• Rien de particulier à ajouter au sujet des derniers évènements...


    ... que ce que nous avions déjà pu écrire à l'époque des attentats de janvier - voir nos archives de ce mois, dont pratiquement 80% des articles avaient été consacrés au sujet. D'autant qu'il risque d'y avoir un réel danger, bien plus que de se trouver dans le champ de tir d'un nouveau carnage... à communiquer sur ce qu'il s'est passé d'un point de vue révolutionnaire : rappelons que l'état d'urgence vient d'être proclamé pour une durée indéterminée sur tout le territoire hexagonal et la Corse.

    Nous avions même à vrai dire, dans un paragraphe, annoncé ce qu'il vient de se produire - que des éléments djihadistes ne frappent pas des cibles précises mais au hasard dans la rue, non pas avec des charges explosives au résultat toujours aléatoire (comme l'ont encore montré les attaques du Stade de France) mais avec des armes automatiques de guerre... que des fascistes "bien d'chez nous" se chargent de leur fournir :

    "Il y a une dernière chose que l'on pourrait nous rétorquer, c'est l'"angélisme" : "mais enfin c'est fou, vous êtes complètement inconscients, il y a des gens qui se baladent avec des armes automatiques et qui ont déclaré la guerre à notre société", ou alors "ça ne vous choque quand même pas un peu ce qu'il s'est passé ?"... Eh bien, rassurez-vous : si ce qui précède (être "conscient", être "choqué") est une manière (un peu piètre au demeurant...) de dire "avoir peur", OUI comme tout-e un-e chacun-e nous avons peur (sentiment humain qu'il serait ridicule de vouloir dissimuler), OUI la perspective qu'un prochain "carton" à l'arme de guerre se déroule à l'aveugle en pleine rue au moment où nous passons par là nous a effleuré l'esprit... Mais nous n'avons pas "peur" QUE des "z'islamistes" et pas que depuis hier ou depuis quelques semaines. Nous avons commencé l'année 2015 en disant que "la relative insouciance du début du siècle est désormais loin derrière nous, la seconde moitié des années 2010 qui commence annonce des temps difficiles mais aussi décisifs" ; nous sommes conscients depuis des années que nous allons chaque jour un peu plus vers une société qui se désintègre et plonge dans la nuit noire de la Réaction sous l'effet de la crise générale du capitalisme ; que nous vivons (bien malgré nous !) dans un pays en guerre sur une planète en guerre mondiale non-déclarée (guerre de repartage du monde qui est la norme depuis plus d'un siècle, la paix étant l'exception)... La "menace" pour nous ne se résume pas (malheureusement) à quelques barbus armés de kalachnikovs, elle s'appelle aussi fascisme, État policier etc. etc. ; et encore, dans notre Hexagone occidental, comparé à certains pays nous ne sommes pas les plus à plaindre. Nous sommes des militants politiques de la révolution, nous voulons libérer l'humanité de ses oppresseurs et rien que cela implique (sans même avoir le dire, comme l'air que l'on respire) de craindre pour soi et pour ses camarades à chaque instant. C'est sans doute, à vrai dire, ce que n'avaient justement pas compris les malheureux de Charlie Hebdo : le monde du 21e siècle dans lequel nous vivons N'EST PAS UNE BLAGUE !"

    Nous disions donc, aussi, que OUI l'horreur des victimes innocentes et que OUI nous aussi avions ce sentiment humain de peur devant l'éventualité de telles choses ; mais voilà : nous vivons dans un État capitaliste-impérialiste français (auquel ses ennemis nous assimilent) EN GUERRE et, alors que nous venons de "fêter" comme chaque année le 11 novembre, nous pouvons quelque part nous estimer "heureux" "niveau morts", avec 17 en janvier et (donc) 130 avant-hier et non des milliers chaque jour comme nos aïeux dans les tranchées il y a un siècle ; que les villes ne soient pas pilonnées par une Grosse Bertha ou pire, comme lors de la guerre suivante, par des bombardiers ; peut-être parce qu'aussi réactionnaire soit-il l'adversaire de "notre" État n'est pas un autre État impérialiste (avec les moyens dont ceux-ci disposent) mais un "État" "islamique" de facto et "artisanal" retournant le cerveau de lumpen asociaux décomposés et de rebuts du capitalisme extra-légal pour en faire des "bombes humaines" et remplacer l'aviation militaire qu'il n'a pas.

