• À Gazi les milices du HBDH affrontent
    la police sur les barricades

    (Nouvelle Turquie)


    À travers toute la Turquie, l’État a essayé d’empêcher les célébrations du Newroz. Partout le peuple a résisté. Dans le quartier de Gazi les milices révolutionnaires réunies dans le Mouvement Révolutionnaire Uni des Peuples (HBDH) ont affronté la police et permis les célébrations.

    Newroz piroz be !


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  • Dix organisations révolutionnaires du Kurdistan et de Turquie - le TKP/ML, le PKK, le THKP-C/MLSPB, le MKP, le TKEP-Leninist, le TIKP, le DKP, le Devrîmcî Karargah et le MLKP - viennent d'annoncer la création d'un MOUVEMENT RÉVOLUTIONNAIRE UNI DES PEUPLES (HBDH en turc) pour lutter contre le régime fasciste de l'AKP et de l’État turc, en train de "renouveler les coups d’État fascistes du 12 mars (1971) et du 12 septembre (1980)" (qui avaient l'un et l'autre plongé le pays dans plusieurs années de répression meurtrière tous azimuts, Ibrahim Kaypakkaya mourant notamment suite au premier ; l'on pourrait encore ajouter celui de 1997, évinçant du pouvoir... l'ancêtre de l'AKP - le Refah Partisi - et ouvrant une autre période ultra-répressive jusqu'en 2002, sous la conduite... de la "gauche" kémaliste de Bülent Ecevit).

    http://democracyandclasstruggle.blogspot.fr/2016/03/kurdish-and-turkish-organisations.html


    http://www.secoursrouge.org/Turquie-Kurdistan-Etablissement-d-une-force-revolutionnaire-unitaire


    Et puis enfin la  Déclaration de fondation du Mouvement Révolutionnaire Uni des Peuples  (Nouvelle Turquie - avec traduction du communiqué)

    Les organisations ainsi réunies ont tenu à souligner que leur objectif ultime était "la démocratie et un avenir émancipé pour les peuples", dans une lutte sans merci contre "l'impérialisme, le capitalisme, le chauvinisme, le racisme et le fascisme".

    Comme nous avons déjà pu l'expliquer dans plusieurs articles, alors que l'arrivée au pouvoir de l'AKP (2002-2003) avait pu sembler amorcer une certaine "libéralisation" de façade et moins d'alignement inconditionnel sur le bloc impérialiste occidentalo-israélien (refus de servir de base pour l'invasion de l'Irak en 2003, gros soutien ouvert au "parti frère" Hamas en Palestine, etc.), non sans confrontation latente et permanente avec le pouvoir militaire (Conseil de Sécurité Nationale) fidèle à la doxa kémaliste-occidentaliste, depuis quelques années le pouvoir d'Erdoğan, à la tête de l'une des grandes économies "émergentes" de la planète, apparaît en réalité avoir RESTRUCTURÉ idéologiquement l’État fasciste dans un sens intégrant mieux (contrairement à l'idéologie kémaliste antérieure... et finalement un peu comme l'ultra-nationalisme d'extrême-droite "pantouranien" du MHP, qui multiplie d'ailleurs ces derniers temps les "déclarations d'amour" envers le parti au pouvoir) la réalité musulmane sunnite de la majorité de la population, en particulier de l'Anatolie "profonde" d'où est issue une grande partie de la population d'Istanbul et (surtout) toute une nouvelle bourgeoisie que l'AKP représente justement dans la capitale économique depuis 1994 (année où Erdoğan en est devenu maire) ; en cherchant par ailleurs à assumer un rôle "néo-ottoman" de grande puissance régionale aux dépens (bien sûr) des Peuples. Il est possible, en un sens, de parler de "nouveau jeune-turquisme" http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/il-y-a-100-ans-l-etat-fasciste-turc-naissait-dans-le-sang-du-genocide - les "Jeunes Turcs" ou "Comité Union et Progrès", faction réactionnaire "moderniste" et nationaliste de la bourgeoisie qui avait pris le pouvoir dans l'Empire ottoman en 1908 et conduit "entre autres" au génocide des Arméniens ainsi qu'à d'autres massacres de minorités, avant que l’État turc ne prenne sa forme définitive actuelle au terme de la Première Guerre mondiale et de la "guerre d'indépendance" conduite par Mustafa Kemal Atatürk.

    Son implication dans le conflit syrien depuis 2011, en faveur des opposants au régime d'Assad (alors que le gouvernement AKP passait jusque-là pour plutôt proche de celui-ci et de l'Iran, des "anti-impérialistes" de la région et des "BRICS" au niveau international - le Qatar a connu le même virage), a conduit à un aiguisement et même une explosion des contradictions (avec notamment l'apparition d'un État kurde indépendant de fait et lié au PKK dans le Nord de la Syrie), et de là à tomber le masque ouvertement fasciste. Depuis plus d'un an maintenant, une violente répression ensanglante le "Sud anatolien" kurde où se multiplient les crimes contre l'humanité tandis que le double jeu d'Ankara vis-à-vis des forces les plus réactionnaires de la rébellion syrienne, et notamment de Daesh n'est plus un secret pour personne.

    Les élections de juin dernier ayant été perdues par Erdoğan et son parti, celui-ci en a ni une ni deux... convoqué de nouvelles (en novembre) qui se sont cette fois traduites par une nette "victoire" de l'AKP, alors que le Kurdistan bastion du parti d'opposition progressiste HDP était plongé dans l'état de guerre et la répression-massacre (empêchant bien sûr toute tenue d'un scrutin "démocratique" digne de ce nom). Le "nouveau 12 mars et 12 septembre" dont parlent les camarades a donc bel et bien eu lieu l'an dernier.

    Mais comme disent les maoïstes "là où il y a oppression il y a résistance" ; et tant la fuite en avant fasciste de l’État turc que le chaos réactionnaire dans lequel les manœuvres impérialistes et inter-hégémonistes régionales ont plongé la Syrie après la légitime révolte de 2011 (avec notamment le projet de "Califat" djihadiste visant à offrir un terrain d'investissement et une base d'accumulation aux pétro-dollars sur-accumulés du Golfe) sont en train de transformer la région en foyer d'une situation révolutionnaire en développement très rapide qui pourrait voir ce "Croissant fertile" bien connu des collégiens (les plus anciennes trace de civilisation urbaine y ont été découvertes) entrer à nouveau dans les livres d'histoire... comme phare rouge de la révolution mondiale pour le communisme !

    Il est de notre devoir de communistes de suivre de très près la situation là-bas, de la faire connaître et de lui apporter tout notre soutien internationaliste.

    Naissance d'un Front révolutionnaire uni en Turquie/Kurdistan

    PS : aussitôt constitué, le HBDH a "fêté" sa naissance par des affrontements armés avec la police dans le quartier stambouliote de Gezi.

    Naissance d'un Front révolutionnaire uni en Turquie/KurdistanNaissance d'un Front révolutionnaire uni en Turquie/Kurdistan


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  • Nous avons maintes fois analysé, et encore à nouveau suite aux terribles évènements de Paris, les sanglants conflits qui se déroulent depuis de longues années maintenant au Proche/Moyen-Orient comme l'expression de grandes concentrations de capitaux (issus principalement de l'exportation d'hydrocarbures) qui se retrouvent "à l'étroit" dans leurs pays respectifs et cherchent donc des "terrains" (en clair : des pays) pour s'y investir et valoriser (fructifier).

    La plupart (pour ne pas dire la totalité) des forces que l'idéologie dominante occidentale regroupe dans le grand sac d'"islamistes" s'inscrivent en réalité dans ce paradigme comme "soldats" de ces visées expansionnistes, soit qu'elles aient été créées en tant que telles, soit qu'elles s'y rattachent tout en menant une lutte anti-impérialiste qui en soi est légitime (l'on pense bien sûr à la Palestine et au Liban).

    Néanmoins, tous les "acteurs" régionaux ne partagent pas les mêmes objectifs ni les mêmes méthodes, et ceci a des raisons d'ÉCONOMIE POLITIQUE.

    Nous allons essayer ici de voir synthétiquement lesquelles :

    - L'Iran est un producteur important d'hydrocarbures, mais aussi un pays de très grande taille (trois fois l'Hexagone français) et très peuplé (plus de 80 millions d'habitant-e-s), doté d'une véritable économie productive : une agriculture ; une industrie aux ouvriers qualifiés dont profitent d'ailleurs beaucoup... les constructeurs automobiles des pays occidentaux soit-disant "ennemis", etc. etc. Il cherche à placer ses capitaux ainsi qu'à se constituer un "glacis stratégique" dans une démarche néo-séfévide, en s'appuyant notamment sur le "trait d'union" évident que représente la religion chiite ; mais cette nature économique explique son attitude à la fois "ferme" (assumant la confrontation avec l'Occident et ses autres rivaux) et "pragmatique" (ne faisant pas n'importe quoi n'importe comment, contrairement à ce que veulent faire croire les dirigeants israéliens pour mobiliser leur "opinion") : ce n'est pas une puissance aux abois, dans une fuite en avant. C'est en revanche un régime très "dur" en interne, très répressif, car il est issu d'une révolution confisquée par l'alliance de la bourgeoisie nationale (bāzār) et de la classe religieuse des mollahs ; alliance qui s'est transformée en nouvelle bourgeoisie bureaucratique compradore.

    - Il est possible de dire exactement la même chose de l’État turc, en "version" sunnite et "néo-ottomane". Comme le Qatar ci-dessous, depuis l'élection du parti AKP en 2002, c'est surtout un soutien des forces relevant des Frères musulmans, qui sont dans une démarche "pragmatique" et souvent légaliste de conquête du pouvoir. Sa complaisance avérée envers les djihadistes de Syrie est elle aussi pragmatique, dans une optique anti-Assad/anti-Iran (avec lequel Ankara a rompu après des années de bonnes relations) et surtout anti-kurde ; tout comme le sont les liens qui ont pu se tisser entre les "islamistes" AKP et les ultra-nationalistes "semi-laïcs" et panturquistes du MHP. En réalité, l’État turc repose sur une démarche "état-nationale" tellement factice et condamnée à l'autoritarisme le plus brutal qu'il est surtout obsédé par éviter sa propre désintégration. Par conséquent, dès lors qu'un modus vivendi est possible, il s'installe tout simplement. À l'opposé diamétral de Daesh, il en existe ainsi un avec... les Kurdes d'Irak : ils ne soutiennent pas et même combattent (fut-ce mollement) le PKK, ils n'ont globalement pas l'intention de fomenter la libération nationale kurde en dehors de leurs frontières, les affaires commerciales vont bon train ; bref tout va bien ! Il en va exactement de même avec le projet de "Califat" djihadiste qui n'a pour le moment manifesté l'intention de s'attaquer qu'aux Kurdes, aux "chiites" alévis et aux forces progressistes et révolutionnaires très liées à ces deux communautés. Ankara ne va donc pas entrer dans une "inutile" conflictualité avec lui alors que des centaines de cellules djihadistes pourraient passer à l'action et semer le massacre sur tout le territoire. En contrepartie, les régions "turques" frontalières sont mises à sa disposition comme "profondeur stratégique"...

    - Le Qatar est un cas un peu "à part" parmi ses voisins du Golfe. En effet, il ne produit pas principalement du pétrole mais surtout du gaz pour GPL : un carburant d'avenir donc, et dont les réserves sur lesquelles il est assis semblent à ce jour illimitées. Il est donc dans une démarche relativement "zen" : il a bien sûr besoin de trouver où investir ses milliards, dont moins d'1% peuvent l'être au Qatar même (qui est un banc de sable sur la mer et où il n'y a pratiquement rien) ; mais le temps reste son allié. C'est pourquoi il soutient surtout des forces de type Frères musulmans, dont il est devenu de fait le quartier-général mondial, afin de constituer un "bloc" géopolitique autour de lui ; et que rarement des forces plus agressives comme au Mali (ce qui n'exclut pas, bien sûr, que des Qataris à titre privé puissent investir et chercher un retour sur investissement rapide dans le djihad). En tant que "généreux" investisseur et même prêteur, il a également su (un peu comme la Chine) placer les bourgeoisies occidentales dans un rapport complexe avec lui, même lorsqu'il se trouve de fait en guerre avec eux comme quand il s'est "offert" le groupe Ansar Dine au Mali (ces contradictions peuvent toutefois se dénouer par moments en sa défaveur, la surprenante abdication de l'émir Hamad au profit de son fils Tamim en 2013 étant sans doute l'un de ces "dénouements" malheureux). Faire du Qatar, donc, le "sponsor" du djihadisme qui vient de frapper à Paris est n'avoir rien compris à rien et tout mélanger (mais un tel "mélange-tout" est bien sûr caractéristique de la mobilisation réactionnaire de masse et de ses serviteurs "de gauche", y compris "communistes" et même "maoïstes"). Si le Hamas palestinien a condamné les attaques de Paris, c'est que le Qatar condamne ; car le Hamas est l'une des "voix" du Qatar.

    - Les autres États du Golfe, en revanche, sont surtout des producteurs de pétrole, source d'énergie de plus en plus remise en cause et dont les réserves, exploitées depuis 60 voire 70 ou 80 ans, vont en s'épuisant. Ils sont donc non seulement confrontés à la nécessité d'investir leurs immenses revenus, ce que leurs économies nationales hors-pétrole ne permettent pas, mais aussi au problème d'un tarissement à brève échéance de la source de ces mêmes revenus ! Il n'en faut pas plus pour expliquer leur comportement schizophrénique : leurs potentats "officiels" vont faire "risette" devant les dirigeants occidentaux afin de préserver leur unique ressource (l'écoulement de leur production pétrolière) et jouent les alliés indéfectibles, envoyant même les salafistes dont ils ont financé les mosquées appuyer... un coup d’État "laïc" en Égypte ; mais dans le même temps leurs grandes fortunes privées, en lien avec des éléments d'"État profond" (services secrets etc.), vont financer (investir dans) ni plus ni moins que les formes les plus agressives et meurtrières du djihad international ; tout simplement en raison de cette base économique précaire qui est la leur et les rend "aux abois".


    La base économique-politique des différences d'attitude entre puissances moyen-orientales

    La base économique-politique des différences d'attitude entre puissances moyen-orientales

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    La base économique-politique des différences d'attitude entre puissances moyen-orientalesLa base économique-politique des différences d'attitude entre puissances moyen-orientales

    La base économique-politique des différences d'attitude entre puissances moyen-orientales


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  • Alors que la tension monte de jour en jour en Palestine occupée, le Premier ministre sioniste d'extrême-droite Netanyahu s'est fendu d'une déclaration controversée jusque dans la presse bourgeoise internationale, par laquelle il ne rend ni plus ni moins que les Palestiniens, à travers la figure de l'ancien mufti de Jérusalem Amin al-Husseini (qui comme beaucoup de nationalistes arabes de l'époque avait pu voir dans l'Allemagne nazie une alliée objective, tant contre l'Empire britannique que contre le sionisme, avec toutefois une adhésion idéologique plutôt poussée)... "responsables" et même "initiateurs" de la Shoah : "Hitler ne souhaitait pas exterminer les juifs à cette époque, il souhaitait simplement les expulser", a-t-il déclaré. "C'est alors" (poursuit-il) "que Husseini est allé rencontrer Hitler en Allemagne et lui a dit : "Si vous les expulsez, ils débarqueront tous ici" (en Palestine). "Que dois-je alors en faire ?", lui répondit Hitler. "Brûlez-les", lui répondit Husseini"...

    Pour répondre à une telle absurdité, qui a fait hurler les historiens israéliens de l'Holocauste et même jusqu'à son "opposition" sioniste "de gauche", voici une petite revue de presse... qui bousculera peut-être quelques certitudes d'ailleurs !


    Le mufti de Jérusalem, inusable outil de la propagande israélienne (Gilbert Achcar)


    Régulièrement, des ouvrages "découvrent" les sympathies nazies du leader palestinien Amin Al-Husseini ; régulièrement, les dirigeants israéliens en tirent parti pour dénoncer l’antisémitisme "congénital" des Arabes. Car c’est bien l’objectif de ces pseudo-recherches historiques que de justifier l’occupation des Territoires et l’oppression des Palestiniens.

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    Ici un entretien très intéressant avec une spécialiste allemande de la question : "L'antisémitisme européen a été exporté dans les pays arabes" par Géraldine Schwarz


    Ce qui est une certitude historique en revanche, c'est que la conjonction évidente d'intérêts entre des nazis qui ne voulaient plus de Juifs en Europe et des sionistes voulant les Juifs d'Europe en Palestine a pu conduire jusqu'à une phase "avancée" du processus nazi (début de la Seconde Guerre mondiale... voire veille de la conférence de Wannsee) à des choses de ce genre :


    Le sionisme et l’exploitation de l’antisémitisme :
    l’accord Haavara signé en 1933 entre les autorités sionistes et nazies


    Une représentation de l’État d’Israël semble généralement aller de soi pour le sens commun, les autorités politiques et judiciaires internationales et nationales et même très souvent le discours académique. Israël incarnerait la vocation à « sauver les Juifs » : foyer d’accueil pour les rescapés du Génocide et havre de sécurité pour les Juifs persécutés du monde entier.

    Pourtant le sionisme réel est loin d’être conforme à cette représentation, en fait l’idéologie sioniste, mythe fondateur de l’État d’Israël. Un accord signé entre les autorités sionistes et nazies me paraît particulièrement révélateur.

    Le 7 août 1933 - quelques mois à peine après l’arrivée de nazis au pouvoir le 30 janvier 1933 - l’Accord Haavara (passage, transfert en hébreu, l’expression hébraïque est également utilisée dans les documents nazis) a été conclu entre les plus hautes autorités de l’État nazi et les plus hautes autorités du mouvement sioniste, notamment celles de la communauté juive implantée en Palestine (le Yichouv, de Hayichouv Hayehoudi beEretz Israël, l’implantation juive en Terre d’Israël).

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    S'il est (donc) complètement ridicule d'attribuer au mufti de Jérusalem (ou à quelque nationaliste arabe que ce soit) la responsabilité d'avoir "soufflé" l'idée de la Shoah à un nazisme devant lequel il ne faisait que ramper, et qui avait par ailleurs en Palestine un autre "fer au feu"... en la personne du mouvement sioniste ; nous nous permettrons toutefois, au risque assumé (comme d'habitude) de choquer et n'en déplaise à la "mythologie" dominante impérialiste occidentale post-1945, que l'identification du nazisme et du fascisme au "Mal absolu" est une vision profondément européo-centrée et largement inopérante sur les Peuples du "tiers-monde" (autrement dit, tout ce que pourra dire Netanyahu sur les liens du mufti avec le IIIe Reich laissera de toute façon les Palestiniens - et les Arabes en général - de marbre...).

