• ... que les diverses fractions bourgeoises sont en train d'essayer de placer au centre du débat politique européen.

    [Sur la nature, grosso modo, de ces fractions "libérales"-"progressistes" et "populistes", vous pouvez lire :

    http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/quand-un-referendum-chez-la-perfide-albion-provoque-des-fretillements-chez-nos-souverainistes

    http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/petite-revue-de-presse-sur-la-situation-actuelle-28-05-2018

    http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/la-situation-en-italie-confronte-la-ligne-du-n-pci-au-mur-de-la-realite

    http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/on-s-est-beaucoup-pose-la-question-au-moment-de-la-presidentielle-l-an-dernier]

    Notre position de principe sur la question ("que sont" les migrants, que représentent-ils, "de quoi sont-ils le nom") :

    http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/les-charters-de-la-honte-100%-dans-la-logique-de-l-imperialisme

    http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/la-tragedie-de-lampedusa-est-un-crime-imperialiste-de-plus-contre-l-humanite

    http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/les-travailleurs-migrants-ne-quittent-pas-leurs-pays-pour-le-plaisir

    Il vaut aussi le coup de lire l'analyse qu'en fait l'excellent Sadri Khiari, comparant le phénomène à un "marronage" (fuite d'esclaves) des "plantations esclavagistes géantes" que seraient les pays du Sud : https://nawaat.org/portail/2017/10/19/emigration-clandestine-une-forme-de-resistance/

    ET PUIS (nos réflexions, donc, sur les débats actuels "progressistes" vs "populistes", "marxistes-kuzmanovistes vs no border" etc.) :

    http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/reflexions-de-conception-du-monde-sur-l-affaire-du-nouveau-parti-de-gauche-anti-migrants-en-allemagne

    http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/deux-visions-de-nos-societes-europeennes-qui-s-opposent-non-mais-lol-fermez-vos-gueules

    http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/on-serait-presque-de-plus-en-plus-tentes-de-penser (deuxième partie et suivantes, après la première ligne d'astérisques)

    http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/encore-une-fois-sur-l-immigration-precisement-sur-la-question-de-l-imm (sur la question de "l'immigration pression sur les salaires et les droits sociaux" des travailleurs européens)


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  • [Recension, et pistes de réflexion sur un peu toutes les "grandes controverses" qui peuvent l'agiter de manière récurrente]

    Sur la question des "deux grands camps" qui s'affronteraient ; les organisations (essentiellement) latino-américaines (Brésil, Équateur etc.) + le groupe "Drapeau Rouge" d'Allemagne, d'un côté ; et le Parti communiste des Philippines et ses organisations, groupes ou individus partisans à travers le monde, de l'autre :

    http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/pour-en-finir-avec-les-histoires-de-controverse-amerique-du-sud-vs-phi-a137994392

    Nous ne pensons pas qu'il existe de véritable opportunisme liquidateur dans le maoïsme international ; sinon une espèce d'olympiade sportive mondiale de s'en accuser mutuellement.

    Il existe des PENCHANTS. Le sisonisme philippin a un PENCHANT vers l'opportunisme de droite, le pragmatisme/réalisme, avec parfois des relents postmodernes ou de libéralisme envers le postmo.

    Le gonzalisme a un penchant vers le dogmatisme paralytique qui a l'insigne mérite de pratiquement interdire de se tromper, de quasi systématiquement pouvoir "l'avoir bien dit" quand ça part en vrille, mais qui interdit aussi à notre sens dans la plupart des cas toute ligne de masse, toute réelle action ; sauf au Brésil où il a un background et ne part pas de rien ; mais ailleurs il n'avance pas vraiment, même dans des pays proches du Pérou.

    D'autres ont des penchants mouvementistes sans réel fond politique, sous un "village Potemkine" spectaculaire : le maoïsme occidental, notamment, est fait de villages Potemkine, voilà le mot. C'est beau, mais quand on toque un peu dessus, toc toc, c'est creux. Il n'y a pas de contenu.

    Certes, dire que l'opportunisme liquidateur n'existe pas implique de ne prendre en compte que le TKP/ML légitime et non les usurpateurs liquidateurs rojavistes qui eux le sont vraiment, encore que certains pourraient en revenir (devant la voie de garage évidente que représente de se mettre à la remorque du PKK et du HDP). Mais bref.

    Il y a une tendance générale qui est de considérer que poser les principes universels de la "3e et supérieure étape" du marxisme se suffit à soi-même, et à ne pas développer une PENSÉE pour empoigner réellement le glaive de la révolution dans chaque pays et les conditions qui lui sont propres.

    Lorsqu'il s'agit de copier-coller ce qui s'est fait au Pérou dans des pays assez similaires, comme au Brésil, ça peut fonctionner... Mais pas systématiquement, y compris dans des pays encore plus proches comme l'Équateur. Au demeurant ni le Pérou, ni le reste de l'Amérique latine actuels ne sont le Pérou des années 1970, c'est un problème et l'a peut-être déjà été au Pérou lui-même dans les années 1990.

    D'autres mouvements importants (Inde, Philippines, Turquie et Kurdistan du Nord) capitalisent sur ce qui a été "pensé" à leurs débuts, dans les années 1960 ou 70.

    [Nous avions déjà évoqué cette question il y a quelques mois : pour-en-finir-avec-histoires-controverse-amerique-du-sud-vs-philippines ; comme quoi le problème est moins qu'il y ait des "déviations" plaçant telles ou telles organisations hors du MLM, qu'une prétention à définir et imposer comme "voie" universelle des schémas de pensée qui, de fait, sont adaptés et "marchent" dans tel ou tel pays.]

    Ailleurs, nous ne voyons pas vraiment un groupe qui ait réellement "pensé" son pays.

    À l'heure actuelle, le fait est que beaucoup plus d'énergie est dépensée en controverses, à se traiter mutuellement de révisionnistes ou de dogmatiques qu'à se consacrer chacun dans son pays à cette tâche, sans même parler de passer sérieusement à l'action.

    Il est peut-être intéressant de relever que la plus "grande", pas seulement quantitativement mais qualitativement, Guerre populaire maoïste actuellement en cours est celle d'Inde... Et que les maoïstes de ce pays sont assez peu présents sur internet et dans toutes ces polémiques.

    ********************

    En principe le révisionnisme est une menace parce qu'en offrant une voie militante plus facile et accessible, il présente rapidement un caractère de masse au détriment des vrais communistes qui offrent un chemin plus difficile, risqué et tortueux.

    Si l'on part de ce principe... franchement le prachandisme (hors Népal), l'avakianisme (partout), c'est quoi la menace ? Personne n'en a rien à foutre ; presque personne, dans les masses, n'en a même entendu parler. Le MLM vision Sison, si on le tient pour révisionniste, à peine plus (hors Philippines)... Au Brésil, l'orga dissidente sisonienne a fait un flop ; elle s'est avérée incapable de menacer en quoi que ce soit un mouvement maoïste gonzaliste implanté depuis des décennies.

    À un moment donné, il faudrait arrêter les fixettes. Si le gonzalisme a des limites elles sont d'abord internes, bieeeen avant l'"influence néfaste" de quelque autre courant.

    Les gonzalistes qui peuvent se targuer d'un certain succès, comme les Brésiliens, devraient réellement moins se préoccuper de ça que du fait que les autres gonzalistes internationaux le soient authentiquement. Développent une Pensée Guide pour faire la révolution dans leurs pays respectifs, par exemple. Et le cas échéant, que cette Pensée Guide ne soit pas complétement réactionnaire, une régression intellectuelle y compris par rapport à des forces ML ou trotskystes, comme cela a pu être le cas en fRance avec un certain 'p''c''mlm' et l'est actuellement aux États-Unis (et pourrait l'être à nouveau en France par ré-importation d'outre-Atlantique).

    [Sur toute cette question du "gonzalisme" il faut par ailleurs préciser un truc de toute première importance : qu'est-ce que la ligne rouge du PCP (pas la "ligne opportuniste de droite" connue, celle des "accords de paix" et aujourd'hui du MOVADEF) ? C'est essentiellement et forcément, on sera d'accord, ce qui "communique" comme tel, ce qu'il en parvient à la connaissance sensible des gens, sa "voix".

    Or... pendant quelques 12 années (1999-2011), cette "voix" du PCP ligne rouge à l'international, la "position péruvienne", "Pensée Gonzalo" sur la réalité de la révolution là-bas comme sur tous les sujets de l'actualité, a été incarnée par le dit "Mouvement Populaire Pérou" et ses sites internet "Sol Rojo" en castillan et "Red Sun" en anglais. ET... au tournant de 2011-2012, le principal rédacteur de ce site a été DÉMASQUÉ comme un agent provocateur (longtemps) au service du "rat José", dirigeant du maquis de la VRAE (vallée des fleuves Apurimac et Ene) et tenant d'une ligne finalement analysée comme (ce que nous appelons) gauchiste réactionnaire, opportuniste de droite sous couvert de phrases ultra-révolutionnaires :

    http://ekladata.com/MPP-et-toutes-ces-histoires.pdf (ici les articles de VND en castillan : 1 - 2 et ici en anglais : 3)

    Le gars, en substance, avait littéralement passé plus d'une dizaine d'années à dire tout et son contraire ; ou plutôt à prendre systématiquement, en chaque circonstance, la position erronée, objectivement au service de la Réaction impérialiste mondiale. Apôtre du "socialisme du 21e siècle" à une époque, visiblement ; mais nous, aussi loin que remonte notre mémoire c'est à dire à la fin des années 2000, la ligne du site "Sol Rojo" était au contraire très hostile aux régimes bolivariens... précisément à un moment où ceux-ci faisaient face à une très forte pression impérialiste US et occidentale (Venezuela et Équateur face à la Colombie après la mort du n°2 des FARC dans une opération militaire en territoire équatorien et la "découverte de son ordinateur", Bolivie au bord de la guerre civile avec l'agitation fasciste de la région orientale, coup d'État au Honduras etc.) !!

    Une façon, que nous trouvions déjà détestable dès nos premières lectures, d'emphatiser sur la Pensée Gonzalo comme un véritable talisman magique ; ne pouvant pas ne pas faire penser au culte délirant de Mao qu'avait tenté d'organiser le traître Lin Piao ; et surtout, de rendre toutes les contradictions pouvant exister dans le mouvement communiste (maoïste) international en particulier, et dans le "camp révolutionnaire", "de la résistance" mondial en général, ultra-principales et antagoniques à mort, pires que toute contradiction avec l'impérialisme et les forces réactionnaires.

    Tout ceci en prenant toujours fermement appui sur les fondamentaux du MLM et de la Pensée Gonzalo ; autrement dit, en agitant savamment le drapeau rouge contre le drapeau rouge.

    Son manège a fini par être démasqué lorsque, une région de plus de 300.000 km² au Pérou étant le théâtre d'une gigantesque opération militaire US et de la Réaction locale, il a brutalement tourné casaque et, ayant encensé jusque-là le maquis opportuniste de la VRAE, a commencé à le dénoncer comme "révisionniste armé et narcotrafiquant"... alors même que ceci était le prétexte n°1 de l'opération. Ainsi que, vers la même époque, redoublé d'attaques contre la Guerre populaire en Inde, insinuant quasiment qu'elle serait un révisionnisme armé elle aussi ; après l'avoir déjà toujours qualifiée de "lutte armée" et non de Guerre populaire, depuis son renouveau au milieu des années 2000.

    Une ligne gauchiste réactionnaire... évoquant fortement, si vous nous suivez depuis un certain temps, celle du 'p''c''mlm' = "Contre-Informations" puis "Voie Lactée" puis "Les Matérialistes" (exemple 1 - exemple 2 - exemple 3), et pour cause : celui-ci a longtemps été le plus grand défenseur francophone de cette ligne, voire littéralement sa "branche française" ; et a d'ailleurs vigoureusement pris sa défense lors de son démasquage par le groupe VND Nouveau Pérou (MPP.pdf) ; avant de sombrer, comme entraîné dans sa chute, dans des positions de plus en plus ouvertement bourgeoises (souvent réactionnaires) pour finalement rejoindre tout dernièrement la social-démocratie agauche.org.

    Mais il serait profondément erroné de croire que l'on a démasqué cet agent réactionnaire et "ça y est", "tout est rentré dans l'ordre" (même s'il est vrai que le débat communiste-maoïste international en a été relativement assaini). Comme on l'a dit, durant plus d'une décennie, ce site a été pour des milliers de personnes intéressées par le maoïsme la seule connaissance sensible de la "ligne rouge péruvienne". Il serait pour tout dire délirant d'imaginer qu'il n'a pas eu une INFLUENCE considérable, qui peut perdurer encore jusque aujourd'hui ; tout comme l'affirmation de VND Nouveau Pérou, après tout ce qu'ils exposent, que "néanmoins jusqu'en mai 2011, Sol Rojo c'est principalement le drapeau rouge", "seulement après cette date le drapeau noir", a de quoi laisser perplexe...

    La réalité c'est bel et bien que cette influence a été réelle, sur tout un "état d'esprit", une conception du monde et un style de travail ; qu'en dehors (bien sûr) du corpus théorique de Gonzalo et du PCP avant son arrestation (mais qui comme on l'a dit, comme toute pensée "figée dans l'histoire", peut tout à fait être dévoyé et servir d'appui à un "drapeau rouge contre le drapeau rouge"...), le PCP à l'international pendant toute la grosse décennie qui a vu se lever la nouvelle vague de la révolution mondiale, ça a "été" ce site ; et qu'il serait absurde et anti-matérialiste de croire que la rupture avec lui, pour salutaire qu'elle ait été, ait pu être autre chose que partielle, même chez les "meilleurs" "gonzalistes" qui puissent exister (au Brésil notamment), a fortiori dans une logique d'enfermement dans une alternative binaire avec une "ligne philippine" qui pose aussi ses propres problèmes (campisme bête et méchant, soutien à des régimes de pourritures comme Assad au nom de l'"anti-impérialisme", manque de critique vis à vis des "gauches" bourgeoises du Sud global etc.).

    La réalité, c'est que bien plus qu'un Gonzalo emprisonné au secret depuis plus d'un quart de siècle et ses théories de "Pensée" ou de "Jefatura" ("Grand Dirigeant") contre lesquelles certains s'éreintent à s'acharner vainement, ce que ces "certains" appellent et dénoncent sous le nom de "gonzalisme"... c'est ça (cette influence néfaste), en fait.]

    ********************

    En fait, pour qu'on se comprenne bien, on n'est pas sur une question de trucs qui ne marchent pas. Encore que le Pérou se soit pris une certaine branlée, dont on pourrait discuter des raisons, bon.

    On est sur la question de l'exportation et application bête et méchante partout dans le monde de modèles qui marchent.

    Les Philippines ça marche, nous ne croyons pas à leur capitulation 100 fois annoncée, la stratégie de négociations nous a encore été réexpliquée etc. L'Inde ça marche, le Pérou ça a glorieusement marché, le Brésil aujourd'hui ça marche plutôt pas mal...

    Donc en fait, la question qui a pu se poser pour l'URSS de Lénine-Staline ou la Chine de Mao, ou le guévarisme après le succès cubain, dans les années 1960, sur le continent américain. Des trucs qui marchaient... Il y avait déjà ces débats sur le "modèle" à suivre plus ou moins aveuglément.

    Déjà on pourrait faire beaucoup plus simple, en disant simplement que le MLM c'est le gonzalisme. Ben oui, c'est qui qui l'a synthétisé et affirmé internationalement, le MLM ?* 

    Tous les autres sont des ML ralliés, un peu comme les catholiques ralliés à la République LOL, plus ou moins tardivement et à des degrés divers.

    Un peu comme à une époque, des marxistes et des socialistes divers se sont petit à petit ralliés au marxisme-léninisme.

    Forcément, ça pose la question de l'adaptation à chaque contexte national (qui passe par l'élaboration d'une Pensée... ce que combien ont fait ?). Plus le MLM s'éloigne du Pérou, moins il peut être "pur".

    Les Philippins sont "problématiques", déjà peut-être parce qu'au moment de reconnaître le MLM (vers la fin des années 1990 ?) ils avaient déjà derrière eux une longue et pas ridicule histoire. Il est donc logique qu'ils en fassent un peu à leur tête, et revendiquent une légitimité en tant que seule organisation à avoir une continuité totale depuis l'époque de Mao et de la Révolution culturelle.

    En fin de compte, on peut critiquer Sison comme on peut critiquer Gonzalo ou ses épigones actuels, comme Mao critiquait Staline : comme des CAMARADES, et de grands révolutionnaires communistes qui ont pu parfois commettre des erreurs en s'écartant du matérialisme dialectique, et/ou en perdant de vue certains principes ; mais qui restent dans le camp du communisme.

    En revanche, il existe des lignes rouges de l'inacceptable et des gens comme Prachanda et Bhattarai au Népal, Öcalan et le PKK et les orgas à sa remorque dans le HBDH en Turquie/Kurdistan, le 'p''c''mlm' en Hexagone ou les Red Guards aux États-Unis (liquidation infra-ML de la nécessité anticoloniale intérieure) les ont franchies.


    [* Il existe une tendance, des groupes, qui disent que la Pensée Gonzalo a des aspects universels, qu'il est effectivement la "4e épée du marxisme" et qu'il prépare une 4e et encore supérieure étape.

    C'est assez fréquent en Occident et à notre humble avis, c'est l'épicentre de ce qui peut chier idéologiquement.

    Gonzalo ne s'est jamais qualifié lui-même de "4e épée" et le qualifier ainsi est anti-MLM. Il a simplement synthétisé et affirmé internationalement le maoïsme comme 3e et supérieure étape en même temps qu'il l'appliquait ("passant" Mariátegui à travers ce nouveau prisme) à la réalité concrète du Pérou, ce qui constitue sa "Pensée". Personne n'est de toute façon une "épée" du marxisme ; le maoïsme ou même le marxisme-lénininsme anti-révisionniste post-Khrouchtchev ne se résument pas à Mao par exemple, qui n'est donc pas la "3e épée", ni Lénine à lui seul la 2e, etc. marxisme-au-dela-de-marx-leninisme-au-dela-de-lenine-maoisme-au-dela-de-mao

    Aucun propos émanant de gens qui appellent ainsi leur maison d'édition, ou de leurs soutiens internationaux, ne mérite d'être pris au sérieux ni d'engager la moindre discussion.]

    ********************

    Cette lutte entre 'pôles' 'grands frères' internationaux, nous croyons qu'il n'existe pas d'autre ligne juste que de s'en tenir à l'écart, et en fait, dans le respect de ceux qui le méritent (que ce soit la lutte aux Philippines ou au Brésil), refuser CATÉGORIQUEMENT ces logiques de 'modèles' dictant ce qu'il et comment il faut faire dans le moindre recoin du monde. Ça a déjà été néfaste à l'étape ML, ça apparaît clairement dans le retour critique (matérialiste et constructif) chinois sur l'expérience soviétique sous Staline la-critique-maoiste-de-staline ; les éminences du Komintern sont passées à côté de génies comme Mariátegui comme ça, bref.

    Le grand-frérisme est chez les grands Partis un 'vertige du succès' à combattre ; et surtout comme nous avons déjà pu le dire pour-en-finir-histoires-controverse-amerique-du-sud-vs-philippines, traduit chez les 'petits frères' une fainéantise politique. Oui : la problématique des Partis 'grands frères', c'est finalement et avant tout un problème de FLEMME idéologique des partis 'petits frères' qui vont se reposer sur les 'grands' plutôt que de bosser ; plus encore qu'une volonté active de ces derniers de se poser comme tels, même si bien sûr ça existe (le PCbUS dans le Komintern, mais aussi ensuite le PC de Chine ou l'Albanie contre le révisionnisme, etc.).

    Cela rejoint encore une fois la nécessité absolue d'une Pensée... Mais lorsqu'on y travaille, même modestement, il faut s'attendre à se prendre des pierres ! Se souvenir de Mariátegui à ce sujet... AMX_056_0012.pdf

    Et dans 99% des cas on voit bien que le ralliement à tel 'grand frère' contre tel autre recouvre en fait surtout des règlements de comptes strictement nationaux. Si les Red Guards se rallient au 'purisme' gonzaliste, c'est par exemple beaucoup pour pouvoir attaquer l''éclectisme' qu'est le respect des militants colonisés-intérieurs pour les grandes figures anti-impérialistes non-maoïstes (c'est à dire à peu près toutes, puisque le MLM a été affirmé dans les années 1980-90... à ce jeu là même Kaypakkaya ou Majumdar n'étaient pas 'maoïstes'...), et pouvoir les disqualifier au profit de leur volonté de centralisation partidaire sous la coupe de l'Amérique blanche. Vous imaginez un peu, l'utilisation faite ici d'un truc qui part à la base de la plus grande armée de libération indigène de l'histoire du Pérou depuis le 18e siècle sur-gonzalo-le-pcp-et-la-guerre-populaire-au-perou ?

    Travaillons à l'écart de tout ça, élaborons la Pensée pour faire la révolution chez nous, et ne cherchons pas de 'grands frères' pour excuser notre rien-faire idéologique ou régler nos différends nationaux...

    Cherchons et trouvons le point d'équilibre (véritable pierre philosophale...) entre solidité théorique scientifique et lien avec les masses, permis seulement par la FINESSE intellectuelle et le penser-avec-sa-tête ; afin d'éviter les situations à l'allemande où l''autisme politique' (excellence théorique, mais difficulté à 'socialiser' avec les masses par sa pratique) engendre automatiquement contre lui le populisme éclectique et bas-du-front au nom de 'toucher enfin' celles-ci, ce qui est un phénomène littéralement mécanique et AUTOMATIQUE et qui n'a pas d'autre antidote que ce juste équilibre.

    **********************

    Le centrisme, c'est vouloir se tenir absolument à équidistance entre deux positions.

    Ce n'est pas notre cas : au contraire, nous en affirmons fermement une. À savoir, la position de Mao et des communistes chinois dans leurs retours critiques sur l'URSS de Staline critique-maoiste-staline ; au sujet de la tendance de grands Partis aux grandes réalisations à se poser en "guides" de l'activité de tous les Partis de la planète, et de l'autre côté, des petits Partis au suivisme aveugle vis à vis des grands ; l'un ne pouvant aller sans l'autre.

