• "Punchlines" réseaux sociaux - novembre 2016


    J'ai longtemps eu une vision plutôt critique du Parti communiste du Pérou (PCP), dit "Sentier Lumineux" (nom jamais utilisé par lui-même, tiré d'une de ses publications des années 1970), dirigé par Abimael Guzmán Reynoso dit Gonzalo. J'y voyais un modèle de "fanatisme", de dogmato-sectarisme dans son travail auprès des masses et ses rapports avec le reste de la gauche de ce pays, ce qui malgré ses succès initiaux avait conduit à sa défaite.

    Mais aujourd'hui, à travers une grille de lecture décoloniale (fanonienne, si l'on veut !), j'aurais tendance à relativiser ces critiques ; même si je maintiens toujours (en revanche) que la dimension quelque peu messianique et métaphysique prise par la "Pensée Gonzalo" et le caractère ultra-centralisé de la direction (jefatura) autour de ce dernier a été un problème.

    Ce qu'a fait Gonzalo (sa "pensée"), en dernière analyse, c'est développer et synthétiser le travail théorique de José Carlos Mariátegui ("par le sentier lumineux de Mariátegui" était le sous-titre du journal à l'Université d'Ayacucho, d'où le surnom donné par la bourgeoisie pour le distinguer de la multitude d'autres PCP) à la lumière du marxisme-léninisme-maoïsme, parallèlement théorisé comme "3e et supérieure étape de la science marxiste" (ce avec quoi je suis totalement d'accord).

    Le travail de Mariátegui c'est à dire l'analyse PROFONDE, sociologique et historique, de la société péruvienne comme une société COLONIALE dont la caste de colons espagnols, avec l'indépendance du pays en 1821, n'avait fait que rompre avec la métropole comme les colons anglais, écossais et hollandais des États-Unis en 1776, ou les Boers d'Afrique du Sud avec leur Parti national en 1948.

    Il décrivait les résidus, sous la botte de la propriété terrienne coloniale (encomienda), de la communauté populaire ancestrale quechua-aymara, l'AYLLU, comme la base possible et même nécessaire du collectivisme communiste (rural, du moins) dans un futur Pérou rouge.

    Et donc à partir de là, de ce travail, et par l'intermédiaire des cadres indigènes ou métis à dominante indigène qu'il avait recruté à Ayacucho, Gonzalo a dit en substance : voilà, j'ai élaboré la "pensée-guide", la synthèse de la pensée révolutionnaire dans ce pays. Je la remets entre vos mains, à vous de jouer. C'est VOUS qui vous battez POUR VOUS. Je suis un métis plutôt clair, fils naturel de marchand de chevaux aisé et professeur d'université, mais je ne suis pas le énième "amauta" ("grand sage" en quechua, traduction approximative) avec ce profil sociologique qui vient vous dire qu'il se "bat" et "donnera sa vie pour vous", et je ne vous demande pas de vous battre pour moi.

    Quelle était le degré de sincérité réelle d'une telle posture ? Qu'est-ce qui nous dit qu'il ne cherchait pas simplement à prendre la tête d'un État "nouveau" où lui et ses fidèles auraient remplacé la vieille oligarchie, comme cela s'est si souvent produit dans le monde colonisé, y compris avec des indigènes à 200% (mais "blancs politiques") et non des métis comme lui ? Rien, en effet. On ne saura jamais rien à ce sujet : arrêté en 1992, il est incarcéré au secret depuis et ne sera jamais le Président de la République populaire du Pérou.

    Mais ce qui est certain en revanche, c'est que les masses quechuas et aymaras de l'Altiplano ne l'ont pas perçu ainsi. Pour la première fois, par une de ces alchimies politiques que l'on ne sait jamais vraiment expliquer, le lien s'est noué. Et pour la première fois, une partie (du moins) conséquente d'entre elles a vu dans cette proposition stratégique le chemin vers le POUVOIR réel, la libération, ne plus "se confondre avec le paysage" comme disait Mariátegui, et (disons-le) leur RÉSURRECTION EN TANT QUE PEUPLE.

