• Réflexions sur la tuerie de Toulouse


    Les tueries du 19 mars dernier, à Toulouse et Montauban, faisant 7 morts ; et particulièrement celle de l'école juive toulousaine Ozar Hatorah, faisant 4 morts (et un blessé grave) dont 3 enfants, ont saisi d'horreur les masses populaires de l'Hexagone. Les innocents assassinés avaient pour nom Arieh et Gabriel Sandler (5 et 4 ans), leur papa Jonathan (30 ans), et Myriam Monsonego (7 ans).

    Ces faits ont particulièrement choqué les masses de la terre qui en a reçu le sang : l'Occitanie. En effet, la région toulousaine a une longue et profonde tradition progressiste et antifasciste, issue du "Midi rouge" de la 3e République bourgeoise, ainsi qu'à travers l'exil politique de l’État espagnol, de l'Italie mussolinienne ou encore d'Amérique latine dans les années 1970. Dans les années 1930-45, l'Occitanie a accueilli des milliers de personnes juives d'Europe de l'Est, d'Allemagne/Autriche ou encore d'Alsace-Moselle annexée, fuyant les pogroms puis la terreur nazie. Puis, dans les années 1960, des milliers d'autres venant du Maghreb, chassées de leur terre millénaire par un nationalisme bourgeois étroit et excluant, "copié-collé" des États modernes annihilateurs européens ; les mêmes cliques qui pillent et vendent à l'impérialisme ces pays depuis 50 ans.

    Mais surtout, au Moyen-âge (12e/13e siècle), l'Occitanie fut littéralement l'Al-Andalus du nord des Pyrénées : une terre d'humanisme et de tolérance, de culture et de civilisation, d'où rayonnait la Renaissance médiévale. Un héritage profondément ancré dans la conscience populaire... Les plus grands érudits d'Europe et de Méditerranée, comme Abraham ibn Ezra, se retrouvaient dans les Écoles de Narbonne, de Béziers, d'Avignon ou de Montpellier (qui allaient former la plus vieille université de l'Hexagone). Cet accueil fait aux Juifs, aux musulmans d'Andalousie et bien sûr aux Cathares allait d'ailleurs être la cause principale de la Croisade contre les Albigeois menée par Simon de Montfort et la liquidation de l'Occitanie, vite suivie de l'expulsion des Juifs (en 1310 de Toulouse, une petite communauté subsistant dans le Comtat (Vaucluse) sous administration papale, puis il y aura les communautés séfarades de Bordeaux et Bayonne), fut réellement un acte fondateur de l’État français moderne - comme la liquidation d'Al-Andalus, par ailleurs, fut l'acte fondateur de l’État espagnol. Partout en Europe, les Juifs (comme les musulmans - "mauresques" - et autres "hérétiques" - cathares, vaudois, hussites etc.) furent les victimes expiatoires de la formations de ces États modernes ; car il symbolisaient les lumières humanistes et universalistes de la "Renaissance médiévale" face à l'obscurantisme des Églises nationales, des monarques et des grands féodaux, dont le symbole est bien sûr l'Inquisition d'un Bernard Gui ou Thomas de Torquemada...

    Telle est la racine la plus profonde de l'antisémitisme européen. À la même époque, dans les pays musulmans, les Juifs soumis au statut de "gens du Livre" ne subissaient pas de persécutions de masse particulières.

    Et telle est aussi la base de notre position sur la question : l'histoire de l'antisémitisme en Occitanie se confond avec celle de la conquête, de la domination "française" et de la francisation des esprits (y compris chez de prétendus "occitanistes" tels Charles Maurras ou Louis Alibert) ; l'antisémitisme est - en un mot - ÉTRANGER à la culture populaire occitane (cf. le nombre de "villages des Justes" dans le "Midi", les villages entiers de "passeurs" ayant sauvé des milliers de vies dans les Pyrénées etc. etc.) et n'est ni ne sera JAMAIS toléré par nous sur notre sol ; les Juifs seront CHEZ EUX en Occitanie libre et socialiste de demain, et ce dans toute leur judéité (sans injonction assimilationniste).