    Manuel Valls a déclaré en janvier que "la France était en guerre" (elle l'est en réalité depuis longtemps : l'impérialisme BBR est partie prenante de la "4e Guerre mondiale" en cours depuis la fin de la "3e" - la Guerre froide ; et les populations des pays concernés en savent quelque chose !) ; et en proclamant "#JeSuisCharlie" beaucoup ont acquiescé à cela. Sauf que beaucoup (au moins deux générations, en fait) n'avaient également aucune idée de ce que signifie le mot "guerre"... et le découvrent brutalement aujourd'hui.

    Il faut tout simplement nous faire à l'idée que nous ne pouvons pas faire grand-chose pour empêcher les morts, ni ici... ni là-bas, mais que nous pouvons en revanche assumer comme nos prédécesseurs d'il y a un siècle la position qu'aucun des deux camps analysés par nous comme pareillement réactionnaires n'est le nôtre et que nous les rejetons tous les deux (refusant aussi bien l'"union sacrée" prônée par toute la gauche républicarde bourgeoise et ses appendices du 'p''c''mlm' que l'idée allumée de quelques sectouilles - comme la Ligue trotskyste ici - de soutien "anti-impérialiste" à Daesh*), la seule guerre qui puisse être la nôtre étant celle de nos camarades kurdes, turcs et autres internationalistes qui en Rojava combattent RÉELLEMENT Daesh et ce avec et pour un véritable projet révolutionnaire d'émancipation.**

    Au demeurant, l'on rappellera encore une fois qu'à la veille de cette Grande Boucherie dont nous venons de commémorer la fin, celui qui allait en être l'un des plus célèbres opposants et payer cela de sa vie... annonçait lui aussi déjà ce que nous sommes en train de vivre :

    "La politique de rapine et de conquête produit ses effets. De l’invasion à la révolte, de l’émeute à la répression, du mensonge à la traîtrise, c’est un cercle de civilisation qui s’élargit. Nous n’avons décidément rien à envier à l’Italie, et elle saura ce que valent nos pudeurs.
    Mais si les violences du Maroc et de Tripolitaine achèvent d’exaspérer, en Turquie et dans le monde, la fibre blessée des musulmans, si l’Islam un jour répond par un fanatisme farouche et une vaste révolte à l’universelle agression, qui pourra s’étonner ? Qui aura le droit de s’indigner ?"

    Difficile d'être plus limpide et prophétique avec plus d'un siècle d'avance (si l'on voulait résumer le djihadisme en deux citations, il suffirait d'ajouter à celle-ci "le vieux monde se meurt, le nouveau tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres" de Gramsci et tout serait dit).

    Et difficile, en vérité, de dire les choses plus clairement que ce slogan "viral" qui a surgi sur les réseaux sociaux : "LEURS GUERRES, NOS MORTS".

    Rien de particulier à ajouter au sujet des derniers évènements...

    Il faut réellement soutenir de toutes nos forces ce mouvement "Leurs guerres, nos morts" qui émerge, afin de barrer la route au nouveau "#JeSuisCharlie" au parfum d'état d'urgence permanent qui se profile (lire aussi ici, édifiant, ou encore ici - datant déjà de janvier - sur l'éventualité d'une "chasse aux théories du complot" qui - sans vouloir le moins du monde défendre ces dernières - pourrait bien vouloir dire interdiction de toute opinion, de toute réflexion et remise en cause, bref de tout "penser avec sa tête" en dehors du discours officiel sur les évènements en cours).

