• Tous les courants communistes révolutionnaires (marxistes) considèrent qu'à un moment donné la révolution soviétique a été trahie, a subi une contre-révolution.

    Mais voilà, c'est néanmoins un fait que l'impérialisme "historique" (occidental) n'a pas cessé de combattre l'URSS en 1925 ou 26 (diront les trotskystes), au milieu des années 1930 (dira VP), ni après la mort de Staline en 1953 ou du moins le XXe Congrès de 1956 (diront les marxistes-léninistes et la plupart des maoïstes)... ni même, redevenue Russie, après Gorbatchev et la dissolution finale de 1991, puisque c'est jusque-là que certains courants la font rester "socialiste".

    Et pourquoi/comment, donc, cela ?

    Sur ce point, nous répondrions que 1°/ la Russie de 1916 avait devant elle un destin tout tracé de SEMI-COLONIE, c'est-à-dire quelque chose comme le Brésil ou l'Inde aujourd'hui : un développement économique, productif, totalement sous la domination et au profit prioritaire de capitaux étrangers.

    2°/ La Révolution d'Octobre a ouvert devant le pays DEUX POSSIBLES VOIES : le socialisme et le communisme ; ou du moins, dans tous les cas, un développement économique ENDOGÈNE, "propre" à lui.

    Et donc, il est clair aujourd'hui que la Russie n'a pas atteint le communisme, ni un stade de socialisme avancé en ce sens ; parce qu'à un moment donné, différemment fixé selon les courants marxistes, le chemin vers cela a été abandonné ; MAIS la période soviétique aura au moins été cela : un développement économique du pays, de la production, une "révolution industrielle", endogène et non financée par et sous le contrôle de capitaux extérieurs (occidentaux, concrètement).

    C'est-à-dire que la bourgeoisie russe (hier la nomenklatura soviétique) a la main sur les ressources et les richesses du pays, et les "partage" selon le rapport de force du moment avec les masses populaires ; il n'y a pas de Capital occidental qui en prend déjà une (grosse) part, puis la bourgeoisie russe encore une autre et le "reste" (s'il y en a...) pour les masses travailleuses ;  et tout à l'autre bout de la chaîne productive, sa société avec sa culture nationale historique n'est pas laminée pour être transformée en pur marché, débouché commercial pour des produits peut-être largement élaborés sur place (ou dans d'autres pays pareillement dominés) mais toujours "finis" en Occident pour que revienne à celui-ci la plus-value finale (celle de la vente au consommateur ultime).

    C'est CELA que l'impérialisme occidental a combattu non pas jusqu'à ce que l'URSS abandonne la voie du communisme, mais jusqu'à sa collapse totale en 1991, rouvrant alors (ère Eltsine) la possibilité de la destinée semi-coloniale ; et ce que Poutine est l'homme chargé (un peu) de restaurer depuis l'an 2000...

    Cela qui (ainsi que le combat que lui livre l'Occident) doit être strictement dissocié du fait d'être socialiste, c'est-à-dire en marche vers le communisme : plus ou moins peint en rouge (jusqu'en 1991) ou pas (Poutine a tout de même beaucoup "restauré les symboles"), le pays est dans une logique totalement capitaliste, de développement et de "révolution industrielle" sous une forme politique autoritaire façon Second Empire, voire de dirigisme étatique de l'économie façon État français des Trente Glorieuses généralisé ; MAIS l'impérialisme occidental, qui veut établir SON contrôle sur l'économie, ne l'accepte pas et le combat.

    Le même raisonnement est strictement applicable à la Chine (qui a abandonné toute voie vers le communisme depuis 40 ans), et globalement à tous les pays que l'Occident a conservé (ou placé !) dans son collimateur depuis 1990 (Iran islamique post-1979, pays arabes passés par le cycle nationaliste et développementiste-volontariste dans les années 1950 à 70 ou 80, etc.).

    La Russie et la Chine sont ainsi, concréto-concrètement, puisque n'étant pas socialistes, des pays... impérialistes ; mais ATTENTION à ne pas en faire, comme les marxistes-léninistes prochinois de l'URSS à une certaine époque, des égaux stratégiques si ce n'est pas carrément des ennemis impérialistes supérieurs au bloc des impérialismes "historiques" occidentaux (c'est devenu rare aujourd'hui mais cela existe toujours, comme dans le cas d'une petite organisation "maoïste" grecque par exemple) ; attention à bien les considérer comme des impérialismes "mendiants" ou du moins secondaires, comme les impérialismes italien ou allemand des années 1910 ou 1920 (ce qui n'exclut donc pas, certes, que leurs réactions de défense ou leur quête de "place au soleil" puisse conduire à des extrémités politiques terribles...), et à ne pas se tromper d'ennemi principal à ce sujet, il est toujours bon de lire Le marxisme et la guerre dans le Donbass de Victor Shapinov (organisation communiste ukrainienne Borotba).

    Quant aux autres pays (les rares qui restent : Iran, Corée du Nord, Syrie, Cuba, Venezuela...), ils sont certes dépendants, dominés, semi-coloniaux ; mais néanmoins dans une démarche économique et politique nationaliste, appuyée sur ces impérialismes russe et chinois perçus comme "moins gourmands" ; et bien au-delà, dans tous les cas, du "seuil" "acceptable" d'insoumission à l'Occident que celui-ci peut tolérer à l'heure actuelle. S'y ajoutent, depuis quelques dizaines années, des pays dits "émergents" qui pouvaient être de parfaits laquais de l'impérialisme occidental, mais qui ont accumulé dans ce rôle suffisamment de capitaux propres pour commencer à vouloir jouer leur propre partition : Brésil, Argentine, Inde, Afrique du Sud, Turquie, Qatar etc. ; ce qui là encore va amener l'Occident à tout tenter (envers et contre toute la propre logique du capitalisme lui-même...) pour les ramener totalement "dans le rang", dans la soumission absolue d'une république bananière centre-américaine ou du Gabon de la dynastie Bongo coup d’État "rampant" (judiciaire) au Brésil depuis 2016, volonté manifeste de dégager Erdogan par une "révolution colorée" ("de gauche", s'il vous plaît !) en Turquie, menaces (maintenant) contre l'Afrique du Sud qui voudrait se réapproprier ses terres agricoles pour en faire bénéficier sa population, lancement des "chiens d'attaque" Arabie saoudite et Émirats contre le Qatar, etc. etc. En Syrie, ce n'est pas avoir de la sympathie pour le régime d'Assad que de dire qu'en dépit de tous ses "efforts" en ce sens (soumission aux directives du FMI depuis l'an 2000), il n'était pas la néocolonie que l'Occident aurait voulu qu'il soit ; tout en faisant parallèlement le constat que la rébellion, "islamiste" ou simplement nationaliste arabe mais anti-Assad, ne présentait pas elle non plus les "garanties" de servilité suffisantes (risquait de mettre en place des circuits économiques qui n'"exfiltrent" pas suffisamment la richesse du pays vers les Centres occidentaux) et s'est donc vue à partir de 2013 progressivement lâchée au profit de la pseudo-"révolution" de Rojava.

    C'est un ressort essentiel de la guerre mondiale non-déclarée en accentuation actuellement on-serait-presque-de-plus-en-plus-tentes-de-penser ; qui n'est menée contre aucun pays pouvant être qualifié (même "vaguement", "de très loin") de "socialiste", mais n'en doit pas moins être combattue sans concession par nous, communistes occidentaux.

     

    Sur la question du révisionnisme, de la liquidation du socialisme et de la poursuite de la guerre impérialisme malgré cela


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  • ... mais dont nous mettons juste le lien ici car c'est une clarification qui vaut le coup d'y jeter un œil :

    Clarification sur la question de la CONCEPTION DU MONDE et de l'indépendance IDÉOLOGIQUE comme problème central de Rojava

    Sinon pour info, c'est bien la "désescalade" qui s'annonce dans la province d'Idlib russie-et-turquie-s-accordent-pour-creer-une-zone-demilitarisee-a-idlib ; ce qui confirme encore un peu et une fois de plus le scénario (analyse que nous partageons à 400%) d'une tripartition de la Syrie syrie-vers-un-triple-protectorat ; scénario dans lequel l'abandon d'Afrin aura effectivement servi à établir cette zone continue au Nord-Ouest du pays (avec Idlib et le Shahba) pour Erdogan et les rebelles qu'il soutient, et ce qu'il reste de "Rojava" au Nord-Est est bien la zone attribuée... à l'Occident.


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  • Eh bien c'est simple : elles sont passées par ce que nous appelons en Occitània la vergonha ("honte", de sa langue et de sa culture, et assimilation du mépris social alentour contre ceux - en l'occurrence sa propre famille... - qui la parlent), comme beaucoup d'autres avant elles !

    http://www.slate.fr/…/langue-arabe-maternelle-oubliee-honte

    Illustration dans le texte :

    "Parler arabe, en public ou même dans son foyer, était considéré comme un refus d’intégration, une manifestation du communautarisme, et les petits bilingues que nous étions ne suscitaient jamais la même admiration qu’un franco-anglais ou un bilingue chinois-français. Les attentats de ces dernières années et l’amalgame arabe = arabisation = charia a fait le reste.

    Mais déjà à 5-6 ans, alors que ma mère me parlait en arabe au supermarché ou dans la rue, je débusquais des regards réprobateurs et en est né un sentiment de honte. Personne dans ma classe n’a jamais témoigné la même curiosité sincère et enjouée pour la langue que je parlais à la maison que pour les autres enfants issus de foyers immigrés italiens, portugais ou coréens. Pour mes camarades, l’arabe se résumait à «nardinamouk» et «tfou» (le bruit que l’on est censé faire en crachant). Les autres, les Rachid, les Mounia, enfants de Tunisiens, de Marocains, d’Algériens avaient comme moi la mine renfrognée et la honte qui brûle les joues quand nos parents se pointaient aux réunions parents-profs avec leur accent, les «r» qui roulent et les «hamdoullah» qui ponctuaient chaque commentaire élogieux d’enseignant sur nos résultats scolaires.

    Jamais personne ne m’a dit que l’arabe était une belle langue. Jamais personne n’a pris le temps de me dire que ça n’était pas une langue de minorités qui doit se faire tout petite mais qu’elle était parlée par des millions de personnes dans le monde. À l’inverse, tout, qu'il s'agisse des sketchs à la télé dans lesquels des humoristes imitent l’accent arabe avec force raclements de gorge et sons gutturaux, ou des blagues sur les paraboles de nos balcons qui captaient mal les chaînes arabes, m’a incitée à avoir honte de ma langue maternelle et à tout faire pour l’oublier."

     


    slate.fr

    «Je sais pourquoi je ne pige pas un mot d’arabe, qui est pourtant ma langue maternelle»


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  • #Kanaky #FUIQP


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  • ... les "subaltern studies" (lire aussi subaltern-studies.pdf et également et surtout gayatri-spivak.pdf où en deux paragraphes on a à peu près situé politiquement le truc...) c'est vouloir faire des "subalternes" (terme employé par Gramsci pour les classes pauvres et exploitées qui n'écrivent pas leur propre histoire, que l'historiographie des élites n'"enregistre" pas ou de manière très déformée) ; d'une PARTIE d'entre eux du moins (LOL !) ; des petits bourgeois "entrés dans l'histoire"... et surtout une masse de manœuvre pour pouvoir soi, petit bourgeois intellectuel, prendre la place des grands.

    Spécifiquement en Inde (qui en est LE pays), prendre la place de l'oligarchie dirigeante historique (congressiste) avant que L'AUTRE petite bourgeoisie, l'ultra-nationaliste fasciste, ne le fasse (sauf que voilà, maintenant avec Modi elle l'a fait... c'est ballot !).

    En tenant compte aussi, pour bien comprendre les choses dans ce contexte, du "paradoxe brahmane" ; c'est à dire la plus haute caste du système hindou (le clergé en quelque sorte), la plus respectée en principe, mais une caste non-possédante, censée être dénuée de richesses matérielles brahmanité-et-pauvreté (un peu comme certains ordres monastiques ici)... ce qui dans la Modernité capitaliste renvoie forcément tout au bas de l'échelle, en tout cas (au mieux) à une toute petite classe moyenne intellectuelle. Et de fait une énorme partie de la gauche indienne en général (gauche "communiste" middle class qui joue un rôle essentiel dans le néocolonialisme depuis l'indépendance) est issue de cela, de cette caste déchue, dans une démarche qui s'efforce (tout en condamnant sur le principe le système des castes) de retrouver une sorte de magistère intellectuel sur les masses (car c'était aussi la caste des "profs", des enseignants) et de rééquilibrer les rapports de pouvoir avec les puissants économiques, plutôt issus de la caste des aristocrates guerriers (kshatriya).

    Bref, vivement que les maoïstes avancent et triomphent dans leur Guerre populaire parce que c'est pas avec autre chose, et surtout pas avec ça qu'on est sorti d'affaire !!

    De manière générale, tout ce qui termine par "studies" n'est de toute façon en dernière analyse que la mise dans le formol universitaire d'une lutte juste mais sur le recul, dans le contexte général mondial de recul des luttes dans les années 1980 à 2000 (luttes des masses pauvres et exploitées en Inde, luttes des colonies intérieures aux États-Unis, luttes des peuples indigènes ailleurs, luttes d'émancipation démocratique de genre mondialement etc.).

     

    En gros, si on veut...

    En gros, si on veut...


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  • http://collectifantiguerre.org/spip.php?article109&lang=fr

    SOUTENONS LE DROIT A L’INDÉPENDANCE DE LA KANAKY CONTRE LE COLONIALISME ET LE RACISME

    Depuis plus de 160 ans le Peuple kanak est colonisé par la France, qui a perpétré contre lui d’innombrables massacres. Il n’a cessé depuis de se battre pour redevenir un peuple libre et maître de son destin. Les formes de la résistance ont varié mais celle-ci n’a jamais cessé : des insurrections de 1878 à celle de 1917, du refus de la conscription lors de la Première Guerre mondiale à l’occupation de la grotte d’Ouvéa en 1988, des manifestations pacifiques aux occupations de mairies ou d’autres édifices publics. Pour le Peuple kanak la colonisation c’est la spoliation des terres, la mise en minorité organisée sur sa propre terre, et une situation où dans tous les domaines – salaires, emploi, niveau de vie, logement, santé, éducation… – les Kanak subissent oppression et exploitation, racisme et discriminations.

    Après plus d’un siècle et demi de lutte, le Peuple kanak a imposé par sa lutte la reconnaissance de son droit à l’autodétermination. Un référendum se tiendra le 4 novembre prochain qui décidera du sort à court terme du Peuple kanak. L’ampleur des enjeux économiques et géostratégiques pour la France font craindre toutes les manipulations. Le long conflit sur l’élaboration des listes électorales du référendum en témoigne, plus de 19 000 Kanak ne sont pas inscrits, plusieurs milliers d’inscriptions frauduleuses, en plus d’une double modification de la loi permettant l’ouverture du corps électoral à de nouvelles catégories de personnes non citoyennes.

    Car la France coloniale fera tout pour préserver ses intérêts économiques (40% des réserves mondiales de nickel) et son rang de puissance militaire qui renforce sa présence dans le Pacifique Sud.

    Les anticolonialistes, progressistes, antiracistes de France et plus largement tous ceux qui refusent d’abandonner le combat pour le droit des peuples sont concernés. Refuser de s’habituer à l’inacceptable parce qu’il dure est une nécessité. N’oublions pas qu’un peuple qui en opprime un autre ne saurait être un peuple libre.

    À la veille du référendum, il est urgent d’entendre les organisations indépendantistes kanak. Pour cela, venez nombreux au :

    Meeting de solidarité pour l’indépendance de la Kanaky

    MERCREDI 19 SEPTEMBRE 2018

    (lieu à préciser)

    En présence des organisations indépendantistes kanak, USTKE (Union syndicale des travailleurs kanak et exploités), Parti travailliste, MJKF (Mouvement des jeunes kanak en France) (liste à suivre)

    Organisé par le Collectif Ni guerres ni état de guerre, le Collectif Solidarité Kanaky, le FUIQP (Front uni des immigrations et des quartiers populaires), la Ligue Panafricaine-UMOJA Section France, le PIR (Parti des Indigènes de la République), Sortir du colonialisme, Survie, l’UJFP (Union des juifs pour la paix), avec le soutien de la CNT, d’Ensemble, du NPA et de Solidaires.
    (Liste à suivre)

    VIVE LA RÉSISTANCE DU PEUPLE KANAK

     

    Meeting de solidarité pour l'indépendance de la Kanaky - [Collectif Ni Guerres Ni État de Guerre]


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  • Disons qu'il y a deux variantes du problème.

    Il y a d'abord l'existence historique d'une gauche "progressiste" mais contre-révolutionnaire. On la connaît. Réformiste et qui lorsque ça chauffe, n'hésite pas à se retourner contre le mouvement radical des exploités : Gustav Noske, Jules Moch...

    Il ne faut pas oublier non plus que lorsqu'il y a des "coups de barre" à droite après des "pics radicaux" de progressisme, comme après Robespierre ou le Front populaire, on a encore souvent affaire à des gens de gauche pour l'époque. Les Thermidoriens (puisque républicains, pas royalistes, ne rétablissant pas la monarchie), ou Daladier, étaient de gauche pour leur époque. Une gauche "raisonnable"...

    Après la Commune (LES CommuneS en réalité : assez de parisianisme de gauche !), il y a certes eu une période de droite radicale, mais très vite au bout de quelques années s'installe le même type de gauche "raisonnable" (le programme du comte de Chambord, qui renoncera finalement à la restauration monarchique, était déjà plus social que le sien...), caractérisée notamment par son colonialisme (pour donner du pain et des jeux à la plèbe, il faut un Empire...), et qui autorise les syndicats (précédemment interdits par la gauche de 1791, celle de Le Chapelier) mais envoie la troupe aux ouvriers à Fourmies (1891, 9 morts) et Carmaux (1892). Ce dont s'indigneront le socialiste Jaurès... mais aussi le nationaliste Drumont : fini le "Parti de l'Ordre", le "social" devient un marqueur politique de la droite extrême (éventuellement avec l'astuce de détourner la cible vers "le Juif", mais pas forcément : "l'oligarchie", "les ploutocrates", "l'aristocratie financière", voire nommément "le capitalisme" et "le bourgeois" sont souvent dénoncés en tant que tels) ; ce qui culminera dans les fascismes du 20e siècle ; et après tout quand on y pense, et quand on voit la gauche à l'œuvre, auraient-ils eu tort de s'en priver ?

    Cette gauche, devenue trop à droite, sera remplacée une vingtaine d'années plus tard par une autre, qui était la gauche "radicale" 20 ans plus tôt, d'où son nom : le Parti radical. À l'arrivée, c'est toute la 3e République de 1879 à 1940 qui n'a pratiquement consisté qu'en un règne de la gauche (modérée, raisonnable) ! Jusqu'au fameux vote des pleins pouvoirs au maréchal Pétain, par une assemblée de gauche (celle du Front populaire), avec seulement 80 voix contre (certes majoritairement socialistes ou apparentées, mais seulement 80 sur plus de 600 !).

    À cette époque, le gauchisme dénoncé par Lénine dans son fameux ouvrage est surtout un petit "virus", un élément perturbateur, un cheveu sur la soupe dans la stratégie révolutionnaire des communistes ; mais il reste un courant extrêmement minoritaire, tout sauf hégémonique dans le mouvement organisé des classes exploitées. Le danger principal, l'ennemi ABSOLU, comme l'ont déjà tragiquement expérimenté les spartakistes allemands (mais aussi quelque part les bolchéviks eux-mêmes, face à Kerenski), c'est cette gauche bourgeoise réformiste, de plus en plus ralliée par des éléments opportunistes et "possibilistes" du mouvement ouvrier socialiste (le phénomène a commencé dans l’État français dès 1899). Et bien sûr ce phénomène nouveau, parfois dirigé par des gens venus du mouvement socialiste (Mussolini), ou qui se pare en tout cas des appellations de (national-) "socialiste", ou "social", ou "solidaire" etc. : le fascisme...

    Aujourd'hui, l'on pourrait dire que la gauche bourgeoise totalement convertie à la gestion "sociale" du capitalisme, et déconnectée du mouvement ouvrier (d'ailleurs totalement laminé et atomisé, ne concernant pas 80% de la classe ouvrière - et autre salariat au lance-pierre - qui en ignorent parfois jusqu'à l'existence), a pour pendant un gauchisme qui est l'extrême-gauche dans son immense majorité.

    Un pendant, oui, derrière une opposition en apparence violente et même parfois plus forte que celle entre révolutionnaires et réformistes il y a un siècle, de sa logique sociale-libérale et de "conquêtes" même plus collectives mais individualistes et sans conscience qu'elles ne peuvent jamais se faire que sur le dos d'autres (à trouver...) ; de dérégulation sous une exaltation de l'Individu-roi ; et bien souvent de ses orientations géopolitiques (celles d'une certaines droite, sans même parler de l'extrême, pouvant de fait être parfois plus proches de la tradition internationaliste du mouvement communiste, du devoir anti-impérialiste de s'opposer à la base militaire "Israël" au Proche-Orient par exemple, etc. etc.).

    Tel est le premier aspect.

    Le deuxième, peut-être (encore) moins "safe" à aborder, est que disons jusqu'aux années 1970 grosso modo, la gauche en général et le mouvement communiste en particulier (malgré son opposition au "progressisme" réformiste bourgeois) ont eu cela en commun de consister à être EN AVANCE sur la société de leur temps, plus "progressistes" et "modernes" en termes d'émancipation démocratique pour les divers groupes sociaux (travailleurs bien sûr mais aussi femmes, jeunes etc., et même bien que tardivement homosexuel-le-s) que l'hégémonie culturelle souvent conservatrice ambiante.

    Mais depuis les années 1980, on est presque en droit de se demander si être "progressiste" d'un véritable point de vue communiste, ce n'est pas devenu être "réac", conservateur... ou du moins prendre (et assumer) le risque d'être considéré comme tel.

