• Vu la dimension prise par leur praxis politique faite de calomnies, diffamations et semi-poucave... mais aussi de menaces, intimidations voire agressions physiques de militant.e.s, il est temps, après le 'p''c''mlm', de mettre fin dans le mouvement communiste hexagonal à une autre supercherie politique :


    Organisation "communiste" Futur Rouge :
    une critique politique en règle

     


    Et ne nous y trompons pas, LÀ est la raison des bruits de chiotte qui peuvent courir (notamment) sur Servir le Peuple et tout un ensemble de personnes ; LÀ est ce qui peut valoir à un communiste d'être menacé par deux individus patibulaires en bas de chez lui, pratiquement sous les yeux de ses enfants ; car LÀ est leur véritable TERREUR : être démasqué.e.s politiquement ; et non le démenti de leurs calomnies contre tel ou tel individu et/ou tel ou tel groupe, chose à laquelle nous ne perdrons même pas un quart de seconde ici (ces calomnies ont de toute façon pour ORIGINE le fait que les personnes ou les groupes visé.e.s SAVENT tout ou partie de ce qui va être exposé ci-après, et les conséquences politiques qui en ont été tirées).


    Née fin 2012 – début 2013 d’une scission avec le marxisme-léninisme "orthodoxe" et poussiéreux du ROCML (marxisme-léninisme "albanais"), l’Organisation "communiste" Futur Rouge [il importe de souligner ici que l'organisation actuelle ne compte plus qu'une petite partie des effectifs de cette époque, les éléments politiquement sérieux et conséquents ayant progressivement "taillé la zone"...] a rapidement évolué vers un positionnement postmodernoïde de "Parti de tout ce qui bouge", courant désespérément et (pour tout dire) lamentablement après toutes les questions et luttes qui depuis quelques années, rompant avec l’orthodoxie "puro-classiste", "universaliste" et finalement… républicaine française de la majeure partie du mouvement révolutionnaire anticapitaliste, s’affirment dans le débat politique et ont incontestablement (et de plus en plus) le vent en poupe – tout ceci leur fournissant matière à une idpol ("identity politics") qui leur sert de bouclier contre toute critique (les critiquer, dénoncer leurs manœuvres troubles et autres combines c'est être "sexiste" - deux des principales cadres sont des femmes, bien que l'organisation reste très majoritairement masculine - et "ennemi" de ces grandes causes "opprimées" qu'ils/elles disent défendre ; à ce sujet lire absolument ici : red-guards-austin-sur-le-postmodernisme-et-l-identity-politics-a129835088).

    Mais sans pour autant, comme nous allons le voir, avoir rompu le moins du monde avec leurs conceptions "stalino-albanaise" ("marxistes-léninistes ossifiées") d’origine ; que ce soit par la propension à transformer très vite toute "contradiction au sein du peuple" (enfin, plutôt, tout désaccord politique avec elleux) en guerre totale avec l’ennemi "contre-révolutionnaire" ; ou – surtout – par leur soif quasi-maladive de contrôler, diriger, tout placer sous leur direction, ne soutenant et participant aux luttes que dans cette optique et usant lorsque les choses leur échappent, en lieu et place de la réflexion et (éventuellement) la remise en question de leur pratique politique, de la calomnie la plus abjecte – sans oublier la langue de bois, c’est-à-dire l’usage, dans ce but d’attirer à elleux, de discours politiquesqu’illes ne pensent même pas, de positions contraires à ce qu’illes pensent en réalité

    Ce groupuscule s’illustre notamment par une comédie de "soutien" aux Luttes de Libération des Peuples niés d’Hexagone (basque, breton, occitan, corse etc.) ainsi qu'à l'antiracisme autonome décolonial porté par les premier.e.s concerné.e.s (les nationalités populaires, en somme, "importées" de l’Empire colonial/néocolonial pour leur force de travail et soumises en Hexagone à l’oppression nationale très spécifique qu’est le racisme structurel, la colonialité). 

    Ces positions sont bien entendu une HYPOCRISIE OPPORTUNISTE totale dans le but de "massifier", "rameuter" autour d'eux, toujours dans leur perspective de grand Parti marxiste-léniniste DE FRANCE qui une fois construit aura la magnanimité de "tenir compte" de toutes ces problématiques ; dans une posture démonstrative de "court-après-tout-ce-qui-bouge" qui peut donner l'illusion d'être plus "avancée" (voire "la plus avancée" de l’État français !) que celle d'organisations ayant (peut-être, aussi...) les prudences de rigueur vis-à-vis de mouvements qui restent à déblayer de moult imprégnations petites-bourgeoises, réformistes ou au contraire ultra-radicalistes postmodernes, etc. 

    [Pour résumer à l'extrême, mais de manière complète et compréhensible : il y a un ensemble de gens qui se sont détachés du ROCML, fin 2012, pour donner naissance à l'organisation "Futur Rouge" ; mais pas tou.te.s pour les mêmes raisons. Il y avait par exemple une rupture avec le jacobinisme, la négation de la plurinationalité réelle de l'Hexagone "français", commune à tou.te.s en apparence, mais d'une sincérité variable selon les personnes. Surtout, il s'agissait pour un certain nombre d'aller vers le maoïsme et le soutien aux Guerres populaires dirigées par des Partis maoïstes à travers le monde (démarche aboutissant dans l'actuel Parti communiste maoïste - PCM) ; tandis que d'autres (celleux qui sont resté.e.s sous le nom de "Futur Rouge") rejetaient cela, pour y préférer le soutien sans recul critique à "tout ce qui bouge" ou à "celui qui a la plus grosse" dans tel ou tel pays (comme le MLKP et son alliance avec le PKK en Anatolie), etc. etc., et avaient en réalité surtout rompu avec le "conservatisme" dogmatique du ROCML au profit du postmodernisme qui est son alter ego, son Némésis, l'autre mâchoire de l'étau qui enserre le matérialisme dialectique. Et plus cela avançait et les contradictions s'aiguisaient (mais c'était déjà largement le cas à l'intérieur du ROC...), plus l'opportunisme politique sans limites des seconds (l'actuel "Futur Rouge") se traduisait en pratique par des méthodes proprement fascistes. Méthodes comprenant notamment les "bruits" abjects que vous lecteurs avez peut-être pu entendre sur telles ou tels personnes ou groupes, dont le blog Servir le Peuple...]

    Avoir été en contact avec ces gens depuis un certain nombre d'années permet très aisément d'en apporter les preuves. 

    Voici par exemple une petite recension de propos tenus (par mail ou de vive voix) : 

    - Extraits de mails d'un sympathisant de l'organisation (exclu du PCmF au premier semestre 2013 pour ENTRISME – il avait infiltré celui-ci avec un autre individu pour en attaquer de l’intérieur les positions fondatrices ; et resté TRÈS proche des personnes de Futur Rouge depuis – globalement, les calomnies sur le "centralisme démocratique à deux" et le "front populaire révolutionnaire à cinq" au sujet du PCmF, vrai boulot d’indic au demeurant si seulement c’était vrai, ça vient de lui) :  

    "Les nombreuses nationalités exploités, opprimées dans leur droits par le tsarisme sont pour toi comparable avec la Bretagne, l'Occitanie et l'Alsace. Tu confonds des nations et des peuples assimilés sur la seule base que subsiste une langue dans une région donnée, bien que le développement historique aille vers le dépérissement de ces langues en question. Ton autre justification est l'histoire. Comme si qui que ce soit pouvait nier le Soviet de Strasbourg ou les traditions de lutte du prolétariat et de la paysannerie de l'Occitan. Mais ce n'est pas avec le passé que l'on forge la ligne politique qui doit répondre aux conditions actuelles." 

    "j'imagine le mur auquel tu vas te heurter si tu tentes de faire la propagande parmi les ouvriers d'un parti qui reviendrait à leurs yeux à la création d'un Parti régional" (on imagine que c'est la même chose pour "racial", si on va au bout du raisonnement...)

    "ton Occitanie fantasmée" 

    etc. etc.

    - Extrait d'un mail d'un membre de l'organisation (très récent là pour le coup) [dans le registre "absence de tout principe" de cette organisation, il faut préciser ici que cet individu dit régulièrement et dira probablement encore ne pas faire partie de Futur Rouge... ce qui ne l'empêche pas de s'en présenter comme membre dans divers évènements où il se rend, y compris à l'étranger, pour y déverser (d'ailleurs) les habituelles calomnies de ce groupuscule à l'encontre de ses adversaires politiques ; ou encore de passer un temps assez incommensurable (pour quelqu'un ayant supposément une activité professionnelle ET militante, ainsi qu'une vie de couple) à prendre leur défense par des dizaines de mails alliant persuasion, envolées lyriques et menaces à peine voilées ; il est par ailleurs selon toute vraisemblance le commanditaire d'actions d'intimidations contre des communistes opposés à Futur Rouge (nous avons, si cela est nécessaire, des mails de ses menaces)] :

    "À l'époque quand je disais à ma mère que je militais avec des occitans, elle me demandait s'ils venaient en armure aux réunions de cellule. Mais ça doit être la propagande de l’État français qui meurt de trouille." http://ekladata.com/OLshVXZiBIQmwKOf-IjCNX9aoBo.png 

    "A priori la ligne de l'OC-FR, c'est qu'on était d'accord avec tout ce qui permettait d'affaiblir l'impérialisme français" => et bim !!

    C'est là le typique exemple de ce que de très nombreuses personnes révolutionnaires, libérationistes des Peuples ou anticolonialistes pourfendent depuis des années : la THÈSE UTILITARISTE. "Soutenir" les luttes parce que ça "affaiblit" notre ennemi, autrement dit parce que ça nous SERT. Exactement le même raisonnement que tou.te.s celleux qui, depuis le Komintern comme l'"Opposition de Gauche" des années 1930 jusqu'à nos jours, ont pu dire "Vive les luttes des Peuples colonisés"... parce que ça affaiblit la bourgeoisie chez nous, notre ennemi direct. JAMAIS pour les Peuples opprimés qui luttent en tant que tels, parce que c'est JUSTICE, parce que c'est le sens de l'Histoire (la strangulation des Centres capitalistes par les Périphéries exploitées)... Parce que c'est la colonne vertébrale du système que nous disons combattre ; parce que (petits Blancs occidentaux vis-à-vis des Peuples colonisés d'outre-mer et des racisé.e.s ici même, petits bourgeois "dans le mouv" des métropoles vis-à-vis des "sans-dents" et des "illettré.e.s" des territoires relégués) nous aurions compris que le secret de notre impuissance est que notre râtelier, notre petit confort repose sur leur servitude et que (en véritables révolutionnaires) nous serions prêt.e.s à TRAHIR, à RENONCER à cela pour soutenir sans prétendre leur dicter leur agenda ces luttes nécessaires pour dynamiter ce système – et arracher l'humanité et la planète à la perdition vers laquelle il les précipite.  

    Non, toutes ces luttes ne seraient en réalité (dans le fond) que des "notes discordantes dans le processus révolutionnaire (que l'on) voudrait contrôler"[1] ; des problématiques "gênantes" (des "cailloux dans la chaussure") dont il faudrait faire en sorte de se débarrasser au plus vite, en en "tenant compte" et en leur donnant "quelque chose comme ce qu'elles veulent" ; sans jamais cesser de chercher, bien sûr, à imposer son agenda au leur à la première occasion... et sans hésiter à les poignarder dans le dos lorsqu'elles ne veulent pas s'y prêter (ce qu'il s'est typiquement passé avec Libertat en Béarn, organisation qui "aurait dû" - puisque Futur Rouge "soutient" la lutte sur la question occitane - se joindre au projet de "grand Parti marxiste-léniniste DE FRANCE", ou du moins s'en faire les auxiliaires silencieux et zélés... rigolo, vraiment rigolo d'ailleurs que toujours le même zigue, toujours dans le même échange de mails, ait le culot de nous comparer au PC de Thorez "silenciant" les "questions de sexisme dans la classe ouvrière" mais aussi "l’Étoile nord-africaine et le mouvement breton", alors que la manœuvre ici est précisément un copié-collé exact de ces deux derniers cas de figure : "détruire" une organisation nationale indépendante qui ne veut pas "se soumettre" au "Parti révolutionnaire de toute la classe ouvrière de France", par le biais de calomnies ignominieuses - à l'époque thorézienne, c'était plutôt "hitlérisme" qui était à la mode). 

    Et d'ailleurs : "ma révolution est intersectionnelle"  

    => Voici ce qu'en dit le PIR (dont on pourra dire beaucoup de choses, mais pas qu'il n'est pas l'"usine" d'un blindage idéologique particulièrement efficace contre ces logiques de récupération) :

    Une critique POLITIQUE de "Futur Rouge"

    http://indigenes-republique.fr/vacarme-critique-les-indigenes-la-faillite-du-materialisme-abstrait-2/ 

    Ou encore ce masterpiece d’Houria Bouteldja (trop long pour être reproduit ici en intégralité, mais à lire absolument) :

    http://indigenes-republique.fr/race-classe-et-genre-une-nouvelle-divinite-a-trois-tetes-2/ 

    Bref, l’"intersectionnalisme" peut avoir un sens – son sens originel – lorsqu’il est mis en avant par des femmes racisées ; mais dans la bouche de Blanc.he.s (même femmes, même LGBT !!) il faut se résoudre à l’appeler par son nom : une arme de récupération massive.

    Raison pour laquelle le mot d'ordre de la plupart de ces "intersectionnel.le.s" pourrait être résumé par "Vive l'antiracisme politique... sans le PIR" :

    http://ekladata.com/IpDbvnFZJ8jKDuJPA.png - http://ekladata.com/CE0WcrQ4JDw4.png 

    Comme article intéressant à ce sujet, on peut aussi conseiller Des complices, pas des alliés - Abolir le complexe industriel de l’Allié :

    https://antidev.wordpress.com/2015/01/25/des-complices-pas-des-allies/  

    Et de fait, toujours de ce même zigue "révolutionnaire intersectionnel"... voici par exemple ce mail d'il y a quelques années où il attire l'attention sur la ("dangereuse") présence de "pas mal de barbus à Saint-Fons" (banlieue lyonnaise à côté de Vénissieux) : qctEEMOoB9Nja2asxUyrFmkhYp0.png ; invitant à venir en nombre pour "protéger" une réunion-débat avec les réformistes de gauche afghanes[2] de RAWA. 

    Ou celui-ci dans lequel il attire et appelle à attirer l'attention sur la présence de l'"affreux" Tariq Ramadan à un meeting consacré à Gaza, un an après Plomb Durci :

    http://ekladata.com/j_xzvvybCkz_Acu-149t2-BVTJc@1235x789.png 

    Bel exemple de ce qui s'appelle le ''whitesplaining'' (aller expliquer la life aux non-Blancs du haut de ses Lumières de Blanc qui sait tout). 

    En gros : prenons novembre 1938, lendemain de la Nuit de Cristal en Allemagne (nous ne prenons VOLONTAIREMENT pas plus tard, l'Holocauste, histoire qu'on ne vienne pas me dire ''comment j'ose comparer'' - la Nuit de Cristal, on va dire que c'est comparable en violence avec Gaza). Des Juifs et des personnalités bourgeoises antifascistes organisent un meeting pour s'y inquiéter de la tournure que prennent les choses outre-Rhin. 

    Eh bien ce qui est proposé là, ça revient à dire ''allons-y, c'est important d'y aller, mais attention il y a ce type-là, le rabbin Machintruc, faut expliquer aux gens en quoi et combien ses propos sur la place de la femme ou l'homosexualité dans la religion israélite sont abominables''... 

    On notera aussi que curieusement, la présence du ponte grand bourgeois Stéphane Hessel à la même réunion ne semble pas du tout l'émouvoir autant, ni nécessiter un "classplaining" quant au caractère alter-impérialiste en mode "tiers-mondisme gaulliste-de-gauche" du bonhomme. 

    Ou encore (beaucoup plus récemment, là), cette "white validation" (fait pour un Blanc de saluer bruyamment par des "hourras !" lorsque des racisé.e.s vont selon lui dans le sens de ce qu'il a envie d'entendre, de l'agenda qu'il veut secrètement leur dicter - genre là "youhouuu ! Houria elle prend ENFIN en compte la question du féminisme"... euuuh oui... t'es sûr que c'était pas déjà le cas, mais à sa façon ?) :

    http://ekladata.com/0CdRncQ9cPN2b00mXOssDItjNd8.png 

    On pourrait encore parler du même auteur de ces mails lorsque celui-ci, vers 2008, s'est senti comme investi d'une mission divine à l'encontre d'une petite secte politique aux positions effectivement très tordues, mais dont surtout personne n'a jamais entendu parler : l’Église réaliste. 

    Le problème, c'est que le gars (par ailleurs militant syndical) sur qui il est tombé à bras raccourcis n'en faisait à cette époque déjà plus partie ; il avait été "excommunié" après avoir (sans doute) compris le niveau de n'importe quoi du truc ; le gourou ayant rendu public un texte halluciné, sans doute rédigé sous peyotl, à ce sujet. 

    Du coup, son super-dossier-de-la-mort-qui-tue ne pouvait être que ce qu'il a été : un MONUMENT d'islamophobie (oui car ce qui le dérangeait tant dans cette secte politique plutôt qu'une autre, c'était son "islamo-gauchisme"...), de style policier post-NKVDesque et même de pures affabulations, puisqu'il se trouve que nous connaissions vite fait ces gens, le gars et le prétendu "harem de femmes voilées" censé l'entourer, et nous pouvons attester qu'il n'en était absolument rien (de "harem", de "burqas" des pieds à la tête etc. etc.). 

    Même les lambertistes orthodoxes du CCIT et les vieux ML naphtalinés de l'URCF, peu suspects d'"islamo-gauchisme", avaient trouvé le procédé totalement scandaleux... 

    La violence pour cet individu, traversant alors une passe très difficile comme tout rescapé de secte, et plus encore la violence RACISTE ressentie par les personnes musulmanes de son entourage affectif (le fameux "harem", en réalité sa compagne et les sœurs, cousines ou amies de celle-ci), a dû être tout simplement indescriptible...

    - Citations de mémoire de la dirigeante de l'organisation :
     

    "Nan mais franchement, l'Arpitanie, ça parle à QUI dans les masses ???" (ben en l'occurrence, en Savoie, à plus de monde qu'on ne le croit : bien que le terme soit un néologisme, il désigne une réalité culturelle tout à fait présente et ancrée dans les classes populaires de ce territoire "français" depuis seulement un siècle et demi, où il s'agissait - pour expliquer le contexte de ces propos - de créer une Action antifa "des Alpes arpitanes", pas un mouvement indépendantiste... et par ailleurs, l'antiracisme politique décolonial "ça parle à qui", le féminisme radical "ça parle à qui", et même, osons le dire, la lutte de classe pour la dictature du prolétariat et le communisme, "ça parle à qui" ?? "vos conneries n'intéressent personne, pas même les premier.e.s concerné.e.s" n'est-il pas l'argument classique de tous les réactionnaires face aux expressions politiques rupturistes radicales ?). 

    (au sujet d'un militant occitano-basque) "Je suis sa secrétaire nationale, il m'obéit c'est tout" (ben non, si t'es lyonnaise t'es pas sa secrétaire "nationale"...). 

    "Si tu veux faire de l'antifa, tu cherches pas, tu vas voir direct les Noirs et les Arabes, tu parles qu'à eux" (ouais genre gros gibier de recrute quoi... puant de paternalisme ! et chose que nous n'avons au demeurant jamais constatée dans notre activité politique personnelle : déjà ces jeunes prolétaires "noirs-et-arabes" ne parlent pratiquement jamais de fascisme mais de RACISME, qu'ils voient à juste titre comme un phénomène politique beaucoup plus large que la seule extrême-droite... l'"antifa" en toute franchise ils s'en battent un peu la race, sans mauvais jeu de mots, et à bien des égards ils n'ont pas totalement tort !). 

    "Les banlieues c'est pas le prolétariat, c'est le lumpen prolétariat" (CQFD) 

    Il y avait eu aussi CETTE POSITION (dont elle était très vraisemblablement la rédactrice principale)... de merde en fait, quand on y pense bien, en faisant abstraction de combien elle paraissait surnager au-dessus du torrent de merde qui rugissait à cette époque : http://futur-rouge.overblog.com/2013/11/communiqu%C3%A9-en-r%C3%A9ponse-au-communiqu%C3%A9-du-rocml-carhaix-et-quimper-deux-manipulations.html.

    Il s'agissait d'une réponse au ROCML (dont Futur Rouge venait de se séparer une dizaine de mois plus tôt) sur la question du mouvement des ouvriers et des paysans bretons de l'automne 2013, mieux connu sous le nom de "Bonnets Rouges'', et sur lequel le blog Servir le Peuple (aux côtés de camarades occitanistes, indépendantistes bretons de Breizhistance bien sûr, etc. etc.) a pu par exemple produire une longue, profonde et conséquente analyse (en SOUTIEN) :

    http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/reflexions-communistes-sur-le-mouvement-des-bonnets-rouges-nov-2013-a114085890 

    Le ROCML appelait à se joindre à la (scandaleuse, et ridicule en termes de mobilisation) contre-manif de Carhaix ; ce à quoi Futur Rouge répondait qu'il fallait au contraire être à la vraie manif du mouvement à Quimper, ''avec les masses'' : http://rocml.org/carhaix-et-quimper-deux-manipulations/ 

    Le site Servir le Peuple, là encore, s'était alors permis une modeste ''critique'' (qui se voulait amicale et constructive) de cette réponse, qui ne semblait pas assez "percutante" face à ce qu'il fallait bien appeler un monument de merde jacobine (la position du ROC) : http://servirlepeuple.over-blog.com/article-appel-de-la-gauche-independantiste-bretonne-breizhistance-pour-le-30-novembre-121348023.html 

    Il s'agissait de commentaires sur Facebook, en présence de militant.e.s de Futur Rouge d'ailleurs, et qui ont ensuite été retranscrits sur le blog. Et là, DIRECT, un froid polaire s'était abattu sur les relations entre l'organisation et le "crew" autour de ce site d'information maoïste ; "crew" dont faisait d'ailleurs partie le gars (le "leader charismatique s'il en est") de Libertat attaqué nommément dans le communiqué de calomnies du 5 mai dernier...

    Il a, en fait, encore fallu pas mal de temps pour réaliser qu'en réalité ces ''modestes réflexions'' sur leur réponse au ROCML les DÉMASQUAIENT ; qu'elles démasquaient leur supercherie de ''soutien'' aux luttes des Peuples et territoires périphérisés d'Hexagone.

    Servir le Peuple avait SOUTENU ce mouvement malgré la FNSEA et les petits patrons de PME, comme un ''nouveau Languedoc 1907'' ou un ''LKP d'Europe'', sur la base d'une véritable analyse politique en béton... alors que Futur Rouge, en réalité, ne reprochait au ROCML que d'avoir eu une position le conduisant à "s'isoler", au lieu d'être "aux côtés des masses"... pour pouvoir leur retourner le cerveau et embrigader quelques recrues dans l'orga.

    Orga qui, dans un cas comme dans l'autre, n'en reste pas moins un projet de Grand Parti marsiss'-léniniss' de ''laclassouvrière'' DE fRANCE (projet voué au demeurant au plus lamentable échec, quand on connaît les baltringues). Simple question de stratégie, quoi.

    Finalement le même raisonnement qui les oppose aujourd'hui aux ''niqueurs de race'', aux ''racialisateurs go home'' qui se coupent et se posent même en ennemis vociférants d'un mouvement antiraciste décolonial en pleine dynamique ; alors qu'il faut bien (au contraire) APPROCHER ce mouvement (ce que fait Futur Rouge) si l'on veut pouvoir espérer le ''gagner'' à soi et à ses idées (que l'on suppose si "supérieures" aux siennes)...  

    Nous n'avions pas réalisé à quel point ces quelques petites remarques se voulant constructives et (surtout) la critique au vitriol de la position du ROCML, critique censée les soutenir dans cette polémique, portait en réalité une charge explosive colossale contre leur propre démarche d'imposteurs politiques, de vrais faux amis des masses populaires (bretonnes, occitanes, basques & co ou racisées) en lutte. Une charge dont elleux avaient par contre parfaitement ressenti la menace ; raison pour laquelle, déjà à cette époque, les relations avaient commencé à se refroidir... 

    Et puisque l’on parle de relations "se faisant froides" à cette époque (fin 2013), dans la catégorie "absence de tout principe" cette fois-ci, on pourrait parler par exemple de cette Déclaration internationaliste de soutien aux paysans en lutte du Brésil ; signée par tout un ensemble d’organisations communistes ou révolutionnaires des Peuples en Lutte ; DONT Futur Rouge et le PCmF alors en processus d’unification au sein du "Bloc Rouge"… Sauf que voilà :

    - Là où le PCmF a bien reproduit sur son site L’ENSEMBLE des organisations et collectifs signataires, en indiquant bien lesquels en étaient à l’initiative http://drapeaurouge.over-blog.com/2013/12/appel-%C3%80-d%C3%89noncer-le-gouvernement-br%C3%89silien.html 

    - Futur Rouge a simplement laissé en signatures "OCFR / PCmF" http://futur-rouge.overblog.com/2013/12/appel-%C3%A0-d%C3%A9noncer-le-gouvernement-br%C3%A9silien.html 

    Et ce n’est là qu’un exemple parmi d’autres de la "dialectique" permanente entre pompage/pillage et invisibilisation (du pompé/pillé) qui caractérisait Futur Rouge à cette époque ; particulièrement vis-à-vis du blog d’information et d’analyse communiste-maoïste Servir le Peuple ; parallèlement à la manœuvre de parasitisme politique ("stratégie du coucou" : squatter une orga ou un "processus unitaire" comme moyen de recruter large, puis la/le quitter en embarquant le maximum de recrues avec soi) alors en cours vis-à-vis du PCmF / Bloc Rouge, qui succédait en cela au ROCML (nous reviendrons sur cela plus loin).

    Un camarade s’était par exemple vu demander, par une militante de Futur Rouge, qui elle pouvait citer comme travail d’analyse marxiste sur l’Occitanie dans son travail politique (réunions, discussions avec des gens etc.) ; celui-ci avait naturellement répondu "ben, Servir le Peuple voyons" ; et celle-ci lui avait alors ouvertement dit "ah non, pas Servir le Peuple justement !"… ce qui ne la/les empêchait pas dans le même temps de lire quotidiennement et de pomper régulièrement ce site, mais attention hein, pas question de lui faire de la pub ! Voilà pour donner un autre exemple. Absence totale de principes…

    De même, l'organisation "Futur Rouge" se réclame du marxisme-léninisme et même du "maoïsme" mais ne parle concrètement JAMAIS du Pérou (et même pour ainsi dire jamais de l'Inde – pas du tout depuis 2013, en fait ; très peu vite-fait des Philippines – là encore, pas vraiment depuis le départ des maoïstes qui ont rejoint le PCM... et même très très peu de la Palestine – seulement trois entrées sous ce tag en 4 ans sur leur site).

    Leur grand truc c'est Rojava, où des indigènes kurdes au projet politique certes très intéressant affrontent d'autres indigènes... "horribles z'islamistes", avec ce qu'il faut bien appeler le plus gros soutien matériel occidental dans le conflit syrien toutes factions confondues, et la menace évidente d'un terrible "retour de bâton" dès lors qu'ils ne serviront plus ces buts de guerre occidentaux (et qu'il faudra ménager l’État fasciste turc, ou encore le régime bourgeois comprador du Kurdistan d'Irak) [voir ici une critique détaille de l'idéologie "confédéraliste démocratique" qui anime la lutte là-bas].

    Plus on y réfléchit, plus il apparaît impossible d'y voir autre chose qu'une répulsion instinctive envers une Guerre populaire (celle du Pérou, 1980-2000) fondamentalement anticolonialiste et secouant les fondements mêmes du Pouvoir blanc mondial (d'autant plus quand, en réponse aux critiques faites ici, est "envoyé" troller une publication à ce sujet un individu qui va attaquer cette expérience révolutionnaire sur l'air de "raciste", "génocidaire" et surtout... "narco-terroriste", soit mot pour mot la propagande impérialiste occidentale à son encontre !) ; et au contraire une fascination fantasmatique pour une lutte qui, sans préjudice de ses aspects positifs unanimement reconnus, semble littéralement (ou qui est... peut-être ?) étudiée pour plaire à la gauche radicale occidentale – une "révolution intersectionnelle par excellence" en quelque sorte, en référence à ce que nous avons vu plus haut sur ce sujet.

    De même qu'en Inde, aux Philippines ou encore en Afghanistan (où la Guerre populaire en est encore au stade "préparatoire"), des indigènes maoïstes affrontent des pouvoirs "indigènes" fantoches mais avec une position léniniste DÉMOCRATIQUE et dialectique vis-à-vis des populations musulmanes qui affrontent ces mêmes pouvoirs sous la bannière de l'islam... Rejetant, dans le cas de l'Afghanistan, les positions telles que celle de RAWA qui reprochent, en gros, à l'occupation impérialiste d'avoir mis au pouvoir des seigneurs de guerre "islamisants" et non des "progressistes", qui eurent alors été de "bonnes" marionnettes. Là encore, "cherchez l'erreur" (dans la totale ou relative absence d'expression de "Futur Rouge" sur tout cela).

    On notera aussi la signature par Futur Rouge, en septembre 2015, d'une déclaration de l'ICOR qui reprend mot pour mot dans un passage tout le discours sur le "nazislamisme" ; outil d'analyse particulièrement inepte (euro-centré) du phénomène quelle que soit l'horreur que celui-ci peut nous inspirer. Servir le Peuple et les maoïstes d'Hexagone soutiennent Rojava, oui, et les volontaires communistes ou libertaires turcs et internationaux qui combattent à ses côtés ; mais pas de manière tonitruante et acritique, comme s'illes avaient "enfin" trouvé "la" lutte "safe" à soutenir dans cette partie du monde (lire ici). Illes n'iront pas, comme des membres de l’Église réaliste (toujours selon le même olibrius des "barbus de Saint-Fons"), faire l'apologie des GIA devant un parterre d'Algérien.ne.s à un meeting décolonial d'Houria Bouteldja ; mais illes n'iront pas non plus, pour autant, mettre l'"islamisme" au même niveau que la coalition fasciste forgée lors de la Guerre d'Espagne en 1936 (coalition de puissances impérialistes – Allemagne, Italie – et de courants fascistes d'autres bourgeoisies impérialistes, dans l'opposition ceux-là, mais qui fournissaient également de l'aide à Franco).

    Les "bonnes" et les "mauvaises" luttes d'une organisation prétendument communiste sont quelque chose qui en dit souvent très long sur celle-ci...

    De même que lorsque des hommes blancs... mais aussi des femmes, et même des féministes (comme une certaine Caroline F...), et même des féministes radicales (pourquoi pas) attaquent sous l'angle de l'antisexisme l'organisation politique indépendante des indigènes intérieurs d'Hexagone, ce n'est pas quelque chose qui ne doit "pas trop intéresser"... mais quelque chose qui doit être DÉNONCÉ comme RACISTE, comme une défense du privilège blanc et une quête d'égalité (de genre, en l'occurrence) ENTRE BLANC.HE.S sur le dos des prolétaires du monde que sont les racisé.e.s. Et qui peut l'être (dénoncé) y compris par des hommes blancs si ceux-ci sont suffisamment conscients et formés politiquement pour le faire... ou faut-il alors "fusiller" Julien Salingue (pour ne prendre qu'un exemple) ??

    De même que toute mise en avant d'un discours de type "Women are the 'niggers' of the World" ("les femmes sont les 'nègres' du monde" - mais enfin, les femmes racisées savent très bien depuis leur naissance qu'elles le sont, racisées, ce discours n'émane et n'intéresse donc que des femmes blanches...), alors que l'actualité du moment est à des crimes de guerre coloniale intérieure contre les jeunes des quartiers prolétaires à majorité non-blanche... est proprement indécente, point à la ligne. La liste pourrait encore être longue, malheureusement le nombre de caractères (en version HTML) dans les articles est limité...

    Bien que ne faisant pas partie de "Futur Rouge", un autre petit groupe décompo leur sert de fait d’"antenne" sur la place militante de Montpellier ; en particulier pour ce qui est de la "croisade" contre les éléments locaux du Bloc Rouge devenu PCM, qui co-gèrent avec des militant.e.s libertaires le bar associatif "Le Barricade" :

    https://fr-fr.facebook.com/lestricoteusesenfurie/posts/838080356248865 

    https://fr-fr.facebook.com/lestricoteusesenfurie/posts/939455599444673 

    Il s’agit des "Tricoteuses en Furie", dont voici un exemplaire de la campagne de provocations et de calomnies destructives contre ledit bar asso :

     https://www.facebook.com/lestricoteusesenfurie/posts/1100953523294879  

    "Féminisme marxiste queer décolonial classe // race // genre"... ou plutôt, mieux dit, blancouilles lèche-décolonialisme à un point à peine imaginable (pire que "Futur Rouge", on pensait que c'était pas possible ben si, là pour le coup c'est "vive l'antiracisme politique avec le PIR" et même "plus piriste que le PIR" lol), mais qui ne voient toujours pas le problème quand une meuf vient leur expliquer par A + B (très calmement et poliment : ici ici ici) qu'il n'y a dans cette affaire du Barricade aucune "agression homophobe" d'aucune sorte mais bien, par contre, une violence et des préjugés racistes-classistes inouïs contre le soi-disant "agresseur" ; dont le bar a eu tout à fait raison de prendre la défense (sans être, pourtant, des gens disons très "réceptifs" aux thèses antiracistes politiques... comme quoi !). [Lire aussi ici les explications de l'Alternative Libertaire locale qui gère principalement le bar, avec une petite chronologie détaillée des évènements – parce que se baser toujours sur une seule version des faits, ça va bien deux minutes mais voilà...]

    Ou le problème... de ce commentateur qui emploie le "splendide" terme raciste de "basanés"   ; ce qui ne suscite absolument aucune réaction de la part de nos "marxistes queers décoloniales" en carton ; les joies et la bonne humeur de l'"intersectionnalisme" sans doute ! [Voir ce qui a été écrit plus haut à ce sujet]  

    Il est clair qu'il faut gratter un peu pour trouver que "en majorité racisées" ou pas (mais nos sources sur le terrain semblent plutôt indiquer le contraire…), ce groupe ultra-gauchiste décompo n'a aucune cohérence ni conséquence dans sa posture antiraciste décoloniale affichée. Le fond de la pensée, par définition, ce n'est pas la surface. Mais puisque telle est la tragique destinée de celleux qui cherchent la merde, alors grattons ; et en grattant voici par exemple ce que l'on trouve :

    http://ekladata.com/AbmUPy_wAcIjRAOs9Pp2G2MujDE.png 

    ... un splendide "merci !" à un dessinateur "Charlie" jouant les ethnologues avec les jeunes-de-banlieue, qu'il fait ensuite parler "petit arabe" dans ses dessins (l'info nous a coûté... une recherche Google, deux minutes chrono en main).]

    Ces "Tricoteuses", soutenues en cela par Futur Rouge, sont également connues pour leur soutien au STRASS ("Syndicat des Travailleurs du Sexe"), "syndicat" qui sous couvert de dénoncer et de lutter contre les violences et en particulier la persécution policière subie par l'activité prostitutionnelle, et de mettre en avant des considérations de "survie" et la "reconnaissance comme travailleur-euse-s pour pouvoir reconnaître qu'il y a lutte de classe", vise en fait (ces personnes étant généralement des prostitué.e.s "de luxe", relativement "libres" dans leurs choix, leurs prestations et leurs tarifs) à instiller l'idée d'une prostitution "métier comme un autre", relevant d'un "libre choix de fournir un service sexuel" selon la "loi de l'offre et de la demande", et sur lequel tout regard critique relèverait de la "putophobie", sorte de forme aiguë de toutes les conceptions patriarcales (misogynie, homophobie, transphobie etc.) ; tout ceci au plus profond mépris, bien sûr, des millions de personnes dans le monde pour qui cette activité est une forme indicible d'exploitation, un esclavage aux mains de réseaux mafieux ou une activité de survie poussée par la plus terrible misère, quelque chose dont l'existence ne peut se concevoir dans un quelconque projet révolutionnaire de société.

    Et ce (ce soutien au STRASS) bien avant que (aux dernières infos) les contradictions entre les "anticapitalistes" (comme l'assez connue Morgane Merteuil qui prône en substance une "autre prostitution", "émancipée" et collectiviste dans une société libérée du Capital, ce qui peut à la rigueur se discuter) et les "libertariens" aient explosé, conduisant à la purge des premierEs... et prouvant par là, au passage, que cette organisation était (donc) bel et bien le lobby libéral-"libertaire" "capitaliste uberisé" contre lequel des centaines et des centaines de personnes de tous les courants politiques révolutionnaires mettaient en garde (et se voyaient pour cela vouées aux gémonies "putophobes"). Voilà donc un peu, là encore, le niveau d'opportunisme et d'inconséquence politique ; et voilà sans doute aussi l'une des, sinon la principale raison du conflit avec Alternative Libertaire (qui co-gère comme on l'a dit le Barricade), organisation qui a émis dès la fin des années 2000 des positions assez fermes vis-à-vis de ce discours.

    L'on pourra lire ici les débats à ce sujet sur ce forum anarchiste :

    forum.anarchiste-revolutionnaire.org/viewtopic.php?f=75&start=15&t

    forum.anarchiste-revolutionnaire.org/viewtopic.php?f=75&t=4152

    et ici la position d'Alternative Libertaire alternativelibertaire.org/?Prostitution-Le-Strass-syndicat-ou ; ou ce dossier de 2010 dans leur mensuel (à la fin, ce sont les 7-8 derniers articles) : alternativelibertaire.org/?-No-197-juillet-aout-2010-

    Pour notre part, nous aurions tendance à rester fidèles aux "bonnes vieilles" positions de Lénine ou d'Alexandra Kollontaï sur la question (hypocrisie et contre-productivité de toute politique bourgeoise réglementariste comme répressive, nécessité d'organiser les prostitué.e.s pour lutter comme tou.te.s les opprimé.e.s, mais objectif de disparition de cette activité sous le socialisme) :

    https://www.marxists.org/francais/kollontai/works/1909/00/akoll_1909_prosti.htm

    https://www.marxists.org/archive/kollonta/1921/prostitution.htm (en anglais)

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandra_Kollonta%C3%AF#Prostitution_.28abolitionnisme.29

    http://www.wikirouge.net/Prostitution#L.C3.A9nine

    L'idée de Morgane Merteuil d'une "autre prostitution", sans contrainte ni violence et sans exploitation ni piétinement de la dignité humaine, mérite sans doute qu'on y réfléchisse mais c'est quelque chose qui a pour condition le socialisme, qui ne peut exister ni même être réellement pensé dans le cadre capitaliste où nous vivons, et qui n'aura quoi qu'il en soit rien à voir avec la prostitution telle qu'elle existe actuellement (dans 95% des cas du moins) et pour laquelle la seule position révolutionnaire possible est qu'elle doit disparaître, sans même la moindre considération moraliste pour le caractère sexuel de la chose mais tout simplement au même titre que le travail des enfants, le travail domestique esclavagiste "au black" (ou simplement la surexploitation domestique de la femme dans un couple...), les activités poussées par la misère telles que le ramassage et recyclage des ordures, ou encore tout simplement, et dans toute la mesure du possible n'importe quel travail aux conditions pénibles et dangereuses, "inhumaines" comme on dit.


    Opportunisme, inconséquence politique caractérisée et ramifications affinitaires... jusqu'à un milieu particulièrement pestilentiel


    Il faut aussi souligner pour conclure que ces gens sont TRÈS PROCHES (des "heures lumineuses et fraternelles" auraient été passées avec elle, toujours selon un mail) de la personne dont le nom est effacé ici : 

    http://ekladata.com/KlrWQzO-TDZcfCKZ1UNmWCtX2is/DenizNR.pdf 

    Cette personne (sur laquelle des choses plus graves encore ont été apprises depuis, comme le fait qu'elle rabattait ACTIVEMENT des clients - prisonniers - vers l'avocate et épouse de Carlos, "icône" du nationalisme "révolutionnaire" fasciste... ce qui est tout de même férocement "cocasse" au regard de ses esclandres "anti-confusionnistes" plus récents !) joue manifestement un rôle trouble dans l'infiltration du mouvement révolutionnaire par les fascistes, limite barbouzes, que mentionne le document (nationalistes "révolutionnaires" ayant plus ou moins évolué par la suite vers l'occidentalisme islamophobe pseudo-"gauchiste", et rejoignant là... d'anciens membres du Betar avec qui ils se cassaient la bouche dans les 90's LOL[3]), soit pour y foutre la merde (comme elle l'a fait à un meeting de racisé.e.s des quartiers populaires il y a quelques années, au nom de l'"anti-confusionnisme"), soit pour collecter du renseignement soit les deux. 

    "Futur Rouge", qui reprend d'ailleurs le nom d'un ancien blog pro-'p''c'F'mlm' aujourd'hui inaccessible (et qui avait tout du pot de miel...) https://futurrouge.wordpress.com/, pourrait très bien être à ce jeu-là leur nouveau "sous-marin" (plus ou moins conscient de l'être) dans cet objectif, en remplacement du 'p''c'F'mlm' qui était lui aussi très lié à ces individus, mais qui a été "grillé" précisément par le document dont ceci est un extrait, et s'est enfermé depuis dans des positions ouvertement réactionnaires qui ne font plus du tout illusion (donc n'ont plus d'intérêt). 

    [Ici le doc complet : http://ekladata.com/VtZIU2OFK5YnRpgjM0W37ikW3GA/veritepcmlm-autres.pdf   

    Et si cela ne vous suffit toujours pas et qu'il vous faut encore mettre les doigts dans les trous de clous de ce brave Jésus pour y croire, voici sur un forum de discussion http://forummarxiste.forum-actif.net/t97-forums-antifa#5728 (deuxième quote du post) un extrait du site (aujourd'hui disparu) d'un individu de cette mouvance, ici le screenshot : http://ekladata.com/rmShBqggbISN1f8pLqawtKA0qWY.jpg ; individu connu aussi par ailleurs, à cette époque, pour fréquenter assidument la VLAAM HUIS de Claude HERMANT, oui oui, le "patron" incontesté de toute la fafaille de ch'Nord, actuellement enchristé pour avoir vendu des armes (entre autres) à Amedy Coulibaly...  [sans même parler, affaire sortie récemment, des MEURTRES d'antifascistes, racisés ou homosexuels retrouvés noyés dans la Deûle, faits se déroulant strictement à cette même époque 2010-2011 !!]

    Des personnes liées à ce gars et à sa mouvance ("Global Antifa" si ça parle à quelques ancien.ne.s ici présent.e.s, ou encore l'"Action Antifasciste Artois", et bien sûr toujours le fameux 'p''c'F'mlm' du "dossier confidentiel" et son site "lesmaterialistes.com") figurent en bonne place dans les contacts Facebook (contacts likeurs/commentateurs, "intervenants" et vraiment affinitaires, pas "passifs" "qu'est-ce-que-je-fous-là")... de plusieurs membres de "Futur Rouge". 

    Une mouvance très liée au mouvement dit "antideutsch" d'Allemagne, caractérisé par son islamophobie, son soutien à Israël et à l'impérialisme occidental (ce rappeur de Berlin en parle assez longuement dans cette interview : http://www.bboykonsian.com/Interview-de-Kaveh_a3558.html) ; Allemagne que connaît bien le leader du 'p''c'F'mlm' (il est né en Autriche et parle couramment la langue), mais où a aussi longuement vécu et milité... une militante (co-dirigeante pour ainsi dire) de Futur Rouge, dans ce milieu ultra-gauche totoïde (donc) que le rappeur Kaveh décrit comme hégémonisé par ce courant d'idées. Une mouvance, également, plutôt présente dans le Nord de l'Hexagone, la région lilloise... où "Futur Rouge" déclarait être implantée à l'époque de ses "journées de formation" communes avec le PCmF en août 2013 (nous n'avons plus connaissance aujourd'hui de gens de "Futur Rouge" par là-bas, mais ce n'est pas impossible non plus qu'il y en ait).

    On pourrait encore ajouter, comme témoignages plus "directs" (de l'auteur même de ces lignes, à l'époque où l'actuel "Futur Rouge" faisait encore partie des JCML et du ROCML), le fait que si le ROCML en tant que bonne vieille organisation stalino-albanaise ossifiée ne cachait pas son souverain mépris pour le 'p''c''mlm' (qui donnait à l'époque dans un gauchisme presque postmoderne...), et que celui-ci le lui rendait bien, les personnes qui forment actuellement "Futur Rouge" étaient beaucoup plus "tièdes" dans ce combat que SLP menait alors sans relâche ; que deux individus incités par ces personnes à m'attaquer, le premier en août 2010 afin que mes réponses servent de prétexte à un "conseil de discipline" du ROCML/JCML me donnant le choix entre arrêter Servir le Peuple ou quitter l'organisation (ce que j'ai fait), le second quelques mois après cette démission au printemps 2011 (celui-ci, qui m'avait menacé physiquement et avait même commencé à balancer identité et adresse en ligne, en pleine vague d'agressions fascistes sur mon secteur, s'est excusé depuis et a reconnu avoir agi en service commandé), se disaient parallèlement à l'époque "sympathisants" du 'p''c''mlm' (sans que ça ne semble trop poser de problème pour le second, pourtant membre de la JCML, donc en flagrant délit de double allégeance !!) ; que Monsieur "les barbus de Saint-Fons" (encore et toujours...) racontait avoir lui aussi été sympathisant et vendu la revue "Front Social" (de ce qui allait devenir le 'p''c''mlm') au début des années 2000 ; que les calomnies lancées de part et d'autre ("balance" du côté du 'p''c''mlm', pour avoir participé à les démasquer, et "mec tout seul derrière un clavier, inorganisé et sans pratique" du côté de Futur Rouge, pour avoir refusé de rejoindre leur n'importe-quoi politique) ont souvent tendance à s'entremêler dans les attaques que nous recevons de temps en temps ; la proximité déjà évoquée avec l'amie des fafs NR barbouzes et de l'avocate-épouse de Carlos, devenue depuis saboteuse "anti-confusionniste" de meetings décoloniaux en région lilloise, etc. etc.

    Bref, vraiment beaucoup de choses se recoupent… "Futur Rouge" n'assume évidemment pas de telles positions ouvertement, et a même publié des papiers assez corrects sur la question de la Palestine ; cela dit il y avait encore dans ses rangs en 2014 beaucoup de gens qui n'y sont plus, ainsi qu'un pompage récurrent des analyses du blog Servir le Peuple (que l'on retrouve d'ailleurs largement dans leurs articles sur l'offensive contre Gaza et les manifs ici à l'époque), et de toute façon nous avons vu le gouffre qu'il peut y avoir entre leur discours public... et le fond réel de leur pensée lorsqu'on les connaît bien. Et puis illes sont aussi très proches de cette petite organisation basque qui en revanche, à l’été 2014, a assumé cette position : http://ipehantifaxista.blogspot.fr/2014/07/palestine-rassemblement-bayonne.html. Une position de renvoi dos-à-dos du système colonial israélien, qui se réduirait à son "gouvernement d'extrême-droite" (quid de la "gauche" sioniste ?) et... de la résistance palestinienne "islamiiiiiste" et "fasciiiste" qui n'est pas atypique, on va dire, pour des gens se revendiquant libertaires ; mais évidemment franchement choquante pour les marxistes-léninistes et maoïstes anti-impérialistes conséquent.e.s que nous sommes, dont la position de principe est assez bien exposée ici : À propos du mouvement de solidarité avec la Palestine et du Hamas [cette position (celle du groupe anar-antifa) avait soit-dit-en-passant passablement fait jaser dans le mouvement abertzale basque, dont la solidarité internationaliste avec les résistances des peuples est un pilier de l’identité politique]. 

    Marxistes-léninistes que revendiquent être les gens de Futur Rouge… qui n’ont pour autant jamais critiqué cette position de leurs grands potes (avec qui illes manifestent annuellement, par exemple, pour... Georges Ibrahim Abdallah) ; laquelle pourrait bien être en réalité leur véritable position, le vrai fond de leur pensée, vous savez, lorsqu’illes n’essayent pas de tromper l’auditoire en pompant les blogs des autres… 

    Il y a aussi ceci, communiqué par MP sur FB (mais sans source malheureusement) : http://ekladata.com/nnLjk5roBg3UJ_W35WWlHkPjAjo.png "Futur Rouge travaillait aussi localement (sur la campagne Lucie) avec une meuf qui publie des textes comparant les Palestiniens à des animaux"... aww  

    Ou encore (décidément... on en trouve tous les jours) que la dirigeante de Futur Rouge partage régulièrementvraiment pas qu'une seule fois des publications de l'organisation dans un groupe Facebook, "Mouvement anti impérialiste", où 90% des posts consistent plus ou moins en les joyeusetés suivantes : 

    http://ekladata.com/0dgoZ0mQp6SgKNOWEGLov1WYHEw.png 

     http://ekladata.com/6hhqIIeddRVFZhWc_hnLvBHk9dY.png 

    http://ekladata.com/W_gmUFCZLpAgmfT3LtObzwY6Ye0.png 

     http://ekladata.com/ez3QT9bPpz47O9bIcxEGwQKEZuQ.png 

    Bref le truc qui pue le faf à mort quoi shocked 

    Il semblerait que la proximité de tels individus la dérange beaucoup moins que celle des maoïstes (idéologie dont elle se réclame) du PCmF, ou des occitanistes (lutte dont se revendique sa pote de Béarn) de Libertat, et qu'il y ait là encore moins matière à tracer une "ligne de démarcation" que sur la question de l'"universalité de la guerre populaire" dans le mouvement communiste... Quel libéralisme, quel opportunisme !

