• Référendum en Grèce


    Habitués (et vous ayant habitués) à avoir un avis sur tout en toute circonstance... il nous est pourtant difficile cette fois d'en avoir un catégorique et définitif sur le référendum qui se tiendra ce dimanche en Grèce - pour ou contre les dernières mesures d'austérité proposées au pays par l'Union européenne, la Banque centrale et le FMI (la fameuse "troïka").

    Nous ne pouvons que partager dans l'absolu, comme constat de fait et de bon sens, la position du Bloc Rouge qui est aussi celle - là-bas - du KKE(m-l) (marxiste-léniniste "maoïsant") mais aussi du fameux KKE ("brejnévien orthodoxe") : en substance, "une victoire du « NON » ne changera rien à la situation (et) si le « Oui » l'emporte, SYRIZA aura finalement rejeté la responsabilité de son échec sur le dos des masses".

    IL N'EMPÊCHE qu'il est difficile de rester indifférents et insensibles devant la mobilisation de masse en faveur du "NON" (c'est-à-dire, donc, d'envoyer bouler les créanciers impérialistes européens/occidentaux et leurs "plans" synonymes de "sociocide" - de destruction de tous les droits sociaux et de retour au 19e siècle pour les classes populaires) telle qu'elle est en train de se manifester en ce moment même sur la célèbre place Syntagma devant le Parlement :

    C'est finalement un peu le même raisonnement que nous avons pu exposer au sujet des référendums d'indépendance en Écosse ou en Catalogne ; référendums voués de toute façon à la victoire du "Non" ou à la non-reconnaissance et indépendances qui ne portaient pas non plus des perspectives de changement mirobolantes : les masses cherchent une voie de sortie à la crise générale du capitalisme qui les étrangle et, faute de véritable perspective révolutionnaire crédible et organisée, s'emparent des maigres instruments que mettent entre leurs mains certaines fractions de la bourgeoisie (indépendantistes en Écosse et en Catalogne, eurosceptiques populistes "de gauche" en Grèce).

    Le "Non" au référendum est prôné suivant ce raisonnement par la coalition ANT.AR.SY.A ("Coordination de la gauche anticapitaliste pour le renversement") dont font partie les trotskystes d'EEK mais aussi les "maoïsants" d'EKKE ; ainsi que par le "pôle de gauche" de Syriza où se trouvent notamment d'autres "maoïsants", l'ancien KOE (qui s'est dissous en 2013 dans la coalition), ou encore le héros de la Résistance anti-nazie Manólis Glézos (qui avait au mois de février demandé "pardon au Peuple grec" pour "avoir contribué à ces illusions", devant les premières trahisons du gouvernement Tsipras)...

    Pour ne prendre qu'un exemple (qui soit significatif en termes de masses) : le KKE s'est, comme on l'a dit, prononcé pour l'abstention à ce référendum contre ce qu'il dénonce comme une ultime "escroquerie de Syriza" (organisation principalement issue d'une scission "eurocommuniste" dans ses propres rangs, chose qu'il n'a évidemment jamais pardonné)... Mais des études d'opinion semble corroborer qu'une assez nette majorité de son électorat voire de ses effectifs militants proprement dits pourrait bien aller voter "Non" dimanche (tout comme, nous l'avions dit alors, un tiers des très nombreux anarchistes que compte le pays pourraient bien avoir voté Tsipras en janvier... et beaucoup s'apprêteraient encore à voter - "Non" bien entendu - cette fois-ci) !

    C'est ce qui s'appelle la "dignité du réel", comme diraient les autres... Et comme le disait un autre encore (beaucoup plus sérieux celui-là), "les masses sont la lumière même du monde ; elles sont la fibre, la palpitation inépuisable de l'Histoire".

    Comme nous l'avons déjà dit et le répétons volontiers, ce ne sont pas les clowns sociaux-démocrates de Syriza et ce qu'ils peuvent dire ou faire ou avoir derrière la tête qui nous intéresse ; mais ce que peuvent et doivent faire les masses du Peuple levées comme un géant contre le Capital est ses promesses de famine, quels que soient les succès ou les échecs ou les trahisons des réformistes !

