• ... c'est une division du peuple orchestrée par la contre-révolution du Pouvoir et de l'impérialisme.

    C'est comme les paysans bretons écrasant les Communards parce qu'on leur avait dit que c'étaient des "sans Dieu" et qu'ils allaient leur confisquer leurs 4 chèvres, 3 cochons et un pommier ; alors que leur intérêt réel était d'être à leurs côtés.

    C'est la fitna injectée dans ce qui devrait, pour tous les révolutionnaires démocratiques anti-oligarchie et anti-impérialistes, être l'alliance naturelle ; ouvrière - paysanne - prolétaire informelle - intellectuelle révolutionnaire ; et non celle avec les libéraux "progressistes" bourgeois larbins de l'Occident (lire ici l'excellent Joseph Massad : hypotheses.org).

    Ne pas se laisser faire, riposter aux attaques bien sûr ; mais toujours avoir cela à l'esprit ; et avancer en gagnant le cœur des masses pour lesquelles Dieu n'est en réalité que le nom antique du matérialisme dialectique (Diamat), du mouvement dialectique de la matière et du Sens de l'Histoire, et tel le mot d'ordre sur lequel les masses d'Asie centrale se mobilisaient dans l'édification du socialisme soviétique, le communisme "est l'accomplissement des prophéties coraniques" (ou bibliques), rien d'autre que le nom scientifique que nous mettons désormais sur la Fin des Temps des anciens textes sacrés... Des masses, autrement dit, 100 fois plus proches d'un communiste que d'un libre-penseur bourgeois chantre de l'individu et pensant qu'il n'y a rien au-dessus de lui, que l'Histoire humaine ne va nulle part, que seule compte la réalisation individuelle etc. etc.

                         Les islamistes et les communistes qui se frappent dans les pays arabes/musulmans...Les islamistes et les communistes qui se frappent dans les pays arabes/musulmans...


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  • http://collectifantiguerre.org/spip.php?article99&lang=fr

    Mort suite à des violences policières le 19 juillet 2016, Adama Traoré, a laissé derrière lui une famille qui se bat pour la vérité et la justice autour des conditions de son décès. La réponse du pouvoir est celle du harcèlement et de la persécution : quatre de ses frères sont ou ont été emprisonnés – avec défense même de revenir à Beaumont-sur-Oise –, sa mère a été inquiétée à plusieurs reprises, et de nombreux jeunes de son quartier sont réprimés, voire jetés en prison. Une grande manifestation organisée en juillet 2017 a vu le déploiement d’un dispositif policier très soutenu avec l’usage de drones de surveillance, de barrages et une forte présence militaire sur son parcours de Persan au quartier de Boyenval à Beaumont-sur-Oise.

    Cette forme combinée de l’intimidation policière et militaire s’est déployée de manière significative lors d’un événement familial dans le quartier de Boyenval à Beaumont-sur-Oise le 28 avril dernier (un après-midi boxe avec les enfants du quartier, en mémoire d’Adama, avec entre autres la championne du monde Aya Cissoko et de nombreux habitants des quartiers voisins). Le déploiement militaire des troupes armées de Sentinelle Vigipirate, accompagnées d’un véhicule de la gendarmerie, a succédé aux multiples passages des forces de l’ordre en patrouille (sept véhicules en quatre heures d’événement). Sept militaires se sont déployés sur le terrain même où les enfants s’initiaient à la boxe, dont cinq aux extrémités et deux à l’approche.

    Le Collectif Ni guerres ni état de guerre dénonce cette intervention ainsi que le cadre sécuritaire permettant ces débordements.

    Le Collectif dénonce :

    * La répression policière à laquelle s’ajoute le déploiement militaire comme moyen d’intimidation.

    Il apparaît ici que la police et la gendarmerie peuvent appeler en renfort les troupes armées de l’opération antiterroriste Sentinelle. Les relations déjà tendues entre la préfecture et les habitants des quartiers populaires, spécialement ceux issus de différents vagues d’immigration, prennent un tour nouveau. Qu’un parc accueillant des gamins pour un tournoi de boxe soit considéré comme un territoire « sensible », objet de « menace terroriste », en dit long sur la volonté de contrôle et d’intimidation exercée à l’encontre d’une partie de la population.

    * La prétendue « mission de protection des populations » promue par l’armée et soutenue par les médias.

    Le ministère des Armées estime normale la présence des militaires de l’opération Sentinelle lors de tout rassemblement de population (et sans que celle-ci ne le demande) afin de « renforcer la protection des participants contre une éventuelle menace ».

    L’intervention infondée du 28 avril est scandaleuse et gravissime : elle montre que l’état d’urgence est entré dans la vie quotidienne, en visant avant tout les populations racialisées. L’état d’urgence, l’état d’exception, devient la norme après la loi de « sécurité intérieure » d’octobre 2017.

    C’est pourquoi le Collectif Ni guerres ni état de guerre appelle à dénoncer vigoureusement cet « état normal » où l’armée est omniprésente et à soutenir les initiatives et la lutte des proches d’Adama Traoré.

    http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/familletraore-a127789340

    https://www.facebook.com/notes/la-verite-pour-adama/communique-du-28-mars-appel-pour-bagui-traore-le-25-avril-2017-a-versailles/257854624625043

    Adama Traoré, la répression de la police, le déploiement de l’armée et la justification anti-terroriste


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  • "Il nous faut aussi préciser le concept de «Culture Occidentale». Pour nous ce concept n'est pas scientifique, mais raciste. La Société capitaliste a voulu l'imposer au monde pour camoufler la réalité du mouvement de l'Histoire. Mais pour le rejeter, nous devons le vider de son contenu. Ici, donc, et pour nous, le concept de «Culture Occidentale» est pris pour ce qu'il est, à savoir la Culture de la Société Capitaliste, telle qu'elle a émergé depuis la Renaissance, et telle qu'elle prétend aujourd'hui régenter le monde.

    Sous cet angle, le marxisme n'est pas partie de la Culture Occidentale. Il en est la négation. Si aujourd'hui il apparaît, notamment pour beaucoup de ceux qui sont encore sous le joug, direct ou indirect, de l'impérialisme et de ses formes d'expression culturelle, comme faisant partie de cette Culture Occidentale, c'est que les courants marxistes actuellement dominants qui ont émergé de ce monde capitaliste n'ont pu se désaliéner complètement de la Culture acquise et n'ont pas poussé jusqu'au bout et dans tous les domaines la négation des structures du monde capitaliste et de sa Culture. Une des conséquences en est l'ignorance, sinon le mépris, de la part de ces courants, des problèmes du monde colonial et ex-colonial."

    Abraham Serfaty

    http://www.lehman.cuny.edu/deanhum/langlit/french/souffles/s12/3.html

    Deux paragraphes d'un grand monsieur, qui expriment ce que nous avons toujours cherché à dire


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  • "Le 7 novembre 1915, dans les territoires du Sud contrôlés par sa guérilla, Zapata fit promulguer une Loi du Travail qui prévoyait la journée ouvrée de 8 heure, l'interdiction du travail pour les moins de 14 ans, la gestion des fabriques par des coopératives de travailleurs, le salaire minimum garanti etc. Une telle législation naissait du cœur même de la révolution paysanne, de matrice indigène communaliste. C'est à dire que, par définition, elle ne s'inscrivait pas dans l'optique urbaine, différente, de la COM [Casa del Obrero Mundial, "Maison de l'Ouvrier Mondial", le grand syndicat révolutionnaire anarcho-syndicaliste de l'époque] et par voie de conséquence, dans son autonomie formative, ne prenait pas en compte des revendications telles que le contrôle des propriétés étrangères, l'égalité de traitement et de salaire entre travailleurs mexicains et étrangers [étrangers c'est à dire immigrés... européens, pour l'essentiel à l'époque, formant généralement le gros des troupes anarcho-sydicalistes ou socialistes révolutionnaires dans tous les pays d'Amérique latine, et dont on peut par ailleurs se demander si l'"inégalité de traitement" était vraiment en leur défaveur...], le droit de grève ou encore un statut protecteur pour les syndicats. Toutes choses qui, naturellement, faisaient partie du bagage de la COM.

    Il ne fait aucun doute que les deux programmes auraient aisément pu converger et se compléter, si seulement la COM l'avait demandé, mais... il y avait un "mais", qui allait avoir un poids déterminant pour la suite des évènements : la majorité des zapatistes cultivaient des sentiments RELIGIEUX, et dès lors... les jeux furent faits !

    La funeste conclusion de cela fut en effet qu'entre l'alliance avec ceux qui étaient des révolutionnaires intransigeants, mais non-athées, et celle avec la bourgeoisie capitaliste agraire et urbaine représentée par Carranza, le purisme athéiste anarchiste de la majorité des membres de la COM choisit cette dernière ! Et c'est ainsi que mûrit une opposition, y compris sanglante, entre le mouvement ouvrier organisé et les paysans révolutionnaires.

    Certes ce choix ne fut pas digéré par tous, comme on put le voir lorsque – Carranza ayant fui la capitale, et Villa et Zapata y ayant fait leur entrée – les adhérents de la COM se divisèrent en trois groupes ; la majorité restant avec Carranza, une grande partie de la minorité se ralliant à Villa et le reste à Zapata, parmi lesquels Antonio Díaz Soto y Gama et Luís Méndez.

    En réalité, ce fut Carranza qui se servit de ses nouveaux et temporaires alliés anarcho-syndicalistes : en échange de leur aide militaire (vitale pour lui) contre Villa et Zapata, il leur laissa les mains libres dans l'organisation du travail, ce qu'il pourrait de toute façon révoquer une fois consolidé son pouvoir. Les anarcho-syndicalistes alliés de Carranza formèrent ainsi les bien connus "Bataillons Rouges", qui participèrent à de nombreuses batailles contre les zapatistes dans les alentours de la capitale."

    https://www.anarkismo.net/article/50

    Ce que nous avons là peut paraître "incroyable"... mais n'est en réalité rien de plus que la NORME de la gauche radicale blanche ; car c'est ce que la COM était, d'esprit du moins (cofondée par des exilés de la CNT espagnole, liée à l'"École rationaliste" etc. Casa-del-Obrero-Mundial). Elle fera toujours bloc avec "sa" bourgeoisie blanche contre le "sauvage", le "basané", l'indigène... et le TONNERRE de son soulèvement armé de masse ; sous n'importe quel prétexte et en particulier celui de l'"arriération" ou de l'"obscurantisme" de ce dernier...

    C'est pourquoi nous ne sommes pas de gauche, pas même radicale ; ni de droite ni de gauche, mais MARXISTES ; car comme l'expliquait le grand Abraham Serfaty un-grand-monsieur :

    "Le concept de «Culture Occidentale» est pris pour ce qu'il est, à savoir la Culture de la Société Capitaliste, telle qu'elle a émergé depuis la Renaissance, et telle qu'elle prétend aujourd'hui régenter le monde. Sous cet angle, le marxisme n'est pas partie de la Culture Occidentale. Il en est la négation. Si aujourd'hui il apparaît, notamment pour beaucoup de ceux qui sont encore sous le joug, direct ou indirect, de l'impérialisme et de ses formes d'expression culturelle, comme faisant partie de cette Culture Occidentale, c'est que les courants marxistes actuellement dominants qui ont émergé de ce monde capitaliste n'ont pu se désaliéner complètement de la Culture acquise et n'ont pas poussé jusqu'au bout et dans tous les domaines la négation des structures du monde capitaliste et de sa Culture."

    À bas les sales indigènes "racialistes" et "christiano-gauchistes"... LOL ! Ça ne vous rappelle rien ? Pour certaines choses, l'Histoire semble un éternel bégaiement...

    [Un camarade fait valoir que ce serait plutôt une question d'idéalisme anarchiste, qui va faire avec (parfois) un "brin de mépris" de l'"aliénation religieuse" l'ennemi principal ; citant l'exemple de la lutte principalement anti-religieuse de la CNT-FAI dans l’État espagnol. Nous ne pensons cependant pas que l'on puisse comparer hâtivement ainsi, et ce faisant, écarter du panorama la problématique du racisme et de la "blanchité" du "prolo" blanc ou "blanchi" face aux indigènes sur un  continent colonisé.

    Il est vrai que dans tous les pays européens à la fois industrialisés et très ruraux, il y a eu une tendance à faire de la classe ouvrière une "promotion sociale", méprisant le "cul-terreux arriéré" et s'enchaînant ainsi à la bourgeoisie "progressiste" ; tandis que de l'autre côté le "cul-terreux" la considérait comme une bande de connards hautains, et répondait toujours présent pour enfiler un uniforme et aller la réprimer. Gramsci en parle dans sa Question Méridionale marxists.org gramsci, avec le cas d'une grève à Turin et d'un berger sarde envoyé comme soldat pour la réprimer, qui rencontre un autre Sarde (ouvrier) et discute avec lui, et lui explique que pour lui les ouvriers sont des "messieurs qui gagnent 30 lires par jour" alors que lui, "1 lire et demi au maximum"... Ou encore le cas de "Brest la rouge", l'ouvrière, qui ne parlait pas breton et méprisait les culs-terreux bretonnants de l'arrière-pays. Les instituteurs "hussards noirs" de la Républiiiique, tous "de gauche" voire "socialistes" et même plus tard "communistes", venant "civiliser" nos campagnes et bourgades de "province" souvent opprimées nationales (ou du moins "patoisantes" d'oïl) à coups de "bon français", de morale républicaine tricolore et de "tu seras soldat" ; et les paysans le leur rendant bien en grossissant les rangs de la droite conservatrice – oui, bien sûr, le racisme colonial "civilisateur" n'a finalement jamais été qu'une version "radicale", dans la sous-humanisation des peuples, de cela. Ceci a longtemps (jusqu'à la quasi-disparition des paysanneries) été une arme lourde de contre-révolution préventive.

    Mais justement, cela ne s'applique pas trop à la CNT-FAI espagnole qui est au contraire largement sortie de ce schéma, avec une large base paysanne ; en fait, la seule organisation de l'époque faisant vraiment que dans des régions entières les paysans n'étaient pas unanimement cléricaux et conservateurs. Là, la question a plutôt été celle d'une quadrature du cercle entre combattre une Église première propriétaire foncière du pays, et ne pas heurter le sentiment religieux des petites gens et les offrir sur un plateau aux franquistes. Pas évident... Mais il n'est pas sûr que l'on puisse dire qu'ils l'ont si mal fait que ça et partout, sinon les franquistes n'auraient pas mis 3 ans avec des moyens militaires colossaux pour conquérir les zones républicaines. Au Mexique en revanche, depuis les Lois de Réforme de Benito Juárez (1858-72), il n'y avait plus de grande propriété foncière de l’Église : comme ici avec la Révolution bourgeoise dans les années 1790, elle avait été mise en vente et rachetée par de riches propriétaires séculiers ("réforme" détruisant par la même occasion la propriété collective paysanne indigène...). Les choses était donc très différentes ; l’Église n'était plus une force sociale exploitant directement les paysans, et cet argument ne pouvait pas être invoqué.

    Par contre, puisque l'on parle de la CNT-FAI, la COM a largement été créée en liaison avec des exilés anarchistes espagnols. En fait, TOUT l'anarchisme comme d'ailleurs le marxisme en Amérique latine a été importé ainsi ; se liant, une fois sur place, d'abord à des éléments "progressistes radicaux" (et souvent "libres penseurs", dans une logique d'"éducateurs anti-obscurantistes" du peuple) de la petite bourgeoisie blanche ou "claire". Ensuite, il a été assimilé et a donné de grandes choses ; mais dans un premier temps, que ça nous plaise ou non, ça a posé un problème de blanchité (qui est effectivement un idéalisme, puisque pas l'intérêt matériel réel du "Blanc de peu", mais voilà...) chez ces premiers noyaux de cadres tout droit venus d'Europe ou principalement euro-descendants locaux. Cette affaire du Mexique en est une illustration : les anarcho-syndicalistes ont préféré (en majorité) faire bloc avec l'oligarchie blanche, sous prétexte que les zapatistes étaient religieux (une religiosité assez peu catholique en réalité, plutôt syncrétique avec les croyances indigènes pré-coloniales) ; mais en réalité, surtout parce que c'était un soulèvement indigène ou métis à dominante indigène vu comme "des sauvages" (donc "forcément" obscurantistes et "à la botte des curés" - qui comme souvent dans les soulèvements paysans, pour les petits curés de campagne du moins, avaient en effet tendance à se solidariser de leurs paroissiens).

    Mais on peut le retrouver encore plus tard, et dans le marxisme-léninisme. Vittorio Codovilla était un immigrant italien, dirigeant du Parti communiste d'Argentine et de fait superviseur du Komintern pour toute l'Amérique du Sud, qui a rejeté les thèses de Mariátegui indigenisme-marxiste-mariategui en les renvoyant à du "populisme russe". Sauf qu'aujourd'hui... Mariátegui est une pensée politique dont très au-delà des "gonzalistes" (maoïstes) nous ne pensons pas qu'il y ait un courant anticapitaliste et anti-impérialiste sur le continent, "stalinien" ou anti-stalinien, qui ne s'en réclame pas ; tandis que Codovilla, lui par contre, est resté dans (les poubelles de) l'histoire comme le dirigeant d'un des PC à l'opportunisme le plus pourri, jusqu'au soutien à des coups d’État (contre Perón) etc., de tout celui-ci.

    C'est ce qu'explique Serfaty : le marxisme ne fait pas partie de la "culture occidentale", il en est la NÉGATION. Mais LES MARXISTES c'est autre chose ; et lorsqu'ils arrivent d'Europe sur un continent colonisé, c'est souvent laborieux pour qu'ils se dégagent intellectuellement de la "culture occidentale", "tuent le Blanc" en eux comme qui dirait...]


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  • Ce qu'il se passe, c'est que le dispositif total de contre-révolution préventive post-Guerre froide a fini par réussir à substituer au traditionnel clivage entre droite et gauche bourgeoise, conservatisme libéral et réformisme social, un nouveau prétendu clivage entre "ceux d'en haut" et "ceux d'en bas", entre consensus néolibéral incarné en Europe par le droit communautaire, et mouvements populistes.

    Et ce clivage représente pour les masses populaires un piège ENCORE PLUS mortel que celui d'avant car, comme on a déjà pu le voir en Grèce et maintenant en Italie, une éventuelle alliance des populistes "de gauche"... et de droite est la GARANTIE d'une tranquilité TOTALE pour les intérêts (précisément) de "ceux d'en haut", tant la culture politique forgée par ce populisme est TOTALEMENT étrangère à celle du mouvement ouvrier dont la gauche bourgeoise d'hier était (en partie du moins) issue.

