• (Encore une fois) Sur le mouvement maoïste international


    Nous ne pensons pas qu'il existe de véritable opportunisme liquidateur dans le maoïsme international ; sinon une espèce d'olympiade sportive mondiale de s'en accuser mutuellement.

    Il existe des PENCHANTS. Le sisonisme philippin a un PENCHANT vers l'opportunisme de droite, le pragmatisme/réalisme, avec parfois des relents postmodernes ou de libéralisme envers le postmo.

    Le gonzalisme a un penchant vers le dogmatisme paralytique qui a l'insigne mérite de pratiquement interdire de se tromper, de quasi systématiquement pouvoir "l'avoir bien dit" quand ça part en vrille, mais qui interdit aussi à notre sens dans la plupart des cas toute ligne de masse, toute réelle action ; sauf au Brésil où il a un background et ne part pas de rien ; mais ailleurs il n'avance pas vraiment, même dans des pays proches du Pérou.

    D'autres ont des penchants mouvementistes sans réel fond politique, sous un "village Potemkine" spectaculaire : le maoïsme occidental, notamment, est fait de villages Potemkine, voilà le mot. C'est beau, mais quand on toque un peu dessus, toc toc, c'est creux. Il n'y a pas de contenu.

    Certes, dire que l'opportunisme liquidateur n'existe pas implique de ne prendre en compte que le TKP/ML légitime et non les usurpateurs liquidateurs rojavistes qui eux le sont vraiment, encore que certains pourraient en revenir (devant la voie de garage évidente que représente de se mettre à la remorque du PKK et du HDP). Mais bref.

    Il y a une tendance générale qui est de considérer que poser les principes universels de la "3e et supérieure étape" du marxisme se suffit à soi-même, et à ne pas développer une PENSÉE pour empoigner réellement le glaive de la révolution dans chaque pays et les conditions qui lui sont propres.

    Lorsqu'il s'agit de copier-coller ce qui s'est fait au Pérou dans des pays assez similaires, comme au Brésil, ça peut fonctionner... Mais pas systématiquement, y compris dans des pays encore plus proches comme l'Équateur. Au demeurant ni le Pérou, ni le reste de l'Amérique latine actuels ne sont le Pérou des années 1970, c'est un problème et l'a peut-être déjà été au Pérou lui-même dans les années 1990.

    D'autres mouvements importants (Inde, Philippines, Turquie et Kurdistan du Nord) capitalisent sur ce qui a été "pensé" à leurs débuts, dans les années 1960 ou 70.

    [Nous avions déjà évoqué cette question il y a quelques mois : pour-en-finir-avec-histoires-controverse-amerique-du-sud-vs-philippines ; comme quoi le problème est moins qu'il y ait des "déviations" plaçant telles ou telles organisations hors du MLM, qu'une prétention à définir et imposer comme "voie" universelle des schémas de pensée qui, de fait, sont adaptés et "marchent" dans tel ou tel pays.]

    Ailleurs, nous ne voyons pas vraiment un groupe qui ait réellement "pensé" son pays.

    À l'heure actuelle, le fait est que beaucoup plus d'énergie est dépensée en controverses, à se traiter mutuellement de révisionnistes ou de dogmatiques qu'à se consacrer chacun dans son pays à cette tâche, sans même parler de passer sérieusement à l'action.

    Il est peut-être intéressant de relever que la plus "grande", pas seulement quantitativement mais qualitativement, Guerre populaire maoïste en cours actuellement est celle d'Inde... Et que les maoïstes de ce pays sont assez peu présents sur internet et dans toutes ces polémiques.

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    En principe le révisionnisme est une menace parce qu'en offrant une voie militante plus facile et accessible, il présente rapidement un caractère de masse au détriment des vrais communistes qui offrent un chemin plus difficile, risqué et tortueux.

    Si l'on part de ce principe... franchement le prachandisme (hors Népal), l'avakianisme (partout), c'est quoi la menace ? Personne n'en a rien à foutre ; presque personne, dans les masses, n'en a même entendu parler. Le MLM vision Sison, si on le tient pour révisionniste, à peine plus (hors Philippines)... Au Brésil, l'orga dissidente sisonienne a fait un flop ; elle s'est avérée incapable de menacer en quoi que ce soit un mouvement maoïste gonzaliste implanté depuis des décennies.

