclusivement focalisée sur les classes moyennes qui sont beaucoup plus susceptibles de bénéficier de concessions et cooptations, échoue à considérer l'autre aspect de la contradiction : que c'est précisément parce que l'hégémonie bourgeoise doit être perpétuellement remodelée, qu'existent pour les communistes des fenêtres de tir pour conquérir des positions de combat dans ses institutions idéologiques. En réalité, c'est à ces croisées des chemins où les contenus et les formes de l'hégémonie doivent être ré-établies que la forteresse idéologique du système est la plus pénétrable. Il est intéressant de remarquer ici que la période durant laquelle le Sentier prépare, lance et étend sa Guerre populaire dans les années 1970 et 80 correspond en grande partie à des gouvernements de gauche [junte de Velasco, présidence d'Alan García] mettant en œuvre des réformes sociales [autrement dit, une période où le "système" péruvien était dans un processus de réformes, modernisation, refondation profonde].

    Gramsci & Gonzalo : Considérations sur la conquête de positions de combat dans l'antre même de l'hégémonie

    Deuxièmement, et en rapport avec ce précédent point : c'est lorsque l'anarchie du capital et les tentatives de la classe dominante de restructurer la société placent des secteurs entiers des masses populaires dans des états transitoires au regard de leur position sociale, que les conditions sont souvent les plus propices pour que ces secteurs soient réceptifs à une contre-hégémonie idéologique communiste. À l'Université de Huamanga, de jeunes paysans étaient conduits à espérer un meilleur avenir grâce à l'éducation, mais les réalités des rapports sociaux capitalistes [racistes et coloniaux au Pérou, NDLR] conduisaient ces espérances à être déçues. Néanmoins, l'expérience universitaire devait modifier profondément leur position sociale, sinon de classe, et leur perspective, offrant à l'idéologie communiste une opportunité des les gagner à elle. De même, les plus puissantes bases urbaines de soutien au Parti se trouvaient parmi les occupants des bidonvilles, qui étaient pour la plus grande part des paysans de la périphérie engagés dans un processus de prolétarisation et d'urbanisation, avec son lot de misère et de déshérence. C'est précisément dans ces états transitoires que le Sentier a pu trouver la plus grande réceptivité à sa propagande. La politologue Cynthia McClintoch a ainsi pu déclarer que :

    Les militants types du Sentier Lumineux sont des fils ou filles de paysans des montagnes, parmi les premiers membres de leurs familles à terminer l'école secondaire et éventuellement accéder à l'université ; voyant ensuite leurs espoirs bloqués et frustrés par les inégalités de la société péruvienne, et mal à l'aise aussi bien dans le monde traditionnel andin de leurs parents que dans le monde urbain occidentalisé.

    Périodiquement, ces deux facteurs combinés comme ils l'étaient au Pérou produisent un cocktail hautement explosif que les classes dominantes peinent à contrôler. C'est de ce type de situations que les communistes doivent activement chercher, par un long et patient travail politique, à tirer avantage.

    Troisièmement, les efforts pour utiliser l'appareil idéologique bourgeois au service de l'accumulation de forces révolutionnaires ne peuvent pas être couronnés de succès s'ils sont déployés par des individus isolés, mais doivent au contraire s'inscrire dans une stratégie globale sous direction communiste, stratégiquement et tactiquement connectée à la construction du facteur subjectif pour prendre le pouvoir politique. Nombreuses ont été les tentatives infructueuses, de la part d'intellectuels radicaux, d'utiliser leurs positions institutionnelles à l'université afin de fabriquer leur propre conception de l'intellectuel organique* à partir de leurs étudiants de classes populaires. Le Birmingham Center for Cultural Studies a été l'une de ces tentatives, et si le matériel scientifique et les analyses qu'il a produits sont de haute qualité et peuvent avoir un certain impact positif sur les étudiants universitaires, sa déconnexion de toute stratégie et organisation révolutionnaire rend sa contestation de l'ordre capitaliste négligeable. De manière générale, de nombreux activistes radicaux et révolutionnaires aux États-Unis se sont tournés, au cours des dernières décennies, vers des activités culturelles et éducatives dans les communautés opprimées. Eussent ces activités été menées dans le but de servir la construction d'une organisation révolutionnaire et non comme fin en soi, et assumé l'antagonisme avec l’État bourgeois, elles auraient pu donner quelque chose de qualitativement très différent ; mais en restant comme elles le sont engoncées dans le présent, elles n'ont représenté en définitive qu'un repli sur le réformisme.

    Faute de s'inscrire dans une stratégie révolutionnaire globale, et de connexion des personnes impliquées avec une avant-garde communiste et (surtout) les larges masses populaires qui forment la colonne vertébrale de toute révolution, toute tentative de pénétrer au cœur de la forteresse idéologique dominante est vouée à l'échec.

    Le travail du Sentier à l'Université de Huamanga a toujours été considéré comme un moyen pour une fin ; laquelle n'a jamais été de conserver des positions d'enseignement ou administratives ou de maintenir les opprimés dans les étroites limites du présent, mais d'utiliser ces positions pour recruter des cadres et grâce à eux organiser la base de masse nécessaire pour lancer la Guerre populaire.

    Infiltrer l'appareil idéologique de la bourgeoisie nécessite une perspective prolongée et un dévouement militant qui se focalise sur les contradictions organiques (structurelles) et non simplement sur de l'agitation et de la construction mouvementiste, ou le déplacement de forces d'une situation conjoncturelle à une autre.

    Ceci implique une reconfiguration de la stratégie, des tactiques, et du déploiement concret des communistes comme point de départ d'un nouveau MCI post-contre-révolution en Chine.

    Gramsci & Gonzalo : Considérations sur la conquête de positions de combat dans l'antre même de l'hégémonie

    * Par intellectuels organiques, Gramsci faisait clairement référence aux masses populaires formées au marxisme et organisées par une avant-garde communiste, et non à quelque fantasme petit-bourgeois d'"opprimé.E.s" sans direction ni organisation indépendante finissant incorporés comme éléments oppositionnels dans les institutions bourgeoises. Gramsci prônait également une plus profonde formation des communistes, y compris et surtout de la base de masse, afin de pouvoir tenir la barre du processus révolutionnaire de transformation de la société.

    Lire aussi :

    http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/gramsci-et-la-theorie-de-la-guerre-populaire-en-pays-capitaliste-tres-1ere-part

    http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/gramsci-et-la-theorie-de-la-guerre-populaire-en-pays-capitaliste-tres-2e-part

    http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/encore-une-fois-sur-la-question-de-gramsci-de-ses-theses-societe-civil-a139371192


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  • (bon, Fourest n'est pas au Kurdistan, mais au Maroc sur le tournage de son film sur Rojava dont nous avons déjà parlé...)

    Impérialisme "progressiste"... ou même pas


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  • ... et on risque de l'attendre longtemps.

    Catalogne : Manifestation en soutien à un membre des CDR

    Dimanche 10 juin, une manifestation, d’environ 1000 personnes, s’est tenue en soutien à Adri à Esplugues de Llobregat. Il s’agit d’un membre du CDR local accusé de crimes de sédition, de rébellion et d’appartenance à un groupe terroriste. Il est sous le coup d’un mandat d’arrêt et est en fuite depuis deux mois. Les manifestants exigeaient qu’il puisse rentrer chez lui et dénonçaient plus généralement la répression policière et judiciaire de l’Etat espagnol.

    Les CDR (comité de défense de la république) sont des assemblées de quartier formés initialement pour défendre la tenue d’un référendum d’autodétermination interdit du 1er octobre. Ils mènent depuis des actions pour défendre l’indépendance de la Catalogne et contre la répression menée par l’état espagnol.

    Catalogne - État espagnol : tout change pour que rien ne change ; on attend toujours la fin de la répression...

    Manifestation en soutien à Adri, membre des CDR
     

    Espagne : Le nouveau ministre de l’intérieur a couvert la torture

    Le nouveau ministre de l’Intérieur, le juge Fernando Grande-Marlaska, est un magistrat contesté. Il s’est distingué dans plusieurs opérations dites "anti-terroristes" ces dernières années en refusant d’enquêter sur des plaintes de mauvais traitements ou encore de torture. Mardi dernier, un nouveau procès contre Inaki Zapirain, Beatriz Etxebarria et Saioa Sanchez démarrait suite à l’annulation de leur condamnation. Une annulation en raison de la non-prise en compte des dénonciations de torture des trois accusés. B. Etxebarria avait pourtant révélé avoir été violée durant sa détention. Le juge Grande-Marlaska était en charge de l’affaire à l’époque. Il n’en avait pas tenu compte et n’avait pas jugé nécessaire d’ouvrir une enquête.

    Trois ans auparavant, ce même magistrat avait fait la sourde oreille aux accusations de torture d’Igor Portu et Mattin Sarasola. Dans ce cas là, le Tribunal de Strasbourg avait pourtant condamné l’Etat espagnol pour "traitement inhumain". En 2013, le Comité européen pour la prévention de la torture avait souligné dans son rapport qu’il était "surprenant" que toutes les détentions en isolement réalisées durant les cinq mois d’étude "aient été autorisées par un juge qui ne respectait aucune des garanties contre la torture". Il s’agissait encore une fois du juge Grande Marlaska.


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  • "Les enjeux économiques et géostratégiques du Moyen-Orient font de la #résistancepalestinienne une centralité des luttes populaires mondiales. L'avenir et l'émancipation des peuples se joue en partie importante en #Palestine comme il se jouait hier en Afrique du Sud."

    [Lire ou relire : petites-considerations-sur-le-sionisme-et-l-identification-'obsession'-palestinle-probleme-avec-la-palestine et sionisme-gaza-ete-2014]

    Et puis sinon, on peut aussi oser le trigger total et dire que parler de "soutien PRIVILÉGIÉ aux communistes / queers / féministes palestinien.ne.s", alors que des jeunes barbus conservateurs qui prient 5 fois par jour et des femmes en jilbeb des pieds à la tête (parfois même de gauche d'ailleurs, comme Razan an-Najjar) sont tout autant sinon plus transpercé-e-s par les balles ; ça mérite une balle de sniper justement, ou de passer sous les chenilles d'un Merkava, en tout cas 4 murs c'est déjà 3 de trop, LOL !

    [Lire : angles-morts-extreme-gauche-blanche - sur-la-question-de-l-imperialisme-progressiste - la-mise-a-mort-de-linternationalisme-proletarien-humanitarisme-ong-etc] 

    Finalement c'est un peu comme Marlène Schiappa : elle est pour le libre choix hein, y compris de porter le voile plutôt que d'être queer ; mais comme elle elle est pas trop d'accord, et qu'elle préfère le shampooing blanc qui dégouline partout sur son corps, eh ben si ton choix elle le sent pas vraiment vraiment libre elle va t'aider à te dévoiler... http://ekladata.com/v6Ve9plSnwCqYZK6wxk0ftjpj2I.jpg


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  • Si l'on analyse les choses à la lumière de ce que nous dit Derbent :

    - Le fascisme selon la définition de Dimitrov, forme de gouvernement où la bourgeoisie assume ouvertement la terreur contre-révolutionnaire, correspondrait plutôt à une "installation (du Pouvoir bourgeois) en position d'assiégé" ; et donc, en dépit de l'atrocité de la situation pour les révolutionnaires et tous ceux que le fascisme condamne à mort simplement pour ce qu'ils sont (races "inférieures", homosexuel-le-s etc.), un signe que sa fin est proche.

