• Tolosa : 27 février, soirée de soutien à la Révolution kurde et d'hommage à Ivana Hoffmann


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  • ... avec une LONGUE, PROFONDE ET INTÉRESSANTE ANALYSE de la situation actuelle dans le pays même et au Moyen Orient en général.

    À lire absolument (cliquer sur l'image) :


    Déclaration du Parti communiste (maoïste) d'Afghanistan sur le 50e anniversaire de la fondation du mouvement communiste en Afghanistan


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  • "L'heure de la Libération palestinienne est venue, comme est venue celle de notre propre libération aux États-Unis d'Amérique."

    Tel est en résumé le propos d'une initiative lancée par plus de 1.000 activistes new afrikans (afro-américains) après que les expressions de solidarité mutuelles et même les voyages dans un sens comme dans l'autre se soient multipliés depuis un an, dans un contexte où la violence criminelle sioniste s'abat toujours plus fort sur le Peuple palestinien (2.200 mort-e-s à Gaza l'été dernier, famille palestinienne brûlée vive par des colons fin juillet en Cisjordanie) et où la résistance des Noirs grandit au cœur de l’État impérialiste US face à la multiplication des crimes policiers - en particulier avec le cas de la ville de Ferguson (Missouri), mais depuis lors ce sont plus de 1.000 personnes qui auraient été tuées à leur tour (selon un Figaro peu suspect de "gauchisme" et d'"anti-américanisme primaire").

    On compte parmi les signataires des personnalités éminentes de la Libération new afrikan telles qu'Angela Davis ou Cornell West, Dream Hampton ou Emory Douglas (ancien ministre de la culture des Black Panthers, célèbre pour ses œuvres graphiques), les prisonniers politiques Mumia Abu-Jamal, Sundiata Acoli et Kevin "Rashid" Johnson, les rappeurs Talib Kweli, Boots Riley et Jasiri X, la co-fondatrice de Black Lives Matters Patrisse Cullors, mais aussi quelques 38 organisations comme The Dream Defenders, Hands Up United, Institute of the Black World 21st Century, Malcolm X Grassroots Movement ou encore l'Organization for Black Struggle. La déclaration établit ainsi un pont entre la génération actuelle des militants de la cause noire et ceux qui ont participé aux mouvements des années 1960-70.

    Mettant en exergue la solidarité des Palestiniens avec Ferguson, ils soulignent les échanges de délégations (Palestiniens qui se sont rendus dans le Michigan en novembre dernier et représentants de groupes tels que Dream Defenders, Black Lives Matter - Ferguson etc. qui sont allés en Palestine) et réaffirment leur "indignation, dégoût et solidarité face aux massacres de Gaza, au blocus, à la persécution de tous les Palestiniens par Israël sur l’ensemble des territoires occupés, et à leur exil forcé en Jordanie, Liban et Syrie".

    Ils soulignent également "les similitudes, même si les situations sont différentes, entre la politique d’emprisonnement massif des Noirs américains et celle des Palestiniens par l’État d’apartheid israélien" : pour le coorganisateur Khoury Petersen-Smith, "la fondation de l’État d’Israël s’est faite par le nettoyage ethnique de la Palestine et depuis, chaque jour a été porteur d’oppression et de violence envers la population palestinienne aussi bien à l’intérieur des frontières reconnues d’Israël qu’à l’extérieur" (...) "quoiqu’il y ait des différences entre Israël et les USA, nous voyons un parallèle avec un pays qui s’est fondé sur l’esclavage des Noirs et où le racisme contre les Noirs reste au cœur de la société US des siècles plus tard".

    "Les uns comme les autres, nous sommes traités de terroristes et subissons le racisme et la violence", ajoutent-ils en concluant que "l’oppression du Peuple palestinien ne serait pas possible sans le soutien constant et inconditionnel des gouvernements états-uniens, qui financent la violence d'Israël à coup de quelques 3 milliards de dollars chaque année".

    Ils appellent à participer massivement à la campagne BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) lancée par la société palestinienne, centrant notamment leur dénonciation sur l'entreprise de sécurité britannique G4S qui "nuit à des milliers de prisonniers politiques palestiniens détenus illégalement en Israël et à des centaines de jeunes noirs et latinos dans les prisons privatisées pour mineurs aux États-Unis", et insistent sur le "caractère central de la la lutte de libération du Peuple palestinien pour le reste du monde et de la société".

    http://indigenes-republique.fr/1-000-militants-de-la-cause-noire-universitaires-et-artistes-signent-une-declaration-de-soutien-a-la-liberte-et-a-legalite-pour-les-palestiniens/

    On peut lire le texte intégral en anglais ici : https://electronicintifada.net/content/palestinian-liberation-key-matter-our-time-say-black-leaders/14783 ou encore ici http://www.ebony.com/news-views/1000-black-activists-artists-and-scholars-demand-justice-for-palestine-403#axzz3jGQUbDph ; traduit en francais ici http://www.aurdip.org/declaration-de-solidarite-des-1485.html

    Lire aussi (en anglais) : http://www.salon.com/2015/08/18/black_activists_send_clear_message_to_palestinians_now_is_the_time

    Voilà qui change de nos "socialistes" (le terme désigne plutôt là-bas des révolutionnaires "bien rouges"...) qui organisent des "Tel Aviv sur Seine" à Paris... Cela dit les liberals US (véritables équivalents de nos socialos), y compris afro-descendants, sont largement dans la même veine !

    De Ferguson à Gaza : contre le racisme et l'apartheid, 1.000 militant-e-s de la Libération noire aux côtés du Peuple palestinien martyr
    De Ferguson à Gaza : contre le racisme et l'apartheid, 1.000 militant-e-s de la Libération noire aux côtés du Peuple palestinien martyr


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  • 20 juillet : Je t'énonce, FANONJe t’énonce

    FANON

    Tu rayes le fer

    Tu rayes le barreau des prisons

    Tu rayes le regard des bourreaux

    Guerrier-silex

    Vomi

    Par la gueule du serpent de la mangrove

    Aimé Césaire, « Par tous mots Guerrier-silex », 1976


    Il y a 90 ans, le 20 juillet 1925, naissait le grand révolutionnaire anti-impérialiste et internationaliste martiniquais Frantz Fanon.

    [Negronews]

    20 Juillet 1925. Frantz Fanon naît en Martinique, au sein d’une famille bourgeoise. L’enfant a la peau plus foncée que ses sept frères et sœurs et il en souffre. Car la société dans laquelle il grandit, depuis longtemps contaminée par une attitude d’assimilation de la culture européenne, considère que ce qui est clair, c’est ce qui est beau. Fanon tirera beaucoup d’amertume de cette époque et, sa vie durant, conservera une certaine rancune envers son île natale.

    Dès sa plus tendre enfance, sur les banc du lycée Victor-Schoelcher de Fort-de-France où il reçoit les enseignements du chantre de la négritude, Aimé Césaire, il perçoit tous les enjeux de l’édification d’une culture noire indépendante. Parti se battre avec l’armée française aux côtés des forces du Générale de Gaulle, il est profondément déçu par l’attitude raciste des militaires et publie ‘Peau noire, masques blancs’ en 1952, provoquant l’indignation du public français. Quittant Paris une fois terminées ses études de médecine, de philosophie et de psychologie, il gagne Blida-Joinville en Algérie où il développe ses méthodes – controversées – de sociothérapie en tant que chef d’un service de psychiatrie. Lorsque débute la Guerre d’Algérie, il prend parti pour la lutte nationaliste et fréquente les responsables du FLN. Expulsé du pays, il rejoint Tunis où il publie ‘L’An V de la révolution algérienne’ en 1959. Un an plus tard il est nommé ambassadeur du Gouvernement provisoire de la République algérienne au Ghana. Mais souffrant d’une leucémie, Frantz Fanon s’installe à Washington où il a le temps de terminer ‘Les Damnés de la terre’ qui deviendra un ouvrage incontournable de la l’appareil critique anti-colonialiste.

    Psychiatre et militant aux côtés du FLN algérien, Frantz Fanon a décrypté dès les années 1950 les effets de la colonisation. Son œuvre, cinquante ans après sa mort, se révèle d’une troublante actualité.


    Lire aussi : Trois articles pour un anniversaire

    20 juillet : Je t'énonce, FANON20 juillet : Je t'énonce, FANON20 juillet : Je t'énonce, FANON


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  • ... et toutes les mobilisations et les CONTRADICTIONS que celle-ci allait faire éclater ici en Hexagone, à 2 000 km du fracas des bombes. Rétrospective de nos articles d'alors :

    Magnifique manifestation pour la Palestine à Tolosa, capitale d'Occitanie occupée

    Petites considérations sur le sionisme et l'identification-"obsession" palestinienne

    Une mise au point nécessaire sur nos positions internationalistes et aux côtés des Peuples

    Grande manif contre les crimes sionistes à Paris (13/07)

    Le problème avec la Palestine...

    Flash info en direct : ils ont semé la hoggra, ils ont récolté l'Intifada !

    Au cas où il serait utile de le préciser...

    Sionisme, islamisme et ennemi principal : quelques précisions

    Deux clarifications importantes

    Fascisme sioniste : le cas Moshe Feiglin

    Le sionisme, "fils de France"

    Il faut absolument lire aussi, sur le site du Comité anti-impérialiste, cet excellent article qui avait magnifiquement remis les pendules à l'heure face à la déferlante de gauchisme réactionnaire et de renvoi dos-à-dos de l'oppresseur et de l'opprimé qui sévissait à l'époque : À propos du mouvement de solidarité avec la Palestine et du Hamas

    Et puis un petit article revenant quelques mois plus tard sur ce qu'est la nature profonde (en réalité intrinsèque au capitalisme) de la colonisation sioniste : Jérusalem-Est ou la "gentryfication ethnique"


    Il y a un an commençait l'opération-massacre "Bordure protectrice" contre Gaza...
    Il y a un an commençait l'opération-massacre "Bordure protectrice" contre Gaza...
    Il y a un an commençait l'opération-massacre "Bordure protectrice" contre Gaza...
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  • Secours Rouge/ APAPC :


    Deux Espagnols (sic) arrêtés à Madrid pour avoir combattu au Rojava


    Ce lundi matin, les forces de police espagnoles ont arrêté à Madrid deux militants communistes qui auraient combattu l’État islamique au Rojava dans les rangs de la brigade internationale. Leurs domiciles ont été perquisitionnés par les enquêteurs de la Brigade provinciale de renseignement de la direction de la police madrilène. Il s’agirait de deux militants du Partido Marxista-Leninista (Reconstrucción Comunista) qui seraient (selon l’accusation policière) apparus dans la vidéo ci-dessous. Selon la police, les deux militants revenaient de Syrie via la Turquie et l’Allemagne. Ils sont accusés d’avoir participé à un conflit armé hors de l’Espagne sans l’autorisation de l’État, d’avoir collaboré avec une organisation terroriste (c’est probablement le PKK qui est ici visé), d’usage d’armes militaires et d’engins explosifs, et d’avoir compromis gravement les intérêts nationaux espagnols. Reconstruction Communiste est une organisation composées de membres des Jeunesses Communistes qui ont rompu avec le PCE. Ses membres ont dans un premier temps milité dans le Parti Communiste des Peuples d’Espagne avant de fonder leur propre organisation, proche du MLKP, en 2009.

    Sur un site de solidarité castillanophone : Urgente - Brigadistas detenidos !

    Ici en françoys un récit plus détaillé (presse généraliste, traduction de la presse bourgeoise "espagnole") :

    Deux communistes espagnols arrêtés à leur retour du front contre l’organisation État islamique

    En février dernier 8 autres combattants internationalistes avaient déjà été arrêtés à leur retour du Donbass, où ils avaient combattu les néo-nazis ukrainiens soutenus par l'impérialisme US-UE... :

    http://bellaciao.org/fr/spip.php?article145197

    (ALERTA !) État espagnol : des volontaires communistes internationalistes arrêtés à leur retour de Rojava

    Dernières nouvelles 09/07 : Les deux volontaires mis en liberté provisoire mais inculpés

     


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  • L'appel lancé au début de l'année par le MLKP (Parti communiste marxiste-léniniste de Turquie) s'est concrétisé :

    http://www.signalfire.org/2015/06/11/internationalist-free-brigade-established-in-rojava/

    Une Brigade internationale de Libération a été créée en RojavaPrenant en compte la puissance de Rojava et des Peuples du Moyen-Orient, une Brigade internationaliste de Libération a vu le jour au Kurdistan occidental.

    Le MLKP a été impliqué dans la mise en place de cette brigade depuis janvier, et des organisations comme Reconstruction communiste (État espagnol), TIKKO (TKP/ML, maoïste de Turquie), les Forces unies de Libération (BÖG, formé en août 2014 par des organisations marxistes et révolutionnaires de Turquie), le Front révolutionnaire MLSPB (Ligue Marxiste-Léniniste de Propagande Armée, petite organisation du Turquie née dans les années 1970) ainsi que des révolutionnaires venus de Grèce se sont joint aux combattants. La déclaration suivante a été prononcée :

    “Le Moyen-Orient a été plongé dans un bain de sang par la main des exploiteurs et des suceurs de sang impérialistes. Ces mêmes forces ont favorisé la formation de Daesh afin de soumettre les Peuples de la région à l'occupation et à l'oppression. Les bandes de Daesh massacrent les chrétiens, les yézidis, les assyriens et les musulmans. Ils vendent femmes et enfants comme esclaves sur les marchés et organisent des exécutions de masse d'une manière qui ressemblent aux stratégies de leurs maîtres impérialistes depuis des siècles.

    La résistance organisée des Peuples contre ces forces qui veulent détruire leurs langues, leurs croyances, leurs identités et leurs vies s'est placée sous la direction des YPG-YPJ [NDLR - les YPJ sont les Unités de Protection de la Femme, unités de combattantes féminines que les djihadistes craignent par-dessus tout car être tué par une femme interdit - selon eux - d'accéder au "paradis d'Allah"] et a remporté de grands succès dans des lieux tels que Kobanê, Şengal, Til-Hemis et Serekaniyê.

    La Révolution de Rojava s'est retrouvée au premier plan de la politique mondiale et la résistance des YPG-YPJ est admirée et soutenue par les masses pauvres du monde entier. Avec ses combattants internationalistes, Rojava est devenue la Bekaa et la Palestine de notre époque. La Révolution de Rojava est la Commune de Paris assiégée par les Allemands [en réalité les Versaillais de Thiers et Mac Mahon, "petite" erreur historique ici (bien que les Allemands occupaient aussi des positions à l'Est de la capitale)], Madrid lors de la guerre civile antifasciste en Espagne et Stalingrad durant la Seconde Guerre mondiale impérialiste.

    La Révolution de Rojava a bouleversé l'équilibre des pouvoirs dans les pays environnants, particulièrement en Turquie, et est devenue le cœur des révolutions de la planète et le phare de la résistance des peuples opprimés.

    En tant que révolution féministe, Rojava a renforcé la volonté des femmes et est devenue le symbole de la lutte contre le patriarcat et la réaction religieuse globale.

    Les révolutionnaires du monde entier ont tourné leurs regards vers Rojava et n'ont pas hésité à venir combattre et mourir pour la victoire afin d'étendre cette révolution.

    Les forces révolutionnaires de Turquie et de différentes parties du monde sont venues en Rojava pour renforcer la révolution et l'étendre vers leurs pays d'origine.

    Nous combattons en Rojava, mourrons en martyrs et levons haut la bannière de la résistance.

    Nous combattons en première ligne contre l'impérialisme et le fanatisme religieux dans la région.

    Nous affrontons les attaques brutales des bandes de Daesh contre la révolution.

    Nous vivons la révolution et nous la sentons palpiter dans nos veines et chaque cellule de notre corps.

    Nous sommes le Peuple du Kurdistan qui mène la Révolution de Rojava, les travailleurs, les opprimés, les femmes et les révolutionnaires internationalistes qui combattent sous le drapeau des YPG-YPJ.

    Nous sommes espagnols, allemands, grecs, turcs, arabes, arméniens, lazes, circassiens et albanais.

    Nous sommes des forces et des organisations révolutionnaires qui se sont unies depuis différentes parties du monde pour former la Brigade internationale de Libération.

    Tous les opprimés, ouvriers et travailleurs de la terre, femmes, jeunes, groupes religieux, écologistes, anti-impérialistes, antifascistes, anticapitalistes, démocrates et révolutionnaires à travers le monde, nous vous appelons à venir combattre sous la bannière de notre Brigade pour défendre la Révolution de Rojava et instaurer la Fraternité des Peuples au Moyen-Orient et dans le monde entier.”

    Une Brigade internationale de Libération a été créée en Rojava
    Une Brigade internationale de Libération a été créée en Rojava

    Et aussi : https://nouvelleturquie.wordpress.com/2015/06/11/une-brigade-internationale-de-liberation-a-ete-fondee-a-rojava/ (un grand merci aux camarades de Nouvelle Turquie, car traduire des documents en turc n'est pas donné à tout le monde !)

    Rojava a été témoin de l’inauguration d’une nouvelle unité militaire à caractère international. La fondation de la Brigade internationale de Libération a été annoncée aujourd’hui lors d’une cérémonie.

    Etkin Haber Ajansı / 10 juin 2015 Mercredi à 19:46 CİZÎRE (Rakel Asîman) – La Révolution de Rojava a été d’une part un exemple historique de résistance et a d’autre part joué un rôle unificateur pour la lutte internationale des peuples.

    Alors que le nombre d’individus et d’organisations venants de pays et de peuples différents dans le monde se multipliaient de jour en jour pour protéger la Révolution de Rojava, eux ont fait gagner une nouvelle position pour la lutte révolutionnaire internationale avec l’inauguration de la Brigade internationale de Libération.