    À un moment donné, il faudrait arrêter les fixettes. Si le gonzalisme a des limites elles sont d'abord internes, bieeeen avant l'"influence néfaste" de quelque autre courant.

    Les gonzalistes qui peuvent se targuer d'un certain succès, comme les Brésiliens, devraient réellement moins se préoccuper de ça que du fait que les autres gonzalistes internationaux le soient authentiquement. Développent une Pensée Guide pour faire la révolution dans leurs pays respectifs, par exemple. Et que le cas échéant, cette Pensée Guide ne soit pas complétement réactionnaire, une régression intellectuelle y compris par rapport à des forces ML ou trotskystes, comme cela a pu être le cas en fRance avec un certain 'p''c''mlm' et l'est actuellement aux États-Unis (et pourrait l'être à nouveau en France par ré-importation d'outre-Atlantique).

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    En fait, pour qu'on se comprenne bien, on n'est pas sur une question de trucs qui marchent pas. Encore que le Pérou se soit pris une certaine branlée, dont on pourrait discuter des raisons, bon.

    On est sur la question de l'exportation et application bête et méchante partout dans le monde de modèles qui marchent.

    Les Philippines ça marche, nous ne croyons pas à leur capitulation 100 fois annoncée, la stratégie de négociations nous a encore été réexpliquée etc. L'Inde ça marche, le Pérou ça a glorieusement marché, le Brésil aujourd'hui ça marche plutôt pas mal...

    Donc en fait, la question qui a pu se poser pour l'URSS de Lénine-Staline ou la Chine de Mao, ou le guévarisme après le succès cubain, dans les années 1960, sur le continent américain. Des trucs qui marchaient... Il y avait déjà ces débats sur le "modèle" à suivre plus ou moins aveuglément.

    Déjà on pourrait faire beaucoup plus simple, en disant simplement que le MLM c'est le gonzalisme. Ben oui, c'est qui qui l'a synthétisé et affirmé internationalement, le MLM ?* 

    Tous les autres sont des ML ralliés, un peu comme les catholiques ralliés à la République LOL, plus ou moins tardivement et à des degrés divers.

    Un peu comme à une époque, des marxistes et des socialistes divers se sont petit à petit ralliés au marxisme-léninisme.

    Forcément, ça pose la question de l'adaptation à chaque contexte national (qui passe par l'élaboration d'une Pensée... ce que combien ont fait ?). Plus le MLM s'éloigne du Pérou, moins il peut être "pur".

    Les Philippins sont "problématiques", déjà peut-être parce qu'au moment de reconnaître le MLM (vers la fin des années 1990 ?) ils avaient déjà derrière eux une longue histoire et pas ridicule. Il est donc logique qu'ils en fassent un peu à leur tête, et revendiquent une légitimité en tant que seule organisation à avoir une continuité totale depuis l'époque de Mao et de la Révolution culturelle.

    En fin de compte, on peut critiquer Sison comme on peut critiquer Gonzalo ou ses épigones actuels, comme Mao critiquait Staline : comme des CAMARADES, et de grands révolutionnaires communistes qui ont pu parfois commettre des erreurs en s'écartant du matérialisme dialectique, et/ou en perdant de vue certains principes ; mais qui restent dans le camp du communisme.

    En revanche, il existe des lignes rouges de l'inacceptable et des gens comme Prachanda et Bhattarai au Népal, Öcalan et le PKK et les orgas à sa remorque dans le HBDH en Turquie/Kurdistan, le 'p''c''mlm' en Hexagone ou les Red Guards aux États-Unis (liquidation infra-ML de la nécessité anticoloniale intérieure) les ont franchies.


    [* Il existe une tendance, des groupes, qui disent que la Pensée Gonzalo a des aspects universels, qu'il est effectivement la "4e épée du marxisme" et qu'il prépare une 4e et encore supérieure étape.

