• Succès de la Marche de la Dignité + un article sur les luttes ouvrières colonisées-intérieures du début des années 1980


    Près de 10.000 personnes (3.500 selon la police... chiffres que pour le coup la "gauche" francouillasse reprend allègrement) ont marché ce samedi entre Barbès et Bastille à l'appel d'une longue liste de collectifs et d'organisations :


    http://www.politis.fr/Suivez-la-marche-de-la-dignite,32868

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    Succès de la Marche de la Dignité + un article sur les luttes ouvrières colonisées-intérieures du début des années 1980


    Cette Marche, dont le succès n'est donc pas en discussion d'un point de vue quantitatif, se voulait dans la continuité-rupture de celle ("pour l’Égalité") de 1983 dont le "cycle historique" est à présent complètement refermé - et donc, le point de départ d'un nouveau cycle.

    Avec une beaucoup plus nette dimension de lutte des classes ; autrement dit la compréhension que le racisme structurel qui "charpente" la société hexagonale est une superstructure (léguée par les siècles d'histoire) enrobant la surexploitation* dont le capitalisme a besoin, à côté de l'exploitation "normale", pour exister ?

    C'est ce que l'avenir nous dira - en attendant, la mobilisation telle qu'elle a été a suffi pour faire éructer hystérique (et dans un style 100% fasciste moderne) le très républicard délégué interministériel à la "lutte contre le racisme et l'antisémitisme", ainsi que bien évidemment les habituelles poubelles de l'histoire fourestiennes [et avec quelques jours de retard, car cela ne pouvait pas louper, nos chers et incontournables pseudo-"maoïstes" morano-zemmouro-onfraysiens (qui s'imaginent encore, visiblement, que quelqu'un peut prendre leur "orthodoxie communiste" et leurs délires de "complot qatari" au sérieux après ce qu'ils nous ont pondu début septembre)].

    Dans cette perspective, il sera toujours intéressant de lire ou relire cet article de la revue Contretemps montrant comment entre 1982 et 1984, la fameuse et très médiatisée Marche de l’Égalité avait occulté un autre phénomène - peut-être - bien plus profond : les très dures luttes menées dans les usines automobiles par les ouvriers (OS) amenés de l'Empire (néo-)colonial pour (justement) y être surexploités ; autrement dit les pères des "beurs" qui se faisaient flinguer par la police dans les cités HLM et qui avaient (donc) marché jusqu'à Paris pour réclamer la fin des discriminations.

    Histoire de se rappeler - peut-être - que derrière l'islamophobie, le racisme et les crimes policiers, les "quartiers" ce sont d'abord des prolétaires qui fournissent au capitalisme hexagonal la "dose" de surexploitation dont il a besoin pour fonctionner. Et en 1983, au sujet de ces luttes, les prédécesseurs P's' du triste sieur Clavreul évoquaient ni plus ni moins que... "la main de Téhéran" ou de Tripoli (comme aujourd'hui les pseudo-"maoïstes" du 'p''c''mlm' nous servent celle "du Qatar"... les mecs qui ont tout compris avec juste 30 ans de retard quoi). CQFD.


    Des grèves de la dignité aux luttes contre les licenciements :les travailleurs immigrés de Citroën et Talbot, 1982-1984

    Le début des années 1980 est une période de mutations profondes, à l'échelle internationale comme en France. Les élections respectives de Ronald Reagan et Margaret Thatcher annoncent le vaste tournant politique qui est alors en train de s'opérer, qui va faire de la décennie le grand cauchemar que décrit François Cusset1 à propos du cas français. Ce grand cauchemar se caractérise entre autres par la mise à l'index des utopies soixante-huitardes, le reclassement d'une partie des élites issues de l'extrême-gauche, et plus largement par le déploiement d'un consensus entre les principales forces politiques autour de la nécessité d'un programme économique néo-libéral.

    Si ce regard a posteriori est pleinement justifié, il ne saurait masquer un certain nombre de questions que des luttes sociales mettent au grand jour au début de la décennie. Parmi celles-ci, l'immigration, et plus particulièrement le devenir des populations immigrées ou héritières de l'immigration, est l'enjeu de nombreux conflits et mobilisations. Or, si la marche pour l'égalité et contre le racisme en décembre 1983 est demeurée dans les mémoires, faisant du beur de deuxième génération une figure médiatique, les grèves menées par les ouvriers immigrés de l’automobile de la région parisienne posent la question du devenir d'un salariat particulièrement dominé et exploité, dans une industrie en constante restructuration.