    [Sur la possible "fécondité" politique de telles "régressions" conservatrices, on peut lire : beaufs-barbares-houria-bouteldja]

    Sur le plan "purement social", c'est on-ne-peut-plus clair : être "progressiste", comme se proclame maintenant l'être Macron, être "moderne", c'est prôner la destruction de décennies de conquêtes des luttes ; et les défendre, c'est du "conservatisme". Voilà qui donne envie d'être résolument anti-"moderne" et "conservateur", donc !!

    La laïcité, progrès émancipateur face à une Église catholique toute-puissante, est dévoyée dans son concept ; détournée en instrument d'oppression de populations originaires de l'Empire ex-colonial et néocolonial qui représentent peut-être aujourd'hui le tiers du véritable prolétariat d'Hexagone, hors aristocratie ouvrière (très majoritairement euro-descendante) - et à l'extérieur, l'anti-"obscurantisme" en arme géopolitique permettant de justifier des dizaines de guerres de repartage ou de renforcement de la domination impérialiste à travers le monde. Dans les principes du léninisme, la vision peut-être euro-centrée du recul de la foi et des traditions musulmanes chez les peuples concernés, du "dévoilement" des femmes etc. peut être aujourd'hui sérieusement discutée ; mais toujours est-il que JAMAIS il n'était question d'une "victoire" sur l'"obscurantisme" et l"'oppression de lafâme" obtenue purement par décrets "progressistes" bourgeois, sans une transformation radicale de la base économique de la société (et il en allait de même avec les convictions et traditions chrétiennes ou juives, ou bouddhistes ou autres) ; et bien sûr JAMAIS non plus d'en prendre prétexte pour une quelconque "mission civilisatrice" coloniale (comme pourra le faire une URSS dévoyée en Afghanistan dans les années 1980, mais c'est un exemple face à des centaines du côté capitaliste depuis Jules Ferry - ou encore Léopold II "libérant" les Congolais des esclavagistes arabes et swahilis, tenez !).

    Les uns dévoient la laïcité de 1905 tandis que d'autres, se la jouant plus "ouverts" (libéraux, en fait), n'en noient pas moins dans des concepts tels que l'"intersectionnalité" ou l'"articulation" (des "oppressions" et des luttes contre) le même poisson fondamental qui est qu'il n'y a désormais plus seulement des peuples colonisés ou dominés et des luttes anti-impérialistes à l'extérieur de la métropole hexagonale, mais également des prolongements de ces peuples et, par voie de conséquence, de ces luttes à l'intérieur même ; dans ce qu'on a coutume d'appeler "l'immigration" et les "issus de"... Et d'ailleurs, encore une fois, idem sur le plan international et géopolitique : on serait presque tenté de dire, en toute honnêteté, que l'on préfère un sionard défenseur patenté et assumé d'Israël à quelqu'un qui nous sort que "sa solidarité va prioritairement aux communistes, féministes et queers palestinien.ne.s"... (mais ce pourrait être aussi plus basiquement à "la gauche palestinienne", bref).

    Dans le domaine qui a de plus en plus tendance à faire le plus parler de lui, celui du genre, de la "moitié du ciel" (les femmes), des minorités sexuelles etc., depuis les années 80, après les conquêtes fondamentales des années 60-70 (fin de la minorité à vie pour les femmes, dépénalisation totale de l'homosexualité - et de la transidentité, "travestissement" qui était confondu avec), le "progrès" ne consiste concrètement plus qu'à l'ouverture de nouveaux marchés (tout comme d'ailleurs, particulièrement en Amérique du Nord mais ça vient en Europe, le développement d'une petite classe moyenne non-blanche...) et l'"émancipation", de fait, on pourrait presque dire, en la même "émancipation" que celle des ouvriers des "horribles" corporations par Le Chapelier : la "liberté"... oui, formidable, d'être seul-e et "nu-e" face à la machine à broyer du Système !

    Marche ou crève... comme les mecs, pour aller gagner ta croûte ; ou alors quoi, tu voudrais encore vivre aux crochets d'un mari en échange de lui torcher le cul, comme ta grand-mère ? Y a pas à dire, avec de telles "alternatives" binaires "progrès"/"archaïsme", on arrête difficilement un tel "progrès"... Quoi qu'on s'"étonne" de plus en plus, depuis quelques temps, d'un apparent retour (et absolument pas que chez les musulmans, simplement un certain "instinct" républicain a tendance à se focaliser dessus...) aux "valeurs traditionnelles" de la femme au foyer, "complémentaire" de son conjoint qui ramène les sous tandis qu'elle s'occupe de la maison et des enfants - un retour de la volonté des femmes elles-mêmes, hein, donc gardez vos rengaines des "premières concernées", ça ira pour cette fois.

    "Femmes libérées" (comme disait la chanson) ou homosexuel-le-s, voire demain transgenres-queers (avec le grand mouvement actuel là-dessus) : on se retrouve en fin de compte avec une "liberté" sur un MARCHÉ de l'Être-marchandise, consommant pour pouvoir se "vendre" (comme les autres d'ailleurs, ce n'est pas spécifique à ces identités, elles ont simplement rejoint en cela... la norme, sous leur emballage de particularisme et de "différence" exaltée) ; finalement peut-être si dure à vivre qu'elle en ferait regretter le patriarcat d'antan (d'avant les années 1970), pas son oppression bien sûr, mais les grandes luttes contre lui (pour le droit de vote, l'avortement, la fin des persécutions homophobes etc.) et leurs "blocs" collectifs clairs.

    Et dans tout ce qui vient d'être évoqué... le gauchisme "radical" (avec ces dernières années son nouvel avatar "postmoderne", identity politics ou "intersec") joue son rôle ; on aurait presque envie de dire : invente, élabore, revendique... et le "progressisme" bourgeois à la Hollande ou Macron exécute !!

    Bref voilà : on serait tenté de se demander si de plus en plus, être communiste révolutionnaire ce n'est pas (à contrepied de Rimbaud, qui lui vivait sous le poids des conservatismes du 19e siècle) "être résolument anti-moderne" ; être "réactionnaire" au sens de défendre un certain nombre de principes et de valeurs, qui ne sont pas des "nouveautés" mais ont DÉJÀ existé dans notre grand mouvement mondial du 20e siècle, et un certain nombre d'identités et de LUTTES collectives, face à la dissolution de tout dans l'Individu-consommateur-roi...


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  • [Un article et pas de commentaires particuliers à faire dessus, sinon que plus d'un gauchiste hexagonal ou occidental enclin aux "brillantes" analyses sur la situation en Syrie serait bien avisé de simplement lire la presse arabe avant de l'ouvrir : "sans enquête"... on connaît la suite.]

    https://www.lorientlejour.com/article/1132321/qui-est-hayat-tahrir-al-cham-dans-le-viseur-du-regime-a-idleb-.html

    L'organisation, qui constitue le principal groupe armé dans la province située à la frontière turque, a souvent changé de nom mais le noyau dur a toujours été formé par l'ex-branche syrienne d'Al-Qaëda.

    Le régime syrien et son allié russe brandissent la menace d'une attaque dans la province d'Idleb, ultime grand bastion insurgé du nord-ouest de la Syrie, où les jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS) sont particulièrement dans le collimateur.

    Cette organisation, qui constitue le principal groupe armé dans la province, située à la frontière turque, a souvent changé de nom mais le noyau dur a toujours été formé par l'ex-branche syrienne d'Al-Qaëda. Elle a toujours été exclue des trêves et cessez-le-feu parrainés par l'ONU ou la Russie.

    Qui sont les combattants de HTS ?

    HTS s'est d'abord fait connaître sous le nom de Front al-Nosra, apparu en janvier 2012. C'est par ce nom que le pouvoir de Bachar el-Assad et son allié russe continuent de le désigner. Classé groupe "terroriste" par Washington, l'Union européenne et l'ONU, il a été un prolongement de la branche irakienne d'Al-Qaëda.

    Son chef, un Syrien qui a pris le nom de guerre d'Abou Mohammad al-Jolani, a fait ses premières armes en Irak. En 2013, le groupe a prêté allégeance à Al-Qaëda, avant d'annoncer la rupture, en juillet 2016, et de se rebaptiser Front Fateh al-Cham. Début 2017, il s'auto-dissout pour devenir la principale composante de HTS.

    Le groupe englobe essentiellement des jihadistes syriens. Il compterait quelque 30.000 hommes, d'après l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

    Des jihadistes "très bien organisés et rompus au combat", estime l'expert sur la Syrie, Fabrice Balanche. Selon Charles Lister, analyste au Middle East Institute, les combattants étrangers représentent "peut-être 20% de ses effectifs". Ces étrangers sont notamment originaires de Jordanie, d'Arabie saoudite, de Tunisie, d'Égypte ou encore d'Asie centrale.

    Quel pouvoir ?

    L'organisation contrôle aujourd'hui près de 60% de la province d'Idleb. Elle y a mis en place une administration civile qui collecte des droits de douane à la frontière avec la Turquie et récolte des impôts auprès des commerçants.

    L'influence "de HTS est en grande partie due au fait qu'il contrôle les flux commerciaux qui entrent et sortent d'Idleb, ce qui aide à financer le groupe et lui confère un pouvoir plus grand que sa taille", estime Nicholas Heras, chercheur au Centre for a New American Security.

    Par le passé, le groupe était présent notamment dans les environs de Damas ou dans le sud. Mais, au fur et à mesure que le régime reprenait le terrain perdu, ses combattants ont été évacués vers Idleb.

    L'organisation a été la cible de raids aériens de Moscou ou de la coalition antijihadiste emmenée par Washington. Plusieurs hauts commandants ont été tués.

    Quels rapports avec rebelles et EI ?

    Autrefois allié à d'influents groupes rebelles islamistes, à l'instar de Ahrar al-Cham ou Nourredine al-Zinki, HTS s'était engagé en 2017 dans des luttes de pouvoir, menant à des combats sanglants avec ses anciens partenaires.

    Ahrar al-Cham et Noureddine al-Zinki ont annoncé début 2018 leur fusion parrainée par la Turquie, engageant des combats contre HTS. Ils ont rallié en août quatre autres factions rebelles pour former une nouvelle coalition, le Front national de libération (FNL).

    HTS a par ailleurs multiplié ces dernières semaines les raids contre les "cellules dormantes" de son rival, le groupe État islamique (EI), qui a revendiqué assassinats et attentats à la bombe contre dirigeants et combattants de l'organisation. Les deux entités jihadistes se sont affrontées ailleurs en Syrie, notamment à Raqqa.

    En juillet 2014, le chef d'al-Nosra avait affirmé son ambition de constituer un "émirat islamique", à l'instar du "califat" proclamé un mois plus tôt par l'EI.

    Quel avenir pour HTS ?

    Le 22 août dernier, M. Jolani a réitéré la détermination du groupe à résister face à une offensive de Damas.

    La Russie réclame la dissolution de HTS. Mais la Turquie voisine, qui parraine des rebelles du nord syrien, tente de négocier une solution avec les jihadistes, pour éviter une offensive majeure qui déstabiliserait sa frontière et provoquerait l'afflux de nouveaux réfugiés vers son territoire, selon l'OSDH. Vendredi, Ankara a officiellement désigné HTS comme une organisation "terroriste".

    "Une dissolution (de HTS) sur ordre de la Turquie le priverait d'une grande partie de son pouvoir, et remplacerait le contrôle de HTS par celui de la Turquie", estime M. Heras.

    [Cet article révèle donc bien les magouilles Bashar-Poutine-Erdogan pour se partager la Syrie ; et que quoi que l'on pense de Nosra-HTS, et surtout contrairement aux idées reçues, ce groupe n'est apparemment pas si "marionnette d'Erdogan" que cela... puisque ce dernier a monté une coalition contre lui.

    Il rejoint toutes les analyses sérieuses (quasi pléonasme d'étrangères à la gauchisterie française de tout poil...), dont les nôtres, sur la situation : Bashar-Poutine (et l'Iran), Erdogan et Trump-Macron (avec leurs laquais "progressistes" rojavistes) sont en train de se partager le pays ; avec l'entité sioniste en embuscade, qui ne veut pas d'un État failli bourré de djihadistes mais encore moins d'une base iranienne géante (ce qu'il est en train de devenir).

    Une zone au Nord-Ouest est allouée à Erdogan (ce qui seul donne sens à l'abandon d'Afrin, pour donner une continuité à cette zone) ; afin qu'il y exerce son influence et surtout pour servir de "dépotoir" aux groupes rebelles vaincus ailleurs, pour pouvoir organiser des évacuations (les "bus Poutine") et non qu'ils se battent jusqu'au bout pendant des années encore. La zone d'Idleb avait cette vocation. 

    Le problème, apparemment donc, c'est que l'ex-Nosra ex-AQ n'est pas si larbin d'Erdogan que cela et plus jusqu’au-boutiste que prévu ; et ne veut pas marcher dans la combine. Ils veulent qu'Idleb reste une place forte pour continuer la guerre contre le régime, jusqu'à sa (désormais utopique) chute. 

    Erdogan monte donc une coalition autour d'Ahrar al-Sham (Front_national_de_libération_(Syrie)) pour essayer de les contrer, tout en négociant avec le régime et Poutine une offensive "limitée" qui ne serait qu'un "nettoyage" d'HTS et non une reprise pure et simple de la province. Simple !

    Il faut (il est intéressant de) noter que Nosra-HTS non plus n'est plus Al Qaïda...

    Al Qaïda répondait totalement et strictement à la même analyse que nous avons faite de Daesh, que nous avons (en vérité) d'abord faite d'Al Qaïda la-fin-de-ben-laden avant Daesh : un projet totalement supranational de "califat" comme "Empire", base d'accumulation pour que les capitaux suraccumulés du Golfe puissent s'investir et fructifier ; la seule différence étant que Daesh a dit (est né de dire) "maintenant on arrête d'en parler, on le fait !" (lire ici). 

    Nosra de son côté, avec ses effectifs essentiellement locaux, syriens, semble plutôt avoir rompu avec "la Base" sur justement un rejet de ce supranationalisme et un retour vers un nationalisme arabe/syrien religieux sunnite...] 

    Quelques petites nouvelles de Syrie (en "finition" de partage impérialiste-expansionniste...)

    MAIS mais mais attention, CECI ÉTANT... dans le contexte d'éclatante victoire du régime et de ses alliés iraniens et russes, des CONTRADICTIONS de stratégie et d'agenda commencent à apparaître nettement entre ces derniers :

    https://www.lorientlejour.com/article/1132047/la-russie-et-liran-des-allies-de-plus-en-plus-rivaux-en-syrie.html 

    La guerre d’influence bat son plein entre Moscou et Téhéran pour fructifier les dividendes de leur soutien à Assad.

    Il ne sera probablement pas militaire, mais le prochain conflit en Syrie sera une guerre d’influence et une course pour la répartition des parts du gâteau en prévision d’une éventuelle reconstruction du pays entre les deux alliés du régime de Bachar el-Assad, la Russie et l’Iran. 

    Les préparatifs de l’offensive sur Idleb, dernier grand bastion rebelle en Syrie, ont montré les divergences sur le terrain entre Moscou et Téhéran, où chacun poursuit son propre agenda. Alors que la Russie s’active à trouver un compromis avec ses partenaires, notamment turcs, en vue de ménager leurs intérêts, rien n’indique que le régime et son allié iranien, qui amassent leurs troupes en vue d’une offensive, soient enclins à attendre les résultats des négotiations entamées par Moscou. Les seconds veulent en finir avec cette province rebelle contrôlée principalement par les jihadistes de Hay’at Tahrir al-Cham (groupe dominé par l’ex-branche syrienne d’el-Qaëda, le Front al-Nosra), ainsi que par d’autres factions rebelles, alors que Moscou préconise une offensive limitée afin de ménager Ankara et ses protégés. 

    Parallèlement à cette divergence tactique, on trouve des objectifs différents entre la Russie et l’Iran en Syrie. La Russie cherche par tous les moyens à renforcer et pérenniser le régime syrien afin d’affirmer son retour triomphal sur la scène internationale. Elle a par ailleurs renforcé durablement sa présence militaire sur la côte est de la Méditerranée, avec ses bases à Tartous et Hmeimim. Pour sa part, l’Iran vise à sécuriser un couloir stratégique reliant Téhéran à Beyrouth tout en ayant en ligne de mire son ennemi juré, Israël. 

    Israël

    Or les activités de la République islamique en Syrie provoquent l’ire des Israéliens qui ont dû sévir à plusieurs reprises cette année en frappant des cibles iraniennes à travers le pays. Mercredi, le Premier ministre israélien a affirmé que « les forces de sécurité israéliennes continueront à mener avec force et détermination des actions contre les tentatives de l’Iran d’implanter ses forces et des systèmes sophistiqués d’armement en Syrie ». « Nous réagirons en Syrie avec toute notre puissance contre tout objectif iranien qui menacerait Israël, et si la défense antiaérienne de l’armée syrienne intervient contre nous, elle en paiera le prix », a renchéri le ministre israélien des Renseignements, Yisrael Katz. 

    Toute escalade entre les deux pays risque ainsi de déstabiliser le pouvoir de Bachar el-Assad. L’agenda iranien en Syrie pourrait donc contrecarrer les plans russes pour leur protégé. Sans oublier l’hostilité des monarchies arabes du Golfe contre les tentatives hégémoniques iraniennes dans la région, alors que Moscou essaie de s’affirmer comme l’interlocuteur incontournable de tous les pays de la région. 

    Et face aux pressions diplomatiques israéliennes, les Russes ont mis de l’eau dans leur vin, faisant miroiter un retrait des forces iraniennes et des milices chiites à quelque 85 km de la frontière nord de l’État hébreu. La position ambiguë de la Russie a vite poussé Téhéran à sécuriser sa présence sur le territoire syrien en signant avec Damas un accord de coopération militaire. L’accord traite de la poursuite de la « présence et de l’implication » de l’Iran en Syrie, a ainsi affirmé lundi dernier le ministre iranien de la Défense, Amir Hatami, lors d’une visite dans la capitale syrienne. « L’élément le plus important de l’accord, c’est la reconstruction des forces armées et des industries militaires de défense syriennes, pour qu’elles puissent retrouver leur pleine capacité », a-t-il ajouté.

    La signature de cet accord qui concerne à la fois la présence iranienne en Syrie ainsi que l’exécution de projets en prévision de la reconstruction semble être un pied de nez non seulement aux pays considérés comme ennemis (Israël, les Arabes et les Occidentaux), mais aussi à l’allié russe.

    Course aux accords

    Hier, le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Moallem, s’est rendu à Moscou pour s’entretenir avec son homologue russe et déclarer que « l’alliance entre la Syrie et la Russie contre le terrorisme va se poursuivre par un partenariat dans la période de reconstruction ». M. Moallem a mis l’accent sur une coopération sur les plans économique, culturel et social entre les deux pays.

    Cette course effrénée aux accords et aux partenariats entre Damas, d’une part, et Téhéran et Moscou, d’autre part, montre la convoitise des deux alliés qui s’attendent à tirer le plus grand profit de la victoire d’Assad, à laquelle ils ont contribué, notamment du point de vue économique, où les enjeux sont de taille. Pétrole, télécommunications, infrastructure… chacun de ces deux alliés/rivaux voudra la plus grande part du marché quand ces projets seront initiés.

    Une bataille en coulisses semble ainsi se dessiner pour savoir qui contrôlera le régime Assad dans la nouvelle Syrie postguerre.

    [Ainsi donc l'Iran, rejoignant en cela le régime ou en tout cas ses "durs" (rappelons qu'il s'agit d'un régime protéiforme et multi-courants, bourré d’États dans l’État etc.), est plutôt en faveur d'une reconquête complète du territoire tout en y installant ses bases.

    La Russie, pour sa part, veut laisser une porte de sortie aux rebelles pour éviter que le conflit ne s'éternise (ce que les Occidentaux, soit dit en passant et en toute détestation de Poutine, ne font pas avec Daesh dans le Nord-Est, mais il est vrai que l'éternisation du conflit est peut-être précisément ce qu'ils recherchent...) ; ménager Erdogan au Nord et Israël au Sud.

    On se souviendra que lors de l'offensive d'Afrin, le régime était relativement "chaud" pour intervenir et stopper Erdogan ; commençant même à dépêcher des milices paramilitaires auprès de la capitale kurde assiégée dernieres-nouvelles-efrin-19-02 ; mais manifestement, selon toute vraisemblance en tout cas, Poutine lui a "retenu la main" et a laissé l'armée turque s'emparer du district dans une logique d'"échange" contre d'autres zones rebelles que l'alliance Russie-Iran-régime s'apprêtait à "nettoyer".]


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  • Par Gabriel Péri, alors journaliste à l'Humanité, qui sera arrêté pour résistance, torturé et assassiné par les nazis en 1941.

    [Servir le Peuple existe depuis bientôt 9 ans et nous avons l'impression depuis tout ce temps, sur un peu tous les sujets en général mais sur certains en particulier, de répéter toujours les mêmes choses et de répondre toujours aux mêmes "arguments"... Bon, en fait, comme nous le montre ce texte, il y a de quoi être rassurés : c'était déjà pareil il y a plus de 80 ans !!]

    "Depuis plus d’un mois - pour fixer une date depuis le 15 avril - la Palestine est en état de révolte ouverte ; les manifestations et les échauffourées sanglantes s’y multiplient. Les dernières journées ont fait 36 morts dans la population arabe, dans la population juive et dans le corps britannique d’occupation. De nouveaux renforts de tanks et d’autos bondées ont été envoyés vers la Palestine.

    Les évènements méritent de retenir l’attention et il est indispensable, à notre avis, de corriger les interprétations erronées qui peuvent surgir à leur propos. D’aucuns affirment volontiers que les troubles en Palestine ne sont, au demeurant, que le résultat de la propagande hitlérienne et des intrigues mussoliniennes. On nous permettra de ne pas souscrire à ce jugement.

    Que le fascisme hitlérien et le fascisme mussolinien s’efforcent d’utiliser tous les incidents de la vie internationale et de les exploiter pour leurs fins suspectes, nul ne saurait le contester. Mais on aurait tort de s’en tenir à ces données pour apprécier d’une façon correcte le mouvement palestinien.