    En effet, beaucoup de Peuples hors d'Europe n'auront que très tardivement... voire jamais, au cours de la "longue Seconde Guerre mondiale" (1931-45), considéré le bloc impérialiste Allemagne-Italie-Japon comme un "Mal" moralement plus ignoble que leurs oppresseurs impérialistes "historiques"... qui seront en 1945 les vainqueurs (France, Grande-Bretagne, États-Unis, Pays-Bas etc.) ; allant parfois même en effet (pour certains et pour un certain temps) jusqu'à y voir de potentiels alliés tactiques ; et aujourd'hui encore, si presque tout le monde (hormis les pires réactionnaires) reconnaît dans ces pays-là les méfaits et les abominations de l'Axe germano-italo-japonais, la perception de ce dernier comme "centralité du Mal" renâcle toujours à s'ancrer dans les esprits : pour un Palestinien, la "centralité du Mal" restera envers et contre tout la colonisation de son pays et l'expulsion de son Peuple par les sionistes ; pour un Algérien, ce sera la colonisation française de 1830 à 1962 ; pour un Bantou sud-africain, la domination blanche jusqu'en  1992 ; pour un Congolais, le règne de Léopold II de Belgique ; pour un Antillais, l'époque de la traite et de l'esclavage bien sûr ; pour un Sud-Américain la "confiscation" de son indépendance (au 19e siècle) par les impérialistes britanniques puis US [ainsi par exemple, en Argentine, est désignée sous le nom de "Décennie infâme" une période (à partir de 1930) de dictatures militaires pilotées par Londres qui prendra fin en 1943 par un putsch... de sympathisants notoires de l'Axe, parmi lesquels un certain Juan Domingo Perón - ceci sans même parler bien sûr des sanglantes juntes militaires connues par ce pays et d'autres entre les années 1950 et 1980 ; au total, plusieurs centaines de milliers de personnes y auront sans doute perdu la vie] ; pour un "Indien" de ces mêmes Amériques le génocide qu'a représenté la colonisation européenne à partir de 1492 (et la domination de ces mêmes colons jusqu'encore aujourd'hui), etc. etc. Au Bengale, où une famine provoquée par la politique britannique en temps de guerre fit plusieurs millions de victimes en 1943 [au total, du milieu du 18e siècle jusqu'en 1947, la politique coloniale britannique en Inde aurait fait plusieurs dizaines de millions de morts], il est facilement compréhensible qu'un autochtone ne fasse pas bien la distinction entre Winston Churchill et Adolf Hitler. Même en Chine, l'occupation japonaise (1937-45) s'inscrit historiographiquement dans une période beaucoup plus large de domination impérialiste étrangère (des années 1840 jusqu'en 1949), sans autre spécificité particulière que d'avoir été celle où la Guerre populaire de Mao s'est véritablement développée. Les Japonais sont par ailleurs connus pour n'avoir pas fait grand-chose contre les communistes et autres indépendantistes vietnamiens en 1945 (le PCV retenant cependant cette "guerre de libération" dans son histoire officielle) : ils préféraient laisser le pays à des Asiatiques plutôt qu'aux anciens colonisateurs occidentaux (ils firent largement de même en Indonésie, en Malaisie, en Birmanie etc.). Éthiopiens et Libyens ont subi la barbarie coloniale de l'Italie fasciste : là, la perception dans les consciences populaires va effectivement pouvoir rejoindre celle qui domine en Occident. La Namibie aura connu la barbarie coloniale allemande avec le génocide des Héréros (1904-08)... mais ce n'était pas sous le nazisme.

    Le "Reich de mille ans" nazi aura été en dernière analyse une tentative d'Empire colonial allemand en Europe (avec son corollaire d'asservissement de certaines populations, d'extermination pure et simple d'autres etc. etc.) : il est parfaitement logique qu'en dehors de ce continent, ses atrocités ne soient pas perçues avec la même "viscéralité" par les masses.  Tout ceci met à mal, nous en sommes bien conscients, une certaine lecture dominante de l'Histoire en vigueur en Occident depuis trois générations ; lecture ancrée y compris à gauche... Mais c'est ainsi.

    On terminera néanmoins sur une note d'humour avec le journal satirique algérien El Manchar :

    Netanyahu : « des braconniers palestiniens à l’origine de l’extinction des dinosaures et des mammouths »

    Revue de presse 22/10/2015 sur les propos de Netanyahu au sujet de la Shoah, d'Hitler et du mufti Al-Husseini


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  • On commencera par un texte de Julien Salingue, toujours EXCELLENT sur ce sujet, rédigé pour le NPA (où doit certainement exister une lutte de lignes avec des gens en mode "oui mais bon, dans la résistance palestinienne y a quand même des forces un p'tit peu réactionnaires", "ouais enfin, y a des morts et des actions atroces des deux côtés", "et vous êtes sûrs qu'à battre le pavé comme ça pour la Palestine, on va pas passer pour des antisémites ?", etc. etc. - des gens, en fait, pas vraiment sur les positions des ultra-gauchistes réactionnaires délirants et objectivement pro-sionistes à la Aucordier ou Coleman, mais plutôt tétanisés par le terrorisme intellectuel que font régner ceux-ci à l'"extrême-gauche" : Salingue remet donc les pendules à l'heure et les points sur les i, à grandes doses de réalité en chiffres etc.) :


    Avec les Palestiniens, contre l’occupation


    Les grands médias et les analystes autoproclamés s’interrogent : comment comprendre la multiplication, ces derniers jours, des attaques menées par des Palestiniens en Cisjordanie, à Jérusalem et en Israël ?

    Pourquoi le « calme précaire » a-t-il cédé le pas à un « regain de violences » ? Le gouvernement israélien va-t-il pouvoir « reprendre le contrôle » de la situation ?

    It’s the occupation, stupid

    Une fois de plus, l’intérêt est porté sur le conflit opposant Israël aux Palestiniens lorsque des Israéliens sont blessés ou tués. Comme si, entre deux attaques au couteau ou entre deux tirs de roquettes, les « violences » s’interrompaient. Comme si la mainmise israélienne sur les territoires palestiniens, l’occupation militaire et la colonisation n’étaient pas des violences. Comme si le blocus de Gaza était une mesure pacifique…

    Combien de fois faudra-t-il le rappeler, les Palestiniens vivent sous occupation depuis des décennies, et sont confrontés chaque jour à la politique discriminatoire, expansionniste et répressive de l’État d’Israël. Il n’y a pas de « processus de paix » mais un processus de colonisation maintenue, avec son cortège d’expulsions, de saisies de terres, de démolitions de maisons, d’arrestations des récalcitrants.

    En temps « normal », il ne s’écoule pas une semaine sans que des manifestations palestiniennes soient prises pour cibles par l’armée israélienne, sans que des habitants de Cisjordanie soient victimes d’exactions commises par les colons, sans que des dizaines de Palestiniens soient enlevés en pleine nuit ou au petit matin pour être incarcérés sans jugement dans des prisons militaires.

    Alors, à la question « Pourquoi ces violences de la part des Palestiniens », on a envie de répondre par une autre question : « Pourquoi pas ? »

    Sois colonisé et tais-toi !

    Comme le faisait en effet remarquer la journaliste israélienne Amira Hass dans une tribune parue le 6 octobre dernier dans Haaretz, « Les Palestiniens se battent pour leurs vies, [alors qu’]Israël se bat pour l’occupation ». Et de poursuivre : «  Les jeunes Palestiniens ne se mettent pas à assassiner des juifs parce qu’ils sont juifs, mais parce que nous sommes leurs occupants, leurs tortionnaires, leurs geôliers, les voleurs de leur terre et de leur eau, les démolisseurs de leurs maisons, ceux qui les ont exilés, qui bloquent leur horizon. Les jeunes Palestiniens, vengeurs et désespérés, sont prêts à donner leur vie et à causer à leur famille une énorme douleur, parce que l’ennemi auquel ils font face leur prouve chaque jour que sa cruauté n’a pas de limites. »

    Quelles sont les perspectives offertes aux Palestiniens par ceux qui aujourd’hui critiquent leurs actions et exigent un « retour au calme » ? Aucune, sinon la perpétuation d’un système de domination et d’oppression contre lequel ils n’auraient pas le droit de s’insurger, et face auquel ils n’auraient qu’une seule attitude : la soumission et le silence, en attendant que les choses s’améliorent dans un avenir plus ou moins lointain. En d’autres termes : sois colonisé et tais-toi !

    La révolte des Palestiniens est légitime

    Entre le 1er et le 11 octobre, 4 Israéliens sont morts dans des attaques au couteau et une dizaine d’entre eux ont été blessés. Dans le même temps, 24 Palestiniens ont été tués et plus de 1 300 ont été blessés par balles réelles ou balles en caoutchouc, soit une moyenne de 130 par jour. Durant la seule journée du dimanche 11 octobre, 75 Palestiniens ont été atteints par des tirs à balles réelles lors de manifestations en Cisjordanie, à Jérusalem et à Gaza. Des chiffres qui indiquent non seulement l’ampleur de la répression israélienne, qui se durcit chaque jour, mais aussi et surtout le déséquilibre des forces en présence.

    Difficile de mesurer aujourd’hui l’ampleur que peut prendre la révolte en cours, notamment parce qu’elle se caractérise par une accumulation d’actes individuels, sans coordination ni stratégie de la part des factions politiques palestiniennes. Mais une chose est certaine : le gouvernement israélien a une fois de plus choisi de nier ses responsabilités et de se faire passer pour la victime, quitte à multiplier les provocations, les amalgames et les incitations à la haine. Mais rien n’y fera : la colère, la révolte et la résistance des Palestiniens sont légitimes, et personne ne pourra leur interdire de lutter pour affirmer leurs droits.

    Nous avons été, nous sommes, et nous serons à leur côté dans ce combat.

    Julien Salingue

    Revue de presse 15/10/2015 - Palestine

    ... et on enchaîne sur le texte du FPLP au sujet des récents évènements, traduit par les camarades de Coup pour Coup et repris sur Danactu (avec quelques petites retouches de notre part) :


    Soutenir les actions de la jeunesse palestinienne


    Les diverses actions héroïques de résistance requièrent l'appui populaire, et doivent inspirer les dirigeants (FPLP)

    Le Front Populaire pour la Libération de la Palestine (FPLP) a confirmé que les diverses actions de résistance menées par l’héroïque jeunesse palestinienne, qui se développent dans toute la patrie occupée, sont des opérations importantes qui doivent continuer, s’intensifier et évoluer, et qui requièrent l'appui populaire en Cisjordanie et à Jérusalem sous diverses formes à la lumière des crimes continus de l'occupant contre notre Peuple.

    Le FPLP a souligné que ces actions de résistance ont pris des formes multiples, y compris la résistance avec des couteaux ; ceci provient de la résolution et de la détermination des jeunes palestiniens à retrouver leur terre et leurs droits dont ils sont privés, et de leur conviction dans la justesse de leur cause.

    Le Front a affirmé que l'ennemi sioniste devait savoir que chaque Palestinien est un guérillero potentiel pour affronter l’occupation et les colonies ; et que le colonisateur ne trouvera aucun endroit pour jouir de la sécurité et de la stabilité. Les Palestiniens n’abandonneront pas la lutte pour leurs droits jusqu’à la dernière goutte du sang qui coule dans leurs veines.

    Le Front a également souligné la nécessité de soutenir ces différentes actions à un niveau organisé, par l'appel immédiat à la formation d’une direction nationale unifiée dans tous les domaines, afin d'organiser et de diriger cette bataille et d'élever le niveau des actions de résistance pour porter des coups sérieux à l'entité sioniste et aux colons. Le Front a également souligné la nécessité de prendre dans ses bras les familles des guérilleros héroïques pour leur apporter tout ce dont elles ont besoin, pour les soutenir et pour les défendre contre les attaques de l’occupation.


    Source : FPLP - Traduction : A.C.

    SOURCE : COUPPOURCOUP31

    Revue de presse 15/10/2015 - Palestine
    Thawra, Thawra hatta el-Nasr !
    (Révolution, Révolution jusqu'à la Victoire !)

    Revue de presse 15/10/2015 - Palestine
    Revue de presse 15/10/2015 - Palestine

     


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  • Suite au nouvel attentat-massacre de l'alliance barbouzarde AKP-Daesh contre un rassemblement de gauche, faisant plus d'une centaine de victimes :

    http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/10/12/apres-l-attentat-d-ankara-la-turquie-au-bord-du-gouffre_4787525_3214.html

    http://www.franceinfo.fr/actu/monde/article/qui-est-derriere-l-attentat-d-ankara-737717

    http://www.lefigaro.fr/international/2015/10/11/01003-20151011ARTFIG00083-l-attentat-d-ankara-pose-le-probleme-d-eventuelles-complicites-au-sein-de-l-etat-turc.php

    PARTIZAN : Les fascistes doivent savoir que nous n’abandonnerons pas les slogans des morts, leur lutte n’est pas terminée ! (Nouvelle Turquie)

    Hommage aux victimes de l'attentat fasciste d'Ankara (Bloc Rouge - Unification des maoïstes)

    De Bologne à Ankara, le spectre de la violence d’État (Quartiers Libres) [* On notera au passage dans cet article une INFORMATION D'IMPORTANCE CAPITALE, à savoir la décantation finale du système politique à la tête de l’État turc : les nationalistes du MHP/"Loups Gris", plutôt hostiles à l'AKP ces 13 dernières années en raison de sa politique de "dialogue" avec les Kurdes et de son "multinationalisme ottoman" sur la base de l'islam (hostilité partagée avec le CHP, le parti kémaliste historique, pour les mêmes raisons ainsi que pour son attachement à la "laïcité"), ont annoncé par la voix de leur important dirigeant Sedat Peker (également chef maffieux et par ailleurs impliqué en 2008 dans une conjuration militaire... contre Erdoğan, le réseau dit "Ergenekon") leur ralliement au "Sultan" pour les prochaines élections du 1er novembre. Nous n'avons là rien moins que la synthèse définitive d'une idéologie NÉO-JEUNE-TURQUE (l'idéologie du génocide arménien !), tel que nous avions déjà pu l'annoncer dans des articles précédents (1 - 2).]


    ... la riposte populaire révolutionnaire ne s'est pas faite attendre :


    Action conjointe du PKK et du TIKKO à Geyiksuyu

    La guérilla du TKP/ML-TIKKO et celle du PKK ont organisé une attaque contre une base militaire du Dersim, tuant au moins 6 militaires, pour protester contre les massacres commis depuis plusieurs mois par l’État fasciste turc.


    Dans les quartiers de Gazi et de Sarıgazi, les militant-e-s ont réclamé des comptes…

    Suite au massacre d’Ankara qui a eu lieu hier, samedi 10 octobre, le peuple et les militant-e-s révolutionnaires manifestent dans toute la Turquie. À Istanbul, les milices armées du TKP/ML-TIKKO, du MLKP, du YDG-H et du MKP demandent des comptes par les armes.


    Action armée du TKP/ML-TIKKO en mémoire des martyrs du massacre d’Ankara

    « Chez nous on ne demande pas des comptes au fascisme avec des mots ! Ce sont les balles qui règlent les comptes !». Le jeudi 15 octobre, la guérilla du TIKKO, liée au TKP/ML, a organisé une action armée contre une base militaire, en mémoire des martyrs du massacre d'Ankara.

    Nouvelles de Turquie/Kurdistan - 14 octobre 2015


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  • Nous revenons encore une fois sur la situation insurrectionnelle qui fait actuellement rage dans l’État turc et en particulier dans ses "provinces" kurdes.

    Le "sultan" et nouveau Jeune-Turc Erdoğan est bel et bien pris à son propre piège, puisque sa volonté hégémoniste régionale de renverser le régime syrien de Bachar el-Assad a transformé la légitime révolte populaire de ce pays en guerre fratricide et que de cette guerre fratricide a jailli l'expérience révolutionnaire lumineuse des Kurdes de Rojava, qui "déborde" désormais sur son territoire alors que des centaines de révolutionnaires turcs ont rejoint la lutte contre les hordes takfiristes là-bas et sont prêts à leur retour à en finir avec le régime sanguinaire d'Ankara, en place depuis près d'un siècle.

    L'affrontement se concentre en ce moment tout particulièrement sur la ville de Cizre, dans la province kurde de Şırnak :

    Turquie: la ville de Cizre croule sous un déluge de feu (site Solidarité Ouvrière)

    Chape de plomb répressive et militariste en Turquie

    Cizre ne se rendra pas ! (Nouvelle Turquie)

    À Cizre le peuple est abandonné face à la mort !

    Kurdistan : Des milliers de manifestants affluent à Cizre pour secourir la population (Secours Rouge APAPC)

    Kurdistan : Le couvre-feu contre Cizré est levé, la grève de la faim des prisonniers se poursuit

    La situation révolutionnaire en développement atteint un niveau jamais vu depuis (au moins) la lutte armée du PKK dans les années 1980-90 :

    La Guerre, la Jeunesse et l’Autogestion

    Mais la lutte touche aussi le reste de l’État, et en particulier la capitale économique Istanbul :

    Affrontements à Istanbul, guérilla au Kurdistan et rassemblement à Bruxelles

    Pour se tenir informé-e-s en temps réel, les meilleures sources sont le site Nouvelle Turquie [MàJ : maintenant ici], le Secours Rouge section "Turquie-Kurdistan" et Solidarité Ouvrière tag "Kurdistan". On peut encore consulter le site des Amitiés kurdes de Bretagne.

    Par ailleurs, les maoïstes hexagonaux du Bloc Rouge ont réalisé une interview de l'organisation révolutionnaire DHF (Demokratik Haklar Federasyonu, Fédération démocratique du Peuple), qui sera publiée prochainement dans leur journal et probablement sur leurs médias en ligne. Cette interview reviendra avec un point de vue maoïste sur la situation dans ce pays.


