• Plutôt bon article sur la ‘Déclaration de guerre de la République à Dieudonné’ (la pseudo-controverse réactionnaire entre l’antisémite dégénéré et les gardiens du temple républicain)

     

    Les fêtes de fin d’année auront été marquées par un ‘spectaculaire rebondissement’ dans le très-médiatique ‘cas Dieudonné’, avec la ‘déclaration de guerre’ du Ministre de l’Intérieur, le (néo-) "socialiste" Manuel Déat Valls, à l’ex-humoriste devenu tribun fasciste des pires thèses ‘nationalistes-révolutionnaires’ et antisémites.

    quenelle2.jpgVoilà qui aura eu le double ‘mérite’ de renforcer, d’un côté, l’aura de ‘martyr du système’ de l’antisémite de la Main d’Or et, de l’autre, d’offrir un joli cadeau de Noël à tou-te-s celles et ceux qui depuis des années ont fait de réclamer sa tête leur raison d'exister en ce bas-monde : défenseurs plus ou moins fascisants de l’État sioniste bien sûr (de l’UEJF et SOS-Racisme à la LDJ), de la ‘démocratie occidentale’ et autres ‘valeurs de la République’ ; mais aussi certains milieux ‘antifas’ en perdition et (bien sûr) pseudo-maoïstes qui accompagnent, depuis un mois, d’articles quasi-quotidiens l’offensive (alors pas encore officiellement annoncée…) de la place Beauvau.

    "Lesmaterialistes.com" (vous les aurez reconnus !) ont produit depuis environ un mois un certain nombre d’articles sur la question, auxquels on ne peut dénier de dire beaucoup de choses très justes, notamment sur la manière dont l’antisémitisme imprègne culturellement la société ‘française’ et, ‘greffé’ sur les masses populaires ‘non-blanches’ en particulier ‘musulmanes’ (arabo-berbères, anatoliennes, sahéliennes), développe la division du Peuple et un climat de guerre civile (parallèlement à l’ultra-sionisme et au racisme anti-"arabes"/"noirs" qui s’empare des masses juives). Mais face à cela, que proposent-ils sinon… exalter ‘la Fraaaaaance’, sa ‘Grande Cultuuuuure’ (Le Nôtre & compagnie) et ses ‘Lumières’ ; autrement dit une construction historique d’exploitation et d’oppression dont l’apparition et le développement de l’antisémitisme sont indissociables [rouelle de ‘Saint’ Louis IX, persécutions et interdictions en tout genre, édits d’expulsion de Philippe le Bel (1306), Charles VI (1394), Charles VIII pour la Provence (1498) etc. etc.]. PARTOUT, en ‘France’ comme dans les Îles britanniques ou la Péninsule ibérique, la naissance de l’État moderne a vu le début de la persécution systématique des Juifs, communauté ‘transnationale’ par excellence avant l’apparition des Roms ; cela ne s’est JAMAIS passé autrement et a duré jusqu’à ce que les grands mouvements libéraux des 18e-19e siècles amorcent une politique d’égalité civile, mais non sans violentes contradictions et réticences au sein de la bourgeoisie, à l’origine de l’antisémitisme exterminateur du 20e siècle : la ligne des "materialistes.com" est donc là dans une auto-contradiction totale… 

    L’article ci-dessous, publié sur Mediapart, malgré un certain côté gnangnan-idéaliste-gauche-de-la-gauche-de-la-gauche et un côté ‘la Fraaaaance’ version ‘multiculturelle’ (‘prolétariat international de France’ caractéristique de la ligne politique de son auteur, Yvan Najiels est un proche d’Alain Badiou et de son ‘Organisation politique’ ex-UCFML), a le mérite de remettre un peu chaque chose à sa place et de bien résumer la position qui est la nôtre et celle de tous les révolutionnaires authentiques.

    vallsPour qui a compris la société civile selon Gramsci, il est évident que les faux débats, les faux antagonismes, les faux "choisir son camp" sont un élément essentiel du dispositif d'enfermement du Peuple ; et qu’en l’absence d’hégémonie intellectuelle réellement communiste, pour les masses populaires engluées dans les valeurs dominantes (racistes, capitalistes, impérialistes, patriarcales), l’émergence de pseudo ‘rebelles antisystème’ à la Dieudonné et Soral est aussi normale qu’indissociable de la responsabilité du ‘système’ et de la ‘pensée unique’ dominante (blanche, impérialiste ‘humanitaire’, raciste assimilationniste, en un mot républicaine bourgeoise) qui l’engendre en réaction, et s’en sert ensuite d’épouvantail ! Rappelons simplement et basiquement les choses :

