• (Encore une fois) Sur le mouvement maoïste international


    [Recension, et pistes de réflexion sur un peu toutes les "grandes controverses" qui peuvent l'agiter de manière récurrente]

    Sur la question des "deux grands camps" qui s'affronteraient ; les organisations (essentiellement) latino-américaines (Brésil, Équateur etc.) + le groupe "Drapeau Rouge" d'Allemagne, d'un côté ; et le Parti communiste des Philippines et ses organisations, groupes ou individus partisans à travers le monde, de l'autre :

    http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/pour-en-finir-avec-les-histoires-de-controverse-amerique-du-sud-vs-phi-a137994392

    Nous ne pensons pas qu'il existe de véritable opportunisme liquidateur dans le maoïsme international ; sinon une espèce d'olympiade sportive mondiale de s'en accuser mutuellement.

    Il existe des PENCHANTS. Le sisonisme philippin a un PENCHANT vers l'opportunisme de droite, le pragmatisme/réalisme, avec parfois des relents postmodernes ou de libéralisme envers le postmo.

    Le gonzalisme a un penchant vers le dogmatisme paralytique qui a l'insigne mérite de pratiquement interdire de se tromper, de quasi systématiquement pouvoir "l'avoir bien dit" quand ça part en vrille, mais qui interdit aussi à notre sens dans la plupart des cas toute ligne de masse, toute réelle action ; sauf au Brésil où il a un background et ne part pas de rien ; mais ailleurs il n'avance pas vraiment, même dans des pays proches du Pérou.

    D'autres ont des penchants mouvementistes sans réel fond politique, sous un "village Potemkine" spectaculaire : le maoïsme occidental, notamment, est fait de villages Potemkine, voilà le mot. C'est beau, mais quand on toque un peu dessus, toc toc, c'est creux. Il n'y a pas de contenu.

    Certes, dire que l'opportunisme liquidateur n'existe pas implique de ne prendre en compte que le TKP/ML légitime et non les usurpateurs liquidateurs rojavistes qui eux le sont vraiment, encore que certains pourraient en revenir (devant la voie de garage évidente que représente de se mettre à la remorque du PKK et du HDP). Mais bref.

    Il y a une tendance générale qui est de considérer que poser les principes universels de la "3e et supérieure étape" du marxisme se suffit à soi-même, et à ne pas développer une PENSÉE pour empoigner réellement le glaive de la révolution dans chaque pays et les conditions qui lui sont propres.

    Lorsqu'il s'agit de copier-coller ce qui s'est fait au Pérou dans des pays assez similaires, comme au Brésil, ça peut fonctionner... Mais pas systématiquement, y compris dans des pays encore plus proches comme l'Équateur. Au demeurant ni le Pérou, ni le reste de l'Amérique latine actuels ne sont le Pérou des années 1970, c'est un problème et l'a peut-être déjà été au Pérou lui-même dans les années 1990.

    D'autres mouvements importants (Inde, Philippines, Turquie et Kurdistan du Nord) capitalisent sur ce qui a été "pensé" à leurs débuts, dans les années 1960 ou 70.

    [Nous avions déjà évoqué cette question il y a quelques mois : pour-en-finir-avec-histoires-controverse-amerique-du-sud-vs-philippines ; comme quoi le problème est moins qu'il y ait des "déviations" plaçant telles ou telles organisations hors du MLM, qu'une prétention à définir et imposer comme "voie" universelle des schémas de pensée qui, de fait, sont adaptés et "marchent" dans tel ou tel pays.]

    Ailleurs, nous ne voyons pas vraiment un groupe qui ait réellement "pensé" son pays.

    À l'heure actuelle, le fait est que beaucoup plus d'énergie est dépensée en controverses, à se traiter mutuellement de révisionnistes ou de dogmatiques qu'à se consacrer chacun dans son pays à cette tâche, sans même parler de passer sérieusement à l'action.

    Il est peut-être intéressant de relever que la plus "grande", pas seulement quantitativement mais qualitativement, Guerre populaire maoïste en cours actuellement est celle d'Inde... Et que les maoïstes de ce pays sont assez peu présents sur internet et dans toutes ces polémiques.

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    En principe le révisionnisme est une menace parce qu'en offrant une voie militante plus facile et accessible, il présente rapidement un caractère de masse au détriment des vrais communistes qui offrent un chemin plus difficile, risqué et tortueux.

    Si l'on part de ce principe... franchement le prachandisme (hors Népal), l'avakianisme (partout), c'est quoi la menace ? Personne n'en a rien à foutre ; presque personne, dans les masses, n'en a même entendu parler. Le MLM vision Sison, si on le tient pour révisionniste, à peine plus (hors Philippines)... Au Brésil, l'orga dissidente sisonienne a fait un flop ; elle s'est avérée incapable de menacer en quoi que ce soit un mouvement maoïste gonzaliste implanté depuis des décennies.

    À un moment donné, il faudrait arrêter les fixettes. Si le gonzalisme a des limites elles sont d'abord internes, bieeeen avant l'"influence néfaste" de quelque autre courant.

    Les gonzalistes qui peuvent se targuer d'un certain succès, comme les Brésiliens, devraient réellement moins se préoccuper de ça que du fait que les autres gonzalistes internationaux le soient authentiquement. Développent une Pensée Guide pour faire la révolution dans leurs pays respectifs, par exemple. Et que le cas échéant, cette Pensée Guide ne soit pas complétement réactionnaire, une régression intellectuelle y compris par rapport à des forces ML ou trotskystes, comme cela a pu être le cas en fRance avec un certain 'p''c''mlm' et l'est actuellement aux États-Unis (et pourrait l'être à nouveau en France par ré-importation d'outre-Atlantique).