    Finalement, après deux jours de traque acharnée, l'identité de l'assassin a enfin été révélée : Mohamed Merah, de la minorité maghrébine arabo-amazighe d'Hexagone, se revendiquant "djihadiste" et membre d'Al-Qaïda...

    Un fait notable est que, pendant les 36 heures où le tueur n'était pas encore identifié, la grande majorité des commentateurs médiatiques COMME des masses populaires pensait qu'il s'agissait d'un fasciste "blanc" néo-nazi (et non d'un "Breivik", car Anders Behring Breivik était "occidentaliste" et pro-Israël). Il va de soi que, si l'horreur aurait été la même, la signification en aurait été considérablement différente : les militaires visés l'auraient été en tant que représentants des minorités, d'une armée "pas assez blanche" et non en tant que corps d'élite impérialiste occupant (notamment) l'Afghanistan ; et les personnes juives auraient été visées en tant que "cosmopolites sans racines, ennemis des nations" et non en tant qu'"incarnation" (absurde et criminelle) de l'occupation sioniste au Machrek arabe - et aussi, comme ne cessent de le rabâcher les politicards bourgeois (mettant par là des milliers de vies en danger), des "valeurs de la République"...

    Mais surtout, voilà qui en dit long (s'il était nécessaire) sur le caractère ultra-réactionnaire de l'idéologie salafiste animant Mohamed Merah. Tout comme les assassinats de masse commis pendant le "nettoyage" ethnique sioniste de la Palestine, en 1947-49, n'avaient rien à envier aux assassinats de type Oradour-sur-Glane commis par les armées nazies en Europe occupée : et pourtant, certains de leurs auteurs venaient de perdre toute leur famille dans la Shoah ! Car si là où il y a oppression il y a résistance, il y a révolte, toute révolte n'est pas forcément progressiste en elle-même, et peut même être franchement réactionnaire. Elle n'a alors qu'une seule vertu : celle de CONTRE-EXEMPLE absolu de ce qu'il ne faut PAS faire...

    Pour autant, si le sentiment d'horreur devant le massacre, en particulier d'enfants innocents, est la première réaction humaine bien naturelle, la démarche scientifique marxiste impose d'aller plus loin : il faut rechercher qui a armé le bras de l'assassin, quel mouvement dialectique l'a conduit de "jeune difficile de banlieue" à tueur froid et sanguinaire. Sans quoi, on tombera dans l'explication idéaliste qui fleurit déjà sur le web fasciste et fascisant : "c'est dans la nature de l'islam" patati patata ; ou celle, non moins idéaliste, de nos ultra-gauchistes de "Voie lactée" : "anticapitalisme romantique" etc. etc.

    Dans le cas de Breivik, l'explication était simple : la construction idéologique animant la tuerie était le prolongement DIRECT de la  récente (15-20 ans) mais puissante idéologie de "droite populiste", "occidentaliste", pro-Israël, xénophobe et anti-musulmane qui fleurit partout en Europe et tend à supplanter le vieux fascisme "old school". Autrement dit : le massacre sanguinaire d'Oslo (10 fois plus de mort-e-s qu'à Toulouse !) était dans un lien DIRECT, de cause à effet avec la petite musique que distillent, depuis des années, non seulement un parti comme le FN (ou le MPF de De Villiers, ou les Identitaires, ou l'UDC en Suisse, ou Wilders aux Pays-Bas, ou la Ligue du Nord en Italie) mais aussi un Guéant ou ses amis de la "Droite populaire" et de la "Droite libre", un Gerin ou un Raoult, un Rioufol ou un Millières, un Philippe Val ou un Redeker (à "gauche"), ou encore des officines comme Riposte Laïque ou Résistance Républicaine...

    Dans le cas de Mohamed Merah, c'était au contraire une RÉACTION (réactionnaire) à ce discours et aux guerres impérialistes que (finalement) il accompagne à travers le monde, en Irak ou en Afghanistan, en Palestine ou au Liban. Bref, Mohamed Merah c'est l'EFFET BOOMERANG du discours (et des actes !) anti-musulman. Mais voilà : le boomerang est un outil imprécis, et bien souvent il ne retombe pas directement sur son envoyeur...