    Le centrisme, ce peut être aussi vouloir à tout prix concilier des positions inconciliables.

    Au contraire, nous disons que nous ne concilierons jamais avec ce qui nous semblerait inacceptable, de qui que cela provienne ; et ne nous fixerons jamais dans le mouvement communiste un "camp" de la part duquel tout serait accepté et défendu, et rien de ce que pourrait faire le "camp" opposé.

    ************************

    En dernière analyse, on peut dire que le MLM c'est la somme de 3 grands ensembles de lois UNIVERSELLES :

    - les lois du matérialisme dialectique (Marx et Engels) ; peut-être un peu longues à dégager des scories de la pensée "universaliste" européenne du 19e siècle, mais pas plus "strictement européennes" et "importées" voire "coloniales" ailleurs que le fait que la Terre tourne sur elle-même en 24 heures et autour du Soleil en 365 jours ;

    - les lois de comment faire la révolution (Lénine, avec l'importance de Gramsci encore-une-fois-sur-la-question-de-gramsci pour les pays d'Occident "où le capitalisme - pour citer Mao - a une histoire vieille de 250 voire 300 ans" et où "l'influence pernicieuse de la bourgeoisie est très profonde et infiltrée partout") ;

    - les lois de comment parvenir au communisme à travers le socialisme (Mao, en plus d'avoir apporté la théorie de la Guerre populaire, d'une lutte prolongée aux lois de "comment faire la révolution").

    Point barre. En dehors de cela, aucune vision ni "gonzaliste" ni "sisonienne" ni rien ne peut avoir de prétention universelle ; toutes émergent de PAYS aux conditions CONCRÈTES bien précises et deviennent erronées à mesure que les conditions s'éloignent de celles de ces pays.

    **************************

    [À lire aussi à ce sujet, passionnant, cet entretien-débat de 1977 entre Charles Bettelheim, l'ex-GP Robert Linhart et deux membres de la revue Communisme, dans lequel s'expriment leurs différents points de vue et analyses, autrement dit un peu tous les nécessaires "pour" et "contre" pour réfléchir à la question : http://ekladata.com/Sur-le-marxisme-et-le-leninisme.pdf]

    *************************

    Sur la Guerre populaire et son universalité :

    En dernière analyse, nous pensons à Servir le Peuple qu'il y a effectivement universalité du caractère 1/ prolongé (pas de "Grand Soir" magique), sinueux (avancées et reflux), patient, 2/ "pas un dîner de gala" (pas de capitulation volontaire du Pouvoir bourgeois, pas de voie pacifique vers le socialisme par des élections par exemple), et 3/ consciemment construit et dirigé (pas d'attente pantouflarde des "conditions réunies") de la révolution pour établir le Pouvoir populaire des travailleurs exploités.

    Il semble, en revanche, tomber sous le sens qu'il n'y a pas d'universalité de la Guerre populaire strictement telle que menée en Chine, aux Philippines, en Inde ou au Pérou... On peut toujours se complaire et s'amuser à le croire, en "mixant" plus ou moins le truc avec du "spectacle" activiste violent d'inspiration toto/black bloc ; vouloir "se battre pour se battre" comme le dénonçait déjà Kaypakkaya en son temps (propos évoqués dans ce document : on-ne-peut-pas-etre-communiste-sans-defendre-le-maoisme) ; en un mot, verser dans l'aventurisme militariste jusqu'à "aller trop loin" et se casser le nez sur la répression "dans le silence des médias" ; mais cela n'y changera rien.

    Il est bien évident que pour être "dans les masses comme un poisson dans l'eau", il faut que les masses populaires soient une "eau" ; et que tel est le premier combat à mener, qui est une bataille d'hégémonie ; quitte à utiliser les espaces de légalité, de "liberté d'expression" où l’État ne pénalise pas encore ce qui n'est pas des violences physiques directes contre les biens ou les personnes (mais certes, de plus en plus tout ce qu'il peut définir comme un "appel" à celles-ci...) [en fait, plutôt, il n'a PAS BESOIN de pénaliser vu comment la gauche y compris "radicale" joue à la perfection un rôle de police à ce niveau, et excelle à se bouffer la gueule et tirer dans les pattes en son propre sein] ; au lieu de s'enfermer dans une culture paranoïaque d'organisation clandestine "militarisée" qui ne fait que se couper des masses encore plus que l'extrême-gauche ne l'est déjà actuellement (c'est dire...).

    Cela, en réalité, personne sur toute la "planète" maoïste sérieuse ne le nie vraiment. Dans son document sur la Guerre populaire, rendu disponible en français par le PCM http://www.pcmaoiste.org/autre/guerre-populaire-et-revolution/, le Parti communiste du Brésil (Fraction Rouge)* ["champion", en principe, de la thèse de l'universalité] dit en substance que la chose "reste à inventer" dans les pays impérialistes occidentaux...

    Il faut peut-être en effet, comme cela est suggéré, regarder du côté des expériences "des luttes armées dans différents pays d’Europe tout au long du 20ème siècle" (bien qu'absolument pas sous direction maoïste à l'époque, et plutôt percluses soit de réformisme armé soit de militarisme aventuriste) ; typiquement par exemple l'Irlande du Nord ou l'Italie des années 1970-80, ou pourquoi pas en effet la Palestine, dans la mesure où Israël est un morceau d'Occident au Proche-Orient et quelque part 26 000 km² de métropole occidentale peuplée comme l'Île-de-France et en voie de "gentryfication coloniale" jerusalem-est-ou-la-gentryfication-ethnique (raison, peut-être, du caractère "phare" de la cause dans nos quartiers populaires...) ; comme modèles de stade ultra-défensif stratégique d'une Guerre populaire "à l'occidentale" qu'il s'agit encore pour nous d'atteindre.

    [Quelques citations du texte en question, qui peuvent donner des pistes de réflexion à défaut de réponses définitives :

    "Dans aucune des expériences historiques, et il y a eu peu d’opportunités dans les pays capitalistes, où la pure insurrection a été tentée celle-ci n’a réussi. La Révolution d’Octobre qui a approfondi la Révolution de Février a pris trois années de guerre civile tumultueuse pour se maintenir et se consolider. La formule que le trotskisme crie sur tous les toits de « grève politique générale » n’a pas traversé le siècle de la simple phraséologie réformiste. D’autres propositions d’insurrection exclusive comme moyen de révolution dans les pays impérialistes ont également servi de prétexte à l’adhésion au crétinisme parlementaire, sans aucune démonstration concrète de leur réalisation réussie. L’avènement de l’impérialisme, au moment où les conditions objectives de la révolution prolétarienne ont mûri en théorie et en pratique, a également imposé des changements importants avec la militarisation de toute la vie sociale et de tous les pays. Selon les mots de Lénine, l’impérialisme c’est la guerre, et après le triomphe de la Révolution d’Octobre et la guerre civile pour écraser la contre-révolution, la révolution prolétarienne ne serait possible que par différents types de guerre, précisément parce que l’impérialisme se maintenait avec des guerres de tous les types jamais vus auparavant. Lénine traita de cette question maintes fois, en particulier après le triomphe de la Révolution d’Octobre : il en tirait des leçons, à la différence de l’idée que les marxistes avaient jusqu’alors concernant la révolution prolétarienne, que la voie serait de plus en plus diversifiée comme cela s’est passé en Russie."

    "Dans le cas des pays capitalistes (impérialistes), la construction des Trois Instruments Fondamentaux de la Révolution obéit aux particularités de leurs réalités, suivant leur développement de manière concentrique, le Parti Communiste, l’Armée Prolétaire ou Populaire et le Front Uni Révolutionnaire, qui sera développé comme l’embryon du Nouvel État Socialiste en construction, expression de la dictature du prolétariat. Le Front Uni est nécessaire pour unir les masses populaires qui composent ces sociétés, telles que des secteurs ou des parties de la petite bourgeoisie, les soi-disant professionnels libéraux, les petits propriétaires et les intellectuels de manière général. En outre, étant donné que dans ces pays, en raison de la forme de décomposition qu’est l’impérialisme, il y a inévitablement augmentation du flux constant de travailleurs immigrés provenant des pays opprimés et qui sont en partie des contingents caractérisés par les semi-prolétaires, les intellectuels et les petits propriétaires de services : le prolétariat révolutionnaire doit s’allier avec eux pour mener la révolution socialiste à la victoire. Nous devons prendre au sérieux l’erreur commise par le Parti Communiste d’Allemagne dans les années 1930, qui ne comprenait pas la nécessité d’unir la petite bourgeoisie, à travers le front uni révolutionnaire, la laissant être entraînée par le nazisme. En outre, dans de nombreux pays capitalistes développés, il subsiste un certain nombre de petit paysans propriétaires qui doivent également être attirés dans le camp du prolétariat.

    La nécessité de ces stratégies implique nécessairement, pour la réalisation de la Guerre Populaire, des plans bien établis, fondés sur une enquête permanente à travers l’action révolutionnaire de la ligne de masse guidée par l’idéologie du maoïsme dans sa fusion avec la révolution concrète, le Programme et la Ligne Politique Générale, qu’elle précise et exprime. Aussi l’accompagnement systématique dans son exécution est nécessaire pour y mener des ajustements et des rectifications. Plans politiques, militaires et de construction combinés et dans l’unité. De ses débuts à son développement et son aboutissement, la Guerre Populaire doit suivre des Plans avec des objectifs immédiats dans chaque étape et sous-étapes qui servent à la réalisation de l’objectif final. 

    Le caractère universel de la Guerre Populaire, en dernière instance, se constitue et se présente contre la tendance de la nature de l’impérialisme à la guerre, non seulement comme une politique de rapine nécessaire à son existence, mais comme une guerre impérialiste mondiale pour le repartage du monde entre monopoles et pays impérialistes et pour l’hégémonie. La Guerre Populaire se constitue et se présente comme Guerre Populaire Mondiale pour le balayage complet de tout système d’exploitation et d’oppression et pour l’établissement du socialisme, pour le triomphe de la Révolution Prolétaire Mondiale et pour le Communisme radieux. Cela a été soulevé très clairement par le PCC dans la situation complexe des années 1960, lorsque l’URSS socialiste-impérialiste, en collusion et en lutte avec l’impérialisme yankee, a menacé la Chine populaire. À cette occasion (1965) pour célébrer les 20 ans de la victoire sur le nazi-fascisme et l’expulsion de l’envahisseur japonais, le manifeste “Vive le triomphe de la Guerre Populaire” a déclaré que « prenant le monde dans son ensemble, les pays du tiers monde sont la campagne et les pays impérialistes la ville »."

    "Comme on l’a déjà dit plus haut, il est nécessaire de s’affranchir de toute appréciation mécaniste et figée de l’expérience chinoise pour comprendre la validité universelle de la Guerre Populaire. Il faut aller plus avant dans la synthèse de l’expérience de la Grande Révolution Culturelle Prolétarienne dans son ensemble et particulièrement dans les causes de son déclin, en mettant de côté la légèreté des facteurs épisodiques pour voir l’ampleur et le potentiel de la Guerre Populaire comme conception du Pouvoir du Prolétariat dans les différentes étapes et phases de la révolution et de la transition vers le Communisme. En plus de ce qui a déjà été théoriquement débattu ici, les éléments pratiques de sa réalisation dans les pays capitalistes (impérialistes) présentent des difficultés telles qu’elles se posent dans les pays arriérés et opprimés, étant dans l’un comme dans l’autre cas conditionnés par le mouvement de la situation révolutionnaire qui se développe inégalement dans le monde entier et d’une manière particulière dépendant de la préparation idéologico-politique, organisationnelle et militaire du Parti communiste dans chaque pays.

    Tous les déchets révisionnistes et réformistes de l’« accumulation à froid » et des « espaces démocratiques », par le biais du crétinisme parlementaire, sont la voie bureaucratique de la bourgeoisie bureaucratico-compradore et latifundiste qui s’oppose à la voie démocratique du prolétariat dans les pays arriérés, opprimé. Ils ne vont pas au-delà de la lutte prolongée pour le renforcement de l’institutionnalité bourgeoise et ce sont les même balivernes aussi bien dans les pays arriérés et opprimés que dans les pays capitalistes (impérialistes). La différence est que la démocratie bourgeoise dans les pays capitalistes (impérialistes) a incorporé des conquêtes « civilisatrices » au niveau subjectif de la société tout entière, ce qui, dans les pays arriérés opprimés, n’est rien d’autre que leur simulacre fantasmagorique. Cependant, même là où la démocratie bourgeoise a exercé tout son potentiel (pays impérialistes), elle vieillit et ne peut plus se réaliser, car avec l’avènement de l’impérialisme, la démocratie nationale et la souveraineté succombent aux intérêts du capital monopoliste et chaque jour grandit l’adoption dans son cadre juridique des éléments du fascisme.

    Ainsi, le grand défi pour la révolution prolétarienne est de persister dans la ligne de masse, de mobiliser, de politiser et d’organiser les masses pour toute et n’importe quelle action, de la plus petite à la plus grande, de la plus élémentaire à la plus complexe, de l’inférieur au supérieur, les armant de plus en plus. L’expérience de la résistance des peuples et de la lutte du prolétariat montre des possibilités pour l’organisation de la révolution. En ce sens, il est très important d’étudier de telles expériences et dans le cas spécifique de la Guerre Populaire dans les pays capitalistes (impérialistes) de prendre en compte celles des luttes armées dans différents pays d’Europe tout au long du 20ème siècle, ainsi que dans le moment présent, où le peuple palestinien, à Gaza, se bat et résiste en imposant de lourdes pertes à l’impérialisme et sa botte noire sioniste. En cela, nous devons considérer que les masses le font déjà sans direction et idéologie scientifique, ni prolétarienne, petite-bourgeoise ou bourgeoise. Rien n’est impossible dans le monde pour ceux qui osent gravir les hauteurs."

    "Le problème de l’Initiation (ou Déclenchement) de la Guerre Populaire implique deux facteurs : celui de surmonter l’inertie, de passer de formes de lutte principalement non armées à des formes de lutte principalement armées ; et celui de se concentrer sur le fait qu’on apprend à faire la guerre fondamentalement dans la guerre. Et bien sûr ce n’est pas une négation du besoin de préparation, au contraire, ce problème doit être pris au sérieux, mais pas au point de le présenter de telle manière qu’il devienne un obstacle insurmontable et un déni de sa réalisation. Mais nous devons également faire attention à un facteur pratique et non moins important, comme l’a averti le Président Gonzalo, qui est de choisir le bon moment pour procéder à l’Initiation (au Déclenchement) : un moment plus sensible et favorable caractérisé par un certain niveau de crise, d’instabilité et de faiblesse du gouvernement, dans une situation révolutionnaire déterminée qui se développe inégalement à travers le monde."

    "Objectivement dans le cas des pays capitalistes (impérialistes), dont le théâtre principal de la guerre sont les villes, de nouveaux défis se dressent, forçant les travaux de construction à progresser vers une dynamique extrêmement en phase avec le développement des crises économiques, sociales et surtout politiques d’un pays donné. Le problème de l’instabilité relative des Bases d’Appui au moment de leurs premières expériences est présent comme un fait et les Bases d’Appui se distinguent également par des niveaux distincts de cette instabilité ou stabilité relative."

    "Il n’est pas possible de concevoir ou de parler de la Guerre Populaire sans parler de la question du Pouvoir, du pouvoir pour le prolétariat et les masses populaires, il est l’objectif immédiat poursuivi et il est conquis partie par partie, les Bases d’appui révolutionnaires à la campagne sont la première partie, l’expression du Nouveau Pouvoir, à travers les Comités populaires, ouverts ou fermés, la direction des Assemblées du Pouvoir populaire et du Front / Nouvel État de la République Populaire en construction, avec le Parti comme direction et l’Armée Populaire comme la moelle, se développant dans une lutte prolongée, entre sursauts et révoltes et par bonds, jusqu’à la conquête du Pouvoir dans tout le pays, préparant l’insurrection générale dans les villes forteresses de l’ennemi, culminant dans l’encerclement des villes par la campagne et l’insurrection générale, dans le cas des pays opprimés par l’impérialisme.

    Dans le cas des pays capitalistes développés, pays impérialistes, le Pouvoir est aussi un objectif immédiat poursuivi depuis le début de la lutte armée comme Guerre Populaire, pouvoir à conquérir et à construire dans les zones de mobilisation et d’organisation du prolétariat et des masses populaires, à travers les unités de guérilla armées (détachements ou milices) et principalement dans les formes secrètes des Comités Prolétariens, expression du Nouveau Pouvoir, nouvel État dirigé par le Parti et ayant pour base l’Armée Populaire, préparant pas à pas l’insurrection générale pour l’établissement de la République Socialiste déjà en construction."]

    [Pour nous, sur cette question, une grande attention (au contraire du virulent rejet dont il tend à faire l'objet de la part des MLM) doit être portée à Antonio Gramsci et à la nécessité (impérieuse) de penser l'application de la stratégie de Guerre populaire dans les pays occidentaux et impérialistes, comme il l'avait fait en son temps pour la stratégie bolchévique : encore-une-fois-sur-la-question-de-gramsci]

    **************************

    [Sur la question, assez fondamentale dans le mouvement MLM international et source de polémique permanente, de la "capitulation" ou non de Gonzalo emprisonné ; du fait qu'il soit ou non derrière les "Lettres de Paix" ("adressées" à Fujimori en octobre 1993) et la "Ligne Opportuniste de Droite", etc. etc.]

    Camarades marxistes-léninistes-maoïstes "plutôt tendance Gonzalo", la question mérite d'être posée :

    Ne serait-il pas (simplement) possible d'imaginer que Gonzalo ait NON PAS TRAHI... mais simplement fait preuve d'ÉTHIQUE DE RESPONSABILITÉ dans les conditions des années suivant immédiatement sa capture ; avec des revers catastrophiques pour le Parti et la guérilla, des cadres de premier plan capturés ou tués les uns après les autres, donc des perspectives de victoire à court terme s'amenuisant jusqu'à devenir nulles ; et dans le même temps, la guerre GÉNOCIDAIRE livrée par Fujimori aux masses populaires des campagnes, des dizaines de milliers de victimes et ce, dans ces perspectives nulles de victoire révolutionnaire, POUR RIEN ?

    Il aurait alors pu, dans ces conditions, envisager le "détour" dont il avait parlé dans la cage comme une réelle PAUSE, un arrêt certes temporaire mais TOTAL de la violence armée "spectaculaire" à grande échelle, afin de retirer à Fujimori le prétexte n°1 (ce n'était pas la seule raison, en réalité, mais le prétexte n°1...) de sa guerre contre le peuple ; et également préserver ainsi ce qu'il pouvait rester du Parti pour en permettre la Réorganisation Générale ; quitte à limite laisser croire ses adversaires, dans les ambigüités de son propos, à des intentions d'"accords de paix" et d'abandon complet de la voie armée pour la révolution sociale au Pérou.

    Cela au lieu de s'enkyster dans l'excitation de soi-même, "je vous emmerde à tous, je suis la Jefatura du Parti et de la Révolution, la Guerre populaire continuera implacablement jusqu'à la Victoire !!" ; et que s'accumulent ainsi encore et encore les milliers de cadavres dans les Andes POUR RIEN, sans perspective sérieuse de prise de pouvoir révolutionnaire d'ici (disons) l'an 2000 ou 2005.

    Raisonnement qui, loin d'un traître et d'un liquidateur, aurait fait de lui un VRAI GÉNÉRAL prenant sur lui (fût-ce l’infâmie de la "capitulation" que des esprits simples ne manqueraient pas de lui prêter...) pour épargner ses troupes et la population sous sa responsabilité, plutôt qu'un mégalomane à la Hitler enfermé dans son bunker et laissant mourir des millions d'Allemands dans une lutte "jusqu'au bout" sans aucun espoir de renverser la situation militaire.

    Il aurait peut-être pu, aussi, émettre des réflexions comme quoi la Guerre populaire n'aurait peut-être pas "pas dû" être lancée, mais pas dû, du moins, vouloir aller parfois aussi (TROP) vite ; dans un contexte mondial, il faut le reconnaître, peu favorable ; comme lorsqu'il s'était déjà (de nombreuses sources en attestent) opposé en 1991, en plein reflux général mondial des forces révolutionnaires et anti-impérialistes en général, au lancement de la guerre dans les centres urbains, autrement dit concrètement au passage à l'offensive stratégique...

    Toutes réflexions dont l’État réactionnaire péruvien et ses conseillers de la CIA et du Mossad, en prenant et collant des petits bouts tronqués les uns à côté des autres, auraient pu faire des "Lettres" appelant à des "accords de paix" et à l'abandon de la lutte révolutionnaire armée au profit de la voie réformiste négociée, bref à la capitulation.

    Et toutes réflexions que... DES GENS, voulant voir dans le maoïsme version péruvienne une espèce de fétiche fantasmé de jusqu'au-boutisme, de "révolution implacable" qui "ne recule devant rien", afin de s'exciter en se rêvant eux-mêmes en ultra-révolutionnaires et en s'auto-fellationnant, sont bien entendu INCAPABLES DE COMPRENDRE (donc, deux choix : soit ils rejoignent ce qu'on appelle là-bas la "Ligne Opportuniste de Gauche" et considèrent Gonzalo comme un traître et appellent - même - à son exécution pour "trahison" ; soit... ils s'échinent nuit et jour à nier qu'il ait pu avoir ces raisonnements, tenir les propos - on ne parle pas des Lettres, là - que lui prêtent certains ex-codétenus, etc. etc.).