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    En fait, pour qu'on se comprenne bien, on n'est pas sur une question de trucs qui marchent pas. Encore que le Pérou se soit pris une certaine branlée, dont on pourrait discuter des raisons, bon.

    On est sur la question de l'exportation et application bête et méchante partout dans le monde de modèles qui marchent.

    Les Philippines ça marche, nous ne croyons pas à leur capitulation 100 fois annoncée, la stratégie de négociations nous a encore été réexpliquée etc. L'Inde ça marche, le Pérou ça a glorieusement marché, le Brésil aujourd'hui ça marche plutôt pas mal...

    Donc en fait, la question qui a pu se poser pour l'URSS de Lénine-Staline ou la Chine de Mao, ou le guévarisme après le succès cubain, dans les années 1960, sur le continent américain. Des trucs qui marchaient... Il y avait déjà ces débats sur le "modèle" à suivre plus ou moins aveuglément.

    Déjà on pourrait faire beaucoup plus simple, en disant simplement que le MLM c'est le gonzalisme. Ben oui, c'est qui qui l'a synthétisé et affirmé internationalement, le MLM ?* 

    Tous les autres sont des ML ralliés, un peu comme les catholiques ralliés à la République LOL, plus ou moins tardivement et à des degrés divers.

    Un peu comme à une époque, des marxistes et des socialistes divers se sont petit à petit ralliés au marxisme-léninisme.

    Forcément, ça pose la question de l'adaptation à chaque contexte national (qui passe par l'élaboration d'une Pensée... ce que combien ont fait ?). Plus le MLM s'éloigne du Pérou, moins il peut être "pur".

    Les Philippins sont "problématiques", déjà peut-être parce qu'au moment de reconnaître le MLM (vers la fin des années 1990 ?) ils avaient déjà derrière eux une longue et pas ridicule histoire. Il est donc logique qu'ils en fassent un peu à leur tête, et revendiquent une légitimité en tant que seule organisation à avoir une continuité totale depuis l'époque de Mao et de la Révolution culturelle.

    En fin de compte, on peut critiquer Sison comme on peut critiquer Gonzalo ou ses épigones actuels, comme Mao critiquait Staline : comme des CAMARADES, et de grands révolutionnaires communistes qui ont pu parfois commettre des erreurs en s'écartant du matérialisme dialectique, et/ou en perdant de vue certains principes ; mais qui restent dans le camp du communisme.

    En revanche, il existe des lignes rouges de l'inacceptable et des gens comme Prachanda et Bhattarai au Népal, Öcalan et le PKK et les orgas à sa remorque dans le HBDH en Turquie/Kurdistan, le 'p''c''mlm' en Hexagone ou les Red Guards aux États-Unis (liquidation infra-ML de la nécessité anticoloniale intérieure) les ont franchies.


    [* Il existe une tendance, des groupes, qui disent que la Pensée Gonzalo a des aspects universels, qu'il est effectivement la "4e épée du marxisme" et qu'il prépare une 4e et encore supérieure étape.

    C'est assez fréquent en Occident et à notre humble avis, c'est l'épicentre de ce qui peut chier idéologiquement.

    Gonzalo ne s'est jamais qualifié lui-même de "4e épée" et le qualifier ainsi est anti-MLM. Il a simplement synthétisé et affirmé internationalement le maoïsme comme 3e et supérieure étape en même temps qu'il l'appliquait ("passant" Mariátegui à travers ce nouveau prisme) à la réalité concrète du Pérou, ce qui constitue sa "Pensée". Personne n'est de toute façon une "épée" du marxisme ; le maoïsme ou même le marxisme-lénininsme anti-révisionniste post-Khrouchtchev ne se résument pas à Mao par exemple, qui n'est donc pas la "3e épée", ni Lénine à lui seul la 2e, etc. marxisme-au-dela-de-marx-leninisme-au-dela-de-lenine-maoisme-au-dela-de-mao

    Aucun propos émanant de gens qui appellent ainsi leur maison d'édition, ou de leurs soutiens internationaux, ne mérite d'être pris au sérieux ni d'engager la moindre discussion.]

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    Cette lutte entre 'pôles' 'grands frères' internationaux, nous croyons qu'il n'existe pas d'autre ligne juste que de s'en tenir à l'écart, et en fait, dans le respect de ceux qui le méritent (que ce soit la lutte aux Philippines ou au Brésil), refuser CATÉGORIQUEMENT ces logiques de 'modèles' dictant ce qu'il et comment il faut faire dans le moindre recoin du monde. Ça a déjà été néfaste à l'étape ML, ça apparaît clairement dans le retour critique (matérialiste et constructif) chinois sur l'expérience soviétique sous Staline la-critique-maoiste-de-staline ; les éminences du Komintern sont passées à côté de génies comme Mariátegui comme ça, bref.

    Le grand-frérisme est chez les grands Partis un 'vertige du succès' à combattre ; et surtout comme nous avons déjà pu le dire pour-en-finir-histoires-controverse-amerique-du-sud-vs-philippines, traduit chez les 'petits frères' une fainéantise politique. Oui : la problématique des Partis 'grands frères', c'est finalement et avant tout un problème de FLEMME idéologique des partis 'petits frères' qui vont se reposer sur les 'grands' plutôt que de bosser ; plus encore qu'une volonté active de ces derniers de se poser comme tels, même si bien sûr ça existe (le PCbUS dans le Komintern, mais aussi ensuite le PC de Chine ou l'Albanie contre le révisionnisme, etc.).