    Syriza-ANEL hier en Grèce, M5S-Lega aujourd'hui en Italie ; le FASCISME MODERNE a désormais atteint la quintessence de son dispositif d'emprisonnement : lorsque les populistes "de gauche" ne livrent pas leur électorat au consensus néolibéral pour "faire barrage à l'extrême-droite" (comme Mélenchon l'année dernière)... ils s'allient avec elle.

    Il ne reste plus d'autre porte de sortie à ce cadenassage que la Guerre du Peuple, dans une autonomie garantie par la conception communiste du monde qu'il nous appartient de diffuser autour de nous.

    https://www.franceinter.fr/monde/italie-les-futurs-dirigeants-demandent-a-la-france-de-se-meler-de-ses-affaires

    Après la Grèce, l'Italie


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  • [Nous ne partageons bien sûr pas toute l'analyse et notamment la foi en le PCV, certes l'un des "moins mauvais", des "plus ML" PC historiques encore existant dans le monde à ce jour, mais à notre avis incapable d'assurer le "dépassement" dont il est question ici, comme en témoigne sa stratégie essentiellement électorale. Mais sinon, dans les grandes lignes, globalement OK... Disons qu'en remplaçant "stratégie du PCV" par "construction d'un authentique PC révolutionnaire (pourquoi pas à partir d'une "fraction rouge" dans le PCV, oui !) et Guerre populaire", on aurait à peu près exactement notre point de vue.]

    Je crois qu'il y a beaucoup de camarades qui ne voient pas la portée des événements au Venezuela, je vais donner mon avis sur les enjeux derrière l'élection d'hier. J'aimerais que les camarades intéressés par la question lisent jusqu'à la fin et qu'ils donnent leurs avis en commentaires.

    Avec la victoire de Maduro d'hier, le mouvement révolutionnaire vénézuélien a effectivement remporté une victoire. Mais ne nous emballons pas, c'est une victoire très immédiate et qui ne garantit en rien le futur du mouvement même dans le court terme.

    [Le mouvement révolutionnaire, oui, au sens d'activité réelle des masses populaires dans le sens du socialisme, telle qu'elle s'exerce depuis 1999 sous l'aspect capitaliste-bureaucratique modernisateur et montée et intégration d'une nouvelle bourgeoisie émergente à la bourgeoisie bureaucratique-compradore, qu'a aussi le "bolivarisme" discussion-sur-la-gauche-en-amerique-latine-et-la-bourgeoisie-bureaucr. Une réalité populaire révolutionnaire que peut décrire jusqu'à un libertaire comme Ciccariello-Maher ici (expliquant comment les libertaires y compris locaux, et encore plus ceux qui se basent sur leurs analyses en Occident n'ont "rien compris"... mais il serait possible d'en dire autant de bon nombre de maoïstes, y compris du continent et tout à fait respectables par ailleurs, qui tendent à s'arrêter au "spectacle" pseudo-révolutionnaire populiste de la bourgeoisie bureaucratique et à ne pas voir la réalité populaire "dessous", celle-là même qui a en fait poussé des fractions de la bourgeoisie à ce "spectacle" caudilliste de gauche) : La-commune-au-Venezuela-et-les-luttes-pour-la-decolonisation.pdf]

    1) La bourgeoisie commerciale et financière vénézuélienne et l'impérialisme américain et européen ne comptent pas sur les élections d'hier pour retourner au pouvoir et écraser les conquêtes du mouvement commencé en 1999. Le boycott et la dénonciation des élections, dont l'ingérence impérialiste est une composante fondamentale, sont la première phase de la stratégie réactionnaire. Ils ne présentaient aucune candidature à la hauteur de Maduro, la victoire de ce dernier fait donc paradoxalement partie tant de la stratégie du mouvement révolutionnaire que du mouvement réactionnaire. La suite de la part de ce dernier est le déclenchement d'un soulèvement et potentiellement d'une guerre civile avec intervention militaire impérialiste pour détruire le mouvement révolutionnaire.

    Donc le mouvement révolutionnaire n'a pas remporté une victoire stratégique, tout simplement car il n'y a pas eu de bataille, l'armée adverse refusant de batailler sur le terrain que le mouvement révolutionnaire lui avait proposé. La vraie bataille stratégique est donc à venir et l'impérialisme, ayant sauvegardé ses forces des dégâts qu'une vraie défaite électorale hier auraient supposés, réalisera sa vraie offensive dans pas très longtemps sous la forme d'un soulèvement fasciste à grande échelle. Le camp révolutionnaire de son côté, nécessitait une large victoire hier qui s'est effectivement produite.

    2) Quand je dis "mouvement révolutionnaire" je parle pas évidemment que du PSUV de Chávez et Maduro. Je parle du mouvement révolutionnaire permanent (pas au sens trotskiste, encore heureux) provoqué par les contradictions de classes dans le capitalisme qui a commencé comme révolution démocratique en 1999 et qui doit se transformer en révolution prolétarienne. Le Venezuela étant jusqu'à là, et encore aujourd'hui à cause de la configuration de son économie dépendante des grandes concentrations de capitaux étrangers, un pays sous le joug de l'impérialisme, cette révolution démocratique était nécessaire. Alors, pas d'analogies fastoches en France sur une soi disant "révolution nationale" ou "refondation du CNR".

    Le mouvement révolutionnaire trouvait, en 1999, sa meilleure expression dans le parti national-démocratique de Chávez (MVR d'abord et ensuite PSUV), un mouvement d'inspiration petite-bourgeoise qui visait à mieux distribuer les rentes pétrolières parmi la population. Mais bien entendu, cette position ne prévoyait pas le dépassement des logiques capitalistes de propriété, production et accumulation. Il s'est limité à dévier les rentes du pétrole vers les services à la personne, qui ont bien entendu amélioré pendant quelques années le niveau de la population, notamment des secteurs les plus appauvris. Mais ce, au prix de la formation d'une bureaucratie pétrolière d'État issue de la gestion publique capitaliste des rentes pétrolières sans ancrage dans les organisations populaires et ouvrières. Cette bureaucratie est devenue alliée de l'armée, profondément chaviste, et forme aujourd'hui le gros des secteurs dirigeants de la structure de l'État bourgeois au Venezuela.

    Pendant les premières années de la révolution démocratique, la bourgeoisie a opté pour une stratégie conventionnelle de communication de masses + reprise du pouvoir par la voie électorale, qui lui a très bien servi dans des cas similaires dans le continent. Mais au Venezuela la révolution démocratique s'est montrée plus forte qu'ailleurs, gagnant une après l'autre la plupart des élections. Les méthodes de la bourgeoisie commerciale et financière se sont ainsi endurcis surtout après la très suspecte mort d'Hugo Chávez en 2013 : boycott économique interne, étranges mafias qui accumulent et spéculent massivement avec les produits basiques importés et la monnaie, blocage commercial et politique impérialiste, politique agressive de prix du pétrole de la part des pays de l'OPEP.

    Le gouvernement du PSUV, profondément marqué par l'alliance des forces sociales (bureaucratique-militaire) sur laquelle il base son existence, ne peut pas donner de solutions au bordel économique provoqué par ces mouvements de la bourgeoisie commerciale et financière étroitement liée à la bourgeoisie monopoliste des pays impérialistes. Ces secteurs dominants dans l'État tirant leur existence des logiques capitalistes de production et accumulation, ne peuvent donner que des solutions capitalistes à des problèmes créés par la bourgeoisie sur la même logique capitaliste. La misère et la pénurie s'installent dans la population face à un gouvernement impuissant.

    3) C'est ainsi qu'on arrive à la situation où on est aujourd'hui. Les contradictions au sein du mouvement se font sentir, la direction du PSUV s'affaiblit. Ses alliances avec les autres partis (dans le Grand Pôle Patriotique Simón Bolívar) deviennent des instruments électoraux à son profit et non des instruments de coordination entre les forces anti-impérialistes. À l'intérieur du PSUV, des secteurs de droite commencent à prendre des positions de plus en plus hésitantes et à agir dans l'ombre pour des concessions à l'impérialisme. Ainsi, après une année de contrôle absolu des structures de l'État par le PSUV, le bilan est extrêmement mitigé : pas de contre-offensive générale contre une droite fasciste atomisée et désorientée après la tentative de coup d'État du printemps 2017 qui a coûté la vie à une quarantaine de personnes, pas de mesures fortes contre la pénurie capitaliste, délaissement de structures productives propriétés de l'État, répression dans certains cas des légitimes manifestations populaires et anti-impérialistes contre la misère.

    À ce stade, le PCV, deuxième force de l'anti-impérialisme au Venezuela, prend une position très claire : dépassement de la crise capitaliste sur la base du mouvement ouvrier et populaire, construction sur cette base de l'économie productive dont le pays manque dramatiquement. Des mesures que l'alliance au pouvoir ne peut pas construire car diamétralement contraires à son essence capitaliste. C'est donc une affaire de classe. Pour cela, la stratégie du PCV passe par la construction d'une alliance de la classe ouvrière avec les secteurs appauvris sous la direction de la première qui soit en mesure de construire sur cette base la structure productive qui donnera sa vraie indépendance au pays vis à vis de l'impérialisme et qui garantira la sauvegarde des conquêtes depuis 1999. C'est évidemment le socialisme et la dictature du prolétariat qui sont visés.

    Pour les communistes (les marxistes-léninistes) non vénézuéliens il est urgent de commencer à se positionner différemment devant l'affaire vénézuélienne. Ne pas supporter seulement le mouvement anti-impérialiste, mais la nécessaire direction ouvrière dont il a besoin pour survivre et avancer. Défendre le socialisme, la dictature du prolétariat comme le fait le PCV dans le pays. Ne pas rester sur des analyses superficielles auxquelles on est habitués, les dépasser et voir toutes les contradictions. Apprendre de ce qu'il se passe au Venezuela pour développer notre vision de la lutte de classes. Défendre les conquêtes passées et celles à venir. Le Venezuela sera, dans les mois et les années à venir, un guêpier de la lutte de classes, avec une issue encore incertaine. Soit l'impérialisme l'emporte avec la passivité du PSUV, soit le mouvement avance vers une direction de classe sous le drapeau du PCV. Et nous qui regardons de l'extérieur, devons nous mobiliser en faveur du mouvement révolutionnaire, pour qu'il avance vers l'organisation ouvrière, la destruction de l'État capitaliste et la construction de l'État ouvrier.

    Analyse d'un militant ML sur le Venezuela

    Complément (échange de commentaires) :

    "Faut tout de même se demander pourquoi, après 18 ans d'un pouvoir qui prétend défendre les classes populaires, Maduro obtient 6,2 millions de voix sur 20 millions d'électeurs inscrits et une population de 32 millions d'habitants."

    Parce qu'il y a un essoufflement d'une politique qui n'est pas socialiste ni même "de NEP", additionné à la disparition (sans doute par empoisonnement) de la figure charismatique qui mobilisait sur sa seule personne ; une incapacité à lutter, et même une tendance à renforcer par certaines pratiques (corruption, clientélisme, capitalisme bureaucratique) l'asphyxie économique par l'impérialisme et les oligarques hostiles, etc.

    Bref une nécessité de dépassement, qui A LES BASES pour exister car "sous" ce qui n'a effectivement jamais été que le "spectacle" castro-péroniste d'une restructuration du système et d'un containment des luttes populaires, il existe (justement) toute une vie populaire de mobilisation, d'auto-organisation, d'école permanente de communisme http://ekladata.com/.../La-commune-au-Venezuela-et-les....

    Reste à trouver la juste voie de ce dépassement, car pour toi ce sera évidemment une rupture menée par les organisations trotskystes ; pour d'autres comme le camarade dont nous avons repris l'analyse ici http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/analyse..., une montée en puissance du PCV ; et pour nous une Guerre populaire maoïste, compliquée et pour tout dire de l'ordre du pur slogan du vivant de la figure "bloquante" de Chavez, mais qui pourrait maintenant tirer profit de l'infinie dérive capitulatrice droitière du PSUV, comme au Brésil où (par contre) la "gauche" de Lula a toujours été droitière et a permis à un grand mouvement maoïste de se développer en démasquant l'opportunisme des directions syndicales, paysannes sans terre (MST), "communistes" et même dans certains cas trotskystes, etc. ; jusqu'au retour final (par "coup d’État parlementaire") de la droite qui signifie maturité complète des conditions.

    "Si les États-Unis voulaient asphyxier le Venezuela, ils ne lui achèteraient pas 40 % de son pétrole et saisiraient la compagnie vénézuélienne de pétrole aux États-Unis."

    Si les États-Unis voulaient en finir avec le chavisme, ils ne l'asphyxieraient pas mais feraient un coup d’État militaire ou carrément l'envahiraient militairement. Sauf que ce serait politiquement chaud. Il y a 50 millions de travailleurs latinos, aux US, susceptibles de se solidariser  infiniment moins d'Arabes quand il s'agit d'attaquer un pays du Moyen Orient.

    Il y a eu tentative de "mix" entre révolution colorée et coup d’État en 2002 : échec. Puis tentative sur tentative de révolution colorée, et toujours échec.

    Ils ont compris qu'il fallait un ralliement populaire à l'opposition, qu'ils essayent d'obtenir par la crise économique. Mais même ça, ça doit rester discret. Saisir les avoirs de PDVSA aux États-Unis, ça choquerait, mettrait les Russes et les Chinois et peut-être même les Européens vent debout.

    Une intervention militaire est possible mais il faut pour cela que le pays sombre préalablement dans le chaos, que des affrontements fassent des milliers de victimes, et sans doute que ce soit couvert par l'OEA.

    Il ne faut pas que ça fasse comme au Honduras où le coup d’État de 2009 (pourtant relativement "propre" et appuyé par les élus civils), "enfant fait dans le dos" d'Obama (fraîchement élu) par les secteurs bushistes (en mode à la branque et "baroud d'honneur"), s'est retrouvé avec tout le continent contre lui y compris des gouvernements aussi droitards que la Colombie, le Mexique etc. etc. (et tous les grands États européens, bref).

    À la limite il faudrait une méga-affaire de corruption pour amener à un coup d'État constitutionnel interne, comme au Brésil avec Dilma et Lula, ou en Équateur pour fermer la porte à tout retour de Correa et liquider le vice-président chargé par celui-ci de "surveiller" son successeur lenin-moreno-le-gorbatchov-equatorien. Mais là non plus, même si on imagine le régime gangréné par la corruption, ça ne marche pas...

    "La situation de Lula au Brésil est différente : il n'a aucune influence sur l'armée. On peut supposer que Maduro a tout de même pas mal de relais parmi les militaires, dans la foulée de Chavez. Sans compter la rivalité entre la bourgeoisie traditionnelle pro US et la "bolibourgeoisie" qui tient sa richesse du pouvoir chaviste."

    Certes. C'est une base de la solidité du régime. Mais une autre, en dépit du recul de l'enthousiasme lors des grandes messes électorales, reste la base populaire. Ce n'est pas le Brésil où Lula n'a fait qu'envoyer deux fois plus de flics aux pauvres pour leur tirer dessus bresil-nettoyage-social.


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  • https://fr.wikipedia.org/wiki/Ligne_de_masse

    La ligne de masse, c'est donc une méthode de travail qui vise à éviter l'aventurisme gauchiste, ou le "commandisme" (imposer sans discussion son point de vue aux masses, avoir tout compris et elles "rien", faire de la "contrainte en communisme" comme d'autres en religion en quelque sorte)... MAIS AUSSI le suivisme, c'est à dire se mettre à la remorque de leur niveau de conscience actuel, et capituler des idées justes en fonction de cela, ou refuser de traiter des questions qui "n'intéresseraient pas" les masses.

    Car sinon, autant tout simplement ne pas être communiste ; puisque lorsqu'un Parti communiste commence son activité, moins de 5% des masses en général veulent le socialisme et le communisme. Un Parti communiste chinois s'est créé en 1921, avec 13 gars dans une petite maisonnette (57 militants dans tout le pays au total), pour instaurer une société dont à ce moment-là moins de 1% des masses chinoises voulaient.

    Il en va de même pour parler d'antiracisme politique et de révolution indigène décoloniale, chose dont encore à l'heure actuelle, on pourrait dire que la majorité dans les quartiers se fout. Ou d'une indépendance (ou d'un large fédéralisme) socialiste pour l'Occitanie.

    On pourrait encore ajouter non seulement que (comme on l'a déjà dit) "la pratique" d'où viennent les idées justes est L'ACTIVITÉ SOCIALE des masses en général, et non la seule pratique militante de l'organisation révolutionnaire ; mais aussi que les masses ont un présent... ET UNE HISTOIRE. Les "idées et éléments de connaissance, souvent confus et non systématisés" ne se recueillent pas seulement dans la réalité présente des masses, mais aussi dans leur histoire passée. C'est aussi une HISTOIRE d'oppression et de luttes qui fait que l'Occitanie ou la Bretagne ou les colonies intérieures indigènes, ou New Afrika ou Aztlán aux États-Unis sont des réalités historiques, et aussi (de ce fait, donc) des réalités présentes scientifiques, "statistiques", même si tel ou tel individu pris individuellement, ou même 1.000 ou 10.000 individus pris au hasard collectivement (en rencontre-t-on vraiment beaucoup plus dans un travail de "ligne de masse" ?) n'en ont pas ou pas majoritairement conscience.

    De toute façon, si l'on croit au matérialisme dialectique (Diamat) on croit à un Sens de l'Histoire vers le communisme et la libération des peuples, et à ce qu'il FAUT dans chaque situation nationale particulière pour parvenir à cette libération ; il n'existe pas de "choix" humain quant à cet horizon inéluctable de l'humanité (ce que les anciens appelaient "Fin des Temps" ou autre, vers laquelle l'humanité allait par une volonté supérieure appelée "Dieu"), simplement le choix de se placer du bon ou du mauvais côté de la barricade, et le travail des révolutionnaires qui consiste à amener le plus de gens possible du bon côté, pour en avoir le moins possible à combattre en face.

    La ligne de masse est plutôt à concevoir comme une méthode d'"évangélisation" pour gagner ainsi le plus de gens possible aux objectifs révolutionnaires sans "contrainte en communisme", sans brusquerie qui susciterait leur rejet. Elle sert à dégager les idées justes en matière de travail politique, de style de travail, de priorités tactiques ; mais pas de caps stratégiques, qui sont prédéfinis.