    - Selon la définition de Gonzalo en revanche, "corporatisme" et propagation dans les masses d'une idéologie d'"intérêt commun" Capital-Travail, il serait au contraire un "enfoncement" profond des "tentacules" du capitalisme "dans le corps social".

    Peut-être, si l'on veut aller encore plus loin, que :

    1°/ Pour parler réellement de fascisme, il faut les DEUX aspects – si l'on a que le premier, on a la Terreur blanche "classique" de Thiers écrasant les Communes (1871) et du "Gouvernement de l'Ordre" des années qui ont suivi ; aspect principal (également) du franquisme (le Régime de 78, par contre, serait un archétype de "fascisme moderne" alliant "avec mesure" l'un et l'autre), des régimes d'Europe de l'Est dans l'entre-deux-guerres ou des régimes militaires sud-américains des années 1960-70-80 ; et si l'on a (en revanche) que le second cela s'appelle le réformisme bourgeois, la social-démocratie, le travaillisme, le New Deal keynésien (caractérisation erronée comme "fascistes" des régimes "bolivariens" par les maoïstes "gonzalistes" d'Amérique latine) ; le "modèle" absolu de conjonction des deux au 20e siècle étant le nazisme (ultra-meurtrier, génocidaire, mais soutenu par la majorité des Allemand-e-s, y compris anciens électeurs socedems voire communistes, qui n'y trouvaient rien à redire tant qu'il y avait le plein emploi et que la richesse affluait des pays conquis) ; tandis qu'aujourd'hui par contre, en Occident, on aurait une sorte de "fascisme moderne" de contre-révolution préventive où le premier aspect est "là", "prêt dans les tiroirs" mais utilisé seulement à la mesure de la menace "subversive" qui est faible, et le second est absolument TOTAL au service de l'accompagnement des "nécessaires adaptations" du capitalisme à la crise générale (contraire absolu des politiques "progressistes" sociales du siècle dernier, de sortie de la précédente crise) ;

    2°/ En se focalisant sur le PREMIER aspect, l'Internationale communiste de Dimitrov a peut-être tendu à perdre de vue le second (y compris dans sa version réformiste bourgeoise non- ou faiblement terroriste), à penser le capitalisme mondial "en position d'assiégé" et donc la victoire du mouvement communiste (trop) proche ; sans voir le "corporatisme" injecté, les "tentacules" capitalistes profondément enfoncés dans la "société civile", notamment dans la "Forteresse Occident" que le mouvement communiste de l'époque n'aura jamais réussi à prendre. Ce qui fera dire à Pasolini, devant la société de consommation du début des années 1970, qu'il y avait là un "fascisme" finalement bien plus puissant dans l'uniformisation et l'aliénation volontaire des masses vis-à-vis du Pouvoir que celui de Mussolini qu'il avait connu enfant et adolescent...

                        En fin de compte (sur la question du #Fascisme)En fin de compte (sur la question du #Fascisme)


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  • Il y a une question qui mérite qu'on s'y penche, c'est "vive la Palestine sans l'antisionisme".

    Lorsque des dizaines, centaines voire milliers de Palestiniens sont massacrés, il est à la portée de beaucoup de monde de trouver que c'est horrible, et de dénoncer l'odieux comportement d'Israël.

    Mais il n'en reste pas moins que la mobilisation antisioniste arabe/musulmane/non-blanche est toujours vue comme aussi "problématique"...

    En fait, beaucoup aimeraient pouvoir s'indigner du sort des Palestiniens "tranquilles", sans avoir affaire à ça. Dénoncer les crimes contre l'humanité, le colonialisme, l'impérialisme, tout ce qu'on voudra, mais que tout reste bien sous contrôle... gauchiste blanc.

    "Vive la Palestine sans l'antisionisme"

    Souvenir de 2014 : Ils ont semé la hoggra, ils ont récolté l'Intifada !

    Relire notre dossier de l'époque : http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/sionisme-gaza-ete-2014-a137388228

    Et sur le "rojavo-pro-palestinisme" : http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/le-neo-menchevisme-ocalaniste-et-rojaviste-et-la-question-de-la-palest-a144731940


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  • Nous pensons que le fait de parler, pour une nation opprimée, de nationalisme "inclusif" est encore une façon de passer sous les Fourches Caudines du "progressisme au service de l'Ordre" de la "Fin de l'Histoire", par lequel l'impérialisme cherche à "nazifier" tout ce qui représente un défi pour lui (mais ce n'est, il faut le dire, pas étonnant de la part du Sinn Féin vu le tour réformiste pris par ce parti depuis les Accords de Paix des années 1990, eux-mêmes archétypes de "Fin de l'Histoire").

    Le nationalisme d'une nation opprimée n'a pas à être "inclusif", terme flou, anti-politique et profondément MORAL.

    Le nationalisme d'une nation opprimée, qui est un patriotisme révolutionnaire et la conscience de classe de son peuple ouvrier et paysan, offre en tant que tel "l'asile aux étrangers bannis de leur patrie pour la cause de la liberté" et à ceux qui sont obligés de la fuir parce qu'ils crèvent de faim, de "marronner" de ces plantations esclavagistes géantes des temps modernes comme l'explique brillamment Sadri Khiari ici : texte-excellent-rejoint-ce-que-nous-avons-toujours-dit.

    "Il le refuse aux tyrans" et à ceux qui viennent dominer, exploiter, déposséder la population.

    C'est tout... Cela n'a rien à voir avec une quelconque "inclusivité" pour montrer qu'on est "gentil" dans un monde où il ne faut plus être "méchant".

    https://www.irishnews.com/news/northernirelandnews/2018/06/06/news/dup-compared-to-european-far-right-parties-1348878/

    "Sinn Féin is a progressive, Irish republican and proud nationalist party which is committed to the establishment of a united, 32 county, Irish sovereign republic," Ms Anderson said.

    "The far-right have mutated civic nationalism into the narrow nationalism of the DUP, Golden Dawn, the AFD, Front National, Fidesz, and the English Defence League.

    "Nationalism mutates when it is mixed with regressive, socially divisive and economically discriminatory politics that are not in the interests of the nation. Sinn Féin have made it clear that the far right have no place in Ireland. Irish nationalism is progressive, outward looking and inclusive."

    Nationalisme "inclusif"


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  • La démocratie est UNE FORME de la dictature d'une classe, donc une forme possible de la dictature bourgeoise comme peut l'être l'absolutisme (déjà plus bourgeois que féodal), l'autoritarisme disons bonapartiste, ou (apparu au 20e siècle) le fascisme.

    Elle l'était déjà sous l'Antiquité esclavagiste : démocratie athénienne... pour les citoyens, soit 10% de la population contre 90% d'esclaves (ça rappelle un peu notre monde actuel avec ses démocraties libérales occidentales et ses pays dominés ou "émergents" généralement autoritaires, non ?). À côté, il y avait des monarchies despotiques totalement absolutistes, des régimes oligarchiques comme Rome etc.

    De même elle sera une forme possible de la dictature du prolétariat, mais pas la seule. La Terreur rouge en est une autre et même Trotsky pourrait en parler. Dans tous les cas, comme les démocraties DE CLASSE précédentes, elle sera la démocratie d'abord et avant tout pour une classe : le prolétariat (+ la masse paysanne pauvre là où elle existe) ; et moins pour les autres.

    Le communisme, société sans classes ni État ni exploitation, donc sans dictature de classe, ce n'est pas la démocratie... c'est le communisme (mais c'est dans plusieurs siècles en admettant que la prochaine prise de pouvoir socialiste dans un pays un peu important ait lieu d'ici 2050...).

    "Les Fronts populaires, c'était bien une défense de la démocratie bourgeoise non ?"

    Oui. Mais ça s'inscrivait (en principe, ça a certes pu dériver ensuite) dans une stratégie très précise et "guidée" ;-)

    Il y avait deux formes de dictature de la bourgeoisie, "démocratique" et fasciste ; et tendanciellement, une évolution de toutes les "démocraties" vers le fascisme.

    On "soutient" la "moins pire" des deux, celle qui laisse le plus de marge aux communistes pour travailler politiquement, contre le fascisme qui est certes un phénomène politique terrifiant, effroyable, sanguinaire pour tous les militants de la justice sociale, mais qu'il faut savoir voir aussi (dans sa définition donnée à l'époque par Dimitrov, de dictature réactionnaire terroriste ouverte) comme une "installation du Pouvoir bourgeois en position d'assiégé" (Derbent).

    Une fois le fascisme écrasé, et les pays où il régnait conquis par les communistes ou du moins sièges de mouvements communistes puissants, on "plume la volaille" "démocrate" bourgeoise ou social-démocrate (qui a l'époque, consistait encore en des "possibilistes" du mouvement ouvrier). Telle était l'idée...

    Cela n'avait rien à voir avec une défense dans l'absolu, et pour tout dire apeurée de la "démocratie" bourgeoise.

    Et il s'agissait alors d'une "démocratie" bourgeoise certes imparfaite, inexistante (déjà pour commencer) dans les colonies, un peu "utopique" en réalité, n'ayant jamais réellement existé que sur le papier ; mais PAS de la "démocratie" actuelle de CONTRE-RÉVOLUTION PRÉVENTIVE et d'association Capital-Travail ayant "digéré" (fut-ce sous une forme réformiste keynésienne) la "restructuration" fasciste du capitalisme en crise générale (lire ici et ici) ; préférant mille fois (pour défendre les intérêts du Capital) le "en même temps" macronien, l'abrutissement anti-politique et consumériste de masse et même le "progressisme au service de l'Ordre" fascisme-anti-politique-3e-part (et de la domination impérialiste ! fascisme-anti-politique-4e-part), y compris assuré par ce qu'il reste de la "social-démocratie" dans sa mutation-dégénération finale, à n'importe quel gang fasciste aussi "respectabilisé" soit-il ; ne s'y résolvant qu'après d'âpres négociations pour sauver le dogme économique néolibéral comme récemment en Italie italie-flashnews...

    Telle que nous l'avons aujourd'hui, nous obligeant FORCÉMENT à repenser certains schémas !


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  • (il faut dire que son pote Pedro a réussi son petit coup de maître parlementaire, et va maintenant à tous les coups chercher à capitaliser politiquement sur la "détente"...)

    Vu sur Internet :

    "Nous sommes solidaires du Peuple catalan dans sa lutte ; et comme nous l'avons dit explicitement, de TOUS ET TOUTES les réprimé-e-s là-bas quelle que soit leur appartenance politique.