    C'est assez fréquent en Occident et à notre humble avis, c'est l'épicentre de ce qui peut chier idéologiquement.

    Gonzalo ne s'est jamais qualifié lui-même de "4e épée" et le qualifier ainsi est anti-MLM. Il a simplement synthétisé et affirmé internationalement le maoïsme comme 3e et supérieure étape en même temps qu'il l'appliquait ("passant" Mariátegui à travers ce nouveau prisme) à la réalité concrète du Pérou, ce qui constitue sa "Pensée". Personne n'est de toute façon une "épée" du marxisme ; le maoïsme ou même le marxisme-lénininsme anti-révisionniste post-Khrouchtchev ne se résument pas à Mao par exemple, qui n'est donc pas la "3e épée", ni Lénine à lui seul la 2e, etc. marxisme-au-dela-de-marx-leninisme-au-dela-de-lenine-maoisme-au-dela-de-mao

    Aucun propos émanant de gens qui appellent ainsi leur maison d'édition, ou de leurs soutiens internationaux, ne mérite d'être pris au sérieux ni d'engager la moindre discussion.]

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    Cette lutte entre 'pôles' 'grands frères' internationaux, nous croyons qu'il n'existe pas d'autre ligne juste que de s'en tenir à l'écart, et en fait, dans le respect de ceux qui le méritent (que ce soit la lutte aux Philippines ou au Brésil), refuser CATÉGORIQUEMENT ces logiques de 'modèles' dictant ce qu'il et comment il faut faire dans le moindre recoin du monde. Ça a déjà été néfaste à l'étape ML, ça apparaît clairement dans le retour critique (matérialiste et constructif) chinois sur l'expérience soviétique sous Staline la-critique-maoiste-de-staline ; les éminences du Komintern sont passées à côté de génies comme Mariátegui comme ça, bref.

    Le grand-frérisme est chez les grands Partis un 'vertige du succès' à combattre ; et surtout comme nous avons déjà pu le dire pour-en-finir-histoires-controverse-amerique-du-sud-vs-philippines, traduit chez les 'petits frères' une fainéantise politique. Oui : la problématique des Partis 'grands frères', c'est finalement et avant tout un problème de FLEMME idéologique des partis 'petits frères' qui vont se reposer sur les 'grands' plutôt que de bosser ; plus encore qu'une volonté active de ces derniers de se poser comme tels, même si bien sûr ça existe (le PCbUS dans le Komintern, mais aussi ensuite le PC de Chine ou l'Albanie contre le révisionnisme, etc.).

    Cela rejoint encore une fois la nécessité absolue d'une Pensée... Mais lorsqu'on y travaille, même modestement, il faut s'attendre à se prendre des pierres ! Se souvenir de Mariátegui à ce sujet... AMX_056_0012.pdf

    Et dans 99% des cas on voit bien que le ralliement à tel 'grand frère' contre tel autre recouvre en fait surtout des règlements de comptes strictement nationaux. Si les Red Guards se rallient au 'purisme' gonzaliste, c'est par exemple beaucoup pour pouvoir attaquer l''éclectisme' qu'est le respect des militants colonisés-intérieurs pour les grandes figures anti-impérialistes non-maoïstes (c'est à dire à peu près toutes, puisque le MLM a été affirmé dans les années 1980-90... à ce jeu là même Kaypakkaya ou Majumdar n'étaient pas 'maoïstes'...), et pouvoir les disqualifier au profit de leur volonté de centralisation partidaire sous la coupe de l'Amérique blanche. Vous imaginez un peu, l'utilisation faite ici d'un truc qui part à la base de la plus grande armée de libération indigène de l'histoire du Pérou depuis le 18e siècle sur-gonzalo-le-pcp-et-la-guerre-populaire-au-perou ?

    Travaillons à l'écart de tout ça, élaborons la Pensée pour faire la révolution chez nous, et ne cherchons pas des 'grands frères' pour excuser notre rien-faire idéologique ou régler nos différends nationaux...

