• Petite revue de presse 11/06/2014 : Monde arabe


    Encore une nouvelle fois, les pays arabes sont en proie à des évènements montrant combien leur caractère stratégique (ressources et routes énergétiques, contrôle de la Méditerranée et des communications entre les mers) en fait un point de cristallisation des toutes les contradictions du monde impérialiste actuel.

     

    En Irak, ce sont les djihadistes de l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL, issu du groupe Zarqaoui des années 2004-2006, voir une présentation ici), né en 2006 comme branche locale d'Al-Qaïda avant de s'en éloigner, qui ont pris le contrôle de Mossoul (deuxième ville du pays avec plus de 2 millions de personnes) et de plusieurs provinces de la vallée du Tigre, dans le Nord sunnite du pays, après s'être déjà emparés de la célèbre Falloujah en janvier :

     

    Après la prise de Mossoul par les djihadistes, l'Irak est au bord de l'implosion

    Irak : la violente offensive des jihadistes inquiète l'Occident

    L'offensive djihadiste en Irak qui redessine le Moyen-Orient

     

    Al Qaida Irak

    Bénéficiant du soutien de nombreux chefs de tribus locaux et même d'anciens officiers baasistes de l'armée de Saddam, ainsi que de désertions en masse dans l'armée gouvernementale, les rebelles (7.000 à 10.000 hommes selon les estimations) avancent de manière fulgurante et se trouvent pratiquement aux portes de la capitale :

     

    Irak : la ville de Tikrit tombée aux mains des jihadistes

     

    Irak : les jihadistes se rapprochent de Bagdad

     

    Irak : les djihadistes s'apprêtent à prendre Bagdad

     

    Deux ans et demi après le retrait des derniers soldats US, le gouvernement fantoche de Nouri al-Maliki (dominé par les partis chiites) en appelle désespérément au "volontariat" et à "l'armement des citoyens volontaires" pour reprendre les territoires perdus.

     

    Au-delà de la répugnance normale que peut inspirer ce groupe, son idéologie et ses agissements, c'est tout d'abord le constat d'une déroute complète pour l'ordre impérialiste et ses laquais qui s'impose. En 2003, les buts de guerre de la clique Bush-Cheney et de ses alliés étaient simples et clairs : 1°/ en finir avec le "terrorisme d'Al-Qaïda" et 2°/ contrecarrer "l'Axe du Mal" en tête de file duquel se trouvait l'Iran des mollahs. Onze ans, 4.500 soldats américains tués (+ 318 autres coalisés et plus de 3.000 652763-irak l offensive djihadiste 30392 hdcontractors privés, sans compter les très nombreux décès hors d'Irak après évacuation, parfois des années après, non comptabilisés), 36.000 blessés et des centaines de milliers de mort-e-s irakien-ne-s plus tard, quitte à résumer un peu sommairement les choses, le Sud chiite est un protectorat iranien de fait tandis que le Nord sunnite est aux mains de djihadistes encore pires qu'Al-Qaïda (EIIL). Seul le Kurdistan autonome (tout au nord) semble d'une loyauté indéfectible, mais sert aussi de base arrière aux nationalistes kurdes qui combattent l’État turc (c'est l'une des multiples raisons de la prise de distance d'Ankara avec son alignement occidental traditionnel). C'est moins impressionnant qu'une chute de Saïgon, mais tout autant un fiasco stratégique que la guerre anticommuniste du Vietnam il y a 40 ans.

     

    On peut également considérer que, comme au Mali en 2012 (où c'est notre impérialisme BBR qui a finalement dû jouer les gendarmes), c'est une nouvelle démonstration de la faillite des États semi-/néocoloniaux dans le cadre de la crise générale terminale du capitalisme planétaire. Il est plus que probable que là aussi, le régime de Bagdad ne puisse à lui seul résoudre le problème sans une intervention impérialiste étrangère (surtout que les provinces touchées sont parmi les plus riches en pétrole !), qui devrait logiquement être états-unienne :

     

    Irak : les islamistes à 100 km de Bagdad, Washington envisage des frappes

     

    Mais qui, au pays de l'Oncle Sam, est encore prêt à aller mourir sur les bords du Tigre ?

