• Appel des antifascistes ukrainiens en exil


    030314 borotbaL'organisation communiste ukrainienne Borotba est désormais plongée dans la clandestinité, ses militants sont pourchassés sous l'accusation de soutenir le "terrorisme séparatiste" et son site internet ne répond plus. Quelques éléments parviennent toutefois, tant bien que mal, à communiquer avec l'extérieur ; ainsi le responsable Sergueï Kiritchouk qui s'est exilé et a donné cette interview à un journal allemand. D'autres ont pu gagner la Crimée qui (comme chacun-e le sait) a fait sécession en mars dernier avant de proclamer son rattachement à la Russie, et connaît depuis lors une relative "paix russe" (ceci renforcera bien sûr encore, jusque dans l'"extrême-gauche" ukrainienne et internationale, l'accusation d'être "à la solde de Moscou" ; mais faut-il pourtant s'en étonner lorsqu'ils peuvent trouver là, à deux pas de chez eux, une relative tranquillité alors qu'ils sont traqués comme des bêtes dans toutes les régions sous contrôle de Kiev ?).

    Ils ont fait parvenir au site "Workers World" ce texte que nous avons traduit, annonçant le lancement d'un "Centre antifasciste" à Simferopol - dans la péninsule séparatiste. Nous avons trouvé ce texte hautement intéressant car il n'appelle pas à rejoindre les "glorieuses forces" de la République "populaire" séparatiste du Donbass (où les antifascistes se retrouveraient rapidement aux côtés de... fascistes pro-russes, y compris venus de France, le mouvement fasciste européen s'étant globalement partagé entre pro-russes et pro-ukrainiens comme hier entre pro-serbes et pro-croates en Yougoslavie) ; mais au contraire à allumer et développer la résistance populaire antifasciste dans TOUT L’ÉTAT UKRAINIEN, au Sud (Odessa) comme à Kiev, au Nord et même à l'Ouest où se développe çà et là une résistance à la mobilisation militariste de la junte contre les séparatistes du Donbass... Autrement dit il dénationalise les enjeux, tentant d'arracher les choses à un affrontement Ukraine-Russie et "Ukrainiens proprement dits" vs "Novorusses"* pour les amener sur un terrain DE CLASSE et de CONCEPTION DU MONDE : ouvriers et paysans contre oligarques, justice sociale contre botte du FMI et de la BCE et résistance populaire contre le fascisme ! 


    Lancement d'un Centre antifasciste en Ukraine

    borotba antifascist

    Soutenez le Centre pour les antifascistes d'Ukraine créé à Simferopol en Crimée - Nous avons besoin de votre aide !

    La nécessité objective d'un Centre de soutien aux antifascistes d'Ukraine à Simferopol :

    En ce moment, il est extrêmement difficile aux forces qui s'opposent au fascisme en Ukraine de travailler sur le territoire contrôlé par le gouvernement de Kiev ; en particulier pour l'organisation de gauche la plus active : l'Union Borotba ("Lutte"). Dans les villes du Sud-Est ont eu lieu des arrestations massives de militants anti-Maïdan, et des centaines de personnes sont maintenant derrière les barreaux. Le Service de Sécurité ukrainien recherche et arrête à présent nos camarades pour le simple fait de poster sur les réseaux sociaux (Facebook, Vkontakte), ce qui est qualifié de "propagande séparatiste".

    Dans ces conditions, les cellules de Borotba et d'autres organisations de gauche et antifascistes opèrent de manière semi-clandestine. Des dirigeants importants de ces organisations ont fait l'objet de représailles. Notre organisation ne peut plus désormais fonctionner que sur le principe du réseau - comme réseau de petits groupes autonomes menant l'agitation et la propagande et tentant d'organiser, tout en se protégeant des attaques des combattants néofascistes.

    L'activité d'une direction centrale de l'organisation est devenue impossible sur le territoire contrôlé par les autorités de Kiev - il y a un trop grand risque d'exposition d'un tel centre et d'une destruction de tout le réseau.

    urlCette situation engendre la nécessité d'un centre de coordination pour Borotba et autres organisations amies et groupes de gauche en dehors du territoire contrôlé par Kiev. Un exemple pour cela est le travail des sociaux-démocrates russes au début du 20e siècle, afin de créer un centre capable de coordonner l'action des cellules clandestines.