    Elle ne sert pas à définir, au sens de "décider", où va le Sens de l'Histoire ; mais simplement à la rigueur à (au sens de) en PRENDRE CONSCIENCE lorsque cette conscience n'est pas encore claire. L'étude scientifique du capitalisme industriel au 19e siècle, et non un "référendum" parmi les ouvriers et les paysans rencontrés, a fait dire à Marx et Engels que le communisme à travers un processus appelé socialisme était l'objectif de l'humanité. Ils ont pu dire de la grosse merde au début sur le colonialisme, puis l'observation de cette réalité concrète les a amenés petit à petit à comprendre qu'il fallait le combattre et que les luttes contre lui étaient justes. L'observation de la réalité politique et sociale, et en premier lieu des partis bourgeois ou socialistes réformistes, a fait dire à Lénine que la Russie n'avait pas besoin d'une révolution bourgeoise et d'un siècle de règne de la bourgeoisie mais pouvait mener une révolution ouvrière-paysanne directement. Rappelons qu'entre 1900 et la Révolution d'Octobre 1917, il a passé en tout et pour tout... moins de 18 mois en Russie, et rarement dans le feu de l'action, se faisant très discret pour échapper à l'arrestation ; tandis que les bolchéviks qu'il dirigeait n'avaient pas (jusqu'à la fin de l'été 1917) d'influence réelle sur les évènements. Les échecs des années 1920 ont amené Mao à comprendre la centralité de la paysannerie pour la révolution en Chine ; et Mariátegui de même au Pérou, cloué dans un fauteuil roulant, pas des masses sur le "ter-ter" le gars... Nous sommes maoïstes parce que nous constatons que, pour le peu qu'il y a de mouvements communistes en lutte actuellement dans le monde, ceux qui se revendiquent MLM sont ceux qui "marchent" le mieux, ceux qui ont les idées les plus justes sur leurs pays respectifs et la situation continentale et mondiale, et les meilleures "solutions" à ces problèmes.

    Mais tout cela n'a pas été "décidé", comme si une autre décision était possible : c'était le Sens de l'Histoire dans ces pays, et cela a simplement été COMPRIS.

    Et aujourd'hui, comme il n'y a pas seulement un présent mais aussi un passé, et déjà 170 ans de socialisme scientifique marxiste et de luttes sur cette base ; et plus encore, 5 siècles de capitalisme sous toutes ses formes partout dans le monde et de luttes contre lui ; il y a probablement beaucoup plus de questions qui ne se POSENT PLUS que d'autres pour lesquelles il faut encore s'assurer par "l'enquête" que le mot d'ordre, l'objectif fixé, est le bon.

    On l'a dit, répétons-le encore une fois : nous SAVONS que le Sens de l'Histoire est le communisme à travers le socialisme, et nous n'allons pas "aux masses" armés d'une autre certitude ; alors pourtant que le mouvement communiste a traversé à partir des années 1980 une phase de grande défaite et de reflux, et que même si ça repart un petit peu, en Occident en 2018, une "enquête" dans une véritable "ligne de masse" devrait conduire à abandonner tout militantisme pour cet objectif dont une large majorité ne veut pas.

    La ligne de masse est donc une méthode de travail pour, à partir de leur "perception diffuse" que "quelque chose ne va pas" et qu'il "faut que ça change" (ce que Gramsci appelait le "bon sens", opposé au "sens commun" aliéné à l'idéologie dominante), amener les masses à la nécessité du communisme et à tous les mots d'ordres justes au regard de cette nécessité.

    ELLE N'EST PAS une méthode pour décider de quoi on va leur parler, à quels objectifs justes on va œuvrer à les rallier : ceci n'est certes pas décidé par pure fantaisie, mais par un travail scientifique d'étude, d'analyse, de réflexion qui ne se réduit pas à "aller écouter les masses".

    De toute façon, encore une fois, s'il en était ainsi on ne se revendiquerait même pas communiste. Ce en quoi la "ligne de masse" a été convertie, et pervertie, c'est tout simplement en une EXCUSE pour ne pas aborder les questions qui "dérangent", qui bousculent les "petits conforts intellectuels" produits des "petits privilèges" par lesquels la classe dominante monopoliste hiérarchise et aliène les unes contre les autres des parties des masses populaires. Comme la libération des colonies intérieures, que ce soit aux States ou en Hexagone, par exemple.

    Sur la ligne de masse


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  • Punchlines FB : #DeLaPratique #LigneDeMasse

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  • L'islamophobie reposerait sur une "réalité", celle de la "barbarie terroriste islamiste" ; tandis que l'antisémitisme ne reposerait que sur des "fantasmes".

    Mais cet argument est fallacieux. Car dans l'antisémitisme pré-Shoah, la Révolution bolchévique c'était le "Règne du Juif" et déjà "des millions de morts" (les crânes sur lesquels est assis le Juif sur cette affiche de propagande collabo ukrainienne) ; l'anéantissement d'une "brillante civilisation européenne", celle de l'aristocratie russe "d'origine nordique" ; et le reste de l'Europe n'y avait échappé que "de justesse" au début des années 1920 grâce à "des héros" comme Mussolini, les Corps Francs allemands avec dans leurs rangs le jeune Hitler, Pilsudski, Primo de Rivera puis Franco, Salazar etc. Et "d'ailleurs" (pour certains), "la Révolution française c'était déjà eux", "avec les francs-maçons".

    Comme association à un truc vraiment "trigger", on pouvait difficilement faire mieux ! Et c'est ainsi que les vieux préjugés anti-juifs, ayant longtemps consisté à "limiter leur influence" dans les sociétés post-révolutions bourgeoises, ont conflué dans une machine exterminatrice.

    L'on pourra alors toujours, certes, "ne pas mettre sur le même plan" le marxisme-léninisme et l'islam politique. Ce dernier est, en dernière analyse, un nationalisme bourgeois aux orientations diverses, dépendant beaucoup du contexte local ; prenant parfois la forme d'un expansionnisme régional réactionnaire (Daesh) qui oblige à le combattre mais dans d'autre cas, celle d'une résistance nationale à soutenir contre l'impérialisme et le sionisme (Hamas et JIP en Palestine, Hezbollah au Liban) ; avec les mouvements moros dans le Sud des Philippines ou kashmiris dans le Nord-Ouest de l'Inde, face à un ennemi oppresseur commun, les camarades maoïstes sont dans une démarche de non-agression, etc.

    Et dans tous les cas, un nationalisme bourgeois qui fait chier les monopoles impérialistes dans la "Région intermédiaire" fondamentale pour l'économie mondiale ; et dont la perception comme une menace existentielle pour la "civilisation occidentale" est porteuse des mêmes germes exterminateurs.

    On entend souvent qu'il y aurait une "différence" entre l'islamophobie actuelle et l'antisémitisme :


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  • [Lire notre analyse à ce sujet : 1 - 2 - 3 - 4]

    Sur cette Une de L'Obs (devenu véritable Je Suis Partout du macronisme), on peut trouver comme exemples du "retour de flamme de la radicalité" les totos du Comité Invisible, les "casseurs" du "cortège du tête" désormais présent dans toutes les manifs, et... le PIR, qui comme chacun-e le sait "n'existe pas sur le terrain", "ne fait rien" sinon des "conférences d'universitaires bourgeois".

    Ben oui... Le Pouvoir bourgeois craint la gauche radicale blanche quand elle est "extrémiste" et "violente", casse des trucs et fait des dégâts qui coûtent des sous.

    L'auto-organisation indigène par contre, avec toutes les limites idéologiques ("postmodernes", "réformistes" ou autres) que l'on voudra bien s'amuser à lui trouver... il lui suffit d'exister pour être attaquée par les chiens de garde du Système.

    Si tu es un gauchiste blanc occidental du 21e siècle, et que tu ne casses pas des trucs qui vont coûter des ronds aux contribuables (= à ses électeurs), le Pouvoir ne s'intéresse pas à toi, ne te craint pas, tes IDÉES en tant que telles ne lui font pas peur !

    Si par contre tu t'organises politiquement (dans une relative "punchline" intellectuelle) en tant que représentant vivant du fait que le Système France est un Empire néocolonial qui vit sur le dos de dizaines de pays dominés, et de communautés de travailleurs issus de ces pays formant des colonies intérieures en métropole impérialiste... c'est une autre histoire.

    Voilà qui illustre encore une fois magistralement que la violence révolutionnaire "spectacle" en tant que telle n'est rien ; LA LIGNE POLITIQUE EST TOUT.

    Pour preuve : une ligne politique embryonnairement correcte, qui commence simplement à soulever des questions fondamentales que personne d'autre ne soulève, est diabolisée sur le même plan, voire en des termes plus infâmants et "triggers" encore qu'une violence causant des dizaines voire centaines de milliers d'euros de dégâts.

    C'est la raison pour laquelle la ligne politique authentiquement révolutionnaire, la "Pensée" doit être élaborée, permise d'éclore et développée en même temps que défendue contre le dispositif contre-révolutionnaire préventif à trois mâchoires dogmato-fossile ("stal" ou même "maoïste", anar, trotsko ou conseilliste peu importe), mouvementiste terteriste anti-intellectuel et postmoderne dissolvant-individualisant, finalement moraliste et en dernière analyse libéral "radical" (en allant peut-être, dans ce dernier cas, au-delà de l'écran fumée qu'il représente pour s'emparer des bonnes questions qu'il recouvre et leur apporter des réponses matérialistes, "traduire" ses concepts etc. etc.*).

    À partir de là, comme on dit, la lutte révolutionnaire de ter-ter "s'apprend en la menant". Mais il n'est pas possible de la mener correctement, et de là enrichir et développer la théorie (la "Pensée") de façon correcte, sans avoir un minimum d'une telle théorie - conception révolutionnaire du monde - "Pensée" correcte comme point de départ ; sur la base (certes) "de la pratique", oui : des 170 ans d'histoire qu'a le mouvement mondial dit communiste, et plus encore les luttes populaires non-guidées par la théorie scientifique initiée par Marx et Engels au milieu du 19e siècle (si la "Pensée" ne peut naître "que de la pratique" de celles et ceux qui l'élaborent... qu'on nous explique qui, au juste, n'aurait pas une telle "pratique" ? le syndicaliste qui se crève le cul 30 heures par semaine, en plus de son travail, à défendre ses collègues exploités n'a "pas de pratique" peut-être ? et pourtant, il vote Mélenchon... preuve que la ligne politique PRÉCÉDANT la pratique - et la guidant - est déterminante, même si ensuite bien sûr l'expérience pratique l'enrichit).

    De là le fait que "le PIR" (mouvance bien plus large, dans l'esprit des rédacteurs de L'Obs, que l'orga réelle), qui soi-disant "ne fait rien dans le concret" mais pose des pierres considérables pour construire une telle "Pensée" préalable à une action révolutionnaire qui aille quelque part, se retrouve placé à un niveau de "menace stratégique" supérieur à des gens théoriquement vides dont n'est craint que l'éventuel coût pour les finances publiques...

     

    * Le problème du postmodernisme ce n'est pas qu'il ne soulève pas de bonnes questions, il en soulève même d'excellentes ! Mais c'est qu'il y apporte des réponses erronées, anti-scientifiques (puisque "rien" n'est juste ni erroné, "tout dépend"), individualistes : en dernière analyse c'est un libéralisme "radical", et il a été concrètement fomenté depuis les années 1970 (French Theory, puis toutes les idpols et autres "studies" "intersectionnelles") voire 1960 (version primitive qu'était l’École de Francfort) CONTRE le matérialisme et la scientificité nécessaire à la révolution.

    En fait la bonne démarche, que SLP tend à adopter depuis des années, c'est de prendre les bonnes questions postmodernes pour y apporter de bonnes réponses matérialistes dialectiques. Car toutes en ont, en fait !

    "Critique de la Modernité" ? Mais bien sûr ! Il y a une réponse marxiste à cela : en tant que lutte de classe, la révolution bourgeoise (car il faut souvent traduire et la traduction de la Modernité c'est ça : le triomphe du capitalisme et de la bourgeoisie) a été menée contre l'aristocratie, le cléricalisme... MAIS AUSSI contre les masses populaires paysannes et proto-ouvrières. Qui sur bien des aspects, tout en bénéficiant du progrès technique et scientifique (dans la productivité, le remplissage de l'assiette, la santé etc.), ont PERDU politiquement et socialement par rapport à l'époque féodale, où il fallait verser son petit tribut au seigneur, mais il pouvait y avoir beaucoup plus d'auto-organisation et d'autonomie politique populaire du-pais-a-la-commune-populaire du-pais-a-la-commune-populaire-2 qu'aujourd'hui. Sans même parler du colonialisme accompagnant l'accumulation primitive, puis la révolution industrielle et enfin l'ère des monopoles.

    Critiquer la Modernité c'est tout simplement prendre en compte ce double aspect du processus bourgeois entre la fin du Moyen Âge et le 20e siècle, en rompant avec le roman du "Progrès" d'un point de vue exclusivement bourgeois (la "liberté" bourgeoise faisant unilatéralement et exclusivement le bonheur du peuple, depuis les premières communes du Moyen Âge jusque aujourd'hui et pour l'éternité). C'est tout à fait faisable avec la science marxiste.


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  • Le FN, "antisioniste"... MDR

    (La source originale comme quoi ce n'est pas un fake : MLP_officiel/status/996372918107082752)

    La journaliste et polémiste ultra-conservatrice (trumpiste) Ann Coulter est aussi du même avis pour la "frontière mexicaine" (en réalité, le Mur qui coupe le Mexique en deux, entre le Nord occupé depuis 1848 et le Sud vaguement "indépendant")  :


     


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  • (Échange en anglais, traduit par nous)

    "La position des maoïstes est que les nations opprimées ont un DROIT à l'autodétermination si elles font ce choix. Lorsqu'il y aura une République socialiste dans ce qui est maintenant les États-Unis, si certaines tribus (sic...) veulent leur propre territoire indépendant, alors la République socialiste ne les combattra pas comme des ennemis pour ce territoire mais au contraire défendra leur droit même si la nation opprimée veut un État capitaliste et non socialiste. Sur la question nationale, il ne serait (cependant) pas nécessairement correct pour les communistes de venir dans la nation opprimée et d'y prôner la sécession vis-à-vis de la République socialiste. Il serait simplement correct, si le désir de se séparer émerge, que la République socialiste l'autorise (tandis que tout autre territoire prétendant faire sécession en faveur du capitalisme serait combattu)."

    "Un DROIT à l'autodétermination"... mais en espérant (plus ou moins secrètement) qu'ils ne se "déterminent" pas ainsi ? Ou non ? Cela me fait penser à certains trotskystes européens partisans d'un "État unique" en Palestine, en sachant bien que cet État unique est certes la position correcte dans l'absolu (la position historique de la gauche palestinienne...), mais peut aussi vouloir dire... l'Afrique du Sud actuelle (et rien moins que le président israélien Rivlin s'est prononcé en sa faveur).

    C'est quoi exactement, la "volonté du peuple" ? Au jour d'aujourd'hui probablement moins de 10% des Noirs états-uniens veulent une République socialiste de New Afrika, des Chicanos un Aztlán socialiste et la Réunification avec le Mexique, des Nations indigènes des États indépendants socialistes ou même capitalistes... et encore moins de travailleurs blancs, de ta version maoïste du socialisme.

    Il y a la "volonté du peuple" à l'instant où nous parlons... et ce qu'elle sera demain, ou dans 30 ou 50 ans ; ceci dépendant de la propagande que nous diffuserons ; et cette propagande repose sur un objectif stratégique, une conception du monde, quelque chose que nous pensons (dans notre conception communiste du monde) être le but et la justice populaire, la réparation (par exemple) vis-à-vis d'un peuple et en même temps un coup dans les bases de la puissance d'un État au service des monopoles impérialistes ; en un mot le Sens de l'Histoire.

    Il est facile de dire "s'ils en décident ainsi, ils ont le droit", mais d'espérer en réalité et de tout faire pour qu'ils n'en décident pas ainsi.

    En 1950, une minorité d'Algériens était en faveur de l'indépendance. Ils subissaient le joug et les atrocités des colons, mais la position majoritaire était en faveur de conquérir leurs droits civiques et démocratiques dans une Algérie française. Et le Parti "communiste" français espérait fermement qu'il en resterait toujours ainsi ! Les choses ont changé avec la Guerre de Libération, suite au soulèvement FLN de la Toussaint 1954, pour arriver en 1962 à une majorité de 99% en faveur de l'indépendance et d'un "socialisme arabe". Et bien entendu (comme il fallait s'y attendre)... le PCF a d'abord commencé par s'opposer à ce soulèvement "réactionnaire", puis prôné la "paix" et une "solution démocratique", parfois (pas toujours...) dénoncé la torture et les crimes de l'armée impérialiste, et finalement défendu l'"autodétermination"... tout à la fin, lorsque De Gaulle lui-même s'était rallié à cette solution.

    Je suis tout à fait d'accord que "l'identité ne prime pas sur la ligne politique" et que "s'il en était ainsi, tous les groupes sociaux opprimés auraient déjà une ligne communiste parfaite mais ce n'est pas le cas". Je suis un ennemi résolu de l'identity politics et je ne suis pas un partisan du rien-faire, du cul-dans-le-fauteuillisme non plus. Mais l'"opportunisme identitaire" ne peut pas être non plus le mot magique pour mettre un point final à toutes les questions qui dérangent. Lorsque des personnes indigènes, colonisées (lambda, ne se prétendant pas une organisation d'avant-garde !) parlent de leur expérience, et que la première chose sur laquelle tu te focalises est que "Exister c'est résister est un typique slogan idpol de merde et un argument pour ne rien faire", ta notion du principal et du secondaire tend à montrer qu'en réalité tu n'as pas envie d'entendre ce que ces gens ont à dire.

    Il est facile, en réalité, d'être au courant des luttes autour de soi et d'adopter une posture anticolonialiste en carton pour marquer des points et se faire mousser ; dans le style : "le collectif maoïste le plus avancé aux États-Unis aujourd'hui est en Aztlán".

    Mais voilà : l'Histoire, c'est que le Sud-Ouest des États-Unis est les États-Unis à la suite d'une guerre d'agression criminelle et d'un traité impérialiste inégal ; ensuite de quoi il a été sauvagement colonisé ; et le Sens de l'Histoire c'est que ce traité inégal doit être effacé de la page du temps et le Mexique réunifié. Il en va de même pour tous les "traités" passés avec les Nations indigènes, ainsi que pour la Nation née de l'esclavage des Africains dans le Sud-Est.

    Ce n'est pas une question de "si le peuple en décide ainsi" (la deuxième partie de ton commentaire est en fait très explicite sur le fond de ta pensée...), l'immense majorité des Latinos aujourd'hui ne le souhaitant pas et toi, espérant du fond du cœur qu'il en soit toujours ainsi.

    Vous utilisez Aztlán de manière posturiste, pour vous donner une image ; mais dans les faits, quelles valises portez-vous aujourd'hui concrètement pour lui, pour sa Libération et sa Réunification avec la Mère Patrie ?

    Ah oui et aussi : les nations sont des NATIONS ; pas des nations si elles sont européennes/blanches et des "tribus" (!!) ou des "ethnies" sinon...