    En tout cas, cela aura au moins pour effet d'anéantir la grande et classique ligne de défense des démasqué.e.s, j'ai nommé la "sécurité" et la "poucave" ("tu exposes nos identités aux flics et aux fafs qui rêvent d'éclater du gauchiste à balles réelles" blablabla), vu que là, elle publie dans ce groupe manifestement truffé de fascistes (y compris sous faux blazes musulmans, on connaît la technique) via son profil FB que NOUS nous avons caviardé, mais qui donne énormément d'infos sur elle (ainsi que sur ses contacts dont la liste est publique) ; donc "camembert" quoi... LOL. Mais a-t-elle vraiment tant que cela à craindre, vu pour qui ses agissements destructifs dans le mouvement révolutionnaire "roulent" (au moins) objectivement en réalité ?] 


    Il va sans dire que c’est dans tout ce que nous venons de voir, toute cette inconséquence politique et indigence idéologique, décomposition postmodernoïde et absence complète de principes, opportunisme le plus total et même (pour le dire clairement) foutage de gueule des groupes sociaux et des luttes qu’illes disent soutenir ; et non dans les calomnies immondes que vous avez peut-être entendues et peut-être même crues sur tels ou telles ; qu’il faut chercher les raisons des conflits les opposant à telle ou telle organisation politique (sachant qu’il existe aussi beaucoup de conflits et d’hostilités, ou en tout cas de gens et groupes/orgas qui ne peuvent plus les voir en peinture, sans que cela ait fait l’objet de communiqués publics).

    Ce que nous venons de voir c’est-à-dire, en laissant de côté la vase malodorante dans laquelle leur opportunisme les conduit à tremper les guiboles, cette conception d’elleux-mêmes comme les futur.e.s Lénine de demain, l’avant-garde qui DOIT un jour prochain (qui n’arrivera jamais mais c’est pas grave) diriger la révolution en Hexagone[4] et à laquelle tout le monde doit avoir l’amabilité de se subordonner ; ou alors s’attendre à être "DÉTRUIT", "balayé" de leur chemin par les calomnies les plus abjectes voire… le tabassage physique à l’occasion.

    Ce n'est tout simplement pas une autre "philosophie" que celle-là qui a conduit "Futur Rouge" à calomnier puis multiplier les attaques physiques contre le Bloc Rouge (devenu depuis PCM) ; processus d’unification des maoïstes d’Hexagone qu’illes ont tenté de squatter/parasiter en 2013 (début 2014 c’était fini de chez fini…) avant de se retrouver (pour coup) gros-jean-comme-devant.

    Leur texte "À bas les sectes, vive le communisme" est à ce titre un modèle du genre (ce pourrait même être un excellent texte si c’était réellement un texte anti-sectes, et non un texte de secte ayant perdu la partie !) ; et les références (vrai boulot d'indics, soit dit en passant) à la faiblesse numérique initiale du PCmF disent tout ce qu'il y a à dire : illes avaient le nombre, illes pensaient n'en faire qu'une bouchée et récupérer dans l'organisation à naître (qu'illes dirigeraient, bien évidemment) les contacts et la crédibilité internationale de leur "hôte" qui en revanche leur faisaient défaut (c'était ce qui les intéressait, apparemment aujourd'hui ça y est, illes ont trouvé à parasiter l'ICOR https://www.facebook.com/OCFuturRouge/posts/1362747630443606... c'est déjà ça !).

    Sauf que voilà, le nombre ne peut rien contre la justesse des positions ("Futur Rouge" n'a PAS d'idéologie, AUCUNE analyse sur rien et ne fait depuis sa création que rabâcher des lieux communs, et les deux premières années 2013-2014 pomper le blog Servir le Peuple) ; les positions du PCmF se sont avérées les plus justes... et non seulement illes n'ont pris le contrôle de que dalle, mais illes ont vu l'essentiel de leur effectif, notamment la très prolétarienne section de Clermont/Auvergne (le joyau de la couronne !!), les larguer pour poursuivre le processus d'unification vers ce qui est aujourd'hui le PC maoïste (PCM). C'est aussi simple que cela.

    Une autre version, donnée celle-ci... par un membre de l'organisation, est que ce seraient les éléments qui y sont restés et qui l'ont conduite à son terme qui auraient dès le départ poussé à l'unification avec le PCmF ; tandis que les éléments actuellement membres de Futur Rouge, ayant rompu avec le ROCML pour son orthodoxie poussiéreuse sur les "questions démocratiques", n'étaient pas du tout enthousiastes SAUF à réussir à imposer leurs vues anti-maoïstes, ce qui était bien entendu impossible. Mais cela revient de toute façon plus ou moins au même...

    Nous n'épiloguerons pas ici sur ce que nous pensons de cette absurde quête de l'"unité" entre l'eau et l'huile qui est un leitmotiv du mouvement communiste en Hexagone, alors que travailler en bonne intelligence avec des gens aux opinions différentes (et, en quelque sorte, "que le meilleur gagne" pour "prendre la direction" de la lutte) n'a jamais posé le moindre problème et constitue même (à notre humble avis) la seule manière de faire avancer la révolution au 21e siècle (c'est ce que viennent de faire, par exemple, tout un ensemble d'organisations en Turquie-Kurdistan). Bref.

    Et ce n’est pas autre chose non plus (donc) qui les a conduit à poignarder dans le dos l’organisation de gauche révolutionnaire occitaniste Libertat ; à une date (fin avril – début mai 2016) DÉLIBÉRÉMENT choisie pour "torpiller" le "congrès de refondation" de cette organisation qui devait se tenir à ce moment-là, annonciateur d'une dynamique qu'il s'agissait de tuer dans l’œuf : "déblayer" le terrain béarnais d'une organisation historique gênante qui n'allait pas se laisser facilement embobiner par leur pseudo "soutien aux Luttes de Libération des Peuples", ne visant en réalité qu’à embrigader petit à petit ces luttes dans leur projet qui reste et demeure un Parti marxiste-léniniste DE FRANCE qui "tiendrait compte" ("gentiment") de ces problématiques "régionalistes". 

    Dynamique que venaient notamment de rejoindre des gens, DONT la cible première des attaques calomnieuses, auparavant proches d'elleux (jusqu'à la mi-2015, en gros) et ayant là encore fini par larguer les amarres... Ceci pouvant aussi (peut-être) expliquer cela.

    Un moment où, par ailleurs, l'organisation révolutionnaire occitaniste était (et est encore) localement passablement dans le collimateur de la répression ; moment "idéal", vous en conviendrez, pour lancer un communiqué public d'accusations abjectes et (surtout) nominales contre certains de ses membres au vu et au su de toute la flicaille, des renseignements etc. etc. ; bref...

    Il y avait sans doute aussi une volonté de vengeance par rapport au milieu tournant autour de la Tor deu Borrèu, local/bar alternatif dont Libertat a (toujours vers cette époque) récupéré les clés après les avoir prêtées pendant presque deux ans de l'"Action antifasciste" locale, faux-nez de Futur Rouge (il y a eu d'autres tentatives, ayant généralement fait pschitt - heureusement - contre ce lieu et son milieu, notamment un musicien d’un groupe punk-ska-oï qui s'y produit souvent)… Enfin bref, on n'a jamais dit (non plus) que ça volait très haut tout ça, hein !

    Un coup de poignard dans le dos, pour le coup, totalement dans le style du PCF de Thorez, au milieu des années 1930, à l’encontre des "indociles" mouvements autonomistes breton ou alsacien ou encore de l’Étoile nord-africaine ; à cela près que l’infâmie du "sexisme" y remplace celle de l’"hitlérisme"… et que comme tout cela ne boxe pas vraiment dans la même catégorie, c’est même encore pire : Thorez, "au moins" (dira-t-on), c’était au nom de l’antifascisme, des 40 heures et des congés payés pour les ouvriers blancs (conception blanco-ouvriéro-centrée quoi). Là, c’est au nom de RIEN sinon de l’égotrip, de l’excitation de soi sur le piédestal imaginaire que l’on s’est inventé…

    Et un coup de poignard dans le dos, disons-le clairement... comme n'importe qui "frayant" politiquement avec elleux est susceptible d'en recevoir un un jour ou l'autre : nul ne pourra prétendre ne pas avoir été prévenu.

    Tout cela, dans un cas comme dans l’autre comme dans tous, pour une seule et même raison simple : face à l’ANALYSE, à la RÉFLEXION POLITIQUE POUSSÉE, ou simplement à un travail politique sérieux, Futur Rouge n’avance plus, n’arrive plus à pousser ses pions et à étendre son emprise sur les gens ; car Futur Rouge est dans la pure agitation, et son socle intellectuel est en réalité extrêmement limité (un léninisme "basique" on va dire, saupoudré d'un bon demi-kilo de postmodernisme). Même les corpus théoriques, discutables ou pas mais en tout cas étoffés, des "luttes nouvelles" après lesquelles illes courent (décolonialisme, féminisme radical, queer), illes ne les maîtrisent pas vraiment.

    Et ne parlons même pas de démarches qui ne sont pas à proprement parler organisationnelles, telles que Servir le Peuple, qui sont à leurs yeux de véritables aberrations, des monstruosités d’outre-monde : il est tout simplement inconcevable pour elleux que des individu.e.s non-organisé.e.s (même pas beaucoup moins nombreux qu’elleux, quand on y pense… mais pas proclamé.e.s "orga"), comprendre pas soumis à l’autorité de chefaillons pathologiques comme elleux, puissent leur être qualitativement supérieurs dans l’analyse et la réflexion communiste sur le monde… [selon les mots d'un maoïste les ayant rencontré.e.s : "il faut arrêter de croire qu'un encarté est mieux formé que quelqu'un qui ne l'est pas, il y a même clairement une part de mépris du peuple dans cette démarche d'entre-soi encarté" – en l'occurrence, les crasses contre l'"aberration" Servir le Peuple n'ont concrètement pas cessé depuis 2010].

    Incapables, face à ces cas, de soutenir la moindre controverse sur un plan strictement politique, il ne leur reste alors tout naturellement que les attaques personnelles et les calomnies ad hominem, jusqu’aux plus abjectes, et bien sûr totalement ou à 90% mensongères ; afin de faire appel à l’émotionnel et à cet air du temps de la "post-vérité" internétique, où l'info circule de manière virale et où tout le monde peut prétendre se forger une "opinion" sur la base de purs ressentis devant des récits totalement subjectifs/partiaux voire mensongers, à des centaines de kilomètres des faits et des protagonistes donc sans aucune connaissance de ceux-ci…

    La plupart des personnes ayant véritablement connu de près, "pratiqué" les gens de Futur Rouge (en particulier les deux co-dirigeantes) les qualifieront de "givré.e.s" ou de "toxiques", mais si l’on veut dé-psychologiser les choses et les renvoyer à ce qu’elles sont généralement, à savoir l’attitude paranoïaque comme expression aiguë d’une conscience pas tranquille et la perversion narcissique comme mutation obsessionnelle de la "volonté de puissance" dans une société capitaliste qui carbure à cela (mais frustre cette soif dans 90% des cas, ce qui donne des quêtes de pouvoir sur les autres particulièrement virulentes et malsaines), alors il n’y a pas chercher plus loin que dans tout ce qui vient d’être écrit. 

    De toute façon, comme déjà le 'p''c''mlm' avant lui, ce groupuscule va finir totalement isolé, pour ne pas dire broyé par ses contradictions. Car si l'on veut jouer sur une corde postmodernoïde, décompo, ultra-gauche, pas idées justes ou idées fausses (parce que démontrées justes ou fausses) mais "j'ai raison parce que je suis ceci-cela, et si on me dit que j'ai tort c'est parce qu'on est un dominant qui m'opprime", on finit forcément rejeté par les marxistes authentiques, les léninistes et a fortiori les maoïstes : ainsi par exemple, les marxistes les plus avancé.e.s, les maoïstes (dans la lignée de forces comme le Black Panther Party aux États-Unis) considèrent le racisme comme une forme particulièrement brutale et déshumanisante d'oppression nationale, d'oppression de Peuples travailleurs, qui doivent donc mener une lutte de libération qui ne peut être menée par d'autres à leur place (comme si, par exemple, la lutte de libération irlandaise était une affaire d'Anglais de Londres ou de Birmingham : tout le monde trouverait cela absurde, n'est-ce pas ?). Ils considèrent aussi, dans la conception du féminisme révolutionnaire prolétarien (lire aussi ici), que le capitalisme a renforcé une (préexistante) norme sociale hétéro-patriarcale (les hommes "au-dessus", les femmes "au-dessous" et les LGBTQI qui "ne devraient pas exister") que le socialisme révolutionnaire doit battre en brèche ; tout ceci étant des idées justes car démontrées. Mais illes n'en considèrent pas moins que la contradiction principale du débat politique est celle entre idées justes (permettant d'avancer vers le communisme) et idées fausses, vérité et contre-vérité, et non une affaire d'"identités" et de "paroles situées" qui auraient soit toujours raison (et ne pourraient être contredites) soit toujours tort (absurde lorsque l'on pense que les "archi-dominants", disons les hommes bourgeois blancs occidentaux, valides et dans la fleur de l'âge, éduqués et cultivés, beaux et sportifs ne sont que quelques % de la population mondiale, tout le reste pouvant tout à fait revendiquer une ou plusieurs oppressions, mais en étant aussi le plus souvent des dominants partiels servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/breves-considerations-pour-une-approche-materialiste-des-oppressions-s-a126291476, des "petit.e.s" privilégié.e.s oppresseur.se.s !) ; bien que le principe d'enquête implique aussi que vivre une situation sociale (une oppression) donnée est a priori la meilleure enquête possible sur celle-ci (mais la bonne connaissance, "dans sa chair", d'un sujet ne donne pas forcément raison sur tout, une juste conception totale du monde... et dans tous les cas, n'est pas un blanc-seing ni un "bouclier" pour dire ou faire tout et n'importe quoi !) – au sujet de tout cela, lire absolument red-guards-austin-sur-le-postmodernisme-et-l-identity-politics-a129835088

    Et si l'on se revendique haut et fort, dans le même temps (et de manière particulièrement a-critique), de Staline et Mao, on est un "mao-stal" que les ultra-gauches rejetteront également (pour cette raison) tôt ou tard... Il n'est pas possible de jouer sur les deux tableaux, ceux-ci étant incompatibles. Tout comme il est incompatible de "soutenir à fond" les luttes de libération des Peuples opprimés (blancs périphériques comme racisés), et en même temps de promouvoir la fondation d'un Parti ultra-centralisé dont le cadre géo-social serait la construction historique capitaliste "France" (et non les Peuples en question, dont cette construction est la "prison")... etc. etc.

    Le terme psychologisant de "schizophrénie" ne désigne en dernière analyse que l'expression aiguë, l'EXPLOSION des contradictions entre choses incompatibles que l'on s'acharne à concilier – dans la vie personnelle, l'existence "lambda", mais aussi dans la vie politique (toutes les "familles" à la ligne politique erronée rencontrent tôt ou tard de telles contradictions, puisque leurs idées sont en conflit avec la réalité ; et donc cette forme de "schizophrénie" politique ; mais à la rigueur, mieux vaut encore avoir une ligne politique complètement pourrie mais cohérente avec elle-même, comme par exemple les "puro-classistes" anti-"racialisateurs" et négateurs des Peuples !!).

    EN RÉSUMÉ ET CONCLUSION, "Futur Rouge" c'est l'opportunisme politique poussé à un tel niveau qu'il ne leur reste que les méthodes fascistes (calomnies odieuses, intimidations et menaces y compris... de viol contre des meufs, agressions dignes de nervis, poucave sous les yeux des flics du monde entier) pour exister politiquement ; D'AUTANT PLUS (quand on parle de fascisme) qu'ils ont avec des éléments plus que troubles des liens qui mériteraient encore d'être investigués plus avant.


    VOILÀ.  


    À voir maintenant – mais nous nous permettons d’en douter fortement… – ce que "Futur Rouge" aura éventuellement à répondre à ce démontage POLITIQUE en règle de sa petite mascarade…

    Ou s’illes préfèreront (ce qui est beaucoup plus probable) recourir une nouvelle fois encore, encore et toujours, à la calomnie au-dessous de la ceinture… ou carrément au tabassage dans les manifs ; ou (pourquoi pas carrément, comme c'est arrivé dernièrement à un camarade) à l’envoi d’une paire (ou plus) de ces "gros bras" recrutés pour leur style vestimentaire et pour leur physique imposant, et qu'illes prennent ouvertement pour des imbéciles d'ailleurs (dixit une source les connaissant très bien et de très près) ; recrutés au travers par exemple, au hasard, d'une certaine activité de "marchands de sommeil rouges" (le pouvoir que donne le fait de "tenir" un squat, fournissant à des gens cette nécessité humaine primordiale qu'est un toit)…


    BREF.


    Quelques petits annexes (car l'eau a encore coulé sous les ponts depuis décembre...) :

    - Pour comprendre le "bouclier" anti-critique de Futur Rouge, L'OPPORTUNISME IDENTITAIRE (se réfugier derrière une identité "opprimée" censée donner "toujours raison" et interdire toute contradiction) :

    Red Guards Austin sur le postmodernisme et l'identity politics

    À lire absolument, ce texte des Red Guards Austin (maoïstes du Texas) a été publié suite à une autre campagne de calomnies similaires à celles que nous connaissons ici, visant cette fois une organisation norvégienne ("pilier" assez important du mouvement maoïste international) ; campagne dans laquelle ses instigateur-rice-s ont littéralement cherché à embarquer la planète entière ; et rejointe coooomme par hasaaaard au bout de quelques jours par notre "chère" dirigeante de Futur Rouge avec ses propres attaques contre le PCM.

    Futur Rouge, c'est ni plus ni moins que le 'p''c''mlm' (dont nous avons parlé plus haut) d'il y a 6 ou 7 ans avec "femme" (les deux principales cheffes de file) et "sexisme" comme bouclier identitaire anti-critique en lieu et place de "juif" et "antisémitisme" : vous ne pouvez pas nous critiquer en vertu de ce que nous sommes...

    - BALANCES DES FLICS

    La dirigeante virée du groupe de discussion international "Communism 101" pour y avoir balancé les identités des membres d'une organisation attaquée (ce groupe de discussion est évidemment scruté par tous les services de renseignement de la planète) :

    Une critique POLITIQUE de "Futur Rouge"

    Suite à la publication de cette critique, et à l'intimidation (en conséquence) d'un camarade par deux sbires de Futur Rouge en bas de chez lui, je demande des comptes à ce sujet à Monsieur "les barbus de Saint-Fons" (dont nous avons suffisamment parlé plus haut). Réponse de ce dernier :

    Une critique POLITIQUE de "Futur Rouge"

    - La magie d'appeler à boycotter les élections présidentielles, MAIS de dire que c'est tout de même un peu un "privilège" de pouvoir s'abstenir, ET DONC appeler à... voter Macron en "offrant" soi-disant son droit de vote à un étranger qui en est privé (comme inconséquence politique, et manipulation honteuse de la ségrégation politique d'autrui, on fait difficilement mieux !) : futur-rouge.overblog.com/2017/04/macron-et-l-imperialisme-decomplexe-ou-le-pen-et-l-imperialisme-decomplexe.html

    Une critique POLITIQUE de "Futur Rouge"

    Une critique POLITIQUE de "Futur Rouge"

    Et d'ailleurs :

    Une critique POLITIQUE de "Futur Rouge"

    Lolooooool !!!

    - Quand on sait très bien qui tes manœuvres destructrices servent (et qu'aux dernières nouvelles t'appelles à voter Macron soi-disant "au nom" d'un étranger privé de droit de vote), forcément... t'as les soutiens que tu peux ! (rigolo, aussi, quand on sait qu'une prétendue "collaboration" avec OLF fait partie des reproches de leur appendice les "Tricoteuses" à la mouvance communiste libertaire de Montpellier...) Alliance-avec-Osez-le-Feminisme-pro-Femen-et-compagnie-on-a-les-amis-qu-on-peut.docx.pdf

    - La merde, ça attire les mouches :  quand les 3/4 de tes publications sont dédiées à calomnier ignominieusement les orgas politiques conséquentes d'Hexagone, forcément, quand tu ouvres un débat sur la soldate israélienne qui joue Wonder Woman au cinéma, voici toute la faune sionarde "de gauche" bien connue de Facebook qui débarque et c'est open bar : "c'est un État raciste comme un autre, mais entre le projet régressif du Hamas et la démocratie bourgeoise israélienne je préfère la seconde" (raisonnement totalement antideutsch !), "Israël n'exécute pas ses opposants" (nooon juste 100 à 200 Palestiniens abattus extra-judiciairement par an, dont des enfants, et encore hors grosse campagne militaire comme à Gaza en 2014, une "broutille" quoi...), "le Likoud (dont des cadres éminents parlent OKLM de nettoyage ethnique) n'est pas un parti fasciste", etc. etc. – vous noterez la mollesse avec laquelle elle défend une vague position léniniste internationaliste (assaisonnée d'un petit coup d'intersec quand même, pour faire bonne mesure !), alors que n'importe qui de décent aurait déjà purgé cette merde de ses contacts ; mais comme elle en a besoin pour soutenir et relayer ses calomnies, forcément, vous comprenez... Festival-sionard-mur-Sinaasappel.png (et concrètement, ne nous leurrons pas, ces gens n'en ont strictement rien à battre du fond des attaques qu'elle lance contre telle ou telle organisation : ils se saisissent simplement de ce qui leur permet de déchaîner leur haine du communisme authentique - "maos", "stals", "mao-stals" etc., du matérialisme, de l'anti-impérialisme conséquent etc.).

    Parmi ces zigues en voilà un, soutien particulièrement actif et décrit par la dirigeante comme un "vrai camarade" (en dépit de son vomi permanent sur les "maos" et les "stals", autrement dit tout ce qui est d'un anti-impérialisme un peu conséquent) : http://ekladata.com/Lemilitant-l-hallu-pro-sioniste.docx

    Elle a donc beau jeu de déclarer mollement "ne pas être d'accord du tout" avec ces positions sur la Palestine : elle fraye avec ces personnages, cette engeance bien connue de nous depuis 2014 et les massacres de Gaza, qui la soutiennent dans ses campagnes destructives contre des organisations révolutionnaires. Elle n'est "pas trop d'accord" avec eux mais ce ne sont pas des "ennemis", contrairement à nous qui la "harcelons" (oui oui parce que maintenant, critiquer politiquement une organisation et ses pratiques c'est "harceler" des personnes - grosse défense victimiste caractéristique, quoi). La vérité c'est que la merde va toujours croupir avec la merde ; point à la ligne.

    La guerre ultra-opportuniste et provocatrice de type fasciste déclarée contre les organisations et autres démarches matérialistes par "Futur Rouge" ne pouvait matériellement pas terminer ailleurs qu'aux côtés de cette mouvance contre-révolutionnaire.

    - Témoignages divers et variés ("TW" comme qui dirait !) :

    Une critique POLITIQUE de "Futur Rouge"

    Une critique POLITIQUE de "Futur Rouge"

    - Et puis pour finir... le "mot" de la FIN ? (article publié mi-mai 2017)

    Une critique POLITIQUE de "Futur Rouge"

    Ainsi donc, "ce ne sera pas eux" le "noyau" du Parti dont la révolution en fRrrance a besoin... "ni aucun groupe ML actuellement existant". Et les attaques calomnieuses destructives, qui connaissent un nouveau déchaînement ces temps-ci, sont certainement là pour s'en assurer ! "Si je n'ai pas (telle chose), personne ne l'aura", ça fait un peu, genre...



    [2] Telles que les décrivent leurs compatriotes maoïstes du PCmA :  M4FLzp7B4c6RNRMGstV_XT6RdMU.png


    [3] Les NR "pro-arabes" antisémites sont des fafs, les complotistes sont des fafs, les islamophobes qui voient en Israël un allié objectif sont des fafs... et la navette entre ces positionnements est absolument permanente !! La plupart des Identitaires d'aujourd'hui (dont la... LDJ assure parfois le SO !) étaient dans les années 90 dans l'entourage de Christian BouchetLuc Michel et j'en passe. Ils peuvent tenir les pires propos masculinistes, et le lendemain exalter la "liberté" de la femme occidentale par rapport à "l'oppression" (supposée) de ses sœurs du Sud. La vérité c'est qu'ils s'en foutent. Tout ce qui les intéresse, c'est la défense de l'Europe blanche impérialiste. Tout le reste n'est que recherche d'alliés-pigeons de circonstance... ou simplement (nous le croyons de plus en plus) FOUTRE LA MERDE. Semer le trouble. Bordéliser le camp anticapitaliste et anti-impérialiste véritable pour l'empêcher de se structurer et de grandir... Et dans cet objectif, les IDIOTS UTILES sont facile à trouver dans cette HÉGÉMONIE actuelle à l'extrême-gauche que sont les paumé.e.s décompos ultra-gauche sans véritable idéologie, analyse matérialiste ni compréhension sur rien… 


    [4] Des "personnes qui, ayant assimilé le matérialisme dialectique, ayant compris que la révolution est inévitable, se demandent comment, dans le processus révolutionnaire, elles vont réussir à rester sur le dessus du panier ; être les "cadres" de la future société ; et se sentir important.e.s, s'exciter sur leur piédestal d'ici-là". (Servir le Peuple)

    Au besoin en tentant par tous les moyens de "migrer" vers une condition prolétarienne à laquelle elles sont (de naissance) étrangères : "Se déclasser, se mettre au RSA, ouvrir un squat, s’acheter un jogging, se mettre au graffiti et se faire des tatouages [ou bosser à l’usine avec un bac +4 ou 5 en poche, ou ponctuer toutes ses phrases de "wesh", ou adopter un pitbull...] ne suffiront donc pas à vous transformer en ce lumpen viril [ou cette ch’tite n’ouvrière "intersectionnelle"…] que vous rêvez d’être. Vous n’êtes pas, et vous ne serez jamais, un jeune de banlieue. Ouvrir un squat dans un quartier populaire en voie de gentrification [comme un certain foyer de jeunes travailleurs à l’abandon en petite couronne parisienne ?] pour y monopoliser l’espace politique en déclarant qu’il s’agit de VOS quartiers (vos parents sont dans l’immobilier ?) n’y changera rien. Jamais.https://mignonchatonblog.wordpress.com/2016/08/29/pour-en-finir-avec-le-mot-racialisateur/ [il y aurait long, vraiment looong à dire sur les origines sociales de la plupart des membres actuel.le.s de Futur Rouge ; mais nous nous en tiendrons à notre promesse : pas d’ad hominem…]


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  • Lire ici le tsunami de merde en question


    Voici la position pseudo-"maoïste" et 100% lepéniste du 'p''c'F'mlm', où l'on retrouve tous les poncifs de l'extrême-droite toutes tendances confondues (de Zemmour à Soral en passant par Renaud Camus) : que l'"immigrationnisme" serait un truc de "grands bourgeois" et de "cathos de gauche" vivant de toute façon dans leurs "beaux quartiers toujours plus chics, plus propres, plus élitistes" (voire carrément en Suisse comme Aznavour) tandis que "les classes populaires", "elles", "sauraient" que "lorsque ces gens viennent il leur faut un logement, un travail, un encadrement sanitaire, des dispositifs scolaires, une logique d'intégration" et qu'il n'y a "rien de tout cela" (lire sur ce site ouvertement de droite un raisonnement presque mot pour mot similaire) ; que la bourgeoisie ne viserait, en "prônant l'immigration" (alors qu'il nous semblait pourtant que c'étaient des flics, autrement dit la milice du Capital, qui empêchaient les migrants de rentrer...), qu'à "désorganiser encore plus les classes populaires, les diviser, les fragmenter, anéantir leur identité populaire et toutes leurs traditions" et à "écraser la classe ouvrière, diviser les masses en faisant s'installer des centaines de milliers de personnes issues des campagnes et pétries d'idéologie semi-féodale, et surtout répondre à la baisse tendancielle du taux de profit en se procurant une main d'œuvre à très bas salaire" (là c'est clairement la conception de toute l'extrême-droite) ; que "l'affaiblissement d'une nation, par le pillage ou les migrations, est anti-populaire" et que tous ces migrants crasseux ne viennent rien qu'à "abîmer le tissu prolétarien en recomposition"... L'émigration étant en outre une "position absolument anti-patriotique d'abandon pur et simple de son pays" (là c'est du Morano dans le texte...), pour venir égoïstement "vivre mieux" en Occident - sauf que le guignol qui écrit cela on ne l'a pas trop vu (et on ne risque pas trop de le voir) à Kobanê sous les obus de mortier et la menace d'égorgement permanente de Daesh ; Kobanê où pourtant 500 courageux internationalistes européens sont déjà présents les armes à la main... [par rapport à l'attaque ignominieuse contre le père de l'enfant, qui aurait "expliqué qu'il allait retourner à Kobanê (...) ce qui montre qu'il n'y a pas impossibilité d'y retourner"explication ici (il se rendait en Occident pour sa compagne et ses enfants, tous morts dans la tragédie ; il ne souhaite plus y aller sans eux et restera auprès du cimetière local où ils sont inhumés, aidant "comme il le pourra" à la défense et à la reconstruction de la ville).]

    L'on découvre également que "la classe ouvrière possède par essence même l'internationalisme prolétarien" et "n'est certainement pas égoïste" : là c'est carrément le discours de Soral pour qui "le Peuple français" n'est "fondamentalement pas raciste" (faut juste "pas trop pousser mémé dans les orties", et voir à ce que ces immigrés ne sortent pas trop nombreux des "couilles de leurs pères"...) ; comme si 3 siècles de privilège blanc (tous Peuples hexagonaux confondus) dans un monde européo-centré n'avaient pas un tout petit peu laissé des traces dans la conscience collective dominante (le "sens commun" de Gramsci). Quant à l'"exposé" du parcours de la famille martyre (le grand frère et la mère du petit Aylan ont également péri, seul le père a survécu), il semble tout droit sorti de Fdesouche.

    L'on peut désormais clairement parler de "mao"-lepénisme. Tout ce que dit le 'p''c''mlm' (désormais 'p''c'F'mlm') depuis maintenant deux voire trois ans est en effet la position majoritaire du Front National, celle qui lui fait gagner des voix à travers les "interfaces" de Zemmour, de Finkielkraut, de BFM TV ou du JT de TF1, et que Sarkozy avait momentanément réussi à capter en 2007 : "Grande Peur" de l'immigration, de l'islam et de la "racaille" ; délires de "Grand Remplacement" et de "complot qatari" ; "Je suis Charlie" ; haine de ce qu'il reste de gauche  un tant soit peu combattive ou de mouvement ouvrier organisé ("populiste"/"social-fasciste"/"néo-socialiste" ou alors "post-moderne"...) en Hexagone et en Europe* ; haine des luttes démocratiques (LGBTI etc.) ; jacobinisme ultra et haine des luttes de libération et de toute affirmation de Peuple nié (occitan, breton, basque etc.) ; glorification de l'"Œuvre France" (Ancien Régime et "Révolution" bourgeoise, VersaillesRichelieu etc.) et de sa graaaande culture dominante ; éructations étranglées contre le "nivellement par le bas" (dans l'enseignement et ailleurs) et appels au "retour du savoir et de l'autorité" ; soutien à Israël "rempart de la civilisation" contre les hordes mahométanes, etc. etc.

    Ce qu'il dénonce comme "fasciste" ne représente que des courants minoritaires voire marginaux et électoralement insignifiants de l'extrême-droite ("maurrassisme pour non-blancs" dieudo-soralien ; "nationalisme révolutionnaire" "anticapitaliste", "anti-impérialiste", pro-arabe et anti-israélien ; antisémitisme délirant en tout genre ; "régionalisme" identitaire à la Tillenon etc. etc.) ou carrément extérieurs à elle et non-liés (voire au contraire hostiles) au Capital impérialiste bleu-blanc-rouge ("islamisme"). Et l'on voit qu'il est finalement "interdit" et "intolérable" d'être du même avis que les fascistes (ou que certains courants fascistes comme ceux que l'on vient d'énumérer) sur les questions internationales, qu'il s'agisse de soutenir les Palestiniens, le Peuple travailleur du Donbass ou la résistance des masses populaires grecques contre la "Troïka" du cartel impérialiste ouest-et-nord-européen ; mais qu'en revanche ce n'est pas du tout un problème sur les questions intérieures hexagonales (sauf lorsque le concept France est par trop bousculé, comme avec le mouvement des ouvriers et des paysans bretons de l'automne 2013)  !

    Le 'p''c'F'mlm' ce n'est plus (enfin, à vrai dire, ça n'a jamais été) servir le peuple : c'est SERVIR LE PEN.

    À l'inverse, invariable depuis bientôt 6 ans, la position maoïste de Servir le Peuple est que :

    "Les travailleurs migrants ne quittent pas leurs pays pour le plaisir. Ils le quittent au prix de mille dangers pour fuir la misère, la faim et la maladie, la guerre et la terreur des garde-chiourmes de l'impérialisme ; et venir tenter de récupérer ici UN PEU de ce que l'impérialisme leur a volé là-bas. "

    "Il ne s’agit pas pour nous d’‘humanisme’ ni de ‘charité chrétienne’, mais bien de considérer l’immigration comme un phénomène objectivement subversif pour l’ordre impérialiste mondial. Fut un temps l’immigration était autorisée et même voulue par les États impérialistes, pour se fournir en force de travail corvéable à merci. Les travailleurs/euses issu-e-s de cette immigration autorisée et encouragée furent généralement parqué-e-s dans des bidonvilles ou des foyers-taudis, puis dans des quartiers-ghettos où ils/elles se virent appliquer un traitement colonial inspiré de celui de leurs aïeux dans leurs pays d'origine : ce sont des colonies intérieures, des ‘indigènes métropolitains’. Mais depuis la nouvelle crise générale du capitalisme, ces temps sont révolus et aujourd’hui, les personnes migrantes sont des personnes qui vont OBJECTIVEMENT récupérer dans les États impérialistes un peu de ce que ces derniers ont volé dans leurs pays dominés et exploités, pour (souvent) l’y REDISTRIBUER (des régions, voire parfois des pays entiers reposent littéralement sur les envois d’argent de leurs migrant-e-s en Europe ou en Amérique du Nord)."

    Mais voilà, ils trouvent face à eux des "forteresses" Europe ou Amérique du Nord... qui ne veulent pas, bien évidemment, qu'on leur reprenne (sous forme d'aides sociales etc.) même 0,0001% de ce qu'elles ont pillé depuis des générations dans les pays du Sud ; et qui ne veulent même pas (contrairement à ce qui était encore le cas il y a 40 ans, lorsque les "sergents-recruteurs" de Bouygues ou Renault sillonnaient la campagne portugaise, le djebel maghrébin ou la brousse africaine en quête de bras pour les usines et les chantiers d'Hexagone ; et contrairement aux délires misérables du 'p''c'F'mlm') de cette main d’œuvre soi-disant "bon marché" qu'il faudrait payer aux salaires minimums occidentaux, faire profiter de tous les droits et de la protection sociale occidentale etc. etc. alors que les capitalistes européens et nord-américains ne sont même plus foutus de donner du travail à leurs propres "nationaux", et qu'il est devenu tellement plus commode (à l'heure des "délocalisations") d'exploiter directement ces personnes "à domicile" pour quelques euros ou dollars par jour :

    "C’est pourquoi, ces 25 ou 30 dernières années, l’Europe de l’Ouest et l’Amérique du Nord se sont transformées en ‘forteresses’ impénétrables pour les travailleurs venant du ‘Tiers-Monde’, qu’elles cherchent maintenant à y maintenir, y étant plus facilement exploitables (avec la délocalisation d’énormément d’activités) et n’en ayant de toute façon plus besoin. C’est ainsi que l’Union européenne ‘réfléchit’ longuement avant d’accueillir un nouvel État membre en son sein, pour s’assurer qu’il ne ‘submergera’ pas les pays riches de migrants pouvant circuler librement (ce qui pose actuellement problème avec la Roumanie et la Bulgarie pour les Roms, et ferme catégoriquement la porte à la Turquie), ou en tout cas qu’il ne sera pas une ‘passoire’ pour les ‘clandestins’ (problème de l’Ukraine). C’est ainsi que tout au long de leur frontière avec le Mexique, les États-Unis ont mis en place un chapelet de maquiladoras, entreprises de sous-traitance aux salaires intermédiaires entre ceux du Mexique et de l'Oncle Sam, pour y ‘fixer’ les candidat-e-s à l’immigration, surtout les femmes (qui se ‘sentent’ moins que les hommes d’affronter la traversée clandestine) ; véritables usines concentrationnaires entre des mains semi-mafieuses, dont on retrouve parfois les employées indociles découpées en morceaux dans le désert... C’est ainsi que l’Europe s’est achetée les services de régimes satrapes arabes, comme la monarchie marocaine ou encore la ‘Jamahiriya’ de feu l’immonde verrat Kadhafi (que vénèrent encore de soi-disants ‘anti-impérialistes’), pour jouer les ‘cerbères’ du Vieux Continent contre le ‘tsunami migratoire  que renforce chaque jour la crise générale et mondiale du capitalisme… etc. etc."

    D'où la mort effroyable que tant rencontrent dans les eaux de la Méditerranée ou du Rio Grande, sous les trains d’atterrissage des avions ou dans les ténèbres du Tunnel sous la Manche.

    Par conséquent :

    "De tout temps, la solidarité avec les travailleurs étrangers a été fondamentale pour les travailleurs révolutionnaires "nationaux" : pour vaincre la division de notre classe par la bourgeoisie.

    Mais aujourd'hui, elle revêt une importance plus grande encore : elle est une solidarité internationaliste fondamentale face à l'impérialisme !!!

    La solidarité avec les travailleurs immigrés, (encore) avec ou sans-papiers, est au cœur même de l'internationalisme prolétarien.

    Nul ne peut se prétendre internationaliste s'il ne soutient pas les travailleurs migrants !"

    "Les sacrifié-e-s de Lampedusa, qu’ils/elles soient venu-e-s d’Afrique, de Syrie ou d’Afghanistan, ne faisaient rien d’autre que cela : fuir leurs pays impérialisés depuis des générations, affamés, livrés au despotisme et/ou à la guerre par les monopoles impérialistes. Sur la Grande Bleue devenue sinistre douve de la forteresse Europe, leurs espoirs ont rencontré une mort affreuse.

    Mais LE JOUR VIENDRA OÙ LES COUPABLES PAIERONT ET PAIERONT CHER ! Le jour viendra où les exploité-e-s du monde entier se lèveront et engloutiront ce Système réactionnaire et assassin dans le feu ardent de la Guerre du Peuple !"


    http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/les-travailleurs-migrants-ne-quittent-pas-leurs-pays-pour-le-plaisir-a117927796

    http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/la-tragedie-de-lampedusa-est-un-crime-imperialiste-de-plus-contre-l-hu-a114201492

    http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/les-charters-de-la-honte-100%-dans-la-logique-de-l-imperialisme-a114101406


    [Lire aussi : Le mur meurtrier de la Méditerranée - L’assassinat institutionnel de masse de l’Union européenne de Saïd Bouamama (publié fin mars) ou encore C’est vous qui avez tué Aylan, lui et tous les autres ! du Courant communiste révolutionnaire (CCR).]

    Quand les pseudo-"maoïstes" persistent et signent dans le "coming out" d'extrême-droite

     


    * La dernière "chronique" de l'inénarrable Caroline Fourest (au pas très vite emboîté par les tout aussi inénarrables Rudy Reichstatdt et Ornella Guyet) contre le nouveau leader du Labour britannique, le plus folklorique et inutile que méchant Jeremy Corbyn ; chronique par laquelle elle s'est une nouvelle fois couverte de ridicule ; est un peu dans cette même veine et nos "gardiens de la science MLM" auraient facilement pu la signer des deux mains...

    Précisons bien qu'il ne s'agit nullement ici de défendre ces piètres mascarades de social-démocratie "réchauffée" dont l'exemple typique (et l'icône mondiale) est SYRIZA, qui se voulait un "nouveau"... PASOK des années 1980-90 et dont la faillite a été aussi évidente et spectaculaire que rapide - en relation avec le présent article, c'est bien en tentant de gagner une île grecque que la famille Kurdi a été engloutie à l'exception du père, la Grèce jouant (comme d'autres pays de la périphérie continentale) ce rôle abject de "cerbère de l'Europe" sous SYRIZA comme sous les gouvernements antérieurs. Une thèse de Servir le Peuple étant que nous sommes de toute manière face à la "fin de l'hypothèse sociale-démocrate", c'est-à-dire que le capitalisme de ce début de 21e siècle n'a plus les ressources (en Europe et en Amérique du Nord en tout cas) pour mener une politique réformiste keynésienne de type New Deal comme dans les années 1930 à 1960 aux États-Unis et 1945-80 en Europe occidentale [ce n'est pas une question de "mouvement communiste faible" car, en quantité comme en qualité, le mouvement "communiste" actuel en Grèce vaut bien celui de Thorez en 1936 et à la Libération et dépasse de loin celui de l'Amérique de Roosevelt]. C'est précisément cette crise de l'"hypothèse" et - par là - de l'"identité" sociale-démocrate qui conduit à toutes ces dérives que l'on observe, des uns vers le nationalisme ou le "rouge-brunisme" via le canal du "souverainisme" anti-UE et anti-américain, du protectionnisme etc. etc. mais aussi des autres vers le "consensus néolibéral" et la pure "gestion" du capitalisme, le pro-impérialisme atlantiste et finalement l'islamophobie au nom de la "liberté" et de la "démocratie", du "progrès" et de la "laïcité" etc. etc. (soit finalement les deux droitisations parallèles et complémentaires de la "gauche" de notre époque) ; et qui interdit aux révolutionnaires communistes de penser le "Front populaire" "bêtement et méchamment" comme dans les années 1930 (il n'est pas interdit non plus, au demeurant et pour le coup, de s'interroger aussi sur la compréhension et l'application de cette ligne à l'époque).

    Ce dont il s'agit ici est de montrer et de dénoncer cette attitude de toujours des pseudo-"maoïstes" du 'p''c''mlm', avec des arguments récurrents pour ne pas dire répétitifs (amalgame avec l'extrême-droite et autre "social-impérialisme russe", raccourcis à tout va etc.) ; attitude et arguments qui étaient la colonne vertébrale de leur ultra-gauchisme entre 2005 et 2012 avant d'assumer de plus en plus ouvertement la Réaction la plus noire depuis lors ; et qu'ils partagent (donc) avec tout ce certain "centre-gauche" bourgeois de plus en plus réac, alliant posture républicardo-laïcarde et social-libéralisme à la Caroline Fourest (dont l'excellent Julien Salingue a montré comment ses propres méthodes d'amalgame et de raccourci pouvaient aisément être retournées contre elle-même ; ce qui devrait pouvoir s'appliquer également à nos pseudo-"maoïstes" - si l'on cherchait par exemple du côté de "La Terre d'Abord", organisation écolo-radicale dont ils ont un moment pris le contrôle en Hexagone). Une engeance qui s'est désormais (plus ou moins) trouvée un "petit maître à penser" en la personne du "nouveau tigre Clemenceau" Valls-la-Matraque, pour lequel le soutien du 'p''c''mlm' se fait d'ailleurs chaque jour moins dissimulé ; tandis que le masque d'"extrême" ou d'"ultra-gauche" continue encore à pendre un peu aux museaux d'un certain nombre d'autres, tels Ornella Guyet de "Confusionnisme.info" ou Yves Coleman de "Mondialisme.org". Une attitude et des arguments qui visent (c'est ce qu'il importe surtout de comprendre !), à travers les dirigeants/politicards réformistes plus ou moins patriotards/populistes ou au contraire "post-modernes" que nous n'avons jamais défendus (bonne chance pour trouver une défense ou un éloge de Mélenchon, Montebourg, Tsipras ou Besancenot dans nos colonnes !), à frapper ce "Peuple de gauche" plus ou moins important et influent selon les pays (important en Grèce par exemple...) et qui se cherche à travers ces "tribuns providentiels" une voie de sortie à la crise capitaliste dans un esprit "progressiste" et non réactionnaire/fasciste ; un "Peuple de gauche" que les authentiques communistes doivent (justement au fil de ses désillusions !) gagner à eux et non attaquer et s'en couper, car ils ne peuvent sans lui (avec leurs seuls petits groupes de militant-e-s "professionnel-le-s") concevoir la moindre lutte significative et le moindre "bouleversement radical" c'est-à-dire "gain de terrain" dans la longue et pénible guerre de tranchées menant au renversement du Pouvoir capitaliste (et de là au communisme via le socialisme)... Chose que la bourgeoisie au pouvoir a parfaitement compris, ce pourquoi avec ses porte-paroles (comme Fourest), ses médias dominants etc. elle n'a de cesse d'attaquer et de stigmatiser cette "armée" potentielle d'un potentiel communisme révolutionnaire (la seule dont celui-ci dispose en réalité...) ; son aile droite sur l'air de "l'archaïsme syndicalo-marxiste" et/ou des "assistés" et son aile "gauche" (Fourest ou 'p''c''mlm'), donc... sur celui de l'amalgame avec l'extrême-droite et/ou les "z'islamiiiiistes" et/ou "Poutiiiine"(-Chávez-Ahmadinejad-etc.-etc.) et/ou d'autres choses encore [d'ailleurs un type comme Corbyn n'hystérise pas tant la droite (qui y voit un "dinosaure marxiste" et une victoire assurée pour les conservateurs aux prochaines élections) que la gauche droitisée, qui voit en lui le visage "hideux" de ce progressisme audacieux qu'elle n'est elle-même plus capable d'assumer - raisonnement qui s'applique également, bien sûr, à nos "maos"-Finkielkraut]. L'extrême-droite (la vraie !) en attendant, en ce qui la concerne, prospère pendant ce temps-là le plus tranquillement du monde sur le discours médiatique le plus mainstream et pignon-sur-rue qui soit, de TF1 à BFMNTV en passant par Zemmour, les émissions de Calvi avec Xavier Raufer en guest star ou encore les gratuits du matin dans le bus en allant au boulot...

    [On pourra éventuellement nous rétorquer, concernant SYRIZA, que le Front National a salué sa victoire électorale au début de l'année (surtout sous l'impulsion de Philippot, ancien chevènementiste et champion du rapprochement des "patriotes des deux rives"), et que ce n'est donc pas vraiment "mao-lepéniste" de l'attaquer... Mais cette position officielle du FN ne représente en fait guère l'opinion dominante de son électorat (petit, moyen et grand) bourgeois (l'électorat populaire étant peut-être un peu plus sensible à l'idée de "plus d'humanité" envers le Peuple grec martyrisé) et même de la plupart de ses cadres et des "intellectuels organiques" de la droite extrême comme Guillaume Faye, qui sont plutôt d'avis que "c'est la gabegie socialiste couplée à l'aveuglement bruxellois qui ont conduit la Grèce à la ruine" et que maintenant "il faut payer l'addition"... le mouvement de Tsipras étant de ce point de vue l'incarnation absolue de ladite "gabegie socialo" honnie. Marine Le Pen a d'ailleurs elle-même dit et répété plusieurs fois que "la Grèce doit rembourser sa dette", car c'est "un devoir éthique pour un État de droit" - elle est donc hostile au non-remboursement, qui est la seule véritable position subversive pour un pays écrasé par l'impérialisme. Elle a également pu affirmer "comprendre le ras-le-bol allemand de payer pour la dette des autres" ("ras-le-bol" qui s'est notamment exprimé par une forte poussée de la droite dure eurosceptique - "Alternative pour l'Allemagne" - aux dernières européennes). Son "soutien" à Tsipras reposait en fait surtout sur la perspective d'une sortie de la Grèce de la zone euro (ce qui n'est pas la position réformiste radicale et révolutionnaire mais au contraire le souhait - "Grexit" - de tous les pires dirigeants droitards d'Europe du Nord, laissant la dette intacte et simplement convertie en monnaie nationale) ; sortie vue (à tort ou à raison) comme le "début de la fin" de la monnaie unique ; monnaie unique qui gêne les intérêts bourgeois qu'elle et son parti représentent (secteurs capitalistes produisant pour l'export par exemple, qui auraient besoin d'une "main nationale" sur le cours de la monnaie)... et qui conduit automatiquement (justement) à "supporter la dette des autres". C'est d'ailleurs le principal reproche de "capitulation" que fait désormais le FN au nouveau "Tsipras 2.0" ouvertement social-libéral : il ne va certainement pas lui reprocher de ne pas avoir "envoyé chier" la dette, puisqu'il était radicalement contre cette option ! La haine du 'p''c''mlm' pour SYRIZA n'est donc pas fondamentalement en décalage avec la pensée "commune" de la "droite radicale" (broder ensuite cela d'anti-impérialisme... russe n'est pas une difficulté) ; nous aurions plutôt tendance à dire (au contraire) qu'elle s'inscrit dans sa "moyenne".]

     


    2 commentaires

  • ... leur "héros" Damien Camelio se "définit contre le droit des non-basques à habiter ensemble un même lieu, en l'occurrence le Pays Basque" !

    camelio-8c1eb.jpg

    Vont-ils s'en remettre ???


    Rebondir sur leur position ignoble au sujet de la Palestine ("Se définir comme “antisioniste” c’est donc se définir contre le droit des Juifs à habiter ensemble un même lieu, en l’occurrence il s’agit d’être contre l’existence d’Israël et de ses habitants"... euh y aurait pas aussi un peu colonisation, apartheid et nettoyage ethnique ?*), et globalement sur toutes ces positions d'une certaine "extrême-gauche" blanco-centriste et anti-antisioniste qui ont fleuri ces derniers temps, sera l'occasion pour nous de publier cet excellent texte du Comité Anti-Impérialiste qui met remarquablement les points sur les i :


    À propos du mouvement de solidarité avec la Palestine et du Hamas


    Faut-il soutenir le Hamas ? Faut-il le soutenir comme force de résistance palestinienne ou le condamner pour ses conceptions fondamentalistes féodales ? À l’heure où une nouvelle pluie de fer s’abat sur le Peuple palestinien, cette question peut sembler oiseuse ou secondaire. En fait, elle est décisive car elle détermine la nature de notre soutien à la cause palestinienne et la clarté politique du mouvement de solidarité. On sait aussi que c’est précisément sur cette question du soutien au Hamas que la propagande favorable à la colonisation de la Palestine se déchaîne. À l’heure de la prétendue guerre occidentale contre le « terrorisme islamique » cette question cristallise tous les efforts dans la guerre idéologique en cours.