    Les activistes impliqués dans la lutte antifasciste en Ukraine, qui risquent l'arrestation, la torture et même la mort, doivent savoir qu'ils ne seront pas laissés sans refuge ni moyens de subsistance si besoin est, afin qu'ils puissent continuer à participer à la lutte pour libérer l'Ukraine des nazis.

    Conditions subjectives pour un Centre de soutien aux antifascistes d'Ukraine à Simferopol :

    Du fait de la répression des autorités de Kiev contre l'Union Borotba et d'autres organisations de gauche et patriotiques, de nombreux activistes ont été obligés à fuir le territoire ukrainien. Actuellement, environ 20 membres de Borotba originaires d'Odessa, de Dniepropetrovsk, de Kiev et d'autres villes, qui ont quitté l'Ukraine sous la menace d'arrestation et de violences, se trouvent dans la République de Crimée à Simferopol.

    Pour le moment, ces exilés antifascistes ne possèdent que leurs maigres ressources pour leur loyer et autres nécessités ; ils n'ont pas d'emploi d'autres sources de revenus. Dans le même temps, nos camarades ne veulent pas devenir des réfugiés ni recevoir la nationalité russe : il veulent retourner en Ukraine et vaincre le régime néofasciste.

    L'Union Borotba, sous la direction du député au Conseil régional d'Odessa Alexeï Albu et du coordinateur Victor Shapinov, a déjà commencé à coordonner Borotba et d'autres forces de gauche en Ukraine. Du 5 au 8 juillet, la première école pour activistes politiques s'est tenue près de Simferopol, à laquelle ont assisté 30 personnes qui avaient quitté l'Ukraine.

    Tâches pour le Centre de soutien aux antifascistes d'Ukraine :

    1. Coordination et gestion des cellules de Borotba et des organisations de gauche amies.

    2. Assurer des canaux de communication sûrs et faire parvenir des fonds aux antifascistes Ukraine.

    3. Former de nouveaux activistes politiques venant du mouvement de résistance dans le sillage des protestations anti-Maïdan. Créer un cadre solide pour les forces politiques de gauche, qui sera un élément essentiel du système politique de la nouvelle Ukraine libérée du fascisme.

    borotba 101800394 jpg 1 4. Créer un centre de presse des forces de gauche et antifascistes en Ukraine pour informer le public de la lutte sur le territoire contrôlé par les autorités de Kiev.

    5. Créer des supports de communication (tracts, vidéos etc.) à l'usage des forces de gauche et antifascistes en Ukraine. Gérer un vidéoblog permanent pour les forces de gauche en Ukraine, qui pourrait devenir une véritable chaîne online.

    6. Traduction des documents de la résistance antifasciste en langues étrangères. Permettre une prise de conscience internationale sur le combat des forces antifascistes en Ukraine. Diffuser une information précise sur la répression et les assassinats d'activistes.

    7. Tenir un registre des crimes et des violations des droits humains commis par le gouvernement de Kiev et les unités d'ultra-droite sous son contrôle.

    8. Faire le lien entre les forces de gauche en Ukraine et tout autour de la planète.

    9. Assurer l'évacuation des camarades ukrainiens qui risquent persécutions ou violences là où ils vivent et travaillent.

    Nous, les représentants du Centre de soutien aux antifascistes d'Ukraine, faisons appel à l'aide de tous les mouvements et de toutes les organisations progressistes comme des activistes individuels. TOUTE AIDE, même la plus modeste, sera appréciée dans toute sa valeur par les exilés antifascistes ukrainiens.

    http://www.workers.org/<wbr>articles/2014/08/04/anti-<wbr>fascist-center-launched-<wbr>ukraine/

    Le courant trotskyste de la Riposte, qui pratique l'"entrisme ouvert" au sein du PCF, a récemment publié un texte dans lequel nous retrouvons largement nos analyses : Thèses sur l’Ukraine

    Preuve qu'au-delà des petites chapelles idéologiques, la CONCEPTION CORRECTE DU MONDE se cristallise petit à petit sous l'effet des forces de l'histoire !


    [* Cette question de "Novorussie"/"Novorusses" a été très largement débattue, et non sans raisons. En effet, les cartes "ethnographiques" tendent à montrer que les véritables Russes (selon, sans doute, l'ancienne classification soviétique des nationalités) ne sont majoritaires qu'en Crimée (~ 60%) et dans quelques raïons (districts) du Donbass, de la région de Kharkov ou encore proches de la Moldavie (Boudjak). Mais alors, sur quoi (diable) repose donc cette (fichue) identité "novorusse" du Sud et de l'Est de l'Ukraine ? Eh bien, elle repose peut-être précisément sur cela : ni les Russes, ni les Ukrainiens ni qui que ce soit d'autre (Bulgares, Tatars, Roumains/Moldaves, Gagaouzes etc.) ne représentent une écrasante majorité de 90% ou plus dans ces régions. La caractéristique locale est justement le multiethnisme.