     

    Autre État pur produit artificiel du colonialisme qu'une intervention impérialiste (se greffant cette fois sur un authentique soulèvement populaire) a fait se fragmenter complètement : la Libye. Nous avions beaucoup écrit à l'époque (2011) sur les évènements dans ce pays (1-2-3) et cela nous avait valu des torrents de fiel, d'attaques rampantes et minables à l'image de leurs auteurs, de dialogues de sourds etc. avec tout ce que le "communisme" hexagonal et international peut compter de "campistes" et d'"anti-impérialistes" borgnes voire aveugles ; nous avions même assisté (médusés) au ralliement "surprise" de nos vieux "amis" du 'p''c''mlm' à ces thèses qu'ils avaient pourtant toujours dénoncées. Nous disions clairement que OUI, faute de direction et de projet politique clairement posé et cohérent, la révolte spontanée du Peuple libyen avait été récupérée par un bloc impérialiste principalement constitué de la fRance sarkozyenne, de la Grande-Bretagne et des USA (paradoxalement "en retrait") afin de "jouer leur carte" contre leurs rivaux mieux placés et (surtout) de garder sous contrôle une situation qui semblait totalement partir en roue libre : éviter une Somalie en Méditerranée. Mais nous disions aussi que la "nouvelle Libye" post-Kadhafi ne serait jamais "pacifiée" ; qu'elle échapperait toujours au contrôle total des impérialistes occidentaux et même retournerait ses armes contre eux ; et que les rêves éveillés des clowns idéalistes à la BHL, faire-valoir de toutes les guerres impérialistes "humanitaires", trouveraient un réveil brutal.

     

    C'est effectivement ce qui s'est produit en Cyrénaïque, berceau du soulèvement contre Kadhafi devenu l'emblème du fiasco des plans occidentaux après sa chute : ambassadeur US tué en septembre 2012 dans un contexte insurrectionnel, attentats et assassinats en série de "coopérants" impérialistes comme encore un ingénieur français au mois de mars, etc. À défaut de voir une véritable Guerre populaire conduite par un Parti révolutionnaire authentique, chose qui existe encore dans trop peu d'endroits au monde, la région (déjà foyer de résistance contre la colonisation italienne dans les années 1920-30) était tout au moins devenue définitivement un bourbier pour les plans impérialistes de domination totale de l'Afrique du Nord et les rêves BHLo-néocons de "Nouveau Moyen-Orient" ; Sarkozy, lui, étant gravement grillé auprès de la bourgeoisie impérialiste BBR elle-même pour avoir piétiné la "doctrine Foccart" qui veut qu'on "ne lâche jamais sauf cas extrême un despote africain ami sous peine de perdre la confiance et la loyauté de tous les autres" : il a contribué au renversement et à l'exécution sommaire de Kadhafi après que celui-ci ait généreusement financé sa campagne présidentielle de 2007 ; et de fait l'on voit depuis lors les chefs d’États africains y compris francophones (que Kadhafi arrosait grassement de ses largesses) se tourner massivement vers Washington, Pékin, les pays du Golfe voire Moscou...

     

    1Khalifa-Haftar-on-TV-009Depuis la mi-mai c'est un haut-gradé militaire libyen, le général Haftar, passé aux États-Unis en 1986 après avoir été fait prisonnier au Tchad et y vivant depuis lors, qui a été chargé par l'impérialisme de reprendre la province rebelle en main - et de là tout le pays. Un scénario ressemblant fort à celui qui s'est joué l'été dernier en Égypte, avec le renversement des Frères musulmans (vainqueurs des élections de 2012) par le général moubarakiste Al-Sissi.

     