    Mais nous sommes, aussi... "Français", des Peuples de l’État dénommé "France".

    Hollande, NOUS L'AVONS EU PENDANT 5 ANS, et nous avons maintenant celui qui a été l'un de ses plus proches conseillers à l’Élysée, puis son Ministre de l’Économie.

    Nul, en Catalogne ou ailleurs, s'intéressant un peu à l'actualité du moins, n'ignore sans doute les grandes luttes sociales qui ont eu lieu contre la Loi Travail en 2016 sous sa présidence, et maintenant contre la politique de son successeur et ex-ministre Macron.

    Une politique assez éloignée, il faut le dire, du type de mesures adoptées ces dernières années par le Parlement catalan et invalidées par le Tribunal constitutionnel espagnoliste : JqqAJ2Ic.png (attisant ainsi encore et encore la soif d'indépendance).

    D'autre part, il faut rappeler que l’État français ce ne sont pas seulement les Peuples de la "métropole" bien connus de nos camarades catalans (Catalans du Nord déjà, et Bretons, Basques, Occitans, Corses, Alsaciens etc.), mais aussi une dizaine de véritables colonies dites d'"outre-mer" ("DROM-COM") et la moitié d'un continent, l'Afrique, où les pays ne sont "indépendants" que de nom, les présidents des présidents de conseil départemental et les ambassadeurs de France des préfets.

    Une moitié de continent où Hollande a mené sous sa présidence deux "opérations de police", au Mali et en Centrafrique ; la première plutôt bien accueillie dans une moitié du pays mais disons "moins" dans l'autre intervention-imperialiste-francafricaine-au-mali ; la seconde voyant s'initier un début de massacres de masse contre la minorité musulmane "associée" à la formation politique chassée du pouvoir vers-un-nouveau-genocide-francais-en-centrafrique.

    Il a par ailleurs poursuivi l'engagement militaire tricolore dans l'occupation impérialiste de l'Afghanistan ; systématiquement appuyé le droit d'Israël à "se défendre" (massacrer les Palestiniens) et fait réprimer les mobilisations de solidarité en 2014 sionisme-gaza-ete-2014 (le Parti socialiste est peut-être celui où Israël compte le PLUS d'ardents défenseurs ! on pourrait citer à ce titre un certain Manuel V., désormais candidat Ciutadans à la mairie de Barcelone...) ; et lancé à partir de la même année l'engagement militaire impérialiste en Irak et en Syrie (reprise de Mossoul en Irak : 10.000 victimes civiles au moins, bataille de l'Euphrate-Raqqa en Syrie : au moins 3.500 ou 4.000 - voir ici aussi), tout en proclamant l'état d'urgence et faisant perquisitionner plusieurs milliers de familles pour le seul fait d'être musulmanes (quelques dizaines seulement de ces perquisitions ont permis de découvrir des éléments un tant soit peu répréhensibles).

    Tant mieux pour lui si, à la manière d'un Jimmy Carter, il se découvre une fois quitté le pouvoir une vocation de grand défenseur international de la démocratie et des peuples ; alors que sous sa présidence... voilà quoi.

    MAIS NOUS, nous ne nous associerons pas à son entreprise de com' à ce niveau-là. C'est ainsi. Ce n'est pas du sectarisme politique, mais de la fidélité à soi-même ; condition nécessaire pour servir loyalement les autres.

    De même que, solidaires de Carles Puigdemont condamné à l'exil politique par le néofranquisme, et souhaitant l'"effacement de la page du temps" du scélérat 155 et donc son retour à la Présidence de la Generalitat, nous nous réservons néanmoins le droit d'exprimer notre désaccord lorsqu'il salue les 70 ans de "l'indépendance" d'Israël, en réalité déportation des 3/4 d'un Peuple et confiscation de sa terre.

    Le plus cocasse, qui arrivera sans doute connaissant les réseaux sociaux, serait que nous nous voyions traiter de "staliniens"... alors que tout ce que l'on place généralement sous cet épithète, suivi aveugle de "sauveurs suprêmes", langue de bois et absence d'esprit critique, est précisément tout ce que nous refusons ; sur cette page comme ailleurs, tout en restant dans les limites du respect, comme il se doit dans la solidarité internationale, des choix de lutte du Peuple catalan que nous soutenons et de ses choix de chefs de file."

    Quand Hollande nous fait son petit show de "solidarité" avec la Catalogne

    [À noter que les groupes de solidarité avec la Catalogne qui relayent et font de la pub à ce genre de choses, sont eux-mêmes relayés posts-1923471067704590 (bon, ce coup-là avec Hollande ils n'ont pas osé, certes, quand même) par les menchéviks des temps modernes dont il a beaucoup été question au sujet de Rojava... Comme c'est étrange !!]


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  • Oui, il est effectivement possible que le "dialogue" se renoue. Qu'une forme de nouveau pujolisme renégocie et rénove le "Pacte" de 1978 de la bourgeoisie catalane avec Madrid, ce qui avait déjà été tenté au milieu des années 2000 avec le nouvel Estatut.

    Une bourgeoisie catalane qui n'a en vérité agi ces dernières années pour la Souveraineté que poussée au derrière, un peu par ERC mais surtout par les organisations populaires de base comme la CUP, l'ANC et maintenant (depuis la Déclaration Unilatérale d'Indépendance et la proclamation de la République) par les CDR.

    Un Estatut de 2006 dont la mutilation totale par le Tribunal constitutionnel madrilène, conjointement avec la crise économique qui éclatait alors, avait largement contribué à lancer le Procés ; et dont le retour sous sa forme initiale (mais comment, puisque le Tribunal constitutionnel a AUSSI et TOUJOURS des juges nommés par le PP ?) pourrait peut-être "dégonfler" le soutien à l'indépendance de la moitié de la population au tiers, voire moins.

    Oui... jusqu'à la prochaine crise, et au nouveau durcissement fasciste de l’État qu'elle entraînera. Ne nous leurrons pas : on sait ce que vaut, aujourd'hui en Europe, la politique de quoi que ce soit qui porte l'étiquette "socialiste" ; notre État français en a fait l'expérience pendant 5 ans et vit maintenant sous la botte de l'un des plus éminents anciens ministres de cette politique ; et de toute façon (et de surcroît), Sanchez dans son alliance équilibriste avec Podemos en a maximum pour 2 ans (s'il n'y a pas d'élections anticipées)... avant un très probable raz-de-marée orange de Ciudadanos.

    Et sera-t-il simplement possible de faire comme si presque 10 ans d'histoire catalane n'avaient jamais existé ?

    Toutes ces années de mobilisations populaires, de luttes, d'école permanente de participation démocratique à la base ; pour des millions des travailleurs et travailleuses, de jeunes et de retraités, de Catalans de souche aussi séculaire que les chênes verts d'Osona... comme issus de l'immigration ibérique de l'époque franquiste et maintenant latino-américaine, maghrébine, africaine ou européenne de l'Est ; non pas simplement pour une Catalogne indépendante "pour une Catalogne indépendante", mais bien souvent (dans cette mobilisation populaire) CONTRE l'agent, le gendarme péninsulaire de la "mondialisation" néolibérale laminant les conditions de vie du Peuple travailleur, que représente le Pouvoir de Madrid ; POUR un autre modèle de société ; TOUT CECI permettra-t-il que "passe" aussi simplement que cela un éventuel "deal" opportuniste au sommet, dans les "hautes sphères", et dans le seul intérêt d'une petite minorité ?

    L'avenir nous le dira...

    http://www.liberation.fr/planete/2018/06/03/avec-pedro-sanchez-l-heure-du-degel-de-la-crise-catalane-a-t-elle-sonne_1656298

    http://www.lepoint.fr/europe/catalogne-torra-prete-serment-et-interpelle-sanchez-02-06-2018-2223574_2626.php

     

    Le nouveau Premier ministre socialiste et les sécessionnistes pourraient…
    liberation.fr
     
     

    "Tout changer pour que rien ne change"...

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  • Aníbal Quijano, qui vient de s'éteindre à 90 ans, a été un grand théoricien anticolonialiste et anti-impérialiste dans la lignée de Mariátegui, dont la sincérité n'est pas à mettre en doute ; mais qui n'a malheureusement pas su assumer ce que devait être la forme de la destruction de la colonialité du pouvoir qu'il dénonçait, c'est à dire, la forme qu'elle a prise dans son propre pays au cours des années 1980 et 1990 : la Guerre populaire guerre-populaire-au-perou.

    Son modèle se situait plutôt du côté de la politique menée en Bolivie depuis 2006 par Evo Morales ("expression la plus claire d’une crise de la colonialité du pouvoir"), dont on sait aujourd'hui, au bout de 12 ans, qu'elle est à la libération indigène anticoloniale ce que la social-démocratie est à la révolution socialiste retour-situation-amerique-du-sud ; une "sortie pacifique de la colonialité" en quelque sorte, colonialité qui est un système de domination et d'exploitation... or l'on sait, scientifiquement, que l'on ne sort pacifiquement d'AUCUN système de domination d'une classe/position sociale sur une autre (on peut lire à ce sujet le leader indigène historique Felipe Quispe : bolivie-felipe-quispe-le-dernier-mallku).

    Disons qu'il a été L'INTELLECTUEL qui a un peu prolongé, développé, mais surtout réussi à FAIRE PASSER Mariátegui (le "Gramsci de l'Amérique du Sud") dans les hautes sphères universitaires du continent et d'Occident, où en tant que coco il n'était forcément pas trop le bienvenu de prime abord... Mais ceci, au prix de cela : mettre en avant une "rupture" pacifique, syndicaliste et électorale avec le Pouvoir colonial dénoncé ; et non RÉVOLUTIONNAIRE par la Guerre du Peuple, contrairement à Gonzalo et au PCP ; autrement dit donc, un prolongement réformiste de Mariátegui comme Gramsci en a lui aussi connu des dizaines d'exemples. C'est dommage, car sur l'analyse c'est une œuvre tout à fait admirable.

    #Quijano

    https://www.cairn.info/revue-mouvements-2007-3-page-111.html

    https://www.cairn.info/revue-multitudes-2008-4-page-97.htm

    http://indigenes-republique.fr/race-colonialite-et-eurocentrisme/


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  • (Secours Rouge) Communique-du-FDLP-sur-la-mort-de-Razan-An-Najjar

    Le Front Démocratique pour la Libération de la Palestine a publié le 1er juin, à Gaza, une déclaration suite à l’assassinat vendredi de l’infirmière Razan An-Najjar (voir notre article) :

    Le FDLP annonce la mort de sa martyre, l’héroïque camarade Ashraf Razan An-Najjar, membre de l’Union des Comités de Travail féminin - Union des Femmes du Front Démocratique- qui a été tuée en accomplissant sa tâche humanitaire et nationale, en portant secours aux blessés dans la Marche du Retour du vendredi "De Gaza à Haïfa, le même sang et la même destination". Le FDLP salue le rôle noble et humanitaire joué par la martyre Razan qui participait régulièrement aux Marches pour le retour et la fin du blocus, semaine après semaine, au service de notre peuple, en assistant les blessés. Il affirme que le sang de sa camarade Razan témoigne du terrorisme de l’État occupant israélien et de son agression permanente contre notre peuple. Il salue également et loue les masses fidèles de notre peuple qui ont participé massivement à la dixième Marche du retour vendredi, et estime que cette participation confirme sa détermination à faire face à la politique d’occupation, à se battre pour le retour et la fin du blocus. Il a appelé les organisations internationales dédiées à la défense des droits humains à documenter l’assassinat de sang-froid de la martyr Razan de la part des forces de l’occupation israélienne, alors qu’elle aidait les blessés avec son collègues des Comités médicaux.