    La réalisation, en somme, de leurs espérances "messianiques" en la résurrection-remembrement d'Inkarri ou le retour de Tupac Amaru "sous forme de millions" (ainsi qu'annoncé par lui-même lors de son exécution) ; la perspective enfin réelle de sortir de la Nuit coloniale espagnole...

    C'est ainsi que dans les faits, la "Guerre populaire prolongée" initiée en 1980 est rapidement devenue le PLUS VASTE SOULÈVEMENT ARMÉ DE MASSE INDIGÈNE depuis Tupac Amaru II au 18e siècle (1780, exactement deux siècles plus tôt...), et de fait la première VÉRITABLE GUERRE DE DÉCOLONISATION du pays puisque comme on l'a dit, l'indépendance de 1821 n'avait été qu'une rupture de la caste coloniale criolla (espagnole née dans la colonie) avec la lointaine métropole. La véritable guerre de libération de Tawantinsuyu – le véritable nom précolonial du pays...

    C'est pour cela que l'accent était tant mis sur la lutte "anti-féodale" et non pas seulement "anti-impérialiste", chasser l'impérialisme yankee et ses "valets locaux" comme dans la conception traditionnelle "cubano-guévariste" du continent. "Semi-féodalité" n'étant que le nom de la botte coloniale espagnole demeurée intacte, simplement séparée de Madrid depuis un siècle et demi.

    D'ailleurs, par la suite et sur tout le continent, CHAQUE FOIS qu'émergera un mouvement armé à forte base indigène (zapatistes ou EPR au Mexique, Armée de Guérilla Tupac Katari -EGTK- de Felipe Quispe en Bolivie, etc.), l'oligarchie locale et ses maîtres impérialistes agiteront le spectre du "Sentier Lumineux", quand bien même ces mouvements en étaient idéologiquement très éloignés. Les "spectres" qui hantent l'ennemi en disent parfois plus long sur les choses que toutes nos analyses...

    Et c'est aussi à la lueur de cela que l'on peut saisir le problème (le "sectarisme") par rapport à la foultitude de petits partis socialistes ou "communistes" regroupés au début des années 80 dans la "Gauche Unie" : si Mariátegui, le "père fondateur" des années 1920, était un petit bourgeois métis visible comme indigène à nos yeux de Blancs, il suffit de regarder des personnalités criollas comme Jorge del Prado ou Gonzalo García Núñez pour mesurer le problème de représentativité de ces gens vis-à-vis de ces 90% d'indigènes ou métis à dominante indigène "pour" lesquels ils affirmaient lutter.

    Il n'en allait pas différemment avec le Mouvement Révolutionnaire Tupac Amaru (MRTA) qui, tout paré du nom de Tupac Amaru qu'il était, incarnait en réalité une petite bourgeoisie métisse urbaine-éduquée avec pour seule proposition stratégique un réformisme armé (lutte armée pour amener l’État à des négociations) et, à l'arrivée, une République "rénovée" où elle aurait sa place...

    Il y avait bien longtemps que les masses paysannes et ouvrières indigènes, si elles allaient parfois en traînant des pieds remplir les urnes de quelques bulletins à leurs noms, ne voyaient pas ces mouvements autrement que pour ce qu'ils étaient : des gens cherchant avant tout des places que l'oligarchie au pouvoir ne leur laissait pas, voire simplement, ayant déjà de telles places, une certaine forme de "justice sociale" pour soulager leur conscience (l'absence d'empathie que suppose la domination n'est pas naturelle chez l'être humain, elle est le résultat d'un conditionnement et il se trouve toujours quelques individus pour échapper à celui-ci... mais de l'empathie à la renonciation à ses privilèges, il y a encore un grand pas beaucoup plus difficile à franchir !!).