    Nous avons beaucoup écrit dans les colonnes de ce blog au sujet de l'islamisme (voir notamment l'article sur l'Égypte en lien ci-dessus), que nous avons défini comme une expression politique du "capitalisme d'en bas" qui se développe spontanément dans les rapports sociaux populaires des pays musulmans (pays loin d'être "primitifs" lorsqu'ils sont passés sous la domination de l'impérialisme), opposé au "capitalisme d'en haut" bureaucratique-comprador impulsé par et au service de l'impérialisme, et dont la colonne vertébrale est généralement l'armée (qui s'avère souvent être aussi une juteuse entreprise !). Contrairement, en effet, à ce capitalisme bureaucratique-comprador "d'en haut", le capitalisme "spontané" "d'en bas" ne va pas permettre au surproduit (plus-value "sur-accaparée") de "remonter" correctement jusqu'aux monopoles impérialistes - qui vont donc le combattre en conséquence, dans leur perspective de domination totale des économies du "Sud". Cette expression politique va revendiquer la "tradition" islamique (y compris dans ses aspects les plus inhumains pour un regard occidental) comme moyen d'affirmation nationale bourgeoise ; mais elle va être aussi (bien évidemment) pénétrée de modernité impérialiste occidentale à l'heure de la mondialisation ; et souvent (de plus en plus) appuyée par les capitaux suraccumulés du Golfe et de la Péninsule arabique (Qatar, Arabie, Émirats, Koweït où se trouveraient la plupart des financeurs de l'EIIL etc. : éléments privés, fractions de l'appareil d'État à l'image des services pakistanais qui appuyèrent et appuient encore les talibans, voire sommets d'États comme dans le cas du Qatar) qui cherchent des terrains pour se réinvestir et se valoriser. D'ailleurs, jusqu'à présent, la forme armée (djihadisme) de cette expression semblait surtout avoir pour vocation de nuire aux puissances impérialistes européennes, nord-américaines ou asiatiques ; mais désormais, en Irak, c'est la deuxième région productrice de pétrole (après le Sud autour de Bassorah) qui est aux mains des djihadistes... et de leurs donneurs d'ordres, quelque part dans leurs gratte-ciels de Dubaï ou Djeddah.

     

    L'islamisme se présente donc comme un curieux phénomène de "libération nationale" sans libération démocratique du Peuple. Il ne comprend pas, comme avaient pu le faire même des monarques féodaux comme ceux d’Éthiopie ou d'Afghanistan, que l'indépendance nationale à l'heure de l'impérialisme implique un minimum de mobilisation des masses populaires par des mesures d'émancipation et d'amélioration de leur vie quotidienne. S'il arrive qu'il soit bien accueilli au début pour son discours rigoriste contre la corruption et le crime, son apparente efficacité administrative voire ses œuvres sociales charitables (voir ici), dès lors que "l'infidèle" est chassé l'islamisme va immédiatement et durement frapper les masses pour leur signifier qu'elles ne sont pas là pour être libres et maîtresses de leur destin, mais pour être des bêtes de somme au service de la valorisation du Capital "sponsor" golfien, iranien, turc, pakistanais etc. (tel est l'objectif, et le seul, de la charî'a). Ceci est évidemment contraire à toute ligne de masse, chez les djihadistes en tout cas (les Frères musulmans et les mouvements pro-iraniens savent être plus pragmatiques et "rassembleurs", voire "socialisants" dans la lignée de leurs maîtres à penser Sayyid Qutb ou Ali Sharî'ati). À cela va s'ajouter un autre problème, celui de la division des masses populaires selon des clivages religieux (car comme chacun-e le sait il y a différents courants dans la religion musulmane, sans même parler de la conception plus ou moins "littéraliste" ou interprétative des textes) au lieu d'unir le plus largement possible contre l'impérialisme (les "Croisés" dans leur terminologie). On semble en fait observer, au Proche et Moyen-Orient, la formation de blocs politico-capitalistiques non pas sur la base de la proximité linguistique (ainsi que se sont constitués les États "nations" européens) mais plutôt sur la base de la communauté confessionnelle, comme cela était un peu le cas dans la géopolitique des monarchies absolues entre le 16e et le 18e siècle : bloc chiite contre bloc sunnite, le premier étant assez homogène (piloté par Téhéran) tandis que le second est plus divisé entre ses différents pôles d'impulsion (axe Turquie-Qatar derrière les Frères musulmans, Arabie saoudite derrière les salafistes et financeurs privés de la péninsule et du Golfe derrière les djihadistes). Les différentes alliances impérialistes viennent évidemment se greffer là-dessus pour faire avancer leurs intérêts et (dans tous les cas) entretenir une division qui leur est bien confortable, ce qui ne veut pas dire que les différentes forces sont de simples "agents" et "mercenaires" de l'impérialisme et n'ont pas leur agenda propre (conception erronée de beaucoup de marxistes-léninistes) : tout le monde voit bien les contradictions entre l'impérialisme occidental et les djihadistes sunnites qui ont conduit aux guerres d'Afghanistan ou du Mali, au camp d'internement de Guantánamo etc., bien que par ailleurs ils soient objectivement "alliés" contre le "croissant chiite" Iran-Syrie-Hezbollah. Ne pas comprendre cela conduit à des lectures "complotistes" et simplistes des évènements, qui ne favorisent pas la juste compréhension du monde pour le transformer.