    L’inauguration de la brigade a commencée par une cérémonie militaire, ensuite a eu lieu une conférence de presse. Durant la cérémonie, des banderoles écrites en kurde, en arabe, en turc et en anglais ont été déployées, où était inscrit : « Vive la Révolution de Rojava»

    Avec le MLKP qui depuis longtemps préparait cette brigade, d’autres organisations y prennent part également : l’Organisation pour la construction d’un Parti Marxiste-Léniniste en Espagne [Reconstruction communiste NDLR], le TKP/ML / TIKKO, les Forces Unies de Libération (BÖG) et le MLSPB. À côté de ce front révolutionnaire, beaucoup de révolutionnaires circassiens, grecs, turcs, allemands et arméniens participent également à la brigade.

    Lors de la conférence de presse de la Brigade internationale de Libération, les porte-paroles ont prononcé une déclaration, celle en turc a été faite par Arya Yeter et celle en anglais par Ernesto Beimler. 

    Rojava est aujourd’hui la Commune de Paris, Madrid et Stalingrad

    Dans la déclaration, l’accent était mis sur le fait que la Révolution de Rojava est une révolution qui est actuelle. Il a notamment été dit : « Rojava est aujourd’hui la Commune de Paris assiégée par les Allemands [en réalité les Versaillais de Thiers et Mac Mahon, petite erreur historique ici], Madrid lors de la guerre civile antifasciste en Espagne et Stalingrad durant la Seconde Guerre mondiale impérialiste ».

    Alors qu’elle spécifiait que la révolution a changé l’équilibre des forces dans la région, la déclaration portait l’attention sur le fait que Rojava était le cœur des révolutions du monde entier et le symbole de la résistance des Peuples opprimés.

    Alors qu’il était souligné que cette révolution était une révolution de femmes, l’évaluation suivante a été faite : « contre le monde patriarcal et réactionnaire, une grande volonté des femmes a émergé et ceci est devenu un symbole ».

    Dans la déclaration, il était indiqué que « Les révolutionnaires du monde entier ont tourné leur tête vers le Moyen-Orient. Ils ont accepté la mission et la responsabilité historique de défendre la Révolution de Rojava et d’approfondir sa raison d’être. Ils n’ont pas hésité une seconde à venir combattre au front, à faire couler leurs sangs ainsi qu’à mourir pour la victoire ».

    “Nous vous appelons à lutter et à remporter la victoire”

    La déclaration était comme suit :

    « Nous, qui nous battons en tout lieu à Rojava, donnons des martyrs et portons la bannière de la résistance.
    Nous qui nous battons à l’avant-garde du front contre l’impérialisme et les réactionnaires.
    Nous, peuple qui vivons au Kurdistan et menons la Révolution de Rojava sous le drapeau du YPG et YPJ, nous combattants de toutes nationalités, ouvriers, exploités, femmes et révolutionnaires internationalistes.
    Nous espagnols, allemands, grecs, turcs, arabes, arméniens, lazes, circassiens, albanais, organisations et forces internationalistes et révolutionnaires venants des quatre coins du monde entier, nous nous sommes unis pour défendre la Révolution de Rojava.
    Travailleurs, ouvriers, femmes, jeunes et gens de différentes foi et identité, écologistes, anti-impérialistes, antifascistes, anticapitalistes, démocrates et révolutionnaires du monde entier : nous vous appelons tous à défendre la Révolution de Rojava, à gagner encore plus de droits, à lutter et remporter des victoires pour étendre la révolution du Moyen-Orient et pour élargir la fraternité entre les peuples sous le drapeau de la Brigade Internationale de Libération.  »

    Suite à cette déclaration, le porte-parole a répondu aux questions des journalistes.

    La brigade sera sur le front

    La brigade a répondu à une question qu’en tant que “brigade en mouvement”, elle sera sur tous les fronts défensifs.

    Les combattantes internationales ont expliqué que la brigade : “DAESH mène des politiques sexistes (anti-féminines). Notre révolution est une révolution féministe. L’objectif des actions de DAESH est d’essayer de détruire les droits que les femmes ont gagnés par cette révolution. C’est pour cette raison qu’en tant que femmes, nous nous devons de la défendre avec hargne. Par conséquent, ceci est un appel aux femmes du monde : les femmes dans cette révolution doivent défendre leurs libertés.”

    Les anarchistes grecs : nous sommes ici pour montrer notre solidarité avec la révolution

    L’anarchiste grec et combattant de la brigade Odisef a déclaré : “Nous sommes ici pour montrer notre solidarité avec la révolution qui de Rojava sur un plan politique et pratique. La lutte contre DAESH n’est pas limitée à combattre contre le fascisme croissant qui est représenté par les forces réactionnaires locales du Moyen-Orient. DAESH est un symbole de la pourriture liée à la crise du capitalisme et de l’impérialisme.”

    Les communistes espagnols : « une nouvelle porte s’est ouverte »

    Paco Arcadio a déclaré au nom de l’Organisation pour la construction d’un Parti Marxiste-Léniniste en Espagne qu’aujourd’hui une nouvelle porte s’est ouverte avec la Brigade Internationale de Libération, “c’est un honneur pour nous de faire partie de ce projet, parce que cela unira tous les révolutionnaires internationaux ensemble dans cette lutte contre DAESH.”

    Arcadio a declaré que DAESH a été créé par les forces impérialistes contre la souveraineté du Peuple kurde, disant : “Ceux de la classe ouvrière internationale qui le peuvent devraient prendre part activement à cette guerre. Non seulement dans cette lutte contre DAESH, mais ils devraient également être impliqués dans le processus révolutionnaire de Rojava. Tout comme en 1936 en Espagne, en 1942 en Stalingrad, encore une fois, les Peuples de la classe ouvrière de toutes nationalités devraient venir pour la victoire de cette révolution. Pour soutenir Rojava et pour lutter pour la révolution dans le monde entier. Pour cela, nous devons de toutes nos forces prendre part à cette lutte.

    L’inauguration a pris fin avec le slogan “Vive la lutte internationale” et avec un grand intérêt des médias.

    Une Brigade internationale de Libération a été créée en Rojava

    [NDLR - Nous nous sommes maintes fois exprimés sur le point que nous ne partageons pas l'analyse de Daesh comme une "création de l'impérialisme pour dominer les Peuples de la région". Daesh peut, certes, être qualifié de "produit" de l'impérialisme dans le sens où la politique impérialiste dans la région depuis un quart de siècle (depuis la fin de la Guerre froide et la Guerre du Golfe, en fait...), que ce soit le blocus meurtrier puis l'invasion génocidaire de l'Irak par les impérialistes US et leurs alliés occidentaux ou le soutien russe... et dans une large mesure français au régime Assad en Syrie, a créé le terreau sur lequel le phénomène a pu prospérer. En ce sens, nous sommes plutôt d'accord avec l'anarchiste grec de la Brigade : "DAESH est un symbole de la pourriture liée à la crise du capitalisme et de l’impérialisme" ; une explosion dans le ventre du vieux monde, un monstre du clair-obscur entre "l'ancien qui se meurt et le nouveau qui tarde à apparaître" (Gramsci), comme le sont souvent et dans une large mesure (avant leur récupération par des intérêts grand-capitalistes et/ou impérialistes) les phénomènes de type fasciste, nazi etc.

    Il y a certes eu de nombreuses complaisances au bénéfice de la sinistre organisation : complaisance de l'Occident lui-même pour diviser dans le sang la résistance irakienne en pensant qu'un projet aussi nihiliste et ultra-réactionnaire ne pourrait jamais se concrétiser (sauf qu'il a gagné progressivement à lui les populations mécontentes du Nord de l'Irak et de l'Est de la Syrie...) ; complaisance (outre ses soutiens financiers privés directs) des monarchies wahhabites de la Péninsule arabique contre l'"axe chiite" Iran-Syrie (motif qui a également pu influencer des éléments occidentaux ou israéliens) ; complaisance de l’État turc contre les Kurdes et dans un contexte où l'expansionnisme "néo-ottoman" du régime AKP se voit sévèrement contrarié (après le retournement d'alliance de 2011 en faveur de l'insurrection syrienne, tablant sur une chute rapide du régime de Damas qui ne s'est finalement pas produite...) et affaibli à l'issue des dernières élections ; voire même complaisance du régime syrien qui a libéré des milliers de fanatiques salafistes de ses prisons et se retrouve ainsi face à une "opposition" contre laquelle il peut largement mobiliser l'opinion mondiale en sa faveur. Il n'en reste pas moins que le djihadisme a aussi ses ressorts propres et autonomes, que nous avons analysés comme des éléments particulièrement agressifs de l'oligarchie du Golfe qui tentent de se tailler un "petit Empire" comme base d'investissement et de valorisation de leur Capital sur-accumulé à travers des décennies de rente pétrolière. Aujourd'hui, tous ces créateurs de conditions et autres complaisants se retrouvent en position de pyromanes devenus pompiers, formant à la hâte une coalition contre les "égorgeurs barbares" ; et il est vrai que la résistance de Daesh depuis près d'un an (alors que le régime de Saddam Hussein, par exemple, s'était effondré en trois semaines) a de quoi laisser songeur - les seuls revers significatifs infligés à l'organisation l'étant par les forces kurdes.

    Mais quoi qu'il en soit, cette erreur (selon nous) d'analyse est tout à fait secondaire par rapport à l'importance historique d'un tel évènement pour le mouvement communiste international renaissant. Le combat contre l'hydre djihadiste qui - comme le souligne le communiqué de la Brigade à un moment - offre en quelque sorte un "concentré miniature" de toutes les méthodes criminelles barbares de la construction d'Empire par le Capital (ou encore de l'accumulation primitive capitaliste) est un grand et nécessaire combat des Peuples qui, victorieux (et il le sera !), pourra donner naissance à une potentielle base rouge révolutionnaire et - comme le souligne encore la déclaration - être un marchepied pour la lutte révolutionnaire dans tout le Proche/Moyen-Orient et le monde entier. Ceci à la condition bien sûr - mais aucune ambigüité là-dessus ne semble planer dans le texte - de ne pas céder à l'opportunisme vis-à-vis de l'impérialisme tant occidental qu'"oriental" (russo-chinois, à travers l'Iran et les forces d'Assad), qui se retrouve l'"allié" objectif et temporaire de Rojava mais qui a créé toutes les conditions du surgissement du "monstre" Daesh dont aucune des méthodes, nous l'avons dit, n'est étrangère à celles de l'Occident dans sa conquête du monde et dans le maintien de sa domination sur celui-ci (en vérité, elles sont mêmes très en-deçà et "artisanales" en comparaison !).

    Nous ajouterions aussi - si nous pouvons nous permettre une suggestion - que les combattants djihadistes de base (pas les cadres et idéologues bien sûr), tant locaux (irakiens ou syriens) que venus d'ailleurs (notamment des métropoles impérialistes occidentales), sont selon nous des personnes dont la place aurait dû être dans les rangs de la révolution mondiale mais que la faiblesse (encore pour le moment) de celle-ci a amené dans une autre voie, violemment réactionnaire. La Révolution de Rojava pourrait dès lors réfléchir à des centres où seraient rééduqués politiquement les prisonniers, dont une minorité significative pourrait bien comprendre son erreur et changer de camp (de fait les personnes qui comprennent ce qu'est réellement le "djihad" de Daesh sont nombreuses et tentent fréquemment de s'enfuir, mais elles sont bloquées par le fait que seule la prison les attend généralement dans leur pays d'origine, et sont régulièrement reprises par leurs anciens compagnons d'armes et affreusement assassinées).]

    Une Brigade internationale de Libération a été créée en Rojava


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  • Depuis de nombreuses années se sont développées un certain nombre de campagnes de boycott des produits et des entreprises issus de l’État d'Israël, en raison de la dépossession, de l'apartheid et de la violence militarisée permanente que celui-ci inflige au Peuple palestinien. Ces campagnes ont globalement convergé sous le label BDS : Boycott - Désinvestissement - Sanctions.

    Ceci est vu comme un moyen de pression efficace sur le gouvernement israélien pour qu'il mette fin - a minima - à sa politique d'occupation et de colonisation des territoires de 1967, avec toutes les violences meurtrières (des morts pratiquement tous les jours, 2.300 tué-e-s à Gaza l'été dernier) et les atteintes aux droits humains (liberté de circulation, propriété individuelle avec les maisons rasées ou les cultures détruites) que cette politique implique. Simplement, ce type de mobilisation se heurte fréquemment à un argument "massue" (c'est-à-dire particulièrement difficile à contrer) : "et pourquoi donc ne boycottez-vous que les produits israéliens et pas ceux de toutes les dictatures bananières de la planète ou carrément des pays impérialistes qui sèment la mort, à commencer par la 'France' ?" (avec toute l'accusation d'"antisémitisme" que sous-entend cette remarque)...

    Il est vrai en effet qu'un tel argument peut facilement laisser sans réponse : pourquoi, en tant que communistes d'Hexagone, ne commencerait-on pas par boycotter les produits issus des dernières colonies de notre État ("DOM-TOM") ou de ses néo-colonies, la fameuse "Françafrique" aux mains de sinistres despotes dont la liste est longue comme le bras (les Bongo, Eyadéma, Biya, Déby etc. etc.) ? Pourquoi ne commencerions-nous pas par boycotter les produits d'Inde ou des Philippines, où d'héroïques Guerres populaires sont menées contre l'oligarchie semi-coloniale semi-féodale, ou encore de Turquie où à l'oppression des révolutionnaires s'ajoute celle de la nationalité kurde ?

    Pourquoi, sous-entendent nos contradicteurs anti-antisionistes et autres "anti-confusionnistes" d'"extrême-gauche" (l'extrême-gauche de l'idéologie républicarde-universablabla), sinon parce que nous serions "obsédés par Israël et les Juifs, Israël parce qu’État juif" et donc "antisémites" plus ou moins inavoués ?

    Certain-e-s d'entre vous s'en souviennent peut-être, d'autres (trop jeunes) peut-être pas, mais à la fin des années 1990 avait émergé une campagne de dénonciation de la banane Chiquita (ex-United Fruit, connue pour ses appuis à des dizaines de coups d’État sur le continent américain et dernièrement rachetée par... deux magnats brésiliens - "monde multipolaire" quand tu nous tiens !), produite dans des conditions proches de l'esclavage en Amérique centrale et du Sud, incitant à boycotter cette marque. Le problème était que cela revenait à dire d'acheter uniquement des bananes ACP (ou à ne plus manger de bananes...), les bananes labellisées "Afrique-Caraïbe-Pacifique"... autrement dit la banane de l'impérialisme européen, dont on peut légitimement douter qu'elle soit produite dans des conditions bien meilleures (un poil peut-être dans les dernières colonies bleu-blanc-rouge, où s'applique en partie le Code du Travail français, mais certainement pas ailleurs). Vous pouvez consulter ici la liste des pays ACP signataires des Conventions de Lomé puis de l'Accord de Cotonou avec l'Union européenne (partenariat économique en particulier pour l'exportation de produits agricoles), et admirer le florilège de belles et grandes démocraties où un Code du Travail épais comme la cuisse règne en maître... La campagne anti-Chiquita conduisait donc automatiquement à favoriser l'exploitation féroce de l'impérialisme agro-alimentaire européen, ce à quoi le mouvement anticapitaliste à peine et péniblement renaissant après la "Fin de l'Histoire" du début des années 1990 n'avait pas pensé (considérant peut-être réellement que la lutte contre le "modèle ultra/néolibéral américain" était la seule à mener !), et qui s'exposait en conséquence aux mêmes "arguments massues" difficilement contrables - "anti-américanisme franchouillard", "défense du capitalisme français/européen contre ses concurrents d'outre-Atlantique" etc. etc., et dans le cas d'Israël c'est encore pire puisque comme nous l'avons dit le spectre de l'antisémitisme flotte en permanence sur ce combat politique.

    La réponse qui pourrait être efficacement apportée, c'est celle de la VALEUR SYMBOLIQUE de l'oppression israélienne en Palestine et donc de la lutte internationale contre celle-ci :

    Petites considérations sur le sionisme et l'identification-"obsession" palestinienne

    Pour toutes les raisons expliquées dans cette article, raisons qui font que le drapeau palestinien est devenu le drapeau vietnamien de notre époque, les produits issus de la terre spoliée aux Palestiniens (qui sont, il n'est de pas trop de le rappeler, à l'origine de l'appel à les soutenir de cette façon !) SYMBOLISENT en quelque sorte tous les produits issus de l'exploitation impitoyable du "Tiers-Monde" dominé par le "Nord".

    Après tout, comme le dit très justement un camarade sur les réseaux sociaux, de même que nous sommes anti-impérialistes et non simplement "contre les vilains crimes tout sionistes d'Israël", nous sommes anticapitalistes (pour le renversement du capitalisme, pour le communisme) et non pour un "capitalisme à visage humain". Pourtant, nous allons soutenir les mouvements de grève lorsqu'une entreprise (pour maintenir son taux de profit) va passer à l'offensive contre les travailleurs et se comporter de manière particulièrement "inhumaine" et crapuleuse : en effet, cette entreprise s'érige alors en symbole et - en quelque sorte - en "maillon faible" du système capitaliste à l'instant donné, ouvrant la voie à une expérience de lutte des classes qui va non seulement permettre aux travailleurs concernés de conserver quelques droits et avantages matériels et aussi (surtout) un peu de dignité, mais aussi être pour eux une école de lutte et d'organisation pour la révolution de demain.

    C'est exactement la même chose avec Israël ; qui par ses crimes quasi-quotidiens mais aussi par le fait de ne pas être une de ces satrapies africaines ou arabes dont nous "avons l'habitude", mais au contraire une "démocratie" parlementaire bourgeoise occidentale (pour les Juifs du moins... et encore pas tous) enrobée de toute la bonne conscience et le "bon droit" qui va avec, s'érige en symbole et "maillon faible" de l'ordre impérialiste mondial (domination du "Nord" sur le "Sud", placée ici sur une ligne de front directe).