    -    Le fascisme, cela peut être 1°/ au sens concret, comme réalité agissante, une force paramilitaire de la Réaction ultra, une militarisation de la société civile, du ‘sens commun’ au service d’une lutte contre-révolutionnaire à outrance ; MAIS 2°/ au sens idéologique, l’ensemble des MAUVAISES RÉPONSES, des FAUSSES SOLUTIONS, réactionnaires mais parfois (voire souvent) présentées comme ‘révolutionnaires’, sécrétées et diffusées par l’idéologie dominante (la société civile) face aux PLUS LÉGITIMES (mais souvent mal formulées) colères et aspirations des masses ; des ‘solutions’ qui, dans un contexte de crise également marqué par la montée des affrontements entre puissances capitalistes/impérialistes et par la contre-révolution déchaînée, peuvent effectivement parfois consister en l’extermination de populations entières.

    -        La multiplication (dans une société civile élaborée, avancée) des ‘réponses’ de ce genre, des ‘solutions’ et des boucs émissaires amène des propositions différentes et, éventuellement, concurrentes ; ces fameux faux débats qui enferment encore une plus grande partie des masses, ne pouvant résister à ‘choisir un camp’ et lui trouver des excuses face à la répulsion plus forte que lui inspire le ‘camp adverse’ : ultra-libéralisme/mondialisation ou étatisme/dirigisme/protectionnisme/souverainisme chauvin ? Défense de la ‘démocratie’ impérialiste occidentale (incluant Israël) ou des ‘régimes courageux qui résistent’, aussi antipopulaires et criminels soient-ils (Russie, Iran, Syrie, hier Libye etc.) ? Le problème principal de la ‘France’ c’est l’immigration/l’islam/la ‘racaille’ ou le ‘Nouvel Ordre mondial’ dont les ‘sionistes’ seraient le pivot ? etc. etc.

    -    Quoi qu’il en soit, le rôle des communistes est d’identifier, derrière les formulations quelles qu’elles soient, les légitimes questions posées et aspirations exprimées, et de leur apporter la juste réponse révolutionnaire qui convient.

    Arrachons-nous une bonne fois à ce règne triomphant du pseudo-débat de merde, à ces ‘guerres’ qui ne sont pas les nôtres !! Développons et diffusons la CONCEPTION COMMUNISTE DU MONDE !!!

     

    Unis dans leurs différences ; différences dont l’exaltation (façon ‘lévriers et caniches’ cf. Serge Ayoub) comme la négation (au profit de petits soldats-robots statistiques de la production de plus-value) sont les deux faces d’une même machine de domination ; les Peuples d’Hexagone combattront l’État BBR du Capital comme les doigts d’un poing uni !

    Et l’Occitanie révolutionnaire, libre et socialiste que nous voulons, comme le pressentait la progressiste Simone Weil dans son exil marseillais il y a 73 ans (lorsqu'il était minuit dans le 20e siècle), sera la résurrection (à un niveau supérieur) de l’Andalus du Nord d’il y a 1000 ans, l’Occitanie de Maïmonide et Abraham ibn Ezra où la synagogue et la mosquée côtoyaient l’église romane et le temple cathare : une nouvelle Andalus du Nordne sera tolérée aucune haine des Juifs ni de personne, sur quelque critère que ce soit ; ni Zemmour ni Soral, ni ‘Riposte laïque’ ni Dieudonné, ni Gabriac ni Mohamed Merah, ni Ayoub ni LDJ ; tout ce ‘beau monde’ ira réfléchir en cassant des cailloux sous le soleil de plomb du Larzac !

     

    Ni Dieudonné, ni national-républicanisme !

    |  Par Yvan Najiels

    Face à la galaxie peu ragoûtante dont Dieudonné et Soral sont les chefs se développe un discours qui, avec Valls, Bruckner ou Tribalat, en appelle à des "valeurs communes" que pourrait en fait résumer le nom "Occident", pour faire front contre le comique perdu passé d'Elie Semoun à (ni) Égalité & (ni) Réconciliation. 

    blog--FN-stigmatise-Valls.jpgIl est hors de question d'accorder le moindre crédit à ces fêlés de la République française parce que précisément, ils ont, par leur racisme de salon, leur haine depuis longtemps distillée du prolétariat international de France et leur venin civilisé, une responsabilité inouïe dans la situation pourrie actuelle sur laquelle fleurit aussi une islamophobie absolument décomplexée. Qu'ils accusent, de façon à peine camouflée, Alain Badiou d'antisémitisme (pour mieux paraphraser son "De quoi x. est-il le nom ?"), finit de dire - si c'était nécessaire - à quels défenseurs de l'Occident on a ici affaire...