     

    Cette dichotomie entre "capitalisme d'en haut" et "capitalisme d'en bas" se retrouve par ailleurs sous d'autres formes dans d'autres parties du monde que l'impérialisme n'a pas non plus "cueillies" au stade de la communauté primitive, comme en Extrême-Orient ou en Amérique latine ; le "capitalisme d'en bas" s'y exprimant à travers le nationalisme bourgeois (l'islamisme est-il en définitive autre chose ?) ou encore de manière particulièrement agressive dans ce que les agences de police internationale appellent le "crime organisé", comme les cartels colombiens ou mexicains (avec lesquels l’État est en véritable guerre depuis bientôt 10 ans) ou encore les triades asiatiques, qui font effectivement du trafic de drogue et autres joyeusetés mais contrôlent aussi des pans entiers d'économie tout à fait légale (mais échappant ainsi au contrôle du capitalisme bureaucratique-comprador et de l'impérialisme). De ce fait, l'impérialisme et le "capitalisme d'en haut" impulsé par lui combattent ces forces de concert ; ce qui n'empêche pas ces dernières d'avoir un caractère profondément réactionnaire (les cartels latino-américains combattent les guérillas, les syndicats et autres mobilisations sociales tandis que les triades chinoises contribuèrent largement à massacrer les communistes pendant la Guerre populaire de Mao).

     

    salafLors de la victoire du Front islamique du Salut (FIS) en Algérie, en décembre 1991, l'intellectuel démocratique Lahouari Addi avait émis la théorie de la "régression féconde". Nous ne dirions pas les choses exactement comme cela. Nous dirions qu'en l'état actuel des choses, de par le caractère même des pays musulmans (pays extrêmement développés au Moyen Âge puis ayant "traîné" dans leur développement capitaliste, et passés alors sous la coupe de l'Europe), si un régime bureaucratique-comprador arabe tombe, il est INÉVITABLE que les islamistes arrivent au pouvoir immédiatement derrière (ils sont la force d'opposition la plus "enracinée" dans la société) et qu'il faille alors les combattre - et nous savons tou-te-s quels ennemis redoutables ils sont pour les masses populaires. Cette lutte peut être perdue et l'on se retrouve alors avec un régime comme celui de l'Iran, du Soudan (dans ces deux cas, la couche dirigeante de la bourgeoisie et des forces militaires islamistes s'est muée en nouvelle bourgeoisie bureaucratique) ou de l'Arabie saoudite, pays où la charî'a a force de loi. Ou alors, comme en Égypte et maintenant en Libye, cela peut conduire à un retour en force militaire du "capitalisme d'en haut" bureaucratique-comprador s'appuyant justement sur le mécontentement d'une partie des masses (les personnes les plus éduquées et occidentalisées) envers les islamistes ; se présentant ainsi tranquillement comme une "libération". Mais la seule alternative à cela est le maintien en place des régimes "républicains" ou monarchiques bureaucratiques-compradores et militaro-policiers ; et les "démocrates" impérialistes occidentaux ADORENT ce chantage exercé sur les masses arabes et musulmanes : "soit vous vous accommodez de vos despotes, soit ce seront les islamistes qui prendront le pouvoir".

     

    C'est véritablement là la première prison mentale à laquelle doivent s'arracher les Peuples arabes et musulmans : grâce à un marxisme "décolonisé" qui tienne compte de la réalité des Peuples qu'il prétend libérer (et qui reste encore à construire), rejeter à la fois les prétendus "modernité" et "développement" des régimes laquais de l'impérialisme et l'impasse politique réactionnaire de l'islamisme capitaliste bourgeois, et admettre une fois pour toute qu'il n'est pas possible que l'un tombe sans que l'autre ne prenne le pouvoir et devienne alors l'ennemi principal à combattre, jusqu'à ce que le développement suffisant de la Guerre du Peuple ait réussi à briser l'étau de cette pseudo-"alternative" infernale. Dans un cas comme dans l'autre, il est possible de démasquer les énormes contradictions entre le discours et les faits : les régimes "laïcs" et "modernistes" usent souvent d'une très forte rhétorique nationaliste et notamment anti-Israël mais en pratique c'est tout autre chose ; les islamistes promettent généralement la "justice sociale" mais comme on l'a vu en Iran (et comme c'était en cours en Égypte) lorsqu'ils arrivent au pouvoir ils s'"oligarchisent" comme les autres, etc. Bien entendu, en cas d'occupation impérialiste directe comme c'est le cas en Afghanistan, au Mali ou pendant 8 ans en Irak, les communistes et tous les progressistes conséquents ne peuvent considérer autre chose que cette occupation comme l'ennemi principal : c'est notamment la position de nos camarades maoïstes d'Afghanistan. Ce n'est pas que les islamistes (qui mènent en premier chef la résistance armée) soient des "amis" et qu'il faille les "soutenir", mais la priorité militaire n'est pas au combat contre eux, sauf en cas de légitime défense s'ils agressent les progressistes et/ou les masses populaires. Les progressistes et les marxistes palestiniens partagent d'ailleurs cette position vis-à-vis du Hamas ou du Djihad islamique (JIP).