    Alors bien sûr, d'aucuns viendront peut-être nous dire que "le Sentier a aussi tué des indigènes", et même "beaucoup", voire même 95% d'indigènes vu que ceux-ci constituent le gros des troupes militaires et de police (sans parler des "autodéfenses" villageoises paramilitaires). Oui, il est possible de dire cela... comme il est possible pour Mélenchon de dire que la guerre de libération algérienne a été une "guerre civile", car le FLN aurait "tué plus d'Algériens que de soldats français", etc. etc. Il serait d'ailleurs possible de dire la même chose du Parti communiste vietnamien, ou de l'Armée rouge bolchévique durant la Révolution russe (en remplaçant "indigènes" par "paysans").

    Il est possible, oui, de mettre cela en avant comme l'aspect principal dans une démarche intellectuelle totalement malhonnête.

    Car la vérité, c'est tout simplement que les révolutions ne consistent malheureusement jamais en un affrontement "pur" de 90% d'exploité.e.s contre 10% d'exploiteurs (qui seraient dans ces conditions immédiatement balayés). Elles consistent hélas généralement en un affrontement entre deux parties des masses, dont une aliénée et au service des dominants, propagandée du cerveau comme quoi la révolution est le Mal absolu, les révolutionnaires des bandits, et ayant en fin de compte plus peur du changement que de sa propre misérable condition actuelle. Le gouvernement péruvien a organisé des milices paysannes d'"autodéfense" contre-révolutionnaires comme l’État colonial français avait mobilisé des centaines de milliers de harkis en Algérie : à ce jeu-là, comment le PCP pourrait-il ne jamais avoir tué le moindre indigène ? En ajoutant à cela la confrontation avec des mouvements adverses hostiles à sa stratégie de lutte armée pour la libération (MNA en Algérie, Gauche Unie et MRTA au Pérou)... etc. etc.

    En réalité, le PCP n'a rien commis (pour ce qui n'a pas été commis par l'armée ou les milices en mode "false flag") de plus horrible que le FLN algérien, le PC vietnamien ou l'Armée rouge dirigée par Trotsky. Les révolutions ne sont simplement pas des dîners de gala. L'unique différence, c'est qu'il n'a pas fini par remporter la victoire ; ce qui renforce bien évidemment les torrents de boue haineuse déversés sur lui (rappelons qu'il a été la seule guérilla révolutionnaire à ne pas entrer dans les processus de "normalisation" de la "Fin de l'Histoire" après 1989, et même à menacer plus que jamais le pouvoir en place après cette date).

    Voilà en substance ce vers quoi ma vision de la question du Pérou et du "Sentier" a évolué ces derniers temps.

    Après, je reste d'avis que la multitude de petits groupes issus de son éclatement (après la capture de Gonzalo) sont effectivement à bien des égards sectaires, par exemple sur la question des gouvernements dits "bolivariens" : il faut savoir analyser les choses dans le contexte et le rapport de force de l'époque, et si ces gouvernements sont indéniablement réformistes, comme peut l'expliquer le leader aymara et ex-guérillero de basse intensité Felipe Quispe au sujet d'Evo Morales en Bolivie par exemple, il n'est tout simplement pas possible de qualifier de "fascistes" des forces politiques qui ont pour la première fois reconnu les droits démocratiques nationaux, culturels et linguistiques des Peuples natifs. Le fascisme en Amérique du Sud ne peut se concevoir que comme un "hispanisme" féroce, écrasant violemment les cultures indigènes - c'est à dire du prolétariat le plus exploité et opprimé. Gonzalo, au secret depuis 1992, n'a évidemment jamais rien écrit sur ces phénomènes politiques ; il a parlé des sandinistes du Nicaragua* pour les qualifier de réformistes radicaux, pusillanimes et inféodés à l'impérialisme soviétique, mais pas de "fascistes" ; et le "bolivarisme" des années 2000 et actuel n'a que peu à voir non plus (au Venezuela et en Bolivie en tout cas) avec la "gauche" péruvienne de son époque ou même les juntes militaires "progressistes" de la décennie précédente.

    Quant à prétendre vouloir transposer ces schémas de pensée "gonzalistes" en dehors de leur contexte colonial, dans des pays occidentaux, c'est évidemment d'un ridicule absolu.