    Les Arabes se sont révoltés en 1929 alors que l’hitlérisme n’était pas au pouvoir et qu' aucune rivalité n’opposait la Grande Bretagne et l’Italie. La révolte palestinienne se rattache au mouvement général de rébellion qui agite tout le monde arabe, celui d’Égypte, et de Syrie, comme celui de Palestine.

    Cette révolte était-elle justifiée ? Nous croyons qu'elle est parfaitement justifiée. Nous ajoutons qu' à notre avis on se trompe lourdement en l’assimilant à un mouvement antisémitique. L’antisémitisme nous est profondément odieux. Mais ce n’est pas contre les Juifs considérés comme tels que se rebellent les Arabes. C’est contre une forme d’exploitation imaginée et mise en train par l’impérialisme britannique.

    Au fond, sous prétexte de foyer national juif, s’est organisée en Palestine une véritable spoliation des Arabes. La grande société sioniste Keren Hayessod [2] est spécialisée dans ces spoliations. Profitant de l’absence de titre de propriété chez les fellahs et les bédouins, elle se met d’accord avec un féodal - cheikh - arabe pour s’approprier des terres.

    Après quoi, elle avise les fellahs qu' ils doivent abandonner la terre sur laquelle leurs ancêtres ont peiné pendant des siècles. Si les fellahs n’obtempèrent pas, la société appelle à la rescousse les soldats britanniques.

    Il y a mieux, une véritable chasse aux ouvriers arabes a été organisée par une autre organisation, l’Histadrouth [3]. Chaque année, à la fête de la cueillette des oranges, de véritables expéditions punitives sont organisées par les troupes d’assaut sionistes sur les chantiers, dans les usines d’où les ouvriers arabes sont impitoyablement chassés.

    Voilà comment le sionisme organise des pogroms à rebours. Les méthodes que nous mentionnons sont très exactement celles que l’hitlérisme emploie à l’égard des Juifs en Allemagne.

    Comment dans ces conditions, la population arabe ne s’insurgerait-elle pas avec vigueur ? Les chefs de cette révolte ont eu soin de répéter cent fois qu' ils n’entendaient pas donner dans l’antisémitisme. Ils veulent lutter contre l’impérialisme britannique et contre son allié le sionisme. Ils réclament l’arrêt de l’immigration juive passée de 80 000 en 1914 à 450 000 en 1935. Ce n’est pas là, quoi qu'on en dise, un mot d’ordre anti-juif. C’est dans le respect du droit d’asile, c’est dans la solidarité internationale contre le fascisme, et non pas dans la complicité avec une entreprise suspecte de spoliation, que nous entendons défendre la cause des Juifs persécutés par l’hitlérisme.

    Les Arabes réclament en outre l’interdiction de toute vente des terres arabes. Ils préconisent la constitution d’un gouvernement national arabe.

    Ces revendications sont justes. Elles s’inspirent de la volonté d’un peuple de secouer une domination suffocante.

    La cause des travailleurs juifs, pourchassés par les dictatures fascistes, n’est pas celle des expropriateurs des grandes sociétés sionistes et de leurs troupes d’assaut. Elle se confond avec celle des opprimés de toutes couleurs et de toutes races qui ne veulent pas se laisser dépouiller."

    Gabriel Péri

    Notes :

    [1] Gabriel Péri, responsable de la rubrique étrangère de l’Humanité, fut l’un des rares à dénoncer dans ce même journal l’accord Hitler/Staline (signé entre Molotov et Ribbentrop) par lequel l’Allemagne nazie et l’URSS se partageaient la Pologne*. Péri fut fusillé par les nazis le 15 décembre 1941 après avoir refusé de signer une déclaration condamnant les " actes de terrorisme ".

    [2] Keren Hayessod : principal instrument financier de l’Agence juive, reçut entre 1934 et 1938 de la Lloyds Bank un montant total de prêts de 675 000 livres sterling.

    [3] Histadrouth : organisation syndicale sioniste créée en 1920 et chargée d’organiser le monopole du travail juif

    [* Lecture quelque peu caricaturale de ce qui fut sa position réelle, ou plutôt le dilemme et les tiraillements qu'il a pu traverser à ce moment-là au même titre que tous les communistes de la planète : Gabriel_Péri#Résistance

    "Comme bon nombre de parlementaires communistes, Péri est surpris par l’annonce du pacte germano-soviétique, le 23 août 1939. D’après les témoignages recueillis par l’historien Guillaume Bourgeois : « Gabriel Péri fut très affecté par la signature du pacte ». Profondément confiant dans la politique soviétique, mais aussi farouchement antifasciste depuis des années, il a, plus que tout autre, l’impression de se retrouver tout à coup au centre d’un conflit insurmontable. Par esprit d’abnégation, et en pariant qu’il avait fait de toute façon le bon choix, il se refuse à se désolidariser du PCF, en supposant qu’il ait même envisagé cette solution. Toujours d’après les recherches menées par Guillaume Bourgeois : « Péri s’enferme dans un certain mutisme bien qu’il ait choisi de continuer à militer ».

    Ses choix sont plus clairs fin septembre 1939, lorsqu’il demande à être incorporé, malgré une grave atteinte pulmonaire qui l’avait fait réformer en 1922. C’est en attendant sa mobilisation, qui est acceptée, qu’il prend connaissance de la lettre adressée le 1er octobre 1939 par le groupe parlementaire communiste reconstitué, au président de la chambre, Édouard Herriot ; cette lettre, suivant la nouvelle politique soviétique demandait que des offres de paix soient faites à Hitler. Si, d’après Guillaume Bourgeois, « Péri ne manifeste sans doute pas de désaccord avec son contenu », Amilcare Rossi donne une tout autre version. En effet, il signale que Péri aurait protesté avec véhémence en déclarant : « Nous fournissons au gouvernement un excellent prétexte pour nous envoyer au poteau de Vincennes ». La missive, écrite par Jacques Duclos et Florimond Bonte, rompt son engagement et ses choix patriotiques, alors qu’au même moment, la direction du PCF a depuis des semaines rompu la ligne antifasciste, pour lancer la lutte contre la guerre qui renvoie dos-à-dos « les capitalistes anglais et français, et le fascisme allemand ».

    Sans nul doute Péri, même s’il demeure fidèle au PCF, éprouve des difficultés à accepter cette nouvelle ligne politique qui heurte ses convictions antifascistes et patriotiques. Son indépendance d’esprit ne manque pas de susciter certaines inquiétudes pour les caciques du Komintern. C’est ce que remarque Roger Bourderon dans une missive adressée de Moscou par André Marty, le 20 janvier 1940 : « Il faut écarter Péri du poste confié/ rédaction des documents/ à cause de tout son passé/journalistique/, son appui aux éléments trotskistes dans la région frontière des Pyrénées-Orientales/Catalogne française ».

    Député membre du groupe ouvrier et paysan français, il parvient à s'échapper par chance à son arrestation, le 8 octobre 1939, et est déchu de son mandat, le 21 janvier 1940, et condamné par contumace le 3 avril 1940 par le 3e tribunal militaire de Paris à 5 ans de prison, 5 000 francs d'amende et 5 ans de privation de ses droits civiques, civils et de famille pour être resté fidèle à la ligne du Parti communiste et ne pas avoir dénoncé le pacte germano-soviétique. Il entre alors dans la clandestinité.

    Ainsi, durant toute la drôle de guerre, il est l’un des cadres de l’équipe chargée de la rédaction de L'Humanité clandestine. Péri est d’ailleurs l’un des rares dirigeants du PCF clandestin à demeurer dans la capitale au moment même où la Wehrmacht défile sous l’Arc de Triomphe et que l’équipe Benoît Frachon-Arthur Dallidet a suivi l’exode des Parisiens. Lorsque Maurice Tréand, le responsable de la commission des cadres du parti, est de retour avec Jacques Duclos le 15 juin 1940, Péri s’oppose avec virulence aux tentatives des deux hommes de négocier avec l'occupant allemand la parution légale de L'Humanité. Il n’a, semble-t-il, pas perdu son attachement à la ligne antifasciste des années de Front populaire. Il est en constant désaccord avec Tréand qui transmet des télégrammes négatifs à son encontre à Moscou."

    Sur la décontextualisation et les caricatures outrancières ("preuve que stalinisme = nazisme" etc.) autour du "pacte", sans nier ses aspects forcément "sans principes" d'un point de vue marxiste et léniniste : pacte-germano-sovietique-pour-tenter-de-clarifier

     

    SUR LA RÉVOLTE DE 1936 EN PALESTINESUR LA RÉVOLTE DE 1936 EN PALESTINE


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  • Retour à l'Estatut de 2006, satisfaction des pseudo-"indépendantistes" autonomistes radicaux bourgeois et fin du Procés ?

    Le Premier ministre espagnol a proposé d'organiser un référendum en Catalogne sur une plus grande autonomie de la région riche, mais a exclu de permettre un vote sur l'indépendance, comme le demandaient les dirigeants catalans.

    Le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez, qui depuis son arrivée au pouvoir en juin a tenté de désamorcer la course à l’indépendance de la Catalogne en s'entretenant avec le président séparatiste de la région, Quim Torra, a déclaré à la radio Cadena Ser sur le renforcement de l'autonomie de la Catalogne.

    "C'est un référendum pour l'autonomie, pas pour l'autodétermination", a-t-il ajouté, sans donner de calendrier pour le vote proposé.

    https://www.lemonde.fr/…/pedro-sanchez-promet-aux-catalans-…


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  • ... dans le parallèle établi par le commentateur avec la Palestine occupée.

    Punition collective, "anti-drogue" ici ou "antiterroriste" là... Mais surtout un moyen rêvé de virer les gens de chez eux pour accélérer la colonisation d'un côté, la gentryfication de l'autre :

    "La France s'inspire t'elle de la politique israélienne ?

    Le projet de loi Élan prétend l'expulsion de familles entières (locataires) si l'un de ses membres est condamné dans un trafic de stupéfiant (article 40 bis).

    La punition collective et la sanction exemplaire ont toujours été la volonté de ceux et celles qui souhaitent une politique agressive (souvent d'ailleurs concentrée contre certaines populations notamment celle des quartiers populaires).

    Cette application du projet de loi reste anticonstitutionnelle.

    Faire croire que toute une famille est complice d'un fait est symptomatique d'une démagogie populiste et simpliste.

    Je pense d'ailleurs aux mères qui doivent élever seules leurs enfants en étant obligées de faire un dur travail sur un planning complètement désordonné, victime d'une société qui d'un côté accuse les parents de démission et de l'autre incite à une déréglementation du travail.

    Sanctionner des enfants innocents en les expulsant d'un toit est indigne d'une République qui se prétend des droits de l'"Homme".

    D'autres solutions sont à éprouver.

    STOP l’ÉLAN !"

    https://bourrasque-info.org/spip.php?article1131

    Loi ELAN sortie du Sénat, une loi « anti-pauvres XXL » :

    Le Sénat a terminé la première lecture de la loi ELAN le 25 juillet. La CMP est repoussée au 12 septembre. En pleine affaire BENALLA, la droite et l’extrême-droite ont trouvé un excellent terrain d’entente avec le gouvernement sur le dos des moins riches d’entre nous, locataires, sans abris ou victimes de la crise du logement, handicapé-e-s. Sans surprise, le Sénat durcit un texte déjà marqué par ses nombreuses mesures anti-pauvres, son soutien aux intérêts des milieux spéculatifs et financiers…

    1 – Quelques une des nouvelles mesures anti pauvres adoptées par le Sénat :

    Article 58 ter : Pénalisation des occupants sans titre (squatteur-euse-s, locataires au noir, sous-locataires non déclaré-e-s…) ; tout-e habitant-e ne pouvant prouver qu’il ou elle est installé-e avec l’accord du propriétaire, de bonne foi, est passible de 1 an de prison et 15 000 euros d’amende, d’une expulsion express sans jugement, suppression de la trêve hivernale, si celui-ci porte plainte.

    Article 46  : Nombreuses entorses à la Loi SRU.

    Les villes qui disposent entre 15 et 35% de logements sociaux pourront mutualiser dans le cadre de l’intercommunalité, ou des EPT du Grand Paris, la production de HLM pour atteindre en moyenne 25%. Moins de logements sociaux construits, des communes qui préservent leurs privilèges. Où l’on comprend que le taux acceptable de HLM pour le Sénat est de 15%. Le taux de HLM dans les communes ou un quart des habitants sont sous le seuil de pauvreté pourra baisser jusqu’à 20%. Un cadeau pour les maires de droite qui ont conquis des villes populaires ! Les maires pourront contracter la mise en œuvre ou non de la loi SRU directement avec le préfet, à titre « expérimental » pour mieux faire passer la pilule…

    Article 40 bis A  : Les délais à la prévention de l’expulsion sont divisés par 2 et passent de deux à un mois : commandement de payer, diagnostic social, CAPEX, commandement de quitter les lieux... Autant dire moins de prévention des expulsions, et donc de moyen d’éviter l’expulsion.

    Article 40 bis : Résiliation du bail de plein droit, et donc expulsion de toute la famille, lorsque l’un-e des habitant-e-s d’un logement a été condamné pour usage ou trafic de stupéfiant. Mesure d’éloignement jusqu’à 3 ans, à l’encontre de personnes nuisant à la tranquillité publique dans les parties communes des immeubles d’habitation…

    Article 53 quater B : Rétablissement de pénalités arbitraires en cas de retard de loyer. Cette clause abusive avait été interdite par la loi ALUR.

    Article 53 quater C : Rétablissement des amendes pour non-respect du contrat de location ou du règlement intérieur annexé au bail.

    Article 53 quater D : En sus des sommes versées au titre des dépend de l’article 700, des frais de 1re relance ou de procédure seront facturés aux locataires en difficulté.

    Article 34 bail mobilité : la commission de conciliation n’est pas compétente, les critères de décence ne s’appliquent pas (une aubaine pour les Thénardier), et ce bail précaire s’ouvre aux personnes en mutation professionnelle.

    Article 19 bis – location temporaire par des sociétés lucratives à des « résidents temporaires » payant une indemnité, devant assurer le gardiennage d’immeubles vacants et exclus de la trêve hivernale des expulsions : L’expérimentation est reconduite jusqu’à fin 2023.

    Article 35 attributions HLM  : les commissions d’attribution travaillent sur des dossiers numériques et en réunion virtuelle (risques de dérives)

    2 - Les Mesures anti pauvres confirmées par le Sénat :

    Article 40 : Expulsion plus rapide des locataires les plus pauvres, qui ne seront pas en mesure de reprendre le paiement du loyer, surtout lorsque l’APL est supprimée : l’ensemble des dispositifs de secours et de prévention ne seront plus accessible, le locataire étant considéré alors de mauvaise foi. « L’idée n’est pas de maintenir des locataires qui ne peuvent faire face au paiement du loyer » a expliqué Mme Estrosi-Sassone, tandis que le ministre Mézard affirme que maintenir « des locataires qui ne peuvent pas payer le loyer et les charges est inconstitutionnel… ».

    Article 57 bis : expulsion des habitant-e-s de quartiers informels, et destruction de leur habitation, sur arrêté du Préfet, sans jugement, dans un délai d’un mois, en Guyane et à Mayotte. L’hébergement ou le relogement, prévu dans le texte et vanté par le ministre Mézard peut en réalité se résumer à un hébergement d’une nuit dans un gymnase.

    Article 11 : la garantie de relogement réquisition de bureau pour de l’hébergement temporaire est allongée, 1 à 12 ans, le calcul de l’indemnisation par le bénéficiaire est modifié (à suivre). Conclusion : Ces derniers perdent le droit au relogement et cette procédure qui n’a jamais été appliquée reste quasiment inapplicable…

    3 - D’autres mesures anti pauvres amendées par le Sénat, en général en faveur des maires et des élus locaux,

    Détricotage de l’encadrement des loyers, bail mobilité ; vente de HLM au secteur privé ou à des marchands de sommeil, attaque de la loi SRU avec la vente des HLM dans les villes en carence, concentration des bailleurs sociaux ; suppression de la fonction disciplinaire du « Conseil national des transactions et de la gestion immobilière » qui encadre les abus des professionnels de l’immobilier ; marginalisation des architectes des bâtiments de France ; attaque contre les normes handicap dans le neuf ; dégradation de la qualité des logements produits au nom de la simplification des normes ; bétonnage des « dents creuses » du littoral… etc.

    (Voir note du DAL sur la loi ELAN)

    4 - CMP repoussée au 12 septembre :

    La présidente de la commission en charge de la loi ELAN (LR) et le ministre en charge n’ont pas caché leur volonté d’aboutir à une commission mixte paritaire (CMP) conclusive, permettant d’éviter une nouvelle navette (2e lecture à l’assemblée et au Sénat), qui renverrait l’adoption de la loi à l’hiver. Prévue les 30 et 31 juillet, elle a finalement été repoussée au 12 et 13 septembre pour des raisons techniques et politiques.

    La CMP, constituée de 7 députés et 7 sénateurs se réunira mercredi 12 septembre au Sénat, à 14h30. Il reste 6 semaines pour mettre sur pied une large information dans les réseaux et organiser la résistance contre la loi ELAN et ses mesures anti pauvres.

    Un toit c’est un droit !

    *********************************************

    Et encore dans le registre des actualités inquiétantes... :

    Une prostituée transgenre, Vanessa Campos, a été assassinée au Bois de Boulogne le 18 août dernier. L'affaire a fait pas mal de bruit sur le Net.

    Un crime "étrange", "atypique" car la victime a été tuée PAR BALLE ; c'est-à-dire que l'assassin est venu armé, probablement déjà avec des intentions homicides, ce qui ne ressemble pas au scénario (tragiquement) "classique" de la "passe" qui aurait mal tourné, le "client" qui s'énerve et devient violent etc. ; et guère plus en vérité à la version désormais officielle (ayant conduit à 8 interpellations dans les jours qui suivent, mais très peu voire pas du tout d'information trouvable sur ces personnes, ce qui n'est déjà pas commun lorsqu'il est question de la "lie de la société"...), à savoir une bande crapuleuse qui rackettait les prostituées du secteur depuis plusieurs mois, plutôt armée jusque-là de bâtons et d'armes blanches...

    Mais pourquoi donc tuer ainsi, avec une telle préméditation, une prostituée trans apparemment sans histoires ?

    La réponse est peut-être à chercher dans la situation géographique du bois lui-même, au cœur de l'Ouest parisien... et dans la VALEUR IMMOBILIÈRE que ferait prendre aux alentours un "nettoyage" social des "putes" et des "travelos" qui font sa réputation pratiquement mondiale. Et un assassinat, évidemment... quoi de "mieux" pour faire souffler un vent de panique et faire FUIR ces "indésirables" ?

    Mais attention, depuis, il y a eu plus "fort" encore :

    https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/l-arme-d-un-policier-aurait-tue-la-prostituee-transsexuelle-du-bois-de-boulogne-1535523257

    http://www.liberation.fr/direct/element/meurtre-de-vanesa-campos-larme-du-crime-aurait-ete-volee-a-un-policier_86541/

    https://www.bfmtv.com/police-justice/meurtre-d-une-prostituee-transgenre-l-arme-d-un-policier-utilisee-pour-tuer-vanesa-campos-1513741.html

    D'après le Canard Enchaîné, l'arme utilisée pour tuer Vanessa se serait avérée être L'ARME D'UN POLICIER qui aurait été volée la semaine précédente dans son véhicule ; comme quelques 24 autres rien qu'en Île-de-France depuis le début de l'année.

    BREF BREF... Si l'air du temps est bien ce qu'il nous a l'air d'être, nous ne nous hasarderons pas ici à en tirer des conclusions qui seraient forcément "hâtives", n'est-ce pas, au point peut-être d'être hâtivement pénalement répréhensible.

    Nous les tirerons en notre for intérieur, et laisserons à chacun et chacune le soin d'en faire de même...


    votre commentaire

  • ... que le HBDH n'a pas tout à fait tort lorsqu'il qualifie la situation actuelle de "guerre mondiale totale" (voir ici la critique qu'en fait le TKP/ML - CC légitime et que nous faisons nous aussi de ce "front uni" autour du PKK et de ses conceptions : au-sujet-du-hbdh).

    Car oui, il y a bel et bien une gigantesque offensive impérialiste tous azimuts à l’œuvre d'un bout à l'autre de la planète ; que nous avons pu illustrer à travers les quelques exemples suivants dans un précédent article : "une gigantesque offensive de l'impérialisme occidental à l'échelle planétaire, dont le semi-fasciste Trump et le libéral "progressiste" Macron sont les deux faces de la même monnaie : élimination (au profit de la droite ultra) du vague social-réformisme rose pâle du PT et "coup d’État judiciaire" contre ses figures de proue Lula et Dilma au Brésil ; manœuvre à peu près similaire en Argentine ; asphyxie économique et agitation insurrectionnelle fasciste, on l'a dit, au Venezuela de Maduro (dont d'ailleurs, puisque le leitmotiv là-bas est de se procurer des dollars qui valent chacun plusieurs millions de devises nationales, des cohortes de réfugiés économiques affluent vers l’Équateur dont le dollar est la monnaie, pour y travailler pour 4 fois moins cher que les Équatoriens qui eux, comme au début des années 2000... réfléchissent à nouveau à prendre le chemin de l'émigration vers l'Espagne ou ailleurs !) ; colère sociale contre les mesures économiques antipopulaires des sandinistes au Nicaragua, qui pourrait bien prochainement entraîner leur chute (ils avaient déjà fait la même chose à la fin des années 1980 pour perdre le pouvoir dans la foulée : cadtm.org/Nicaragua...) ; propagande et menaces (maintenant) contre l'Afrique du Sud qui envisage de redistribuer aux paysans noirs les terres des colons blancs afrique-du-sud-trump-reforme-agraire mythe-genocide-blanc ; guerre totale (de la Syrie au Yémen en passant par l'Irak) de repartage impérialiste en "Orient compliqué" annee-2018-proche-et-moyen-orient, parfois sous les applaudissements "progressistes" et "antifascistes" des opportunistes rojavalâtres recapitulatif-articles-rojava, dans une confrontation de plus en plus ouverte avec l'Iran mais aussi une volonté de mise sur la touche d'Erdogan en Turquie turquie-kurdistan-elections-anticipees erdogan-est-un-fasciste-mais, pourtant à la tête de la deuxième armée de l'OTAN et n'ayant pas vraiment bousculé les "équilibres structurels" néolibéraux dans ce pays (bien au contraire) mais qui a fait montre d'une "autonomie" dans ses agendas, d'une "volonté de puissance" régionale et d'un "non-alignement" ou plutôt d'une "oscillation" diplomatique entre Occident et Russie-Iran-Chine, autrement dit d'une perturbation des équilibres géopolitiques, devenue en elle-même intolérable ; radicalisation, sur la question de la Palestine, du soutien impérialiste à un État sioniste lui-même de plus en plus radicalisé ; etc. etc.".