    Encore des nouvelles de Turquie & Kurdistan du Nord


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  • Tandis qu'en Rojava la lutte héroïque et existentielle des Kurdes contre les dégénérés fascistes de Daesh se poursuit, avec le renfort de quelques 500 internationalistes venus d'Europe, la duplicité de l’État turc (officiellement membre de la coalition anti-djihadiste) apparaît chaque jour de manière plus évidente (ainsi que celle des satrapes vendus à l'impérialisme du Kurdistan "autonome" d'Irak, cul-et-chemise de longue date avec Ankara, cf. le troisième lien ci-dessous) : combattants takfiri vaincus se repliant le plus tranquillement du monde du côté "turc" avec un immense sourire aux lèvres devant les militaires qui les accueillent ; attentats anti-kurdes/progressistes/révolutionnaires en plein territoire "turc" (Diyarbakir contre un meeting du HDP avant les élections, Suruç contre les jeunesses du MLKP le 20 juillet) sans le moindre problème... ensuite de quoi la répression s'abat sur lesdits Kurdes/progressistes/révolutionnaires victimes ; offensives djihadistes contre des positions kurdes en Rojava juste après des vols de reconnaissance de l'aviation turque, etc. etc.

    Parallèlement, aux dernières élections législatives de juin, le parti progressiste HDP principalement soutenu par les Kurdes (ainsi que par la minorité culturelle alévie) a privé pour la première fois l'AKP au pouvoir ("démocrate-musulman"/"néo-menderiste", "ottomaniste") de la majorité absolue à la Grande Assemblée nationale, en raflant quelques 80 élus avec 13% des voix. Ceci a conduit Erdoğan à un nouveau coup de force constitutionnel en annonçant la tenue de nouvelles élections pour le 1er novembre, où il tentera de reconquérir une majorité ; tandis que paradoxalement (mais ces paradoxes font partie intégrante des accélérations de l'histoire) le gouvernement provisoire nommé en attendant intègre pour la première fois... deux élus HDP, le CHP ("centre-gauche" social-fasciste kémaliste) et le MHP (extrême-droite ultra-nationaliste) ayant refusé catégoriquement d'y participer (outre la "laïcité" principe identitaire du CHP, l'un et l'autre ne pardonnent pas à l'AKP d'avoir été... trop "libéral" à leurs yeux vis-à-vis des Kurdes ; tandis que du côté de ce dernier il y a peut-être une tentative de "mouiller" et décrédibiliser le HDP pour diviser le mouvement kurde - dont ce parti représente évidemment la tendance réformiste et modérée, appelant régulièrement le PKK à déposer les armes).

    Tout ceci a conduit ces derniers mois le "Sud-Est anatolien" (appellation fasciste turque du Kurdistan du Nord) mais aussi le reste de l’État à développer une situation insurrectionnelle permanente et grandissante : tous les jours à la répression répond la résistance et réciproquement ; l'état de siège est mis en place dans près d'une centaine de districts tandis que certaines municipalités à majorité kurde... et même une province entière ont proclamé "ne plus reconnaître l'autorité d'Ankara" ; la guérilla urbaine rouge mène des attaques jusqu'au cœur de la capitale économique Istanbul (lire ici et ici) ; tandis que les pourparlers qu'avait engagés la direction du PKK (notamment le dirigeant-fondateur Öcalan, emprisonné depuis 1999) avec le gouvernement AKP sont bien évidemment au point mort.

    Bien sûr, au regard notamment de ces va-et-vient permanents du PKK entre guérilla et table des négociations (et de la faiblesse relative des organisations ML et MLM : MLKP, TKP/ML, MKP, sans même parler du DHKP-C qui est hostile à l'affirmation nationale kurde), il manque à ce mouvement réel des masses une direction politique armée d'une stratégie claire. Néanmoins, l'Anatolie est bel et bien entrée dans une époque de grandes turbulences dont il est tout sauf certain que le régime turc (instauré voilà plus de 90 ans) ressortira intact...

    Voici une série de liens sur la situation politique et militaire au cours des derniers mois :

    http://www.rfi.fr/moyen-orient/20150817-kurdes-turquie-proche-guerre-civile-pkk-varto-mus

    http://www.humanite.fr/ankara-en-guerre-contre-les-kurdes-580732

    http://blogs.mediapart.fr/blog/laterreur/040815/chronique-du-kurdistan-1-l-insurrection-qui-vient (après un bref exposé sur les situations côtés "irakien" et "syrien", bonne présentation de celle du côté "turc")

    http://www.middleeasteye.net/fr/reportages/des-kurdes-prennent-les-armes-et-d-clarent-l-autonomie-en-turquie-1528198423

    http://www.secoursrouge.org/Turquie-Kurdistan-Villes-insurgees-et-guerilla-au-Kurdistan-affrontements-a

    http://www.secoursrouge.org/Turquie-Kurdistan-Attaques-contre-des-civils-et-climat-insurrectionnel

    https://nouvelleturquie.wordpress.com/2015/07/22/une-action-armee-du-tkpml-tikko-et-du-mlkp-pour-suruc/

    https://nouvelleturquie.wordpress.com/2015/08/22/au-kurdistan-turc-98-zones-sont-declarees-zones-de-securite-speciale/

    https://nouvelleturquie.wordpress.com/2015/08/28/a-gever-yuksekova-la-loi-martiale-et-les-assauts-perdurent/

    https://nouvelleturquie.wordpress.com/2015/08/12/actions-conjointe-du-tkpml-tikko-et-du-pkk-a-dersim/

    https://nouvelleturquie.wordpress.com/tag/kurdistan/

    http://www.secoursrouge.org/turquie-kurdistan

    http://blogs.mediapart.fr/blog/laterreur/240815/traitement-mediatique-de-la-question-kurde-le-cas-ekin-van (sur le scandale de la profanation-humiliation ignoble du corps de la combattante Ekin Van, tuée au combat le 10 août par les forces turques)

    https://nouvelleturquie.wordpress.com/2015/08/28/action-de-la-guerilla-feminine-du-tkpml-tikko-en-memoire-dekin-wan/

    https://nouvelleturquie.wordpress.com/2015/08/30/a-silopi-3-jeunes-ont-ete-execute/




    Turquie-Kurdistan : situation révolutionnaire en développement ?


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  • Fin avril, nous écrivions dans un article consacré au génocide arménien et à l’État fasciste turc actuel (dont le crime de 1915 est à la racine) : "Le jour où l’État fasciste turc tombera, les atroces assassinats du camarade Ibo et de tant d'autres révolutionnaires comme du million et demi d'Arménien-ne-s génocidé-e-s seront vengés à tout jamais... et LE MONDE ENTIER TREMBLERA !!!".

    L’État fasciste turc n'est certes pas tombé, même s'il vient de prendre une belle claque (pas adressée, pour le coup, au seul AKP d'Erdoğan au pouvoir !) avec les scores électoraux du parti progressiste et défenseur des minorités HDP (Parti démocratique des Peuples), qui cartonne notamment dans les régions kurdes et remporte 80 députés.

    Néanmoins un grand criminel fasciste vient de recevoir la Justice du Peuple ; un tortionnaire impliqué notamment dans la mort atroce d'Ibrahim Kaypakkaya et de son camarade Ali Haydar ! Vu ce que représente pour nous l'héritage du camarade Ibo, une telle nouvelle se doit d'être partagée avec nos lecteurs.

    Voici l'article publié sur le (tout nouveau) site Nouvelle Turquie :


    MKP a pris des mesures pour punir Fehmi Altınbilek


    MKP BayrakLe Maoist Komünist Partisi (MKP) revendique son action punitive du 6 juin, à Beşiktaş à Istanbul, visant à tuer Fehmi Altınbilek, membre actif de la JİTEM et de la contre-guérilla, assassin d’un grand nombre de révolutionnaires communistes, tel que le leader communiste İbrahim Kaypakkaya, Ali Haydar Yıldız et Mahir Çayan. Le MKP a annoncé que l’action a été faite par ses forces militaires les Partizan Halk Güçleri.

    REDACTION (08.06.2015) – Le Maoist Komünist Partisi (MKP) a publié une déclaration indiquant avoir pris des mesures pour punir le célèbre tortionnaire Fehmi Altınbilek à Beşiktaş le 7 juin. Selon les déclarations que nous avons reçues par email, ce sont les Partizan Halk Güçleri (PHG) qui sont liés au MKP qui ont commis l’action. Ils s’excusent d’avoir visé également son épouse par erreur et déclare : « Même si c’est tardif, il s’agit de justice prolétarienne exécuté par les Partizan Halk Güçleri sous l’autorité du MKP qui a condamné à mort le colonel retraité Fehmi Altınbilek. »

    Comme nous l’avons appris hier dans la presse bourgeoise, Çetin Oğuz était la fausse identité sous laquelle vivait le célèbre tortionnaire après ses massacres et sa promotion au grade de colonel. La presse bourgeoise a expliqué qu’on a tiré sur Altınbilek et son épouse alors qu’il se rendait au bureau de vote et qu’à ce moment ils étaient gravement blessés à l’hôpital.

    Nous partageons la déclaration du MKP que nous avons reçu : Lire la suite >>>

    PS - Au cours de la campagne électorale un attentat fasciste a également ensanglanté la ville d'Amed (Diyarbakir) au Kurdistan, où se tenait un meeting du HDP, faisant 3 morts et plus de 400 blessés dont 16 graves. À ce sujet lire (toujours sur Nouvelle Turquie) cette autre déclaration du MKP : Suite à l’attentat d’Amed, le Maoist Komünist Partisi (MKP) a publié une déclaration s’intitulant « les responsables de cet attentat sont Erdoğan et le gouvernement de l’AKP »

     


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  • Il est difficile, pour ne pas dire impossible à un État moderne (c'est-à-dire capitaliste, produit et au service de l'accumulation du Capital) de naître sans perpétrer ce que la bourgeoisie mondiale qualifie elle-même, depuis 1945, sous le vocable de "crimes contre l'humanité".

    Tous les pays d'Europe, au même titre que les colonies européennes établies sur les autres continents à partir de 1492, ont connu cela. Tout simplement parce qu'un État/Empire moderne, produit et au service du capitalisme, consiste en dernière analyse en une extension perpétuelle du marché/base d'accumulation comme condition de la REPRODUCTION DU CAPITAL, transformant les territoires et leurs populations en forces productives/force de travail vouées à cette reproduction... et "balayant" sans pitié tout ce qui leur apparaît (à tort ou à raison) comme un "obstacle", qu'il s'agisse d'éléments du milieu naturel... ou de personnes et même d'entières communautés humaines.

    Depuis le début du 20e siècle, cette impossibilité est encore plus totale et de surcroît, va de pair avec l'impossibilité de constituer un État économiquement indépendant des puissances capitalistes-impérialistes déjà "installées". Vers 1900 le vieil Empire ottoman était l'un de ces derniers États au monde qualifiables de "non-modernes", non-fondé sur une idéologie "nationale" d’État mais sur l'allégeance de territoires (vilayets, beyliks, pachaliks) et de communautés ethno-religieuses (milliyets) à un souverain sur une ligne théocratique (celui-ci étant en même temps le "Commandeur des Croyants" - le "Pape" de l'islam en quelque sorte - et le "protecteur" des autres confessions), sans véritable pouvoir politique et économique central etc. ; bien qu'une tendance "modernisatrice" s'y soit affirmée au cours du siècle précédent avec notamment la Constitution de 1876 (mais tout ceci déjà dans un contexte de soumission semi-coloniale toujours grandissante aux puissances impérialistes européennes, à la fois "inspiré" par et "en réaction" à celles-ci).

    Pour "entrer dans la modernité" sous l'égide des "Jeunes-Turcs" (Comité Union et Progrès, parti moderniste de la bourgeoisie turque), il "devait" donc forcément brandir une idéologie "nationale"-étatique fanatique et commettre de grands crimes de masse pour "balayer" les "obstacles" sur cette voie ; dans un contexte de conflit avec la Russie et les puissances européennes qui cherchaient à le dépecer en s'appuyant sur les populations chrétiennes ; et en se plaçant (impossibilité d'un État bourgeois réellement indépendant au 20e siècle) sous le "parrainage" de l'impérialisme allemand.

    C'est ainsi qu'entre 1915 et le début des années 1920 périront un million et demi d'Arménien-ne-s, mais aussi des centaines de milliers de chrétiens "assyro-chaldéens" ou de Grecs sans oublier la répression de la révolte arabe appuyée par les Anglais.

    Par la suite, amputé de ce qui est aujourd'hui le Machrek arabe et réduit (après tout de même une contre-offensive menant au Traité de Lausanne) à ce qui constitue son territoire actuel (Anatolie et un petit bout de Thrace en Europe), l’État turc sera dirigé par le kémalisme dans un prolongement total de l'idéologie "jeune-turque" (sous couvert d'une "condamnation" de principe de la politique des années 1910, et d'un modernisme laïciste encore plus affirmé) : le même cocktail de modernisme bourgeois (ne débouchant cependant sur aucune révolution anti-féodale réelle : "révolution" bourgeoise inachevée) et de chauvinisme grand-turquiste qui conduira à l'oppression féroce de toute minorité nationale (non-turque) et religieuse (non-"sunnilaïque") et à de nouveaux massacres en se tournant notamment contre les anciens "partenaires" kurdes ; tandis qu'après une période de "neutralité" affichée le régime trouvera sa place comme "pièce maîtresse" dans le dispositif du "monde libre" face à l'URSS et au nationalisme arabe, dans le contexte de la Guerre froide.

    Mais quoi qu'il en soit, inachevée et "dépendante" de l'impérialisme ou pas, c'est bien une révolution bourgeoise qui a eu lieu en Turquie entre la prise de pouvoir des Jeunes-Turcs en 1908 et le règne de Mustafa Kemal Atatürk (1920-38), période dans laquelle s'inscrivent le génocide arménien et les autres massacres ("Assyriens", Grecs, Dersim)... et n'en déplaise aux tenants d'un certain marxisme "primitif" et mal digéré (à la limite du positivisme), une révolution bourgeoise est par essence À LA FOIS anti-féodale et CRIMINELLEMENT ANTIPOPULAIRE - comme en témoignent les massacres et autres lois "anti-vagabonds", enclosures et evictions de la "longue révolution" britannique (1640-~1840) au même titre que les violences et les résistances qui ont jalonné la "longue révolution" hexagonale de 1789 jusqu'à la répression des Communes en 1871 (violences et résistances évoquées par exemple ici concernant la Bretagne, ou montrées par cette carte des rébellions populaires contre les forces de l'"ordre" au 19e siècle).

    La seule différence étant que dans le cas turc (au 20e siècle, très tard, trop tard...) l'aspect anti-féodal aura été par nature tronqué, limité à la superstructure (abolition du sultanat qui était en même temps le califat, "papauté" des musulmans ; sécularisation de la société etc.) sans toucher réellement à la semi-féodalité comme rapport social et de production (grande propriété agraire dans les campagnes, métayers payant un "loyer" exorbitant à leurs propriétaires etc. etc.) ; et l'aspect antipopulaire n'en sera que d'autant plus prédominant et ne pourra déboucher (surtout à l'ère de la révolution prolétarienne à l'ordre du jour) que sur une forme de gouvernement directement et profondément fasciste. Pour autant, ces massacres visant à transformer les résidus d'un Empire multinational/multiculturel en État-"nation" uniformisé n'auront nullement été une quelconque "résistance" à la "modernité" et à ses "Lumières", comme le sous-entendent bon nombre d'analyses marxistes en insistant sur ce caractère incomplet de la lutte anti-féodale, mais bien au contraire les affres de la pleine entrée dans cette "modernité" capitaliste en question (comprendre par là que pour avoir été plus "radicaux" dans la dé-féodalisation, les États capitalistes occidentaux - France, Royaume-Uni, USA etc. sans même parler de l'ultra-moderne Allemagne nazie - n'en auront pas été moins exterminateurs, comme beaucoup de Peuples peuvent hélas en témoigner...). Une "modernité" qui comme nous l'avons déjà dit plus haut, pour "triompher" c'est-à-dire donner à la bourgeoisie une véritable base d'accumulation et de reproduction de son Capital, doit obligatoirement commettre des crimes de masse pour "balayer" ce que ladite bourgeoisie juge être "en travers de son chemin". Et une "modernité" capitaliste qui, à présent qu'elle a pleinement rempli son rôle historique de "sortir l'humanité de la préhistoire", doit à son tour être balayée dans le fracas de la Guerre du Peuple pour ouvrir la voie à l'avenir communiste !

    Bien sûr, en conséquence de ce qui vient d'être dit, la condamnation du génocide arménien par les puissances impérialistes occidentales suinte l'hypocrisie par tous les pores : non seulement (en dehors de la propagande de guerre sur le moment même) elle a été extrêmement tardive, pas avant les années 1980 (auparavant il ne fallait surtout pas froisser l'allié kémaliste, essentiel comme on l'a dit dans le cadre de la Guerre froide !), mais elle émane d’États qui devraient déjà commencer par balayer devant leur propre porte de crimes coloniaux et impérialistes en tout genre (s'attirant en ce sens les répliques bien senties d'Ankara...) et fait au demeurant comme si le massacre des Arméniens était "tombé du ciel" dans un monde idyllique et n’avait aucun lien avec la Première Guerre mondiale impérialiste... déchaînement de violence et de barbarie sans précédent pour le partage des colonies et des zones d’influence, dont ces États sont bien sûr les premiers responsables devant l'Histoire !

    Il n'en reste pas moins que ce crime contre l'humanité a été le baptême de sang d'un État moderne particulièrement réactionnaire et fasciste (pouvoir du haut-commandement militaire, etc.), d'une Prison des Peuples (y compris pour le Peuple turc lui-même !) dont la chute sera un Jour de Libération pour les 80 millions d'hommes et de femmes qui le peuplent et un tremblement de terre pour l'ordre capitaliste-impérialiste dans toute la région et même dans le monde entier.

    Des camarades y œuvrent jour après jour au péril de leur vie, suivant notamment la voie tracée par l'une des plus lumineuses pensées communistes du siècle dernier : celle d'Ibrahim Kaypakkaya.

