• Déclaration commune des maoïstes d'Amérique latine sur le Venezuela


    https://maoistroad.blogspot.com/2019/02/venezuela-joint-declaration-mlm-spanish.html

    (Le genre de texte, vous l'aurez constaté, soigneusement dissimulé et non-traduit par tous les pseudo-"maoïstes" gaucho-impérialistes qui s'attendaient sûrement à ce que la critique MLM des bourgeoisies bureaucratiques "bolivariennes", qui n'est en fin de compte rien d'autre que notre critique communiste du PS ou de Mélenchon ici, débouche face à l'actuelle situation de coup d'État et d'agression impérialiste sur ni-ni au service objectif de leur maître Trump - qu'ils ont déjà si bien servi en Syrie/"Rojava" jusqu'en 2017 au moins, sans la moindre autocritique depuis...)

    NOUS REJETONS AVEC LA PLUS PROFONDE HAINE DE CLASSE L'INTERVENTION DIRECTE ET À VISAGE DÉCOUVERT DE L'IMPÉRIALISME YANKEE CONTRE LE PEUPLE DU VENEZUELA

    Nous nous adressons à notre classe, le prolétariat international, et aux peuples du monde entier pour condamner, écraser, marquer au fer et rejeter avec la plus profonde haine de classe l'intervention directe et à visage découvert de l'impérialisme yankee, superpuissance hégémonique unique, grand gendarme contre-révolutionnaire mondial et ennemi principal des peuples de la planète, contre la Nation et le Peuple du Venezuela.

    Dans cette nouvelle agression directe, l'impérialisme yankee a organisé un coup d'État pour imposer un gouvernement fantoche au Venezuela. Ce plan a été mis en œuvre à travers l'autoproclamation comme président intérimaire de sa marionnette, le président de l'Assemblée nationale suspendue Juan Guaidó, immédiatement reconnu par le gouvernement archi-réactionnaire et génocidaire de Trump et Pence comme président "légitime" du pays, en adressant un ultimatum au gouvernement en place de Nicolás Maduro pour qu'il cède le pouvoir à ce fantoche ; le menaçant dans le cas contraire d'employer toute la force et le pouvoir de la superpuissance, et assumant clairement comme but de guerre la capitulation du gouvernement Maduro en faveur de son adversaire. Autrement dit : soit la capitulation de la nation opprimée, soit la guerre impérialiste d'agression, quelle que soit la forme prise par celle-ci.

    Cette agression directe de l'impérialisme yankee dirigé par Trump et Pence, pour remplacer le gouvernement du Venezuela par une de ses marionnettes, implique concrètement le changement de la situation semi-coloniale du Venezuela pour une situation coloniale. Ces impérialistes, au nom de la lutte contre "la dictature" et pour "la démocratie et la liberté", prétendent tout simplement soumettre le Peuple vénézuélien à la servitude coloniale.

    C'est là l'intimidation, l'ingérence et l'agression les plus éhontées des États-Unis contre une nation opprimée du Tiers Monde, violant l'indépendance nationale, la souveraineté et la dignité du pays et jusqu'à l'ordre juridique international qui est l'expression de leur propre hégémonie mondiale, la Charte de l'ONU, de l'OEA etc.

    L'impérialisme US se permet d'agir ainsi, de manière aussi arrogante et sans fard contre un pays formellement indépendant, en sa qualité de superpuissance hégémonique unique et de gendarme mondial autoproclamé ; étant le principal impérialisme à exercer sa domination semi-coloniale sur le Venezuela comme sur les autres pays d'Amérique latine, base principale de sa puissance mondiale (son "arrière-cour") ; situation qui s'est encore approfondie durant les années du régime de Chávez puis Maduro, qui en tant que représentants de la grande bourgeoisie bureaucratique du pays [lire à ce sujet gauche-amerique-latine-bourgeoisie-bureaucratique et capitalisme-bureaucratique-pays-domines], en dépit de leurs discours hostiles et de leurs contradictions secondaires avec les successifs gouvernements US, ont toujours plus soumis celui-ci à la domination économique yankee, à travers son principal et quasi-unique produit d'exportation, le pétrole, s'associant à ses investissements à l'étranger et augmentant leur dépendance financière envers Wall Street.

    Ils ont cependant, il est vrai, ouvert aussi le pays à la pénétration d'autres puissances impérialistes, mais sans rompre avec l'impérialisme US ; cherchant à chevaucher deux chevaux à la fois et accroissant ainsi la concurrence impérialiste pour l'exploitation du pays, faisant toujours plus du Venezuela une arène de lutte inter-impérialiste.