      À jamais une héroïneÀ jamais une héroïne


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  • La phrase d'un camarade il y a quelques jours : "L'UE absout, à tout le moins, les politiques racistes et discriminatoires les plus effroyables (cela on s'en rend compte en effet, des eaux de Lampedusa aux torrents glacés du Briançonnais...), mais elle ne tolère pas qu'on remette en cause la loi d'airain de son dogme économique" ; vient de prendre terriblement tout son sens.

    Paolo Savona, l'économiste anti-euro, n'est plus au Ministère des Finances de la nouvelle proposition de gouvernement de Giuseppe Conte, appuyé par les populistes fascisants du M5S et les fascistes indiscutables de la Ligue (ex- "du Nord"). Cette proposition est donc validée par le Président de la République.

    L'Italie aura donc un gouvernement populiste de droite radicale qui, le "pacte de stabilité budgétaire" et la "crédibilité du pays sur les marchés financiers" étant saufs, pourra tranquillement jouer son rôle de "plus longue matraque" dressée au-dessus des têtes du prolétariat et des affamés du Tiers Monde semi-colonial venus chercher quelques miettes de ce qu'on a volé à leurs pays en Europe impérialiste (après tout, rien de "nouveau" sinon d'un point de vue très français avec notre "cordon sanitaire" entre droite et FN : la Ligue a déjà été de tous les gouvernements Berlusconi, et à des postes importants ; et des formations similaires comme l'UDC suisse, le FPÖ autrichien - "pionnier" du genre en l'an 2000, l'Autriche se retrouvant à l'époque "suspendue" de l'Union européenne... pour quelques mois - ou le Parti du Peuple danois ont déjà participé à des gouvernements de coalition)... 

    http://www.liberation.fr/amphtml/planete/2018/06/01/l-italie-a-un-gouvernement-eurosceptique-et-tres-a-droite_1655834

    Notre analyse au moment du "blocage" (il y a quelques jours) reste cependant totalement valable pour comprendre, expliquer et combattre le fascisme du 21e siècle :

    http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/petite-revue-de-presse-sur-la-situation-actuelle-28-05-2018-a144840230

    http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/la-situation-en-italie-confronte-la-ligne-du-n-pci-au-mur-de-la-realit-a144861312


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  • Le (n)PCI est probablement l'organisation qui a développé à ce jour la "Pensée" la plus aboutie sur l’État italien dans lequel il lutte ; analyse que nous avons reprise intégralement dans cet article : etat-bourgeois-contemporain-questions-nationales-et-luttes-de-classe-l-italie

    Il est également l'organisation qui s'est, selon nous, le plus sérieusement penchée sur la question de la Guerre populaire dans un pays européen en termes de MISE EN ŒUVRE CONCRÈTE, ce sans quoi la notion reste un pur slogan : gramsci-et-la-theorie-de-la-guerre-populaire-en-pays-capitaliste-tres-avance-1ere-partie et 2e partie ; en faisant le lien, indispensable à notre sens, entre la désormais reconnue universalité MLM de la Guerre populaire comme stratégie révolutionnaire du prolétariat et la pensée de Gramsci, "transmission" (selon nous) du léninisme en Europe occidentale sur-la-question-de-gramsci-de-ses-theses-societe-civile.

    Pour ce que l'on peut qualifier d'étape "zéro", "préparatoire" de cette Guerre populaire, il a établi un Plan Général de Travail que nous pouvons également dans une très large mesure faire nôtre : plan-general-de-travail-n-pci

    LE PROBLÈME c'est qu'un "front" de travail de masse de ce Plan Général (le 2e), tout à fait correct en tant que tel, celui d'"intervenir" ("faire irruption") dans le "spectacle" des périodes électorales de la "démocratie" bourgeoise (piliers de la "société civile") pour ne pas laisser la seule bourgeoisie mobiliser les masses populaires dans ces périodes, a pris une importance totalement disproportionnée ; la constitution et la victoire électorale d'un "Bloc populaire" devenant littéralement en soi une "attaque au cœur de l’État" susceptible de faire ensuite "aller les choses très vite" ; et que l'on est ainsi passé progressivement mais assez rapidement, en quelques années, de candidatures (locales) de "Bloc populaire" générées par le Parti à (une nouvelle loi durcissant les conditions pour se présenter)... un soutien à des candidatures "gauche de gauche" (Refondation "communiste" à Massa, Giuliano Pisapia l'ex-avocat d'Öcalan à Milan, le procureur "de gauche" anti-corruption De Magistris à Naples), puis carrément... une espèce de fascination totalement irrationnelle pour le Mouvement populiste 5 Étoiles (M5S) de Beppe Grillo, envers et contre toutes les droitisations radicales (sur l'immigration, les minorités sexuelles, les syndicats etc.) de son discours.

    À présent, cette ligne politique se trouve confrontée au "mur du réel" puisque le M5S, premier parti du pays au Parlement, en alliance avec... la Ligue (Lega) d'ultra-droite raciste et poujadiste (que le (n)PCI a en principe toujours combattue comme tous les "ballons d'essai de fascisme") et derrière elle ni plus ni moins que Berlusconi (!!), s'est trouvé en position de former un gouvernement ; avant que (certes) le Président de la République n'y oppose son veto et ne nomme un "technocrate" pour expédier les affaires courantes en attendant de faire re- (et si possible "bien") voter le bon peuple : petite-revue-de-presse.

    Les faits sont là : la théorie était que "face à la crise", la "mobilisation populaire" (vote "anti-système" massif) pousserait les "sommets" dudit système à "accepter la formation" d'un tel "Gouvernement de Bloc populaire" ; ensuite de quoi les dits "sommets" se réorganiseraient, prépareraient leur contre-offensive et (rapidement) "descendraient sur le terrain de la guerre civile" qui permettrait, en la gagnant, d'instaurer le socialisme. Or, ce que l'on constate c'est que 1°/ d'abord, de "Bloc populaire" "de gauche" (au sens, disons, d'un minimum de lien avec l'histoire et les valeurs historiques du mouvement ouvrier et prolétaire rural) il n'y a pas l'ombre du bout de la queue (la formation la plus "à gauche", niveau Hamon disons, Libres et Égaux de Pietro Grasso, ne récolte que 14 députés et 4 sénateurs...), et 2°/ ensuite, le "Bloc populaire" comme bien réelle expression de "l'Italie d'en bas", mais sur une ligne populo-fasciste, se voit tout bonnement fermer les portes du pouvoir (loin de "sommets" "forcés à accepter" quoi que ce soit) par le simple exercice des pouvoirs constitutionnels du Président (garant des traités internationaux et européens) et en réponse grogne, fulmine, mais ne prépare aucune sorte de soulèvement populaire généralisé susceptible d'entraîner une "rupture révolutionnaire" vers le socialisme ; tout juste capable qu'il est de commettre des attentats racistes sur des immigrés sans défense comme à Macerata fusillade-raciste-de-macerata-ligue-du-nord.

    EN RÉALITÉ, ce crash politique ne prend pas seulement racine dans la disproportion (prise au fil des années) du 2e front "irruption dans le spectacle de la démocratie parlementaire bourgeoise" du PGT, mais aussi et surtout (de manière certes liée) dans une erreur d'analyse, une erreur de "Pensée" du Parti au sujet du "Système Italie" : le (n)PCI donne en effet une importance exagérée au rôle de l’Église catholique et autres résidus de féodalité dans l’État et le système capitaliste italien, faisant littéralement de celui-ci ("République pontificale") un État pontifical déguisé, qui serait de surcroît une pure "courroie de transmission" des grandes puissances impérialistes comme les États-Unis ou l'Allemagne.

    Il est vrai que le Vatican, qui n'est pas seulement des prêtres faisant des sermons, mais une puissance financière considérable, joue un rôle important dans l’État italien où se trouve son siège (sous la forme d'un micro-État au centre de Rome). Il est tout aussi vrai, et correctement analysé, que l'Italie est un État de révolution bourgeoise tardive et donc inachevée, où la bourgeoisie a plus composé avec la féodalité qu'elle ne l'a réellement combattue et brisée, notamment dans le Sud (où ce fait sous-tend le phénomène des mafias) ; comme en fait dans toute l'Europe du Sud, mais l'on pourrait aussi, si on analyse la féodalité au regard de la structure de la propriété foncière, regarder du côté... des Îles Britanniques, pourtant terres de révolution bourgeoise (là) particulièrement précoce (17e siècle) grande-bretagne-grande-propriete !

    Et il est vrai que pour toutes ces raisons, comme (déjà) analysé par les marxistes des années 1910 ou 1920, l'Italie est un "petit impérialisme mendiant" ou "en haillons", faible et tard-venu dans le partage impérialiste de la planète, et tendant à se "vassaliser" à des impérialismes plus puissants pour se faire sa petite "place au soleil" : à la remorque des Alliés franco-britanniques durant la Première Guerre mondiale, puis de l'Allemagne nazie à partir de 1935 et pendant la Seconde, puis des États-Unis et des grandes puissances de l'OTAN ensuite, durant la Guerre froide, et "à la botte" de l'axe France-Allemagne dans la construction impérialiste européenne. Vaincue (écrasée) militairement en 1945, il est au demeurant logique qu'elle se soit longtemps retrouvée vis-à-vis des vainqueurs dans une situation de "souveraineté limitée", tout comme l'Allemagne et le Japon (à l'économie pourtant beaucoup plus puissante) ; situation dont ces deux derniers ne sortent tout doucement que depuis les années 1980, alors l'Italie...

    Mais le (n)PCI donne à ces faits de manière très subjective, non-étayée par des données scientifiques probantes, une importance tout à fait disproportionnée.