    Michèle Tribalat, signataire du texte mis en lien, est une islamophobe de choc. Elle est régulièrement invitée par un Finkielkraut qui, chaque samedi matin, transforme France Culture en Radio Courtoisie pour y déverser sa haine de la France au peuple multinational. C'est dire si ces deux-là s'aiment au nom de leur "identité malheureuse".

    Il n'y a pas d'échelle des haines, ni de gens dont la proscription est plus tolérable que d'autres (quoi qu'en pense une partie de la gauche). Les propos de Tribalat contre les minarets ou la Turquie musulmane ne valent pas mieux que Camille Chautemps craignant un trop grand nombre "d'israélites" étrangers en France en 1938 (cf. Jablonka) et le Papon du 17 octobre 1961 n'est pas moins odieux que celui de 1942.

    Il faut savoir que les signataires de ce texte, en service commandé du CRIF (antenne du consensus colonial anti-Palestiniens israélien en France), sont des gens dont la "pensée" est homogène à cette phrase de Roger Cukierman en 2002 et au lendemain de la présence du vieux Le Pen au second tour des Présidentielles, à savoir que cela "apprendr[ait] aux musulmans à se tenir tranquilles".

    Le piège - grossier, il faut bien le dire - est celui-là. Il ne faut pactiser avec aucun diviseur de l'humanité. Dieudonné est abject mais ces tristes sires républicains aussi. La clique Tribalat et la clique antisémite - dont certains énergumènes s'abonnent à Mediapart pour déverser leur insatiable haine - s'aiment au fond de détester ensemble. Ils se nourrissent les uns les autres. Qu'ils se mettent sur la figure s'ils le veulent - sans moi.

    La haine proprette mezzo voce des fous furieux de la République pour les banlieues de ce pays fait le succès de Soral et Dieudonné. À dire aux enfants de France venus des ex-colonies qu'ils sont des immigrés, des étrangers, des délinquants, des salafistes, des abreuvés de haine antisémite et de tournantes, la République qui se croit (mais qui le croit ?) juste et bonne fait prospérer Soral et sert le Front National dont le comparse de Dieudonné est une pièce non négligeable. 

    Le texte de Tribalat, Tarnero et consorts est un texte infâme qui veut profiter de l'aubaine Dieudonné pour un peu plus taper sur les cités populaires et proscrire un peu plus encore ses habitants. Nos cinglés de la nation et de la Reconquista de ses "territoires perdus" passent, comme Dieudonné, leur temps à soutenir qu'être juif c'est être sioniste (ce qui est évidemment éminemment contestable) pour ensuite, face à l'entremêlement de ces deux catégories dans certains discours, crier à l'antisémitisme. Appelons-les donc par leur nom : pompiers pyromanes. 

    des-supporters-de-dieudonne-font-le-salut-de-la-quenelle-de.jpgEn cela, les deux cliques qui se font face sont homogènes. Celle de Dieudonné/Soral fait un peu dans l'extrême-droite type Vergès [*] réduisant "l'Occident" à ses Juifs pour ramener les adeptes du "socialisme des imbéciles" (comme disait August Bebel) au bercail fasciste classique ; tandis que l'autre présente mieux parce qu'ayant une place de choix dans les médias du consensus raciste et islamophobe blanc (Zemmour et Finkielkraut sont au moins une fois par semaine à la télé ou à la radio) et se présentant plus qu'abusivement comme du bon côté de l'histoire (son rapport au CRIF montrant une captation de la mémoire du judéocide nazi au profit du sionisme et de l'Occident blanc) pour promouvoir une politique extrêmement réactionnaire à l'image de celle de Netanyahu et Peres mais également de Bush : défense de l'Occident contre les "barbares" orientaux mahométans.