    Lire à ce sujet : http://www.bannedthought.net/International/RIM/AWTW/2006-32/32Peru.htm

    - "Je vais probablement finir ma vie dans une cellule de prison. Je prends acte de mon anéantissement militaire (qui n'a rien de honteux vu la disproportion des moyens et les méthodes ignobles mises en œuvre par l'ennemi), et souhaite le plus possible épargner la vie de mes troupes et des masses civiles. J'ordonne donc à l'Armée de Guérilla de cesser ses opérations, afin que le gouvernement mette fin aux siennes et aux souffrances immenses qu'elles causent au peuple. Je sais, en matérialiste, que tant que la misère et l'exploitation existeront au Pérou la révolution reprendra tôt ou tard son cours, avec un autre que moi, qui aura un jour l'honneur de présider la République populaire. Mais pour le moment, rien ne sert de s'obstiner au prix de la vie de 10 paysans ou travailleurs pour un seul soldat ou policier ennemi."

    OU

    - "Putain, merde, je suis en taule ; il faut que les autres là, dehors, ils se bougent le cul et redoublent de combattivité et d'esprit de sacrifice pour le Parti et la révolution, histoire de prendre le pouvoir et de me libérer d'ici 5 ans..."

    Lequel, de ces deux raisonnements, serait celui d'un vrai général en chef et d'un homme d'honneur ?

    Voilà, après maintes et maintes réflexions sur cet épineux sujet, la conclusion à laquelle nous en sommes rendus : Gonzalo n'a PAS trahi... parce que les propos qu'on lui attribue (si l'on s'en tient strictement à ces propos) ne sont PAS de la trahison, tout simplement !!

    Ils sont les RESPONSABILITÉS prises par un authentique commandant, et un homme d'honneur, dans la situation telle qu'elle se présentait.

    Il allait y avoir un "détour" (discours de la cage), et ce détour voulait dire cesser pour le moment la lutte armée afin que Fujimori cesse sa guerre d'extermination, et ainsi épargner de vies combattantes comme civiles.

    Et pas "putain merde, je suis en taule, dépêchez-vous de prendre le pouvoir pour me libérer"...

    VOIRE, la jouer un peu "calmer le jeu" en sachant très bien (en matérialiste) que la révolution inéluctable reprendrait son cours tôt ou tard, dans 20 ou 30 ou 40 ans, et que d'ici là il y aurait toujours dans les campagnes ou les bidonvilles des résidus du Parti qui se réorganiseraient.

    C'est en réalité une attitude très responsable, et la seule digne qu'il était possible d'avoir.

    Non pas appeler à l'obstination dans une Guerre populaire conçue comme "sa chose", sa seule raison existentielle qui devait donc continuer indéfiniment pour sa satisfaction personnelle ; mais, en général défait et prisonnier, appeler ses troupes à épargner leurs vies et celles des civils sous leur "juridiction" en cessant le combat, et non à se sacrifier jusqu'au dernier sans le moindre espoir à court terme (comme le faisait Hitler dans son bunker).

    Qu'ensuite, des droitiers l'aient interprété comme un authentique appel à un changement pacifique de société ; et des gauchistes comme une effective "trahison" (thèse qu'a fini par assumer VP, par exemple) ou alors forcément une falsification de l'ennemi (thèse à laquelle tout bon MLM est prié de se tenir), est en soi un autre sujet.

    Mais un autre sujet qui a fini par baiser le débat en le phagocytant, et en empêchant de le prendre (tout simplement) par le bon bout, à savoir : qu'a RÉELLEMENT dit Gonzalo (se pencher VRAIMENT sur l'EXACTITUDE de ses propos), et... avait-il vraiment TORT de le dire ?

    Enfin bon, bref, la seule position correcte sur tout ça c'est de toute façon qu'on s'en fout de ce que Gonzalo a ou aurait dit, pas dit, dit sous la torture ou drogué, depuis un cachot à 8 mètres de profondeur sous une base navale : les derniers documents valables sur lesquels se baser sont ceux du 1er (et dernier) Congrès (1989), du 3e Plénum du Comité Central (1992) et de ces années-là, tels que le "Nouveau plan stratégique de développement de la Guerre populaire pour conquérir le pouvoir dans tout le pays" ; car la ligne d'un Parti n'est pas les paroles d'un seul dirigeant, encore moins emprisonné, qui du fond d'une prison ne dirige ni la ligne opportuniste de droite (comme le prétend le texte avakianiste en lien ci-dessus), ni la ligne de gauche ni rien du tout. Telle est la position des VRAIES organisations "gonzalistes" d'Amérique du Sud, mais pas, bien évidemment, des petites sectes occidentales qui se branlent.

    * Oui car une grande question, la grande énigme serait-on tenté de dire, avec ces "accords de paix", c'est... OÙ SONT-ILS DONC ? Où sont-ils, ces accords ? Quelqu'un peut-il nous montrer un document, signé et contresigné par Gonzalo et Fujimori (ou un autre représentant de l’État) ?

    Il y a (ou aurait) eu des LETTRES adressées par Gonzalo à Fujimori et lues par celui-ci à la tribune de l'ONU en octobre 1993, puis une réitération de cet appel à un accord, entouré de sa compagne Elena Iparraguirre et des autres membres emprisonnés du Comité central, dans une vidéo retransmise à la télévision en décembre de la même année. C'est de cela, et UNIQUEMENT de cela qu'il est question, et de (concrètement) s'il a pu être forcé à cela, ou a agi de son plein gré. Puis, de supposés entretiens (dans sa prison ou par radio) avec des dirigeants guérilleros hostiles (au départ) à l'abandon de la lutte armée et qu'il aurait convaincus ; et des propos rapportés par ses avocats, notamment le fameux Alfredo Crespo, et compilés pour certains dans l'ouvrage De Puño y Letra paru en 2009.

    En dehors de cela, il n'y a RIEN D'AUTRE ; ni avec Fujimori tombé en 2000, ni avec aucun des quatre chefs de l’État qui lui ont succédé depuis ; aucun "accord" signé et contresigné, aucune "feuille de route" prévoyant des mesures, démocratiques, sociales ou autres, pour prétendument "transformer" la société péruvienne par la voie pacifique ; avec un PCP transformé en parti légal et légaliste prenant part au "processus" (comme cela s'est produit partout où il y a eu de tels "accords", en Amérique centrale, au Népal, en Afrique du Sud, en Palestine, en Irlande etc. etc.). Le Movadef, qui centre son militantisme sur la demande d'une "amnistie générale humanitaire" (pour faire court) des prisonniers du conflit, et dont Gonzalo a par ailleurs affirmé n'avoir "rien à voir avec", est disons tout juste "toléré"...

    Il n'y a donc PAS d'"accord" qui pourrait signifier le passage de Gonzalo (et de la haute direction emprisonnée du Parti) sur une ligne d'abandon de la révolution armée et de "transformation sociale" par des mesures négociées avec la bourgeoisie (seul le haut cadre Oscar Ramirez "Feliciano", successeur immédiat de Gonzalo à la tête du Parti, serait aujourd'hui sur une telle ligne, enfin, carrément sur la ligne que la "démocratie" péruvienne actuelle est "très bien comme elle est"...).

    On a donc, déjà pour commencer, l'impression de débattre d'"accords", de "négociations"-trahison qui... n'existent pas !!

    TOUT CE QU'IL Y A c'est, à la rigueur, des appels à mettre fin à la Guerre populaire au sens de violence armée, et à une "réconciliation nationale" qui serait de toute évidence à entendre dans un sens purement humanitaire (libération des prisonniers, fin de la violence répressive, de l'état d'exception permanent et quasi-héréditaire sur les "populations terroristes" etc. etc.). En d'autres termes, PRENDRE ACTE d'une situation de déroute militaire et d'inutilité de s'acharner (la "longue marche" révolutionnaire du Peuple péruvien reprendra quand elle devra reprendre...), et essayer de "gérer" HUMANITAIREMENT cette situation "au mieux"... [Ainsi par exemple le document du Comité central "Sur la nouvelle grande stratégie politique", en novembre 1993, parle de "lutter pour un accord de paix et renforcer les basespréparer le 2e Congrès", ce qui ne laisse pas vraiment entendre une démarche de liquidation du Parti et de liquidation de la Guerre populaire, ni que l'"accord de paix" évoqué soit autre chose que tactique et humanitaire – ajoutant d'ailleurs ensuite "l'autre situation dans laquelle pourrait s'appliquer cette Nouvelle Grande Stratégie Politique serait la défaite dérivée de ne pas pouvoir développer la Guerre populaire, mais seulement la maintenir et voir ses forces se déliter lentement, (ce qui conduirait à devoir) appliquer strictement la même Nouvelle Stratégie, mais dans les pires conditions pour la classe, le peuple et la révolution, ce qui serait rendre indubitablement service à l'impérialisme et à l'autre colline (l'ennemi réactionnaire) et sans doute ce qu'ils espèrent le plus" (...) "en synthèse, la tactique que nous suivons en application de cette Nouvelle Grande Stratégie Politique signifie que le Parti organise de manière centralisée le repli général politique et militaire qui lui permettra dans la dure, complexe, difficile et dangereuse lutte pour un Accord de Paix de jeter les bases pour un 2d Congrès, lequel posera les fondations d'un nouveau développement du Parti et de l'accomplissement de ses tâches au début du 21e siècle, au sein et en fonction de la future nouvelle grande vague de la Révolution mondiale", ce qui rejoint largement le raisonnement que nous avons envisagé jusqu'ici (à la rigueur l'appel à un Accord de Paix, comme grand mot d'ordre avec majuscules, pourrait être considéré en contradiction avec certains propos de Gonzalo comme quoi toute discussion et accord avec l'ennemi ne peut que refléter la situation sur le champ de bataille, donc en cas de déroute, une déroute, mais là encore pourrait être à comprendre dans le sens d'un accord humanitaire - libération des prisonniers, petits militants pour le moins, cessez-le-feu de part et d'autre et arrêt des massacres - et non d'une "solution" politique pour la société péruvienne...).]

    Ce qui, on l'a dit, relèverait d'une attitude de RESPONSABILITÉ et aucunement d'une capitulation des principes communistes.

    Mais BIEN ENTENDU, à toutes les personnes pour qui la révolution relève encore largement du fantasme, de la pose, limite du jeu de rôle, et non de la cruelle et immédiate réalité qu'elle était pour le Parti communiste du Pérou, ce genre de chose apparaît totalement incompréhensible.

    ***************************************************************************************************

    Lire aussi : http://servirlepeuple.eklablog.com/contre-l-imposture-d-un-gonzalisme-soi-disant-quatrieme-et-encore-superieur-developpement-du-marxisme

    (Encore une fois) Sur le mouvement maoïste international

    (Encore une fois) Sur le mouvement maoïste international


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  • Les Français selon nous sont une "sociothnie", une CATÉGORIE SOCIALE : les PETITS BOURGEOIS (et bien sûr les grands, mais en nombre surtout les petits) "BIEN DANS LE SYSTÈME" et autres aristocrates du travail qui en profitent, fussent-ils (dans leurs têtes) "radicaux-révolutionnaires" ; ni gaulois de sang, ni citoyens de sol de la Républiiiique, mais français DE CERVEAU ; et ce dans TOUT L'HEXAGONE, ayant tout particulièrement leur repaire parmi les 12 millions de Franciliens certes mais aussi à Lyon et dans toutes les métropoles dites "d'équilibre", relais de la domination capitaliste parisienne (nosinfo.org/qu-est-ce-qu-une-metropole).

    "Au-dessous" de cela, il y a bien sûr des millions de personnes aliénées par l'idéologie dominante française ; mais nous ne parlons pas ici d'aliénation mais de position sociale objective et d'intérêt bien compris.

    "Au-dessous" de cela en réalité, il y a des classes populaires travailleuses MULTINATIONALES et au sein de cette multinationalité, en Occitanie (qu-est-ce-que-occitanie-occitans), en Bretagne, en Corse, au Pays Basque, en Alsace et ailleurs, des nationalités populaires réelles historiques locales (qui sont généralement majoritaires hors des métropoles, dans les villages et les petites villes).

    Ces nationalités populaires ont également des diasporas dans toutes les métropoles (hors celles sur leur territoire historique, s'entend, comme Toulouse ou Montpellier en Occitanie et Nantes en Bretagne) et dans le Bassin parisien ; qui jointes à l'immigration au sens commun (étrangère, extra-hexagonale, européenne ou extra-européennes) contribuent à y rendre les "souchiens" séculaires finalement peu nombreux.

    Bien sûr, de nombreux éléments de ces nationalités autant que de l'immigration européenne et même parfois extra-européenne intègrent aussi la "Nation" sociale "française" petite-bourgeoise ; parfois de façon très subjective (sans être réellement de position sociale petite bourgeoise) sans en être pour autant moins fiers d'eux, et insupportables. Ils côtoient joyeusement dans les métropoles leurs congénères venus d'ailleurs, avec la mobilité tantôt "provinciotrope" tantôt "parisiotrope", mais toujours hype et dans le mouv' qui les caractérise.

    Ces classes populaires multinationales dans toutes leurs nationalités réelles doivent bien sûr lutter pour abattre le système capitaliste et impérialiste, centraliste napoléonien et raciste dans la plus grande coordination et UNITÉ possible ; mais cela ne peut pas être une unité sans principes, sans critique et autocritique sur ces questions nationales et raciales sans même parler des autres (patriarcat etc.) ;  une proclamation abstraite de "l'unité des travailleurs" au niveau hexagonal qui en dernière analyse, en reproduisant l'idéologie négatrice de l'État bourgeois napoléo-républicain, ne profitera qu'à la "sociothnie" dont nous avons parlé ; fût-ce à travers l'interface de prolétaires aliénés (qui servent à cela).

    Notre refus d'un Parti révolutionnaire unique, "hautement centralisé et hiérarchisé" au niveau de l’État français (sur-la-necessite-imperieuse-de-refuser-un-parti-francais), est tout simplement un refus de cela.

    La nation dominante dans un système de domination nationale n'est pas un concept hors-sol, imaginaire et subjectif, postmo, uniquement voué à "diviser les travailleurs" ; elle est une RÉALITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIALE très concrète : un ensemble humain qui même en ses plus basses couches sociales PROFITE de la richesse extorquée aux autres.

    Pour les peuples colonisés, ou semi-colonisés ("indépendants" sur le papier), cet ensemble humain est toute la multinationalité blanche d'Hexagone et de Corse. Les non-Blancs "colonisés intérieurs", prolongement intérieur de ces colonies extérieures, en profitent eux aussi d'ailleurs un peu, mais moins, en position reléguée ; relégation dont profitent les non- ou "moins" relégués blancs.

    Et pour toute la multinationalité populaire blanche comme non-blanche d'Hexagone ; eh bien c'est évidemment la grande bourgeoisie capitaliste mais aussi toute la masse "sociothnique" "française" des petits bourgeois, hipsters, aristocrates du travail, petits chefs, bureaucrates syndicaux ou partidaires, agents de répression ou de contrôle social des masses, qui est dans cette position.

    Paris "pompe" la richesse non seulement de l'Empire colonial et semi-colonial ultramarin mais aussi de la "province", et selon la théorie désormais connue pour être chère à Emmanuel Macron, la fait "ruisseler" sur toute la population des 150 ou 200 km alentour (bien visibles sur cette carte : http://ekladata.com/kgGUk.jpg montrant les inégalités entre territoires d'Hexagone) ; de façon évidemment hiérarchisée (un peu comme le Parti que d'aucuns nous proposent, LOL !), petits bourgeois puis aristocrates du travail puis prolos blancs puis enfin (voire pas, pas plus que s'ils vivaient en "province") prolos non-blancs ; BREF.

    Dans l’État turc (pays dans son ensemble dominé, semi-colonial), les maoïstes ont fait au début des années 1970 et maintenu depuis le choix d'un Parti unique ; mais il faut préciser en disant cela que les Turcs (ceux qui se définissent comme tels... sans forcément descendre de cavaliers d'Asie centrale) en tant que nation dominante de l’État sont eux aussi et peut-être d'abord et avant tout un peuple opprimé par l'impérialisme, autant qu'ils ne profitent (tout relativement) de l'oppression nationale des Kurdes et autres (petites) nationalités ; qu'ils doivent lutter en liant cette libération des griffes de l'impérialisme à la rupture de la chaîne à leurs pieds qu'est pour eux le chauvinisme turc dominateur, ce qui revient à dire à la libération des nationalités opprimées ; qu'il faut en permanence, là-bas, être vigilant au dévoiement des JUSTES luttes de libération nationale par l'impérialisme pour renforcer (en changeant brusquement le schéma) sa domination sur l'Anatolie, comme l'a montré par le passé le Traité de Sèvres... Et quoi qu'il en soit, les rangs du Parti sont constitués à plus de 90% de minorités non-turques-sunnites : Kurdes essentiellement, Zazas kurdes alévis du Dersim, Turcs alévis, Arméniens, Lazes etc. ; si bien que lorsque l'on nous demande s'il existe un Parti, une organisation maoïste kurde pour avoir une position maoïste endogène sur la question, nous répondons "oui, le TKP/ML" !

    La problématique est évidemment TOTALEMENT DIFFÉRENTE dans un grand État impérialiste.

    Nous ne disons pas qu'un Parti unifié au niveau global de l’État français ne peut pas exister ; mais il ne le peut que comme ABOUTISSEMENT d'une longue coordination démocratique et respectueuse des forces révolutionnaires nationales-réelles, dans la prise à bras-le-corps de toutes ces problématiques que nous venons de voir, finissant par déboucher sur quelque chose que l'on pourra sainement qualifier d'unité ; et certainement pas par décret d'une "avant-garde" autoproclamée...

    Les Français ne sont pas, selon nous, "les gens du Bassin parisien"

    [Révision du concept de "pure sociothnie francouille" (juin 2019) :

    "La France" n'est certes pas une nation au sens scientifique marxiste du terme (Lénine-Staline, Kaypakkaya etc.). Elle est un État (pseudo-"nation") qui dans ses vastes frontières en comprend (au sens scientifique) plusieurs (sans même parler de l'outre-mer) : Bretagne, Corse, Savoie, Alsace, "Grande" Occitanie avec ses "petites nations" provençale, gasconne, auvergnate etc., Pays Basque... À la rigueur peut-on parler d'une "Nation française" réelle dans un certain Bassin parisien, aux contours mal définis (faut-il y inclure les Ch'tis annexés plus tard que les Antilles ? la Lorraine de langue d'oïl, annexée 3 ans avant la Corse ? la Bourgogne, ou encore la Normandie qui ont des identités tout de même bien ancrées ?).

    Ce qu'est "la France", c'est le cadre géographique d'un PROJET POLITIQUE.

    "La France" c'est, sur un territoire géographique défini, celui de l'Hexagone :

    - Un "pacte", une union de BOURGEOISIES sous la conduite (sans équivoque) de celle de Paris ; dans un projet politique capitaliste et impérialiste.

    - Un ensemble de PEUPLES dans le "même bateau" depuis des siècles ; et qui dans ce cadre étatique commun, face à un ennemi commun (pouvoir central réactionnaire et/ou envahisseur), peuvent éventuellement s'engager dans un combat émancipateur commun : 1789 (et années suivantes), 1848, 1870-71, le Front populaire et la Résistance-Libération, Mai 68 et les années suivantes, etc. ; "Ma France" de Jean Ferrat, quoi.

    La "Nation française" peut donc ici (et seulement) prendre forme dans un sens renanien, comme il peut y avoir une "Nation suisse" qui compte en réalité 4 nationalités réelles (romande arpitane, alémanique, tessinoise et rhéto-romanche) ; mais pas dans un sens scientifique marxiste et léniniste.

    Ces deux aspects ont été en contradiction apparente dès les évènements politiques des années 1790.

    Dans le second aspect, elle peut demeurer encore aujourd'hui un signifiant positif ; et amener à prendre avec recul, par exemple, les marées de drapeaux tricolores du mouvement des Gilets Jaunes (à partir de novembre 2018, encore en cours en juin 2019) ; dans le cadre duquel ceux-ci ne sont pas à voir uniquement comme une marque d'aliénation (d'"arrimage" à la bourgeoisie) mais aussi dans leur signification révolutionnaire ("refaire 1789", "couper la tête au roi Jupiter-Macron"...), sachant que (aussi) les drapeaux "régionaux" y fleurissent comme dans aucun autre mouvement social : tel est, peut-être, le "prix à payer" pour un mouvement (finalement) beaucoup moins isolé au sein de la population hexagonale que celui de Mai 68.

    Le souverainisme, le vote populiste-BBR pour le Front National ou (au mieux) Mélenchon, est quelque chose qui part de ce patriotisme populaire "français" du deuxième aspect, de ses aspirations à la fois sociales et d'"économie morale" ("besoin d’histoire, d’identité, de spiritualité et de dignité des classes populaires blanches" que "la gauche radicale avec son matérialisme froid" n'arrive pas à "comprendre", "dignité qui ne soit pas seulement la dignité de consommer", vote "pour Sarkozy ou Le Pen" pas seulement pour "'qu’ils augmentent les salaires" mais "pour des valeurs, quoiqu’on puisse penser de ces valeurs", auxquelles "on n’oppose pas 1500 euros mais d’autres valeurs, de la politique et de la culture" - H. Bouteldja) ; d'une soif (en définitive) de POUVOIR des masses ; pour tomber dans les griffes du premier aspect, ou du moins, de la fraction la plus "seule contre tous" de ce "pacte" bourgeois tricolore.]


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  • Voici la traduction en castillan d'un article de Servir le Peuple publié il y a quelque mois : echange-de-commentaires-qui-clarifie-magistralement-ce-que-l-anticolonialisme-en-carton-veut-dire. Une traduction qui prend aujourd'hui TOUTE SON IMPORTANCE dans un contexte où la marche arrière opérée par la mouvance dite "Red Guards" aux États-Unis, sur la question anticoloniale dans ce pays critique-d-une-position-terriblement-erronee, relève selon nous d'une controverse de portée internationale ; étant donné que l'échange de commentaires sur FB traduit ici était précisément avec un individu de cette mouvance.