    Ceci n'a absolument rien de surréaliste... puisque c'est exactement le type de saine réaction qui a conduit dans l’État espagnol, après les attentats-massacres de mars 2004, à la chute du gouvernement Aznar (qui avait même un temps misérablement tenté d'incriminer les Basques...) lorsqu'il est apparu que ces attaques étaient une réponse djihadiste à son engagement militaire en Irak, rejeté à l'époque par 90% de la population ibérique (le gouvernement PSOE de Zapatero, vainqueur des élections trois jours plus tard, ordonnera le retrait des troupes et depuis lors il n'y a plus eu d'attaque "islamiste" majeure - même déjouée - dans l’État espagnol, alors même que celui-ci avait encore des forces engagées en Afghanistan... comme quoi les choses étaient totalement liées contrairement à la merde que débitent encore une fois les tristes sires "matérialistes" finkielkrau-onfraysiens - que plus personne ne peut de toute façon prendre au sérieux comme nous l'avons déjà dit***) [Lire ici le très bon article de Quartiers Libres qui fait lui aussi le parallèle et évoque également la difficulté, ici en "France", d'un simple "changement" par les urnes comme en "Espagne"... vu que "nos" "Zapatero" sont déjà au pouvoir (quelle peut alors être l'"alternative" ?)].


    TELLE EST LA SEULE LIGNE PROGRESSISTE ET RÉVOLUTIONNAIRE CORRECTE !


    Revue de presse communiste, progressiste et colonisée-intérieure :

    http://drapeaurouge.over-blog.com/2015/11/sur-les-attaques-en-region-parisienne.html

    http://www.vp-partisan.org/article1535.html

    https://bouamamas.wordpress.com/2015/11/15/un-monde-immonde-engendre-des-actes-immondes-ne-pas-renoncer-a-penser-face-a-lhorreur/

    https://quartierslibres.wordpress.com/2015/11/14/on-serre-les-dents-on-serre-les-rangs-on-tient-la-ligne/

    https://quartierslibres.wordpress.com/2015/11/16/leur-guerre-nos-morts-notre-reaction/ (très important à lire...)

    http://lmsi.net - Ce que les attentats nous font et ce que nous en faisons

    http://indigenes-republique.fr/attentats-de-paris-communique-du-pir/

    http://blogs.mediapart.fr/blog/enavant/141115/vos-guerres-nos-morts-julien-salingue

    https://www.npa2009.org/actualite/politique/vos-guerres-nos-morts

    http://alternativelibertaire45.org/attentats-de-paris-contre-leurs-guerres-nos-solidarites/

    http://orientxxi.info/magazine/ils-haissent-nos-libertes,0795

    http://www.contretemps.eu/interventions/va-t-en-guerre

    Leurs guerres, nos morts - déclaration unitaire AL, CGA, CNT-F, FUIQP, NPA, OCML-VP, PCOF (LO s’associe à la démarche de cet appel).

    [Colonies-tout-court et Peuples niés : À propos des attentats de PARIS - Communiqué de presse de l'UGTG (Gwadloup) ; ATTENTATS DE PARIS : MORTS POUR LE PÉTROLE (A Manca, Corsica) ; Communiqué de Breizh O Stourm - Bretagne en Luttes]

     


    * Car nous avons analysé que DaeshAl Qaïda et autres groupes liés (AQMI etc.) ne sont pas une résistance nationale islamisée contre une agression impérialiste (comme peuvent l'être le Hamas ou le Jihad islamique - qui ont condamné les attaques  - en Palestine, ou à la rigueur les talibans en Afghanistan) mais un PROJET IMPÉRIAL visant à donner, sous la forme du fameux "Califat", une base d'investissement-valorisation aux milliards de (pétro-) dollars de capitaux suraccumulés sur les rives du Golfe arabo-persique. Un projet dont la mise en œuvre nécessite une terreur de masse que seul un "islam" fondamentaliste wahhabite et takfiri ("excommunicateur", prônant l'extermination des "impies") est à même d'exercer tout en assurant la mobilisation de masse d'une partie suffisante de la population sunnite ; et dont les djihadistes recrutés dans les pays musulmans ou au cœur même des métropoles occidentales (sur un discours "anticapitaliste/anti-impérialiste romantique" ou autre) sont donc les soldats mais dont les "têtes pensantes"... et les "portefeuilles" sont dans les fortunes privées détentrices desdits milliards et/ou (éventuellement) les "États profonds" (services secrets etc.) des pétro-monarchies - les "États visibles", les dirigeants officiels, faisant quant à eux risette devant les Occidentaux qui sont les acheteurs de leur pétrole (donc les fournisseurs des milliards en question).