    Cela rejoint encore une fois la nécessité absolue d'une Pensée... Mais lorsqu'on y travaille, même modestement, il faut s'attendre à se prendre des pierres ! Se souvenir de Mariátegui à ce sujet... AMX_056_0012.pdf

    Et dans 99% des cas on voit bien que le ralliement à tel 'grand frère' contre tel autre recouvre en fait surtout des règlements de comptes strictement nationaux. Si les Red Guards se rallient au 'purisme' gonzaliste, c'est par exemple beaucoup pour pouvoir attaquer l''éclectisme' qu'est le respect des militants colonisés-intérieurs pour les grandes figures anti-impérialistes non-maoïstes (c'est à dire à peu près toutes, puisque le MLM a été affirmé dans les années 1980-90... à ce jeu là même Kaypakkaya ou Majumdar n'étaient pas 'maoïstes'...), et pouvoir les disqualifier au profit de leur volonté de centralisation partidaire sous la coupe de l'Amérique blanche. Vous imaginez un peu, l'utilisation faite ici d'un truc qui part à la base de la plus grande armée de libération indigène de l'histoire du Pérou depuis le 18e siècle sur-gonzalo-le-pcp-et-la-guerre-populaire-au-perou ?

    Travaillons à l'écart de tout ça, élaborons la Pensée pour faire la révolution chez nous, et ne cherchons pas de 'grands frères' pour excuser notre rien-faire idéologique ou régler nos différends nationaux...

    Cherchons et trouvons le point d'équilibre (véritable pierre philosophale...) entre solidité théorique scientifique et lien avec les masses, permis seulement par la FINESSE intellectuelle et le penser-avec-sa-tête ; afin d'éviter les situations à l'allemande où l''autisme politique' (excellence théorique, mais difficulté à 'socialiser' avec les masses par sa pratique) engendre automatiquement contre lui le populisme éclectique et bas-du-front au nom de 'toucher enfin' celles-ci, ce qui est une phénomène littéralement mécanique et AUTOMATIQUE et qui n'a pas d'autre antidote que ce juste équilibre.

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    Le centrisme, c'est vouloir se tenir absolument à équidistance entre deux positions.

    Ce n'est pas notre cas : au contraire, nous en affirmons fermement une. À savoir, la position de Mao et des communistes chinois dans leurs retours critiques sur l'URSS de Staline critique-maoiste-staline ; au sujet de la tendance de grands Partis aux grandes réalisations à se poser en "guides" de l'activité de tous les Partis de la planète, et de l'autre côté, des petits Partis au suivisme aveugle vis à vis des grands ; l'un ne pouvant aller sans l'autre.

    Le centrisme, ce peut être aussi vouloir à tout prix concilier des positions inconciliables.

    Au contraire, nous disons que nous ne concilierons jamais avec ce qui nous semblerait inacceptable, de qui que cela provienne ; et ne nous fixerons jamais dans le mouvement communiste un "camp" de la part duquel tout serait accepté et défendu, et rien de ce que pourrait faire le "camp" opposé.

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    En dernière analyse, on peut dire que le MLM c'est la somme de 3 grands ensembles de lois UNIVERSELLES :

    - les lois du matérialisme dialectique (Marx et Engels) ; peut-être un peu longues à dégager des scories de la pensée "universaliste" européenne du 19e siècle, mais pas plus "strictement européennes" et "importées" voire "coloniales" ailleurs que le fait que la Terre tourne sur elle-même en 24 heures et autour du Soleil en 365 jours ;

    - les lois de comment faire la révolution (Lénine, avec l'importance de Gramsci encore-une-fois-sur-la-question-de-gramsci pour les pays d'Occident "où le capitalisme - pour citer Mao - a une histoire vieille de 250 voire 300 ans" et où "l'influence pernicieuse de la bourgeoisie est très profonde et infiltrée partout") ;

    - les lois de comment parvenir au communisme à travers le socialisme (Mao, en plus d'avoir apporté la théorie de la Guerre populaire, d'une lutte prolongée aux lois de "comment faire la révolution").

    Point barre. En dehors de cela, aucune vision ni "gonzaliste" ni "sisonienne" ni rien ne peut avoir de prétention universelle ; toutes émergent de PAYS aux conditions CONCRÈTES bien précises et deviennent erronées à mesure que les conditions s'éloignent de celles de celles de ces pays.

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    Sur la Guerre populaire et son universalité :

    En dernière analyse, nous pensons à Servir le Peuple qu'il y a effectivement universalité du caractère 1/ prolongé (pas de "Grand Soir" magique), sinueux (avancées et reflux), patient, 2/ "pas un dîner de gala" (pas de capitulation volontaire du Pouvoir bourgeois, pas de voie pacifique vers le socialisme par des élections par exemple), et 3/ consciemment construit et dirigé (pas d'attente pantouflarde des "conditions réunies") de la révolution pour établir le Pouvoir populaire des travailleurs exploités.