    En d'autres termes, une offensive occidentale massive contre ce qu'on a pris l'habitude d'appeler les "BRICS" (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) ; c'est-à-dire les pays susceptibles de mettre en place une "pyramide" économique parallèle et rivale, extra-Banque mondiale et FMI, avec la Nouvelle Banque de Développement par exemple ; tout en remettant en même temps sous le "pressoir" les peuples de travailleurs qui, faute de révolution (qu'on n'a pas vue ces dernières décennies, puisque celle au Népal a été trahie), avaient peut-être pu parfois desserrer un peu le collier de fer sur leurs cous et respirer...

    Moins évidente et impressionnante, bien sûr, que les armées d'un pays comme l'Allemagne nazie déferlant brusquement sur ses voisins ; donc on s'en rend moins compte, on en a moins conscience, il faut être attentif à l'actualité dans son ensemble et parvenir à mettre les choses en lien les unes avec les autres ; mais pourtant, bel et bien là.

    Et l'on peut peut-être commencer à envisager sérieusement qu'aucune question politique à travers le monde aujourd'hui ne puisse être détachée des considérations relatives à cette offensive générale et totale en cours ; dans la perspective internationaliste authentique (qui est la nôtre) de combattre sans faiblesse notre propre impérialisme et le bloc impérialiste auquel il appartient, sans pour autant bien sûr s'illusionner et faire preuve d'opportunisme vis-à-vis des impérialismes (et autres forces géopolitiques grandes-bourgeoises) adverses.

    En d'autres termes, et pour parler clairement, ne jamais perdre de vue cette offensive impérialiste en cours ; et les liens qu'il peut y avoir avec elle ; lorsque nous évaluons la situation politique dans un pays et les éventuelles luttes qui s'y déroulent (sans pour autant, évidemment, retirer toute légitimité à ces luttes si elles sont populaires et contre des politiques antipopulaires : on a toujours raison de se révolter contre l'oppression).  

    En fait, le problème de l'analyse du HBDH et surtout des gauchistes occidentaux fana-rojavalâtres serait plutôt (dans cette perspective)... de se placer en pratique du mauvais côté (le pire de tous en tout cas), celui de l'offensive impérialiste, dans cette "guerre mondiale totale" qu'ils dénoncent... puisque Rojava ne consiste en dernière analyse, tout en combattant la "menace djihadiste" = armée mercenaire des capitaux sur-accumulés du Golfe qui se cherchent un "Empire" où s'investir et fructifier (et aussi osons le dire, nationalisme bourgeois de pays ravagés par l'impérialisme comme l'Irak), "et (bien sûr) son allié fasciste Erdogan", qu'à établir un marchepied occidental en Syrie face à la Russie et l'Iran (lire ici point-final-situation-syrie sur l'accord de "sortie" du conflit consistant à réintroduire "avec modération" l'autorité de Damas dans la "Fédération du Nord" = Rojava, tout en donnant à un rojaviste aux liens étroitement tissés avec l'Occident le... Ministère du Pétrole, autrement dit une "main" sur les ressources pétrolières du pays). Et ce "corps et âme" ; en tout cas "corps et âme" dans le sens de l'établissement d'un condominium régime-Russie-Iran/Occident sur le secteur ; et non - nullement - dans une quelconque "souplesse tactique" par rapport à une lutte qui aurait sa légitimité (et face tant à l'oppression séculaire que subit le Peuple kurde, qu'à la menace génocidaire que faisaient peser sur lui et les chrétiens syriaques certaines forces du conflit, bien évidemment qu'elle avait une légitimité).

    Bref, en soi l'analyse n'est peut-être pas si mauvaise, tant on semble effectivement observer une accélération de la "Quatrième Guerre mondiale non-déclarée" qui a immédiatement succédé à la Guerre froide (qui était la Troisième) ; le problème ce sont plutôt les conclusions et la pratique qu'ils en tirent !

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    Un autre point abordé dans un précédent article deux-visions-de-nos-societes-europeennes-qui-s-opposent-non-mais-lol, est celui du combat sans merci contre le "progressisme" (dont Macron vient apparemment d'être proclamé chef de file continental) qui est le fourrier du fascisme.

    Une idée qui peut effectivement rappeler la position dite "classe contre classe" ou "3e période" de l'Internationale communiste (1928-34), à laquelle succéda (dans un virage à 180°) la ligne des Fronts populaires...

    Mais cette ligne "classe contre classe"-"3e période" d'hostilité absolue au "social-fascisme" (la social-démocratie, la "gauche" bourgeoise "fourrier du fascisme") était-elle vraiment si idiote et absurde que cela ?

    C'est tout de même un fait qu'en Allemagne (où on l'accuse d'avoir "conduit au triomphe du nazisme"), ce sont les sociaux-démocrates qui après avoir présidé à la sanglante répression des communistes entre 1919 et 1923 (avec Noske etc.) ont bien plus que ces derniers refusé toute action commune contre la montée du nazisme et la violence que faisaient déjà régner les Chemises brunes, systématiquement choisi la lutte sur deux fronts (symbolisée par les trois flèches = à la fois contre les nazis, les conservateurs et les communistes, que des abrutis "antifas" reprennent encore 85 ans après...) voire carrément la politique du "moindre mal", renoncé à présenter un candidat et soutenu l'archi-réactionnaire Hindenburg à la présidentielle de 1932 (pour qu'il ouvre l'année suivante les portes du pouvoir à Hitler, et reste tranquillement président jusqu'à sa mort en 1934...), etc. etc. Le fait est, ni plus ni moins, que durant toute la période dite de Weimar la social-démocratie a littéralement été le premier cercle de containment pour empêcher le mouvement communiste de se développer et de menacer le Capital en Allemagne.

    C'est encore un autre fait que les Fronts populaires, une fois décidés au milieu des années 1930, n'ont pas réellement été de grands succès. Où ont-ils existé, d'ailleurs ? Dans la quasi-totalité de l'Europe, à l'Est du Rhin et des Alpes, il était trop tard (le fascisme avait pris le pouvoir). Ils ont, essentiellement, été tentés 1°/ dans l’État espagnol... où le poids de la "gauche" républicaine bourgeoise a peut-être, plus qu'autre chose, été un boulet pour empêcher les choses de prendre la seule forme réellement capable de vaincre Franco, celle d'une Guerre populaire, et 2°/ dans l’État français... où ce n'est nul autre que le Parlement élu en 1936, celui du Front populaire, qui votera à une immense majorité les pleins pouvoirs à Pétain quatre ans plus tard, à l'écrasante majorité des élus réformistes SFIO et a fortiori radicaux, après deux ans de gouvernement Daladier (1938-40) caractérisés par les politiques les plus réactionnaires (internement des réfugiés antifascistes dans des camps - lire ici l-affaire-zemmour, refus d'accueillir les "indésirables" - comme disait le ministre Chautemps, puis interdiction en 1939 du Parti communiste et arrestation de ses élus et cadres connus) et toutes les capitulations face au fascisme ; tandis que les communistes avaient, eux, renoncé à tout internationalisme conséquent vis-à-vis des peuples colonisés.

    Tous ces faits historiques ne pouvant que nous amener à penser, bien après l'expérience, que la position antérieure de "papier à cigarette" entre la social-démocratie (ou la "gauche" bourgeoise) et le fascisme, ou du moins de première faisant le lit, ouvrant inévitablement la voie au second, n'était pas si erronée... voire plus que cela : qu'elle était juste mais insuffisante, trop embryonnaire, nécessitant de pousser encore la réflexion bien au-delà.

    Nous pouvons vous inviter en la matière à lire ou relire nos récentes réflexions sur la question du fascisme (ici a-premiere-vue-l-affirmation-de-gonzalo et encore d'autres liens dans la colonne sur votre gauche) et la nécessité selon nous de trouver une "articulation" entre ses différentes définitions ; celle de Dimitrov (terreur anticommuniste, anti-ouvrière, anti-"gauche", militariste pour la guerre impérialiste et/ou la contre-révolution, donc forcément de "droite radicale" même en s'enrobant éventuellement de mesures sociales "de gauche") et celle de Gonzalo (refondation, pour surmonter la crise, d'un pseudo-"pacte social" entre les classes, ce qui peut donc inclure la social-démocratie et le réformisme bourgeois en général, toute forme de "citoyennisme", et... le libéral-"progressisme" à la Macron - "pacte" entre "ceux qui ont réussi" et "ceux qui veulent" en quelque sorte, et qui ne veut pas réussir sa vie ?) ; avec "en embuscade" une "troisième", celle de militants comme Césaire ou Fanon, Losurdo ou Traverso, qui est que le fascisme n'est en fin de compte qu'une "irruption" brutale en Occident des méthodes politiques qui sont la "norme" (dans l'indifférence générale...) de la gestion impérialiste des colonies (aujourd'hui semi-colonies, "néocolonies"), et que cette gestion est justement ce qui permet... de favoriser les pseudo-"pactes" entre les classes dans les métropoles.

    C'est donc une question qui mérite que l'on y réfléchisse (sérieusement) et que l'on recherche peut-être une voie intermédiaire, sous la forme de mots d'ordre permettant de mobiliser petit à petit (sans "miracle" au début) autour de nous, entre ces deux positions historiques "3e période" et "Front populaire" ; entre, aujourd'hui, sectarisme vis-à-vis de tout ce qui ne pense pas comme nous (mais partage pourtant bel et bien nos intérêts de classe) et opportunisme total voire capitulation pure et simple devant une prétendue bourgeoisie "non-fasciste" ; et entre ultra-gauchisme délirant (postmodernoïde ou autre) qui ne "parle" à personne dans les masses, et populisme qui se met à la remorque de leur niveau de conscience tel qu'il est.

    Sachant (aussi) déjà, en matière de risque d'opportunisme vis-à-vis de la politique bourgeoise, que le "progressisme" d'un Macron (ou déjà du quinquennat Hollande avant lui) n'a approximativement rien à voir avec ce que pouvaient être les courants réformistes, possibilistes, sociaux-démocrates du mouvement ouvrier dans les années 1930 ; dont l'équivalent serait plutôt à rechercher dans ce qu'on va appeler le "camp anticapitaliste" (ou très critique du capitalisme) non-maoïste, et le cas échéant, quantitativement, incomparablement plus faible (et comme nous avons pu aussi - longuement - l'aborder, la "radicalité" en elle-même n'empêche pas forcément aujourd'hui le "progressisme" d'être au service de l'ordre, contre-révolutionnaire préventif)... Mais bref.

    L'"arme absolue" pour tout cela pouvant (peut-être) être de produire et se baser sur des analyses d'une scientificité absolue ; ne cédant ni à la subjectivité "ultra-révolutionnaire" (ultra-radicale-morale, plutôt...) ni à une espèce de "productivisme recruteur" disant aux gens ce qu'ils veulent entendre pour les mobiliser ; peut-être "compliquées", "peu accessibles", voire "imbitables" nous dirons certains, mais JUSTES et pour cela, à terme, TOUTES-PUISSANTES ("parce que vraies") ; mobilisant petit à petit, en cercles concentriques, en "tâche d'huile", les masses du peuple pour la révolution ; à condition de mener en parallèle la bataille pour l'intelligence, pour restaurer l'apprentissage à penser et tout simplement la politique.  

    Sur (par exemple) le sujet de l'article en question, celui de l'immigration et de l'opposition (totalement bidon et factice) entre les figures de Macron-Merkel et Salvini-Orban à ce sujet : partir de la position scientifique qui est la nôtre depuis des années déjà les-migrants-ne-quittent-pas-leurs-pays-pour-le-plaisir ; que les migrants sont en quelque sorte des "guerriers (inconscients) de la revanche" des pays pillés par l'impérialisme, en tout cas des gens qui cherchent pour ainsi dire magnétiquement à rejoindre en Occident, pour tenter de s'en réapproprier une partie, les concentrations de richesse pillée dans leurs pays ; permet automatiquement de rejoindre la position juste... à savoir (tout simplement) que le "devoir" d'accueil des réfugiés et migrants, si l'on peut s'exprimer ainsi, doit être mathématiquement corrélé à la richesse économique des pays et même (dirions-nous) des régions (ou des territoires de nationalités réelles...).

    C'est-à-dire que : Salvini est un ultra-réactionnaire, un raciste et un fasciste. Orban, pareil. L'Aube Dorée grecque, n'en parlons pas. Mais une fois qu'on a dit cela, la question est : comment mobilisent-ils les classes populaires de leurs pays respectifs ? Et la réalité c'est qu'ils les mobilisent en disant n'être "absolument pas racistes, ni xénophobes", mais que "trop c'est trop" et que "les autres pays européens, les pays riches, doivent prendre leurs responsabilités"... et ceci, c'est absolument imparable ! Car les libéraux, les démocrates, les "progressistes" français, allemands, d'Europe du Nord, sont de grands malins : ils donnent aux masses populaires du Sud et de l'Est, qui votent pour de tels fascistes, des leçons d'"humanisme" et de "valeurs européennes" ; mais en attendant verrouillent fermement leurs frontières, leurs offices de l'immigration, à toute politique d'accueil et nous expliquent benoîtement qu'on "ne peut pas accueillir toute la misère du monde" !

    La Grèce, c'est 10 millions d'habitant-e-s... plus économiquement un pays "du Nord", occidental, "blanc" depuis le début de la décennie, mais un pays tout à fait classable dans le "Sud global", dont des millions de jeunes sont partis car n'ayant aucun avenir autre que la mendicité ; et... environ 1 million de réfugiés et migrants en temps réel (avec des entrées et des sorties chaque jour), étant donné que sa position géographique et ses milliers de kilomètres de côtes (parfois à quelques kilomètres du continent proche-oriental) en font une porte d'entrée majeure. Soit l'équivalent de 10% de la population... dans un pays dont la situation économique et sociale est celle-ci ; et ceci parce que (bien évidemment) les autres pays de l'Union européenne, ceux que précisément les migrants essayent de rejoindre, font tout pour qu'ils n'en sortent pas (des gens comme Orban, puisqu'on en a parlé, se chargeant d'empêcher qu'ils ne le fassent par la route des Balkans). En vérité, la question à se poser concernant l'Aube Dorée n'est pas "comment une telle horreur peut-elle exister", mais plutôt... comment ne font-ils pas beaucoup plus aux élections !!

    L'Italie (quoique, certaines zones du Sud...), l’État espagnol, n'importe quel pays de l'Est comme la Hongrie, ne sont certes pas dans cette situation, mais enfin ce n'est pas la vie de palace non plus ; la crise terminale de 2008 est passée par là et a considérablement laminé leurs économies, il y a encore quelques décennies (ou juste avant la crise) "émergentes".

    Salvini est un représentant d'extrême-droite de l'Italie du Nord, historiquement dominante dans l’État et la plus riche, au niveau de vie comparable disons au Sud de l’État français, voire à la Savoie ou à la région lyonnaise par endroit. Mais hélas, malheureusement... il a eu l'intelligence politique de s'adresser (soit directement soit en s'appuyant sur le M5S) aux Italiens du Sud, que sa Ligue du Nord historiquement méprise (c'était au cœur de son identité politique à l'origine), et qui eux ont quelque légitimité à penser qu'ils ont "assez de problèmes" (il faut voir certains quartiers de Naples, bon, avec Gomorra tout le monde les a vus) pour devoir "en plus" gérer des flux migratoires dont les pays riches du Nord (qui sont leur véritable destination) ne veulent pas.  

    Bien sûr (comme nous l'avons dit) toute la tartufferie, toute l'escroquerie intellectuelle de ces forces fascistes peut être facilement démasquée en se demandant simplement... POURQUOI sont-elles alors alliées au niveau européen au Front National, à l'AfD, à l'UKIP etc. ; des forces qui veulent elles aussi FERMER les frontières de leurs pays RICHES (par contre) à l'immigration ; plutôt que des forces qui au contraire les OUVRIRAIENT et "soulageraient" ainsi les pays plus pauvres du Sud et de l'Est. La seule réponse sensée étant que leur mobilisation sur ce thème sert (et masque) en réalité un tout autre agenda, de tout autres intérêts que ceux de leurs "millions de concitoyens qui ne font qu'un repas par jour" ; les intérêts d'une Internationale noire qui est le produit final du capitalisme pourrissant.

    Mais la bourgeoisie, le capitalisme pourrissant, ne forment plus les esprits à se poser même des questions aussi simples : c'est au mouvement communiste qu'incombe cette tâche.

    Voilà ce qu'il faut (scientifiquement établir et) oser dire : les flux migratoires sont causés par l'"aimant" que sont les concentrations en Occident d'une richesse volée aux continents d'origine des migrants ; ces derniers ont donc toute légitimité à "poursuivre" cette richesse qui leur a été volée, là où elle a été amenée et accumulée, pour tenter de s'en réapproprier une partie ; MAIS cela implique d'ores et déjà que notre revendication internationaliste pour qu'ils soient accueillis CIBLE et mette face à leurs responsabilités EN PRIORITÉ les pays, régions, territoires économiques LES PLUS RICHES (les plus grandes concentrations de richesse volée aux pays de départ).

    Qu'une éventuelle (et utopique, c'est une revendication hein...) "péréquation" de l'accueil entre les territoires européens soit basée sur ce critère (plutôt simple non ?).

    Et dans le cas où il y aurait accueil sur un territoire riche, comme a pu le faire (un peu) l'Allemagne de Merkel par intérêt de pays vieillissant en manque de main d’œuvre jeune et dynamique, tss tss ce n'est pas tout cela : les accueillir DIGNEMENT, leur offrir avec la richesse volée chez eux toutes les conditions d'une vie humaine digne ; et non les reléguer aux marges de la société dans des conditions qui généreront forcément des problématiques impactant les couches populaires "déjà là" les plus pauvres, précaires, inquiètes pour l'avenir ; faisant là aussi (encore une fois) le lit des mobilisations réactionnaires fascistes...

    Voilà ce qu'il faut oser dire ; et bien évidemment... ce n'est pas que nous ayons fait une overdose du "Programme de Transition" trotskyste, mais il faut bien admettre que ce sont là des revendications intenables, irréalisables dans le cadre du capitalisme impérialiste ; qui mettent donc à l'ordre du jour la révolution.

    Une révolution qui, comme nous avons pu également l'expliquer maintes fois, devra forcément, "mathématiquement" partir du "Sud global" ; car "dans les pays où la bourgeoisie a une histoire vieille de 250 à 260 ans, voire de plus de 300 ans, la transformation socialiste est moins facile qu'on ne le croit (...) plus un pays est arriéré économiquement plus son passage du capitalisme au socialisme est facile, et non difficile" (Mao) ; et encercler le "Nord" ; autrement dit... BRISER la domination et le pillage impérialiste du "Sud", ce qui, puisque personne ne prend le périlleux chemin de la migration par plaisir, devrait déjà à ce stade tarir les si "polémiques" flux migratoires...

    Comme vous pouvez le constater... dans la scientificité matérialiste tout se rejoint, tout se tient et tout s'enchaîne.

    [Résumé extrême :

    1°/ Contrairement à ce qu'affirme l'ancien militant Betar des "Matérialistes" = 'p''c''mlm' = "À Gauche" = on ne sait trop quoi d'autre encore, il n'y a pas de distinction à faire entre les réfugiés d'un côté et les migrants de l'autre : les migrants (qui n'ont pas fui une situation de guerre ou une dictature disons particulièrement féroce) sont des réfugiés économiques, point.

    2°/ Les migrants, réfugiés politiques OU économiques, fuient une situation d'impossibilité de vivre ou du moins d'absence totale d'avenir GÉNÉRÉE par l'Occident, et viennent en Occident RÉCUPÉRER UN PEU de ce qui a été volé dans leurs pays. C'est donc, comme revendication "maximale" (impossible à satisfaire sans "rompre" avec le capitalisme, impliquant donc cette "rupture"), un DEVOIR pour l'Occident de les accueillir au moins jusqu'à ce que les pays d'où ils viennent soient devenus vivables (ce qui n'arrivera jamais dans un monde impérialiste, donc il y a du chemin, c'est une revendication "maximale" là aussi).

    3°/ MAIS dans cette logique, il faut aussi tenir compte de la RESPONSABILITÉ RELATIVE et du bénéfice tiré de ce pillage par les différents pays et territoires d'un même pays d'Occident, et (avoir aussi pour mot d'ordre d') y PROPORTIONNER le devoir d'accueil. C'est capital, car cette question est un LEVIER colossal pour les populismes fascistes à la Salvini dans tous les pays relativement pauvres d'Europe, leur permettant de toucher des personnes non seulement ultra-racistes mais aussi "pas plus racistes que la moyenne" des Blancs, non sur une détestation physique de toute personne non-européenne mais sur l'idée que le "problème" est que les pays les plus riches (véritables destinations des migrants) verrouillent leurs frontières et que les migrants deviennent donc "trop nombreux" dans des pays qui n'ont pas autant de moyens.