    Comme l'a expliqué le glorieux Kaypakkaya CCFXI.jpg, il y a des caractères nationaux préexistants, comme ceux donnés notamment par Staline dans La Question Nationale, et ces caractères donnent naissance à une nation non pas au moment de la révolution bourgeoise ou industrielle, mais lorsque "touchés" par les "premières lueurs de l'aube" du capitalisme (c'est ainsi que les Kurdes sont une nation et non un peuple, comme le soutenait le groupe révisionniste - aujourd'hui totalement fasciste - "Şafak") ; ce qui veut dire, en Amérique, par la colonisation.

    Si tu parles de "tribus" alors il n'y a pas de nations, pas de question nationale et pas de droit à l'autodétermination non plus. Mais je dois reconnaître que votre ligne paternaliste blanche est particulièrement subtile et rusée.

    [De fait, tout ce blabla et ce jésuitisme intellectuel signifie une seule chose : n'avoir RIEN COMPRIS à ce qui est arrivé à l'URSS. La lutte des classes, ça dure jusqu'à quand ? Jusqu'au COMMUNISME. Jusqu'au communisme, pendant des décennies et des décennies, peut-être un siècle après la révolution socialiste, la contre-révolution, la restauration capitaliste est possible. Et comment cela ? Parce qu'il existe une BASE MATÉRIELLE pour cela, pour que l'ancienne bourgeoisie revienne au pouvoir... ou qu'une nouvelle, née au sein même de l'appareil d’État socialiste et du Parti dirigeant, tenante de la "voie capitaliste", s'en empare.

    IL FAUT DONC BRISER CETTE BASE ; et cette base c'est notamment la base territoriale d'accumulation, l'Empire des monopoles. Et aux États-Unis, avant même d'être la première puissance impérialiste mondiale, l'Empire des monopoles c'est d'abord... le propre territoire fédéral, avec ses colonies intérieures. Il faut donc (notamment) briser cela par l'autodétermination de ces peuples colonisés. Ne pas le faire, c'est garantir que des entrailles mêmes de la République socialiste dont parle notre "ami" jaillira une nouvelle bourgeoisie (plus ou moins pseudo-"rouge") qui restaurera plus ou moins progressivement le capitalisme.

    Lénine disait déjà au début des années 1920 que le chauvinisme grand-russe (la domination nationale des Russes sur les autres nationalités), non-combattu correctement, serait parmi les premières choses qui "tueraient" le socialisme soviétique ; et c'est ce qui s'est produit. Alain Sibé de la même façon, à cela près que le PCF n'a jamais été au pouvoir, voit dans l'abandon par celui-ci d'un anticolonialisme intransigeant et son ralliement à la "République une et indivisible" contre les nationalités niées d'Hexagone même, l'une des principales racines de sa dégénérescence en parti réformiste bourgeois. CQFD. Voilà ce que nous entendons par être (... ou pas) dans le "Sens de l'Histoire", conforme à une vision du monde tournée vers l'intérêt de la victoire du communisme, qui définit les objectifs de notre travail politique.]


    À relire : Y a-t-il des questions nationales aux États-Unis ? (mais ce qui vient d'être vu ci-dessus est valable pour tous les pays)

    Un échange de commentaires qui clarifie magistralement ce que l'anticolonialisme "en carton", "déclaratif comme aux impôts" veut dire

    Un échange de commentaires qui clarifie magistralement ce que l'anticolonialisme "en carton", "déclaratif comme aux impôts" veut dire

    Un échange de commentaires qui clarifie magistralement ce que l'anticolonialisme "en carton", "déclaratif comme aux impôts" veut dire


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  • Rassemblement hier soir au centre de Lyon contre le massacre en cours en Palestine : les menchéviks rojavalâtres (Unité Communiste, "Futur Rouge", fake "TKP/ML" liquidateur) n'ont pas montré le bout de leurs nez ou, en tout cas, n'ont pas déployé les drapeaux (ni de la Cause Sacrée, ni de leurs organisations) – peut-être que le "fond de l'air" commence à être à ce qu'il vaille mieux pour eux...

    Néanmoins, pour garder la face en ces tragiques circonstances, il va de soi que le Centre idéologique öcalano-bookchiniste de leur entreprise liquidatrice mondiale "doit" émettre une position sur la situation en cours ; comme par exemple cet article partagé par le site Rojinfo :

    Le comité exécutif du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) s’est exprimé dans un communiqué concernant les tirs de l’armée israélienne qui ont fait plus de 1500 blessés du côté palestinien le lundi 15 mai lors de la marche du Retour.
    rojinfo.com

     

    Oui... sauf que ce qui compte ce n'est pas ce que les gens disent, mais ce qu'ils FONT. Et "antisioniste" ("israélo-critique", dirions-nous plutôt) ou pas, un protectorat impérialiste au Nord-Est de la Syrie est un protectorat impérialiste au Nord-Est de la Syrie. Après tout, les États arabes les plus vendus et réactionnaires peuvent tenir un discours bien plus radical encore, et vous refouler à l'aéroport si vous avez eu le malheur de garder votre passeport de la dernière fois que vous êtes allés en Palestine... et avez donc un visa israélien dessus. Ce qui n'est manifestement pas arrivé aux multiples sionistes qui ont pu s'engager comme "volontaires internationalistes" sur le front.

    Petit checking rapide... ça commence très fort et donne le ton dès le premier paragraphe : "Il semble que le conflit qui oppose les Palestiniens et les Israéliens ne peut être résolu par la force. Cette question devrait être résolue par le dialogue et la négociation car insister sur le recours à la force ne fait qu’aggraver les problèmes." => Si si, un conflit contre une occupation coloniale se résout bien par la force. "Le dialogue et la négociation", on a vu ce que ça a donné à Oslo en 1993. Bien sûr qu'à un moment donné, la politique devient la continuation de la guerre par d'autres moyens, mais parler de "négociation" sans parler d'un rapport de force suffisant est juste une vaste fumisterie. Le discours tenu ici se situe à peu près au niveau politique de Benoît Hamon. Tout comme, de manière générale, ne se rendre compte de la "violence" de l'occupation en Palestine que lorsqu'il y a un véritable massacre.

    "Le peuple palestinien a également été aux côtés des membres du PKK. Pendant l’occupation du Liban en 1982, 13 combattant(e)s du PKK qui luttaient côte à côte avec les palestiniens sont tombés martyrs dans cette guerre." => Oui, on sait. C'était la grande époque... Ce serait bête de ne pas capitaliser dessus, n'est-ce pas ? Mais les choses ont bien changé depuis. Aujourd'hui la position du mouvement öcalaniste est de "remercier ceux qui nous soutiennent, ignorer ceux qui nous ignorent, nous défendre contre ceux qui nous attaquent" ; donc en aucun cas de s'engager MILITAIREMENT en solidarité avec la Palestine (et de toute façon, comme dit précédemment, "la violence c'est tout caca et c'est pas la solution").

    "La Turquie a appris les techniques de la guerre contre la lutte pour la liberté du peuple kurde, de la part d’Israël et des États-Unis. L’État turc et le gouvernement de l’AKP ont été soutenus par ces pays dans leur guerre contre les Kurdes." => Faux, si Manbij n'a pas été attaquée également par Erdogan, c'est parce que les États-Unis y avaient une présence militaire et Macron a dépêché des renforts français pour encore accroître la dissuasion. On passera sur la tentative de Zion-washing du régime d'Erdogan (grand classique de leur propagande pseudo-"anti-impérialiste"), alors que depuis son accession au pouvoir fin 2002 (et surtout depuis la deuxième moitié des années 2000) son "désalignement" de la Turquie vis-à-vis de l'Occident et du sionisme (alignement effectivement total auparavant, oui l’État turc a bien appris des États-Unis et d'Israël les méthodes employées notamment contre les Kurdes... mais c'était avant, vous savez, du temps des "laïcs"...), ses déclarations pro-palestiniennes, ses rapprochements récurrents avec l'Iran ou la Russie, la Chine, les "BRICS" en général et même à une époque le régime syrien, résument en fait la totalité du problème (le pays n'est pas devenu "anti-impérialiste" et encore moins "anticapitaliste" au-delà de ça) et ce pourquoi les impérialistes occidentaux et les sionards aimeraient bien le voir dégager, ce à quoi (d'ailleurs) nos rojavistes s'apprêtent à participer en votant HDP voila-ca-y-est qui se reportera ensuite sur l'adversaire d'Erdogan aux prochaines élections du 24 juin turquie-kurdistan-elections-anticipees. 

    Pour rappel, la position d'Öcalan sur la Palestine c'est : "(chez les Arabes) Un nationalisme tribal aux motifs religieux, associé à une société sexiste et patriarcale, contaminent tous les domaines de la société et y créent un fort conservatisme et une obéissance servile. Personne ne croit que les Arabes parviendront à trouver une solution nationale à leurs problèmes internes et transnationaux. Cependant, la démocratisation liée à une approche communaliste peut permettre cette solution. La faiblesse des États-nations arabes par rapport à Israël, qu’ils considèrent comme leur rival, n’est pas seulement le résultat du soutien qu’apportent les puissances hégémoniques à celle-ci. La force de la démocratie interne et des institutions communales israéliennes joue un rôle bien plus important. Au cours du siècle dernier, le nationalisme et l’islamisme radicaux n’ont fait qu’affaiblir les sociétés de la Nation arabe. Cependant, si celle-ci s’avère capable d’associer le socialisme communal, concept qui ne lui est pas étranger, à la vision d’une nation démocratique, elle pourra trouver une solution sûre et durable à ses problèmes."

    Ou encore : "While the abolishment of Israel is unthinkable, the country will have to transform its nationalist basis in order to contribute to a solution, in the same way that Arab nationalism has to be transformed. (...) Another indispensable part of democratisation in the Middle and Near East is real secularisation. (...) This will contribute enormously to the success of any democratisation efforts. (...) Only such approaches will lead to mutual tolerance and peace. In this way, an Israeli-Arab compromise and a democratic whole can take the place of the present conflict." => "La disparition d'Israël étant inenvisageable, ce pays devra néanmoins réformer ses bases nationalistes de façon à contribuer à une solution, de même que le nationalisme arabe devra se réformer [LOL donc c'est bien "les deux qui ont tort"]. (...) Une autre part indispensable de la démocratisation au Proche et Moyen Orient, réside dans une véritable laïcisation [non non : elle réside dans l'expulsion de la domination impérialiste et, en Palestine, la restitution aux Palestiniens de LEUR PAYS et de l'ensemble de leurs droits légitimes y compris celui au retour pour les exilés ; autant pour les "laïcs" que pour ceux qui prient 5 fois par jour... d'ailleurs le passage d'Öcalan commence par "le problème en Palestine est une problème de la terre" : dont acte, c'est donc bel et bien la terre qu'il faut rendre à ses habitants légitimes !!]. (...) Ceci contribuerait considérablement au succès des efforts de démocratisation. (...) Seule une telle approche pourra conduire à la tolérance mutuelle et à la paix. De cette façon, un compromis israélo-arabe dans un ensemble démocratique pourrait prendre la place du conflit actuel."

    La position exprimée ici n'est en dernière analyse qu'une version "radicale"-"progressiste" des appels occidentaux à la "retenue" israélienne, dans une perspective finale qui n'est en fin de compte rien d'autre qu'un Oslo plus "égalitaire" et "fédératif" (en se "libérant mentalement", de part et d'autre, du "nationalisme" et de la "religion"...).

    Finalement, ce n'est pas très différent et même... en-deçà des appels à un "État unique" en pensant très fort "comme en Afrique du Sud actuelle" (... les colons sionistes gardant leur position dominante, et les Palestiniens se retrouvant tous dans la position des "Arabes israéliens" d'aujourd'hui) ; position que l'on peut trouver... au plus haut niveau de l'État sioniste puisque c'est celle du président Rivlin ; ainsi que chez des organisations totalement gauche-coloniale comme le POI lambertiste, présent en force (par contre) hier. Bien entendu, PAS UN MOT dans tous ces textes sur le DROIT AU RETOUR ; qui signifierait automatiquement que les Palestiniens redeviennent ce qu'ils sont légitimement dans leur propre pays, à savoir une claire majorité (et qui est, juste au passage... l'objet des manifestations sauvagement mitraillées depuis plusieurs jours !). CQFD...


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  • La puissance régionale iranienne, avec la Russie en arrière plan et ses bras armés comme le régime syrien, le Hezbollah ou ces listes "antisystèmes" (et demain le gouvernement irakien si elles en prennent possession), est le nouvel équivalent du social-impérialisme soviétique au Moyen Orient.

    À ne pas considérer aveuglément comme "anti-impérialiste" et soutenir dans tout ce qu'elle fait, comme les massacres antipopulaires en Syrie.

    Mais sans tomber non plus dans la Théorie des Trois Mondes version finale de la fin des années 1970, c'est à dire la considérer comme le Monstre principal et perdre de vue la centralité de la lutte contre notre PROPRE impérialisme occidental dans la longue guerre "froide" qui va maintenant l'y opposer, jusqu'à finalement soutenir les actions impérialistes de celui-ci.

    C'est d'autant plus important qu'il nous faut, en parallèle, apporter tout notre possible soutien en paroles et en actes à l'émergence dans ce chaos régional de forces authentiquement révolutionnaires anti-impérialistes ; et que ceci passe par un combat politique et idéologique sans merci contre l'imposture gaucho-impérialiste qui au travers de la "Révolution de Rojava" recapitulatif-articles-sur-question-rojava vient d'offrir à l'impérialisme occidental plus d'un tiers de la Syrie arabe 4W8SA.png, prépare en Turquie le retour du fascisme "turc blanc" totalement occidentalo-aligné turquie-kurdistan-elections-anticipees voila-ca-y-est et, l'option d'une alliance "anti-impérialiste" avec le régime, la Russie et l'Iran anéantie par les faits puisque Poutine et Assad ont "lâché" Afrin chute-d-afrin, se verrait maintenant bien... prendre TOUTE SA PLACE dans ce dispositif impérialiste tourné contre l'Iran, comme cela peut être exprimé de la bouche même d'un cadre représentant de cette ligne au sein de l'appareil PKK-PYD, Bêcan B. : "Les Américains (et le reste des Occidentaux) ne pourront rester à terme en Syrie sans ménager et soutenir les forces kurdes. Et puis si l’Iran est bien la cible ultime de Trump, les Kurdes du PKK pourront être des alliés pour à la fois affaiblir Erdoğan en Turquie et fragiliser l’Iran par la guérilla du PJAK" les-kurdes-pieges-par-l-escalade-militaire-en-syrie (!!!).

    #MoyenOrient #IranIrak

    Législatives en Irak : les deux listes antisystème en tête, le premier ministre distancé

    Selon des résultats partiels, l’alliance du chef religieux chiite Moqtada Al-Sadr et des communistes arrive en tête dans six provinces sur 18.

    mobile.lemonde.fr
     
    Wonderful pic : islamo-bolchévisme intégral LOL !!

    #MoyenOrient #IranIrak


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  • Le 5 mai 1988, entre les deux tours de l'élection présidentielle, les forces coloniales abattaient 19 militants kanaks dans une grotte de l'île d'Ouvéa en Kanaky.

    À la tête de l'État républicain de contre-révolution préventive, François Mitterrand, Miteux-la-francisque le guillotineur d'Algérie-c'est-la-France, et son Premier ministre et rival à la présidentielle, Jacques Chirac l'héritier de Foccart et futur mitrailleur de l'Hôtel Ivoire.

    Aujourd'hui, 30 ans après ces événements et... le lancement 2 mois plus tard (accords de Matignon) du soi-disant processus d'autodétermination, Kanaky vote par référendum pour rester ou non une des dernières colonies directes de l'impérialisme français. Le NON à l'indépendance est donné largement gagnant et Macron est allé nous faire son show impérialiste libéral-"progressiste" en mode "nous sommes si bien ensemble", "pourquoi créer de nouvelles frontières à l'ère de la mondialisation" etc. etc. LOL ! (nos gauchistes ni-patrie-ni-frontière ne diraient pas autre chose).

    Lire l'article des camarades de NÒS (avec le communiqué du Parti travailliste de Kanaky, lié à l'USTKE, qui décrit à merveille l'exercice de style impérialiste "progressiste" présidentiel) :


    nosinfo.org/index.php/internacionalisme


    À quelques mois du référendum qui se tiendra le 4 novembre prochain, Macron se rend pour la première fois en Nouvelle-Calédonie, colonie française importante en raison de ses ressources en nickel. Toujours adepte du « en même temps », le chef de l'Etat ne veut pas échauffer les esprits dans ce territoire où la question sociale reste bouillante. Macron visitera donc toutes les îles et se rendra même à la grotte d'Ouvéa, où 19 kanaks ont été tués par la gendarmerie française en 1988.

    Même si le référendum risque fort de maintenir la Nouvelle-Calédonie sous la domination de la France avec, selon les sondages, 59,7 % de non pour la déclaration d’indépendance, la visite du chef de l’Etat n’en reste pas moins compliquée dans ce territoire marqué par de profondes inégalités et par des mouvements d’opposition puissants et fréquents. Vingt ans après avoir promis d’organiser un référendum sur la question de l’indépendance, période pendant laquelle le pouvoir a eu toute latitude pour installer ses élites et préparer sa victoire, la visite de Macron du 3 au 5 mai reste donc soumise à des tensions et le moins qu’on puisse dire c’est que faire l’apologie des « valeurs communes » qui unissent les populations locales à l’Etat français reste un exercice de style périlleux.

    Quelques mois après la venue d’Édouard Philippe, qui avait rendu hommage aussi bien à Jean-Marie Tjibaou, le chef du Front de Libération Kanake et Socialiste (FLNKS) qu’à Jacques Lafleur, leader du Rassemblement pour la Calédonie dans la France, et peu de temps après la visite de Valls sur le Caillou où il avait rappelé qu’il était « attaché à ce lien entre la Nouvelle-Calédonie et la France », Macron se livre à la même parade qui feint le respect démocratique du droit à l’auto-détermination des peuples pour peser plus certainement en faveur d’une prolongation de l’ordre établi sur la collectivité territoriale.

    Interpellé sur sa droite par Les Républicains en la personne de Pierre Frogier, Macron se voit rappelé qu’il doit assurer la « solidarité française » et ne pas montrer trop d’intérêt aux kanaks et acter que le référendum donnera la victoire aux anti-indépendantistes. La « marche bleu blanc rouge » de vendredi prochain, qui regroupe diverses formations loyalistes dont le Front national, entend bien montrer sa force et sa suprématie sur les indépendantistes. En ce sens, la visite de Macron à la grotte d’Ouvéa fait polémique puisque, pour la première fois depuis le massacre perpétré en 1988 par la gendarmerie française contre les indépendantistes kanaks, un président français va se rendre sur les lieux.