    La Révolution de Nouvelle Démocratie qui doit mettre fin à la domination de l'impérialisme, à la semi-féodalité et au capitalisme bureaucratique-comprador, c'est à dire abattre les trois montagnes qui oppriment le peuple, exige aujourd'hui plus que jamais sa concrétisation au travers de la Guerre populaire dirigée par le prolétariat et son Parti communiste marxiste-léniniste-maoïste militarisé.

    L'actuel régime en place au Venezuela a été instauré le 2 janvier 1999, chevauchant les luttes des masses contre les politiques de privatisation et les "paquets" de mesures austéritaires que les gouvernements antérieurs de la fraction compradore de la bourgeoisie essayaient d'imposer. La fureur populaire exprimée dans le "Caracazo" (1989) balaya pour un temps les espoirs des compradors, profondément liés aux États-Unis, de mettre littéralement en coupe réglée tout ce que l'État bureaucratique et propriétaire terrien avait accumulé au cours des décennies.

    À présent, avec l'approfondissement de la crise que connaît le pays, les impérialistes yankees et les laquais à leur service voient venu le moment, à travers l'imposition d'un gouvernement fantoche, de s'emparer totalement des richesses du pays, visant bien sûr en tout premier lieu son pétrole, la plus grande réserve mondiale, et de profiter des conditions fabuleuses d'exploitation offertes à leur capital financier impérialiste ; tout cela au plus grand bénéfice de l'oligarchie financière yankee face à ses compétiteurs impérialistes.

    En asseyant leur domination à travers un gouvernement fantoche, les impérialistes yankees ne partageront plus le contrôle économique du Venezuela avec d'autres pays impérialistes (caractère semi-colonial), mais contrôleraient celui-ci de manière exclusive (caractère colonial).

    [Cela, c'est un peu en effet la façon dont nous avons analysé la "guerre mondiale non-déclarée en cours depuis la fin de la Guerre froide et qui s'accélère" on-serait-presque-de-plus-en-plus-tentes-de-penser : essayer de ramener des pays semi-coloniaux "à marge de manœuvre", obtenue par des régimes comme celui du PSUV au Venezuela, du PT au Brésil, de la République islamique en Iran ou d'Erdogan en Turquie, au rang de véritables néocolonies n'ayant d'"indépendantes" que le nom (comme la plupart des pays de la dite "Françafrique" par exemple) ; ce qui n'est évidemment pas sans poser de problèmes avec des géants comme le Brésil, ou même de "gros morceaux" comme le Venezuela.]

    Comme il en a toujours été, c'est au Peuple qu'il appartient de défendre le pays. Le Peuple vénézuélien doit se mobiliser largement pour conjurer le risque de capitulation, exprimé par les représentants du gouvernement de Maduro comme tendance au compromis, exprimée ouvertement ou à mots plus couverts par ceux qui craignent la puissance de l'impérialisme et proposent en conséquence la soumission inévitable de la Nation parce qu'ils n'ont pas confiance en le Pouvoir du Peuple et la solidarité des peuples du monde.

    Pour les révolutionnaires, l'impérialisme est un colosse aux pieds d'argile, un tigre de papier et ce qui est décisif n'est pas les armes mais les hommes, les masses. 

    D'autres placent malheureusement leurs espoirs, face à la menace d'asservissement colonial du pays, en l'aide étrangère de l'autre superpuissance, la Russie (le chien maigre), ou des sociaux-impérialistes chinois par le biais de leur aide économique, livraison d'armes etc. ou de leur médiation diplomatique. Cette dernière étant en rapport avec le doute qu'ont certaines de ces personnes quant au fait que l'ennemi va attaquer : certaines le considèrent comme une possibilité, d'autres n'y croient en aucun cas.

    Pour leur part, les impérialistes yankees par la voix de leurs représentants ont toujours déclaré que la position des États-Unis vis à vis du Venezuela était déjà arrêtée. Ceux qui imaginent la possibilité d'un compromis avec Washington qui n'implique pas la capitulation du gouvernement du pays et de son indépendance nationale et sa souveraineté, se bercent d'illusions. Le principal conseiller de Trump pour la sécurité nationale, Bolton, a clairement laissé entendre que la mobilisation pour une agression militaire directe était déjà en marche, avec "5.000 hommes (à envoyer) en Colombie". 

