• Sionisme, islamisme et ennemi principal : quelques précisions


    1170807- Le sionisme est-il une idéologie progressiste ? NON, il ne l'est pas et ne l'a JAMAIS été, même en se revêtant d'un masque "socialiste" voire "communiste" (kibboutz). 66 ans d'existence de son but ultime (l'"État juif" d'Israël) l'ont amplement démontré.

    - L'islam politique est-il une idéologie progressiste ? NON, il ne l'est pas et ne l'a JAMAIS été, même en se revêtant d'un masque "anticapitaliste" et "anti-impérialiste". Partout où il exerce ou a exercé le pouvoir, il l'a amplement démontré.

    - Le sionisme est-il un ennemi PRINCIPAL pour nous les communistes ? Pris isolément, en tant que tel et à l'exclusion de toute autre chose : non, il ne l'est pas ; ceci serait de l'obsession antisémite. Mais il FAIT PARTIE de notre ennemi principal qui est l'impérialisme occidental, notamment français, dont il est un produit idéologique et un bras armé au Machrek arabe (et s'il n'était pas cela, en vérité, il n'existerait pas ou alors très marginalement).

    - L'"islamisme" est-il un ennemi principal pour nous les communistes, contre lequel nous devrions concentrer tous nos efforts ? NON, il ne l'est pas et prétendre le contraire s'appelle de l'obsession islamophobe, reflet de la pensée "universalo"-impérialiste que les États bourgeois occidentaux instillent dans les esprits depuis des siècles ; une obsession islamophobe qui ne peut servir, en Europe, que la mobilisation fasciste. Il ne peut s'agir que d'un ennemi secondaire, à l'influence duquel il faut s'efforcer d'arracher le plus possible les classes populaires ; mais l'ennemi principal reste et ne peut être que l'impérialisme, parmi les tentacules duquel il y a le sionisme. manifestation-israel-palestineL'"islamisme" est l'ennemi principal des Peuples sur lesquels il exerce le pouvoir et encore en faisant attention à ne pas tomber de "Charybde en Scylla", autrement dit à ne pas favoriser le retour de "laïcistes" ou de "libéraux" qui ne valent guère mieux (voire pire, notamment dans leurs rapports... avec l’État sioniste), comme cela s'est produit l'an dernier en Égypte. Telle est la situation dans les pays arabes et musulmans, où l'islam politique est une force qui peut crédiblement prendre le pouvoir. Mais ici, au CŒUR des métropoles impérialistes, faire des "islamistes" la principale menace pesant sur les masses populaires est tout simplement une idiotie réactionnaire et ceux qui la propagent ont leur place auprès de Christine Tasin, pas dans une quelconque organisation communiste ou anarchiste. Parfois, dans les pays musulmans comme ici, l'"islamisme" se met au service de l'impérialisme et de la bourgeoisie des monopoles (y compris de droite voire d'extrême-droite) pour tenter d'y "raccrocher" les classes populaires musulmanes : dans ce cas il doit être traité comme l'ennemi principal avec lequel il pactise, certes. Parfois encore, ses slogans et ses mots d'ordres (ou encore ses actes) peuvent servir la propagande ennemie en assimilant la mobilisation pro-palestinienne à de la haine anti-juive : dans ce cas, il est assimilable à de la provocation.

    1287331298 194408 ResistantsjuifsEt pour que les choses soient parfaitement claires : nous aurions eu exactement le même raisonnement vis-à-vis du sionisme dans les années 1930, lorsque l'antisémitisme fasciste étendait son ombre de mort sur le continent européen. Le sionisme n'était alors pas "progressiste" (comme nous l'avons dit, il ne l'a JAMAIS été) mais il ne pouvait en aucun cas être l'ennemi principal qui était le fascisme, le nazisme hitlérien et ses alliés. Parfois (sionisme de droite) il "prenait bouche" avec le nazisme et d'autres régimes antisémites sous le prétexte de "partager le même objectif", la "sortie" des Juifs d'Europe : dans ce cas il pouvait être assimilé à de la trahison (mais cela ne représentait pas tout le mouvement sioniste). Particulièrement emblématique est le cas de la résistance populaire juive en Europe de l'Est, dans les ghettos et en dehors, au sein de laquelle il y avait beaucoup de sionistes y compris de droite (qui, lorsqu'ils survécurent, s'en allèrent coloniser la Palestine) : cela ne pouvait en aucun cas faire de ces derniers l'ennemi principal, ni délégitimer cette résistance juive ou justifier un "tri" en son sein. L'ennemi principal était le plan impérialiste nazi pour l'Europe, qui comprenait l'extermination totale des Juifs du continent. La résistance contre ce plan génocidaire, quelle qu'elle soit, était LÉGITIME - à commencer par celle des premiers concernés, celles et ceux qui étaient promis-es aux chambres à gaz !

    Lire aussi :

    Les contradictions au sein du peuple et les contradictions antagoniques dans la question palestinienne (PCmF)

    À propos du mouvement de solidarité avec la Palestine et du Hamas (Comité anti-impérialiste) - excellent texte qui remet les pendules à l'heure !

     


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