    Cherchons et trouvons le point d'équilibre (véritable pierre philosophale...) entre solidité théorique scientifique et lien avec les masses, permis seulement par la FINESSE intellectuelle et le penser-avec-sa-tête ; afin d'éviter les situations à l'allemande où l''autisme politique' (excellence théorique, mais difficulté à 'socialiser' avec les masses par sa pratique) engendre automatiquement contre lui le populisme éclectique et bas-du-front au nom de 'toucher enfin' celles-ci, ce qui est une phénomène littéralement mécanique et AUTOMATIQUE et qui n'a pas d'autre antidote que ce juste équilibre.

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    Le centrisme, c'est vouloir se tenir absolument à équidistance entre deux positions.

    Ce n'est pas notre cas : au contraire, nous en affirmons fermement une. À savoir, la position de Mao et des communistes chinois dans leurs retours critiques sur l'URSS de Staline critique-maoiste-staline ; au sujet de la tendance de grands Partis aux grandes réalisations à se poser en "guides" de l'activité de tous les Partis de la planète, et de l'autre côté, des petits Partis au suivisme aveugle vis à vis des grands ; l'un ne pouvant aller sans l'autre.

    Le centrisme, ce peut être aussi vouloir à tout prix concilier des positions inconciliables.

    Au contraire, nous disons que nous ne concilierons pas avec ce qui nous semblerait inacceptable, de qui que cela provienne ; et ne nous fixerons jamais dans le mouvement communiste un "camp" de la part duquel tout serait accepté et défendu, et rien de ce pourrait faire le "camp" opposé.

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    Sur la Guerre populaire et son universalité :

    En dernière analyse, nous pensons à Servir le Peuple qu'il y a effectivement universalité du caractère 1/ prolongé (pas de "Grand Soir" magique), sinueux (avancées et reflux), patient, 2/ "pas un dîner de gala" (pas de capitulation volontaire du Pouvoir bourgeois, pas de voie pacifique vers le socialisme par des élections par exemple), et 3/ consciemment construit et dirigé (pas d'attente pantouflarde des "conditions réunies") de la révolution pour établir le Pouvoir populaire des travailleurs exploités.

    Il semble, en revanche, tomber sous le sens qu'il n'y a pas d'universalité de la Guerre populaire strictement telle que menée en Chine, aux Philippines, en Inde ou au Pérou... On peut toujours se complaire et s'amuser à le croire, en "mixant" plus ou moins le truc avec du "spectacle" activiste violent d'inspiration toto/black bloc ; vouloir "se battre pour se battre" comme le dénonçait déjà Kaypakkaya en son temps (propos évoqués dans ce document : on-ne-peut-pas-etre-communiste-sans-defendre-le-maoisme) ; en un mot, verser dans l'aventurisme militariste jusqu'à "aller trop loin" et se casser le nez sur la répression "dans le silence des médias" ; mais cela n'y changera rien.

    Il est bien évident que pour être "dans les masses comme un poisson dans l'eau", il faut que les masses populaires soient une "eau" ; et que tel est le premier combat à mener, qui est une bataille d'hégémonie ; quitte à utiliser les espaces de légalité, de "liberté d'expression" où l’État ne pénalise pas encore ce qui n'est pas des violences physiques directes contre les biens ou les personnes (mais certes, de plus en plus tout ce qu'il peut définir comme un "appel" à celles-ci...) [en fait, plutôt, il n'a PAS BESOIN de pénaliser vu comment la gauche y compris "radicale" joue à la perfection un rôle de police à ce niveau, et excelle à se bouffer la gueule et tirer dans les pattes en son propre sein] ; au lieu de s'enfermer dans une culture paranoïaque d'organisation clandestine "militarisée" qui ne fait que se couper des masses encore plus que l'extrême-gauche ne l'est déjà actuellement (c'est dire...).

    Cela, en réalité, personne sur toute la "planète" maoïste sérieuse ne le nie vraiment. Dans son document sur la Guerre populaire, rendu disponible en français par le PCM http://www.pcmaoiste.org/autre/guerre-populaire-et-revolution/, le Parti communiste du Brésil (Fraction Rouge)* ["champion", en principe, de la thèse de l'universalité] dit en substance que la chose "reste à inventer" dans les pays impérialistes occidentaux...