    Des pays relativement pauvres, ou des TERRITOIRES : il faut raisonner par territoires. L'Allemagne est l'un des pays les plus riches d'Europe pris dans son ensemble, mais Aufstehen, courant après AfD, vise surtout l'électorat d'ex-RDA qui est le territoire le plus déshérité et le seul véritable bastion électoral de Die Linke ; ou à la rigueur les zones les plus en déshérence de la Ruhr profonde (et le pire c'est que, comme ils sont "de gauche", ils sont susceptibles contrairement à AfD de ratisser non seulement des petits blancs mais des immigrés installés depuis longtemps et naturalisés).

    Il y a bien sûr aussi des extrême-droites (ou simplement... des droites, c'est vrai que "tout d'un coup" tout le monde les voit beaucoup plus "présentables" et fait même des gouvernements avec !) qui expriment clairement une xénophobie "de riches", de petits bourgeois mondiaux dans des territoires riches comme en Suisse, en Flandre, en Europe du Nord, en Autriche etc. ; mais même là ça joue quand même sur les mêmes ressorts : tout le monde vit moins bien qu'avant et de moins en moins bien (c'est une réalité), s'accroche à un "autrefois" où l'on vivait mieux, et dans tous les cas, lorsque malgré les verrouillages des frontières des migrants/réfugiés sont passés, il y a tendance à les laisser livrés à eux-mêmes, à les reléguer dans les mêmes territoires où les couches populaires "déjà là" (même pas forcément que blanches !) les plus défavorisées du pays sont déjà reléguées, et ainsi associer psychologiquement à leur présence un sentiment d'accentuation des problèmes (sachant que des problèmes réels, déjà, quand on relègue et ghettoïse des gens en conditions de survie, il y en a).

    DONC non seulement il faut la revendication "maximale" de devoir d'accueil, mais aussi celle que les États impérialistes occidentaux qui ont ce devoir à proportion de leur rôle dans la "misère du monde" "PASSENT À LA CASSEROLE", "mettent la main au portefeuille" pour assurer un accueil DIGNE ; et non relèguent les migrants aux marges (dans les territoires-marges) du pays en faisant en quelque sorte "payer" l'accueil aux classes populaires "déjà là" les plus pauvres (ce qui sera toujours un terreau pour le populisme de droite comme "de gauche" lui courant après, même dans les pays sur le papier les plus riches)*.

    4°/ Bien sûr, avec de tels mots d'ordre on ne fera certainement pas 10 ou même 5% aux élections (si seulement l'idée est de s'y présenter...) mais probablement même pas 1%. Mais une différence fondamentale entre nous et la FI ou Aufstehen, ENTRE COMMUNISME ET "GAUCHE" en vérité, est précisément de ne pas viser la quantité à travers le populisme et le possibilisme mais la FERMETÉ QUALITATIVE sur les mots d'ordre et les principes, qui À TERME (stratégiquement) seront entendus et assimilés par les classes populaires en "tâche d'huile" ou cercles concentriques (comme se développe la lutte révolutionnaire de manière générale).

    5°/ Arrêter absolument (par contre) avec les mots d'ordres gauchistes, anarchoïdes etc. de type "à bas toutes les frontières", "liberté de circulation" etc. etc. C'est mortel. Ça ne stérilise pas, mais au contraire fertilise le terreau du populisme fascisant (même auprès de non-blancs qui iront vers des trucs moins ouvertement hostiles envers eux que l'extrême-droite proprement dite, mais iront - ça peut vouloir dire la FI... ou encore Soral, par exemple).

    Oui, nous aussi, quand on voit des peoples faire leur show à Calais ou ailleurs, ON A ENVIE de leur dire de prendre 15 familles et de les installer en leur construisant un petit village sur leur propriété à Ramatuelle ou ailleurs, en leur offrant avec leurs millions des conditions de vie dignes, au lieu de se pavaner en se donnant une image "humaniste"...

    Il n'y a pas de "liberté" de circulation ou d'installation quand déjà à la base personne ou presque ne "circule" et ne cherche à s'installer par "libre choix", mais au contraire de façon totalement contrainte...

    ("Je n'aime pas le discours sur la "liberté de circulation", et je vais expliquer pourquoi. Pour moi, la migration est d'abord une tragédie... pour le migrant lui-même ; conséquence en général d'une autre tragédie. Pas une "liberté"... Ça me fait étrange de parler de "liberté" de circulation alors qu'on a dans 99% des cas un choix de "circuler" qui n'est absolument pas libre, mais totalement causé et forcé. Et qu'en l'absence de ces causes, le choix aurait généralement été de rester dans la maison de ses aïeux, auprès de leurs tombes, à l'ombre de l'arbre où on s'est toujours abrité etc. On ne parle pas de liberté de circuler pour faire du tourisme, là.

    En fait, en parlant de liberté de circulation, parce que le problème ce serait juste qu'il y a des frontières et les frontières et pis les patries et les États c'est mal, on laisse presque croire que les gens sont partis par fantaisie et on ne met pas en accusation les grands Centres impérialistes !

    Par contre, en bon maoïste : toute chose à deux aspects. Une tragédie... mais aussi une invasion, oui, mais une invasion que je soutiens. C'est à dire que quand on migre vers l'Occident, poussé par la misère et/ou la guerre qui est son œuvre, on va chez lui RÉCUPÉRER un peu de ce qu'il nous a volé, même si ce sont les clopinettes de Merkel. Si tu es malade par exemple, tu vas forcément leur gratter leur système de santé, car on ne peut te laisser crever de maladie ni pour l'image, ni pour les risques de contagion. Même en gagnant 80 centimes de l'heure (il faut bien sûr lutter pour obtenir plus !), tu auras tout de même accès à l'Occident et à son niveau de vie plus ou moins indirectement. Donc tu te rembourses, après la misère qui t'a fait partir.

    C'est d'ailleurs la raison pour laquelle en général, sauf situation très particulière comme celle de l'Allemagne, les pays occidentaux ne veulent pas des migrants et font tout pour les refouler. Ils sont, oui, les "invasions barbares" qui feront tôt ou tard tomber l'Empire, "dans une clameur de joie qui montera jusqu'au ciel" pour citer un vieux film.")

    En y réfléchissant bien, les migrants, des frontières, ils auraient bien aimé qu'il y en ait... contre l'invasion (militaire ou économique) de LEURS PAYS par l'impérialisme, déjà. Contre la situation qui les a forcés à partir. Vive les frontières, vive la xénophobie contre les envahisseurs, les capitalistes et autres agents étrangers DEHORS (à coups de pieds au cul), les révolutionnaires internationalistes bienvenue : tous les pays qui ont mené une certaine forme de révolution ces 100 dernières années n'ont pas fonctionné autrement et c'était très bien comme ça ; et aujourd'hui ça résoudrait bien des problèmes qui forcent des millions de gens à risquer leurs vies sur des milliers de kilomètres (et sans doute 10% à mourir en route). Vive les frontières avec un contenu DE CLASSE ; vive les patries avec un contenu DE CLASSE... oui parce que les "No Borders", allez déjà leur parler de lutte de libération NATIONALE de la Palestine ou de quelque autre pays où la situation pousse plutôt les gens à migrer qu'autre chose, vous verrez.

    En fait, en parlant de liberté de circulation, parce que le problème ce serait juste qu'il y a des frontières et les frontières et pis les patries et les États c'est mal, on laisse presque croire que les gens sont partis par fantaisie et on ne met pas en accusation les grands Centres impérialistes...

    (* Pour bien comprendre cet aspect, il faut expliquer et bien comprendre que les travailleurs ont si l'on peut dire trois salaires :

    - Le salaire net, qu'ils perçoivent chaque mois pour subvenir à leurs besoins pendant 30 jours ;

    - Le salaire différé, qui finance leur protection sociale (assurance-maladie, assurance-chômage) et leur future retraite ;

    - Enfin, ce que l'on peut appeler le salaire "ambiant" et qui consiste, financé essentiellement par l'impôt (tout le monde paye au moins la CSG et la TVA, qui sont les plus grosses contributions fiscales), grosso modo en ce que l'on appelle le "service public" ainsi que la "qualité de vie".

    Les territoires marginalisés, de relégation, où vivent les couches populaires les plus pauvres, perçoivent déjà en termes de service public et de tout le reste un "salaire ambiant" faible. Si des prolétaires migrants, néo-arrivants, y sont relégués par un État qui aurait déjà voulu les arrêter (ou que d'autres États les arrêtent) aux frontières mais ne l'a pas pu, et laissés là livrés à eux-mêmes, ne nous voilons pas la face et ne faisons pas de langue de bois bien-pensante : BIEN SÛR qu'il va y avoir des problèmes, PAR DESSUS les problèmes qu'il y a déjà ; bien sûr que la "qualité de vie" de ces territoires va encore se détériorer... Ce n'est pas "parce qu'ils sont étrangers", non-européens ; c'est parce que c'est COMME ÇA si où que ce soit dans le monde vous reléguez, ghettoïsez et livrez à elle-même quelque population que ce soit.

    Il y a donc, si l'on y regarde bien, un retrait (encore...) de "salaire ambiant" pour les habitants du territoire marginalisé ; en termes de "qualité de vie", de "tout se passe bien" que l’État doit (dans un monde idéal...) garantir à ses citoyens en échange de leurs impôts.

    C'est ce que nous appelons "faire payer aux classes populaires les plus pauvres" l'accueil des migrants passés entre les mailles du filet de l'"Europe forteresse".

    Et, s'ajoutant aux attaques déjà permanentes contre les services publics, le salaire différé et à la perte de pouvoir d'achat du salaire net, c'est ce qui est partout un terreau pour les discours populistes d'extrême-droite... Qui pourrait, même, l'être encore plus si ce n'était pas "limité" par l'hostilité idéologique (généralement) des formations populistes aux personnes issues d'une immigration plus ancienne : si un jour une formation avait l'"intelligence" de les inclure dans la "légitimité" à être là par opposition aux néo-arrivants, cela pourrait faire encore plus mal car ce sentiment ne se limite pas du tout aux classes populaires (pour parler clairement) blanches ! C'est un peu ce qu'a tenté de crée Soral, à vrai dire... Ou ce sur quoi pourraient tenter de capitaliser Aufstehen ou la France Insoumise, les petits blancs étant généralement "déjà pris" par AfD ou le FN.)]

    ************************************

    [Encore des réflexions intéressantes] 

    Nous pensons en toute honnêteté que, même s'il y a BIEN SÛR des luttes à mener par et pour les "petits blancs" (complètement abandonnés, ils ne serviront que l'extrême-droite c'est à dire le renforcement total du Pouvoir blanc = l’État policier et l'impérialisme) et même MIEUX, que le "torpillage" des États-"nations" occidentaux est en lien dialectique indissociable avec celui des Empires (coloniaux et néocoloniaux) ; la ligne de démarcation entre révolutionnaires et charlots passe par être ou non des porteurs de valises des luttes du Sud. Du Sud et de ses "ambassadeurs" au Nord.

    C'est ainsi, par exemple, que lorsque Puigdemont salue les 70 ans de l'"indépendance" de l'entité sioniste (et que très peu sauf la CUP réagissent) on se rend compte du problème et de toute la charlatanerie qui mène la lutte d'indépendance en Catalogne nulle part, malgré son apparence impressionnante (la moitié d'un peuple qui rejette l’État qui la gouverne).

    Aux États-Unis, il y a carrément des colonies intérieures (historiques, pas des communautés immigrées relativement récentes) et c'est pareil, les révolutionnaires blancs doivent être des porteurs de valises pour New Afrika, les 574 Nations indigènes et le Mexique du Nord occupé.

    Nous croyons en fait pouvoir dire que c'est tout RÉFORMISME (sa définition même), où que ce soit (et pour le moment les mots d'ordre en Catalogne sont très largement réformistes), qui nécessite forcément des gens au dessous à surexploiter (sauf cas exceptionnel où l'on peut par exemple rééquilibrer entre le pays et l'impérialisme une rente pétrolière, comme au Venezuela, et encore on en a vu les limites...).

    Si les "progrès sociaux" des travailleurs occidentaux ne peuvent s'obtenir que sur le dos des indigènes du Sud (et en ghettoïsant ceux immigrés au Nord), c'est peut-être déjà parce qu'il n'est question que de "progrès sociaux" et non de RENVERSEMENT pur et simple du capitalisme... Et tant que l'on reste dans le capitalisme, le progrès des uns nécessitera forcément des autres au dessous sur lesquels décupler l'exploitation.

    Après bien sûr, il faut être conscients de l'anesthésie générale que ces progrès sur le dos des autres (depuis près d'un siècle) ont représentée ; et donc que le renversement qui doit commencer quelque part commencera sûrement au Sud, renversement de l'exploitation impérialiste et de ses contremaîtres locaux, et encerclera petit à petit l'Occident où il commencera à se passer quelque chose.

    Déjà il y a eu de grands évènements dans les années 1950-60-70, et même s'il y a eu un gigantesque retour en arrière depuis, on voit la différence.

    Il y a eu une grande crise générale du capitalisme qui a commencé dans les années 1870, et malgré des embellies passagères a duré jusqu'en 1945. Cette crise a été surmontée (en Occident) justement par le "progrès social", les réformes. Mais c'était le temps des colonies (avec des gens comme les Allemands qui s'énervaient de ne pas en avoir et allaient du coup les chercher en Europe même...).

    Aujourd'hui, on l'entend souvent, les gauches sont des "réformismes sans réformes"... Peut-être parce que les choses ont changé.

    Les pays producteurs de pétrole/gaz posent (un peu) leurs conditions, par exemple. C'est d'ailleurs des "chocs pétroliers" des années 1970 qu'on a l'habitude de faire partir la crise actuelle.

    Et puis dans toutes les études sur l'impérialisme il y a plus d'un siècle (Hobson, Lénine), un pays assez central était la Chine. Or aujourd'hui la Chine n'est plus ce qu'ils appelaient une "semi-colonie", ni en révolution socialiste d'ailleurs, mais un pays impérialiste. 20% de l'humanité qui ne peuvent plus être exploités comme dans les années 1920 ou 30 par l'Occident ; pire, qui font même concurrence à ses entreprises... etc. etc.

    Ceci illustre, déjà SANS LA MOINDRE logique anticapitaliste que ce soit (au contraire, dans une logique totalement capitaliste !), ce que l'encerclement du Nord par le Sud est capable de donner.

    ********************************

    "L'immigration n'est pas la cause du chômage et des baisses de salaire"...

    L'immigration est même, tout au contraire, la CONSÉQUENCE d'une situation ; celle de la domination, de l'écrasement, de la réduction à la famine de milliards de personnes par l'impérialisme qui (dans un cadre capitaliste bien sûr, et uniquement) PERMET une bonne part du niveau de vie qu'ont les travailleurs en Occident ; qui leur PAYE, en fait pour ainsi dire, une bonne partie de leur "salaire large" c'est à dire en comptant le salaire différé, le salaire "en nature et commodités" (services, qualité de vie etc.)...

    C'est peut-être ce qu'il faut oser dire pour que, si beaucoup sans doute se crisperont sur ce bénéfice et donc le soutien à l'impérialisme, suffisamment aient honte de cette ignominie absolue pour constituer une petite armée révolutionnaire...

    Car évidemment tout cela ne fonctionne QUE DANS UN CADRE CAPITALISTE. Dans un cadre socialiste où "à chacun selon son travail" (la VRAIE valeur créée par son travail), pas besoin de dominer quelque pays que ce soit pour vivre mieux qu'aux plus belles heures des conquêtes de Grenelle et du salaire indexé.

    A contrario, se complaire dans la situation telle qu'elle est conduira à terme à BIEN PIRE que chouiner pour sa si marginale et indolore conséquence actuelle qu'est l'immigration : être considérés comme des 'bourgeois du monde' et traités comme tels... 

    C'est ce qu'il nous reste à faire comprendre au plus grand nombre possible.

    Au sujet de cette position scientifique et "historique" qui est la nôtre, sur le "phénomène" migratoire migrants-quittent-pas-pays-pour-plaisir charters-honte-100%-logique-imperialisme, voici un petit résumé utile pour en faciliter la compréhension :

    Il a longtemps existé une immigration de conformité aux besoins du capital : les "Borains" belges de Germinal de Zola ; les Italiens du 19e siècle, début 20e, etc. Avec effectivement, là, une logique de pression sur les salaires et les revendications ; et souvent une xénophobie ouvrière en réaction à cela, forme de "socialisme des imbéciles".

    Et puis évidemment les Trente Glorieuses, avec les Algériens, les Portugais que le patronat allait CHERCHER, avec des bureaux de recrutement directement dans les pays. On était loin de la chasse à l'immigré actuelle dans les Alpes !

    Mais là par contre, déjà à cette époque, on ne pouvait plus vraiment parler de pression sur les droits et les salaires... Les ouvriers nationaux, "de souche" ou d'immigration européenne antérieure, avaient accru leur niveau de vie par les luttes et les conquêtes sociales, gagné en salaire sous toutes ses formes, et d'ailleurs CONTINUAIENT à le faire ; et dès lors, pour que cela soit possible il fallait une "niche", une couche de travailleurs qui travaillent encore dans des conditions épouvantables et pour des salaires de misère, sans faire grève etc., et ceux-ci étaient donc censés être les immigrés, tenus en joue par la carte de séjour... Il n'y avait pas de "concurrence" avec les nationaux, puisque ceux-ci (déjà) ne VOULAIENT généralement PAS de tels boulots, de leurs salaires et de leurs conditions !

    Et puis ensuite, à partir des années 1980, nouvelle mutation : il est devenu d'une part possible (existence d'une main d’œuvre sachant faire), d'autre part MOINS CHER de produire dans le "Tiers Monde" et d'acheminer la marchandise (au "pire" avec besoin de quelques finitions, derniers montages, histoire de garder une industrie en Occident quand même !), que de produire sur place et de faire venir si besoin (pour pourvoir les postes de misère et d'esclavage) de la main d’œuvre immigrée. Accomplissement, en définitive, de la "prophétie" d'Hobson http://ekladata.com/y2kWxo.png que Lénine pensait voir conjurée par la révolution prolétarienne mondiale, mais celle-ci après de grands succès initiaux a fini par reculer et finalement (pour le moment) être vaincue.

    C'est l'ère des fameuses délocalisations. La courbe s'inverse complètement, on ne va plus chercher les gens mais on les EMPÊCHE au contraire rigoureusement de venir, car c'est CHEZ EUX que le Capital en a besoin pour y produire pareil... mais pour 10 fois moins cher.

    Cette nouvelle politique va effectivement générer quelques tensions au niveau de certains secteurs (tâches les plus ingrates de la restauration, nettoyage, bâtiment, ce qu'il reste de grandes exploitations agricoles etc.), dans lesquels on ne peut par définition pas produire le bien ou le service à l'étranger et l'acheminer, et dont les nationaux y compris issus de l'immigration antérieure ne veulent pas trop entendre parler (pas assez pour le nombre de postes en tout cas) ; mais cela reste à la marge, la politique GLOBALE des métropoles impérialistes est désormais le refoulement de l'immigration et le maintien de la main d’œuvre dans le "Tiers Monde". 

    ET ÉVIDEMMENT... vouloir QUAND MÊME venir en Europe/Occident, pour s'y réapproprier un peu de ce que l'impérialisme a pillé dans son "Tiers Monde" d'origine (causant la misère - voire la guerre, le chaos réactionnaire, le massacre permanent - elle-même cause du départ), est PLUS QUE JAMAIS un ACTE DE RÉSISTANCE anti-impérialiste objective.

    Oui car une "petite place", même "très modeste", au "soleil trompeur" des métropoles de l'impérialisme est justement une ATTAQUE, un MISSILE contre sa logique économique et sa division internationale du travail ; qui lui fait en réalité bien plus de mal qu'un camion piégé en plein quartier des ministères... 

    Même si les intéressé-e-s n'en ont généralement pas conscience... C'est d'ailleurs pour cela que sont mobilisées contre les migrants des forces qui manquent cruellement de l'autre côté pour déjouer des attentats : tout simplement parce que les migrants font PLUS DE MAL à l'impérialisme que les attentats.

    Les flux migratoires ont ce double aspect de tragédie (celle qui fait partir et les souffrances, le danger, la mort en route) et d'acte OBJECTIF de résistance.

    De GUERRE, même... rappelons que le blocage des migrants a un nom d'opération militaire : Frontex. Une guerre qui fait des morts. Et dans laquelle les internationalistes doivent choisir leur camp sans l'ombre d'une d'hésitation !


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  • Brésil : plus de 100 familles paysannes organisent une grande manifestation pour la défense de leurs terres

    https://facebook.com/story.php?story_fbid=291739884885553&id=204183683641174

    Dans l’État de Pernambouc, dans la localité de Lagoa dos Gatos, plus de 100 familles paysannes ont organisé une grande manifestation le 21 août, distribuant plus de 1.000 tracts au cours de l'évènement et dans les rues de la bourgade avec pour titre "La résistance continue ! Riachão [une fazenda = grande propriété du secteur] appartient à ceux qui y travaillent !", et au recto "Ne votes pas, lutte pour la révolution !".

    L'objectif de la manifestation était de poursuivre la défense des terres occupées depuis plus de 15 ans, et partagées entre les paysans en 2009 au travers d'un Tribunal populaire. Elle s'inscrit dans la campagne de défense de la Zone révolutionnaire José Ricardo [le nom donné à la fazenda Riachão occupée, du nom du leader de la première occupation], qui a commencé en janvier après une nouvelle tentative infructueuse de la veuve de l'ex-colonel Cordeirinho pour réaliser son sinistre rêve d'expulser les paysans.

    La manifestation victorieuse a rencontré la sympathie de larges secteurs de la population locale, soutenant tout à la fois les mots d'ordre de défense de la terre, de diffusion de la révolution agraire et de dénonciation de la farce électorale. La marche se termina de manière retentissante sur la grande place du bourg, où s'est tenue une assemblée organisée par la Ligue des Paysans Pauvres (LCP) en parallèle pour réaffirmer la légitimer de la propriété des paysans.

    Ce fut là un autre pas décisif pour la défense des terres contre l'ordre de restitution des possessions illégales émis au début de l'année (mais mis en échec victorieusement par la résistance et la combattivité des dizaines de familles paysannes et de leurs soutiens). À la fin de l'évènement, les familles firent le serment de poursuivre la résistance et la lutte en défense de la terre pour celles et ceux qui y vivent et la travaillent. 