    Voici l'article que nous lui avions consacré il y a deux ans :


    Honneur communiste à Ibrahim Kaypakkaya, assassiné il y a 40 ans par l’État fasciste turc


    [Nous y faisions d'ailleurs - notamment - remarquer qu'après avoir semblé dans un premier temps amorcer une certaine libéralisation de l’État (surtout sur le plan de la négation des nationalités), une réduction du rôle de l'institution militaire (Conseil de Sécurité Nationale) face aux élus civils et un "désalignement" vis-à-vis de l'Occident et d'Israël (refus de servir de base pour l'invasion de l'Irak en 2003, soutien ouvert au "parti frère" Hamas en Palestine), l'AKP au pouvoir depuis 2002 a finalement été happé à son tour dans la fuite en avant autoritaire et répressive (lire aussi ici au sujet du "mouvement de Taksim" de 2013) indissociable de la crise générale terminale du capitalisme, surtout dans la région proche- et moyen-orientale où celle-ci aiguise particulièrement toutes les contradictions (il suffit de voir la Syrie), et a en fin de compte (en quelque sorte) "refondu" l'idéologie étatique turque dans un sens moins "laïc intégriste" et plus "ouvert" à l'islam sunnite, religion de la majorité de la population... et surtout de toute une nouvelle bourgeoisie - petite, moyenne voire grande - de l'intérieur du pays (chose très nette sur les cartes électorales) qui a connu au cours des dernières décennies un développement économique fulgurant et peuplé la capitale économique Istanbul à la faveur de l'exode rural (Erdoğan devenant maire de la ville dès 1994), produit des militaires (y compris hauts gradés) contrecarrant les menaces latentes de coup d’État de l'aile "dure" laïciste et imposé ainsi l'hégémonie intellectuelle d'une sorte de "kémalisme islamisé" (assez semblable finalement... à l'ultra-nationalisme d'extrême-droite "pantouranien" du MHP, qui multiplie d'ailleurs ces derniers temps les déclarations d'amour envers le parti au pouvoir) ; phagocytant de fait la base sociale de la "droite kémalo-libérale" özalo-demirelienne (totalement disparue des écrans radar...) qui avait dominé la vie politique entre 1974 et 1996 (faisant entrer le pays dans l'ère du "néolibéralisme" entre deux coups d’État militaires sanglants...) tout en maintenant une ligne géopolitique "ottomaniste" de puissance régionale, tournée économiquement et diplomatiquement vers le voisinage oriental quitte à entrer en conflit avec l'Occident ("idéologie Vallée des Loups") ; ce qui associé (donc) au tournant autoritaire-répressif de ces dernières années fait finalement ressembler le régime... à celui d'"Union et Progrès" !]

    Rien ne sert de larmoyer et de "commémorer", surtout aux côtés d'impérialistes hypocrites qui tentent de faire oublier non seulement leurs propres crimes, mais même leur propre responsabilité dans la situation terreau du génocide : le Pouvoir est dans l'action, et la Victoire est au bout du fusil !

    Le jour où l’État fasciste turc tombera, les atroces assassinats du camarade Ibo et de tant d'autres révolutionnaires comme du million et demi d'Arménien-ne-s génocidé-e-s seront vengés à tout jamais... et LE MONDE ENTIER TREMBLERA !!!


    Il y a 100 ans, l’État fasciste turc naissait dans le sang des Arménien-ne-s... Demain, dans le sentier de KAYPAKKAYA, il périra sous les baïonnettes de la Justice des Peuples !Il y a 100 ans, l’État fasciste turc naissait dans le sang des Arménien-ne-s... Demain, dans le sentier de KAYPAKKAYA, il périra sous les baïonnettes de la Justice des Peuples !

    Il y a 100 ans, l’État fasciste turc naissait dans le sang des Arménien-ne-s... Demain, dans le sentier de KAYPAKKAYA, il périra sous les baïonnettes de la Justice des Peuples !

    Il y a 100 ans, l’État fasciste turc naissait dans le sang des Arménien-ne-s... Demain, dans le sentier de KAYPAKKAYA, il périra sous les baïonnettes de la Justice des Peuples !


    Hommage a Ibrahim Kaypakkaya par Socialisme44

    Il y a 100 ans, l’État fasciste turc naissait dans le sang du génocide arménien... Demain, dans le sentier de KAYPAKKAYA, il périra sous les baïonnettes de la Justice des Peuples !


    [Sur la Turquie actuelle et ses contradictions, lire aussi (l'article date un peu - 2010 - et certaines choses ont pu changer sensiblement, comme les alliances géopolitiques par exemple, mais l'article consacré au camarade Kaypakkaya  - en lien plus haut - a aussi été l'occasion d'un "point" plus actualisé) : Turquie, Iran, Kurdistan, Israël : qu'en est-il ?]

     


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  • http://www.couppourcoup31.com/2015/03/les-resultats-des-elections-sionistes-refletent-simplement-la-nature-raciste-de-l-etat-fplp.html

    Les résultats des élections sionistes reflètent simplement la nature raciste de l’État (FPLP)

    Déclaration du Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP) à l'occasion des résultats des élections législatives en Israël. Pour rappel, le FPLP appelait au boycott de ces élections.

    Le Front Populaire pour la Libération de la Palestine a déclaré que les résultats de l'élection israélienne reflètent simplement la nature et la structure raciste et fasciste de la société sioniste qui a produit ces résultats et a élu le Parti Likoud et ses alliés de droite, engagés dans les attaques anti-palestiniennes les plus ouvertes et extrêmes contre notre Peuple et ses droits tout au long la campagne.

    La montée de l'extrémisme et du racisme dans la société sioniste et le climat de fascisme sont alimentés par l’échec des autorités palestiniennes et arabes à s’opposer à l’État d’occupation ainsi que par les puissances impérialistes internationales, qui offrent leur protection à ses crimes et à ses violations permanentes du droit international et préservent son immunité et son impunité de toute responsabilité ou poursuite.

    Le Front a souligné qu’affronter l'extrémisme sioniste et répondre à ces élections requiert une politique palestinienne claire et décisive qui balaye les illusions de la confiance envers des négociations futiles et établisse à la place une stratégie nationale unifiée pour affronter l'ennemi et pour lutter pour les pleins droits de notre Peuple, sur la base de notre chemin stratégique de résistance pour la victoire.

    Le Front a exigé l'exécution immédiate des résolutions du Conseil central palestinien prises lors de sa dernière session, de se désengager vis-à-vis de l’État occupant et de ses responsables officiels en premier lieu et surtout, de mettre fin à la coopération de sécurité et de rejeter les Accords d'Oslo qui ont été si destructeurs pour le Peuple palestinien, de mettre fin à la division interne palestinienne par un projet sérieux d'unité nationale basé sur un programme unifié et sur la reconstruction de l'OLP à travers des institutions élues et démocratiques englobant toutes les forces palestiniennes, et de continuer à exiger la poursuite des dirigeants de l’État sioniste devant la Cour pénale internationale.

    Source : FPLP - Traduction : A.C.

    Les résultats des élections sionistes reflètent simplement la nature raciste de l’État (FPLP)


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  • Pour expliquer le plus clairement possible notre position au sujet de l'"État islamique" et de l'ensemble des évènements en cours au Proche et Moyen-Orient, il serait possible de prendre beaucoup d'exemples historiques.

    Prenons, pour sa proximité géographique et ses similitudes géopolitiques, celui de l'Empire ottoman lors de la Première Guerre mondiale :

    - Celui-ci était, certes, déjà constitué sur un territoire donné (consistant en l'actuel État turc + le Machrek arabe) alors que Daesh "part de rien" ; toutefois, il s'agissait alors de "capitaliser" (au bénéfice de la bourgeoisie turque) cet immense territoire qui, dans sa majeure partie, ne fonctionnait pas encore dans le cadre d'une économie capitaliste moderne (bien que le capitalisme marchand y soit présent et ancien, plus ancien même qu'en Europe). Avec ses vilayet (provinces) et ses milliyet (communautés ethno-religieuses) très autonomes et liées au sultan par "traité", l'Empire n'était en fait pas vraiment un État-"nation" moderne au service d'une bourgeoisie "centrale" - et c'est justement ce que ses dirigeants voulaient faire de lui...

    - L'idéologie qui présidait à cela (celle des "Jeunes-Turcs" Union et Progrès) était certes plutôt de type laïciste (encore que beaucoup moins que le kémalisme ultérieur) et moderniste. Ces idéologies ont depuis, dans cette partie du monde, connu un recul considérable et l'on a assisté à un renouveau des étendards religieux supposés plus "authentiques" et "enracinés". Mais tout ceci est en réalité très secondaire.

    - Toute guerre contre cet Empire ne pouvait alors consister qu'à le dépecer en colonies directes ou en semi-colonies de l'Europe impérialiste. Le seul impérialisme à lui dire (en substance) "on ne touchera pas à votre intégrité territoriale si vous êtes nos fidèles vassaux" était l'impérialisme allemand ; et c'est par conséquent à celui-ci qu'était alliée Istanbul (Constantinople à l'époque) pour mener cette entreprise de "capitalisation" du territoire au service de la bourgeoisie turque.

    - Contrairement à ce qu'affirment les complotistes, l'"État islamique" n'a aujourd'hui aucun soutien impérialiste du G8 ni du G20. Deux "émergents" expansionnistes du G20 peuvent éventuellement lui apporter un soutien indirect et contradictoire : l’État turc et l'Arabie saoudite. Mais Daesh n'en est pas moins une démarche 1°/ nullement anti-impérialiste ni de libération nationale (arabe par exemple), 2°/ (au contraire) clairement au service d'un Grand Capital : les milliards de pétro-dollars accumulés entre les mains de quelques familles oligarchiques du Golfe, 3°/ consistant en la construction à marche forcée (par des méthodes d'une brutalité terrifiante) d'une base d'accumulation capitaliste ; cette fois-ci en conquérant/soumettant premièrement le territoire et la population là où l'Empire ottoman avait déjà son territoire, mais devait le "capitaliser" tout en en empêchant le dépeçage (là encore, ces différences sont secondaires).

    - Le projet "Jeune-Turc" s'appuyait sur la bourgeoisie turque qui se sentait "humiliée" et "marginalisée" dans son propre pays ; tandis que les minorités nationales étaient ouvertement utilisées (depuis plus d'un siècle) comme points d'appui par les projets impérialistes de dépeçage (exemple type : les Arméniens par la Russie et ses alliés... français, mais aussi les chrétiens en général - du Liban notamment, de Syrie etc. ou encore les Arabes par les Anglais, sans oublier l'immigration sioniste en Palestine). Aujourd'hui, toute personne réfléchissant un peu sait pertinemment où se trouve la matrice de l'"abomination" Daesh : dans la frustration et l'humiliation des tribus arabes sunnites du Nord irakien depuis la chute de Saddam Hussein (2003), l'occupation anglo-américaine du pays et l'installation à sa tête d'un pouvoir chiite (lire ici un très intéressant entretien avec un spécialiste de la région à ce sujet). Ce sentiment s'est communiqué par capillarité culturelle et tribale aux Arabes sunnites de l'Est syrien, confrontés eux aussi à un pouvoir "chiite" (alaouite) et pro-iranien dans une terrible guerre civile (depuis 2011). Sans s'appuyer sur cela, l'"État islamique" n'aurait pas pu exister. Il s'appuie certes, aussi, sur une démarche ressemblant beaucoup (pour le coup)... à l'un des instruments de dépeçage de l'Empire ottoman : le sionisme, en présentant le territoire qu'il contrôle comme une "Terre promise" pour les "musulmans du monde entier" invités à venir y mener une vie "islamiquement pure". Ceci est l'aspect principal du djihadisme venu des pays occidentaux : une logique sioniste "version musulmane" consistant à chercher une "Terre promise" plutôt que de lutter en tant que racisé là où l'on vit*. Mais ce phénomène n'est pas suffisamment massif pour permettre de contrôler un aussi vaste territoire sans appui local. Cet appui local, c'est donc la frustration arabe sunnite de cette vaste région longeant (en substance) le fleuve Euphrate.

    - POUR AUTANT, être en lutte contre une telle marginalisation et de telles menées impérialistes ne pouvait justifier (de la part des Turcs) des choses telles que le génocide des Arméniens et les massacres perpétrés contre d'autres minorités (comme les chrétiens assyriens, aujourd'hui à nouveau visés par Daesh). Ces crimes contre l'humanité devaient (et doivent encore aujourd'hui) être dénoncés avec la dernière force et la place de leurs auteurs décisionnaires était au bout d'une corde ou devant un peloton d'exécution, comme celle des nazis après la Seconde Guerre mondiale.

    - De la même manière, aujourd'hui, le "Califat" de Daesh comme base de valorisation des pétro-dollars du Golfe (qui le financent) passe par l'anéantissement de toute minorité non-arabe sunnite (Kurdes, chrétiens assyriens, Yézidis, Turkmènes etc.), perçue comme hostile par nature, et ne peut au demeurant s'imposer aux masses arabes sunnites elles-mêmes que par la terreur. Ces atrocités ne peuvent évidemment être justifiées ni tolérées par les consciences progressistes ; et justifient au contraire un soutien total aux forces populaires qui leur résistent et les combattent, pour y mettre fin et en punir les auteurs.

    - Il n'en reste pas moins que, la Première Guerre mondiale terminée et l'Empire ottoman vaincu, la condamnation de ses atrocités n'était nullement incompatible avec le refus de son dépeçage impérialiste par les vainqueurs (Traité de Sèvres) ; lequel dépeçage n'avait rien à voir avec le droit des peuples à l'autodétermination et tout à voir avec la formation de colonies et de semi-colonies (de bases d'accumulation) au profit des monopoles occidentaux (les Arabes "libérés" ne tardèrent d'ailleurs pas à s'en rendre compte, sans même parler des Kurdes dont les droits nationaux furent tout simplement passés par pertes et profits). Les marxistes n'avaient pas à accepter une domination bourgeoise turque (appuyée par l'Allemagne) sur les Peuples de l'Empire ottoman, a fortiori une domination génocidaire  ; mais ils n'avaient pas non plus à accepter des États "nationaux" fantoches et autres protectorats au service de l'impérialisme, et une domination impérialiste sur le Peuple turc lui-même.

    Une telle politique ne pouvait en effet déboucher que sur un nouveau cycle de revanches et de massacres et engendrer (en réaction) un nouveau monstre réactionnaire : c'est ce qui se produisit avec une poignée d'anciens "Jeunes-Turcs" regroupés autour de Mustafa Kemal pour livrer une "guerre d'indépendance" qui terminera le "nettoyage" ethnique des communautés chrétiennes (Arméniens, Grecs) et donnera naissance à l'actuel État turc, nouvelle Prison des Peuples "modèle réduit" qui après moultes péripéties finira par trouver sa place - comme "pièce maîtresse" - dans le système de domination impérialiste de la région (il faut dire que son idéologie "moderniste" d'imitation fanatique de l'Occident lui aura largement facilité une telle intégration)... Un "ordre" régional à présent (comme chacun-e peut le voir) une nouvelle fois battu en brèche. Car en réalité seule une solution démocratique, forcément synonyme de révolution sociale contre les classes exploiteuses locales et le Capital impérialiste du "Nord", pouvait réellement en finir avec le va-et-vient éternel des "revanches" et des expansionnismes bourgeois (constructions de bases d'accumulation capitalistes) et permettre une véritable cohabitation fraternelle entre les Peuples, nationalités et autres communautés (confessionnelles par exemple) de cette région de monde.

    - C'est exactement la même chose aujourd'hui ; et tel est le fondement de toute notre position. Les communistes que nous sommes n'acceptent pas la barbarie infligée par l'"État islamique", au service de ses financeurs pétro-milliardaires du Golfe, aux populations des territoires qu'il contrôle. Mais ils n'acceptent pas non plus, pour autant, les "découpages" et autres "re-dessins" de la région que les puissances impérialistes nous servent depuis (justement) la Première Guerre mondiale et qui ont à voir avec tout sauf l'intérêt des Peuples.

    La question kurde doit trouver sa solution démocratique dans un Kurdistan démocratique (au service du Peuple kurde et non d'une oligarchie liée à l'impérialisme). Mais les Arabes sunnites, quels que soient les crimes commis par leurs élites en alliance avec Daesh ou (hier en Irak) avec le régime de Saddam Hussein, ont eux aussi le droit de recevoir un traitement démocratique. Sans cela, le cycle de revanche ne ferait que "repartir pour un tour" au seul et unique bénéfice des rivalités impérialistes et expansionnistes régionales. Cette solution démocratique pourrait fort bien (pourquoi pas ??) prendre la forme d'une "Assyrie" démocratique le long de l'Euphrate et du Tigre jusqu'à Bagdad (ville conçue à l'origine comme un "carrefour", un hub à la "croisée des chemins" plutôt que la capitale-"centre" d'un État-"nation") ; entité qui aurait (après tout) une toute autre cohérence et continuité historique et culturelle que les États irakien et syrien actuellement existants, et dans laquelle les minorités non-arabes et non-sunnites (présentes depuis des millénaires) auraient bien sûr naturellement leur place. L'Irak chiite, au sud de Bagdad, s'appelle historiquement la Chaldée (ou "Basse Mésopotamie") et il a lui aussi sa cohérence sociale et culturelle depuis des millénaires. Quant à la ville de Bagdad elle-même, elle pourrait redevenir la place-carrefour et la métropole multiculturelle qu'elle était à son origine (et que la région, où le Tigre et l'Euphrate se rapprochent jusqu'à presque se toucher, a de fait toujours joué dans l'histoire - depuis Babylone en passant par Ctésiphon et Séleucie) : ʿĀsimat ad-Dunyā, le "centre du monde" arabo-oriental. Le Proche-Orient proprement dit (Syrie, Jordanie, Liban et Palestine) a vocation à tendre vers l'unification démocratique ; et la question palestinienne doit elle aussi être résolue dans une Palestine unie et démocratique où la population juive venue d'Europe, des autres pays arabes, d'Iran ou encore d’Éthiopie (sans oublier celle qui a... toujours été là : il y avait 20.000 Juifs en Palestine avant l'immigration sioniste)  n'aurait pas plus ni moins de droits que les Palestiniens définis comme arabes (chrétiens ou musulmans) - dans cette perspective, d'ailleurs, pourquoi la présence juive devrait-elle s'arrêter au Jourdain ? Les Palestiniens de l'exil, eux, auraient bien entendu un droit absolu au retour sur leur terre, dont ils ont été chassés en 1948-49 et en 1967.

    On pourra bien sûr nous rétorquer que tout ceci est "utopique", "irréaliste". Mais à un moment donné, être communiste, c'est aussi savoir dire "you may say I'm a dreamer but I'm not the only one", "soyons réalistes, exigeons l'impossible" : affirmer que ce qui sépare le "rêve" de la réalité n'a souvent pour seul nom que la VOLONTÉ POLITIQUE, la stratégie révolutionnaire correcte et les moyens implacables de la mettre en œuvre.