    Référendum en Grèce

    Résultat des courses le 06/07 : le "NON" ("OKI") a gagné par plus de 60% des voix (ce qui montre bien au passage l'escroquerie des instituts de sondage, qui tentaient de galvaniser le "Oui" en l'annonçant vainqueur ou au coude à coude...). C'est clairement le résultat qui ouvre le plus large champ des possibles pour les masses populaires grecques ; une victoire du "Oui" n'ayant pu déboucher quant à elle que sur une démission du gouvernement Tsipras (dont c'eut été un désaveu cinglant) et de nouvelles élections. À voir maintenant comment les choses évoluent...

    [Quant au 'p''c''mlm' (devenu 'p''c'F-'mlm' depuis quelques mois : avec un F comme "francouille" les choses sont plus claires), qui voit tout simplement dans ce résultat le "triomphe de Moscou et Pékin" (doublé d'une "vague de social-nationalisme, de réformisme radical qui ne compte pas porter atteinte à la bourgeoisie, de conspirationnisme 'anti-oligarchie' avec des relents d'antisémitisme", ce qui était déjà leur position anti-dialectique sur le référendum de 2005 ici), il ne fait rien que rééditer la bonne vieille position "l'Est est l'ennemi principal" du marxisme-léninisme prochinois dégénéré de la fin des années 1970 ("Moscou et Pékin" ayant simplement remplacé Moscou-tout-court), également connue sous le nom de "Théorie des Trois Mondes" (bien que celle-ci, pour être erronée, ne soit sensiblement pas la même chose). Une conception du monde ayant produit, rappelons-le, non moins que des BHL et des Barroso - c'est-à-dire des "démocrates" bourgeois occidentalistes/atlantistes/européistes forcenés et évidemment (on s'en doute) chauds partisans et propagandistes d'un "Oui" grec à l'UE et à ses politiques criminelles (les suicides ont ainsi par exemple augmenté de manière phénoménale), "Oui" dont ils auront souhaité et tenté (pitoyablement) d'imposer la victoire par tout le terrorisme intellectuel dont ils se sont faits les spécialistes.*

    À ce sujet il faut absolument lire ceci, par un grand monsieur du mouvement communiste international qui revenait en 1984 (à la veille de sa mort) sur plus d'une décennie de dérives du mouvement ML anti-révisionniste dans cette direction funeste de faire de l'URSS (= "Moscou et Pékin" aujourd'hui) et des forces ou des régimes liés à elle l'ennemi principal des Peuples de la planète : http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/harry-haywood-contre-la-theorie-des-trois-mondes-et-les-derives-reacti-a114121826

    Le tableau des 6 dernières années se suffit pourtant à lui-même pour comprendre que "Moscou et Pékin" ont beaucoup de boulot avant de devenir l'ennemi principal du Peuple ouvrier et paysan de Grèce (allez, ce sera peut-être le cas dans 10 ou 15 ans en admettant que le pays passe totalement sous leur coupe dès à présent) !!

    Quant au risque de fascisme (avec la sinistre "Aube Dorée" en embuscade, qui appelait bien sûr à voter "Non" sur une ligne nationaliste), il n'est certes pas négligeable en cas d'échec ou de trahison de Syriza qui vient de voir sa position plébiscitée (on pourrait alors voir, par exemple, un rapprochement d'ANEL - actuel allié de Tsipras - qui représente les riches armateurs, c'est-à-dire le Grand Capital grec par excellence, avec AD et d'autres formations de droite dure). Mais il faut voir les choses de manière dialectique. Pour les masses populaires, le vote "Non" représente un immense "merde" à ce qui fait de leur vie un enfer depuis 6 ans (s'agissant de la première fois que leur avis leur est demandé, au demeurant) : merde à la misère, au chômage, à la condamnation de la jeunesse à l'émigration et des travailleurs ruinés au suicide ; merde à Merkel et Hollande, Schulz et Juncker, Draghi et Lagarde etc. etc. On ne peut pas demander à des gens qui crèvent de faim depuis des années de rester l'arme au pied (et donc de garder le statu quo) alors qu'on leur demande leur avis pour la première fois, sous prétexte qu'il y a un risque de fascisme. Il y a toujours un risque de fascisme lorsque l'on brise le statu quo de la "démocratie" bourgeoise capitaliste, c'est-à-dire de l'institutionnalisation tranquille de l'opulence pour quelques uns et de la galère pour l'immense majorité (le fascisme n'étant rien d'autre que la "réaction immunitaire" du Capital, impulsée par sa fraction la plus agressive, devant la menace que tout s'effondre). Mais il n'y a pas non plus de possibilité révolutionnaire lorsqu'on ne le brise pas !