    Le bandérisme, cet ultra-nationalisme ukrainien fondé sur une "pureté" ethnique ukrainienne "plus-vraie-que-vraie", n'y fonctionne donc pas (sans même parler du fait que sa collaboration passée avec le nazisme, dans des régions martyres de la guerre d'extermination lancée par Hitler contre l'URSS, ne plaide pas en sa faveur...). Des idéologies au service de l'impérialisme russe telles que l'"eurasisme", le "panslavisme" (unité plus ou moins fédérale de tous les Peuples slaves) ou encore un certain "néo-soviétisme" peuvent y fonctionner - et de fait y fonctionnent ; mais le bandérisme, la population du Sud et de l'Est de l'Ukraine le vomit. Si l'Ouest (à 90 ou 95% ukrainien "ruthène") en veut, "tant mieux" pour lui ; mais au Sud et à l'Est on n'en veut pas, c'est ainsi.

    On notera que cette culture de coexistence nationale s'accompagne généralement d'un usage de la langue russe comme lingua franca ou plus localement (surtout le long du Dniepr - en orange sur cette carte) d'un dialecte populaire mêlant russe et ukrainien, le sourjyk ; d'où la confusion qui tend à s'installer entre russophones (notion linguistique), "pro-russes" (notion politique) et "Russes" au sens de la classification soviétique des nationalités (notion "ethnique"). La carte de l'usage principal du russe dans la vie quotidienne, ou encore celle des partisans de sa co-officialité (aux côtés de l'ukrainien) montrent ainsi des réalités notablement différentes de celle des pourcentages de Russes "ethniques".]

    1MaiBorotba

    Lire aussi (à titre informatif) le Manifeste du Front populaire de libération de l’Ukraine* qui donne une petite idée du niveau idéologique "moyen" de l'insurrection dans le Sud-Est ukrainien.

    On notera que :

    1°/ Il est sans doute permis de déplorer qu'une organisation marxiste révolutionnaire comme Borotba ait signé cet appel aux côtés de forces aux noms aussi peu engageants que "Garde slave", qui fleurent bon l'ultra-nationalisme russo-orthodoxe "cosaque" et "blanc", CEPENDANT

    2°/ Il est difficile de se poser en petit juge de ce genre de choses lorsque l'on ne se trouve pas et que l'on a même pas (à vrai dire) dans son champ du concevable la situation que connaissent actuellement ces militant-e-s : à quand remonte la dernière fois qu'en Hexagone, une quarantaine de personnes identifiées comme "rouges" ont été (de ce seul fait) brûlées vives dans un immeuble par des fascistes ? Depuis quand est-on arrêté (puis bien entendu sauvagement brutalisé en détention) pour des simples publications sur Internet ? Quand donc des déluges de bombes se sont-ils abattus, faisant des milliers de mort-e-s civil-e-s, sur une région ouvrière refusant d'être "restructurée" (un peu comme la Lorraine des années 1980) ? Pour se permettre de donner des leçons il faudrait déjà, pour commencer, avoir vécu ne serait-ce qu'un quart du dixième de cela ; et admettre également au préalable le principe absolu que des personnes progressistes ou révolutionnaires ont le DROIT de résister face à un gouvernement tel que celui de Kiev (pour le moment et sans doute par tactique politique, les forces de "Nouvelle-Russie" mêlent allègrement imagerie soviétique et nationaliste russe et ne s'attaquent pas aux "rouges") - cf. l'excellent article du Comité Anti-Impérialiste au sujet de la Palestine.

    3°/ Dans un tel contexte, des forces réactionnaires comme les "cosaques", "eurasistes" douguiniens, "nationaux-bolchéviks" et autres "panslavistes" deviennent de fait des "forces grises" intermédiaires, au même titre que les forces islamistes en Palestine : ce ne sont pas des "amis pour la vie", il faut garder sa méfiance (si une vraie question mérite d'être posée, c'est celle-là), mais elles ne sont pas pour le moment l'ennemi à combattre en priorité et peuvent même, dans certaines de leurs actions, servir objectivement le Peuple et les idées justes. Pour illustrer cela on signalera par exemple qu'à Zaporozhye, où elle est basée, la "Garde slave" a participé en février à la défense de la statue de Lénine - symbole que les nationalistes fascistes "EuroMaïdan" voulaient abattre avant de passer physiquement aux communistes eux-mêmes...