    Tout ceci pourrait (et même devrait, et même doit) avoir pour base un principe politique de COMMUNE POPULAIRE se fédérant d'échelon en échelon dans un esprit de subsidiarité (rien de traité "d'en haut" s'il peut l'être "d'en bas")... pourquoi pas jusqu'à l'ensemble de ce qui formait en 1914 l'Empire ottoman ! Mais cette fois sans aucune domination d'une nationalité, d'une communauté confessionnelle ou d'une région particulière sur les autres.

    Cette idée, d'ailleurs, nous croyons la percevoir en germe (avec toutes ses limites de germe, de chose naissante et fragile) dans les conceptions des combattant-e-s kurdes de Rojava ; lutte que nous soutenons fermement et sans réserve. En réalité, cette lutte a d'ores et déjà cessé d'être une simple lutte de libération nationale kurde : elle est devenue celle d'une certaine vision progressiste du Proche et Moyen-Orient de demain, contre d'autres toutes plus réactionnaires et ennemies des Peuples les unes que les autres.

    Voguons encore une fois vers "l'Orient compliqué"...Voguons encore une fois vers "l'Orient compliqué"...Voguons encore une fois vers "l'Orient compliqué"...Voguons encore une fois vers "l'Orient compliqué"...


    * Pour celles et ceux qui penseraient encore qu'il y a quelque chose de "subversif" et d'"anticapitaliste" dans l'idéologie salafiste (djihadiste ou pas) : le salafiste djihadiste "repenti" - et désormais "militant anti-djihad" - Mourad Benchellali (30 mois d'emprisonnement à Guantanamo dans les années 2000) organisait ce jour même une "rencontre" à Vénissieux... avec l'ancienne présidente du Medef, Laurence Parisot ! http://www.20minutes.fr/lyon/1560027-20150311-venissieux-laurence-parisot-invitee-minguettes-mourad-benchellali

    Mais attention hein, faut pas confondre : on parle là de capitalisme "musulman", "éthique" bien sûr ! À la trappe la lutte de libération en tant que racisé-e-s en articulation avec la lutte des classes ; place au salut capitaliste individuel par l'entreprise et le "bizness". Et si ce n'est pas possible "au quartier", comme Mourad Benchellali s'efforce d'en convaincre les "jeunes", alors il y a la "Terre promise" du "Califat" pour "devenir quelqu'un" ; dans le même esprit que les sionistes allant en Palestine en 1910 ou 1920 ou les colons américains partant vers l'Ouest au 19e siècle. Il n'y a pas à chercher plus loin la racine de ce sionisme musulman qui a déjà poussé des centaines de personnes à partir en Syrie : c'est cet esprit de "devenir quelqu'un" individuellement (fut-ce enrobé dans un pseudo-esprit de "communauté") qui se trouve "bouché" par la structure même du capitalisme en Hexagone et qui se cherche donc un terrain "débouché", plutôt que de "déboucher" les choses sur place en abattant le capitalisme et ses structures racistes (colonialistes intérieures). Mourad Benchellali en est aujourd'hui revenu comme des dizaines d'autres (avec un peu de chance) en reviendront demain. Ce qui est beaucoup moins certain, c'est qu'il ait identifié et extirpé la racine du problème...

     


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  • http://basnews.com/en/news/2015/03/08/german-socialist-killed-in-war-against-is-in-syria/

    C'est une triste nouvelle qui est tombée ce dimanche : Ivana Hoffmann, allemande d'origine africaine, a été tuée samedi dans les rangs du MLKP au cours d'un combat contre l'"État islamique" près de Tel Tamr (village assyrien - chrétien - du nord-est de la Syrie, près du Rojava kurde).

    De son nom de guerre "Avaşin Tekoşin Güneş", elle était née en Allemagne en 1995 (d'un père togolais et d'une mère allemande) et combattait depuis 6 mois dans les forces du Parti communiste marxiste-léniniste de Turquie, allié du PKK (Parti des Travailleurs du Kurdistan) et de sa branche "syrienne" (le PYD) contre les  réactionnaires barbares de Daesh. "La camarade Avaşin Tekoşin Güneş est immortelle"déclaré le MLKP qui, comme nous l'avions déjà évoqué, appelle les communistes et les révolutionnaires/progressistes du monde entier à soutenir le Rojava démocratique contre les milices de type nazi des pétro-dollars du Golfe (en quête de terrains d'investissement et de valorisation).

    Sa mort fait suite à celle, au cours des dernières semaines, de deux autres volontaires occidentaux engagés aux côtés des YPG (Unités de Protection du Peuple du PYD), un Anglais et un Australien.

    Le dégagement, fin janvier-début février, de la poche de Kobanê est hélas encore loin de signifier la fin victorieuse de la guerre et l'heure de la libération pour les millions d'hommes et de femmes emprisonné-e-s dans le monstrueux projet de "Califat islamique" à cheval sur les États irakien et syrien ; un projet qui ne peut que rappeler (en "miniature") le Lebensraum nazi en Europe ou la "sphère de coprospérité" impérialiste japonaise en Asie-Pacifique, comme construction accélérée et ultra-violente d'une base d'accumulation capitaliste.

    Il faut par ailleurs rester vigilants face aux tentations de type thoréziste, à la tête du PKK, de "vendre" à l'Occident la victoire contre l'hydre djihadiste (qu'il a lui même engendrée !) en échange de son "appui" dans des négociations capitulatrices avec l’État turc. La camarade Ivana avait affirmé, pour sa part, souhaiter poursuivre le combat contre ce dernier après la victoire kurde du côté "syrien" ; chose dont la mort l'a hélas empêchée...

    Rojava : une communiste afro-allemande tuée dans les rangs du MLKP

    "Ses rêves sont nos rêves, sa route est notre route et son souvenir est notre HONNEUR !"

     


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  • Article tunisien de 2013 :


    Il y a 50 ans mourait Abdelkrim El Khattabi, le Che Guevara maghrébin


    Sur la République confédérée des tribus du Rif qu'il proclama et dirigea :
    http://fr.wikipedia.org/wiki/République_du_Rif
    http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/oeil-sur-la-republique-du-rif-la-158298
    http://www.editionsdulys.com/uploads/3/8/9/9/3899427/abdelkrim_et_la_rpublique_du_rif.pdf
    http://www.cbf.fr : Le Rif, Histoire d’une république éphémère

    Par la suite, lorsqu'en 1952-53 (comme l'explique l'article tunisien) la lutte pour la libération du Maroc reprendra, il y aura deux Armées de Libération : Nord (ALN) et Sud (ALS). La première, principalement implantée dans le Rif et profondément dans le prolongement du combat d'Abdelkrim trois décennies plus tôt, sera écrasée après la pseudo-"indépendance" par le régime monarchique (Makhzen) vendu à l'impérialisme, avec son armée commandée par le prince héritier Hassan (bientôt roi et bourreau du pays pendant 40 ans) et constituée... des anciennes unités de tirailleurs de l'armée française (et non de ceux qui avaient lutté les armes à la main pour leur Peuple pendant des années) :
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Révolte_du_Rif_(1957-1959)
    http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/l-offensive-du-mekhzan-contre-le-158164
    http://www.youtube.com/watch?v=b8DKaizmtDc
    http://www.dailymotion.com/video/x7pwp3_l-intifada-du-rif-1958-1959_news

    L'ALS poursuivra quant à elle la lutte contre le colonialisme espagnol qui occupe le "Sahara occidental" (Saguia el-Hamra et Oued ed-Dahab) jusqu'en 1975, lutte violemment réprimée notamment en 1958 par l'opération franco-espagnole Écouvillon... avec la complicité du pouvoir néocolonial marocain (lire ici et ici) ; et sera la principale matrice du Front Polisario (attention l'article en lien est plutôt hostile, mais néanmoins très factuel et donc intéressant) qui combat depuis près de 40 ans le Makhzen pour une République démocratique du Sahara.

    Le drapeau d'Abdelkrim El Khattabi reste encore aujourd'hui un emblème de résistance à la monarchie compradore réactionnaire de Rabat, gérante zélée de l'impérialisme occidental :
    http://www.demainonline.com/2014/06/09/a-amsterdam-le-drapeau-de-la-republique-du-rif-saffiche-sans-gene/

    Il est évident que c'est en se réappropriant cette mémoire historique, soigneusement gommée par l'impérialisme et ses agents locaux, que la jeunesse populaire tant du Maghreb que des colonies intérieures maghrébines d'Europe pourra regarder de l'avant vers la libération révolutionnaire et éviter de tomber dans les voies de garages politiques des "califats" bidons, prônés par quelques "émirs" dégénérés à la solde des pétro-dollars du Golfe...

    Histoire : il y a 52 ans le 6 février 1963 mourrait le héros anticolonialiste marocain Abdelkrim el-Khattabi
    Histoire : il y a 52 ans le 6 février 1963 mourrait le héros anticolonialiste marocain Abdelkrim el-Khattabi
    Histoire : il y a 52 ans le 6 février 1963 mourrait le héros anticolonialiste marocain Abdelkrim el-KhattabiHistoire : il y a 52 ans le 6 février 1963 mourrait le héros anticolonialiste marocain Abdelkrim el-Khattabi
    Histoire : il y a 52 ans le 6 février 1963 mourrait le héros anticolonialiste marocain Abdelkrim el-Khattabi

     


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  • ... c'en est fait : Kobané est devenue la Stalingrad du djihadisme Daesh et de ses sponsors pétro-milliardaires du Golfe ; la fourche caudine du début de la fin pour eux !


    Kobangrado in ogni città !



    http://www.liberation.fr/monde/2015/01/26/l-etat-islamique-chasse-de-kobane-par-les-kurdes_1189005

    http://www.liberation.fr/monde/2015/01/26/kobane-entierement-libere-par-les-kurdes_1189296

    http://www.france24.com/fr/20150126-ei-defaite-kobane-kurdes-syrie-irak-jihadistes-etat-islamique-coalition-etatsunis/

    http://kedistan.fr/2015/01/26/kobane-est-libre/



    Pendant ce temps-là au Kurdistan de Syrie...

    Pendant ce temps-là au Kurdistan de Syrie...

    Pendant ce temps-là au Kurdistan de Syrie...

    Pendant ce temps-là au Kurdistan de Syrie...


    Réaction au sujet d'une saloperie campiste... pro-Daesh qu'un camarade commentateur a porté à notre connaissance :

    Un camarade lecteur nous a fait remonter l'immondice suivant : "Le Bolchévik" a commis un article selon lequel les partis kurdes de l'État irakien pactisant avec l'impérialisme (pas entièrement faux), la chute de Kobané (au profit de Daesh) contrecarrerait les plans de l'impérialisme et serait un encouragement pour les luttes de la classe ouvrière française ! Il faudrait soutenir militairement Daesh contre l'impérialisme mais pas politiquement. Mais ils n'en sont pas à leur coup d'essai !"

    Après vérification, la source est ici http://icl-fi.org/print/francais/lebol/210/procheorient.html et il s'agit de la "Ligue trotskyste de France", connue pour ses régulières prises de position hallucinantes.

    SOYONS SÉRIEUX DEUX MINUTES ET DEMI. En Syrie, les Kurdes et les internationalistes qui se sont portés volontaires à leurs côtés FONT CE QU'ILS ONT À FAIRE face au monstre réactionnaire fanatique de Daesh. Exactement comme (pour prendre un exemple au hasard) les progressistes et les révolutionnaires de Grèce et les éventuels volontaires d'autres pays feraient ce qu'il y a à faire si l'Aube Dorée venait à prendre le pouvoir dans ce pays, ou n'importe quelle force nazie similaire dans n'importe quel pays d'Europe et du monde (comme, au hasard... en Ukraine par exemple ?).

    Les révolutionnaires, les communistes du monde entier COMBATTENT les monstres que l'ordre capitaliste-impérialiste mondial enfante de ses entrailles pourries ; comme hier nos glorieux prédécesseurs combattirent le nazisme (on a célébré hier les 70 ans de la libération d'Auschwitz par l'Armée rouge soviétique).

    Pour autant (nous ignorons si les Kurdes partagent cette position mais nous sommes prêts à en discuter avec eux), cela n'implique pour nous AUCUNE COMPLAISANCE envers les capitalistes et les impérialistes en question, AUCUN AVEUGLEMENT quant aux causes et aux RESPONSABLES des conditions du surgissement de ces monstres - les immondes grands bourgeois "libéraux", "démocrates" ou encore "républicains" qui une fois la "Bête" terrassée se cachent derrière le petit doigt de leur "indignation" bien-pensante, de leurs "devoirs de mémoire" et autres "plus jamais ça" hypocrites !

    Il n'y aura plus de monstres lorsque nous auront mis fin aux ténèbres capitalistes-impérialistes qui les engendrent, et nous y œuvrons chaque jour qui passe. Mais nous n'en combattons pas moins les monstres lorsqu'ils promettent les Peuples à l'esclavage et au génocide.


    KOBANGRAD DANS CHAQUE VILLE ET VILLAGE !

     


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  • Depuis plusieurs mois maintenant - en fait, depuis le début de l'été qui a également vu la terrible offensive de bombardements contre Gaza etc. - la tension est à son comble dans la ville de Jérusalem/Al-Qods et en particulier dans sa partie orientale (dite "arabe").

    palestinien jeruLes affrontements, quasi-quotidiens, ont déjà fait plusieurs dizaines de mort-e-s ; principalement - il va sans dire - du côté palestinien, ce que tentent de nous faire oublier les médias en mettant en avant les quelques actions-suicides ayant frappé des Israéliens.

    En toile de fond de ces affrontements, il y a bien sûr (comme le rappelle le FPLP, lien tout en bas) l'occupation, la colonisation et l'apartheid imposés par le sionisme en Palestine depuis 65 ans ; mais il y a plus spécifiquement un phénomène bien particulier de cette occupation-colonisation : un phénomène que l'on peut qualifier de "gentryfication ethnique" ou "gentryfication coloniale".

    C'est à dire que nous avons finalement affaire comme dans nos métropoles européennes ou nord-américaines (voir ici et ici) à phénomène de "repoussement" et d'expulsion-"nettoyage" d'une population pauvre/défavorisée au profit de l'habitat d'une population nettement plus aisée - ici, en ce qui nous concerne, à grands coups de "réhabilitations" où l'explosion du prix du mètre carré vaut bien toutes les armes de guerres, mais aussi par des moyens de "quadrillage" et de harcèlement policier visant à rendre la vie impossible aux habitants de classe populaire. Mais à la différence (et donc avec un NIVEAU DE VIOLENCE BIEN SUPÉRIEUR, soulignons-le bien face aux "professionnels des procès d'intentions") que nous sommes en Palestine sur une ligne de front directe entre "Nord" et "Sud", dans une situation coloniale où une population de "Blancs occidentaux" sociaux dotée de forces productives supérieures s'est emparée du territoire d'une population indigène sociale moins "développée" - ces deux populations, à savoir les Israéliens et les Palestiniens, remplaçant les "catégories aisées" et les "revenus modestes". Donc avec une dimension "ethno"-nationale-coloniale et (on l'a dit) un niveau de violence sans comparaison : violence d'une armée et d'une police colonialistes et violence de la résistance populaire qui lui répond en conséquence, avec déjà plus de 80 ans d'héritage de lutte derrière elle. Mais nous sommes cependant bel et bien dans la même logique.

    Dans cette perspective, les éléments extrémistes religieux et ultra-sionistes qui brandissent l'argument de la "promesse divine au Peuple juif" jouent simplement un rôle d'"avant-garde" ou d'"éclaireurs" : des éléments plus "laïcs" et moins politisés (et souvent aussi plus aisés !) ne tarderont pas à suivre... et le marché capitaliste qu'ils représentent avec eux, puisque c'est de cela qu'il s'agit en réalité - les autochtones palestiniens n'étant pas un "bon marché", un marché palestinien-pierre-manif_sn635.jpgsuffisamment lucratif (houla attention ! nous avons employé les mots "marché", "capitaliste" et "lucratif" beaucoup trop près du mot "juif" et cela - vous allez voir - va nous valoir les anathèmes de quelques bandes de conneaux bien connus...).

    En réalité, les "arguments" historiques et religieux de part et d'autre donnent au conflit palestinien sa dimension passionnelle, mais pas son existence. La racine de ce qu'il se passe en Palestine (comme dans bien d'autres endroits du monde !) n'est tout simplement pas autre chose que la logique même du capitalisme : EXPANSION PERPÉTUELLE du marché/base d'accumulation comme condition de la REPRODUCTION DU CAPITAL et extension permanente du "domaine" des "gagnants" de celui-ci (ceux qui assurent, en produisant comme en consommant, un taux de profit optimal) au détriment des "perdants". Ceci dans une situation (on le répète) un peu particulière qui est une situation coloniale, c'est-à-dire "pipée dès le départ" : le déséquilibre intercontinental des forces productives au profit des arrivants-colons fait que ces derniers arrivent déjà gagnants.*

    Nous avions déjà montré comment le sionisme n'était finalement qu'un sous-produit idéologique (à destination d'une population spécifique : la minorité juive opprimée d'Europe) et une expression spécifique locale (en Palestine) de cette logique intrinsèque du capitalisme dans un article consacré à la "mise en valeur"  - dans une logique absolument identique !! - des Landes de Gascogne au 19e siècle : créer une base d'extraction de plus-value (par la production ou la consommation ou les deux) en investissant et en "capitalisant" un territoire dont la population est soit transformée en force de production et/ou de consommation, soit chassée/reléguée soit même carrément liquidée. On pourrait également établir un parallèle (mais là encore attention aux procès en "antisémitisme", donc précisons bien qu'il s'agissait d'un projet particulièrement radical et d'ailleurs jamais réalisé) avec le Generalplan Ost nazi qui prévoyait de "tisser", jusqu'aux confins de la Sibérie et du Caucase, une "toile" de "cités idéales" germano-aryennes (marché/base d'accumulation "idéale") dans les interstices desquelles la population slave (les "perdants") aurait été vouée pour moitié à constituer une masse "hilote" (de force de travail esclave) et pour l'autre à mourir de faim - les Juifs et les Rroms étant quant à eux, à de rares exceptions près, des "improductifs indésirables" à faire disparaître. Rien de tel certes (gardez donc vos procès d'intentions !) en Palestine, où les plans les plus radicaux ne prévoient pas d'exterminer mais "simplement" de faire partir (en rendant la "vie impossible" par laisrael-bulldozer-palestine-mosque.jpg brutalité des troupes d'occupation, les bombardements meurtriers etc.) le plus possible de Palestiniens en ne gardant qu'une minorité prête à courber l'échine (produire de la plus-value) sans broncher ; mais le rapprochement avec la "toile" "tissée" par les colonies (reliées entre elles et au mainland par des routes réservées, séparées des Palestiniens par des murs et rétrécissant toujours plus leur espace disponible) peut toutefois laisser songeur...