    D'autre part, comme pour les guerres au Moyen Orient, les puissances impérialistes agissent en collusion et lutte avec l'impérialisme US pour essayer de pousser Maduro à la capitulation. Le gouvernement allemand a par exemple exigé la tenue immédiate d'élections "libres et justes" et indiqué être disposé à reconnaître provisoirement Guaidó comme chef de l'État par intérim jusqu'au scrutin. Le Royaume Uni, la France, l'Espagne etc. en ont fait de même.

    Il appartient au gouvernement du Venezuela de refuser la capitulation et de laisser de côté toute politique de compromis : la situation politique est entrée dans l'étape de la préparation à la résistance nationale contre l'agression impérialiste ; et il doit maintenant assumer le défi et mobiliser et armer largement les masses populaires, en même temps que les forces armées, afin de sauvegarder l'indépendance et la souveraineté nationale et l'intégrité territoriale en livrant une dure guerre de résistance nationale contre l'agression étrangère.

    Le gouvernement de Maduro, montrant là sa myopie politique, a hésité à reconnaître qu'il était face à un coup d'État organisé par l'impérialisme au travers de ses laquais, essayant de rejeter la responsabilité principale sur "l'opposition" comme s'il s'agissait d'un problème interne, autrement dit, sur les fonctionnaires et non sur l'empereur ; devant la reconnaissance du gouvernement fantoche de Guaidó par l'administration Trump, il a annoncé la rupture de ses relations diplomatiques avec les États-Unis en expliquant qu'il ne s'agissait pas d'une rupture avec les États-Unis mais seulement avec leur gouvernement ; il n'a pas appelé à la mobilisation de toutes les forces de la Nation pour faire face à l'agression impérialiste comme il se devait ; ni n'a pris immédiatement la moindre mesure punitive contre les laquais qui ont commis tous les crimes contre le Peuple vénézuélien pour le compte de l'impérialisme yankee.

    En dépit du changement de situation interne comme externe déterminé par l'agression impérialiste directe, il prétend continuer à manœuvrer sans l'énergie, la décision et la fermeté requises, parlant de "dialogue" et de "paix". Dans des situations similaires, d'autres ayant les mêmes limites de classe que Maduro ont pourtant osé choisir le chemin de la lutte.

    Il appartient au prolétariat, au Peuple de mettre fin à tout ce verbiage qui fait obstacle à un refus clair et net de l'ultimatum impérialiste et à une préparation adéquate à la résistance, pour opposer une invincible Guerre de Résistance à l'agression yankee.

    Le prolétariat, le Peuple du Venezuela, combattif comme toujours, se lève déjà animé par un grand sentiment patriotique et une profonde haine de classe contre l'impérialisme et tous ses laquais dans le pays comme à l'étranger, exigeant du gouvernement de Nicolás Maduro qu'il refuse la capitulation, qu'il remplisse ses obligations et abandonne toute illusion que le "dialogue" diplomatique avec l'impérialisme et ses laquais puisse conduire ceux-ci à changer leurs plans déjà en marche.

    Au prolétariat du Venezuela, et aux plus avancés en son sein, les maoïstes, il appartient de lever haut la consigne de forger un large front unique national et anti-impérialiste ; de se fondre dans les masses des ouvriers, des paysans, de la petite bourgeoisie, de la bourgeoisie nationale et de tous les éléments de toutes les classes disposés à faire face à l'agression de l'impérialisme et de ses laquais, à l'exception d'une petite poignée de traîtres. Il leur appartient d'impulser activement l'armement général des masses populaires dans les campagnes comme à la ville, pour se préparer à une grande guerre de résistance, à la lutte armée, en s'efforçant de la diriger et dans le cours de celle-ci, de reconstituer le Parti communiste comme Parti marxiste-léniniste-maoïste militarisé, afin de transformer la lutte armée de résistance en une Guerre populaire de libération nationale. Il appartient aux maoïstes de préparer la mise en œuvre d'une vaste guerre de guérilla avec les campagnes comme théâtre principal et les villes comme complément nécessaire.

    Il leur faut unir tous ceux qui ne veulent pas devenir les esclaves des États-Unis, tous ceux qui veulent conquérir la véritable indépendance, la souveraineté et la dignité nationale du pays, tous ceux qui refusent de se soumettre aux intimidations, à l'ingérence et à l'agression des impérialistes yankees. 

    Avec tous ceux-là il faut s'unir et les mobiliser en s'opposant fermement aux appels à la conciliation, à la "paix" ou à privilégier la négociation au lieu d'agir résolument pour écraser l'agression yankee qui a déjà commencé, pour le moment sous la forme d'un coup d'État.