    Aqui a continuación, una traducción en castellano de un articulo publicado en este sitio hace unos meses echange-commentaires-clarifie-magistralement-anticolonialisme-en-carton-veut-dire. Una traducción apareciendo hoy de MERA IMPORTANCIA mientras la marcha atrás operada en EEUU por el movimiento de los dichos "Red Guards", respeto a la cuestión anticolonial en este país critique-position-terriblement-erronee, esta adquiriendo lo que calificariamos de un alcance internacional ; dado que esta discusión en Facebook reproducida a continuación involucraba un indviduo de este movimiento.


    UN INTERCAMBIO DE COMENTARIOS QUE ACLARA MAGISTRALMENTE QUÉ SIGNIFICA ANTICOLONIALISMO “DE PEGA”, “MERAMENTE DECLARATIVO”

     

    SERVIR LE PEUPLE

    16 de mayo de 2018

    [El texto es una retraducción al castellano de un texto inglés traducido, a su vez, al francés]

    “La posición de los maoístas es que las naciones oprimidas tienen DERECHO a la autodeterminación si así lo deciden. Cuando haya una República socialista en lo que ahora son los Estados Unidos, si ciertas tribus (sic) quieren la independencia de su propio territorio, la República socialista no se enfrentará a ellas como enemigos por ese territorio, sino que, por el contrario, defenderá su derecho incluso si la nación oprimida quiere ser un Estado capitalista y no socialista. Sobre la cuestión nacional, no sería (sin embargo) necesariamente correcto que los comunistas defendieran en la nación oprimida la secesión de la República socialista. Si surge el deseo de separarse, sería correcto simplemente que la República socialista lo autorice (mientras que se combatiría a cualquier otro territorio que pretendiera la secesión a favor del capitalismo)”.

    “¿Un DERECHO a la autodeterminación”... pero con la esperanza (más o menos velada) de que no se “determinen” en ese sentido? ¿O no? Todo esto me lleva a pensar en algunos trotskistas europeos partidarios de un “Estado único” en Palestina, en el entendido de que ese Estado único es sin duda la posición correcta en términos absolutos (la posición histórica de la izquierda palestina...), pero también puede significar... la actual Sudáfrica (y nadie menos que el presidente israelí Rivlin se pronunció a su favor).

    ¿Qué es exactamente la “voluntad del pueblo”? Hoy en día, probablemente menos del 10% de los negros estadounidenses quieren una República socialista de Nueva Afrika; pasa igual con los chicanos en relación con un Aztlán socialista y la reunificación con México. Pocos son quienes, miembros de las Naciones indígenas, quieren Estados independientes socialistas, ni siquiera capitalistas... y menos aún serían los trabajadores blancos que defendieran tu versión maoísta del socialismo.

    Existe una “voluntad del pueblo” en este momento en que estamos hablando... y habrá otra mañana o dentro de 30 o 50 años, que depende de la propaganda que difundamos; y esta propaganda se basa en un objetivo estratégico, una concepción del mundo, algo que pensamos (nuestra concepción comunista del mundo) que es el objetivo y la justicia popular, la reparación (por ejemplo) a un pueblo y al mismo tiempo la conmoción de los fundamentos del poder de un Estado al servicio de los monopolios imperialistas: en una palabra, el Sentido de la Historia.

    Es fácil decir “si así lo deciden, tienen derecho”, pero con la esperanza, en realidad, de que no sea así y haciendo todo lo posible para que no decidan de ese modo.

    En 1950 una minoría de los argelinos estaba a favor de la independencia. Todos ellos sufrían el yugo y las atrocidades de los colonos, pero la posición mayoritaria era conquistar los derechos cívicos y democráticos en el marco de una Argelia francesa. ¡Y el Partido “comunista” francés tenía la firme esperanza de que las cosas siguieran siendo siempre así! Las cosas cambiaron con la Guerra de Liberación, iniciada con el levantamiento del FLN el día de Todos los Santos de 1954 y que se prolongó hasta 1962, año en que ya una mayoría del 99% de los argelinos estaba a favor de la independencia y del “socialismo árabe”. Ni que decir tiene (como cabía esperar)... que el PCF comenzó oponiéndose a aquel levantamiento “reaccionario”, luego propugnó la “paz” y una “solución democrática”, a veces (no siempre...) denunció las torturas y los crímenes del ejército imperialista y, finalmente, defendió la “autodeterminación”... muy al final, cuando el propio De Gaulle se hubo adherido a esta solución.

    Estoy totalmente de acuerdo en que “la identidad no prevalece sobre la línea política” y que “si fuera así, todos los grupos sociales oprimidos tendrían ya una línea comunista perfecta, lo que no es el caso”. Soy un enemigo resuelto de la identity politics [política identitaria] y no soy partidario ni de la inacción ni del politiqueo de salón. Pero “el oportunismo identitario” no puede ser tampoco la palabra mágica con que poner punto final a todas las cuestiones que incomodan. Cuando los indígenas colonizados (¡Lambda, que no pretende ser una organización de vanguardia!) hablan de su experiencia y lo primero en que te fijas es que “Existir es resistir es el típico lema de la política identitaria de mierda y un argumento para no hacer nada”, tu noción de lo principal y de lo secundario muestra que en realidad no tienes ganas de oír a lo que esas personas tratan de decir.

    En realidad, es fácil estar al corriente de las luchas que le rodean a uno y adoptar una postura anticolonialista que se quede en agua de borrajas, apuntándose, eso sí, el tanto y dándose importancia con frases del estilo de: “el colectivo maoísta más avanzado en los Estados Unidos está hoy en Aztlán”.

    Pero las cosas son como son: la Historia enseña que el sudoeste de los Estados Unidos es parte de los Estados Unidos gracias a una guerra de agresión criminal y a un tratado imperialista desigual, tras lo cual fue salvajemente colonizado; y el Sentido de la Historia es que ese tratado desigual debe ser borrado de la página del tiempo y México reunificado. Ocurre lo mismo con todos los “tratados” suscritos con las Naciones indígenas, así como con la Nación nacida de la esclavitud de los africanos en el sureste.

    No se trata de “si el pueblo lo decide de tal modo” (la segunda parte de tu comentario es de hecho muy explícita sobre el fondo de tu pensamiento...). La gran mayoría de los latinos no lo desean a día de hoy y tú, en el fondo de tu corazón, esperas que siga siendo siempre así.

    Usted utiliza a Aztlán de cara a la galería, por razones de imagen; pero en los hechos, ¿qué ayuda en concreto le presta Usted a su lucha de liberación y por la reunificación con la madre patria?

    ¡Ah, sí! Y además: las naciones son NACIONES; no hay naciones si son europeas/blancas y “tribus” (!!) o “etnias”, de lo contrario...

    Como ya explicó el glorioso Kaypakkaya[i], existen caracteres nacionales preexistentes, como los que indicó Stalin en La Cuestión Nacional, y estos caracteres dan a luz a una nación no en el momento de la revolución burguesa o industrial, sino cuando resultan “alcanzados” por las “primeras luces del alba” del capitalismo (de manera que los kurdos son una nación y no un pueblo, como sostenía el grupo revisionista –ahora completamente fascista– “Şafak”); lo cual significa, en América, por la colonización.

    Si hablas de “tribus” no hay naciones, no hay cuestión nacional y tampoco hay derecho a la autodeterminación. Pero he de admitir que su línea blanca paternalista es especialmente sutil y astuta.

    [De hecho, toda esta palabrería y este jesuitismo intelectual significa una sola cosa: NO HABER COMPRENDIDO NADA de lo que sucedió en la URSS. ¿Hasta cuándo dura la lucha de clases? Hasta el COMUNISMO. Hasta el comunismo, durante decenios y decenios, un siglo tal vez después de la revolución socialista, la contrarrevolución, la restauración capitalista sigue siendo posible. ¿Cómo? Porque existe una BASE MATERIAL para ello, para que la vieja burguesía vuelva al poder... o que una nueva, nacida en el seno mismo del aparato del Estado socialista y del Partido dirigente, se apodere de él, defendiendo la “vía capitalista”.

    POR LO TANTO, HAY QUE QUEBRAR ESA BASE; y esa base es, en especial, la base territorial de acumulación, el Imperio de los monopolios. Y en los Estados Unidos, incluso antes de ser la primera potencia mundial imperialista, el Imperio de los monopolios es, en primer lugar,... el propio territorio federal, con sus colonias interiores. Por lo tanto, (especialmente) hay que destruirlo por medio de la autodeterminación de los pueblos colonizados. No hacerlo es garantizarse que de las entrañas mismas de la República socialista de que habla de nuestro “amigo” brotará una nueva burguesía (más o menos pseudo-“roja”) que, más o menos gradualmente, restaurará el capitalismo.

    Lenin decía ya a principios de los años 20 que el chovinismo gran ruso (la dominación nacional de los rusos sobre las otras nacionalidades), si no se le combatía correctamente, estaría entre las primeras cosas que “matarían” al socialismo soviético; y eso es lo que sucedió. Alain Sibé, de la misma manera, con la salvedad de que el PCF nunca ha estado en el poder, ve en el abandono por parte de éste de un anticolonialismo intransigente y en su apoyo a la “República una e indivisible” contra las nacionalidades negadas del propio Hexágono, una de las principales razones de su degeneración en partido burgués reformista. CQFD. Esto es lo que entendemos por estar (...o no) en el “Sentido de la Historia”, en consonancia con una visión del mundo puesta al servicio de los intereses de la victoria del comunismo, que define los objetivos de nuestra labor política.]

     

    Red de Blogs Comunistas : Un intercambio de comentarios que aclara magistralmente qué significa anticolonialismo “de pega”, “Meramente Declarativo”


    [i] En inglés : bannedthought.net/Turkey/TKP-ML/EarlyDocs/Kaypakkaya-KurdishQuestion-1972.pdf  “Certain overly knowledgeable wiseacres claim that landlords are not considered part of a nation. What‟s more, these gentlemen even hatched the marvel that the Kurds do not yet constitute a nation due to the existence of landlords in the Kurdish region. This is a frightfully demagogic statement and a sophistry. Do the landlords not speak the same language? Do they not reside on the same land? Are they not part of the unified economic existence and spiritual formation? And besides, nations emerge not with capitalist development reaching its final limit but at the dawn of capitalism. With capitalism penetrating into a country and unifying the markets in that region to a certain degree, the communities already meeting all the other conditions are considered a nation. If it were not so, all stable communities in the backward countries and regions where capitalist development is limited could not be considered nations. In China up until the 1940s there was a rather strong state of feudal fragmentation, and according to this logic, one would have to deny the existence of nations in China previously. Until the 1917 revolution, feudalism had a strong presence in the broad countryside of Russia; this understanding would lead to rejecting the existence of nations in Russia.”

    En francés : EM-Rb1M-dCeiJVhgZObXkNCCFXI.jpg "En outre les nations n'apparaissent pas lorsque le capitalisme a atteint le stade ultime de son développement, mais à ce que l'on peut appeler l’aube du capitalisme. Lorsque le capitalisme pénètre dans un pays et y unifie les marchés dans une certaine mesure, les communautés qui possèdent les autres caractéristiques (énoncées dans "La Question Nationale" de Staline NDLR) sont alors considérées comme formant une nation. Si tel n’était pas le cas, il faudrait alors considérer que toutes les communautés stables situées dans des pays arriérés, des régions où le développement du capitalisme reste encore limité, ne sont pas des nations. Jusque dans les années 1940, il existait encore en Chine un fort morcellement féodal. Dans cette logique, il aurait alors fallu dénier l'existence de nations en Chine à cette époque. Jusqu'à la Révolution de 1917, la féodalité restait fortement implantée dans les campagnes profondes de Russie ; ce raisonnement  devrait donc conduire à rejeter l'existence de nations en Russie. En Turquie, par exemple, durant la Guerre de Libération (la guerre menée par Kemal Atatürk contre le dépeçage de la Turquie par le Traité de Sèvres en 1920 NDLR), la féodalité était beaucoup plus forte qu'aujourd'hui, il faudrait donc en conclure qu'il n'y avait pas de nations en Turquie à cette époque. En Asie, en Afrique et en Amérique latine, la féodalité existe toujours à différents degrés : il faudrait donc rejeter l'existence de nations sur ces continents."

    (Traducción parcial) “Las naciones no aparecen cuando el capitalismo alcanza la última fase de su desarrollo, sino en lo que se puede nombrar el amanecer del capitalismo. Cuando el capitalismo entra en un país y unifica allí el mercado en une cierta medida, las comunidades poseyendo ya las demás características (enunciadas en la Cuestión Nacional de Stalin) están entonces consideradas naciones. Si no fuera así, tocaría entonces considerar que cualquier comunidad estable en un país atrasado, territorios donde el desarrollo capitalista sigue limitado (enuncia a continuación ejemplos como la China de los años 40, Rusia del 1917, Turquía del 1920 y “hasta un cierto grado” África, Asia o América latina en su presente año 1972), no son naciones.” 

     

    Red de Blogs Comunistas : Un intercambio de comentarios que aclara magistralmente qué significa anticolonialismo “de pega”, “Meramente Declarativo”

    Un échange de commentaires qui clarifie magistralement ce que l'anticolonialisme "en carton", "déclaratif comme aux impôts" veut dire

    Red de Blogs Comunistas : Un intercambio de comentarios que aclara magistralmente qué significa anticolonialismo “de pega”, “Meramente Declarativo”


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  • Si l'on prend la TROISIÈME définition du fascisme*, celle que l'on qualifiera de "césairienne" ou "fanonienne" (dans le prolongement de la dimitrovienne en fait, basée comme elle sur la violence et la terreur) : transplanter et appliquer en Occident même, dans la conquête militaire de pays alentour ou la répression du mouvement ouvrier, les méthodes "normalement" "réservées aux Arabes, aux coolies de l'Inde et aux Nègres d'Afrique", jusqu'à la déshumanisation (peuples non-germaniques "inférieurs", "gène rouge" des révolutionnaires pour certains théoriciens franquistes, "homme criminel" etc.) ; c'est la conclusion à laquelle on est forcé d'aboutir.

    Israël est une colonie collective occidentale au Proche-Orient qui fonctionne "normalement" pour une colonie. Il n'y a point là de fascisme (encore moins de "dérive" plus ou moins récente), mais des agissements qui sont dans la nature même d'une telle chose.

    C'est le fascisme qui est "israélien" ; signifiant de lorsque de telles méthodes se trouvent appliquées en Occident même.

     

    Israël n'est pas en "dérive fasciste", c'est le fascisme qui est "israélien"

     

    [* Les trois définitions du fascisme :

    Dimitrov : "dictature terroriste ouverte des éléments les plus réactionnaires, les plus chauvins, les plus impérialistes du capital financier" (des monopoles capitalistes impérialistes). La violence répressive est ici un élément central.

    Gonzalo : la violence, la terreur répressive, ne sont pas l'aspect principal car les classes dominantes les ont toujours exercées contre les classes exploitées... et la révolution a elle-même le devoir de les exercer contre les exploiteurs. Le fascisme est surtout un gigantesque mouvement par lequel le capitalisme se restructure pour surmonter sa crise générale, dans une pseudo-unité "corporatiste" d'intérêts entre les classes, dans les pays impérialistes ; et par la même pseudo-unité "corporatiste", se met en place le capitalisme bureaucratique dans les pays semi-féodaux semi-coloniaux.

    - Vers 1870, Marx critique le colonialisme comme (entre autres choses) une situation dans laquelle les forces armées capitalistes se "forment" à des méthodes qui pourront ensuite être "rapatriées" en métropole contre la classe ouvrière. La troisième définition, celle de Césaire, s'inscrit finalement dans le prolongement de cela : les fascismes auront été un gigantesque "rapatriement" des méthodes coloniales (qui jusque-là, outre-mer, ne choquaient pas grand-monde) en Europe, contre les mouvements ouvriers ou dans les guerres de rapine sur le continent même. S'agissant là aussi de violence et de terreur, elle rejoint celle (dont Césaire était contemporain) de Dimitrov ; mais en insistant plus fortement sur l'origine coloniale des méthodes terroristes, et le fait qu'elles ne dérangeaient personne dans ce contexte extra-européen où elles étaient l’œuvre des "démocraties" bourgeoises (par rapport à notre sujet il suffit d'observer comment Israël, morceau de "démocratie" occidentale colonisant le Proche-Orient, est un grand "exportateur"... de savoirs-faire et de technologies répressives, non seulement vers les pays semi-coloniaux mais vers les métropoles impérialistes elles-mêmes !). De plus, cette oppression "fasciste" que subissent en permanence les peuples colonisés ou dominés par l'impérialisme favorise (Losurdo) "l'égalité entre Blancs", c'est à dire les surprofits de l'impérialisme redistribués aux classes populaires des métropoles pour les "aristocratiser". C'est à dire, dans un sens, le "corporatisme" dont Gonzalo fait la caractéristique centrale du fascisme...

    Nous aurions tendance à penser qu'il faudrait chercher une articulation, un recoupement entre les deux premières ; afin de séparer le fascisme d'un côté de la social-démocratie, de la "gauche" réformiste bourgeoise en général qui pourrait elle aussi correspondre à la définition de Gonzalo (avec cependant le fait que, dans les pays impérialistes du moins, cette "gauche" bourgeoise... n'existe plus vraiment, tout au plus un social-libéralisme en "ajustement structurel" néolibéral permanent qui serait en fin de compte la confluence commune des "démocraties sociales de marché" et des fascismes du siècle dernier), du moins ne pas faire preuve vis-à-vis d'elle d'un sectarisme qui "désoriente la classe ouvrière dans la lutte contre son pire ennemi" (sur-le-front-populaire-antifasciste-dimitrov), surtout dans les pays du "Sud global" (comme les régimes "de gauche" sud-américains retour-situation-amerique-du-sud) qui sont peut-être les derniers où (en se confrontant un peu à l'impérialisme) un semblant de réformisme social peut exister ; et de l'autre de la "terreur blanche classique" façon Thiers écrasant la Commune ou dictateurs bananiers d'Amérique centrale ou d'Afrique... Et ce en ayant toujours à l'esprit la troisième, qui permet de comprendre beaucoup de choses, fait d'une certaine manière le lien entre les deux autres, et permet de rester toujours d'un anti-impérialisme conséquent !]


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  • Ce sont celles et ceux pour qui Rojava n'a jamais été qu'un cache-sexe de leur admiration islamophobe honteuse pour Assad ("toujours mieux" que "les barbes de hipster, le Coran-unique-source-du-droit et les mariages forcés à 9 ans" LOL) qui vont être content-e-s !

    Les autres, les "rebello"-rojavistes en mode atlantiste et pro-sioniste "de gauche", seront bien sûr dévastés ; mais bon, ça fait déjà un an voire un an et demi que c'est comme ça et que la plupart ont d'ailleurs compris...

    1. L'Armée arabe syrienne (SAA) augmente ses effectifs dans la province de Hasaka, prend le contrôle des postes frontières avec la Turquie et l'Irak, ouvre des bureaux de recrutement et participe aux checkpoints avec les YPG.

    2. Les YPG qui joindront l'Armée arabe syrienne (SAA) toucheront leur solde du gouvernement syrien ainsi que les mêmes avantages pour les familles des martyrs que pour les soldats de la SAA, les périodes de combats avec ISIS sous uniforme YPG seront comptées comme service militaire SAA.

    3. Le drapeau syrien officiel remplacera toutes les signalétiques PYD/YPG, et autre ; y compris les images d'Abdullah Öcalan.

    4. Le contrôle de tous les sites pétroliers sera transféré au ministère syrien du pétrole.

    5. La langue kurde sera considérée comme langue officielle.

    6. Le poste de ministre du pétrole du gouvernement syrien sera dévolu à une personnalité kurde.

    Lire aussi :

    https://www.bastamag.net/Quel-avenir-pour-les-Kurdes-de-Syrie-menaces-d-epuration-politique-par-la


    [Est évoqué dans cet article un retrait US qui semble a priori surréaliste, mais peut-être moins qu'il y a quelques mois au regard de la possibilité que la Russie ait obtenu les "mains libres" en Syrie (le contrôle de la totalité du pays avec son laquais Assad) en échange de son accord pour le "deal du siècle" en Palestine : haha-interessant-a145713280

    Lire aussi ici le-programme-envisag-par-trump-dans-le-sinaï-pour-tuer-l-état-palestinien pour se faire une (horrible) idée de ce qui est en train de se jouer dans la région : un plan de repartage impérialiste qualifiable de véritable QUATRIÈME REICH yankee-sioniste, avec bien sûr le soutien des Européens et, donc, la complaisance de Moscou tant que ses intérêts sont un minimum préservés ; n'hésitant pas à recourir au "progressisme au service de l'ordre" ; une MONSTRUOSITÉ que les révolutionnaires du monde entier doivent affronter sans faillir... et sans tolérer dans leurs rangs le moindre opportunisme !]


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  • Texte d'un militant de libération noire sur Facebook :

    Thierry Henry est l'un des plus grands footballeurs de l'histoire de France. Sur les terrains de foot il a tout gagné : Coupe du Monde, Coupe d'Europe des nations, Ligue des Champions, championnat d'Espagne...

    Sa fonction ? 'Goleador', meilleur buteur de l'équipe de France avec 51 réalisations, meilleur buteur de l'histoire d'Arsenal.

    En plus dans la vie il a l'air d'un mec posé. On ne lui connaît aucun scandale en plus de 20 ans de carrière de foot.

    Bref Thierry Henry est un grand homme.

    Après sa carrière, il a d'abord travaillé comme consultant pour la chaîne sportive anglaise Skysport.

    Puis il a voulu se rapprocher à nouveau des terrains en tant qu'entraîneur. Certainement, pour commencer, en France.

    Mais comme il a un gros nez, on a dû lui dire ce qu'on dit à tous les gros nez et comme on l'a dit à Tigana et à Kombouaré auparavant au pays des Lumières : "Ah désolé mais je crois que ça va pas être possible".

    On se rappelle qu'en son temps Claude Simonet, le patron de la FFF, avait dit clairement : "il y a trop de Noirs en équipe de France, on ne peut pas mettre en plus un sélectionneur noir".

    Voilà la conception du "vivre ensemble" des décideurs français.