    PS 07/07 : remise de couche encore aujourd'hui - "social-fascisme", "ombre du social-fascisme chinois et de l'impérialisme russe" etc. etc. Amusons-nous à relever avec qui nos "authentiques maoïstes" rouges-bleus (bleus comme le néoconservatisme, l'UMP pardon "Les Républicains", vous savez tout ça tout ça...) partagent cette brillante analyse : http://www.lepoint.fr/politique/macron-compare-le-fn-a-syriza-...** C'est exactement le raisonnement que nous avons exposé plus haut, avec la référence à Chávez et Mélenchon (mais bizarrement pas à des forces d'extrême-droite comme le FN ou le gouvernement de Viktor Orbán en Hongrie, tout autant - voir plus - russophiles...) et jusqu'au "PCF des années 1980" : la Russie (comme l'URSS hier) et les forces ou gouvernements liés à elle seraient "l'ennemi principal" des Peuples de la planète*** ; l'impérialisme occidental US-UE-G7 (avec ses instruments tels que le FMI, la BCE, l'OTAN sur le plan militaire etc. etc.) "n'existerait plus" ou serait devenu un "moindre mal".]


    * À ce titre, excellente réplique de Martin Coutellier et Julien Salingue sur Acrimed (au sujet du "bloc-note" de BHL paru dans le Point) : "Second mensonge, et pas des moindres, celui selon lequel Alexis Tsipras aurait pris la décision d’avoir recours à un référendum « entre deux visites à Poutine ». Une argutie rhétorique destinée à jeter le soupçon sur le Premier ministre grec, qui agirait donc sur ordre de Moscou. Le problème est que, là encore, BHL raconte n’importe quoi : la dernière visite d’Alexis Tsipras en Russie remonte au 19 juin, soit une semaine avant l’annonce de l’organisation du référendum et il n’y est, depuis, pas retourné. Certes, BHL finira par avoir raison la prochaine fois qu’Alexis Tsipras rencontrera Vladimir Poutine : la décision d’organiser le référendum aura été prise « entre deux visites à Poutine ». Mais quel rapport entre le référendum et les visites ? Aucun. Mais signalons tout de même à Bernard-Henri Lévy cet autre fait troublant : le vote en première lecture de la Loi Macron (février 2015) a eu lieu « entre deux visites d’Hollande à Poutine » (décembre 2014 et avril 2015). Voilà qui mériterait une enquête de l’inspecteur BHL…" he

    ** En réalité, contrairement à ce que prétendent ces comparaisons honteuses et pourraient laisser penser les déclarations d'amour de Marine Le Pen pour Alexis Tsipras, le Front National a une position... somme toute classique sur le remboursement de la dette grecque - la Grèce "doit rembourser" car "c'est un devoir éthique pour un État de droit", même si l'on peut envisager un rééchelonnement voire une remise partielle.

