• #Antifascisme


    Non seulement l'heure est peut-être venue, quelques 80 ans après les faits, d'avoir une approche critique de l'antifascisme pratiqué par l'Internationale communiste entre 1934 et 1945 ; mais MÊME, quelles que soient les critiques que l'on peut lui adresser, cet antifascisme du Komintern était et demeurait un antifascisme profondément POLITIQUE.

    Il s'inscrivait dans ce qu'il faut bien appeler un Plan Général de Travail pour (bien que non formalisée sous ce nom) une sorte de Guerre populaire prolongée en Europe. L'idée était de mettre le "paquet", de concentrer l'effort de guerre des communistes sur le nazisme et les fascismes (au détriment, en effet, des luttes anticoloniales contre les "démocraties" par exemple) pour d'abord, pousser la grande majorité des bourgeoisies à se démasquer en se ralliant à ces derniers, et ensuite, "plumer la volaille" restante (la minorité restée "démocrate" et antifasciste).

    Si ce plan a été dans un premier temps un demi-échec (demi seulement car un nombre considérable de pays ont tout de même accédé au socialisme ou à la démocratie populaire), et s'est conclu à long terme par la défaite totale du camp socialiste, c'est parce que n'avaient pas été prévus des paramètres qui n'étaient au demeurant pas forcément prévisibles : par exemple, le fait d'être victime... de son propre succès, que certes une grande partie des bourgeoisies tombe le masque mais que, tout allant très vite, devant les échecs de l'Axe fasciste une majorité décide rapidement de se "rallier" aux communistes... pour mieux les "plumer" ensuite ; le comportement (difficilement prévisible au vu de leurs positions antérieures) d'hommes politiques réactionnaires tels que De Gaulle et Churchill ; et puis surtout qu'aux États-Unis, qui allaient sortir du conflit consacrés première puissance mondiale, les anti-nazis de Roosevelt triomphent des partisans de la "neutralité" pro-Axe sans pour autant avoir la moindre intention de céder un pouce de terrain aux communistes par la suite (et en ayant, même, déjà des plans comme le Plan Marshall pour les contrer).

    Mais voilà, quoi qu'il en soit, c'était bel et bien là un antifascisme POLITIQUE qui prenait place dans une stratégie globale planifiée pour faire triompher les révolutions prolétariennes ou ouvrières-paysannes tout autour de la planète.

    Ce n'était pas, ce que nous voulons dire, combattre ce qui est "caca" sans la moindre vision stratégique révolutionnaire...


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