    4°/ Dans un tel contexte comme en Palestine, cf. là encore l'article du Comité Anti-Impérialiste, "les idées qu’ont en tête ceux qui résistent ne constituent pas la question principale. Ce qui compte c’est ce qu’ils font. Ce qui compte, c’est leur lutte objective. C’est le point de vue du matérialisme historique comme l’a magnifiquement montré Engels dans La guerre des paysans en Allemagne. Il faut participer à cette lutte objective pour influencer le combat dans un sens progressiste ou révolutionnaire. C’est là une des grandes leçons du marxisme"... Borotba ne fait donc qu'appliquer un principe marxiste élémentaire - avec quel succès, cela seul l'avenir le dira. De fait, le texte de la déclaration est très "réformiste radical" et montre bien que ce qui est déterminant c'est la pression des masses, de leurs aspirations, et ce que telle ou telle force est OBLIGÉE de dire et faire face à cela bien plus que ce qu'elle est et pense réellement dans son "logiciel" politique organique [il semblerait en fait que les principaux auteurs du texte soient les camarades de Borotba, la question qui se pose alors étant celle de la sincérité des autres signataires, dont il est toujours permis de douter mais voilà : cela a pu en tout cas leur être imposé]. Borotba n'est d'ailleurs absolument pas aveugle ni a-critique quant aux forces, tendances et activités droitardes du camp "novorusse" : l'organisation a ainsi dénoncé l'inscription de l'orthodoxie comme religion officielle dans la Constitution séparatiste, ainsi que l'usage par les "républiques populaires" de symboles réactionnaires comme le drapeau tsariste noir-jaune-blanc, emblème courant de l'extrême-droite russe. Autrement dit, Borotba mène AU SEIN MÊME du camp anti-bandériste la bataille idéologique entre la ligne rouge socialiste-prolétarienne et la ligne "blanche" national-chauvine, grande-russiste, cléricale, parfois même néo-tsariste etc. etc. qui mène forcément la résistance populaire "novorusse" et de toute l'Ukraine à la faillite !

    Un autre texte intéressant (bien qu'aux accents virulents et limite sectaires) est celui diffusé sous la forme d'un appel de plusieurs dizaines de groupes musicaux antifascistes de Russie, d'Ukraine même, d'Allemagne, de Biélorussie (soumise à un régime auquel un Donbass indépendant pourrait beaucoup ressembler), de Tchéquie etc. etc. : http://www.avanti4.be/actualite/article/ukraine-manifeste-de-groupes-de-musique-et-de

    Dans l'absolu nous ne pouvons que souscrire à 100% à un tel texte qui rejette tous les ethno-chauvinismes, les manœuvres impérialistes, les grands capitalistes, les fachos des deux bords... et les opportunismes de "gauche" (marxistes ou libertaires) vis-à-vis d'un camp comme de l'autre. Mais il nous semble néanmoins faire gravement l'impasse sur les légitimes aspirations et inquiétudes populaires sur lesquelles "surfent" l'impérialisme russe et ses agents/mercenaires (celles qui s'exprimaient à Maïdan, sur lesquelles ont surfé les nazillons et les thatchériens de Kiev et de l'Ouest, sont quant à elles désormais hors-jeu et la mairie de Kiev a ordonné l'évacuation manu militari des derniers campeurs de la place). Ce point de vue, en somme, présente une vision idéale que n'importe quelle personne progressiste ne peut que partager ; mais IL N'EST PAS MATÉRIALISTE quant à la manière d'affronter concrètement la situation concrète telle qu'elle est (c'est-à-dire épouvantable), contrairement au texte du Comité Anti-Impérialiste si on le transpose de la Palestine à l'Ukraine. Nous avons été, à vrai dire, très proches d'un telle position au début (chute de Ianoukovitch, début de la partition du pays, annexion russe de la Crimée) mais désormais les choses ont évolué et quelle que soit l'activité réelle de l'impérialisme russe (à ne pas confondre avec ce que dit la propagande occidentale et de Kiev), il y a clairement selon nous un OPPRESSEUR et un OPPRIMÉ, à commencer par des militant-e-s se revendiquant comme nous du communisme et qui sont persécuté-e-s (et forcément, là où il y a oppression il y a résistance). La situation a suivi de fait l'évolution inverse de la Syrie, où il y avait au départ un soulèvement populaire tout à fait légitime (contenant des progressistes et même des marxistes) contre un régime réactionnaire (qu'il ait été "progressiste" il y a 40 ou 50 ans ne change rien), antipopulaire, assassin et corrompu, mais où il n'y a plus aujourd'hui aucune force en présence (régime, opposition "modérée" ou djihadistes) à défendre.