    Aux maoïstes, en tant que représentants du prolétariat et de son avant-garde en gestation, il appartient de partir du principe de l'indépendance et de l'autodétermination nationale pour appliquer le principe d'unité et lutte avec les autres forces qui constituent le Peuple dans la situation politique actuelle, où la contradiction nation-impérialisme est devenue la contradiction principale. Ils doivent exiger que soit réformé consciencieusement le système qui régit les forces militaires et le système politique en général en élargissant la démocratie, développé un mouvement de masse indépendant, mise en place une éducation des masses à la défense nationale, réprimés les laquais de l'impérialisme et autres collabos, développée l'industrie de guerre et améliorées les conditions de vie du peuple.

    Il est de toute première importance de brandir dès maintenant le programme de résistance nationale qui dans les conditions présentes s'annonce de nature prolongée. La Guerre de Résistance du Peuple doit œuvrer à construire les instruments d'un véritable Pouvoir révolutionnaire, le Nouveau Pouvoir, et non les simulacres de "socialisme du 21e siècle" qui ont tant frustré les masses populaires jusqu'à présent ; le Pouvoir de Nouvelle Démocratie dans le moindre recoin de la résistance, jusqu'à expulser l'envahisseur ennemi et écraser ses laquais et autres vermines pour l'établir dans tout le pays.

    Les peuples d'Amérique latine, pour sauvegarder leur indépendance et leur souveraineté nationale, doivent absolument livrer une lutte "coup pour coup" contre l'agressif et génocidaire impérialisme yankee, ennemi principal des peuples de la planète.

    L'intervention directe de l'impérialisme yankee, qui a commencé sous la forme d'un coup d’État accompagné de tout un déploiement de forces pour amener le gouvernement de Maduro à capituler et asservir la Nation, ne s'arrêtera pas avant d'avoir atteint ses objectifs ; elle ira crescendo dans tous les domaines jusqu'à atteindre ses objectifs, et ce faisant réveille déjà et réveillera encore une nouvelle vague de résistance contre l'impérialisme yankee parmi les peuples d'Amérique latine et du monde entier.

    À nous, Partis et organisations signataires, appartient la tâche de donner une expression organisée à cette nouvelle vague anti-impérialiste, en combattant l'impérialisme et ses serviteurs et laquais dans tous les pays.

    Nous devons déployer une large et énergique campagne mondiale de soutien au Peuple vénézuélien contre l'agression impérialiste yankee.

    Toi, héroïque Peuple vénézuélien, ne doute pas que tu n'es pas seul dans ta lutte. Le prolétariat et les peuples opprimés du monde entier sont tous avec toi. Tu as le soutien du prolétariat des États-Unis et du Canada, des prolétaires des pays impérialistes d'Europe et d'Asie et de tous les peuples d'Amérique latine, d'Asie, d'Afrique et du monde entier.

    Face à l'agression directe de l'impérialisme yankee contre le Venezuela et tous les peuples d'Amérique latine, nos peuples doivent se lever sous le drapeau de la révolution et affronter la guerre d'agression par la Guerre populaire.

    Le Venezuela et toute l'Amérique latine seront la tombe des hordes impérialistes yankees !

    Peuple vénézuélien, défais-toi des illusions et prépare-toi à la résistance !

    L'impérialisme et tous les réactionnaires sont des tigres en papier !

    La lutte des peuples du monde entier contre l'impérialisme yankee triomphera !!

    Signataires :

    Parti communiste d’Équateur - Sol Rojo
    Mouvement Populaire Pérou (Comité de Réorganisation)
    Parti communiste du Brésil (Fraction Rouge)
    Fraction Rouge du Parti communiste du Chili
    Organisation maoïste pour la reconstruction du Parti communiste de Colombie

    Se joignent à la déclaration (hors Amérique latine) :

    Comité de construction du Parti communiste de Galice (État espagnol)
    Comité Drapeau Rouge (Allemagne)
    Parti communiste maoïste d'Italie

    Et puis, loin du MLM mais néanmoins très intéressant ; en particulier dans un passage que nous mettrons en gras ; l'intervention du PIR lors de la réunion publique « Trump, Macron, Bolsonaro : Pas touche au Venezuela ! » organisée par le Collectif Ni Guerres Ni État de Guerre le 6 mars 2019 à Paris :


    Trump, Macron, Bolsonaro : Pas touche au Venezuela !

    http://indigenes-republique.fr/trump-macron-bolsonaro-pas-touche-au-venezuela/

    Nous sommes réunis ce soir pour prendre nos responsabilités en tant qu’habitants du Nord vivant au sein des métropoles coloniales face aux menaces pesant sur le Venezuela. Le Venezuela, à l’instar du reste de l’Amérique latine, connait depuis bien longtemps l’ingérence impérialiste du Nord sur sa trajectoire politique, mais depuis que le « processus révolutionnaire » bolivarien a proclamé sa détermination à s’émanciper de la tutelle américaine, l’impérialisme américain n’a eu de cesse de vouloir obtenir son renversement, finançant son opposition, diffusant de fausses informations, prédisant inlassablement la chute imminente du « régime ».