    Les réactions à la venue du président 30 ans jour pour jour après l’exécution de 19 indépendantistes kanaks dans la grotte située à Gossanah a ravivé les tensions et les souvenirs douloureux. Comme le souligne Macky Wea, responsable du collectif de Gossanah, la venue de Macron sur le monument des 19 est une « insulte » et une « provocation ». Avec d’autres membres du collectif, il affirme vouloir empêcher la venue du président comme leurs slogans « Macron, ne fais pas le forcing » ou encore « Macron, Stop » le laissent entendre. Cette visite, destinée à mettre sur un pied d’égalité tous les épisodes coloniaux subis par la Nouvelle-Calédonie, dans l’esprit du préambule de l’accord de Nouméa du 5 mai 1998 qui insiste autant sur « les ombres de la période coloniale » que sur ses « lumières », est un geste fort de la part du président du « en même temps » qui pense pouvoir gommer sans difficultés un massacre colonial.

    Les visites fréquentes des responsables politiques sur le territoire de la colonie française dans l’Océan Pacifique, ainsi que leur volonté de montrer une unité de façade face aux fractures sociales et politiques qui existent en Nouvelle-Calédonie, au point de mettre sur le même plan la commémoration du massacre perpétré par la gendarmerie le 5 mai 1988 et une cérémonie commémorative à la gendarmerie de Fayaoué, où quatre gendarmes ont été tués par les indépendantistes, montre l’importance de l’archipel pour la France, notamment pour ses intérêts économiques et impérialistes dans la région. Elle montre aussi que les blessures du passé et les effets de la colonisation ne sont pas effacés mais qu’ils continuent de marquer durablement la population kanake.

    Parti travailliste de Kanaky

    Il y a 30 ans, le massacre d'Ouvéa


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  • "Dans le cadre de ces guerres d'agression et génocides impérialistes, nous assistons à l'utilisation de mouvements nationalistes réactionnaires détournant et dévoyant les luttes de libération nationale, comme celui sous la direction opportuniste bourgeoise et grande-propriétaire du PKK, qui a conduit une partie des masses kurdes à devenir des pions et de la chair à canon pour les plans impérialistes d'occupation et de pillage de la région, au service de la partition de la Syrie en zones d'influence.

    Au milieu de luttes de classe acharnées contre la Réaction et l'impérialisme, et de luttes contre le révisionnisme et le liquidationnisme, le prolétariat héroïque de Turquie forge les instruments à même de développer la Révolution de Nouvelle Démocratie au travers de la Guerre populaire contre la grande propriété foncière, la grande bourgeoisie et l'impérialisme ainsi que le vieil État bureaucratique-propriétaire foncier valet de celui-ci, avec le régime autocratique et assassin de masse dirigé par Erdogan et son AKP. Les communistes de Turquie luttent pour unir les Peuples turc et kurde dans un Front révolutionnaire uni, dirigé par le Parti communiste, afin de mener à bien la Révolution de Nouvelle Démocratie au travers de la Guerre populaire.

    La véritable autodétermination de la Nation kurde, tout comme dans le cas de la Catalogne, du Pays Basque, de l'Irlande et d'autres encore, ne peut être obtenue qu'au travers de révolutions de nouvelle démocratie ou socialistes, selon les pays, ce pour quoi il est nécessaire de constituer ou reconstituer les Partis marxistes-léninistes-maoïstes capables de les conduire à la victoire."

    Déclaration du 1er Mai signée par les Partis et organisations maoïstes suivants :

    Parti communiste du Brésil (Fraction Rouge)
    Parti communiste du Pérou – PCP
    Parti communiste d'Équateur – Soleil Rouge
    Fraction rouge du Parti communiste du Chili
    Organisation maoïste pour la reconstruction du Parti communiste de Colombie
    Noyau révolutionnaire pour la reconstruction du Parti communiste du Mexique
    Front Révolutionnaire du Peuple de Bolivie MLM
    Comité Drapeau Rouge – Allemagne

    [Traduction complète à venir incessamment sous peu.]

    VIVE LE MARXISME-LÉNINISME-MAOÏSME !

    VIVE LA GUERRE POPULAIRE ET LA RÉVOLUTION DÉMOCRATIQUE ANTI-IMPÉRIALISTE DANS LES PAYS DOMINÉS !

    ÉCRASER LE NOUVEAU MENCHÉVISME GAUCHO-IMPÉRIALISTE !!


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  • Les putschistes opportunistes contre la direction légitime (et la ligne idéologique fondamentale, historique) du TKP/ML, bien poussés en avant comme il faut par le Bloc opportuniste anticommuniste, néo-menchévik et gaucho-impérialiste occidental notamment de la mouvance ICOR (comme les "faux jumeaux" de la PME familiale lyonnaise Unité 'communiste' - Futur 'rouge' communique-commun-partizan-unite-communiste-lyon), ont officiellement décidé d'appeler à voter pour le HDP aux élections turques de fin juin : (article en turc, pas de traduction en anglais pour le moment) partizan-secimlerde-yer-alacagimiz-ittifak-hdp-olacaktir

    La machine (y compris gaucho-impérialiste) pour le renversement du fascisme karatürk ("Turc noir") d'Erdogan par le fascisme beyaz ("Turc blanc") totalement occidentalo-aligné, kémalo-"güleniste" de Meral Akşener, est donc bel et bien... En Marche ! LOL :

    http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/turquie-kurdistan-elections-anticipees-l-heure-de-verite-approche-a144489808

    Sachant que si Erdogan "gagne" quand même "de justesse" par la fraude, ce sera "encore mieux" : la guerre civile ! Et nous voyons en vérité mal un autre scénario possible.

    En l'état actuel des choses, il est à peu près impossible qu'un camp ou l'autre l'emporte de manière écrasante (voir ici les sondages : Opinion polling Turkish general election) et ne débouchant pas sur une contestation et des affrontements violents, comme au Venezuela, en Côte d'Ivoire (2002-2005 puis 2010-2011) ou en Ukraine (2004-2005 pour arriver finalement à la guerre civile en cours depuis début 2014).

    La société de l'État turc est divisée ; les forces armées et de sécurité elles-mêmes sont partagées en deux camps inconciliables, les officiers d'inclinaison pro-occidentale massivement limogés après la tentative de coup d'État "güleniste" de 2016 l'ont toujours en travers de la gorge et attendent l'heure de la revanche...

    En ce qui nous concerne, nous ne sommes pas électoralistes et la question des fraudes nous intéresse peu : la situation est ce que nous venons de décrire ; ce qui compte n'est pas qui est majoritaire mais qui a RAISON ; et le problème, c'est quand la réponse est PERSONNE. Et tel est le cas ici.

    Erdogan n'est pas une figure politiquement défendable, mais le camp du "tout sauf Erdogan" n'a PAS RAISON lorsqu'il consiste à ramener au pouvoir le fascisme kémaliste beyaz qui a dirigé l'État pendant 80 ans (et massacré les Kurdes et autres minorités à tout va), sous prétexte qu'Erdogan a ramené les massacres "antiterroristes" au Kurdistan du Nord après une décennie de relatif libéralisme et apaisement.

    Un communiqué appelant au boycott (et l'expliquant) pourrait être rendu public par le Comité central légitime d'ici peu ; nous le traduirons le cas échéant.

    Quoi qu'il en soit, en parlant de traduction, une déclaration du 1er Mai COUP DE TONNERRE, TONITRUANTE sur le sujet, signée des Partis et organisations MLM d'Amérique latine, est actuellement dans nos tuyaux. Les deux collines qui se font face apparaissent de jour en jour de plus en plus claires.

    ÉCRASONS L'OPPORTUNISME ET LE GAUCHO-IMPÉRIALISME ; le néo-menchévisme des nouveaux Noé Jordania !

    La SEULE CHOSE supérieure à un régime semi-colonial "émergent" et "puissance régionale" comme celui d'Erdogan, c'est la RÉVOLUTION DÉMOCRATIQUE ANTI-IMPÉRIALISTE par la GUERRE POPULAIRE ; et certainement pas le réalignement pro-impérialiste le plus total, couplé au redécoupage en protectorats des pays voisins sous les drapeaux du "progressisme" !

    VIVE LE MARXISME-LÉNINISME-MAOÏSME ! GLOIRE ÉTERNELLE AU CAMARADE MARTYR IBRAHIM KAYPAKKAYA !

    EN TURQUIE, AU KURDISTAN COMME AILLEURS : GUERRE POPULAIRE JUSQU'AU COMMUNISME !!


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  • https://www.lorientlejour.com/article/1113189/le-yarmouk-ou-lhistoire-de-la-tragedie-palestinienne-en-syrie.html

    « J'ai toujours pensé que le jour où nous serions obligés de quitter le Yarmouk, ce serait pour enfin aller en Palestine », déplore Amar el-Codsi, contacté via WhatsApp. Cet activiste né en 1971, descendant de réfugiés palestiniens suite à la guerre israélo-arabe de 1948, subit à son tour un déplacement forcé. Comme de nombreuses familles, la sienne a été contrainte d’abandonner sa maison du camp palestinien du Yarmouk la semaine dernière pour aller se réfugier à Yalda, un peu plus à l’Est.

    Les forces du régime syrien pilonnent quotidiennement depuis 12 jours la banlieue sud de Damas, majoritairement contrôlée par le groupe jihadiste État islamique. Après avoir réussi à s’emparer de la Ghouta au terme d’une offensive sanglante, le mois dernier, le régime de Bachar el-Assad cherche à consolider son emprise sur la capitale et ses environs. Des préparatifs étaient en cours hier pour des évacuations de combattants du camp vers la province d’Idleb, dans le Nord-Ouest syrien, selon l’agence de presse officielle SANA. Les jihadistes de l’EI ne sont vraisemblablement pas concernés par l’accord, qui inclut principalement Hay’at Tahrir el-Cham, organisation formée autour de l’ex-branche d’el-Qaëda et des rebelles islamistes, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

    En attendant, le pilonnage intensif se poursuit contre le camp assiégé, devenu depuis 2012 l’un des grands symboles de la tragédie palestinienne. « Lors de l’offensive du régime et de la Russie contre la Ghouta, nous nous préparions à être les prochains sur la liste. Mais nous savions que nous ne pourrions pas résister, nous les civils, car au Yarmouk nous n’avions déjà plus rien », confie Amar el-Codsi. Contrairement aux autres régions qui échappaient ou échappent encore aux forces du régime, le camp et les quartiers adjacents, Tadamon, Hajar el-Assouad et Qadam font preuve d’une réelle désorganisation, notamment au niveau médical. Selon l’activiste, le dernier hôpital alors actif aurait été bombardé le 20 avril, et il n’y aurait aucun centre de soins médicaux d’urgence, ni de défense civile (Casques blancs) pour venir en aide à la population. « Nous sommes partis de chez nous avec uniquement les vêtements sur la peau, en nous réfugiant d’immeuble en immeuble au rythme des bombardements jusqu’à arriver au point de passage de Ouruba, à Yalda, tenu par l’Armée syrienne libre (ASL). Sur notre chemin, on entendait des gens sous les décombres et on ne pouvait rien faire pour eux », se rappelle l’activiste, qui songe aujourd’hui à se rendre à Jarablos. Amar el-Codsi voit dans ce pilonnage intensif, orchestré par le régime, aidé de son allié russe, la main indirecte d’Israël. « Nous sommes nombreux à être persuadés qu’il y a eu un accord entre l’État hébreu et Moscou pour que le camp soit entièrement détruit », estime-t-il, s’appuyant sur les précédents accords d’évacuation entre le régime et l’EI dans d’autres régions.

    Cynisme

    « Les Palestiniens disent, avec un cynisme triste, que les Arabes aiment la Palestine, mais pas les Palestiniens. Le fait que l’on ne fasse pas du Yarmouk l’équivalent du massacre de Sabra et Chatila est, en soi, significatif », confiait, en octobre 2015, l’historien Henry Laurens à L’Express. Il rappelait notamment que, de 2011 à 2015, le régime de Bachar el-Assad a tué plus de Palestiniens que ne l’a fait Israël depuis vingt ans.

    Le camp de la banlieue sud de Damas vit probablement aujourd’hui ses derniers jours. Et, avec lui, l’histoire de générations de Palestiniens apatrides. Se présentant comme fer de lance de l’arabité, le régime syrien a toujours brandi la cause palestinienne comme faisant partie intégrante du mythe fondateur de l’idéologie baassiste. Et il a su, au cours de ces dernières décennies, instrumentaliser cette cause à sa guise, quitte à provoquer l’ire de Yasser Arafat, sans pour autant remettre en question son statu quo avec Israël.

    Bâti en 1957, le Yarmouk n’avait de camp que son appellation. Ce quartier est peu à peu devenu une ville où Syriens et Palestiniens cohabitaient avant la guerre. L’économie y était prospère, le niveau d’éducation élevé et la vie culturelle foisonnante. En 2011, les premiers soulèvements en Syrie viennent rapidement bousculer cette stabilité. Dès le début du conflit, plusieurs réunions s’organisent dans le camp palestinien. Les 150 000 habitants de la ville arrivent rapidement à un consensus : pour les civils, le camp doit rester neutre. Les factions palestiniennes présentes au Yarmouk se divisent sur le parti à soutenir. Le Front populaire pour la libération de la Palestine-Commandement général (FPLP-CG) apporte dès cette époque son soutien aux forces de Bachar el-Assad, alors que le mouvement Liwa el-Assifa choisit de collaborer avec les rebelles de l’Armée syrienne libre (ASL). « Aucun combat ne touche l’intérieur du Yarmouk avant décembre 2012 », précise Issam*, rencontré dans le camp de Mar Élias, à Beyrouth. Originaire du nord de la Palestine, le jeune homme est né dans le camp. En 2012, comme des milliers d’autres, il prend la route du départ pour échapper aux bombardements qui frappent les quartiers sud de la capitale. « Ça ressemblait à la Naqba », se souvient Issam, en allumant une autre cigarette. Faisant référence à l’exode massif connu par sa communauté en 1948, ce Palestinien admet qu’il ne pensait pas vivre un jour ce que ses grands-parents ont vécu avant lui. « Les Palestiniens sont toujours poussés à partir de là où ils vivent, à croire qu’il est impossible pour eux de construire une vie quelque part », constate Malik*, la trentaine, également originaire du Yarmouk, aujourd’hui à Beyrouth.

    Alors que le printemps syrien ne fleurit pas encore dans le quartier sud de la capitale, un incident à la frontière israélienne vient pourtant gonfler la colère de ses habitants. Le 5 juin 2011, le FPLP-CG décide d’envoyer des jeunes du camp dans le Golan pour commémorer la guerre des Six-Jours. Neuf adolescents y perdent la vie. Beaucoup y voient un stratagème du régime pour détourner le regard international attentif aux crimes perpétrés en Syrie. Une partie de la population du camp se retourne alors contre le gouvernement. À cette époque, beaucoup de Palestiniens sont sensibles à l’insurrection syrienne, mais la plupart font pourtant profil bas. Certains, cependant, décident de rejoindre des groupes rebelles installés aux abords du camp pour combattre à leurs côtés. D’autres préfèrent organiser une réponse pacifique. « Ce n’était pas parce qu’on était antirégime qu’on devenait automatiquement prorebelles », insiste Issam. À l’intérieur du Yarmouk, des réunions clandestines s’organisent progressivement pour construire cette riposte. Malik en abrite plus d’une chez lui. « On ne parlait pas d’armes, mais de comment faire des manifestations cohérentes avec des revendications politiques très claires », explique-t-il. Pour lui, ces rassemblements sont surtout « un mélange d’idées entre des personnes syriennes et palestiniennes » dont les deux histoires se rencontrent aujourd’hui.

    Arrivée de l’EI

    À la fin de l’année 2012, l’espoir de garder le camp pacifique tombe peu à peu en désuétude. Le 16 décembre, un obus s’écrase sur la Mosquée Abdel Qader Husseini, faisant plusieurs victimes. Les combats qui enflammaient les régions alentour s’invitent alors à l’intérieur du camp. « Les gens sont partis, c’était gigantesque, des foules entières abandonnaient leurs maisons », raconte Issam. Sur les 150 000 habitants, seuls 20 000 vont rester, dont beaucoup par manque de moyens. Quelques mois après cet exode, le régime assiège complètement le quartier du Yarmouk, provoquant une crise humanitaire sans précédent dans le conflit syrien. Si les groupes rebelles n’y sont pas encore actifs militairement, le camp occupe une place stratégique dans la région. Situé à 8 km de Damas, le quartier représente la seule enclave encore neutre dans un espace majoritairement prorebelles. Le régime décide d’en bloquer totalement l’accès. « Cela a été sans aucun doute l’année la plus dure pour la ville », concède Malik. Si certains rebelles, situés au sud du camp, réussissent à faire entrer quelques provisions, l’envolée des prix ne permet pas aux familles de s’en procurer. En quelques semaines, 200 personnes meurent de cette situation désastreuse, selon l’OSDH.

    Alors que les habitants arrivent à un point de saturation extrême, les premiers jihadistes pénètrent dans le camp au cours de l’année 2014 et en prennent progressivement le contrôle. Al-Nosra (alors branche syrienne d’el-Qaëda) d’abord, l’EI ensuite, le 1er avril 2015. Le 6 avril 2015, le Yarmouk est totalement assiégé depuis 644 jours. À Gaza, des responsables politiques lancent un appel à cesser les violences contre les Palestiniens de la banlieue de Damas. « Il faut que le camp soit un lieu neutre, à distance de la folie de la guerre », et « que les armes se tournent plutôt vers l’occupant sioniste », déclare alors un député du Hamas. « Assad ne peut que se féliciter de l’horreur dans laquelle il vient de plonger le Yarmouk et ses habitants. Au lieu d’avoir un bastion de la résistance, il a désormais une enclave jihadiste qui lui permet de mettre en scène auprès du monde entier la menace de Daech, afin de justifier son maintien au pouvoir », résumait Jean-Pierre Filiu à France info, quelques jours après l’entrée de l’EI.

    Le groupe jihadiste ne tarde pas à imposer ses règles à une population pétrifiée. « Quand Daech est arrivé, nous avons dû changer nos habitudes vestimentaires, faire pousser notre barbe, ne plus fumer. Les écoles et les associations civiles ont rapidement fermé. Ces derniers temps, ils nous forçaient même à prendre des cours de charia contre notre gré », raconte Amar el-Codsi, qui se sent enfin libre aujourd’hui de parler. « Je n’aurai pas pu vous raconter tout cela il y a 10 jours. Si un policier de Daech m’écoutait sur le réseau wifi, je pouvais finir au cachot », dit-il. Les exactions répétées, crucifixions, pendaisons et autres viennent plonger les habitants davantage dans l’horreur. Chaque jour, les habitants du Yarmouk passent d’une zone à l’autre pour tenter d’accéder à des points de ravitaillement. « Malgré tout cela, nous avons été nombreux à refuser de partir de chez nous. J’étais là avant l’EI, et jamais je serai des leurs », assure Amar el-Codsi.