    Pour en comprendre l’enjeu il faut avoir en tête trois choses. 1) La colonie sioniste prétend désormais mener sa guerre non contre les Palestiniens mais contre le seul Hamas. Cette affirmation est un refrain connu. En 2001, au cours de la seconde Intifada , Sharon prétendait que c’était l’Autorité Palestinienne d’Arafat qu’il fallait détruire en la déclarant « régime terroriste » 2) Le Hamas [1] est considéré comme organisation terroriste par l’UE et les USA et donc toute attaque contre cette organisation est de facto légitimée. L’Union européenne et la France en tête ont soutenu la nouvelle destruction de Gaza en accusant les Palestiniens d’en être les premiers responsables. Ils soutiennent la « sécurité » d’Israël. Or la sécurité, le calme et l’ordre pour le si pauvre et si menacé « Israël » c’est l’occupation, les massacres, le siège et la destruction des droits du Peuple palestinien. De son côté, comme pour toutes ses opérations militaires précédentes depuis la Nakba, le but de la colonie sioniste « Israël » est de faire disparaître le mouvement de résistance palestinien et d’obtenir une reddition à long terme. Or, le Hamas est la principale force qui ne courbe par trop l’échine depuis la dégénérescence de la Résistance sous l’Autorité Palestinienne. 3) Sur cette question, les principaux groupes et mouvements qui appellent en France au soutien de la Palestine entretiennent la plus grande confusion et ne défendent aucun principe clair. Au nom le plus souvent d’un rejet abstrait et inconséquent de l’islamisme et en l’absence de positions révolutionnaires. 

    La réponse à la question du soutien au Hamas est pourtant extrêmement simple pour un mouvement de solidarité internationale qui soutient la cause des peuples. Nous sommes contre la colonisation de la Palestine qui est une forme de la domination impérialiste au Proche-Orient. Nous sommes contre les atrocités commises par les sionistes soutenus militairement, financièrement, politiquement par les pays impérialistes, en premier lieu par les États-Unis et l’Union Européenne et nous sommes contre ce qui rend possible ces atrocités : la direction du monde par le capitalisme à son stade impérialiste. Nous devons donc soutenir toute force issue du Peuple palestinien qui résiste objectivement à la colonisation de la Palestine et à la domination impérialiste sur le Proche-Orient. Cela signifie que 1) Le fait que le Hamas dirige actuellement le mouvement de résistance aux agressions contre le Peuple palestinien ne modifie pas notre solidarité. 2) Nous soutenons les actions armées du mouvement de résistance sans partager ni l’idéologie du Hamas qui influe sur sa conception de la libération de la Palestine ni à plus forte raison les absurdités contre-révolutionnaires que l’on trouve dans sa charte publiée en 1988. 3) Que seule la faiblesse du mouvement communiste et des forces révolutionnaires explique cette situation car cette situation est due à l’absence d’un grand mouvement révolutionnaire au Proche-Orient.

    Sur la question palestinienne, la démarcation est claire et doit être inlassablement rappelée : en Palestine occupée il y a un oppresseur et il y a un opprimé. La critique éventuelle des conceptions qu’ont les opprimés – i.e les forces palestiniennes qui résistent à la colonisation - n’a de sens que lorsque cette ligne de démarcation principale est clairement définie et assumée. En d’autres termes, la critique des conceptions du monde présentes dans les cerveaux des acteurs de la Résistance palestinienne est tout à fait légitime mais cette critique est subordonnée au soutien à cette même Résistance. À nos yeux par exemple la domination de la Palestine est une affaire de lutte des classes à l’échelle locale et internationale et non un conflit ethnique et religieux [2]. Toute conception pessimiste qui fait du conflit au Proche-Orient l’expression d’un conflit entre religions ou civilisations est erronée. Et il est évident que pour les tenants de l’Islam politique c’est le contraire qui est vrai. Mais en aucune façon la nature des conceptions du mouvement national palestinien n’est un préalable à la solidarité internationale, en particulier pour nous ici dans un centre impérialiste.

    Une fois ces points de base établis, il faut clarifier ce que signifie mener la lutte contre des idées réactionnaires qui existent parmi les opprimés et parmi leurs soutiens. De quel point de vue peut-on critiquer un opprimé qui se « trompe » lorsqu’il se révolte ?  Rappelons-nous à ce titre la phrase de Sartre à propos de ceux qui critiquent de l’extérieur le combat des opprimés : « pour mériter le droit d’influencer les hommes qui luttent, il faut d’abord participer à leur combat ». Les condamnations morales et idéalistes sur les conceptions erronées, les abus et les dérives de ceux qui luttent sont définitivement vaines. Elles sont au mieux inutiles et sans effet et en réalité elles sont réactionnaires. Il faut donc participer au combat pour le critiquer.

    Participer au combat pour la Palestine libre c’est évidemment s’opposer au sionisme et à ses soutiens internationaux et c’est nécessairement soutenir l’autodéfense, l’autodétermination, la résistance armée et toutes les formes de lutte de ceux qui subissent le joug colonial. Précisons et soyons concrets. Qu’est-ce qu’on entend par la Résistance palestinienne aujourd’hui ? C’est en premier lieu les factions armées de chaque organisation palestinienne : Les Brigades Ezzedine Al Qassam du Hamas, les brigades Al Quds du Jihad islamique, les brigades Abu Ali Mustapha du FPLP, les brigades de la résistance nationale du FDLP et les brigades Al Aqsa du Fatah. Ces forces matérialisent la volonté de résistance d’un peuple. Sans elles la cause palestinienne aurait disparue dans les limbes de l’histoire. Elles sont un rempart contre le nettoyage ethnique pratiqué par les sionistes depuis des décennies. Ces forces armées ont fait du réfugié exclu de sa patrie un combattant, parfois un révolutionnaire. Les actions armées montrent aussi que quelle que soit la disproportion des forces, il est toujours possible d’infliger des pertes à l’ennemi, de toucher ses points faibles et de réduire en cendres son mythe de l’invincibilité. Le mouvement de solidarité se doit de mettre en avant ces faits héroïques et riches d’enseignements. On ne peut s’en tenir à dénoncer les atrocités de l’armée d’occupation et à appeler au boycott et aux sanctions internationales. Le droit de se défendre par les armes est primordial. Aujourd’hui, les forces militaires de la Résistance palestinienne se coordonnent ponctuellement pour répondre aux agressions de l’occupant mais elles ne partagent pas comme nous allons le voir de stratégie commune de libération de la Palestine depuis l’autodestruction de l’OLP ou son remplacement par l’Autorité Palestinienne à travers les accords d’Oslo en 1993.

    Rappelons notre position. La question du soutien au Hamas est à la fois une question concrète et une question de principe. Les révolutionnaires soutiennent sans ambigüité les forces qui agissent et qui résistent objectivement à l’impérialisme sans pour autant nécessairement partager toutes leurs conceptions. En fait, dans une situation d’oppression, les idées qu’ont en tête ceux qui résistent ne constituent pas la question principale. Ce qui compte c’est ce qu’ils font. Ce qui compte, c’est leur lutte objective. C’est le point de vue du matérialisme historique comme l’a magnifiquement montré Engels dans La guerre des paysans en Allemagne. Il faut participer à cette lutte objective pour influencer le combat dans un sens progressiste ou révolutionnaire. C’est là une des grandes leçons du marxisme. Nous rappelons donc ici une question de principe. Les révolutionnaires des pays impérialistes soutiennent les soulèvements contre l’impérialisme y compris lorsque leur direction politique effective propage des conceptions rétrogrades. Cette position n’est en rien paradoxale [3]. C’est celle de l’internationalisme prolétarien. Le mouvement communiste a toujours appelé à défendre ceux qui luttent contre les ennemis des masses populaires y compris en l’absence de mouvement révolutionnaire. Devait-on condamner au XIXème siècle la résistance à la colonisation française en Afrique de l’Ouest dirigé par l’Almamy El Hadj Samory Touré  ?  Devait-on condamner Abdelkrim El Katthabi, grand dirigeant de la guerre du Rif dans les années 1920 au Maroc ? Ces deux dirigeants étaient les plus redoutables opposants à la colonisation française dans cette région, mais il n’est pas sûr qu’ils partageaient entièrement  les conceptions démocratiques modernes. D’ailleurs, les conceptions « modernistes » des colonisateurs européens ont toujours été un argument phare pour, au nom de la lutte contre l’obscurantisme, exercer la pire domination « civilisée » et même l’extermination des autres peuples.

    Mais, nous l’avons dit, si les révolutionnaires soutiennent l’opposition objective à la domination ils ne propagent pas d’illusions ou de fausse neutralité quant aux lignes politiques qui peuvent mener à la victoire ou à la défaite les peuples opprimés. Les révolutionnaires rejettent sans ambigüité les idéologies réactionnaires comme l’Islam politique. Non parce que l’Islam politique s’oppose aux pseudos « valeurs libérales » des démocraties capitalistes mais parce qu’il opprime les masses populaires et les soumet à l’ordre impérialiste dominant. Même sans prendre des formes fascistes ouvertes (comme c’est le cas par exemple dans le Golfe, en Lybie, en Irak, en Syrie, au Soudan, au Pakistan et dans tous les mouvements takfiristes) l’Islam politique est une arme politique au service des classes bureaucratiques, compradores et féodales qui dirigent les régimes arabes ou les pays à majorité musulmane. Ces classes dominantes au nom d’une doctrine de religion politisée s’opposent en fait aux aspirations démocratiques des classes populaires et à la libération des peuples. L’opposition culturelle à « l’Occident impie » ne va pas jusqu’à rompre avec son système économique, avec ses relations financières et avec ses forces armées. L’anti-occidentalisme n’est pas un anti-impérialisme.  Au contraire, l’Islam politique aide partout à la perpétuation de la domination impérialiste soit en passant des accords directs de cogestion militaires et économiques avec les puissances impérialistes soit en développant d’atroces guerres sectaires.  L’Islam politique est un ennemi idéologique et politique pour les masses populaires en ce qu’il est un facteur de plus de renforcement de l’impérialisme et d’oppression des masses populaires ; non en ce qu’il serait la menace principale contre la « Civilisation » et « l’Empire du Bien ».

    D’autre part, aujourd’hui en Palestine occupée, le problème principal ce n’est pas le Hamas mais l’Autorité Palestinienne (AP). La mise en place de l’AP a littéralement détruit le mouvement national palestinien et elle signifie le renoncement à tous ses objectifs de libération nationale. Cette situation concrète, apparue clairement depuis 1993, ne permet pas au mouvement de solidarité avec la Palestine de garder le même discours que dans les années 1980. Toutes les forces qui acceptent le cadre politique et le leadership de l’AP ont rompu avec le programme de libération de la Palestine. C’est pour cette raison précise qu’il ne sert à rien d’opposer aujourd’hui le projet d’une Palestine démocratique (multiconfessionnelle, multiethnique) défendue historiquement par l’OLP au projet islamiste du Hamas. Ce projet démocratique ne correspond pas à la pratique actuelle des forces de l’OLP, y compris de son aile gauche. Si on ne part pas de cette réalité, on vend des illusions.  L’Autorité Palestinienne, mise en place par les accords d’Oslo, a toujours été la négation même de la Palestine démocratique. En effet, l’AP entérine le fait accompli de la colonisation, elle accepte la défaite et elle se construit sur la reconnaissance de la « légitimité » du sionisme. Les accords d’Oslo et les élections palestiniennes sous occupation de 2006 ont créé une grande démoralisation. Les colons sionistes contrôlent 42% de la Cisjordanie et ¼ des Palestiniens de cette zone dépendent des emplois de l’AP. L’AP condamne toute réaction populaire à l’occupation, qu’elle soit armée ou non, elle représente la docilité sans limite de la grande bourgeoisie palestinienne. Ce n’est même pas un semblant d’État car il n’y a pas de droit sur l’eau, sur la terre et sur l’espace aérien. L’AP exerce une oppression intérieure. Elle est le bras armé d’une autogestion de la répression par la bourgeoisie compradore palestinienne.

    C’est pour cette raison concrète que présenter aujourd’hui sans analyse critique la gauche palestinienne et son mot d’ordre de Palestine démocratique comme une alternative au Hamas est une imposture qui n'aide malheureusement en rien le Peuple palestinien. Cela ne permet ni de comprendre les enjeux actuels, ni de soutenir efficacement la lutte du Peuple palestinien. Certes, les conceptions historiques et les actions de la gauche palestinienne (principalement le Front Populaire de Libération de la Palestine –FPLP- et le Front Démocratique de Libération de la Palestine-FDLP) sont de loin les plus avancées de ce qu’a produit la Résistance palestinienne dans les années 1970 et 1980. Après 1993, il y a même eu des tentatives de construire un nouveau « front du refus » des accords d’Oslo. Mais aujourd’hui, la pratique principale des forces de la gauche palestinienne c’est leur participation critique aux instances issues des accords d’Oslo et la dilution du combat populaire dans les ONG qui encadrent la population. Ces forces ont majoritairement abandonné la lutte armée, leurs militants sont financés par des ONG qui dépendent de l’impérialisme, elles ont accepté la répression de l’AP contre le Hamas. C’est cette capitulation qu’il faut en premier lieu critiquer plutôt que de nourrir l’illusion que le visage de la résistance palestinienne est aujourd’hui celui de Leïla Khaled [4]. Se servir du mouvement révolutionnaire palestinien des années 1970 pour cacher ce qu’il est devenu ne sert en rien la cause des peuples. Si les masses palestiniennes se sont tournées vers le Hamas c’est pour des raisons concrètes de résistance à l’occupation et non par abandon du beau projet démocratique. En résumé, la force relative du Hamas n’est qu’une conséquence de la capitulation de l’OLP.

    Quelle est la nature du Hamas aujourd’hui ? Le Hamas a une triple caractéristique : 1) C’est une organisation nationale palestinienne qui a refusé jusqu’ici la pacification et la collaboration avec l’occupant contrairement à la direction de l’OLP depuis 1993. Avec ses œuvres sociales, c’est la raison de son succès dans les masses palestiniennes 2) Le Hamas est désormais candidat à la gestion politique des territoires occupés de 1967. Il a déjà déclaré depuis 2006 qu’il était prêt à renoncer à la lutte armée si les occupants sionistes quittaient les terriroires occupés depuis 1967.  S’il intègre l’Autorité Palestinienne dans un gouvernement d’unité nationale, il entérinera de fait les accords d’Oslo et ses institutions. À ces débuts comme force de résistance, en 1988, le Hamas refusa d’intégrer l’OLP mais il participe depuis 2004 à la « vie politique » sous occupation. Cela signifie que la question d’en faire un « partenaire » dans les négociations est posée depuis cette date pour les impérialistes et les sionistes. 3) Le Hamas défend l’idée que l’Islam politique est la réponse aux problèmes posés par la colonisation de la Palestine ce qui signifie de fait le rejet d’une révolution démocratique comme solution (Sur les caractéristiques de cette révolution démocratique voir le livre incontournable Textes de la révolution Palestinienne de Bichara et Naïm Khader). Concrètement, le Hamas au début de 2014 était très affaibli car il était coupé de ses soutiens principaux : l’Iran et l’Égypte. L’Iran a diminué voire coupé son aide financière et militaire suite à la situation syrienne dans laquelle le Hamas a pris position contre le régime de Bachar Al Assad et a rejoint les positions du Qatar. L’Égypte, suite à la répression des Frères musulmans par le régime Al Sissi, a totalement isolé le Hamas tout en renforçant sa collaboration au blocus de Gaza. Le Hamas est actuellement sous la dépendance financière du Qatar pour payer les 40000 fonctionnaires de Gaza et cette situation intenable le pousse à une « réconciliation nationale » avec le Fatah. Mais l’absence de projet de libération nationale unifié permet à l’ennemi sioniste de jouer sur la division des Palestiniens. On peut certes nuancer la situation de division car la nouvelle guerre de Gaza et surtout la résistance militaire intraitable a obligé les dirigeants de l’AP à se présenter unis en août 2014 avec les autres factions palestiniennes aux négociations du Caire sur la base de revendications unitaires et formulées principalement par Gaza. Mais cette unité ne concerne pas un projet de libération globale.

    Cette situation délétère vient du fait que la solution des « deux États » adoptée par les dirigeants de l’OLP depuis 1977 et entériné par la déclaration d’Alger en 1988 a échoué. Et les solutions issues de cette orientation de la bourgeoisie palestinienne ont échoué. Il ne reste aujourd’hui qu’un seul État qui recouvre de sa domination totale la Palestine historique.

    Les partisans de la solution à « deux États » dans le mouvement de solidarité international se sont alors récemment repliés sur l’idée d’un seul État. On pourrait croire qu’il s’agit d’un progrès de leur conscience politique. Mais c’est le contraire qui est vrai.  Ils voient cet État unique démocratique sur toute la Palestine (ou plutôt sur tout « Israël ») de façon totalement idéaliste, sans démantèlement du régime colonial, sans remise en cause de la confiscation des terres, sans dire comment pourrait se réaliser le droit au retour des Palestiniens de 1948, sans guerre populaire de libération. Bref, il s’agit d’une intériorisation de la défaite présentée comme une grande solution démocratique. Tous les habitants de la Palestine historique auront les mêmes droits civiques dans un même État (de quelle nature ?) et l’affaire sera réglée. Le problème n’était qu’une simple affaire de droits civiques et non une cause de libération nationale. En somme,  Martin Luther King aurait pu le régler. Ce tour de passe-passe est au cœur du récent livre-DVD sur la solution à un État d’Éric Hazan et d’Eyal Sivan Un État commun, entre le Jourdain et la mer. Or, c’est une solution qui escamote le fait que le premier droit élémentaire des Palestiniens est le droit à leur patrie débarrassée du sionisme. Selon cette nouvelle vision de la solution à un État, il s’agit en premier lieu de « convaincre » la population juive dans les zones occupées depuis 1948 d’accepter le droit au retour des Palestiniens sans toutefois remettre en cause la spoliation de 1948, sans même parler de la réappropriation des terres. En fait, le mouvement de solidarité n’a pas à se baigner dans ces marécages d’une prétendue solution idyllique quelle que soit les difficultés de la situation. Toute solution passe par le conflit disait le dessinateur martyr Naji Al Ali. Il n’y aura pas d’État démocratique en Palestine sans démantèlement effectif  du sionisme.

    Revenons pour conclure à Gaza. La troisième « guerre » contre Gaza en six ans montre que c’est encore là-bas que bat le cœur de la résistance d’un peuple qui refuse sa négation. C’est à Gaza que les tournants de la lutte palestinienne ont eu lieu, du moins sur le territoire de la Palestine historique. Ce carrefour historique devenu un vase clos fermé par les sionistes et par le régime égyptien est encore aujourd’hui le centre vivant qui refuse la capitulation. C’est le berceau des pères fondateurs du mouvement national palestinien et des fedayins. Les réfugiés qui vivent à Gaza ont été expulsés de leurs villages et de leurs terres par des colons juifs européens en 1948. Chassés de Ramla, Beersheba, Ashkelon, Isdod, Najd (remplacé par Sdérot aujourd’hui). Ces villes sont ciblées aujourd’hui par des fils des réfugiés qui ne peuvent plus retourner sur la terre natale de leurs parents tandis que tout colon juif venu de n’importe quel pays peut s’y installer en étant sponsorisé. Les tirs de roquettes et les tunnels sont la forme actuelle du droit à se défendre et à survivre des palestiniens. Et Ce n’est sûrement  pas la dernière.

    Le peuple, le peuple seul est le créateur de l’histoire universelle (Mao Zedong)  

    [1] Le Hamas est l’acronyme du « Mouvement de la Résistance Islamique ». Créé après la conquête de Gaza et de la Cisjordanie en 1967 par l’armée sioniste, il a été favorisé par l’occupant pour fragiliser l’OLP et les organisations de la gauche palestinienne. C’est une branche palestinienne du mouvement des Frères musulmans. Les versements  de fonds venus des pays arabes et la création du Collège islamique de Gaza qui a est devenu une pépinière de fondamentalistes ont lieu avec la bénédiction de l’occupant sioniste.  Mais le Golem s’est retourné contre son créateur : la participation à l’Intifada dès 1987, sa mise hors la loi en 1989 par l’occupant et son refus des accords d’Oslo de 1993 en ont fait la force palestinienne principale face aux choix d’Arafat.

    [2] Le conflit en Palestine doit être défini avec précision. Il n’est pas seulement un conflit entre le colonialisme juif et les Palestiniens. Il s’agit d’une contradiction entre « Israël », une colonie qui est l’œuvre d’un centre impérialiste, et les peuples arabes qui veulent rétablir leurs droits. Cette colonie a une fonction particulière de maintien des intérêts impérialistes au cœur du monde arabe. Elle a comme allié le capitalisme comprador de la grande bourgeoisie arabe. Le projet colonial se base sur la négation d’un peuple (« le peuple palestinien n’existe pas » selon la déclaration Golda Meir, Premier ministre du régime sioniste de 1969 à 1974) mais ce projet n’existerait pas sans le soutien des principaux pays impérialistes, principalement des États-Unis. Si ce soutien inconditionnel existe ce n’est pas pour faire plaisir aux lobbys sionistes ou pour réparer le génocide juif commis par les nazis en Europe. Le contrôle militaire des zones pétrolières en est la première raison ainsi que la destruction de tout mouvement national de libération arabe. Cela explique que selon ces intérêts impérialistes la colonie sioniste doit bénéficier du monopole régional de l’arme nucléaire et soit un « associé obligatoire » dans le domaine des hautes technologies. Cela explique aussi que les guerres et la destruction des États se multiplient au Moyen-Orient

    [3] Cette position ne consiste évidemment pas à considérer les forces islamistes comme étant partout des forces de la lutte anti-impérialiste dans les pays  semi-féodaux et semi-coloniaux. La Palestine occupée et le Liban sont à cet égard plutôt une exception qu’une règle.  Ainsi, soutenir la rébellion syrienne comme le font divers courants trotskystes au nom du « Printemps arabe », plus ou moins inspirés par les analyses de Gilbert Achcar, c’est se placer à la remorque de l’impérialisme américain et européen et de ses projets de démantèlement des pays arabes. La rébellion syrienne contre le régime réactionnaire syrien est majoritairement islamiste et elle ne porte pas une once de combat anti-impérialiste. Elle est au contraire formée et financée par les principales puissances impérialistes et leurs alliés, les pétromonarchies du Golfe et le régime fasciste turc.

    [4] Leïla Khaled est une militante célèbre du FPLP, un symbole vivant de la cause palestinienne. Dans les années 1970 elle a participé à des commandos de la Résistance palestinienne qui par des détournements d’avions a fait connaître au monde entier la cause de son peuple alors relégué au seul statut d’apatride. Elle a fait connaître l’histoire de son combat dans un livre essentiel : « Mon peuple vivra ». Elle est toujours membre du Conseil national Palestinien. Elle soutient les mouvements de solidarité comme le BDS tout en rappelant que si cette campagne fonctionne c’est à condition qu’un peuple résiste les armes à la main comme ce fut le cas en Afrique du Sud. Elle-même sait être critique sur ce qu’est devenue la gauche palestinienne. Ce n’est donc pas la personne de Leïla Khaled que nous critiquons ici mais l’habitude contractée dans l’extrême-gauche en France d’utiliser des images révolutionnaires des années 1970 plutôt que de faire face à la réalité du jour.


    * On pourra encore et également rappeler qu'avant d'en arriver à la "Solution finale", les antisémites (car c'est l'accusation que sous-entend lourdement le propos de nos "antifascistes autonomes") hitlériens ou autres n'étaient pas précisément hostiles à ce que "les Juifs habitent ensemble un même lieu" : ghetto comme à Varsovie, "réserve" géante comme en Transnistrie ou autres etc. etc.... Faut-il en déduire que ces gens étaient moins horribles que les horribles "antisionistes" que nous sommes ? L'habitat des Juifs "en un même lieu" était en tout cas leur politique ; une politique (certes) forcée et non volontaire comme le fait d'aller coloniser la Palestine aujourd'hui ; mais tant qu'à répondre à un argument aussi débile par la débilité et demi, autant y aller... 

     


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  • Jusqu’à présent, il faut bien le reconnaître, SLP a beaucoup critiqué et polémiqué avec diverses ‘voix’ se réclamant du communisme mais, hormis quelques attaques niveau collège (ex-site ‘Futur Rouge’ à ne pas confondre avec l’OC-FR actuelle, zombie des forums ‘Oppong’, fossiles vivants du F‘ml’ et du F‘uc’, ‘centre’ ‘mlm’ de Belgique), il n’a jamais fait l’objet d’une critique communiste sérieuse, alors qu’il est certain que beaucoup n’en pensent pas moins. Ceci est pourtant indispensable pour avancer ! Finalement, nous y sommes. Nous avons reçu d’une personne révolutionnaire du Peuple, militant de l’OCML-VP (par l’intermédiaire de cette organisation, indiscutablement classée dans les camarades), un courrier nous remontant un peu sèchement les bretelles : en fait, il est vrai que nos articles qui disent beaucoup de choses manquent parfois de clarté, et ce camarade, donc, a cru y déceler une vision positive… de Napoléon Bonaparte !!! De là à être classé dans la même rubrique que Max Gallo, il n’y avait qu’un fort dangereux pas ; une réponse s’imposait donc.

    Et puis ce sera encore une fois l’occasion d’exposer, développer, sécréter la conception communiste du monde.

    Voici le courrier du camarade de VP :

    « Servir le peuple » et Napoléon 

    SLP (servirlepeuple.over-blog.com) n'est pas le plus mauvais exemple de militance virtuelle. Il a souvent des analyses intéressantes. Normal, il se réclame du maoïsme.

    SLP se dit plus proche du PCmF (Parti communiste maoïste de France) que de VP, c'est son droit. Il a le droit de penser, comme le PCmF, que la guerre populaire prolongée est le mot-d'ordre qui s'applique partout sur la planète, quelles que soient les conditions économiques, politiques, géographiques. Que cette guerre populaire prolongée a démarré en novembre 2005 en France, avec les révoltes dans les banlieues populaires, et que depuis, elle se développe partout, dans les usines, les quartiers, les universités...

    SLP établit un parallèle historique, plutôt juste, entre Staline et Napoléon, mais pour se positionner en défense de Staline. C'est son droit. Pourtant, ce que SLP n'a pas le droit d'écrire, c'est : « Personne en Europe, au 19e siècle, ne considérait que Napoléon avait été un contre-révolutionnaire ».

    Nous pouvons citer, en preuve du contraire, deux auteurs connus : Marx et Engels. Dès « La Sainte Famille », ils expliquent que Napoléon incarne, alors que le peuple a fait tout le travail, l'issue bourgeoise de la révolution. Engels, dans un article au New Moral World du 4 novembre 1843, explique : « La liberté politique est une liberté apparente, la pire sorte d'esclavage... L'hypocrisie ne peut subsister, la contradiction qu'elle dissimule doit ressortir ; nous devons avoir soit un véritable esclavage – c'est-à-dire un despotisme non déguisé – soit une liberté réelle et une égalité réelle, c'est-à-dire le communisme. Ces deux conséquences sont ressorties dans la Révolution française ; Napoléon établit l'une et Babeuf la seconde » (cité dans « Sur la Révolution française », Ed. Sociales, page 41).

    Et ce qui est éclairant pour la question de Staline, c'est cette distinction que font Marx et Engels entre politique intérieure, réactionnaire, et politique extérieure, encore révolutionnaire. Cette distinction entre contradictions internes et contradictions externes est à rapprocher de celle qui sépare et unit le contenu et la forme, ou l'être et le discours. « Napoléon balaye les mini-États malheureusement sans aller tout-à-fait jusqu'au bout. Face aux princes, il continue à être révolutionnaire » (Engels, Varia über Deutschland, op.cit. page 202).

    Enfin, autre témoin à charge, Toussaint Louverture. Nous sommes bien « au 19e siècle », même si c'est au tout début du siècle. Napoléon rétablit l'esclavage qui avait été aboli par la Révolution. Et pour ce faire, il envoie deux flottes écraser les Antilles. Inutile de dire que ces figures de proue, Toussaint Louverture, Marx et Engels, ne font qu'incarner un large camp, ouvrier et colonisé, qu'il faut escamoter pour affirmer que « personne au 19e siècle ne considérait que Napoléon avait été un contre-révolutionnaire ».

    Nous invitons SLP à revoir ces questions. Mais il peut aussi persister dans l'erreur, c'est son droit !


    Et voici la réponse de SLP :

    Camarades,

    Nous avons bien reçu ta lettre de critique et elle est la bienvenue ; bien que nous n'en comprenions pas trop l'agressivité [explication ultérieure, en substance : "qui aime bien châtie bien"...] sur un thème aussi mineur et qui, de surcroît, DATE : nous disons cela principalement dans l'article "Sur la question de Staline" qui date de fin 2009. Nos positions ont sensiblement évolué depuis, comme nous allons le voir ensemble.

    Sur la partie de ton courrier "Il a le droit de penser, comme le PCmF, que la guerre populaire prolongée est le mot d'ordre qui s'applique partout sur la planète, quelles que soient les conditions économiques, politiques, géographiques", SLP assume complètement : la Guerre populaire est la stratégie UNIVERSELLE de conquête du pouvoir par le prolétariat, même si elle revêt des formes, bien sûr, radicalement différentes selon les pays et les situations ; rassurez-vous si c'est ce qui vous inquiète, sauf situation comparable à la "Révolution nationale" de 1940-44 (avec ou sans chaperon étranger), un Yenan dans le Limousin n'est pas à l'ordre du jour. Pour ce qui est de "Que cette guerre populaire prolongée a démarré en novembre 2005 en France, avec les révoltes dans les banlieues populaires, et que depuis, elle se développe partout, dans les usines, les quartiers, les universités", c'est beaucoup moins caricatural que cela : une partie de la réponse se trouve dans notre note critique finale de cette traduction du (n)PCI : http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/gramsci-et-la-theorie-de-la-guerre-populaire-en-pays-capitaliste-tres--a114072346   [Le (n)PCI, malgré les critiques que nous partageons avec VP sur sa ligne pro-Grillo, continue néanmoins à produire du matériel théorique digne a minima d'intérêt.]

    17e5eb0aSur Staline en revanche, SLP a eu tendance à évoluer. Le site était alors (notoirement) assez proche de la JCML 69, devenue OC-FR et qui s'est rapprochée du PCmF. Mais nous aurions tendance aujourd'hui à être beaucoup plus proches des positions de VP que de celles de l'OC-FR et du PCmF, pour ce que nous en connaissons. Nous trouvons d'ailleurs que si VP a un immense mérite, peut-être unique dans le paysage ML/MLM francophone, c'est d'avoir mené une analyse véritablement critique et profonde des expériences révolutionnaires du siècle dernier, même celle qui lui ‘plaît’ le plus (la Chine), pour comprendre leurs échecs. Rôle de la théorie des forces productives, etc. etc. SLP a d'autre part pris conscience de son identité populaire occitane, et ceci implique à notre sens une vision critique, pas mal de recul sur Staline, en particulier quant à son traitement des nationalités (la pratique des années 1930-40-50, pas la théorie des années 1910-20) : déportation des Tchétchènes et autres peuples, liquidation de Sultan-Galiev, des bundistes avant-guerre puis des antifascistes juifs ‘cosmopolites sans racines’ ( !) après, etc. etc. [Il y a d'autres choses critiquables évidemment, mais c'est ce qui nous concernant nous a fait "prendre du recul" ; considérant également que faire la révolution à partir du Centre est un facteur énorme de dérive contre-révolutionnaire. Nous pensons également qu'en Chine le suprématisme han (question du Tibet etc.) est une problématique que Mao n'a peut-être pas suffisamment abordé et bien traité.]

    Venons en maintenant à Napoléon. Là, camarade, il se trouve en fait que la plupart des réponses à tes interpellations se trouvent… dans ton propre texte. Tu dis par exemple que Marx et Engels "dès "La Sainte Famille", expliquent que Napoléon incarne, alors que le peuple a fait tout le travail, l'issue bourgeoise de la révolution" : SLP ne dis pas autre chose !!! Lorsqu’il est dit qu'au 19e siècle Napoléon était considéré comme un révolutionnaire, il faut bien évidemment entendre "considéré PAR LA BOURGEOISIE (petite, moyenne et grande, et la paysannerie propriétaire ou fermière un minimum aisée, les anciens laboureurs) comme un révolutionnaire BOURGEOIS". Mais cette classe était alors intellectuellement hégémonique et influençait aussi beaucoup de prolétaires, dont Napoleonbeaucoup d’ailleurs n’étaient pas nés prolétaires mais paysans, artisans etc. C'est ce qui explique le triomphe de son neveu en 1848, y compris dans des départements votant massivement "républicain radical" ou "démocrate-socialiste" peu avant ou peu après, et y compris dans le Paris des Journées de Juin

    Tu poursuis : "c'est cette distinction que font Marx et Engels entre politique intérieure, réactionnaire, et politique extérieure, encore révolutionnaire. Cette distinction entre contradictions internes et contradictions externes est à rapprocher de celle qui sépare et unit le contenu et la forme, ou l'être et le discours. « Napoléon balaye les mini-États malheureusement sans aller tout-à-fait jusqu'au bout. Face aux princes, il continue à être révolutionnaire » (Engels, Varia über Deutschland, op.cit. page 202)", et là encore c'est exactement ce que SLP a voulu dire, entendu à l'échelle européenne... encore que ce soit à relativiser, car les bourgeoisies libérales ibériques, italiennes ou encore allemandes avaient aussi en tête l'hégémon qu'était finalement devenu Napoléon, opprimant leurs nations. Mais ses aspects positifs étaient reconnus, la bourgeoisie savait parfois être dialectique, et les carbonari italiens accueillirent par exemple son neveu ‘Badinguet’ (futur Napoléon III) dans leur société secrète.

    En réalité,

    - Tu lis peut-être assidument Servir le Peuple, ou pas, mais nous avons procédé depuis bientôt un an à une PROFONDE ANALYSE de la société 'française' et européenne dans laquelle nous vivons et de sa construction historique ; ce que le 'p''c''mlm' appelle une 'pensée' et dont l'arrogance avec laquelle il brandit cela, et la nullité réactionnaire de la sienne, n'induit pas qu'il ne faille pas en produire une. Comme il a été dit plus haut, VP a hautement contribué à la pensée communiste internationale par son analyse critique profonde des expériences socialistes du 20e siècle ; on peut ne pas être d'accord sur tout mais au moins ils l'ont fait, ce qui n'est pas le cas de tout le monde, beaucoup se limitant à dire "URSS jusqu'en 1953 super, après caca" et idem pour la Chine (avec 1976).

    Donc SLP s’est penché sur cela, peut-être avec un certain parti-pris occitan mais bon, pour en revenir au sujet, nous en sommes arrivés à la conclusion que la "révolution" française et ses ondes de choc européennes jusque tard dans le 19e siècle n'a pas été une VRAIE révolution, au sens de "mode de production en remplaçant un autre". Il restait des ‘droits’ féodaux sur les terres et les personnes mais il y avait longtemps que comme mode de production (en "part du PIB" si l’on peut s’exprimer ainsi) le capitalisme avait totalement supplanté le rapport social féodal, depuis le 16e siècle vraisemblablement, si ce n’est pas la fin du 15e. Dans le champ politique, cette révolution véritable avait été menée par l'État moderne de la monarchie capétienne, qui s'est construit entre autres par la conquête de notre Peuple occitan. La "révolution bourgeoise" était donc (en fait) plutôt une "restructuration radicale" d'une superstructure étatique devenue obsolète face au défi de la révolution industrielle, à laquelle les forces productives de la fin du 18e siècle appelaient de toutes leurs forces, surtout que les Anglais et quelques autres avaient déjà commencé. Tout cela est abordé ici, en point 1 : http://servirlepeuple.over-blog.com/article-considerations-diverses-fin-octobre-2013-etat-et-revolution-bourgeoise-affaire-leonarda-khatchi-120703693.html

    Napol on franchissant le col du Grand Saint Bernard 2- DANS CE CADRE donc, dans ce sens là de "révolution", Napoléon a été éminemment et principalement un "révolutionnaire" d'un point de vue bourgeois : la bourgeoisie lui doit ni plus ni moins que son État, l'État bourgeois français actuel, son cadre juridique (même si modernisé depuis par-ci par-là) autrement dit sa "volonté faite loi"… rien que ça ! Aucun régime ultérieur n'est revenu sur cette part de l'œuvre. C'est dans ce sens qu’il faut comprendre qu'au 19e siècle, "personne", au sens de la grande masse politiquement consciente de la population, encore constituée largement de paysans propriétaires, de boutiquiers, d'artisans indépendants et autres petits entrepreneurs, d’intellectuels et de bourgeois proprement dits, mais aussi… de beaucoup d’ouvriers ‘en soi’ mais pas ‘pour soi’, restés des paysans ou des artisans dans leurs têtes, ce "personne"-là donc, ne considérait Napoléon comme un contre-révolutionnaire. Il avait réellement donné à l'Hexagone le cadre politique adéquat pour la révolution industrielle naissante. Les Montagnards, Jacobins et autres Cordeliers allaient trop loin : ils étaient, avant l'heure, des radicaux-socialistes ou des sociaux-démocrates, et il aurait fallu pour cela que la révolution industrielle ait déjà eu lieu [et de toute façon, l'objectif de leurs argentiers était de rétablir (au moyen d'une démagogie "sociale" envers le petit peuple de Paris) la suprématie du Centre bourgeois parisien sur les bourgeoisies "provinciales" et les Peuples, et nullement de fonder une quelconque république démocratique et égalitaire réelle [1]]. Les royalistes voulaient revenir à ce qui avait justement fait son temps ; et les thermidoriens/directoriens n'avaient PAS de vrai projet, de vraie "vision", ils n'étaient pas des "Princes modernes" comme dit Gramsci, ces Princes de Machiavel que devaient être les leaders révolutionnaires bourgeois et que doit être maintenant (Prince collectif) l'avant-garde prolétarienne, le Parti. Napoléon (pas seul bien sûr, avec des gens autour de lui, des conseillers) a été ce "Prince" pour la bourgeoisie et ses nécessités d’alors, régnant 15 années d’affilée alors qu’aucun gouvernement depuis 1789 n’avait fait long feu. L'on considérait en revanche, très largement, que Napoléon avait aussi commis de (graves) erreurs ; tout ceci étant finalement bien résumé dans "Les Châtiments" du monument de la pensée bourgeoise qu'est Victor Hugo.[2]

    Et il était dit, dans l’article incriminé, la même chose de Staline D’UN POINT DE VUE COMMUNISTE/PROLÉTARIEN : un révolutionnaire, indiscutablement, mais ayant commis des erreurs, pour ne pas dire des fautes (suivant le principe perseverare diabolicum) qui ont PERMIS le processus restaurationniste qui ne commencera réellement qu'après sa mort car de son vivant, sa propension au limogeage voire à la fusillade permettait certes à une néo-bourgeoisie de se former mais pas de se STABILISER. SLP est toujours assez largement sur ce point de vue. Dans un vieux Partisan de 2003 (nous semble-t-il), traitant du sujet, il était dit en substance que ‘‘Staline était révolutionnaire d’un point de vue bourgeois, mais réactionnaire d’un point de vue prolétarien’’. C’est en substance ce que SLP essaye de dire, mais en y mettant de la subtilité. Ce pourrait être exactement ce qui est dit, stalpeut-être, en ajoutant ‘objectivement’ avant ‘réactionnaire’ – car l’intentionnalité restait selon nous révolutionnaire, marxiste-léniniste, mais avec de lourdes erreurs comme la ‘‘théorie des forces productives’’, la productivité à tout prix au détriment de la ‘communisation’ dans les relations sociales etc.

    Mais tu sembles en fait obnubilé, camarade, non pas par être sainement critique mais par REJETER absolument Staline, te démarquer à tout prix (et démarquer le maoïsme) de celui que la propagande capitaliste a érigé en ‘égal d’Hitler’, si bien que pour toi SLP défend Staline (ce qui n’était déjà pas exact fin 2009, et encore moins maintenant), donc SLP a une admiration – et beaucoup de mal à la refouler – pour Napoléon, et tout le propos du site n’est lu qu’à travers les lunettes brouillées de cet a priori préconçu.

    En réalité, la majeure partie du "gros œuvre" napoléonien a été réalisée sous le Consulat (1799-1804), mais à partir du moment où il se sacre empereur, Napoléon singe ouvertement l'Ancien Régime (un curieux mélange de Louis XIV, Charlemagne et Charles Quint…) et c'est ce qui amènera finalement l'original "édulcoré" (Louis XVIII) à triompher sur la copie avec la Restauration, qui n'est pas vraiment une "contre-révolution" (la "révolution" n'en étant déjà pas une !) mais disons, dans la grande marche du capitalisme vers le pouvoir social total, depuis les "petites révolutions" urbaines du Moyen Âge jusqu'à l'apothéose de la fin du 19e, une "pause-rétrocession", une "petite marche arrière" : on a globalement le régime que l'on aurait eu si Louis XVI n'avait pas fait le con et été renversé en 1792 (mais tout rentre vite dans l'ordre dès 1830). Bref. Parmi ces erreurs, il y a le singeage de l'Ancien Régime et de sa Cour ; ou encore l'expansionnisme qui lui aliène les peuples européens, même les bourgeoisies libérales (comme les constitutionnels ‘espagnols’ de Cadix en 1812).

    Le rétablissement de l'esclavage en est éminemment une, même d'un point de vue bourgeois, puisque ce mode de production aux colonies avait clairement fait son temps et montré ses limites, en plus de choquer la conscience humaine induite par le niveau des forces productives. Et pire encore fut, bien sûr, la guerre d’extermination menée en Gwadloup et en Haïti pour remettre la population noire dans les chaînes : l’historien Claude Ribbe parle de peut-être 80.000 mort-e-s (voire plus, Wikipédia évoque 100.000) pour Haïti et ce document d'un camarade ML (p. 6) de 10.000 pour la Guadeloupe (10% de la population en quelques semaines) ; étant considéré qu’un ‘nègre’ qui avait ‘goûté’ à la liberté ne pouvait plus être remis en esclavage, et devait donc mourir pour être remplacé par de nouveaux esclaves. Mais les ‘exploits’ colonialistes napoléoniens ne se limitèrent pas aux Caraïbes : quelques années auparavant il y avait eu l’expédition d’Égypte (1798-1801), pour soustraire ce pays à l’influence anglaise et (déjà !) y envisager le percement d’un canal reliant la Méditerranée à l’Océan Indien. Différentes autorités politiques et religieuses déclarèrent (on s’en doute) le djihad contre l’envahisseur et un moudjahidin, le Kurde syrien Suleyman al-Halabi, exécuta le général Kléber (qui s'était déjà "illustré" quelques années plus tôt en Vendée et Bretagne) que Bonaparte rentré à Paris (pour y prendre le pouvoir) avait laissé sur place comme proconsul investi des pleins pouvoirs. Pour cet acte patriotique, il sera jugé ‘conformément’ aux usages égyptiens et… empalé vif ! La description - par des témoins de l'époque - de ce supplice atroce fait véritablement frémir... D’une manière générale, les exactions de Napoléon puis (surtout) de Kléber rappelèrent aux peuples d'Égypte et du Machrek le temps des Croisades - la poudre à canon en plus. D’une manière générale, donc, la politique de Napoléon outre-mer aura été une sanglante préfiguration de ce que sera la politique coloniale ‘française’ à l’ère du capitalisme triomphant (puis des monopoles), ère que le Premier Consul justement inaugurait.

    Nulle "contre-révolution" ici donc : si la "révolution" dont nous parlons est BOURGEOISE, nous n'avons là rien d'autre que le règne de la bourgeoisie dans toute sa "splendeur". Tu sembles en fait faire de "révolutionnaire" et "contre-révolutionnaire" des notions de "Bien" et de "Mal" avec un regard de 2013 : ce n'est pas matérialiste. Tout au plus peut-on parler de "mieux" : une révolution, changement radical de l'ordre politique, économique, social et intellectuel, amène généralement une amélioration de la condition humaine. Personne aujourd'hui n'aimerait vivre au Moyen Âge, par exemple. Pourtant cette époque était "révolutionnaire" par rapport à l'Empire romain où régnaient l'esclavage, les jeux de cirques etc. Le christianisme et l'islam, principales forces révolutionnaires de l'époque (devenant forces matérielles à travers les conquérants arabes et germaniques), avaient humanisé la condition du producteur : ils lui avaient donné quelques 'droits de propriété' sur sa propre personne, sa force de travail, ses biens d'usage et même ses moyens de production, ce que n'avait pas l'esclave antique. La considération pour la vie humaine s'était accrue en conséquence, le droit ‘de vie et de mort’ avait reculé, il fallait un procès pour pendre haut et court le serf contrevenant alors que l'esclave romain était crucifié sur simple ordre de son maître. Le capitalisme élève encore la considération pour l'être humain, devenu propriétaire plein et entier de lui-même mais privé (par contre) peu à peu de tout moyen de production ; il le fait cependant par un ‘tour de passe-passe’ : en réservant cette reconnaissance à une partie de l'humanité, "pleine et entière" en quelque sorte, et en en privant le reste. On distingue d'abord la ville (le bourgeois qui ne veut alors pas du tout dire "riche", mais "vivant en ville") de la campagne (qui reste sous régime féodal), puis le "sans feu ni lieu" du "bon père de famille" (le génocide des "vagabonds" entre le 15e et le 17e siècle est aujourd'hui bien tombé dans l'oubli), et bien sûr le chrétien du ‘païen’, du ‘barbare’ et de l'‘infidèle’ (musulman, juif, hérétique) ; puis on s'aperçoit que ces foutus curés ne peuvent pas s'empêcher de christianiser tous les sauvages qu'ils rencontrent, alors on crée le "blanc", la personne "de type européen" synonyme de "civilisée" ; au sein de quoi, ensuite, interviennent les différences de patrimoine, mais sur le papier les "droits" sont les mêmes. Napoléon était totalement sur cette ligne, il ne s'en est jamais écarté. Sa mission historique de "révolutionnaire" bourgeois était de briser les dernières subsistances de régimes juridiques différents selon les personnes : entre ordres (nobles, religieux et autres), entre régions, entre branches de métier (corporations etc.). Mais entre personnes BLANCHES, "civilisées".