    Ce projet impérial, quelque part, peut faire penser à celui du Japon Meiji puis Shōwa dans les premières décennies du 20e siècle, par son mélange d'idéologie féodale fanatique (alliée à une rhétorique "anti-impérialiste" anti-occidentale) et de moyens ultra-modernes ; la différence étant bien sûr que ce projet impérial japonais était alors conduit directement et officiellement par l'État, ce dernier étant à l'époque l'unique centralité du pouvoir capitaliste alors qu'aujourd'hui l'utilisation de forces mercenaires "proxies" et "fluides" est beaucoup plus courante (pour ne pas dire la norme, cf. toutes les "rébellions" en Afrique etc.) dans les conflits entre impérialismes et/ou centres de concentration capitalistique - d'où la non-comparabilité des moyens... et heureusement : si les djihadistes avaient une aviation, nous prendrions vraiment ce qui s'appelle "cher" !


    ** Et si vous ne voulez vraiment pas (si vous êtes vraiment "chauds" pour ne pas) laisser les victimes innocentes impunies... Rojava vous attend pour les venger ! Combattre le fascisme takfiri oui, mais dans une démarche révolutionnaire ; car le faire dans l'"unité nationale" avec l'impérialisme ne mènera qu'à l'"éternel retour" du problème !! Et même sans parler de prendre les armes (ce que l'on serait foutu de nous reprocher, comme cela s'est produit dans l’État espagnol, alors que nous sommes censés - n'est-ce pas ? - combattre les "mêmes" criminels) : développer par tous les moyens la solidarité MATÉRIELLE avec les cantons démocratiques confédérés du Kurdistan libre (Rojava) ; et aussi et même SURTOUT avec les camarades révolutionnaires de l’État turc et pourquoi pas, via les forces communistes d'Inde ou du Bangladesh, du Népal ou encore des Philippines, avec les prolétaires immigrés semi-esclaves des pays du Golfe pour en finir avec les gros porcs qui y règnent et sont amplement derrière tout cela ; voilà des choses qui sont faire partie de la solution et non du problème !


    *** Pour apporter tout de même quelques réponses à ces élucubrations erronées donc dangereuses (vouées, en réalité, à amener sciemment les personnes attirées par le communisme et le maoïsme vers tout ce qu'il ne faut pas penser ni faire - refus de la juste ligne "Leurs guerres, nos morts" ici et en même temps rejet gauchiste de la lutte des Kurdes là-bas) :

    - Si l'on peut affirmer en effet, dans un contexte de décadence totale et terminale du capitalisme, qu'il y a une tendance à la barbarie nihilisto-fasciste inévitable chez au moins plusieurs milliers d'individus sur des populations de plusieurs millions ou dizaines de millions ; et qu'une telle chose ne pourra être résorbée qu'au terme de décennies de lutte révolutionnaire et de socialisme ; il n'en reste pas moins que l'absence de base sociale "morale" pour justifier les actes de ces éléments fait tout de même une énorme différence (lire notamment ici). Nous avons cité le cas "espagnol" mais même aux États-Unis, après l'inflexion apportée à la politique impérialiste par Barack Obama, les actes "islamistes" sont devenus beaucoup plus rares et isolés que les tueries à l'arme à feu par des individus "chtarbés" aux idées bien souvent "limite" ou carrément d'extrême-droite (et dans tous les cas, personne ne "bat" la police pour le nombre de victimes annuelles...).