    En l’occurrence, bien qu'appartenant à un corps d'élite particulièrement meurtrier de l'armé impérialiste et sans rentrer dans le discours trotskyste des "prolétaires en uniforme", les militaires visés étaient des troufions de base, gagnant vraisemblablement autour de 1500€ par mois (hors 'OpEx') et non des décideurs des guerres impérialistes BBR sévissant à travers le monde (et qu'ils sont payés pour mener). Quant aux enfants juifs... c'est évidemment l'horreur, l'effroi, l'abasourdissement qui frappent n'importe quelle conscience humaine devant un tel acte et, sous prétexte de "venger les petits palestiniens", le PIRE "service" qui pouvait être"rendu" au Machrek arabe occupé. Car des enfants n'ont, bien évidemment, aucune conscience politique formée, sinon éventuellement dans l'imitation de leurs parents. S'en prendre à des enfants, c'est bien clairement considérer une population (ici, les Juifs) comme organiquement mauvaise en tant que telle.

    Mais voilà : sans que cela ne justifie ni ne valide quoi que ce soit, il faut bien COMPRENDRE que sans l'oppression quotidienne, permanente et diffuse de l'islam en Occident, comme religion d'une partie considérable du prolétariat et d'un prolétariat "ambassadeur" du "tiers-monde" opprimé, il est peu probable que les minorités maghrébine arabo-amazigh, sahélienne ou encore anatoliennes (turque ou kurde) des quartiers populaires auraient engendré un Mohamed Merah, comme hier un Khaled Kelkal et un Karim Koussa, un gang de Roubaix ou même un Youssouf Fofana (même si les motivations, ici, étaient essentiellement crapuleuses : c'est seulement depuis son arrestation que Fofana se revendique "moudjahid"). Dans le cas de Mohamed Merah, à l'école Ozar Hatorah, le "monstre" engendré par l'oppression s'est abattu tel un boomerang fou sur des têtes particulièrement innocentes de cette oppression.

    Mohamed Merah, donc, on l'a dit, et bien que menant une vie assez "dissolue" (d'où l'incompréhension des personnes le connaissant), se revendiquait de l'idéologie salafiste. Étudions un instant cette idéologie, question que SLP avait déjà abordée à l'occasion de la mort d'Oussama Ben Laden.

    Qu'est ce que le salafisme ? Le salafisme, qui s'est développé dans le monde arabo-musulman au long du 20e siècle, est ce que l'on peut appeler une idéologie "anti-impérialiste réactionnaire".

    En pénétrant, à partir du 19e siècle, dans les pays à majorité musulmane (depuis le Maroc et le Sénégal jusqu'à l'Indo-Malaisie), le capitalisme impérialiste occidental a profondément bouleversé, déstructuré ces société traditionnelles. Des sociétés de type féodal et, en tant que telles, oppressives, notamment pour les femmes, les jeunes et les personnes en bas de l'échelle sociale ; mais néanmoins, des sociétés cohérentes et équilibrées. La déstructuration sociale causée par l'irruption de l'impérialisme est comparable, finalement, au bouleversement produit par la "révolution industrielle" en Europe, au 19e siècle.

    Dès lors, deux voies s'ouvraient devant les masses :

    - analyser de manière conséquente, c'est à dire marxiste, l'étape historique de l'impérialisme ; et la dépasser par la libération révolutionnaire anti-impérialiste ;

    OU
    - regarder vers "le temps d'avant", la "splendeur" révolue, un passé idéalisé. Pour les salafistes "purs et durs", ce passé idéalisé est celui des "4 premiers califes de l'islam", successeurs du prophète Mohamed. Mais, pour les masses en général, ce peut être globalement "avant la venue des infidèles", ou des périodes historiques "brillantes" comme le califat de Bagdad ou l'époque de Salah-ed-Din (Saladin) au Machrek ; Al-Andalus, les royaumes almohades et almoravides au Maghreb ; l'Empire moghol en Inde-Pakistan ; les sultanats d'Indonésie-Malaisie, etc. ; toutes civilisations bien plus avancées que l'Europe à la même époque.