    Ceci rejoint le rôle que joue la solidarité palestinienne en général (et BDS en particulier) comme école de lutte, d'organisation et de conscientisation révolutionnaire pour les classes populaires colonisées intérieures en Hexagone même ; qui ont depuis longtemps tourné le dos à une "gauche radicale" qui n'a finalement jamais su avoir envers elles une autre approche que paternaliste/"civilisatrice". Cette école de lutte et de conscientisation va évidemment se heurter à une virulente contre-offensive de l'ordre établi et de tous ses tenants plus-ou-moins assumés, qui savent que là résident leurs "pieds d'argile" - une contre-offensive dans laquelle l'accusation d'antisémitisme est un instrument évident dont l'ennemi serait fou ou idiot de ne pas se saisir (surtout quand des connards à la Dieudonné ou en mode "djihad internet" viennent le lui servir sur un plateau)...

    Toute la question ici est que l'intérêt de cette fonction symbolique mobilisatrice suppose qu'elle soit assumée comme telle ; c'est-à-dire que l'on en "reste pas là" mais que cette lutte contre Israël et pour le Peuple palestinien soit assumée comme un tremplin vers la prise de conscience du GÉNÉRAL ("rapports Nord-Sud" c'est-à-dire de domination impérialiste, racisme ouvert/haineux ou "bien-pensant"/"civilisateur" comme reflet de ces rapports à l'intérieur des métropoles, capitalisme et ses États comme bases d'accumulation en expansion permanente - l'exploitation s'étendant à la fois dans l'espace et se durcissant à chaque endroit donné) à partir du cas symbolique particulier ; exactement comme les luttes ouvrières d'entreprise doivent servir de tremplin à la prise de conscience du problème capitaliste à partir du cas particulier de plan social ou autre. Il faut donc désormais affirmer ouvertement que l'oppression sioniste en Palestine est combattue comme symbole de toutes les dominations Nord-Sud (impérialistes sur les pays coloniaux et semi-coloniaux) et que les mesures comme BDS qui sont prises contre elle sont des mesures symboliques contre toutes les dominations Nord-Sud. C'est en effet si l'on ne saisit pas le "tremplin" du particulier vers le général que l'on risque, sur la question du sionisme et de la Palestine, de verser dans une monomanie poreuse aux discours antisémites sponsorisés par telle ou telle force bourgeoise réactionnaire (peu importe par qui, en vérité) ; tout comme dans les luttes sociales d'entreprise l'on bascule vite dans un économisme poreux aux discours réformistes de la gauche bourgeoise... ou populistes du fascisme.


    Considérations diverses : sur la question du boycott des produits israéliens (BDS)Considérations diverses : sur la question du boycott des produits israéliens (BDS)
    Considérations diverses : sur la question du boycott des produits israéliens (BDS)


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  • Tournée hexagonale de soutien à la Guerre populaire en Inde

    L’Inde est présentée par les gouvernements et les médias comme, à la fois, un modèle de démocratie et de croissance économique. De la vente de Rafales à la réception en grande pompe du Premier ministre indien Narendra Modi en avril à Paris, tout est bon pour resserrer les liens politiques, économiques et militaires entre l’État indien et l’impérialisme français. Néanmoins, la réalité est toute autre. Le système de castes issu du féodalisme perdure ; la destruction de villages entiers avec les projets miniers ou hydro-électriques se multiplient ; la misère dans les villes s’accroît, le développement industriel se fait au prix d’une exploitation de plus en plus dure, etc.

    Face à cette situation, le Peuple indien s’organise et résiste. À partir des années 1960, les maoïstes indiens ont commencé à organiser les paysans sans terre, les ouvriers, les castes inférieures, les femmes opprimées, etc. On les appelle les "naxalites" du nom de la révolte emblématique du 3 mars 1967 à Naxalbari, un village du Bengale Occidental. Dans les campagnes, des centaines de milliers de personnes vivent, combattent et construisent une nouvelle société dans les zones libérées par la Guerre populaire dirigée par les naxalites. Au programme, distribution de la terre aux paysans, mise en place de coopératives, éducation et santé accessibles à tous, lutte pour l’égalité femmes-hommes, système de gouvernement et de justice aux mains du peuple. Les naxalites nous montrent par l’expérience concrète qu’il est possible de changer la société.

    C’est parce que ce mouvement est pas, peu ou mal connu en France que nous organisons une tournée de soutien à la révolution en Inde, pour mieux apprendre à connaître la situation dans ce pays et voir quelles leçons nous pouvons en tirer. Cela sera aussi l’occasion d’organiser une collecte de solidarité avec les prisonniers de la Guerre populaire qui subissent par milliers l’arbitraire et la torture dans les prisons indiennes.

    Avec J. Adarshini, secrétaire adjointe du Secours Rouge International, traductrice du film "Red Ant Dream" ("Le rêve des Fourmis Rouges") et du livre "Dans le sillage de Naxalbari", de retour d’un voyage en Inde.

    Mardi 19 mai 2015
    Toulouse
    à 19h30 au CASC - 10bis rue du Colonel Driant - Métro Empalot ou Saint Michel (Ligne B)
    L’évènement Facebook : ICI

    Mercredi 20 mai 2015
    Nantes
    à 18h30 au local B17 - 17 rue Paul Bellamy (au fond de la cour à gauche) - Trame 50 Otages
    Garde d’enfants assurée
    L’évènement Facebook : ICI

    Jeudi 21 mai 2015
    Rennes/Roazhon
    à 19h au bar - tavarn 1675 - 44 rue Legraverend
    Co-organisé avec la gauche indépendantiste (Breizhistance)
    L’évènement Facebook : ICI

    Samedi 30 mai 2015
    Paris
    à 15h au local de l’ACTIT (Association Culturelle des Travailleurs Immigrés de Turquie) - 54 rue D’Hauteville - métro Château d’eau
    Garde d’enfants assurée
    L’évènement Facebook : ICI

    Tournée hexagonale de soutien à la Guerre populaire en Inde


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  • Suite à la nouvelle tragédie - la pire de tous les temps - qui a encore frappé entre les côtes libyennes et siciliennes, avec plus de 800 victimes dans le naufrage d'un bateau chargé d'immigrant-e-s, nous republierons l'article suivant auquel il n'y a pas grand-chose à ajouter :


    La tragédie de Lampedusa est un crime impérialiste de plus contre l’humanité


    Nous vous inviterons également à lire cet article : Le mur meurtrier de la Méditerranée - L’assassinat institutionnel de masse de l’Union européenne ; publié fin mars (comme à titre prémonitoire...) par Saïd Bouamama sur son site personnel.

    Encore 800 mort-e-s de plus en Méditerranée...
    Encore 800 mort-e-s de plus en Méditerranée...


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  • Marche solidaire des Peuples en Lutte, demain 28 février à Barbès


    "Semaine" (enfin, plutôt mois) anticoloniale en HexagoneNon à la « guerre des civilisations ». Contre toutes les formes de colonialisme, de racisme et de fascisme, toutes et tous à Barbès le 28 février à 14 heures, pour une grande marche solidaires des peuples dans le cadre de la semaine « Sortir du colonialisme ».

    Le 10e anniversaire de la semaine anticoloniale et antiraciste est organisé quelques semaines après la double tuerie de Charlie Hebdo et de l’Hyper Casher dans un contexte d’exacerbation du racisme : islamophobie, antisémitisme, xénophobie....

    Nous devons être vigilant-e-s quant aux conséquences de ce tragique événement et devons combattre pied à pied tous ceux qui encouragent l’idéologie de la « guerre des civilisations » et érigent en guerre de religion les combats des peuples contre la colonisation et pour leur souveraineté.

    Nous devons combattre ceux qui instrumentalisent la religion et la transforment en arme de guerre et de haine à travers une stratégie de la terreur pour imposer leur pouvoir. Les interventions impérialistes en Afrique ou au Moyen Orient, et les monstres qu’elles créent dont les populations de ces pays sont les principales victimes, se succèdent alimentant le chaos, la déstabilisation du monde. Contre la « guerre des civilisations » qui conduit à une catastrophe irrémédiable, c’est aux causes qu’il faut s’attaquer : il est urgent d’agir pour un monde d’égalité, de justice, de paix, de liberté et de démocratie !

    Nous devons combattre le nouvel ordre colonial instauré par la mondialisation capitaliste. L’accaparement des terres, le pillage des ressources naturelles, la dette en sont les nouvelles formes. La colonisation continue comme en Palestine ou au Sahara Occidental. En France, les pratiques colonialistes perdurent dans les Dom Tom comme en Nouvelle-Calédonie, à Mayotte ou aux Antilles. Au Kurdistan, en Tchetchénie, au Tamoul Eelam et dans de nombreux pays, les peuples se battent pour leurs droits politiques, économiques, sociaux et culturels. Nous exigeons l’annulation de la dette et une politique étrangère respectueuse du droit international et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Nous agissons pour le démantèlement des bases militaires françaises à l’étranger.

    Nous devons combattre ceux qui cherchent à construire un prétendu « ennemi intérieur » pour entretenir la peur. Les lois et mesures discriminatoires et sécuritaires que le gouvernement et certaines forces politiques veulent encore renforcer, stigmatisent les immigré-e- s, les « musulmans », les Roms, ou les sans papiers. Ceux qui mènent la guerre aux migrants en Europe continuent à exploiter les peuples à travers la Françafrique et leur soutien aux dictatures. Nous exigeons la liberté de circulation et d’installation, la régularisation de tous les sans papiers par une carte de 10 ans, la suppression du visa Balladur, la fin des contrôles au faciès, le droit de vote et d’éligibilité des étranger-e-s à toutes les élections.

    Nous n’oublions pas. Le ventre est fécond d’où sortent les monstres. Il y a 70 ans, des milliers d’Algériens étaient assassinés à Sétif et Guelma en Algérie par l’armée française le 8 mai 45. Il y a 50 ans, Medhi Ben Barka était enlevé à Paris par des policiers marocains avec la complicité active des services français. Depuis, des dizaines de militants anticolonialistes ont été assassinés en France sans qu’aucun assassin ou commanditaire ne soit inquiété. Il y a 20 ans la France coloniale a instauré aux Comores le tristement célèbre "visa Balladur" responsable de plus de 10 000 morts au large de Mayotte ainsi que des milliers d’expulsions annuelles dans l’île de Mayotte ! Il y a 10 ans, la loi du 23 février 2005 proposait d’imposer à l’Éducation nationale d’enseigner aux élèves le « rôle positif de la présence française en Afrique du Nord » Nous demandons son abrogation complète. Il est urgent que la vérité soit faite et que justice et dignité soient rendues aux victimes du colonialisme et du racisme. L’État doit reconnaître sa responsabilité dans ces crimes et envisager des réparations. Marchons contre « la guerre des civilisations », pour soutenir les peuples en lutte contre le colonialisme, le néocolonialisme et l’impérialisme, et notamment les peuples palestinien, sahraoui, kurde.

    Marchons pour l‘égalité des droits et la justice pour toutes et tous

    Nous appelons toutes celles et tous ceux qui se reconnaissent dans cet appel à se retrouver le samedi le 28 février à Barbès à 14 h pour une marche jusqu’à Belleville où se tiendra un village des peuples .

    Source et liste de signataires : site Sortir du colonialisme

    Programme à Paris 

    Autour de Paris

    Ailleurs

    Notamment à Marseille du 5 au 21 mars (cliquer sur l'image) :

    "Semaine" (enfin, plutôt mois) anticoloniale en Hexagone


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  • Il n'est sans doute plus nécessaire de présenter cette héroïque lutte qui pourrait même être les prémisses d'une Guerre populaire et qui combat depuis plus de trois ans maintenant, sous le drapeau du "confédéralisme démocratique", à la fois le régime "social"-fasciste de Bachar el-Assad et les fascistes "djihadistes" de Daesh ou du Front Al-Nosra.

    Les forces du régime sont à présent repliées autour de Damas et près de la Méditerranée ; ce sont donc essentiellement les zones contrôlées par les djihadistes qui encerclent le Rojava kurde et c'est par conséquent contre ces derniers que se mène la lutte principale. Aux dernières nouvelles, après quatre mois de combats acharnés, les forces de Daesh ont été chassées de la ville de Kobané qu'elles tentaient de prendre pour la livrer à la terreur et à l'extermination. Cette victoire marque probablement un tournant dans le conflit et le début de la fin pour l'entreprise de "Califat islamique" au Moyen-Orient, sponsorisée par quelques richissimes poussahs du Golfe qui cherchent là un terrain pour investir et valoriser les milliards de dollars que leur rapporte le commerce du pétrole.

    Des Brigades internationales pour la Rojava ?Mais puisque Kobané et le Rojava en général évoquent tant Stalingrad (et auraient pu et pourraient hélas encore évoquer Teruel ou Brunete), qu'en est-il de l'internationalisme révolutionnaire ? 

    Des informations concordantes semblent indiquer depuis un certain temps que l'opposition marxiste et progressiste syrienne (arabe) s'est repliée dans le secteur, écrasée ailleurs soit par le régime soit par les djihadistes réactionnaires.

    Les Kurdes de l’État turc tentent bien évidemment de venir au secours de leurs frères de Syrie (ce dont le régime d'Erdoğan les empêche violemment) et les organisations marxistes-léninistes (DHKP-C, MLKP) et maoïstes (TKP/ML, MKP) de ce même État, qui soutiennent historiquement la lutte kurde, leur viendraient également en aide et auraient envoyé des forces - ce qui est en tout cas attesté pour le MLKP.

    Fin novembre, ce dernier a signé et rendu public aux côtés du MKP, du TKP/ML, du KCD-E (Congrès démocratique kurde d'Europe), du Front démocratique de Libération de la Palestine (FDLP) et de diverses organisations marxistes-léninistes et maoïstes d'Allemagne et d'Europe du Nord un Appel à former des Brigades internationales pour le Rojava kurde de Syrie :


     Défendons le Rojava révolutionnaire et la résistance en Palestine !


    Les forces impérialistes et leurs collaborateurs régionaux tentent d’imposer aux peuples du Moyen-Orient leur politique d’asservissement et de pillage. Nous, en tant que forces progressistes, anti-impérialistes, révolutionnaires et communistes, devons y opposer notre lutte commune.

    Nous, partis et organisations du Moyen-Orient et d’Europe, appelons à la solidarité avec la lutte des peuples du Moyen-Orient contre l’impérialisme et les États réactionnaires de la région.

    Nous saluons la résistance héroïque des défenseurs de Kobanê qui résistent à l’assaut des bandes fascistes depuis le 15 septembre, et la lutte des toutes les forces progressistes contre l’impérialisme au Kurdistan, en Palestine et au Moyen-Orient.

    Nous demandons l’abolition immédiate de l’interdiction du PKK et de la jurisprudence qui criminalise la solidarité internationale.

    Nous appelons tous les partis, organisations et individus antifascistes, progressistes, révolutionnaires et communistes à soutenir la défense de Kobanê et du Rojava, à soutenir la lutte pour la liberté des peuples du Moyen-Orient !

    Nous appelons : Organisez des comités de solidarité, organisez des réunions, manifestations, occupations et grèves sur les lieux de travail, aux universités, aux écoles, dans les rues et sur les places !

    Nous appelons : Collectez de l’argent et du matériel, suscitez l'écho public, discutez et informez de la situation actuelle !

    Nous appelons : Participez activement à la lutte des peuples du Moyen-Orient, défendez le Rojava révolutionnaire par votre participation aux Brigades internationales ! 

    Reconnaissance des cantons Afrin, Cizîrê et Kobanê en Rojava sur le plan du droit international public !
    Vive la résistance de Kobanê !
    Vive la lutte des peuples du Moyen-Orient !
    Vive l’internationalisme prolétarien !

    DFLP
    KCD-E
    Kommunistischer Aufbau
    MKP
    MLKP
    MLPD
    Nav-Dem
    Rebell
    Rode Morgen
    TKP/ML


    Cet appel a été relayé sur un certain nombre de sites en anglais, comme ici par exemple :
    http://www.kurdishinfo.com/preparations-international-brigade-rojava
    http://en.firatajans.com/news/news/preparations-for-international-brigade-in-rojava.htm

    Outre des membres du MLKP et d'autres éléments des communautés turques et kurdes d'Europe, il aurait été suivi par un certain nombre d'internationalistes révolutionnaires de tous les continents : il y aurait au moins un Allemand, un Australien ainsi qu'un Vietnamien et un Arabe (une photo publiée dans notre article sur la victoire de Kobané montre aussi un Américain) et au moins deux communistes de l’État espagnol que l'on peut voir s'exprimer sur cette vidéo (en castillan, sous-titré en turc) :

    Nous écrivions il y a quelques jours :

    "En Syrie, les Kurdes et les internationalistes qui se sont portés volontaires à leurs côtés FONT CE QU'ILS ONT À FAIRE face au monstre réactionnaire fanatique de Daesh. Exactement comme (pour prendre un exemple au hasard) les progressistes et les révolutionnaires de Grèce et les éventuels volontaires d'autres pays feraient ce qu'il y a à faire si l'Aube Dorée venait à prendre le pouvoir dans ce pays, ou n'importe quelle force nazie similaire dans n'importe quel pays d'Europe et du monde (comme, au hasard... en Ukraine par exemple ?).

    Les révolutionnaires, les communistes du monde entier COMBATTENT les monstres que l'ordre capitaliste-impérialiste mondial a enfanté de ses entrailles pourries ; comme hier nos glorieux prédécesseurs combattirent le nazisme (on a célébré hier les 70 ans de la libération d'Auschwitz par l'Armée rouge soviétique)."