    [Ici en commentaire sous un autre post, un petit descriptif des raisons internes et surtout externes de la défaite, autrement dit le "Plan Challe" local déchaîné principalement sous la présidence de Fujimori (années 1990) – et ce n'est pas une comparaison "comme ça", on sait le rôle qu'ont joué les "experts" français de retour d'Algérie dans les "écoles" de "contre-subversion" en Amérique latine : "Le PCP  a largement survécu à la capture de Gonzalo, jusqu'au moins en 2003 (après je ne sais pas, j'ai pas d'infos sûres) il contrôlait de vastes zones et était un GROS problème pour l'armée. Dans le PCP a triomphé une ligne erronée qui a pensé que le "moment était arrivé" pour prendre le pouvoir, Gonzalo s'y est fermement opposé mais il a perdu (cette ligne était dirigée par le chef du Secours Rouge qui contrôlait aussi Lima). Son arrestation a été un coup rude, certes (comme tout mouvement qui perd son leader) mais c'est surtout la capture de la direction de rechange par "trahison" (il faut dire qu'ils ont torturé la fille de 4 ans du couple dirigeant devant leurs yeux, d’où les guillemets), puis la capture de la direction de rechange du rechange (qui elle n'était pas prête), puis le non respect du fait que si il se passait ce type de situation c'était le front d'Ayacucho qui devait prendre la direction sauf que d'autres ont refusé (j'ai oublié le nom). Ça c'est les causes internes, sinon au niveau extérieur mais les deux sont liés, c'est la politique génocidaire de Fujimori et de la CIA (40.000 morts), des villages entiers rasés, des populations déplacées (je peux même témoigner personnellement je les ai vus les villages détruits, ils ont encore trouvé récemment une fosse commune de 3.000 à 4.000 personnes paumée dans les montagnes)... puis la criminalisation de tout mouvement de gauche, la terreur en gros qui a fait mettre en veilleuse l'organisation. Le PCP est en réorganisation, rien n'est fini, les cadres sont toujours dans la nature et les masses vont reprendre le chemin de la guerre."]

    [Le document "Combien de Péruviens sont-ils morts ?" aborde la question des pertes humaines qui a été évoquée ci-dessus. Dans un contexte de défaite quasi-totale du PCP, la Commission "Vérité et Réconciliation" du gouvernement libéral de Toledo se voit malgré tout obligée de ne lui attribuer qu'un peu moins de la moitié (46%) des 69.000 victimes recensées, contre 30% pour "l'ensemble des forces de répression d'État" et 24% pour les "autres forces non-étatiques ou non-identifiées" (mon œil !), autrement dit les milices supplétives contre-révolutionnaires, les escadrons de la mort et (pour un millier environ) le MRTA... À noter que cette proportion de 46-54 est fréquemment inversée dans les sources d'information grand public, comme par exemple Wikipédia en français ; d'autres encore n'hésitant pas à attribuer au "Sentier" l'intégralité des "70.000 morts" (de ce qui serait en quelque sorte le "dernier génocide communiste du 20e siècle", si l'on veut). Mais en même temps, quelques paragraphes plus loin, le document indique que "dans d'autres projets de systématisation de l'information, le PCP et l'ensemble des forces non-étatiques ou non-identifiées apparaissent comme responsables d'une proportion bien moindre de victimes"... de l'ordre de 5 à 16%  (donc de 84 à 95% pour l’État, si mes calculs sont bons) ! BREF.]

    [* "Le Nicaragua a fait une révolution inachevée et son problème est que là-bas, le Pouvoir de toute la grande bourgeoisie n’a pas été détruit ; ils se sont centrés sur l’anti-somozisme ; je crois que c’est un problème. Une révolution démocratique doit balayer les trois montagnes et là-bas, cela n’a pas été fait ; par ailleurs, elle se développe avec des critères cubanistes, réajustés ces derniers temps, et ceci mène simplement à dépendre, en dernier recours, de l’Union Soviétique. (...) Il nous semble que le Nicaragua, pour continuer sur la bonne voie comme le mérite bien ce peuple héroïque, doit développer la révolution démocratique complètement et ceci implique pour lui une Guerre populaire ; il doit rompre le commandement de l’Union Soviétique, prendre en main son propre destin et défendre son indépendance de classe ; ceci exige un Parti et évidemment, exige de s’assujettir à la conception du prolétariat ; sinon il continuera d’être une pièce sur l’échiquier et c’est lamentable." interview de Gonzalo par El Diario, 1988]