    Nous sommes assez choqués par l’accusation d'oblitérer ces points alors qu’ils sont assez souvent mis en avant sur SLP, saluant la mémoire de Louverture et Delgrès. Par contre, "Inutile de dire que ces figures de proue, Toussaint Louverture, Marx et Engels, ne font qu'incarner un large camp, ouvrier et colonisé"... là camarade c'est toi qui fais erreur, et lourdement : il y a un pas entre saluer le rôle historique de Louverture (dans la prise de conscience, en synthèse, que les droits démocratiques proclamés par la bourgeoisie au 18e siècle n’étaient pas "réservés aux blancs", comme le disaient la plupart de leurs proclamateurs eux-mêmes) et en faire un révolutionnaire prolétarien ou anti-impérialiste sur le même plan que Marx et Engels (qui au début étaient ‘légers’ en anti-impérialisme, au demeurant). Si l'on schématise la société coloniale qu'était alors Saint-Domingue, le "nègre évolué" qu'était Louverture était un "moyen-bourgeois", l'équivalent des Conventionnels de 1792-94 : affranchi depuis une vingtaine années (lorsque les évènements commencent en 1791), il est alphabétisé et en excellentes relations avec son ancien maître, il possède une petite plantation de café et même... quelques esclaves. Il était né esclave (équivalent colonial de prolétaire) puis avait été affranchi et avait gravi l’échelle sociale, comme en cette fin du 18e siècle d’innombrables personnes du peuple, en Hexagone, étaient devenues moyennes-bourgeoises – ce sera justement l’un des moteurs de la "révolution". Les "mulâtres" (métis à dominante blanche) étaient les grands bourgeois et les "blancs" les grands propriétaires, les oligarques (la plupart dégageront dans les années 1790, Dessalines fera massacrer les derniers en 1804). Les noirs affranchis de fraîche date étaient les petits bourgeois (aux côtés de quelques ‘petits blancs’) et les esclaves, les prolétaires. Louverture a donc été un révolutionnaire moyen-bourgeois ; d'ailleurs il calqua beaucoup son régime sur celui de Napoléon (champion de cette force sociale en Hexagone) : il mit en place un régime semi-autocratique de type césariste, très proche de celui de Bonaparte à Paris avec Cour, étiquette etc. mais dont le centre du pouvoir était l'armée noire (l'armée mulâtre de Rigaud étant écrasée en 1800, les planteurs blancs rappelés mais subordonnés et les représentants français renvoyés en métropole). Son successeur Dessalines se proclamera même empereur le 2 septembre 1804, après Napoléon donc, mais se fera couronner le 8 octobre... pour l'être avant (2 décembre pour le ‘petit caporal’) ! Sauf que dans la situation concrète précise, c'était progressiste et Napoléon, en effet, était le réactionnaire. Mais Louverture comme Dessalines restaient des bourgeois préoccupés de production et de commerce national, et c'est ainsi qu'ils mirent en place ce que l'on appelle le "caporalisme agraire" ou "règlements de culture" : les esclaves "libérés" restaient assignés sur les anciennes plantations, sous encadrement militaire, pour produire à coups de cravache le sucre - alors presque unique richesse de l'île. Par la suite, Dessalines sera liquidé par la ‘caste’ des mulâtres – Pétion etc., souvent ralliés de la dernière heure à l’indépendance – et ses partisans se réfugieront au Nord du pays avec Henri Christophe (qui se proclamera ‘roi’…) ; mais les uns comme les autres pratiqueront allègrement le ‘caporalisme agraire’. Jean-Pierre Boyer (mulâtre) réunifiera l’île en 1820 mais, sous la menace d’une nouvelle invasion, il signera avec Charles X un terrible traité de ‘réparations’ pour l’expropriation des plantations esclavagistes ; racket à l’origine de la misère actuelle d’Haïti. Eh oui ! Encore une fois il y a un (sacré !) pas entre reconnaître la valeur historique d'un personnage et l'idéaliser…

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    Pour ce qui est, enfin, de la citation "La liberté politique est une liberté apparente, la pire sorte d'esclavage... L'hypocrisie ne peut subsister, la contradiction qu'elle dissimule doit ressortir ; nous devons avoir soit un véritable esclavage – c'est-à-dire un despotisme non déguisé – soit une liberté réelle et une égalité réelle, c'est-à-dire le communisme. Ces deux conséquences sont ressorties dans la Révolution française ; Napoléon établit l'une et Babeuf la seconde" (bien d’autres que Babeuf auraient pu être cités : les sections sans-culottes, les Enragés de l'abbé Jacques Roux - souvent confondus avec les "Exagérés" comme Hébert - qui inspirèrent Babeuf et plus tard les Canuts, les Demoiselles d’Ariège, les sociétés républicaines ouvrières sous Louis-Philippe, les partisans de ‘la Sociale’ en 1848-51 etc.) ; c’est en substance ce qui est dit dans un passage de l’article en lien plus haut : "Les grosses ‘machines’ monarchiques étaient devenues des freins à l'‘appel’ des forces productives, ‘appel’ à la révolution industrielle, et même dans les ‘républiques’ qu'étaient alors les grandes villes, ou des territoires ruraux comme les Escartons alpins, ou encore bien sûr les cantons suisses, les Provinces-Unies néerlandaises et les Cités-États italiennes, le pouvoir était devenu oligarchique, monopole de quelques grandes familles dominant les corporations, et empêchait les nouvelles couches bourgeoises, tournées vers la modernité, de se développer pleinement. Il fallait donc un ‘changement radical’ et ce furent les ‘révolutions’ bourgeoises de 1789 à 1871 environ ; mais ce ne furent pas de véritables révolutions au sens où un mode de production (le capitalisme) en aurait renversé un autre (la féodalité) régnant alors sans partage, et n'aurait réellement pu exister qu’ainsi. Cette véritable révolution-là, c'est la construction monarcho-grande-bourgeoise des États modernes qui l'a menée (et les révolutions républicaines oligarchiques de Suisse, des Pays-Bas, des cités italiennes aux 13e-14e siècles etc.). C'est ce qui explique les grandes ambiguïtés de cette période 1789-1871, le jeune prolétariat et la paysannerie pauvre, eux, voulant mener ce ‘changement radical’ jusqu'au bout, c'est-à-dire au socialisme (hélas pas encore théorisé scientifiquement comme tel), et ne récoltant généralement que des volées de plomb…"

    Voilà, nous pensons avoir fait le tour.

    Nous ne souhaitons pas polémiquer sur la "militance virtuelle" (comme si un site, qu'on se casse le derrière à faire tous les jours ou presque, n'était pas une réalité donc une force matérielle, donc une pratique, ce en quoi nous sommes pour le coup complètement d'accord avec le 'p''c''mlm') ; ni sur l'éventuelle "non organisation", comme si une personne non organisée était forcément "inférieure" théoriquement à une personne organisée, ce qui relève selon nous, comme le disait un camarade il y a quelques années, du mépris du peuple... Ceci n'étant de toute façon plus valide depuis septembre dernier puisque, conformément aux analyses menées depuis 2 ans, SLP est entré dans une démarche de construction d'un Parti communiste révolutionnaire d'Occitanie (tu ne seras peut-être pas d'accord, inutile là aussi de polémiquer), comme il y un PC maoïste de Galice ou un PC maoïste de Manipur (en Inde). Pour le coup le PCmF ne sera pas d'accord non plus, à vrai dire pas grand monde ne le sera, tant le mythe selon lequel l'État français se confond avec une "nation" est fort même dans les secteurs les plus avancés des masses populaires. Auparavant, en effet, après une brève expérience d'encartage politique, s’était imposée la conclusion que la démarche SLP n'avait de sens qu'EN DEHORS de toute organisation, de tout "centralisme" aussi nécessaire qu'hélas souvent stérilisant ; dans une logique d’"interpellation permanente", par une "voix du peuple avancé", des organisations qui, pour avoir un sigle, croient souvent détenir seules la vérité. À la hauteur des modestes moyens, l’impression aujourd'hui est que le résultat démontre la validité de ce choix…

    Fraternellement,

    SLP



    [1] À l’Assemblée législative (1791-92) comme à la Convention (1792-95), l’actuelle Île-de-France ne totalisait que 49 députés sur près de 750. Il y a véritablement eu un 1789 de "province" (s'il n'est pas carrément possible de dire que 1789 est un mouvement de "province" avant tout) très largement jailli des affrontements entre le pouvoir central (monarchie) et les pouvoir locaux (Parlements, États provinciaux, municipalités) en défense de ces derniers, après des épisodes comme la Journée des Tuiles à Grenoble. En 1790 sont institués les départements, dotés chacun d'un Conseil départemental ; mais il est vraisemblable que personne à la Constituante ne voyait strictement de la même manière les pouvoirs de ces assemblées face à l’État central : pour beaucoup, la France devait être en dernière analyse une fédération de départements - on appellera ce courant les fédéralistes, qui se confondront dans une certaine mesure avec le parti de la Gironde. Il fallait donc, à la grande bourgeoisie parisienne/centraliste, passer par un autre biais pour conserver sa prééminence : ce sera une démagogie populiste ‘sans-culotte’ mobilisant le petit peuple de Paris pour ‘faire pression’ sur les Conventionnels et écraser les bourgeoisies de 'province' tout en conjurant la menace de l'invasion étrangère ("On ne gouverne pas en temps d’exception selon les méthodes normales : il faut donc accepter les moyens révolutionnaires – La bourgeoisie ne peut s’isoler du peuple : il faut donc satisfaire ses demandes – Mais la bourgeoisie doit demeurer l’élément dirigeant dans cette alliance : la Convention doit donc prendre l’initiative des mesures révolutionnaires" dit en substance un discours de Barère du 18 mars 1793) ; démagogie qui en Hexagone sera (trop) longtemps confondue avec la ‘version française du socialisme’. La Montagne, les Jacobins et autres Cordeliers, idéalistes égalitaristes sociaux, se feront les serviteurs naïfs de ce plan avant d'être éliminés une fois leur tâche accomplie. Tandis que l’État plonge dans une crise économique sans précédent (il se trouvera finalement en faillite en 1797...), le peuple parisien est transformé en plèbe romaine ‘au pain’ (Loi du Maximum sur les grains et farines) et ‘aux jeux (les exécutions quasi-quotidiennes sur la place de la Révolution...) alimentée par le pillage (‘réquisitions’) du reste de l'Hexagone puis des conquêtes extra-hexagonales (Belgique, Italie, Allemagne...). Les insurrections fédéralistes girondines (en Occitanie, Arpitanie - Lyon - et Normandie surtout) et les guérillas paysannes "catholiques-royales" de Bretagne et du "Grand Ouest" (ainsi que les résistances... anti-annexionnistes de Savoie, Nice, Belgique etc.) sont sauvagement réprimées par les "représentants en mission" de la Convention ; un aboutissement de tout cela pouvant être vu dans la loi ultra-centralisatrice du 14 frimaire an II - 4 décembre 1793 (car outre les "fédéralistes" et autres "contre-révolutionnaires" et "ennemis de la liberté", les "représentants en mission" s'étaient souvent trouvés en conflit... avec les Jacobins, les Communes, les sections sans-culottes et les tribunaux révolutionnaires locaux !). Lorsque les choses commenceront à "partir en live" (début 1794) seront d'abord éliminés (fin mars) les "gauchistes" "Exagérés" d'Hébert (s'il n'avait pas été assassiné 9 mois plus tôt, Marat aurait peut-être été de la charrette...), à ne pas confondre avec les "Enragés" de Jacques Roux et Varlet (démocrates égalitaristes proto-socialistes 'brisés' dès septembre 1793, et auxquels Marat et Hébert étaient plutôt hostiles) ; puis début avril Danton (avec ses partisans), lequel passait plutôt jusque-là pour le 'référent' de la grande bourgeoisie [avec d'autres comme Philippe "Égalité" d'Orléans (qui siégeait "avec les Cordeliers au milieu de la Montagne" et dont Marat fut longtemps proche, il finira néanmoins guillotiné, devenu suspect après la défection de son fils - le futur Louis-Philippe - aux côtés de Dumouriez), le spéculateur Pereyra, l'aventurier Guzmán, les Laborde de Méréville père et fils (parvenus occitans "montés à Paris"), l'(autre) Occitan grand propriétaire terrien et opportuniste politique de première Barère de Vieuzac (par ailleurs pourfendeur acharné des langues populaires nationales) au sein du Comité de Salut Public, etc. etc. - toute une "bande noire" de hauts financiers, spéculateurs sur le rachat des "biens nationaux" (terres et édifices seigneuriaux et - surtout - d'Église expropriés et mis en vente, dont bon nombre seront transformés... en usines, contribuant ainsi au lancement de la révolution industrielle), etc. ; en réalité la pointe émergée du Grand Capital financier naissant (phénomène bien sûr incompréhensible à l'époque, et donc réduit à une "conspiration" de "coquins") voulant en définitive une forme de gouvernement oligarchique appuyée sur "le peuple" lorsque de besoin, un régime finalement très proche de ce que sera (sans la démagogie sociale guillotineuse devenue inutile et même dangereuse)... le Directoire après Thermidor (et pour cause puisque ce sont essentiellement les "ultras" de la répression en "province" liés à ce "plan" de la bourgeoisie parisienne/centrale qui renverseront et liquideront Robespierre), ou encore la Monarchie de Juillet instaurée en 1830 (avec le fils d'"Égalité" sur le trône !)]. Robespierre "l'incorruptible" et ses partisans resteront seuls en lice, tandis que se met rapidement en place la coalition qui les liquidera en juillet (9 thermidor) - de fait, l'histoire a toujours montré que lorsque "la révolution dévore ses enfants", le "coup de barre" à droite n'est jamais très loin. Le Grand Capital tricolore pourra alors instaurer son 'Directoire', régime censitaire où seule une minorité bourgeoise pouvait réellement voter, puis, devant les difficultés de celui-ci, le 'césarisme' du petit caporal corse Bonaparte, qui mettra 'tout le monde d'accord' par une politique alliant fermeté et compromis et fondera réellement l’État français contemporain.

    Ce n'est donc pas un hasard si, références absolues de la gauche bourgeoise et petite-bourgeoise depuis l'époque, la Montagne et "93" ont également pu être sans problème celles des fascistes venus de ladite "gauche" (Déat et ses 'néo-socialistes', Valois, Doriot etc., loin d'être "anti-Lumières" comme peut le prétendre Zeev Sternhell). Sur les financements des "tribuns du peuple" jacobins/cordeliers comme Hébert ou encore Marat, lire ici c'est édifiant... Intéressants à lire aussi, ces quelques extraits (ici aussi) de Bourgeois et Bras Nus du "marxiste libertaire" Daniel Guérin, qui reviennent bien sur cette époque et son double aspect contradictoire [nous aurons juste un petit désaccord sur l'explication de la contradiction Montagnards/Girondins, clairement et totalement liée selon nous à la vision centraliste parisienne de la jeune république des premiers opposée à la vision "fédération de départements 'cités-États' de leurs chefs-lieux respectifs" (façon Suisse ou États-Unis) des seconds ; et non à une supposée "préférence" de ces derniers pour les armées étrangères et les royalistes plutôt que d'accepter l'irruption des masses populaires sur la scène politique - les Girondins savaient eux aussi très bien s'appuyer sur les 'bras-nus' et les sections sans-culottes... de leurs villes de 'province' face aux envoyés de Paris et aux Montagnards locaux (comme Chalier à Lyon), qui peinaient à s'imposer malgré leurs mesures sociales radicales ; ils étaient (paradoxalement par rapport à leur anti-centralisme) beaucoup plus décidés et conquérants dans la guerre que leurs adversaires et avaient même proposé la peine de mort pour quiconque parlerait de rétablir la monarchie ; etc. etc. ; tout ceci ne visant pas à faire leur apologie ni à les 'réhabiliter' mais étant un simple constat de faits : les Montagnards s'opposaient aux Girondins (et a fortiori aux Chouans et autres autonomistes royalistes d'ici ou de là) sur la question de la prééminence de Paris dans le nouvel État de la bourgeoisie par et pour elle seule ; prééminence qu'ils voulaient maintenir et même renforcer là où les seconds voulaient en quelque sorte ressusciter les 'républiques' locales (portuaires, notamment) de l'époque des Guerres de Religion, fédérées de manière (certes) 'indissoluble'/'une et indivisible', mais fédérées ; et c'est dans cette optique (et non sur une prétendue différence de 'fibre sociale', la leur étant purement conjoncturelle et utilitariste comme le reconnaît Guérin lui-même) qu'ils se sont appuyés sur le petit peuple de la capitale (et ont tenté de le faire, avec nettement moins de succès cependant, sur celui des villes de 'province'...)]. 

    [2] Distinguer "d'un point de vue bourgeois" et "d'un point de vue communiste prolétarien" signifie clairement que SLP n'a aucune sympathie pour Napoléon, mais que les prolétaires révolutionnaires doivent regarder Staline COMME les bourgeois du 19e siècle regardaient Napoléon : en reconnaissant les grandes réalisations, mais sans complaisance ni 'moulin-à-justifications' pour les erreurs et les fautes, parfois objectivement lourdes (exemple : l'URSS a gagné la Seconde Guerre mondiale certes, c'est d'ailleurs pourquoi la restauration capitaliste a pris des formes très différentes de la Restauration de 1815 en 'France' - contexte de défaite ; mais gagner en 'Espagne' aurait peut-être évité de la FAIRE, la guerre mondiale... or la ligne suivie par Staline et le Komintern dans ce conflit a grandement contribué à la défaite). Comme, PAREILLEMENT... mais pas dans le même CHAMP POLITIQUE !!! C'est cela que veut faire comprendre SLP. La bourgeoisie du 19e siècle, rarement favorable à un retour à l'Ancien Régime et certainement pas au Moyen Âge ou à Henri IV, défenseuse des acquis de 1789-1815, était dans l'ensemble capable de ce point de vue dialectique. Le mouvement communiste aujourd'hui, malheureusement, semble encore partagé sur la question de Staline entre le rejet total et la sacralisation au mépris de tout bon sens (et parfois à la limite du malsain). C'est sûrement que la bourgeoisie du 19e siècle, déjà installée dans ses positions de pouvoir depuis plusieurs siècles et pour qui 1815 n'avait pas été une défaite stratégique, était une classe plus sûre d'elle que le prolétariat aujourd'hui. 

    Napoléon, nous l’exécrons bien évidemment, mais c'est bien normal : c'est un héros de la bourgeoisie, alors que notre camp est le camp du Peuple (et bien sûr en tant qu'Occitans ; ayant été l'un des pires centralisateurs de tous les temps). Le prolétariat du 19e siècle, soumis au livret ouvrier, à l'interdiction de toute coalition pour défendre ses intérêts, à la conscription par tirage au sort pour aller mourir sur les champs de bataille, à des vétérans d'un nombre variable de graaaandes batailles dans les casernes et, souvent, à des fortunes bâties entre 1799 et 1815 dans les usines, partageait sans doute ce point du vue. Les autres classes, en revanche, avaient toutes ou presque une certaine forme d'admiration.

    Aujourd'hui, ce n'est pas seulement Staline que déteste la grande et moyenne bourgeoisie, c'est le communisme, en tout cas sa mise en pratique : Lénine, Staline, Mao, Hô Chi Minh aussi bien que le Che et Fidel Castro, Trotsky ou Tito. La petite bourgeoisie (ou plutôt la classe moyenne salariée), à la rigueur, peut dans certains cas avoir une vision plus positive de ces dirigeants, sauf Staline et Mao qui ont vraiment "tué beaucoup de gens" (en fait, à l'année et selon le même mode de calcul/supercherie, Lénine et Trotsky en auraient 'tué' plus mais c'est pas grave...[3]). Le prolétariat, lui, DEVRAIT POUVOIR avoir de ces leaders et des expériences sous leur direction une vision HISTORIQUE, 'détachée', pesant le 'pour' et le 'contre', apprenant des succès et tirant leçon des erreurs et des échecs. Ce n'est pas encore tout à fait le cas, mais ça viendra ! 

    [3] Ainsi la terrible guerre civile de 1918-19-20 a provoqué une situation de crise alimentaire causant la mort directe, par sous-nutrition, de millions de personnes - des photos de cela seront d'ailleurs réutilisées lors du grand hoax Goebbels-Hearst sur l'Ukraine. En 1932-33 en revanche, en Ukraine et en Russie du Sud, la crise alimentaire causée par les sabotages des koulaks (une petite guerre civile non-déclarée !) n'a rien provoqué de tel, hormis une certaine surmortalité et - surtout - baisse de la natalité (grossesses remises à plus tard). Ceci a amené une différence avec les 'projections' statistiques, de l'ordre de 3 ou 4 millions de personnes, le même type de 'trou' démographique que l'on observe en 'France' entre 1914 et 1919, et la propagande anticommuniste a transformé cela en 'victimes de la famine'. Peu importe que des dizaines de témoins visitant ces régions à l'époque n'aient rien vu de tel : elles ne visitaient, voyez-vous, que des 'kolkhozes Potemkine' ; des personnes qui n'y ont jamais mis les pieds, par contre, font autorité. Enfin... surtout depuis les années 1970, lorsque la néo-bourgeoisie engendrée par les erreurs et les fautes de la direction stalinienne avait fait de l'URSS une proie facile ; car à l'époque concernée, l'affaire montée médiatiquement par Goebbels et le groupe de presse US (pro-nazi) Hearst était vite retombée comme un soufflé, et plus personne n'en parla pendant près de 40 ans. D'ailleurs les nationalistes ukrainiens qui font de cette 'famine' un point central de leur propagande sont généralement implantés... dans des régions d'Ukraine qui n'étaient PAS SOVIÉTIQUES en 1932 ! Pour "exterminer le sentiment national ukrainien", Staline aurait donc affamé les régions d'Ukraine (région du Donets etc.) les MOINS nationalistes, les PLUS liées et fidèles à la Russie, ainsi que des parties de la Russie elle-même (région du Don, Kouban)... cherchez pas à comprendre ; même si, on l'a dit, SLP est profondément critique sur le traitement par Staline de la question des nationalités.

    Le même type de manipulation existe sur le Grand Bond en Chine (1958-1961), qui fut effectivement un échec économique (mal préparé, et peut-être sabotages par des cadres qui lui étaient hostiles... et étaient sans doute majoritaires dans le Parti). Mao y aurait 'tué' entre 30 et 40 millions de personnes (5% de la population de l'époque) et au total, pendant son 'règne', "de 50 à 70 millions" ou "de 60 à 80 millions" (les deux versions existent), ce qui fait 10% de la population moyenne de la Chine pendant ledit 'règne'. C'est ce qui explique sans doute que la population chinoise, entre 1949 et 1976, ait augmenté de... 72% (de 540 millions environ à 930 millions, on voit ici la courbe à partir de 1961, 39% d'augmentation rien qu'en 15 ans) ; alors qu'une 'saignée' bien moindre (3% de la population) en 1914-18 a fait stagner la population hexagonale pendant près de 30 ans ! La réalité, c'est que si UN SEUL mérite devait être reconnu à Staline en URSS et à Mao en Chine (il y en a d'autres, évidemment...), c'est d'y avoir mené la 'révolution' industrielle et agricole que l’État français a connu entre 1750 et 1850, et d'avoir fait DISPARAÎTRE la famine de ces pays. Dans la 'guerre de tranchées' idéologique qui fait partie intégrante de la lutte des classes, la bourgeoisie doit donc déployer d'énormes efforts sur ce 'front'-là : la fameuse rengaine du "communisme affame le peuple".

    Au demeurant, si l'on étudiait à la loupe les statistiques démographiques, il est probable que la période de la Grande Dépression aux États-Unis (années 1930, principalement la première moitié) révélerait le même genre de forte surmortalité, peut-être de l'ordre de plusieurs millions de personnes entre sous-alimentation et maladies favorisées par celle-ci, froid (dans la rue ou faute de moyens de chauffage), suicides "directs" ou "à petit feu" (par alcoolisme notamment) etc. etc. Il y a d'ailleurs déjà de telles études qui avancent des chiffres de l'ordre de plusieurs millions, évidemment démenties par les sacro-saints et sempiternels "experts sérieux"... Mais que tendrait à corroborer la nette inflexion que l'on voit entre 1930 et 1939 sur la courbe de la population américaine, courbe par ailleurs parfaitement linéaire depuis 1870 (la précédente inflexion étant les années 1860 soit... la Guerre de Sécession !) et reprenant tranquillement son ascension ensuite (la population gagnant ainsi presque 20 millions dans les années 1940 alors qu'il y a eu la guerre, 300.000 jeunes hommes tués, des millions de couples séparés etc.). Cela tombe d'ailleurs sous le sens vu que jusqu'au milieu de la décennie (premières lois welfare en 1935), les victimes de la "main invisible" du marché de l'emploi ne bénéficiaient d'absolument aucune protection sociale, l'absence de travail signifiant l'absence totale de revenus (début 1933 il y a 15 millions de chômeurs soit 60 à 70 millions de sans-revenus par répercussion, seulement 10% d'emploi à plein temps donc salaire "décent", 2 millions de sans-abri etc.)... S'ajoute à cela qu'évidemment, le "rêve américain" ne faisait plus rêver grand monde et, le gouvernement ayant par ailleurs drastiquement "serré la vis" niveau immigration (1924), pour la première fois dans leur histoire il sort plus de personnes des USA (environ 90.000), au cours de la décennie 1930, qu'il n'en entre. Les "experts" susmentionnés répondront que non, pas du tout, les statistiques officielles indiquent que "seulement" 110 indigents sont par exemple morts de faim à New York à 1934, donc par extrapolation au maximum quelques milliers dans tout les États-Unis pendant la terrible décennie... C'est exactement là la différence dont nous parlons entre des "morts de faim" au sens strict et une surmortalité (encore plus un déficit démographique) conséquence d'une situation économique difficile. Ce qui est quasi certain, c'est qu'avec les mêmes "méthodes" de calcul que pour l'URSS ou la Chine du Grand Bond, on pourrait affirmer sans problème qu'il y a eu des millions de morts aux États-Unis lors de la Grande Dépression. Des "travaux" de propagande russe (alors que comme chacun-e le sait, les tensions russo-occidentales au sujet de l'Ukraine font rage), gaiment repris (évidemment) sur tous les sites fascistes "révolutionnaires" et/ou conspis, le démontrent parfaitement.

     


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  • conrad1Nous y sommes : le 'centre' 'mlm' de l’État belge, centre on-ne-sait-trop de quoi sinon de la Belgique universitaire, elle-même pitoyable appendice de la 'France' intello-parisienne du 'p''c''mlm', a publié le n°4 de sa revue 'Clarté rouge' consacré à la Guerre populaire (le dernier numéro sur le sujet était plutôt intéressant), et s'y livre enfin aux attaques promises contre le (nouveau) Parti communiste italien. Le ridicule de s'attaquer à des gens ayant, pour certains, passé plusieurs années en prison ne tuant manifestement pas ces petits bourgeois prétentieux, le jour de l''exécution politique' est donc arrivé (héhéhé !) ; et comme disait Robert-François Damiens au matin de son écartèlement en 1757 : "la journée sera rude"  !

    1. En premier lieu, le document aborde (et repose sur) les trois formes de lutte constituant, selon le 'centre' 'mlm', la 'vraie' Guerre populaire en pays impérialiste. Ces trois formes sont :

    - la lutte armée (entendue au sens ETA, Brigades rouges etc. : actions violentes clandestine, avec armes à feu ou explosifs) ;

    - le sabotage

    - le combat de rue (de type black- ou red-blocks).

    Déjà, pour commencer, ce découpage est totalement fallacieux. Car en réalité :

    - la lutte armée et le sabotage ne font qu'un : le sabotage est une forme de lutte armée, visant des biens, des installations et non des personnes. Les actions des Cellules Communistes Combattantes de Belgique (CCC), visant des installations et des 'symboles' du capitalisme et de l'impérialisme et se voulant (à ce stade) non-létales (elles ne le furent que par accident), étaient du sabotage, dans le cadre d'une lutte armée.

    - le combat de rue type 'black-block' ou kale borroka (au Pays Basque) est lui aussi une forme   particulière de lutte armée, sans armes à feu et 'au grand jour' (bien que le visage couvert, évidemment). En Italie, dans les années 1970, il y avait même parfois des combats de rue avec armes à feu (il en reste des photos célèbres).

    DONC, les trois formes de lutte que nous donne le 'centre' 'mlm' pour la Guerre populaire sont en fait des formes différentes de lutte armée.

    Anni di piombo22. Reste donc entière la question de toutes les autres formes de lutte, et (bien sûr) de l'articulation de celles-ci avec la lutte armée dans ses différentes formes. Quid des 'luttes économiques' DURES, avec occupation d'usine, séquestration des cadres, menaces de tout faire sauter (menace qui seront peut-être, un jour, mises à exécution) ? Quid, dans des pays impérialistes frappés durement par la crise du logement, de l'occupation-autogestion des logements contre les 'marchands de sommeil' (ces logements occupés pouvant aussi devenir, comme en Italie ou en 'Espagne', des centres de diffusion culturels 'alternatifs' contre la culture dominante) ? Quid, dans des pays globalement riches mais frappés par la 'crise du pouvoir d'achat' et la consommation à crédit, des actions d''auto-réduction' contre la grande distribution capitaliste ? Quid, dans des États qui sont d'énormes machines de guerre où les masses financent leur propre oppression (pendant que les Cahuzac de tout poil planquent leur pognon en Suisse), des actions visant à 'frapper au portefeuille' : la 'grève' des taxes, impôts locaux injustes, 'droits', péages (ah c'est vrai, il n'y en a pas en Belgique... les veinards !) et autres prélèvements qui étranglent le prolétaire au SMIC obligé de payer exactement comme le cadre à 5.000 euros par mois ; voire carrément de la grève des loyers, tickets/billets de transport etc. etc. ? Quid des actions d'agit-prop diverses (banderoles, affiches, stickers, 'happenings' divers pratiqués par les fascistes qui ont là 13 longueurs d'avance, etc. etc.) ? Quid du combat contre les fascistes qui, dans les pays 'développés', sont une forme particulière, para-étatique d'ultra-réaction ; une sorte de 'société politico-militaire parallèle' dans la 'société civile' ?

    Pour ce qui est de la lutte armée au sens où l'entend le 'centre mlm', en Europe industrialisée, sa difficile accessibilité au 'prolétaire lambda' et la logistique clandestine qu'elle suppose ont déjà montré, par l'expérience, sa principale limite, qui est l'isolement avant-gardiste de l'organisation combattante, même là où les conditions étaient les plus favorables à un large soutien de masse (Irlande du Nord, Pays Basque 'espagnol' et Italie dans les années 1970) ; au contraire des pays du 'tiers-monde' où il est possible de prendre le contrôle de régions reculées entières, même au stade d'une très faible défensive stratégique, et d'y instaurer le Pouvoir populaire.

    En réalité, même lorsque les circonstances (condition première !) d'une grande violence répressive du Capital (descente sur le terrain de la guerre civile) rendent cette forme de lutte acceptable par les masses d'un point de vue d'agitation et de propagande, elle va alors être 'centrale' d'un point de vue idéologique ('référence' politique des personnes en lutte) et organisationnel, mais 'marginale' d'un point de vue opérationnel... tout simplement parce que le terrain ne permet pas autre chose ! Même pendant la Seconde Guerre mondiale, en Europe de l'Ouest (Italie, 'France'), les grands 'maquis' n'ont véritablement existé que lorsqu'il y a eu 'débandade', dissolution de l'État réactionnaire fasciste (nazi-vichyste et mussolinien) face aux débarquements alliés de 1943 et 1944, avec aussi une question de légitimité de celui-ci ('marionnette' d'une occupation étrangère brutale). Avant cela, region-paris-squat-social-1972-1973l'intensité de la lutte armée clandestine (et du sabotage) n'était guère plus haut que le niveau de l'Italie des années 1970 (sans le combat de rue, qui aurait évidemment conduit à un massacre de masse)... En Belgique, qui comptait alors déjà près de 280 habitants au km², jusqu'à ce que les armées alliées pénètrent sur le territoire, c'était totalement impossible (sauf dans certains secteurs des Ardennes, peut-être). Et dans un contexte d'État bourgeois 'libéral', à façade démocratique et à 'société civile' forte, c'est tout simplement inenvisageable (même le simple fait d'utiliser mortellement, de manière organisée dans ce but, des armes à feu ou des explosifs est problématique, et doit être bien pensé) !

    Il n'est donc pas possible de faire tout simplement 'abstraction' des autres formes de lutte que nous avons citées ; formes qui, loin d'être de la 'pseudo-guerre populaire' et des 'cache-sexes pour opportunistes', permettent l'engagement large et concret des masses opprimées dans le processus révolutionnaire ; la lutte armée, lorsqu'elle existe, servant de 'point de référence' : même dans un contexte de Résistance antifasciste, lorsqu'il n'y a pas plus 'descendu sur le terrain de la guerre civile' que la bourgeoisie d'alors, et que la légitimité de la lutte armée avec mort d'homme ne laisse pas l'ombre d'un doute dans les masses, elles ont encore leur place !

    Quant à la question de l'articulation/ coordination de toutes ces formes de lutte, c'est évidemment la question du Parti, avant-garde révolutionnaire des masses constituée et consolidée (en lien avec celles-ci) en 'centre directeur/coordinateur' de toutes les actions visant à renverser le capitalisme... et non une bande de bouffons auto-proclamés avant-garde !

    3. La mauvaise foi, la simplification/caricature et l'ultra-critique destructive qui caractérisent de tout temps la petite bourgeoisie gauchiste : "Donc, pour le (n)PCI, la première phase de la guerre populaire consiste à participer aux élections, aux luttes économiques et à former des clubs de gym et des cinéclubs !
    Cette première phase doit nous amener à la seconde phase, la guerre civile lors de laquelle « les forces armées populaires disputeront le terrain aux forces armées de la bourgeoisie impérialiste, lors de laquelle existeront des territoires libérés, etc. ».
    Pas une action armée, pas une action violente n’est évoquée entre ces deux phases. Pas même un mot sur l’organisation du Parti et de ses organisations périphériques en vue de l’affrontement armé. Il faut croire que le public sortira des cinéclubs du (n)PCI pour disputer le terrain aux forces armées de la bourgeoisie en leur lançant des paquets de pop corn...
    Rarement l’opportunisme ne s’est affiché de manière aussi impudente, rarement les principes du maoïsme ont été à ce point bafoués."

    La caricature du propos critiqué [l'article du (n)PCI Il faut distinguer lois universelles et lois particulières de la Guerre populaire (2004), voir les extraits dans l'article du 'centre' 'mlm' en lien] est on-ne-peut-plus grossière, et en définitive pathétique pour le groupuscule qui l'émet. S'il ne s'agissait 'que de cela', il est évident que le (n)PCI et ses organisations générées (CARC, Syndicat des Travailleurs en Lutte, Solidarietà Proletaria, groupe 'Caccia allo Sbirro' contre les violences policières etc.) ne feraient pas face à la répression qu'ils subissent, même si celle-ci est évidemment moindre que pour le PC politico-militaire, qui (lui) prônait directement la lutte armée. 1248614219686 carcrissap g 0627L'article attaqué donne au contraire de grandes et précieuses précisions sur la conception de la Guerre populaire en Italie, au stade de la 'défensive stratégique' [ou plutôt, devrait-on dire, vu la faible emprise d'un quelconque Parti - (n)PCI ou autre - sur les masses, à l'étape zéro de la GPP] ; et notamment sur la thèse de l''irruption dans le petit théâtre de la politique bourgeoise' : la participation aux échéances électorales, qui est beaucoup reprochée au (n)PCI (déjà en Italie même) et sur laquelle s'est beaucoup exprimé SLP. L'on peut ne pas être d'accord (ainsi, sur le fait de soutenir des listes bourgeoises 'de gauche' ou petites-bourgeoises 'contestataires', et non de présenter des listes du mouvement dirigé par le Parti, nous ne le sommes pas) ; l'on peut critiquer la pratique qui en découle (ce que nous faisons également, précisons aussi que l'article date de 2004 et que nous sommes en 2013, depuis il y a eu la 'Grillo-mania' etc.) ; mais avoir ainsi besoin de caricaturer pour argumenter, c'est la marque de ceux qui n'ont définitivement rien à dire.

    La critique destructive du 'centre' 'mlm' ignore, avec un ton péremptoire ‘marque de fabrique’ de leurs parrains intello-parisiens, des réalités essentielles de l'activité politique révolutionnaire en Italie :

    - Il y a des choses qui ne se crient pas sur les toits : l'Italie n'a pas seulement une législation 'anti-terroriste' comparable aux autres pays d'Europe et d'Occident, elle a également une législation 'anti-subversive' extrêmement large et élastique, datant de Mussolini et jamais abrogée (elle fut notamment appliquée massivement dans les années 1970-80). Cette législation, permettant de frapper des personnes n'ayant commis aucune violence ni même rien d'illégal (mais qui seraient 'susceptible de'), est sans doute la plus dure du continent, ex aequo avec celle de l'État espagnol. Il est évident qu'au stade de la défensive stratégique, voire de l''étape zéro', lorsque la supériorité politico-militaire et idéologique/culturelle de l'ennemi est totale, on ne va pas clamer publiquement comment l'on compte, bien plus tard, passer à une véritable guerre civile armée, et les préparatifs que l'on fait en ce sens. Le ton d'AUCUN média révolutionnaire marxiste-léniniste ou maoïste italien (dont l'existence est pourtant indispensable, pour diffuser la conception communiste du monde dans les masses) n'est guère plus 'radical' et violent que celui des CARC et du (n)PCI (à la rigueur, des site comme Redblock des jeunesses du PCmI ou 'Militant' assument le combat de rue, mais c'est tout) ; tout simplement parce qu'en Italie cela entraînerait une 'exécution électronique' immédiate du site, et l'inculpation de ses administrateurs. Dans un éclair de lucidité (en dernier paragraphe), le 'centre mlm' dit d'ailleurs lui-même que "Une authentique préparation à la guerre populaire implique une discrétion telle que mettre au défi telle ou telle organisation de « prouver » qu’elle prépare réellement la guerre populaire serait ni plus ni moins une provocation policière"...

    - L'Italie est un pays de fort 'civisme' populaire et de grande illusion en la politique électorale (une abstention de 25%, comme aux dernières législatives, peut être considérée comme extraordinaire !), et le mouvement communiste italien a une LONGUE histoire d''électoralisme' (traduire, d'utilisation des 'tribunes' électives dans les buts qu'il s'est fixé) : Gramsci lui-même était député (1924-26), et portait la contradiction à Mussolini himself dans l'hémicycle ! Dans les années 1970, même les organisations combattantes ou militantes 'très radicales' comme Lotta Continua donnaient des consignes de vote pour Democrazia Proletaria... ou carrément pour le vieux PCI ! Cela ne veut pas dire que c'était juste et qu'il faille le refaire ; il s'agit simplement de montrer que les arguments du (n)PCI ne reposent pas sur rien ou sur n'importe quoi : il y a dans la 'formation psychique nationale' des communistes italiens un fort terreau en ce sens. Quoi qu'il en soit, ni Lénine ni Mao n'ont jamais dit (bien au contraire) qu'il ne faille jamais, en aucun cas, s'impliquer dans un 'moment électoral', surtout dans des pays impérialistes/avancés où ce 'moment' engendre une particulière 'réceptivité' des masses au discours politique (et beaucoup d'illusions quant à la 'citoyenneté' et à la 'démocratie'... nous ne sommes pas au Pérou !). La 'ligne de démarcation', c'est et cela a toujours été de faire de cette implication une forme de lutte (tactique) parmi d'autres, ou au contraire d'en faire une fin en soi (avoir des élus, gagner des mairies, des sièges de député etc.), ce qui conduit à l'opportunisme et à l'institutionnalisation.

    solidarietàgramigna2- L'Italie est également un pays où, depuis les années 1970 où ils ont succédé aux 'maisons du peuple' et autres 'cercles culturels' d'un PCI institutionnalisé, les 'centri sociali' (qui n'ont rien à voir avec les centres associatifs subventionnés par les mairies ici) jouent un grand rôle dans la lutte de classe réelle (celle que les groupuscules type 'centre' 'mlm' ignorent totalement, du haut de leur chaire universitaire). Ces 'centres sociaux' sont les 'cinéclubs' et autres 'clubs de gym' de l'insinuation perfide du 'centre mlm' contre le (n)PCI. Quiconque connaît l'Italie sait que l'on est fort loin de cette caricature (même si, sous des municipalités 'de gauche', certains de ces centres ont pu finir par s'institutionnaliser).

    - L'Italie est un pays où l'organisation massive des travailleurs pour les 'luttes économiques' est encore une réalité : ainsi par exemple, l'Union des Syndicats de Base (USB), un syndicat alternatif et réputé 'dur', compte plus de 250.000 adhérent-e-s et la CGIL (grand syndicat le plus 'à gauche')... près de 6 millions (dont près de 400.000 pour la seule FIOM, syndicat réputé 'dur' de la métallurgie et de la mécanique), en comptant certes les retraité-e-s. Notre bonne vieille CGT (son équivalent hexagonal) en compte moins de 700.000 (là encore, retraité-e-s inclus-es) et l'Union syndicale Solidaires (SUD), plus ou moins l'équivalent de l'USB, autour de 100.000 ! Peut-on ignorer une réalité comme celle-ci, lorsque l'on prétend diriger les masses populaires vers le communisme ? Ces organisations sont, certes, 'réformistes radicales', ou encore 'subversivistes' au sens de Gramsci (contestataires du 'système', mais 'intégrant' intellectuellement la position d'infériorisés). Il y a du travail (beaucoup...) pour en extraire des forces révolutionnaires conséquentes... Mais qui va le mener et comment, ce travail, si l'on refuse catégoriquement de se lier aux prolétaires qui y voient, pour le moment, le meilleur voire le seul instrument de résistance aux agressions du Capital ?? Les camarades du PC maoïste, eux, travaillent (politiquement) pour l'essentiel dans le Slai COBAS (COBAS désigne en Italie les 'comités de base' pour un syndicalisme ouvrier-employé 'de combat', apparus à la fin des années 1970 et très nombreux). À vrai dire, il n'y a dans ce pays aucune organisation communiste un tant soit peu conséquente qui pratique les élucubrations anti-syndicales du 'centre' 'mlm' ou de ses 'parrains' parisiens.

    4. Le (n)PCI tire sans doute, en fait, 'trop' les leçons des années 1970 ; et dérive ainsi vers le légalisme et l'électoralisme. Lorsque, nous l'avons déjà dit ici-même, le succès électoral (en mode 'ballon de baudruche') d'un mouvement contestataire populoïde et archi-ambigu comme celui de Beppe Grillo est décrit comme une véritable 'attaque au cœur de l’État' (au cœur des 'sommets de la République pontificale'), c'est ce qu'il convient d'appeler du délire...

    autonomiaSelon nous (pour s'être cognés 300 pages de Manifeste Programme, on en sait quelque chose !), le (n)PCI a une analyse critique erronée de la période (dont certains de ses cadres sont issus), analyse dont découle peut-être (voire sans doute, même) les autres erreurs : pour lui, tout est une question de 'dérive militariste' et 'clandestiniste', de 'coupure' avant-gardiste armée avec les masses (ce qui est peut-être vrai à partir de la fin des années 1970). La conclusion (erronée) est donc qu'il faut 'mieux accumuler les forces', au travers d'une pratique légaliste et pacifique prolongée... Pour nous, au contraire, la 'petite guerre populaire' qui sévissait alors dans la 'Botte' italienne présentait une très grande et très intéressante variété de formes de lutte (notamment celles que nous avons citées au point 2), en plus des formes de lutte armée illégale (celles que cite le 'centre' 'mlm'), et un très fort appui de masse, en tout cas au début. Le problème a été, principalement, outre une confusion entre début de la nouvelle crise générale et effondrement imminent du capitalisme (ce que dit aussi le (n)PCI), un problème de division de la direction politique, d'absence de centre dirigeant unifié : parfois sur de VRAIES questions idéologiques (mais sans véritable lutte de ligne permettant le triomphe de la position juste ou 'meilleure') et parfois, aussi, sur des questions de dogmato-sectarisme voire des hostilités de personnes ; suite à quoi, dans les 'interstices' laissés par cette division, se sont engouffrées de idéologies erronées et 'perdantes' à terme ('francfortisme' marcusien, situationnisme et operaïsme qui en est une forme italienne spécifique, semi-anarchisme 'autonome', théories sur les 'nouveaux sujets révolutionnaires', élucubrations de Toni Negri etc. etc.).

    Mais le 'centre mlm', lui, ne tire aucune leçon de l'expérience des CCC... y compris de la propre autocritique de celles-ci (notamment le fameux document La Flèche et la Cible) ; sur le fait de s'être, même armées d'un marxisme-léninisme 'solide', retrouvées dans la position d'une 'minorité agissante' (une dizaine de personnes) semi-anarchiste à la Action Directe ou RAF (bien que ces organisations aient ensuite essayé de 'torpiller' les CCC), sans grand lien avec le mouvement réel des luttes de classe (d'ailleurs en grand recul à l'époque, au milieu des années 1980).

    200px-Communist Combatant Cells LogoReste entière la question de la manière dont ces 'trois formes de Guerre populaire' (en réalité, trois formes de lutte armée...) s'articulent avec et s'appuient sur d'autres formes de luttes populaires, plus 'accessibles' au prolétaire 'de base', pour éviter l'avant-gardisme armé.

    Reste entière la question du LIEN tissé entre le Parti qui mène ces actions et LES MASSES exploitées/opprimées, lien qui (avec l'existence du Parti lui-même) est la condition du passage de l''étape zéro' à la défensive stratégique proprement dite ; en fait, la question d'une véritable mobilisation révolutionnaires dans les masses, permettant une 'réceptivité' aux actions 'hors des clous' de la légalité, sans quoi les 'trois formes' de Guerre populaire de nos théoriciens en herbe restent une activité groupusculaire de 'minorités agissantes' coupées des masses, et contre lesquelles la bourgeoisie pourra même facilement mobiliser dans un sens réactionnaire... Question qui est en fait, tout simplement, celle de l'hégémonie intellectuelle/idéologique/culturelle selon Gramsci, hégémonie qui plus encore que la force armée/policière et la répression pénale, dans un capitalisme suffisamment avancé, est un pilier essentiel de la domination de classe : en fait, c'est le SECRET du 'pourquoi' les masses ne se reconnaissent pas (de manière spontanée, 'immédiate') dans le type d'actions que prône le 'centre mlm', sauf dans quelques parties réduites de l'Europe comme l'Irlande du Nord, le Pays Basque etc., où la conflictualité a de profondes racines historiques. Pour nous, la construction de cette influence idéologique progressiste/révolutionnaire de l'avant-garde sur les masses, condition pour que des actions clairement extra-légales soient 'suivies', est la première tâche essentielle de l'avant-garde en question, à l''étape zéro' (une tâche qui se mène DANS les gramsciluttes de masses telles qu'elles sont, et non du haut d'une 'chaire' internet, les luttes n'étant pas ce qu'elles devraient être).

    La stratégie actuelle du (n)PCI est connue et a été suffisamment abordée sur SLP : à travers leur 'Gouvernement de Bloc Populaire' ou (aujourd'hui) de 'Salut National' (gouvernement de dirigeants syndicaux 'durs' et autres tribuns politiques 'alternatifs'), ils espèrent constituer un 'cadre' dans lequel ce lien pourra se nouer rapidement, dans lequel le Parti pourra facilement et massivement accumuler (et armer) des forces pour l'étape suivante, celle où la bourgeoisie reprendra l'offensive et descendra sur le terrain de la guerre civile : pour nous, ceci est 'trop simple' et donc erroné, sans parler des méthodes pour parvenir à ce fameux gouvernement, qui peuvent laisser effectivement pantois. Mais en tout cas, l'analyse que font à peu près tous les ML et MLM de l'étape actuelle en Italie nous laisse mesurer le chemin à parcourir devant nous, lorsque l'on sait que cet État est beaucoup plus faible que le nôtre (tant dans le champ de la 'société politico-militaire' que de la 'société civile'), déléguant nombre des tâches 'normales' d'un État à d'autres forces (à l’Église et aux organisations mafieuses, principalement).

    5. Vient enfin la prise de conscience : "Nous avons traité dans notre précédente contribution la question des « conditions préalables » à la guerre populaire. Pratiquement, tout élément essentiel au processus révolutionnaire pourrait devenir « condition préalable » : la fondation d’un Parti communiste MLM, ou l’établissement d’un lien aux masses (la préparation de « bases d’appui »), d’une base de masse, ou l’élaboration d’une pensée, et à partir de celle-ci, d’une stratégie, etc.
    Le propre de ces « conditions préalables » est d’être :
    - Légitimes en ce sens qu’il s’agit effectivement de conditions préalables, sans lesquelles le déclenchement de la lutte armée ne serait pas le déclenchement d’une guerre populaire mais le déclenchement d’une lutte armée aventuriste, militariste, opportuniste de gauche
    ".

    Ben oui, ce sont effectivement les conditions essentielles pour sortir de l''étape zéro' des résistances populaires à l'oppression, et passer à la véritable défensive stratégique d'une Guerre populaire planifiée. Un apport indéniable du (n)PCI, là-dessus, au mouvement communiste en Europe (quoi que l'on pense ensuite de leur pratique), est que ces conditions sont en fait, dès lors qu'il y a une crise générale du capitalisme, essentiellement subjectives et qu'elles se construisent (cf. ce que nous disons plus haut) : trop souvent, sur notre continent, les communistes se sont contenté de les 'attendre', sous la forme d'une crise aiguë, économique ou 'de régime', c'est pourquoi ils ont fait du sur-place dans leur lutte et ont fini (principalement dans le cadre des 'Trente Glorieuses') par s'institutionnaliser. Mais de ces conditions indispensables, nos petits donneurs de leçon nous disent qu'elles sont "floues, en ce sens que chacun peu interpréter à quel degré d’achèvement ces conditions doivent être arrivées pour légitimer le déclenchement de la guerre populaire. L’opportunisme de droite utilise ce « flou » pour étendre sans cesse la phase consacrée à la réunion des « conditions préalables » — et donc reporter sans cesse le déclenchement de la guerre populaire. De plus, cela finit par faire des « conditions préalables » des objectifs en soi. Et pour progresser dans la réunion des « conditions préalables », on en vient à faire des choix et développer des pratiques qui, sous couvert de servir la réunion des « conditions préalables » à la guerre populaire, rend le déclenchement de celle-ci encore plus problématique. Par exemple, en invoquant la constitution d’une certaine « base de masse » comme préalable à la guerre populaire, les opportunistes de droite vont développer des pratique qui, certes, peuvent multiplier les connexions du parti dans les masses, mais qui rendent ces connexions inutiles dans une véritable perspective de guerre populaire (parce qu’elles sont toutes bien connues de la police par exemple)"... ben oui, c'est tout le risque de ce qui s'appelle l'opportunisme (le (n)PCI dénonce précisément ce type d'attitude !) ; et en même temps, il faut ces conditions pour pouvoir 'parler sérieusement', et il faut travailler à les construire. L'opportunisme de droite n'a en fait nullement sa source dans leur recherche et leur construction, ni même dans l'attente passive de celles-ci (qui n'est qu'un 'terreau favorable'), il a sa source dans les aspirants néo-bourgeois que génère inévitablement la société capitaliste et qui vont, pour certains, voir dans le militantisme 'révolutionnaire' cette 'voie royale' - les gauchistes façon 'centre mlm' n'en sont qu'une autre version. C'est là une lutte idéologique à mener au sein même du mouvement communiste organisé, en développant la ligne de conduite : 'Servir le Peuple !'.

    Kakashi Rouge2En attendant, c'est sûr que des pseudos comme 'Volodia Gigot' ou 'Toupie-qui-tourne', ça respire, ça 'suinte' (comme dirait l'autre) les gars qui préparent avec tout le sérieux requis la Guerre populaire révolutionnaire... version Armée des Clowns ! 