    En dernière analyse, ce qui se joue au Rojava est l'affrontement de deux utopies concrètes jaillies de la crise généralisée et terminale de l'ordre capitaliste-impérialiste planétaire : l'une noire, réactionnaire et barbare ; monstre hideux et terrifiant produit de tout ce que les souffrances infligées par l'impérialisme (y compris l'impérialisme russe, à travers Assad) aux Peuples du Proche et du Moyen Orient ont engendré de pire ; l'autre lumineuse, magnifique élan populaire révolutionnaire éclairant les chemins d'un monde nouveau.

    Nous ne pouvons donc qu'apporter notre soutien le plus total à une telle initiative... avec d'ailleurs la certitude que cette fois, cet appel recueillera un chouïa plus de consensus dans les milieux "gauchistes" hexagonaux que celui à soutenir le Peuple travailleur du Donbass (alias "les fascistes pro-russes" pour nos petits donneurs leçons) contre les ultra-fascistes ukrainiens sponsorisés par l'Union européenne : quand il s'agit de combattre les z'horribles z'islamiiiiistes, forcément... (il faudrait accessoirement nous expliquer en quoi le soutien matériel reçu de Poutine par les résistant-e-s de Donetsk et Lugansk serait plus "à vomir" et devrait plus empêcher la solidarité internationale que celui apporté aux Kurdes par l'Occident - dont les bombardements autour de Kobané, ne nous voilons pas la face, ont joué un rôle important - et peut-être même... par Israël, qui après tout verrait là tous ses ennemis combattus en même temps : Assad, Erdoğan, Daesh etc. etc.).

    En guise de conclusion, nous vous informerons que tandis que tous les médias bourgeois découvrent soudainement - et célèbrent - la résistance du Peuple kurde dès lors qu'elle fait face à leur cauchemar "islamiste" (comme la "découvrent" d'ailleurs aussi beaucoup de nos "gauchistes" donneurs de leçon, après avoir vomi pendant des années sur "le PKK nationaliste stalinien" etc.), la "justice" (Cour d'Appel de Paris) vient de condamner 10 militant-e-s à des peines de sursis et de lourdes amendes pour "financement du PKK" - le grand Parti progressiste kurde de l’État turc dont le PYD et ses YPG qui luttent au Rojava ne sont autres que la branche "syrienne"... Le double jeu de l'impérialisme éclate ici dans toute son abjection.

    http://www.kurdishinfo.com/wp-content/uploads/mlkp-rojava.jpg


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  • Le Parti communiste des Philippines avec son armée la New People's Army mène depuis plus de 45 ans une guerre populaire exemplaire dans le but de réaliser la révolution de nouvelle démocratie. Cette guerre populaire historique est aujourd'hui plus importante que jamais et est devenue un symbole important pour tous les communistes à travers le monde.

    À l'occasion du 46e anniversaire de la New People's Army, le Bloc Rouge (Unification des maoïstes) organise avec les camarades philippins un grand événement de solidarité au CICP (22 rue voltaire, 75011 Paris) à partir de 16h30 le samedi 17 Janvier.

    Au programme, aura lieu une intervention des camarades philippins concernant la situation de la Guerre populaire aux Philippines suivie d'une projection concernant l'activité de la NPA notamment après le typhon Yolanda et le travail de masse effectué par le Parti communiste des Philippines dans les villes. Les camarades philippins exécuterons aussi une performance culturelle en rapport avec la révolution aux Philippines. Il sera discuté de la création d'un réseau de soutien à cette guerre populaire en France lors d'un débat ouvert. Des tables de presse et de restauration seront aussi présentes.

    SOYONS NOMBREUX POUR RENDRE HOMMAGE A LA NPA !

    VIVE LA GUERRE POPULAIRE AUX PHILIPPINES !

    VIVE L'INTERNATIONALISME PROLÉTARIEN !

    Cliquer sur l'image pour la page Facebook de l'événement :


    Histoire de déconnecter un peu de Charlie : 46e anniversaire de la Nouvelle Armée du Peuple et de la Guerre populaire aux Phlippines

    Histoire de déconnecter un peu de Charlie : 46e anniversaire de la Nouvelle Armée du Peuple et de la Guerre populaire aux Phlippines


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  • ... C'EST QUAND QU'ON PENSE LES FAIRE TOMBER ?

    Palestine occupée :

             Mur israélien 1MurIsrael

            Murpalestine mur israel1

    Frontière USA-Mexique :

    MurUSMex        Mur USMex2mur usa-mexiqueMur mexique USA

    Melilla, enclave "espagnole" du "rêve européen" sur la côte marocaine :

              murmelillaMurmelilla 01

              Mur-frontiere Melillamur mellila-le-24-avril-

    Ou encore... (passez votre souris sur les photos) :

    MurBelfast.jpg MurArg.jpg MurArg2.jpg

    Ou alors il faut croire qu'ils ne dérangent personne ?

    Pourtant ils étaient sympas les "communistes" : ils empêchaient eux-mêmes leurs propres immigrés de venir ! Mais il faut croire qu'il y a de bons et de mauvais immigrés : un ingénieur est-allemand sur-formé qui vient engraisser le Capital de l'Ouest et l'indice DAX de la Bourse de Francfort plutôt que la bourgeoisie bureaucratique "socialiste" de RDA, c'est sûr que c'est pas la même chose qu'un Mexicain ou un Congolais qui vient bouffer nos allocs... ou un Palestinien (ou un Irlandais, ou un Argentin...) qui ne demande qu'à vivre et circuler librement dans son pays.  #25AnsDeLaChuteDuMur   #HypocrisieBourgeoiseDeMerdeTotale

    [Sur l'évènement historique en lui-même, rien à ajouter à notre article d'il y a 5 ans :
    9 novembre 1989 : une défaite pour le révisionnisme soviétique, une victoire pour personne... sauf l'impérialisme !]


    Pas de Murs entre les Peuples, pas de Paix entre les Classes !

     

    À lire : Le mur meurtrier de la Méditerranée - L’assassinat institutionnel de masse de l’Union européenne

    Voir ici une carte des "Murs de la Honte" et autres barrières dans le monde.

     


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  • La ligne de démarcation que constitue ce soutien apparaît désormais d'autant plus claire que les pseudo-"maoïstes" qui en rejetée la Guerre du Peuple indien (sous couvert de critique "orthodoxe" du "déviationnisme" des maoïstes là-bas) ont totalement tombé le masque avec des positions contre-révolutionnaires désormais clairement assumées (éloge de la police bourgeoise, soutien à Manuel Valls et à son Parti "socialiste", appel à un "Front populaire" digne de Thorez avec l'"antifascisme" républicain bourgeois et à la "démocratie populaire"... dans la 5e puissance impérialiste mondiale qu'est la France, défense des "Lumières" bourgeoises et de la construction absolutiste de l’État moderne au service du Capital, crachats sur les luttes LGBT, les luttes des colonisé-e-s intérieur-e-s et autres qualifiées de "post-modernes", négation de l'islamophobie première mobilisation réactionnaire de masse de notre époque, etc. etc.).

    Le lien peut paraître extrêmement lointain voire absurde et pourtant, pour les matérialistes dialectiques que nous sommes, il est évident : la Guerre populaire en Inde (avec toutes ses contradictions, ses erreurs, ses avancées et ses revers) est le "phare", le Centre d'agrégation de la Révolution mondiale et ceux qui la rejettent ne peuvent que s'éloigner, à des degrés divers, du camp de la révolution ; tomber dans la force gravitationnelle d'un Centre de la Réaction.

    Une conférence internationale de solidarité s'est tenue ce week-end en Italie. Voici la déclaration que lui a adressée l'OCML-VP, qui n'a hélas pas pu y participer :


    Message à la Conférence internationale de soutien à la Guerre populaire en Inde (Italie, 27-28 septembre 2014)


    Chers camarades,

    Nous regrettons de ne pouvoir être parmi vous à l’occasion de cette conférence, alors que nous avions participé à celle qui s’était déroulé à Hambourg l’année dernière. Nous défendons que le soutien à la Révolution indienne est une ligne de démarcation importante dans le mouvement communiste international.

    Nous réaffirmons notre soutien aux organisations révolutionnaires de l’État indien qui dirigent la Guerre populaire sur la voie de la Nouvelle démocratie et du socialisme, ainsi que plus généralement au mouvement populaire et démocratique de ce pays, et à tous ceux qui s’affrontent à l’impérialisme, au féodalisme et au capitalisme. En tant que communistes de France, nous avons la responsabilité d’êtres particulièrement vigilants aux ingérences de notre propre impérialisme.

    Nous souhaitons plein succès à cette conférence, et nous en félicitons les organisateurs.

    Vive la solidarité internationale avec la Révolution indienne !


    Organisation Communiste Marxiste-Léniniste Voie Prolétarienne

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    Cette conférence internationale ne se tenait pas à n'importe quelle date : en effet, cela a fait 10 ans le 21 septembre que la Guerre du Peuple indien (commencée de fait à la fin des années 1960) s'est synthétisée dans le Parti communiste d'Inde (maoïste) pour aller de l'avant vers la victoire.

    Voici la déclaration du Parti communiste maoïste de France à ce sujet :

    Vive le 10ème anniversaire du PCI (maoïste) !


    Le Parti Communiste d'Inde (maoïste), fut fondé le 21 Septembre 2004. Il résulte de la fusion du Parti Communiste d'Inde (marxiste-léniniste) People’s War et du Centre Communiste Maoïste.

    Depuis plus de 30 ans, les maoïstes d’Inde mènent la Guerre Populaire contre le système semi-colonial semi-féodal de l’Inde. Aux côtés des paysans pauvres et sans terres, des Adivasis (populations tribales), des Dalits (« intouchables »), des femmes, des travailleurs, bref, aux côtés de tous et toutes les exploités et opprimés du pays, les maoïstes développent la lutte contre le système capitaliste-impérialiste. Mettant en place des Gouvernements Populaires, ils font en sorte que les masses populaires relèvent la tête et reprennent leurs affaires en main.

    Le premier mai de cette année fut un grand jour. En effet, il représente l'aboutissement d'un processus qui a conclu à l'Unification du PCI(m) et du PCI(ml) Naxalbari dans le PCI(m). Cette grande nouvelle change la donne et ouvre de nombreuses perspectives quant au développement de la guerre populaire en Inde.

    Nous tenons à célébrer aujourd'hui le 10ème anniversaire de la formation du PCI(m). Le mouvement maoïste indien est un des fers de lance de la révolution mondiale. Si c'est un espoir pour les masses populaires en Inde, la guerre populaire en est également un pour les prolétaires du monde entier, qui voient en elle la possibilité de la reconstruction d'un véritable camp socialiste à l'échelle internationale.

    Le PCI(m) et la guerre populaire en Inde nous montrent le chemin de la révolution. En effet, la théorie de la guerre populaire n'est pas comme le pensent certains une application chinoise de la révolution, ou une stratégie militaire propre aux pays semi-coloniaux semi-féodaux. La guerre populaire est un principe universel du maoïsme, valable partout, y compris dans les pays impérialiste comme la France. En menant la guerre populaire en Inde, le PCI(m) ouvre la voie pour les révolutionnaires du monde entier.

    Pour nous, célébrer le 10ème anniversaire de la fondation du PCI(m) ne consiste pas seulement en des déclarations de principes, mais également en des engagements de solidarité.

    Aujourd'hui plus que jamais nous devons rendre vivant l'internationalisme prolétarien et soutenir la guerre populaire en Inde. Cela revient à informer la classe ouvrière de l’État français du développement de la révolution en Inde, mais également à frapper au cœur notre propre impérialisme par tous les moyens nécessaires.

    C'est dans cet esprit que nous prenons l'engagement d'un soutien accru à la révolution indienne. Cela tout d'abord en assumant les tâches qui incombent au mouvement maoïste en France, et en première ordre d'aboutir à l'unification des maoïstes dans un parti qualitativement et quantitativement supérieur.

    C'est en ce sens que nous faisons de la campagne de solidarité avec la guerre populaire en Inde un de nos axes de travail principaux à l'heure actuelle et que nous allons intensifier significativement notre campagne d'actions, d'information et de propagande.

    Nous faisons notre le combat de nos frères et sœurs de classe, des milliers de martyrs tombés pour la révolution. 


    À BAS L’IMPÉRIALISME FRANÇAIS !
    À BAS L’OPÉRATION GREEN HUNT !
    GLOIRE AU 10ème ANNIVERSAIRE DU PCI(m) !
    VIVE LA GUERRE POPULAIRE EN INDE !


    Bloc Rouge (Unification des maoïstes)


    Ci-dessous, quelques photos des dernières actions menées en soutien à la Guerre Populaire en Inde dans plusieurs villes de France :


    Vive le 10ème anniversaire du PCI (maoïste) !

            Vive le 10ème anniversaire du PCI (maoïste) !Vive le 10ème anniversaire du PCI (maoïste) !

            Vive le 10ème anniversaire du PCI (maoïste) !Vive le 10ème anniversaire du PCI (maoïste) !

            Vive le 10ème anniversaire du PCI (maoïste) !Vive le 10ème anniversaire du PCI (maoïste) !Vive le 10ème anniversaire du PCI (maoïste) !

             Vive le 10ème anniversaire du PCI (maoïste) !Vive le 10ème anniversaire du PCI (maoïste) !Vive le 10ème anniversaire du PCI (maoïste) !


    Et puis le plus important, le texte du Parti communiste d'Inde (maoïste) lui-même :

    Un appel au Peuple de l’Inde : Détruire les chaînes de l’impérialisme et du féodalisme, détruire ce système pourri ! Construisez votre futur et celui du pays avec vos propres mains !

    Vous pouvez aussi suivre quasi quotidiennement les progrès de la Guerre populaire en Inde sur le site du Secours Rouge belge : http://www.secoursrouge.org/mot/inde

     


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  • Il s'appelait Hervé Gourdel, il avait 55 ans, il était guide alpiniste et venait des Alpes occitanes (Saint-Martin-Vésubie, Mercantour).

    Était-il de gauche ou de droite ? Se considérait-il plutôt français ou occitan ou les deux ? Nous n'en savons rien et nous ne voulons pas le savoir : ce que nous savons nous suffit.

    Ce que nous savons c'est qu'il n'était ni un militaire de métier ni un mercenaire de ces abominables sociétés privées qui sèment la mort aux quatre coins du monde, ni même un de ces "coopérants" et autres "ONGistes" qui sont les nouveaux "missionnaires" de la "civilisation occidentale" en terre "barbare". Il était simplement un montagnard venu en Kabylie pour y vivre sa passion, la montagne.

    Seulement voilà : "l'actualité internationale", cette "actualité" que nos bons Français (occitans ou autres) regardent d'un œil un peu distant, tout en dînant, au JT du soir l'a rattrapé pour lui infliger une mort atroce.

    Hervé Gourdel est tout simplement un Occitan de plus, comme des centaines de milliers d'autres avant lui (au nom du Roy, de l'Empereur ou de la République), à être mort au "champ d'honneur" d'une guerre qui n'était pas la sienne : celle que se livrent désormais (et vont sans doute se livrer pendant des années encore) l'Occident impérialiste, dont fait partie notre État-prison la France et dont les armées sanguinaires ensanglantent la planète depuis des siècles ; et ses créatures : les gros poussahs de la Péninsule arabique, gorgés depuis des décennies de pétro-dollars pour lesquels ils cherchent désormais un terrain d'investissement et qui financent le djihadisme pour se tailler, justement, cette base d'accumulation sous le nom de "Califat".

    Comme l'écrivait en 1912 (après avoir eu des positions hasardeuses sur le sujet quelques décennies auparavant) le grand socialiste de cœur occitan Joan Jaurès : "Mais si les violences du Maroc et de Tripolitaine achèvent d’exaspérer, en Turquie et dans le monde, la fibre blessée des musulmans, si l’Islam un jour répond par un fanatisme farouche et une vaste révolte à l’universelle agression, qui pourra s’étonner ? Qui aura le droit de s’indigner ?"... Un siècle plus tard, il y a eu bien des Marocs et bien des Tripolitaines et nous y sommes désormais : le "fanatisme farouche" s'est levé, il est devenu pour des milliers de personnes ici-même - au "cœur du monstre" impérialiste européen - le "phare" d'un impressionnant et aberrant "sionisme musulman", et les pétro-dollars suraccumulés du Golfe - en quête de terrains où s'investir et se valoriser - en ont fait leur soldatesque. Et nous ne pouvons, en effet, ni nous étonner ni nous indigner ; mais seulement pleurer les vies innocentes que cette déferlante de barbarie emporte.

    Elle a emporté la vie d'Hervé Gourdel dont il est à peu près certain que du haut de ses cimes, dans le parfum des génépis, il n'avait jamais voulu même la plus petite de ses causes. Comme elle a déjà emporté et emportera encore des centaines et des centaines de milliers d'autres sur peut-être un quart ou un tiers de la planète, sunnites ou chiites ou chrétiens, juifs ou yézidis ou agnostiques ou athées, Arabes ou Kurdes ou Turcs ou Somalis, "Orientaux" ou "Occidentaux", Blancs ou Noirs ou entre-les-deux, sous les bombes de la "civilisation" comme sous les balles et les couteaux de boucher de la "barbarie".

    Alors nous, ni étonnés ni indignés, nous ne nous jetterons pas plus dans les bras de cet "Occident civilisé" qui nous l'enjoint que dans ceux des "barbares" qu'il a lui-même engendré : comme les glorieux compagnons de Lénine avant nous - au plus noir de la nuit de 14-18 - nous proclamons le DÉFAITISME RÉVOLUTIONNAIRE ABSOLU vis-à-vis de ces "camps" réactionnaires et nous DÉCLARONS LA VÉRITABLE GUERRE SACRÉE, la GUERRE DU PEUPLE À LA FACE DU MONDE CAPITALISTE, père de toutes ces abominations !