    Propos (en castillan) à l'appui de ce qui vient d'être dit : 

    http://ekladata.com/dNKssvxCQsKdO6h2o8TFDUis-ic.png

    http://ekladata.com/dlD-Ic3RUWrMizazKXEOVM_IUeU@633x636.png


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    "Vive l'antiracisme politique sans le PIR !"...

    Ça claque comme slogan non ? Ça a un petit côté #KronstadtCredibility ("vive les soviets sans les bolchéviks !") qui sied bien à une certaine ultra-gauche...

    Ou dit autrement : vive l'antiracisme politique... sans celleux qui quoi qu'on en pense dans le détail l'ont initié dans ce pays, l'ont porté sous un déluge de crachats et ont été dans les faits sa LIGNE DE DÉMARCATION avec le reste pendant près de 10 ans. La ligne de démarcation, en substance, entre celleux qui sont capables de lire un texte avant (éventuellement) de lui adresser une critique constructive et celleux qui préfèrent hurler avec les loups (sans avoir lu) au ''grand remplacement de la classe par la race'', à l'antisémitisme, à l'anti-féminisme et à l'homophobie...

    Hein quoi ? Que me dites-vous ? Que c'est UN PEU FASTOCHE ??? Ah... euh... ben... à bien y réfléchir... Oui, en fait.

    Mais bon, ho, abusez pas quoi... S'offrir une cause en plein essor et porteuse d'avenir pour prendre la pose à côté et avoir l'air super révolutionnaire, ça peut pas coûter une telle remise en question de soi non plus. C'est comme quand tu veux du mascarpone, tu vas pas l'acheter hors de prix à Grand Frais (le bien nommé) alors qu'il coûte trois fois moins cher à Lidl.

    Surtout quand y a pas deux ans et demi on chiait abondamment sur les mobilisations autonomes pour Gaza et la consolidation d'un champ politique non-blanc organisé qui se jouait alors là-dessus.

    Surtout quand on est, pour dire les choses clairement, incapables du moindre anti-impérialisme conséquent à l'international et que la situation des racisés.e.s en Occident, et donc l'antiracisme politique autonome de celleux-ci, c'est juste un chouïa lié à la domination impérialiste occidentale sur la planète.

    BREF. J'en jette plus sinon j'en ai pour 8 jours lol.

    Et sinon : arrêtez d'"articuler les luttes intersectionnelles", vous allez finir par vous faire un tour de rein. Rien ne s'articule avec rien du tout. Il n'y a juste simplement pas un ''prolétariat mondial'' dans la même situation abstraite et idéalisée d'un cercle polaire à l'autre, il y a des masses populaires qui sont dans des situations spécifiques différentes, produites par l'histoire, qui appellent des formes spécifiques (et différentes) de lutte de classe et l'antiracisme politique, révolutionnaire, est simplement la forme spécifique de lutte de classe des catégories populaires racisées. Tout comme le féminisme révolutionnaire (lire aussi ici) est une composante obligatoire de la lutte de classe pour les femmes. Ou comme il n'est pas possible (pour les travailleurs blancs, bon les autres ont aussi le droit de s'y intéresser) de mener la lutte de classe dans le ''Midi' ou en Bretagne, de poser la question du pouvoir, sans avoir une analyse historique approfondie de ces territoires... et devenir ainsi occitaniste ou abertzale ou emsaviste (libération bretonne).

    C'est juste que ''l'exploitation'', ''la domination'' ne sont pas des notions universelles abstraites mais des réalités concrètes produites par l'histoire des territoires et des groupes humains, prenant donc des formes particulières localisées qui appellent chacune une lutte particulière (particulière ce qui ne l'empêche pas d'être solidaire des autres, dans la mesure où ces autres sont réciproquement et sincèrement solidaires d'elle, mais dans le respect et non la négation de sa particularité).