    De ce point de vue, on peut donc dire que la chute du camp "socialiste" a fait éclater l'extrême-droite d'antan en deux. Le groupe Occident gueulait en 68 "Les Bolchos à Dachau !" tout en regrettant l'Algérie française. Les tâches sont aujourd'hui réparties entre groupes aussi opposés en apparence que proches en vérité l'un de l'autre dans leur haine de l'humanité générique. C'est pourquoi il faut les combattre l'un et l'autre avec la même véhémence. 

    Ne mangeons pas de ce pain-là, pour paraphraser Benjamin Péret.


    ---------------------------------------

    Je renvoie par ailleurs et sur ces questions au très bon entretien donné par Julien Salingue, spécialiste de la question palestinienne contemporaine et cible d'Alain Soral qui, pour l'occasion, est entré dans une régression anale qui aurait sans doute intéressé Sigmund Freud.

    http://www.femmesdechambre.be/julien-salingue-au-dela-des-quenelles-il-faut-remettre-du-politique/

    [Voir aussi l'article qui a valu au Julien Salingue en question la vindicte soralienne, intéressant : Alain Soral, national-socialiste décomplexé]

    Autres articles sur le même thème : Dieudonné, quenelle, Valls, fascisme : quelques mots ! 

    Affaire Dieudonné/Valls : antisémitisme télévisé ou xénophobie d’État, faut-il vraiment choisir ?

    Roger Cukierman, ce brillant VRP de Dieudonné

    Comme critique de la clique Dieudonné-Soral et de sa (désormais tristement) célèbre ‘quenelle’, il y a l’excellent site Quartiers Libres ; voix qui a le mérite de venir de la principale ‘cible’ politique des deux ‘antisystèmes’ : les colonies intérieures des ‘quartiers’ (lire l'article en lien et rechercher 'quenelle' dans le moteur du site). Ou encore, sur le site d'Alternative Libertaire, ce texte d'un ancien partisan "repenti" de l'"humoriste" : Pourquoi Dieudonné n'est pas fréquentable

     


    * Formule absolument excellente, mais que Najiels aurait pu approfondir en expliquant en quoi consiste exactement cette "extrême-droite à la Vergès" : un courant apparu dans les 1960, qui fait de l'affirmation de l'impérialisme BBR vis-à-vis de la superpuissance US l'aspect principal, quitte à flatter une certain "tiers-mondisme" à faire hurler la "bonne vieille" extrême-droite traditionnelle, "Occident chrétien", "Algérie française"... et souvent pro-israélienne en mode "Vive Israël, mort aux youpins". L'idée est de rendre à l'ancienne deuxième puissance mondiale son "rang" international en en faisant la "protectrice" du "tiers-monde" face à un "impérialisme" exclusivement anglo-saxon et "sioniste" (soutenant Israël), ce qui permet "accessoirement" de recycler les vieilles lunes antisémites d'antan (les gouvernements seraient "à la botte d'Israël", petit État de 7 millions d'habitants, ce qui démontrerait définitivement que "les Juifs contrôlent le monde" : anti-impérialisme des imbéciles pour le coup), et rappelle en effet la ligne de l'Allemagne nazie ou de l'impérialisme japonais avant et pendant la Seconde Guerre mondiale. Soral, depuis sa tentative d’infiltration du PC au début des années 1990, et Dieudonné son poulain et rabatteur depuis 2004-2005, s'inscrivent clairement dans ce courant où évoluait aussi Jacques Vergès, qui a des connections dans les grands partis bourgeois (Didier Julia et d'autres à l'UMP, Roland Dumas au PS) et qui a "satellisé" énormément de monde avec la décomposition du mouvement communiste/progressiste/anti-impérialiste dans les années 1980-90... Mais ce courant ne les a pas attendu pour exister, existerait très certainement sans eux et n'est pas le seul de l'impérialisme (et donc du fascisme) BBR, rien ne justifiant qu'il soit "plus à combattre" qu'un autre… 