    Si la situation en Ukraine, comme tout pouvait hélas le laisser craindre, a pris une tournure yougoslave et que les ethno-chauvinismes et leurs parrains impérialistes des deux bords sont également à rejeter et blâmer, c'est bien le Donbass qui apparaît dans la position de Sarajevo et la "Garde nationale" ("machine à recycler" les nazillons du Pravyi Sektor) dans celle des milices serbes plutôt que l'inverse. C'est bien du côté pro-Kiev que l'on observe au quotidien la volonté de "nettoyer" l'Ukraine d'une de ses nationalités, en l'occurrence la "russe" (voir ici cette députée de Svoboda visitant une école maternelle dans l'Ouest et disant aux enfants à nom "russe" qu'ils vont "bientôt devoir partir à Moscou" : https://www.youtube.com/watch?v=w3R3pMtL3eo) mais rien ne garantit guère (non plus) le sort des autres ; tandis que la déclaration du "Front populaire de libération" affirme et revendique la multinationalité de l’État. Et si l'on accueille favorablement l'argument (que l'on trouve par exemple sur un forum trotskyste) selon lequel "ce type d'alliance (avec des forces réactionnaires ou "fascistes") se retourne toujours contre les communistes et les travailleurs" qui s'y livrent, alors les marxistes et les progressistes ukrainiens qui auront été opportunistes ou "neutres" vis-à-vis du Pravyi Sektor et du nouveau régime de Kiev sont beaucoup plus proches de l'anéantissement que ceux qui "soutiennent" la rébellion "pro-russe" !

     

    * Fréquemment accusé d'être "un faf", l'auteur du site est en réalité proche du parti "rooseveltien" Nouvelle Donne de Pierre Larrouturou.

     


  • Commentaires

    1
    Mardi 2 Septembre 2014 à 10:00

    Ce n'est pas vraiment l'impression que nous avons, quand on voit un intellectuel aussi influent que Gabriele Adinolfi prendre position pour les nationalistes ukrainiens http://www.scriptoblog.com/index.php/component/content/article/60-le-meilleur-du-web/geopolitique/1303-certaines-choses-ne-s-achetent-pas-pour-le-reste-il-y-a-mastercard-par-gabriele-adinolfi-traduction-exclusive-pour-le-c-n-c

    Adinolfi = Casapound c'est à dire une référence à peu près aussi importante pour les fascistes qu'Al-Qaïda pour les islamistes.... Il "règle" d'ailleurs d'un trait de plume la question de la Russie en disant "il y a ceux qui se demandent en toute bonne foi : mais ne sommes-nous pas avec Poutine ? Oui, en russophiles, non en tant que Russes, ni en tant qu'agents russes. Nous sommes avec Poutine en tant qu' alliés potentiels et non comme des esclaves" et la question du "mondialisme" du nouveau pouvoir ukrainien en sous-entendant que Svoboda et Pravyi Sektor y sont eux aussi opposés et en disant que "la rue, dominée par le Praviy Sektor, a poussé Yulia Timochenko à la retraite anticipée en lui faisant retirer sa candidature et a clairement fait savoir que l'Ukraine n'est pas disposée à devenir une colonie américaine. C'est toujours le Praviy Sektor qui a réussit à faire rejeter la candidature au poste de Premier ministre du champion des Américains, Vitaliy Klitchko"...

    De fait même la presse bourgeoise tend à indiquer qu'il y a plus de Français d'extrême-droite du côté de Kiev que du côté pro-russe http://www.franceinfo.fr/actu/europe/article/un-francais-parti-combattre-les-pro-russes-en-ukraine-temoigne-548509 http://verslarevolution.hautetfort.com/archive/2014/03/14/la-cause-de-l-ukraine-est-notre-cause-5322550.html (attention site faf "occidentaliste")... une dizaine seraient avec Besson côté kievite et seulement 4 avec Lenta côté Donbass.