    [PS pour précision importante : je ne pensais absolument pas, en rédigeant ce post, à un certain nombre d'organisations ou de personnes (dont certaines sont intervenues en commentaires) que je qualifierais d'"observateurs sceptiques/critiques" de ce phénomène politique émergent ; NI au "rapport" (sur le Camp d'été décolonial) d'une militante d'une de ces organisations dont je n'ai eu connaissance que plusieurs jours plus tard ; NI encore moins à des personnes militantes de terrain, a fortiori racisées, des quartiers populaires qui auraient déjà (pour commencer) une LÉGITIMITÉ à émettre certaines critiques.

    J'avais à l'esprit des gens (blancs de chez blanc, bien sûr) beaucoup plus démonstratifs et théâtraux dans leur soutien, par rapport à l'action de Marseille par exemple ; des gens qui m'évoquent irrésistiblement les roulements d'yeux du serpent Kaa dans le Livre de la Jungle ("ais confiaaaance"), notamment avec leurs appels à l'"articulation" et à l'"intersectionnalité" ; et qui ont ABSOLUMENT BESOIN de dégommer le PIR parce que le PIR, en clair et quoi qu'on en pense par ailleurs, reste le lieu de production d'une "carapace" intellectuelle (ce récent article en offre un bon exemple, ou encore celui-ci sur la question de l'"intersectionnalisme" : Race, classe et genre ; une nouvelle divinité à trois têtes) contre leurs manœuvres d'approche de nouveaux "potes" : le PIR, quoi qu'on en pense, a un SOCLE IDÉOLOGIQUE qui est que les "indigènes", les racisé.e.s, les nationalités ultra-opprimées de "l'Empire colonial importé en métropole" sont un "autre pays", un "autre peuple" ("Tiers-Peuple") qui "ne se laissera pas dicter son agenda" par la gauche radicale blanche... ce qui ne peut évidemment pas plaire à tou.te.s celleux qui, à l'affût dans leur "rôle d'allié", attendent le moment propice pour "dicter" ainsi le leur (d'agenda) ! (c'est notamment, bien sûr, une évidence pour celleux qui ont en ligne de mire la constitution d'un Parti révolutionnaire FRANÇAIS...)

    EN FAIT, il n'est pas possible de qualifier tout simplement le PIR de "petit bourgeois intellectuel" (et encore moins d'"ennemi" !!) parce que le PIR est le parti d'une problématique qui illustre précisément le caractère "distordant" de la race sociale par rapport à la classe. À savoir que lorsque des non-Blanc.he.s "s'en sortent" (du quartier-ghetto), rejoignant la petite bourgeoisie intellectuelle ou l'aristocratie du travail, illes ne deviennent pas "tout simplement" des "petits bourgeois" : après un parcours (déjà) semé d'embûches que n'aurait jamais rencontrées un Blanc, illes sont quotidiennement soumis.es à un statut d'"intrus" et d'"illégitimes" dans ce nouveau milieu social ultra-majoritairement blanc. Le PIR est le parti de ces personnes-là, tout simplement ; tandis que des structures comme le FUIQP, la mouvance autour de Quartiers Libres ou encore Femmes en Lutte sont plutôt des forces organisées de "celleux du quartier", "resté.e.s au quartier". Mais LES UNS COMME LES AUTRES sont tout aussi absolument NÉCESSAIRES (lire à ce sujet Répressions politiques, luttes des quartiers populaires et division de classe parmi les racisés sur le Blog de João) ; et comme je l'ai dit, DU FAIT peut-être de cette sociologie plus "intellectuelle" et "universitaire" qui leur est précisément reprochée... autrement dit de l'habitude, de l'EXPÉRIENCE PRATIQUE QUOTIDIENNE de côtoyer de très près la gauche "radicale" petite-bourgeoise blanco-centrée et donneuse de leçons, le PIR reste le principal producteur d'une très efficace "carapace" théorique contre les manœuvres de "séduction" des éléments plus-malins-que-la-moyenne de cette mouvance.] 