    Pour le reste, "On ne joue pas avec l’insurrection, on ne joue pas avec la guerre populaire, on ne joue pas à la guerre populaire. La guerre populaire est l’activité centrale de la stratégie révolutionnaire. Tout doit y ramener, tout doit s’y subordonner. Comme disait le PCP : la centralité, c’est le combat. Se prendre en photo avec des armes, dans des poses avantageuses, sur fond de drapeau rouge, multiplier des effets d’annonces et des déclarations de guerre, baptiser « action de guerre populaire » des initiatives qui relèvent de l’agit-prop la plus banale (comme accrocher une banderole ou un drapeau rouge), voire même mener l’une ou l’autre action armée, ce n’est pas encore faire la guerre populaire. Un des caractères de la guerre populaire, c’est qu’elle doit est la pratique centrale des communistes. Un parti qui ne consacrerait qu’une portion minime de son activité, de ses forces, de ses moyens, aux procédés spécifiques de la guerre populaire (le sabotage, le combat de rue et la lutte armée) ne peut être considéré comme menant la guerre populaire"... voilà qui pourrait s'appliquer pleinement, sinon à eux-mêmes, du moins à leurs 'petits maîtres à penser' parisiens, rois de la photo de stickers déposés par leurs soins. Même si l'agit-prop, nous ne disons pas le contraire, c'est important !

    En réalité, il n’y a qu’une SEULE ET UNIQUE universalité de la Guerre populaire : c'est d'être l’action prolongée, consciente et organisée, planifiée (par un Parti révolutionnaire), de négation du capitalisme par le communisme  ; jusqu’à la prise du pouvoir par le prolétariat (et dans ce but assumé, évidemment) – après, c’est la transition socialiste. Ce processus ne peut certes pas se faire sans une part de violence (aucune classe dominante ne se liquidant elle-même ‘gentiment’), encore moins sans une part d’illégalité, puisque la légalité n'exprime rien d'autre que les intérêts de la classe dominante (leur volonté faite loi disait Marx)… mais cela, les marxistes le disent depuis Marx et Engels, même si des révisionnistes l’ont épisodiquement oblitéré : le ‘centre mlm’ n’a franchement pas révolutionné la pensée communiste. Et dans ce processus, rejeter dogmatiquement UNE forme de lutte possible parce qu’elle ne correspondrait pas aux fantasmes de cyber-warriors que l’on se fait de la Guerre populaire, c’est condamner celle-ci à la défaite ! Rejeter ce que le ‘centre mlm’ appelle les ‘clubs de gym’ et les ‘cinéclubs’, c'est-à-dire en réalité les outils de conquête de l’hégémonie intellectuelle par le prolétariat révolutionnaire, c’est carrément catastrophique !!!

    Pour finir, le numéro de 'Clarté rouge' version 'centre mlm' nous sert un entretien avec le PC politico-militaire italien, durement frappé par la répression. C'est un document, effectivement, intéressant : il participe, avec ses points justes et sans doute ses erreurs (nous n'avons pas la prétention de trier les uns des autres), à la décantation/reconstruction du mouvement communiste en Italie, au même titre que le PC maoïste et le (n)PCI et d'autres encore. Le PCPM considère que l'étape actuelle permet le développement d'une forme de lutte armée ; le (n)PCI considère que les formes de lutte de l'étape où nous sommes sont celles exposées dans l'article du 'centre mlm' en lien ; le PCmI prône les luttes économiques et démocratiques 'dures', les occupations, les expropriations et le combat de rue. Tout ceci participe du débat. D'ailleurs, quelles que soient les divergences de vues, lorsque le PCPM est tombé sous les coups de la répression en 2007, il a reçu le soutien... du (n)PCI, des CARC et de Solidarietà Proletaria. Quiconque a approché le mouvement communiste transalpin aura été frappé, au-delà des prises à partie parfois vives, par le très faible sectarisme politique dans la pratique, à des années-lumière du 'centre mlm' et de ses amis internationaux (qui, après avoir constitué une éphémère 'internationale anti-népalaise', se sont ensuite gaiement étripés entre eux).

    servirlepeuple

    Lire aussi à ce sujet :

    Gramsci et la théorie de la Guerre populaire en pays capitaliste très avancé (1ère partie)

    Gramsci et la théorie de la Guerre populaire en pays capitaliste très avancé (2e partie)

    Les bases urbaines du maoïsme
    (PCR Canada, revue Arsenal ; traduction du titre anglais : "Sur la question de la guerre révolutionnaire dans les pays impérialistes")


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    Il ne sera pas question, ici, de grands développements théoriques, les différents thèmes ayant déjà été abordés cent fois – et la ligne de SLP, toujours été claire et ferme en la matière ; mais simplement de s’en payer une bonne tranche avec le nouvel étalage de ridicule de nos ‘copains’/détracteurs ultra-gauchistes… et de mettre quelques petites choses au clair en passant. 

    conrad1Après avoir insulté et dressé le ‘procès’ de Servir le Peuple sur des faits ‘de forum’ allant (grosso modo) de janvier 2010 au printemps 2011 (à se demander si ces gens-là ont, accessoirement, une vie), le ‘centre’ (de quoi ?) ‘mlm’ de Belgique, devenu (malgré des travaux de qualité, comme sur la Guerre populaire en pays impérialiste et avancé) un pitoyable appendice du ‘p’’c’’mlm’/’Voie lactée’ (comme, de toute manière, la Belgique universitaire n’est qu’un appendice grotesque de la ‘France’ intello-parisienne), nous a promis de ‘régler’ prochainement ‘leur compte’ à ‘nos amis’ italiens du (n)PCI, et à leur ‘électoralisme putride’. Comme si le fait qu’ils soient des SATELLITES du ‘p’’c’’mlm’ impliquait que Servir le Peuple, pour avoir traduit un certain nombre de documents (jugés intéressants) du (n)PCI ainsi que leur Manifeste Programme, soit un ‘satellite’ de celui-ci – hélas, nos chers bons cons, il n’en est nullement ainsi et SLP n’a jamais hésité non seulement à avoir des désaccords avec le (n)PCI, mais encore à les assumer publiquement.

    Nous attendons donc avec impatience (et non sans une certaine jubilation) leur ‘brillant’ article… sauf que lorsque celui-ci paraîtra, cela fera longtemps que le (n)PCI aura (par avance) répondu : c’est le deuxième article du (n)PCI (extrait de La Voce n°37) traduit et reproduit ici. La position des camarades y est expliquée clairement et, disons le tout net : pour nous, la THÉORIE de ‘l’intervention dans le petit théâtre de la politique bourgeoise’, de ‘l’irruption’ dans le ‘moment électoral’, est foncièrement JUSTE ; par opposition à l’’abstentionnisme de principe’ non seulement d’ennemis politiques comme le ‘p’’c’’mlm’ ou son satellite bruxellois, mais aussi d’organisations amies comme le PCm d’Italie, le PCmF, le PCR du Canada etc., position consistant à ‘appeler’ les masses à l’abstention, puis à se féliciter du taux élevé (éventuellement en progression, ce qui est classique dans un capitalisme en crise générale) de celle-ci. L’abstention en tant que telle ne signifie nullement un début de ‘prise de conscience’ révolutionnaire ; elle peut tout aussi bien signifier une tendance à la résignation, à l’indifférence et à l’apathie, ou encore une évolution vers des positions fascistes. L’appel à l’abstention s’inspire du slogan ‘No Votar !’ de la Guerre populaire péruvienne, mais nous ne sommes justement pas au Pérou, pays (en tout cas dans la 'campagne profonde') pratiquement sans 'société civile', où les élections consistent en la collecte des bulletins de vote par les caciques locaux en faveur de tel ou tel candidat de l'oligarchie, et où refuser de voter, au mépris des menaces et des violences, est un acte de classe hautement antagonique. Dans les pays, au contraire, impérialistes ou de manière générale capitalistes très gramsciavancés, à façade ‘démocratique libérale’, le ‘moment électoral’ récurrent (rarement plus de 3 ans sans ‘échéances’) est au contraire un élément essentiel de la ‘société civile’ (selon Gramsci ; du ‘spectacle’ diraient les situationnistes), comme instrument de contrôle des masses ; et il n’est pas possible pour les révolutionnaires de lui tourner simplement le dos en se pinçant les narines. Le ‘moment’ électoral est un ‘moment’ où, durant quelques mois, éventuellement 6 mois en cas d’échéance ‘nationale’ (présidentielle/législatives), voire presque un an aux États-Unis pour la présidentielle fédérale, la politique (bourgeoise) fait ‘irruption’ (par les médias, les affiches dans la rue etc.) dans la vie quotidienne des masses populaires. Les communistes doivent mettre à profit ce moment, y ‘intervenir’ pour en faire un ‘moment’ particulier d’agitation et de propagande. Affirmer cela est JUSTE. C’est au niveau de la mise en pratique de cette théorie que ce que font le (n)PCI et les CARC (‘organisation générée’ du (n)PCI pour le travail ‘au grand jour’) peut être critiqué – et SLP le critique sans hésitations. Il y a quelques années (c’est décrit dans l’article en lien), les CARC pouvaient encore présenter leurs propres listes à des élections locales et cela permettait un travail conséquent d’agitation et de propagande. Mais depuis, la situation en Italie s’est compliquée, il faut un (grand) nombre minimum de signatures ‘citoyennes’ pour pouvoir présenter une liste et les CARC/(n)PCI ont commencé à appeler à voter pour des représentants de la ‘gauche’ bourgeoise (comme le juge ‘anti-corruption’ De Magistris à Naples ou l’ex-avocat d’Öçalan, Giuliano Pisapia, à Milan), voire carrément des populistes aux relents nauséabonds comme le comique Beppe Grillo : une ‘tactique’ électorale aux forts relents de ‘moins pire’ ou en affirmant voter pour le candidat qui ‘foutra le bordel’ dans la mécanique institutionnelle bien huilée de la ‘République pontificale’… Mais là, pour le coup, le (n)PCI contredit 110605---vivanPCIlui-même sa propre position de La Voce de mars 2011 : il se fait électoraliste ; car si ‘bordéliser le système’ peut être une forme tout à fait respectable de lutte, la ‘bordélisation’ des assemblées représentatives ou de l’appareil administratif local est conçue ici comme une véritable ‘attaque au cœur de l’État’ susceptible de déclencher une crise révolutionnaire ; autrement dit, il serait possible d'instaurer le socialisme par la voie électorale et parlementaire’  - ce qui n'est évidemment pas le cas. L’Histoire regorge [et le (n)PCI le rappelle lui-même dans son article en lien ci-dessus] d’exemples où considérer les instances légiférantes électives comme le ‘cœur’ (à ‘attaquer’) du pouvoir d’État capitaliste a conduit d’authentiques Partis révolutionnaires à ‘s’institutionnaliser’ et à devenir réformistes, voire carrément des auxiliaires ‘de gauche’ de la classe dominante : si tel était le cas, ce serait évidemment déplorable de la part des auteurs de tant de textes qui ont (littéralement) forgé la conscience politique de SLP, et du magnifique Manifeste Programme – mais cela n’impliquerait nullement qu’il faille mettre ces textes au pilon, car alors, il faudrait aller au bout de la logique : la dérive du PCF de Thorez impliquerait de rejeter aux ‘poubelles de l’histoire’ Politzer, et même le Komintern de 1919, les écrits de Lénine et Staline, qui ont ‘engendré’ la SFIC ; le révisionnisme de Togliatti et Berlinguer impliquerait de brûler l’œuvre de Gramsci, etc.

    Pour Servir le Peuple, si l’on veut ‘intervenir’ dans le ‘moment électoral’ de la ‘démocratie’ bourgeoise, d’autres pistes peuvent être explorées ; comme, par exemple, puisque ce qui compte n’est pas d’avoir des élu-e-s, mais l’agitation-propagande déployée au cours de la campagne, distribuer et appeler à déposer dans les urnes des bulletins au nom du Parti (un vote NUL, donc), comme cela a déjà pu être fait en Euskadi-Sud face aux ‘illégalisations’ de l’État franquistoïde, ou comme l’a préconisé (vote blanc ou nul) aux dernières élections le PC d’Équateur ‘Comité de Reconstruction’ (dans ce pays, ne pas voter entraîne une amende de 34 dollars, ce qui est énorme et impossible à demander aux masses populaires pauvres).

    solidarietà gaddafiConcernant le ‘campisme’ ‘anti-impérialiste’ du (n)PCI, qui l’amène à soutenir aveuglément le ‘bolivarisme’ de Chavez, mais aussi les Kadhafi et autres Assad ou l’Iran d’Ahmadinejad ‘résistant à l’impérialisme’ (sans voir l’autre côté des choses, leur caractère bourgeois voire féodaliste, leurs contradictions avec les masses populaires, leurs liens avec d’autres puissances que les impérialismes de la ‘Triade’ ouest-européenne/nord-américaine/japonaise), c’est un autre problème, un autre ‘défaut de fabrication’, en réalité très commun dans le mouvement révolutionnaire transalpin (pays 'impérialiste faible', historiquement 'vassalisé' par les impérialismes plus puissants, aujourd'hui US et 'UE' franco-allemand), et qui n’a rien à voir avec un quelconque ‘électoralisme’ – puisque de par le monde, des organisations ‘anti-électoralistes’ peuvent être exactement sur les mêmes positions, et des organisations ‘électoralistes’ (trotskystes, notamment) peuvent être ‘anti-campistes’. Pour le coup, il faut reconnaître aux antécesseurs de l’actuel ‘Voie lactée’ (‘Front social’, ‘Étoile rouge’, ‘Contre-informations’ première formule) le mérite d’avoir, en ‘francophonie’, ‘assaini’ un petit peu le ‘campisme’ qui régnait en maître, dans les Forces subjectives de la Révolution prolétarienne (FSRP), encore autour de l’an 2000 (avec la question du Kosovo et de Milosevic, de l’Irak de Saddam Hussein, etc.).

    20080808182943-simon-bolivar.jpgBref ! En attendant leur ‘brillant’ article qui devrait ‘en finir’ avec les ‘électoralistes putrides’ du (n)PCI (des gens qui, mes petits clowns, en ont vu d’autres, vous pouvez nous croire !), le ‘centre’ ‘mlm’ de Belgique nous gratifie du bon vieil article de Marx sur Simón Bolívar – article de commande, ‘alimentaire’, pour la Nouvelle Encyclopédie Américaine de 1858 ; sans doute le plus mauvais, pour ne pas dire pathétique article du vieux Karl, dénué de tout matérialisme : la faillite du projet politique de Bolívar n’y repose ni plus ni moins que sur la seule personnalité et les faits et gestes de celui-ci ( !), et non sur les conditions matérielles, le niveau des forces productives de l’Amérique latine au 19e siècle, la puissance des féodalités locales etc. ('ce qui est certain', pourrait-on dire en paraphrasant la 'maître', 'c'est que ce texte n'est pas marxiste'...) ; et puis… d’une traduction d’un texte du PC d’Inde (ML) ‘People’s War’ (qui a fusionné en 2004 dans le PC d’Inde maoïste), lequel vient… contredire totalement l’affirmation de leur ‘grands frères’ intello-parisiens, selon laquelle le ‘néocolonialisme’ serait un concept ‘révisionniste’ et ‘anti-maoïste’ (il y est ainsi expliqué qu’en 1963, pour le PC chinois de Mao, Après la Seconde Guerre mondiale, les impérialistes n'ont certainement pas renoncé au colonialisme, mais ils en ont simplement adopté une nouvelle forme, le néocolonialisme. Une caractéristique importante de ce néocolonialisme est que les impérialistes ont été forcés de modifier leur ancien style de domination coloniale directe dans certaines régions et d'adopter un nouveau style de domination et d'exploitation coloniale en s'appuyant sur les agents qu'ils ont sélectionnés et formés’). CQFD… [Le néocolonialisme n’a strictement rien d’un concept ‘révisionniste’ : il s’agit tout simplement des formes particulières (présence militaire, ‘traités inégaux’, dette délirante, contrôle de la monnaie et de quasiment toute l’économie, ambassade et ‘expatriés’ tout-puissants) que revêt la domination d’un pays impérialiste (souvent d’un seul, hégémonique) sur une ancienne colonie directe devenue ‘indépendante’ – exemple type : la ‘Françafrique’. En Amérique latine (pays semi-coloniaux selon Lénine), avec et après les grandes dictatures meurtrières des années 1960-70-80, la domination impérialiste principalement US a pris des traits néocoloniaux particulièrement marqués, sous le nom local de ‘néolibéralisme’ : des pays comme l’Équateur, par exemple, ou encore le Salvador ou le Panama, n’ont plus de monnaie nationale (c’est le dollar US qui a cours), dans d’autres elle existe toujours, mais elle est de fait tombée en désuétude au profit du dollar, ou est indexée sur celui-ci ('dollarisation', comme dans les Caraïbes anglophones ou en Argentine avant la crise de décembre 2001) ; ce qui rapproche leur situation des pays africains de la ‘zone CFA’, monnaie ‘fantoche’ totalement sous contrôle de la Banque de France. Nier une telle chose, pour un 'marxiste', c'est déjà soutenir...]

    chaveznodNul n’a jamais remis en cause la ‘position maoïste classique’ sur le capitalisme bureaucratique. Il y a, dans les pays semi-coloniaux dominés par l’impérialisme, une oligarchie bureaucratique, telle qu’effectivement décrite par Mao et Gonzalo : celle-ci est en réalité une forme spécifique de compradorisme, correspondant à un stade ‘particulièrement avancé’ de la domination impérialiste (pas avant la première moitié du 20e siècle en Amérique latine, pas avant 1945 en Asie et dans les pays arabes, et pas avant les années 1960 en Afrique) ; ‘étatique’ car il faut bien jouer les apparences de l’’indépendance nationale’, et ‘monopoliste’ tout simplement parce que les pays dominés, dans le cadre de la division internationale impérialiste du travail, sont généralement mono- ou oligo-productifs (une seule, ou deux ou trois productions hypertrophiées, comme par exemple la monoculture sucrière à Cuba, maintenue par Castro contre l’avis de Guevara, entraînant le passage de la domination US à la domination soviétique). En Chine, où il a été identifié pour la première fois par Mao, l’on peut dire que le régime de Tchang Kaï-chek (1927-49) commençait à mettre en place un tel capitalisme bureaucratique. Au Pérou, c’est à travers un processus allant des années 1930 à 1970, avec l’épisode particulier du régime militaire ‘pogressiste’ de Velasco Alvarado (1968-75), qui tenta de tourner ce capitalisme bureaucratique ‘vers l’Est’. En Iran, c’est typiquement sous la dynastie Pahlavi (1925-79), capitalisme bureaucratique repris ensuite par le régime des mollahs à travers les Gardiens de la Révolution (gigantesque consortium militaro-bureaucratique). Au Venezuela, l’on peut considérer qu’il se met en place sous le bref gouvernement AD de 1945-48, puis la dictature militaire de Marcos Jimenez Pérez (1948-58) et enfin, se consolide sous le régime puntofijiste (‘pacte’ de Punto Fijo entre les deux partis grands-bourgeois AD ‘social-démocrate’ et COPEI démocrate-chrétien), régime régnant de 1958 à 1999.

    bananeroMais RIEN DE TOUT CELA ne signifie que cette bourgeoisie/oligarchie bureaucratique, pas plus que la classe compradore (les ‘vend-patrie’ concurrentiels et privés, premiers interlocuteurs de l’impérialisme dans tout pays colonisé ou semi-colonisé), ni même les grands propriétaires terriens (latifundistes, semi-féodalité), n'agissent systématiquement EN BLOC, qu’il n’y ait pas de contradictions non seulement entre ces trois classes, mais également au sein de celles-ci, et que puisse y émerger une ‘gauche’ réformiste, une frange prête à ‘tout changer en espérant que rien ne change’, à faire des concessions, face à l’agitation des masses populaires, pour tenter de sauver l’essentiel – sa position de classe, ses privilèges. Et les pays dominés, comme chacun (enfin, chaque – véritable – maoïste ou même léniniste) le sait, se caractérisent par l’existence d’une bourgeoisie nationale, une bourgeoisie (entrepreneuriale ou ‘à capital intellectuel’) dont la domination impérialiste entrave le développement, et qui salive à l’idée d’accéder aux ‘hautes sphères’ – une partie, cependant, authentiquement progressiste, pouvant rejoindre la classe ouvrière et la paysannerie affamée dans le Front uni du Parti du prolétariat. Si un mouvement de masse permet de porter une partie de cette bourgeoisie nationale (qui le ‘chevauche’) vers les centres du pouvoir, et qu’une frange réformiste suffisante de la haute bourgeoisie bureaucratique (et compradore, et latifundiste) lui ‘ouvre la porte’ pour sauver sa position – ou ‘rétrocède tactiquement’ pour préparer un ‘retour en force’ golpiste, ou tout simplement un retour électoral si les bourgeois nationaux ‘foirent’ et s’empêtrent dans leurs contradictions… nous avons TOUT SIMPLEMENT ce qu’il s’est produit au Venezuela en 1998 – et ce qui a tenté de se produire en avril 2002, dont il est d’ailleurs curieux, en passant, que les dénonciateurs gauchistes de ‘Chavez-le-fasciste’ ne parlent JAMAIS.

    Vladimir-Poutine-et-Hugo-Chavez.jpgÀ cela s’ajoutent, effectivement, les contradictions inter-impérialistes : pour ‘chevaucher’ et ‘canaliser’ le ‘mouvement social’ populaire, les bourgeois nationaux (futurs nouveaux bourgeois bureaucratiques) et les franges réformistes-pragmatiques de l’oligarchie bureaucratique (et compradore, et latifundiste) vont devoir rééquilibrer la contradiction entre caractère national de la production et appropriation impérialiste du produit. Lorsqu’un pays est historiquement sous la domination quasi exclusive d’une puissance ou d’un bloc impérialiste, comme le Venezuela de 1999 vis-à-vis des États-Unis ou la Côte d’Ivoire de Laurent Gbagbo vis-à-vis de l’impérialisme BBR, forte va être la tentation de se tourner vers les puissances ou les blocs impérialistes concurrents, lesquels vont parfois être enclins à des concessions importantes, sur les contrats, les prêts etc., pour nuire à leurs rivaux ["Ce qui est l’essence même de l’impérialisme, c’est la rivalité de plusieurs grandes puissances tendant à l’hégémonie, c’est-à-dire à la conquête de territoires - non pas tant pour elles-mêmes que pour affaiblir l’adversaire et saper son hégémonie" - Lénine, L'impérialisme, stade suprême du capitalisme]. Le nationalisme bourgeois incapable, à l'ère et dans le cadre du système impérialiste mondial, de conquérir pour ces pays une véritable 'indépendance nationale', est ainsi systématiquement voué à se 'raccrocher aux branches' des rivalités entre grandes puissances...

    preview-manifeste-programme-du-nuovo-pci-1Rien de tout cela n’a jamais été remis en cause par Servir le Peuple, la problématique ne s’est jamais située ici – nous y reviendrons. Et SLP n'a jamais eu aucun problème à critiquer les positions 'borgnes' d'organisations comme le PC des Philippines ou le (n)PCI, positions qui ne voient que le 'bon côté' du phénomène 'bolivarien' - les améliorations sociales (immédiates et indéniables) pour les masses ; la 'rupture' avec la servilité des gouvernements précédents vis-à-vis des impérialistes ouest-européens, nord-américains et japonais (la 'Triade'), du FMI, de la Banque mondiale ; etc. Le (n)PCI tombe ici, encore une fois, dans un 'travers' qu'il dénonce lui-même (si l'on considère le nationaliste bourgeois Chavez comme un représentant de la 'gauche bourgeoise' mondiale, ou en tout cas, quelque chose d'assimilable) dans son lumineux Manifeste Programme : "Les réformistes et la gauche bourgeoise sont les propagateurs de l'influence de la bourgeoisie dans les rangs du mouvement communiste. Ils ne sont un danger pour notre cause que dans la seule mesure où ils réussissent à influencer la conduite du Parti communiste, à alimenter dans nos rangs l'opportunisme et le révisionnisme par émulation, timidité idéologique ou corruption, ou le sectarisme et le dogmatisme par réaction défensive : en somme, dans la mesure où ils parviennent à agir sur nos contradictions internes" - les tenants dogmato-gauchistes de 'Chavez-le-fasciste' représentant l'autre travers ; travers qui sont TOUS DEUX des stigmates de la 'Fin de l'Histoire', des reflets du grand 'creux de la vague' stratégique traversé par le mouvement communiste international entre les années 1980 et 2000, dont nous commençons tout juste à sortir (il est d'ailleurs significatif que cette période ait connu deux grandes Guerres populaires - Pérou et Népal - et que l'une ait péri du second travers, l'autre du premier).

    Il y a des personnes dont, quelles que puissent être les divergences que l'on peut avoir avec elles, l’on n’aimerait pas être à la place ; et SLP n'aimerait vraiment pas être à la place du collectif cantabre Odio de Clase en ce moment... Après s'être mis à dos (à grand renfort d'insultes politiques et d'invectives rageuses) toutes les organisations marxistes-léninistes et maoïstes de l'État espagnol sur la question du Népal (rejoignant là la ligne internationale gauchiste, dogmatique et anti-dialectique), sauf l'OCBR de Castille qui s'est récemment... dissoute, et Reconstruction Communiste qui est hoxhiste ; ainsi que les 'centristes' (VRAIS maoïstes) de tous les pays, notamment le PCm d'Italie ; les voilà désormais 'lâchés' par leurs 'amis' internationaux de la 'croisade anti-centriste' (surtout après avoir traité les Équatoriens de 'trotskystes', ce qui n'a certainement pas été apprécié...), pour avoir pris une position (pour une fois) JUSTE, léniniste, sur la nature nationaliste bourgeoise réformiste de Chavez, contre la position noire de 'Chavez = fasciste', au service objectif de l'ultradroite oligarchique, de l'impérialisme US et de ses alliés... En revanche, SLP ne partage évidemment pas leur position du collectif sur la Syrie ou (hier) la Libye... mais là, par contre, il y a du cocasse à voir le 'p''c''mlm' critiquer OdC ! Car, pour le coup, tels des… Chavez, ce n’est pas seulement aux satrapes roulant des mécaniques ‘anti-impérialistes’ (Kadhafi, Assad) que ces derniers avaient apporté leur soutien ‘contre des mouvements totalement pilotés par l’impérialisme’, mais à TOUS les despotes arabes, déniant toute légitimité aux révoltes populaires de 2011 à nos jours…

    L’on se demande, réellement, ce qu'il y a de si compliqué (pour de prétendus communistes) à se placer systématiquement DANS LE CAMP DU PEUPLE. Effectivement, l'on peut dire que tout ce qu'a fait Chavez en 14 ans de pouvoir, c'est de permettre à un certain nombre de bourgeois nationaux de se 'placer' en lieu et place de l'oligarchie bureaucratique (type PDVSA) de 1998, la vieille oligarchie bureaucratique puntofijiste AD-COPEI, qu'il a balayée ; ceci en se tournant vers de nouveaux partenaires impérialistes et 'émergents' (‘BRICS’, Iran etc.) : c’est la fameuse boli-bourgeoisie, que personne, au Venezuela, n’a attendu le ‘p’’c’’mlm’ et ses amis internationaux pour dénoncer.

    Relatives-of-victims-of-General-Augusto-Pinochets-military-Mais le 'problème', pour nous, n'a jamais été de contester cela. Le problème, c'est ce que le RETOUR, en force, de la vieille bourgeoisie bureaucratique (celle liée aux USA), promettait aux masses populaires vénézuéliennes : le pinochétisme. Que Chavez lui-même soit emprisonné, exilé, fusillé ou pendu par les couilles, on s'en tape ! C’est AU NOM DU PEUPLE que Servir le Peuple a défini et toujours suivi sa ligne de ‘soutenir’ (refuser le renversement) les régimes ‘bolivariens’ contre les menées d’ultra-droite ‘pinochétistes’, au Venezuela (où cela s’était ‘calmé’ lors de la naissance du site, en octobre 2009) comme en Bolivie (où il y avait encore des menées d’extrême-droite) ou encore au Honduras avec le coup d’État de juin 2009, dont l’oligarchie réactionnaire commanditaire est aujourd’hui au pouvoir (‘Pepe’ Lobo). Or une telle position est impossible si l’on qualifie Chavez de ‘fasciste’, car ‘fasciste’ a une signification léniniste : cela signifie que TOUTE AUTRE FORME de gouvernement de la classe dominante est, ‘à tout prendre’, ‘moins pire’ pour les masses populaires que le régime de Chavez. Cela signifie, clairement, que la réussite du coup d’État d’avril 2002 aurait été un ‘moindre mal’ pour les ouvriers, les paysans et toutes les classes laborieuses exploitées du Venezuela. Il faut avoir l’honnêteté intellectuelle de le dire en ces termes. Les PC d’Équateur CR et ‘Sol Rojo’ ont pu, ces dernières années, adopter des positions plus léninistes (donc maoïstes) et moins délirantes que d’autres groupuscules de leur ‘internationale ligne rouge’ de pieds-nickelés ; mais nous serions curieux de voir ce qu’ils expliqueront aux masses le jour (si tel est le cas) où le ‘fasciste’ Correa, ne ‘tenant’ plus celles-ci, sera éjecté et remplacé par le VRAI fascisme d’un Pinochet/Videla équatorien… C'est là une position GRAVE, DANGEREUSE, servant OBJECTIVEMENT les plans de la réaction la plus noire, et désarmant les classes populaires d'Amérique latine face à leur pire ennemi. Et affirmer, comme le fait ‘Voie lactée’, que ‘les pays opprimés sont  (tous sans exception, sous-entendu) des pays fascistes - un fascisme bien sûr très différent de la version qui peut exister dans les pays impérialistes’, même s’il est vrai que ces pays sont souvent, par nature, beaucoup plus répressifs que les métropoles impérialistes (l’appareil politico-militaire étatique est principal dans le contrôle des masses, la ‘société civile’ est très secondaire), c’est interdire par avance tout ‘jeu’ tactique mettant à profit les contradictions au sein des classes dominantes de ces pays ; ‘jeu’ qui est ‘riche’ en potentialités révisionnistes, certes (lorsque la direction des classes opprimées se met à la remorque d’une fraction ‘libérale’ ou ‘réformiste’ des classes dominantes, comme au Népal), mais sans lequel aucune lutte révolutionnaire de longue durée ne peut avancer et espérer – un jour – triompher. C’est, peut-être, une telle ‘souplesse’ tactique qui a fait défaut à la Guerre populaire du Pérou et l’a conduite à la défaite, dans les années 1990, après des progrès fulgurants entre 1985 et 1992.

    Assad-l-assassin.jpgAssad, lui, est peut-être de la même engeance bureaucratique que Chavez, d’où leur amitié : l’on peut dire en effet, dans un sens, que son père a pris le contrôle du capitalisme bureaucratique en Syrie, en 1970 – et l’a alors arrimé à l’URSS et à la ‘politique arabe’ BBR gaulliste, tout en ‘rectifiant’ par la droite le ‘processus national-progressiste’ de Salah Jedid, au pouvoir les années précédentes, qui voulait notamment accueillir la résistance palestinienne chassée de Jordanie, ce qu’Assad père refusait ('meilleur ennemi' d'Israël jusqu'au bout des ongles...). Et il est tout aussi vrai que les courants majoritaires de la rébellion (CNS, ASL, salafistes) ne promettent guère un avenir plus radieux aux masses populaires syriennes. Mais à la base, il y a une légitime révolte populaire contre le régime, l'oligarchie bureaucratique en place depuis plus de 40 ans, et ce 'paramètre' ne peut pas être ignoré dans un raisonnement communiste conséquent – quand bien même, ensuite, faute de direction révolutionnaire conséquente, les différentes fractions de la bourgeoisie anti-Assad auraient pris la tête du mouvement et se seraient vendues aux impérialistes (US, ouest-européen) et aux puissances locales (Turquie, Arabie saoudite, Qatar) les plus 'offrantes' pour prendre la place du despotisme baathiste, historiquement lié à la Russie et plus récemment à la Chine, à l’Iran etc.

    En niant cette contradiction entre régimes et masses, contradiction devenue d’un antagonisme irréversible – l’on voit mal comment le régime syrien, par exemple, s’il venait à se sortir de la situation actuelle (ce qui est totalement utopique), pourrait reprendre son ‘cours normal’ des dernières décennies ; l’’internationale ligne rouge’ du ‘p’’c’’mlm’ fait montre d’un ‘campisme’ qu’elle rejette lorsqu’il s’agit des ‘bolivarismes’ et autres ‘gauches’ bourgeoises latino-américaines, lesquelles ne sont pourtant pas en train de massacrer leur population comme le faisaient Kadhafi mais aussi Ben Ali et Moubarak (puisqu’ils dénient là aussi toute légitimité à la révolte), et continue à la faire Assad, même si ses adversaires ASL et salafistes ne valent sans doute guère mieux… on n’y comprend plus grand-chose ! À l’heure où le nouveau ‘souverain pontife’ fait face à une virulente polémique quand à son rôle sous la dictature argentine de 1976-83, l’on se demande à grand-peine où sont les milliers de morts et de ‘disparus’ des tumblr_mjmfzvwDKC1rzsrldo1_500.jpg‘fascistes’ Chavez, Morales, Correa ou Ortega, torturés à mort, abattus et enterrés dans les bois ou jetés d’hélicoptère dans la mer ; les villages entiers atrocement massacrés (comme par les 'autodéfenses unies' paramilitaires colombiennes ou les 'kaibiles' du Guatemala), etc. : c'est CELA, le fascisme en Amérique latine (comme d'ailleurs dans les États réactionnaires arabes) !

    On n’y comprend plus grand-chose… sinon, non sans un certain frisson dans le dos, qu’entre les ‘gauches populistes’ latino-américaines, les ‘islamistes’ qui profitent de l’’appel d’air’ provoqué par la chute des autocrates arabes (seule explication que l’on voit à la position ‘surprise’ du 'p''c''mlm' sur Kadhafi et Assad), les maoïstes du Népal et maintenant (sans guère plus de retenue) d’Inde, nos tenants de la ‘ligne rouge internationale’ semblent en fait totalement partager leur ‘pandémonium’ avec… la ‘droite radicale’ de type ‘néocon-occidentaliste’, de type Dreuz.info, Euro-reconquista etc. Ceci, en s’appuyant prétendument sur le ‘maoïsme classique’ d’organisations affrontant – avec dogmatisme selon nous – les forces politiques ‘bolivariennes’ ou ‘islamistes’ dans leurs pays respectifs, ce qui, pour le coup, ne manque pas de sel ‘cosmopolite’. Sur les pays arabes, leur position est en fait un classique du gauchisme (trotskyste, par exemple) : lancer un mot d’ordre ‘ultra-puriste’ – révolution démocratique arabe – en niant à quelque évènement, quelque lutte que ce soit, le caractère d’étape (ou de possible étape) vers ce but ultime, le vidant ainsi de tout contenu concret, de toute réalisabilité, pour en faire un slogan creux. Ainsi, le 'p''c''mlm' est 'évidemment antisioniste', mais la ‘seule solution’ à l’occupation sioniste de la Palestine est la ‘révolution démocratique arabe’, et en attendant c’est sur les (rares dernières) forces combattant concrètement le sionisme que le ‘p’’c’’mlm’ déverse régulièrement sa bile – puisqu'aucune de ces organisations n'est 'purement' maoïste, voire même simplement marxiste. arab-revolution-2303Quant aux justes révoltes populaires contre les satrapes de tout poil (et de tout 'bord' géopolitique), n'étant pas la pure ‘révolution démocratique arabe’ tant escomptée, dirigée par un Parti maoïste ('sans le Parti, il n'y a rien !'), elles n'ont bien sûr aucune chance de trouver grâce à leurs yeux : autant dire qu'avec des 'Partis de la science MLM' comme cela, les despotes valets de l'impérialisme peuvent dormir tranquille... Voilà bien une méthode fort subtile pour défendre, objectivement, le statu quo dans les pays arabes et musulmans qui, du Sahara occidental à l'Iran, sont la ceinture de feu de la 'forteresse' impérialiste Europe ! [Sur l’État turc et le PKK, il est 'intéressant' de les voir aujourd'hui reprendre dans les grandes lignes l'analyse de Servir le Peuple datant de juin 2010 ; en revanche, il est totalement ridicule d'affirmer que le MLN kurde se résume au PKK et encore moins à Öçalan, qui ne contrôle même pas toutes les factions du PKK : le MLNK existe depuis la fin de l'Empire ottoman, en 1920, et le PKK d'Öçalan n'a été que son expression particulière dans les années 1980-2000.]

    Mais bon… rien de bien étonnant, lorsque l’on connaît le passé pour le moins sioniste de droite (et l’absence totale d’autocritique à ce sujet) du ‘génie éclairé’ qui prétend diriger le ‘Parti de la science MLM’. 

    Quoi qu’il en soit, comme l’on peut encore le voir avec la dernière publication du ‘centre mlm’ sur le néocolonialisme, la pseudo petite ‘internationale-plus-rouge-que-moi-tu-meurs’ du ‘p’’c’’mlm’ et consorts, comme TOUJOURS le gauchisme à travers toute l’histoire du mouvement communiste, est en train d’exploser inexorablement sous ses contradictions, en un véritable panier de crabes. De leur côté, les maoïstes authentiques et conséquents, impliqués dans le mouvement réel des luttes de classe (‘syndicalisme révolutionnaire’ selon nos super-ultra-rouges-de-la-galaxie) et les Guerres populaires (ou le soutien internationaliste – ‘cosmopolite’ – à celles-ci) à travers le monde, construisent patiemment le mouvement communiste international du 21e siècle qui saura faire face aux immenses tâches de la Nouvelle Vague Révolutionnaire Mondiale.

     

    portada de Revolución Obrerra 344PS : l'UOC-MLM de Colombie a 'rendu sa copie', et c'est non sans une certaine surprise que nous trouvons leur position éminemment CORRECTE. Chavez y est correctement qualifié de RÉFORMISTE, la critique de sa politique, non sans une pointe de gauchisme, est la critique léniniste classique du réformisme (que l'on retrouve aussi bien chez les ML et les maoïstes que chez les trotskystes) ; le 'chavisme', SURTOUT, est reconnu comme un PHÉNOMÈNE POLITIQUE DE MASSE que des communistes ne peuvent ignorer et, dans l'avant dernier paragraphe, il est même dit une chose très intéressante : "Le réformisme bourgeois bolivarien au Venezuela, tout en détournant le peuple d'une véritable révolution, ne pouvait pas supprimer la nécessité d'une telle révolution. Il a de fait servi à affiner davantage la lutte des classes, à amener davantage le Peuple aux problèmes de la politique, du pouvoir et de l’État, ce qui a contribué à fertiliser le terrain pour le travail des révolutionnaires authentiques, pour l'activité politique portant les véritables idées du socialisme au Peuple vénézuélien, pour guider le processus qui doit inévitablement abattre le pouvoir des classes réactionnaires et construire un nouvel État des ouvriers et des paysans vers le vrai socialisme dirigé par le prolétariat"... !!! Nous n'aurions pas dit mieux, ni autrement : si les 14 années de 'chavisme' ont eu d'indéniables aspects de 'frein' à l'émancipation révolutionnaires des masses, elles auront aussi été, pour celles-ci, une ÉCOLE DE RÉVOLUTION - si le (n)PCI disait les choses ainsi, nous serions totalement d'accord. Abstraction faite d'une certaine 'tonalité gauchiste générale' du texte (notamment le renvoi dos à dos avec le régime colombien qui, lui, est typiquement 'fasciste du 21e siècle'), SLP peut dire qu'il partage cette analyse dans les grandes lignes...

     


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  • Marx Lenin EngelsDepuis les origines du marxisme et de l’époque de la révolution prolétarienne, et – en tout cas – clairement depuis le stade léniniste du développement de la science marxiste, il est communément admis que la révolution émancipatrice du prolétariat et des masses populaires a, en plus de l’ennemi de classe (la bourgeoisie capitaliste et son État, les forces contre-révolutionnaires), deux ‘ennemis internes’ qui entravent son avancée vers la victoire : l’opportunisme et le gauchisme. Lénine a, littéralement, forgé le léninisme et le Parti bolchevik dans la lutte contre l’opportunisme (réformiste, social-chauvin etc.) qui rongeait à son époque la 2e Internationale. Concernant le gauchisme, son ouvrage de référence (la Maladie infantile du communisme, 1920) aborde surtout la question des ‘communistes de conseil’ qui, au nom du ‘pouvoir ouvrier’, rejettent le rôle du Parti (l’avant-garde la plus consciente et organisée des classes exploitées) dans la mobilisation révolutionnaire des masses vers le communisme ; mais aussi celle du refus ('puéril'), par certains éléments du mouvement communiste (en Allemagne, Hollande, Grande-Bretagne etc.), au nom de la 'pureté des principes', de participer aux élections bourgeoises et aux syndicats réformistes, alors même que les masses croient encore largement en ces instruments d'encadrement de leurs luttes par la bourgeoisie. Il est possible, en réalité, d’élargir cette analyse à toutes les forces agissantes qui ont une compréhension dogmatique de la science marxiste, persuadées d’en détenir la meilleure compréhension et d’en être les ‘gardiennes absolues’ ; et une attitude sectaire (‘chauvinisme d’organisation’) et 'puriste' ('nous et nous seuls possédons la juste compréhension du socialisme scientifique') vis-à-vis des autres forces du mouvement révolutionnaire et du mouvement social organisé en général, et vis-à-vis des masses populaires ‘en marche’ vers la conscience révolutionnaire de leurs intérêts de classe : nous appellerons ces forces les ‘dogmato-sectaires’, ou simplement, les ‘sectaires’. D'une manière générale, l'on pourrait élargir l'analyse léniniste à la dichotomie suivante : opportunisme = tout ce qui, au lieu de guider le mouvement réel de la lutte de classe vers la révolution et le communisme, se place à sa remorque en le maintient dans les limites de l''acceptable' pour la classe dominante ; gauchisme = tout ce qui, par aventurisme, ultra-radicalisme 'plus révolutionnaire que moi tu meurs', dogmatisme, sectarisme, et dans tous les cas compréhension erronée du monde, des contradictions motrices et du mouvement réel (en version "on est les seul-e-s vrai-e-s de vrai-e-s"), agit comme une force 'stérile', voire de répulsion vis-à-vis des masses exploitées en lutte, et non comme une force d'attraction et de direction sur le chemin de la révolution.

    Une autre (dure) loi historique est que, dans les périodes où le mouvement émancipateur du prolétariat et des masses populaires est sur la défensive, en reflux stratégique, comme c’est le cas depuis 25 ou 30 ans, ces deux forces (opportunisme et gauchisme dogmato-sectaire) qui prennent en tenaille le mouvement tendent à l’hypertrophie, car elles sont perçues dans les franges les plus avancées des masses, l’une comme un ‘mieux que rien’, l’autre comme un réflexe de défense (c’est, nous y reviendrons, la conception erronée selon laquelle, lorsqu’un mouvement révolutionnaire et l’idéologie pce - cartellqui le guide subissent une défaite, la cause principale en est dans les assauts de l’ennemi et – surtout – dans les ‘traîtres’, les ‘cinquième colonnes’ en son sein, et non dans les faiblesses et les limites de l’idéologie-guide elle-même).

    La Commune de Paris fut écrasée au bout de 73 jours, enterrant du même coup le ‘rêve’ que la phase avancée, démocratique de la révolution bourgeoise puisse ‘embrayer’ immédiatement sur la révolution socialiste du prolétariat organisé ; tandis que 60 années séparent la Révolution d’Octobre 1917 de la contre-révolution denguiste en Chine et de la ‘Constitution du Peuple tout entier’ en URSS (triomphe à la romaine du révisionnisme), début d’un processus de reflux stratégique mondial conduisant à la capture de Gonzalo et à la défaite de la Guerre populaire au Pérou, au baisser du drapeau rouge sur le Kremlin, au triomphe des ‘accords de paix’ en Afrique australe, en Amérique centrale, au Proche-Orient etc., et à la proclamation de la ‘Fin de l’Histoire’ par le ‘néolibéral’ Fukuyama. Mais nous vivons, à vrai dire, une époque assez similaire à celle (la ‘Belle époque’) qui a suivi, dans le ‘monde civilisé’, les fusillades de la Semaine sanglante : un capitalisme en crise générale, structurelle, de son mode de fonctionnement même (1873-1945, et depuis le début des années 1970), et plongé dans une fuite en avant militariste et une ‘guerre civile non-déclarée’ contre les masses laborieuses ; et en face… En face, il est possible de paraphraser ce que disait Lénine au sujet des attentats anarchistes individualistes qui, à son époque, frappaient régulièrement présidents, ministres et autres têtes couronnées (ces anarchistes avaient cependant, au moins, le mérite de traduire leurs idées en actes…) : le gauchisme (dans sa composante dogmato-sectaire comme dans sa composante aventuriste insurrectionnaliste) est la RANÇON de l’opportunisme et de la trahison des réformistes qui se sont mis à la tête des masses en lutte pour leur émancipation. Là est la racine historique de l’étau qui enserre le mouvement révolutionnaire du prolétariat et des classes populaires, et que celui-ci doit parvenir à briser.

    pcf bbrÀ cela s’ajoutent des facteurs liés à l’histoire et à la ‘formation psychique’ de chaque pays du monde. Par exemple, dans l’État bourgeois où nous nous trouvons, la ‘République française’ (‘une et indivisible’), il y a le facteur historique de la confusion entre la ‘pointe’ démocratique radicale de la révolution bourgeoise (été 1793 - été 1794), et le début d’une révolution prolétarienne ; d’où la vision, répandue, de la révolution socialiste en Hexagone comme ‘point final’ au processus commencé par la 1ère République, le poison du jacobinisme, du social-républicanisme, du social-patriotisme, de la posture ‘social-cocardière’ qui nourrit en abondance les courants opportunistes (comme les ‘communistes’ du Front de Gauche, les 'orthodoxes' marchaisiens à la André Gerin, ou les ultra-chauvins du PRCF, qui n'hésitent pas à frayer avec des 'souverainistes' réactionnaires dans le 'Comité Valmy'). Ou encore, si l’on ne perd pas de vue que la ‘France’ ‘laïque’ a été le berceau du catholicisme démocratique et social (avec Lammenais), la vision du marxisme comme un ‘humanisme radical’ (et non comme un dépassement, par la scientificité matérialiste, de l’humanisme démocratique idéaliste des révolutions bourgeoises), vision idéaliste qui a pu conduire assez loin un certain Roger Garaudy, par exemple : 'communiste' se définissant comme un 'humaniste radical' avant de revenir à une vision religieuse du monde (catholicisme, puis islam), incapable de comprendre que ce sont les conditions matérielles qui ont fait des Juifs persécutés d’Europe, une fois installés comme colons en Palestine, FRANCE---PRCF-30-Septembre-2012des oppresseurs, il n’a pu trouver de porte de sortie à cette quadrature du cercle que dans la négation du génocide des Juifs par les nazis, qui aurait été une ‘invention’ des impérialistes vainqueurs et des sionistes pour 'justifier la création d’Israël'. Il y a aussi les lignes contradictoires de la bourgeoisie impérialiste sur les ‘questions internationales’, liées à la situation spécifique de l’impérialisme BBR : un ‘impérialisme Poulidor’, ‘éternel second’ depuis qu’il est impérialisme (depuis le Second Empire), jamais première puissance mondiale (jusqu’en 1940, c’était l’Empire britannique, depuis 1945, c’est l’impérialisme US) ; et donc, ‘écartelé’ entre sa position d’impérialisme face aux ‘émergents’ aujourd’hui et au bloc social-impérialiste soviétique hier, aux nationalismes bourgeois, sans même parler des mouvements révolutionnaires de libération ; et son rapport tourmenté au ‘n°1 mondial’… Une ambivalence dans le positionnement international qui permet, du coup, à des révisionnistes et des ‘radicaux’ de tout poil (parfois rejoints par des ‘marxistes-léninistes’ voire des ‘maoïstes’…), de se faire passer pour ‘anti-impérialistes’ alors qu’ils se font en réalité, en soutenant tel ou tel régime ‘victime de l’Empire’ (= de l’impérialisme US), les porte-voix des courants ‘anti-atlantistes’ des monopoles BBR, hostiles à l’hégémonie mondiale US et aux courants impérialistes hexagonaux 'alignés' sur l'Oncle Sam.

    Jean Paul SartreVoilà (globalement) pour l’opportunisme, le révisionnisme, le social-républicanisme et le social-chauvinisme ; mais le gauchisme dogmato-sectaire a lui aussi ses racines, profondes, dans les spécificités culturelles ‘françaises’ : tout ce qui précède a, en effet, profondément imprégné les dirigeants issus de la classe ouvrière (en fait, plutôt de son aristocratie), les maintenant, au bout du compte, dans les limites d’un social-républicanisme et d’un trade-unionisme ‘radical’, et laissant, de ce fait, le champ libre de la ‘radicalité révolutionnaire’ aux intellectuels, au ‘monde universitaire’, enseignant, 'lettré’ etc. qui est, il ne faut pas l’oublier, une ‘institution-pilier’ de l’édifice idéologique BBR, mais aussi un ‘vivarium de sécurité’ dans lequel la classe dominante maintient les drôles de bêtes (potentiellement) venimeuses de la ‘radicalité critique’, qui peut ainsi s’exprimer (‘on est en démocratie, tout de même !’) sans trop menacer l'ordre social existant. Bien sûr, lorsqu’ils sont ‘connus’, lorsqu’ils rencontrent succès et écho de masse (en plus de l’ascension professionnelle, des chaires universitaires, des conférences grassement rémunérées etc.), ces intellectuels passent presque sans exception dans le champ de l’opportunisme (généralement, version ‘humanisme radical’, ‘ultra-démocrate’). Mais les ‘pas connus’, les ‘obscurs’, comme nous y reviendrons ci-après, forment réellement la base sociale du dogmato-sectarisme.