    Le Venezuela bolivarien, au delà de ses grandes déclarations, s’est engagé dans une politique multipolaire pragmatique, avec des partenaires régionaux et internationaux, dont des puissances non-occidentales, ce que ne lui pardonnent pas ceux qui considèrent encore aujourd’hui l’Amérique latine comme l’arrière cour des États-Unis. Depuis l’élection du Président Chavez, l’ingérence occidentale directe ou indirecte au Venezuela a été permanente, mais la menace se fait plus forte aujourd’hui, associée à des sanctions toujours plus dures infligées au pays depuis 2015, et des menaces d’intervention militaire depuis l’avènement de Donald Trump à la Maison Blanche. Cette ingérence et ce blocus participent à l’étranglement de l’économie du pays, déjà touché par une crise économique liée à plusieurs facteurs, dont un certain nombre incombent très certainement à son gouvernement.

    S’agit-il donc pour nous, décoloniaux, de prendre parti pour le gouvernement bolivarien actuel ? Le mouvement décolonial ne prête pas d’allégeance. Nous laissons le romantisme révolutionnaire ou l’iconoclasme libertaire à d’autres. Le Venezuela est malade de la colonialité de son État, de son économie et de sa culture. Ce n’est pas notre rôle de lui donner des leçons. Il est par contre de notre responsabilité de rendre visible la participation des observateurs du Nord à cette colonialité.

    L’un des visages de la colonialité de l’État vénézuélien est le rapport que sa révolution a entretenu avec le regard occidental de gauche durant près de 20 ans. Tant qu’elle semblait pouvoir avoir 20/20 à sa copie, et à condition qu’elle ait 20/20, la « Révolution bolivarienne » a bénéficié de la sympathie des gauches altermondialistes et anti-impérialistes du monde entier. Aujourd’hui, elle ne peut plus prétendre avoir 20/20, et beaucoup de ceux qui hier y projetaient leurs fantasmes ne veulent plus la voir, la renient ou à minima se taisent. Ce type de relation fétichiste, nous le rejetons.

    Ce que les organisations participantes à cette réunion publique assument ici, c’est leur responsabilité en tant qu’habitants du Nord de prendre parti contre l’ingérence de leurs pays, et en particulier la France et l’Union Européenne. Cette ingérence qui se fait chaque jour plus menaçante et renforce la crise qui frappe de plein fouet le Peuple vénézuélien. Nous répétons ici la position qui est la notre depuis le début de la séquence actuelle : Que ceux qui voudraient mettre le gouvernement vénézuélien face à ses responsabilités assument les leurs, et rejettent les menaces de guerre et le blocus économique.

    Trump, Macron, Bolsonaro : Pas touche au Venezuela !

    PIR

    [Servir le Peuple, bien que (non basé dans la capitale de l’État oppresseur de notre Nation occitane) n'étant pas présent à cette réunion, se joint totalement et adhère mot pour mot à cette déclaration et à l'initiative du collectif "Ni Guerres Ni État de Guerre" en général ; et tout particulièrement au paragraphe mis en évidence en gras contre l'attitude d'une certaine gauche plus ou moins "radicale" ici comme ailleurs (sans même parler de ceux qui, "maoïstes", auraient pu se prendre à croire que la position historiquement critique des organisations maoïstes latino-américaines de la déclaration plus haut envers le "bolivarisme" et autre "socialisme du 21e siècle", critique normale du réformisme bourgeois de la part de communistes, déboucherait "naturellement" sur un "ni-ni" commode en cas d'offensive impérialo-fasciste de Washington et de la Réaction locale comme présentement ; et qui se retrouvent maintenant gros-jean-comme-devant face à la clarté lumineuse et la position anti-impérialiste impeccable de la déclaration en question – à laquelle certains, de fait, on déclaré en catastrophe se joindre après que Servir le Peuple l'ait traduite et qu'ils aient été obligés d'en faire de même sans que ce ne soit trop ressemblant en l'espace d'une nuit...).]


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