    SLP ne voit pas plus aujourd'hui qu'hier de raisons de réviser la position qui est la sienne depuis le début : Dieudonné, "antiraciste" provocateur et assez narcissique au début des années 2000, est clairement devenu (depuis sa rencontre avec Soral) un tribun et un propagandiste de thèses fascistes, réactionnaires et antisémites ; mais son ASPECT PRINCIPAL, que démontre sans ambiguïté son hyper-médiatisation (pour ou contre lui !), est avant tout d'être (à la fois) un ÉPOUVANTAIL et une VOIE DE GARAGE : épouvantail pour la "démocratie"/"république" bourgeoise impérialiste bien-pensante, les défenseurs de l’État sioniste etc., pour faire de toute contestation envers eux une résurgence "rouge-brune" de la "peste totalitaire" dont l'antisémitisme serait le point de ralliement ; mais, contrepartie inévitable pour ne pas dire voulue, à mesure que Dieudonné est "diabolisé", il devient un "héros", un "résistant" et donc une voie de garage politique stérile pour toute une partie des masses, à qui aucune force conséquente ne donne de véritable perspective révolutionnaire ; tout cela s'alimentant réciproquement en permanence. Ainsi, pendant que toute une jeunesse populaire potentiellement révolutionnaire fait la "quenelle"... et toute une autre du combat contre celle-ci le nec plus ultra de l'engagement militant, la bourgeoisie, elle, comme le clamait Warren Buffet il y a quelques années, mènetranquillement sa guerre de classe et est en train (pour le moment) de la GAGNER. Aujourd'hui, la "diabolisation" de Dieudonné a fait de sa "quenelle" un phénomène de société obligeant, dans un mouvement de balancier, ladite "diabolisation" à franchir un nouveau cran, et ainsi de suite... tout cela menant dieu-sait-où, mais probablement nulle part sinon dans un mur, jusqu'au jour où le véritable fascisme sortira du bois, sous les formes qui ont toujours historiquement été les siennes, en 1940 comme en 1958. Alors, tant ceux qui auront suivi le "grand mal-pensant" de la Main d'Or que ceux qui auront voué toute leur énergie militante à le combattre apparaîtront comme les tristes dindons d'une effroyable farce. 

    La "fascisation rampante", la montée du fascisme en situation de crise générale, est une réalité ; Dieudonné s'y inscrit et la sert ; mais son "mouvement" informel n'est pas le CŒUR du problème, qui se trouve dans des officines beaucoup plus bourgeoises, distinguées et "blanches". Il est un rabatteur du mouvement de Soral (Égalité & Réconciliation) et a certainement contribué à populariser les thèses de cette "extrême-droite type Vergès" ("tiers-mondisme" au service de l'impérialisme BBR et "socialisme" puisé dans Rerum novarum, Soral apparaissant de plus en plus comme un agent d'une officine catho-décadente, peut-être l'Opus Dei) ; mais celle-ci, on l'a vu, lui préexistait et aurait sans doute trouvé d'autres canaux d'expression que lui en son absence. Tout comme le négationnisme, dont rien ne prouve qu'il ait beaucoup plus d'adeptes aujourd'hui qu'avant le "phénomène". Quant à l'idée que la Shoah a bel et bien existé et que c'est épouvantable, mais que l'on en fait "un peu trop" autour, que "d'autres peuples on souffert" et que l'on "n'en parle presque jamais" etc. etc., c'est une idée qui s'est répandue depuis les années 1990 à mesure que s'affirmait le "devoir impératif de mémoire" de l'Holocauste et Dieudonné (qui disait finalement plus ou moins cela au début des années 2000, avant "l'affaire") en est un PRODUIT et non le "père" intellectuel. Il est là encore difficile de dire si elle a beaucoup progressé depuis 10 ans et, le cas échéant, si c'est surtout à cause de Dieudonné ou à cause d'utilisations effectivement indignes et crapuleuses de la mémoire des 6 millions de victimes juives du nazisme (au service qui de la politique criminelle israélienne, qui de l'"absolution" ou de la minimisation de tous les autres crimes impérialistes passés et même de la justification des présents, par la "nazification" systématique de l'adversaire)... Surtout, le "mouvement dieudonniste", s'il popularise un discours fasciste et réactionnaire, n'est ni idéologiquement ni organisationnellement capable de devenir un mouvement fasciste au sens de FORCE DE FRAPPE ultra-réactionnaire. Idéologiquement et organisationnellement, c'est une forteresse de sable. Il y a probablement autant de gens qui font la "quenelle" que de significations qui lui sont données ; 90% y voient sans doute effectivement un "bras d'honneur au système" et ne comprennent pas ce qu'elle signifie en réalité ; tandis que ceux qui la comprennent et la font en connaissance de cause, éventuellement dans des lieux "symboliques" de la communauté juive ou de la Shoah, sont souvent DÉJÀ des militants fascistes (ou islamistes) à la base. Enfin, on l'a dit, non seulement l'idéologie fasciste en Hexagone ne se résume ni au tandem Dieudonné-Soral, ni même au courant dont ils sont les représentants les plus visibles (autant grâce à leurs ennemis qu'à leurs partisans !), mais il existe nombre d'autres courants qui les critiquent et même les dénoncent ! Ainsi, un phénomène tout aussi marquant (sinon plus !) que Dieudonné ces 10 dernières années, c'est selon nous l'apparition de toute une extrême-droite (Renaud Camus, "Riposte laïque", exemples parmi beaucoup d'autres) qui non seulement n'est pas antisémite ni négationniste mais rejette même ouvertement cela et en fait une "ligne de démarcation absolue" (se centrant généralement sur une dénonciation enragée de "l'islam"), sans invoquer aucune "liberté d'opinion" que ce soit, acquérant ainsi une "respectabilité" qui lui ouvre des autoroutes politiques. Sous ce "parapluie de respectabilité" que lui confère (prétendument) le fait d'être anti-Dieudonné, la condamnation du "nouvel antisémitisme" ou encore (parfois) le rejet "de principe" de toute "fréquentabilité" du FN, le discours peut parfois aller extrêmement loin - en s'attirant tout de même à un moment donné (faut pas désespérer !) quelques remontrances du CRAN relayées par L'Humanité