    Il semble, en revanche, tomber sous le sens qu'il n'y a pas d'universalité de la Guerre populaire strictement telle que menée en Chine, aux Philippines, en Inde ou au Pérou... On peut toujours se complaire et s'amuser à le croire, en "mixant" plus ou moins le truc avec du "spectacle" activiste violent d'inspiration toto/black bloc ; vouloir "se battre pour se battre" comme le dénonçait déjà Kaypakkaya en son temps (propos évoqués dans ce document : on-ne-peut-pas-etre-communiste-sans-defendre-le-maoisme) ; en un mot, verser dans l'aventurisme militariste jusqu'à "aller trop loin" et se casser le nez sur la répression "dans le silence des médias" ; mais cela n'y changera rien.

    Il est bien évident que pour être "dans les masses comme un poisson dans l'eau", il faut que les masses populaires soient une "eau" ; et que tel est le premier combat à mener, qui est une bataille d'hégémonie ; quitte à utiliser les espaces de légalité, de "liberté d'expression" où l’État ne pénalise pas encore ce qui n'est pas des violences physiques directes contre les biens ou les personnes (mais certes, de plus en plus tout ce qu'il peut définir comme un "appel" à celles-ci...) [en fait, plutôt, il n'a PAS BESOIN de pénaliser vu comment la gauche y compris "radicale" joue à la perfection un rôle de police à ce niveau, et excelle à se bouffer la gueule et tirer dans les pattes en son propre sein] ; au lieu de s'enfermer dans une culture paranoïaque d'organisation clandestine "militarisée" qui ne fait que se couper des masses encore plus que l'extrême-gauche ne l'est déjà actuellement (c'est dire...).

    Cela, en réalité, personne sur toute la "planète" maoïste sérieuse ne le nie vraiment. Dans son document sur la Guerre populaire, rendu disponible en français par le PCM http://www.pcmaoiste.org/autre/guerre-populaire-et-revolution/, le Parti communiste du Brésil (Fraction Rouge)* ["champion", en principe, de la thèse de l'universalité] dit en substance que la chose "reste à inventer" dans les pays impérialistes occidentaux...

    Il faut peut-être en effet, comme cela est suggéré, regarder du côté des expériences "des luttes armées dans différents pays d’Europe tout au long du 20ème siècle" (bien qu'absolument pas sous direction maoïste à l'époque, et plutôt percluses soit de réformisme armé soit de militarisme aventuriste) ; typiquement par exemple l'Irlande du Nord ou l'Italie des années 1970-80, ou pourquoi pas en effet la Palestine, dans la mesure où Israël est un morceau d'Occident au Proche-Orient et quelque part 26 000 km² de métropole occidentale peuplée comme l'Île-de-France et en voie de "gentryfication coloniale" jerusalem-est-ou-la-gentryfication-ethnique (raison, peut-être, du caractère "phare" de la cause dans nos quartiers populaires...) ; comme modèles de stade ultra-défensif stratégique d'une Guerre populaire "à l'occidentale" qu'il s'agit encore pour nous d'atteindre.

    [Quelques citations du texte en question, qui peuvent donner des pistes de réflexion à défaut de réponses définitives :

    "Dans aucune des expériences historiques, et il y a eu peu d’opportunités dans les pays capitalistes, où la pure insurrection a été tentée celle-ci n’a réussi. La Révolution d’Octobre qui a approfondi la Révolution de Février a pris trois années de guerre civile tumultueuse pour se maintenir et se consolider. La formule que le trotskisme crie sur tous les toits de « grève politique générale » n’a pas traversé le siècle de la simple phraséologie réformiste. D’autres propositions d’insurrection exclusive comme moyen de révolution dans les pays impérialistes ont également servi de prétexte à l’adhésion au crétinisme parlementaire, sans aucune démonstration concrète de leur réalisation réussie. L’avènement de l’impérialisme, au moment où les conditions objectives de la révolution prolétarienne ont mûri en théorie et en pratique, a également imposé des changements importants avec la militarisation de toute la vie sociale et de tous les pays. Selon les mots de Lénine, l’impérialisme c’est la guerre, et après le triomphe de la Révolution d’Octobre et la guerre civile pour écraser la contre-révolution, la révolution prolétarienne ne serait possible que par différents types de guerre, précisément parce que l’impérialisme se maintenait avec des guerres de tous les types jamais vus auparavant. Lénine traita de cette question maintes fois, en particulier après le triomphe de la Révolution d’Octobre : il en tirait des leçons, à la différence de l’idée que les marxistes avaient jusqu’alors concernant la révolution prolétarienne, que la voie serait de plus en plus diversifiée comme cela s’est passé en Russie."

    "Dans le cas des pays capitalistes (impérialistes), la construction des Trois Instruments Fondamentaux de la Révolution obéit aux particularités de leurs réalités, suivant leur développement de manière concentrique, le Parti Communiste, l’Armée Prolétaire ou Populaire et le Front Uni Révolutionnaire, qui sera développé comme l’embryon du Nouvel État Socialiste en construction, expression de la dictature du prolétariat. Le Front Uni est nécessaire pour unir les masses populaires qui composent ces sociétés, telles que des secteurs ou des parties de la petite bourgeoisie, les soi-disant professionnels libéraux, les petits propriétaires et les intellectuels de manière général. En outre, étant donné que dans ces pays, en raison de la forme de décomposition qu’est l’impérialisme, il y a inévitablement augmentation du flux constant de travailleurs immigrés provenant des pays opprimés et qui sont en partie des contingents caractérisés par les semi-prolétaires, les intellectuels et les petits propriétaires de services : le prolétariat révolutionnaire doit s’allier avec eux pour mener la révolution socialiste à la victoire. Nous devons prendre au sérieux l’erreur commise par le Parti Communiste d’Allemagne dans les années 1930, qui ne comprenait pas la nécessité d’unir la petite bourgeoisie, à travers le front uni révolutionnaire, la laissant être entraînée par le nazisme. En outre, dans de nombreux pays capitalistes développés, il subsiste un certain nombre de petit paysans propriétaires qui doivent également être attirés dans le camp du prolétariat.

