• C'est donc marrant d'être devenu résolument "gonzaliste"...


    ... et d'en être arrivé à des conclusions diamétralement opposées à celles des principaux représentants du "gonzalisme" dans l'État français, les matérialistes-point-com.

    Nous en sommes en effet venus, à travers les réflexions de Gonzalo sur le fascisme, à l'idée que finalement le dualisme démocratie bourgeoise / fascisme n'existe en fait PLUS. Ni l'un ni l'autre n'existent plus (en Occident).

    À la rigueur, des mouvements à proprement parler fascistes existent là où ils relèvent la tête après s'être faits défoncer et fermer leurs sales gueules par les communistes (devenus certes ensuite révisionnistes) pendant 45 ans : en Europe de l'Est. Ou dans un pays encore économiquement arriéré comme la Grèce.

    Mais nos sociétés occidentales sont passées en quelque sorte à travers la "lessiveuse" de l'ère des fascismes (des années 1920 aux années 1970 au plus tard), puis de la Guerre froide avec le fascisme en arrière-plan (réseau Gladio etc.), pour déboucher à l'époque qui est la nôtre sur un dispositif total de contre-révolution préventive qui ne nécessite plus d'être modernisé radicalement par un fascisme "révolutionnaire". Si un "tour de vis" répressif est nécessaire, il sera tranquillement effectué par l’État sans besoin d'un changement spectaculaire de régime.

    Et il est même possible de dire que ce dispositif... une grande partie de la "gauche radicale" en FAIT PARTIE. Une grande partie de la "gauche radicale" n'est pas, ce n'est pas exactement le propos, "l'ennemi principal" (qui stratégiquement, à long terme, est la bourgeoisie impérialiste, qui ne s'embarrassera plus d'apparences "de gauche" lorsque confrontée à un véritable mouvement révolutionnaire), mais disons le premier (car le plus proche) "anneau de fer" qui empêche l'éclosion d'un mouvement révolutionnaire véritable (armé d'une Pensée totale pour comprendre et donc abattre le système), et qu'il faut donc briser.

    C'est cette interprétation qu'il est possible de donner, par exemple, aux propos des Indigènes de la République : "parce qu'elle est l'alliée privilégiée, la gauche est l'adversaire première". Alliée privilégiée parce que certes, si la gauche (même révolutionnaire) occidentale, et même russe n'a jamais brillé par une compréhension lumineuse des luttes anticoloniales/anti-impérialistes et de leur rôle MOTEUR pour la révolution planétaire (même les propos de Zinoviev à Bakou, souvent cités en exemple, et qui étaient certes une rupture considérable pour l'époque, restent empreints d'un profond paternalisme "civilisateur"...), c'est toujours dans son champ et jamais ailleurs qu'ont pu être trouvés les alliés de ces luttes, les anti-impérialistes conséquents, les "porteurs de valises". Mais adversaire première parce qu'elle est, et aujourd'hui plus que jamais dans ce dispositif total dont nous venons de parler, cet "anneau de fer" qui avec sa certitude tranquille de détenir la Vérité et sa promptitude aux procès en sorcellerie, empêche d'émerger les idées véritablement révolutionnaires.

    Les Indigènes disent cela, mais les maoïstes authentiques et conséquents, ou encore les affirmateurs des Peuples nationaux absorbés et niés par la construction étatique bourgeoise française, pourraient en dire tout autant : c'est bien évidemment d'abord parmi les personnes ayant une sincère conscience "de gauche" que nous pouvons gagner des éléments à nos idées, bien plus que chez les électeurs FN (encore que...), en tout cas les gens de droite. Mais les "gardiens du Temple" de "la gauche", y compris "radicale", du "progressisme"... sont aussi ceux qui nous livrent une guerre sans relâche pour nous faire taire et nous isoler ; un obstacle finalement beaucoup plus problématique devant notre travail politique que la menace physique des fascistes (qu'un peu de muscles et d'entraînement aux sports de combat permet finalement "facilement" d'affronter), et qui souvent littéralement précède la répression d'État, qui nous frappe dans l'action (dans l'État "démocratique" de contre-révolution préventive on a le droit de penser ce qu'on veut, ce qui est interdit c'est d'agir), mais pas dans la diffusion de nos idées !

    Bref, voilà...


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