    Cela, en tout cas, fait que le gauchisme et, en particulier, le gauchisme dogmato-sectaire, est réellement (historiquement) un fléau en ‘France’ plus qu’ailleurs, pour ces raisons d’héritage historique précises : la prépondérance, l’hypertrophie du rôle des intellectuels dans l’histoire en mouvement, déjà à l’époque de la révolution bourgeoise (1750-1870), avec l’importance des ‘philosophes’, juristes et ‘hommes de lettres’ par rapport à la classe révolutionnaire bourgeoise proprement dite (entrepreneurs, paysans aisés, capitalistes urbains et ruraux), si l’on compare par exemple avec les révolutions benny-levy.1195736004anglaises ou la révolution américaine (avant tout menées par des chefs d’entreprises, des négociants, des ‘planteurs’ agro-capitalistes), et, par la suite, à l’époque de la révolution prolétarienne, dès l’émergence (années 1830-40) de la ‘question sociale’. Une prépondérance liée à la fonction sociale quasi sacralisée du ‘monde des idées’, des 'lettrés’, des 'ouvriers de la pensée’ (comme certains allèrent jusqu’à se définir eux-mêmes...) au pays de Descartes (cogito ergo sum, ‘je pense, donc je suis’).

    C’est dans cette perspective qu’est rédigé l’article qui suit ; lequel permettra en même temps (la critique communiste se devant d’être constructive) d’aborder quelques points essentiels du matérialisme dialectique. C’est là, encore une fois, une bataille de CONCEPTION et de COMPRÉHENSION (communiste) DU MONDE – en l’occurrence, plus particulièrement, du phénomène ‘révolution prolétarienne’, ‘négation du capitalisme par le communisme’. Ceci est le rôle d’un média révolutionnaire ; ce qu’est Servir le Peuple.

    En finir avec le dogmato-sectarisme est une tâche essentielle pour la renaissance du mouvement communiste ! 

    1. L’ignorance dogmato-sectaire de la concentricité des forces populaires en lutte contre le capitalisme.

    Un trait caractéristique du sectarisme, c’est que son activité consiste, en fin de compte, à tirer à ‘boulets rouges’ sur… TOUTES les forces révolutionnaires et progressistes qui ne relèvent pas de sa petite chapelle ; bien plus que sur l’ennemi de classe – les dominants, exploiteurs et oppresseurs des classes populaires travailleuses. C’est une attitude absolument lamentable et, sans doute, l'un des principaux facteurs qui détourne les larges masses du peuple de s’engager dans le chemin de la révolution. Pour se comporter ainsi, déjà faudrait-il (c’est bien la moindre des choses) avoir une conception correcte de la société future que nous voulons et du chemin pour y parvenir, et une compréhension correcte du monde qui nous entoure et de son histoire – ce qui n’est pour ainsi dire jamais le cas. Mais même, en admettant, qu’une quelconque organisation ait la compréhension et la conception du monde et de la révolution la plus parfaite que permette la science marxiste à ce jour... est-ce là une attitude correcte ? NON, cela ne l’est pas, et nous allons voir pourquoi.

    Ce que ne comprennent pas les sectaires, en réalité, c’est la CONCENTRICITÉ du ‘niveau de conscience’ révolutionnaire, dans les forces organisées du prolétariat et des masses populaires qui cherchent une porte de sortie à l’enfer quotidien imposé par un capitalisme en pourrissement généralisé. Voilà bien un élément, dont une caractéristique du sectarisme est de ne tenir aucun compte : dans le mouvement réel de la classe ouvrière et des autres classes laborieuses exploitées/opprimées, mouvement réel guidé en dernière analyse, comme nous l’enseigne Marx, par le souci de la reproduction des conditions matérielles d’existence, il y a en quelque sorte des cercles concentriques, sur la base d’un principe fondamental du marxisme : la loi du développement inégal – ici, développement inégal de la conscience de classe et de la compréhension matérialiste-dialectique du monde.

    class ouvrière noussommeslepouvIl y a ce que l’on appelle classiquement, en langage marxiste, le mouvement ouvrier organisé (qui va, en réalité, au-delà de la classe ouvrière au sens strict, concernant toutes les classes populaires laborieuses et exploitées, et même, dans une certaine mesure, des éléments de classes non-salariées frappés par la prolétarisation). Dans sa grande majorité, et aujourd’hui plus que jamais, ce mouvement est de nature réformiste : c’est-à-dire qu’il ne voit pas d’horizon au-delà du capitalisme, pas d’autre société possible, mais souhaite simplement une société capitaliste plus humaine (‘l’humain d’abord !’, comme le clamait le slogan de campagne du Front de Gauche). Ce mouvement réformiste est souvent sous une direction petite-bourgeoise (petits fonctionnaires, aristocrates-ouvriers, travailleurs intellectuels divers etc.), mais nous ne sommes pas des trotskystes pour penser que tout se résume à ‘un problème de direction’ : au contraire, ce serait plutôt la faiblesse (réformiste) de la conscience de classe qui permet à ces éléments (qui ne veulent pas, de par leurs intérêts de classe, vraiment rompre avec le capitalisme, mais seulement l’’humaniser’) de prendre la tête du mouvement, dont ils sont jugés ‘plus aptes’ (avec leur ‘capital intellectuel’) à porter les revendications.

    Et puis, au milieu de tout cela, il y a les révolutionnaires : ceux et celles qui veulent réellement abattre le capitalisme et instaurer un nouveau type de société. Mais, parmi ces révolutionnaires, tous ne sont pas marxistes : il y a des libertaires, il y a ce que d’aucuns appelleraient des ‘syndicalistes révolutionnaires’ ; bref, appelons-les des ‘anticapitalistes divers’. D’une manière générale, les révisionnistes (les personnes qui militent dans les PC ‘historiques’, comme le PCF, ou dans des scissions de celui-ci postérieure à 1990), ou encore, les vieilles organisations se réclamant du trotskysme (cela ne veut plus dire grand-chose aujourd'hui), type NPA ou LO, se situent en quelque sorte à cheval entre un réformisme radical et un ‘anticapitalisme’ de type syndicaliste-révolutionnaire.

    Et puis, encore au milieu de cela, il y a les marxistes… mais tous les marxistes ne sont pas maoïstes. Il y en a qui se réclament des thèses de Léon Trotsky ; il y en a qui se réclament essentiellement de l’expérience soviétique, certains jusqu’à la perestroïka de Gorbatchev (1986-90), d’autres seulement jusqu’à la ‘déstalinisation’ de Khrouchtchev (1956-58), d’autres encore considérant qu’il y a un lent processus de dégénérescence entre les deux ; il y en a qui se réclament exclusivement de la direction de Joseph Staline en URSS et d’Enver Hoxha en Albanie ; d’autres qui ne jurent que par le ‘modèle cubain’ ; d’autres qui se réfèrent à Lénine et rejettent tout ce qu’il y a eu après sa mort, sans pour autant adopter les thèses de Trotsky ; d’autres qui ont une approche critique de Lénine lui-même en se basant sur Rosa Luxemburg et les ‘spartakistes’ allemands, sur Bordiga etc. Il y en a qui se réclament de Mao Zedong, mais qui n’ont pas intégré la critique maoïste de l’expérience soviétique sous la direction de Joseph Staline : ils rejettent la ligne révisionniste qui a dirigé l’URSS à partir des années 1950, mais ils ne voient pas, ou refusent de voir, les racines de celle-ci dans la période qui a précédé… Bref.

    IndianMaoistsC’est donc seulement tout au milieu de tout cela qu’il y a nous, les marxistes-léninistes-maoïstes : la pointe la plus avancée du ‘mouvement ouvrier’ révolutionnaire, dotée de la conscience la plus avancée, de la meilleure compréhension du monde qui nous entoure, sur la base du développement le plus élevé du matérialisme dialectique et du socialisme scientifique marxiste, qu’est le maoïsme.

    Et donc… que doivent faire ces maoïstes ? Doivent-ils rejeter en bloc tou-te-s ceux et celles qui ne le sont pas ? La réponse est évidemment NON. Leur rôle de pointe la plus avancée du mouvement ouvrier/populaire révolutionnaire marxiste est, au contraire, par leur agitation et leur propagande, par la diffusion de leur conception du monde (Weltanschauung), par leur implication dans le mouvement réel des luttes du prolétariat et des classes laborieuses, de devenir le CENTRE D’AGRÉGATION de toutes ces forces révolutionnaires ou (réformistes) ‘radicales’, ce que l’on peut appeler les Forces subjectives (y compris encore potentielles) de la Révolution socialiste (FSRS). Ils le doivent et le PEUVENT, à travers la PRATIQUE dont Marx et Engels ont expliqué voilà 160 ans qu’elle est à la fois la seule source et la seule vérification de toute théorie ; une pratique qui elle-même peut et doit encore enrichir leur compréhension du monde, qui, pour être la plus avancée, n’en est pas pour autant parfaite… Il se peut en effet (a toujours considéré SLP) que des forces, des éléments non-maoïstes (voir non-léninistes, voire non-marxistes), pour avoir une conception/compréhension globale du monde et de la lutte de classe de moindre niveau, possèdent ici et là des réponses ou des éléments de réponse à des questions que nous n’avons pas encore résolues…

    Il faut bien souligner, ici, que le sectarisme n’est pas seulement l’apanage de (certains) maoïstes : il est également (très) présent dans les forces qui se réclament seulement de Lénine et Staline, ou de Lénine-Staline et Hoxha, dans les forces qui se réclament de Trotsky, sans parler de celles qui se réclament de Luxemburg et Liebknecht, Pannekoek ou Bordiga… Cela, ajouté aux limites idéologiques de leur compréhension du monde, empêche évidemment totalement ces forces de prendre la tête de franges significatives du ‘mouvement ouvrier’ et populaire contre les méfaits du capitalisme.

    Jobbiks-Hungarian-Guard-a-001Il y a enfin l’argument, développé par un certain ‘antifascisme’, selon lequel toutes ces forces populaires réformistes ou anticapitalistes, à l’exception d’eux-mêmes (de leur compréhension du maoïsme) et de ‘certains anarchistes’, seraient ‘syndicalistes révolutionnaires’ et, en tant que telles, ‘matrices’ de la tendance au fascisme… Le fait que des ‘pans’, parfois importants, du ‘mouvement ouvrier’ réformiste ou anticapitaliste non-marxiste (voire même marxiste ! mais 'insuffisamment'...) puissent se ‘détacher’ et confluer dans la mobilisation réactionnaire de masse du fascisme, est un fait historique indiscutable, étayé par une multitude d’exemples. Mais, ce que ne comprennent pas ces ‘antifascistes’, c’est que ces forces ne sont (justement) pas la ‘matrice’, pas le centre d’agrégation de la mobilisation réactionnaire fasciste ; lequel se trouve dans les plus hautes sphères du Grand Capital. Ce faisant, ils tournent leurs ‘fusils’ idéologiques dans la mauvaise direction, vers des forces qui ne sont pas déterminantes pour la tendance au fascisme. Et du coup, si l’on peut considérer, en dernière analyse, que tout travailleur, tout individu du peuple réformiste ou anticapitaliste non-maoïste est potentiellement révolutionnaire comme il peut être potentiellement fasciste (à des degrés divers), ils ne favorisent pas, en les rejetant, le  potentiel révolutionnaire de ces personnes, et les poussent au contraire dans la ‘force d’attraction’ du fascisme (ou, en tout cas, dans le marécage du réformisme bourgeois). Le rôle de communistes authentiques est, au contraire, de développer et d’exercer, en direction des masses, une force d’attraction (vers notre conception du monde) capable de contrer celle du fascisme (dont ‘l’intellectuel organique collectif’ est tapi dans des hôtels particuliers, bien plus que dans des usines ou même des bureaux d’entreprises ou d’administrations).

    À côté de tout cela, dans tous les pays du monde et jusqu’au cœur même des métropoles impérialistes, il y a les QUESTIONS NATIONALES. Celles-ci résultent, là encore, de la loi du développement inégal (du capitalisme, cette fois-ci) qui a amené des Centres à se subordonner des Périphéries dans la construction de leurs appareils politiques de domination (États, Empires coloniaux et protectoraux, constructions supra-étatiques comme l’UE ex-CEE, l’ALENA ou le MERCOSUR, l’OTAN, le FMI, etc.) et (surtout) de leur territoires ‘nationaux’ puis impériaux à comprendre comme bases d'accumulation, ‘terrains’ d'investissement et de valorisation du Capital de la bourgeoisie du Centre ; bases d'accumulation  qui dans le capitalisme sont vouées à l'expansion permanente (au détriment des rivaux capitalistes d'autres Centres comme du ‘sauvage’ ou du ‘barbare’ pré-capitaliste). Ceci est vrai aussi bien au niveau de chaque État d’une certaine taille (à moins qu’il ne soit très petit, et encore…) que de chaque continent (comme l’Europe avec sa ‘Banane bleue’, ses ‘centres secondaires’ et ses ‘régions périphériques’ ; ou l’Amérique du Nord avec ses côtes Est et Ouest, son axe Saint-Laurent-Grands Lacs et son ‘hinterland’) et du monde entier, avec ses pays impérialistes et ses pays dominés par l’impérialisme.

    breizh gwenhadu komunourAu cœur même, donc, de notre Hexagone (notre État bourgeois, notre ‘République française une et indivisible’), il y a des questions nationales et donc des mouvements nationaux. Au sein de ces mouvements nationaux, il y a des courants bourgeois, pour lesquels la ‘question sociale’ est totalement secondaire voire inexistante (par exemple, en Occitanie, le PNO – finalement proche de Bayrou – et les courants ‘culturalistes’ de tout poil, voire des éléments ‘occitanistes’ très à droite dans la lignée de Mistral et Maurras). Il y a des courants qui prennent en compte la ‘question sociale’ (et diverses questions démocratiques, ‘de société’), mais d’un point de vue réformiste, petit-bourgeois (comme le Parti occitan, proche des Verts et des courants ‘girondins’ du PS). Et puis (nous allons y venir), il y a des courants nettement plus avancés… À côté de cela, il y a le mouvement ouvrier, le ‘mouvement social’, dont une large part (en 'France') ne tient que peu – voire pas du tout – compte de la question des nationalités réelles enfermées dans l'État et de leur nécessaire affirmation, ce qui revient en dernière analyse à du réformisme puisque la construction politique et idéologique bourgeoise ‘République française’ n’est pas remise en question, et acceptée telle quelle comme un ‘fait accompli’ indépassable. Mais il existe des points de contact entre ce ‘mouvement social’ et les mouvements nationaux ; certains dans le champ réformiste (c’est ce que l’on a évoqué plus haut, la proximité du PO avec la gauche bourgeoise et petite-bourgeoise hexagonale) et d’autres dans le champ révolutionnaire : là, nous avons les éléments les plus avancés de l’un et l’autre mouvement. Cette ‘zone de contact’ entre question nationale et question sociale (envisagées l’une et l’autre d’un point de vue révolutionnaire) est ce que l’on appellera le courant libérationiste-révolutionnaire, le MRLP (Mouvement révolutionnaire de Libération du Peuple). Là encore, au sein de ce MRLP, tout le monde n’est pas marxiste, loin de là : il y a des libertaires, des syndicalistes-révolutionnaires comme les ‘Redskins Limoges’, des ‘anticapitalistes’ divers etc. ; et, parmi les marxistes, tout le monde n’est pas maoïste – maoïsme qui, compris correctement, permet pourtant la meilleure compréhension de la problématique nationale et de son inscription dans la contradiction Centre/périphéries. En ce qui le concerne, SLP se définit lui-même comme marxiste-léniniste-maoïste au sein du MRLP occitan.

    big provence flagEn revanche, les courants qui manient un discours ‘marxiste’ (comme les lambertistes du POI, la ‘Gauche communiste’ et d’autres) ou ‘anarchiste’ (CNT-AIT), voire ‘marxiste-léniniste’ voire ‘maoïste’ d’une grande radicalité, mais qui rejettent cette question de la Libération révolutionnaire des Peuples niés (LRP) comme un ‘truc de petits bourgeois’, se placent de fait à la marge du camp révolutionnaire et non en son centre, à sa pointe la plus avancée. Ils ne comprennent pas que les masses populaires des nations absorbées par la construction de l’État bourgeois actuel, et les masses populaires ‘périphérisées’ en général, au même titre que les masses des quartiers populaires de ‘banlieue’ où s’entassent – notamment – les ‘colonies intérieures’ issues de l’Empire néocolonial, sont les ‘campagnes’ que doit mobiliser l’avant-garde révolutionnaire dans sa Guerre populaire contre la classe dominante et son État. Enfin, ils ne le 'comprennent pas'... ou parfois, au contraire, ils le comprennent (ou du moins le 'ressentent' instinctivement) très bien, et ils ne veulent pas en entendre parler. Car dans le fond – ce qui qui renvoie encore à la même question de la nature de classe, ou du moins de l''esprit' petit-bourgeois – 'la France' (comme État-appareil capitaliste et système impérialiste) est pour eux comme pour des millions de personnes le râtelier auquel ils bouffent (et éventuellement espèrent bouffer plus !), sentiment qui est purement et simplement ce qui fait tenir le système debout depuis des siècles ; et que cela soit conscient ou pas, assumé ou pas comme tel, ils ne veulent pas voir ce râtelier disparaître – et donc le défendent comme 'résultat du progrès historique' (que remettre en question serait 'vouloir faire tourner la roue de l'histoire à l'envers'), prétendant éventuellement (hypocritement) vouloir l'abolir, immédiatement pour les anarchistes ou après un temps plus ou moins long pour les marxistes, au profit d'un confortablement lointain et hypothétique 'communisme universel'... Ce qu'ils montrent là en réalité, c'est qu'ils ne veulent pas réellement la révolution pour laquelle ils prétendent militer.

    De ce fait, dans les mouvements d'affirmation des nationalités réelles comme dans celui des ‘indigènes métropolitains’, ils favorisent objectivement les courants réformistes, ‘démocratiques radicaux’ voire ‘identitaires’ réactionnaires – les courants anticommunistes, car ils donnent du communisme cette lamentable image-là. Au point que l’on peut parfois se demander s’ils valent réellement mieux que ces derniers… Ils agitent comme un hochet le mythe d'une révolution ‘purement ouvrière’, basée sur une classe ouvrière tellement pure qu’elle n’existe pas et à laquelle a donc vocation à se substituer une ‘avant-garde’ (c'est-à-dire eux-mêmes)… largement constituée de petits bourgeois intellectuels (profs etc.) qui, si leur 'révolution' devait triompher, prendraient la place de l'actuelle classe dominante à la tête de l’État et de la production (cela n'a bien sûr aucune chance d'arriver ; en revanche ce genre de personnes peut 'squatter' une révolution 'bien menée' et donc 'qui marche', et de là l'utiliser pour se constituer en nouvelle bourgeoisie - ce qui s'est hélas produit un peu partout au siècle dernier).

    Il s’agit là, hélas, d’une tradition politique profondément ancrée dans le mouvement réel de la lutte de classe en 'France', terre du 'jacobinisme' ou plus exactement du centralisme napoléonien confondu avec celui-ci (qui lui sert de 'vernis de gauche'), de la confusion entre révolution prolétarienne et 'An II' révolutionnaire bourgeois 'radical', et sans doute du râtelier centraliste-étatique le plus solidement forgé et ancré dans la conscience collective ; et qui est historiquement – perpétuellement – vouée au fiasco (car le système 'France' pour se maintenir tel qu'il est a certes besoin de réformes/modernisations régulières, mais pas d'une 'révolution' de ce type).

    Face à cette engeance, encore et toujours, les ‘campagnes’ nationales-réelles comme colonisées intérieures de la Guerre populaire entendue comme négation de l'ordre capitaliste bleu-blanc-rouge doivent plus que jamais crier haut et fort : ‘Nique la France’  !!!

    À cette loi objective de la concentricité dans le développement de la conscience révolutionnaire de classe, il faut aujourd’hui ajouter un autre phénomène : la tendance, depuis la désintégration du mouvement communiste international dans les années 1975-1990, à l’éparpillement façon puzzle de la ‘vérité révolutionnaire’ (la juste compréhension prolétarienne du monde). Le fait est qu’au jour d’aujourd’hui, les étiquettes que l’on se colle (‘communiste’, ‘marxiste’, ‘anarchiste’, ‘trotskyste’, ‘marxiste-léniniste’ ou même ‘maoïste’) ne veulent en elles-mêmes plus dire grand-chose : il faut ‘juger sur pièce’ chaque force organisée, au-delà de l’étiquette. Des organisations (pour ne nommer volontairement personne) se réclamant de Léon Trotsky ou du communisme libertaire peuvent tout à fait, ponctuellement ou sur un ensemble de sujets, avoir des positions plus correctes que d'autres organisations se réclamant quant à elles du marxisme-léninisme voire du maoïsme ; même si Servir le Peuple ('prêchant', certes, 'pour sa paroisse') défend l’idée qu’une organisation arborant, défendant et appliquant correctement le maoïsme a nécessairement une vision globale des choses plus juste qu’une organisation s’arrêtant à Lénine-Staline ou se revendiquant de Trotsky, Bakounine ou Rosa Luxemburg : une vision globale plus juste, certes, mais qui ne veut pas dire ‘réponse à tout’ ; cela ne veut pas dire (comme nous l’avons déjà évoqué plus haut) que des éléments de réponse ne se trouvent pas dans les positions d’organisations (ou des personnes) qui ne se réclament pas du maoïsme. Cela a d’ailleurs toujours existé, même avant 1975 : si combattants-erpl’on prend, par exemple, l’Argentine de la période 1968-76, le PCR qui se réclamait du marxisme-léninisme, de Marx-Engels-Lénine-Staline-Mao, n’en avait pas moins une ligne, une pratique concrète, une compréhension du monde et une analyse de la situation (notamment du péronisme) infiniment moins justes que le PRT-ERP qui, lui, se réclamait ‘éclectiquement’ des ‘révolutions bolchévique, cubaine, vietnamienne et chinoise’, du Che, de Mao Zedong... et de Trotsky. CQFD, les faits sont là.

    Depuis plus de 20 ans, un constat de fait s’impose : TOUS les gouvernements (‘socialistes’, ‘démocratiques populaires’, ‘progressistes anti-impérialistes’) issus de la première vague de la révolution mondiale prolétarienne (1917-92) ont, à un moment ou à un autre, terminé leur course dans la nuit révisionniste et ont été soit balayés par le triomphe de l’indépassable’ démocratie bourgeoise occidentale (comme les ‘pays de l’Est’ du Pacte de Varsovie, la Yougoslavie de Milosevic, l’Éthiopie de Mengistu, l’Albanie pourtant ‘anti-révisionniste’ d’Enver Hoxha etc. etc.), soit ont 'tombé' les 'derniers masques' et intégré gentiment le système impérialiste mondial post-1990 (comme la Libye de Kadhafi ou la Syrie du clan Assad jusqu’à leurs récentes ‘démêlées’, l’Angola du MPLA ou le Mozambique du FRELIMO, le Vietnam, la Chine etc. ; avec des situations ‘moins pires’ comme Cuba ; tandis que des pays comme la Corée du Nord ou la Birmanie - sous la tutelle de la Chine, la Biélorussie ou les républiques d’Asie centrale - sous celle de la Russie - ont basculé dans un autocratisme policier délirant). Cela démontre bien (loi du primat des contradictions internes dans tout phénomène, sur les contradictions avec l’’extérieur’) que, dans la conception du monde du mouvement communiste et révolutionnaire en général, lors de cette première vague de la révolution mondiale, il y avait de profondes baisser redflag kremlinlimites – que le maoïsme consiste justement à essayer de dépasser. Il n’est donc plus possible, à moins de faire preuve d’une malhonnêteté intellectuelle totale, de balayer d’un revers de main les éléments et les courants (marxistes, libertaires, 'marxistes libertaires', ‘communistes de conseil’, ‘socialistes révolutionnaires’ divers etc.) qui ont, au cours de cette période, abordé ces expériences avec un regard critique ; comme il était encore possible de le faire lorsque ces gouvernements étaient aux prises avec le réel, tandis que les critiques, eux, ne l’étaient pas, dans aucun pays du monde. Accepter la critique, fut-ce pour (dans les grandes lignes) la réfuter, c’est ce qui permet au mouvement communiste d’avancer. Affirmer que "l'idéologie prolétarienne (celle dont se réclame sa petite chapelle) est scientifique, elle ne souffre ni le doute ni la critique" est absolument contraire à toute identité communiste. Aucune critique (progressiste, anticapitaliste, bien sûr) des expériences socialistes et révolutionnaires du siècle passé ne ‘tombe du ciel’ : elle vient des masses, elle exprime (même si c’est à travers des intellectuels, des ‘petits bourgeois’) des questionnements des masses (de la frange avancée, progressiste des masses) envers ceux qui se prétendent leur ‘avant-garde’, et une authentique avant-garde révolutionnaire doit accepter d’être questionnée par les masses, et non s’y soustraire en prenant un ton menaçant. 

    2. Les racines de classe du sectarisme

    C’est une question qui a déjà, très largement, été abordée ici-même ; néanmoins, il n’est jamais inutile de répéter les choses et, si possible, l’on essaiera de synthétiser.

    Nous avons donc le mouvement réel des masses prolétaires et populaires qui, poussées par la reproduction de leurs conditions d’existence, cherchent une issue, une ‘porte de sortie’ au ‘monde tel qu’il est’, c’est-à-dire à l’organisation sociale (ensemble des rapports de production et des rapports sociaux, juridiques - écrits - et non-écrits) dans laquelle nous évoluons chaque jour ; organisation sociale sous-tendue par un mode de production : le capitalisme. Laissons de côté les masses ‘statiques’ (elles existent), résignées au quotidien et/ou trouvant des portes de sorties individualistes/apolitiques à celui-ci (boîte de nuit hebdomadaire, hobbies divers de la mode au tuning en passant par le foot, alcool ou drogues, délinquance etc.) ; et laissons de côté les masses en mouvement qui sont ‘captées’ par la mobilisation réactionnaire de la classe dominante (dans sa fraction la plus ‘dure’) derrière ses plans et ses intérêts, autrement dit les fascistes. Limitons-nous aux masses en mouvement dans une mobilisation de nature progressiste voire révolutionnaire. Ce mouvement existe toujours tant qu’existe l’oppression capitaliste, a fortiori lorsque cette oppression est renforcée par une crise profonde du mode de production, et même lorsqu’elle est inférieure (quantitativement) à la mobilisation réactionnaire impulsée par les secteurs les plus ‘radicaux’ de la bourgeoisie (c’est le cas aujourd’hui : le FN mobilise largement plus que la gauche ‘radicale’ et révolutionnaire réunie ; et ‘toute la droite’ – UMP, FN et autres – plus que ‘toute la gauche’ en incluant le PS et les Verts, sans même parler des personnes votant encore à gauche mais de plus en plus gagnées par des idées de droite voire d’extrême-droite).

    besancenot-mc3a9lenchonÀ partir de là, en ‘première ligne’, en ‘tête de file’ de cette mobilisation, l’on va voir apparaître deux types d’individus : 1°/ des personnes sincères, issues des masses et mues par l’objectif sincère de servir celles-ci, même si c’est avec des conceptions politiques (encore) très limitées, voire totalement réformistes ; et 2°/ des personnes issues des masses mais que l’on peut qualifier de ‘déclassées’, dans le sens où ce n’est pas l’intérêt de leur classe (fut-ce une classe ‘intermédiaire inférieure’) qui les guide… mais leur propre intérêt et leurs ambitions personnelles, ‘frustrées’ par l’organisation sociale capitaliste ‘telle qu’elle est’, n’y trouvant pas la place qu’elles estiment leur revenir, voyant bien (car pas idiotes) que ‘ça va péter’ et donc ‘chevauchant’ la mobilisation de masse pour essayer de rester, dans le torrent impétueux de l’histoire, ‘debout dans la barque’, ‘sur le haut du panier’. Appelons ces personnes les ‘arrivistes militants’ (un troisième type de personnes, que l’on pourrait rattacher au deuxième, sont celles qui ‘défendent leur bifteck’, leur ‘gagne-pain’, sans réelle perspective de classe ni encore moins d’émancipation sociale générale – mais généralement elles ne se situent pas en ‘première ligne’, en ‘tête de file’, elles forment plutôt les troupes de la frange réformiste du deuxième type, que nous allons voir).

    44569466 prachanda body apEt encore de là, un se divisant toujours en deux, ce deuxième type de personnes va à son tour se scinder : d’un côté, celles et ceux que leurs éventuelles aptitudes et les circonstances (en ‘chevauchant’ la mobilisation ouvrière et populaire) vont amener à rencontrer l’opportunité (étymologie même d’opportuniste’) de se faire une ‘niche écologique’, une ‘petite place’, de ‘s’intégrer’ dans l’organisation sociale telle qu’elle est, sans la balayer de fond en comble mais simplement en la réformant… voire même pas : certain-e-s peuvent même se faire des ‘professionnels du militantisme’ ou de la politique. Ayant trouvé là leur ‘planche de salut’, ils/elles vont évidemment abandonner le chemin de la révolution, parfois totalement, lorsqu’ils/elles n’en ont plus du tout besoin (cf. les innombrables ‘reconvertis’ du mouvement ‘gauchiste’ de 1968, dans le journalisme et les médias en général, le monde universitaire, l’intellectualisme’ médiatique ou carrément l’entrepreneuriat, etc. etc.) ; mais parfois, leur ‘place au soleil’ va résulter de leur ‘militantisme’ même et ils/elles vont donc le poursuivre, mais dans un sens réformiste et social-traître, car tel est le rôle que leur a confié la bourgeoisie en les ‘cooptant’ : CONTENIR dans les ‘limites de l’acceptable’ (pour la pérennité du système) les luttes des masses contre les méfaits du capitalisme. Leurs troupes vont être composées, on l’a dit, des travailleurs/euses resté-e-s dans les limites du réformisme (et que les communistes n’ont pas réussi à extraire de celles-ci), sans même parler, on l’a dit, de ceux et celles resté-e-s dans les limites de la défense ‘corporatiste’ du ‘bifteck’.

    Mais de l’autre il y a ceux et celles, ‘arrivistes militant-e-s’, aspirant-e-s ‘cadres révolutionnaires’ et ‘guides éclairé-e-s’ des rouges lendemains, qui vont perpétuellement rester sur la touche. Parmi ceux et celles-là, il va y avoir celles et ceux qui vont ‘lâcher prise’, se replier sur la ‘défense du bifteck’ et se ranger derrière les leaders réformistes ‘radicaux’. Et puis il y a celles et ceux qui vont persévérer, car seule une ‘rupture radicale’ avec l’organisation sociale telle qu’elle est peut (éventuellement, en tout cas, c’est ainsi qu’ils/elles l’imaginent) leur permettre de trouver dans la lenine-la-maladie-infantile-du-communisme-le-gauchisme-livrsociété la place qu’ils/elles estiment leur revenir. Ceux et celles là forment la base sociale du sectarisme politique. Encore au-delà (mais en ‘France’, c’est rare : ‘pas folles les guêpes !’), il va y avoir ceux et celles qui vont ‘craquer’, ‘péter un plomb’ et ‘passer à l’action’ concrète – de manière totalement coupée, déconnectée, des masses et de leur mouvement réel : ce sont les aventuristes.

    Derrière eux et elles, il va y avoir, encore une fois… celles et ceux que la faiblesse du mouvement communiste authentique les laisse capter dans leur orbite : des prolétaires et des personnes du peuple désorientées, rendues amères par l’accumulation de trahisons des dirigeant-e-s réformistes et par les injustices et les désillusions en série vécues dans la société capitaliste (c’est, on l’a déjà dit, un réflexe défensif de certain-e-s prolétaires avancé-e-s vis-à-vis de l’hégémonie révisio-réformiste et des social-traître) ; et aussi, des personnes du peuple qui dans le sinistre quotidien de l'existence capitaliste, pour dire - peut-être - les choses un peu brutalement, se 'cherchent une vie', une 'raison d'être', une 'importance sociale' qu'elles ne trouvent pas dans le cadre du capitalisme et vont donc chercher dans l'engagement révolutionnaire malheureusement, ce n'est pas la bonne manière d'aborder celui-ci. Au sujet de Lénine, le progressiste anglais Bertrand Russell disait que : "Dans les révolutions, on relève habituellement trois types de personnes : celles qui animent la révolution parce qu'elles ont un tempérament anarchique et turbulent, celles que les souffrances personnelles ont rendues amères, et puis il y a celles qui ont une conception définie d'une société différente de celle qui existe, ce qui, si la révolution triomphe, leur permet de travailler à la création d'un monde stable, en accord avec leurs conceptions. Lénine appartenait à ce troisième type de personnes, le plus rare, mais aussi, de loin, le plus utile". Il est frappant de voir à quel point les deux premiers types décrits ressemblent aux troupes (voire aux cadres !) du gauchisme... En dernière analyse, le gaucho-sectarisme, ce sont les opportunistes ratés et aigris.

    Il n’est pas difficile, car les indices en sont légion, de saisir la nature de classe des dogmato-sectaires à travers leur pratique, fut-elle purement ‘journalistique’ ou – aujourd’hui – ‘internétique’ :

    - Le sectarisme, le rejet vis-à-vis des autres forces luttant contre le capitalisme, au lieu de chercher à en prendre la tête, à en devenir le centre d’agrégation et à les conduire sur le chemin de la révolution, parle on ne peut plus clairement : la révolution, c’est ‘bien’... si c’est dirigé par eux/elles, et pas autrement. Ils/elles ne peuvent concevoir une révolution dont ils/elles ne seraient pas les cadres dirigeant-e-s. Les autres qui, en fin de compte, veulent leur ‘piquer leur place’ à la tête de la révolution ne peuvent être que de sombres agents  déguisés de la contre-révolution, des sociaux-traîtres quand ce ne sont pas carrément des fascistes (des ‘SA’) en puissance[NDLR-MÀJ le vocabulaire s'est encore enrichi depuis la rédaction de cet article : populistes’, ‘post-modernes’, dernièrement ‘maximalistes’ etc. etc.] . Ce sont des ‘concurrents’ à combattre sur un ‘marché’ : le ‘marché’ de la ‘proposition révolutionnaire’, qu’il s’agit de ‘vendre’ aux masses. Alors que les communistes authentiques, eux/elles, considèreront que dans toute organisation (y compris la leur, au sein de laquelle il faut lutter fermement) il y a certes des ‘arrivistes’, des personnes faisant la révolution (ou militant, en tout cas) pour elles-mêmes et non pour servir le peuple ; mais il y a aussi – et surtout – des personnes dont la conception/compréhension du monde, la conscience révolutionnaire, est imparfaite et limitée et qu’il s’agit de ‘tirer vers le haut’, vers sa conception du monde – lorsque l’on croit réellement en elle, ce qui est la moindre des choses.

    Considérations diverses : Sur la question du SECTARISME - Spécificité ‘française’, la défense de la ‘République française une et indivisible’ (l’organisation sociale et l’appareil politico-militaire et idéologique qu’il s’agit précisément... de détruire), dont la révolution prolétarienne ne serait que le ‘prolongement’ vers la mythique ‘Commune universelle’ (rejoignant en cela les ‘sociaux-républicains’ opportunistes et révisionnistes). C’est là, réellement, un marqueur quasi-unanime et quasi-infaillible des dogmato-sectaires (en particulier, bien sûr, de ceux et celles gravitant autour des universités et du ‘monde des idées’ parisien, mais pas seulement, pour ne pas nommer une certaine organisation ‘anarchiste’ toulousaine). De ‘grands’ intellectuels, reconnus (et ayant donc, généralement, versé dans l’humanisme-démocratique-radical), comme un Sartre ou un Badiou, peuvent éventuellement se permettre de prendre la défense (démocratique) des ‘minorités’ (nations périphériques ou ‘colonies intérieures’) : leur position est assise, consolidée, et ils n’ont pas grand chose à y perdre. En revanche, l’organisation sociale ‘République française une et indivisible’ sous-tend l’existence sociale même de la petite bourgeoisie intellectualoïde qui forme le gros des cadres – et parfois l’armée mexicaine (cadres sans troupes) – des organisations sectaires ; en sous-tendant ce ‘monde universitaire’, ce ‘monde des idées’ qui est sa niche écologique. C’est (donc) un indice imparable de la nature de classe du sectarisme. Dans les constructions étatiques qui n’excluent pas (mais au contraire intègrent) la reconnaissance des nations constitutives et des ‘minorités’, comme l’État espagnol post-1978 ou le Royaume-Uni britannique, on rencontre beaucoup moins (bien qu'on le rencontre) ce phénomène (à l‘extrême-gauche’ s'entend).

    - Le côté ‘perfectionniste’, ‘puriste’ idéologique, ‘tout doit être parfait’ dès le départ, ‘la moindre erreur dans le logiciel idéologique, et tout est fini à court ou moyen terme’, etc. etc. ; qui pue à plein nez le prof, l’universitaire cartésien (en tout cas l’intellectuel ayant aspiré à l’être et n’ayant pas pu). Le prolétaire, ne serait-ce que dans sa vie productive, ne raisonne pas ainsi : il essaye, il se plante, il réessaye, et ainsi de suite jusqu’à ce que ‘ça marche’, et ce faisant, il apprend. Manière de fonctionner que l’on retrouve lorsque le prolétariat est en mouvement pourconrad1 son émancipation, et raison pour laquelle le b-a-ba du marxisme est que le processus révolutionnaire d’émancipation se déroule ainsi : situation matérielle (exploitation, oppression) -> idée (de se révolter) -> pratique (on passe à l’action) -> théorie (on a généralement échoué, on tire les leçons et on les synthétise dans une théorie révolutionnaire) -> pratique qualitativement supérieure etc. etc. Il est tout de même hallucinant que l’on puisse se réclamer du maoïsme et exiger que ‘tout soit parfait dès le départ’, lorsque l’on sait le nombre d’erreurs commises et de terribles revers subis par le PC de Chine avant de devenir ce qu’il est devenu...

    Le dogmato-sectarisme, tant qu’il ne devient pas aventurisme (il ‘faut’ alors le réprimer, d’un point de vue d’‘ordre public’), joue objectivement un grand rôle au service de la classe dominante : en effet, s'il est certes beaucoup moins important quantitativement que l’opportunisme réformiste, il n’en est pas moins une voie de garage pour les forces qu’il capte à lui et, au lieu d’être un centre d’agrégation et une force d’impulsion pour une dynamique révolutionnaire, il est au contraire une force stérile, un ‘corps mort’ quand ce n’est pas carrément un centre de répulsion (un repoussoir pour les masses) vis-à-vis de l’’idée communiste’ et de l’engagement révolutionnaire.

    3. Conclusions

    Il faut donc retenir, de ce qui précède, principalement que :

    e-lutte-des-mineurs- Dans le prolétariat et dans chaque classe populaire (au stade impérialiste, toutes les classes populaires, soit 90% de la population, ont objectivement intérêt à abattre le capitalisme ; voire 100% de la population si l’on prend en compte la question de l’apocalypse environnementale), la conscience de classe, la compréhension du monde qui nous entoure et de ses enjeux, le rejet du capitalisme et la mise en pratique de ce rejet dans le mouvement réel, se développent en cercles concentriques : un ‘noyau’, une ‘pointe’ plus avancée qui maîtrise la science marxiste la plus avancée de notre époque, le marxisme-léninisme-maoïsme ; un ‘premier’ cercle qui maîtrise (à tout le moins) les bases du marxisme ; un autre cercle qui est, tout du moins, anticapitaliste révolutionnaire (qui veut en finir avec le capitalisme et le remplacer par une autre société, égalitaire, sans oppression ni exploitation) ; un autre cercle encore qui ne croit pas que l’on puisse en finir avec le capitalisme, mais que l’on peut le réguler et l’humaniser (les réformistes, plus ou moins ‘radicaux’) ; enfin, les personnes qui demeurent totalement prisonnières de l’idéologie dominante (le ‘peuple de droite’, dont de très nombreux-ses prolétaires) ou pire, qui tombent dans les filets du discours ‘antisystème’ et ‘révolutionnaire’ du fascisme.

    La pensée humaine – c’est-à-dire la conscience (perception) et la compréhension du monde qui nous entoure, et les théories que l’on en tire – est un reflet de la réalité matérielle, et de la contradiction principale qui met cette réalité en mouvement. Ainsi, les cercles concentriques d’avancement de la conscience de classe, de la conscience d’opprimé-e, plus ou moins développée en théorie révolutionnaire solide ou, au contraire, encore engluée dans le réformisme/possibilisme ou la réaction, ne sont en dernière analyse qu’un reflet de la contradiction entre le caractère de plus en plus social et international de la production (matrice du nouveau, de toutes les ‘idées nouvelles’, révolutionnaires, progressistes) et la propriété privée des moyens de production et  l’appropriation privée (inégalitaire) du produit, avec tous les rapports sociaux sous-tendus, qui sont la base matérielle de l’ancien, des idées, des comportements sociaux, des habitudes réactionnaires. L’un est en quelque sorte (pour ceux et celles qui ont fait de la physique-chimie) le Partigiani thumb[3] ‘pôle’ du nouveau, du progrès, de la conscience politique révolutionnaire voulant le communisme ; l’autre est le ‘pôle’ de l’ancien, de la réaction, de la conscience politique réactionnaire voulant le statu quo ou une ‘révolution’ réactionnaire fasciste. Et entre ces deux pôles, les ‘particules’, les 'ions' que sont les individus des masses populaires, se répartissent en fonction de la force d’attraction exercée par chaque ‘pôle’.

    - Le rôle d’un Parti communiste révolutionnaire authentique est donc d’’animer’ ce pôle du nouveau, de lui donner vie et de lui permettre d’être le centre d’agrégation des masses en mouvement objectif contre le quotidien que leur impose le capitalisme. Le ‘nouveau’ en question étant, à notre époque, le stade ultime du processus de l’histoire humaine, le communisme qui, à partir de la société capitaliste actuelle, se rejoint à travers en processus en deux temps : la Guerre populaire et la transition socialiste, entre les deux se trouvant la prise de pouvoir par le prolétariat et son avant-garde politique organisée. La base pour que le Parti devienne ce centre d’agrégation est d’abord et avant tout sa conception (révolutionnaire, prolétarienne) du monde, la qualité de cette conception du monde. Le premier problème des opportunistes/possibilistes et des gauchistes (dogmato-sectaires ou aventuristes) est là : leur conception du monde est limitée, arriérée, erronée. Les un-e-s suivent les masses au lieu de les otan-strasbourg-anti09entraîner, ils se contiennent et, donc, contiennent les masses dans leur niveau de conscience présent, ultra-majoritairement réformiste/possibiliste ; et là-dessus vont venir prospérer certain-e-s, dirigeant-e-s politiques ou syndicaux qui entretiendront activement cette état de fait dont ils tirent leur ‘importance sociale’. Les gauchistes, les ‘ultra-avant-gardistes’ (c’est là, finalement, le trait essentiel du gauchisme), eux/elles, ne croient pas en les masses et en leurs possibilités, ils ne comprennent pas le lent processus dialectique d’émergence d’une conscience révolutionnaire de masse ; les masses, le prolétariat, même leurs éléments les plus avancés sont donc ‘nuls’, ne ‘comprennent rien à rien’ et le ‘Parti’ (c’est-à-dire nos singes savants) doit donc se substituer à eux : c’est ce qui s’appelle la théorie de la suppléance, qui a notamment gangréné le mouvement révolutionnaire européen et occidental dans les années 1970-80 (sauf en Italie, en tout cas avant la grande défaite de 1977). La conception correcte (d’un point de vue révolutionnaire) du monde et de ses phénomènes (à commencer par celui que l’on prétend diriger : la révolution prolétarienne) se construit à travers la pratique, la ligne de masse (l’implication concrète et la prise de position de chaque instant dans le mouvement réel de la société qui nous entoure) et la lutte de lignes permanente au sein de l’organisation révolutionnaire, qui permet de ‘séparer le bon grain de l’ivraie’, les conceptions révolutionnaires prolétariennes des conceptions influencées par l’hégémonie intellectuelle bourgeoise, le nouveau de l’ancien, les idées justes des idées fausses – conceptions bourgeoises et petites bourgeoises, ancien et idées fausses étant le terreau sur lequel prospèrent les arrivistes de tout poil, les opportunistes et le gauchisme. Elle se diffuse par l’agitation et la propagande en direction des masses ; et, au final, elle débouche sur les ‘trois épées magiques’ : Autonomi3Parti (conséquent, ne se réduisant plus à un petit cercle de quelques individus), Armée et Front uni révolutionnaire, qui marquent l’entrée dans la Guerre populaire révolutionnaire proprement dite. À ce moment-là, l’organisation révolutionnaire (les ‘trois épées’) devient l’élément principal du processus révolutionnaire ; mais d’abord, pour en arriver là, la conception du monde est l’aspect principal, ce que Lénine résumait par : ‘sans théorie révolutionnaire, pas de mouvement révolutionnaire’. Les opportunistes ne peuvent devenir un tel centre d’agrégation, les ‘locomotives’, les ‘premiers de cordée’ conduisant les masses vers le communisme, car ils/elles se maintiennent dans le niveau de conscience présent de la majorité des masses et, en retour, maintiennent les masses dans celui-ci, finissant par se faire objectivement (du moins) les agents de la classe dominante pour les y maintenir. Les gauchistes, les dogmato-sectaires, ne peuvent quant à eux/elles devenir un tel centre d’agrégation car ils/elles ne se lient pas aux masses (croyant détenir ‘LA vérité’, ils/elles sont conscient-e-s que s’impliquer dans le réel remettrait cette certitude en cause), ils/elles les rejettent lorsqu’elles ne correspondent pas à leur idée ‘perfectionniste’ de la ‘classe ouvrière révolutionnaire’, conçue comme tellement parfaite qu’elle n’existe pas et qu'en fin de compte, le ‘Parti’ (eux/elles) doit s’y substituer. Ils finissent par devenir, même, un facteur de répulsion pour les masses envers les beaux mots de ‘communisme’, ‘révolution prolétarienne’, ‘marxisme’, ‘léninisme’ ou ‘maoïsme’.

    manifestation-barcelone pics 809- Les questions nationales (ou plutôt la Libération révolutionnaire des Peuples niés - LRP) en Hexagone, la question des colonies intérieures, la question d’un anti-impérialisme sans faille outre-mer, ont déjà été largement rebattues en long, en large et en travers sur SLP – et nous aurons encore, sans doute, l’occasion d’y revenir. Dans l’incompréhension, ou la mauvaise compréhension de ces questions, réside le secret de l’impuissance du prolétariat hexagonal dans sa lutte pour le pouvoir. Le mouvement révolutionnaire du prolétariat de ‘France’ est l’un des plus anciens au monde (années 1840). Un Parti communiste s’est formé immédiatement après la Révolution russe d’Octobre 1917, en 1920. Si le prolétariat révolutionnaire de l’Hexagone ‘français’ n’a pas réussi, depuis tout ce temps, à conquérir le pouvoir (le PCF reculant au moment – 1944-46 – où il pouvait commencer à l’envisager), c’est parce qu’il n'a pas pris la juste mesure de l’ennemi, qu’il l’a très largement sous-estimé : la ‘République française’, avec sa divinité ‘Marianne’ et son ‘coq gaulois’ tutélaire, trône en réalité au sommet d’une montagne de cadavres, au sommet d’une pyramide de 800 ans de crimes.

    Lorsqu’une quelconque organisation ne croule pas sous une prétention sans bornes, passe encore, mais voir des personnes se prétendant (à l’exclusion de toutes autres…) l'‘avant-garde’ de la révolution prolétarienne défendre la construction politico-militaire et idéologique monarcho-bourgeoise ‘France’, ennemi principal et absolu de tous les prolétaires de son territoire et des peuples d’un nombre considérable de pays pseudo-‘indépendants’ ; défendre son caractère ‘progressiste’ des siècles après la disparition de toute trace de celui-ci ; défendre la culture de sa classe dominante (élément essentiel du dispositif d’encadrement des masses), la culture des ‘Siècles’ en prenant des poses de chargé-e-s de TD en fac de lettres[1] ; défendre le mensonge historique (certes ‘utile’ en son temps, dans la perspective de progrès représentée par le développement du capitalisme) qu’elle est une ‘nation’ et même aller jusqu’à pourfendre l’internationalisme comme du ‘cosmopolitisme’ ou les revendications démocratiques des colonies intérieures comme du ‘communautarisme’ et du ‘racisme anti-blancs’ ; c'est inadmissible mais en même temps totalement révélateur de leur nature de classe et idéologique de petits bourgeois, qui ne font pas la révolution par et pour le peuple mais par et pour eux-mêmes, pour en être les cadres. 

    euskal herria drapeaurougeLà encore, à la conscience et à la compréhension de ces questions s’applique un phénomène de concentricité, ou plutôt de double concentricité : conscience/compréhension de ces questions en tant que telles (des personnes qui en ont une compréhension correcte, jusqu’à celles qui, bien que parfois très impliquées dans les ‘luttes sociales’, en ont une compréhension faible voire inexistante) et conscience/compréhension plus ou moins prolétarienne de celles-ci, ou au contraire petite-bourgeoise, voire totalement bourgeoise et réactionnaire (‘régionalisme’ maurrassien, obscurantisme religieux, ‘communautarisme’ xénophobe etc.). Une des tâches essentielles des communistes révolutionnaires authentiques au sein des différents MLN est de réussir à articuler correctement ces deux concentricités, en tissant leurs alliances dans une direction ou dans l'autre en fonction des sujets à l'ordre du jour, et en ayant toujours en ligne de mire la fusion de la 'question sociale', des questions 'démocratiques générales' et de la question nationale dans un grand (pour le moment, il est 'petit') Mouvement révolutionnaire de Libération des Peuples (MRLP). Dans le cas contraire, si l'on n'adressait la parole ni à ceux et celles qui ont une compréhension avancée et combattive de la lutte de classe, mais sont 'léger-e-s' sur la question nationale, ni à ceux et celles qui militent sur la question nationale mais sont ou seraient 'petits bourgeois', le MRLP s'isolerait des masses et de leur mouvement réel et sombrerait dans le sectarisme qu'il s'agit justement de dénoncer ici.

    maoist-nepal-revolution-pla-militia-guerrilla-freedom-liber- En définitive, l’opportunisme et le gauchisme dogmato-sectaire (ainsi que son ‘cousin’ plus ‘anti-théorique’ et ‘actionniste’, l’aventurisme, mais celui-ci est beaucoup plus rare en Hexagone) sont l’un et l’autre objectivement au service de la classe dominante. Le premier parce que, s’appuyant sur l’immédiatisme des revendications ouvrières et populaires (qu’est ce que je mange ce soir ? comment je boucle le mois ? mon usine ferme et je vais être licencié : qu’est-ce qu’on me propose ?) et sur une satisfaction (très) partielle mais immédiate de celles-ci, il enferme le mouvement réel du prolétariat et des masses dans les limites de l’’acceptable’ pour les exploiteurs et leur système. Le second parce qu’il capte à lui dans une voie de garage, sans issue, des éléments populaires particulièrement ‘radicaux’ et combattifs qui pourraient, dans une organisation révolutionnaire avec une ligne correcte, être extrêmement efficaces et utiles à la lutte révolutionnaire ; parce que du point de vue idéologique (de la science marxiste) il est stérile – il ne fait pas vivre le marxisme dans la pratique de la lutte, puisqu’il n’en a pas ou très peu, et cette stérilité renforce le dogmatisme qui lui-même renforce l’absence de pratique et donc la stérilité, etc. ; enfin, parce qu’il n’agit pas comme centre d’agrégation et même parfois, au contraire, il agit comme centre de répulsion (envers le marxisme) vis-à-vis du prolétariat et des masses en mouvement qui cherchent une issue à la condition quotidienne que leur impose le capitalisme.