    La nécessité de ces stratégies implique nécessairement, pour la réalisation de la Guerre Populaire, des plans bien établis, fondés sur une enquête permanente à travers l’action révolutionnaire de la ligne de masse guidée par l’idéologie du maoïsme dans sa fusion avec la révolution concrète, le Programme et la Ligne Politique Générale, qu’elle précise et exprime. Aussi l’accompagnement systématique dans son exécution est nécessaire pour y mener des ajustements et des rectifications. Plans politiques, militaires et de construction combinés et dans l’unité. De ses débuts à son développement et son aboutissement, la Guerre Populaire doit suivre des Plans avec des objectifs immédiats dans chaque étape et sous-étapes qui servent à la réalisation de l’objectif final. 

    Le caractère universel de la Guerre Populaire, en dernière instance, se constitue et se présente contre la tendance de la nature de l’impérialisme à la guerre, non seulement comme une politique de rapine nécessaire à son existence, mais comme une guerre impérialiste mondiale pour le repartage du monde entre monopoles et pays impérialistes et pour l’hégémonie. La Guerre Populaire se constitue et se présente comme Guerre Populaire Mondiale pour le balayage complet de tout système d’exploitation et d’oppression et pour l’établissement du socialisme, pour le triomphe de la Révolution Prolétaire Mondiale et pour le Communisme radieux. Cela a été soulevé très clairement par le PCC dans la situation complexe des années 1960, lorsque l’URSS socialiste-impérialiste, en collusion et en lutte avec l’impérialisme yankee, a menacé la Chine populaire. À cette occasion (1965) pour célébrer les 20 ans de la victoire sur le nazi-fascisme et l’expulsion de l’envahisseur japonais, le manifeste “Vive le triomphe de la Guerre Populaire” a déclaré que « prenant le monde dans son ensemble, les pays du tiers monde sont la campagne et les pays impérialistes la ville »."

    "Comme on l’a déjà dit plus haut, il est nécessaire de s’affranchir de toute appréciation mécaniste et figée de l’expérience chinoise pour comprendre la validité universelle de la Guerre Populaire. Il faut aller plus avant dans la synthèse de l’expérience de la Grande Révolution Culturelle Prolétarienne dans son ensemble et particulièrement dans les causes de son déclin, en mettant de côté la légèreté des facteurs épisodiques pour voir l’ampleur et le potentiel de la Guerre Populaire comme conception du Pouvoir du Prolétariat dans les différentes étapes et phases de la révolution et de la transition vers le Communisme. En plus de ce qui a déjà été théoriquement débattu ici, les éléments pratiques de sa réalisation dans les pays capitalistes (impérialistes) présentent des difficultés telles qu’elles se posent dans les pays arriérés et opprimés, étant dans l’un comme dans l’autre cas conditionnés par le mouvement de la situation révolutionnaire qui se développe inégalement dans le monde entier et d’une manière particulière dépendant de la préparation idéologico-politique, organisationnelle et militaire du Parti communiste dans chaque pays.

    Tous les déchets révisionnistes et réformistes de l’« accumulation à froid » et des « espaces démocratiques », par le biais du crétinisme parlementaire, sont la voie bureaucratique de la bourgeoisie bureaucratico-compradore et latifundiste qui s’oppose à la voie démocratique du prolétariat dans les pays arriérés, opprimé. Ils ne vont pas au-delà de la lutte prolongée pour le renforcement de l’institutionnalité bourgeoise et ce sont les même balivernes aussi bien dans les pays arriérés et opprimés que dans les pays capitalistes (impérialistes). La différence est que la démocratie bourgeoise dans les pays capitalistes (impérialistes) a incorporé des conquêtes « civilisatrices » au niveau subjectif de la société tout entière, ce qui, dans les pays arriérés opprimés, n’est rien d’autre que leur simulacre fantasmagorique. Cependant, même là où la démocratie bourgeoise a exercé tout son potentiel (pays impérialistes), elle vieillit et ne peut plus se réaliser, car avec l’avènement de l’impérialisme, la démocratie nationale et la souveraineté succombent aux intérêts du capital monopoliste et chaque jour grandit l’adoption dans son cadre juridique des éléments du fascisme.

    Ainsi, le grand défi pour la révolution prolétarienne est de persister dans la ligne de masse, de mobiliser, de politiser et d’organiser les masses pour toute et n’importe quelle action, de la plus petite à la plus grande, de la plus élémentaire à la plus complexe, de l’inférieur au supérieur, les armant de plus en plus. L’expérience de la résistance des peuples et de la lutte du prolétariat montre des possibilités pour l’organisation de la révolution. En ce sens, il est très important d’étudier de telles expériences et dans le cas spécifique de la Guerre Populaire dans les pays capitalistes (impérialistes) de prendre en compte celles des luttes armées dans différents pays d’Europe tout au long du 20ème siècle, ainsi que dans le moment présent, où le peuple palestinien, à Gaza, se bat et résiste en imposant de lourdes pertes à l’impérialisme et sa botte noire sioniste. En cela, nous devons considérer, que les masses le font déjà sans direction et idéologie scientifique, ni prolétarienne, petite-bourgeoise ou bourgeoise. Rien n’est impossible dans le monde pour ceux qui osent gravir les hauteurs."