    *** Disons que si la politique occidentale d'agression directe et indirecte se poursuit contre elle (c'est-à-dire si nous ne savons pas nous y opposer avec les forces et la méthode nécessaires), la Russie pourrait se convertir pour une certaine durée en une puissance extrêmement agressive et causant d'immenses destructions - comme ce fut le cas de l'Allemagne avec Hitler en 1933, après 14 ans de politique du Traité de Versailles (on connaît hélas la suite).
    Si l'on veut conjurer un tel scénario d'apocalypse, il ne faut selon nous pas seulement focaliser sur la "menace fasciste" représentée par la Russie et ses partisans (de droite nationaliste ou de gauche "radicale" bourgeoise) dans tous les pays mais d'abord et avant tout "prendre le mal à la racine", c'est-à-dire s'attaquer à ce qui PROVOQUE l'émergence de ce monstre du clair-obscur potentiellement incontrôlable : la politique impérialiste "démocratique" de nos propres gouvernements ouest-européens et nord-américains, les vainqueurs de la Guerre froide qui se comportent comme ceux de 1918...
    Il faut s'attaquer d'abord et avant tout à nos PROPRES capitalismes impérialistes ; non pas seulement (en vérité) pour les "contester", mais bel et bien pour les ABATTRE ! Sans quoi la Russie et la Chine pourraient effectivement bien devenir la nouvelle Allemagne et le nouveau Japon des années 1930-40, n'envahissant peut-être pas directement les pays occidentaux (dissuasion nucléaire oblige) mais pouvant favoriser dans certains la prise de pouvoir de forces qui leur sont favorables (comme le Front National ici) et semant dans tous les cas des conflits ultra-meurtriers sur toute la planète. Il faut arracher à jamais l'humanité à ce cycle infernal de guerres, de mort et de destruction et cela veut dire l'arracher au règne du capitalisme, de l'impérialisme et des monopoles... dont le Centre mondial n'est pas et ne sera jamais Moscou ni Pékin, mais reste et demeure l'Europe de l'Ouest et l'Amérique du Nord !
    À ce sujet on ne peut que vous inviter à lire ceci : http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/harry-haywood-contre-la-theorie-des-trois-mondes-et-les-derives-reacti-a114121826, sur les dérives d'un certain "marxisme-léninisme prochinois" dans les années 1970-80.

     


    Annexe : la position de l'OCML-VP, qui a le mérite d'énormément de clarté et de facilité à comprendre (un petit lapsus au niveau du KKE corrigé : il faut bien sûr comprendre "révolutionnaire en paroles").


    Victoire du Non au référendum en Grèce : une défaite pour les impérialistes mais l’alternative reste à construire !


    Depuis des années, les impérialismes européens, notamment français et allemand, maintiennent une pression énorme sur le Peuple grec pour le maintenir sous leur dépendance financière et politique. Le gouvernement réformiste de Tsipras a convoqué un référendum sur le plan d’austérité proposé par les institutions européennes et internationales, espérant sortir renforcé de son rejet par le Peuple grec.

    Que ce soient Merkel, Hollande, Sapin, les dirigeants politiques européens ne font preuve d’aucune pitié devant les difficultés quotidiennes du Peuple et des travailleurs grecs. La Commission européenne, la Banque centrale européenne (BCE), ou le Fond monétaire international (FMI), ne sont que les conseils d’administration des puissances impérialistes pour gérer et maintenir leur domination commune sur les pays comme la Grèce. Dirigeants politiques européens et bureaucrates des institutions supra-nationales comme la BCE ou le FMI sont justes les représentants du Capital et de la bourgeoisie impérialiste.

    Pour eux, hors de question de laisser s’échapper la Grèce. Ils veulent maintenir à tout prix leur domination politique, financière, et économique sur le pays. Leur Union européenne est un instrument des puissances comme la France et l’Allemagne pour dominer les pays d’Europe centrale et du Sud. Une sortie de la Grèce de l’euro, voire de l’Union européenne, serait pour eux une remise en cause de leur mainmise. Voilà pourquoi ils veulent l’éviter : la faillite de la Grèce menace l’impérialisme financièrement, mais surtout politiquement.

    En France, les médias et intellectuels bourgeois défendent le programme impérialiste. Ils agitent la concurrence entre pays dominés et entre travailleurs d’Europe, pour nous rallier à la politique impérialiste agressive contre le Peuple grec. Ils propagent les préjugés chauvins à son encontre, manière de rejeter la faute sur la victime. Mais le programme d’austérité que l’on veut imposer aux Grecs aujourd’hui, ils voudront nous l’imposer demain.

    Au moment de la victoire électorale de Tsipras et de son parti Syriza, nous déclarions : "Syriza affirme qu’il est dans l’intérêt des impérialistes de céder aux revendications minimales du Peuple grec, pour sauver l’Union européenne et sa monnaie. Syriza s’engage donc à protéger les intérêts fondamentaux du Capital impérialiste en échange de concessions en faveur du peuple".