    Il y a en Italie une grande bourgeoisie oligarchique qui se pavane en effet dans des espèces de loges semi-catholiques semi-maçonniques comme la P2, professe une idéologie sociale-libérale de type démocrate-chrétienne (le dernier "vrai Pape" à régner sur les États pontificaux, Pie IX, avant de se crisper devant la menace d'une république et de la disparition de son État, avait lui-même entamé des réformes catholiques-libérales et donné naissance à cette idéologie), et fait montre de la plus grande servilité envers les grandes institutions politico-économiques européennes (Commission, BCE) et internationales (FMI, Banque mondiale, OMC etc.). Mais ceci conduit le (n)PCI à penser qu'il faudrait, en quelque sorte, instaurer via le "Bloc populaire" et y compris des expressions politiques ultra-populistes de la petite et moyenne bourgeoisie (telles que le M5S) une "vraie" république bourgeoise "démocratique" (qui n'a jamais existé, en effet), dans une optique (également) de "libération nationale" vis-à-vis des grandes puissances ; quelque chose qui serait de façon aboutie la tentative qu'ils décrivent (et c'est d'ailleurs largement vrai) au sujet du... fascisme ("le fascisme était aussi l'ultime tentative de la bourgeoisie pour se rendre pleinement maître du pays et donc également politiquement autonome de l'Église", "à cet aspect du fascisme correspondent un effort et un dynamisme exceptionnels de la bourgeoisie pour renforcer la structure économique et politique du pays", "une grande partie des innovations sur le plan structurel dont a vécu aussi le régime DC : banque centrale, industrie d'État, grands travaux publics, structures pour la recherche, consortiums agricoles, organismes de prévoyance, etc.", "en somme, les innovations et les institutions dont le résultat est la création d'un système de capitalisme monopoliste d'État") ; afin de permettre (face à la "contre-offensive" de l'oligarchie qui suivrait inévitablement) de "passer" ensuite au socialisme.

    Sauf que (comme le (n)PCI l'a bien expliqué également) le fascisme de Mussolini a finalement échoué dans cette tâche, échoué à briser tout cela (poids de la grande propriété, qu'il est né pour défendre, et de tous les rapports sociaux féodaux, poids de l’Église, soumission à une ou des puissances impérialistes plus importantes), comme toute démarche semblable est vouée à échouer ; tout simplement parce qu'il y a des états de fait (État bourgeois tardivement constitué et arrivé dans l'"arène" internationale) avec lesquels aucun "volontarisme" bourgeois aussi "spectaculaire" soit-il (comme l'était le fascisme) ne peut rompre, qu'il ne peut "révolutionner" au stade parachevé de l'impérialisme et des monopoles ; car seul le peut le socialisme à travers la Guerre populaire.

    En gros, c'est comme si l'on soutenait (encourageait les gens à voter pour, etc.)... Erdogan et son alliance avec les Loups Gris car (c'est un fait absolu et que nous avons analysé) il représente la Turquie "noire", "profonde", "d'en bas" contre l'élite "moderne" et "laïque" de la Turquie "blanche", "européenne-occidentale" du Nord-Ouest ; cherchant lui aussi (en dernière analyse) à faire "vivre" et prospérer la bourgeoisie capitaliste "des entrailles" du pays, à affirmer celui-ci comme puissance régionale sur la scène internationale etc. etc. ; sauf que là (à la limite) on a vraiment un pays dominé, semi-colonial, et un peuple (ouvrier, paysan et petit-bourgeois) turc sunnite "noir" tout aussi opprimé par l'impérialisme que les minorités nationales sur lesquelles tend à se focaliser unilatéralement la gauche radicale occidentale... CERTES, mais un peuple qu'il n'est (cependant) pas question de prendre tel quel, dans ses idéologies et expressions politiques telles qu'elles sont actuellement ; l'idéologie (sans doute) du gendarme qui coupait à la scie les pieds du camarade Kaypakkaya en 1973 (sur ordre et pour le compte, certes il est vrai, de l'idéologie "turque blanche" kémaliste) ; mais qu'il faut au contraire œuvrer avec acharnement à arracher à ces idéologies réactionnaires pour l'amener sur la voie de la révolution démocratique, arracher à la direction de "sa" bourgeoisie, de ses "parvenus" dont Erdogan est le représentant parfait, et qui eux ne sont "opprimés" que de façon très relative.

    Dénoncer le mauvais sort que lui prépare l'impérialisme (erdogan-est-un-fasciste turquie-kurdistan-elections-anticipees voila-ca-y-est), en forme de "révolution colorée", et derrière lui au pays et donc aux masses populaires ; dénoncer (impitoyablement !) l'opportunisme pourri, innommable en la matière, d'une certaine "gauche" pseudo-"radicale" orientaliste qui s'associe à ces plans en réduisant le fascisme turc à sa seule personne, murmurant déjà pour certains la possibilité de voter au second tour (puisque le candidat HDP Demirtaş n'y sera très probablement pas)... pour le candidat du CHP kémaliste (l'ennemi historique et absolu du Peuple ouvrier et paysan !!) ; c'est une chose ; comme il est également tout à fait possible de dénoncer le coup de force bruxello-germano-présidentiel en Italie et les politiques (ou plutôt, la poursuite de politiques) qu'il annonce ; mais cela ne signifie en aucun cas un soutien actif, positif et idéologique à l'AKP.

    En Italie, on l'a dit et le constat s'impose, les populismes sont une voie condamnée à l'échec. En vérité, même un régime fasciste au sens "spectaculaire-totalitaire" des années 1920-30-40 n'est plus à l'ordre du jour et ne peut plus exister aujourd'hui. Il y a la RÉALITÉ d'un ordre capitaliste mondial en crise terminale, qui s'adapte et se restructure au fil de l'eau face à cette crise pour maintenir le taux de profit du Capital. Les populismes plus ou moins fascisants, comme la Lega et le M5S, soit acceptent de devenir "responsables" face à cette indispensable restructuration permanente, se contentent (à la rigueur) d'être une "plus longue matraque" pour réprimer les masses populaires, et peuvent alors accéder au pouvoir et s'y maintenir ; soit persistent dans leur programme économique et social "rupturiste" utopique et s'en voient claquer les portes au nez, faille-t-il passer par le recours aux mesures les plus "exceptionnelles" prévues par la Constitution (à laquelle rappelons-le, le droit européen = traités internationaux est supérieur). Et face à cela... leur LÉGALISME de petits bourgeois "frondeurs" et "pétitionnaires" mais tout sauf révolutionnaires, agrippés tels Harpagon à leur petit patrimoine, ne fera rien et aura des années durant éduqué les masses populaires à ne rien faire (car c'est surtout cela le populisme d'aujourd'hui, à la différence des fascistes en chemises noires ou brunes ou autres de l'entre-deux-guerres).

    En Italie... comme ailleurs, car c'est partout pareil. Repartons dans un nouveau parallèle : lorsque nous avons analysé l’État espagnol, nous avons dit qu'il fonctionnait au fond comme un "pacte" entre bourgeoisies "nationales-réelles" (des véritables nationalités qui le composent : Castille, Aragon, Catalogne, Pays Basque, Andalousie etc.), "pacte" certes maintenu de façon "un peu autoritaire" pendant 40 ans sous Franco mais voilà, et "refondé" depuis (Régime de 1978) ; et "pacte" (surtout) tenant par le fait que toutes ces bourgeoisies, y compris parfois dans leurs rodomontades souverainistes comme en Catalogne ou au Pays Basque, ont besoin de Madrid, besoin de l’État central pour défendre par la FORCE ARMÉE leurs intérêts contre ceux (qu'ils soient "de souche" séculaire ou immigrés) qui n'ont rien à perdre, tout à gagner et la rage au ventre vide.

    Eh bien en réalité, ce schéma est extrapolable comme suit dans toutes les situations : "ceux d'en bas", les populistes petits et moyens bourgeois ou travailleurs d'esprit tel, ce sont les bourgeoisies nationales de la Péninsule ibérique ; et "ceux d'en haut", "la caste", "l'oligarchie mondialiste" qu'ils dénoncent, c'est l’État de Madrid. ILS RÂLENT... mais dans le fond ils en ont BESOIN pour protéger leurs intérêts, leur petit bas de laine, contre ceux de "plus bas encore" ; et râler ce n'est pas (c'est tout sauf) faire ou même préparer une révolution.

    Les discours que disons (pour faire court) la "gauche" morale qualifie d'"extrême-droite" ne sont (puisque les "valeurs" ne sont jamais que l'expression de la centralité d'"esprit" de classe) rien de plus ni de moins que l'expression de cela ; à la fois conséquence et marque irréfutable de cette incapacité à rompre réellement avec ceux (le Grand Capital, le "Système") contre qui ils gueulent du matin au soir.

    Si à notre enthousiasme pour la situation actuelle en Catalogne le disputent l'inquiétude et même une forme de pessimisme, c'est en raison de cela, de cette "centralité d'esprit" petite et moyenne-bourgeoise finalement incapable (à notre sens) de se débarrasser réellement du "bouclier" confortable de l’État espagnol et (ou, a minima) de l'"Ordre" européen derrière celui-ci ; ce qui peut là aussi s'exprimer parfois (bien que "limité" par la nécessité absolue d'alliances ou de neutralités bienveillantes à gauche, les seules possibles) par des propos xénophobes anti-immigrés (du Sud global ou du Sud péninsulaire) ou encore les déclarations d'amour pro-sionistes de Puigdemont ; et c'est absolument la même chose partout.

    TOUT ce qui peut tenir des propos fascisants ou réacs, droitards (et concernant le M5S, cela fait tout de même plus de 5 ans que nous et d'autres tirons la sonnette d'alarme auprès du (n)PCI), démontre par là-même être résolument incapable de la moindre rupture avec le "Système". TOUT ce qui est ainsi réagira toujours, face aux "masses dangereuses" et vis-à-vis de la "caste" grande-bourgeoise monopoliste, exactement comme le (n)PCI décrit la bourgeoisie italienne de 1945 face au peuple en armes communiste : "Le risque qu’en Italie, la classe ouvrière conduise les masses populaires à instaurer le socialisme, n'avait jamais été aussi grand. Pour conjurer le risque, la bourgeoisie s’en remit complètement à l'Église et à l'impérialisme américain. Ses velléités de gouverner politiquement le pays cessèrent définitivement." (c'est en l'occurrence, on l'a dit, très exagéré de notre point de vue ; mais cela permet néanmoins d'illustrer ce "réflexe" qui enchaîne à tout jamais les "râleurs" populistes, comme avait pu l'être après tout la "bourgeoisie prolétaire" italienne soutenant le fascisme, aux "ploutocrates" contre lesquels ils râlent).

    CE QU'IL FAUT, c'est précisément mener au sein des larges masses populaires une lutte impitoyable contre cet esprit d'accrochage à sa tirelire qui rend impossible de rompre réellement avec "ceux de tout en haut".

    Construire une CONCEPTION RÉVOLUTIONNAIRE DU MONDE (cela aussi le (n)PCI en a beaucoup parlé, il a même été l'une des seules organisations en Europe à autant marteler cette nécessité...), la défendre, l'arborer... et la diffuser (car il ne s'agit pas que de "pratique", "agir" n'est pas tout !) ; et ainsi, développer la Guerre populaire progressivement, en cercles concentriques, sur des années et des années, à la hauteur de la "quantité" de masses populaires acquises à sa cause.

    Et certainement pas se mettre à la remorque de n'importe quoi qui "bouge en masse" ; de mouvements et de discours populistes qui sont précisément l'expression d'une ABSENCE (ou quasi-absence) de conception, de "Pensée", de culture révolutionnaire dans les masses ; et non d'un "début d'existence".