    "Le problème de l’Initiation (ou Déclenchement) de la Guerre Populaire implique deux facteurs : celui de surmonter l’inertie, de passer de formes de lutte principalement non armées à des formes de lutte principalement armées ; et celui de se concentrer sur le fait qu’on apprend à faire la guerre fondamentalement dans la guerre. Et bien sûr ce n’est pas une négation du besoin de préparation, au contraire, ce problème doit être pris au sérieux, mais pas au point de le présenter de telle manière qu’il devienne un obstacle insurmontable et un déni de sa réalisation. Mais nous devons également faire attention à un facteur pratique et non moins important, comme l’a averti le Président Gonzalo, qui est de choisir le bon moment pour procéder à l’Initiation (au Déclenchement) : un moment plus sensible et favorable caractérisé par un certain niveau de crise, d’instabilité et de faiblesse du gouvernement, dans une situation révolutionnaire déterminée qui se développe inégalement à travers le monde."

    "Objectivement dans le cas des pays capitalistes (impérialistes), dont le théâtre principal de la guerre sont les villes, de nouveaux défis se dressent, forçant les travaux de construction à progresser vers une dynamique extrêmement en phase avec le développement des crises économiques, sociales et surtout politiques d’un pays donné. Le problème de l’instabilité relative des Bases d’Appui au moment de leurs premières expériences est présent comme un fait et les Bases d’Appui se distinguent également par des niveaux distincts de cette instabilité ou stabilité relative."

    "Il n’est pas possible de concevoir ou de parler de la Guerre Populaire sans parler de la question du Pouvoir, du pouvoir pour le prolétariat et les masses populaires, il est l’objectif immédiat poursuivi et il est conquis partie par partie, les Bases d’appui révolutionnaires à la campagne sont la première partie, l’expression du Nouveau Pouvoir, à travers les Comités populaires, ouverts ou fermés, la direction des Assemblées du Pouvoir populaire et du Front / Nouvel État de la République Populaire en construction, avec le Parti comme direction et l’Armée Populaire comme la moelle, se développant dans une lutte prolongée, entre sursauts et révoltes et par bonds, jusqu’à la conquête du Pouvoir dans tout le pays, préparant l’insurrection générale dans les villes forteresses de l’ennemi, culminant dans l’encerclement des villes par la campagne et l’insurrection générale, dans le cas des pays opprimés par l’impérialisme.

    Dans le cas des pays capitalistes développés, pays impérialistes, le Pouvoir est aussi un objectif immédiat poursuivi depuis le début de la lutte armée comme Guerre Populaire, pouvoir à conquérir et à construire dans les zones de mobilisation et d’organisation du prolétariat et des masses populaires, à travers les unités de guérilla armées (détachements ou milices) et principalement dans les formes secrètes des Comités Prolétariens, expression du nouveau pouvoir, nouvel État dirigé par le Parti et ayant pour base l’Armée Populaire, préparant pas à pas l’insurrection générale pour l’établissement de la République Socialiste déjà en construction."]

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    [Sur la question, assez fondamentale dans le mouvement MLM international et source de polémique permanente, de la "capitulation" ou non de Gonzalo emprisonné ; du fait qu'il soit ou non derrière les "Lettres de Paix" ("adressées" à Fujimori en octobre 1993) et la "Ligne Opportuniste de Droite", etc. etc.]

    Camarades marxistes-léninistes-maoïstes "plutôt tendance Gonzalo", la question mérite d'être posée :

    Ne serait-il pas (simplement) possible d'imaginer que Gonzalo ait NON PAS TRAHI... mais simplement fait preuve d'ÉTHIQUE DE RESPONSABILITÉ dans les conditions des années suivant immédiatement sa capture ; avec des revers catastrophiques pour le Parti et la guérilla, des cadres de premier plan capturés ou tués les uns après les autres, donc des perspectives de victoire à court terme s'amenuisant jusqu'à devenir nulles ; et dans le même temps, la guerre GÉNOCIDAIRE livrée par Fujimori aux masses populaires des campagnes, des dizaines de milliers de victimes et ce, dans ces perspectives nulles de victoire révolutionnaire, POUR RIEN ?

    Il aurait alors pu, dans ces conditions, envisager le "détour" dont il avait parlé dans la cage comme une réelle PAUSE, un arrêt certes temporaire mais TOTAL de la violence armée "spectaculaire" à grande échelle, afin de retirer à Fujimori le prétexte n°1 (ce n'était pas la seule raison, en réalité, mais le prétexte n°1...) de sa guerre contre le peuple ; et également préserver ainsi ce qu'il pouvait rester du Parti pour en permettre la Réorganisation Générale ; quitte à  limite laisser croire ses adversaires, dans les ambigüités de son propos, à des intentions d'"accords de paix" et d'abandon complet de la voie armée pour la révolution sociale au Pérou.

    Cela au lieu de s'enkyster dans l'excitation de soi-même, "je vous emmerde à tous, je suis la Jefatura du Parti et de la Révolution, la Guerre populaire continuera implacablement jusqu'à la Victoire !!" ; et que s'accumulent ainsi encore et encore les milliers de cadavres dans les Andes POUR RIEN, sans perspective sérieuse de prise de pouvoir révolutionnaire d'ici (disons) l'an 2000 ou 2005.