    Ceci NON PAS parce que "sionisme = nazisme" ; mais parce que sionisme comme nazisme (avec une barbarie sans comparaison dans ce dernier cas) comme colonialisme dans les Amériques, en Afrique et ailleurs, comme "Conquête de l'Ouest" par les États-Unis et même construction et "mise en valeur" des États modernes en Europe elle-même obéissent en dernière analyse à la MÊME LOGIQUE que nous venons d'exposer !
    [sur ce sujet d'"Israël-Palestine comme microcosme des rapports Nord-Sud", l'on peut voir ici une traduction résumée de l'idée-force de cet article en anglais]

    Ce qui fait - finalement - la particularité de la Palestine, c'est que son histoire très particulière (qui en fait la terre "sainte" des trois grandes religions "du Livre", regroupant ensemble plus de la moitié de l'humanité) ainsi que l'histoire particulière des parties en présence lui vaut un "éclairage" médiatique particulier ; lequel éclairage va "tomber" pile poil sur des mécanismes à l’œuvre de manière particulièrement flagrante... qui sont les mécanismes au fondement même (hier comme aujourd'hui !) du monde capitaliste dans lequel nous vivons tou-te-s !

    Voici une petite revue de presse au sujet des actuels évènements à Jérusalem/Al-Qods :
    Jérusalem occupée : qui a vendu les appartements de Silwan aux-colons ?
    Des colons s'emparent de 23 appartements à Silwan
    En photos et en détail : 26 maisons aux mains des colons à Silwan
    Jérusalem en danger pendant que le monde dort
    Colonies israéliennes : la construction de 78 logements approuvée à Jérusalem-Est
    L'adolescent de Jérusalem blessé par un soldat israélien la semaine dernière est mort de ses blessures
    58 mineurs palestiniens derrière les barreaux après un été de protestation à Jérusalem-Est
    Vifs affrontements à Jérusalem
    Affrontements entre Palestiniens et forces israéliennes dans le nord de Jérusalem
    La révolte de la jeunesse à Jérusalem conduira-t-elle à un soulèvement ?
    Jérusalem brûle
    Israël fait d’Al-Aqsa une poudrière
    La judaïsation de Jérusalem

    Lire aussi : L'occupation est responsable de l'escalade à Jérusalem (FPLP)


    Au sujet de ce qui vient d'être dit, nous ne pouvons que vous inciter aussi à découvrir la géographie sociale marxiste de David Harvey



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    * Et c'est ce qui fait que, quels qu'aient été les idéaux généreux voire "socialistes" dont il a pu se parer à l'origine et le caractère ultra-opprimé des Juifs quittant l'Europe pour s'installer en "Terre promise" (toutes choses qu'aiment tant mettre en avant ses défenseurs "de gauche" voire "d'extrême-gauche"), le sionisme ne POUVAIT PAS DEVENIR AUTRE CHOSE que ce qu'il est devenu aujourd'hui. Car ce qui compte en dernière analyse, c'est ce déséquilibre des forces productives entre l'arrivant et l'autochtone (raison pour laquelle d'ailleurs, n'en déplaise à l'argumentaire des Le Pen et Zemmour et consorts, l'immigration n'est PAS une "colonisation inversée") et non le caractère opprimé de l'arrivant dans son pays d'origine.

    Pour nous, Occitans, le fait que des opprimés partis vers une terre lointaine puissent s'y transformer en oppresseurs n'a rien de surréaliste puisque la communauté afrikaner d'Afrique du Sud REGORGE de descendants de huguenots occitans chassés par les persécutions de Louis XIV : le nazi Eugène Terre'Blanche (originaire de Provence), le docteur Malan (un fondateur et idéologue de l'apartheid) ou encore le "docteur de la mort" Wouter Basson (le Mengele sud-africain...)... C'est sans états d'âme que leurs ancêtres, victimes d'une répression atroce dans leur pays natal pour avoir représenté (l'espace d'un siècle) un intolérable contre-pouvoir occitan face à l'État centralisateur parisien, se transformèrent une fois au pays des "Cafres" en colons impitoyables persuadés de leur "droit divin" (que la "Divine Providence" leur avait "offert" cette terre...).

    L'on pourrait encore citer l'Australie où la plupart des colons massacreurs d'Aborigènes étaient des sous-prolétaires anglais, irlandais ou écossais déportés là-bas pour avoir enfreint les lois de leurs exploiteurs et (dans le cas des Irlandais, Écossais ou Gallois) de leurs occupants. Et c'est sans même parler du cas (peut-être) le plus sidérant et emblématique : celui des esclaves afro-descendants libérés aux États-Unis et "renvoyés" en Afrique pour y fonder le Libéria, un protectorat colonial (de fait) pour leurs anciens maîtres et tortionnaire, dédié notamment à l'extraction du caoutchouc et où ils formeront la caste dominante de cette "république" proclamée en 1847, privant les autochtones de tout droit civique...

    Dans la plupart des colonies "françaises", l'appareil de domination était très largement constitué d'agents issus des Peuples "provincialisés" et périphérisés de "métropole" (Occitans, Corses, Bretons, Basques etc.), presque aussi méprisés (lorsqu'ils "montaient" travailler à Paris) que les immigrés maghrébins ou africains aujourd'hui mais se transformant tout naturellement en "race supérieure civilisatrice" (pour reprendre les mots de Jules Ferry, d'ailleurs lui-même lorrain, Peuple annexé et "provincialisé" à la fin du 18e siècle) lorsqu'ils abordaient les rivages d'Algérie, du Gabon ou du Tonkin.

    L'on peut citer à ce titre l'(assez marxisant) historien belge Jacques R. Pauwels, parlant de l'Empire colonial de son pays : "Les gens trop pauvres, on pouvait s’en débarrasser en les envoyant dans les colonies. L’impérialisme était donc aussi une manière de résoudre les problèmes sociaux. Les pauvres pouvaient faire carrière dans ces colonies. De la sorte ils se muaient en patriotes, au lieu de rester des emmerdeurs. En les laissant intervenir de façon agressive dans les colonies, ils ne posaient plus le moindre problème dans la métropole. Il y avait par exemple pas mal de fils de fermiers sans travail, et ce du fait que l’agriculture devenait trop productive. Ces gars, on pouvait les envoyer au Congo comme missionnaires. On a expédié là-bas une vingtaine de missionnaires de chaque bled agricole flamand. On leur a collé un uniforme sur le dos et, dès lors, ils ont pu aller jouer au patron chez les Noirs."

    Tout simplement parce que le statut d'opprimé, de relégué, de périphérisé voire pratiquement... de colonisé (Irlandais) du colon dans son pays d'origine est inopérant (à de rares exceptions près) une fois arrivé dans le pays à coloniser : c'est le rapport de force découlant de la possession (ou de la capacité d'appropriation rapide) de forces productives qui détermine la constitution mentale en "race supérieure" et (par conséquent) celle de l'autochtone en "race inférieure" (tout ceci s'enrobant par la suite d'"argumentaire" tant religieux que "scientifique"). Les États "métropoles" puis les Empires capitalistes, en tant que bases d'extraction de plus-value, se sont ainsi construits et développés en cercles concentriques de périphéries autour des Centres du pouvoir bourgeois ; et tant que les masses n'ont pas compris cela, un "cercle" de périphérisation plus proche du Centre peut se montrer (en apparence) plus oppresseur vis-à-vis d'un cercle plus "lointain" que le Centre en question lui-même, qui s'abrite confortablement dans ses tours d'ivoire et délègue les basses besognes.

     

     


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  • kurd2Après avoir évoqué la mort tragique d'Hervé Gourdel aux mains d'émules algériens du sinistre Daesh, et rappelé quel "phare" de la Révolution mondiale devait être - pour tout maoïste et même tout marxiste - la Guerre populaire en Inde, il nous faut maintenant parler de ce qui n'est peut-être pas encore un "phare" mais très certainement une lueur d'espoir dans la nuit d'horreur qui s'est abattue sur le Proche et le Moyen Orient : la résistance héroïque du Peuple kurde qui, notamment en Syrie mais aussi en "Turquie" et en Irak, combat aussi bien les régimes bureaucratiques-compradores à la solde de l'impérialisme (impérialisme occidental comme l’État turc ou bloc russo-chinois comme le régime Assad, peu importe !) que le nouveau monstre du clair-obscur du djihadisme ("État islamique"/Daesh, Front al-Nosra etc.), jailli des entrailles putrescentes de cet état de fait impérialiste.

    Telle est en effet la réalité des choses : l'impérialisme, la concurrence (entre puissances) en son sein et les monstres qu'il engendre (de fait, les expressions armées de concentrations capitalistes locales qui n'acceptent plus la tutelle du "Nord") parsèment la planète de conflits sanguinaires, mais dans tous ces conflits ou presque existent des forces positives auxquelles les communistes se doivent d'apporter leur soutien. Au Proche et Moyen Orient, la résistance et surtout (bien entendu) la résistance PROGRESSISTE des Kurdes (PKK, PYD) en fait partie.

    Nous l'avions déjà évoquée il y a quelque mois en traduisant un article maoïste états-unien qui y voyait l'embryon d'une Guerre populaire locale - en Syrie du moins, car en Irak les peshmergas luttent non moins héroïquement mais sous l'autorité d'un Kurdistan "autonome" (depuis 1992) totalement bourgeois et lié à l'impérialisme occidental (c'est même son "meilleur élève" dans la région).

    kurd820 Dans la région de l’État syrien appelée Rojava (ce qui signifie "ouest" en kurde : "Kurdistan occidental"), c'est en réalité depuis 2012 que les Unités de Protection du Peuple (YPG du PYD, lié au PKK du Kurdistan "turc") ont rejeté tant la botte du régime baasiste que celle de l'opposition pro-occidentale et djihadiste et ont conquis une autonomie de fait où sont mis en application les principes du "confédéralisme démocratique" (lire aussi ici et ici).

    C'est une lutte inégale et difficile car si l'impérialisme occidental s'oppose lui aussi (officiellement) tant au régime de Damas et à son allié iranien qu'aux djihadistes (et l'impérialisme russo-chinois tant aux forces pro-occidentales de l'ASL qu'aux mêmes djihadistes), il ne souhaite évidemment pas voir se consolider dans la région ce qui pourrait bien devenir une BASE ROUGE de la Révolution mondiale.

    Les combats font actuellement rage dans le secteur de Kobanê :
    http://www.actukurde.fr/<wbr>actualites/687/les-kurdes-<wbr>syriens-seuls-mais-determines-<wbr>a-vaincre-daesh.html
    http://www.actukurde.fr/<wbr>actualites/686/les-kurdes-<wbr>avancent-en-syrie-et-en-irak.<wbr>html
    http://www.actukurde.fr/<wbr>actualites/688/kurdistan-<wbr>syrien-la-resistance-de-<wbr>kobane-est-la-stalingrad-du-<wbr>moyen-orient.html
    http://www.dailymotion.com/<wbr>video/x26tg9l_vive-la-<wbr>resistance-de-kobane-au-<wbr>kurdistan_news

    Du côté "turc", la jeunesse prolétaire et paysanne kurde se rue à la rescousse de ses frères "syriens" pour combattre à leurs côtés, mais l’État turc (qui "combat" officiellement le Daesh au sein de la coalition occidentale) ne veut bien entendu pas entendre parler d'un tel sentiment populaire kurde transfrontalier et les réprime très brutalement :
    http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20141008.OBS1410/kobane-les-emeutes-kurdes-ont-fait-14-morts-en-turquie.html
    http://www.leparisien.fr/international/en-turquie-les-manifestations-kurdes-pour-kobane-font-14-morts-08-10-2014-4196665.php

    En Hexagone, les communautés kurdes ont appelé à des rassemblements en solidarité avec la lutte là-bas, comme par exemple ce samedi à Marseille/Marselha.

    À Paris, les militant-e-s d'Alternative Libertaire ont prononcé une allocution que (bien que maoïstes et non libertaires) nous partageons très largement dans les grandes lignes - et que nous reproduisons donc :


    ALLOCUTION D’ALTERNATIVE LIBERTAIRE


    kurd3 Aujourd’hui, Kobanê, au Kurdistan occidental, est assiégée par les forces barbares de l’État islamique – Daech.

    Aujourd’hui, Kobanê se bat pour la liberté, pour la démocratie et pour les droits des femmes.

    Aujourd’hui, Kobanê se bat héroïquement, malgré le double jeu du gouvernement turc, malgré les atermoiements de la coalition dirigée par Washington.

    Aujourd’hui, Kobanê est devenu le symbole de la résistance du Rojava syrien, mais pas seulement.

    Si Kobanê tombe, ce n’est pas seulement tout le Rojava qui sera menacé, c’est aussi un modèle politique et social : celui du confédéralisme démocratique et de l’autonomie démocratique, édifié depuis le 19 juillet 2012.

    C’est pourquoi, sous le drapeau des Unités de protection populaire (YPG) qui défendent Kobanê, on trouve côte à côte des miliciennes et des miliciens kurdes, arabes, turcs, qu’ils soient musulmans, yézidis, chrétiens ou athées. Toutes et tous se battent côte à côte contre les fanatiques.

    C’est pourquoi la défense de Kobanê et du Rojava syrien intéresse non seulement le peuple et la diaspora kurde, mais aussi toutes et tous les partisans de l’émancipation, les féministes, les anticolonialistes et les anticapitalistes.

    Kobanê doit pouvoir compter sur les milliers de jeunes gens, révolutionnaires, syndicalistes, anticolonialistes, libertaires qui sont venus de toute la Turquie pour défendre la ville, et qui aujourd’hui sont bloqués à la frontière par l’armée turque.

    Car Kobanê et le Kurdistan n’ont pas pour seul ennemi l’État islamique.

    Ils ont d’autres ennemis, plus sournois, qui aimeraient que Daech fasse le « sale boulot » à leur place : Bachar el-Assad et Recep Tayyip Erdoğan.

    kurd1Quant aux États-Unis, après avoir longtemps hésité, ils ont bombardé les forces de Daech qui assiègent Kobanê. Cependant, il faut savoir que s’ils ne souhaitent pas la victoire de Daech, ils ne souhaitent pas non plus la victoire du modèle politique et social que représente le Rojava.

    On parle aujourd’hui d’une possible intervention terrestre contre Daech dans la région de Kobanê. Pourtant ce serait une catastrophe si demain, au nom de la lutte contre le djihadisme, l’armée turque occupait militairement le Rojava. Ce serait la fin de l’autonomie populaire, le démantèlement des milices d’autodéfense, la prison pour les révolutionnaires.

    Le peuple kurde a besoin d’armes pour défendre Kobanê et le Rojava. Il n’a pas besoin de subir l’occupation de l’armée turque ou américaine.

    Vive Kobanê libre, vive le Kurdistan libre, vive la révolution.


    ***************************************************************

    On signalera aussi qu'à Strasbourg (Elsass), des militants kurdes ont subi l'agression de nationalistes turcs.

    Les camps de la Révolution et de la Réaction mondiale se cristallisent de manière tous les jours plus claire, même lorsqu'au niveau des "relations internationales" et de la "géopolitique" le plus grand "méli-mélo" semble régner...

    kurd6

    De fait, si les conceptions de ces héroïques combattant-e-s kurdes (voir aussi ici) peuvent sembler fort éloignées des canons du marxisme voire apparaître comme "pure hérésie (pardon) révisionnisme" à d'aucun-e-s*, elles nous semblent bien - à nous - tendre vers notre conception de la société à construire : un "État" oui, au sens d'instrument politique d'une classe (en l’occurrence le prolétariat et les autres classes populaires, laborieuses) pour défendre ses intérêts et son projet politique (en l'occurrence la vraie démocratie qui est le socialisme, l'émancipation humaine totale qui est le communisme !), mais un "État" qui par sa nature de classe différente (non-bourgeoise) ne peut être que de type radicalement nouveau ; un État par et pour le Peuple consistant en une fédération des unités de base du Pouvoir populaire que nous appelons (en référence à notre histoire occitane et "française") les Communes (mais que les Kurdes et les autres peuples peuvent tout à fait appeler autrement), fondé sur la subsidiarité et la délégation du bas vers le haut et permettant au demeurant, comme expression des Peuples qui sont frères et non des bourgeoisies qui sont par nature concurrentes, d'unifier de vastes territoires en transcendant les appartenances "ethniques" et/ou religieuses et sans reposer sur la suprématie d'un groupe sur un autre - ne serait-ce pas d'ailleurs (justement) cette rupture avec la conception bourgeoise de l’État qui aurait été insuffisante chez les marxistes-léninistes du siècle dernier, tout juste (peut-être) esquissée dans la Chine de la Révolution culturelle ou l'effervescence cubaine des années 1960 ?

    De fait et en définitive, avec leur confédéralisme qui veut faire coexister démocratiquement tous les Peuples et toutes les confessions, ils et elles sont les véritables héritier-e-s de Salah ad-Dine (kurde lui-même) À UN NIVEAU SUPÉRIEUR, n'en déplaise à tous ces sionistes musulmans djihadistes qui prétendent "restaurer le Khilafah" !