    Nouvelles du Brésil

    Lire aussi pour mémoire : http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/appel-a-denoncer-le-gouvernement-bresilien-a114121978


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  • Salvini est une pourriture, ce n'est même pas la peine de le dire.

    Mais une fois qu'on a dit ça, on peut peut-être dire aussi que Macron, qu'on lui oppose désormais en proclamé chef de file des "progressistes" (!!), se fout de la gueule du monde.

    Quand un de ses porte-paroles parle de "cynisme" italien au sujet de l'Aquarius... non mais LOL quoi, putain, et toi tu l'as accueilli le rafiot ducon ? Ah non, askip il a terminé en Espagne. Les Corses (soi-disant gros nationalistes racistes fachos) voulaient mais tu les as pas laissés...

    Dire que Salvini est une ordure (qui ne veut pas de migrants en Italie parce qu'il pense qu'ils puent, tout simplement...) ne rend que plus horrible de devoir admettre qu'il est très malin, très fin politique et qu'il a malheureusement raison... quand il rappelle la situation à Menton, et dit que Macron aurait là l'occasion de montrer le "grand cœur de la France" : ouest-france.fr/europe/italie/migrants-salvini-demande-macron-de-ne-plus-refouler-les-migrants-menton-5939919

    Salvini est sans guère de doute un raciste et un xénophobe (anti-Italiens du Sud) rabique*, mais il sait adapter son discours afin de toucher des millions d'Italiens (et d'autres Européens encore !), de petits blancs, de "beaufs" pour qui le sentiment de privilège blanc-européen existe certes ; mais qui pensent SURTOUT que l'accueil des réfugiés et migrants devrait être mieux réparti entre les États européens, et non littéralement abandonné aux premiers (généralement pauvres, ou en crise économique sévère) qu'ils atteignent : Italie, Grèce, État espagnol et Portugal, pays de l'Est etc. ; pendant que les autres donnent des leçons d'"humanisme" tout en refoulant par milliers à leurs frontières, à moins qu'ils n'accueillent... pour réduire en esclavage à 80 centimes de l'heure comme l'Allemagne de Merkel !

    [Ce sujet est plus longuement abordé dans une large partie de cet article : on-serait-presque-de-plus-en-plus-tentes-de-penser]

    Et son discours ne peut là que sonner juste aux oreilles de beaucoup de gens, qui voteront pour lui... en Italie, et pour sa "liste commune" avec Orban aux européennes.

    [* Démasquer sa tartufferie en la matière pourrait toutefois être assez simple, aussi simple que de se demander pourquoi sa Ligue est alors alliée avec le Front National et d'autres forces politiques européennes similaires... dont le programme est justement d'accueillir encore moins de migrants en Europe du Nord-Ouest qui est généralement leur destination ultime souhaitée, et (donc) de les "accumuler" encore plus dans les pays du Sud et de l'Est qu'ils atteindront toujours de toute façon vu les possibilités d'accès (milliers de kilomètres de côtes impossibles à surveiller, grandes étendues boisées etc.).]

     

     

    Tout ceci ne fait encore une fois qu'illustrer le COMBAT SANS MERCI que nous devons mener contre le "progressisme", littéral FOURRIER DU FASCISME !!


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  • Nous avons déjà eu l'occasion ces derniers mois d'évoquer la situation dans ce petit pays d'Amérique du Sud, qui a pourtant connu l'une des "gauches" les plus modérées de cette vague "bolivarienne" partie à l'orée du millénaire du Venezuela (qui lui, par la guerre économique de l'impérialisme appuyée sur les propres limites de son "socialisme", est désormais soumis à une asphyxie façon Zimbabwe des années 2000... analyse-militant-ml-sur-le-venezuela) ; mais néanmoins des améliorations bien réelles pour la condition des classes populaires.

    Le successeur désigné de Rafael Correa lui-même, "Lenin" Moreno (quel prénom !!), au pouvoir depuis un peu plus d'un an, est littéralement en train de tout liquider de son œuvre vaguement réformiste lenin-moreno-le-gorbatchov-equatorien.

    Nous avions ainsi parlé de la "stratégie de la tension" organisée près de la frontière colombienne, autour de soi-disant groupes "terroristes" dissidents du processus de paix des FARC (mais relevant peut-être, si ce n'est plus probablement, du simple banditisme ; à moins qu'ils ne soient tout simplement pas les auteurs des actes comme l'assassinat de trois journalistes qu'on leur attribue, autre théorie qui circule...) retour-dossier-colombie-equateur ; ceci dans le but hautement probable (puisque l'ex-narcotrafiquant du cartel d'Escobar et informateur de la CIA "Popeye" l'évoque ouvertement) de ramener une présence militaire yankee dans le secteur (où il y avait la base militaire de Manta, fermée par Correa en 2009) ; mais le texte traduit ci-dessous évoque aussi des projets extractifs miniers (nécessitant que la région soit quadrillée militairement, peut-être vidée d'une partie de ses habitants etc.).

    Dans un autre registre : l'oligarque guayaquilien (de Guayaquil, le grand port et capitale économique du pays) et ex-président durant quelques mois (1996-97) Abdalá Bucaram, destitué et poursuivi pour corruption dès cette époque (bien avant Correa) et ayant fui le pays pour Panama en emportant des liasses de billets dans des sacs plastiques (!!), a été autorisé à revenir en Équateur... et loin d'y trouver quelque tracasserie judiciaire que ce soit, s'est vu comme il le réclamait indemniser de quelques 200 millions de dollars (l'équivalent de 1,3 millions de bons mensuels de 150 dollars que Correa a institué pour les familles pauvres) pour ses années d'"exil politique" !

    "Mieux" encore : il s'est vu, lui et son clan familial, offrir sur un plateau d'argent ni plus ni moins que la compagnie nationale d'électricité ! Un joli "gâteau" dans lequel croquer : pour la maisonnette d'un ménage populaire équatorien "lambda", la facture mensuelle d'une douzaine de dollars sous Correa a d'abord triplé au printemps pour dépasser maintenant les 80 $ cet été (soit presque autant qu'ici pour un logement similaire... sauf que nos informations proviennent du littoral du pays, où la notion de chauffage est inexistante - il ne fait jamais moins de 20°C !). Pour rappel, le salaire minimum légal en 2018 est de 386 $ et comme vous pourrez le lire ci-après, 60% de la population travaillant de manière partielle/informelle ne le perçoivent même pas...

    Ce n'est qu'un exemple : toute la politique de Eltsine pardon "Lenin" Moreno depuis un an est à l'avenant. Il est tout simplement en train de vendre le pays (que Correa, loin d'un quelconque socialisme maoïste ou même cubain, avait simplement rêvé "fonctionnant" comme un État de droit et d'"économie sociale de marché" à l'européenne) à la découpe.

    Tout ceci s'inscrivant, en fait, dans une gigantesque offensive de l'impérialisme occidental à l'échelle planétaire, dont le semi-fasciste Trump et le libéral "progressiste" Macron sont les deux faces de la même monnaie : élimination (au profit de la droite ultra) du vague social-réformisme rose pâle du PT et "coup d’État judiciaire" contre ses figures de proue Lula et Dilma au Brésil ; manœuvre à peu près similaire en Argentine ; asphyxie économique et agitation insurrectionnelle fasciste, on l'a dit, au Venezuela de Maduro (dont d'ailleurs, puisque le leitmotiv là-bas est de se procurer des dollars qui valent chacun plusieurs millions de devises nationales, des cohortes de réfugiés économiques affluent vers l’Équateur dont le dollar est la monnaie, pour y travailler pour 4 fois moins cher que les Équatoriens qui eux, comme au début des années 2000... réfléchissent à nouveau à prendre le chemin de l'émigration vers l'Espagne ou ailleurs !) ; colère sociale contre les mesures économiques antipopulaires des sandinistes au Nicaragua, qui pourrait bien prochainement entraîner leur chute (ils avaient déjà fait la même chose à la fin des années 1980 pour perdre le pouvoir dans la foulée : cadtm.org/Nicaragua...) ; propagande et menaces (maintenant) contre l'Afrique du Sud qui envisage de redistribuer aux paysans noirs les terres des colons blancs afrique-du-sud-trump-reforme-agraire mythe-genocide-blanc ; guerre totale (de la Syrie au Yémen en passant par l'Irak) de repartage impérialiste en "Orient compliqué" annee-2018-proche-et-moyen-orient, parfois sous les applaudissements "progressistes" et "antifascistes" des opportunistes rojavalâtres recapitulatif-articles-rojava, dans une confrontation de plus en plus ouverte avec l'Iran mais aussi une volonté de mise sur la touche d'Erdogan en Turquie turquie-kurdistan-elections-anticipees erdogan-est-un-fasciste-mais, pourtant à la tête de la deuxième armée de l'OTAN et n'ayant pas vraiment bousculé les "équilibres structurels" néolibéraux dans ce pays (bien au contraire) mais qui a fait montre d'une "autonomie" dans ses agendas, d'une "volonté de puissance" régionale et d'un "non-alignement" ou plutôt d'une "oscillation" diplomatique entre Occident et Russie-Iran-Chine, autrement dit d'une perturbation des équilibres géopolitiques, devenue en elle-même intolérable ; radicalisation, sur la question de la Palestine, du soutien impérialiste à un État sioniste lui-même de plus en plus radicalisé ; etc. etc.

    Les camarades du Front de Défense des Luttes du Peuple (FDLP), qui se sont beaucoup construits sous l'ère Correa dans la dénonciation de son réformisme bourgeois "populiste" et "démagogue", "révolutionnaire" en parole et social-libéral "ruisselant" en pratique (très loin en effet d'un quelconque socialisme selon la conception marxiste, à noter cependant que contrairement à d'autres il n'a jamais tellement parlé de "socialisme du 21e siècle"...), prennent dans le texte ci-après la mesure de l'offensive économique "néolibérale" et de la liquidation à l’œuvre ; pour tenter, peut-être, de mobiliser et d'organiser une riposte populaire qui ne fasse pas que profiter à un retour du corréisme (qui a, rappelons-le, porté les dirigeants actuels en son sein pendant des années !), mais qui permette de dépasser et de rompre (justement) avec les illusions réformistes.


    FRONT DE DÉFENSE DES LUTTES DU PEUPLE (FDLP) - ÉQUATEUR :

    LA CRISE DU CAPITALISME BUREAUCRATIQUE EN CHIFFRES ET LES MESURES ÉCONOMIQUES DU RÉGIME DE MORENO


    Le Peuple équatorien traverse en ce moment une période de crise extrêmement difficile, complexe, dans laquelle ne semble pas s'entrevoir le début d'une solution, et qui au contraire s'aggrave de manière toujours plus dramatique.

    Sur la situation en Équateur - texte du FDLPTandis que le régime de Moreno, la gaugauche idiote, révisionniste et opportuniste, et les secteurs les plus retardataires du pays continuent de dresser les écrans de fumée de la corruption de Correa, de la violence sur la frontière nord, du cas Assange etc., les chiffres officiels eux-mêmes rendent compte de la situation critique que traversent les masses populaires, le commun des Équatoriens. 6 personnes 10 n'ont pas de travail, ou si elles en ont un c'est un travail partiel et informel, aux revenus inférieurs au salaire minimum.

    Des études conduites par la Faculté d’Économie de l'Université Centrale ont recueilli des données qui peuvent être considérées comme faisant référence.

    Au niveau national, le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté (dont le revenu mensuel du foyer, par tête, est au-dessous de 84,72 dollars) est monté à 24,5%, et celui des personnes en pauvreté extrême ou indigence (revenus inférieurs à 47,74 dollars par tête) à 9%. C'est à dire qu'environ 504 000 personnes de plus sont tombées dans la pauvreté et, parmi elles, 185 000 dans la pauvreté extrême rien qu'au cours du premier semestre de cette année 2018. Au cours du même semestre, les chiffres de l'emploi "adéquat" (salariat formel, légal, bénéficiant du droit du travail) ont diminué de 9,2%, une sévère chute représentant quelques 300 000 personnes, qui peut expliquer en grande partie l'augmentation de la pauvreté. Pour autant, les taux officiels de chômage et de sous-emploi... baissent et ceux de la population économiquement inactive se maintiennent virtuellement stables. Le travail dit informel passe de 44,1 à 47,5%, ce qui peut être la contrepartie de la baisse du travail "adéquat". Au niveau exclusivement urbain, l'on peut constater une baisse un peu plus explicite avec un taux d'emploi brut qui passe de 62 à 59,9%, et une participation brute qui baisse de 65,9% à 63,2%.

    Pendant ce temps, Moreno, après avoir consolidé ses positions et ses relations stratégiques avec l'impérialisme yankee, et repris à son compte avec un zèle inégalé les diktats du FMI, poursuit l'exploration minière à grande échelle dans les provinces d'Imbabura, Carchi et Esmeraldas.

    Précisément à Carchi et Esmeraldas... où il est supposé y avoir un quadrillage militaire contre la présence de dissidents des FARC ("terroristes", nous dit-on), où ont été décrété l'état d'exception et limitées les garanties constitutionnelles, restreinte la circulation des personnes étrangères au secteur, placés sous contrôle le micro-commerce et jusqu'à l'utilisation des téléphones portables, etc., il a été "suggéré" de surcroît aux visiteurs comme aux paysans locaux d'éviter de se déplacer, face à un apparent danger d'être séquestrées. Autant dire que, pendant ce temps-là, l'exploration minière des transnationales s'en donne à cœur joie !

    Dans les immenses forêts qui bordent la frontière, n'importe quel paysan de la région se déplaçant à travers la montagne peut tomber nez à nez avec des ours à lunettes, des pumas, des cerfs, des ragondins, et plus que régulièrement avec des équipes de la minière Gold & Sun qui travaillent à la prospection et à l'étude de prélèvements. C'est à dire avec tout... sauf des guérilleros violents, des enleveurs, des éléments armés etc.

    Il y a, soi-disant, de l'"insécurité" pour les paysans pauvres, mais la plus absolue liberté et sécurité pour les grandes entreprises minières. Tel est le vrai fond de toute la comédie montée dans les provinces d'Esmeraldas, Imbabura, Carchi et Sucumbíos.

    La présence de ces transnationales, en plus d'être révélatrice du programme économique du gouvernement, répand la destruction des bois et des rivières et déstructure les communautés paysannes locales qu'elle a conduites à une confrontation qui peut à chaque instant prendre des caractéristiques violentes.

    Un paysan de ces provinces touche en général un revenu journalier de l'ordre de 10 ou 12 dollars, tandis que les entreprises minières payent 25 dollars par jour ceux qui leur servent de guides, de porteurs de matériel etc. Évidemment, dans ces circonstances, nombreux sont ceux qui veulent offrir leur main d’œuvre aux transnationales ; mais peu sont les élus, et ceux qui ne peuvent se "placer" restent avec leurs 10-12 dollars (lorsqu'ils les touchent, évidemment, car ce n'est pas un travail salarié et régulier mais qui dépend des semailles, des récoltes etc. donc ce n'est qu'une moyenne sur l'année, il y a des jours où l'on ne touche rien !), et les graves limites économiques et sociales que posent de telles ressources.

    Aujourd'hui le gouvernement liquidateur de Moreno, soumis à la ligne politique de l'OTAN pour combattre les conflits internes (la "guerre irrégulière", ainsi qu'ils la nomment), prévoit la nécessité de légitimer son régime et ses forces armées. C'est précisément ce qu'ils essayent de faire pour gagner ce que cette organisation militaire impérialiste appelle la "ligne de base", l'endroit où évoluent supposément les groupes "irréguliers".

    La participation des universités, des gouvernements locaux, des entreprises, et bien sûr de l'appareil d’État à tout cela est massive ; cependant elle n'agit que sur les éléments subjectifs de l'économie et de la politique, et dans cette mesure rien, absolument rien de ce qu'ils peuvent faire n'est en mesure de retourner la situation et de contenir l'esprit de révolte qui se renforce jour après jour dans la paysannerie pauvre, qui se montre chaque fois plus rebelle, combattive et recherche désespérément de nouvelles formes d'organisation pour encadrer ses revendications, ses luttes et ses objectifs stratégiques.

    Aujourd'hui, le gouvernement traître de Moreno essaye de recoller avec de la salive les profondes contradictions antagoniques qui déchirent le pays, en particulier vers la frontière nord ; mais il ne comprend pas que le problème est structurel, qu'il repose sur la nature de l’État et du capitalisme bureaucratique, de la présence impérialiste dans le pays, de notre condition semi-féodale et semi-coloniale, et que les contradictions que tout ceci génère ne peuvent être résolues que par la Guerre populaire, tout le reste n'étant qu'épandage de fumée.

    LES MESURES ÉCONOMIQUES, UNE CHARGE POUR LE PEUPLE

    Rien de nouveau sous le soleil : le principe est toujours le même, que les masses soient celles qui payent la crise du vieil État.

    Augmentation du prix du carburant (essence super) de 2,26 à 2,98 dollars le gallon (environ 3,8 litres). Maladroitement et de manière réductionniste, le régime soutient que cela n'affectera que les consommateurs possédant des véhicules haut-de-gamme, sans prendre en compte le fait que ceux qui sont dans ce cas vont sûrement massivement passer à l'usage d'essence extra, elle aussi subventionnée et dont le volume de consommation va (donc) augmenter, et avec lui les dépenses de l’État... Mais tout ceci n'est qu'un aspect extrêmement subjectif : la vraie question est que le prix du carburant, quel qu'il soit, définit toujours le prix de toute l'énergie et donc les charges des ménages, c'est à dire qu'augmenter les prix des carburants impacte directement le budget des secteurs populaires, à l'exception de la grande bourgeoisie pour qui ce type de mesure est toujours indolore de tout point de vue.

    Il en revient surtout aux mesures FMIstes, qu'il appelle "faire maigrir l’État", comme l'avait déjà fait le bourgeois comprador Sixto Durán Ballén en 1992-94 : élimination de 7 ministères et autres dépendances, vente de véhicules du secteur public, restreindre l'utilisation de téléphones mobiles et autres avantages des fonctionnaires et augmenter les crédits à l'entrepreneuriat.

    Objectivement, de telles mesures ne permettront pas d'affronter significativement le déficit public. Il semble difficile d'imaginer que le gouvernement pourra réunir 1 milliard 600 millions de dollars qui lui font défaut de cette façon. Commuer les intérêts de retard des grandes entreprises privées, augmenter la pression de la fiscalité directe et indirecte, accroître la dette auprès de la Banque mondiale et du FMI : tel est le véritable cœur du programme économique d'un régime qui n'a pas eu beaucoup d'efforts à faire pour muter de bureaucratique en bourgeois comprador.

    TRANSNATIONALES MINIÈRES, DEHORS DE LA FRONTIÈRE NORD !

    GRINGOS, GO HOME !

    AFFRONTONS LE RÉGIME LIQUIDATEUR ET VALET DE L’IMPÉRIALISME DANS LES RUES !

    NON AUX MESURES ÉCONOMIQUES QUI REPOSENT TOUJOURS SUR LES ÉPAULES DU PEUPLE !

    NON À LA POLITIQUE FMISTE DU RÉGIME DE MORENO !

     

    Sur la situation en Équateur - texte du FDLP

    Sur la situation en Équateur - texte du FDLP

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  • #Kanaky #Solidarité


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  • [Commentaires vus sur les rézosocios]

    [Un intervenant parlait de construire une organisation en "évitant les pièges du stalinisme"]

    "Le 'stalinisme' n'a rien été d'autre que l'application, plus ou moins heureuse ou malheureuse selon les 'dossiers', du marxisme-léninisme dans un contexte très particulier (guerre mondiale et son approche) et déjà pour commencer je ne vois pas comment quoi que ce soit de 'staliniste' peut exister aujourd'hui.

    Il existe effectivement quelques petits groupes qui se réclament de Staline (Staline-Mao ou Staline-Hoxha) ; généralement ce sont de petites sectes, l'idée est grosso modo que Staline soit Dieu pour que le petit chef du truc soit son lieutenant sur terre. Mais à ce niveau-là ce n'est pas très différent des groupuscules trotskystes avec Trotsky, anarchistes avec Bakounine ou Makhno ou Durruti, voire conseillistes-ultragauches avec Rosa Luxemburg (ça marche d'ailleurs aussi avec des idoles impersonnelles : "les Conseils", "la Commune", "la Catalogne de 1936" etc.).

    En fait comme l'a bien résumé un camarade : les gens ils croient que Marx, Lénine, Staline ou Trotsky, Bakounine ou Rosa c'est leurs darons quoi... Les critiquer c'est insulter leurs darons.

    Ils vivent dans des cultes et des mythes, ils ne pensent plus avec leurs têtes.

    Staline, je pense que tout le monde est d'accord sur ce qui n'est pas défendable dans son œuvre [mais beaucoup moins, malheureusement, sur ce qui est tout à fait défendable et même à acclamer, et qui pourrait bien selon Mao être deux choses sur trois qu'il a faites la-critique-maoiste-de-staline].

    Mais Marx et Engels n'étaient pas avancés du tout sur le colonialisme, en plus de considérer la France comme la Grande Nation et de raconter n'importe quoi sur l'Occitanie (la 'nation du Sud de la France' disaient-ils), bon ils reconnaissaient son existence, c'était déjà ça... Et des Communards (référence plutôt libertaire) exilés en Kanaky, seule Louise Michel l'a (relativement) été. Même les conclusions du Congrès de Bakou (Zinoviev zinoviev_19201014, soutenu par Lénine et Trotsky) sont franchement paternalistes et civilisatrices vues d'aujourd'hui.

    Bakounine (et pas seulement Proudhon, ça ça commence à être relativement connu) était antisémite. Passé une époque, il n'attaquait plus Marx que sur sa judéité, à travers des discours dignes d'Hitler wikirouge.net/critique_socialiste_et_antis.C3.A9mitisme.