    - Tout cela tient, encore une fois, tout simplement à la nature de classe (ou, en tout cas, à l’influence de classe reçue dans leur existence sociale) de ces individus, qui ne font pas la révolution pour servir le peuple (le prolétariat et les masses populaires en général), ni même leur classe (le cas échéant) non-prolétarienne, mais eux-mêmes, leurs ambitions personnelles qui ne peuvent être satisfaites dans le capitalisme tel qu’il est : les opportunistes sont celles et ceux qui peuvent trouver leur ‘place au soleil’ dans un capitalisme réformé ou qui, simplement, rencontrent sur leur parcours une opportunité de cooptation par la classe dominante, pour (par exemple) encadrer dans des limites réformistes ‘acceptables’ black-panthers-breakfast-for-children-programle mouvement de masse ; les gauchistes sont celles et ceux qui… tout simplement ne rencontrent pas de telles opportunités, et épanchent donc leur aigreur dans l’ultra-‘radicalité’, le ‘plus-rouge-que-moi-tu-meurs’ (le capitalisme ne leur offrant aucune opportunité d’être ‘quelqu’un’, il doit donc disparaître, mais l’intérêt qui les meut dans cet objectif n’est pas prolétarien : si par le plus grand des hasards ils devaient parvenir au pouvoir, ils n’instaureraient rien d'autre qu’un capitalisme d’État, un système inégalitaire d’exploitation ‘emmailloté de rouge’).

    Opportunistes et dogmato-sectaires sont des ‘chancres’, des ‘parasites’ du mouvement révolutionnaire contre le capitalisme ; mouvement dont la faiblesse organisationnelle et idéologique est leur terreau. Lorsque le mouvement révolutionnaire, avec un authentique et conséquent centre d’agrégation communiste, reprend de la vigueur, leurs positions tendent à se disloquer : soit ils/elles essayent (pour certain-e-s) de ‘prendre le train en marche’ et deviennent - ainsi - partie du mouvement mais aussi, par leurs conceptions et leurs motivations égocentriques, des freins à celui-ci, ce à quoi il faut rester vigilant-e-s ; soit ils/elles se ‘neutralisent’ et disparaissent de la circulation ; soit ils/elles ‘tombent le masque’ et se font les ennemis ouverts de la révolution en marche... En revanche, toutes les personnes militant-e-s sincères, fussent-elles (à l’heure actuelle) totalement réformistes, sont vouées au final à subir d’une manière ou d’une autre la force d’attraction du ‘noyau dirigeant’ révolutionnaire communiste, dans ce que l’on peut appeler un processus de décantation.

         

    À lire également :  Sur le processus révolutionnaire  et  Sur le processus révolutionnaire (2)

    Thèses fondamentales pour la construction partidaire

    Considérations diverses : Le TROTSKISME DE NOTRE ÉPOQUE

    Récapitulatif des "grandes thèses" de Servir le Peuple

    Sur l'antifascisme : 2011 : un point indispensable sur le fascisme et l'antifascisme pour les années à venir

    Sur les questions nationales dans les grandes métropoles impérialistes et leur 'articulation' avec la 'question sociale' : La Question nationale au 21e siècle ; Considérations diverses : un (gros) pavé sur la Question nationale et Clarification sur l'encerclement du 'Centre' par la 'Périphérie' ; les études sur l'État 'France' (1 - 2 - 3), l'État espagnol et l'État 'Royaume-Uni' (1 - 2).

    Voir aussi la brochure du PCmF : Pour l'Unité des communistes, qui aborde la question de la 'décantation' des forces révolutionnaires et offre un 'tour d'horizon' assez intéressant des organisations se réclamant (en Hexagone) du marxisme-léninisme ou du maoïsme.

     

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    [1] Alors que nous, communistes révolutionnaires, chantons avec Pino Masi : ‘‘la scuola dei padroni non funziona più, ma solo come base rossa ; la cultura dei borghesi, non ci frega più, l’abbiamo messa nella fossa’’ (l’école des patrons ne fonctionne plus, sinon comme base rouge ; la culture des bourgeois, nous n’en avons plus rien à faire, nous l’avons mise à la fosse)

     

     


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  • Dans la grande controverse qui traverse à notre époque, au niveau international, les organisations révolutionnaires basées sur le marxisme-léninisme-maoïsme, les chefs de file de la ligne ultra-gauchiste dogmato-sectaire, à savoir le PCMLM/Voie-Lactée, se sont encore fendus d’un ‘pamphlet’, sous la forme d’un éditorial de leur site, à l’encontre des ‘nouveaux révisionnistes’ que sont selon eux les signataires maoïstes de cette Déclaration du 1er Mai 2012, parmi lesquels Servir le Peuple.

    Cela devient fastidieux, pour ne pas dire fatiguant, mais il faut pourtant 's’y coller', il faut répondre : car cette controverse traverse, on l’a dit, le MOUVEMENT INTERNATIONAL MAOÏSTE, autrement dit, le NOYAU DUR autour duquel peut et doit s’agréger et se reconstituer un vaste mouvement révolutionnaire mondial, pour la révolution prolétarienne. Cela n’a donc rien à voir avec une 'obsession' mais, au contraire, tout à voir avec un débat idéologique, de conception du monde, CAPITAL pour la nouvelle vague de la Révolution prolétarienne mondiale qui se lève partout dans le monde.

    Et puis, ne nous en cachons pas… c’est tout de même amusant  (quand autant d’auto-assurance rime avec autant d’affirmations erronées, approximatives, ou en tout cas, portant sur des questions toujours en débat dans le MCI et nullement tranchées).

    Passons rapidement sur les éternels et répétitifs épithètes de 'populistes' ou de 'syndicalistes révolutionnaires' : ils signifient tout simplement, dans leur novlangue pseudo-léniniste, le lien avec les masses, le lien avec le mouvement réel de la lutte de classe, dont ce groupuscule internétique est totalement dépourvu.

    Selon nos pseudos ‘’intellectuels organiques’’ autoproclamés ‘’Parti de la science MLM’’ (en réalité, banals intellectuels petits-bourgeois, rejetons du plus pur pédantisme universitaire francouille), les organisations de la ‘’ligne rouge’’ ‘’maintiendraient le cap’’ selon lequel "le marxisme-léninisme-maoïsme est une science, toute puissante, produite par l'époque de la Nouvelle Grande Vague de la Révolution Mondiale" ; tandis que les ‘’nouveaux révisionnistes’’ rejetteraient cela. Pour ces derniers, le MLM serait "des méthodes décisives, une approche plus efficace", non pas "des principes mais une source d'inspiration, la plus créative qui soit". Il faudrait alors nous expliquer , quand, comment a-t-il été affirmé une telle chose par les ‘’nouveaux révisionnistes’’ que nous sommes. En tout cas, pas sur Servir le Peuple. SLP a toujours affirmé clairement que "le marxisme révolutionnaire est la SCIENCE qui permet de conduire la lutte du prolétariat organisé à la victoire", et que "le marxisme-léninisme-maoïsme est le marxisme révolutionnaire de notre époque", l’époque postérieure à la première vague de la Révolution prolétarienne mondiale (de 1905 à 1980 environ), époque de bilan et de synthèse de cette première vague.

    Ce qui a, par contre, également et toujours été dit, c’est que le marxisme révolutionnaire est une science JEUNE, n’émergeant qu’au milieu du 19e siècle, il y a un peu plus de 160 ans, ce qui est très peu à l’échelle de l’humanité ; et qu’elle ne peut encore prétendre saisir, ni comprendre, ni encore moins résoudre, à la seule lumière de ces 160 petites années d’expérience et sans esprit créatif, toutes les situations et toutes les problématiques rencontrées par le développement historique des sociétés humaines, en tout lieu de la planète, et encore moins tout le fonctionnement général de la nature et de l’univers. Le maoïsme (qui n’est pas, lui-même, l’œuvre de Mao seul, son nom servant simplement de repère historique) en est l’étape actuelle, ‘’l’encyclopédie’’ la plus complète à ce jour. Si l’on rejette les apports théoriques de Mao, et des maoïstes de son époque et postérieurs, l’on se heurte très vite, dans la pratique militante comme – éventuellement – dans l’exercice de la direction d’un processus révolutionnaire, à des LIMITES de conception du monde, qui conduisent immanquablement à Engelsl’échec. Mais le maoïsme n’est sans doute pas, lui-même, l’étape la plus aboutie, finale et définitive de la science marxiste ; il n’a pas ‘’réponse à tout’’ et il est sans doute appelé, un jour, à être à son tour dépassé. Il est probable, à vrai dire, que la science marxiste ne sera à peu près complète… qu’au seuil du communisme, lorsque s’achèvera, selon les mots de Marx, la ‘’préhistoire de l’humanité’’ : son développement aura accompagné dialectiquement le processus historique vers cette nouvelle ère de la civilisation humaine, et elle deviendra alors obsolète, inutile dès lors que celle-ci sera atteinte. Ainsi que le disait Engels, dans l’Anti-Dühring en 1878 (c'est-à-dire hier, à l’échelle de l’humanité), ‘’nous sommes encore plutôt au début de l'histoire de l'humanité et les générations qui nous corrigeront doivent être bien plus nombreuses que celles dont nous sommes en cas de corriger la connaissance, - assez souvent avec bien du mépris’’. La première qualité d’un communiste, ‘’armé’’ de sa science marxiste, c’est donc l’humilité, la modestie ; et la première marque de cette modestie, pour qui se prétend ‘’avant-garde’’, ‘’cadre’’ de la révolution à venir, c’est le lien permanent, dialectique, avec les masses populaires et leur mouvement réel de lutte de classe, de résistance à l’oppression imposée par le capitalisme. Rien n’empêche alors d’être ‘’créatif’’, dans les méthodes de travail révolutionnaire, dans les tactiques employées, dans l’approche des diverses problématiques rencontrées (analyse concrète de la situation concrète), et même dans la pensée (l’analyse marxiste de la réalité sociale qui nous entoure, dans – et bien souvent CONTRE – laquelle nous luttons) ; du moment que la PRATIQUE est seule juge de cette ‘’créativité’’, et que son jugement est sans appel. Ainsi, au Népal, on peut effectivement considérer qu’à partir du moment où Prachanda s’est retrouvé propulsé à la tête de l’exécutif (2008-2009), puis éjecté de celle-ci et ‘’incapable’’ de lancer le soulèvement général promis, il n’y avait plus débat et que sa ‘’créative Voie Prachanda’’ vers la ‘’démocratie du 21e siècle’’ était totalement et définitivement condamnée par la réalité des faits (et, de fait, démasquée comme néo-bourgeoise).

    nepalL’assertion selon laquelle le "nouveau révisionnisme" "ne connaît pas le matérialisme dialectique et n'en maîtrise pas les concepts" a, de même, de quoi faire éclater de rire : nos ‘philosophes-astronautes’, semi-intellectuels de Monoprix, voudraient nous faire croire que des gens qui militent dans le mouvement communiste depuis des dizaines d’années (qu’il s’agisse des camarades du PCmF, du PCmI, de l’OCML-VP, du PCR-Canada etc.) ne maîtrisent pas les bases élémentaires du marxisme… Alors qu’eux-mêmes ignorent superbement la dialectique, concernant par exemple le Népal où ‘’tout serait fini’’, comme si la fin d’un cycle, un ‘creux de la vague’ de la lutte révolutionnaire de classe dans un pays donné, n’appelait pas (sans l’ombre d’un doute) à ce qu’une nouvelle vague se lève (comme dans le mouvement communiste en général, après le ‘creux de la vague’ des années 1980-90), à ce que dans le Parti – devenu révisionniste – de Prachanda et Bhattarai, des éléments révolutionnaires, une ‘gauche’, se mobilise, s’organise et finalement rompe avec la social-trahison (ce qui est désormais chose faite) ; selon le principe élémentaire que ‘’un se divise en deux’’, et notamment les organisations politiques du prolétariat, dans lesquelles il y a toujours une gauche (révolutionnaire, pour avancer vers le communisme), une droite (pour ‘en rester là’, se contenter de réformes de l’organisation sociale) et un centre (pour tergiverser, hésiter, vouloir ‘mettre tout le monde d’accord’, et qu’il s’agit de rallier à la gauche ou au moins, de neutraliser). Et à ce qu'une telle lutte de lignes apparaisse et se développe immédiatement dans le nouveau Parti, où tout n'est pas réglé, comme par exemple la question de reprendre les armes, la question du rapport (purement tactique ou opportuniste et faisant litière des principes) à l'impérialisme chinois contre l'Inde, etc. En ce qui le concerne, SLP a abordé la question du matérialisme dialectique notamment ici et ici.

    Poursuivant sur les organisations de la soi-disant ‘’ligne rouge’’, nos donneurs de leçons affirment qu’"elles considèrent que l'époque produit des pensées dans des situations concrètes, la synthèse du MLM dans un pays donné". Qu’est-ce qu’une pensée ? Cela, le PCMLM l’explique assez bien dans de nombreux documents (comme celui-ci) : une pensée consiste en l’analyse et la synthèse, à la lumière de la science marxiste, de la société dans un État bourgeois donné, des classes et des mécanismes de domination en présence, de l’organisation sociale – qu’il  s’agit de renverser – et de l’idéologie, de la culture qui la soutient ; ceci débouchant sur "une synthèse révolutionnaire qui consiste dans le programme révolutionnaire et les méthodes pour le réaliser’’, "résultat de l'application de la vérité universelle de l'idéologie du prolétariat international aux conditions concrètes de chaque révolution’’ (dans chaque État bourgeois comme cadre gramscigéographique d’action). Et cela est parfaitement juste. Mais s’agit-il, pour autant, d’un ‘’talisman’’, d’une ‘’formule magique’’ ? En Italie, le (n)PCI a produit une telle pensée, analysant et synthétisant l’histoire et les problématiques structurelles du pays, en s’appuyant lui-même sur les travaux de Gramsci, des brigadistes rouges et autres révolutionnaires communistes des années 1970, etc. : il s’agit du Chapitre II de leur Manifeste Programme, un document d’une grande valeur pour qui veut comprendre ce grand pays voisin du nôtre. Mais cela n’empêche pas que, sur le programme révolutionnaire de cette organisation et les ‘’méthodes pour le réaliser’’, SLP ait de nombreuses et sérieuses réserves et, logiquement, le PCMLM devrait en avoir encore plus ; puisque le (n)PCI prône la participation aux élections, un forte implication dans le mouvement syndicaliste ‘’radical’’, etc. L’ancien PCI, et le mouvement communiste italien en général, basés sur la pensée de Gramsci, ont eux-mêmes connus de nombreux revers et échecs ; le PCI a fini sa trajectoire dans le pire révisionnisme et de nombreux autres groupes, ayant émergé contre ce révisionnisme dans les années 1960-70, ont fini de même par la suite. La ‘’pensée’’, entendue comme l’analyse marxiste et la synthèse de l’histoire, de l’organisation sociale, de l’idéologie et de la culture d’un cadre géographique donné (État bourgeois, continent ou région d’un continent, nation sans État etc.), est donc un préalable absolument nécessaire à l’établissement d’un programme révolutionnaire et des méthodes, du plan général du travail au service de celui-ci… mais absolument non-suffisant pour garantir la justesse de ce programme et de ce PGT ! Encore une fois, la modestie - et l'épreuve des faits - s’impose.

    occitania rojaEt ici, en Hexagone, qui a produit un début d’analyse concrète et systématique de la manière dont s’est construite la ‘’France’’ (terme qui désignait, il y a 1000 ans, la seule Seine-Saint-Denis actuelle...), comme appareil politico-militaire et idéologique au service d’abord de la monarchie capétienne (‘’stade suprême’’ de la féodalité, 13e-18e siècles), puis de la bourgeoisie qui a ‘’fait son nid’’ au sein de celle-ci, avant de la renverser en 1789 ? Le PCMLM ? Non : SERVIR LE PEUPLE, dans des articles tels que ‘’La Question nationale au 21e siècle’’ (voir notamment l’annexe à la fin) ou ‘’Considérations diverses : Un gros pavé sur la question nationale’’ (voir en particulier le point 3). Le PCMLM, lui, ne produit que des cours magistraux d’histoire artistico-culturelle des classes dominantes, depuis l’âge roman (des 10e-12e siècles), au sein duquel il oublie complètement l’Occitanie, ‘’Andalousie du Nord’’ de l’époque, jusqu’aux romantiques (fils et filles de grands bourgeois et d’aristocrates déchus) du 19e siècle. Il célèbre ‘’l’humanisme’’ bourgeois des 16e-17e-18e siècles pour son caractère progressiste à l’époque, en ignorant complètement tout l’aspect antipopulaire du cadre politique (la monarchie absolue, la "première vague" de colonisation outre-mer etc.) dans lequel celui-ci prospérait, et du capitalisme en accumulation primitive qui le sous-tendait…

    Toutes ces question et ces problématiques ‘’fondent’’ pourtant la société ‘’française’’ d’aujourd’hui, dans laquelle vivent et luttent les communistes. 

    Quant à l’éclectisme, nous assumons totalement cette attaque, et ce depuis bien longtemps. ‘’L’éclectisme’’, cela signifie tout simplement que OUI, nous sommes au tout début d’une nouvelle vague de la Révolution prolétarienne mondiale (on peut considérer que la Guerre populaire au Pérou aura été la ‘’porte’’ en la première vague et la nouvelle), dont nous sommes convaincus qu’avant la fin de ce siècle elle balaiera l’ordre capitaliste et impérialiste mondial ; et que OUI, nous en sommes à l’heure du BILAN et de la SYNTHÈSE de l’expérience de TOUT le mouvement communiste international au cours du siècle dernier ; et, non seulement nous en sommes à cette étape, mais celle-ci est INDISPENSABLE pour assurer les victoires de demain. Et ce bilan-synthèse doit passer au crible tout, absolument TOUT ce qui, au 20e siècle, s’est réclamé du mouvement révolutionnaire du prolétariat pour le communisme.

    S’il n’y a, aujourd’hui dans le monde, AUCUN pays engagé sur la voie du socialisme et du communisme (pas même Cuba, et encore moins la Corée du Nord, le Vietnam, la Chine ou le Laos, sur lesquels nous laisserons se pignoler les révisionnistes de tout poil), c’est bien que RIEN, dans le sillage de Lénine, Staline et Mao (tous les Partis communistes ayant pris le pouvoir, au siècle dernier, étaient dans ce sillage-là ; sans oublier les grandes expériences comme la Guerre populaire au Pérou, en Turquie, aux Philippines, en Inde et au Bangladesh dès 1967, les luttes armées en Amérique latine et en Afrique, etc.), n’était à 100% parfait et exempt de critiques. Et, a contrario, l’on peut dire que RIEN de ce qui n’a pas été léniniste, staliniste et/ou maoïste n’a été à 100% mauvais, contre-révolutionnaire, ennemi du peuple, à rejeter ou à brûler sans autre forme de procès… Servir le stalinePeuple a toujours défendu la position que Staline n’était pas le démon, le ‘’fossoyeur de la Révolution russe’’, le ‘’fasciste rouge’’ que dépeignent (de concert avec la bourgeoisie) les trotskystes, les anarchistes, les ‘’marxistes libertaires’’ et autres ‘’socialistes révolutionnaires’’ anti-léninistes ou tout au moins anti-staliniens ; que le personnage, ses partisans et leur bilan à la tête de l’URSS et du mouvement communiste international étaient beaucoup plus complexes que cela, et ne se résumaient pas à un long ‘’Livre noir’’. Que l’époque (entre-deux-guerres et Seconde Guerre mondiale) n’était pas à la franche rigolade, et qu’il faut savoir replacer les choses dans leur contexte. Que si critique de Staline (et de la direction ‘’stalinienne’’ du PCbUS et du MCI entre 1925 et 1953) il doit y avoir, elle se doit au moins d’être matérialiste et scientifique. Mais, d’un autre côté, Trotsky, les personnalités et les groupes dans son sillage (avec lesquels celui-ci, on le sait, entretenait des relations en dents de scie...), et globalement tou-te-s ceux et celles qui se sont opposé-e-s ou ont critiqué la direction ‘’stalinienne’’ de l’URSS et du Komintern dans les années 1920-50, et dont beaucoup auront été liquidé-e-s, notamment dans la seconde moitié des années 1930 (en URSS, en Espagne, etc.) et encore après-guerre (en URSS et en Europe de l’Est), ne peuvent se résumer à des hérétiques à brûler sur le bûcher, ou à des ‘’hyènes’’ contre-révolutionnaires, serviteurs de l’impérialisme et du fascisme, à abattre d’une balle dans la nuque.

    Si, à partir des années 1950, tous les communistes conséquents sont plus ou moins d’accord sur le caractère (à tout le moins) non-révolutionnaire de l’URSS et des forces affiliées (ce qui ne veut pas dire, selon SLP, qu’il n’ait pu y avoir ponctuellement des choses positives) ; les personnes et les groupes (trotskystes ou ‘’trotskysants’’, libertaires, ‘’conseillistes’’ ou bordiguistes, ‘’marxistes’’ ou ‘’socialistes révolutionnaires’’ de type POUM, PSOP, rosméristes-monattistes, etc.) qui, avant cette époque, ont pu ‘’interroger’’ ou critiquer, parfois durement, la praxis de la direction soviétique et kominternienne, ne méritent pas qu’un haussement d’épaule ou des crachats au visage. Ils ont très bien pu mettre le doigt sur des problématiques, des limites bien réelles de la conception marxiste-léniniste du monde, du Parti, de l'État révolutionnaire, de la Révolution mondiale défendue par Staline et ses partisans (quand bien même leurs réponses à ces problématiques et à ces limites ont été, ensuite, globalement erronées et finalement liquidatrices). Car le révisionnisme n’est pas tombé du ciel le 5 mars 1953, jour de la mort du GenSek. Il s’est certes révélé très rapidement au grand jour après cette date, surgissant du cœur même de l’appareil d'État et du Parti (on peut même penser que, si Beria l’avait emporté au lieu d’être renversé et exécuté par Khrouchtchev, la liquidation aurait été encore plus rapide) ; mais il avait forcément ses racines dans le système antérieur, dans ses limites et ses dysfonctionnements.

    Mao lui-même, en plein feu de la lutte (ultra-prioritaire) contre le khrouchtchévisme, s’est permis en 1963 de faire un bilan critique raisonné, mais sans concession de la direction de Staline à la tête de l’URSS et du MCI. Lorsque nos ‘’érudits’’ assènent que ‘’en Europe et en Amérique du Nord, le nouveau révisionnisme rejette Staline’’, ils montrent bien où se situe leur ligne de démarcation : Staline, et non Mao. Ils ignorent totalement le dépassement qualitatif, ‘’par la gauche’’, que représente le maoïsme par rapport au marxisme-léninisme appliqué par Staline, la direction du PCbUS et du Komintern entre les années 1920 et 1950. Ils ignorent la critique maoïste de Staline, critique qui a même pu être reprise par des groupes marxistes-léninistes conséquents qui n’étaient pas à proprement parler maoïstes, comme les Cellules Communistes Combattantes (CCC) de Belgique (La Flèche et la Cible - p. 101). Il n’y a pas, du coup, beaucoup à s’étonner de les voir rejoindre les positions des pires révisionnistes thorézo-brejnéviens ou hoxhistes sur, par exemple, les mouvements populaires arabes en cours. Dire que, si ces mouvements échappent à toute direction marxiste-léniniste ou maoïste, et même ‘’communiste’’ au sens large, c’est qu’ils sont ‘’totalement pilotés par l’impérialisme’’, est bien un exemple typique de lecture ‘’stalinienne’’ du mouvement réel de l’histoire.

    De plus, cette fascination acharnée et totalement acritique pour le Secrétaire général Staline éveille de sérieux soupçons de visées néo-bourgeoises chez nos super-ultra-révolutionnaires-prolétariens-de-la-galaxie. Font-ils réellement la révolution pour servir le peuple, émanciper le prolétariat et les classes populaires des chaînes du capitalisme et les mener vers le communisme ? Ou alors, leur insistance obsessionnelle à se poser en ‘’cadres’’ de la révolution, en ‘’Parti’’ qui ‘’dirige les masses’’ et sans lequel ‘’il n’y a rien’’, cache-t-elle une aspiration à rester, lorsque la situation révolutionnaire, l’explosion populaire générale surviendra, sur le haut du panier ?

    autonomia operaiaDe la même manière, l’assertion comme quoi "le nouveau révisionnisme nie complètement l'expérience de la lutte armée des années 1960-1990 à laquelle il ne connaît strictement rien" est tout simplement grotesque, lorsque l’on sait que parmi les esprits sensés qui ont quitté le navire ‘’pcmlm’’ à temps, il y a par exemple Libération Irlande (ceux qui, dixit, ‘’fantasment sur l’Irlande du Nord’’), qui a une excellente connaissance de la lutte de libération irlandaise et notamment de ses éléments révolutionnaires marxistes, ou encore l’Action antifasciste de Bordeaux qui avait publié cet excellent document de Lotta Continua (pas une organisation armée à proprement parler, mais de lutte prolétarienne ‘’musclée’’ et dont beaucoup d’éléments ont rejoint ensuite - après sa dissolution en 1976 - les Brigades rouges ou - surtout - Prima Linea) ; qu’il y a autour de Servir le Peuple des personnes connaissant parfaitement la lutte de libération nationale basque (notamment son ‘’apogée’’ de 1975-85), la lutte armée révolutionnaire italienne des années 1970, l’expérience des Cellules Communistes Combattantes de Belgique ou la résistance populaire révolutionnaire libanaise des années 1975-83 ; au PCmF d’anciens membres de la Gauche prolétarienne qui pratiquait également un militantisme ‘’musclé’’, dans le ‘’Kasama Project’’ (autres ‘’nouveaux révisionnistes’’ caractérisés) d’anciens Black Panthers ou Brown Berets, etc. Et où, quand a-t-on vu le 'p''c''mlm' dans les initiatives de solidarité avec Georges Ibrahim Abdallah, combattant communiste révolutionnaire de la résistance arabe et plus ancien prisonnier politique d'Hexagone, enfermé depuis 1984 ? Jamais, nulle part, pas même sur leur site. Cette cause ne les intéresse tout simplement pas... La seule lutte armée dont le ‘p’’c’’mlm’ puisse revendiquer une connaissance pointue, c’est la lutte armée allemande des années 1970-80, qui n’était pas un ‘’sommet’’ en matière idéologique et stratégique (il s’agissait essentiellement de ‘’solidarité internationaliste armée’’, considérant que le prolétariat de RFA n’était pas ‘’mûr’’ pour la révolution). 

    Nous passerons brièvement sur deux dernières énormités :

    - "Le nouveau révisionnisme, en Amérique latine, n'hésite pas à trouver quelque chose de positif dans les contradictions propres aux régimes fascistes, niant que seule la Guerre Populaire est le chemin valable" : nous aimerions bien savoir qui, où et quand aurait "nié" que la Guerre populaire est la seule voie de la révolution prolétarienne, non seulement en Amérique latine, mais universellement. Le PCMLM ferait-il allusion à ses amis de l'UOC-mlm de Colombie, qui prônent quant à eux la "révolution socialiste" (dans un pays archi-dominé et pétri d'oligarchisme et de semi-féodalité) par la "Grève Chavez Santospolitique de masse" ? Possible, mais néanmoins peu probable ; on imagine mal nos super-révolutionnaires-prolétariens signer des déclarations de 1er Mai avec des "nouveaux révisionnistes"... Trêve de plaisanterie, PERSONNE (parmi les incriminés, c'est-à-dire globalement les signataires du 1er Mai ici) n'a jamais affirmé une chose pareille. MAIS la Guerre populaire, guidée par son Parti révolutionnaire du prolétariat, sa "pensée" et son plan général de travail, se déroule au sein d'une RÉALITÉ et doit tenir compte de celle-ci. En Amérique latine, les "régimes fascistes", c'est-à-dire (traduction) les gouvernements RÉFORMISTES de type Chavez, Morales (radicaux, nationalistes et social-populistes) ou époux Kirchner, Lula/Roussef, Mujica (plus modérés, sociaux-démocrates/sociaux-libéraux), "concession" et "repli tactique" de l'oligarchie face aux mouvements sociaux de masse (qui ont conduit certains pays à l'ingouvernabilité : Bolivie, Équateur, Argentine) ; et leur emprise sur les masses populaires exploitées, de par la faiblesse du mouvement communiste suite à la guerre d'extermination menée contre lui, depuis le lendemain de la Seconde Guerre mondiale jusqu'aux années 1990 (Pérou) ; font partie de cette réalité. Les contradictions qui traversent ces régimes (dont Servir le Peuple n'a JAMAIS manqué de dénoncer les social-trahisons), les opposent aux masses ou opposent la base aux dirigeants, comme le montre par exemple cette déclaration sur la "milice bolivarienne" du Courant révolutionnaire Bolivar et Zamora, datant d'un petit moment déjà, ou encore la levée de bouclier face à l'arrestation et l'extradition, par la police de Chavez, de militants colombiens (des FARC, de l'ELN ou de la solidarité avec ces guérillas), ou les différends qui opposent, en Équateur, les puissantes organisations indigènes au gouvernement Correa, en font également partie. Si les maoïstes latino-américains ne veulent pas, pour arracher au réformisme bourgeois (et au révisionnisme qui le soutient) de nombreux secteurs avancés des masses populaires ouvrières et paysannes, reconnaître et mettre à profit ces contradictions, c'est - selon SLP - une grave erreur. De même, la caractérisation de ces gouvernements réformistes bourgeois comme "fascistes" relève, dimitrovselon nous, de ce que Dimitrov dénonce comme du "schématisme" dans la caractérisation du fascisme, un schématisme qui "désoriente la classe ouvrière dans la lutte contre son pire ennemi" (qui en Amérique latine, on le sait, est le régime militaire de type Pinochet ou dictatures argentines, semi-militaire semi-civil comme en Uruguay dans les années 1970-80 ou actuellement au Honduras, ou civil ultra-réactionnaire à la Fujimori au Pérou ou Uribe en Colombie ; régimes avec leurs cortèges de paramilitaires fascistes et d'"escadrons de la mort", de centres de tortures secrets et d'opposants enterrés on-ne-sait-où ou jetés à la mer, etc.).

    [PS : le dernier communiqué du PC d'Équateur - Comité de reconstruction, sur les dernières élections vénézuéliennes, est un exemple-type de cette caractérisation erronée et, de surcroît, d'une confusion totale : on n’y comprend absolument plus rien ! Chavez est-il un fasciste, que le PCE-CR va jusqu'à comparer à Hitler et Mussolini ; ou est-il un réformiste comme le laisse entendre "il convient de rappeler les sages paroles de Lénine: 'Le réformisme est un moyen que la bourgeoisie a de tromper les ouvriers'", "faire face au révisionnisme qui tente d'attirer les masses à vivre l'illusion du réformisme", ou encore "s'applique une façade « révolutionnaire » dans le discours et la propagande, accompagnée de quelques réformes, précisément pour freiner un véritable déclenchement révolutionnaire des masses pauvres" et "Les réformes et les miettes que le gouvernement Chavez donne aux masses ne sont qu'un mirage momentané et passager : l'histoire des régimes similaires (..) démontre comment ces gouvernements Relatives-of-victims-of-General-Augusto-Pinochets-military-servent exclusivement à contenir les masses" [souligné par SLP], ce qui est la définition marxiste du réformisme ; et non du fascisme, qui est "la dictature terroriste ouverte des éléments les plus réactionnaires, les plus chauvins, les plus impérialistes du capital financier" (Dimitrov), ou des éléments liés à eux dans les pays semi-colonisés : autrement dit, l’écrasement pur et simple, policier, militaire et paramilitaire de toute force ouvrière et paysanne organisée, révolutionnaire ou même simplement réformiste/progressiste ‘sincère’ ; et non le simple fait de vouloir ‘canaliser’ les ‘énergies’ populaires, par des concessions de ‘miettes’ et des organisations de masse réformistes, comme hier, en France, l’Union de la Gauche PS-PC-CGT-FO, ou le SPD et les syndicats géants en Allemagne, le Labour et les trade-unions en Grande-Bretagne, etc. D’autre part, concernant l’affirmation selon laquelle ‘’Il n'y a pas l'ombre d'un pouvoir populaire au Venezuela’’ et ‘’tout le monde peut s'organiser, mais sous les ordres de Chavez’’, c’est certes le ‘job’ des Chavez et autres Morales, Correa, Kirchner ou Ortega, vis-à-vis de l’oligarchie, que de ‘canaliser’ les résistances et les revendications populaires autour de leurs personnes ‘charismatiques’, mais le ‘mouvement social’ préexistait à leur émergence sur la scène politique et les FAITS (trop nombreux pour les énumérer ici) suffisent à démontrer que la situation est beaucoup plus complexe.]

    - "En Asie, cela s'exprime par la tendance au réformisme armé, qui date des années 1960 déjà"... nous y sommes, la messe est dite, l'allusion est on-ne-peut plus claire : la Guerre populaire en Inde (qui "s'acharne", voyez-vous, à reconnaître les "nouveaux révisionnistes" comme ses camarades internationalistes à l'étranger) est du "réformisme armé". Servir le Peuple appelle toute les organisations maoïstes à travers le monde, qui liraient ces lignes, à se prononcer sur une telle affirmation. Quelles que soient les critiques (franches, entre camarades) que l'on puisse adresser à la conduite de la Guerre populaire en Inde par le PC maoïste, les auteurs d'une telle attaque destructive devront l'assumer devant l'histoire.
    maoist naxal 20091026-ePour conclure, nous ne disserterons pas sur le texte du Mouvement Populaire Pérou lui-même. C'est là une organisation d'une autre importance, avec une autre histoire que les trois guignols du "p""c""mlm". Il affirme que le PCP possède toujours un Comité central, donc une direction centralisée, ce que nous sommes ravis d'apprendre. Il est toutefois permis de regarder la situation du mouvement maoïstes péruvien avec une certaine circonspection, nonobstant le respect dû à ceux qui se battent les armes à la main contre un État oligarchique toujours aussi féroce et impitoyable ; et de trouver que le "détour" évoqué par le président Gonzalo dans son dernier discours, après son arrestation et son exposition dans une cage, a tendance a se prolonger sans
    que l'on en voie l'issue, en l'absence d'un maoist paintingsérieux bilan et synthèse de l'expérience de la Guerre populaire entre 1980 et 1993. Et de regretter, également, le positionnement sectaire d'attaque destructive dans lequel s'enferme, depuis de nombreuses années déjà, le MPP ; en affirmant par exemple qu'il n'y a pas de Guerre populaire en Inde (mais une simple "lutte armée") car il n'y aurait pas de "pensée", comme si Mazumdar, et après lui des théoriciens tels que Azad ou Kishenji, cela n'existait pas (même si leurs travaux n'ont, sans doute, jamais été définis comme "pensée"... mais pas plus que ceux de Gramsci, de Siraj Sikder au Bangladesh, d'Alfred Klahr en Autriche ou d'Ulrike Meinhof en Allemagne, que met pourtant en avant le PCMLM ; ni même ceux de Lénine - on n'a jamais parlé de "pensée Lénine", etc.). Un sectarisme et une attitude pédante et destructive qui en revanche, cela va de soi, a tout pour ravir les "érudits" du "p""c""mlm"... 

     

     

     


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  • Il y a quelque chose que SLP a parfois évoqué, mais jamais exposé aussi catégoriquement en ces termes : le "p""c""mlm" et la mouvance internationale gravitant autour sont le TROTSKYSME de notre époque (le trotskysme "historique", lui, ayant globalement rejoint la social-démocratie). Pour certains, c'est même quasi explicite : quand une organisation de Colombie prône, pour ce pays, une révolution purement ouvrière, socialiste, à travers... la Grève Politique de Masse ; alors que l'on a là un pays semi-colonial type, archi-écrasé par l'impérialisme US (qui en a fait la "clé de voûte" de sa domination continentale), avec de très importantes masses rurales et des ruraux déplacés (par la pauvreté ou la violence) vers les bidonvilles des grandes aires urbaines ; quel autre nom cela peut-il porter ? [Ici, toutefois, il s’agit peut-être de déviation sincère de cette organisation, contrairement à ses acolytes, nous y reviendrons].

    Au niveau international, ce débat, cette caractérisation et cette dénonciation n'a toutefois que peu d'importance, les organisations concernées étant marginales dans leurs pays respectifs. En revanche, elle en a en "France", historiquement et culturellement terre de l'ultra-radicalisme intellectuel, et de la fascination d'une frange schizophrène du prolétariat et de la petite bourgeoisie déclassée pour ce radicalisme, cette "intransigeance", ce "no compromise" affiché.

    Qu'on se comprenne bien : cela ne veut pas dire qu'ils ont tort sur tout. Servir le Peuple ne raisonne pas en ces termes, que tout ce qui n'est pas à 100% dans sa vision des choses est 100% mauvais. En particulier, cela ne veut pas dire qu'ils ont tort sur les constats. Ce serait justement une grave erreur que de nier la réalité pour combattre l'analyse erronée de celle-ci. Le trotskysme ne repose pas sur des constats faux, sur des "élucubrations".

    Lorsque Trotsky, mais aussi les autres gauchistes, bordiguistes ou "germano-hollandais", disaient qu'une nouvelle bourgeoisie (même s'ils parlaient plutôt de "bureaucratie") était en formation dans la jeune URSS, c'est quelque chose qu'on ne peut évidemment pas nier (même s'il y a sans doute des "ML" et même des "maos" pour le nier, et penser que le "mal" s'est abattu du ciel le jour où l'on a commencé à cracher sur la tombe de "saint" Staline). C'est cette nouvelle bourgeoisie qui, "libérée" par la mort d'un Staline aux "purges" imprévisibles et fatales, a pu se consolider avec Khrouchtchev (mais l'aurait pu aussi avec Beria) et entamer l'instauration d'un capitalisme d’État, puis la restauration du capitalisme tout court (Gorbatchev). Lorsque Trotsky disait que les directives de l'IC au Parti communiste de Chine étaient gravement erronées, et aux conséquences funestes, évidemment que les faits lui ont donné raison, ce ne sont pas les communistes chinois de Mao qui ont dit le contraire ! Et les maoïstes de l’État turc sont les premiers à dire que les directives de l'IC au PC turc de l'époque, l'analyse du kémalisme etc. étaient complètement fausses. Lorsque Trotsky et les trotskystes (et bordiguistes etc.) mettaient en garde contre la politique des Fronts populaires, on a effectivement vu que ceux-ci (en Europe) ont eu une interprétation de droite, amenant une soumission du mouvement communiste à la gauche bourgeoise : les trotskystes peuvent donc se targuer d'avoir "vu juste".

    Mais le problème n'est pas là ! Le problème, ce n'est pas le constat des dysfonctionnements et des erreurs (parfois très graves) du premier État révolutionnaire du prolétariat et de la première Internationale communiste autour de lui. Le problème, ce sont les conclusions, les analyses qui en sont tirées, systématisées en théorie (d'où découle une pratique) erronée. La théorie selon laquelle le socialisme n'était pas possible dans un seul pays arriéré et encerclé, que la Révolution soviétique était, finalement, "condamnée" dès lors que la révolution avait échoué en Allemagne... La théorie selon laquelle il ne fallait pas faire les Fronts populaires, ni de Fronts d'une manière générale, mais au contraire "entrer" dans les luttes syndicales réformistes (voire les organisations politiques social-démocrates) pour les "pousser en avant" et ensuite "fractionner" quand "la collaboration de classe, la direction social-traître, est démasquée", puis rompre pour lancer la révolution prolétarienne, la grève générale etc., formant un "nouveau Parti bolchévik" (ceci "dans l'idéal" : en pratique, les trotskystes ne rompent qu'en emportant 3 tondus rencontrés à la buvette... On a en fait là une tentative mécanique de reproduire la formation du Parti bolchévik à partir du PSDOR).

    Si l'on revient, maintenant, à nos nouveaux trotskystes, on peut voir exactement la même chose. Dire que les thèses de Prachanda étaient révisionnistes était parfaitement vrai, dire qu'elles "mèneraient à la catastrophe"... nous y sommes. Si l'on reste à la surface des choses, nos nouveaux trotskystes avaient donc "vu juste", "avant tout le monde", et encore "sous les crachats, le boycott, les attaques de toute part" avec ça... Quand nos nouveaux trotskystes disent que la situation au Pays Basque (de la gauche abertzale) est extrêmement délétère et préoccupante, qu'elle ressemble au chemin suivi par les républicains irlandais "provisoires" dans les années 1990 : qui va dire le contraire ? (et la dérive risque encore d'empirer, "confortée" par les récents "succès électoraux"). Quand l'UOCmlm dit que les guérillas marxistes de Colombie ont dérivé vers le révisionnisme armé et parfois des pratiques mafieuses, devenant dans certaines zones un véritable "fléau" de plus pour les masses, en concurrence avec l’État et ses fonctionnaires corrompus, les caciques locaux, les grands propriétaires, les milices d'extrême-droite et le crime organisé, c'est malheureusement la vérité...Et ainsi de suite.

    Le problème, encore une fois, n'est pas là ! Le problème, ce sont les conclusions, érigées ensuite en théories, qui en sont tirées et mises en pratique.

    Du Népal, est tirée la conclusion universelle qu'il faut rejeter "toute souplesse idéologique, stratégique et tactique avec le marxisme-léninisme-maoïsme"... Autrement dit, il ne faut pas faire la révolution, car faire la révolution, mener à son terme la Guerre populaire qui ne se réduit pas à une lutte armée, c'est faire preuve de tactique, c'est avoir une application créative, dans la situation concrète, de la théorie révolutionnaire  ; et c'est ce que le Parti bolchévik, le PC de Chine, le PC du Vietnam, le PC de Grèce, le PC d'Espagne etc. ont fait tout au long de leur histoire, lorsqu'ils étaient révolutionnaires. Cela reviendrait à dire que, PUISQUE la tactique des Fronts populaires et la tactique d'alliance avec des forces bourgeoises "antifascistes" pendant la Résistance ont conduit au thorézisme, au togliattisme etc., il faut refuser toute tactique de ce type, et même toute tactique en général.

    De la même manière, le Mouvement Anti-Impérialiste (MAI) de l’État espagnol prône ainsi "la dénonciation de toute étape intermédiaire", comme par exemple "le programme de IIIe République" en Espagne, qualifié de "réforme politique du vieil État". Gauchisme trotskyste typique, auquel Servir le Peuple répond que la poussée révolutionnaire des masses, si elle ne permet pas immédiatement un "Octobre rouge" 1917, et si elle n'est pas écrasée par la Réaction, peut très bien déboucher sur une "réforme du vieil État" (de l'organisation sociale) de ce type, sous la forme d'un "gouvernement réformiste d'urgence", et que ceci est une étape, oui, 100 fois oui, que les communistes peuvent et doivent utiliser à leur profit pour repartir de l'avant dans la Guerre populaire vers le communisme [d'autant que le réformisme, on y reviendra, contrairement au 20e siècle, est aujourd'hui condamné au-delà du court terme : soit il est renversé par la révolution prolétarienne, soit il l'est par la contre-offensive réactionnaire]. Les réformes de l'organisation sociale capitaliste ne sont "la mort" du mouvement révolutionnaire que si les communistes le veulent bien, et une "excellente" attitude à adopter pour cela est justement de tourner le dos au mouvement réel des masses et de s'enfermer dans l'imprécation sectaire. Les trotskystes de notre époque, comme leurs prédécesseurs historiques, font vraiment la révolution sur la Lune, c'est vraiment le qualificatif qui convient...

    L'analyse correcte, c'est qu'ont émergé dans le PC maoïste du Népal des néo-bourgeois, voire des bourgeois tout court : comme le fait remarquer un camarade indien, les dirigeants "maoïstes" prachandistes ou du clan Bhattarai sont des brahmanes, la caste supérieure du sous-continent indien, très peu sont issus des classes laborieuses. Ces gens ont a un moment donné liquidé la Guerre populaire révolutionnaire, seul moyen de mettre le Peuple au pouvoir, pour s'y mettre... eux, se faire une place au soleil dans une République parlementaire bourgeoise. Mais ceci a des ressorts (culturels et de classe) qu'il est impossible aux gauchistes d'analyser, puisque... ce sont les mêmes que les leurs ! Alors, le révisionnisme réside dans le fait d'avoir "déclaré" ceci ou cela, qui est "thorézien", "trotskyste", "boukharinien", "trois-mondiste" etc. : la conséquence devient la cause. De la même manière, toujours le MAI parle de "facilité avec laquelle le révisionnisme se travestit et adopte de nouvelles formes sous les habits du maoïsme" : c'est exactement le même idéalisme. Le révisionnisme serait un "esprit" flottant dans les airs et "s'emparant" d'organisations communistes y compris maoïstes. Ils ne comprennent pas que le révisionnisme est l'expression idéologique d'une réalité matérielle ; réalité qui est que le Parti est un instrument aussi indispensable qu'imparfait et que non seulement s'y infiltrent, mais s'y forment, par son fonctionnement même, des éléments qui "font la révolution" non pas pour SERVIR LE PEUPLE, mais pour se servir eux-mêmes, parfois dans l'idée d'intégrer un État bourgeois "réformé" par les luttes qu'ils auront menées, mais parfois dans l'idée claire de renverser la bourgeoisie pour la remplacer par les "cadres révolutionnaires" qu'ils considèrent être. Et l'ultra-radicalisme, l'ultra-maximalisme dogmato-sectaire gauchiste n'est qu'un révisionnisme "de gauche", expression des opportunistes ratés !

    Dans tous les cas, la réalité est que le PC maoïste du Népal et la Guerre populaire sont aujourd'hui en grande déroute en raison de tares remontant aux origines, au début des années 1990, en pleine "fin de l'Histoire" : l'idéologie communiste n'était alors pas "au top de sa forme" et de grands compromis ont été faits dans un souci de "massification" du mouvement révolutionnaire : remplacer Kiran par Prachanda à la tête du Mashal (ancêtre du PCNm), accueillir la "clique Bhattarai" dans le nouveau Parti, centrer l'objectif de la GP sur le renversement de la monarchie et la convocation d'une Constituante, puis finalement rechercher l'alliance des partis bourgeois, etc. Il n'empêche que la Guerre populaire au Népal a le mérite impérissable d'avoir existé (alors que les gauchistes ici ne font rien), et qu'elle a amené la lutte de classe dans ce pays à un niveau supérieur, bien supérieur à ce qu'il était au début des années 90. Il n'empêche que des erreurs "frontistes" du même ordre ont été faites par les communistes chinois, amenant à la catastrophe de 1927 : cela a-t-il définitivement hypothéqué l'avenir du mouvement communiste en Chine ? Cela aurait pu... mais (l'histoire est là) cela n'a pas été. La Révolution chinoise a au contraire illuminé la seconde moitié du 20e siècle. Au Népal, "tout" est peut-être effectivement fini... ou pas.

    Au Pays Basque, la conclusion tirée et d'en appeler à la "centralité ouvrière" et de jeter aux orties la lutte de libération nationale ("cela va exiger des déchirements profonds, dont le symbole sera de remplacer le drapeau basque par le drapeau rouge"). Voilà une conclusion typiquement, 100% trotskyste. Au contraire, Servir le Peuple oppose qu'il faut élever le niveau théorique du mouvement communiste en Europe, qu'il faut une théorie qui UNISSE luttes de classe et luttes de libération nationale dans une même Guerre populaire, et cette théorie c'est l'encerclement du Centre par la Périphérie, véritable universalité de la Guerre populaire. Les régions "périphériques" marginalisées, où se mêlent une petite paysannerie et petite bourgeoisie paupérisée avec une très importante classe ouvrière rurale et des petites villes, sont les "campagnes" de l'Europe, et les "nations sans État" sont dans cette situation [de la même manière, les banlieues-ghettos sont les "campagnes" des grandes métropoles économiques, etc. : l'encerclement du Centre par la Périphérie se fait "en cercles concentriques"].