    SOLIDARITÉ INTERNATIONALISTE AVEC L'HÉROÏQUE RÉSISTANCE DU PEUPLE KURDE !


    kurd5.jpgKurds.jpg


    * D'aucuns pourront notamment souligner la ressemblance de ces thèses avec la pratique des caracoles (communautés auto-gouvernées) des zapatistes (EZLN du "sous-commandant Marcos") au Chiapas, dont il n'est d'ailleurs pas improbable qu'elles s'inspirent, ou encore (à une bien moindre échelle) avec les squats de totos en Occident, telle ou telle expérience d'autogestion en entreprise (Lip etc.) ou coopérative agricole de babas cools dans les Cévennes ou ailleurs etc. ; pour les recouvrir bien évidemment de tous les épithètes qui leur servent d'arguments politiques : "petit-bourgeois", "idéaliste" etc. etc. Mais le problème de ces caracoles mexicains ou de ces entreprises autogérées, est-il vraiment là ? Est-il de ne pas être des formes d'organisation sociale et de rapports de production tendant vers le communisme ? NON, le problème n'est pas là. Les caracoles zapatistes du Chiapas sont des modèles très intéressants pour ce que nous appelons la Commune populaire. Les entreprises autogérées et les coopératives "néo-rurales" constituent des rapports de production tout à fait conformes à ce que nous appelons le socialisme. Leur problème, c'est de penser pouvoir coexister avec un État et une économie encore totalement capitalistes. Leur problème, c'est de penser que l’État et l'ordre social bourgeois se dissoudront devant eux et non qu'ils doivent être DÉTRUITS par une Guerre du Peuple. L'EZLN du "sous-commandant Marcos" assume ouvertement son refus de combattre l’État bourgeois (semi-féodal semi-colonial) mexicain pour le détruire : elle estime que les caracoles "peuvent" exister en son sein et que petit à petit, face à cette expérience sociale, l’État "évoluera", se "démocratisera" etc. etc. (et l’État, lui, s'est accommodé de cette "épine dans le pied acceptable" du moment que la situation est sous contrôle - si tel n'était pas le cas, bien évidemment, il mettrait tout en œuvre pour écraser le zapatisme). C'est également en substance (à une bien plus petite échelle on l'a dit) la conception de l'"autonomie" et des squats dans les pays occidentaux : l’État est contesté, confronté mais pas vraiment combattu au sens d'une véritable GUERRE pour le DÉTRUIRE. On s'imagine qu'il s'"effondrera" de lui-même devant le développement de l'auto-organisation populaire. Les entreprises autogérées et autres coopératives d'esprit égalitaire et collectiviste s'imaginent de la même manière pouvoir exister au sein d'un appareil productif national totalement capitaliste, espérant peut-être faire "tache d'huile" etc. etc.
    Les Kurdes, pour le moment, luttent les armes à la main contre les États turc et syrien et la proposition étatique ("califat") des djihadistes sur le Nord de l'Irak et l'Est de la Syrie : l'idée d'une "coexistence" entre leur projet de société et celui de leurs adversaires ne semble donc pas leur effleurer l'esprit. Mais attention : les zapatistes, après tout, ont eux aussi pris les armes au début (le conflit, début 1994, a fait plusieurs centaines de victimes), nonobstant leur ligne de non-destruction de l’État... Et l'on sait que depuis l'an dernier des négociations ont pu s'amorcer entre le direction (emprisonnée) du PKK et l’État turc - de fait, le dialogue a commencé à se nouer voilà plus de 10 ans, dep uis qu'en 2002 le gouvernement AKP a mis partiellement fin à l'intransigeance kémaliste sur la question. Le "confédéralisme démocratique" kurde se trouve donc à cette croisée des chemins : s'il comprend et assume la nécessaire destruction des États qui emprisonnent les Kurdes au Proche et Moyen Orient (et le rejet radical de l'impérialisme dont ils sont la création et l'instrument), il devra nécessairement assumer la Guerre populaire et le maoïsme. S'il croit au contraire (comme l'EZLN de Marcos avant lui) pouvoir "coexister" avec eux (genre "sous la protection des Nations Unies" et autres fadaises), il dégénèrera en une nouvelle forme d'ultra-démocratisme "participatif'" petit-bourgeois...

     


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  • feiglin-019.jpgAprès avoir cité les propos de l'intellectuel progressiste états-unien Norman Finkelstein, nous saisirons ici l'occasion de parler de Moshe Feiglin. Le Likoud est un parti de droite et le principe d'un parti de droite, c'est qu'il y a toujours un ou deux gars pour dire tout haut ce que beaucoup sinon la majorité, par souci de "respectabilité", pensent tout bas : Moshe Feiglin est de ceux-là. Il est loin d'être un personnage "marginal" dans le paysage politique israélien : il dirige au sein du Likoud le courant Manhigut Yehudit ("Leadership juif"), qui est un peu en quelque sorte la "Droite forte" ou la "Droite populaire" locale, et il a réuni en 2007 près d'un quart des militants sur son nom dans des primaires l'opposant à... Netanyahu. Il incarne depuis 1993 la "désobéissance civile" réactionnaire israélienne contre les Accords d'Oslo, "désobéissance" qu'il veut cependant "non violente" contrairement à d'autres (comme les cousins locaux de la LDJ), bien qu'il ait pu soutenir "moralement" des actes violents comme le massacre de 23 Palestiniens à Hébron par le colon extrémiste Baruch Goldstein (en 1994). Il aurait également exprimé en 1995 une "certaine" admiration pour... Adolf Hitler : "Hitler était un génie militaire inégalé. Le nazisme a fait passer l’Allemagne d’un bas niveau à un niveau physique et idéologique fantastique. Les jeunes loqueteux ont été transformés en une catégorie propre et ordonnée de la société et l’Allemagne a disposé d’un régime exemplaire, d’un système de justice adéquat et de l’ordre public. Hitler aimait la bonne musique. Il pouvait peindre. Les nazis n’étaient pas une bande de voyous" ; avant d'affirmer que ses propos avaient été "déformés". Ses frasques lui ont valu d'être... interdit de séjour au Royaume-Uni, pourtant soutien indéfectible d'Israël s'il en est. Il incarne de fait, au sein du Likoud, l'esprit ouvertement ultra-nationaliste et "nettoyeur ethnique", fortement mâtiné d'incantations religieuses tout en restant ouvert aux Juifs libéraux (sur le plan de la religion) et laïcs, et saupoudré de quelques conceptions "libertariennes" (il milite ainsi pour la légalisation du cannabis, au nom de la "liberté individuelle absolue").

    Il ne représente donc pas l'aspect du sionisme consistant en la "réaction" d'une minorité opprimée face à l'antisémitisme, la volonté de se "mettre à l'abri" (tant qu'à faire en "Terre promise") et même, pourquoi pas, de réaliser dans ce "refuge" un "idéal" démocratique et égalitaire - quand bien même cela aboutirait dans les faits à une réalité colonialiste donc réactionnaire ; mais bien l'aspect du sionisme qui veut ouvertement "copier" les nationalismes non-juifs (généralement antisémites) pour se "hisser à leur niveau", en être "respecté" et leur "parler d'égal à égal" - d'où les déclarations nauséabondes sur Hitler, qui se sont multipliées ces dernières années dans la droite dure israélienne comme par exemple avec l'actuel Ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman ("si j'étais allemand sous Hitler ? ma fidélité irait à l’État"). Cet aspect a toujours existé avec Jabotinsky, les Birionim d'Abba Ahiméir, le Lehi etc., mais la réalité coloniale en Palestine (et la résistance qu'elle suscite) a fini par le rendre clairement hégémonique ; alors que le premier aspect dominait évidemment à l'époque où l'antisémitisme faisait rage en Europe et où le sionisme, s'il voulait simplement exister politiquement, devait se présenter ainsi aux masses populaires juives. bombardement-GazaLogiquement, cette insulte à la conscience de Peuple juive devrait tôt ou tard provoquer de grandes ruptures jusque dans le mouvement sioniste lui-même - du moins faut-il l'espérer. Cela montre en tout cas la schizophrénie extrême de ces gens qui ne peuvent dissimuler leur sympathie pour le IIIe Reich tout en invoquant, à la première roquette qui tombe sur Israël, le souvenir de la Shoah et le risque d'une "nouvelle" !

    Dans le récent conflit-massacre contre Gaza, Feiglin clame donc encore une fois "tout haut" ce que le Likoud - devenu hégémonique dans la société israélienne - pense "tout bas", sous couvert d'"antiterrorisme". Il a rédigé et adressé une lettre ouverte au Premier ministre Netanyahu dans laquelle il préconise tout simplement (ni plus, ni moins) de terminer la Nakba (le nettoyage ethnique de la Palestine) pour Gaza et ses 1,8 millions d'habitants ; et dont voici la source sur le site même de son courant (en anglais) afin de bien montrer que rien n'est "inventé" : http://www.jewishisrael.org/deal-gaza-letter-pm-netanyahu-moshe-feiglin/

    Nous sommes obligés d'en traduire nous-mêmes quelques passages car le fait est qu'ici, on n'en trouve l'évocation que sur des sites antisémites ("Croah" de "Joe le corbeau" etc.) ou "islamistes" aux conceptions et connections parfois douteuses ; alors même que le débat fait rage sur la question des sources qui peuvent être partagées sur Internet au sujet de la Palestine... Mais la vraie question qui mériterait d'être posée ne serait-elle pas : comment se fait-il qu'il n'y ait PAS UN SEUL site non-antisémite, non-religieux, non-conspi, non-soralo-dieudonniste bref en un mot PROGRESSISTE pour relayer une telle information, dès lors que celle-ci est avérée et assumée sur le site même du mouvement de Feiglin et que la presse bourgeoise anglo-saxonne la plus sérieuse qui soit l'évoque sans aucun problème ???

    Voici quelques passages traduits :

    Gaza 357086b"Ce qu'Israël doit désormais intégrer, c'est que le temps d'Oslo est révolu : (la Palestine) est NOTRE pays et notre pays exclusivement, Gaza comprise. Il n'y a pas deux États, il n'y a pas deux Peuples. Il ne peut y avoir qu'un seul État pour un seul Peuple.

    Après avoir intégré ceci, nous devons réviser profondément et minutieusement notre stratégie : définition de l'ennemi, définition des tâches opérationnelles, définition des buts stratégiques et, bien entendu, une nécessaire et appropriée éthique de guerre.

    1. Définition de l'ennemi : l'ennemi stratégique est l'Islam extrémiste arabe sous toutes ses métastases (de l'Iran à Gaza) qui cherche à anéantir Israël entièrement. L'ennemi direct est le Hamas (pas les tunnels, pas les roquettes : LE HAMAS).

    2.  Définition des tâches : conquête de la Bande de Gaza toute entière et élimination de toutes les forces combattantes et de leurs supporters [euh... à Gaza cela veut dire la grande majorité de la population !]

    3.  Définition de l'objectif stratégique : faire de Gaza une autre Jaffa, une ville israélienne florissante avec un nombre minimal de civils hostiles.

    4.  Définition de l'éthique de guerre : “Malheur à celui qui fait le mal et malheur à son voisin” [citation biblique]

    À la lumière de ces quatre points, Israël doit conduire l'action suivante :

    A. Les Forces de Défense d'Israël doivent désigner des zones vierges à la frontière du Sinaï, au bord de la mer, dans lesquelles parquer la population civile loin des zones construites qui servent pour le lancement de roquettes et le creusement de tunnels. Dans ces zones seront établis des campements de tentes, en attendant de trouver des destinations d'émigration sérieuses.nakba camp réfugié L'électricité et l'approvisionnement en eau des zones antérieurement habitées doivent être coupés.

    B. Les zones antérieurement habitées seront bombardées avec une puissance de feu maximale. Les infrastructures civiles et militaires du Hamas, ses moyens de communication et sa logistique doivent être détruits entièrement, de fond en comble.

    C. Les Forces de Défense d'Israël doivent quadriller la Bande de Gaza en long, en large et en travers, élargir significativement les routes, prendre le contrôle des points stratégiques et détruire les poches de résistance - s'il en reste.

    D. Israël commencera à attribuer des pays d'accueil et des quotas d'immigration pour les réfugiés de Gaza. Ceux qui souhaiteront émigrer se verront offrir une aide économique généreuse et arriveront dans leurs pays d'accueil avec des capacités économiques significatives.

    E. Ceux qui insisteront pour rester, s'il est prouvé qu'il n'ont aucune affiliation avec le Hamas, devront signer publiquement une déclaration de loyauté envers Israël. Ils recevront alors une carte d'identité bleue comme celle des Arabes de Jérusalem Est.

    F.  Lorsque les combats auront pris fin, les lois israéliennes seront étendues à l'ensemble de la Bande de Gaza. Les personnes expulsées du Gush Katif (le bloc de colonies de Gaza, évacué par Sharon en 2005) seront invitées à regagner leurs villes et villages et la ville de Gaza sera reconstruite comme une ville touristique et commerciale israélienne."

    Donc voilà : il est bien question de camps de concentration (regroupement forcé dans des campements de tentes), nullement de "camps d'extermination" contrairement à ce que prétendent "Croah" et compagnie (dans leur misérable tentative de réhabiliter le fascisme européen en montrant que "les Juifs font pire") mais bien, en revanche, du massacre de plusieurs dizaines de milliers de personnes (on voit mal comment un tel plan serait réalisable autrement) et du "nettoyage nakba_image_slide_10_430.jpegethnique" total de plus d'un million d'autres... Et tout ceci est, "dit tout haut", la conception de (sans doute) une majorité du Likoud et de la bourgeoisie israélienne dans le récent conflit, bien qu'obligée de présenter internationalement les choses comme une "défense contre le terrorisme" et pensant, peut-être, arriver au même résultat de manière plus subtile - en rendant la vie des Gazaouis tellement impossible qu'ils et elles s'en iront petit à petit...

    Il n'y a là, comme nous l'avons expliqué, aucune "antithèse" de l'impérialisme, du capitalisme et du nationalisme européen-chrétien (en particulier "français") que ces "atrocités juives" "réhabiliteraient", ni sous sa forme "démocratique" ni encore moins sous sa forme fasciste (Reich hitlérien etc.) ; mais au contraire son prolongement total et de fait, tout simplement, son produit idéologique et son bras armé au Proche-Orient ; même si ménager les gouvernants arabes implique parfois de "hausser le ton" contre des pratiques trop "disproportionnées" : HONTE AUX IMPOSTEURS QUI PRÉTENDENT LE CONTRAIRE pour tenter de misérablement  "redorer le blason" du capitalisme, de l'impérialisme, du militarisme et du fascisme européen !

    Mais il n'y a là, non plus, rien qui ressemble de près ou de loin à "deux camps bourgeois également réactionnaires" qu'il s'agirait de renvoyer dos à dos : HONTE AUX IMPOSTEURS notamment "antifascistes", d'"extrême-gauche", "marxistes" ou "anarchistes" qui prétendent le contraire !

    Il y a là (car les choses ne sont pas terminées, tout au plus remises à plus tard) un plan de nettoyage ethnique ET SOCIAL, car les Gazaouis ne sont pas avant tout des non-juifs mais avant tout des PAUVRES et des INDIGÈNES non-occidentaux ; un plan qui est le produit de la crise générale du capitalisme et de sa fuite en avant criminelle contre les Peuples et un reflet en modèle réduit de la manière dont la pieuvre capitaliste-impérialiste étend ses tentacules sur la planète, de l'affrontement mondial entre l'impérialisme et les Peuples et entre révolution et contre-révolution. Et NON Gaza n'est pas et ne doit pas être le "ghetto de Varsovie" - lieu d'une résistance héroïque mais sans espoir ; comparaison visant à permettre une "solidarité" occidentale dégoulinante de paternalisme : GAZA DOIT ÊTRE STALINGRAD, GAZA DOIT ÊTRE HANOÏ, un défi à la barbarie impérialiste et peut-être un jour son tombeau !


    Enfants-jouant-a-Gaza.jpg


    PS : l'inénarrable Jacques Kupfer du Likoud de France (co-président du Likoud mondial) a lui aussi encore récidivé, après ses mémorables "Gaza doit pleurer" et "Vitrifier l'Iran"...

     


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  • Encore une nouvelle fois, les pays arabes sont en proie à des évènements montrant combien leur caractère stratégique (ressources et routes énergétiques, contrôle de la Méditerranée et des communications entre les mers) en fait un point de cristallisation des toutes les contradictions du monde impérialiste actuel.

     

    En Irak, ce sont les djihadistes de l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL, issu du groupe Zarqaoui des années 2004-2006, voir une présentation ici), né en 2006 comme branche locale d'Al-Qaïda avant de s'en éloigner, qui ont pris le contrôle de Mossoul (deuxième ville du pays avec plus de 2 millions de personnes) et de plusieurs provinces de la vallée du Tigre, dans le Nord sunnite du pays, après s'être déjà emparés de la célèbre Falloujah en janvier :

     

    Après la prise de Mossoul par les djihadistes, l'Irak est au bord de l'implosion

    Irak : la violente offensive des jihadistes inquiète l'Occident

    L'offensive djihadiste en Irak qui redessine le Moyen-Orient

     

    Al Qaida Irak

    Bénéficiant du soutien de nombreux chefs de tribus locaux et même d'anciens officiers baasistes de l'armée de Saddam, ainsi que de désertions en masse dans l'armée gouvernementale, les rebelles (7.000 à 10.000 hommes selon les estimations) avancent de manière fulgurante et se trouvent pratiquement aux portes de la capitale :

     

    Irak : la ville de Tikrit tombée aux mains des jihadistes

     

    Irak : les jihadistes se rapprochent de Bagdad

     

    Irak : les djihadistes s'apprêtent à prendre Bagdad

     

    Deux ans et demi après le retrait des derniers soldats US, le gouvernement fantoche de Nouri al-Maliki (dominé par les partis chiites) en appelle désespérément au "volontariat" et à "l'armement des citoyens volontaires" pour reprendre les territoires perdus.

     

    Au-delà de la répugnance normale que peut inspirer ce groupe, son idéologie et ses agissements, c'est tout d'abord le constat d'une déroute complète pour l'ordre impérialiste et ses laquais qui s'impose. En 2003, les buts de guerre de la clique Bush-Cheney et de ses alliés étaient simples et clairs : 1°/ en finir avec le "terrorisme d'Al-Qaïda" et 2°/ contrecarrer "l'Axe du Mal" en tête de file duquel se trouvait l'Iran des mollahs. Onze ans, 4.500 soldats américains tués (+ 318 autres coalisés et plus de 3.000 652763-irak l offensive djihadiste 30392 hdcontractors privés, sans compter les très nombreux décès hors d'Irak après évacuation, parfois des années après, non comptabilisés), 36.000 blessés et des centaines de milliers de mort-e-s irakien-ne-s plus tard, quitte à résumer un peu sommairement les choses, le Sud chiite est un protectorat iranien de fait tandis que le Nord sunnite est aux mains de djihadistes encore pires qu'Al-Qaïda (EIIL). Seul le Kurdistan autonome (tout au nord) semble d'une loyauté indéfectible, mais sert aussi de base arrière aux nationalistes kurdes qui combattent l’État turc (c'est l'une des multiples raisons de la prise de distance d'Ankara avec son alignement occidental traditionnel). C'est moins impressionnant qu'une chute de Saïgon, mais tout autant un fiasco stratégique que la guerre anticommuniste du Vietnam il y a 40 ans.