    Du coup comme Henry est un mec calme, il n'a rien dit et est allé proposer ses services ailleurs... et ça marche : second entraîneur de l'équipe nationale de Belgique, les Diables Rouges qui sont aujourd'hui en demi-finale de la Coupe du Monde... face à la France.

    Et les Français de rappeler alors à Thierry Henry qu'il est français en lui subodorant à l'oreille de trahir sa fonction si possible, en piégeant les joueurs belges qui disent tous le plus grand bien de lui.

    Certains français tentent même de faire un procès en sorcellerie à Thierry Henry pour trahison, alors que c'est la France qui a trahi ses idéaux républicains envers Henry.

    Giroud qui décidément est plus décisif hors des terrains que sur les terrains vient de déclarer : "j'avoue que ça fait bizarre de l'avoir contre nous... j'aurais préféré qu'il soit avec nous". On savait que les pieds de Giroud ne fonctionnaient pas bien, on découvre qu'au niveau de la matière grise ça va pas mieux non plus.

    Parce que l'affaire Henry c'est pas bizarre, c'est du racisme.

    Voilà l'intégration à la française. Elle utilise les gros nez autant qu'elle le peut tant que ces derniers peuvent apporter de la valeur ajoutée à la France.

    Mais à l'heure de promouvoir les gros nez pour tout ce qu'ils ont fait pour "leur" patrie, la France les jette proprement comme du poisson pourri.

    Et quand le gros nez refait surface ailleurs, cette même France sans la moindre honte, indexe ce dernier, le sollicite... pour qu'il trahisse au nom de la France.

    Il n'y a rien de bon à prendre dans l'intégration. Tout est à découper en mille morceaux et à jeter à la poubelle.

    Et les gros nez de France n'ont qu'une chose à faire : respecter les lois de la France, les coutumes de la France en s'organisant entre eux de façon autonome sur le plan communautaire ; parce qu'ils vivent dans un pays ultra-communautariste, en fait dans un pays raciste.

     

    Henry, le "traître" ?


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  • ... voici des nouvelles du Pinochet du Nil :

    https://www.bastamag.net/Ventes-d-armements-un-nouveau-rapport-denonce-la-cooperation-des-entreprises

    Depuis son coup d’État militaire en juillet 2013, le régime d’al-Sissi a mis en prison au moins 60 000 personnes [une personne adulte ou adolescente sur 1.000] pour des raisons politiques, dispersé des manifestations par des moyens militaires faisant des centaines de morts [la répression de l'été 2013 en a déjà fait autour de 2.000...], sans compter les exécutions extra-judiciaires [ou simplement judiciaires : centaines de condamnations à mort, comme celles de près de 700 pro-Morsi en 2014, et dizaines d'exécutions],  et les disparitions forcées (entre juillet 2013 et juin 2016, il y a eu en Égypte 2811 cas de disparitions forcées des mains des services de sécurité, indique la FIDH), et le recours systématique à la torture. [On pourrait encore parler de la refermeture de la frontière avec Gaza, au service de l'asphyxie de l'insoumise cité palestinienne par l'entité sioniste : frontiere-egyptienne-rafah-gaza]

    Cela ne semble pas (bien sûr, s'il fallait en douter) déranger l'impérialisme et le complexe militaro-industriel bleu-blanc-rouge :

    Dans le même temps, entre 2010 et 2016, les livraisons d’armes françaises vers l’Égypte sont passées d’un volume de 39,6 millions d’euros à 1,3 milliard d’euros, rappelle la FIDH. « Certaines entreprises ont vendu des armes conventionnelles à une armée responsable de la mort de centaines de civils au nom de la guerre contre le terrorisme, notamment dans le Sinaï : navires de guerre Mistral (entreprise DCNS), frégates Fremm (DCNS), corvettes (Gowind), avions de combat Rafale, véhicules blindés (Arquus), missiles air-air Mica et de croisière SCALP (MBDA), missiles air-sol 2ASM (SAGEM) », détaille le rapport.

    Pendant que les néo-menchéviks gaucho-impérialistes nous bassinent avec l'"islamofascisme" et "Hitlerdogan"...

    Mais bon, c'est d'autant moins étonnant que cela ne semble de toute façon pas déranger non plus un certain gauchisme gaucho-impérialiste, typiquement fan du protectorat impérialiste "Rojava" au Nord de la Syrie, comme ce militant lyonnais d'une organisation tristement connue :

    Pendant que les néo-menchéviks gaucho-impérialistes nous bassinent avec l'"islamofascisme" et "Hitlerdogan"...

    En Turquie, le kémaliste Muharrem Ince a renoncé à contester la victoire pourtant manifestement truquée (de 3 ou 4 points facile) d'Erdogan dès le premier tour, et donc à donner le signal du regime change pour lequel tout était pourtant dans les starting-blocks turquie-kurdistan-elections-anticipees-heure-de-verite-approche hitlerisation-erdogan.

    Probablement parce que, selon nous, il a rapidement réalisé qu'il n'avait... pas d'armée pour ce qui devait forcément prendre la tournure d'une guerre civile (entre 45 et 50% de soutien pour Erdogan, ce n'est pas rien !) ; soit qu'il n'ait pas trouvé d'officiers limogés en 2016 prêts à tuer d'autres militaires turcs, soit qu'il ait été perçu comme trop à gauche (incarnation de la volonté de rapprochement avec la gauche kurde-alévie impulsée par certaines fractions de la bourgeoisie moderniste et - surtout - de l'impérialisme occidental) par ces secteurs militaires kémalistes orthodoxes ou "gülenistes" ("islamistes" modérés-libéraux et pro-occidentaux), soit un peu des deux.

    Mais s'il l'avait fait, pourrait alors déjà régner en Turquie, derrière la façade civile de son gouvernement "social-démocrate" (toutes les dictatures militaires en Turquie, au pire après un an ou deux, ont toujours adopté une façade civile), strictement la même répression FASCISTE qu'en Égypte ; toujours contre le mouvement révolutionnaire, non-liquidateur du moins (pas à la remorque du PKK et/ou du HDP en cas d'"accords de paix" avec ceux-ci), ET donc contre les partisans d'Erdogan, "islamistes" et ultra-nationalistes (comme déjà... sous tous les régimes militaires turcs de la seconde moitié du 20e siècle, première moitié des années 1960, 1971-74 et première moitié des années 1980).

    Mais voilà, attention hein, on aurait alors (sans doute) "bon fascisme" et pas "mauvais" comme avec Erdogan ; comme il y a "bonne scission et mauvaise scission" pour reprendre les mots d'un Turc (justement) de cette mouvance LOL ; et d'aucuns viendraient sans aucun doute nous expliquer que "l'armée a repris les choses en main" pour "empêcher les masses populaires de s'occuper elles-mêmes d'Erdogan et de sa clique" !!


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  • Il y a bien sûr la question de la "féodalité" entendue comme PROPRIÉTÉ, "assise", directe (sur des terres typiquement) ou "éminente", et mise au service de l'impérialisme pour encadrer et exploiter la force de travail ; autrement dit, intégrée dans l'appareil productif impérialiste. Mais ce n'est pas le sujet que nous aborderons ici.

    Dans les pays dominés par l'impérialisme, toute question politique et sociale revient en dernière analyse à : unité ou division dans la confrontation avec lui.

    À partir de là, les choses sont simples : ce qui opprime divise.

    Opprimer, surexploiter un groupe social ("ethnique", de genre, ou une "caste") au nom de principes qui auront l'argument d'être immémoriaux, va contre l'unité car 1/ les opprimés détestent leurs oppresseurs et ne se laisseront pas facilement mobiliser par eux à leurs côtés, ou plutôt sous leurs ordres, pour que leur condition pourrie ne change pas d'un iota ensuite, 2/ l'impérialisme peut carrément débarquer en se présentant comme leur sauveur, leur libérateur, et les mobiliser à son service (pratique qui remonte à l'utilisation des "intouchables" par les Anglais en Inde, contre l'Empire marathe notamment : ils y auront gagné un jour de fierté célébré chaque année, celui d'une bataille livrée aux côtés des troupes de la Compagnie coloniale britannique contre les hautes castes qui les traitaient comme des esclaves manifestations-d-une-caste-indienne-defavorisee-a-bombay... mais aussi, comme tous les Indiens, un siècle et demi de colonisation qui fera 60 millions de morts genocide-british-starved-to-death-over-60-millions-indians), et 3/ de toute façon, pour maintenir leur domination, le plus probable est que les oppresseurs eux-mêmes aillent lécher les bottes de l'impérialisme.

    C'est pour cela que les pratiques sociales, aussi ancestrales soient-elles, qui oppriment avec la dernière brutalité des groupes sociaux doivent être combattues et battues en brèche, et que la révolution anti-impérialiste présente obligatoirement (pour avancer vers la victoire) un aspect DÉMOCRATIQUE.

    PAR CONTRE, le gaucho-impérialisme occidental (au service de son maître l'impérialisme tout court) a souvent tendance à placer sous le vocable de "féodalité" des structures et des pratiques sociales anciennes qui vont à l'encontre de l'individualisme, du moi-roi... et donc par définition servent l'unité.

    L'impérialisme a toujours très bien compris les choses à ce niveau-là, et arrive toujours et encore aujourd'hui en porteur du "Progrès" et de la "Liberté" en ce sens de dissolution et d'atomisation sociale, de division de la société dominée en autant d'individus qu'elle en contient ; et comme de bien entendu, sa précieuse pour ne pas dire vitale aile gauchiste encourage et applaudit cela.

    Ici la question va donc se poser sérieusement, une question de "dosage" en quelque sorte : dans quelle mesure telle réalité sociale est un facteur d'unité anti-impérialiste contre l'individualisme et l'isolement des colonisés les uns des autres ; dans quelle mesure est-elle oppressive (sachant que toute pratique sociale repose toujours sur une part de coercition !) et au contraire un facteur de fossé entre groupes sociaux et de potentiel enrôlement du groupe opprimé comme tirailleurs de l'impérialisme ; où se situe la limite, ou le "bon dosage" entre les deux etc. etc.

    Il est bien évident que pour des pratiques consistant en de l'esclavage, par exemple, ou encore la condition des basses ou hors-castes en Inde, la question ne se pose pas ; mais pour de nombreuses structures traditionnelles ancestrales dans de nombreux pays, elle mérite de se poser.

    Il ne faut pas avoir une vision linéaire du matérialisme historique ; féodalité/"archaïsme" => "Progrès"/"Modernité" capitaliste => socialisme ; tel est le grand apport au marxisme de pensées géniales comme celle de Mariátegui Mariategui.pdf, sachant que Marx lui-même n'était pas totalement fermé aux idées que lui exprimait par exemple Vera Zassoulitch marxists.org-marx-zassoulitch et que l'on peut trouver des raisonnements allant dans ce sens chez Mao : http://ekladata.com/-5-39bNwfYd4vBK-8.png.

    Le capitalisme a consisté fondamentalement à briser les structures sociales "communautaires" et toutes les soumissions à "quelque chose de plus grand que soi" pour établir le règne de l'individu... "fort" de sa "liberté" sur le papier, et faible face au Capital. Et de cette manière... il règne sans partage depuis des siècles en Europe (depuis deux ou trois siècles totalement, on va dire), et depuis la colonisation dans les autres régions du monde qu'elle a à un moment ou à un autre colonisées. Et l'on n'a pas l'impression d'en voir le bout du tunnel...

    Doit-on alors considérer qu'il faille absolument aller en ce sens et en passer par là, au risque de ne pas en voir le bout de sitôt ; plutôt que de prendre appui sur ce qui, avant même de pouvoir être éventuellement "remodelé" en collectivisme productif, est de nature à favoriser la plus large unité populaire et nationale possible contre l'ennemi, au lieu d'individus ou des petits foyers familiaux chacun dans leur coin et ne pensant qu'à leurs propres problèmes ?

    Il est permis d'en douter... quand bien même, pour l'impérialisme et ses spécialistes en vernissage "progressiste" voire "rouge", cela ne ferait aucun doute !


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  • https://redguardsla.wordpress.com/2018/06/29/updated-position-on-the-chicano-nation/

    Cette position des Red Guards Los Angeles ; ou plutôt la thèse des Red Guards Austin devant laquelle elle est une capitulation historique pour le Mexique du Nord occupé et la décolonisation en Amérique du Nord en général ; est l'antithèse exacte de ce que nous avons pu développer ici (précisément ce qui y est critiqué) : Un échange de commentaires qui clarifie magistralement ce que l'anticolonialisme "en carton", "déclaratif comme aux impôts" veut dire

    L'archétype absolu du thorézisme-cheeseburger ; et l'équivalent (la "rectification" de RGLA) de si Hô Chi Minh ou Messali avaient capitulé devant Thorez, ce qui heureusement n'a pas été le cas.

    L'argument central, comme quoi prioriser la libération socialiste du Mexique du Nord occupé (Aztlán) serait "abandonner à leur sort" les autres colonies intérieures, est bien sûr proprement ridicule : cela revient à dire que lancer la guerre de libération du Vietnam en 1945, sans attendre "la révolution dans tout l'Empire" ou (dit plus clairement) que le PCF fraternaliste ne prenne le pouvoir à Paris, revenait à "abandonner" l'Algérie et le reste de l'Afrique dans leur lutte contre le même colonialisme français.

    L'histoire a bien sûr démontré le contraire, puisque cette guerre et sa glorieuse conclusion à Diên Bien Phu a été littéralement le signal du lancement de la Toussaint 54, d'une intensification de la lutte au Maroc et en Tunisie, ainsi qu'au Cameroun et en Guinée, le début d'un mouvement en Gwadloup etc. etc. C'est là une négation pure et simple de la possibilité de coordination, ou du moins de la dynamique d'émulation et de galvanisation qui peut exister entre colonies d'une même puissance ; ici l'Empire français, là l'Amérique WASP ; jusqu'à finir (même) par entraîner dans son torrent le (ou les) prolétariat(s) de la nation ou du "bloc de nations" (la question aux États-Unis est complexe et nous ne nous y lancerons pas ici, en "France" c'est clair qu'il y en a plusieurs) dominante(s), c'est-à-dire "glacis protecteur" de la bourgeoisie impérialiste (effet historiquement avéré, observable dans les années 1960 de la Révolution algérienne en "France" et de la Guerre populaire du Vietnam et des luttes de libération noire puis chicana puis portoricaine etc. aux US).

    Pour celles et ceux qui lisent l'anglais... (critique d'une position terriblement erronée)

    D'autant plus honteux que l'argumentation passe par une tokenisation (utilisation dilatoire, manipulatoire) de la Nation noire – ce serait la Black Belt, New Afrika qui serait ainsi "pénalisée"...

    BIEN SÛR que dans le cadre d'un même État, c'est-à-dire face un état-major unique de l'ennemi oppresseur, nous avons coutume de dire que les peuples sont "les doigts d'un poing uni" ; en particulier lorsque la nationalité dominante est elle aussi opprimée par l'impérialisme, comme les Turcs ou les Arabes au Proche-Orient vis-à-vis des Kurdes (dont la "cause" a déjà failli servir en 1920, et sert de fait depuis ces dernières années - ce dont ils semblent d'ailleurs commencer à se rendre compte, après des années de tonitruant soutien... - le dépeçage impérialiste de la région, raison pour laquelle Kaypakkaya insistait sur le "lien" nécessaire entre les différentes révolutions démocratiques)  ; ou lorsque la question peut vraiment se poser comme dans l’État espagnol (où les Castillans ne "dominent" pas vraiment les autres en termes de "privilège", mais une oligarchie principalement castillane avec pour quartier-général Madrid sert de garde-chiourme des peuples travailleurs de l’État pour le compte des monopoles "espagnols" et surtout nord-européens) ; SAUF QUE... ce n'est pas vraiment le cas de l'Amérique blanche, nation-glacis de la première puissance impérialiste mondiale, sans doute la plus "privilégiée" (comprendre : gorgée de miettes de bénéfices de l'exploitation des peuples à travers le monde) de la planète ; et cette notion de "poing uni" ne saurait être utilisée comme prétexte pour justifier l'"unité"... à la botte d'une telle nation (ultra-) dominante !

    BIEN SÛR qu'"aucun peuple aux États-Unis ne peut être libre tant que les États-Unis eux-mêmes ne sont pas détruits" ; personne ne dit le contraire ! L'on pourrait, en fait, dire strictement la même chose de la QUASI TOTALITÉ des peuples du monde... Aucun peuple de la sphère impériale française ne pouvait et ne peut (encore actuellement) être libre tant que "la France", le Pouvoir de Paris et de sa Bourse, n'est pas détruit. Faute de cela, la néo-colonisation y compris des pays ayant lutté le plus héroïquement (comme l'Algérie) est un phénomène que l'histoire des 40 ou 50 dernières années nous a donné l'occasion d'observer.

    Mais les choses doivent bien commencer quelque part ; déclenchant ensuite un effet domino... Et cela n'est tout simplement pas possible si les luttes de libération ne suivent pas, dans la solidarité internationaliste et éventuellement la critique mutuelle fraternelle et constructive bien sûr, leurs PROPRES AGENDAS définis par les peuples eux-mêmes ; et non par un "ensemble" incluant la nation-glacis des impérialistes. Les révolutionnaires de cette nation mènent la lutte contre leur bourgeoisie qui est la "super"-bourgeoisie de l'Empire entier ; au plus près ce qui présente un intérêt certain pour tous les peuples en lutte ; et pratiquent la solidarité internationale ; mais ne peuvent être en cela que des PORTEURS DE VALISES, et non des donneurs de directives !

    C'est bel et bien ce thorézisme d'outre-Atlantique qui doit être critiqué et combattu pour que la révolution socialiste là-bas puisse être à l'ordre du jour. La position originelle des Red Guards Los Angeles ("notre position quant à la Nation chicano était qu'elle devait d'abord évoluer vers une révolution de libération nationale, précédant l'intégration socialiste, avec son propre Parti communiste maoïste distinct", et que cette libération nationale "se concrétiserait par l'établissement d'une République indigène du Sud-Ouest sous la dictature conjointe du prolétariat indigène et chicano"), à présent abandonnée, était précisément la position juste !

    AZTLÁN LIBRE ET SOCIALISTE, RÉUNIFICATION ; RÉPUBLIQUE SOCIALISTE DE NEW AFRIKA ; RÉPUBLIQUES POPULAIRES DES 574 PREMIÈRES NATIONS et RÉVOLUTION ANTICOLONIALE des Grands Lacs jusqu'au Rio Grande !

    [Les Red Guards Austin ont "accueilli" la critique et le débat idéologique en supprimant notre commentaire... ressemblant ainsi de plus en plus à un 'p''c''mlm' yankee.]

    [Le groupe RGLA s'est finalement donné la peine de répondre... pour on ne sait quelle raison soudaine, paraissant jusque là plus à l'aise et loquace devant les contestations de tendance (hélas) postmo-idpol de sa position que devant une position impeccablement communiste telle que la nôtre. Serait-ce peut-être (comme ça, au hasard), après avoir d'abord réagi par l'ignorance ou la moquerie, une prise de conscience du danger de la critique qui commence à se lever de toute part contre leur position ; la chaleur du boulet qu'ils commenceraient à sentir ?

    Voici l'article en anglais :

    https://redguardsla.wordpress.com/2018/07/04/defeat-u-s-imperialism-for-the-proletariat-and-all-oppressed-nations-clarification-and-reaffirmation-on-the-chicano-national-question/

    Nous ne nous donnerons pas la peine de traduire, tant il n'est qu'une assez piètre tentative de réaffirmer et justifier par une deuxième couche leur position capitulatrice sans apporter réellement de nouvel argument autre que l'attaque ad hominem... la plus classique concernant SLP ("blog d'un seul individu sans influence dans les masses" blabla), et d'ailleurs on-ne-peut plus clairement made in France et on voit assez bien made in qui (les gens, assez nombreux cela dit, qui depuis des années ne supportent pas de voir un "mec tout seul" - ils n'en savent rien en réalité, ni nous ne savons réellement ce que cela veut dire en fait, mais pas une avant-garde autoproclamée en effet - assumer une production théorique communiste qu'ils ne parviennent pas à égaler... et qui ont donc manifestement exporté leurs "arguments", les seuls qu'ils ont face à cela, outre-Atlantique - le savoir-faire français, on vous dit !!).

    Au point de consacrer (en fait) une bonne partie de leur texte, nous nous demandons même si ce n'est pas la majorité en nombre de lignes, à reconnaître que nous avons... RAISON sur certains points qui iraient dès lors (supposément) "dans leur sens" ; allant jusqu'à reformuler leur thèse en un "pourquoi pas coordonner toutes les luttes de libération" au sein d'un même État qui n'est rien d'autre (sans "why not" !) que ce que nous prônons necessite-imperieuse-refuser-parti-francais (mais par contre, une "direction politico-militaire hautement centralisée et hiérarchisée" est effectivement hors de question en incluant la nation dominante) ; et plus globalement, laisser ressentir un assez net vacillement sur leurs bases argumentaires (autre exemple : "et en quoi un Parti communiste unique de tous les USA serait forcément un parti à majorité blanche ?"... oui, bon ben les amis, on va dire qu'on verra bien ; et au demeurant un Parti sous DIRECTION STRATÉGIQUE, idéologique, intellectuelle blanche n'implique pas forcément qu'ils y soient majoritaires).

    Cela + quelques déformations, volontaires ou dûes à notre anglais approximatif on ne sait pas, de notre propos ; comme le fait que dans nos slogans à la fin nous parlons bien de RépubliqueS populaireS des Nations indigènes et non d'une seule et unique République comme ils prétendent l'avoir compris, et ne prétendons par ailleurs aucunement à la connaissance ultra-pointue du sujet qu'ils s'efforcent (inutilement donc) de nous dénier : nous savons simplement qu'il y a 574 nations à se revendiquer comme telles et (par la force des choses) reconnues au niveau fédéral, et pour le reste la seule chose que nous pouvons affirmer avec certitude est la complexité du sujet (ne serait-ce pas, sur le principe, TOUT le territoire US qui leur a été volé et qui devrait leur être restitué ? certes, mais ensuite, se posent les questions de faisabilité...).