    À la fin 2017, il ne reste que quelque 4 500 civils au sein du camp, selon différentes ONG. Suite à l’offensive du régime en cours, une grande partie d’entre eux se trouve aujourd’hui déplacée dans les quartiers adjacents sous contrôle de l’ASL. L’association des réfugiés palestiniens en Syrie est en charge de l’accueil de ces déplacés, assurant les repas et le logement dans des campements de fortune. L’autorité palestinienne (AP) est restée murée dans le silence depuis l’offensive du régime sur le Yarmouk. Un proche de l’ambassade palestinienne en Syrie aurait émis un communiqué en faveur de Damas, annonçant que les habitations n’étaient pas visées par l’aviation. « C’est totalement faux. Le camp est en train d’être rasé. L’AP travaille main dans la main avec Damas. Elle a échoué et ne compte plus à nos yeux, tout comme les milices palestiniennes qui combattent auprès des forces du régime », fustige Amar el-Codsi.

    Les derniers descendants des réfugiés palestiniens en Syrie devront bientôt quitter le camp. « Le camp, c’est mon pays alternatif à la Palestine. Mais nous sommes habitués aux « nakabat ». On cherche aujourd’hui à nous enlever définitivement le droit au retour et personne ne lèvera le petit doigt. Avec la chute du Yarmouk, c’est le sort des Palestiniens qui s’éteint », conclut l’activiste.


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  • Un texte, manifestement, ULTRA-GAUCHE et donc quasi introduit par une petite tirade anti-léniniste qui nous fera sourire et à laquelle nous ne souscrivons évidemment pas, tant elle a la main lourde dans la caricature (les maoïstes sont tellement "unanimes" sur Rojava que la principale et historique organisation de l’État turc, le TKP/ML, a... éclaté sur cette question, et que nous nous engueulons presque à chaque article depuis octobre avec un de nos meilleurs camarades qui suit SLP depuis ses débuts ; les "vieux stals" souvent avant tout pro-Assad, les trotskystes et même les libertaires ne l'étant guère plus en réalité).

    Évidemment, cela débouche sur une critique du PKK/PYD en grande partie sous l'angle de l'"autoritarisme", entrant en contradiction patente avec la critique pour "absence de véritable révolution" puisque justement une telle "véritable révolution", comme l'ont bien expliqué Marx et Engels, impliquerait les "actes les plus autoritaires qui soient". marxists.org Y6dg.png

    Pour le reste, le texte est globalement très intéressant et rejoint dans l'ensemble nos analyses (presque à se demander si ces petits coquins ne nous lisent pas loucedé, LOL !).

    Le point d’explosion de l’idéologie au Kurdistan


    Refusant les lectures policières de l’histoire comme la géopolitique de comptoir, ce texte se propose d’étudier les raisons de l’engouement unanime pour « les Kurdes » (c’est-à-dire prosaïquement le PYD, et sa branche armée, les YPG) au sein des gauches françaises. Il n’y est pas question de la « cause kurde » ni précisément de l’insurrection syrienne en tant que telles (ce serait beaucoup trop vaste) mais de la façon dont celles-ci auront servi de révélateur à la faillite du monde militant « de gauche », révolutionnaire comme réformiste. Nous y discutons la facilité de la gauche à se laisser embarquer par l’antiterrorisme et les idéologies d’États. À distance des postures « anti-impérialistes » caricaturales (campisme favorable au régime syrien) ou néo-conservatrices, il s’agit de rétablir quelques douloureuses vérités. 

    Que l’on songe au stalinisme ou à ses innombrables déclinaisons, l’histoire du mouvement ouvrier est jonchée de mystifications et de falsifications. À partir du moment où, dans les années 1920, l’Internationale Communiste est devenue la courroie de transmission des intérêts du jeune État « soviétique »1, de larges pans du mouvement ouvrier ont été mis au service d’une propagande systématique. Celle-ci devait présenter la politique d’industrialisation forcée menée par un État autoritaire comme l’horizon et la base arrière de la révolution mondiale. Les mots même de révolution et de communisme ont pendant longtemps été entachés par cette expérience, ne désignant plus une existence débarrassée du travail et de l’État, mais, pour le plus grand nombre, une réalité sordide et brutale sans lien avec les promesses d’émancipation, ni avec une quelconque forme de vérité.

    S’il serait possible de débattre longuement des circonstances historiques qui ont conduit à cet état de fait, on s’accordera volontiers à dire que cela a durablement nui à la cause révolutionnaire. Et si nous pensions depuis quelques décennies nous être éloignés de cet héritage embarrassant, les dernières années ont vu émergé un processus analogue s’étendant progressivement à toutes les sphères de la gauche, y compris celles se définissant comme « révolutionnaire ». C’est ce phénomène, et ce qu’il révèle, que nous tenterons d’analyser.

    Hier comme aujourd’hui, la révolution n’est pas une affaire de parti.

    Au sein des milieux de gauche « radicale » ou « révolutionnaire », de la France Insoumise aux libertaires et à certains « autonomes », en passant par le NPA, ce qu’il reste de maoïstes en France et certains secteurs du syndicalisme de lutte, la dernière mode semble être, non sans un certain essentialisme, « les Kurdes ».

    S’il est stupéfiant de constater le peu de prudence à assimiler tout un peuple à un parti, fût-il un parti de masse (le PYD, branche syrienne du PKK), ce qui nous frappe davantage est le caractère absolument soudain, totalement fantasmé et inconséquent de l’intérêt de la majorité de la gauche française pour la « cause kurde ».

    Ce soutien extatique s’expliquerait par l’« expérience révolutionnaire » déclenchée en 2011/2012 au Rojava (Kurdistan syrien), qu’il faudrait comparer à l’Espagne de 1936. De nombreux militants parlent à son sujet d’autogestion, d’écologie et d’égalité hommes-femmes, quand ce n’est pas de communes ou de communisme. Le plus souvent, même si rien n’est dit de ce qu’il se passe au Rojava, le caractère supposément utopique de cette expérience vise à discréditer l’organisation de la vie dans les villes de l’insurrection syrienne. Une tribune signée par tout le gratin de l’extrême-gauche française et publiée par Ballast cite par exemple l’inénarrable Noam Chomsky pour asséner avec lui que l’utopie rojavienne est « très différente de tout ce qui se trouve en Syrie »2. Dans une autre tribune, signée par des syndicalistes et publiée par l’Humanité, on peut lire : « C’est aujourd’hui une véritable alternative progressiste, égalitaire, féministe et laïque dans cette région. Elle peut dessiner un avenir émancipé de tous les obscurantismes et de toutes les barbaries »3.

    Danielle Simonet, représentante de la France Insoumise, décrète que cette expérience « socialiste écologiste et féministe » est « inédite dans cette région », avant d’ajouter « un message politique aux féministes : venez, vous êtes pour l’égalité femmes-hommes, il y a dans cette région une expérience politique inédite qui promeut l’égalité femmes-hommes »4. Dans le documentaire  Rojava, une utopie au cœur du chaos syrien  réalisé par Mireille Court, dont le titre résume la volonté de produire une opposition entre le Rojava et la situation syrienne, la voix off nous invite à « découvrir une autre place pour les femmes au Moyen-Orient »5.

    Plutôt que de tenter de saisir les dynamiques en cours au Rojava, ou de comprendre l’auto-organisation qui a réellement existé dans les villes rebelles syriennes au début de l’insurrection (conseils communaux, auto-gestion des hôpitaux, enseignants qui écrivent leurs propres programmes etc6), l’extrême gauche s’identifie ainsi « aux Kurdes », perçus comme l’incarnation de la Lumière dans une « région » où régneraient sans partage « les obscurantismes ». Dans nombre de discours, la gauche radicale va jusqu’à opposer « les Kurdes » aux « musulmans », et même aux « sunnites », en oubliant qu’ils le sont souvent eux-mêmes. Et puisqu’il ne faudrait pas s’arrêter en si bon chemin, il est même devenu systématique pour une partie de la gauche d’assimiler la totalité des forces de l’opposition syrienne à l’« islamisme », en la qualifiant de « djihadiste », quand ce n’est pas de « barbare ». Comme le résumait Kendal Nezan, président de l’Institut kurde de Paris lors d’une émission de France Culture, « il y a l’unanimité de l’opinion publique, de la gauche libertaire à l’extrême droite »7.

    Pourtant, parler de révolution au Rojava semble a minima exagéré, pour ne pas dire purement mensonger8. Qu’on écoute les longs meetings tenus par l’extrême gauche « pro-kurde » ou la communication officielle du PYD, qu’on lise les déclarations du chef – objet d’un véritable culte de la personnalité – Abdullah Öcalan ou des reportages à la gloire de cette prétendue utopie, on ne trouve au mieux que des éléments de langage et des slogans creux, masquant très probablement l’absence de réalisations concrètes.

    Ce que l’on sait en revanche, c’est que l’autonomie relative du Rojava n’est pas le résultat d’une insurrection ou d’une grève générale expropriatrice, mais d’une négociation avec le régime syrien, qui a d’abord consisté en une quasi neutralité des YPG (branche armée du PYD) vis-à-vis de la révolution syrienne9.

    Parler de neutralité ici revient en vérité à faire preuve de complaisance dans la mesure où l’on a assisté au musellement des éléments anti-Assad par le PYD, du moins à leur marginalisation, en échange du départ des troupes loyalistes. Depuis, au Rojava, les salaires des fonctionnaires continuent d’être versés par le régime. Et Assad, débarrassé de la gestion politico-militaire de ce territoire confié (au moins temporairement) au PYD, a pu concentrer ses efforts contre-insurrectionnels sur la « Syrie utile » (la zone urbanisée allant d’Alep à Damas)10.

    Notre but n’est pas de diaboliser ce que l’extrême gauche française idéalise de manière outrancière mais de contextualiser. Il ne semble pas excessif d’affirmer que la société syrienne est extrêmement segmentée, que ce soit politiquement, ethniquement ou confessionnellement. L’oppression systémique des Kurdes, et celle vécue en Syrie en particulier, signifie de nombreuses discriminations : avant 2011, 300 000 Kurdes syriens n’avaient pas accès à la nationalité et 70 000 n’avaient aucune existence légale. L’accès la propriété et à de nombreux emplois ainsi que la pratique de la langue leur sont interdits.

    La population kurde est dans son ensemble traitée avec violence et suspicion par le pouvoir, en atteste aussi la politique dite de la « ceinture arabe » mise en place en 1966 qui consistait en un transfert à des groupes de colons arabes armés de terres agricoles appartenant jusqu’alors à des paysans kurdes. Paradoxalement, Assad père et fils ont su instrumentaliser le PKK (puis le PYD) dès les années 80 comme moyen de pression contre la Turquie, en l’armant et/ou en le finançant. Ajoutons que le soutien de l’État turc à l’opposition syrienne dès le début de la répression de l’insurrection n’a pas contribué à faciliter les bonnes relations entre révolutionnaires arabes et kurdes. Un ministre du canton d’Afrin a expliqué la réticence de son mouvement à s’engager aux côtés de la révolution syrienne par le risque que cela comportait pour les Kurdes de se voir désignés comme boucs émissaires par le régime11. Il convient aussi de garder à l’esprit l’existence d’une  certaine hostilité vis-a-vis de l’autodétermination kurde au sein de certaines composantes de l’insurrection syrienne (en particulier chez celles issues des Frères Musulmans), ce qui a poussé, à la faveur d’un soulèvement anti-Assad s’appuyant sur les références à « l’unité de la Syrie » ou à « la Syrie arabe et islamique », de nombreux Kurdes à soutenir le PYD plutôt que la révolution en Syrie.

    En somme, pour comprendre ce qu’il se passe au Rojava, nous ne semblons avoir d’autre choix que celui de quitter les illusions pseudo-révolutionnaires pour nous plonger dans les eaux glacées de la realpolitik en temps de guerre. S’il est évident que les intérêts du PYD et du régime syrien ne sont pas identiques, rappelons quelques épisodes où ils ont convergé :

    – De nombreux activistes anti-Assad ont été menacés (et parfois arrêtés) dans les zones contrôlées par le PYD dès 2012. Des manifestations anti-Assad ont été réprimées, et il est arrivé que les YPG tirent sur une foule désarmée, comme lors de la manifestation d’Amouda en juillet 2013.

    – Lors de la reprise d’Alep par le régime et ses alliés, les YPG ont combattu les groupes rebelles, contribuant à la chute de la ville et à l’écrasement de sa population12. Avant cela, les YPG avaient attaqué et repris Menagh et Tal Rifaat contrôlées de longue date par l’ASL.

    – Le PYD et le PKK relaient la propagande assadienne, faisant de Daech « l’ennemi principal », et n’hésitent pas à y amalgamer une partie des rebelles syriens (alors que ceux-ci l’affrontent parfois en première ligne).

    Il n’est par ailleurs pas étonnant que, comme pour tous les autres camps en présence, des crimes de guerre commis par les YPG soient révélés, bien qu’ils ne soient en aucune mesure comparables à ceux du régime syrien ou de l’État Islamique. Pourtant, le plus souvent, ces révélations ne rencontrent que l’aveuglement volontaire de la gauche française. Quand Human Rights Watch, qui a réalisé une enquête au Rojava en février 2015, et Amnesty International, qui s’y est rendu en octobre 2015, accusent les YPG de « nettoyage ethnique » en raison de la destruction de plusieurs villages arabes au Rojava et du déplacement de populations sur des bases ethniques13, de nombreux militants n’y voient pourtant que propagande hostile et malveillante, quitte à oublier que le président d’Amnesty International est emprisonné et inculpé en Turquie pour « appartenance à une organisation terroriste armée », pour y avoir dénoncé la guerre faite aux Kurdes. Quant à l’enrôlement de force de combattants par les YPG et l’emprisonnement des récalcitrants, ou l’utilisation d’enfants soldats, ils sont justifiés par de nombreux partisans des YPG comme liés à la nécessité de la guerre … S’il semble difficile de juger de telles pratiques sans prendre en compte le contexte de guerre, il convient en revanche de se demander comment et pourquoi on a pu travestir la guerre menée par les YPG en révolution libertaire. Il est en outre étonnant que l’on considère l’enrôlement d’enfants comme une contingence liée au manque de combattants, mais que la présence de femmes en première ligne (sur laquelle la propagande des YPG insiste lourdement) soit nécessairement une preuve de féminisme de l’organisation, voire d’égalité des sexes au Kurdistan …

    S’il est douteux de parler de révolution au sens communiste du terme en la circonscrivant à une petite localité imperméable à son en-dehors, il est absolument grotesque de postuler la mise en place d’une utopie libertaire par une organisation militaire, au milieu d’une guerre d’une telle intensité, où se confrontent des acteurs mondiaux et régionaux. En outre, si l’on parle d’une « révolution », il faudrait dire où et quand les peuples du Rojava se sont soulevés pour abolir les formes de pouvoir existantes. Par ailleurs, rien n’indique, tout au long de l’histoire du PYD, une sympathie pour l’autogestion, ni même pour les mouvements de révolte qui ne sont pas à son initiative ou contrôlés par lui. De l’intifada de la jeunesse kurde en 2004 pendant laquelle la direction du PYD lançait des appels au calme, aux débuts de l’insurrection syrienne en 2011, que nombre de partis kurdes appelaient à rejoindre à l’exception notable du PYD, l’organisation n’a en effet pas brillé par son apologie de l’auto-organisation et de la démocratie « par en bas ».

    En outre, rappelons qu’au sein de la supposée utopie autogestionnaire du Rojava, si des assemblées municipales ont été mises en place, celles-ci n’ont aucun pouvoir décisionnel ni même consultatif à propos de ce qui relève des décisions stratégiques, politiques et militaires, qui sont, elles, centralisées par le parti14. Pour ce qui est de la révolution sociale, la constitution du Kurdistan syrien (appelée « contrat social ») sanctifie la propriété privée, ce qui signifie que les classes sociales ne sont pas remises en question, loin s’en faut. En plus d’avoir inventé le confédéralisme démocratique, Abdullah Öcalan semble avoir inventé la révolution qui ne naît pas d’une lutte mais d’un accord avec une dictature, ne remet pas en cause le pouvoir militaire en place, et ne touche pas à l’exploitation.

    Il est donc assez gênant de voir des militants se revendiquant du « communisme libertaire » applaudir une « révolution » où on n’aurait pas touché aux rapports de production. Alors que l’autogestion d’une seule usine au Rojava aurait fait la une de tous les médias gauchistes, et puisque nous savons maintenant que les « coopératives » d’Afrin ont été mises en place par la famille Assad15, de nombreux militants se retrouvent, faute de mieux, et en l’absence d’un quelconque exemple concret à citer, à exalter l’identité d’un peuple totalement fétichisé, rebelle par nature et vivant en harmonie. Il en est de même sur la question du féminisme où, en plus de se borner à des images de propagande représentant de jeunes combattantes cheveux au vent, il est question dans de nombreux discours français d’un « matriarcat originel » chez les Kurdes …

    Les Kurdes, les Arabes et nous.

    En parallèle de l’essentialisation d’un peuple, annexé dans son entier à une organisation militaire, et dont la culture serait, selon certains discours de gauche, par essence démocratique et féministe, le soutien de la gauche et de l’extrême-gauche françaises aux YPG est empreint de l’ethnocentrisme le plus caricatural, et teinté de l’opportunisme le plus crasse. Si le droit à l’autodétermination du peuple kurde, et la légitimité de la résistance face à la politique oppressive menée par les États turc, syrien, iranien ou irakien ou aux tentatives d’assimilation par le nationalisme arabe et l’islam politique sont absolument légitimes et doivent être défendus, et si les méfiances de nombreux Kurdes vis-a-vis de l’insurrection syrienne qui, globalement, les a peu pris en compte, sont compréhensibles, nous constatons que c’est rarement cela qui guide le soutien unanime aux « Kurdes », c’est-à-dire aux YPG, dans les discours politiques en France.

    En effet, si la rumeur d’une révolution au Rojava avait couru dans la gauche française dès 2012, c’est en 2015, après l’attentat du 7 janvier et encore plus après celui du 13 novembre, que la gauche française s’est particulièrement passionnée pour le combat « des Kurdes » contre l’État Islamique. Et ce alors que, dans son immense majorité, cette même gauche n’a rien compris au soulèvement syrien de 2011, et n’a, à l’inverse de nombreuses associations musulmanes, jamais essayé d’y apporter le moindre soutien, pas même humanitaire.