    Nous déclarons et livrerons la Guerre populaire révolutionnaire, car elle est la Fraternité des Peuples contre les ennemis de toute humanité.

     

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  • Le FPLP, qui vient de passer 50 jours sous les bombes sionistes en Palestine, exprime sa solidarité avec la lutte des Noirs aux États-Unis suite aux évènements de Ferguson :


    Quartiers Libres : l'Empire s'effondrera de l'intérieur


    Le FPLP salue la lutte des Noirs aux États Unis :  L’Empire s’effondrera de l’intérieur

    michael Brown Mohammad Abou Khdeir

    À la lumière de l’assassinat par la police du martyr Michael Brown et de la lutte en cours à Ferguson, dans le Missouri, aux États-Unis, le Front Populaire de Libération de la Palestine salue et soutient fermement la lutte incessante des Noirs et de toutes les communautés opprimées aux États-Unis. Lors d’un entretien avec les médias du FPLP, le camarade Khaled Barakat a déclaré que « la brutalité policière, l’oppression et le meurtre dirigés contre le Peuple noir aux États-Unis, et contre les Latinos, les Arabes et les Musulmans, les gens de couleur et les pauvres n’ont jamais été de simples « erreurs » ou des « violations des droits individuels » mais font plutôt partie intégrante d’un racisme intégral et systématique qui reflète la nature du système politique étatsunien ». « Chaque fois qu’un crime est commis contre le Peuple noir, il est expliqué qu’il s’agit d’un « incident isolé », mais quand vous voyez le nombre considérable d’« incidents isolés » la réalité ne peut plus être occultée : il s’agit d’une politique ininterrompue qui demeure violemment raciste et oppressive. L’empire américain a été construit sur le dos des esclaves noirs et le génocide du Peuple noir ainsi que sur la colonisation et le génocide des peuples indigènes », a ajouté Barakat. « Les habitants de Ferguson résistent, héritiers d’une longue tradition de résistance noire, et nous soutenons leur résistance légitime à l’oppression raciste. » « De même que les peuples d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine et du monde Arabe sont les témoins de la brutalité des États-Unis en dehors de ses frontières, ces communautés sont confrontées à l’oppression raciste et coloniale à l’intérieur de ses frontières. Ces deux phénomènes sont  inextricablement liés », a déclaré Barakat.

    FergusonPolice

    « Nous voyons également l’exploitation et le pillage par les États-Unis des ressources des peuples à travers le monde. Et aux États-Unis, les Africains, les Latinos, les Philippins, les Afghans, les Arabes qui ont subi la guerre et l’impérialisme des mains des États-Unis en dehors de leurs frontières sont les mêmes communautés qui font face à la criminalisation, la brutalité, l’exploitation, l’isolement, les meurtres et les assassinats des mains de l’État. Nous voyons la chasse aux migrants et aux réfugiés à l’intérieur des États-Unis après que leurs pays ont été ravagés par l’impérialisme, la guerre et l’exploitation par les mêmes forces dirigeantes. » Barakat a souligné que « l’emprisonnement de masse et l’incarcération ont été un outil central du contrôle raciste aux États-Unis. Un homme noir sur trois y sera emprisonné ; toutes les 28 heures, une personne noire est tuée par l’État ou par une personne protégée par l’État. Les Palestiniens connaissent bien l’utilisation de l’emprisonnement de masse pour maintenir la domination raciste et l’oppression. Briser les structures racistes de l’emprisonnement est crucial pour notre mouvement de libération. Nous saluons Mumia Abu-Jamal[1] et tous les prisonniers politiques du mouvement de libération noire dans les prisons américaines et nous appelons à leur libération immédiate. » Barakat a de plus ajouté que « depuis les premiers temps du mouvement noir aux États-Unis, des esclaves en révolte pour la liberté jusqu’au mouvement pour les droits civiques et au-delà, le peuple, les organisations et les mouvements noirs ont été confrontés à une impitoyable répression étatique, au ciblage, à l’incarcération et aux meurtres des mains de l’État. Les agences de renseignement intérieur américaines telles que le FBI, qui dirigent la répression d’État contre les communautés Palestiniennes et Arabes, ont eu pendant des années pour objectif principal l’attaque des mouvements, des dirigeants et des communautés noires. » Le racisme, la pauvreté et l’oppression sont les réalités premières rencontrées par les nations et les communautés opprimées aux États-Unis.

    Le Peuple noir aux États-Unis est en fait en état de siège. Et de la même façon que nous exigeons la fin du siège pour notre peuple palestinien, à Gaza et partout ailleurs, nous exigeons la fin du siège du racisme et de l’oppression institutionnalisés dans l’éducation, le travail, les services sociaux et tous les domaines de la vie, et nous soutenons les mouvements noirs en lutte pour mettre fin à ce siège. « Quand nous voyons aujourd’hui les images qui parviennent de Ferguson, nous voyons une autre Intifada émerger dans la longue lignée des Intifadas et des luttes qui ont été menées par le peuple noir aux États-Unis et au niveau international. Le mouvement de libération nationale Palestinien salue le mouvement de libération noir, et a beaucoup appris des expériences de Malcolm X[2], Martin Luther King[3], Frederick Douglass[4], des Black Panthers, de Sojourner Truth[5], et des générations de révolutionnaires noirs qui ont ouvert la voie dans la lutte pour la libération et l’autodétermination », a déclaré Barakat. « La lutte au sein même des États-Unis fait partie intégrante de la lutte contre l’impérialisme – et plus, il s’agit d’une lutte centrale, car elle se déroule dans le ventre de la bête. C’est aussi le cas de la lutte des peuples Indigènes et des nations d’Amérique du Nord, où les pouvoirs coloniaux se sont construits à la fois par le vol des terres et par le génocide, mais où les peuples Indigènes ont toujours résisté et continuent de résister encore aujourd’hui », a-t-il dit. « Chaque victoire à l’intérieur des États-Unis et chaque conquête politique par des mouvements populaires et des luttes de libération est une victoire pour la Palestine et une victoire pour un monde de la libération des Hommes. Ceux qui pensent que le destin des peuples aux États-Unis est lié aux partis de la classe dirigeante, les Républicains et les Démocrates, et ce jusqu’à la fin des temps, ceux-là vivent dans l’illusion. De même que ceux qui croient que la Palestine peut conquérir sa liberté en recherchant des alliances ou des garanties de la part de ceux qui oppriment le Peuple noir », a déclaré Barakat.

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    « La lutte noire conduit le monde vers la lutte pour un système politique alternatif qui mènera l’Empire américain à la défaite. Nous savons que cela n’arrivera que par la lutte, par l’organisation du peuple, émergeant à travers les soulèvements et la colère des communautés contre l’injustice » a déclaré Barakat.« Le mouvement anti-raciste et le mouvement anti-sioniste ne sont pas et ne peuvent pas être séparés. Se battre contre le racisme signifie se battre contre le capitalisme ; se battre contre le capitalisme, c’est se battre pour le socialisme », a déclaré Barakat. « Le Front encourage tous les Palestiniens, et en particulier notre communauté palestinienne aux États-Unis, à poursuivre et à intensifier leurs efforts en faveur du mouvement de libération Noir, à se joindre aux actions de soutien à Ferguson et en l’honneur de Michael Brown, à maintenir à long terme une lutte commune et une solidarité mutuelle avec le mouvement Noir. Il existe une longue histoire de cette œuvre commune, et il est essentiel pour l’ensemble de nos communautés d’élargir et d’approfondir nos liens de lutte et de solidarité. » Le FPLP envoie ses salutations révolutionnaires, son message de solidarité et ses saluts au peuple de Ferguson en lutte, sur les lignes de front s’opposant à l’empire américain, et aux générations successives de la lutte noire. Notre mouvement de libération de la Palestine et le mouvement de libération noir font partie d’une seule et même lutte. Cela a été une position de principe pour le Front depuis sa fondation ; nous réaffirmons cette position aujourd’hui et nous le ferons jusqu’à ce que nos deux peuples — et notre monde — soient libérés.

    1. NdT : Mumia Abu Jamal, prisonnier politique noir américain emprisonné depuis 1981, ancien membre du Black Panther
    Party. Son combat s’inscrit toujours dans la lutte anti-carcérale et de libération noire.
    2. NdT : Malcom X, noir américain militant du mouvement pour les droits civiques aux États-Unis, assassiné en 1965.
    3. NdT : Martin Luther King, pasteur militant pacifiste du mouvement pour les droits civiques, assassiné en 1968.
    4. NdT : Fréderick Douglass, homme politique et écrivain noir américain, né esclave, militant abolitionniste, mort en 1895.
    5. NdT : Sojourner Truth, militante abolitionniste noire américaine, née esclave, morte en 1883 

    Déclaration (PDF) du FPLP: FPLPFerguson

    Fondé en 1967 sous la direction de Georges Habache et Ahmed Jibril, le Front Populaire de Libération de la Palestine est une organisation palestinienne révolutionnaire combattant le sionisme et le capitalisme.

    Traduit par les Éditions Premiers Matins de Novembre pmneditions@gmail.com

    ********************************************************************************

    Et pendant ce temps là, voici que de son côté Aymeric Chauprade, "Monsieur géopolitique" du FN, tête de liste en Île-de-France aux européennes et intellectuel qui "compte" pour les pseudo-"antisionistes" de Soral & co, affiche son soutien "de raison" à Israël et au sionisme contre l'"ennemi principal" qui ne peut être que le "fondamentalisme islamique sunnite" en dehors de l'Hexagone et "l'extrême-gauche pro-palestinienne, la racaille de banlieue et les islamistes" (traduire : les révolutionnaires conséquents et les colonies intérieures conséquences et incarnations de la domination impérialiste bleu-blanc-rouge sur la planète) à l'intérieur :


    L'honneur de la France selon Chauprade, Soral et Cie


    Depuis maintenant plus de 5 ans, celles et ceux qui s’autoproclament « dissident.e.s » n’ont eu de cesse d’affirmer une posture alternative : celle d’un nationalisme français qui serait compatible avec une lutte contre l’impérialisme américain et les Juifs (a.k.a. « la Banque » ou le sionisme, pour échapper aux procès). Tout a été enrobé dans un baratin confus mais avec des mots compliqués pour donner une apparente consistance à ce qui était « la pensée » révolutionnaire du moment. Un charabia qui rendait possible dans des raisonnements compliqué l’unité entre Pétain, De Gaulle, l’OAS et le PCF au nom du génie français.

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    Il a fallu trouver des experts afin de justifier les contresens historiques, la négation de la chronologie et les contradictions de ce discours. C’est ainsi que sont apparus des référents idéologiques qui validaient ces thèses délirantes. Bien qu’estampillée « trans-courants », cette mouvance n’a reçu l’appui que de personnes appartenant aux droites radicales: les Soral & cie n’ont contribué à rien d’autre qu’à mettre en scène et donner en spectacle les débats des différents courants d’extrême droite.

    Ce spectacle a fonctionné, à grand renfort de clash, de conférences et d’interviews à rallonge, de conférences chez Dieudonné. Dieudonné, caution politique et raciale, qui a permis à toute la famille des droites radicales de diffuser à un plus large public son racisme et sa vision de la hiérarchie sociale.

    Une sorte de « mal-éducation populaire » via une PME d’internet, sponsorisée et orchestrée par le FN (du moins le cercle proche de Marine Le Pen) qui a compris que moins les gens comprennent pourquoi la situation se détériore, plus ils veulent taper sur leur voisin pour conserver leur « confort ». Génie français, quand tu nous tiens…

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    Parmi les experts dont Soral a tressé les lauriers ou bien utilisé la parole avec leur caution, on trouve Aymeric Chauprade. Il suffit d’aller sur le site de l’entreprise de divertissement à caractère politique de Soral pour se rendre compte que Chauprade compte dans la fourniture de matériel idéologique auprès de cette mouvance.

    Chauprade a été la tête de liste du FN en Île-de-France aux dernières élections européennes. Il n’est pas un simple compagnon de route, il oriente la « géopolitique du FN ». Il est aux commandes d’un parti qui peut accéder au pouvoir et dont les slogans polarisent la vie politique française depuis 1984 (immigration, islamisation, insécurité…).

    Cette tête pensante du FN a écrit un communiqué déclarant que la France doit intervenir militairement pour sa sécurité et son honneur.

    Où et quelle intervention ? En Palestine, pour lutter contre le sionisme que prétend dénoncer Soral depuis qu’il vend ses salades sur le net ? Au Kivu, pour aider les populations en proie à des violences et des massacres de masse ? En Syrie ou en Lybie, pour aider les populations en pleine guerre civile ?

    Non. Il faut intervenir en Irak pour sauver les chrétiens. Parce que la France serait chrétienne :

    « Mais il s’agit aussi d’une question d’honneur. Certes laïque, la France n’en est pas moins historiquement une nation catholique, fille aînée de l’Eglise. Elle a, depuis les Croisades et la libération du tombeau du Christ, un devoir particulier envers ses frères chrétiens d’Orient ».

    La ligne est claire : la France est blanche et chrétienne. Ce qui la menace est forcément issu du tiers monde et de l’Islam, et ce qui fait atteinte à son honneur ce n’est pas la perpétuation de crimes contre l’humanité ou d’injustices mais qu’on puisse s’en prendre à des Chrétien.ne.s.

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    Soral nous vendait l’oubli des crimes coloniaux et une réconciliation en s’acharnant sur les Juifs, et Chauprade, sa caution géopolitique, nous propose d’aller plus loin avec les Croisades comme ligne de mire et un alignement sur la politique américaine.

    Comme quoi, pour beaucoup de dissident.e.s, la critique du 11 septembre n’avait pas pour but de remettre en cause l’impérialisme des Européen.ne.s et des Américain.e.s, mais de faire passer leur vision raciste de manière sournoise.

    Les violences de masse à l’encontre des minorités religieuses et ethniques (Chrétien.ne.s, Kurdes, Yezidis…) incarnent à l’extrême le fiasco politique de l’impérialisme. La situation de cette région a des racines qui remontent au début du XXème siècle: mise en place de l’exploitation du pétrole par les Européen.ne.s, colonisation sioniste, colonisation européenne (tracé des frontières absurde), soutien aux pétromonarchies, intervention militaire étrangère…

    Le FN qui veut aujourd’hui défendre les Kurdes n’a jamais fait preuve d’une quelconque sympathie en direction des mouvements de libération du peuple kurde. Le FN est resté fidèle à ses allié.e.s idéologiques dans la région , c’est-à-dire les forces politiques Chrétien.ne.s dont le mouvement le plus important et "présentable" est celui du Général Aoun (formé en France et aux USA) mais aussi composé des forces libanaises de Samir Geagea et des phalangistes chrétiens qui ont perpétré des crimes de guerre durant la guerre civile libanaise et à l’encontre des réfugié.e.s palestinien.ne.s sous le regard bienveillant d’Ariel Sharon (leur allié de l’époque).

    Si le baratin de Soral est clairement orienté sur une ligne antisémite hostile aux Juifs, il n’est en rien opposé aux sionistes et au sionisme, puisqu’il encourage vivement les Juifs français à partir en Israël – donc à coloniser la Palestine – et qu’il est en phase avec Gilles William Goldnadel. Dans la réalité, ses supports idéologiques ont comme constante le choc des civilisations comme matrice idéologique: Poutine, son modèle politique, massacre les Musulman.e.s et soutient la politique israélienne. Les convergences d’intérêts existent entre le courant soralien et la LDJ, chacun ayant besoin de l’autre pour leur justification politique.

    Extrait du Blog d’Aymeric Chauprade:

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    Ce grand écart idéologique est devenu intenable, au point que le servile supplétif Mathias Cardet est obligé de prendre ses distances avec son patron.

    Si l’honneur et la sécurité de la France ont, selon Soral et Chauprade, comme point commun l’appartenance à la chrétienté, c’est que dans les faits les droites radicales appartiennent malgré tout au même camp que les Américain.e.s dont ils ne sont pas les ennemi.e.s politiques mais les concurrents économiques.

    La situation des Chrétien.ne.s d’Orient leur importe peu, c’est la vision d’une guerre de civilisation et la défense de l’impérialisme français, et plus largement occidentale, qui conditionne leur position et déclaration.

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    C'est là encore un coup dur et un rude retour à la réalité pour la "dieudosphère" qui cherche depuis des années à lier l'affirmation des colonies intérieures d'Hexagone au Front National fasciste (sur la base, essentiellement, du préjugé antisémite et des valeurs patriarcales). Nous avions déjà abordé cette question dans un récent article : Quand le fantasme sert de réalité aux soraliens...