    Nous pouvons constater que cette tactique réformiste a échoué. Le Capital ne veut rien lâcher. Pour ses représentants, il n’est pas question de céder aux revendications justes du peuple et des prolétaires de Grèce. Peu à peu, le gouvernement Tsipras a sacrifié ses promesses électorales à son objectif d’une conciliation à tout prix avec l’impérialisme. Il a notamment accepté de poursuivre les privatisations : c’est à dire qu’il a accepté de renforcer l’emprise du Capital impérialiste sur l’économie de la Grèce, cette même emprise qui l’a menée à la faillite ! À force de vouloir absolument trouver un terrain d’entente avec les ennemis irréductibles du peuple, d’avoir préféré les négociations entre experts à Bruxelles à la lutte des masses grecques, le gouvernement Tsipras s’est retrouvé en position de faiblesse. En Grèce comme en France, les illusions réformistes sont mises à bas par la réalité !

    Avec le référendum le gouvernement grec joue une de ses dernières cartes. La victoire du NON est une défaite pour les impérialistes, mais ce n’est pas nécessairement une victoire pour le peuple, qui ne devrait pas voir ses conditions de survie s’améliorer de ce fait. Tsipras espère se servir de ce résultat pour obtenir un peu plus dans les négociations avec les institutions internationales.

    Même si le référendum a été le temps d’une mobilisation de masse, le Peuple grec ne pourra en rester aux outils de la démocratie bourgeoise. Souvenons-nous du référendum sur le Traité constitutionnel européen en 2005 ; rien n’est garanti pour le Peuple grec s’il ne renforce pas son organisation, sa vigilance et sa mobilisation à long terme pour combattre les plans d’austérité, qu’ils viennent de l’étranger ou qu’ils soient concoctés par le gouvernement grec. Tant que la Grèce restera prisonnière des institutions impérialistes et que son gouvernement cherchera la conciliation, les plans d’austérité ne peuvent que se succéder, la situation du peuple ne peut que s’aggraver.

    Dans tous les cas, nous soutenons le Peuple grec et non pas son gouvernement réformiste, qui ne propose finalement qu’une austérité à "visage humain".

    Certaines organisations révolutionnaires de Grèce ont appelé à voter "Non", d’autres à l’abstention. Pour nous, c’est une appréciation tactique qui revient aux révolutionnaires grecs.

    Nous soutenons les organisations révolutionnaires marxiste-léninistes et maoïstes de Grèce dans leur travail de construction d’une unité populaire face à l’impérialisme, vers le renversement du gouvernement bourgeois et le pouvoir populaire. Le KKE, Parti "communiste" de Grèce, n’en fait pas partie  ; il ne s’agit que d’un parti révisionniste, qui se prétend réformiste révolutionnaire en parole mais est complètement réformiste en acte.

    Ici, en France, nous avons le devoir de faire preuve d’une solidarité internationale conséquente avec le Peuple grec, d’autant plus que notre gouvernement impérialiste est en première ligne. Mélenchon et tous les réformistes radicaux prétendent nous proposer la voie de Syriza et de Tsipras : c’est une impasse  ! Ils nous chantent sur tous les tons la démocratie du référendum, mais restent silencieux sur la domination impérialiste et l’exploitation capitaliste qui vont se poursuivre dans tous les cas…

    L’OCML-VP appelle à participer aux initiatives de solidarité avec le Peuple grec, sur une ligne anti-impérialiste et anticapitaliste claire, et pour combattre les illusions réformistes et leurs représentants ici comme là-bas.

    Annulation de la dette  !

    En Grèce comme ailleurs c’est eux ou c’est nous  !

    À bas l’impérialisme, à bas l’Union Européenne  !

    Vive la solidarité internationale des Peuples et des prolétaires !


    *************************************************************

    Lire aussi  À problème réel, une solution concrète : l’exemple de la Grèce (Quartiers Libres)

     


  • Commentaires

    1
    Pascal
    Samedi 4 Juillet 2015 à 18:18

    Quel que soit le résultat du référendum, on peut en effet douter que cela change grand chose pour les travailleurs. Le problème est peut être surtout au niveau de la géopolitique impérialiste (gazoduc devant passer par la Macédoine, entre autres). Il est question que la Grèce adhère aux BRICS dans lesquelles elle ne pèserait sûrement pas lourd, ce qui la ferait entrer dans l'orbite russe. Pour le coup, les raccourcis du PCMLM, voire de BHL, ne seraient pas entièrement faux. De là à crier au fascisme, même si la très poutinienne Aube Dorée (ainsi que "notre" FN) appelle à voter non...

    Sinon le KKE (ml) était plutôt proalbanais.