    La "merde" idéologique sous toutes ses formes (car il y en a bien sûr d'autres que le populisme fascisant, notamment tout ce qui se rattache au "progressisme de contre-révolution préventive" finalement encore plus totalement à la botte - lui - de "ceux d'en haut") ne peut pas être transformée en or. Tout ce qu'elle peut, c'est être balayée par la PRÉSENCE d'une Pensée communiste dont elle est justement le résultat de l'absence.

                  La situation en Italie confronte la ligne du (n)PCI au mur de la réalité

    Quelques éclaircissements supplémentaires en commentaires Facebook :

    Citation du Plan Général de Travail : "Le rôle du (nouveau) Parti communiste italien est de guider la classe ouvrière pour faire de l'Italie un nouveau pays socialiste et de diriger, à partir de ce résultat, le reste des masses populaires dans la transition du capitalisme au communisme. Le (n) PCI remplit ce rôle en contribuant ainsi à la révolution prolétarienne mondiale. La stratégie du Parti est la Guerre populaire révolutionnaire de longue durée. Nous accomplissons actuellement la première phase, celle de la défensive stratégique. Notre rôle dans cette phase consiste en l'accumulation de forces révolutionnaires."

    La dernière phrase du passage que tu cites contient déjà une de ces failles. Ça nous choquait déjà (un peu) à l'époque, les faits l'ont confirmé depuis. Non, la défensive stratégique de la GPRLD (GPP) N'EST PAS une "accumulation de forces", ce qui est contradiction avec tout ce qui est clamé partout par ailleurs, que la GPRLD comme stratégie universelle du prolétariat n'est justement pas, est justement une RUPTURE avec la stratégie révisionniste d'accumuler des forces en mode syndicalo-légaliste en attendant les "conditions mûres".

    L'accumulation de forces est ce qu'on peut appeler la "phase préparatoire" ou "l'étape zéro" (et c'est une accumulation QUALITATIVE et non quantitative, ce qui était la faille de tous les PC kominterniens devenus révisionnistes). C'est, en clair, la phase de "forger le Parti de cadres" du PCP dans les années 70. C'est la phase dans laquelle sont concrètement tous les Partis MLM du monde entier sauf en Inde et aux Philippines (GPP en défensive stratégique), Turquie-Bakur (défensive stratégique de basse intensité, lutte en cours contre une tentative de liquidation), et au Pérou et au Népal (réorganisation générale après revers stratégique ou/et liquidation révisionniste).

    Bien sûr qu'on ne part pas en GPP avec 5 (ou même 50 ou 100) tondus, "propagande par le fait" et les masses suivront ! Ce n'est pas mon opinion, c'est un FAIT prouvé par l'Histoire depuis 150 ans. Ce serait de l'anarchisme des années 1900, ou ce qu'a tragiquement tenté de faire la RAF, ou encore les CCC qui s'en sont brillamment autocritiquées ensuite. Il faut se préparer, et y aller quand on est prêts. Mais ceci n'est pas la défensive stratégique, qui est DÉJÀ la GPP lancée.

    La défensive stratégique c'est DÉJÀ la GPP et c'est un stade où pour prendre un exemple concret, la mairie de Naples ou de Massa ne te laisse pas organiser tous les étés une fête populaire avec pignon sur rue et drapeaux au vent, scène et sono colossale pour accueillir Dead Prez etc., et le flic municipal du coin qui vient boire un coup tranquille.

    Ils ont le droit d'en être encore à ce stade ! Et ils ont le droit de penser que pour commencer sérieusement une GPP en Occident, il faut que le Pouvoir bourgeois descende un minimum sur le terrain de la guerre civile, du coup de force, du piétinement de sa propre légalité-vitrine démocratique (tu vas me dire, en France on y est déjà un peu, les gouvernants font ce que bon leur semble, les flics ont de plus en plus tous les droits pire que sous Pasqua ou Sarkozy... alors en Italie, avec des lois qui datent du fascisme...). Ils ont le droit, c'est un VASTE et éternel débat dans le MLM occidental, qui ne sera tranché que par les faits (et pas forcément avec le même verdict dans tous les pays, je dirais).

    Mais qu'ils ne disent pas que c'est de la défensive stratégique, c'est à dire déjà la GPP. En Italie, qui a connu une décennie et demi de lutte armée de niveau quasi irlandais, ça ne passe pas... On attend quelques années "de voir", mais au bout d'un moment le recrutement se tarit, l'accumulation de forces (justement) tant quantitative que qualitative ne se fait pas.

    Et c'est aussi ce qui conduit à sacraliser les "axes" ("fronts") d'un Plan Général de Travail qui est un plan de phase préparatoire, et non de GPP lancée. À ne pas voir le problème quand ça se déséquilibre et que le "front" le plus incrusté dans la légalité bourgeoise, puisqu'il s'agit d'intervenir dans ses mises en scène électorale, devient disproportionné ; que d'une agit-prop autour de candidatures générées (pourquoi pas) on passe à "voter et faire voter" pour des candidats bourgeois (des "marionnettes" du "petit théâtre"...) ; et ainsi de suite.

    C'est le résultat d'une conception selon laquelle le début de la GPP, c'est la naissance du Parti ; et donc tout ce que fait le Parti est de la GPP.


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  • ... puisqu'il est à la tête d'un État semi-colonial (et de surcroît Prison des Peuples) fasciste, né sous sa forme actuelle en 1920-23, qu'il a simplement "pris" pour le faire fonctionner à son compte, celui de la fraction bourgeoise qu'il représente et celui de ses ambitions de grandeur personnelles. C'est, d'un point de vue matérialiste, mathématique.

    Mais l'HITLÉRISATION fog-erdogan-est-il-un-nouvel-hitler d'un dirigeant semi-colonial... parmi 150 autres (puisque TOUS les États semi-coloniaux sont quelque part fascistes, la "démocratie" bourgeoise, si tant est qu'elle existe vraiment quelque part, ne PEUT PAS y exister - Mariátegui) ; sortant d'une analyse matérialiste scientifique des choses pour entrer dans le nouvel "internationalisme" humanitaro-moral mise-a-mort-internationalisme-proletarien ; c'est tout aussi mathématiquement le signe que quelque chose se prépare.

    Quelque chose que nous avons (parmi les seuls) expliqué ici turquie-kurdistan-elections-anticipees-l-heure-de-verite-approche et ici voila-ca-y-est ; et que s'apprêtent à appuyer joyeusement tous les néo-menchéviks rojavalâtres de la planète (lire tous les articles ici : recapitulatif-articles-rojava, en particulier celui-ci la-question-de-rojava-est-devenue-un-enjeu-ideologique-international ou celui-là rojava-encore-un-article-interessant qui n'est pas de nous mais pose très bien les choses, vues tout particulièrement "de l'intérieur" d'un ultra-gauchisme occidental hégémoniquement rojavamaniaque).

    Erdogan n'est ni plus, ni moins un fasciste que Bachar el-Assad. En ce sens, MILLE révoltes populaires y compris ARMÉES contre lui sont sur le principe tout à fait légitimes.

    La Turquie est d'autre part un pays où, de longue date d'ailleurs (vous savez, du temps où régnait la "laïcité" que nos menchéviks œuvrent à ramener au pouvoir...), existe dans certaines régions une GUERRE POPULAIRE guidée par le marxisme-léninisme-maoïsme ; de basse intensité certes, car la Guerre populaire est ainsi : elle n'a d'intensité que celle que ses bases rouges populaires, l'appui franc et sincère des masses, lui donnent ; et elle ne se met pas à la remorque d'une fraction bourgeoise ou d'une autre pour s'en donner artificiellement plus.

    Mais L’INGÉRENCE IMPÉRIALISTE (la "révolution colorée") dans ce genre de contradictions internes à un pays, c'est la garantie ou du moins la forte possibilité du même chaos qu'en Syrie : la GUERRE CIVILE RÉACTIONNAIRE qui jette travailleurs contre travailleurs pour des projets politiques qui ne sont de leur intérêt ni d'un côté ni de l'autre.

    En l'occurrence, comme nous l'avons expliqué : fascisme kémalo-"güleniste" "turc blanc" contre fascisme erdogano-loup-gris "turc noir" ; alignement géopolitique total sur l'Occident vs tropisme plus "asiatique" et expansionnisme régional "néo-ottoman".

    Le second régnant depuis 15 ans dans une dynamique autocratique toujours plus caractérisée et, depuis 2015, le retour de la répression-massacre tous azimuts au Bakur (Kurdistan du Nord) ; le premier... ayant quant à lui régné pendant 80 ans dans des rivières de sang, de la répression des Kurdes (déjà) de Cheikh Saïd, raison (d'ailleurs) de la fuite et de la présence de beaucoup de Kurdes en Syrie, aux massacres du Dersim en 1937-38, et de la junte des années 1970 assassinant atrocement le camarade Ibo et des milliers d'autres à celle du "Pinochet turc" Kenan Evren dans les années 1980 (début, notamment, d'un nouveau conflit au Kurdistan qui fera 40.000 victimes).

    Ni l'un ni l'autre ne sont la voie de la RÉVOLUTION DÉMOCRATIQUE ANTI-IMPÉRIALISTE, seule voie de la Libération des Peuples là-bas comme ailleurs.

    Voilà la responsabilité politique que, devant l'Histoire, les néo-menchéviks porteront demain.

    Ibo réveille-toi, ils sont devenus fous !!

    Erdogan est un fasciste...

    "Son offensive sur l'Algérie" (bombonne de gaz de la fRance) LOL houlà...
    Aurait-on l'impression de comprendre quel est le problème ?



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  • La situation en Italie continue d'illustrer à la (lamentable) perfection l'étau contre-révolutionnaire préventif, garant de la dictature du Capital, dans lequel se débattent désespérément les masses populaires européennes : face à l'"alternative" pourrie, réactionnaire sur toute la ligne, des populismes M5S et leghiste ; voici maintenant le blocage, en mode coup de force institutionnel du Président de la République, des garants de la soumission à la BCE et à la Commission de Bruxelles (elle-même présidée par l'ancien Premier ministre du pays-banque qu'est le Luxembourg) : L'Italie s'enfonce dans une crise politique majeure

    "Non à quelqu'un qui professe la sortie de l'euro. Il en va du respect de l'épargne des ménages" ; a laconiquement lâché le Chef de l’État. En perspective donc, la formation d'un gouvernement d'"affaires courantes" (Carlo Cottarelli, ancien fonctionnaire du FMI...) et de nouvelles élections d'ici la fin de l'année.

    Petite revue de presse sur la situation actuelle - 28/05/2018

    Comme a pu le résumer parfaitement un camarade : "L'UE absout, à tout le moins, les politiques racistes et discriminatoires les plus effroyables (cela on s'en rend compte en effet, des eaux de Lampedusa aux torrents glacés du Briançonnais...), mais elle ne tolère pas qu'on remette en cause la loi d'airain de son dogme économique."