    C'est que tu oublies, je pense, que chez les fascistes il y a aussi une "majorité silencieuse" qui ne fait pas autant de bruit et de buzz que certains agités "nationalistes révolutionnaires"... Des centaines d'anonymes "internationalistes de droite" et des milliers de leurs admirateurs qui écoutent Jean-Pax Méfret en boucle en se racontant (ou écoutant raconter) leurs exploits du Liban avec les maronites, du Laos avec les Hmongs, de Croatie avec les néo-oustachis ou de mercenaires dans tel ou tel conflit africain... et dont le penchant naturel serait plutôt la "défense de l'Occident" et par conséquent de nationalistes qui veulent se tourner vers lui contre la Russie.

    Ceux qui veulent un alignement de l'impérialisme BBR sur la Russie, eux, font forcément du bruit parce que ce qu'ils revendiquent est une révolution géopolitique.... Donc à peine arrivés sur place, même pas tiré le premier coup de feu qu'ils cherchent les caméras pour faire passer le buzz : il y a des "patriotes français" aux côtés des "résistants du Donbass" !

    Globalement dans cette affaire ukrainienne, je dirais que c'est mathématique : une fois que tu as enlevé tout ce qui est "à somme nulle", c'est à dire aussi réactionnaire et fascistoïde d'un côté que de l'autre, que reste-t-il ? Il nous reste d'un côté quelque chose qui ressemble à du Thatcher en pire (des communistes et des progressistes sont arrêtés et parfois tués ! en fait il serait plus exact de dire "du Thatcher employant le BNP comme milice"), et de l'autre quelque chose qui ressemble (les armes à la main en plus) aux mineurs britanniques de 1984-85 combattant Thatcher et défendant le (fort éloigné du socialisme léniniste) modèle social d'avant 1979...

    C'est ce qui explique, sans épargner les critiques même aux forces les plus proches de nous comme Borotba, notre position plutôt "pro-pro-russe".

    2
    Vendredi 5 Septembre 2014 à 17:04

    Disons que j'ai pensé que ce n'était pas en adoptant leur ton agressif et excommunicateur, autrement dit en se mettant à leur niveau qu'on ferait avancer les choses.

    3
    Pascal
    Jeudi 25 Décembre 2014 à 20:25
    A ma connaissance, les fachos européens ne sont pas divisés entre prorusses et pro-ukrainiens: la quasi totalité sont prorusses. Le gouvernement de Kiev serait un instrument de la "ploutocratie américano-sioniste". Ils insistent lourdement sur les prétendues origines juives de Ioulia Timochenko et de Vitali Klitschko. Quant à l'Ukraine, elle aurait été créée de toutes pièces par Lénine avec des morceaux de Pologne et de régions tatares, l'ukrainien n'étant qu'un patois (ça ne vous rappelle rien ?).
    Le cas Chauprade divise davantage les fachos (certains l'assassinent !).
    4
    Gorri
    Jeudi 25 Décembre 2014 à 20:25
    Je te trouve indulgent avec ce dernier texte "antifasciste" honteux et ignoble !
    Non seulement il nie carrément le soutien massif des masses du Donbass aux Républiques, leurs aspirations, les mesures progressistes déjà adoptées, et le rôle et l'influence des communistes et révolutionnaires qui ont loin d'avoir fini de pousser et lutter en ce sens, mais en plus il ment et accuse ignoblement les antifascistes de l'assassinat de civils, de crimes de guerre et génocide, alors que même la presse bourgeoise est obligée d'avouer du bout de lèvres que ce sont les fascistes qui bombardent le civils, et rien de tel sur l'autre camp, si ce n'est la tentative assez foireuse avec l'attentat contre l'avion de la Malaysia Airlines, et que les bombardements d'immeubles entiers de civils (et la a minima non-persécution des révolutionnaires et minorités, ce qui est la définition du progressisme), sont précisément le principal critère, si ce n'est le seul, pour choisir son camp, en dépit de la présence de l'impérialisme russe (ce qui nous fait précisément prendre une position de "ni ni" sur la Syrie). Sur ce point la situation est encore plus claire que lors de la Seconde guerre mondiale, avec les centaines de milliers de civils assassinés par les bombardements des impérialistes franco-anglo-US, pas qui espérons-le ne sera pas franchi par l'impérialisme russe en Ukraine .
    On peut par ailleurs aussi leur rappeler la présence de royalistes, antisémites, croix de feu dans la Résistance...
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