     

    On peut également considérer que, comme au Mali en 2012 (où c'est notre impérialisme BBR qui a finalement dû jouer les gendarmes), c'est une nouvelle démonstration de la faillite des États semi-/néocoloniaux dans le cadre de la crise générale terminale du capitalisme planétaire. Il est plus que probable que là aussi, le régime de Bagdad ne puisse à lui seul résoudre le problème sans une intervention impérialiste étrangère (surtout que les provinces touchées sont parmi les plus riches en pétrole !), qui devrait logiquement être états-unienne :

     

    Irak : les islamistes à 100 km de Bagdad, Washington envisage des frappes

     

    Mais qui, au pays de l'Oncle Sam, est encore prêt à aller mourir sur les bords du Tigre ?

     

    Autre État pur produit artificiel du colonialisme qu'une intervention impérialiste (se greffant cette fois sur un authentique soulèvement populaire) a fait se fragmenter complètement : la Libye. Nous avions beaucoup écrit à l'époque (2011) sur les évènements dans ce pays (1-2-3) et cela nous avait valu des torrents de fiel, d'attaques rampantes et minables à l'image de leurs auteurs, de dialogues de sourds etc. avec tout ce que le "communisme" hexagonal et international peut compter de "campistes" et d'"anti-impérialistes" borgnes voire aveugles ; nous avions même assisté (médusés) au ralliement "surprise" de nos vieux "amis" du 'p''c''mlm' à ces thèses qu'ils avaient pourtant toujours dénoncées. Nous disions clairement que OUI, faute de direction et de projet politique clairement posé et cohérent, la révolte spontanée du Peuple libyen avait été récupérée par un bloc impérialiste principalement constitué de la fRance sarkozyenne, de la Grande-Bretagne et des USA (paradoxalement "en retrait") afin de "jouer leur carte" contre leurs rivaux mieux placés et (surtout) de garder sous contrôle une situation qui semblait totalement partir en roue libre : éviter une Somalie en Méditerranée. Mais nous disions aussi que la "nouvelle Libye" post-Kadhafi ne serait jamais "pacifiée" ; qu'elle échapperait toujours au contrôle total des impérialistes occidentaux et même retournerait ses armes contre eux ; et que les rêves éveillés des clowns idéalistes à la BHL, faire-valoir de toutes les guerres impérialistes "humanitaires", trouveraient un réveil brutal.

     

    C'est effectivement ce qui s'est produit en Cyrénaïque, berceau du soulèvement contre Kadhafi devenu l'emblème du fiasco des plans occidentaux après sa chute : ambassadeur US tué en septembre 2012 dans un contexte insurrectionnel, attentats et assassinats en série de "coopérants" impérialistes comme encore un ingénieur français au mois de mars, etc. À défaut de voir une véritable Guerre populaire conduite par un Parti révolutionnaire authentique, chose qui existe encore dans trop peu d'endroits au monde, la région (déjà foyer de résistance contre la colonisation italienne dans les années 1920-30) était tout au moins devenue définitivement un bourbier pour les plans impérialistes de domination totale de l'Afrique du Nord et les rêves BHLo-néocons de "Nouveau Moyen-Orient" ; Sarkozy, lui, étant gravement grillé auprès de la bourgeoisie impérialiste BBR elle-même pour avoir piétiné la "doctrine Foccart" qui veut qu'on "ne lâche jamais sauf cas extrême un despote africain ami sous peine de perdre la confiance et la loyauté de tous les autres" : il a contribué au renversement et à l'exécution sommaire de Kadhafi après que celui-ci ait généreusement financé sa campagne présidentielle de 2007 ; et de fait l'on voit depuis lors les chefs d’États africains y compris francophones (que Kadhafi arrosait grassement de ses largesses) se tourner massivement vers Washington, Pékin, les pays du Golfe voire Moscou...

     

    1Khalifa-Haftar-on-TV-009Depuis la mi-mai c'est un haut-gradé militaire libyen, le général Haftar, passé aux États-Unis en 1986 après avoir été fait prisonnier au Tchad et y vivant depuis lors, qui a été chargé par l'impérialisme de reprendre la province rebelle en main - et de là tout le pays. Un scénario ressemblant fort à celui qui s'est joué l'été dernier en Égypte, avec le renversement des Frères musulmans (victorieux des élections de 2012) par le général moubarakiste Al-Sissi.

     

    Nous avons beaucoup écrit dans les colonnes de ce blog au sujet de l'islamisme (voir notamment l'article sur l'Égypte en lien ci-dessus), que nous avons défini comme une expression politique du "capitalisme d'en bas" qui se développe spontanément dans les rapports sociaux populaires des pays musulmans (pays loin d'être "primitifs" lorsqu'ils sont passés sous la domination de l'impérialisme), opposé au "capitalisme d'en haut" bureaucratique-comprador impulsé par et au service de l'impérialisme, et dont la colonne vertébrale est généralement l'armée (qui s'avère souvent être aussi une juteuse entreprise !). Contrairement, en effet, à ce capitalisme bureaucratique-comprador "d'en haut", le capitalisme "spontané" "d'en bas" ne va pas permettre au surproduit (plus-value "sur-accaparée") de "remonter" correctement jusqu'aux monopoles impérialistes - qui vont donc le combattre en conséquence, dans leur perspective de domination totale des économies du "Sud". Cette expression politique va revendiquer la "tradition" islamique (y compris dans ses aspects les plus inhumains pour un regard occidental) comme moyen d'affirmation nationale bourgeoise ; mais elle va être aussi (bien évidemment) pénétrée de modernité impérialiste occidentale à l'heure de la mondialisation ; et souvent (de plus en plus) appuyée par les capitaux suraccumulés du Golfe et de la Péninsule arabique (Qatar, Arabie, Émirats, Koweït où se trouveraient la plupart des financeurs de l'EIIL etc. : éléments privés, fractions de l'appareil d'État à l'image des services pakistanais qui appuyèrent et appuient encore les talibans, voire sommets d'États comme dans le cas du Qatar) qui cherchent des terrains pour se réinvestir et se valoriser. D'ailleurs, jusqu'à présent, la forme armée (djihadisme) de cette expression semblait surtout avoir pour vocation de nuire aux puissances impérialistes européennes, nord-américaines ou asiatiques ; mais désormais, en Irak, c'est la deuxième région productrice de pétrole (après le Sud autour de Bassorah) qui est aux mains des djihadistes... et de leurs donneurs d'ordres, quelque part dans leurs gratte-ciels de Dubaï ou Djeddah.

     

    L'islamisme se présente donc comme un curieux phénomène de "libération nationale" sans libération démocratique du Peuple. Il ne comprend pas, comme avaient pu le faire même des monarques féodaux comme ceux d’Éthiopie ou d'Afghanistan, que l'indépendance nationale à l'heure de l'impérialisme implique un minimum de mobilisation des masses populaires par des mesures d'émancipation et d'amélioration de leur vie quotidienne. S'il arrive qu'il soit bien accueilli au début pour son discours rigoriste contre la corruption et le crime, son apparente efficacité administrative voire ses œuvres sociales charitables (voir ici), dès lors que "l'infidèle" est chassé l'islamisme va immédiatement et durement frapper les masses pour leur signifier qu'elles ne sont pas là pour être libres et maîtresses de leur destin, mais pour être des bêtes de somme au service de la valorisation du Capital "sponsor" golfien, iranien, turc, pakistanais etc. (tel est l'objectif, et le seul, de la charî'a). Ceci est évidemment contraire à toute ligne de masse, chez les djihadistes en tout cas (les Frères musulmans et les mouvements pro-iraniens savent être plus pragmatiques et "rassembleurs", voire "socialisants" dans la lignée de leurs maîtres à penser Sayyid Qutb ou Ali Sharî'ati). À cela va s'ajouter un autre problème, celui de la division des masses populaires selon des clivages religieux (car comme chacun-e le sait il y a différents courants dans la religion musulmane, sans même parler de la conception plus ou moins "littéraliste" ou interprétative des textes) au lieu d'unir le plus largement possible contre l'impérialisme (les "Croisés" dans leur terminologie). On semble en fait observer, au Proche et Moyen-Orient, la formation de blocs politico-capitalistiques non pas sur la base de la proximité linguistique (ainsi que se sont constitués les États "nations" européens) mais plutôt sur la base de la communauté confessionnelle, comme cela était un peu le cas dans la géopolitique des monarchies absolues entre le 16e et le 18e siècle : bloc chiite contre bloc sunnite, le premier étant assez homogène (piloté par Téhéran) tandis que le second est plus divisé entre ses différents pôles d'impulsion (axe Turquie-Qatar derrière les Frères musulmans, Arabie saoudite derrière les salafistes et financeurs privés de la péninsule et du Golfe derrière les djihadistes). Les différentes alliances impérialistes viennent évidemment se greffer là-dessus pour faire avancer leurs intérêts et (dans tous les cas) entretenir une division qui leur est bien confortable, ce qui ne veut pas dire que les différentes forces sont de simples "agents" et "mercenaires" de l'impérialisme et n'ont pas leur agenda propre (conception erronée de beaucoup de marxistes-léninistes) : tout le monde voit bien les contradictions entre l'impérialisme occidental et les djihadistes sunnites qui ont conduit aux guerres d'Afghanistan ou du Mali, au camp d'internement de Guantánamo etc., bien que par ailleurs ils soient objectivement "alliés" contre le "croissant chiite" Iran-Syrie-Hezbollah. Ne pas comprendre cela conduit à des lectures "complotistes" et simplistes des évènements, qui ne favorisent pas la juste compréhension du monde pour le transformer.

     

    Cette dichotomie entre "capitalisme d'en haut" et "capitalisme d'en bas" se retrouve par ailleurs sous d'autres formes dans d'autres parties du monde que l'impérialisme n'a pas non plus "cueillies" au stade de la communauté primitive, comme en Extrême-Orient ou en Amérique latine ; le "capitalisme d'en bas" s'y exprimant à travers le nationalisme bourgeois (l'islamisme est-il en définitive autre chose ?) ou encore de manière particulièrement agressive dans ce que les agences de police internationale appellent le "crime organisé", comme les cartels colombiens ou mexicains (avec lesquels l’État est en véritable guerre depuis bientôt 10 ans) ou encore les triades asiatiques, qui font effectivement du trafic de drogue et autres joyeusetés mais contrôlent aussi des pans entiers d'économie tout à fait légale (mais échappant ainsi au contrôle du capitalisme bureaucratique-comprador et de l'impérialisme). De ce fait, l'impérialisme et le "capitalisme d'en haut" impulsé par lui combattent ces forces de concert ; ce qui n'empêche pas ces dernières d'avoir un caractère profondément réactionnaire (les cartels latino-américains combattent les guérillas, les syndicats et autres mobilisations sociales tandis que les triades chinoises contribuèrent largement à massacrer les communistes pendant la Guerre populaire de Mao).

     

    salafLors de la victoire du Front islamique du Salut (FIS) en Algérie, en décembre 1991, l'intellectuel démocratique Lahouari Addi avait émis la théorie de la "régression féconde". Nous ne dirions pas les choses exactement comme cela. Nous dirions qu'en l'état actuel des choses, de par le caractère même des pays musulmans (pays extrêmement développés au Moyen Âge puis ayant "traîné" dans leur développement capitaliste, et passés alors sous la coupe de l'Europe), si un régime bureaucratique-comprador arabe tombe, il est INÉVITABLE que les islamistes arrivent au pouvoir immédiatement derrière (ils sont la force d'opposition la plus "enracinée" dans la société) et qu'il faille alors les combattre - et nous savons tou-te-s quels ennemis redoutables ils sont pour les masses populaires. Cette lutte peut être perdue et l'on se retrouve alors avec un régime comme celui de l'Iran, du Soudan (dans ces deux cas, la couche dirigeante de la bourgeoisie et des forces militaires islamistes s'est muée en nouvelle bourgeoisie bureaucratique) ou de l'Arabie saoudite, pays où la charî'a a force de loi. Ou alors, comme en Égypte et maintenant en Libye, cela peut conduire à un retour en force militaire du "capitalisme d'en haut" bureaucratique-comprador s'appuyant justement sur le mécontentement d'une partie des masses (les personnes les plus éduquées et occidentalisées) envers les islamistes ; se présentant ainsi tranquillement comme une "libération". Mais la seule alternative à cela est le maintien en place des régimes "républicains" ou monarchiques bureaucratiques-compradores et militaro-policiers ; et les "démocrates" impérialistes occidentaux ADORENT ce chantage exercé sur les masses arabes et musulmanes : "soit vous vous accommodez de vos despotes, soit ce seront les islamistes qui prendront le pouvoir".

     

    C'est véritablement là la première prison mentale à laquelle doivent s'arracher les Peuples arabes et musulmans : grâce à un marxisme "décolonisé" qui tienne compte de la réalité des Peuples qu'il prétend libérer (et qui reste encore à construire), rejeter à la fois les prétendus "modernité" et "développement" des régimes laquais de l'impérialisme et l'impasse politique réactionnaire de l'islamisme capitaliste bourgeois, et admettre une fois pour toute qu'il n'est pas possible que l'un tombe sans que l'autre ne prenne le pouvoir et devienne alors l'ennemi principal à combattre, jusqu'à ce que le développement suffisant de la Guerre du Peuple ait réussi à briser l'étau de cette pseudo-"alternative" infernale. Dans un cas comme dans l'autre, il est possible de démasquer les énormes contradictions entre le discours et les faits : les régimes "laïcs" et "modernistes" usent souvent d'une très forte rhétorique nationaliste et notamment anti-Israël mais en pratique c'est tout autre chose ; les islamistes promettent généralement la "justice sociale" mais comme on l'a vu en Iran (et comme c'était en cours en Égypte) lorsqu'ils arrivent au pouvoir ils s'"oligarchisent" comme les autres, etc. Bien entendu, en cas d'occupation impérialiste directe comme c'est le cas en Afghanistan, au Mali ou pendant 8 ans en Irak, les communistes et tous les progressistes conséquents ne peuvent considérer autre chose que cette occupation comme l'ennemi principal : c'est notamment la position de nos camarades maoïstes d'Afghanistan. Ce n'est pas que les islamistes (qui mènent en premier chef la résistance armée) soient des "amis" et qu'il faille les "soutenir", mais la priorité militaire n'est pas au combat contre eux, sauf en cas de légitime défense s'ils agressent les progressistes et/ou les masses populaires. Les progressistes et les marxistes palestiniens partagent d'ailleurs cette position vis-à-vis du Hamas ou du Djihad islamique (JIP).

     

    4431555 3 889b des-combattants-fideles-au-general-khalifa-hConcernant cette caractérisation (de classe) du "modernisme" militaro-policier comme expression du "capitalisme d'en haut" et de l'islamisme comme expression de la "bourgeoisie jaillie d'en bas", on en trouve une démonstration intéressante dans les alliances "surprenantes" pour un œil non-averti qui se font jour. Ainsi, en Égypte, la prise du pouvoir par le général Al-Sissi a été saluée par l’État israélien (dont la ligne concernant le Caire est "tout sauf les Frères musulmans", liés au Hamas) et par la grande majorité de la pensée dominante occidentale comme une "libération" contre un Morsi en train de "mettre en place un régime à l'iranienne" ; mais l'une des toutes premières mesures de la junte a aussi été de bloquer le ravitaillement de la rébellion syrienne soutenue par l'Occident, dont les Frères musulmans sont une composante importante (voir ce site pro-Bachar dans le style meyssanico-délirant qui salue Al-Sissi comme un "nouveau Nasser"...).

     

    En Libye, il se trouve que l'offensive du général Haftar piétine à l'Ouest du pays où les autorités de Tripoli le considèrent comme un putschiste, ce qui est la vérité nue mais derrière quoi (surtout) l'on peut sans doute voir la main des puissantes forces de Misrata, ville encerclée pendant plus de 6 mois par les troupes kadhafistes et devenue (avec Benghazi) l'autre "symbole héroïque de la révolution". Et voilà alors qu'intervient en appui, aux côtés de la CIA et autres forces spéciales US... l'Algérie, pays plutôt catégorisé jusque-là comme "nationaliste" et "anti-occidental" : 4-5. C'est tout simplement qu'entre le général réfugié un quart de siècle aux États-Unis, recruté par la CIA en 1990, et les généraux qui dirigent en sous-main à Alger (derrière le cadavre ambulant de Bouteflika) et prétendent maintenir comme ils peuvent le flambeau du nationalisme arabe de Nasser et consorts, il y a une profonde affinité de classe contre l'ennemi commun djihadiste qui infeste le Sahara algérien et a frappé en janvier 2013 (tout le monde s'en souvient) à In Amenas. Il n'en va pas autrement entre Al-Sissi, héritier du pro-occidental Moubarak, et le régime "anti-occidental" de Bachar el-Assad...

     

    [Et plus "fou" encore, en Irak, on évoquerait une coopération militaire entre les États-Unis et... l'Iran : http://ww.rfi.fr/moyen-orient/20140616-etats-unis-disposes-parler-iran-crise-irak/ !!!]

     

    Lire absolument cet excellent (encore une fois) article de Quartiers Libres : Leçons irakiennes 

     

    Sur État d'Exception est publié en deux parties un article aux prises de positions politiques ("islamistes") que nous ne partageons pas, mais intéressant d'un point de vue FACTUEL car démontant bien des simplifications dans la couverture médiatique occidentale des évènements [ainsi le mythe hallucinant de la "prise de Mossoul par 800 hommes" (qui deviennent automatiquement dans l'esprit collectif des monstres surhumains et terrifiants) s'effondre : l'insurrection du Nord irakien contre le régime Maliki est bien plus large que cela, elle va bien au-delà de l'EIIL qui n'en est qu'une petite partie, peut-être une sorte d'"avant-garde" (à voir...) activiste et visible sans plus, mais qui va évidemment être mise en avant pour justifier sa répression, en plus de la conduire dans le mur par son idéologie]. L'auteur insiste aussi sur la commodité pour l'impérialisme du pseudo-"clivage" entre sunnites et chiites :

     

    L'EIIL EN IRAK, PRISE D'ASSAUT OU SIMPLE PION ?
    1ère partie : http://www.etatdexception.net/?p=7568
    2ème partie : http://www.etatdexception.net/?p=7582

     


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