     

    4431555 3 889b des-combattants-fideles-au-general-khalifa-hConcernant cette caractérisation (de classe) du "modernisme" militaro-policier comme expression du "capitalisme d'en haut" et de l'islamisme comme expression de la "bourgeoisie jaillie d'en bas", on en trouve une démonstration intéressante dans les alliances "surprenantes" pour un œil non-averti qui se font jour. Ainsi, en Égypte, la prise du pouvoir par le général Al-Sissi a été saluée par l’État israélien (dont la ligne concernant le Caire est "tout sauf les Frères musulmans", liés au Hamas) et par la grande majorité de la pensée dominante occidentale comme une "libération" contre un Morsi en train de "mettre en place un régime à l'iranienne" ; mais l'une des toutes premières mesures de la junte a aussi été de bloquer le ravitaillement de la rébellion syrienne soutenue par l'Occident, dont les Frères musulmans sont une composante importante (voir ce site pro-Bachar dans le style meyssanico-délirant qui salue Al-Sissi comme un "nouveau Nasser"...).

     

    En Libye, il se trouve que l'offensive du général Haftar piétine à l'Ouest du pays où les autorités de Tripoli le considèrent comme un putschiste, ce qui est la vérité nue mais derrière quoi (surtout) l'on peut sans doute voir la main des puissantes forces de Misrata, ville encerclée pendant plus de 6 mois par les troupes kadhafistes et devenue (avec Benghazi) l'autre "symbole héroïque de la révolution". Et voilà alors qu'intervient en appui, aux côtés de la CIA et autres forces spéciales US... l'Algérie, pays plutôt catégorisé jusque-là comme "nationaliste" et "anti-occidental" : 4-5. C'est tout simplement qu'entre le général réfugié un quart de siècle aux États-Unis, recruté par la CIA en 1990, et les généraux qui dirigent en sous-main à Alger (derrière le cadavre ambulant de Bouteflika) et prétendent maintenir comme ils peuvent le flambeau du nationalisme arabe de Nasser et consorts, il y a une profonde affinité de classe contre l'ennemi commun djihadiste qui infeste le Sahara algérien et a frappé en janvier 2013 (tout le monde s'en souvient) à In Amenas. Il n'en va pas autrement entre Al-Sissi, héritier du pro-occidental Moubarak, et le régime "anti-occidental" de Bachar el-Assad...

     

    [Et plus "fou" encore, en Irak, on évoquerait une coopération militaire entre les États-Unis et... l'Iran : http://ww.rfi.fr/moyen-orient/20140616-etats-unis-disposes-parler-iran-crise-irak/ !!!]

     

    Lire absolument cet excellent (encore une fois) article de Quartiers Libres : Leçons irakiennes 

     

    Sur État d'Exception est publié en deux parties un article aux prises de positions politiques ("islamistes") que nous ne partageons pas, mais intéressant d'un point de vue FACTUEL car démontant bien des simplifications dans la couverture médiatique occidentale des évènements [ainsi le mythe hallucinant de la "prise de Mossoul par 800 hommes" (qui deviennent automatiquement dans l'esprit collectif des monstres surhumains et terrifiants) s'effondre : l'insurrection du Nord irakien contre le régime Maliki est bien plus large que cela, elle va bien au-delà de l'EIIL qui n'en est qu'une petite partie, peut-être une sorte d'"avant-garde" (à voir...) activiste et visible sans plus, mais qui va évidemment être mise en avant pour justifier sa répression, en plus de la conduire dans le mur par son idéologie]. L'auteur insiste aussi sur la commodité pour l'impérialisme du pseudo-"clivage" entre sunnites et chiites :

     

    L'EIIL EN IRAK, PRISE D'ASSAUT OU SIMPLE PION ?
    1ère partie : http://www.etatdexception.net/?p=7568
    2ème partie : http://www.etatdexception.net/?p=7582

     


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