    Raisonnement qui, loin d'un traître et d'un liquidateur, aurait fait de lui un VRAI GÉNÉRAL prenant sur lui (fût-ce l’infâmie de la "capitulation" que des esprits simples ne manqueraient pas de lui prêter...) pour épargner ses troupes et la population sous sa responsabilité, plutôt qu'un mégalomane à la Hitler enfermé dans son bunker et laissant mourir des millions d'Allemands dans une lutte "jusqu'au bout" sans aucun espoir de renverser la situation militaire.

    Il aurait peut-être pu, aussi, émettre des réflexions comme quoi la Guerre populaire n'aurait peut-être pas "pas dû" être lancée, mais pas dû, du moins, vouloir aller parfois aussi (TROP) vite ; dans un contexte mondial, il faut le reconnaître, peu favorable ; comme lorsqu'il s'était déjà (de nombreuses sources en attestent) opposé en 1991, en plein reflux général mondial des forces révolutionnaires et anti-impérialistes en général, au lancement de la guerre dans les centres urbains, autrement dit concrètement au passage à l'offensive stratégique...

    Toutes réflexions dont l’État réactionnaire péruvien et ses conseillers de la CIA et du Mossad, en prenant et collant des petits bouts tronqués les uns à côté des autres, auraient pu faire des "Lettres" appelant à des "accords de paix" et à l'abandon de la lutte révolutionnaire armée au profit de la voie réformiste négociée, bref à la capitulation.

    Et toutes réflexions que... DES GENS, voulant voir dans le maoïsme version péruvienne une espèce de fétiche fantasmé de jusqu'au-boutisme, de "révolution implacable" qui "ne recule devant rien", afin de s'exciter en se rêvant eux-mêmes en ultra-révolutionnaires et en s'auto-fellationnant, sont bien entendu INCAPABLES DE COMPRENDRE (donc, deux choix : soit ils rejoignent ce qu'on appelle là-bas la "Ligne Opportuniste de Gauche" et considèrent Gonzalo comme un traître et appellent - même - à son exécution pour "trahison" ; soit... ils s'échinent nuit et jour à nier qu'il ait pu avoir ces raisonnements, tenir les propos - on ne parle pas des Lettres, là - que lui prêtent certains ex-codétenus, etc. etc.).

    Lire à ce sujet : http://www.bannedthought.net/International/RIM/AWTW/2006-32/32Peru.htm

    - "Je vais probablement finir ma vie dans une cellule de prison. Je prends acte de mon anéantissement militaire (qui n'a rien de honteux vu la disproportion des moyens et les méthodes ignobles mises en œuvre par l'ennemi), et souhaite le plus possible épargner la vie de mes troupes et des masses civiles. J'ordonne donc à l'Armée de Guérilla de cesser ses opérations, afin que le gouvernement mette fin aux siennes et aux souffrances immenses qu'elles causent au peuple. Je sais, en matérialiste, que tant que la misère et l'exploitation existeront au Pérou la révolution reprendra tôt ou tard son cours, avec un autre que moi, qui aura un jour l'honneur de présider la République populaire. Mais pour le moment, rien ne sert de s'obstiner au prix de la vie de 10 paysans ou travailleurs pour un seul soldat ou policier ennemi."

    OU

    - "Putain, merde, je suis en taule ; il faut que les autres là, dehors, ils se bougent le cul et redoublent de combattivité et d'esprit de sacrifice pour le Parti et la révolution, histoire de prendre le pouvoir et de me libérer d'ici 5 ans..."

    Lequel, de ces deux raisonnements, serait celui d'un vrai général en chef et d'un homme d'honneur ?

    Voilà, après maintes et maintes réflexions sur cet épineux sujet, la conclusion à laquelle nous en sommes rendus : Gonzalo n'a PAS trahi... parce que les propos qu'on lui attribue (si l'on s'en tient strictement à ces propos) ne sont PAS de la trahison, tout simplement !!

    Ils sont les RESPONSABILITÉS prises par un authentique commandant, et un homme d'honneur, dans la situation telle qu'elle se présentait.

    Il allait y avoir un "détour" (discours de la cage), et ce détour voulait dire cesser pour le moment la lutte armée afin que Fujimori cesse sa guerre d'extermination, et ainsi épargner de vies combattantes comme civiles.

    Et pas "putain merde, je suis en taule, dépêchez-vous de prendre le pouvoir pour me libérer"...

    VOIRE, la jouer un peu "calmer le jeu" en sachant très bien (en matérialiste) que la révolution inéluctable reprendrait son cours tôt ou tard, dans 20 ou 30 ou 40 ans, et que d'ici là il y aurait toujours dans les campagnes ou les bidonvilles des résidus du Parti qui se réorganiseraient.

    C'est en réalité une attitude très responsable, et la seule digne qu'il était possible d'avoir.

    Non pas appeler à l'obstination dans une Guerre populaire conçue comme "sa chose", sa seule raison existentielle qui devait donc continuer indéfiniment pour sa satisfaction personnelle ; mais, en général défait et prisonnier, appeler ses troupes à épargner leurs vies et celles des civils sous leur "juridiction" en cessant le combat, et non à se sacrifier jusqu'au dernier sans le moindre espoir à court terme (comme le faisait Hitler dans son bunker).

    Qu'ensuite, des droitiers l'aient interprété comme un authentique appel à un changement pacifique de société ; et des gauchistes comme une effective "trahison" (thèse qu'a fini par assumer VP, par exemple) ou alors forcément une falsification de l'ennemi (thèse à laquelle tout bon MLM est prié de se tenir), est en soi un autre sujet.