    MÀJ mi-septembre : Soral hurle à la "trahison" de Chauprade dans une vidéo qui fait le tour du Net. Nous n'aurons pas grand chose à ajouter aux propos de Danielle Bleitrach ici : http://histoireetsociete.wordpress.com/2014/09/22/soral-le-vieux-pantin-qui-exhibe-ses-ficelles/ (petite précision car beaucoup de bruits ont couru, issus des milieux "anti-anti-impérialistes" : ce site est celui de Danielle Bleitrach, "révisio orthodoxe" ayant quitté le P'c'F en 2003, position politique que l'on peut ne pas partager donc mais ce n'est pas un site "soralien" ni "rouge-brun" ni rien de tout cela). Tous les masques tombent dans la panique d'un sinistre bouffon que l'on congédie après bons-et-loyaux-services, car il n'est plus (et n'a à vrai dire jamais été) dans le mainstream de la mobilisation réactionnaire de masse - celui qui rapporte le plus de voix, c'est-à-dire celui qui cogne sur l'immigré-racaille-assisté-musulman et le "péril islamiiiiiiste" plutôt que sur la "vision talmudiste du monde" et "l'axe américano-sioniste". Le mainstream en question s'en réjouit d'ailleurs : http://ripostelaique.com/soral-menace-le-fn-insulte-chauprade-et-calomnie-marine-et-aliot.html. Crépuscule grotesque d'un courant de pensée certes répugnant, certes ennemi de tout ce pourquoi nous nous battons, certes détourneur/stérilisateur terrible de consciences politiques émergentes, mais dont nous n'avons peut-être fait finalement (dans le sillage de tout un antifascisme) que trop parler. Ce "séisme" de la rupture Soral-Chauprade (donc Soral-FN définitive, puisque les trois quarts du discours de Soral portent sur la géopolitique et que la ligne géopolitique du FN c'est Chauprade) ne fait qu'apporter la confirmation finale à tout ce que nous avons dit et répété depuis des années, depuis cette curieuse époque où pour certains "maoïstes" et/ou "antifascistes" il ne fallait pas dénoncer les golpes contre certains gouvernements d'Amérique latine ou encore les crimes d'Israël contre les Palestiniens parce que vous comprenez, Soral et Dieudonné le faisaient aussi (alors...). Discours que l'on a d'ailleurs réentendu cet été lors de l'offensive sionarde contre Gaza, ou encore sur la question des russophones d'Ukraine... Enfin bref.

    L'on pourra également vous inviter à lire ce cinglant article d'un blog anticolonialiste basé et luttant dans l'une des dernières colonies directes tricolores (la Réunion) ; autrement dit à qui on ne fait pas prendre des vessies "antisionistes" antisémites pour des lanternes anticapitalistes et anti-impérialistes :

    Comprendre le colonialisme et le racisme : le cas d'Alain Soral

     


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  • 1170807- Le sionisme est-il une idéologie progressiste ? NON, il ne l'est pas et ne l'a JAMAIS été, même en se revêtant d'un masque "socialiste" voire "communiste" (kibboutz). 66 ans d'existence de son but ultime (l'"État juif" d'Israël) l'ont amplement démontré.

    - L'islam politique est-il une idéologie progressiste ? NON, il ne l'est pas et ne l'a JAMAIS été, même en se revêtant d'un masque "anticapitaliste" et "anti-impérialiste". Partout où il exerce ou a exercé le pouvoir, il l'a amplement démontré.

    - Le sionisme est-il un ennemi PRINCIPAL pour nous les communistes ? Pris isolément, en tant que tel et à l'exclusion de toute autre chose : non, il ne l'est pas ; ceci serait de l'obsession antisémite. Mais il FAIT PARTIE de notre ennemi principal qui est l'impérialisme occidental, notamment français, dont il est un produit idéologique et un bras armé au Machrek arabe (et s'il n'était pas cela, en vérité, il n'existerait pas ou alors très marginalement).

    - L'"islamisme" est-il un ennemi principal pour nous les communistes, contre lequel nous devrions concentrer tous nos efforts ? NON, il ne l'est pas et prétendre le contraire s'appelle de l'obsession islamophobe, reflet de la pensée "universalo"-impérialiste que les États bourgeois occidentaux instillent dans les esprits depuis des siècles ; une obsession islamophobe qui ne peut servir, en Europe, que la mobilisation fasciste. Il ne peut s'agir que d'un ennemi secondaire, à l'influence duquel il faut s'efforcer d'arracher le plus possible les classes populaires ; mais l'ennemi principal reste et ne peut être que l'impérialisme, parmi les tentacules duquel il y a le sionisme. manifestation-israel-palestineL'"islamisme" est l'ennemi principal des Peuples sur lesquels il exerce le pouvoir et encore en faisant attention à ne pas tomber de "Charybde en Scylla", autrement dit à ne pas favoriser le retour de "laïcistes" ou de "libéraux" qui ne valent guère mieux (voire pire, notamment dans leurs rapports... avec l’État sioniste), comme cela s'est produit l'an dernier en Égypte. Telle est la situation dans les pays arabes et musulmans, où l'islam politique est une force qui peut crédiblement prendre le pouvoir. Mais ici, au CŒUR des métropoles impérialistes, faire des "islamistes" la principale menace pesant sur les masses populaires est tout simplement une idiotie réactionnaire et ceux qui la propagent ont leur place auprès de Christine Tasin, pas dans une quelconque organisation communiste ou anarchiste. Parfois, dans les pays musulmans comme ici, l'"islamisme" se met au service de l'impérialisme et de la bourgeoisie des monopoles (y compris de droite voire d'extrême-droite) pour tenter d'y "raccrocher" les classes populaires musulmanes : dans ce cas il doit être traité comme l'ennemi principal avec lequel il pactise, certes. Parfois encore, ses slogans et ses mots d'ordres (ou encore ses actes) peuvent servir la propagande ennemie en assimilant la mobilisation pro-palestinienne à de la haine anti-juive : dans ce cas, il est assimilable à de la provocation.

    1287331298 194408 ResistantsjuifsEt pour que les choses soient parfaitement claires : nous aurions eu exactement le même raisonnement vis-à-vis du sionisme dans les années 1930, lorsque l'antisémitisme fasciste étendait son ombre de mort sur le continent européen. Le sionisme n'était alors pas "progressiste" (comme nous l'avons dit, il ne l'a JAMAIS été) mais il ne pouvait en aucun cas être l'ennemi principal qui était le fascisme, le nazisme hitlérien et ses alliés. Parfois (sionisme de droite) il "prenait bouche" avec le nazisme et d'autres régimes antisémites sous le prétexte de "partager le même objectif", la "sortie" des Juifs d'Europe : dans ce cas il pouvait être assimilé à de la trahison (mais cela ne représentait pas tout le mouvement sioniste). Particulièrement emblématique est le cas de la résistance populaire juive en Europe de l'Est, dans les ghettos et en dehors, au sein de laquelle il y avait beaucoup de sionistes y compris de droite (qui, lorsqu'ils survécurent, s'en allèrent coloniser la Palestine) : cela ne pouvait en aucun cas faire de ces derniers l'ennemi principal, ni délégitimer cette résistance juive ou justifier un "tri" en son sein. L'ennemi principal était le plan impérialiste nazi pour l'Europe, qui comprenait l'extermination totale des Juifs du continent. La résistance contre ce plan génocidaire, quelle qu'elle soit, était LÉGITIME - à commencer par celle des premiers concernés, celles et ceux qui étaient promis-es aux chambres à gaz !

    Lire aussi :

    Les contradictions au sein du peuple et les contradictions antagoniques dans la question palestinienne (PCmF)

    À propos du mouvement de solidarité avec la Palestine et du Hamas (Comité anti-impérialiste) - excellent texte qui remet les pendules à l'heure !

     


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    S'ils obstinent, ces cannibales
    À faire de nous des héros
    Ils sauront bientôt que nos balles
    Sont pour nos propres généraux !

     

    En Ukraine de l'Ouest, la jeunesse populaire refuse la guerre fasciste contre la minorité russophone :

    Révoltes contre la guerre en Ukraine occidentale

    En Bucovine et Transcarpatie, à l’Ouest de l’Ukraine, des manifestations et des émeutes ont éclatés contre la guerre et le militarisme. Les manifestants indiquent qu’ils ne veulent pas mourir ni voir mourir leurs enfants pour les intérêts des oligarques de Kiev.

    Blocage de route contre la mobilisation à Marchyntsi (oblast de Tchernivsti) le 26 juillet 2014 :

     

    La révolte a explosé après le décret présidentiel du 24 juillet visant à lancer une troisième vague de mobilisation pour intégrer l’armée et le front en Ukraine orientale. A Voloka, village de l’oblast de Tchernivtsi, ce sont ainsi 50 jeunes gens qui ont été appelés à rejoindre les forces armées. Mères, épouses, soeurs et filles des appelés ont commencé à manifester pour que leurs proches de partent pas au front. Un commissaire militaire est venu tenter de calmer la population. En réponse, la quasi-totalité des habitantes et habitants du village ont signé une lettre ouverte aux autorités dans laquelle il est indiqué qu’ils refusent le départ de villageois pour le front.

    Le 25 juillet, un millier de parents ont bloqué la route menant au point frontière Porubnoe/Siret. La revendication était de refuser le départ de leurs enfants pour une guerre "qui ne concerne pas les gens ordinaires". A Novosselytsia, toujours dans l’oblast de Ternivtsi, lors d’une manifestation le 28 juillet, des mères et femmes d’appelés ont pris à partie l’adjoint au conseil du district Ivan Popadyuk. "Vas-y toi à la guerre" lui ont crié des femmes avant de lui tirer les cheveux. Ce n’est que l’intervention des forces de police qui ont arraché le politicien de la colère de mères qui ne veulent pas que leurs enfants se fassent tuer pour les oligarques.

    Colère contre un politicien belliciste à Novosselytia le 28 juillet :

     

    La colère des habitantes et habitants de l’oblast ont obligé les autorités à un compromis, levant partiellement l’intégration militaire des hommes de la région. Dans l’oblast de Transcarpatie aussi, la mobilisation de la population, avec des barrages de routes et des manifestations massives, a obligé les autorités à annoncer la suspension de la mobilisation des hommes à Moukatcheve.

    Que l’exemple des habitantes et des habitants d’Ukraine occidentale soient suivi partout en Ukraine et même dans le monde ! Guerre à la guerre ! Pas un jeune, pas un kopeck pour la barbarie militariste des dirigeants bourgeois de toute nationalité !

    Source : KRAS-AIT, 31 juillet 2014

     

    En Israël, les refus de servir dans l'armée pour aller massacrer les Palestiniens se multiplient :

    Israéliens, ils refusent de porter les armes

    Pendant toute leur scolarité, les Israéliens reçoivent dans leurs classes des militaires qui leur expliquent le rôle et l’importance de l’armée. Aujourd’hui, environ la moitié des Israéliens est enrôlée à l'âge de 18 ans (3 ans de service pour les hommes, 2 ans pour les femmes), à l'exception des Arabes israéliens (18 % de la population) et de la plupart des Juifs Haredim qui se consacrent à l'étude religieuse. On peut être exempté pour problèmes physiques ou mentaux. Les refuzniks sont objecteurs de conscience, pacifistes ou refusent de combattre dans les territoires occupés. S’ils déclarent refuser la politique d’occupation sur les territoires palestiniens lors de leur incorporation, ils sont envoyés en prison militaire pour désobéissance. En 2014, cinquante jeunes ont pris cette décision et devraient être incarcérés en octobre prochain.
    → Lire aussi l'entretien : « Pourquoi j’ai refusé d’aller combattre à Gaza »

     

    Yuval, 25 ans, étudiant : « J'ai décidé d'aller en prison pour protester contre l'occupation. J’ai fait trois séjours en prison militaire. Je suis content d’avoir fait cette démarche mais je ne suis pas certain que je le referais. Je n’ai pas fait quelque chose de mal, et pourtant j’ai été puni. Je ne crois pas que je méritais une telle punition. Bien entendu, nous avons utilisé la prison pour faire parler de l’occupation des territoires palestiniens. Disons que c’est une bonne façon de se battre mais il y en a peut-être de meilleures. » Tel-Aviv, 2014

     

    Tamar, 20 ans : « Je suis pacifiste. En 2008, j’ai choisi d’aller en prison pour pouvoir expliquer qu’il est possible de remettre en question le tabou du service militaire. Le plus important pour moi c’était que les gens entendent une voix différente. Je suis resté 3 mois en prison. Le dernier mois, je l’ai passé en isolement parce que je ne voulais pas porter l’uniforme. Au regard de ce qu’il se passe actuellement, je pense qu’il est d’autant plus important de refuser l’armée. La haine et l’intolérance envers ce genre de décisions sont encore plus fortes aujourd’hui qu’à ce moment-là.  Le nationalisme, la propagande de droite ont fait perdre tout espoir. Ma génération a grandi sans aucun contact avec la société palestinienne. La haine vient donc plus facilement. » Tel-Aviv, 2014

    Lire la suite >>>

    Lire aussi : L’appel à la désertion d’un jeune Israélien

    Si vous me poursuivez
    Prévenez vos gendarmes
    Que j'emporte des armes
    Et que je sais tirer.


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  • 0 Pal2Pourquoi la question palestinienne soulève-t-elle tant de passions dans "notre" État français ? Le moins que l'on puisse dire est que ces dernières semaines, avec l'"exécution électronique" de deux comptes Facebook successifs, nous ont plus que donné l'occasion de nous pencher sur la question.

    Nous aurions pu alors tomber dans la même erreur qu'un Dieudonné M'Bala M'Bala et des milliers d'autres avec lui : considérer que c'est là la main d'un "lobby sioniste" qui se serait "emparé de la République" et qui serait le "vrai fascisme", et de là sombrer dans les tréfonds du délire antisémite. Mais nous avons réfléchi et nous en sommes arrivés à une toute autre conclusion. Nous en sommes arrivés à la conclusion que le problème avec la question du sionisme et de la Palestine c'est qu'elle ne touche justement pas qu'au sionisme, à l'État d'Israël ni à la fraction fana-israélienne de la bourgeoisie hexagonale (le "lobby sioniste" ou "crifiste" selon Dieudonné et consorts), qu'elle ne touche pas seulement à l'actuelle montée du fascisme (dont il "faudrait" débattre pendant des heures si la menace est principalement pro-sioniste ou "antisioniste"), mais qu'elle touche l'Occident impérialiste dans ce qu'il a de plus profond, dans sa nature impérialiste et colonisatrice même et quelle que soit la forme de gouvernement, y compris "démocratique" et pas seulement "fasciste" (mutation réactionnaire ultra, terroriste) ; bref, dans le centre légitime de sa conception du monde. On n'insistera jamais assez : le centre légitime des idéologies guidant l’État sioniste se trouve en "Occident chrétien" (Europe et Amérique du Nord) et non l'inverse (ce seraient Israël et/ou un fantasmagorique "talmudisme international" qui "dirigeraient" ce dernier). De ce "centre légitime", les Juifs (bien avant le 20e siècle et la Shoah) ont longtemps été plutôt les victimes ; avant que les "Lumières" (surtout pour des couches relativement bourgeoises et des communautés de petite taille comme en "France") puis (surtout) le sionisme ne les y "intègre" (le nazisme ayant "au passage" exterminé la moitié des Juifs d'Europe).

    palestine_couppourcoup.jpgL'Occident impérialiste... et en particulier l’État impérialiste dénommé "France". Car il est possible de dire en réalité que le sionisme comme idéologie, bien que fondé par des Européens de l'Est (Yehoshua Stampfer de Hongrie, Léon Pinsker d'Odessa, Theodor Herzl de Budapest), est "fils de France" - une idéologie colonialiste profondément française.

    Le sionisme originel est un pur produit idéologique de la France des vingt dernières années du XIXe siècle, elle-même aboutissement de siècles de construction par la conquête et la négation des Peuples (transformés en force de valorisation du Capital dont le sommet de la pyramide se trouve à Paris) ; la France de la IIIe République bourgeoise née sur les cendres des Communes, de l'expansion coloniale "universaliste" et "civilisatrice" et de l'affaire Dreyfus, cette affaire de "trahison" militaire et d'erreur judiciaire frappant un officier juif innocent, qui voit ressurgir avec une rare virulence la "question juive" plus d'un siècle après que la révolution bourgeoise leur ait accordé l'égalité civile (1791).

    De fait, l'idée sioniste apparaît légèrement avant l'affaire (fin des années 1870) mais dans un contexte d'antisémitisme (hexagonal et continental) déjà lourd de celle-ci [certaines sources (y compris des sionistes eux-mêmes) font même remonter l'idée d'un retour juif en Palestine à la "révolution" bourgeoise anglaise de Cromwell  au milieu du 17e siècle (pour les Puritains anglais le rassemblement du "Peuple d'Israël" sur la terre de Sion aurait été le signal déclencheur du retour du Christ - première venue du Messie pour les Juifs - et des "Derniers Temps"), mais des sources plus sérieuses semblent plutôt indiquer le contraire : Cromwell aurait au contraire favorisé l'installation des Juifs en Angleterre et donc leur dispersion, vue comme la condition (et non le rassemblement en Palestine) du retour christique - l'idée que les Juifs doivent être rassemblés en Palestine pour le retour du Christ est cependant (aujourd'hui) l'un des arguments des fondamentalistes protestants anglo-saxons pour soutenir le sionisme, mais cela n'a été que très peu significatif jusqu'aux années 1980 et n'a donc certainement joué aucun rôle dans la genèse du phénomène]. Le mouvement des Amants de Sion, créé en Russie et financé (notamment) par quelques grands bourgeois juifs de l'État français comme Edmond de Rotschild, organise l'implantation des premières colonies juives européennes en Palestine (Petah Tikva, Rishon LeZion etc.). La question d'un "État juif" ne semble toutefois pas très claire à cette époque ; il semble plutôt être question d'implantations en mode "phalanstères" fouriéristes et surtout, via le judaïsme et son attachement à la "Terre promise" biblique, d'établir petit à petit une sorte de protectorat sur cette province ottomane qu'est alors la Palestine comme l'avait déjà fait (via les chrétiens maronites) Napoléon III au Liban [cela apparaît nettement dans les clauses additionnelles du Congrès de Berlin consacré à l'Empire ottoman vaincu par la Russie en 1878 (année même de la fondation de la première colonie) : l'Angleterre - déjà - tend à se poser en protectrice des Juifs (autochtones... et sionistes), la France est "confirmée" sur les maronites libanais et la Russie sur les Arméniens, les Grecs et les orthodoxes en général]. L'esprit est au tout départ Herzl.stamp.JPEG(avec Stampfer et les premiers Amants) assez mystico-religieux, puis les conceptions sécularistes et modernistes s'imposent vers 1890 - en partie sans doute sous l'influence des financements français.