    Deux points qui méritent discussion :

    - Aztlán et le Mexique seraient deux choses, "deux nations" différentes et ne devraient pas être réunifiés. C'est un point qui mérite sans doute plus ample investigation, certains arguments de RGLA sont tout à fait recevables ; néanmoins ils affirment de manière assez définitive que leur position est la "ligne rouge" alors que nous sommes suffisamment informés pour savoir que des points de vue tout à fait différents existent dans les masses locales (lire par exemple ici et ici) ; qui d'ailleurs ne descendent qu'en petite minorité des Mexicains "coupés" du Mexique en 1848 : c'est surtout, depuis un gros siècle, une IMMIGRATION venue du Mexique indépendant voire d'Amérique centrale qui a ré-hispanisé la zone. Les choses apparaissent de manière très nette sur ce graphique : http://ekladata.com/HCtOmwE.png ; où l'on voit bien qu'en 1850 (juste après l'annexion) nous avons quelques centaines de milliers de Mexicains annexés et devenus (donc) "américains", en 1970 environ un million de "Mexican-born" (personnes nées mexicaines au Mexique et immigrées) et 5 millions d'origine, et de là à 2010 on passe à plus de 11 millions nées au Mexique et quelques 33,7 millions d'origine mexicaine au total, en corrélation évidente ; formant une majorité ou proches de l'être dans plusieurs dizaines de comtés frontaliers et du Sud-Ouest en général (voire carte ci-dessous). Le slogan "les Mexicains ne traversent pas la frontière, c'est la frontière qui traverse le Mexique" ne peut pas signifier autre chose qu'un rejet de la légitimité de cette frontière coloniale, et donc une certaine forme de volonté de réunification même si ce n'est pas sous la forme d'un Mexique monolithique et uniformisateur ; peut-être sous une forme de fédération-association ; et dans tous les cas bien évidemment, contrairement à ce qu'ils font mine de comprendre, pas avec le Mexique actuel TEL QU'IL EST, un régime narco-fasciste effectivement.

    - Un Aztlán (ou n'importe quelle nation opprimée) indépendant et socialiste "isolé", "entouré" par la Réaction impérialiste, serait constamment menacé, attaqué et probablement finalement écrasé. C'est un argument relativement peu convaincant. Ce qui est dépeint là n'est rien d'autre que le lot de toutes les révolutions, peu importe la taille du pays : qu'il s'agisse de la Russie bolchévique de Lénine, réduite au Nord de la Russie d'Europe, triomphant des Armées blanches et de 14 armées d'agression étrangères pour devenir l'URSS ; de cette même URSS, grande comme deux fois les États-Unis, triomphant de l'agression exterminatrice de l'Allemagne nazie en 1945 ; ou par la suite, de plus d'un tiers de la planète socialiste ou en démocratie populaire, là encore constamment attaqué en particulier dans les "nouveaux" pays (Corée, Vietnam, Cuba et ses alliés d'Amérique latine etc.) et bien souvent triomphant de ces agressions là aussi, mais finalement vaincu par cette longue guerre d'usure et surtout... le révisionnisme intérieur. Le même révisionnisme que celui de Maurice Thorez, tenant exactement le même discours aux colonies françaises : "isolés", "séparés" de la Frrrrance, vous serez écrasés, mangés par la nouvelle superpuissance US !

    Les colonies intérieures et les colonies situées outre-mer sont certes des choses différentes et beaucoup d'arguments de RGLA sonnent juste ; mais ils ne semblent absolument pas se rendre compte à quel point leurs arguments ("la nation opprimée sera isolée", "ne s'en sortira pas toute seule", "tombera dans les griffes du fascisme semi-colonial" etc.) sont en tout point similaires à ceux de Thorez en son temps et de n'importe quelle gauche coloniale aujourd'hui comme hier (ni sans doute combien leurs attaques directes contre nous, dans les derniers paragraphes, rappellent il y a 7 ou 8 ans la phraséologie d'un 'p''c''mlm' dont on sait hélas comment il a fini...).

    La question soulevée ici est d'importance, non seulement pour Aztlán et les États-Unis mais en réalité UNIVERSELLE et FONDAMENTALE ; transposable ici dans l'État français, ce qui explique l'hostilité bien "franco-française" envers nous qui transparaît de bout en bout du texte en filigrane. C'est tout simplement là une question dont nous avons violemment "débattu" avec toutes sortes de personnes et d'organisations hexagonales depuis près d'une décennie : nous rejetons résolument l'idée d'un Parti communiste "français" ou "de France", "hautement hiérarchisé et centralisé" (refuser-parti-francais - lire aussi ici). Nous considérons ainsi, par exemple, qu'il existe une Nation occitane (lire aussi : apres-8-segles) qui doit avoir son propre mouvement révolutionnaire de libération (nous avons récemment salué des développements en ce sens : occitania-nouvelle-organisation), de même que la Bretagne, l'Alsace, le Pays Basque ou la Corse ; que les minorités nationales non-blanches, "colonies intérieures" de force de travail "importée" des anciennes colonies en métropole impérialiste, doivent également avoir dans les ghettos où elles sont concentrées leurs propres organisations autonomes de type Black Panthers, reliées aux luttes anti-impérialistes des pays d'origine (Nation arabe, Afrique, Caraïbe) comme aux États-Unis les communautés noires de la Grande Migration sont reliées à New Afrika et au panafricanisme révolutionnaire international ; et ainsi de suite... Nous considérons, ni plus ni moins, que le refus de cela (c'est à dire ce qui a été jusqu'à présent l'expérience historique) conduira inévitablement au révisionnisme, intrinsèquement lié à l'esprit jacobin et gauche-coloniale. 

    De notre point de vue, AUCUNE décolonisation sérieuse ne peut être possible dans le cadre d'un Parti révolutionnaire dont les frontières géographiques épouseraient celles de l’État-prison ou de l'Empire ; mêlant dans la même "haute centralisation" les nations opprimées ou colonisées et la nation dominante, quand bien même elle ne représenterait qu'une minorité des effectifs militants.

    Il n'y a et n'aurait jamais eu la moindre lutte de libération de l'Irlande dans le cadre d'un "Parti communiste des Îles Britanniques", quand bien même seulement 30% des membres d'un tel Parti auraient été anglais. Il n'y aurait jamais eu de libération nationale, et de Révolution vietnamienne avec une "Section indochinoise du Parti communiste français".

    C'est un peu ce qu'était le Parti communiste algérien (vaguement "autonome", un peu comme les PC "réunionnais" ou "guadeloupéen" aujourd'hui), et il s'est objectivement révélé incapable de prendre la tête la lutte pour la libération nationale ; laissant la direction de celle-ci à la bourgeoisie indigène. Le PC espagnol s'est avéré incapable de résoudre la moindre question basque, catalane ou de quelque autre nationalité opprimée de cet État que ce soit ; et pourtant ces nationalités ne sont pas tout à fait dans la même situation de colonialisme intérieur que les Noirs ou les Chicanos aux États-Unis, ni les Castillans dans celle des Blancs.

    L'on pourra toujours citer le TKP/ML... Mais les Turcs sont, en Turquie, eux aussi une nation opprimée par l'impérialisme (tout en en opprimant d'autres) ; et en pratique, moins de 10% des militant-e-s du Parti (on pourrait appliquer le même raisonnement en Inde, sans empêcher toutefois qu'il y ait un Parti maoïste... de Manipur, petite nationalité opprimée du Nord-Est près de la Birmanie, indépendant du CPI maoïste).

    Ou encore, bien sûr... le Parti bolchévik de Lénine, dans l'Empire russe. Mais nous étions encore, à ce stade, dans la transition du marxisme (raisonnant généralement un État = un Parti "section de l'Internationale", point) vers le marxisme-léninisme beaucoup plus conscient des problématiques nationales ; d'ailleurs le PCbUS finalement établi en 1925 sera (lui) bel et bien une fédération des 15 Partis des différentes républiques soviétiques, avec une autonomie des sections des différentes républiques autonomes en leur sein ; et de fait, Lénine passera les dernières années de sa vie à lutter contre les tendances au chauvinisme russe/slave dans le Parti et l’État, chauvinisme qui aura finalement en grande partie raison de la révolution et du socialisme en URSS.

    Et bien évidemment, des gens ne sont pas d'accord et nous attaqueront bec et ongles jusqu'au bout sur ce sujet, souvent bassement, ad hominem et sans fondement, ni le moindre argument digne de ce nom (les RGLA ont au moins fait un petit effort de ce côté-là...). Il en va de leur petit râtelier de petits bourgeois, la Fraaance ; et si parfois ils font mine de soutenir les luttes des peuples c'est uniquement pour se donner une image "progressiste", de préférence lorsque ces luttes sont lointaines, ou au service de l'impérialisme comme en Rojava ; mais attention tout doit rester bien fermement sous leur contrôle. Mais nous n'en avons cure ; nous vivons dans la sérénité matérialiste et la conviction que notre ligne est toute-puissante parce que juste.

    Ah et puis maintenant qu'on y pense : le petit passage citant la Palestine comme autre "exemple" de colonie intérieur ("a colony like formerly Vietnam to French imperialism is different than an internal colony like Palestine to Israeli settler-colonialism", et "an internal colony requires a specific and distinct analysis", "similar but not the same"), on est censé l'interpréter comment ? Que la Résistance palestinienne doit intégrer un "Parti unifié, hautement centralisé et hiérarchisé" avec les colons sionistes ("victory for the oppressed nations is more guaranteed through a coordinated and highly-centralized political-military organization, the militarized Maoist Communist Party"...) ???]

    [Lire : http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/en-conclusion-de-tout-cela-a158381312]

    Pour celles et ceux qui lisent l'anglais... (critique d'une position terriblement erronée)

    Lire aussi : Y a-t-il des questions nationales aux États-Unis ? - Sur le mouvement communiste maoïste aux États-Unis

    Pour celles et ceux qui lisent l'anglais... (critique d'une position terriblement erronée)

    [English]

    Long time we've been told : "you're completly wrong, you're attributing to Austin comrades positions which aren't theirs".

    Now, as we're able to read, this RGA's position, RGLA is joining with, appears crystal clear ; as steely is our firm opposition to its views for People's War and revolution in North America : https://redguardsla.org/2018/06/29/updated-position-on-the-chicano-nation/

    We're witnessing here nothing but basical capitulation before what may be called Cheeseburger Thorezism ; and RGLA's "rectification" is nothing but Ho Chi Minh or Messali capitulating before Thorez (which fortunately, historically didn't happen).

    This is just like if instead of launching their Liberation War, Vietnam's communists under Ho Chi Minh and Giap had quietly waited for "revolution in the whole Empire" ; better said, PCF (led 1930-1964 by Maurice Thorez) power seizure in Paris ; because if not so, they would have "abandoned Algeria, Africa and every other colony into French colonialism's clutch".

    History has proven this reasoning completly wrong ; as Vietnam's Liberation War and its glorious Dien Bien Phu epilogue has on the contrary contributed in launching Algeria's All Saints Day 1954, intensify struggles in Morocco and Tunisia, Cameroon and Ture's Guinea, the rising of a movement in the Carribean and so on.

    That's basically denying any possible coordination, or even mutual emulation and galvanization among colonized people under a same oppressor rule ; here imperial France, there USA ; up to (even) carrying along the torrent the very toiling masses of the dominant Nation, that is, the protective glaze of imperialist bourgeoisie ; as we could historically witness in 1960s decade's France after Algerian Revolution or USA during Vietnam People's War.

    This is, above all, nothing but basical attempt to drive the US Maoist movement, whose internal colonies CENTRALITY is obvious, under White leadership by using these fallacious arguments.

    Old enough to read these RGA's stances and thesis RGLA states joining with, we were absolutely not "wrong" about nor "mistakenly attributing positions" to anyone, nor dreaming...

    OF COURSE we've oftenly stated oppressed peoples into a unique state, that is, facing a unique bourgeois ennemy's command, are like "the fingers of a united fist" ; especially when so-called "oppressor nations" are themselves oppressed by imperialism, as Arabs and Turks are, oppressing Kurds but these latter able to be used by imperialism against them, in some new regional imperialist share, as attempted in 1920 and... going on these last years (which RGs seem now to take conscience) ; reason why Kaypakkaya insisted on the necessity to "link" all their Democratic Revolutions with each other...

    BUT White America isn't really in this situation, as one of the most priviledged imperialist "protective glaze" nation in the World ; and can't be tolerated such an attempt, under such a motto and tokenizing New Afrikan people, to put all these "fingers" struggles under its thumb.

    OF COURSE "no nation/people can be free in the US until the US itself is destroyed" : nobody states the opposite ! We could say, actually, the same for about EVERY PEOPLE in the World. No people in the French Empire could and (still) can be free until its Center, "France", Paris financial power is detsroyed : we have obviously witnessed the effects of "neo-colonization", even in the countries having the most heroically fought (Algeria), while it wasn't so.

    But things must start somewhere, producing then a domino effect ; and this ONLY can be possible if the liberation struggles, into tough international solidarity and not avoiding fraternal, principled and constructive mutual criticism if necessary, are following their OWN AGENDAS defined by peoples themselves and not by a "whole" including... the protective glaze nation of the imperialist bourgeoisie. This nation's revolutionary workers are fighting in "close combat" their own bourgeoisie, ruling class of the whole, which is obviously in everyone's interest ; and practice international solidarity ; but can only do it as SUITCASE CARRIERS and not in a commandist way !

    The previous, now abandoned RGLA's position was the correct one ; and this Cheeseburger Thorezism must be harshly criticized and fought in the whole American continent.

    FREE AND SOCIALIST AZTLÁN (170-years occupied Northern Mexico), REUNIFICATION ! SOCIALIST REPUBLIC OF NEW AFRIKA, PEOPLE's REPUBLICS OF THE 574 FIRST NATIONS and REVOLUTIONARY DECOLONIZATION of the WHOLE TURTLE ISLAND !

    [Red Guards Austin have "welcomed" this criticism and ideological debate deleting our comment...]

    [RGLA collective has finally answered our criticism : defeat-u-s-imperialism-for-the-proletariat-and-all-oppressed-nations-clarification-and-reaffirmation-on-the-chicano-national-question ; finally and quite suddenly, as we've seen them until now far more talkative facing far more (sadly) pomo-idpol tendency criticisms of their position, than a steely communist and materialist line as ours.

    Would it be (maybe ?) that after first welcoming our criticism looking away, and then mocking it, they're now starting to feel some danger with this kind of criticism rising from everywhere, and feeling the cannonball's heat on their hairs ?

    Nothing special to add, as the piece appears nothing but a pathetical attempt to reaffirm and strenghten a little bit their (and Austin's) thesis ; along with insults (history's defeated trademark) and personnal attacks through rumours, nothing but classical about Servir le Peuple, we're used to and actually perfectly know who they're coming from (our domestic, made in France numerous haters not standing we, as a so-called "individual blogger" and actually, yes, certainly not a self proclaimed vanguard, we can ensure day after day an intellectual production they just aren't able to)...

    And finally, on a quite long part of their text if not a majority, a kind of half acknowledging we're RIGHT and then (supposedly) "reinforcing (their) position" ; the whole emitting a quite strong impression to see them vacillating on their bases ; up to reformulate their line dressing it as "coordinate all internal national liberation wars", which is nothing but what we've always stood for (here the article in French : sur-la-necessite-imperieuse-de-refuser), under what we (nevertheless) would call a "coordinated state-level command" and, sadly, not a "highly centralized, hierarchical political-military proletarian machinery" including massively (we're talking about some serious mass People's War in some future, aren't we ?), even if only an important minority (minority = absolutely not synonym of "no power"), dominant settler nation's members.

    One discussible point : whether or not Chicano nation would be "very different" from Mexico. RGLA raises some valuable points : an internal colony inside an imperialist country, and a semi colonial semi feudal country are very different social experiences, in forging collective consciousness. This issue certainly needs further investigation from our part, but RGLA seems quite definitive about their "different nation - no reunification" conclusion while we know many radical forces in the same Chicano nation don't think the same (read for example : 1 - 2). Actual reality is 1848-annexed Chicano descendants, or even long-time immigrated families (19th or first half of the 20th century) are quite few ; and the huge majority of so-called "Mexican Americans", now something like 34 or 35 millions very mainly in the "Southwest" (Aztlán) are from quite recent Mexican immigration, as it can be clearly seen here on this graphic http://ekladata.com/HCtOmwE.png : some hundreds of thousands (recently annexed) Mexicans in 1850, about one million Mexican-born and 5 millions from Mexican origin in 1970 and over 11 millions born and 33 millions from origin in 2010 ; a majority or close to it in dozens of border and more generally Southwestern counties...

    Oftenly seen motto "Mexicans don't cross the border, the border crosses Mexico" can't really mean something else but a call to reunification in the sense of abolish this 1848 colonial border ; even if it doesn't mean a completly monolithic and uniform Mexican state (but perhaps some kind of federation, association). Of course, we and certainly nobody else never advocated reunification with Mexico AS IT'S NOW, a narco-fascist regime, yes.

    Another one is an isolated independent and socialist Aztlán (or other oppressed nation), "surrounded by U.S. imperialism, even more so aggravated like a fallen wasp nest", would be constantly under attack and threat and finally certainly crushed. That's not really convincing. What does it really means, a revolution would be "constantly under attack" and risk to be crushed ? That's obviously the case of any revolution in the World and in History ; be half planet socialist, there still would be "constant attack" and murderous wars here and there, especially against "new" countries (Corea, Vietnam). Soviet Russia started as a small part of Northern European Russia (that is, perhaps, as large as Aztlán). White reactionary armies and 14 foreign armies couldn't crush it, it triumphed and expanded and became USSR. Which, large as two US, was 20 years later under attack again, Hitler's total genocide war. And survived again. On the other hand... revisionnism allowed a long Western attrition war to finally crush (1990) more than one third of the planet living under socialism or people's democracy in the 1950s.

    Revisionnism like Thorez's PCF's one, telling French colonies EXACTLY THE SAME ("isolated, separated from us, US new superpower will eat you !").

    Internal colonies and offshore colonies are different, yes, and many RGLA's points sound right ; but they also seem absolutely unaware how every and any argument they're putting forward is basically similar to Thorez or any today's or yesterday's "colonial left"'s one ("the oppressed nation will be isolated", "finish as a fascist semi colonial regime" and so on).

    Ah and, now that we're thinking about it : the passage where Palestine is quoted as another example of internal colony ("an internal colony like Palestine to Israeli settler-colonialism"... !!), where is it exactly going to ? Palestinian resistance should join in an "unified, highly centralized and hierarchical" Party with Zionist settlers ??

    Well, we are not to discuss about it indefinitely. "Comrades" (as you don't consider us so...) : your revolution is yours. Do, and you and we'll see. Be sure that being proved mistaken would be, objectively, the best thing which could happen to us and the prisoner peoples of the US and (due to this hegemonic superpower's position in the World) the entire humanity in the next decades.

    We are just a certain number of people, here and there, thinking differently ; not because of some personnal hate for you (we've never met and never dealt with either), as you and your Texas friends seem used to take any criticism ; but because that's our convictions.

    We've been used, all along almost one decade, to dispute about this kind of issue with an amount of domestic organizations. We don't think, for instance, an "all-France" "highly centralized, hierarchical" Party (prevailing model until now) should lead our people's struggles for social and national liberation in Brittany, Corsica, Northern Basque Country or Occitany you've certainly never heard (and will probably laugh, knowing you) about ; we also think non-White national minorities, "imported" labour force "internal colonies" but without (unlike at yours) a large continuous territory, should autonomously organize in their ghetto areas under a BPP-like model (relying on their origin countries' anti-imperialist struggles like Great Migration-born Black communities on New Afrika and international Panafricanism), and so on.

    We think this way and you're thinking another. That's all !

    According to us, no serious decolonization is possible with a Party whose geographical boundaries are those of the Prisonhouse State or the Empire, and merging all oppressed nationalities with the dominant priviledged one, would this latter be only one third of the membership.

    That's nonsense. Proven nonsense through the whole last 100 years' revolutionary history. Has any Irish liberation struggle ever existed with a "British Isles Communist Party", even counting only 30% English inside ? Would have any Vietnamite Revolution been possible with an "Indochina chapter of the French Communist Party" ? 

    That's what Algeria's Communist Party was, and it failed to lead the liberation struggle (giving it up into national bourgeoisie's hands). The Spanish Communist Party has proven unable to solve any Basque, Catalan or other national question there, and these nationalities aren't at all the same than New Afrikan or Latin people in the US, Castillans at all the same than White American.

    There's TKP/ML... But Turks are themselves an oppressed nation, by imperialism, and are under 10% of the membership.

    And Russia's Bolsheviks, but Lenin spent his last years alive fighting Russian greater nation chauvinism in the Party and this one finally killed socialism in USSR.]

     

    Pour celles et ceux qui lisent l'anglais... (critique d'une position terriblement erronée)


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  • ... ou équipe DES PeupleS de l'Hexagone, DES prolétariatS (c'est quand même rare, les joueurs qui viennent de la bonne petite bourgeoisie, même si on essaye de les mettre en avant) et des quartiers populaires ?

    Nous ne pensons pas que l'un ou l'autre soit "acquis" : tout n'est plutôt qu'une histoire de contradiction entre les deux aspects.

    Entre d'un côté les "leurs" dans lesquels les classes populaires de banlieue ou du cul-du-monde, les "beaufs" et les "barbares" se reconnaissent ; et de l'autre, en cas de beau parcours (et bien sûr de victoire), les tentatives de récupération patriotarde-citoyenniste par le pouvoir politique comme le fameux "black-blanc-beur" de 1998.

    Une équipe qui prend bien sûr au fil du temps l'image de ces classes populaires dont elle est issue, ce qui veut dire moins de noms en -i ou en -ez et plus de Fekir ou de Mbappé ; et qui par conséquent suscite de plus en plus les réactions que l'on connaît et, fait à peu près inconnu dans les années 1980 ou encore 90 (ce qui était une spécialité française et d'ailleurs l'objet de critiques à l'époque !), l'absence totale d'indulgence et les gémonies dans la défaite, même si c'est en finale... Ce n'est jamais que les autres ont simplement été meilleurs, encore moins que le sélectionneur n'a pas (comme un certain Raymond D. en 2010) assuré son rôle au gouvernail ; c'est que "ce ne sont pas de vrais Français".