    2
    Pierre
    Lundi 6 Juillet 2015 à 00:42

    Il n'y a plus de PCmF, le document est du Bloc Rouge.

    3
    Lundi 6 Juillet 2015 à 09:07

    Ah d'accord, c'est que le site indique toujours "blog du PC maoïste de France".

    Pour petite info : l'image qui illustre votre article, qui prône pour une position abstentionniste, montre des membres d'EEK... qui a appelé à voter "Non" ;-)

    4
    Lundi 6 Juillet 2015 à 14:41

    J'en profite pour préciser (par rapport à un commentaire qui vient de terminer à la poubelle, sa place) que le commentaires anonymes ou signés d'une phrasounette, mot d'esprit ou quoi que ce soit dans le genre, et dénués du moindre argument seront tous poubellisés sans exception ; surtout s'ils visent à faire de ce site le lieu d'un règlement de comptes (à OK Corral) inter-orgas.

    5
    Mardi 7 Juillet 2015 à 10:29

    Pascal : le KKE (m-l) rendait hommage aux 40 ans de GRCP en 2006 https://www.marxists.org/history//erol/greece/greece-gpcr.pdf et ont l'air bien "maoïsants", il y a ça aussi http://www.northstarcompass.org/french/nscfr64/gpcr.htm

    Ils auraient en effet publié en 1977 un document rejetant la Théorie des Trois Mondes, mais ce n'est pas un synonyme systématique de hoxhisme (bien au contraire). Au pire ils l'auront été quelques années, peut-être, mais semblent désormais clairement revenus à Mao.

     

    6
    Ni
    Mardi 7 Juillet 2015 à 14:52

    Le KKE(ml) est un groupe que je caractériserai "ML pensée Mao Zedong", du même type que le MLPD ou le CPGB-ML par exemple (ces groupes sont tous différents mais ils ont la caractéristique de n'avoir jamais franchi l'étape entre pensée Mao Zedong et maoïsme, ce qui fait qu'ils ont pris une voie totalement différente menant bien souvent au réformisme, l'exemple le plus marquant étant le PTB). Ils sont très électoralistes, d'où le fait que leur appel au boycott du référendum paraisse étrange alors qu'ils participent à toutes les élections où ils peuvent d'habitude. 

    7
    Mercredi 8 Juillet 2015 à 19:00

    On a déjà échangé là-dessus sur FB :)

    8
    Jeudi 9 Juillet 2015 à 11:47

    Pour ce qui est de la participation aux élections, ça n'a pas l'air d'être une exception KKE(m-l) : tous les courants du marxisme (tant trotskystes que ML plus ou moins "mao") se présentent là-bas, soit seuls soit en coalition (notamment dans ANTARSYA, le KOE et qqs trotskystes dans Syriza etc.). C'est peut-être lié au fait que le vote soit obligatoire (bien qu'il n'y ait pas d'amende à la clé) et la participation traditionnellement élevée (70% aux législatives de 2009 contre 60% en 2007 ici, 65% en 2012 malgré la crise contre 57% en France). Ils estiment peut-être qu'il n'y a pas les moyens de former un grand bloc abstentionniste de masse et conscient, militant (parce que l'abstentionnisme pêche-à-la-ligne, pardon mais...). Les anarchistes pensent le contraire et ils sont effectivement nombreux, cela dit c'est quand même un milieu assez "ghetto" et à part dans la société (et il semblerait en plus qu'en douce, un tiers d'entre eux aient voté Syriza en janvier).

    L'électoralisme au sens strict ce n'est pas se présenter aux élections, c'est s'y présenter dans une logique de maximum d'élus conçus non pas comme des tribunes de propagande mais comme des outils de pouvoir - ce qui est erroné : un élu révolutionnaire dans des institutions bourgeoises ne peut pas signifier une "part de pouvoir" révolutionnaire dans l’État bourgeois ; tout au plus il peut essayer de "gripper la machine" mais c'est tout. C'est la dérive qu'a connue le PCF : au départ un bon maire communiste était un maire placé sous tutelle préfectorale au bout d'un an (et beaucoup l'ont été en effet). Mais ensuite ils ont commencé à penser qu'accumuler les mairies et les sièges de député c'était gagner des "parts de pouvoir" dans l’État. Tout le problème a été là.

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