    La CNT-FAI n'a pas voulu soutenir le mot d'ordre d'indépendance du Maroc (pourtant bien mis à l'ordre du jour depuis Abdelkrim, c'était pas une revendication sortie de nulle part et sans base locale, je veux dire).

    Les Conseils n'avaient aucune raison de ne pas avoir les défauts des AG aujourd'hui : joyeux bordel, tous les points de vue se valent à priori, etc. En Alsace, je parle bien des conseils ouvriers-paysans-soldats (pas des conseils municipaux bourgeois), ils avaient leur lot de socedems partisans du rattachement à la France. En plus de ceux que les bourgeois pro-français pouvaient infiltrer... Ce qui pose la question d'une avant-garde, qui formule des positions et des objectifs clairs et s'y tient et les défend, même lorsque la masse du peuple en assemblée est versatile (celle-là même dont le principe du conseillisme est qu'elle a toujours raison).

    Une avant-garde qui a aussi ses défauts et ses perversions possibles, pas la peine d'y revenir.

    Tout ça, je ne sais pas si le pire est de le défendre sur la base des textes (vieux de 100 ou 150 ans) qu'on s'est greffé à la place du cerveau ; ou ceux qui carrément l'enterrent sous le tapis, n'ont pas ces positions problématiques mais font comme si celles de leurs idoles du passé n'existaient pas, discretos en sifflotant, parce que dans leurs têtes c'est impossible de s'attaquer aux 'dieux'."

    ************************************************************

    Il y a une conception, une Science prolétarienne communiste de la révolution ; et, QUE CELA NOUS PLAISE OU NON, elle est 'rythmée', 'scandée' par les étapes de développement que sont le marxisme, le léninisme et le maoïsme.

    Que cela nous plaise ou non ; car je vais, pour la démonstration, prendre l'exemple du trotskysme : Marx, Engels, pas de problème ils s'en réclament. Lénine aussi (fût-ce en gommant d'importantes divergences qu'il a pu avoir avec Trotsky). Ils se dissocient, à partir de 1924, de l'application concrète faire par Staline des théories de Lénine dans la construction du socialisme en URSS, et dans le développement de la révolution mondiale à travers le Komintern. Ils s'y opposent tellement systématiquement que chaque fois que Staline et ses partisans dans le monde se trompent, commettent des erreurs, foirent complètement quelque chose, forcément et mécaniquement... ils ont raison. Mais ils essayent tout de même (parfois) de s'emparer de figures, telles que Gramsci ou Mariátegui, qui se sont écartées de la "stricte orthodoxie" kominternienne sans pour autant s'être réclamées en quoi que ce soit de Trotsky : qui ont, en fait, peut-être commencé à comprendre et à DÉPASSER les limites du léninisme (rappelons que Lénine est mort à même pas 54 ans après seulement 6 ans de révolution, et que contrairement au maoïsme, jusqu'à sa mort le léninisme se réduit pour ainsi dire à sa seule personne)... et à préparer l'étape suivante et supérieure.

    Ils prolongent ensuite (sans qu'il y ait à leurs yeux de rupture) cette lutte contre le "stalinisme" au révisionnisme khrouchtchévien puis brejnévien qui suit la mort de Staline ; et là encore dans beaucoup de cas, essayent de s'emparer de figures qui se sont opposées à ce "modèle" révisionniste soviétique sans se réclamer de façon trop tonitruantes à leurs yeux (de façon disons hoxhiste) de la continuité avec Staline : le Che, divers anticolonialistes et anti-impérialistes, parfois Mao lui-même, ETA (oui, des lambertistes m'avaient fait part d'une opinion positive car "c'était une force révolutionnaire ouvrière" !), etc. etc. ; développant une sympathie croissante pour les luttes "tiers-mondistes" etc.

    Bref... ils ont qu'ils le veuillent ou non SUIVI les grandes étapes de la pensée marxiste, ils ont DÉPENDU d'elles ; leur activité et leur développement historique a été "rythmé" par elles.

    De même que chaque fois que les anarchistes, avec Makhno ou la CNT-FAI, ont fait quelque chose de (relativement) grand, c'était avec un mode d'organisation semi-bolchévik ; pas putschiste-conspirateur blanquiste, ni individuel ravacholien, ni purement syndicaliste radical ; autrement dit, en ayant assimilé partiellement (même à leurs corps défendant) des éléments de marxisme voire de léninisme.

    Par la suite, des courants libertaire toujours croissants se sont "ouverts" à l'idée qu'un "nationalisme" puisse être à défendre lorsque de nation opprimée, anti-impérialiste, anticolonialiste : imprégnation léniniste voire maoïste.

    En substance : ils ont toujours un train de retard... mais ils SUIVENT eux aussi le mouvement, les ÉTAPES à travers lesquelles la conception révolutionnaire des masses opprimées et exploitées du monde, pour leur libération, se développe.

    Cette conception et ses différentes étapes existent QU'ON LE VEUILLE OU NON, qu'on les assume telles qu'elles sont "à l'état pur" et sous leurs noms (marxisme, léninisme, maoïsme), comme nous le faisons, ou non.

    Elles 'scandent', 'rythment' et RÉGISSENT, DÉTERMINENT aussi bien toute l'activité réelle et concrète des larges masses populaires de la planète, qui se mobilisent, s'organisent et luttent, que celle de toutes les forces politiques disons anticapitalistes... quand bien même opposées, hostiles à l'idée de nouvelle et supérieure étape (marxistes-léninistes anti-maoïstes, ou trotskystes qui sont finalement cela pour le marxisme-léninisme - "vive Lénine" mais il ne représente pas un dépassement du marxisme, ou purs et simples marxistes anti-léninistes) ; ou tout simplement au marxisme lui-même (anarchistes) ; car en étant 'contre', elles en dépendent et se déterminent par rapport aussi !

    Et le combat permanent que nous devons mener est un combat, sur tel et tel et tel des 10 millions de sujets qui peuvent exister, des IDÉES JUSTES contre les idées fausses ; et non un combat "d'étiquettes" ou de "chapelles", c'est à dire où l'étiquette que s'est collée celui en face de nous suffit à disqualifier toute idée de sa part et celle que nous nous sommes nous-mêmes collée à nous donner automatiquement raison (sans cesser par ailleurs de dénoncer comme "faux" les autres que nous qui se sont collés la même).

    Raisonner ainsi ne mène strictement à rien et stérilise la pensée. Peu importe qui l'émet, une idée est juste ou elle est fausse ; et elle peut être juste même si 99% de ce que dit par ailleurs le même individu ou groupe est erroné. Un groupe qui a raison ou du moins la position la plus correcte qui existe sur 99 sujets sur 100 (ce que ne veut déjà pas dire automatiquement de se proclamer MLM, ou ML) peut avoir tout faux sur le 100e. L'idée juste peut parfois être comme un diamant à extraire des scories de déformations erronées ; souvent dues aux dogmes que le courant politique en question n'ose pas enfreindre.

    C'est dans cet état d'esprit que nous devons procéder à la "collecte", à la réunion et à la synthèse des idées justes dans une conception communiste du monde (et chacun de nos différentes situations nationales, locales) la plus élaborée et "pointue" possible, capable de permettre de renverser enfin le pouvoir des exploiteurs et d'instaurer celui du peuple exploité.


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  • (Ici : nouveau-parti-de-gauche-anti-migrants-en-allemagne)

    La comparaison avec l'opportunisme vis-à-vis du mouvement fasciste (car après tout, "c'était ce qui mobilisait les masses") dans les années 1930 est pertinente ; mais nous dirions en l'occurrence que nous avons surtout là une illustration (dans le champ de la "gauche" réformiste bourgeoise hein, bien sûr, Die Linke n'a jamais été une organisation communiste même révisionniste) d'aboutissement ouvertement réactionnaire d'une des mâchoires de la contre-révolution préventive occidentale actuelle analyse-retrospective-historique-fascisme-anti-politique, en l'occurrence le dogmatisme (ici l'idée ancienne que le réformisme social généreux n'a "jamais été compatible avec l'ouverture des frontières aux quatre vents" et que tant les pays socialistes que les pays de social-démocratie "audacieuse" n'auraient jamais montré un tel "exemple"), qui est peut-être le courant qui montre le plus vite et brutalement son visage réactionnaire ; ou peut-être de deux de ces mâchoires, avec le mouvemento-populisme aussi (puisqu'il s'agit de "faire" des voix et de "retenir" la fuite des électeurs vers l'extrême-droite, au mépris de tous les principes) ; en prenant appui sur les failles de la troisième, l'humanisme radical mais moral et son prolongement le gauchisme postmodernoïde, qui sera évidemment vent debout contre une telle formation et son discours, mais qui a lui aussi sur la question centrale des positions erronées, des failles qui permettent justement aux discours "gauche"-réacs d'exister, et qui ont pu être résumées ainsi dans un commentaire sur les réseaux sociaux :

    "Le problème de ces discours de merde, c'est qu'ils jouent sur un flanc trop souvent prêté par le discours de solidarité avec les migrants. Un discours trop anti-politique, trop humaniste-moraliste bobo.

    Je n'aime pas le discours sur la "liberté de circulation", et je vais expliquer pourquoi. Pour moi, la migration est d'abord une tragédie... pour le migrant lui-même ; conséquence en général d'une autre tragédie. Pas une "liberté"... Ça me fait étrange de parler de "liberté" de circulation alors qu'on a dans 99% des cas un choix de "circuler" qui n'est absolument pas libre, mais totalement causé et forcé. Et qu'en l'absence de ces causes, le choix aurait généralement été de rester dans la maison de ses aïeux, auprès de leurs tombes, à l'ombre de l'arbre où on s'est toujours abrité etc. On ne parle pas de liberté de circuler pour faire du tourisme, là.

    En fait, en parlant de liberté de circulation, parce que le problème ce serait juste qu'il y a des frontières et les frontières et pis les patries et les États c'est mal, on laisse presque croire que les gens sont partis par fantaisie et on ne met pas en accusation les grands Centres impérialistes !

    Par contre, en bon maoïste : toute chose à deux aspects. Une tragédie... mais aussi une invasion, oui, mais une invasion que je soutiens. C'est à dire que quand on migre vers l'Occident, poussé par la misère et/ou la guerre qui est son œuvre, on va chez lui RÉCUPÉRER un peu de ce qu'il nous a volé, même si ce sont les clopinettes de Merkel. Si tu es malade par exemple, tu vas forcément leur gratter leur système de santé, car on ne peut te laisser crever de maladie ni pour l'image, ni pour les risques de contagion. Même en gagnant 80 centimes de l'heure (il faut bien sûr lutter pour obtenir plus !), tu auras tout de même accès à l'Occident et à son niveau de vie plus ou moins indirectement. Donc tu te rembourses, après la misère qui t'a fait partir.

    C'est d'ailleurs la raison pour laquelle en général, sauf situation très particulière comme celle de l'Allemagne, les pays occidentaux ne veulent pas des migrants et font tout pour les refouler. Ils sont, oui, les "invasions barbares" qui feront tôt ou tard tomber l'Empire, "dans une clameur de joie qui montera jusqu'au ciel" pour citer un vieux film. C'est comme ça qu'il faut politiser les choses pour ne plus prêter le flanc à ce genre de discours mélenchonistes, sans même parler des fachos qu'ils essayent de copier. Comme dit dans ta citation de la Bible l'autre jour, la cause des migrants ne doit pas être amour mais glaive. C'est de fait un soutien à une opération anti impérialiste inconsciente."

    Cependant : "On a beaucoup encensé à tort la politique "humaniste" et "généreuse" de Merkel alors que derrière se cache tout simplement l'importation (par effet d'aubaine) de semi-esclaves, dans un pays en crise démographique, vieillissant... et sans doute effectivement aussi pour faire pression sur les travailleurs non-migrants (allemands ou d'immigration ancienne) pour leur arracher encore des acquis, aller peut-être vers un Hartz V...

    Mais ce qu'on ne comprend pas, c'est pourquoi il est si compliqué de revendiquer travail égal = salaire égal, de lutter contre cette politique négrière, et au lieu de ça, préférer dire allez zou chez eux... Ce qui est d'autant plus absurde, dans le cas allemand, que c'est impossible puisque ce sont des gens que le droit humanitaire interdit de renvoyer chez eux, où il y a la guerre, des massacres, où ils n'ont plus le moindre bien voire parfois plus d'existence légale tout simplement (ils ne sont plus citoyens du pays où on veut les renvoyer, la Syrie notamment qui a "rayé" de ses listes de citoyens des millions de gens ayant abandonné leur domicile).

    Et de manière plus générale, lutter contre les monopoles, lutter contre son propre impérialisme qui dans le cas de l'Allemagne n'est pas hyper décisionnaire géopolitiquement parlant, mais tout de même un pilier de l'édifice européen... qui est derrière pratiquement toutes les causes qui font migrer les gens."

    On pourrait effectivement se demander, parfois, comment est-il possible de dégager une position juste, QUELLE pourrait être cette fameuse ligne juste dont nous parlons, entre ces "3 mâchoires de la contre-révolution préventive" à la gauche de la gauche que nous dénonçons. C'est peut-être que le mouvement communiste authentique, dont nous faisons partie, est justement trop à la recherche de la "formule magique" (qui lui rallierait subitement de larges masses populaires) en perdant de vue que s'il faut bien sûr travailler d'arrache-pied de notre côté, nous ne travaillons pas seuls : quoi que nous fassions, la crise désormais terminale du capitalisme travaille aussi pour nous.

    Pour continuer sur le sujet qui nous intéresse ici : les gens pensent qu'il y a "trop" d'étrangers, d'immigrés, surtout non-blancs bien entendu ; mais de ce "trop" ne font jamais partie ceux qu'ils connaissent et aiment bien (le fameux "j'ai des amis" non-blancs). Ils s'accrochent simplement ainsi à une quête d'identité face à l'uniformisation "un code-barre sur le front" et en même temps la dissolution de toutes les solidarités sociales par le capitalisme globalisé ; à un "mode de vie" national synonyme de bien-être social perdu ; et à une recherche de boucs émissaires à la crise qui les frappe.

    Sauf qu'on ne peut pas virer uniquement les étrangers qui sont le "trop" de chacun : soit on vire tous les étrangers, soit on ne les vire pas. Et tout le monde perdra des connaissances, des amis... Ou alors on bloque simplement les frontières, on en empêche de nouveaux (que personne ne connaît) de venir, mais c'est ce qui se fait déjà, et ne "suffit pas" à en croire les discours d'extrême-droite.

    Si une telle politique de guerre, de chasse aux immigrés se met en place, cela ne veut bien sûr pas dire qu'une solidarité massive va se lever spontanément : beaucoup de gens pourront détourner le regard, y compris du sort de ceux qu'ils connaissent et apprécient, car ils y auront effectivement un lâche intérêt à courte vue ; comme les Allemands devant la spoliation, l'exclusion, l'expulsion et enfin la déportation des Juifs sous le nazisme. Mais dans une optique de véritable TRAVAIL POLITIQUE révolutionnaire, il y aura néanmoins là une "prise" pour commencer à recruter, à côté de la résistance des pourchassés eux-mêmes, une armée de la solidarité et du refus ; une armée qui pourra grandir, combattant le racisme fasciste comme il le mérite, et peut-être finalement vaincre.

    Il y a actuellement une grande politique de chasse étatique et d'agressions populaires contre les migrants en Italie (lire ici), mais on a aussi vu ces dernières années des villages entiers, dans le Sud notamment, déployer une solidarité admirable ; des villages de "bouseux" hein, pas de "bobos intellectuels de gauche des beaux quartiers", simplement ils se souviennent qu'ils ont eux aussi été, par le passé, poussés par la misère à l'émigration vers le Nord industriel de l’État (où ils étaient accueillis en général comme des chiens...) ou l’État français, la Belgique, les États-Unis bien sûr, etc. : c'est là un exemple du potentiel populaire qui existe pour un tel "front du refus".

    Et alors, donc, ceux qui depuis la "gauche" se seront mis par opportunisme à la remorque du fascisme et du racisme se retrouveront du mauvais côté de l'histoire ; c'est-à-dire peut-être devant un peloton d'exécution, comme beaucoup en 1945.

    Ce que nous voulons dire par là c'est que les principes d'une conception communiste inébranlable du monde, exprimés dans une Pensée révolutionnaire, sont toujours gagnants stratégiquement (à long terme) ; car ils s'adressent au "bon sens" (la soif de révolution, en clair) des masses, et la crise du capitalisme, sa plongée toujours plus profond dans l'injustice et la barbarie, travaille aussi pour nous à "éveiller" leur conscience à ce "bon sens". L'opportunisme est toujours perdant à terme, jamais gagnant que dans l'immédiat car il s'adresse au "sens commun" (les conceptions aliénées, réactionnaires, les "bas instincts" ; y compris même, sous un masque ultra-progressiste, l'individualisme libéral, la quête d'émancipation et de promotion purement individuelle dans le cas de l'opportunisme postmo, ou de satisfaction de la "bonne conscience" dans le cas de la "déconstruction").

    Une Pensée que, sur la question précise de l'immigration, nous avons pu exprimer en synthèse ici (avec des liens vers d'autres articles de nous ou d'autres) :

    les-travailleurs-migrants-ne-quittent-pas-leurs-pays-pour-le-plaisir

    *******************************************************************************

    Cette nouvelle formation allemande est donc en quelque sorte le DEUXIÈME exemple de basculement d'un grand mouvement "de gauche" (en l'occurrence une partie de Die Linke)... Le premier étant quelque part le M5S qui bien que déjà "populiste", aux accents parfois poujadistes ou complotistes, n'en était pas moins sur des thématiques plutôt classables à gauche (écologie, démocratie participative etc.) et des traits "Indignad@s" (futurs Podemos) marqués au début.

    D'autres suivront sans doute encore (des courants de la France Insoumise n'en sont franchement pas loin et ce, pas depuis hier !) ; dans la mesure où la gauche même réformiste c'est EN PRINCIPE (historiquement) aussi et même d'abord et avant tout une culture, une conception du monde, une Weltanschauung fondée sur des réponses scientifiques aux problèmes ; or CECI N'EXISTE PLUS, et se produit donc le basculement dans le "ni droite ni gauche" (ou "oui de gauche mais"), ceux d'en bas contre ceux d'en haut", "écouter le peuple" etc. etc.

    Sachant qu'un phénomène tel qu'une immigration importante (puisque c'est le sujet central ici), MÊME totalement européenne comme elle le fut en son temps (ce n'est pas - du tout - uniquement une question de cela, sinon dans le sens de l'intervention du "petit privilège petit-blanc" !!), ne PEUT PAS ne pas générer de contradictions au sein des classes populaires du simple fait de la concurrence entre les travailleurs sur le marché CAPITALISTE du travail ; et ces contradictions ne se résolvent pas spontanément (dans une vision des classes populaires comme "bons sauvages" idéalisés), elles se résolvent par une POLITIQUE c'est-à-dire par l'action d'une AVANT-GARDE révolutionnaire, dotée d'une CONCEPTION révolutionnaire (scientifique) du monde, qui apporte de par cette conception les réponses adéquates, les IDÉES JUSTES, et qui faute de prendre le pouvoir peut du moins essayer d'imposer des choses aux décideurs bourgeois.

    Lorsque tout cela a disparu, on n'a forcément plus que des gens les yeux rivés sur les perspectives électorales et "écoutant le peuple abandonné par les élites" ; et si le peuple dit "y en a marre des immigrés", "c'est pas qu'on est racistes mais trop c'est trop"... ainsi soit-il, c'est lui qui écrit le programme !

    Nous abordons plus longuement le sujet, et notre vision des choses, dans (en deuxième partie surtout) cet article : http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/on-serait-presque-de-plus-en-plus-tentes-de-penser-a148394008

    Mais le pire dans tout cela (pour la fin)... est encore que sur mille et un sujets (si tant est qu'ils soient "ouverts" et "humanistes" voire même "no border" sur l'immigration), les "anti-populistes" de l'extrême-gauche ne valent au fond guère mieux, tant ils sont eux aussi vides de science, de Pensée, de conception du monde, et de là totalement à la remorque (en fin de compte) des "anti-populistes" (des "progressistes", dit-on maintenant !) BOURGEOIS, c'est-à-dire en définitive de l'"extrême-centre" macronien... qui ne vaut lui-même pas mieux que les "populistes" de plus en plus ouvertement réacs (cf. le lien ci-dessus).


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  • "Dans les années 30, elle aurait créé un parti socialiste antisémite, en se disant qu'en mettant un peu de dénonciation de la ploutocratie juive dans son discours, elle pourrait gagner des voix. Dans le contexte actuel, c'est de la dynamite et ce sont des gens d'une extrême dangerosité qui s'ils réussissent finiront comme Déat, en suppôt d'un gouvernement d'extrême-droite. Il faut les combattre sans répit, les isoler et surtout dresser une barrière infranchissable entre ces gens qui n'appartiennent plus à la gauche et le mouvement ouvrier." (un commentaire sur Facebook)


    liberation.fr

    Allemagne : l'égérie de la gauche radicale penche à l'extrême droite sur les migrants


     "«Aufstehen». On peut traduire ce mot par un impérieux «debout», ou un plus sobre «se lever». C’est le nom d’un nouveau mouvement au sein de la gauche allemande, qui doit voir le jour le 4 septembre. S’inspirant notamment de Podemos et de La France insoumise, Aufstehen entend rassembler au-delà des clivages politiques. Il en appelle donc aux écolos, aux déçus du Parti social-démocrate, aux abstentionnistes, aux ouvriers désabusés et «antisystème», qui pourraient trouver là une alternative à l’extrême droite de l’AfD (Alternative für Deutschland). Son site, mis en ligne le 4 août, évoque Bernie Sanders, Jeremy Corbyn mais aussi Bob Marley et sa chanson Get Up, Stand Up.

    A l’origine de ce mouvement naissant, qui entend avant tout faire pression sur les partis traditionnels pour les pousser vers une politique plus sociale, on trouve Sahra Wagenknecht, 49 ans. La coprésidente du groupe parlementaire du parti de gauche Die Linke au Bundestag, qui représente la cinquième force politique du pays, est une figure aussi médiatisée que controversée. Parmi les «tabous» qu’elle entend renverser, l’un d’eux est de taille pour sa famille politique : la question migratoire.