    En fait, si le "mouvement dieudonniste" a une (autre) caractéristique principale, c'est de capter plus que n'importe quel autre des personnes qui devraient normalement aller vers le mouvement communiste. Sur ce plan-là, oui, il mérite qu'on lui donne de l'importance. Les communistes doivent absolument briser cet abominable cercle vicieux, cette mécanique auto-reproductrice qui derrière Dieudonné ou contre lui détourne des milliers de personnes de la véritable actualité : la révolution prolétarienne. Cela ne peut, en réalité, pas se faire négativement (en "rendant coup pour coup" contre Dieudonné et ses thèses) mais POSITIVEMENT : en PROPOSANT la véritable hégémonie intellectuelle révolutionnaire dont le "dieudonnisme" ne fait que venir combler l'absence de la pire manière qui soit ; pour, comme le dit l'autre article mis en lien, "non pas 'interdire' Dieudonné mais l’écraser". Les communistes ne doivent pas avoir peur de dire tout ce qui précède haut et fort, car telle est la juste compréhension marxiste de la question ; ils ne doivent pas céder au terrorisme intellectuel de toute une nébuleuse pseudo "progressiste", "antifasciste" et même "maoïste" désormais bien connue pour qui c'est être dieudonniste que de dire cela, que de "renvoyer dos à dos Dieudonné et ses critiques" ("démocrates" bourgeois impérialistes, national-républicains à la Finkielkraut, fana-sionistes et compagnie), que de refuser le piège mortel de l'"antifascisme" bourgeois [dans lequel "lesmaterialistes" tombent cette fois-ci explicitement et à pieds joints, en prétendant sans peur aucune du ridicule que leur "antifascisme sincère, populaire et cultivé" a "obligé l’État bourgeois français à réfuter en catastrophe Dieudonné et la peste antisémite qui se diffuse à grande vitesse" - l'explosion du mur du çon confine cette fois au dangereux lorsque l'on refuse aussi aveuglément de voir les ficelles du cirque médiatique national-républicain vallsien !].

    Nous, communistes, prétendons mener une guerre totale contre le système capitaliste et son appareil politico-militaire et idéologique ; et non le dédouaner de la responsabilité des monstres fascistoïdes qu'il engendre ! L'antifascisme populaire révolutionnaire, c'est comprendre que le cœur du problème s'appelle le Capital !

    ************************************************************************************************************************************

    Sur la question de l'"antisionisme" de Dieudonné, nous pouvons donc en définitive résumer les choses de la manière suivante :

    - Les tenants de l'impérialisme français ont aujourd'hui à peu près tous pris acte de sa perte de rang définitive au niveau mondial. Il n'y a pratiquement plus (à part Dupont-Aignan ? ou Asselineau ?) de tenants d'une France "seule contre tous". La question qui se pose est donc celle des alliances géopolitiques pour pouvoir (un peu) exister internationalement. C'est là que les clivages apparaissent.

