• Sur Sultan Galiev et les nationalités musulmanes en URSS (article de Période)


    Article plutôt trotskyste de toute évidence, c'est-à-dire donc un peu gonflant dans le Staline-ceci-Staline-cela (la bonne vieille personnalisation trotskyste de tous les problèmes de l'expérience soviétique quoi, oubliant soigneusement les racines desdits problèmes dans la période pré-1922 où Trotsky dirigeant de l'Armée rouge était le n°2 de l’État - genre Zinoviev il était bien "trotskyste" non ? Zinoviev du Congrès de Bakou, dont Sultan Galiev avait déjà été écarté... et en matière de "primauté absolue de la révolution prolétarienne en Occident sur la révolution coloniale", vous m'excuserez mais bon, Trotsky... si c'est le même Trotsky qui s'est pris dans les dents par Lénine, sur la question paysanne, des critiques tout à fait transposables aux nationalités paysannes des 'marges impériales'... bon j'arrête là).

    Mais bon, BEAUCOUP DE CHOSES TRÈS VRAIES AUSSI... qui par conséquent ne plairont pas au camp (par contre) des "adorateurs". Désolé. "Adorateurs" qui ne manqueront (peut-être) pas de venir avec leurs Sultan-Galiev-ceci-Sultan-Galiev-cela, comme si une pensée de la PRIME ENFANCE du marxisme appliqué à la révolution anticoloniale pouvait être parfaite et exempte d'erreur : BIEN SÛR qu'à la simple lecture de ce document, qui ne cache rien ou pas grand-chose, on voit bien qu'il y a des choses qui ne vont pas. Mais il faut (dans la vie) savoir contextualiser les choses, en ayant par exemple à l'esprit qu'il s'agissait là d'une des premières tentatives de "parler le marxisme dans la langue des peuples colonisés".

    Notion de première tentative que nous n'avons (nous "mao-stals") pas de mal à rappeler au sujet de Staline, lorsque nous répliquons avec les mots de Mao que "certaines (erreurs) étaient difficilement évitables en l'absence de tout précédent dans la dictature du prolétariat auquel on pût se référer"...

    L'on pourrait encore par exemple parler de Mariátegui, autre pensée fondamentale (pour l'Amérique latine - en particulier andine - cette fois) de cette "traduction du marxisme en langue colonisée", qui n'a pas non plus été exempt de trucs tendancieux, comme ses propos peu amènes sur les Afro-Péruviens ou le fait qu'une fois caractérisée l'arriération économique du pays (comme reposant sur la question agraire qui est aussi une question coloniale et indigène), il voit comme principal problème de celle-ci qu'elle "ne permet pas une véritable immigration européenne", propos bien dans l'esprit et cherchant (sans doute) à se conformer aux marxistes locaux de l'époque, marxistes généralement criollos (BLANCS) qui appelaient de tous leurs vœux cette immigration européenne vue comme une importation de travailleurs à qui ils SAVAIENT PARLER... bref, si on veut lui chercher des poux on en trouvera ! Mais tout ceci n'empêche aucunement qu'il ne nous vienne PAS UNE SEULE SECONDE À L'ESPRIT de nier le géant de la pensée marxiste qu'a été Mariátegui. Alors pourquoi lui et pas un autre ?


    L’idée du communisme musulman : à propos de Mirsaid Sultan Galiev (1892-1940) – Période

    L’idée du communisme musulman : à propos de Mirsaid Sultan Galiev (1892-1940) Matthieu Renault À travers…
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  • Commentaires

    1
    Pascal
    Dimanche 4 Décembre 2016 à 19:14

     "tous les peuples musulmans colonisés sont des peuples prolétariens".

    Il n'y avait pas de classes chez eux ? Ce concept de "nation prolétaire" sera repris par les fascistes italiens et allemands.

    "L’Islam a été et demeure une « religion opprimée, acculée à la défensive"

    A relativiser ! L'Empire Ottoman fut longtemps la première puissance mondiale (ce qui ne l'empêchera pas d'être l'Etat le plus arriéré d'Europe). Quelques années auparavant, Arméniens et Assyriens s'étaient rendus compte qu'il était encore dangereux !

    D'après les derniers paragraphes, ce que voulait Galiev, c'était ni plus ni moins que remplacer une hégémonie par une autre. Cela aurait pu cadrer avec ce qu'avait dit Radek (une sorte de pute que moins on voyait , mieux on se portait disait Rosa Luxemburg) au Congrès de Bakou où il avait fait très fort :

    "Nous faisons appel, camarades, aux sentiments guerriers qui inspirèrent jadis les peuples de l'Orient, quand, guidés par leurs grands conquérants, ils s'avancèrent vers l'Europe."

    Pour ce qui est de Mariateguy, il constate que la race noire s'est trouvé prise dans un système oppressif et archaïque devenu  depuis longtemps un frein au progrès, ce dont elle se serait passée. Je ne pense pas qu'il adhérait à l'idée qu'elle était inférieure.

    2
    Lundi 5 Décembre 2016 à 08:39

    Le concept de "nation prolétaire" n'a pas été "repris" : il est antérieur et il est de Enrico Corradini, un mec bien classable à droite, pas jouant sur l'ambigüité comme pouvait le faire Mussolini au début.

    La petite différence c'est que l'Italie était un pays impérialiste certes faible, "en haillons", frappé par une émigration qui n'est pas normalement celle d'un pays impérialiste (peut-être parce qu'elle avait, en quelque sorte, des colonies À L’INTÉRIEUR : Deux-Siciles, Sardaigne, Alpes profondes, bref tout ce qui n'était pas la Plaine du Pô)... mais néanmoins un pays impérialiste, pour lequel Corradini revendiquait sa "part" dans le partage du monde.

    Je ne crois pas qu'on puisse comparer avec les nationalités musulmanes d'Asie centrale...

    C'est sûr que le principe est un peu interclassiste, mais j'ai bien dit que tout n'était pas parfait et que le sujet n'est pas de se prosterner devant Sultan Galiev.

    Je ne pense pas non plus que Sultan Galiev, dans les propos auxquels tu fais référence, parlait du 16e siècle. Mais bien de son époque, celle où il vivait.

    Mariategui, oui, en effet, ses propos sur les Noirs sont ambigus, ils se peut qu'il ne fasse que citer sans cautionner.

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