    Sahra Wagenknecht plaide donc pour que la gauche engage une «autre politique migratoire». Dans des tirades qui flirtent régulièrement avec la rhétorique de l’AfD, elle appelle à en finir avec la «bonne conscience de gauche sur la culture de l’accueil». Elle estime que prôner l’ouverture des frontières est une idée «naïve», ajoutant : «Plus de migrants économiques, cela signifie plus de concurrence pour les bas salaires dans le secteur de l’emploi.»

    Des mesures toujours plus dures

    Le sujet est hautement inflammable en Allemagne. Depuis 2015, les politiques se cessent de se déchirer sur la politique d’accueil prônée à l’époque par Angela Merkel. A partir de cette période, l’AfD, fondé en 2013, a engrangé un nombre considérable d’électeurs – il est désormais la principale force d’opposition à la grande coalition au pouvoir. Lors des élections législatives de 2017, les débats se sont concentrés sur la politique migratoire, les réfugiés et l’islam, forçant le gouvernement à adopter ensuite des mesures toujours plus dures : mise en place d’un plafond annuel de réfugiés, restrictions en matière de regroupement familial.

    Récemment, cette même question migratoire a provoqué une crise gouvernementale spectaculaire entre Angela Merkel et son ministre de l’Intérieur conservateur, Horst Seehofer. Dans une pantalonnade assez inédite, ce dernier avait menacé de démissionner, avant de se raviser. Finalement, le gouvernement a mis en place un accord sur les migrants très décrié à gauche, autorisant notamment la création de centres de rétention pour réfugiés."

    Les positions de Sahra Wagenknecht sur l’immigration tranchent avec celles de son parti ; elle a d’ailleurs été désavouée et huée lors du dernier congrès de Die Linke, en juin. Mais elles réjouissent l’extrême droite, dont elle se distance pourtant à longueur d’interview. Déjà, en 2016, après les violences sexuelles survenues à Cologne le 31 décembre 2015, elle avait provoqué de sérieux remous en déclarant que «ceux qui abusent du droit d’hospitalité perdent ce droit à l’hospitalité», rhétorique typique de l’AfD – l’actuel chef du parti, Alexander Gauland, s’était d’ailleurs frotté les mains.

    En 2016, après l’attaque terroriste sur le marché de Noël à Berlin, elle commentait, tout aussi tendancieuse : «Non seulement l’ouverture des frontières n’est pas contrôlée, mais la police en est réduite à être inefficace. Elle n’a ni les ressources humaines ni techniques pour affronter la menace actuelle.»

    Un paysage politique en mutation

    Que cherche Sahra Wagenknecht ? Elle est consciente que Die Linke ne cesse de perdre des voix au profit de l’AfD, surtout dans l’est de l’Allemagne. Qu’il ne parvient pas, lors des élections fédérales, à passer la barre des 10%. Elle constate enfin que ces nouveaux mouvements citoyens dont s’inspire Aufstehen parviennent à séduire en ratissant large. Elle a vu avec intérêt Jean-Luc Mélenchon récolter 19% des voix lors de la dernière présidentielle française. Ainsi tente-t-elle d’attirer des sympathisants à coups de punchlines percutante s: «Les lobbyistes ont beaucoup d’argent, nous avons des gens.»

    Pour l’instant, son mouvement se résume à un site rempli de vidéos de quidams de gauche. Un manifeste est attendu pour le 4 septembre. Mais il semble déjà attirer l’attention des Allemands et aurait engrangé autour de 60 000 inscrits. En outre, un sondage commandé voici quelques jours par le magazine Focus indiquait qu’un tiers des personnes interrogées pourraient voter pour Aufstehen si le mouvement était un parti.

    Signe que le paysage politique allemand en train de muter, certains membres de la CDU n’excluent plus des alliances locales avec Die Linke. Le débat a été lancé dans la torpeur de l’été par Daniel Günther, ministre-président du Schleswig-Holstein. La CDU, dit-il, doit agir «sans œillères». Une position surprenante, qui a poussé Angela Merkel à prendre la parole. «Je ne suis pas favorable à une coopération avec Die Linke depuis de nombreuses années» a déclaré, catégorique, la chancelière. A l’approche des élections régionales de l’été 2019 dans plusieurs Länder de l’est de l’Allemagne, ce discours pourrait bien connaître des inflexions avec la menace toujours plus tangible d’une victoire de l’AfD.


    [La comparaison avec l'opportunisme vis-à-vis du mouvement fasciste (car après tout, "c'était ce qui mobilisait les masses") dans les années 1930 est pertinente ; mais nous dirions en l'occurrence que nous avons surtout là une illustration (dans le champ de la "gauche" réformiste bourgeoise hein, bien sûr, Die Linke n'a jamais été une organisation communiste même révisionniste) d'aboutissement ouvertement réactionnaire d'une des mâchoires de la contre-révolution préventive occidentale actuelle analyse-retrospective-historique-fascisme-anti-politique, en l'occurrence le dogmatisme (ici l'idée ancienne que le réformisme social généreux n'a "jamais été compatible avec l'ouverture des frontières aux quatre vents" et que tant les pays socialistes que les pays de social-démocratie "audacieuse" n'auraient jamais montré un tel "exemple"), qui est peut-être le courant qui montre le plus vite et brutalement son visage réactionnaire ; ou peut-être de deux de ces mâchoires, avec le mouvemento-populisme aussi (puisqu'il s'agit de "faire" des voix et de "retenir" la fuite des électeurs vers l'extrême-droite, au mépris de tous les principes) ; en prenant appui sur les failles de la troisième, l'humanisme radical mais moral et son prolongement le gauchisme postmodernoïde, qui sera évidemment vent debout contre une telle formation et son discours, mais qui a lui aussi sur la question centrale des positions erronées, des failles qui permettent justement aux discours "gauche"-réacs d'exister, et qui ont pu être résumées ainsi dans un commentaire sur les réseaux sociaux :

    "Le problème de ces discours de merde, c'est qu'ils jouent sur un flanc trop souvent prêté par le discours de solidarité avec les migrants. Un discours trop anti-politique, trop humaniste-moraliste bobo.

    Je n'aime pas le discours sur la "liberté de circulation", et je vais expliquer pourquoi. Pour moi, la migration est d'abord une tragédie... pour le migrant lui-même ; conséquence en général d'une autre tragédie. Pas une "liberté"... Ça me fait étrange de parler de "liberté" de circulation alors qu'on a dans 99% des cas un choix de "circuler" qui n'est absolument pas libre, mais totalement causé et forcé. Et qu'en l'absence de ces causes, le choix aurait généralement été de rester dans la maison de ses aïeux, auprès de leurs tombes, à l'ombre de l'arbre où on s'est toujours abrité etc. On ne parle pas de liberté de circuler pour faire du tourisme, là.

    Par contre, en bon maoïste : toute chose à deux aspects. Une tragédie... mais aussi une invasion, oui, mais une invasion que je soutiens. C'est à dire que quand on migre vers l'Occident, poussé par la misère et/ou la guerre qui est son œuvre, on va chez lui RÉCUPÉRER un peu de ce qu'il nous a volé, même si ce sont les clopinettes de Merkel. Si tu es malade par exemple, tu vas forcément leur gratter leur système de santé, car on ne peut te laisser crever de maladie ni pour l'image, ni pour les risques de contagion. Même en gagnant 80 centimes de l'heure (il faut bien sûr lutter pour obtenir plus !), tu auras tout de même accès à l'Occident et à son niveau de vie plus ou moins indirectement. Donc tu te rembourses, après la misère qui t'a fait partir.

    C'est d'ailleurs la raison pour laquelle en général, sauf situation très particulière comme celle de l'Allemagne, les pays occidentaux ne veulent pas des migrants et font tout pour les refouler. Ils sont, oui, les "invasions barbares" qui feront tôt ou tard tomber l'Empire, "dans une clameur de joie qui montera jusqu'au ciel" pour citer un vieux film. C'est comme ça qu'il faut politiser les choses pour ne plus prêter le flanc à ce genre de discours mélenchonistes, sans même parler des fachos qu'ils essayent de copier. Comme dit dans ta citation de la Bible l'autre jour, la cause des migrants ne doit pas être amour mais glaive. C'est de fait un soutien à une opération anti impérialiste inconsciente."

    Cependant : "On a beaucoup encensé à tort la politique "humaniste" et "généreuse" de Merkel alors que derrière se cache tout simplement l'importation (par effet d'aubaine) de semi-esclaves, dans un pays en crise démographique, vieillissant... et sans doute effectivement aussi pour faire pression sur les travailleurs non-migrants (allemands ou d'immigration ancienne) pour leur arracher encore des acquis, aller peut-être vers un Hartz V...

    Mais ce qu'on ne comprend pas, c'est pourquoi il est si compliqué de revendiquer travail égal = salaire égal, de lutter contre cette politique négrière, et au lieu de ça, préférer dire allez zou chez eux... Ce qui est d'autant plus absurde, dans le cas allemand, que c'est impossible puisque ce sont des gens que le droit humanitaire interdit de renvoyer chez eux, où il y a la guerre, des massacres, où ils n'ont plus le moindre bien voire parfois plus d'existence légale tout simplement (ils ne sont plus citoyens du pays où on veut les renvoyer, la Syrie notamment qui a "rayé" de ses listes de citoyens des millions de gens ayant abandonné leur domicile).

    Et de manière plus générale, lutter contre les monopoles, lutter contre son propre impérialisme qui dans le cas de l'Allemagne n'est pas hyper décisionnaire géopolitiquement parlant, mais tout de même un pilier de l'édifice européen... qui est derrière pratiquement toutes les causes qui font migrer les gens."

    On pourrait effectivement se demander, parfois, comment est-il possible de dégager une position juste, QUELLE pourrait être cette fameuse ligne juste dont nous parlons, entre ces "3 mâchoires de la contre-révolution préventive" à la gauche de la gauche que nous dénonçons. C'est peut-être que le mouvement communiste authentique, dont nous faisons partie, est justement trop à la recherche de la "formule magique" (qui lui rallierait subitement de larges masses populaires) en perdant de vue que s'il faut bien sûr travailler d'arrache-pied de notre côté, nous ne travaillons pas seuls : quoi que nous fassions, la crise désormais terminale du capitalisme travaille aussi pour nous.

    Pour continuer sur le sujet qui nous intéresse ici : les gens pensent qu'il y a "trop" d'étrangers, d'immigrés, surtout non-blancs bien entendu ; mais de ce "trop" ne font jamais partie ceux qu'ils connaissent et aiment bien (le fameux "j'ai des amis" non-blancs). Ils s'accrochent simplement ainsi à une quête d'identité face à l'uniformisation "un code-barre sur le front" et en même temps la dissolution de toutes les solidarités sociales par le capitalisme globalisé ; à un "mode de vie" national synonyme de bien-être social perdu ; et à une recherche de boucs émissaires à la crise qui les frappe.

    Sauf qu'on ne peut pas virer uniquement les étrangers qui sont le "trop" de chacun : soit on vire tous les étrangers, soit on ne les vire pas. Et tout le monde perdra des connaissances, des amis... Ou alors on bloque simplement les frontières, on en empêche de nouveaux (que personne ne connaît) de venir, mais c'est ce qui se fait déjà, et ne "suffit pas" à en croire les discours d'extrême-droite.

    Si une telle politique de guerre, de chasse aux immigrés se met en place, cela ne veut bien sûr pas dire qu'une solidarité massive va se lever spontanément : beaucoup de gens pourront détourner le regard, y compris du sort de ceux qu'ils connaissent et apprécient, car ils y auront effectivement un lâche intérêt à courte vue ; comme les Allemands devant la spoliation, l'exclusion, l'expulsion et enfin la déportation des Juifs sous le nazisme. Mais dans une optique de véritable TRAVAIL POLITIQUE révolutionnaire, il y aura néanmoins là une "prise" pour commencer à recruter, à côté de la résistance des pourchassés eux-mêmes, une armée de la solidarité et du refus ; une armée qui pourra grandir, combattant le racisme fasciste comme il le mérite, et peut-être finalement vaincre.

    Il y a actuellement une grande politique de chasse étatique et d'agressions populaires contre les migrants en Italie (lire ici), mais on a aussi vu ces dernières années des villages entiers, dans le Sud notamment, déployer une solidarité admirable ; des villages de "bouseux" hein, pas de "bobos intellectuels de gauche des beaux quartiers", simplement ils se souviennent qu'ils ont eux aussi été, par le passé, poussés par la misère à l'émigration vers le Nord industriel de l’État (où ils étaient accueillis en général comme des chiens...) ou l’État français, la Belgique, les États-Unis bien sûr, etc. : c'est là un exemple du potentiel populaire qui existe pour un tel "front du refus".

    Et alors, donc, ceux qui depuis la "gauche" se seront mis par opportunisme à la remorque du fascisme et du racisme se retrouveront du mauvais côté de l'histoire ; c'est-à-dire peut-être devant un peloton d'exécution, comme beaucoup en 1945.

    Ce que nous voulons dire par là c'est que les PRINCIPES d'une conception communiste inébranlable du monde, exprimés dans une Pensée révolutionnaire, sont TOUJOURS gagnants stratégiquement (à long terme) ; car ils s'adressent au "bon sens" (la soif de révolution, en clair) des masses et la crise du capitalisme, sa plongée toujours plus profond dans l'injustice et la barbarie, travaille aussi pour nous à "éveiller" leur conscience à ce "bon sens". L'opportunisme est TOUJOURS PERDANT à terme, jamais gagnant que dans l'immédiat car il s'adresse au "sens commun" (les conceptions aliénées, réactionnaires, les "bas instincts" ; y compris même, sous un masque ultra-progressiste, l'individualisme libéral, la quête d'émancipation et de promotion purement individuelle dans le cas de l'opportunisme postmo, ou de satisfaction de la "bonne conscience" dans le cas de la "déconstruction").

    Une Pensée que, sur la question précise de l'immigration, nous avons pu exprimer en synthèse ici (avec des liens vers d'autres articles de nous ou d'autres) : les-travailleurs-migrants-ne-quittent-pas-leurs-pays-pour-le-plaisir]

    [Cette nouvelle formation allemande est donc en quelque sorte le DEUXIÈME exemple de basculement d'un grand mouvement "de gauche" (en l'occurrence une partie de Die Linke)... Le premier étant quelque part le M5S qui bien que déjà "populiste", aux accents parfois poujadistes ou complotistes, n'en était pas moins sur des thématiques plutôt classables à gauche (écologie, démocratie participative etc.) et des traits "Indignad@s" (futurs Podemos) marqués au début.

    D'autres suivront sans doute encore (des courants de la France Insoumise n'en sont franchement pas loin et ce, pas depuis hier !) ; dans la mesure où la gauche même réformiste c'est EN PRINCIPE (historiquement) aussi et même d'abord et avant tout une culture, une conception du monde, une Weltanschauung fondée sur des réponses scientifiques aux problèmes ; or CECI N'EXISTE PLUS, et se produit donc le basculement dans le "ni droite ni gauche" (ou "oui de gauche mais"), ceux d'en bas contre ceux d'en haut", "écouter le peuple" etc. etc.

    Sachant qu'un phénomène tel qu'une immigration importante (puisque c'est le sujet central ici), MÊME totalement européenne comme elle le fut en son temps (ce n'est pas - du tout - uniquement une question de cela, sinon dans le sens de l'intervention du "petit privilège petit-blanc" !!), ne PEUT PAS ne pas générer de contradictions au sein des classes populaires du simple fait de la concurrence entre les travailleurs sur le marché CAPITALISTE du travail ; et ces contradictions ne se résolvent pas spontanément (dans une vision des classes populaires comme "bons sauvages" idéalisés), elles se résolvent par une POLITIQUE c'est-à-dire par l'action d'une AVANT-GARDE révolutionnaire, dotée d'une CONCEPTION révolutionnaire (scientifique) du monde, qui apporte de par cette conception les réponses adéquates, les IDÉES JUSTES, et qui faute de prendre le pouvoir peut du moins essayer d'imposer des choses aux décideurs bourgeois.

    Lorsque tout cela a disparu, on n'a forcément plus que des gens les yeux rivés sur les perspectives électorales et "écoutant le peuple abandonné par les élites" ; et si le peuple dit "y en a marre des immigrés", "c'est pas qu'on est racistes mais trop c'est trop"... ainsi soit-il, c'est lui qui écrit le programme !

    Nous abordons plus longuement le sujet, et notre vision des choses, dans (en deuxième partie surtout) cet article : http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/on-serait-presque-de-plus-en-plus-tentes-de-penser-a148394008

    Mais le pire dans tout cela (pour la fin)... est encore que sur mille et un sujets (si tant est qu'ils soient "ouverts" et "humanistes" voire même "no border" sur l'immigration), les "anti-populistes" de l'extrême-gauche ne valent au fond guère mieux, tant ils sont eux aussi vides de science, de Pensée, de conception du monde, et de là totalement à la remorque (en fin de compte) des "anti-populistes" (des "progressistes", dit-on maintenant !) BOURGEOIS, c'est-à-dire en définitive de l'"extrême-centre" macronien... qui ne vaut lui-même pas mieux que les "populistes" de plus en plus ouvertement réacs (cf. le lien ci-dessus).]


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  • Lu sur Bretagne-info bretagne-info.org/2018/08/07/les-communistes-du-pcf-et-la-question-alsacienne/ :


    Les communistes du PCF et la question alsacienne

    Alsace : les lignes en train de bouger... à la JC ?

    Il n'est pas exagéré ou injurieux d'affirmer que le PCF en Bretagne est pour le moins frileux quant à l'évocation de la moindre évolution institutionnelle en Bretagne. Si des engagements sincères en son sein existent ici et là en faveur de la langue bretonne, on n'a jamais lu un texte de ce parti en faveur de la co-officialité de la langue bretonne.

    Suivant les fédérations départementales  on perçoit bien que tous les adhérents de ce parti ne sont pas très à l'aise avec ces questions. Il faut dire que leur histoire d'amour tumultueuse avec la mouvance mélenchoniste, elle très hostile à la langue bretonne et même à l'affirmation de la moindre singularité bretonne, n'aide pas pour classer ce parti dans le camp des défenseurs du droit du peuple breton à choisir son avenir. Peu semblent savoir en son sein que l'Humanité en 1932 défendait les poseurs de bombe de Gwenn-ha-Du, groupe "terroriste" nationaliste breton qui fit sauter le monument de la honte à Rennes symbolisant l'union de la Bretagne à la France et par là même le droit du peuple breton à l'autodétermination.

    En Alsace, suite à la constitution du soviet de Strasbourg (un des seuls conseils ouvrier-soldats-paysans de l'actuel État français) qui institua l'éphémère république d'Alsace-Loraine en novembre 1918, les communistes du PCF ont parfois fait front commun avec la revendication autonomiste alsacienne dans les années 1920 et 30, en défense des libertés et de la langue locale.

    Comme en Bretagne, le PCF abandonna progressivement ce soutien aux nationalités opprimées de l'Hexagone au fur et à mesure qu'il entamait sa mue en parti de gouvernement défendant l'unité de la France.

    [Lire à ce sujet : le-pcf-et-la-question-alsacienne.html]

    Depuis 2014 et la réforme territoriale qui a engloutit l'Alsace-Moselle dans le Grand-Est, la revendication "autonomiste" alsacienne a reprit de la vigueur et de la visibilité. Les scores du Parti autonomiste Unser Land, près de 5 % aux régionales de 2015 et de très bonnes prestations aux départementales, sa capacité à mener des campagnes contre le Grand Est en sont des témoignages. Unser Land (le Parti Alsacien) est un parti centriste et fédéraliste.

    Désir d'Alsace ?

    C'est un courant suffisamment puissant qui oblige comme le rappelle le journal "Les Echos" du 6 aout 2018 le gouvernement "d' Edouard Philippe à charger la ministre Jacqueline Gourault d'une nouvelle mission de concertation sur l'avenir institutionnel de l'Alsace. Un rapprochement entre Haut-Rhin et Bas-Rhin est envisagé." Et le préfet Marx de se prononcer malgré "un désir d'Alsace" perceptible dans la population contre une sortie de l'Alsace de la région Grand-Est et une future collectivité unique. Le combat pour que le peuple alsacien puisse s'exprimer est à mener.

    Le retour de l'Alsace rouge ?

    Mais à part Unser Land une autre formation a fait une déclaration étonnamment favorable à l'autonomie de l'Alsace, parlant même d'autodétermination, de référendum et d'indépendance. Les Jeunesses communistes du Bas-Rhin ont adopté une résolution en novembre 2017 lors d'une conférence fédérale ayant pour mot d’ordre : « Pour une Alsace libre et dans les mains de ses travailleurs » (!!) et exigeant :

    À court terme : bilinguisme appliqué dans l’enseignement (français/allemand-alsacien), promotion de la langue et de la culture régionale, réappropriation des symboles alsaciens par le mouvement communiste (drapeau rouge et blanc, etc.), maintien du droit local (notamment en ce qui concerne l’assurance maladie), abolition du Concordat par référendum.

    À moyen et long termes : autonomie avec autodétermination du peuple alsacien (référendum pour une indépendance, etc).

    En plus de cette résolution, les jeunes communistes alsaciens recouvrent les murs d'affiches sur lesquelles ils assument clairement leur mots d'ordres.

    Alsace : les lignes en train de bouger... à la JC ?

    C'est surprenant et réjouissant, nous serions curieux de savoir ce qu'en pensent leurs alter-égos des fédés PCF et MJCF de Bretagne (Loire-Atlantique incluse !)....

    Ce qui serait des revendications justes en Alsace ne le serait pas en Bretagne ?

    Bretagne-info leur est ouvert...

    PS : la photo de une est issue d'un rassemblement de la Brigade Antifasciste de Strasbourg qui a publié un intéressant texte contre la récupération de l'identité alsacienne par les fascistes.


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