    - Il y a une vision "social-impérialiste" qui voudrait s'appuyer sur la Russie, la Chine, les "BRICS" en général, l'Iran, l'ALBA etc. avec pour ennemi principal les États-Unis et leurs alliés : Angleterre, Japon, ISRAËL etc. Beaucoup d'antisionistes politiquement "limités" tombent malheureusement dans les pièges de cette tendance. On le voit bien chaque fois que les USA attaquent des personnages aussi "sympathiques" que Mouammar Kadhafi, Bachar el-Assad, Viktor Ianoukovitch ou hier Saddam Hussein. En même temps, ce genre d'impérialisme (à la Vergès, Dumas, Soral) est un impérialisme HONTEUX dont l'existence est objectivement une bonne nouvelle, même si l'aspect "piège" est un réel problème pour le mouvement progressiste. L'impérialisme de 1910 ne s'embarrassait pas de telles contorsions intellectuelles et faux-semblants : l'Europe était "légitime" (au nom de Dieu, de la République ou de la Civilisation) à dominer. Quelque part, il y a eu du progrès en 100 ans...

    - Il y a ceux qui veulent la Russie mais pas la Chine, l'Iran, les Arabes, les Sud-Américains bref le "tiers-monde". Il y a ceux pour qui cela implique de dénoncer le sionisme ; et ceux pour qui au contraire Israël est une pièce importante du dispositif anti-islam et voudraient que la Russie le comprenne (Guillaume Faye).

    - Il y a ceux pour qui la France doit rester (comme "c'est sa tradition") alignée sur les USA et un soutien d'Israël. Évidemment ceux qui soutiennent à fond (dans tous ses crimes effectifs ou possibles) l'État sioniste vont se retrouver naturellement dans ce camp-là (à moins qu'ils ne considèrent plus les États-Unis comme un soutien fiable et commencent à regarder du côté de la Russie, cela existe).

    - Mais finalement, lorsque l'on regarde du côté de l'Ukraine et que l'on réalise dans quelle nouvelle Guerre froide nous sommes, on se dit qu'entre des gens avec des options géopolitiques aussi différentes, cela ne peut pas bien se passer. Les affrontements géopolitiques mondiaux vont forcément se refléter entre les propositions géopolitiques au sein de l'impérialisme bleu-blanc-rouge. On ne va pas s'envoyer des missiles dessus, mais au niveau du "débat d'idées" et (éventuellement) de l'emploi d'armes juridiques, voire de faire le coup de poing, il va y avoir "du sang sur les murs". La tendance "atlantiste", pro-US et pro-Israël est encore sans doute majoritaire (c'est la ligne de la grande majorité du PS au pouvoir et c'était celle de Sarkozy et de la majorité de l'UMP sous le mandat précédent) mais en perte de vitesse, d'où ses réactions de panique de plus en plus brutales vis-à-vis du succès croissant de Dieudonné et de la "proposition" géopolitique à la fois "eurasiste" et "tiers-mondiste" qu'il incarne. Ceux qui veulent s'appuyer sur les "émergents" montent en même temps (sur leurs scènes nationales respectives) que les "émergents" sur la scène internationale, c'est mathématique. Mais ils se heurtent forcément à de sérieux barrages d'artillerie médiatique.

    - Dieudonné se dit "résistant" et "persécuté" par un "système" qui serait "dirigé par le CRIF", par le "lobby sioniste" etc. etc. Mais la réalité c'est qu'il a tout simplement voulu jouer au con et s'est foutu dans ce qu'il faut bien appeler une GUERRE ; et il a compris à ses dépens ce que ce mot voulait dire. Il s'est pris des coups dans la gueule à la mesure (rationnelle ou pas) de la menace que le camp d'en face percevait en lui. D'où son mélodrame. Point à la ligne. Des dizaines d'antisionistes sont agressés par la LDJ chaque année et n'en font pas toute une histoire, ni ne disent que la France et le monde sont gouvernés par un lobby sioniste tout-puissant : ce sont tout simplement les risques de la lutte. On est contre la colonisation et l'apartheid israélien, il est logique que ceux qui sont pour n'apprécient pas et le fassent savoir. Les flics, les fascistes et autres nervis universitaires (UNI etc.) qui défendent l’État capitaliste le font eux aussi régulièrement savoir aux militant-e-s qui contestent l’État et le capitalisme.

    - Nous, c'est simple : nous rejetons TOUS LES IMPÉRIALISMES et les saloperies de l'un ne sont JAMAIS une justification aux saloperies de l'autre. C'est beaucoup plus simple et cela aide à vivre sereinement...

     


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