    Il faut peut-être en effet, comme cela est suggéré, regarder du côté des expériences "des luttes armées dans différents pays d’Europe tout au long du 20ème siècle" (bien qu'absolument pas sous direction maoïste à l'époque, et plutôt percluses soit de réformisme armé soit de militarisme aventuriste) ; typiquement par exemple l'Irlande du Nord ou l'Italie des années 1970-80, ou pourquoi pas en effet la Palestine, dans la mesure où Israël est un morceau d'Occident au Proche-Orient et quelque part 26 000 km² de métropole occidentale peuplée comme l'Île-de-France et en voie de "gentryfication coloniale" jerusalem-est-ou-la-gentryfication-ethnique (raison, peut-être, du caractère "phare" de la cause dans nos quartiers populaires...) ; comme modèles de stade ultra-défensif stratégique d'une Guerre populaire "à l'occidentale" qu'il s'agit encore pour nous d'atteindre.

    [Quelques citations du texte en question, qui peuvent donner des pistes de réflexion à défaut de réponses définitives :

    "Dans aucune des expériences historiques, et il y a eu peu d’opportunités dans les pays capitalistes, où la pure insurrection a été tentée celle-ci n’a réussi. La Révolution d’Octobre qui a approfondi la Révolution de Février a pris trois années de guerre civile tumultueuse pour se maintenir et se consolider. La formule que le trotskisme crie sur tous les toits de « grève politique générale » n’a pas traversé le siècle de la simple phraséologie réformiste. D’autres propositions d’insurrection exclusive comme moyen de révolution dans les pays impérialistes ont également servi de prétexte à l’adhésion au crétinisme parlementaire, sans aucune démonstration concrète de leur réalisation réussie. L’avènement de l’impérialisme, au moment où les conditions objectives de la révolution prolétarienne ont mûri en théorie et en pratique, a également imposé des changements importants avec la militarisation de toute la vie sociale et de tous les pays. Selon les mots de Lénine, l’impérialisme c’est la guerre, et après le triomphe de la Révolution d’Octobre et la guerre civile pour écraser la contre-révolution, la révolution prolétarienne ne serait possible que par différents types de guerre, précisément parce que l’impérialisme se maintenait avec des guerres de tous les types jamais vus auparavant. Lénine traita de cette question maintes fois, en particulier après le triomphe de la Révolution d’Octobre : il en tirait des leçons, à la différence de l’idée que les marxistes avaient jusqu’alors concernant la révolution prolétarienne, que la voie serait de plus en plus diversifiée comme cela s’est passé en Russie."

    "Dans le cas des pays capitalistes (impérialistes), la construction des Trois Instruments Fondamentaux de la Révolution obéit aux particularités de leurs réalités, suivant leur développement de manière concentrique, le Parti Communiste, l’Armée Prolétaire ou Populaire et le Front Uni Révolutionnaire, qui sera développé comme l’embryon du Nouvel État Socialiste en construction, expression de la dictature du prolétariat. Le Front Uni est nécessaire pour unir les masses populaires qui composent ces sociétés, telles que des secteurs ou des parties de la petite bourgeoisie, les soi-disant professionnels libéraux, les petits propriétaires et les intellectuels de manière général. En outre, étant donné que dans ces pays, en raison de la forme de décomposition qu’est l’impérialisme, il y a inévitablement augmentation du flux constant de travailleurs immigrés provenant des pays opprimés et qui sont en partie des contingents caractérisés par les semi-prolétaires, les intellectuels et les petits propriétaires de services : le prolétariat révolutionnaire doit s’allier avec eux pour mener la révolution socialiste à la victoire. Nous devons prendre au sérieux l’erreur commise par le Parti Communiste d’Allemagne dans les années 1930, qui ne comprenait pas la nécessité d’unir la petite bourgeoisie, à travers le front uni révolutionnaire, la laissant être entraînée par le nazisme. En outre, dans de nombreux pays capitalistes développés, il subsiste un certain nombre de petit paysans propriétaires qui doivent également être attirés dans le camp du prolétariat.