    - L'"islamisme", devenu petit à petit nouvel ennemi global à partir des années 1980 (à l'époque c'était l'Iran... ou encore Kadhafi) et totalement après la disparition de l'URSS, est un "grand sac" qui veut absolument tout dire et rien du tout ; recouvrant un éventail extrêmement large d'idéologies et de pratiques très différentes bien que prétendant faire du même Coran leur "centralité". Un homme comme Mohamed Morsi en Égypte représentait ainsi une sorte de conservatisme moral "feutré" mêlé de populisme social et surtout (ce qui l'a perdu...) de "tiers-mondisme panislamique" impulsé notamment par le Qatar, toutes choses très éloignées de la doctrine de Daesh (bien que celui-ci puisse en reprendre des éléments), et ce sont... des salafistes fondamentalistes ultras liés à l'Arabie saoudite qui ont fait pencher le rapport de force en faveur du coup d’État militaire "laïc" contre lui. Dans bien des cas, comme nous l'avons dit, il s'agit de sentiments nationalistes islamisés après que les nationalismes dits "laïcs" se soient convertis en régimes corrompus, oligarchiques et valets de l'impérialisme (la rupture "moderniste" avec les commandements islamiques étant alors perçue par les masses comme la "source du problème") ; tandis que les massacres soviétiques en Afghanistan (mais aussi le soutien social-impérialiste au régime syrien d'Assad et à son jeu "trouble", au régime de Saddam Hussein en Irak etc.) se chargeaient de discréditer les idées communistes dans les pays majoritairement musulmans. Même des forces "maoïsantes" ont connu un tel phénomène. Chacune de ces forces doit être analysée et jugée dans son contexte ; selon la conception marxiste du monde c'est-à-dire non en fonction de ce qu'elle professe, mais de ce qu'elle FAIT (ainsi, avant de devenir "Daesh", ce qui était encore "Al Qaïda en Mésopotamie" jouait déjà un rôle néfaste et destructif au sein de la résistance patriotique irakienne, ce qui a d'ailleurs amené celle-ci à le combattre). Cette contradiction entre nationalisme islamisé (qui peut éventuellement frapper le sol d'un État impérialiste, mais uniquement dans le cadre d'un conflit précis où cet État est impliqué - comme l’État français en 1985-86 et 1995-96) et projet impérial beaucoup plus "ultra" et "apocalyptique" peut même expliquer les théories du complot sur le "11 Septembre jamais vraiment revendiqué" etc. etc. : il est vraisemblable que la direction d'Al Qaïda était traversée par ce clivage et loin d'être unanime sur la pertinence de l'opération (un peu comme pouvaient l'être le gouvernement et l'état-major japonais sur celle de Pearl Harbor !) ; d'où le fait que Ben Laden aurait évoqué sa responsabilité dans des vidéos (mais minimum trois mois après...) et autres "propos rapportés" mais qu'il n'y a jamais eu de communiqué officiel "estampillé" de l'organisation. Le même clivage a également pu être observé au Nord-Mali entre un nationalisme touareg ou maure "acheté" par l'argent du Qatar et une dimension "califale" plus "hors-sol" (liée socialement à la petite bourgeoisie de la contrebande transsaharienne). Daesh étant, comme on l'a dit, précisément né de l'aile expansionniste et "apocalyptique" d'Al Qaïda qui considérait l'Irak comme un champ de bataille mais n'en avait strictement rien à faire du pays, de ses habitants et de leur libération nationale (contrairement aux insurgés sunnites ex-baathistes islamisés et aux milices chiites de Moqtada al-Sadr, entre lesquels il a largement contribué à empêcher une unification déjà rendue difficile par le passif de l'ère Saddam). Pour de nombreux experts d'ailleurs, l'effroyable massacre de Paris montrerait bien plus une fuite en avant (alors que les revers, que vous pouvez suivre par exemple sur Nouvelle Turquie, s'accumulent sur le théâtre irako-syrien) qu'une démonstration de force (des experts, donc, et non un bouffon internétique prétendument "gardien de la science", affirment le lien avec la situation militaire en Irak et Syrie).