    Autrement dit : imaginons que l'EDF passe l'Uruguay (ce qui est loin d'être gagné) et se retrouve, par la suite, face à la redoutable équipe au damier oustachi, la Croatie*... Ou la Russie, ou la Suède, ou même l'Angleterre (équipe plus blanche), bref. Celles-ci ont bien sûr le droit de gagner si elles sont meilleures, à la loyale, là n'est pas la question ; mais connaissant l'engouement, ces dernières années, des fafs pour l'Europe du Nord et de l'Est comme "gardienne de la race blanche", qui au foot "gagne, c'est normal, parce qu'elle fait jouer de vrais nationaux", et donc si l'EDF perd ce sera "normal", "c'est une équipe de Noirs" : est-on si sûrs qu'il faille soutenir, par principe à moins que ce ne soit par posture comme le font beaucoup dans les milieux militants, l'équipe adverse des Bleus dans cette configuration ? Ce qui voudrait dire aux côtés de tous les fafs, espérant la défaite parce que selon eux, "comme ça à force on va ptet nous remettre un peu des Blancs sous le maillot" ?

    La question mérite d'être posée... Et à notre avis, ce serait avoir une vision un peu borgne de ce que signifie le soutien populaire à l'EDF dans les compétitions internationales.

    Les (rares) succès des Bleus dans les compétitions internationales sont l'objet de récupérations "black-blanc-beur" par le Pouvoir bourgeois, OK ; mais est-ce que rejeter, sous prétexte de ces récupérations, l'engouement populaire qui a accompagné ces succès ne revient pas (un peu) à condamner les mobilisations anticoloniales-intérieures du début des années 1980 sous prétexte qu'elles ont été récupérées par SOS Racisme ?

    Un autre élément assez central est que si l'EDF était au niveau footballistique de l'Islande, et que les équipes africaines et arabes abondaient au contraire au delà des 8e et jusqu'en finale voire au titre, la question dans les quartiers populaires ne se poserait pas : les gens soutiendraient leurs pays d'origine ou alors les équipes africaines ou arabes qui restent. Les classes populaires d'origine portugaise l'ont bien fait, sans hésitation, à l'Euro 2016 alors que l'adversaire final du Portugal pour le trophée était... la France (des supporters fêtant la victoire de Ronaldo et ses coéquipiers ont par la suite subi des agressions).

    Mais comme il est rare que ces équipes passent les 8e, et ce (osons le dire) de manière largement magouillée par la FIFA, payée ou arbitre payé ou accords infâmes comme entre l'Allemagne et l'Autriche contre l'Algérie en 1982 ; si les Bleus vont (eux) au delà alors les gens vont soutenir non pas "la Fraaaance", mais le ou les joueur(s) qu'ils sentent les représenter à leurs yeux (même si politiquement ils ne "revendiquent" pas beaucoup et sont plutôt lisses).

    On a bien vu, pour prendre l'exemple contraire, qu'en 2002 lorsque la France a été sortie et le Sénégal a un peu continué, les classes populaires colonisées-intérieures ont clairement reporté leur soutien sur les Lions de la Téranga.


    [* Nous y sommes à présent : l’Équipe de France jouera contre la Croatie en finale pour remporter la Coupe du Monde... Et l'on voit effectivement des gens aller UN PEU LOIN dans le soutien de principe à l'équipe opposée aux Bleus ; car en l'occurrence la Croatie n'est pas seulement une équipe sans Noirs, musulmans etc. (normal pour un pays sans passé colonial, plutôt d'émigration que d'immigration) sur laquelle les défenseurs de la race blanche projetteraient leurs fantasmes, mais également une équipe dont beaucoup de joueurs assument ouvertement des positions politiques fascistes :

    https://larepublica.es/2018/07/08/la-seleccion-croata-futbol-sigue-enalteciendo-fascismo-rusia/ (en castillan)

    http://ekladata.com/P1qPwqO849do709X50ZQE6xQ0xU.png

    Ce qui n'a rien d'illogique car en réalité, ce "pays" n'est rien d'autre que la concrétisation d'un projet politique fondamentalement réactionnaire, dont il n'existe pas vraiment de variante "de gauche" même modérée ; un projet politique qui consiste depuis 1918 en un fer de lance de l'Allemagne et de l'Autriche (qui venait alors de perdre cette possession à l'issue de la Première Guerre mondiale) contre l'unité des Slaves du Sud autrement nommée Yougoslavie, dont la Croatie n'est en réalité qu'une région caractérisée par la religion catholique et l'histoire (royaume médiéval, puis possession autrichienne et non ottomane), parlant selon les endroits trois des quatre (légères) variantes dialectales du "serbo-croate" (lui même très peu différent du slovène et du macédonien) sans aucun rapport avec les limites des territoires qu'elle revendique ; un instrument de ces impérialismes pour dominer la région balkanique comme cela fut fait pendant la Seconde Guerre mondiale avec les tristement célèbres Oustachis, dont les atrocités choquaient jusqu'aux SS eux-mêmes ; et encore à nouveau depuis la réactivation nationaliste et les guerres d'indépendance de 1990-92...

    Il n'y a pas d'identité "nationale" croate autre qu'une allégeance à ce projet politique ultra-réactionnaire et il ne faut donc pas s'étonner des faits et gestes des joueurs (soutien aux nazis ukrainiens de Kiev, chants appelant à "brûler Belgrade", saluts et slogans oustachis adressés aux supporters etc.), dont le "patriotisme" est évidemment un critère important de sélection. Un-e Croate sérieusement "de gauche", ou a fortiori révolutionnaire comme nos camarades de la Crvena Akcija, ne peut évidemment être qu'en faveur de la restauration d'une Yougoslavie fédérative socialiste (ou au "pire" dira-t-on, pour les socedems, d'une abolition des frontières et des nationalismes dans le cadre de l'Europe).

    En plus de pouvoir projeter leurs fantasmes sur une sélection white only et qui "elle, ne fait pas jouer des nationaux de papier", l'extrême-droite BBR sait qu'elle a affaire à de véritables "frères" d'idées politiques !

    Il serait donc bien de réfléchir un peu à deux fois avant de soutenir n'importe quelle équipe opposée aux Bleus ; ce qui n'empêche en rien de critiquer ce qu'il y a à critiquer dans ces "grands moments de communion nationale" qu'un beau parcours tous les 10 ou 12 ans met à l'ordre du jour ("qu'est-ce qu'on est un grand pays", "allez" nos enfants de prolos à qui on sucre en même temps les derniers acquis sociaux, "allez" nos "blacks" et "beurs" que tout le monde adore quand ils gagnent des coupes mais se font tuer par les flics tous les mois, etc. etc.).]

     

    Équipe de France...


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  • http://lequotidienalgerie.org/2018/06/29/lislamisme-est-il-la-forme-musulmane-de-la-theologie-de-la-liberation/

    "Pendant la période de la guerre froide, les groupes et les penseurs islamiques étaient souvent en concurrence avec leur principal rival idéologique, le marxisme, avec lequel ils partageaient des positions anticapitalistes, populistes et de justice sociale. Nous l’avons vu dans les idées socialistes de Mahmoud Taha au Soudan, l’anticapitalisme de Sayyid Qutb [on pourrait encore citer le "père" fondateur des Frères Musulmans syriens, Moustapha Siba'i], la gauche islamique de Hassan Hanafi en Égypte, le marxisme économique d’Ali Shariati en Iran, ou la perspective distributionniste de Mohamed Bakr Al-Sadr en Irak. Ainsi, alors que l’islamisme des années 1980 et 1990 se caractérisait par une sorte de populisme de gauche, nous observons aujourd’hui une tendance au populisme néolibéral parmi les islamistes et les post-islamistes — par exemple, dans la pensée de figures comme Mahmoud Ahmadinejad en Iran, Kheirat Al-Shater, dirigeant des Frères musulmans égyptiens, Recep Tayyip Erdoğan en Turquie, ou les « salafistes Costa » qui ne s’intéressent ni à la redistribution ni à la protection sociale, mais à la « prospérité » par l’entrepreneuriat individuel. Cela représente un changement significatif vers ce que l’on pourrait appeler le « néo-islamisme » de notre époque néolibérale."

    C'est bien vu. C'est vrai que l'affrontement marxistes-islamistes du temps de la Guerre froide était en fait moins une question d'antagonisme total de vision du monde, que plutôt une concurrence sur le même créneau... Avec pour seul vrai clivage peut-être croyance/incroyance, voire un "indépendantisme" (des islamistes) vis à vis de l'URSS que l'on trouvait aussi chez les groupes pro-chinois.

    Les Frères Musulmans avaient ainsi commencé par être des alliés de Nasser et Néguib, on l'oublie souvent. Ils avaient soutenu leur coup d'État contre la monarchie laquais de l'Empire britannique. La rupture ne s'est pas vraiment faite sur un rapport différent à l'impérialisme occidental (les uns et les autres avaient combattu côte à côte les Anglais sur le Canal de Suez), mais plutôt sur le rapprochement à partir de 1954 avec l'URSS "athée" et (selon leur point de vue) "ennemie des musulmans".

    Ceci étant RÉCUPÉRÉ par l'impérialisme occidental dans une optique anti-soviétique, COMME c'est arrivé à des groupes 'chinois' ou 'albanais' parmi lesquels on peut citer l'UNITA en Angola, les maos afghans qui ont combattu aux côtés des islamistes d'ailleurs, ou le PCRV contre Sankara au Burkina.

    Ensuite bien sûr, eh bien il y a eu reflux général de la révolution mondiale et COMME l'immense majorité des groupes cocos, glissement vers la social-démocratie voire le social-libéralisme de 'ruissellement' qui serait la position que l'on pourrait prêter aujourd'hui aux Frères ou à Erdogan.

    Encore une fois sur la question de l'"islamisme"

    Lire aussi : http://ekladata.com/aMWtD4biDmduz0KwuECvsQC_eus/2008_12_Dot.pdf

    http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/religion-et-revolution-un-excellent-texte-maoiste-arabe-a114071990

    http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/encore-quelques-petites-reflexions-sur-les-religions-et-l-attitude-des-a114496946

    ************************************************************************************************

    [Complément - discussion FB]

    [Nasser] C'est l'histoire d'une triste rupture avec les Frères alors qu'ils étaient côte à côte dans les combats de Suez avant la révolution (le pronunciamiento militaire de 1952) et ont pratiquement organisé celle-ci ensemble.

    Aux conséquences géopolitiques et intérieures peut-être peu visibles (hors la répression brutale de la Confrérie...) de son vivant, mais qui se sont tragiquement révélées ensuite.

    Une rupture entre un alignement sur l'URSS d'un côté et un "ni capitalisme croisé ni communisme athée" de l'autre ; pour qu'à l'arrivée les successeurs de Nasser deviennent... des valets modèles de l'Occident et les Frères, devant ce mouvement général des nationalismes (relativement) "laïcs", fasse finalement figure de derniers poils à gratter pour l'impérialisme (en dehors des djihadistes purs et durs).

    Avec des responsabilités, bien sûr, de part et d'autre hein... Mais bon.

    Les FM ont rompu avec Nasser sur la question de l'alignement sur l'URSS, la Yougoslavie et autres "marxismes athées", point. Ils sont donc devenus pour l'Occident des alliés objectifs ou en tout cas, un beau bâton à mettre dans les roues du régime et des régimes similaires (Syrie, Libye, voire Algérie même, encore "socialiste" des années 1980, avant la conversion au néolibéralisme fin 80s début 90s) ; à une époque où un peu tout était bon à prendre en ce sens.

    Mais un jour, la Guerre froide a pris fin, aussi.

    Les Frères Musulmans sont capitalistes. Ils prônent une économie de marché et de libre entreprise, avec "ruissellement" et redistribution des richesses (et une certaine idée de non-accaparement des positions sociales opulentes, que tout le monde puisse avoir sa chance - par l'effort et avec l'aide de Dieu - d'y parvenir, en fait ils ne sont pas si éloignés que ça, en théorie économique, d'Amartya Sen).

    Mais dans les pays dominés par l'impérialisme, ce n'est pas qu'une question d'être ou non capitaliste.

    C'est d'abord et avant tout une question de "pompe" qui "exfiltre" la richesse vers l'Occident (ou la Russie, la Chine, le Japon, dans une moindre mesure).

    Les Frères Musulmans (et les apparentés, erdoganistes etc.) sont capitalistes mais aussi et surtout les représentants d'un capitalisme très "endogène", d'une bourgeoisie foncièrement anti-"partageuse" mais néanmoins ce qu'on appellera nationale, née de la vie sociale du pays où les gens produisent et vendent, bref font du bizness, et certains deviennent riches et d'autres pas.

    Autrement dit les représentants d'un circuit économique trop national, ou arabo-arabe ou orientalo-oriental qui n'"exfiltre" pas assez la richesse vers ailleurs ; en tout cas c'est ce que l'Ailleurs en question craint.

    Il est là le problème. Pas qu'ils nationalisent tout et nous fassent des communes populaires.

    "Les 'islamistes', eux, sont l'expression politique du 'capitalisme par en bas', le capitalisme (et la bourgeoisie) qui émerge 'spontanément' des 'entrailles' de la vie sociale (où les gens produisent et vendent, bref font du bizness, et certains deviennent riches et d'autres pas...), et se heurte au capitalisme bureaucratique impulsé 'd'en haut' par les régimes. Contrairement, en effet, à ce capitalisme bureaucratique-comprador 'd'en haut', le capitalisme 'spontané' 'd'en bas' ne va pas permettre au surproduit (plus-value 'sur-accaparée') de 'remonter' correctement jusqu'aux monopoles impérialistes - qui vont donc le combattre en conséquence, dans leur perspective de domination totale des économies du 'Sud'." [analyse de classe répétée dans une dizaine au moins d'articles portant sur la question]

    Nous ne voyons pas (pas l'ombre) d'une meilleure analyse de classe du phénomène. À moins qu'on nous en propose une autre, mais laquelle ?

    Encore une fois sur la question de l'"islamisme"En général, on nous rétorque "des féodaux". Mais ça ne tient pas debout...

    Soit la féodalité est une affaire de grande propriété foncière, et ça n'a rien à voir avec le sentiment religieux. Des individus très séculiers et totalement imberbes peuvent être de très grands propriétaires.

    Et ça n'a rien à voir avec la sociologie des cadres de la Confrérie, qui est extrêmement bourgeoise et bourgeoise active et gagne-sa-croûte, pas rentière : Morsi était ingénieur ; beaucoup de professions libérales, médecins ou avocats (des métiers "altruistes", c'est pas un hasard...).

    Les militaires "laïcs" sont (aujourd'hui) beaucoup plus certainement  issus de familles de notables grands propriétaires ruraux. Après tout, ils sont les héritiers des Mamelouks qui dirigeaient le pays lorsque Napoléon tenta de le coloniser (1799-1800).

    Les "officiers libres" de 1952 étaient des petits bourgeois, des paysans moyens entrés dans l'armée pour y rechercher une ascension sociale, certes. Mais avec l'échec de ce cycle de la révolution arabe (échec consommé à la mort de Nasser), leur régime a pourri sur pieds et ils sont devenus une BOURGEOISIE BUREAUCRATIQUE, c'est à dire une caste accumulant à travers l'appareil d’État. D'abord liée à l'URSS, elle a tourné spectaculairement casaque à la fin des années 1970 pour devenir garde-chiourme local des monopoles occidentaux.

    SOIT on assimile (absurdement) "féodalité" et religion, piété religieuse ; misère du "marxisme" le plus primaire ; mais là c'est absolument tout mélanger. Le "haut clergé" (difficile à définir dans le sunnisme, mais bon, "on" se débrouille) est souvent aux ordres du pouvoir hoggraïque. Des forces sociales très différentes et en contradiction interviennent en réalité dans le "camp religieux", sans parler de jeux de puissances régionales rivales.

    "Islamisme" = "féodalité" revient ici à mettre dans un même grand sac une abbaye (sous l'Ancien Régime) seigneure de dizaines de kilomètres carrés et hostile à la remise en cause de cette propriété éminente, d'un côté... et Savonarole, ou carrément Thomas Münzer ou les Camisards, de l'autre.

    "Les Égyptiens sont sortis en masse dans les rues pour l'enterrement" de Nasser : certes mais c'était en 1970, il avait rendu une certaine fierté et dignité au pays malgré la défaite de 1967.

    Aujourd'hui, ne nous voilons pas la face, c'est aux obsèques de Morsi que la population se rendrait en masse, surtout s'il devait mourir exécuté ou en prison.

    En un sens les FM sont aujourd'hui les nouveaux nassériens ; au sens de seuls bourgeois qui font un peu passer l'intérêt du pays avant leurs comptes en Suisse (en tout cas c'est comme ça que la population les perçoit... donc cette fumée doit avoir un peu de feu au-dessous, quand même).


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  • Question : le gars là, avec ses lunettes à grosses montures carrées de démochrétien P2iste, il a pensé à une psychanalyse de Salvini, Berlusconi ou Grillo ?

    Non parce que "Marine Le Pen, la Marianne, la représentante de la France", on dit ça on dit rien mais ça nous fait un peu penser à un travail de commande pour le bloc Lega-M5S (qui a eu du contentieux avec Macron, qui a soutenu la tentative de coup de force présidentiel contre la nomination - finalement abandonnée - de l'europhobe Paolo Savona à l'Économie), quand même.

    Faut arrêter avec ces conneries en vrai.

    On s'en fout que Macron soit psychopathe, narcissique ou autre : il est un ennemi de classe, le chef d'état-major de la bourgeoisie qui en temps de crise "ne recule devant aucun crime", et ça nous suffit amplement.

    Ces trucs, ça sous-entend limite qu'il pourrait y avoir des ennemis de classe "sains d'esprit" donc "bons".

    "Il n'aime pas la France" : pareil, ça ne veut rien dire et ça a tendance à signer qui est derrière ce coup de com' politique.

    Les bourgeois AIMENT bien sûr la France, et ne L'AIMENT PAS comme Nom d'autre chose que de leur Pouvoir de classe, appareil politico-militaire et idéologique à leur service, donc intérêts de classe oui.

    Les prolétaires peuvent aimer "leur pays", "la terre où ils sont nés" au sens d'amour pour ce qu'on appellerait en castillan "su gente", leur peuple prolétaire comme eux qui les entoure (même si nous préférerions bien sûr qu'ils aiment leur pays et peuple réel, comme l'Occitanie par exemple, et non "la France", comme leur amour pour "su gente" se traduit encore hélas dans la grande majorité des cas).

    Bref, tout ça n'a aucun sens.

    Macron n'a pas fait que vivre dans un "sentiment enfantin d'omnipotence" : il l'a accompli, il a réussi, atteint les plus hauts sommets de la société... pour notre malheur.

    Et il faudrait peut-être que pour LE SIEN, quelques nouveaux Lénine fassent la même chose.

    Ce que dit ce bonhomme peut être vu comme la critique d'une "gagne" qu'il serait justement bien que les prolétaires aient (pour la révolution bien sûr, pas pour la réussite personnelle individualiste)*.

    Mais peut-être que ça l'arrange justement qu'ils ne l'aient pas. Quant à ce que des gens comme Macron l'aient, c'est tout naturel de leur point de vue de classe et ça ne mange pas de pain de les critiquer après...

    Bon allez, cassons le suspense : Adriano Segatori est bien psychiatre et psychanalyste, mais surtout, chroniqueur régulier de Destra.it... Un site d'extrême-droite, effectivement :

    http://www.slate.fr/story/145347/macron-psychopathe-extreme-droite

    Cette vidéo date en fait de l'avant débat de l'élection présidentielle et le spécialiste avait été chargé de coacher Marine Le Pen en vue de celui-ci. À cette époque les démocrates américains avaient déjà attaqué Trump à travers des expertises de psychiatres comme celle-ci, pour mettre en avant l'argument de sa "psychopathie" (de nature à justifier une procédure de destitution au Congrès).


    [* Il est certes vrai que le lycéen qui l'a appelé "Manu" avait 15 ans, et que cela dénote donc un tempérament puéril de sa part que de réagir comme il l'a fait sous l'œil des caméras... mais au fond, il n'a pas TOTALEMENT tort au sens où il est bien vrai que ceux qui voudraient faire la révolution dans ce pays feraient bien de se mettre au BOULOT, à ÉTUDIER, PENSER, CRÉER ; et arrêter de croire qu'interpeller les politiciens bourgeois sur un ton "populo", chanter l'Internationale ou encore réciter ses mantras "classiques" (même le père lambertiste de Schiappa en est capable, histoire de dire...) suffit à faire la révolution...]


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  • https://french.almanar.com.lb/945485

    "Une proposition aurait été faite par les Etats-Unis à la Russie en lien avec la situation au Moyen-Orient, a révélé le journal libanais al-Akhbar. Elle stipule que Moscou facilite la conclusion du Deal du siècle en échange de quoi elle aurait les pleins pouvoirs sur la Syrie.

    « Les Américains ont proposé aux Russes de faire évoluer l’entente sur la Syrie et de se baser sur elle pour la conclusion d’un accord régional élargi, en fonction duquel une hégémonie russe sans rival serait accordée en Syrie en échange de la facilitation de l’action de l’axe américano-israélo-golfique en Palestine », a révélé une source arabe informée pour le quotidien libanais.

    Moscou devrait donc œuvrer pour persuader le chef de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas de rencontrer le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

    Depuis que l’administration de Trump a décidé de reconnaitre Jérusalem comme la capitale de l’entité sioniste et d’y transférer son ambassade, le dirigeant palestinien a rompu ses contacts avec les dirigeants américains et israéliens.

    Ce qui a compliqué la tâche du haut-conseiller du président américain Jared Kushner et de son émissaire pour le M-O Jeyson Greenblat .