    Dès lors, les masses passent sous la coupe des vieilles classes nationales, "bousculées" et "contrariées" par l'irruption impérialiste : la vieille féodalité des cheikhs, imams et autres oulémas, ou encore la bourgeoisie mercantile des souks et des bazars (dans ce cas, le fondamentalisme religieux s'apparente à un calvinisme musulman de caractère social-corporatiste). Tel est le salafisme : les salaf désignent les compagnons du prophète, au 7e siècle, dont la société basée sur la parole divine (Coran) est jugée "idéale".

    Par la suite, dans les années 1980, un autre phénomène est intervenu. Les pays de la péninsule arabique sont devenus le Centre d'une très importante concentration de Capital. Mais tous ces pétro-milliards, qui s'expriment dans des réalisation titanesques comme le Burj Khalifa (gratte-ciel de 1000 mètres de haut à Dubaï !), n'ont qu'une seule base d'accumulation : les ressources hydrocarbures, qui se tariront un jour. C'est ainsi qu'une frange particulièrement agressive de ce Grand Capital va chercher à se constituer une base d'accumulation plus large et plus solide : de "vrais" pays (et non des tas de sable) avec une industrie et une agriculture, des ressources naturelles et de la force de travail, pour y investir leurs milliards et les faire fructifier. Dans la culture religieuse féodale qui les imprègne, la "solution politique" à ce problème a été rapidement toute trouvée : "restaurer le Califat", un grand Empire réunissant tous les musulmans depuis l'Afrique de l'Ouest jusqu'au Sud des Philippines... Dès lors, ce Grand Capital a commencé à appuyer les forces salafistes organisées, "modérées-pragmatiques" comme les organisations de type Frères musulmans ou combattantes comme les djihadistes, afin de libérer les terres d'islam des "mécréants" vendus aux "Croisés et aux Juifs" (les oligarques "interface" de l'impérialisme) et d'en faire leurs terrains d'investissement.

    Parfois, en outre, en fonction des pays déstabilisés par ces forces, ces intérêts peuvent rejoindre ceux de certaines puissances impérialistes contre leurs rivaux : d'abord le "monde libre" contre les Soviétiques en Afghanistan, puis les salafistes tchétchènes utilisés par les Occidentaux contre les Russes dans le Caucase ou encore les salafistes libyens et syriens contre les "BRICSiens" Kadhafi et Assad ; mais aussi (tout le monde le sait) les islamistes du FIS par les impérialistes US contre l'impérialisme BBR en Algérie ; ou aujourd'hui les islamistes soudanais, somaliens ou d'AQMI par l'impérialisme émergent chinois contre les intérêts occidentaux en Afrique... D'autre part, lorsque la "révolution islamique" khomeyniste a triomphé en Iran (version chiite du salafisme), elle a très rapidement cherché à s'exporter pour briser son encerclement. Or, non seulement le Liban et l'Irak mais aussi les pays du Golfe comptent de très importantes communautés chiites... Il importait donc d'opposer, à ces menées iraniennes, une autre mobilisation de masse, religieuse également, mais sunnite. Cependant, et le 11-Septembre en est l'exemple absolu, toutes ces manœuvres peuvent se retourner soudainement et spectaculairement contre leurs auteurs.

    Il va de soi que Mohamed Merah n'avait aucun lien ni d'organisation ni financier avec tout cela. Mais voilà : à partir du moment où le "label" Al-Qaïda existe, comme "unité spirituelle" entre des groupes très éloignés dans l'espace et très différents, il est facile à n'importe quel élément du peuple "paumé" et écorché vif de s'en emparer pour cracher sa haine et sa révolte individualiste et réactionnaire, éventuellement par des tueries aveugles. On a là un autre point commun avec le néo-nazisme, qui n'a pas d'organisation centralisée mais est plus un "label" que peuvent s'attribuer aussi bien des petits groupes affinitaires que des "loups solitaires" isolés...

