• Red de Blogs Comunistas : Il y a 40 ans, les fusillés du 27 septembre 1975


    Le 27 septembre 1975, le régime franquiste procédait à une dernière vague d'exécutions capitales avant d'adopter, avec la mort du caudillo deux mois plus tard et l'avènement de son successeur désigné Juan Carlos de Bourbon, une façade plus "démocratique" (les exécutions ne seront alors plus qu'extrajudiciaires, ou remplacées par l’enterrement au cachot pour des décennies...).

    Ce jour-là cinq combattants antifascistes étaient passés par les armes à Barcelone, Burgos et Madrid, comme des centaines de milliers de leurs valeureux prédécesseurs depuis 1936 et même avant* : Jon Paredes Manot dit "Txiki" et Ángel Otaegui Etxebarria, abertzale basques, ainsi que Ramón García Sanz, José Luis Sánchez Bravo et José Humberto Baena Alonso** du FRAP, le front antifasciste armé du Parti communiste marxiste-léniniste.

    Cette date revêt depuis lors une grande signification pour tous les révolutionnaires de l’État espagnol, où elle est devenue une sorte de "Día de la Heroicidad" ("Jour de l'Héroïsme"). Au Pays Basque, c'est devenu la date du Gudari Eguna (le "Jour du Combattant") pour la gauche abertzale.

    Mañana, cuando yo muera, no me vengáis a llorar. Nunca estaré bajo tierra, soy viento de libertad. ("Demain, quand je mourrai, ne me pleurez pas. Je ne serai jamais sous terre, je suis vent de liberté" - dernières paroles de Txiki, inspirées de Che Guevara.)

    Voici - traduit - le texte rédigé pour cette occasion par la Red de Blogs Comunistas, dont fait partie Servir le Peuple :

     

    FUSILLÉS  IL Y A 40 ANS


    Aujourd'hui, en ce 27 septembre 2015, sont commémorés les 40 ans de l'exécution par fusillade des militants du FRAP
     José Humberto Baena Alonso, José Luis Sánchez Bravo et Ramón García Sanz, et de ceux d'ETA Jon Paredes Manot “Txiki” et Ángel Otaegui Etxebarria.

    Comme s'il s'agissait d'une macabre cérémonie d'extrême onction, le tyranneau fasciste disait adieu à ce monde en arrachant la vie à cinq jeunes révolutionnaires, dont le sang versé confluait presque 40 ans après dans le torrent de douleur mais aussi de fierté, de dignité et de permanente exhortation à la lutte de classe que sont les centaines de milliers d'antifascistes tombés durant la Guerre civile révolutionnaire (1936-39) et sous la répression postérieure.

    Ces fusillades de septembre 1975 mettaient un point final symbolique au cycle de barbarie débuté le 18 juillet 1936, mais les balles assassines pointaient aussi vers l'avenir : la bourgeoisie, sauvée in extremis par l'Armée réactionnaire et l'intervention nazie-fasciste en 1936, ne comptait pas céder un pouce de son pouvoir politique et économique ni mettre en péril ses intérêts matériels, qu'elle n'avait pu sauvegarder qu'au prix d'une guerre brutale contre la classe ouvrière et paysanne espagnole.

    Les centaines de victimes assassinées par les bandes fascistes (en uniforme ou en civil) depuis ce 27 septembre 1975 sont la démonstration la plus parfaite que la bourgeoisie "démocratique" et "constitutionnelle" espagnole ne s'embarrasse pas de scrupules quand il s'agit de "serrer le nœud", "ficelé et bien ficelé" par le franquisme autour du cou de la classe ouvrière et des Peuples de l’État - avec la notable complicité de l'opportunisme carrilliste (P'c'E), de la social-démocratie félipiste (PSOE) et du syndicalisme vendu (UGT/CCOO) pour démobiliser les travailleurs et paver la voie à la "Transition" bourbonienne.

    Cela n'a, il va sans dire, pas empêché que pour démanteler les capacités d'organisation et de lutte de la classe ouvrière dans l’État espagnol, les armes auxquelles a préférentiellement recouru la bourgeoisie aient pu être autres. Au milieu de la longue et gigantesque crise internationale du capitalisme où nous nous trouvons, le prix politique qu'a jusqu'à présent payer la bourgeoisie espagnole (substituer un Bourbon à un autre à la tête de l’État) en dit long sur la faiblesse organisationnelle et politique de la classe ouvrière et de son avant-garde. Ou plutôt - ce qui revient au même - sur le succès de l'abrutissement consumériste, de la propagande médiatico-patronale, du réformisme syndical, du pseudo-"progressisme" etc. etc.

    Et c'est là, devant les immenses tâches qui se dressent devant nous pour reconstruire un mouvement révolutionnaire capable de se lancer à l'assaut du pouvoir d’État, que l'exemple d'abnégation, de dévouement et de fidélité suprême à l'idéal révolutionnaire de José Humberto Baena Alonso, José Luis Sánchez Bravo, Ramón García Sanz, Jon Paredes Manot “Txiki” et Ángel Otaegui Etxebarria doit nous servir de guide.

    Nous, membres de la Red de Blogs Comunistas (RBC), sommes pleinement convaincus que ce n'est que par des personnes comme eux que peut être tracée la route vers un monde libéré de l'exploitation et de toute oppression nationale et de classe.

    Leur lumière est aujourd'hui, plus que jamais, notre phare. Il n'y a pas d'autre chemin.

     

    Red de Blogs Comunistas : Il y a 40 ans, les fusillés du 27 septembre 1975

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    * En faisant débuter les choses en 1936 l'on pourrait être tenté d'oublier la répression des Asturies ou de Catalogne en octobre 1934, la dictature déjà fascisante de Primo de Rivera (1923-30) ou encore l'exécution de l'anarchiste catalan Francesc Ferrer suite à la "semaine tragique" de Barcelone en 1909... 

    ** Ces deux derniers étaient galiciens (de Vigo) et le second, bien qui militant d'une organisation "panibérique" (le PCE(m-l)), faisait clairement le lien dans ses dernières lettres de prison entre son appartenance à un Peuple périphérique/nié et son engagement révolutionnaire marxiste-léniniste.

     


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