    Mais un autre sujet qui a fini par baiser le débat en le phagocytant, et en empêchant de le prendre (tout simplement) par le bon bout, à savoir : qu'a RÉELLEMENT dit Gonzalo (se pencher VRAIMENT sur l'EXACTITUDE de ses propos), et... avait-il vraiment TORT de le dire ?

    Enfin bon, bref, la seule position correcte sur tout ça c'est de toute façon qu'on s'en fout de ce que Gonzalo a ou aurait dit, pas dit, dit sous la torture ou drogué, depuis un cachot à 8 mètres de profondeur sous une base navale : les derniers documents valables sur lesquels se baser sont ceux du 1er (et dernier) Congrès (1989), du 3e Plénum du Comité Central (1992) et de ces années-là, tels que le "Nouveau plan stratégique de développement de la Guerre populaire pour conquérir le pouvoir dans tout le pays" ; car la ligne d'un Parti n'est pas les paroles d'un seul dirigeant, encore moins emprisonné, qui du fond d'une prison ne dirige ni la ligne opportuniste de droite (comme le prétend le texte avakianiste en lien ci-dessus), ni la ligne de gauche ni rien du tout. Telle est la position des VRAIES organisations "gonzalistes" d'Amérique du Sud, mais pas, bien évidemment, des petites sectes occidentales qui se branlent.

    * Oui car une grande question, la grande énigme serait-on tenté de dire, avec ces "accords de paix", c'est... OÙ SONT-ILS DONC ? Où sont-ils, ces accords ? Quelqu'un peut-il nous montrer un document, signé et contresigné par Gonzalo et Fujimori (ou un autre représentant de l’État) ?

    Il y a (ou aurait) eu des LETTRES adressées par Gonzalo à Fujimori et lues par celui-ci à la tribune de l'ONU en octobre 1993, puis une réitération de cet appel à un accord, entouré de sa compagne Elena Iparraguirre et des autres membres emprisonnés du Comité central, dans une vidéo retransmise à la télévision en décembre de la même année. C'est de cela, et UNIQUEMENT de cela qu'il est question, et de (concrètement) s'il a pu être forcé à cela, ou a agi de son plein gré. Puis, de supposés entretiens (dans sa prison ou par radio) avec des dirigeants guérilleros hostiles (au départ) à l'abandon de la lutte armée et qu'il aurait convaincus ; et des propos rapportés par ses avocats, notamment le fameux Alfredo Crespo, et compilés pour certains dans l'ouvrage De Puño y Letra paru en 2009.

    En dehors de cela, il n'y a RIEN D'AUTRE ; ni avec Fujimori tombé en 2000, ni avec aucun des quatre chefs de l’État qui lui ont succédé depuis ; aucun "accord" signé et contresigné, aucune "feuille de route" prévoyant des mesures, démocratiques, sociales ou autres, pour prétendument "transformer" la société péruvienne par la voie pacifique ; avec un PCP transformé en parti légal et légaliste prenant part au "processus" (comme cela s'est produit partout où il y a eu de tels "accords", en Amérique centrale, au Népal, en Afrique du Sud, en Palestine, en Irlande etc. etc.). Le Movadef, qui centre son militantisme sur la demande d'une "amnistie générale humanitaire" (pour faire court) des prisonniers du conflit, et dont Gonzalo a par ailleurs affirmé n'avoir "rien à voir avec", est disons tout juste "toléré"...

    Il n'y a donc PAS d'"accord" qui pourrait signifier le passage de Gonzalo (et de la haute direction emprisonnée du Parti) sur une ligne d'abandon de la révolution armée et de "transformation sociale" par des mesures négociées avec la bourgeoisie (seul le haut cadre Oscar Ramirez "Feliciano", successeur immédiat de Gonzalo à la tête du Parti, serait aujourd'hui sur une telle ligne, enfin, carrément sur la ligne que la "démocratie" péruvienne actuelle est "très bien comme elle est").

    On a donc, déjà pour commencer, l'impression de débattre d'"accords", de "négociations"-trahison qui... n'existent pas !!

    TOUT CE QU'IL Y A c'est, à la rigueur, des appels à mettre fin à la Guerre populaire au sens de violence armée, et à une "réconciliation nationale" qui serait de toute évidence à entendre dans un sens purement humanitaire (libération des prisonniers, fin de la violence répressive, de l'état d'exception permanent et quasi-héréditaire sur les "populations terroristes" etc. etc.). En d'autres termes, PRENDRE ACTE d'une situation de déroute militaire et d'inutilité de s'acharner (la "longue marche" révolutionnaire du Peuple péruvien reprendra quand elle devra reprendre...), et essayer de "gérer" HUMANITAIREMENT cette situation "au mieux"... (le document du Comité central  "Sur la nouvelle grande stratégie politique", en novembre 1993, parle de "lutter pour un accord de paix et renforcer les basespréparer le 2e Congrès", ce qui ne laisse pas vraiment entendre une démarche de liquidation du Parti et de liquidation de la Guerre populaire, ni que l'"accord de paix" évoqué soit autre chose que tactique et humanitaire).

    Ce qui, on l'a dit, relèverait d'une attitude de RESPONSABILITÉ et aucunement d'une capitulation des principes communistes.

    Mais BIEN ENTENDU, à toutes les personnes pour qui la révolution relève encore largement du fantasme, de la pose, limite du jeu de rôle, et non de la cruelle et immédiate réalité qu'elle était pour le Parti communiste du Pérou, ce genre de chose apparaît totalement incompréhensible.

    (Encore une fois) Sur le mouvement maoïste international

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