    - Nous sommes très intéressés d'apprendre que la féodalité dans les pays musulmans a été "imposée par l'impérialisme"... Il nous semblait pourtant que ces sociétés étaient justement, avant l'irruption de l'impérialisme européen, des archétypes de sociétés féodales (et non communautaires-primitives comme dans d'autres pays). C'est la bonne et simple raison (et pas une autre...) pour laquelle ledit impérialisme, s'il a effectivement pu s'appuyer sur la féodalité pour asseoir sa domination et obtenir la dose de surexploitation dont il a besoin et qu'il (précisément) recherche, est aussi entré et entre encore fréquemment en conflit avec elle, d'autant plus qu'il s'agissait d'une féodalité "forte" (organisée, "rationnelle", encadrée idéologiquement, "socialement cohérente") et même déjà "nid" d'un certain développement capitaliste endogène (du niveau de l'Europe médiévale, et que l'irruption impérialiste et l'installation d'un "capitalisme bureaucratique" à sa solde ont donc "bridé"). C'est ce qui explique qu'une espèce d'axe ou de "bloc historique" entre "féodalité récalcitrante" (en particulier religieuse !) aux "bienfaits de la civilisation" impérialiste et "capitalisme d'en bas" (endogène, émergeant spontanément des "entrailles" de la vie sociale) opposé au capitalisme "d'en haut" (bureaucratique imposé par l'impérialisme) puisse encore être, dans ces pays, la "centralité" de la résistance nationale (il en allait de même, au demeurant, pour tout un nationalisme prétendument "laïc" !) ; tandis que dans les pays où n'existait pas de véritable capitalisme embryonnaire (Afrique équatoriale et australe, Amériques) et où la semi-féodalité consiste en une évolution du rôle des autorités "traditionnelles" autochtones ("caciques") et (surtout) en la grande propriété... des colons d'origine européenne, des "missions" religieuses chrétiennes etc. etc. (base de l'ordre social rural en Amérique latine mais aussi très présents - fermiers/planteurs blancs - en Afrique donc là oui, la thèse manifestement "copiée" du maoïsme péruvien "tient la route"...), la "centralité" anti-impérialiste ne peut être que le Peuple des producteurs (la bourgeoisie nationale est petite et surtout faible) et les idées marxistes ne rencontrent pas d'adversaire aussi redoutable que l'"islamisme" [en Asie du Sud et de l'Est, sociétés comparables aux pays arabes en termes de "féodalité forte" abritant un "beau bébé capitaliste", les nationalismes anticommunistes se sont souvent "suicidés" dans un ralliement rapide et ouvert à l'impérialisme US et n'ont plus (dès lors) fait réellement "concurrence" au mouvement communiste qui a pu prendre le pouvoir dans de nombreux pays (Chine, Vietnam etc.) et connaître un grand développement dans d'autres (sous-continent indien), sauf à être anéanti par un grand massacre comme en Indonésie (... plus grand pays musulman de la planète au demeurant). Cela dit il existe en Inde un problème de fascisme hindouiste anti-musulman conduisant à une réaction d'autodéfense fondée sur l'islam, et les camarades maoïstes de là-bas appuient ce droit à la résistance même lorsque ces forces sont qualifiées d'"Al Qaïda" par le pouvoir en place].

    - Plus "fort" encore, Daesh se battrait, recruterait des combattants, achèterait des armes et autres équipements etc., bref dépenserait (et coûterait à ses financeurs) des centaines et des centaines de millions de dollars dans le seul but de... "revenir à la féodalité", autrement dit à un mode de production... moins productif que celui actuellement existant, qui comme système total (et non comme simple "niche de surexploitation") ne rapporterait pas un dollar de retour sur le multimillionnaire voire quasi-milliardaire investissement. Ceci n'a strictement aucun sens ; mais il est en même temps "interdit" de parler de Daesh comme de "dégénérés" relevant de la psychiatrie (ce à quoi - pourtant - l'idée d'"anticapitalisme romantique" surgi de nulle part, causé par rien et en réaction à rien, semble revenir...). C'est donc tout simplement absurde [sur ce en quoi consiste réellement le "modèle" de société du "Califat", lire ici un article (marxiste) très intéressant : http://ddt21.noblogs.org/?page_id=667 (première partie) et https://ddt21.noblogs.org/?page_id=728]. C'est en réalité (mais ceci est récurrent dans leur analyse pseudo-"marxiste orthodoxe" des révolutions bourgeoises et autres "Lumières") confondre "féodalité" et férocité relevant de mécanismes d'accumulation primitive et de la construction d'un État/Empire moderne avec 4 siècles de retard. Ce qu'évoque l'ordre social de Daesh ce n'est pas "l'Arabie du 7e siècle" ni l'Europe de l'An Mille mais l'Europe des 16e-17e siècles... qui est à la racine même de tout "notre" actuel ordre capitaliste mondial, avec "civilisation" et "Lumières" et tout le tralala ! Si les "meilleurs" djihadistes sont issus des milieux de la criminalité, c'est tout simplement parce que ces milieux sont des "experts" en mécanismes d'accumulation primitive : pillage, racket, expropriation, esclavage, soumission du "faible" par la force brute etc. Ce que l'Occident, finalement, ne supporte peut-être pas dans tout cela, c'est de voir sous ses yeux le "film" de sa propre naissance.