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    Succès de la Marche de la Dignité + un article sur les luttes ouvrières colonisées-intérieures du début des années 1980


    Ne pas oublier le meeting organisé par le Bloc Rouge à Aubervilliers, le 21 novembre à partir de 15h00.



    * L'on peut parler de SUREXPLOITATION lorsque l'on est à la limite permanente de ne même plus permettre la reproduction des conditions d'existence de la force de travail (c'est-à-dire du travailleur...). Une manière de fonctionner qui ne PEUT PAS être la manière générale du capitalisme, car si celui-ci produit c'est pour VENDRE (comment, sinon, dégager des profits et reproduire le Capital ?) et il a donc besoin d'acheteurs, qui ne peuvent pas être simplement 5 ou même 10% de bourgeois et autres personnes aisées. Il lui faut donc des personnes "simplement exploitées", c'est-à-dire à qui leurs revenus laissent une "margeounette" pour consommer. Mais pour que ces personnes puissent exister et exister en quantité conséquente, il est NÉCESSAIRE que d'autres, sur le territoire qu'une bourgeoisie donnée contrôle, soient dans ces conditions de surexploitation (ce qui signifie, en substance, définir et assigner à cette position des "ultra-pauvres" pour que puissent exister des "moins pauvres", que l'on pourra en sus aliéner en leur disant qu'ils ne sont "pas les plus à plaindre").

    [Attention cependant : la surexploitation, vouée à dégager un profit maximal sur investissement (surprofit), intègre aussi des considérations de productivité du travail, de développement technologique (augmentant la productivité) ainsi que d'établissement de situations de monopole (réduction radicale voire élimination pure et simple de la concurrence : quoi de mieux pour les affaires ?). Ceci peut entraîner des situations paradoxales : ainsi par exemple, on imagine difficilement plus surexploités que les esclaves africains des colonies européennes en Amérique ; puisqu'il suffisait souvent de les maintenir en vie quelques années pour tripler ou quadrupler l'investissement représenté par leur achat ("gagner leur tête" disait-on à l'époque). Sauf que voilà : 1°/ comme déjà dans l'Antiquité, la productivité de personnes privées de toute liberté et non-rémunérées pour leur travail s'avérait finalement médiocre comparée à celle d'un travailleur libre, 2°/ pour ces mêmes raisons de productivité, ainsi que pour de simples raisons de sécurité, il était difficile voire impossible de concentrer des centaines et des centaines voire des milliers d'esclaves sur une même plantation (ce qui gênait donc la concentration du travail, et allait contre la constitution de monopoles), 3°/ cette méthode productive était difficile pour ne pas dire impossible à mettre en œuvre en dehors du secteur agricole (certes indispensable à l'économie mais dont la valeur ajoutée, même en agriculture extensive, reste somme toute modeste), dans l'industrie en plein essor notamment, 4°/ elle était incompatible avec le progrès technologique (mécanisation de l'agriculture), voué de toute façon à la faire disparaître, 5°/ les esclaves, qui représentaient le tiers de la population dans le Sud des États-Unis et 80% ou plus dans les Caraïbes, ne pouvaient pas (cf. ce que nous avons dit plus haut) représenter un marché (débouché commercial pour la production) de manière significative. Ce sont toutes ces raisons (et l'on pourrait encore sans doute en citer d'autres), et non des considérations d'"humanité", qui ont amené au 19e siècle les bourgeoisies européennes et américaines à pencher majoritairement en faveur de l'abolition de l'esclavage, bien que celui-ci représentât (à première vue) la forme d'exploitation la plus totale (et donc le profit maximal tiré de la force de travail) que l'on puisse imaginer. Si l'on adopte une vision "arithmétique" de la définition marxiste "classique" de la surexploitation, les paradoxes ne manquent de toute façon pas : les travailleurs les plus exploités pourraient ainsi bien être, par exemple... les footballeurs, si l'on mettait en perspective leurs (multimillionnaires) revenus annuels avec ce qu'ils rapportent à leurs clubs. C'est pourquoi une vision plus "humaine", basée sur la notion de reproduction des conditions d'existence, nous a semblé plus appropriée.]

     


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