    Moscou n’a pas encore parlé de cette proposition ni donné sa réponse. Selon Al-Akhbar, les Russes gardent de bons liens avec la branche soviétique du mouvement de Fatah et dont M. Abbas est un pilier.

    Le vice-chef du bureau politique du Hamas Moussa Abou Marzouk a assuré pour al-Akhbar que les Russes se sont engagés lors de sa visite à Moscou de rejeter le projet de Trump et de contrecarrer le Deal du siècle.

    D’après al-Akhbar, l’entente avec les Russes sur l’élargissement du cadre du Deal du siècle et le partage de l’hégémonie au Moyen-Orient est plus plausible que jamais. Mais pas avant d’accomplir l’opération de purification de l’administration américaine de son pôle militaire hostile à Moscou. C’est dans ce contexte qu’a eu lieu le remplacement du secrétaire d’État pour la sécurité nationale Herbert Mc Master par John Bolton. Pour ce dernier, le renversement du pouvoir en Iran occupe la priorité. Pour ce faire, il prône la neutralisation de la Russie via une entente avec elle sur la Syrie.

    Ces révélations et les analyses qui vont avec interviennent au moment où un sommet a finalement été décidé entre les deux présidents américain et russe le 15 juillet prochain à Helsinki. C’est surement là-bas que les décision seront prises aussi bien sur le Deal du siècle que sur le statut de la Syrie."

    Rojava... encore (une fois de plus) dans le baba ?

    Lire ou relire :

    http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/l-annee-2018-commence-fort-au-proche-et-moyen-orient-a135432600

    http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/le-nouveau-sykes-picot-du-centenaire-a132732648

    http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/encore-un-commentaire-facebook-bien-explicatif-qui-permettra-a-ceux-qu-a135541702

     

    Haha... intéressant


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  • Une intéressante étude qui aborde, centrée sur un moment historique bien particulier, celui de la montée en puissance de la droite radicale nationaliste française avant, pendant et au sortir de l'Affaire Dreyfus, lors du débat sur la séparation de l’Église et de l’État etc. (années 1890-1900), la question à la lumière de ce contexte de la persistance et de la prégnance d'un discours ANTI-MÉRIDIONAL dans l’État français ; discours également, comme cela est dit dans le texte et prouvable par de nombreuses citations (lire ici a-propos-du-racisme-anti-occitan même si nous ne partageons pas la terminologie de "racisme" pour ce qui est de l'oppression nationale), déjà présent bien avant cette époque et même encore après.

    Un discours, comme vous allez pouvoir le voir, souvent et même étroitement lié à la caractéristique la plus ancrée dans les mémoires de ce mouvement de l'époque : l'antisémitisme... Ce qui n'est en soi pas illogique lorsque l'on sait, comme nous avons déjà pu l'aborder ici, que la politique anti-juive française est étroitement liée à la Conquête de notre Occitanie et que les toutes premières mesures (expulsions, port de la rouelle) ont été prises dans son contexte, vu que c'était là que la grande majorité des Juifs du nouveau Royaume de France (et non plus "des Francs de l'Ouest") vivaient et faisaient du pays une véritable "Andalus du Nord" à briser, comme celle du Sud (un peu plus tard) pour les rois très-catholiques de Castille, afin d'asseoir fermement l’État-"nation" moderne du roi-lieutenant-de-Dieu-sur-terre... il-y-a-800-ans-la-rouelle-premiere-etoile-jaune

    Et évidemment, dans le contexte plus précis de l'époque, indissociable également de l'anti-socialisme, de la "peur du rouge" étant donné que tant le socialisme révolutionnaire que la gauche républicaine réformiste avaient depuis déjà un demi-siècle AMNCHw.png dans notre "Midi" leur bastion.

    Un discours, de manière plus générale, forcé d'émerger épisodiquement en dépit de toutes les assimilations dans une identité "française" (et blanche), dans des contextes de crise et de sentiment de désintégration de l’État-"nation" ; puisque l'Occitanie et sa Conquête en ont été respectivement la victime sacrificielle et l'acte fondateur, et depuis lors, pour reprendre le terme de Gramsci sur une Italie née beaucoup plus tard, ce que l'on peut appeler sa "question méridionale" ou son "Sud socio-politique" ; le "socle" d'un État français d'abord constitué ainsi avant de devenir le centre de l'Empire, donc du pouvoir colonial-raciste (apres-8-segles, lire aussi ici : interview-de-l-odpo-pourquoi-feter-le-25-juin).

    Et un discours aux conséquences pas forcément toujours bénignes lorsqu'il pouvait déboucher par exemple, dans un épisode sur lequel se conclut l'article et que nous avons déjà évoqué par le passé la-faute-au-midi, sur la stigmatisation médiatique des soldats "méridionaux" devant les débâcles militaires de l'été 1914 et l'exécution "pour l'exemple" de centaines d'entre eux...

    Il ne s'agit bien sûr pas de nous "comparer", dans un esprit qui serait (finalement) postmo-identitaire et non matérialiste et scientifique, à ce qui n'est pas comparable : lorsque notre traitement, celui de nos grandes révoltes par exemple comme celle des Croquants ou des Camisards (ou la révolte de 1675 en Bretagne, ou les conquêtes meurtrières de la Franche-Comté ou de la Lorraine 1 - 2), pouvait être comparable à ce que l'on appelle aujourd'hui colonialisme, les peuples colonisés subissaient quant à eux l'esclavage et/ou des politiques génocidaires ; et lorsque leur condition a évolué vers ce qu'elle a été au 20e siècle, la nôtre a elle aussi évolué vers les "Droits de l'Homme" BLANC, bref...

    Mais il n'en est pas moins possible de dire, à l'unisson de Saïd Bouamama, que dans le long processus de construction de l’État-nation comme (nécessaire) centre et "camp de base" de l'Empire, "la colonisation a d'abord été intérieure" : la-logique-coloniale-francaise-des-basques-aux-algeriens-de-la-colonisation-interieure-a-la-colonisation-exterieure ; et ce, avec des réminiscences que l'on peut retrouver jusqu'à une époque très récente (écrits de Céline autour de 1940, voire propos de hauts fonctionnaires face aux Bretons, Occitans du Larzac ou des CAV, nationalistes corses ou basques dans les années 1970 ou 80).

    On notera bien sûr, comme dans toute pensée fondamentalement réactionnaire et anti-matérialiste, des incohérences ; ainsi l'anti-protestantisme qui va naturellement de pair avec l'anti-méridionalisme, le "Midi" ayant été le bastion historique du protestantisme hexagonal, mais qui ne peut s'empêcher à plus d'une reprise de louer les qualités... protestantes de l'Europe de Nord ou de l'Alsace perdue, voire de regretter comme Renan qu'"à cause de la Provence"... "et du Languedoc" (!) la France ne le soit pas purement et simplement devenue (or c'étaient bel et bien le Languedoc, la Provence du Sud de l'actuelle Drôme ou du Lubéron - vaudois - et la Gascogne d'Henri IV qui auraient éventuellement pu l'y conduire...). Mais il faut dire que c'est là (encore) une "exception française" que d'avoir vu son "Sud" socio-politique devenir le bastion de la Réforme, et non comme de manière générale le "Nord" centre le plus dynamique du développement capitaliste.

    D'ailleurs, comme de bien entendu, la moitié nord de l'Hexagone ne constitue pas plus une prétendue "Nation française" que l'Hexagone dans sa totalité, et l'on en voit s'esquisser la conscience chez les auteurs cités : le Nord comme l'Hexagone entier sont bien compris comme un ensemble de peuples distincts, censés être dans un "équilibre" presque "biologique" qui est ce que l'on appelle "la France" et fonde le "génie français" ; et la perte de l'Alsace-Moselle aurait "rompu" cet équilibre, mutilé et affaibli le Nord celto-germanique au profit du Midi "dissolvant", "ventre mou", méditerranéen presque "oriental"... Délire fasciste dans un sens ; mais dans un autre, au fond, perception bien sentie de ce qu'est la fRance comme Empire du Capital parisien dans lequel toutes les "provinces" ont effectivement leur place attribuée et leur rôle économique précis, formant en effet un "équilibre", ou une complémentarité que la perte d'une rend difficile de rétablir.

    L'on pourrait aussi être frappé, dès les premières lignes, par l'évocation de Maurras... provençal comme la Provence et félibre de son état ; mais c'est que la pensée assez spécifique de celui-ci, monarchiste orléaniste et décentralisateur presque fédéraliste plutôt que partisan d'un "césarisme" présidentiel, de préférence avec un militaire (comme Boulanger) à sa tête (donc bonapartiste, en essence, comme Delafosse à ses débuts), et farouchement centraliste, était finalement assez atypique parmi ses congénères de la droite radicale nationaliste ; et en faisait quelque part, comme nous avons pu l'expliquer par le passé... notre Dieudonné : une réponse à la question de comment souder notre nationalité minoritaire et reléguée, par ailleurs terre de socialisme de combat où l'on roulait les drapeaux tricolores aux frontons des mairies pour ne laisser flotter que le rouge, à la France ; dans un contexte de course à la guerre impérialiste ; contre des ennemis-"complots" fantasmatiques intérieurs (Juifs, francs-maçons) et extérieurs (Allemagne, Anglo-Saxons) dieudonne-soral-ou-le-maurrassisme-pour-les-non-blancs (le texte, page 8, aborde également cette question à travers la "défense" par Maurras du Midi "réel" devant l'un de ses contempteurs, Delafosse). L'identification de la figure de Maurras, à lui seul, à la droite extrême des années 1890-1940 (sans même parler de l'antisémitisme... qui ne se limitait pas du tout à cette droite extrême et était même presque un lieu commun, y compris chez les plus républicains des républicains et nombre de dreyfusards), c'est clairement cela : l'équivalent de quelqu'un qui dans un siècle, réduirait tout le "populisme" et la mobilisation réactionnaire de masse des années 2000-2010 à Dieudonné et Soral...

    Bref, bonne lecture...

     

    La haine du Midi : l’antiméridionalisme dans la France de la Belle Époque


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  • ... de toute façon concentrés au Kurdistan-Dersim et dans les grandes villes de l'Ouest (les quartiers kurdes et alévis surtout).

    La clé est dans la conquête idéologique révolutionnaire de la Turquie karatürk, "noire", "profonde" et "arriérée", votant historiquement Menderes puis Demirel puis Özal et enfin AKP ; et dans la réalisation (enfin) d'un bloc historique de libération avec elle.

    La clé n'est pas dans les scores du HDP...


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  • ... (et avec les fraudes qu'il y a eu, allez les connaître !), les cartes des résultats montrent quoi qu'il en soit et très clairement trois TurquieS :

    - La marmaro-égéenne "turque blanche" à l'Ouest... nettement submergée toutefois, autour d'Istanbul (Marmara), par l'immigration anatolienne pro-Erdogan ; mais toujours bien implantée en Égée et en Thrace (Turquie d'Europe) où les rapatriés des Balkans ont remplacé les Grecs chassés dans les années 1920 ; et qui a placé en tête le candidat kémaliste Muharrem Ince (ainsi que le Dersim-"Tunceli" alévi et historiquement kémaliste à la présidentielle, le candidat HDP Demirtaş y réalisant le score honorable mais néanmoins très inférieur de 21%, en revanche le HDP rafle largement la mise aux législatives avec 51%) ;

    - L'anatolienne donc, "turque noire", sur les 3/4 du pays en jaune, pro-AKP ;

    - Et enfin la kurdo-alévie au Sud-Est (Bakur et Dersim), en violet, pro-HDP.

    La première et la troisième sont en guerre contre la seconde (Muharrem Ince ayant été ouvertement choisi par le CHP comme symbole de cette alliance, ayant refusé de voter la levée de l'immunité des députés HDP en 2016) ; ce qui est un MONUMENT D'OPPORTUNISME au regard de la grande histoire révolutionnaire du Sud-Est, entre Guerre populaire communiste et lutte de libération kurde, grande et tragique sous la répression sanguinaire de la Turquie "blanche" moderniste (kémaliste) durant 80 ans kaypakkaya-kemalisme.pdf ; la Turquie "noire" étant alors son exécutrice de basses œuvres fermement encadrée par la grande propriété et les partis de Demirel puis Özal (et le MHP, les "Loups Gris" désormais alliés capitaux d'Erdogan), avant de prendre son envol solitaire et son "indépendance" avec la victoire de l'AKP en 2002, aboutissement de 30 ans de lutte de Necmettin Erbakan... qu-est-ce-que-l-akp

    Les élections ne sont qu'un aspect possible de cette guerre, qui en trouvera d'autres dès lors qu'il s'est avéré impossible de dégager le désormais omnipotent Erdogan par cette voie et que son challenger Ince n'a pas voulu assumer, ou pas "senti" le rapport de force pour lancer une contestation "révolution colorée" des résultats, aussi entachés de fraude soient-ils muharrem-ince-reconnait-sa-defaite.

    [L'on pourrait peut-être y voir ce qu'un camarade marxiste-léniniste évoquait le mois dernier, au sujet cette fois des élections au Venezuela : les forces impérialistes et locales hostiles au régime ne cherchaient peut-être tout simplement pas la victoire par le biais de ces élections - "Ils ne présentaient aucune candidature à la hauteur de Maduro, la victoire de ce dernier fait donc paradoxalement partie tant de la stratégie du mouvement révolutionnaire que du mouvement réactionnaire. La suite de la part de ce dernier est le déclenchement d'un soulèvement et potentiellement d'une guerre civile avec intervention militaire impérialiste pour détruire le mouvement révolutionnaire" (traduire ici : le mouvement nationaliste religieux "centrifuge" vis-à-vis de l'Occident qu'est l'alliance AKP-MHP) analyse-militant-ml-venezuela]

    [(ou alors) DE FAIT :

    - Ce qui a déjoué certes nos prévisions, mais surtout TOUT LE PLAN de l'impérialisme, c'est que le CHP ait finalement décidé de propulser Ince comme candidat.

    - Le CHP ne devait initialement MÊME PAS présenter de candidat ; jugeant que "le président ne doit pas être un chef de parti"... (https://www.zonebourse.com/actualite-bourse/Erdogan-lance-officieusement-sa-campagne-electorale-en-Turquie--26452115/)

    Dans une telle configuration, une part conséquente des électeurs qui ont ici voté Ince auraient sans doute porté Demirtaş à un score de 14 ou 15% (au lieu de 8,4%), en tant que seul candidat réellement "de gauche"... mais le reste aurait voté Akşener, qui aurait donc réalisé la trentaine de % qu'a finalement obtenu Ince.

    Et elle, elle aurait sans le moindre doute osé déclencher un Maïdan contre la confiscation frauduleuse du 2d tour (l'idée étant évidemment celle-là : pas de battre ni même d'arriver devant Erdogan au premier tour - impossible même sans fraude de sa part - mais simplement en position de l'affronter lors d'un second et de dénoncer la fraude faisant qu'il n'y en ait pas, ou qu'il y en ait effectivement un et dénoncer sa victoire forcément "frauduleuse" à ce moment-là). C'était de toute façon elle le véritable "cheval" de l'Occident pour prendre le pouvoir ; elle qui était programmée pour ça et avait les subsides occidentaux dans ce but (pas Ince, ce qui l'a sans doute découragé d'aller au choc). 

    - Mais voilà, avec 7,3% des voix (en réalité) au final, elle était évidemment en position beaucoup trop faible pour cela. Pour que le plan fonctionne comme il était censé fonctionner, il lui fallait être en deuxième position, être celle qui devait affronter Erdogan au 2d tour qu'Erdogan confisquait (ou qu'il y ait un 2d tour et qu'il truque sa victoire à ce moment-là, ce qui revenait au même).C

    C'est Ince qui s'est retrouvé dans cette position, et il s'est sans doute dit qu'il n'avait pas les forces pour déclencher une guerre civile (notamment la capacité de se rallier une partie de l'armée, en tant que kémaliste trop à gauche, et sans doute pas non plus la préférence des Occidentaux).]

    Marqué par une politique "orientaliste" (ou "asiatiste") depuis le début, et encore plus depuis le claquage de porte au nez par l'Union européenne dans la seconde moitié des années 2000, Erdogan, après la brouille évidente dûe à son engagement en Syrie contre le régime d'Assad, vient de retrouver une place nette dans un camp impérialiste en recevant ses premières félicitations de Vladimir Poutine lui-même et de tout ce que la planète peut compter de pro-impérialisme russe : Viktor Orban (Hongrie), Nicolas Maduro (Venezuela), le régime iranien etc.

    [Concrètement tout le monde a fini par le féliciter, c'est ce qui s'appelle la diplomatie ; mais des institutions comme la Commission européenne (UE), l'OSCE et le Conseil de l'Europe ont émis à mots de velours des "réserves" quant à la régularité du scrutin et l’État de droit en général dans le pays ; ce qui revient à dire que Macron ("en même temps"), Merkel etc. etc. peuvent s'abriter derrière ces prises de position qu'ils n'ont pas eu à prendre eux-même - "chacun à sa place" - et le féliciter "chaleureusement" eux aussi ; la Grande-Bretagne de Theresa May et du Brexit a émis des félicitations pouvant peut-être être considérées un peu plus enthousiastes et sincères, c'est à voir ; le Secrétaire Général de l'OTAN a lui aussi félicité le chef de la deuxième armée de l'Alliance mais en insistant tout de même là encore sur "la démocratie et l’État de droit", toutes choses à mettre - aussi - en perspective avec le récent modus vivendi obtenu sur le secteur de Manbij en Syrie au sens, sans doute, de "garantie" temporaire - du moins - qu'Erdogan cessera de revendiquer le reste de Rojava ; et il en va - donc - sans doute de même pour Trump qui a finalement adressé ses félicitations après que toutefois, le jour des résultats, sa porte-parole Sarah Sanders ait "exhorté" la Turquie à "prendre des mesures pour renforcer la démocratie et résoudre les problèmes bilatéraux" entre les deux pays, sur fond de lourde crise pour ne pas dire guerre économique de Washington contre son turbulent "partenaire" ; etc. etc., bref, le récap complet ici : reactions-reelection-erdogan.pdf].

    Dans la contradiction inter-impérialiste qui est le troisième moteur de l'histoire contemporaine avec la lutte des classes et la lutte des peuples et nations dominées contre l'impérialisme, le bloc occidental-atlantique ne compte certainement pas en rester là ; pour reprendre le plein contrôle de ce pays pivot stratégique de tout temps.

    Puissent les forces révolutionnaires, communistes, qui ont dans toute l'Anatolie et le Kurdistan du Nord (Bakur) une longue et glorieuse histoire de luttes, vaincre l'opportunisme liquidateur et ne pas s'engager en lamentables Jules Guesde, en tristes tirailleurs dans cette guerre qui n'est pas celle des peuples ; mais trouver au contraire les clés pour la transformer en la seule qui vaille, la guerre révolutionnaire contre le monde capitaliste et impérialiste !

     

    Turquie : quels que soient les résultats réels...

    Turquie : quels que soient les résultats réels...


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  • ... contestée (et très probablement effectivement truquée) :

    https://www.lemonde.fr/europe/article/2018/06/24/elections-en-turquie-l-opposition-denonce-des-tentatives-de-fraude_5320502_3214.html

    Déjà félicitée par Poutine, Orban, bref que la "crème" quoi LOL.

    Le "champion" de l'opposition, Muharrem Ince (CHP kémaliste) dont la personnalité populaire a totalement écrasé celle dont on attendait la "surprise", Meral Akşener, l'empêchant par effet tourbillon de gagner les déçus de l'erdoganisme et de l'ultra-nationalisme MHP (elle dépasse à peine les 7%...), devrait s'exprimer dans la journée ; avec manifestement du "dossier" très sérieux et étayé quant à de (très probables et même certaines, au vu des derniers sondages juste avant l'élection) fraudes notamment dans le Sud-Est kurde sous état d'exception.

    Wait & see...


    [DE FAIT :

    - Ce qui a déjoué certes nos prévisions, mais surtout TOUT LE PLAN de l'impérialisme, c'est que le CHP ait finalement décidé de propulser Ince comme candidat.

    - Le CHP ne devait initialement MÊME PAS présenter de candidat ; jugeant que "le président ne doit pas être un chef de parti"... (https://www.zonebourse.com/actualite-bourse/Erdogan-lance-officieusement-sa-campagne-electorale-en-Turquie--26452115/)

    Dans une telle configuration, une part conséquente des électeurs qui ont ici voté Ince auraient sans doute porté Demirtaş à un score de 14 ou 15% (au lieu de 8,4%), en tant que seul candidat réellement "de gauche"... mais le reste aurait voté Akşener, qui aurait donc réalisé la trentaine de % qu'a finalement obtenu Ince.

    Et elle, elle aurait sans le moindre doute osé déclencher un Maïdan contre la confiscation frauduleuse du 2d tour (l'idée étant évidemment celle-là : pas de battre ni même d'arriver devant Erdogan au premier tour - impossible même sans fraude de sa part - mais simplement en position de l'affronter lors d'un second et de dénoncer la fraude faisant qu'il n'y en ait pas, ou qu'il y en ait effectivement un et dénoncer sa victoire forcément "frauduleuse" à ce moment-là). C'était de toute façon elle le véritable "cheval" de l'Occident pour prendre le pouvoir ; elle qui était programmée pour ça et avait les subsides occidentaux dans ce but (pas Ince, ce qui l'a sans doute découragé d'aller au choc). 

    - Mais voilà, avec 7,3% des voix (en réalité) au final, elle était évidemment en position beaucoup trop faible pour cela. Pour que le plan fonctionne comme il était censé fonctionner, il lui fallait être en deuxième position, être celle qui devait affronter Erdogan au 2d tour qu'Erdogan confisquait (ou qu'il y ait un 2d tour et qu'il truque sa victoire à ce moment-là, ce qui revenait au même).C

    C'est Ince qui s'est retrouvé dans cette position, et il s'est sans doute dit qu'il n'avait pas les forces pour déclencher une guerre civile (notamment la capacité de se rallier une partie de l'armée, en tant que kémaliste trop à gauche, et sans doute pas non plus la préférence des Occidentaux).]


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