    Ou encore :

    "Quoi qu'on pense de Lega et M5S et de leur alliance  – et on peut sans doute, à part soi, en penser le plus grand mal –, l'expérience italienne démontre à nouveau, s'il était encore besoin après la Grèce en 2015 et, auparavant, les référendums sur la constitution européenne en 2005, que les institutions européennes ne cessent de déjuger la souveraineté populaire. Qu'il faut décidément, dans le cadre des institutions européennes, "bien voter". Ou bien s'attendre à ce que votre vote soit désavoué par des manœuvres dilatoires. Qui peut donc, dès lors, encore croire que ce cadre soit réformable ?

    S'acharner à dire qu'il est réformable, à plaider pour le réformer sans s'interroger, au préalable, sur sa "réformabilité" (et malheureusement s'interroger sur le fait que le nom d'Europe est devenu, pour beaucoup et notamment les classes populaires, le nom d'une forme de dépossession démocratique et économique) c'est se condamner – l'expérience nous le dit une fois de plus, elle a trop été réitérée pour ne pas devenir l'index d'une constante, d'une quasi-loi – à nourrir les forces de désintégration les plus dangereuses et, par un paradoxe qui n'est qu'apparent, saper et détruire les fondements élémentaires du projet européen (la paix, la prospérité, mais aussi et peut-être d'abord la démocratie).

    Après Jean-Claude Junker donc : « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens » ; voici en effet la déclaration du président de la République italien, Sergio Mattarella, suite à son refus de nommer Paolo Savona, un économiste réputé eurosceptique, comme ministre des finances (et non pas son refus de nommer des ministres issus des rangs, notamment, de la Lega) :

    « J’avais annoncé à M. Conte que j’accorderai une attention particulière à certains ministères. Il m’a présenté une liste que j’ai acceptée en tous points, à l’exception du choix du Ministre de l’Économie. Dans mon rôle de garant, je ne pouvais pas accepter un choix qui aurait pu conduire à la sortie de l’Italie de l’euro et provoquer les inquiétudes des investisseurs italiens et étrangers. »

    Ce jour est un jour noir de plus pour l'Europe, son avenir, et ce qu'avec Jacques Derrida on pourrait appeler son idée."

    Bon, on n'est pas obligé de partager (et nous ne les partageons pas) tous les présupposés et les conclusions sociales-démocrates de cette publication, mais voilà, le tableau de la situation y est bien décrit. Cherchant la porte de sortie à la crise qu'elles traversent (pays des "PIGS" en lourde crise économique depuis la fin des années 2000, pas totalement sous tutelle comme la Grèce mais largement "sous surveillance" de l'UE, de sa Banque centrale et du FMI, gouvernement "technocratique" - Mario Monti - chargé de "redresser la situation" par des remèdes de cheval entre 2011 et 2013), les masses populaires travailleuses se sont tournées vers des formations populistes ; avec pour résultat maintenant le "barrage" institutionnel des "Gardiens du Temple", pouvant s'appuyer en cela sur les craintes (largement fondées par ailleurs) d'un chaos économique et d'un effondrement du pouvoir d'achat et de l'épargne, sans compter celles (à juste titre également) de tous les défenseurs des droits démocratiques, des opprimé-e-s de race et de genre... Situation bloquée, l'ordre règne sous le ciel.

    Il serait presque possible en la matière (dans une certaine mesure) de reprendre notre analyse sur la Turquie, avec ses Turcs "blancs" et "noirs" qui sous-tendent le clivage kémalistes-centre-droit/Erdogan-extrême-droite : les populistes c'est l'Italie "noire", "inculte", "béotienne", le Sud (M5S) comme le Nord (Lega) profonds, marqués soit dit en passant par le plus important tissu de petites et d'auto-entreprises en Europe, hier fan club du "milliardaire parti de rien" Berlusconi ; tandis que c'est l'Italie "blanche", aisée-éduquée, "métropolitaine-mondialisée" qui vote pour le "centre-gauche" des professeurs d'économie européistes et sociaux-libéraux, lequel n'arrive en tête du vote populaire que dans quelques bastions du Centre (Toscane, Romagne), la "Vraie Italie" culturelle (le Nord étant lui la région-capitale économique, et le Sud la "colonie intérieure" etat-bourgeois-contemporain-questions-nationales-luttes-de-classe-italie...), et en dehors de cela... à Milan, Turin et Rome, les grandes métropoles "ouvertes sur le monde". Une opposition devenue le fondement de la vie politique avec le recul général du mouvement ouvrier organisé.

    En attendant, force est de constater que les coups d'État pour installer au pouvoir des Chicago Boys élus par personne (comme Cottarelli) ne sont plus fascistes... mais "antifascistes" (certes pas par souci des millions de personnes qu'un tel gouvernement pourrait opprimer, mais seulement de la "stabilité budgétaire" et de la "crédibilité du pays sur les marchés financiers"). La "petite phrase que Churchill n'a jamais prononcée" ("les fascistes de demain se diront antifascistes") semble être devenue une effarante réalité – doublement, car les populistes évincés vont évidemment hurler au... "fascisme" des européistes !

    Petite revue de presse sur la situation actuelle - 28/05/2018

    Ici, les choses sont un peu différentes car non seulement le populisme de gauche qui gravite autour de Mélenchon semble (malgré des personnalités comme Kuzmanovic) beaucoup plus loin que le M5S d'une alliance avec l'extrême-droite, mais une telle victoire aux élections législatives ne pourrait que suivre celle d'un-e candidat-e populiste à la présidentielle, sans possibilité donc de blocage de ce côté-là. À voir alors ce qu'il se passerait, car il est bien évident qu'à moins que la FI et/ou le FN aient mis beaucoup d'eau dans leur vin d'ici là, les "partenaires" européens autour de l'Allemagne ne l'entendraient pas plus de cette oreille : on pourrait alors avoir une situation de chaos économique et social s'acheminant vers une guerre civile entre bourgeoisies pro-UE et souverainiste ; avec peut-être une intervention des forces armées (garantes des institutions républicaines), mais celles-ci mêmes sont très partagées entre gros fachos nationalistes et "démocrates"-chrétiens ou "gaullistes sociaux" plus européistes.

    De toute façon, qu'on le veuille ou non, l'économie commande au politique dans le système capitaliste et l'intégration européenne des économies est (sur le continent du moins) désormais totale, rendant pour ainsi dire impossible d'en sortir en claquant la porte : dans une telle situation de victoire populiste souverainiste, sauf à être la Grande-Bretagne et n'en avoir jamais vraiment fait partie, l'hypothèse la plus probable serait donc le rétropédalage et... deux pour le prix d'un, le néolibéralisme sauce bruxelloise PLUS l’État policier décomplexé, youpi (en Grèce où c'est déjà arrivé, mais avec des socedems bon teint alliés à des nationalistes de droite en position très minoritaire, on peut encore dire que ce n'est pas la catastrophe) !

    Bref... On n'y est pas encore de toute façon ; d'ici que de 34% l'année dernière Le Pen atteigne 50-51% (score lui-même garantie de grandes difficultés à gouverner derrière...) dans un scrutin-duel éliminatoire, sans possibilité de combinazione à l'italienne, il y a à notre (humble) avis de la marge (sauf, encore une fois, à avoir mis beaucoup d'eau dans son vin d'ici là).

    EN ATTENDANT, puisqu'on a parlé de Mélenchon (largement au centre de l'initiative), la "Marée populaire" appelée samedi dernier dans plus de 100 villes d'Hexagone s'est avérée être... le genre de tsunami que provoque un pet de sardine ; par exemple ici à Lyon :

    Petite revue de presse sur la situation actuelle - 28/05/2018

    Le fascisme postmoderne dont Jupiter-Macron est littéralement l'archétype, au service du "réajustement" néolibéral du corporatisme Capital-Travail, pourrait effectivement se résumer par cette phrase des Matérialistes.com il y a quelques années : "le fascisme, c'est quand il ne se passe rien" (le problème... c'est qu'ils ont appelé à voter pour lui en mode "antifasciste" à la présidentielle !). C'est un peu le constat de situation qui s'impose à l'heure actuelle.

    La défaite sur les retraites en 2010, puis contre la Loi Travail en 2016, puis contre toutes les politiques de Macron depuis un an, nous a amené inexorablement à la situation de la Grande-Bretagne après Thatcher ou de l'Allemagne après les "réformes" Hartz : un microcosme militant parfois spectaculaire, comme cela a toujours été le cas en Allemagne, et ici avec les "casseurs" et le désormais grandissant "cortège de tête" ; mais DANS LE FOND, dans les masses qui voient leurs conditions de travail et de vie se dégrader jour après jour, il ne se passe rien.

    Sinon parfois les sirènes du populisme, avec au bout du chemin le "barrage" électoral massif de la "raison" démocratique-libérale... et la continuité ; à moins que "ça ne passe" de justesse et alors, coup de force de la "raison" le temps pour le bon peuple d'y revenir lui-même tout doucement.

    Pendant ce temps-là, des gens safe se "déconstruisent". LOL ! Tout va bien...

    Et encore nous ne parlons là (par charité) que des luttes sociales ; et pas de la NULLITÉ ABSOLUE qui règne depuis le début de la décennie (au moins) sur l'ANTI-IMPÉRIALISME, face à des interventions pour garantir les intérêts des monopoles occidentaux qui se sont littéralement démultipliées ; quand cela n'a pas carrément été... un SOUTIEN pur et simple à une telle intervention sous couvert de ses troupes au sol "progressistes" et de la "lutte contre la barbarie (islamo-) fasciste" : en Syrie ! À l'exception de la large mobilisation... des quartiers populaires et des colonies intérieures contre les bombardements israéliens à Gaza en 2014 ; mais avec pour conséquence des torrents de calomnies déversés contre elle : au-cas-ou-il-serait-utile-de-le-preciser - grande-manif-contre-les-crimes-sionistes-a-paris

    La seule chose intéressante (pour y revenir) de cette journée de mobilisation de samedi aura été, à Paris, un "carré de tête" "pimenté" AFAPB-videos-1509898802471781 mobilisant les quartiers populaires autour de l'anticapitalisme mais aussi et surtout de l'anticolonialisme intérieur (antiracisme politique) et de l'anti-impérialisme, sous le flambeau de la Palestine et de la tragique et concomitante actualité là-bas : la-palestine-apres-le-massacre-du-14-mai.

    Une initiative qui a amené une sorte de "grand remplacement" (LOL !) dans le désormais traditionnel cortège de tête ; avec d'un côté une population nouvelle et de l'autre un boycott des habituels gauchistes petits-bourgeois blancs de merde, qui nous ont pondu ce texte : lignes-de-cretes.org/pas-dantisemitisme-ni-dans-les-corteges-ni-dans-les-tetes/ (ici "pour archives" au cas où  : lignes-de-cretes.pdf).