    - Quoi qu'il en soit, si le "fondamentalisme" est réellement une "expression de forces féodales (des pays arabes/musulmans) qui ont été en mesure de relativement se libérer du rapport avec le capitalisme bureaucratique" (ce que l'on pourrait à la rigueur voir comme une version extrêmement simplifiée de ce que nous disons), cela n'explique en rien comment des personnes d'une vingtaine ou trentaine d'années n'ayant JAMAIS vécu ailleurs que dans les plus capitalistes et ultra-modernes métropoles européennes deviennent des djihadistes (ceux qui frappent au cœur des pays occidentaux en sont désormais quasi-systématiquement natifs). Il y a l'aspect de décomposition nihiliste d'une frange plus ou moins marginale des classes populaires, que nous avons évoqué plus haut... mais qu'est-ce qui ENSUITE pousse précisément ces tendances nihilistes vers l'idéologie "fondamentaliste" du djihad et pas vers une autre, les amenant ensuite à "rencontrer" les moyens militaires mis à leur disposition par les financeurs de celle-ci (par exemple dans cette véritable "base militaire secrète" que serait le quartier de Molenbeek à en croire le 'p''c''mlm' et ses misérables appendices bruxellois) ; plutôt que de (comme d'autres nihilistes...) sacrifier des chats à Satan dans les cimetières, se livrer à la délinquance/criminalité individualiste (ce que beaucoup de djihadistes faisaient avant de le devenir) ou (quitte à mourir, comme le font les kamikazes) se détruire à l'alcool ou à la drogue, se suicider (éventuellement après un "carton" "apolitique") etc. etc. ? Là encore, la réponse suffit à elle seule à démentir le prétendu "non-lien avec les guerres impérialistes" de nos prétendus "maoïstes" - l'excellent article d'Orient XXI raconte par exemple comment l'un des tueurs de Charlie Hebdo disait s'être "radicalisé après avoir vu les - fameuses - photos d'Abu Ghraib", tandis que celui de Saïd Bouamama raconte comment il y a 30 ans les prédicateurs "radicaux" étaient déjà là... mais ne rencontraient strictement aucun public [nous ne nous étendrons pas, en outre, sur l'évidence du fait que les destructions et les centaines de milliers de victimes de l'agression impérialiste en Irak ont été dans les régions arabes sunnites (dès lors ultra-opprimées) le terreau de l'"État islamique" ; quant à Al Qaïda, en tant que "grand djihad mondial" contre l'Occident, elle est née au départ d'un refus de la présence militaire US sur la "terre sacrée" d'Arabie saoudite... autrement dit de la première Guerre du Golfe, à laquelle cette présence était liée ; guerre qui avait causé la mort de dizaine de milliers d'Irakiens avant d'être suivie d'un terrible embargo qui aurait fait selon toute vraisemblance un demi-million de victimes (principalement des enfants)].