    Et c’est ainsi qu’en France, en 2015, dans un contexte d’union nationale contre la « barbarie islamiste », le slogan « Fuck ISIS, support PKK » a commencé à fleurir chez les gauchistes, en même temps que la prolifération des mythes sur l’« expérience autogestionnaire au Rojava ». Parallèle troublant, ces discours se sont répandus au moment même où la diplomatie française rompait avec sa politique de pression (modérée) vis-a-vis d’Assad, et considérait désormais l’État Islamique (ou « l’islamisme ») comme l’ennemi unique, Assad n’étant plus un ennemi, Poutine et le PYD constituant même des partenaires dans cette lutte.

    Que l’État français prenne pour position « tous contre Daech et seulement contre Daech » alors que l’État Islamique ne fera jamais autant de dégâts en Syrie qu’Assad et Poutine ni autant de morts dans le monde que la France ou les États-Unis, est une chose ; mais que l’extrême-gauche, « révolutionnaire » et « anti-impérialiste » autoproclamée, ait le même réflexe, tout en continuant d’ignorer d’une part l’insurrection syrienne et sa répression, et d’autre part la politique des États occidentaux dans le monde, est pour le moins obscène. En réalité, « les Kurdes » semblent être aux militants de gauche ce que « les chrétiens d’Orient » sont à ceux de la droite catholique : la justification de leurs peurs et de leurs lâchetés.

    Au delà du parallèle troublant entre d’une part les positions diplomatiques de l’État français ou des États occidentaux, et d’autre part celles de « révolutionnaires » internationaux s’engageant dans les YPG (ou de la gauche française les soutenant), c’est parfois jusqu’aux arguments pour justifier ces positions qui convergent. Dans divers reportages télévisés diffusés en 2016, des volontaires français, qui ne se seraient jamais intéressés à la Syrie si des Français n’étaient pas morts dans une salle de rédaction, en terrasse ou dans une salle de concerts, affirment s’être décidés à rejoindre les YPG après le 13 novembre 2015. Dans un documentaire de Russia Today à propos de la prise de Raqqa, un volontaire suédois s’indigne de la supposée faiblesse de la répression dans son pays contre Daech, puis affirme que l’État Islamique est « l’incarnation de la méchanceté », puisque « le monde entier est contre eux ». Dans le même reportage, c’est une volontaire suédoise des YPJ (branche féminine des YPG), qui, dans un discours qui n’est pas sans rappeler les arguments avancés pour justifier toutes les guerres de l’OTAN depuis près de vingt ans, dit vouloir « lutter pour les droits des femmes ici au Moyen-Orient »16. Et la palme de l’ethnocentrisme et de l’ignominie revient sans doute aux anarchistes qui, à Raqqa, dans une ville ravagée et vidée de ses habitants par les bombardements internationaux, ont décidé de prendre la pose dans les ruines avec le drapeau LGBT et la banderole « This faggot kills fascists ».

    Après avoir proprement ignoré l’insurrection syrienne et son écrasement par Assad et ses alliés, une bonne partie de la gauche se cache maintenant derrière « les Kurdes » pour reprendre les éléments de langage du régime syrien, ou ceux des représentants kurdes en France, calibrés pour plaire à la gauche française. Ainsi, lors du meeting parisien du 24 mars en solidarité avec la lutte des YPG à Afrin, les combattants de l’Armée Syrienne Libre furent désignés systématiquement comme « Al Qaida » et d’« anciens combattants de Daech ». Alors que nous sommes dans une situation tragique et complexe où Erdogan a réussi à s’acheter la loyauté d’une partie de l’ASL pour mener un combat ouvert contre le PYD17, dans un contexte où le parti kurde est de plus en plus perçu comme un « occupant » par certaines populations arabes18, la gauche française a décidé, de manière unanime, de ne décrire qu’une partie du drame. Lors des prises de parole de ce meeting du 24 mars, toutes consacrées au récit de la « lutte contre le terrorisme », où se sont succédés les responsables de SOS Racisme (!), de Solidaires, du MRAP, de la France insoumise, d’Alternative Libertaire, Olivier Besancenot fut le seul à mentionner le régime syrien, renvoyant Erdogan et Assad dos à dos, et rappelant que la guerre en Syrie avait commencé par une révolte contre une dictature ignoble.

    Sans souci de nuance, sur les sites internet et les pages Facebook favorables au PYD, ce sont les termes « barbares » et « islamo-fascistes » qui prévalent, sans que l’on sache très bien ce qu’englobent ces catégories. Et ces messages sont relayés par des militants qui, s’ils ne pouvaient se cacher derrière « les Kurdes », n’assumeraient pas l’islamophobie du propos. Quant à Mélenchon, connu pour sa reprise depuis 2011 de tous les arguments d’Assad et de Poutine à propos des rebelles syriens, il twittait récemment : « Incroyable courage des combattant(e)s kurdes. Sous nos yeux le lâche abandon de nos alliés aux mains d'Erdogan. Le parti médiatique préfère soutenir les Daech de la Goutta19 ». Et ce alors même que la majorité des morts à la Ghouta (et non à « la Goutta » …) furent bien sûr des civils, et que les insurgés de la Ghouta ont toujours été opposés à l’État Islamique …

    En réalité, le soutien de la gauche française aux « Kurdes » est moins lié au soutien à l’autonomie du Kurdistan qu’au fait que « les Kurdes » seraient « nos alliés » contre l’ennemi que la France a désigné dans cette guerre contre le terrorisme, un paradigme qui fait disparaître toute autre considération. Dans la tribune parue dans l’Humanité déjà mentionnée, de nombreux syndicalistes CGT et Solidaires justifient ainsi leur soutien aux YPG : « En Syrie, les forces kurdes des YPG/YPJ et les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont pourtant combattu en première ligne contre l’État islamique. Elles ont défendu et sauvé Kobané. Elles ont libéré Raqqa, la « capitale » du califat sanguinaire »20. Et Danielle Simmonet justifie notamment son soutien aux YPG par le fait qu’ils seraient les « meilleurs combattants contre Daech »21. La suite de son propos illustre ce qu’elle pense de l’insurrection syrienne : « [Les YPG] sont une alternative à la fois à Assad, à Daech et à certaines milices qui se disent rebelles et sont aussi dans des formes de djihadisme » …

    L’internationalisme n’est donc plus, pour la gauche, le soutien aux révolutions par-delà les frontières, mais la justification de ses propres lâchetés, de son désintérêt pour les habitants des villes de l’insurrection syrienne sous les bombardements, et de sa peur des « islamo-fascistes ». S’ensuit logiquement le soutien aux milices YPG que certains Occidentaux ont rejoint, et que l’OTAN appuie périodiquement pour se défendre contre les barbares qui attaquent parfois à Paris notre art de vivre et notre goût pour la liberté. Ainsi, alors que 500 000 Syriens sont morts depuis le début de la guerre, alors que ceux qui ont instauré des conseils communaux, ont organisé le ravitaillement des villes assiégées, ont mis en place les brigades de casques blancs, autogéré les hôpitaux et les écoles dans des villes en guerre, alors que les habitants des villes écrasées sous un tapis de bombe ont été ignorés voire insultés par une partie de la gauche française, et notamment par la France Insoumise, les seuls morts qui sont commémorées, les seuls noms qui sont cités dans les médias de gauche et d’extrême-gauche comme dans les médias de masse, sont ceux des volontaires occidentaux des YPG. Parfois, nous pouvons même lire ou entendre moult détails sur la vie d’avant-guerre de ces combattants européens, aux engagements ou aux modes de vie proches des nôtres, donnant l’impression qu’il faut insister sur le fait que ce sont ces vies là qui sont dignes d’être pleurées.

    Le plus souvent, les discours de l’extrême-gauche radicale ou des organisations antifascistes ne valent pas mieux que ceux de la gauche institutionnelle, donnant ainsi une caution « révolutionnaire » au rôle de mercenaires confié par l’OTAN aux YPG.

    Nombreux sont ceux qui nomment « intervention antifasciste » l’avancée des combattants occidentaux du « Bataillon international » des YPG dans les ruines de villes et de villages arabes syriens détruits par les bombardements de l’OTAN et de la Russie, ou la prise de Mossoul par l’OTAN et ses alliés en Irak, après que ses habitants furent ensevelis sous les bombes de la coalition, avant d’être écrasés par les bulldozers des forces irakiennes22. À l’inverse, ceux qui ont un minimum de culture historique se rappellent que le fascisme est un mouvement né en Europe, porté par les volontés expansionnistes des États européens, et non la réaction, aussi criminelle et détestable que fut celle de l’État Islamique en Irak et dans le monde, à la destruction d’un pays par la plus puissante armée du monde, ainsi qu’à l’oppression par des dictatures.

    La confusion entre antiterrorisme et antifascisme pour la séquence qui nous intéresse date du siège de Kobané par l’État Islamique, alors présenté comme le nouveau Stalingrad23. Même si nous pouvons comprendre qu’il est toujours tentant d’associer atrocités, crimes de masse et nettoyage ethnique au fascisme, cette pseudo-analyse a de nombreux effets pervers. Le principal d’entre eux est que cela nous ferait oublier que l’État Islamique n’a pas le monopole des atrocités et que le plus grand responsable de massacres en Syrie est de très loin le régime syrien (avec ses soutiens russes, iraniens et libanais) disposant d’une force de frappe sans commune mesure avec celle de l’État Islamique, et pratiquant notamment la torture systématique, les bombardements aériens sur les populations et l’usage d’armes chimiques.

    [Nous avons eu l'occasion, à la fin de cet article reflexions-fb-sur-la-syrie, de revenir un peu là-dessus et de démystifier cette histoire de "régime-et-alliés premiers tueurs du conflit DE TRÈS LOIN" ; mais du coup, de fait, s'il ressort que le régime et ses alliés ne sont les premiers massacreurs de civils que de "pas très loin", ils sont suivis de près par... les bombardements de la coalition occidentale, menés dans 99% des cas en appui aux FDS de Rojava ; avec pour résultat la prise de contrôle de plus de 30% du territoire arabe syrien par ces impérialistes 4W8SA.png et ce, absolument pas grâce aux "rebelles islamo-fascistes de la CIA" mais bel et bien grâce "aux Kurdes", et par conséquent sous les applaudissements des 3/4 de la gauche radicale occidentale...]

    Quitte à parler de fascisme et d’expansionnisme, rappelons que ce même régime syrien entretient de longue date des relations privilégiées avec les milieux fascistes, néo-nazis et nationalistes européens. Aloïs Bruner24, « meilleur homme » d’Adolf Eichmann, a formé les services de renseignement du régime de Damas pendant quarante ans, et la quasi-totalité des groupes fascistes sévissant actuellement en Europe le soutiennent, en échange de quoi ils sont reçus bras ouverts lors de voyages « diplomatiques »25. Ce soutien de l’extrême droite, se prétendant « anti-impérialiste », prolonge en vérité une alliance assez ancienne du régime syrien avec la bourgeoisie française (incarnée par exemple par les liens entre Chirac et Assad26), laquelle, mise à mal par l’étendue de la répression de 2011, s’est peu à peu réaffirmée au nom de la lutte prioritaire contre le terrorisme.

    Cette comparaison historique entre la guerre de l’OTAN et des YPG contre l’État Islamique et la lutte contre le nazisme et le fascisme n’a aucun fondement sérieux, tout comme la plupart des schémas idéologiques qui ont été projetés sur cette guerre. Nous pourrions enfoncer le clou en questionnant l’usage même de la catégorie de « terrorisme » dans un contexte de guerre généralisée en Syrie. Le PKK est considéré comme terroriste par la Turquie (et encore officiellement par l’Union Européenne), et le Hezbollah, qui se bat aux côtés de l’armée régulière syrienne, reçoit la même qualification de la part de l’UE et des États-Unis. Agiter de tels mots épouvantails, étiqueter son ennemi comme « terroriste » dans un contexte de guerre ne conduit qu’à empêcher de penser la réalité et la complexité du conflit, ainsi que la nature des rapports de force.

    « Anti-interventionnisme » et intervention réellement existante.

    L’opposition à toute « ingérence occidentale » constitue une autre réaction fréquente à gauche. Lundi Matin a par exemple été vigoureusement attaqué sur les réseaux sociaux pour avoir publié le texte de Sarah Kilani et Thomas Moreau sur l’alter-complotisme de la Pravda mélenchoniste27, article dans lequel était préconisé une intervention contre le régime syrien.

    Nous partageons évidemment le réflexe de principe qui consiste, pour des révolutionnaires, à ne pas solliciter le Chef des Armées et lui demander de venir en aide à des camarades à l’autre bout du monde. Les États sont nos ennemis, à commencer par celui qui nous domine et nous réprime le plus directement. Dans l’immense majorité des cas cette position « anti-impérialiste » ou « anti-interventionniste » oublie cependant que des bombardements français ont déjà lieu depuis septembre 2014… contre l’État Islamique (c’est-à-dire avant que celui-ci ne frappe la France). Or, ceci n’a entraîné presque aucune protestation, pas plus que les nombreuses autres interventions de « maintien de l’ordre » menées par la France en Côte d’Ivoire, au Mali, en Centrafrique, etc. Visiblement il serait plus légitime du point de vue de la gauche que l’armée française intervienne pour « lutter contre le terrorisme » et maintenir sa sphère d’influence, que pour renverser une dictature. Sur ce point, nous devons admettre que les positionnements « pro-intervention » comme celui de Sarah Kilani sont plus conséquents, puisqu’en plus de ne pas dissocier la nécessité d’en finir avec le terrorisme de celle d’en finir avec les dictatures28, ils n’occultent pas la centralité du processus révolutionnaire déclenché dans le monde arabe contre ces dictatures.

    S’il est naïf et paradoxal de demander à l’État français ou à ses alliés de se comporter en défenseur des droits de l’homme, voire en promoteur de la révolution et de la démocratie dans le monde, que dire de la posture anti-impérialiste proclamée par ses adversaires ? L’inquiétude quant à une intervention militaire anti-Assad, dont on a vu, après de nombreux dépassements de « lignes rouges » de 2013 à 2018, qu’elle n’avait pas lieu, a contribué à invisibiliser la dynamique insurrectionnelle et même à la faire passer pour le résultat d’une manipulation extérieure29. Pourtant, comme nous l’avons déjà mentionné, ce sont la Russie, l’Iran et le Hezbollah qui interviennent massivement contre la population syrienne, tandis que les Occidentaux, de l’extrême-droite à l’extrême-gauche restent obnubilés par la menace « islamo-fasciste ». Cette occultation des interventions réelles paraît encore plus douteuse quand on voit la place que prend l’anecdotique soutien israélien à certains groupes rebelles dans les discours de certains militants de gauche.

    [Ouais bon, si un prétexte "Hezbollah-Iran + Daesh" (qui tient "judicieusement" un petit territoire juste à la frontière... UnzQ.png) conduit à une intervention sioniste dans le Sud, et à une occupation de 5 voire 10% du territoire arabe syrien en plus du Golan déjà occupé, ce n'est pas non plus tout à fait "anecdotique"...]

    Le fourvoiement de cet anti-impérialisme de pacotille est total.

    Finalement, nous arrivons à un moment où l’union sacrée dans la guerre contre le terrorisme a réussi à fédérer la totalité du champ politique. Alors que les détentions arbitraires et l’usage de la torture à Guantanamo étaient dénoncés par la gauche française, tous les principes semblent avoir disparu maintenant que « nous » sommes visés par les « barbares » : les bombardements sur Raqqa et Mossoul, les exécutions par drone sans l’ombre d’un procès, les détentions arbitraires et les jugements expéditifs (en particuliers ceux pratiqués par « nos boys », les YPG30), ne semblent plus gêner personne. La gauche, dans sa grande diversité, aura été incapable de se reconnaître dans les révolutions qui ont secoué les pays arabes, sûrement les seules que notre génération ait connu jusqu’alors. En fin de compte, la gauche préfère applaudir plus ou moins honteusement à son anéantissement : plutôt l’ordre que le chaos ou, comme aurait dit Marx, « plutôt une fin effroyable qu’un effroi sans fin ». Du soutien plus ou moins honteux à Poutine-Assad à celui qui s’exprime pour la coalition occidentale avec au centre les YPG, chacun aura depuis son confortable fauteuil choisi un camp comme dans une partie de Risk.

    Peu avant son procès, un des inculpés de l’affaire dite de Tarnac soulignait lors d’une interview télévisée que le soutien dont lui et ses camarades avaient bénéficié de la part de la gauche n’aurait probablement jamais existé s’ils s’étaient appelés Youssef ou Mohamed31. Les réactions timorées vis-à-vis de l’état d’urgence, parfois les tentatives de sabotages de celles-ci au prétexte que s’y trouvaient les « islamistes » du CCIF (ou tout autre groupe antiraciste composé de musulmans réels ou supposés) lui donnent raison32, tout autant que l’absence de réaction de la gauche face au fait que l’État français assume dorénavant d’assassiner certains de ses ressortissants par drone parce qu’ils sont dans le camp de l’ennemi, ou encourage qu’ils soient jugés dans les tribunaux antiterroristes du Rojava, sans avocat ni possibilité de faire appel33.

    On l’a vu, les raisons du soutien au PYD sont multiples, et certaines seraient tout-à-fait légitimes si elles étaient prudemment formulées, dans le cadre strict de la lutte pour l’autodéfense et l’autodétermination kurde. Il serait possible de comprendre le décalage abyssal entre le récit « révolutionnaire » sur le Rojava et le réel des compromissions politiques qui s’y déroulent par les « nécessités de la guerre ». Mais si nous acceptons cela, alors affirmons que le ralliement d’une part importante de l’ASL à Erdogan n’est pas moins justifié que l’alliance de circonstance du PYD avec Assad, Poutine ou Trump. Une analyse cohérente de la situation ne donne certes pas de solutions clés en main à ce drame où rebelles et Kurdes s’entretuent pour le compte de dictateurs, mais devons-nous continuer à nous réfugier derrière les slogans et les postures quand il semble difficile de faire face au réel ? Comme l’écrivait Louis Mercier-Véga dans La Chevauchée anonyme, « Il y a des périodes où l’on ne peut rien, sauf ne pas perdre la tête »34.