    Mais c'est réellement le procès du capitaine Dreyfus et le déchaînement antisémite vs "philo"sémite qu'il déclenche qui vont agir en "révélation" sur le jeune journaliste austro-hongrois Theodor Herzl ; une "révélation" qui a le "mérite" de concilier les deux positions : les Juifs doivent être respectés et traités comme des êtres humains à part entière, MAIS cela n'est pas réalisable en Europe, en tout cas sans un État à eux (permettant de se réaliser comme nation à part entière) qui ne peut exister qu'hors d'Europe, où les Juifs seront toujours un "corps étranger". Une fois l'idéologie sioniste "définitive" synthétisée par lui (l'ouvrage L’État des Juifs est publié en 1896 et l'Organisation sioniste mondiale fondée en Suisse l'année suivante), les pogroms de Russie (années 1900) se chargeront de "fournir" les premières grandes vagues d'émigration (même si l'immense majorité des Juifs ashkénazes de l'époque émigre encore vers l'Europe de l'Ouest et, surtout, l'Amérique du Nord).

    On a souvent dit que Herzl et le mouvement sioniste initial avaient envisagé d'autres options que la Palestine pour fonder leur "État juif" ; il semble toutefois que de telles options (si elles ont réellement existé) aient été rapidement abandonnées, seul le mythe biblique de la "Terre promise" palestinienne pouvant assurer une mobilisation et (donc) une émigration suffisante (bien que marginale, on le répète, au sein de l'émigration juive d'Europe de l'Est).

    Et puis bien sûr, en se "réalisant" comme "nation à part entière" hors d'Europe, le Juif idéal de Herzl devait se "réaliser" bien sûr comme colon, comme "pionnier"... idée qui avait plutôt le vent en poupe à une époque où les puissances européennes se partageaient la dépouille du vieil Empire ottoman (où commençait déjà à flotter l'odeur du pétrole) : il était évident que le mouvement sioniste apporterait de jolis dividendes à quiconque saurait intelligemment investir dedans.

    Kibboutz-un-siecle-pour-batir-Israel_article_popin.jpgLe mouvement sioniste proclame la Palestine "terre sans peuple pour un peuple sans terre" : c'est bien évidemment là de la propagande pour motiver les premiers volontaires parmi les braves habitant-e-s semi-illettré-e-s des shtetl de Mitteleuropa, qui ne se sentent pas forcément l'âme d'un Buffalo Bill affrontant les Comanches. Les premières terres ont été achetées à l'Empire ottoman près de 20 ans auparavant et il est impensable qu'un journaliste éduqué et globe-trotter comme Herzl croie réellement la Palestine "sans peuple". Très vite, dans tous les cas, tout le monde sait que la Palestine est peuplée et même très peuplée, d'une population sédentaire sur une terre relativement fertile pour la région ; bref qu'elle n'est nullement un "désert à Bédouins". Peu importe pour Herzl et ses compagnons : ils parleront alors de "les inviter à aller s'installer plus loin" - on connaît la suite. Et puis surtout naît le grand argument-massue : les sionistes font "fleurir le désert" ! Ne vous semble-t-il pas avoir déjà entendu quelque chose dans la même veine, du genre "ces Arabes ils se plaignent mais ils sont bien gentils : avant nous il n'y avait rien dans leur pays, quatre chèvres, trois ânes, des gourbis autour d'un puits, des chemins caillouteux, pas une route, pas un canal d'irrigation, pas un immeuble en dur, rien" ? Mais oui bien sûr : des francouillasses parlant de l'Afrique du Nord, comme un certain Alain Soral par exemple [1] !!! La filiation idéologique est ici totale.

    TelAviv-paam4.jpgPour mobiliser les masses populaires ashkénazes qui sont le grand "réservoir" de candidats à l'alyah, l'idéologie sioniste (plutôt "républicaine" à la française au départ) se mâtine d'idées "progressistes" et même "socialistes" alors très répandues au sein de ces populations ; elle vend la colonisation sous un emballage collectiviste et phalanstérien (les fameux kibboutzim) sans oublier la sacro-sainte "Marche du Progrès". Ces idées sont extrêmement présentes, pour ne pas dire hégémoniques dans toute la phase précédant la création de l’État et même par la suite ; ainsi (par exemple) les héroïques résistants du ghetto de Varsovie sont très majoritairement bundistes mais comptent aussi une très importante minorité sioniste de gauche, plus importante peut-être que la minorité marxiste-léniniste. Parmi les premiers sionistes, certains se proclament même... "anarcho-communistes" comme Joseph Trumpeldor, qui meurt au combat en 1920 contre des insurgés druzes et dont se réclamera par la suite... le Betar. Voilà quelque chose que les "anti-antisionistes" d'"extrême-gauche" ne manquent jamais une occasion de rappeler, et pour cause : ce sionisme "socialiste" ou même "anarchiste" est la démonstration par A + B que la "gauche" et même l'"extrême-gauche" en Europe n'ont jamais été incompatibles avec le colonialisme et le suprématisme "civilisé", bien au contraire ! [de fait c'est seulement le maoïsme et le marxisme-léninisme des Hô Chi Minh, Guevara ou Cabral qui commenceront à marquer la vraie rupture avec cela, jusqu'à théoriser que la Révolution mondiale avait plutôt vocation (au contraire) à se déployer depuis le "tiers-monde" vers les pays impérialistes ; ce que nous avons ensuite systématisé au niveau de chaque État, de chaque continent et de la planète entière comme un déploiement de la lutte révolutionnaire depuis les Périphéries vers les Centres - ce dont le trotskysme "orthodoxe" est par exemple l'antithèse absolue].

    Par la suite, l'impérialisme britannique ayant assumé l'essentiel de l'effort de guerre pour conquérir le Machrek sur l'Empire ottoman (et ayant obtenu le "mandat" sur la Palestine), c'est surtout lui (déclaration Balfour etc.) qui va "porter" le mouvement sioniste dans la phase d'entre-deux-guerres qui jette les bases du futur État ; non sans contradictions cependant, l'alliée première ayant tout de même été l'aristocratie arabe (qu'il faut continuer à ménager, surtout que les premières révoltes éclatent dès 1920).

    Ces contradictions explosent à la veille et surtout à l'issue de la Seconde Guerre mondiale, avec une véritable guerre contre les Anglais qui voit tomber quelques 338 soldats de Sa Majesté. C'est donc contraint et forcé que l'Empire britannique remet en 1947 son mandat sur la Palestine aux Nations Unies, qui décident alors de la fameuse partition entre un État juif et un État arabe. Il fournira même, dans la guerre qui suivra contre les Palestiniens et les États arabes voisins, l'un de leurs meilleurs stratèges militaires à ces derniers : John Bagot Glubb dit "Glubb Pacha"... Celui-ci ne parviendra cependant pas à empêcher la victoire sioniste et la tragédie de tout un peuple : la Nakba, nettoyage ethnique de près de 800.000 Palestiniens ponctué par des milliers d'assassinats racistes pour "décider les indécis".

    colonisation sioniste palestine

    Londres, qui s'était abstenue lors du vote du premier plan de partage, se rallie alors bon gré mal gré au nouvel État contre le nationalisme arabe qui menace le Canal de Suez... aux côtés de l'impérialisme BBR version IVe République, qui avait quant à lui voté pour et dont le nationalisme arabe menace les colonies du Maghreb. On peut d'ailleurs s'interroger sur son rôle dans l'émigration massive vers Israël des Juifs du Maroc et de Tunisie, pays qu'il contrôlait alors et dont c'était un moyen (comme un autre) de nuire à la toute proche et inéluctable indépendance. Puis, comme chacun-e le sait, avec De Gaulle la France prendra quelque peu ses distances au moment de la Guerre des Six-Jours et l'impérialisme US prendra le relais comme grand (et quasi indispensable) tuteur de l'entité sioniste.

    Pour autant, la filiation idéologique totale du sionisme avec l'idéologie française, républicarde bourgeoise à la fois dreyfusarde et anti-dreyfusarde et (surtout) coloniale "civilisatrice" et "universaliste" explique le caractère passionné que prend la question palestinienne en Hexagone. Nous allons montrer ici comment le fait d'être (pardonnez-nous mais il faut employer les mots) un con de Français s'exprime dans le soutien à l'État d'Israël, ou du moins dans le rejet de la mobilisation pro-palestinienne, mais aussi hélas dans le soutien à celle-ci. 

    interdiction-des-manifestations-pro-palestiniennes-il-ne-pe.jpgIl y a celles et ceux qui (1), d'héritage plutôt dreyfusard et jules-ferryen, soutiennent le sionisme pour toutes les raisons que nous venons de voir : "universalisme" impérial "civilisateur" et triomphe des "Lumières" sur la "barbarie", républicanisme bourgeois colonial et même "gauche-coloniale" car il faut bien dire les choses : la question du sionisme touche beaucoup plus profondément, dans son "cœur" idéologique, la "gauche" bourgeoise BBR que la droite (qui a finalement une approche plus "pragmatique" qu'autre chose, à l'exception de la droite bourgeoise juive bien entendu). Sur cette "vieille histoire" du soutien de la "gauche" tricolore au sionisme et plus largement de sa position "universaliste impériale" sur le colonialisme, il faut lire l'article de l'OCML-VP : "Une vieille histoire - le PS et le soutien inconditionnel à Israël". Mais il y aussi celles et ceux qui (2), d'héritage plutôt anti-dreyfusard (n'aimant pas les Juifs et leur fantasmé "pouvoir occulte"), voient néanmoins dans la défense d'Israël une défense de l'Occident et (surtout) une "revanche" par procuration sur le nationalisme arabe (qu'il soit "laïc" ou, comme aujourd'hui, principalement religieux) qui leur a donné du fil à retordre en Afrique du Nord - énormément d'anciens pétainistes étaient dans ce cas. Dans tous les cas, même si l'on est pas un "fan" inconditionnel du sionisme et d'Israël, cette irruption "sauvage" d'affirmations "indigènes" et "tiers-mondistes" dans la rue est tout simplement le "comble de l'inadmissible" (au "mieux" signifiera-t-on aux ultra-sionistes de ne pas "en rajouter" avec leurs provocations). Tout cela va donner le camp pro-israélien - ou, en tout cas, "anti-antisioniste".

    Et puis il y a celles et ceux qui (3), d'héritage anti-dreyfusard, refusent catégoriquement le "compromis" de Herzl et l'existence d'un État pour les Juifs (qui ne peut être selon eux qu'une "base" pour leurs "plans de domination mondiale") et préfèrent encore soutenir les Arabes de Palestine et du Proche-Orient (à l'appui de cela peut venir la présence de nombreux chrétiens et des lieux "saints" de la chrétienté dans la région, ainsi que la forte et étroite alliance entre Israël et l'impérialisme rival US, dans un esprit "gaulliste"). Ils ne perçoivent pas l'intérêt de ce pion stratégique pour la "civilisation occidentale" sur l'échiquier mondial. Il faut dire qu'à la droite de la droite il y a toujours eu des grincheux, comme ces nationalistes qui (à l'époque même où naissait le sionisme) ne comprenaient pas que Jules Ferry et consorts aillent "civiliser" l'Afrique en "échange" de ses richesses, plutôt que de reconquérir l'Alsace et la Moselle.

    4010807_gaza-manif.jpgOu encore il y a celles et ceux qui (4), plutôt d'héritage dreyfusard en principe, transfigurent sur le conflit du Proche-Orient leur mauvaise conscience vis-à-vis du passé colonial... et du présent néo-colonial de l’État français ; choses sur lesquelles la "gauche" (y compris "radicale" !) a été à l'époque... et reste aujourd'hui encore plus minoritairement claire que sur la Palestine - il faut dire que la "projection anticoloniale" sur cette dernière ne mange guère de pain, puisque ce n'est pas l'impérialisme BBR qui opprime ou alors de manière très indirecte et avec les "condamnations" de circonstance qui vont bien. Bien sûr, il y a aussi en Hexagone une mauvaise conscience par rapport au passé antisémite et notamment au régime de Vichy, lorsque l'on sait que celui-ci a envoyé à la mort plus de Juifs que l'Italie alliée d'Hitler ou le Danemark lui aussi totalement occupé et que des rafles eurent même lieu à l'été 1942 en zone dite "libre", c'est-à-dire sans la présence ni la pression du moindre uniforme allemand (cas unique en Europe) ; mais cette mauvaise conscience peut aussi être contournée en présentant les Israéliens en "nouveaux nazis" et les Palestiniens en "nouveaux juifs" (compréhension ridiculement exagérée du problème qui n'aide donc nullement à penser correctement la solution).

    Il est également possible (5), dans un esprit dreyfusard, d'être antisioniste en disant (ce qui n'est pas complètement faux) que le sionisme reprend les postulats antisémites d'inassimilabilité et de séparation des Juifs, et de prôner contre cela "l'intégration des Juifs dans la République", le refus de "tous les communautarismes y compris juif" (en pointant du doigt l'important phénomène de binationalité franco-israélienne, des réservistes de Tsahal etc. etc.) voire un supposé "deux poids deux mesures dans la dénonciation du communautarisme" (ce qui supposerait que "les Juifs ont de l'influence"). Ce n'est pas un courant intellectuel si marginal que cela... puisque ce n'était ni plus ni moins que la position de Dieudonné au début des années 2000, avant son sketch chez Fogiel et sa rencontre avec Soral (clairement, quant à lui, sur la position 3). C'est aussi la base de la position "ni-ni" (ni pro-sioniste ni pro-palestinien) que l'on va retrouver dans toute la gauche "radicale" et l'"extrême-gauche" libertaire comme marxiste, pour qui la question ici comme là-bas va se résumer à un affrontement de "communautarismes" et de "nationalismes religieux" face auxquels il faut prôner qui le "vivre-ensemble citoyen", qui la "fraternité des travailleurs".

    BtAh7vGIgAE4Ky4.jpg-large.jpgIl y a les populations colonisées intérieures de l'entité "France" (6) qui se considèrent quant à elles, non sans arguments valables, exemptées de la culpabilité européenne vis-à-vis des Juifs et qui voient elles aussi dans la Palestine un "match retour" des luttes anticoloniales de leurs propres pays d'origine, dans lesquelles leurs aïeux ont beaucoup souffert pour des "indépendances" largement mutilées voire complètement bidon - néocolonialisme dont leur présence en Hexagone (dans le racisme, l'exclusion économique et le traitement sécuritaire et "social" d'exception) est d'ailleurs l'une des conséquences. Cette "projection" est très compréhensible d'un point de vue historique, mais néanmoins pétrie de grandes ambigüités. Ainsi, elle a souvent pour conséquence d'"éviter" la mise en cause des responsables locaux de la mutilation de l'indépendance : les bourgeoisies bureaucratiques-compradores et les castes politico-militaires vendues ; ou en tout cas de "déconnecter" la question palestinienne de cette mise en cause alors que les deux font pourtant partie de la même réalité : l'impérialisme post-1945, postérieur aux grands empires coloniaux ; ce qui revient dans tous les cas à "redorer le blason" de ces classes dominantes néocoloniales. Le discours va souvent relayer celui de ce "nationalisme" bourgeois (tant "laïc" que religieux, on n'insistera jamais assez) devenu oligarchie vendue ou qui le deviendra aussitôt pris le pouvoir ; jusque dans sa compréhension fantasmée des choses confinant à l'antisémitisme (sionisme "maître" de l'Occident et non l'inverse, etc.) : nous savons tou-te-s que la bourgeoisie, même "nationaliste" dans des pays dominés, est incapable d'une compréhension correcte des choses, incapable d'une analyse en termes marxistes (les seuls corrects) et ne peut donc que répondre par le fantasme et l'élucubration aux questions posées par la réalité. Les bourgeoisies "nationalistes" qui irriguent idéologiquement le sentiment pro-palestinien des colonies intérieures hexagonales sont incapables de poser le problème en termes de sionisme = "chien d'attaque" que l'Occident lâche et retient en fonction et seulement en fonction de ses intérêts. Elles vont le poser en termes de "l'Occident doit cesser de soutenir Israël et nous accorder ses faveurs" et donc "l'Occident doit se libérer de l'influence du lobby sioniste", ce qui glisse inévitablement vers l'antisémitisme ("Protocoles des Sages de Sion" largement diffusés par d'anciens nazis dans les pays arabes). À l'inverse, une authentique Guerre de Libération du Peuple n'attend aucune "faveur" de l'impérialisme et le combat dans toutes ses manifestations, soutien à Israël comme soutien aux régimes arabes et autres "processus de paix"/"solutions négociées"/"transitions démocratiques". Elle sait que dans le Machrek arabe les prolétaires israélien-ne-s, pour être actuellement sous un uniforme ennemi, ont vocation à faire à terme partie de la solution contre leur propre bourgeoisie paris-lors-d-une-manifestation-en-soutien.jpgsioniste ("effondrement du front intérieur"), et non indéfiniment partie du problème. C'est la différence, finalement, entre être un concurrent du sionisme (pour les "faveurs" de l'impérialisme et/ou le contrôle des forces productives palestiniennes) et être son ennemi - le combattre comme bras armé de l'impérialisme en Palestine et dans les pays alentours.

    Tout cela forme, malheureusement, une grande partie du camp pro-palestinien dans lequel, ne nous voilons pas la face, l'internationalisme authentique sur une base révolutionnaire prolétarienne (anticapitaliste) reste une minorité, d'autant plus que sa base s'est élargie (qu'était-ce que le camp pro-palestinien en 1980 ?) à mesure que le mouvement communiste (au niveau planétaire) reculait.