    - Reproduction d'une réponse de notre part dans un débat sur Facebook (preuve que ce dont il est question ici est bien représentatif d'un véritable courant aux analyses dangereusement erronées, puisque la personne parlant d'"anticapitalisme romantique" ne relève nullement du 'p''c''mlm') :

    "L'"anticapitalisme romantique" comme analyse, c'est vraiment une misère de l'antifascisme. Comme discours mobilisateur à la rigueur oui, mobiliser en mettant en exergue le "temps béni" d'avant l'irruption des "croisés infidèles et des Juifs sionistes" ; un peu comme le Japon Shōwa jouait lui aussi sur les sentiments nationalistes et anticolonialistes en Asie. Ou comme le fascisme ici même : le capitalisme est en crise, le monde change trop vite et douloureusement, les gens veulent sortir de cela, s'ils regardent vers l'avenir cela veut dire vers le communisme, alors "on" les fait regarder vers un passé où "c'était mieux", longtemps l'Ancien Régime, aujourd'hui les Trente Glorieuses... Mais une fois que l'on a expliqué cela, on n'a rien expliqué du tout si l'on voit ce mouvement comme spontané et "sans tête", "crise de connerie/barbarie collective" et que l'on refuse de voir qui est derrière et l'entretient au service de ses buts.
    Le fascisme n'est en dernière analyse qu'un ensemble de moyens de mobilisation ("anticapitalistes romantiques" ou autres) dans un contexte de guerre mondiale déclarée ou pas. Guerre mondiale entre intérêts capitalistes bien entendu. Les dirigeants du Golfe font des risettes devant l'Occident, mais les capitalistes privés et les États profonds de là-bas sont en guerre contre lui parce que les milliards de pétro-dollars qu'ils gagnent "dorment" ou servent à construire des centres commerciaux géants (et climatisés s'il vous plaît) mais n'ont pas de terrain où s'investir et fructifier : ils cherchent donc à se "tailler" un tel terrain. Dans une guerre il faut des soldats et ces soldats vont donc être les djihadistes, mobilisés par l'"anticapitalisme romantique" ou le ressentiment anti-impérialiste ou tout ce que l'on voudra et chargés de conquérir des territoires.
    Et du côté de l'Occident, l'on va recruter des soldats et mobiliser une "opinion" derrière eux (avec des "faiseurs d'opinion" façon BFM) sur l'air de "ah du temps d'De Gaulle quand y avait pas tous ces Arabes" (en fait il y en avait déjà suffisamment pour en balancer 200 dans la Seine en une nuit, mais c'est pas grave) : "anticapitalisme romantique" là aussi si l'on veut, encore que la grande époque de référence ne soit plus vraiment pré-"Lumières" (pré-capitaliste, elle n'a jamais été...) comme du temps de Maurras où l'on regardait plutôt vers le règne de Louis XIV (encore que beaucoup regardaient aussi vers Napoléon, Maurras n'était pas non plus si hégémonique que cela dans sa défense de l'Ancien Régime).
    À un moment donné, comme l'enseigne le marxisme, il faut savoir aller au-delà de l'apparence pour comprendre l'essence..."

    - Chercher à disqualifier le mot d'ordre "Leurs guerres, nos morts" sous prétexte qu'il "émane du NPA" (pour être exact il a été lancé par Julien Salingue, effectivement membre du NPA et que nous tenons - nous ne savons pas si cela lui fera plaisir, mais nous imaginons que oui - pour le "nouveau Bensaïd"), et que ce dernier a mené campagne en 2012-2013 pour que l'impérialisme (!) arme les éléments démocratiques/séculiers de la rébellion syrienne (au mépris de toute notion de "compter sur ses propres forces" et de "c'est celui qui paye l'orchestre qui choisit la musique" ; sachant qu'en réalité un tel appui a existé mais en direction de forces tellement inconsistantes et sans base populaire qu'elles se sont désintégrées et que les équipements ont atterri entre les mains des djihadistes), relève pour le coup véritablement du "canular d'intellectuel vaseux" (comme disait un certain Joseph S. dont ils se réclament beaucoup). "Leurs guerres, nos morts" est la POSITION JUSTE et un point c'est tout ; qui a "lancé" le slogan et ce qu'il a pu dire et/ou faire d'erroné par le passé est tout simplement hors de propos.

     


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