    Enfin bon... "Sans nous", boycott, pour le moment (on n'a donc "pas vu" les auteur-e-s de ce misérable torche-cul, c'est logique) ; mais si la dynamique illustrée par ce "carré de tête" des quartiers populaires devait continuer à monter en puissance, ce pourrait être la prochaine fois "hors de nos luttes, hors de nos vies"... autrement dit un appel à ATTAQUER PHYSIQUEMENT ce genre de cortège.

    Car ce à quoi nous avons affaire ici, c'est bel et bien à des SA ; des néo-SA "philosémites" de la défense du monopole petit-bourgeois blanc sur le militantisme "radical", et de la nullité en matière d'anti-impérialisme (dont l'antiracisme politique n'est qu'un prolongement comme anticolonialisme intérieur) secret de l'impuissance des luttes de classe en métropole.

    Il sera facile de dire que ces gens-là "sont ultra-minoritaires", "ne sont pas là", "n'existent pas" (ben oui, logique si pour le moment leur politique est le boycott quand les "communautaristes antisémites" se ramènent) ; mais la réalité, c'est que dans une telle action ils seraient en mesure de mobiliser derrière eux 25 ou peut-être 30% d'un cortège de tête ou d'un black bloc disons "classique".

    À moins que, n'ayant effectivement pas le rapport de force, ce soient la LDJ ou tout simplement les flics qui s'en chargent ; mais nos gauchistes se chargeront alors du nerf essentiel de la guerre aujourd'hui, le "soldat opinion", autrement dit (comme déjà en 2014) de mobiliser la Gauchisterie contre les réprimé-e-s en les couvrant de calomnies et les faisant passer pour l'agresseur "fasciste".

    Tout le génie de la contre-révolution préventive de notre époque, c'est que désormais la première ligne de police politique est INTERNE au milieu militant "radical". En Mai 68 il y avait 50 courants, et certains étaient de la grosse merde de notre point de vue, et réciproquement, nos ancêtres de la Gauche prolétarienne étaient des grosses merdes du leur. Mais en dehors des véritables flics infiltrés (il y en avait), PERSONNE ne jouait un véritable rôle de flics, de police politique interne au mouvement comme aujourd'hui. C'est ce qui a changé ; c'est l'évolution, la quintessence de la contre-révolution préventive...

    Puisque l'on a beaucoup parlé ici de coup de force, nous pourrons terminer en évoquant la Catalogne ; où le Régime néofranquiste de 1978 poursuit le blocage et maintient l'article 155 (mise sous tutelle de la "communauté autonome") au prétexte que la nouvelle Generalitat ne lui plaît pas et compte (encore une fois) des ministres emprisonnés ou poursuivis et en exil : nomination-gouvernement-catalan-empeche-maintient-le-155 coup-detat-juridique ; tandis que dans le même temps se déchaîne une campagne... "progressiste au service de l'ordre" catalogne-enjeux-radicalisation-reactionnaire-des-independantistes centrée sur la personnalité du nouveau Président (finalement) élu Quim Torra, pour des propos "racistes anti-espagnols" qui relèvent certes d'un aspect du nationalisme bourgeois catalan particulièrement déplorable et que nous combattons (le côté "du Nord", "européens" contre le Sud "tiers-mondiste", "arriéré", "fainéant" de la Péninsule...), mais qui n'ont rien d'exceptionnels ni de nouveaux dans ce courant politique (y compris dans sa version "de gauche" ERC) et ne sont pas forcément beaucoup plus graves que les salutations de Puigdemont... à Israël pour son 70e anniversaire, qui n'ont semblé par contre (en dehors de la gauche radicale indépendantiste) déranger personne ! Une campagne relayée jusqu'au Parlement européen par... les Macron locaux, Ciutadans ciudadanos-traduce-textos-torra-parlamento-europeo ; par ailleurs en train d'essayer d'embaucher... Manuel Valls pour la mairie de Barcelone parti-extreme-droite-ciudadanos-propose-manuel-valls-candidat-barcelone et sans doute trop heureux de faire oublier ainsi leur (pour la plupart) pas-si-lointain passé franquisto-phalangiste.

    Là encore, c'est à une "loi d'airain" du Système Europe (l'intégrité inviolable des États membres, comme gardes-chiourmes "sûrs" de la force de travail) que l'on a affaire... sauf que bon nombre à la "gauche de la gauche" ne l'ont pas compris (par contre), et persistent à voir la "balkanisation" comme une "arme de Berlin et Bruxelles".

    Voilà le panorama de ce que peut nous inspirer la situation. Défaitiste ? L'on pourrait être tentés de le dire.

    Mais NON, car la révolution, le Sens de l'Histoire inexorable vers le communisme, ne connaît pas la "défaite" : seulement des détours.

    La situation que nous avons sous les yeux, est justement une situation de laquelle il n'y a de porte de sortie que la RÉVOLUTION ; et pour cela les révolutionnaires, les luttes de classe sous toutes leurs formes particulières (libérations nationales, libération antiraciste politique des colonies intérieures) doivent entrer en RÉORGANISATION GÉNÉRALE.

    Ce qui certes, nous assumons de le penser, passe aussi par des politiques de TOLÉRANCE ZÉRO vis-à-vis de ce qui dans la "gauche radicale" forme les trois mâchoires en étau de la contre-révolution préventive 1 - 2 - 3 - 4 (dogmatisme sectaire, mouvementisme antipolitique et ultra-gauchisme plus ou moins postmodernoïde) ; et qui représente possiblement un bon tiers de ses troupes à la gauche de Mélenchon et du vieux PCF (évidemment et hélas nettement plus en incluant ceux-ci, les Verts ou encore le hamonisme). À commencer par le genre d'auteurs de l'ignoble attaque "philosémite" contre le "carré de tête" parisien du 26 mai ; ou encore les projecteurs de fantasmes gaucho-impérialistes sur Rojava... mais la liste est encore bien plus longue.

    Petite revue de presse sur la situation actuelle - 28/05/2018


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  • ... c'est une division du peuple orchestrée par la contre-révolution du Pouvoir et de l'impérialisme.

    C'est comme les paysans bretons écrasant les Communards parce qu'on leur avait dit que c'étaient des "sans Dieu" et qu'ils allaient leur confisquer leurs 4 chèvres, 3 cochons et un pommier ; alors que leur intérêt réel était d'être à leurs côtés.

    C'est la fitna injectée dans ce qui devrait, pour tous les révolutionnaires démocratiques anti-oligarchie et anti-impérialistes, être l'alliance naturelle ; ouvrière - paysanne - prolétaire informelle - intellectuelle révolutionnaire ; et non celle avec les libéraux "progressistes" bourgeois larbins de l'Occident (lire ici l'excellent Joseph Massad : hypotheses.org).

    Ne pas se laisser faire, riposter aux attaques bien sûr ; mais toujours avoir cela à l'esprit ; et avancer en gagnant le cœur des masses pour lesquelles Dieu n'est en réalité que le nom antique du matérialisme dialectique (Diamat), du mouvement dialectique de la matière et du Sens de l'Histoire, et tel le mot d'ordre sur lequel les masses d'Asie centrale se mobilisaient dans l'édification du socialisme soviétique, le communisme "est l'accomplissement des prophéties coraniques" (ou bibliques), rien d'autre que le nom scientifique que nous mettons désormais sur la Fin des Temps des anciens textes sacrés... Des masses, autrement dit, 100 fois plus proches d'un communiste que d'un libre-penseur bourgeois chantre de l'individu et pensant qu'il n'y a rien au-dessus de lui, que l'Histoire humaine ne va nulle part, que seule compte la réalisation individuelle etc. etc.

                         Les islamistes et les communistes qui se frappent dans les pays arabes/musulmans...Les islamistes et les communistes qui se frappent dans les pays arabes/musulmans...


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  • http://collectifantiguerre.org/spip.php?article99&lang=fr

    Mort suite à des violences policières le 19 juillet 2016, Adama Traoré, a laissé derrière lui une famille qui se bat pour la vérité et la justice autour des conditions de son décès. La réponse du pouvoir est celle du harcèlement et de la persécution : quatre de ses frères sont ou ont été emprisonnés – avec défense même de revenir à Beaumont-sur-Oise –, sa mère a été inquiétée à plusieurs reprises, et de nombreux jeunes de son quartier sont réprimés, voire jetés en prison. Une grande manifestation organisée en juillet 2017 a vu le déploiement d’un dispositif policier très soutenu avec l’usage de drones de surveillance, de barrages et une forte présence militaire sur son parcours de Persan au quartier de Boyenval à Beaumont-sur-Oise.

    Cette forme combinée de l’intimidation policière et militaire s’est déployée de manière significative lors d’un événement familial dans le quartier de Boyenval à Beaumont-sur-Oise le 28 avril dernier (un après-midi boxe avec les enfants du quartier, en mémoire d’Adama, avec entre autres la championne du monde Aya Cissoko et de nombreux habitants des quartiers voisins). Le déploiement militaire des troupes armées de Sentinelle Vigipirate, accompagnées d’un véhicule de la gendarmerie, a succédé aux multiples passages des forces de l’ordre en patrouille (sept véhicules en quatre heures d’événement). Sept militaires se sont déployés sur le terrain même où les enfants s’initiaient à la boxe, dont cinq aux extrémités et deux à l’approche.

    Le Collectif Ni guerres ni état de guerre dénonce cette intervention ainsi que le cadre sécuritaire permettant ces débordements.

    Le Collectif dénonce :

    * La répression policière à laquelle s’ajoute le déploiement militaire comme moyen d’intimidation.

    Il apparaît ici que la police et la gendarmerie peuvent appeler en renfort les troupes armées de l’opération antiterroriste Sentinelle. Les relations déjà tendues entre la préfecture et les habitants des quartiers populaires, spécialement ceux issus de différents vagues d’immigration, prennent un tour nouveau. Qu’un parc accueillant des gamins pour un tournoi de boxe soit considéré comme un territoire « sensible », objet de « menace terroriste », en dit long sur la volonté de contrôle et d’intimidation exercée à l’encontre d’une partie de la population.

    * La prétendue « mission de protection des populations » promue par l’armée et soutenue par les médias.

    Le ministère des Armées estime normale la présence des militaires de l’opération Sentinelle lors de tout rassemblement de population (et sans que celle-ci ne le demande) afin de « renforcer la protection des participants contre une éventuelle menace ».

    L’intervention infondée du 28 avril est scandaleuse et gravissime : elle montre que l’état d’urgence est entré dans la vie quotidienne, en visant avant tout les populations racialisées. L’état d’urgence, l’état d’exception, devient la norme après la loi de « sécurité intérieure » d’octobre 2017.

    C’est pourquoi le Collectif Ni guerres ni état de guerre appelle à dénoncer vigoureusement cet « état normal » où l’armée est omniprésente et à soutenir les initiatives et la lutte des proches d’Adama Traoré.

    http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/familletraore-a127789340

    https://www.facebook.com/notes/la-verite-pour-adama/communique-du-28-mars-appel-pour-bagui-traore-le-25-avril-2017-a-versailles/257854624625043

    Adama Traoré, la répression de la police, le déploiement de l’armée et la justification anti-terroriste


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