    La nécessité de ces stratégies implique nécessairement, pour la réalisation de la Guerre Populaire, des plans bien établis, fondés sur une enquête permanente à travers l’action révolutionnaire de la ligne de masse guidée par l’idéologie du maoïsme dans sa fusion avec la révolution concrète, le Programme et la Ligne Politique Générale, qu’elle précise et exprime. Aussi l’accompagnement systématique dans son exécution est nécessaire pour y mener des ajustements et des rectifications. Plans politiques, militaires et de construction combinés et dans l’unité. De ses débuts à son développement et son aboutissement, la Guerre Populaire doit suivre des Plans avec des objectifs immédiats dans chaque étape et sous-étapes qui servent à la réalisation de l’objectif final. 

    Le caractère universel de la Guerre Populaire, en dernière instance, se constitue et se présente contre la tendance de la nature de l’impérialisme à la guerre, non seulement comme une politique de rapine nécessaire à son existence, mais comme une guerre impérialiste mondiale pour le repartage du monde entre monopoles et pays impérialistes et pour l’hégémonie. La Guerre Populaire se constitue et se présente comme Guerre Populaire Mondiale pour le balayage complet de tout système d’exploitation et d’oppression et pour l’établissement du socialisme, pour le triomphe de la Révolution Prolétaire Mondiale et pour le Communisme radieux. Cela a été soulevé très clairement par le PCC dans la situation complexe des années 1960, lorsque l’URSS socialiste-impérialiste, en collusion et en lutte avec l’impérialisme yankee, a menacé la Chine populaire. À cette occasion (1965) pour célébrer les 20 ans de la victoire sur le nazi-fascisme et l’expulsion de l’envahisseur japonais, le manifeste “Vive le triomphe de la Guerre Populaire” a déclaré que « prenant le monde dans son ensemble, les pays du tiers monde sont la campagne et les pays impérialistes la ville »."

    "Comme on l’a déjà dit plus haut, il est nécessaire de s’affranchir de toute appréciation mécaniste et figée de l’expérience chinoise pour comprendre la validité universelle de la Guerre Populaire. Il faut aller plus avant dans la synthèse de l’expérience de la Grande Révolution Culturelle Prolétarienne dans son ensemble et particulièrement dans les causes de son déclin, en mettant de côté la légèreté des facteurs épisodiques pour voir l’ampleur et le potentiel de la Guerre Populaire comme conception du Pouvoir du Prolétariat dans les différentes étapes et phases de la révolution et de la transition vers le Communisme. En plus de ce qui a déjà été théoriquement débattu ici, les éléments pratiques de sa réalisation dans les pays capitalistes (impérialistes) présentent des difficultés telles qu’elles se posent dans les pays arriérés et opprimés, étant dans l’un comme dans l’autre cas conditionnés par le mouvement de la situation révolutionnaire qui se développe inégalement dans le monde entier et d’une manière particulière dépendant de la préparation idéologico-politique, organisationnelle et militaire du Parti communiste dans chaque pays.

    Tous les déchets révisionnistes et réformistes de l’« accumulation à froid » et des « espaces démocratiques », par le biais du crétinisme parlementaire, sont la voie bureaucratique de la bourgeoisie bureaucratico-compradore et latifundiste qui s’oppose à la voie démocratique du prolétariat dans les pays arriérés, opprimé. Ils ne vont pas au-delà de la lutte prolongée pour le renforcement de l’institutionnalité bourgeoise et ce sont les même balivernes aussi bien dans les pays arriérés et opprimés que dans les pays capitalistes (impérialistes). La différence est que la démocratie bourgeoise dans les pays capitalistes (impérialistes) a incorporé des conquêtes « civilisatrices » au niveau subjectif de la société tout entière, ce qui, dans les pays arriérés opprimés, n’est rien d’autre que leur simulacre fantasmagorique. Cependant, même là où la démocratie bourgeoise a exercé tout son potentiel (pays impérialistes), elle vieillit et ne peut plus se réaliser, car avec l’avènement de l’impérialisme, la démocratie nationale et la souveraineté succombent aux intérêts du capital monopoliste et chaque jour grandit l’adoption dans son cadre juridique des éléments du fascisme.