    Cette idéologie salafiste a parmi ses composantes essentielles une très forte haine des Juifs. Il faut bien préciser ici qu'il ne s'agit pas d'antisémitisme (à base raciale) mais bien d'anti-JUDAÏSME, à base de sectarisme religieux (l'on peut ainsi trouver des Juifs convertis à l'islam dans les rangs du djihad). Le Coran comporte des mots très durs envers les Juifs, qui étaient des adversaires importants des premiers musulmans dans la péninsule arabique, au 7e siècle ; il reprend en outre le discours chrétien sur la responsabilité des Juifs dans la mort du prophète Issa (Jésus).

    Aujourd'hui, sur la base des exactions sionistes au Machrek, les Juifs sont systématiquement associés aux "Croisés" (= l'impérialisme) dans le rôle de l'ennemi juré ; pour certains courants, ils sont même "derrière" : ce sont eux qui "poussent" en avant les "Croisés". Il est d'ailleurs très significatif que Mohamed Merah ait visé des Juifs particulièrement "visibles" : une école religieuse orthodoxe, un professeur avec grand chapeau et papillotes ; alors que l'antisémitisme nazi vise plutôt les Juifs intégrés et "cachés", qu'il s'évertue à "démasquer". Les Juifs sont néanmoins, pour le salafisme, associés en tant que tels à la "Croisade" et au projet colonial israélien, et non pas seulement lorsqu'ils soutiennent activement l'idéologie sioniste : il est "dans leur nature" d'être les ennemis de l'islam et ils n'ont d'autre "échappatoire" que la conversion à celui-ci... ou la mort. Évidemment, le salafisme est totalement incapable de comprendre un certain sionisme "affectif" des masses populaires juives comme une contradiction au sein du peuple, à résoudre démocratiquement par le travail politique... Au contraire, sa haine en bloc envers les Juifs renforce le sentiment sioniste dans les masses, et le sentiment d'être la cible d'un "antisémitisme éternel".

    Et, pour avoir un caractère différent de l'antisémitisme nazi, la haine salafiste des Juifs peut en être non moins barbare, comme le montrent les faits de Toulouse ou encore l'assassinat atroce du coopérant Nick Berg en Irak, il y a quelques années : le "groupe Zarkaoui" d'"Al-Qaïda en Mésopotamie" l'avait lentement égorgé jusqu'à la séparation complète de la tête, simplement parce qu'il était juif... Il est évident qu'une telle barbarie ne peut pas du tout servir la cause de la libération arabe, et que le projet de société qu'elle traduit ne peut être qu'affreusement obscurantiste et anti-populaire.

    Enfin, un dernier point doit être abordé et SLP assumera ici pleinement l'étiquette de "complotiste", comme après tout... les communistes cantabres d'Odio de Clase, grands copains de "Voie-Lactée.fr" sur la question népalaise : c'est la question de l'inscription de ces événements dans une STRATÉGIE DE LA TENSION. Servir le Peuple n'a jamais été "grand fan" des théories du complot, mais enfin, il y a un moment où "trop de coïncidence tue la coïncidence"... Les interrogations jaillissent jusqu'au cœur même de l'appareil répressif d'État (le fondateur du GIGN himself etc.).

    Car Mohamed Merah était connu des services de renseignement, fiché et surveillé par la DCRI depuis des années, après avoir effectué plusieurs séjours au Pakistan et en Afghanistan. Il était carrément interdit de vol aux États-Unis, pour ses présumées accointances terroristes. On se demande, dès lors, comment il a réussi à se procurer tranquillement des armes de gros calibre, puis à se promener pendant deux semaines, tuant des militaires d'élite de l'armée impérialiste bleu-blanc-rouge, avant de finir par les enfants juifs d'Ozar Hatorah ; rentrant chez sa mère après chaque action ; sans être le moins du monde appréhendé.