    Pour l'idée (exposée plus haut) qu'il faudrait, en Colombie, revenir aussi à la "centralité ouvrière" et prôner une révolution socialiste par la Grève Politique de Masse, cela se passe de commentaires... Trotskysme à 300%. Qu'on nous explique la différence avec les thèses morénistes (trotskystes)... Ils nous expliquent certes que c'est "tactique et non stratégique" (ah ? on pourrait donc faire preuve de souplesse tactique avec le MLM ? on n'y comprend plus rien !), mais en pratique cela ne change rien : l'objectif reste une révolution socialiste, purement ouvrière, niant le rôle fondamental de la paysannerie et autres couches semi- ou non-prolétariennes dans ce pays. On peut simplement espérer qu'il s'agisse là d'une dérive gauchiste sincère, car le mouvement communiste colombien a réellement une histoire tragique : entre répression sauvage (par un État fasciste, "clé de voûte" de l'impérialisme US dans la région), trahisons opportunistes, tendances néo-bourgeoises prononcées (indissociable de l'émergence permanente de nouvelles couches dans cette partie du monde) et dérives mafieuses (de "com'zones" guérilleros) ; un mouvement maoïste jamais très important (prédominance du guévarisme ; un groupe, l'EPL, est resté minoritaire parmi les guérillas marxistes et devenu "pro-albanais" à la fin des années 1970, de très petits groupes depuis), etc. On pourrait, dans ce cas, plutôt parler de nouveau bordiguisme (le trotskysme sincère, sans le côté néo-bourgeois affirmé, les manigances, les fumisteries idéologiques etc.). Sur le Népal, l’UOC-mlm rejette l’appui à la ‘fraction rouge’ (terme, il est vrai, mal trouvé !), mais il s’agit peut-être d’un arrêt sincère à l’apparence (les grandes limites idéologiques de ces personnes – Kiran, Basanta, Badal etc. – qui donnent l’impression qu’elles ne ‘rejettent pas’ le révisionnisme de Prachanda), sans voir l’essence, oubliant que un se divise en deux mais que… pour l’instant (hormis deux petits groupes, assez sectaires), le PCNU-M ne s’est pas encore divisé ! Un Parti révisionniste voit toujours le ‘split’ d’une ligne anti-révisionniste, quel que soit le temps que cela prend : dans notre État bourgeois ‘France’, Thorez déversait la pire merde révisionniste depuis les années 1930, et c’est seulement dans les années 60 que les anti-révisionnistes ont dit "ce n’est plus possible, on s’en va" ! De même en Italie (où Togliatti était aux commandes depuis 1938) : dans le genre tardif, on peut difficilement faire mieux ! Et pourtant : c’est de là que sont nées des expériences lumineuses comme l’UJCml et la Gauche Prolétarienne, que le ‘p’’c’’mlm’ se plaît à mettre en avant ces derniers temps, tout en déplorant leur ‘populisme’ (c’est que l’UJCml et la GP, eux, étaient un minimum dans les masses…). Incompréhension, en définitive, du fait que dans un processus réel de masse, la ‘notion temps’ n’est pas du tout la même que dans un processus ‘en chambre’… La réalité quasi certaine, c’est que le ‘bloc’ des Kiran, Badal etc. n’envisage pas de scissionner avec un effectif ridicule derrière eux. La ‘scissionite’, c’est justement un truc de trotskystes ! (même si le droit de tendance est le principe proclamé…)

    En parlant de scissionite, il en va de même, et encore pire, avec l'attitude du collectif "Haine de Classe" de l’État espagnol qui, au nom de "refuser la conciliation avec le révisionnisme" et de sa "plus profonde haine de classe" pour les "conciliateurs", ne trouve rien de mieux que de diviser la solidarité avec la Guerre populaire en Inde dans l’État espagnol (et la solidarité castillanophone dans son ensemble) : pur trotskysme à 800%. Les Comités de solidarité avec la Guerre populaire en Inde sont, en quelque sorte, le "Front international" des maoïstes indiens, dont la direction relève quelque part d'eux et d'eux seuls. C'est à eux, ou du moins à leur Front révolutionnaire démocratique, que revient en définitive de décider quels soutiens ils jugent "opportunistes" ou pas. Certainement pas à un groupuscule du fin fond de l’Europe. En l'occurrence, c'est avec le PCm d'Italie, le PCm de France, le PCR du Canada etc. que les maoïstes indiens ont signé une Déclaration du 1er Mai cette année, mais voyez-vous... le PC d'Inde maoïste (avec 20.000 combattant-e-s rouges et près de 45 ans d'expérience révolutionnaire) ne serait rien de moins que… manipulé (!) par le PCm d'Italie, qui doit compter tout au plus quelques centaines de militant-e-s ! Tout ce verbiage "ultra-radical", de toute façon, ne rime strictement à rien. Le PC d'Inde (maoïste) a rejeté, dès le début et sans appel, la "tactique" des Accords de Paix. C'est une des raisons pour lesquelles il n'a pas fusionné avec le CPI(ML) Naxalbari, sur la position duquel (disons-le en toute sincérité) se serait plutôt retrouvé SLP à l'époque : oui à la tactique des Accords (pour acculer les partis bourgeois dans leurs contradictions), gare aux tentations réformistes, gare aux "balles enrobées de sucre". Il apparaît aujourd'hui que c'est plutôt le CPI(m) qui avait raison. Mais voilà : le CPI(m) est du côté des "signataires du 1er Mai", pour la reconstruction d'une Internationale communiste maoïste, et non du côté des néo-trotskystes. Le CPI(m) ne rejette pas par principe toute tactique ; il soutient résolument l'existence de révolutionnaires au sein du PCNU-M et les appelle à agir d'une manière ou d'une autre (en scissionnant, en rectifiant le Parti, peu importe), tout simplement parce que cela est scientifique. Même si le 'bloc' Kiran-Badal-Basanta-Gaurav-Biplab etc. est dans une position "centriste" entre le CPI(m) et le 'bloc' Prachanda-Bhattarai, les camarades d'Inde appliquent le principe maoïste qui est d'isoler la droite et gagner le centre. 

    Globalement, si l’on regarde la situation du mouvement communiste international, que voit-on ? Prenons un exemple. L’année 2011 aura vu des évènements d’une importance considérable. Les grandes révoltes des peuples arabes auront remis au poste de commandement le principe marxiste que LES MASSES FONT L’HISTOIRE – même s’il leur faut un PARTI pour faire la révolution. Inévitablement, s’est produit ce qui était inévitable : lorsque les révoltes arabes ont atteint des pays considérés jusque là comme "résistants à l’Empire", c’est à dire dont les classes (voire castes) dominantes roulaient des mécaniques devant l’Occident et Israël, on a vu ressurgir le bon vieux campisme : l’idée que ces révoltes étaient illégitimes, n’avaient pas la moindre base matérielle valable, et ne pouvaient être que des "manœuvres" impérialistes pour "mettre la main" sur ces pays. Ce débat n’a pas seulement traversé un certain forum communiste francophone, opposant les révolutionnaires… et les progressistes un minimum humanistes aux rebuts de l’ultra-révisionnisme à la Marchais, et autres défenseurs d’André Gerin. Il a également frappé… la principale organisation internationale anti-impérialiste, marxiste-léniniste et maoïste, à savoir l’ILPS (Ligue Internationale des Peuples en Lutte). La direction de celle-ci, emmenée par les Philippins autour de José Maria Sison, a défendu les positions campistes ; tandis qu’une autre ligne, avec à sa tête les maoïstes du Front révolutionnaire démocratique d’Inde (G.N. Saibaba) les a combattues et a été expulsée. Il ne reste qu’à espérer que cette divergence n’ait pas atteint un niveau d’antagonisme irréversible, et qu’elle puisse encore se résoudre par la critique franche et ouverte et l’autocritique, la vérification et la rectification. Mais, quoi qu’il en soit, le débat sur le campisme est un débat fondamental pour l’élaboration de la conception communiste du monde : est-ce que sont les masses qui font l’histoire ; ou est-ce que ce sont les "petites nations" contre les grandes ; ou encore, est-ce que les masses peuvent avoir "à leur côté" des castes dominantes "rebelles" aux impérialistes occidentaux, quand bien même ces dernières… oppriment et massacrent les masses du Peuple dans leurs pays ???

    Or, dans ce débat, quelle est la position des nouveaux trotskystes ? C’est simple :

    1°/ Ils l’ignorent et n’en parlent même pas ;

    2°/ Ils concentrent leurs attaques, au nom de la "conciliation méprisable avec le révisionnisme prachandiste", contre les organisations… amies du PC d’Inde (maoïste) et celui-ci lui-même (qui se seraient "mis hors de toute identité révolutionnaire" ( !)), au moment même où les maoïstes indiens mènent (dans une large mesure) cette lutte idéologique contre le campisme ;

    3°/ Ils se retrouvent dans la pratique (le ‘p’’c’’mlm’ en tout cas) sur la position des campistes, dénonçant les légitimes révoltes comme une conspiration impérialiste et un ramassis d’islamo-fascistes (comme si, quand bien même manœuvres impérialistes et forces islamistes il y aurait, celles-ci n’avaient pas un terreau OBJECTIF de révolte légitime contre le clan au pouvoir)…

    On a là l’illustration parfaite de tout ce qui précède, et de la position et du rôle de ces groupuscules dans le mouvement communiste international : TROTSKYSME, TROTSKYSME, TROTSKYSME pur et simple.

    Il y a, cependant, une différence fondamentale entre ces trotskystes de notre époque et le trotskysme historique. Ceux-ci diront bien sûr, toujours idéalistes, "idéologistes", que cette différence tient à l'idéologie, LEUR idéologie qui n'a "rien à voir" avec le trotskysme, comme si l'idéologie tombait du ciel, était une "révélation" divine.

    La réalité, c'est que cette différence tient à la capacité réformiste de la bourgeoisie à l'époque du "trotskysme historique" (les années 30, puis l'après-guerre). A cette époque, celle de la crise de 1929 puis de la reconstruction après-guerre, la bourgeoisie monopoliste mondiale avait encore une capacité de réformer l'organisation sociale pour la mettre au niveau des forces productives et de la masse de Capital ; capacité synthétisée économiquement (bien sûr) par John Maynard Keynes : ce sont les fameuses thèses du "soutien (à l'accumulation capitaliste) par la consommation" ; de transformer, par une "politique sociale généreuse", les sociétés de producteurs en sociétés de consommateurs. Ces thèses s'opposant à "l'autre réformisme" : le fascisme... Bien sûr, cette "relance" ne pouvait passer que par la guerre impérialiste mondiale, un repartage général du monde impérialiste et un "grand ménage" de Capital et de forces productives excédentaires : c'est ce qui s'est passé et les tenants du keynésianismes, en tête desquels les États-Unis de Roosevelt, n'y sont pas allé avec le dos de la cuiller ; cependant, à la différence du fascisme, ils n'assumaient pas aussi ouvertement cette nécessité et toute la culture militariste, chauvine, colonialiste, barbare allant avec. La réalité est en fait que, dans la crise générale du capitalisme des années 20-30, se sont affrontées trois "voies de sortie" : la révolution prolétarienne (incarnée alors par l'URSS), la "réforme" fasciste et la réforme keynésienne. On retrouve là, d'ailleurs, très nettement les "trois camps" de la guerre impérialiste mondiale qui va du milieu des années 30 à 1945.

    La social-démocratie était donc, dans les années 1930 et encore plus après la guerre, une force montante. C'est ainsi que les trotskystes (mais pas les bordiguistes et autres gauchistes, "dieu" les en garde !) ont pu développer, dans la 2e moitié des années 30, l'idée d'"entrisme" : intégrer cette force montante, cette dynamique réformiste, perçue comme "l'expression non-stalinienne de la révolution mondiale", et la "pousser en avant", "au maximum", jusqu'à "la rupture" : lorsqu'il n'y aurait "plus de réformes possible sinon la révolution", on aurait alors ceux qui veulent maintenir le capitalisme et ceux qui veulent le renverser, les "marxistes révolutionnaires" trotskystes prenant la tête des seconds pour lancer la "grève générale révolutionnaire" etc. Il faut bien souligner que cette stratégie n'est nullement celle de tous les trotskystes, et que les débats sont vifs sur le fait que Trotsky lui-même l'ait réellement prônée (en tout cas en ces termes). Mais, quoi qu'il en soit, la pratique a existé. Elle se résume, en dernière analyse, à une incompréhension fondamentale du réformisme bourgeois à l'époque de l'impérialisme, et en particulier de ce réformisme bourgeois là : bien sûr que ce réformisme captait, à une très large échelle, les masses ouvrières et travailleuse que les limites de la conception du monde des marxistes-léninistes ne leur avaient pas permis de capter. Mais il n'était pas qu'un réformisme bourgeois "de défense", "de survie", l'expression d'une bourgeoisie acculée, lâchant tout ce qu'elle peut pour sauver l'essentiel. Ceci était bien sûr un aspect : sans poussée révolutionnaire mondiale des masses, sans l'existence de la "menace" (pour la bourgeoisie) soviétique, il n'y aurait pas eu toutes ces concessions de la classe dominante. Mais un autre aspect (en raison duquel la théorie trotskyste ne pouvait pas marcher), c'est que ce réformisme reposait sur une théorie cohérente, économique (Keynes), et praticable : mener une politique sociale d’État généreuse (ce que les États n'avaient jamais, ou très peu pratiqué jusqu'alors) pour relancer l'accumulation capitaliste en transformant les sociétés occidentales (pays impérialistes) en sociétés de consommateurs (les sociétés de producteurs se déplaçant dans les pays fraîchement "décolonisés" et néo-colonisés). Il faut noter, pour être justes, que cette incompréhension a aussi frappé les "staliniens", dans la pratique des Fronts populaires, ce qui a souvent conduit à une soumission des mouvements communistes nationaux à la gauche bourgeoise.

    Aujourd'hui, il est facile de voir que ce n'est plus du tout le cas. Les capacités réformistes de la bourgeoisie sont nulles ou presque. Les États sont surendettés, et ils sont surendettés parce qu’ils ont, justement, multiplié depuis les années 1970 (début de la nouvelle crise) les "amortisseurs sociaux" pour "soutenir la demande" : emploi public, subvention à l'emploi privé, aides sociales de toute sorte [les États qui ont rejeté cela, en premier lieu les États-Unis et la Grande-Bretagne, ont quant à eux laissé la demande reposer sur le crédit (et la protection sociale sur l'assurance privée et les fonds de pension), et ce sont les organismes de crédit et d'"assurance sociale" qui s'effondrent]. Depuis les années 1980 (environ), la social-démocratie est donc une force descendante, déclinante : elle ne gagne les élections, en général, que par accident ou par un ras-le-bol général après une longue période de droite, et en jouant "toujours plus au centre", toujours plus vers la "droite modérée" (comme Blair en Grande-Bretagne ou Schröder en Allemagne, Obama aux États-Unis et peut-être l'an prochain le PS en France). Les trotskystes qui l'avaient intégrée (ou soutenue, en tout cas) pendant sa phase ascendante, on rompu avec cette "dérive social-libérale" pour... finalement "garder le temple", être les derniers gardiens de la social-démocratie de "rupture avec le capitalisme", celle de Mitterrand en 1974 et 1981. Il n'y a bel et bien plus de réforme possible sinon la révolution, mais la "grève générale" qui mettrait la "rupture anticapitaliste" à l'ordre du jour ne vient jamais, bien évidemment.

    Il n'est donc pas faux de dire qu'aujourd'hui il n'y a plus de "voie keynésienne", "réformiste", pour sortir de la crise générale du capitalisme : l'alternative se réduit finalement à la révolution prolétarienne ou le fascisme et la guerre. La social-démocratie et, maintenant, même le "social-libéralisme" (modèle blairiste) s'effondrent en crédibilité et électoralement : après 10 ans de droite dure, dans une situation de crise économique et sociale totale, il n'est même pas acquis que le PS gagne en 2012 ! Pour faire court : si c'est le très centriste Hollande, peut-être ; mais si c'est "la Dame des 35 heures", il est probable que non. Il en va de même, d'ailleurs, pour la "droite humaniste et sociale" héritière du "gaullisme social", de la démocratie-chrétienne et du radical-socialisme, effondrement symbolisé par la déconfiture de Bayrou et le récent forfait de Borloo. Bref : la voie "réformiste démocratique" bourgeoise est bouchée. DONC, la base matérielle de l'idéologie trotskyste dans son rapport avec la social-démocratie a disparu. 

    Nos nouveaux trotskystes ne peuvent donc pas aller exercer leurs talents de ce côté-là. Ce n'est pas une question de "pureté idéologique" qui, telle la grâce du Saint Esprit, les aurait touchés.

    Il reste même suffisamment de petites sectes trotskystes pour assurer la fonction (merveilleuse s'il en est) d'intégrer les fronts de lutte syndicalo-réformistes pour les faire éclater (lorsqu'ils estiment que "la collaboration de classe est démasquée" et que, donc, "les conditions sont mûres"), ce qui leur permet éventuellement de gagner un ou deux militants.

    Ils sont donc condamnés à végéter dans l'aspect uniquement gauchiste du trotskysme : "l'attente critique" (tout le monde, y compris les plus grands, peut dire des conneries : celle-ci est une des plus grosses de Gramsci), regarder passer le mouvement réel en ne faisant que le critiquer, le couvrir d'ordure, en se proclamant "seuls détenteurs de la vérité" et en attendant la "révolution prolétarienne parfaite". Et bien sûr, aligner les théories généralisantes plus erronées les unes que les autres.

    Leur essence de classe, elle, on l'a dit mille fois, est la même : ultra-radicalisme petit-bourgeois intellectuel, petite-bourgeoisie intellectuelle dont la réussite sociale n'est (à son goût) pas à la hauteur du "génie", qui veut donc renverser cette "société capitaliste de merde" et se rêve en "cadres" du rouge futur socialiste... On y retrouve, finalement, la rage et la bave aux lèvres de Trotsky devant la "bureaucratie" de l'URSS "stalinienne" : il aurait aimé, ni plus ni moins, être à leur place (il avait d'ailleurs commencé, pendant la Guerre civile, une très sérieuse résistible ascension...). Leur "scénario révolutionnaire" ressemble finalement, quelque part, à une chute de l'Empire romain avec eux dans le rôle de l'Église : le monde va "s'effondrer" dans la décadence, la barbarie, la guerre civile et impérialiste, le "fracas des armes" (révoltes populaires armées), tout cela "c'est l'actualité en France d'ici 30 ou 40 ans" ; et eux se poseront alors en "Parti de la Science et de la Civilisation". Enfin bon... Heureusement que la société humaine, aujourd'hui, a tout autrement prise sur son destin qu'au 5e siècle de notre ère !

    Il est courant de se prendre au visage, par ces gens, l'épithète de "trotskyste" : mais c'est, en réalité, outre la schizophrénie occidentale qui consiste à reprocher aux autres ce que l'on est, qu'ils se contentent d'assimiler le trotskysme à l'entrisme dans la social-démocratie (pratique du trotskysme en crise : à la fin des années 30 face aux Fronts populaires et à la répression en URSS, en Espagne et dans les PC "staliniens" ; ou encore l'OCI des années 70, complètement isolée dans le mouvement révolutionnaire de l'époque, "entrant" au PS) ; et au devenir social-démocrate des vieilles organisations trotskystes depuis les années 1980. Ils refusent de voir l'essence profonde du trotskysme qui est le gauchisme réactionnaire petit-bourgeois... le même que le leur.

    Non, cela n'a rien à voir avec le trotskysme que de soutenir l'aile gauche du PCNU-M, même si entre la trahison Prachanda-Bhattarai et nous, celle-ci revient à un "centre-gauche" : Mao explique justement que le rôle des révolutionnaires, face aux révisio-réformistes, est de gagner le centre ! Il n'y a rien de trotskyste à considérer qu'un coup d’État fasciste ou une guerre civile réactionnaire contre un gouvernement bourgeois "de gauche" en Amérique latine n'est "pas vraiment" une bonne chose, ni une chose que les communistes peuvent accepter ; c'est au contraire totalement marxiste, même si là-bas les vieux PC révisionnistes et les "vieux maos" des années 1960 répètent à l'infini les erreurs de soumission à la gauche bourgeoise des Fronts populaires des années 1930...

    Considérer que même dans les Partis révisionnistes il y a une gauche que les communistes peuvent tirer vers eux n'a rien à voir avec reconnaître le droit de tendance trotskyste ; considérer qu'il faut agréger à la base, autour des communistes, tous les prolétaires, même sous influence réformiste face aux offensives réactionnaires et au fascisme (sans se soumettre aux directions réformistes) n'a rien à voir avec de l'entrisme : c'est tout simplement la pratique du FRONT UNI, qui est la base du travail révolutionnaire des maoïstes [avec d'autant plus de potentiel, il faut le dire, qu'il y a aujourd'hui beaucoup d'électeurs et de sympathisants mais plus d'organisations réformistes de masse en termes de militants (encadrés idéologiquement)].

    En conclusion, et en dernière analyse, les choses peuvent se résumer ainsi : NOUS SOMMES IL Y A CENT ANS, à un niveau supérieur. Nous ne sommes nullement, comme le prétendent les gauchistes, dans "l'offensive stratégique de la révolution mondiale" (la période 1917-1945 aurait été la "défensive stratégique", et la période 1945-76 "l'équilibre stratégique"). Nous sommes, tout au contraire, au tout début d'une nouvelle vague révolutionnaire. Nous sommes dans la position des "marxistes révolutionnaires" de 1911, à la différence près de l'expérience accumulée depuis cette date.

    La contre-révolution en Chine, la faillite du révisionnisme dans le "bloc soviétique", la défaite de la Guerre populaire au Pérou après celle (20 ans plus tôt) de la "voie cubaine", ont été l'équivalent pour le mouvement communiste de l'écrasement de la Commune de Paris en 1871, pour le mouvement socialiste d'alors. Dans les années 1980 à 2000, comme dans les années 1880-1900, c'est le "possibilisme" qui a dominé : l'idée de se "contenter du possible", d'arracher aux exploiteurs ce qu'il est possible de leur arracher ; pire même : sauver ce qui peut l'être des conquêtes du siècle écoulé (à la fin du 19e siècle il y avait des conquêtes à faire, aujourd'hui il y a des conquêtes à sauver)... Des milliers de "nouveaux Guesde", refusant à l'origine ces orientations réformistes, ont fini par s'y rallier : PCOF, Lutte Ouvrière etc. Malheureusement, c'est sur ces terres possibilistes que se trouve dans l'immense majorité la classe, le prolétariat ; car telle est sa spontanéité. Tels Moïse, nous devons les faire sortir de cette "Égypte" réformiste. Et puis, de "l'autre côté" en apparence, il y a les "maximalistes" de tout poil, que Lénine dénonçait en 1920 mais qui existaient bien avant : les représentants de la petite-bourgeoisie (souvent intellectuelle) "prise de rage" devant les freins que le capitalisme (en crise) met à l'ascension sociale qu'ils "méritent". Mais, là encore, il y a aussi des prolétaires sincères, qui réagissent par le repli sectaire et dogmatique aux compromissions éhontées des leaders opportunistes (les "chasseurs de strapontins" municipaux, parlementaires, voire ministériels). Ceux-là sont ce que Lénine disait de Rosa Luxembourg : des aigles pouvant voler plus bas que les poules ; mais les poules opportunistes, possibilistes, social-démocrates ou social-chauvines ne s'élèveront bien sûr jamais à la hauteur de ces aigles, en termes de maîtrise scientifique du marxisme.

    Entre ces deux abîmes, les marxistes révolutionnaires de notre époque, les MAOÏSTES, doivent patiemment tracer le chemin de la nouvelle révolution prolétarienne mondiale...

     

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    * NOTONS BIEN TOUTEFOIS que si les positions "gauchistes réactionnaires" que nous avons dénoncées dans cet article sont classiquement qualifiées de "trotskystes" par les marxistes-léninistes et les maoïstes, Trotsky lui-même a pu tenir parfois des propos extrêmement proches... de notre position, et notamment au sujet d'un régime beaucoup plus clairement fasciste (l'Italie de Mussolini était sa référence explicite) que ceux de l'ALBA aujourd'hui : « Il règne aujourd’hui au Brésil un régime semi-fasciste qu’aucun révolutionnaire ne peut considérer sans haine. Supposons cependant que, demain, l’Angleterre entre dans un conflit militaire avec le Brésil. Je vous le demande : de quel côté serait la classe ouvrière ? Je répondrai pour ma part que, dans ce cas, je serais du côté du Brésil "fasciste" contre l’Angleterre "démocratique". Pourquoi ? Parce que, dans le conflit qui les opposerait, ce n’est pas de démocratie ou de fascisme qu’il s’agirait. Si l’Angleterre gagnait, elle installerait à Rio de Janeiro un autre fasciste, et enchaînerait doublement le Brésil. Si au contraire le Brésil l’emportait, cela pourrait donner un élan considérable à la conscience démocratique et nationale de ce pays et conduire au renversement de la dictature de Vargas. La défaite de l’Angleterre porterait en même temps un coup à l’impérialisme britannique et donnerait un élan au mouvement révolutionnaire du prolétariat anglais. Réellement, il faut n’avoir rien dans la tête pour réduire les antagonismes mondiaux et les conflits militaires à la lutte entre fascisme et démocratie. Il faut apprendre à distinguer sous tous leurs masques les exploiteurs, les esclavagistes et les voleurs ! » (La lutte anti-impérialiste, entretien avec le syndicaliste argentin Fossa, 1938) [ceci sans toutefois perdre de vue, comme on peut le voir, son idée de primauté des grands centres capitalistes-impérialistes dans le "déploiement" de la vague révolutionnaire mondiale (il est bien clair que ce sont les possibilités révolutionnaires en Angleterre qui l'intéressent en premier lieu dans son exemple) ; conception qui fait partie de ce que nous récusons fermement dans le trotskysme].


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  • Depuis quelques jours, un forum "antifasciste" bien connu est en proie à un âpre débat politique. Le sujet : le « racisme anti-blancs » (voir aussi ici). Ce n’est pas que le sujet, en soi, soit "tabou" : les communistes doivent aborder tous les sujets qui traversent la société, et la notion de tabou doit être bannie de leur vocabulaire. Il peut y avoir, il est vrai, des lieux plus appropriés qu’un forum public pour des débats par nature casse-gueules, complexes, sulfureux et dont nos ennemis fascistes peuvent faire leur gras au moindre dérapage. 

    Mais là, en l’occurrence, c’est un festival de dérapages, entre généralisations et faits divers sordides…

    Petit florilège (non, vous n’êtes pas sur Fdesouche…) : 

    ‘‘Par exemple, une fille que j'ai connue et qui s'est faite violée parce qu'elle était blanche...
    Violée parce que femme, car blanche... Tout cela s'appelle la triple oppression, et pas difficile de voir que personne dans la société n'échappe à cela, dans un sens comme dans l'autre.
    En Inde, le racisme marche dans tous les sens, majorité contre minorités et inversement, tous ces phénomènes se nourrissent les uns les autres... C'est pareil ici, tout simplement...’’
    (#1) 

    ‘‘les insultes de "sales gouer", les "sales babtous", "sales français" dans la bouche de certains.
    Je suis sur que les victimes quotidiennes de ces faits seront ravies de lire que leur oppression n'existe pas. Les laisser en galère et les traiter de mentEUSEeurs. Bravo pour l'antifascisme soi disant populaire qui se moque du Peuple et de sa réalité.
    C'est vraiment écœurant tout ça.’’
    (#2) 

    ‘‘On est sur un site antifa donc unitaire mais je me permets de citer Lénine : ‘Le marxisme est inconciliable avec le nationalisme, fût‑il le plus « juste », le plus « pur », le plus fin et le plus civilisé. À la place de tout nationalisme, le marxisme met l'internationalisme, la fusion de toutes les nations dans une unité suprême’...’’ (#3) 

    Ou encore (le meilleur pour la fin…) : 

    ‘‘Euh pas exactement... La fraternité aryenne est surtout née comme autodéfense... Elle n'est pas née contre la Black Guerilla Family...
    Et ce n'est qu'après qu'elle est devenue une "élite" version trafic de drogues...
    Et si on prend la situation dans les prisons américaines aujourd'hui, être blanc fait clairement de soi une victime du racisme, tant moralement que physiquement... Il y a là une évidente base au renforcement de l'ethno-différentialisme et du culte du "white power"...
    Y a-t-il besoin d'une idéologie structurée pour le racisme? Le tribalisme suffit ici largement...’’
    (#4) 

    !!!!!!!

    Depuis l’émergence du Front National (et le renouveau fasciste en Hexagone) dans les années 80, le "racisme anti-blancs", "anti-français" ou "anti-européens-chrétiens" est un thème récurrent du discours d’extrême-droite. Une manière de renvoyer dos à dos le racisme contre les minorités "de couleur", "immigrées", et le racisme que celle-ci exerceraient contre les "Français" ; qui seraient de plus en plus "étrangers chez eux dans certains quartiers" et "obligés de se défendre, de défendre leur identité". Avec des thématiques récurrentes, comme le viol de "femmes blanches" (thème classique du racisme contre les "sauvages" obsédés sexuels, comme aux USA avec les Noirs), les insultes du type "sale français" ou "sale gouère"… Thématiques qu’on voit à présent fleurir sur notre forum "antifa". 

    Toute notion de matérialisme, d’analyse scientifique des choses, de dialectique est complètement perdue de vue. La violence (qui peut être contre-productive, antisociale, voire réactionnaire) des opprimé-e-s est mise sur le même plan que la violence oppressive de la classe dominante (discriminations quotidiennes, pauvreté, relégation en ghettos, harcèlement policier au faciès etc.)

    Pour autant, cela n’existe-t-il pas ? Est-il interdit d’étudier la question ? Non, en effet : ce serait antimarxiste. Toute idée (y compris celle de « racisme anti-blancs ») part d’une réalité matérielle, et les marxistes doivent étudier la réalité pour la transformer. 

    Soyons clairs : d’un point de vue strictement objectif, "diagnostique", scientifique, OUI, il existe une forme de "racisme anti-blanc". Mais ce n’est pas un racisme "secondaire" par rapport au racisme "blanc" : il ne s’agit tout simplement pas de la même chose. Du moment que l’on regarde scientifiquement les choses… 

    D’un côté, on a une révolte de classe (ou contre l’oppression raciste au quotidien) dévoyée : toute révolte de classe qui n’est pas guidée par une théorie révolutionnaire dévie, inévitablement. Généralement, elle dévie en « guerre contre tous » individualiste, sans considération de "race" : ce que l’on appelle en langage médiatique la délinquance, l’incivilité, la violence gratuite, les "bandes". Elle peut se retourner contre soi-même : alcoolisme, toxicomanie etc. Elle peut aussi être récupérée par le réformisme, ou une quelconque démagogie "radicale" (type NPA).

    Et parfois, assez souvent même, elle peut se dévoyer en une haine de l’autre sur des critères "ethniques", et non de classe : le "racisme anti-blancs", avec assez souvent (aussi), un antisémitisme "social" en guise de "cerise sur le gâteau". Antisémitisme qui peut être entretenu par des fascistes à la Dieudonné, Soral ou Kémi Seba, à l’antisémitisme très européen façon années 1930*…

    C’est le rôle des communistes d’éviter que la révolte contre l’exploitation capitaliste et l’oppression raciste ne dévie dans un sens réactionnaire

    DE L’AUTRE CÔTÉ, on a l’idéologie dominante, la culture de la classe dominante, construite sur près de 400 ans de colonialisme capitaliste-primitif, puis 150 ans d’impérialisme ; et les personnes du Peuple (prolétaires et autres travailleurs pauvres "petits blancs") qui subissent son influence (et qui peuvent être aussi, à la base, des personnes en révolte contre le "système", mais que le "système" en question parvient à canaliser vers la haine de "l’étranger"). C’est l’idéologie de "l’homme africain jamais entré dans l'histoire", de "l’Orient barbare", du "rôle positif" de la colonisation, et on en passe et des meilleures…

    Ce racisme-là vise essentiellement les personnes africaines subsahariennes, afro-caraïbes, maghrébines ou orientales (anatoliennes ou machrikies) : les personnes originaires des anciennes et néo-colonies de l’impérialisme français ; ainsi que les Rroms.

    Un racisme dans lequel il ne faut pas chercher la cohérence : juifs séfarades et chrétiens libanais, qui sont culturellement des Arabes (de confession juive ou chrétienne), ne sont pas des "arabes" pour la plupart de ces racistes alors que les Turc-que-s, Kurdes, Iranien-ne-s, Albanais-es ou Bosniaques (de culture musulmane-orientale) sont considéré-e-s comme tel-le-s… La frontière entre l’identification nationale (arabe) et religieuse (musulmane) est mouvante, car les idéologies de domination (surtout dans leur version discount destinée aux masses) ne s’embarrassent guère de rigueur scientifique. 

    D’un côté, on a une conscience de classe "avortée", qui dégénère puis se développe en "tumeur" réactionnaire. De l’autre, on a l’influence idéologique de la classe dominante et du mode de production (capitaliste au stade impérialiste) sur les masses populaires ! 

    Voilà l’analyse matérialiste, scientifique. Un matérialisme, pourtant, qui échappe à nos autoproclamés « détenteurs de la science MLM »… 

    Une chose devrait pourtant suffire à leur mettre la puce à l’oreille, une chose toute simple : le racisme hypocrite, bien-pensant, paternaliste, est toujours exercé (en France) par les "blancs" sur les minorités… Il n’y a pas de "paternalisme anti-blancs" : le "racisme anti-blanc" est toujours brutal, violent, primaire. Or le paternalisme, le racisme hypocrite, bien-pensant (comme l’islamophobie "de gauche"), est la marque incontestable d’une pensée dominante qui a imprégné les esprits, dont on peut être atteint sans s’en rendre compte… et sans se le voir reprocher, alors que le racisme brutal, violent, qu’il soit "anti-blanc" ou contre les minorités, est (normalement) puni par la loi et (pour le moment) réprouvé par l’opinion générale. 

    Au lieu de cela, on a un discours totalement antimatérialiste, du type « le racisme c’est pas bien, d’où qu’il vienne, qui qu’il vise ». Oui, en effet, le racisme ce n’est JAMAIS bien. Mais pas pour les mêmes raisons… 

    Le racisme ‘anti-blanc’ est néfaste parce que, on l’a dit, il détruit la conscience de classe et empêche les exploité-e-s de s’unir contre les exploiteurs. Même s’il faut reconnaître, face à l’oppression spécifique raciste (contre les personnes africaines, caraïbes, maghrébines, anatoliennes ou rroms), le droit et la nécessité de s’organiser spécifiquement (comme les Noirs, les Latinos ou les Natives aux États-Unis).

    Dans certains cas (en particulier quand les victimes du racisme sont une majorité, dans les pays colonisés, mais aussi quand elles sont minoritaires), la dimension raciste ou communautariste permet d’évacuer le contenu de classe, l’aspect social de la lutte de libération ; elle permet de souder les masses opprimées à une élite qui, un jour (comme dans la totalité des ex-colonies), deviendra exploiteuse et/ou « sous-traitante » de la domination capitaliste-impérialiste (que ce soit la bourgeoisie FLN en Algérie, les leaders communautaires en Angleterre, la black bourgeoisie aux USA ou en Afrique du Sud, ou demain le Hamas en Palestine). Il n’y a pas de VRAIE libération nationale sans contenu démocratique et social

    Mais le RACISME DOMINANT, porté par l’idéologie dominante, est "mal" parce qu’il est l’expression de la domination impérialiste, qui en dernière extrémité peut muter en FASCISME, avec une dimension persécutrice, voire exterminatrice de masse. Peut-être qu’un nouvel Auschwitz n’est pas à l’ordre du jour, mais à lire les commentaires de sites comme Fdesouche, on peut voir que des milliers de petits Srebrenica des quartiers ne sont pas qu’un pur fantasme, pour que « la France ne soit pas le prochain Kosovo »… 

    Dans le cas de l’Inde citée en exemple (#1), évidemment qu’il y a des haines et des ressentiments de tous les côtés. Mais on ne peut pas mettre sur le même plan l’idéologie nationale, nationaliste hindoue, et la haine d’opprimés des Tamouls, des musulmans ou des minorités du Nord-est (ou encore des dalit, les "intouchables" des castes inférieures) ! Pour trouver la "contrepartie", il suffit d’aller (mais il faut !) au Pakistan voisin, où l’idéologie nationale repose pour le coup sur l’islam sunnite, au détriment des chiites, des parsi ou des hindous. [Lors de "l’indépendance" du sous-continent en 1947, l’impérialisme anglais a joué son classique « diviser pour mieux régner », comme entre chrétiens et musulmans en Afrique, entre chiites et sunnites en Irak, cinghalais et tamouls à Ceylan, "catholiques" et "protestants" en Irlande… Avec un "succès" qui perdure 60 ans plus tard.] 

    Quant à la citation de Lénine (#3), 1°/ elle est (bien sûr) complètement sortie de son contexte (la suite dit "Le principe de la nationalité est historiquement inéluctable dans la société bourgeoise, et, compte tenu de cette société, le marxiste reconnaît pleinement la légitimité historique des mouvements nationaux. Mais, pour que cette reconnaissance ne tourne pas à l'apologie du nationalisme, elle doit se borner très strictement à ce qu'il y a progressif dans ces mouvements, afin que cette reconnaissance ne conduise pas à obscurcir la conscience prolétarienne par l'idéologie bourgeoise"), 2°/ Lénine ne se résume pas à une phrase, et le marxisme-léninisme-maoïsme ne se résume pas à une phrase de Lénine : l’eau a coulé sous les ponts depuis 1913, la théorie communiste s’est enrichie de nouveau apports, a évolué, notamment avec le maoïsme, ou encore la question des minorités ‘de couleur’ (colonies intérieures) dans les pays impérialistes (Harry Haywood, Robert F. Williams, les Black Panthers, le mouvement latino US etc.) 3°/ Lénine dénonce en l’occurrence les dizaines de petits nationalismes bourgeois (autonomie nationale culturelle etc.) qui fleurissaient dans une Europe en pleines guerres balkaniques et à la veille de la Grande Boucherie de 14-18 (dans laquelle ces petits nationalismes jouèrent un rôle fondamental), mais il a aussi été le premier à soutenir sans ambigüité toute lutte contre une oppression nationale, colonialiste etc., bref il a été dialectique

    On est ici en dehors de toute dialectique : sont renvoyés dos à dos le nationalisme (ou toute identité autre que de classe) dominant, oppressif ; et la résistance des "identités autres que de classe" opprimées en tant que telles, sur des critères autres que (ou pas uniquement) de classe (oppression nationale, racisme, sexisme, homophobie)… 

    À ce jeu là, aussi antimatérialiste et antidialectique, pourquoi la haine contre la bourgeoisie exploiteuse ne serait-elle pas mise sur le même plan que l’exploitation et l’oppression des prolétaires ? D’autant que les prolétaires et les pas-bien-riches sont une écrasante majorité, même dans nos "paradis capitalistes"… Pauvre petite minorité terrorisée que les exploiteurs du travail ! Pourquoi ne pas pousser la logique jusqu’au bout et dire que d’une manière générale la haine, la méchanceté et bien sûr la violence c’est "pas bien" ? 

    Mais c’est vrai, on a déjà lu quelque part que critiquer Sarkozy ou le capitalisme financier était "antisémite"… 

    Enfin bon, il sera tout de même difficile de faire plus fort que le zozo pour qui la Fraternité aryenne (organisation d’extrême-droite néo-nazie américaine) est une… "autodéfense" contre le racisme "tribaliste" des Noirs dans les prisons US (#4) !!! 

    Donc voilà. C’en est fini. Le forum "antifasciste", noyauté depuis le départ par une petite clique plus que complaisante envers l’islamophobie (qui "n’existe(rait) pas"), les coups d’État US-backed, l’État sioniste et la fraction sarkozyste de la bourgeoisie monopoliste, sombre définitivement tel le Titanic et rien ne pourra le sauver.

    Les quelques individu-e-s encore un minimum lucides se pressent de quitter le navire… 

    Il y a un peu plus d’un an, Servir le Peuple écrivait l’article Les 4 lignes de l'impérialisme français . Cet article est aujourd’hui incomplet : depuis ont émergé des regroupements comme Riposte Laïque ou Résistance Républicaine, des initiatives comme les "apéros républicains", qui concentrent un peu toutes ces tendances fascistes : souverainistes de droite (à la Dupont-Aignan) comme de gauche (social-républicains-chauvinards-laïcards), euro-atlantistes néocons à la Del Valle comme nationaux-catholiques, identitaires comme villiéristes, lepénistes "marinistes" comme bompardiens… Et c’est bel et bien sur « l’islamisation » que se fait cette convergence, pas sur « l’antisémitisme complotiste », le « lobby juif » ou « siono-mondialiste » ! La ligne suivie par les "antifascistes" du "p""c""mlm" depuis plus de 2 ans est une faillite totale ! Une faillite qui s’achève aujourd’hui dans le tragique, avec des positions ultra-réactionnaires fièrement affirmées et assumées. 

    Il n’y a là aucun parfum de victoire. Plutôt un constat amer, car l’antifascisme est pour Servir Le Peuple un sujet sérieux et central, et le petit groupe qui porte ce forum a eu en d’autres temps (il y a longtemps déjà..) ses débuts prometteurs (revue Front Social, débuts du site "Étoile Rouge")…

    Il n’y a là que la confirmation de ce que SLP a toujours dit et répété : la posture ultra-révolutionnaire, « mieux que tout le monde », de petit intellectuel radical se rêvant en grand leader révolutionnaire, conduit inexorablement à la réaction

    Une page se tourne, le mouvement révolutionnaire d’Hexagone entre dans une nouvelle décennie.  


    * Attention : dire que cet antisémitisme est l'appendice du "racisme anti-blancs" ne veut pas dire qu'il est justifiable, et encore moins que l'antisémitisme en général est "compréhensible". Que cela soit parfaitement clair : cet "antisémitisme des banlieues" consiste à dire que les "Blancs" sont l'ennemi et que les Juifs sont les "chefs/maîtres des Blancs". Parfois, plus simplement, c'est un antijudaïsme (sans théorie de supériorité/infériorité raciale) hérité de l'époque coloniale, selon lequel les Juifs (qui sont aujourd'hui en majorité originaires du Maghreb, et vivent souvent dans les mêmes quartiers ou à côté des "arabo-musulmans") auraient un "traitement de faveur", comme "déjà au bled"... Mais ENSUITE cet antisémitisme "de banlieue" rencontre, à travers des gens comme Dieudonné, Soral ou Kemi Seba, l'antisémitisme bien "européen-chrétien" traditionnel : un antisémitisme qui est une manière de dénoncer un "mauvais capitalisme", une "ploutocratie financière cosmopolite" et non le capitalisme EN LUI-MÊME ; et d'associer ce "mauvais capitalisme" aux idées démocratiques, libérales-progressistes et universalistes bourgeoises dont la frange la plus réactionnaire de la bourgeoisie veut se débarasser. L'idée que les Juifs auraient un "traitement de faveur" rejoint quant à elle la "concurrence victimaire" dont Dieudonné s'est fait le spécialiste, et qui empêche l'unité populaire anticapitaliste et l'unité des populations cibles du racisme contre celui-ci. 

    Autre précision importante : peu de temps après cet article, mais probablement sans lien avec lui, le forum antifasciste a fermé. Si ce qui est affirmé est vrai, à savoir qu'il a été victime d'une attaque juridique de l'avocat de Faurisson et Blanrue, John Bastardi-Daumont, notre ennemi principal dans cette affaire est CLAIREMENT CE DERNIER. Cela dit, la base juridique de l'attaque semble faible, peu crédible pour un avocat "star" et l'affaire "tombe" pile poil à un moment où (avec cette affaire de racisme anti-blanc) le forum commençait à exploser sous ses contradictions... À prendre avec prudence, donc. Il est probable que l'on ne saura jamais ce qu'il s'est réellement passé. Ce qui est sûr c'est que le forum était déjà mort idéologiquement depuis bien longtemps, à mille lieues d'un antifascisme populaire, unitaire et de masse...

    Le mur de l’antimarxisme explosé à Mach 3 sur un forum "antifa"


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  • Servir le Peuple a pour certain-e-s la réputation de se livrer à la polémique et à l’invective, envers des individus ou des groupes ou organisations.

    Bon, n’exagérons rien : ce n’est pas 90% ni même 20% de l’activité de Servir le Peuple, qui livre surtout aux révolutionnaires et aux progressistes francophones de nombreuses informations sur les luttes révolutionnaires à travers le monde, sur les luttes ouvrières et populaires en Hexagone et en Europe, ainsi que des analyses communistes sur des questions d’actualité comme la montée du fascisme : un travail d’information et d'éducation politique de masse.

    Mais C’EST VRAI, et c’est assumé à 100%.

    Servir le Peuple s’est en grande partie créé sur cette base-là.

    En admettant qu’il existe un « code de conduite » communiste, pour Servir le Peuple, il ne s’applique qu’envers les communistes, et éventuellement les personnes et les groupes progressistes sincères.

    Il s’applique avec un certain nombre d’organisations sincèrement communistes révolutionnaires, même si l’on peut avoir des désaccords avec celles-ci : c’est le cas (entre autres) des organisations mises en lien dans la colonne de droite.

    Il peut aussi s’appliquer avec des personnes ou des groupes qui, malgré des erreurs gauchistes ou droitières, restent des progressistes sincères (les amis qui se trompent).

    Il ne s’applique pas aux personnes et aux groupes prétendument « communistes » qui, en plus d’être des déviationnistes gauchistes ou de droite, sont des ordures (les ennemis qui se cachent).

    Si les organisations communistes amies (en lien dans la colonne de droite) ne veulent pas aller sur ce terrain-là, c’est leur droit le plus strict. Servir le Peuple n’est rattaché à aucune organisation et n’engage aucune organisation par ses prises de position.

    Mais voilà : pour Servir le Peuple, le temps de l’imposture et du débat « de bonne compagnie » est dépassé avec un certain nombre de groupes et d’individu-e-s. Ces dernières décennies, trop de social-fascistes et de gauchistes réactionnaires, d’anti-léninistes voire d’antimarxistes purs et simples ont proliféré sur le terrain du débat convenu et formaliste où l'on ne « s’abaisse pas à… », où pour paraître « conséquent » on n’appelle pas un chat un chat.

    Lorsque des personnes ou des groupes répandent de la merde réactionnaire au nom du communisme, qu’ils soient bureaucrates (on pense à un certain député du Rhône), intellectuels bourgeois ou même (prétendument) ouvriers, il est de la responsabilité de TOUT COMMUNISTE envers les masses de les démasquer, de démasquer qui ils sont et leur nature de classe. Il n’y a aucun « code de conduite » qui vaille contre cela.

    Si un groupe a joué, à un moment donné, un rôle intéressant dans la formation de nouvelles consciences révolutionnaires (comme une certaine revue paraissant à la fin des années 90), c’est tout à son honneur. Si ses continuateurs sont, depuis, partis dans le n’importe quoi et les délires gauchistes réactionnaires : tant pis pour eux ! Les masses populaires n’en peuvent plus du capitalisme, elles ont un besoin vital de révolution et d’avant-garde pour la conduire : l’heure n’est plus aux bons sentiments.

    D’autre part, Servir le Peuple n’a pas peur face à d’éventuelles petites menaces à deux balles, en particulier venant de militants de clavier. Servir le Peuple fait partie des masses populaires, c'est une (petite) voix, mais une voix des masses populaires exploitées, et, comme dirait la chanson : la classe operaia li attendera armata.

    Enfin, un dernier argument devant lequel Servir le Peuple ne s’inclinera pas, c’est « vous n’êtes même pas organisés ». C’est un argument comique assez récurrent sur la Toile, d’autant plus comique que les gens qui le brandissent (par définition, puisqu’on est sur le Net) n’en savent absolument rien…

    À l’heure actuelle, n’y allons pas par quatre chemins, aucun groupe comptant entre une poignée et (au mieux) quelques dizaines de membres ne peut prétendre avoir automatiquement raison contre un-e ou des individu-e-s non organisé-e-s.

    Les avant-gardes plus ou moins autoproclamées sont nombreuses. Aussi nombreuses que (disons-le clairement) invisibles ou presque aux yeux des masses. Depuis le krach boursier de septembre 2008 se développe dans les masses l’idée que « le capitalisme a fait son temps » (c’est devenu un slogan des Jeunesses communistes). Pourtant, force est de constater que les larges masses n’ont pas trouvé le chemin de ces avant-gardes. Si elles ont trouvé un chemin, c’est plutôt celui… des JC (justement !) ou du NPA, même si celui-ci s’est largement dépeuplé ces derniers temps ; bref d’organisations réformistes (mais de masse).

    Les organisations communistes doivent donc accepter d’être interpelées et questionnées (et, parfois, remises en question) par les masses, dont Servir le Peuple est une petite particule. Aucune ne détient la vérité absolue, c’est déjà un principe de base, et c’est d’autant plus clair à l'aune des résultats obtenus à ce jour. Des réponses qu’elles apporteront aux interpellations de ces individu-e-s des masses, dépend (soyons clairs) l’avenir de ces organisations. Celles qui ne sauront pas correctement répondre seront condamnées à terme, mais celles qui refuseront ces interrogations sont condamnées d’entrée de jeu.

    Envoyer les gens péter parce qu’ils/elles « ne sont pas organisé-e-s » semble donc déjà un très mauvais départ… (se demander POURQUOI ils et elles ne sont pas organisé-e-s en serait déjà un bien meilleur !).

    Donc oui, Servir le Peuple assume d’interpeler et de questionner la ligne des organisations, en tant qu’élément des masses populaires. Servir le Peuple assume la dimension critique.

    Et oui, Servir le Peuple assume la polémique, l’invective, et le démasquage des faux communistes ennemis des masses, comme une nécessité de notre époque !

    Feu sur les imposteurs, feu sur les avant-gardes autoproclamées avec autant d’arrogance que de mépris pour les masses !

    Nous sommes le Peuple !

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