    On ne connaît que trop bien (hélas) la "puissance de feu" intellectuelle des sites soraloïdes, conspirationnistes à la Thierry Meyssan & co ou néo-gaullistes (sur l'"anti-impérialisme" gaulliste voir ici et ici...) dès lors qu'il est question de la Palestine sur le devant de l'actualité, sites souvent relayés en toute bonne foi par des progressistes sincères ; mais ceci est aussi la conséquence d'une "gauche" et d'une "extrême-gauche" INCAPABLES (par "universalisme" gauche-coloniale et "anticléricalisme des imbéciles" anti-musulman) d'avoir une position claire et nette et non dégoulinante de paternalisme sur le sujet en direction des masses populaires qui se sentent concernées, position que les antisémites et autres défenseurs de l'impérialisme français ou russe feignent alors d'assumer : il est tout simplement hallucinant que des informations relayées le plus tranquillement du monde par la presse bourgeoise anglo-saxonne ne se trouvent ici QUE sur ce genre de sites (ou des sites liés à l'islam politique), qui déforment bien sûr les choses "à leur sauce" dans un silence radio assourdissant du web progressiste et "révolutionnaire".

    Nous avons en tout cas là, du "côté" d'Israël comme de celui des Palestiniens (à l'exception des colonies intérieures que nous venons de voir, et encore, non sans passerelles), autant de dérivés de la même matrice idéologique bleu-blanc-rouge elle-même expression idéologique du règne des monopoles ; monopoles BBR dont l'intérêt dans l'absolu (et la position le plus souvent) est de ménager la chèvre et le chou au Proche-Orient tout en combattant vigoureusement "l'importation du conflit" en Hexagone - "importation" qui n'est pas dangereuse par rapport à ce qu'il se passe là-bas, mais par rapport aux questions et contradictions qu'elle risque de mettre à nu ici.

    201407161648-full.jpgLa question palestinienne en "France" fait d'autant plus de bruit qu'il est difficile d'y faire entendre la position internationaliste prolétarienne, celle du mouvement communiste lorsqu'il était fort : le sionisme est une création bourgeoise longtemps rejetée (d'ailleurs) par l'immense majorité du prolétariat juif organisé ; il est devenu à partir de la Première Guerre mondiale (déclaration Balfour) un instrument de l'impérialisme au Proche-Orient [2] et ce rôle s'est renforcé à mesure que, sous la pression des luttes de libération, l'impérialisme a dû accorder l'indépendance formelle aux pays arabes ; le résultat d'un siècle d'activité sioniste concrète est une situation coloniale de type apartheid où le colon (venu d'un peu partout, mais la composante européenne est dominante) et l'indigène (arabe palestinien) forment deux sociétés distinctes avec des droits distincts, ainsi que le "nettoyage" ethnique de près de 800.000 personnes entre 1947 et 1950 et encore 300.000 en 1967, desquelles descendent près de 5 millions de réfugiés entassés dans des camps (devenus de grands bidonvilles) dans tous les pays de la région ; et cela aucune personne s'affirmant communiste et/ou révolutionnaire ne peut l'accepter et une lutte révolutionnaire doit le balayer, ce qui débouchera sur une Palestine réunifiée dont tous les habitants de la Méditerranée au Jourdain seront égaux (en droit ce serait déjà bien et socialement, encore mieux !).

    Nous soutenons la lutte des Palestiniens pour leur dignité et leur libération parce que nous sommes des prolétaires, des personnes de classe populaire et que notre "bon sens" (cf. Gramsci) nous dit, tout simplement, que nous n'aimerions pas être ne serait-ce qu'une semaine à leur place ; et lorsque nous poussons la réflexion un peu plus loin, nous nous rendons compte que leur tragédie ressemble à celle de nos ancêtres (que l'on soit d'Hexagone, d'origine immigrée européenne ou d'outre-mer) tout simplement parce qu'elle consiste en le même phénomène très simple : une bourgeoisie capitaliste qui à l'aide de divers agents (fussent-ils eux aussi de pauvres bougres) se taille un territoire comme base d'accumulation dont elle exploitera les forces productives et/ou la force de travail humaine... Et les braves gens qui l'habitent, ce territoire donné, ils vont se faire foutre ; on les prive de tous leurs moyens de production et reproduction des conditions d'existence, on les réduit en esclavage ou on leur fait "suer le burnous", on les dégage, on les extermine ou un peu de tout cela dans des proportions variables. Selon qui nous sommes, on nous a affiche-22juin3.jpg"juste" transformés en pure force de travail productrice de plus-value et consommatrice de marchandise (pour réaliser ladite plus-value) et on a transformé nos pays en "provinces" (d'où nous sommes ensuite allés grossir les "banlieues" ouvrières) ; ou bien on nous a constatés "barbares" (pré-capitalistes) et épidermiquement trop foncés ce qui méritait bien l'esclavage ou quelque chose de similaire, faisant de nous des colonies ; ou alors on a carrément décrété que nous n'avions rien à faire sur la terre en question, vouée à l'agriculture et à l'industrie "civilisée", et que nous devions en débarrasser le plancher avec nos pieds ou six pieds sous terre (cas des "Indiens" d'Amérique, des "Aborigènes" d'Australie... et d'une bonne partie des Palestiniens). À l'arrivée, sous des formes variées qui font toute la subtilité de la chose, nous avons une société capitaliste dotée d'un État bourgeois. Il y en a (là où le processus est ancien) des monopolistes-impérialistes comme celle où nous vivons en Hexagone et (là où il est plus récent et impulsé de l'extérieur, de là où il était plus ancien) des "semi-coloniales semi-féodales" avec un capitalisme bureaucratique-comprador selon la terminologie maoïste ; mais la logique de base est la même : valorisation du capital par l'exploitation, et quelle que soit notre situation actuelle, à l'endroit du monde où nous nous trouvons et d'où que nous venions, elle en est le résultat. Nous réalisons cela et nous réalisons que derrière notre situation de prolétaires ("blancs" ou colonisés intérieurs) ici et la tragédie des Palestiniens là-bas (où l'on en exploite une partie mais on essaye carrément d'en faire dégager une autre pour mettre des "civilisés" à la place), il y a la même main : non pas "les Juifs" (puisqu'ici ils ont plutôt souffert du processus) mais LES MONOPOLES, le Grand Capital (qui utilise, là-bas, des Juifs comme force de frappe en effet).

    C'est en cela que "nous sommes tous des Palestiniens". Et c'est ainsi que nous prônons comme solution, ici comme là-bas, l'expropriation du Capital et la destruction de ses appareils politico-militaires appelés les États, et leur remplacement par la propriété collective des moyens de production, le bénéfice commun et égalitaire de la richesse produite et le Pouvoir du Peuple. Au demeurant, avec la fin de l'oppression coloniale contre les Palestiniens, le prolétariat israélien verrait disparaître le secret de son impuissance [3] - on peut d'ailleurs en dire autant du prolétariat d'Hexagone avec la Françafrique... Mais en attendant, ici, c'est de tout ce que porte ce "nous sommes tous des Palestiniens" que le gouvernement républicain bourgeois, monopoliste et impérialiste veut empêcher à tout prix l'irruption sur la scène publique (en particulier de ce que cela porte pour les colonisé-e-s intérieur-e-s) ; bien plus que d'une contestation de la politique israélienne qui, par définition, ne le concerne pas directement.

    2506917997Là-bas, sur le théâtre même des combats, les choses prennent une tournure assez particulière avec une espèce de fuite en avant ultra-nationaliste israélienne, principalement incarnée par le Likoud de Netanyahu et qui prétend se moquer voir se passer de l'appui des Occidentaux (en les envoyant paître), ce qui est évidemment suicidaire - mais une bourgeoisie aux abois a-t-elle encore conscience de ce qui est suicidaire ? Un tel courant a toujours existé : ce sont les éléments ("révisionnistes" de Jabotinsky et Birionim d'Ahiméir, Irgoun, Lehi, bref les ancêtres du Likoud...) qui dès les années 1930 et surtout après-guerre prônaient l'affrontement ouvert avec les Anglais (et assumaient parfois explicitement... leur admiration pour le fascisme italien et même le nazisme allemand !). Mais rien de décisif pour le projet sioniste n'avait jamais été obtenu par eux : c'est le sionisme "respectable", le sionisme "à la Barnavi" en quelque sorte, le sionisme de négociation avec l'impérialisme qui avait jusqu'à présent assuré l'existence de "l’État juif". Et pourtant, c'est ce sionisme "jusqu'au-boutiste" qui semble désormais (clairement) hégémonique en Israël... La société israélienne se polarise : les pacifistes se font tabasser par des hordes d'ultra-nationalistes portant les mêmes vêtements que les fascistes ici, des centaines de personnes vont "admirer" du haut d'une colline le massacre des Gazaouis par les missiles de Tsahal, une députée d'extrême-droite assume des propos génocidaires et le vieux militant anticolonialiste Michel Warschawski affirme avoir aujourd'hui peur pour la première fois depuis 45 ans. Mais dans le même temps, de plus en plus de jeunes refusent de servir dans l'armée et de participer à l'oppression des Palestiniens, ce qui était encore impensable (en tout cas très marginal) il y a encore 20 ou 30 ans - à l'époque, on s'acquittait de ses obligations militaires tout en cherchant à militer "de l'intérieur" pour une armée "morale". Cela leur vaut la prison et l'opprobre pour toute leur vie, voire l'exil (on en retrouve beaucoup, à travers le monde, autour de la culture musicale "transe") et pourtant ils et elles font ce choix. Tout cela s'appelle tout simplement l'explosion d'une société sous ses contradictions.

    manifestation-pro-israelienne-a-marseille.jpgQue feront les ultra-nationalistes si, malgré la pression de l'extrême-droite fondamentaliste chrétienne, l'impérialisme US se lasse d'eux ? Il existe peut-être autour du fasciste Avigdor Lieberman, allié de Netanyahu venu de Moldavie en 1978 et dont le parti Israël Beïtenou mobilise la très importante communauté venue d'ex-URSS, l'option d'un rapprochement avec la Russie. Beaucoup commencent à l'envisager, dans les pas de Lieberman qui en faisait déjà son cheval de bataille lors de la deuxième guerre de Tchétchénie, invoquant la "communauté d'intérêts" contre le "terrorisme islamique". Mais cela obligerait Moscou à un sérieux revirement géopolitique, après des décennies de soutien au nationalisme arabe "socialiste" puis à "l'axe chiite" Iran-Syrie-Hezbollah (+ Hamas jusqu'en 2011), sans être non plus inenvisageable si (par exemple) cet "axe chiite" devait s'effondrer sous l'offensive du djihadisme sunnite (dans lequel les Caucasiens, susceptibles de revenir ensuite frapper la Russie, sont nombreux).

    Mais tout cela concerne finalement peu l'Hexagone où la question palestinienne, pour y être d'une force passionnelle rare, existe plus en définitive par ses "projections" symboliques que par ses enjeux réels. De fait on peut pratiquement dire que le sionisme "fils de France" est mort en "Terre promise", ce que déplore même à demi-mots Alain Soral ("avec le sionisme comme projet de Herzl, j'aurais aucun problème") ; en revanche il vit toujours - de manière "fantôme" - en Hexagone, comme "centre" de toute approche politique du problème.

    drapeau-djihad-2

    [1] "Plus je vois la merde noire (corruption, intégrisme, généraux…) dans laquelle l’Algérie s’enfonce un peu plus chaque jour, plus je découvre en images que les seules choses qui tiennent encore debout là-bas (infrastructures, urbanisme…) sont celles que la France coloniale y a construites, et plus je me dis que leur seul espoir c’est qu’on y retourne." - "Abécédaire de la bêtise humaine", 2002

    [2] Et ce quels qu'aient été les idéaux généreux voire "socialistes" dont le sionisme a pu se parer à l'origine et le caractère ultra-opprimé des Juifs quittant l'Europe pour s'installer en "Terre promise" (toutes choses qu'aiment tant mettre en avant ses défenseurs "de gauche" voire "d'extrême-gauche") : de fait, il ne POUVAIT PAS DEVENIR AUTRE CHOSE que ce qu'il est devenu aujourd'hui. Car ce qui compte en dernière analyse, c'est le déséquilibre des forces productives entre l'arrivant et l'autochtone (raison pour laquelle d'ailleurs, n'en déplaise à l'argumentaire des Le Pen et Zemmour et consorts, l'immigration n'est PAS une "colonisation inversée") et non le caractère opprimé de l'arrivant dans son pays d'origine.

    Pour nous, Occitans, le fait que des opprimés partis vers une terre lointaine puissent s'y transformer en oppresseurs n'a rien de surréaliste puisque la communauté afrikaner d'Afrique du Sud REGORGE de descendants de huguenots occitans chassés par les persécutions de Louis XIV : le nazi Eugène Terre'Blanche (originaire de Provence), le docteur Malan (un fondateur et idéologue de l'apartheid) ou encore le "Docteur la Mort" Wouter Basson (le Mengele sud-africain...)... C'est sans états d'âme que leurs ancêtres, victimes d'une répression atroce dans leur pays natal pour avoir représenté (l'espace d'un siècle) un intolérable contre-pouvoir occitan face à l'État centralisateur parisien, se transformèrent une fois au pays des "Cafres" en colons impitoyables persuadés de leur "droit divin" (persuadés que la "Divine Providence" leur avait "offert" cette terre...). 

    L'on pourrait encore citer l'Australie où la plupart des colons massacreurs d'Aborigènes étaient des sous-prolétaires anglais, irlandais ou écossais déportés là-bas pour avoir enfreint les lois de leurs exploiteurs et (dans le cas des Irlandais, Écossais ou Gallois) de leurs occupants. Et c'est sans même parler du cas (peut-être) le plus sidérant et emblématique : celui des esclaves afro-descendants libérés aux États-Unis et "renvoyés" en Afrique pour y fonder le Libéria, un protectorat colonial (de fait) pour leurs anciens maîtres et tortionnaire, dédié notamment à l'extraction du caoutchouc et où ils formeront la caste dominante de cette "république" proclamée en 1847, privant les autochtones de tout droit civique...

    Dans la plupart des colonies "françaises", l'appareil de domination était très largement constitué d'agents issus des Peuples "provincialisés" et périphérisés de "métropole" (Occitans, Corses, Bretons, Basques etc.), presque aussi méprisés (lorsqu'ils "montaient" travailler à Paris) que les immigrés maghrébins ou africains aujourd'hui mais se transformant tout naturellement en "race supérieure civilisatrice" (pour reprendre les mots de Jules Ferry, d'ailleurs lui-même lorrain, Peuple annexé et "provincialisé" à la fin du 18e siècle) lorsqu'ils abordaient les rivages d'Algérie, du Gabon ou du Tonkin.

    L'on peut citer à ce titre l'(assez marxisant) historien belge Jacques R. Pauwels, parlant de l'Empire colonial de son pays : "Les gens trop pauvres, on pouvait s’en débarrasser en les envoyant dans les colonies. L’impérialisme était donc aussi une manière de résoudre les problèmes sociaux. Les pauvres pouvaient faire carrière dans ces colonies. De la sorte ils se muaient en patriotes, au lieu de rester des emmerdeurs. En les laissant intervenir de façon agressive dans les colonies, ils ne posaient plus le moindre problème dans la métropole. Il y avait par exemple pas mal de fils de fermiers sans travail, et ce du fait que l’agriculture devenait trop productive. Ces gars, on pouvait les envoyer au Congo comme missionnaires. On a expédié là-bas une vingtaine de missionnaires de chaque bled agricole flamand. On leur a collé un uniforme sur le dos et, dès lors, ils ont pu aller jouer au patron chez les Noirs."

    Tout simplement parce que le statut d'opprimé, de relégué, de périphérisé voire pratiquement... de colonisé (Irlandais) du colon dans son pays d'origine est inopérant (à de rares exceptions près) une fois arrivé dans le pays à coloniser : c'est le rapport de force découlant de la possession (ou de la capacité d'appropriation rapide) de forces productives qui détermine la constitution mentale en "race supérieure" et (par conséquent) celle de l'autochtone en "race inférieure" (tout ceci s'enrobant par la suite d'"argumentaire" tant religieux que "scientifique"). Les États "métropoles" puis les Empires capitalistes, en tant que bases d'extraction de plus-value, se sont ainsi construits et développés en cercles concentriques de périphéries autour des Centres du pouvoir bourgeois ; et tant que les masses n'ont pas compris cela, un "cercle" de périphérisation plus proche du Centre peut se montrer (en apparence) plus oppresseur vis-à-vis d'un cercle plus "lointain" que le Centre en question lui-même, qui s'abrite confortablement dans ses tours d'ivoire et délègue les basses besognes.

    [3] "L'ouvrier anglais moyen déteste l'ouvrier irlandais en qui il voit un concurrent qui dégrade son niveau de vie. Par rapport à l'ouvrier irlandais, il se sent membre de la nation dominante et devient ainsi un instrument que les aristocrates et capitalistes de son pays utilisent contre l'Irlande. Ce faisant, il renforce leur domination sur lui-même. Il se berce de préjugés religieux, sociaux et nationaux contre les travailleurs irlandais. Il se comporte à peu près comme les blancs pauvres vis-à-vis des nègres dans les anciens États esclavagistes des États-Unis. L'Irlandais lui rend avec intérêt la monnaie de sa pièce. Il voit dans l'ouvrier anglais à la fois un complice et un instrument stupide de la domination anglaise en Irlande.
    Cet antagonisme est artificiellement entretenu et développé par la presse, le clergé et les revues satiriques, bref par tous les moyens dont disposent les classes dominantes. Cet antagonisme est le secret de l'impuissance de la classe ouvrière anglaise, malgré son organisation. C'est le secret du maintien au pouvoir de la classe capitaliste, et celle-ci en est parfaitement consciente." - K. Marx dans une lettre à deux socialistes allemands émigrés aux États-Unis (1870)

     


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