    Ainsi, le grand défi pour la révolution prolétarienne est de persister dans la ligne de masse, de mobiliser, de politiser et d’organiser les masses pour toute et n’importe quelle action, de la plus petite à la plus grande, de la plus élémentaire à la plus complexe, de l’inférieur au supérieur, les armant de plus en plus. L’expérience de la résistance des peuples et de la lutte du prolétariat montre des possibilités pour l’organisation de la révolution. En ce sens, il est très important d’étudier de telles expériences et dans le cas spécifique de la Guerre Populaire dans les pays capitalistes (impérialistes) de prendre en compte celles des luttes armées dans différents pays d’Europe tout au long du 20ème siècle, ainsi que dans le moment présent, où le peuple palestinien, à Gaza, se bat et résiste en imposant de lourdes pertes à l’impérialisme et sa botte noire sioniste. En cela, nous devons considérer, que les masses le font déjà sans direction et idéologie scientifique, ni prolétarienne, petite-bourgeoise ou bourgeoise. Rien n’est impossible dans le monde pour ceux qui osent gravir les hauteurs."

    "Le problème de l’Initiation (ou Déclenchement) de la Guerre Populaire implique deux facteurs : celui de surmonter l’inertie, de passer de formes de lutte principalement non armées à des formes de lutte principalement armées ; et celui de se concentrer sur le fait qu’on apprend à faire la guerre fondamentalement dans la guerre. Et bien sûr ce n’est pas une négation du besoin de préparation, au contraire, ce problème doit être pris au sérieux, mais pas au point de le présenter de telle manière qu’il devienne un obstacle insurmontable et un déni de sa réalisation. Mais nous devons également faire attention à un facteur pratique et non moins important, comme l’a averti le Président Gonzalo, qui est de choisir le bon moment pour procéder à l’Initiation (au Déclenchement) : un moment plus sensible et favorable caractérisé par un certain niveau de crise, d’instabilité et de faiblesse du gouvernement, dans une situation révolutionnaire déterminée qui se développe inégalement à travers le monde."

    "Objectivement dans le cas des pays capitalistes (impérialistes), dont le théâtre principal de la guerre sont les villes, de nouveaux défis se dressent, forçant les travaux de construction à progresser vers une dynamique extrêmement en phase avec le développement des crises économiques, sociales et surtout politiques d’un pays donné. Le problème de l’instabilité relative des Bases d’Appui au moment de leurs premières expériences est présent comme un fait et les Bases d’Appui se distinguent également par des niveaux distincts de cette instabilité ou stabilité relative."

    "Il n’est pas possible de concevoir ou de parler de la Guerre Populaire sans parler de la question du Pouvoir, du pouvoir pour le prolétariat et les masses populaires, il est l’objectif immédiat poursuivi et il est conquis partie par partie, les Bases d’appui révolutionnaires à la campagne sont la première partie, l’expression du Nouveau Pouvoir, à travers les Comités populaires, ouverts ou fermés, la direction des Assemblées du Pouvoir populaire et du Front / Nouvel État de la République Populaire en construction, avec le Parti comme direction et l’Armée Populaire comme la moelle, se développant dans une lutte prolongée, entre sursauts et révoltes et par bonds, jusqu’à la conquête du Pouvoir dans tout le pays, préparant l’insurrection générale dans les villes forteresses de l’ennemi, culminant dans l’encerclement des villes par la campagne et l’insurrection générale, dans le cas des pays opprimés par l’impérialisme.

    Dans le cas des pays capitalistes développés, pays impérialistes, le Pouvoir est aussi un objectif immédiat poursuivi depuis le début de la lutte armée comme Guerre Populaire, pouvoir à conquérir et à construire dans les zones de mobilisation et d’organisation du prolétariat et des masses populaires, à travers les unités de guérilla armées (détachements ou milices) et principalement dans les formes secrètes des Comités Prolétariens, expression du nouveau pouvoir, nouvel État dirigé par le Parti et ayant pour base l’Armée Populaire, préparant pas à pas l’insurrection générale pour l’établissement de la République Socialiste déjà en construction."]


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