    Et puis bien sûr sa mort, alors qu'il y avait mille moyens de le neutraliser vivant, comme Sarkozy et Guéant eux-mêmes le demandaient : gaz paralysants, 'souricière' à l'extérieur etc. Abattu d'une balle en pleine tête alors qu'il "sautait par sa fenêtre" : un tir d'une précision incroyable pour ne pas dire "pas crédible", digne du sniper allemand de "Stalingrad" ! Le tout, à un mois de l'élection présidentielle ; et l'on voit subitement les courbes se resserrer entre Sarkozy et Hollande, le discours de Marine Le Pen renforcé, de nouvelles lois scélérates sur la navigation internet proposées (sous lesquelles pourrait bien tomber SLP, pour son soutien aux "terroristes" des mouvements basque ou irlandais, des guérillas latino-américaines, des maoïstes indiens, philippins ou turcs, etc.). Il ne s'agit d'accuser personne ; l'émotion de Sarkozy (notamment) ne semblait pas feinte (mais est-il autre chose, lui-même, qu'une marionnette du "petit théâtre de la politique bourgeoise" ?) ; ni les commanditaires ni les mobiles d'une telle manipulation n'apparaissent évidents... Mais voilà : il y a de quoi se poser des questions, désolés.

    Les masses populaires savent bien que derrière nos hommes et femmes politiques, qui sont la "vitrine" de la dictature bourgeoise, il y a des FORCES, celles du Grand Capital, de "l’État profond" militaro-sécuritaire, des réseaux françafricains ou "françarabes" ; des forces viscéralement hostiles au "socialo-communisme" (même 100% bourgeois) que semblent promettre, pour 5 ans, les sondages de Hollande et Mélenchon. Des forces obscures (oui !) qui ne reculent devant aucun crime, pas même la mort de "nos chers soldats" ni même celle d'enfants, dès lors qu'il s'agit de leurs intérêts. Les masses populaires savent cela ; elles ne sont pas dupes. Mohamed Merah, jeune homme ne portant ni barbe ni tunique salafiste, sortant en boîte de nuit, volant des voitures pour faire des rodéos, mais attiré "sentimentalement" par le djihad, a-t-il rencontré quelqu'un lui ayant dit "c'est la présidentielle, c'est le moment de passer à l'action" ? Quel a été le rôle de son frère, qui semble beaucoup plus impliqué dans l'idéologie et l'activisme salafiste ? Ce sont là des questions auxquelles il aurait eu à répondre lors de son procès... mais, quel heureux hasard, il n'y en aura pas !

    En conclusion, QUI A TENU L'ARME DU CRIME plus sûrement que Mohamed Merah lui-même ?

    1°/ D'abord, le terreau : celui de la haine, de la stigmatisation et des "petites phrases" islamophobes qui fleurissent depuis plus de 20 ans et particulièrement depuis 2001, y compris dans des milieux prétendument "de gauche" ; et qui heurtent des sentiments populaires profonds, même chez des gens peu "observants" dans leur vie quotidienne ;

    2°/ Ensuite, l'idéologie : le salafisme entretenu par des oligarques grand-capitalistes du Golfe, avec leur projet de "Califat", d'"Empire" musulman où investir leurs pétro-milliards ; une idéologie dont, maintenant, toute personne du peuple "paumée" peut facilement s'emparer pour justifier un "défoulement" barbare ;

    3°/ Enfin, à un mois des présidentielles, la thèse d'une manipulation de type "stratégie de la tension" ne peut pas être écartée totalement ; à moins de vivre dans le monde des bisounours...

    Mais toutes ces barbaries du capitalisme pourrissant, en crise terminale, vont inexorablement sur leur fin. En Occitanie comme ailleurs, la CLASSE DE DEMAIN, le prolétariat, balayera les États modernes produits de l'absolutisme et du capitalisme. Alors renaîtra Al-Andalus, à un niveau mondial et supérieur : une Terre entière de paix et de civilisation, de lumière et de Fraternité humaine entre les êtres et entre les peuples ; une Humanité unie, sans exploitation de classe ni oppressions entre les nations : le COMMUNISME !


    http://media.melty.fr/media_aggregate-808239-ajust_614/fusillade-toulouse-mohamed-merah-assaut-raid.jpgLe RAID cernant le domicile de Mohamed Merah à Toulouse

     


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