    Bibliographie

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    « Mais avec banquetez-vous » ? non-fides.fr, 28/01/2016, Mais-avec-qui-banquetez-vous

    «Dozens of civilians and armed groups fighters from Tal Rifaat city protested yesterday near Bab al-Salame border crossing demanding to open a new military campaign to retake their city which was captured by SDF groups more than 2 years ago », Northern Syria Observer, 23/03/2018, https://www.youtube.com/watch?v=Z8GzlvOCGGM&feature=share

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    « Rojava : brisons le silence », Revue Ballast, mars 2018, http://www.revue-ballast.fr/rojava-brisons-le-silence/

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    Rubel Maximilien, « Formation et développement du capital en URSS », Economie appliquée, 1957, marxists.org, rubel_19570900.htm

    Ruptura Collectiva, “La guerilla anarchiste IRPGF est née au Rojava pour lutter pour la révolution au Kurdistan”, 08/04/2017, youtube.com/watch?v=91W5OeT_yYE&t=87s

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    Simonet Danielle, « Discours à la marche mondiale pour Afrin », Place de la République, 24/03/2018, https://www.youtube.com/watch?v=DN6ZlnpJvJU

    T.K & G.V, « Lettre à des amis « rojavistes » », ddt21.noblogs.org, 2015, page_id=914

    Trofimova Anastasia, « The road to Raqqa », rt.com, 18/09/2017, https://rtd.rt.com/films/road-to-raqqa/ .

    Télécharger pdf : SI_explosion ideol Kurdistan_SV_2018

    1Vaste sujet, que nous mentionnons ici simplement à titre d’analogie. Sur la « bolchévisation » des partis communistes, le développement du capitalisme d’État, et la contre-révolution stalinienne, (re)lire les gauches communistes :

    Panekoek Anton, « Au sujet du parti communiste », International Council Correspondence, Vol. 1, no. 7, 1936, marxists.org, pannekoek/works/1936/06/pannekoek_19360600.htm

    Rubel Maximilien, « Formation et développement du capital en URSS », Economie appliquée, 1957, https://www.marxists.org/francais/rubel/works/1957/rubel_19570900.htm .

    Bilan, « Seizième anniversaire de la révolution russe », Bilan, n°1, 1933, archives autonomies.org, 2016, http://archivesautonomies.org/spip.php?article2275

    2 « Rojava : brisons le silence », Revue Ballast, mars 2018, http://www.revue-ballast.fr/rojava-brisons-le-silence/ (où on retrouve côte à côte l’auteur de la Fabrique du Musulman et la crème de l’islamo-gauchisme).

    3 Collectif de syndicalistes, « Afrin. Appel de soutien de syndicalistes », L’Humanité.fr, 26/03/2018, http://www.humanite.fr/afrin-appel-de-soutien-de-syndicalistes-652630

    4Simonet Danielle, « Discours à la marche mondiale pour Afrin », Place de la République, 24/03/2018, https://www.youtube.com/watch?v=DN6ZlnpJvJU

    5Den Hond Chris & Court Mireille, « Rojava : une utopie au cœur du chaos syrien », OrientXXI.info, 2017 https://www.youtube.com/watch?v=Js6PAWd202M

    6 Daher Joseph, « L’auto-organisation des luttes populaires en Syrie face au régime et aux groupes islamistes ? Oui, ça existe ! », europe-solidaire.org, 04/09/2013, http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article29650

    7 Nezan Kendal in « Kurdistan syrien : jusqu’ou ira Erdogan ? », France Culture, 23/03/2018, https://www.franceculture.fr/emissions/cultures-monde/culturesmonde-du-vendredi-23-mars-2018

    8 T.K & G.V, « Lettre à des amis « rojavistes » », http://ddt21.noblogs.org/?page_id=914

    9Leverrier Ignace,  « Les Kurdes sur la voie de l’autonomie en Syrie … avec l’aval de Bachar Al-Assad », lemonde.fr, 02/11/2011, http://syrie.blog.lemonde.fr/2011/11/02/les-kurdes-sur-la-voie-de-l%E2%80%99autonomie-en-syrie%E2%80%A6-avec-l%E2%80%99aval-de-bachar-al-assad/

    11« Les Arabes disaient : « Nous vous attendons. Rebellez-vous, nous sommes prêts, renversons le régime ». Nous disions : « Non, nous sommes 15% de la Syrie et vous êtes 85% de la Syrie. Que 50% d’entre vous se soulève et 100% d’entre nous se soulèvera ». Ils se sont trouvés être des menteurs. Si nous avions fait comme ils voulaient que nous le fassions, le régime aurait dit « Ceux-là veulent briser la Syrie » et ils auraient organisé tous les Arabes contre nous. Et les Kurdes au Rojava auraient dû faire face à un génocide. Nous avons réalisé la situation. Nous disions que nous allions mettre en application notre modèle sur une fondation démocratique et sans bain de sang et que notre porte était ouverte à celles et ceux qui voulaient se joindre à nous » in « Le ministre de l’économie du canton d’Afrin : le Rojava défie les normes de classe, de genre et de pouvoir », rojavasolidarite.noblogs.org, 01/01/2015, http://rojavasolidarite.noblogs.org/post/2015/01/07/le-ministre-de-leconomie-du-canton-defrin-le-rojava-defie-les-normes-de-classe-de-genre-et-de-pouvoir/

    12 Ibrahim Arwa, « L’aide apportée à Assad par les amis-ennemis » kurdes à Alep, middleeasteye.net, 6/12/2016, middleeasteye.net/l-aide-apport-e-assad-par-les-amis-ennemis-kurdes-alep

    14 Ibid.

    15 Bonzon Ariane, « Tout le monde sait que les Turcs ne repartent pas facilement de là où ils sont entrés », slate.fr, 21/02/2018, syrie-turquie-kurdes?amp&__twitter_impression=true

    16Trofimova Anastasia, « The road to Raqqa », rt.com, 18/09/2017, rtd.rt.com/films/road-to-raqqa

    17Barthe Benjamin, « L’armée syrienne libre : de la lutte contre Assad à la milice pro-turque », Le Monde, 30/01/2018, l-armee-syrienne-libre-de-la-lutte-contre-assad-a-la-milice-proturque

    18«Dozens of civilians and armed groups fighters from Tal Rifaat city protested yesterday near Bab al-Salame border crossing demanding to open a new military campaign to retake their city which was captured by SDF groups more than 2 years ago »,  Northern Syria Observer, 23/03/2018, https://www.youtube.com/watch?v=Z8GzlvOCGGM&feature=share

    19Mélenchon Jean-Luc, tweet du 14/03/2018, status/973922508457041921

    20 Collectif de syndicalistes, « Afrin. Appel de soutien de syndicalistes », L’Humanité.fr, 26/03/2018, http://www.humanite.fr/afrin-appel-de-soutien-de-syndicalistes-652630

    21Simonet Danielle, « Discours à la marche mondiale pour Afrin », Place de la République, 24/03/2018, https://www.youtube.com/watch?v=DN6ZlnpJvJU

    22 “Massacre à Mossoul : « Nous avons tué tout le monde – l’EI, les hommes, les femmes et les enfants », Middle East Eye, 27/07/2017, middleeasteye.net/fr/reportages/massacre-mossoul-nous-avons-tu-tout-le-monde-l-ei-les-hommes-les-femmes-et-les-enfants

    23Ruptura Collectiva, “La guérilla anarchiste IRPGF est née au Rojava pour lutter pour la révolution au Kurdistan”, 08/04/2017, youtube.com/watch?v=91W5OeT_yYE&t=87s

    24Aouidj Hedi & Palain Mathieu, “ Le nazi de Damas”, revue 21, n°37, 2017, le-nazi-de-damas .

    25 Shrooms Leila, “Syrie : qui sont les soutiens fascistes d’Assad ?”, lahorde.samizdat.net, 2014, lahorde.samizdat.net/2014/01/15/syrie-qui-sont-les-soutiens-fascistes-dassad/

    26 Drouelle Fabrice, “Chirac-Assad. Dix ans de dipomatie franco-syrienne 1996-2006”, franceinter.fr, 30/01/2018, http://www.franceinter.fr/emissions/affaires-sensibles/affaires-sensibles-30-janvier-2018

    27Kilani Sarah & Moreau Thomas, « Le Média sur la Syrie: naufrage du journalisme alternatif », lundi.am, 28/02/2018, lundi.am/Le-Media-sur-la-Syrie-naufrage-du-journalisme-alternatif

    28Monsieur le président, maintenir Assad c’est soutenir le terrorisme”, Libération, 02/07/2017, http://www.liberation.fr/debats/2017/07/02/monsieur-le-president-maintenir-assad-c-est-soutenir-le-terrorisme_1581057

    29Breteau Pierre, “Les pipelines et les gazoducs sont-ils à l’origine de la guerre en Syrie, comme l’affirme Jean-Luc Mélechon ?”, Le Monde, 12/04/2017, http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/04/12/les-pipelines-et-les-gazoducs-sont-ils-a-l-origine-de-la-guerre-en-syrie-comme-l-affirme-jean-luc-melenchon_5110147_4355770.html ; lire également Cournebouc Alain, « Ni Allah, ni pétrole : pour une approche ouverte de la question syrienne », carbureblog.com, 04/02/2017, ni-dieu-ni-petrole-pour-une-approche-ouverte-de-la-question-syrienne

    30Lire à ce sujet les rapports de Human Rights Watch et les rares analyses publiées : « Syrie : des abus sont commis dans les enclaves sous contrôle kurde », Human Rights Watch, 19/06/2014, http://www.hrw.org/fr/news/2014/06/19/syrie-des-abus-sont-commis-dans-les-enclaves-sous-controle-kurde ; Simon Cyril, « Djihadistes français en Syrie : « On ne peut pas parler de procès équitable », Le Parisien, 05/01/2018, djihadistes-francais-en-syrie-on-ne-peut-pas-parler-de-proces-equitable ; « La cour antierroriste de Qamishli », francetvinfo.fr, 23/01/2018, http://www.francetvinfo.fr/france/jihadistes-francais/video-pas-d-avocat-pas-d-appel-une-audience-dans-un-bureau-comment-la-cour-antiterroriste-kurde-juge-les-jihadistes_2574880.html ; Digiacomi Claire, « Les jihadistes arrêtés en Syrie peuvent-ils vraiment être jugés au Kurdistan syrien ? », huffingtonpost.fr, 04/01/2018, les-jihadistes-francais-arretes-en-syrie-peuvent-ils-vraiment-etre-juges-au-kurdistan-syrien ; Boggio Philippe, « Dans le secret des opérations homo », slate.fr, 29/03/2015, operations-homo

    31« Tarnac : les vérités de Julien Coupat », Envoyé spécial, francetv.info, 09/03/2018, https://www.francetvinfo.fr/faits-divers/justice-proces/affaire-tarnac/video-tarnac-les-verites-de-julien-coupat_2641660.html

    32Réactions analogues chez les insurrectionnalistes chauvins de Non Fides vis-à-vis de l’organisation du « banquet contre l’état d’urgence » ( « Mais avec banquetez-vous  ?  » non-fides.fr, 28/01/2016, http://www.non-fides.fr/?Mais-avec-qui-banquetez-vous ) et dans la mouvance de la « gauche » identitaire du Printemps Républicain contre la LDH ( Dumont Françoise, « Réponse LDH à Gilles Clavreul, le soi disant DILCRA », solidaires.org, 16/12/2015, http://solidaires.org/Reponse-LDH-a-Gilles-Clavreul-le-soi-disant-DILCRA ).

    33Lire à ce sujet les rapports de Human Rights Watch et les rares analyses publiées : « Syrie : des abus sont commis dans les enclaves sous contrôle kurde », Human Rights Watch, 19/06/2014, http://www.hrw.org/fr/news/2014/06/19/syrie-des-abus-sont-commis-dans-les-enclaves-sous-controle-kurde ; Simon Cyril, « Djihadistes français en Syrie : « On ne peut pas parler de procès équitable », Le Parisien, 05/01/2018, djihadistes-francais-en-syrie-on-ne-peut-pas-parler-de-proces-equitable-05-01-2018-7485120.php ; « La cour antierroriste de Qamishli », francetvinfo.fr, 23/01/2018, pas-d-avocat-pas-d-appel-une-audience-dans-un-bureau-comment-la-cour-antiterroriste-kurde-juge-les-jihadistes ; Digiacomi Claire, « Les jihadistes arrêtés en Syrie peuvent-ils vraiment être jugés au Kurdistan syrien ? », huffingtonpost.fr, 04/01/2018, les-jihadistes-francais-arretes-en-syrie-peuvent-ils-vraiment-etre-juges-au-kurdistan-syrien ; Boggio Philippe, « Dans le secret des opérations homo », slate.fr, 29/03/2015, operations-homo

    34Mercier-Vega Louis in « « La Chevauchée anonyme ». Ni l’un ni l’autre camp (1939-1941 », gimenologues.org, 22/09/2006,  http://gimenologues.org/spip.php?article201


    [Par ailleurs, un truc important à comprendre c'est que comme dans tout mouvement politique, il y a très probablement une lutte de lignes dans le PKK (et, par répercussion, dans le HBDH). En l'occurrence entre plutôt une "vieille garde" (Riza Altun etc.), ligne à laquelle se rattachent les déclarations pro-Rojava voire pro-HDP de Leila Khaled ou de Georges Abdallah, ou encore de l'ILPS, favorable à un maximum d'alliance "fédérale" avec le régime en mode bloc "anti-impérialiste" "comme au bon vieux temps de la Bekaa", d'un côté ; et de l'autre une "jeune garde" (Bêcan B., mais aussi Saleh Muslim et très probablement... Öcalan ou plutôt "Öcabookchin" lui-même) qui ne voit pas le souci d'une alliance "progressiste" avec les "démocraties" (occidentales) contre le "fascisme" local (Erdogan comme Assad ou les djihadistes).

    Le problème de la ligne "vieille garde" étant... que ses perspectives ont été anéanties à Afrin, puisque le premier qui pouvait mettre fin à l'opération en un quart d'heure, c'était Poutine (dont le régime syrien est devenu une pure courroie de transmission, plus que jamais du temps d'Assad père et de l'URSS) ; mais il a préféré ménager Erdogan et lui concéder, en échange du "nettoyage" des dernières poches rebelles en zone régime, ce territoire désormais continu Idleb-Afrin-Shahba au Nord-Ouest où sont et seront justement "entreposés" les rebelles pro-turcs vaincus. Ce qui laisse, mécaniquement, le champ libre à la ligne "jeune garde" ; évidemment la préférée (et pour cause) des états-majors impérialistes occidentaux et de "nos" gauches bourgeoises et gauchistes de campus.]


    1 commentaire

  • ["Internationaliste" "progressiste" bien-pensant, humanitaro-ONGiste : analyse-et-retrospective-historique-du-fascisme-anti-politique-4e-partie]

    Je sais pas vous, mais j'ai l'impression que le gauchisme occidental a tendance à apprécier les leaders africains quand ils MEURENT vite en héros révolutionnaires romantiques : Lumumba, Sankara...

    Mais quand ils DURENT au pouvoir et s'attaquent VRAIMENT à la propriété coloniale blanche et/ou aux monopoles impérialistes, quitte à aller gratter un peu du côté de puissances non-occidentales (URSS hier, Chinois aujourd'hui) et s'en foutre un peu dans les poches au passage (mais pas plus voire moins que les vendus complets à la Bongo), là c'est différent...

    Bon quand je parle d'Amin Dada c'est surtout pour troller (du gauchiste petit-bourgeois occidental, justement parce que ça marche), et pour le kiff de la chaise à porteurs hissée par 4 crevettes d'outre-Manche en train de cuire sous la chaleur africaine LOL ; il y aurait beaucoup à dire sur le personnage, mais il n'empêche que sous la plume d'un de ses ENNEMIS politiques tout au long de son règne, condamné à mort (même) par lui, Dennis Hill : "Amin Dada (avait) des qualités de chef tribal compensant son manque d’éducation, par une adresse, un talent pour la survie, une force personnelle, du courage et une capacité pour mesurer les faiblesses de ses adversaires et les souhaits de son peuple. Ce n’est pas suffisant de limiter Amin Dada à un bouffon meurtrier. Il (était) une réalité africaine. Il a réalisé un rêve africain, la création d’un État vraiment noir."

    Petite réflexion facebookienne sur le gauchisme petit-bourgeois occidental ("internationaliste" "progressiste" bien-pensant, humanitaro-ONGiste) et son rapport à l'Afrique

    L'autre grand exemple étant évidemment Mugabe. On peut aussi citer Afeworki en Érythrée, "dictateur paranoïaque et alcoolique" qui aurait fait émigrer la moitié de sa population, mais sur lequel il est peut-être permis aussi de lire un point de vue de "premier concerné" divergent, celui de l’Éthiopien (Éthiopie et Érythrée ont été un seul pays de 1945 à 1992 et sont en guerre depuis) de la minorité somalie Mohamed Hassan : mohamed-hassan-pas-touche-erythree

    Il faut dire que l'impérialisme a l'art et la manière pour étrangler économiquement les pays "rebelles", et mettre ensuite la misère et la famine sur le dos du "tyran sanguinaire" : manoeuvres-contre-mugabe

    Ou que forcément, quand un régime est classé "dictature absolue", ça facilite l'émigration puisque ça facilite l'obtention du statut d'exilé politique, contrairement à ceux qui (pourtant dans la même misère et sous la même tyrannie) n'ont pas cette chance ; quoique peuvent aussi en profiter, une fois leurs passeports brûlés, les habitants d'un pays voisin non-classé (comme l’Éthiopie par exemple... pourtant autocratique et corrompue jusqu'à la moëlle, mais "alignée", elle !) qui parlent strictement et indiscernablement les mêmes langues que de l'autre côté de la frontière... Les réseaux de passeurs fournissent aux candidat.e.s à l'asile des récits tout préparés décrivant un Enfer sur Terre ; et les impérialistes pour le coup, qui au jour d'aujourd'hui préfèrent maintenir ou renvoyer la force de travail dans les pays qui les servent docilement, ne crachent par contre pas sur vider de ses forces vives un État "dissident".

    On verra ce qu'il adviendra si, demain, le virulent Julius Malema accède au pouvoir en Afrique du Sud histoire-semble-s-accelerer-afrique-du-sud.

    Alors certes on pourrait toujours s'amuser à dire que tous ces exemples sont "nationalistes bourgeois", "révisionnistes" ou pourquoi pas "social-fascistes" (traduction : compradores, "laquais" d'un impérialisme "socialiste" et "anti-impérialiste" type URSS ou Chine)... mais alors, JUSTEMENT, cela nous laisse imaginer ce qu'il en serait des réactions de la gauchisterie petite-bourgeoise occidentale si une véritable révolution démocratique anti-impérialiste, de Nouvelle Démocratie, advenait ! Il faudrait concrètement que son leader se fasse dégommer au bout de quelques années, comme Sankara, pour entrer comme icône inoffensive au Panthéon gauchiste. À moins, peut-être, qu'il ne lui faille combattre des "barbares" en transformant pour cela le pays en base militaire et aérienne de l'OTAN...

    Petite réflexion facebookienne sur le gauchisme petit-bourgeois occidental ("internationaliste" "progressiste" bien-pensant, humanitaro-ONGiste) et son rapport à l'Afrique

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