    "Punchlines" réseaux sociaux - novembre 2016

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    #TRUMP  #FASCISME

    Depuis que j'ai crié à l'avènement du fascisme en 2007, je suis devenu méfiant.

    Ou plutôt si : le fascisme, en tout cas la Réaction la plus noire arrive... TOUT DOUCEMENT, pas à pas, comme un MOUVEMENT DE FOND et non en lien absolu avec l'élection d'untel ou unetelle. La victoire dans les urnes de tel ou telle démagogue hirsute est un jalon sur cette longue pente descendante, un "signe", mais pas la proclamation du fascisme en tant que telle. Comme un bouton purulent est un signe de la maladie mais pas la maladie elle-même, tapie au plus profond de l'organisme.

    On le voit bien avec le PS de Valls Cazeneuve et compagnie, qui fait des trucs que Sarkozy n'aurait jamais fait (tant sur le plan social que des libertés). Jamais fait, pas parce qu'il était meilleur mais parce que l'époque ne l'exigeait pas, et maintenant elle l'exige.

    Et c'est aussi ce qu'ont bien compris les révolutionnaires et la plus grande partie des progressistes outre-Atlantique en qualifiant le duel présidentiel de "peste et choléra" - il y a eu du vote barrage certes, cela dit chez les non-Blancs et notamment les Noirs c'est traditionnel face au Parti républicain, rien de vraiment nouveau sous le soleil ni surtout de signe d'un enthousiasme débordant pour "sauver la démocratie" ; finalement cela n'a réellement été observé que chez les "liberals" petits bourgeois blancs jouant à se faire peur pour se sentir exister, alors que je vois honnêtement très improbable que Trump ait prévu des camps de concentration pour eux...

    Donc j'ai de plus en plus tendance à me dire que peu importe qui gagnera l'année prochaine, et en 2022 et ainsi de suite : le gouvernement quel qu'il soit fera dans tous les cas ce que l'époque lui dicte ; seule la forme et le caractère ouvert et assumé des choses changeront peut-être (et encore).

    L'époque qui est celle de la crise généralisée et terminale de l'OCCIDENT, qui voit son monde (celui qu'il a construit) s'effondrer sous ses yeux. Ah merde ! Voilà donc que les "sauvages" n'acceptent plus nulle part notre domination sans broncher... Ah merde ! V'là maintenant que les Jaunes, les bronzés et (qui sait) bientôt les Noirs se mettent à produire en masse (pour leur propre compte) de la camelote bon marché et nous, avec nos salaires 3 ou 4 ou 5 fois supérieurs, on n'arrive plus à suivre... Etc. etc.

    Un phénomène finalement, en réalité, sans précédent dans l'Histoire et qui questionne pratiquement l'emploi du terme fascisme, dans un sens, car il ne s'agit pas d'une situation de frousse bourgeoise face au "peuple de gauche" local, ni de petites puissances qui veulent se tailler leur part du gâteau face aux grandes (Italie, Japon), ou de puissances rabaissées après une guerre perdue et qui veulent prendre leur revanche comme l'Allemagne nazie (ça, on le trouverait plutôt en Russie). Non, c'est le capitalisme qui, jamais aussi peu massivement contesté depuis sa naissance au Moyen Âge (même si ça repart tout doucement après la grande "Fin de l'Histoire" des années 90), ne fonctionne plus EN TANT QUE TEL... en tout cas dans ce qui est son berceau et le Centre historique de l'extension de ses tentacules sur toute la planète, l'Occident. En train de s'effondrer tout doucement sur lui-même pour ne laisser bientôt qu'un gros cratère.

    Une très bonne chose dans l'absolu ! Sauf que ça ne va malheureusement pas se passer aussi simplement que ça ; les tauliers (héritiers des bâtisseurs) de ce monde qui s'effondre vont défendre bec et ongles leurs intérêts et c'est ce qui produit cette "tendance lente et rampante au fascisme", à la droitisation radicale DE FOND (de "l'opinion" via les médias aux mains du Capital et leurs succursales dépotoirs-à-boloss de la "dissidence"), avec ses "éruptions" du temps d'une campagne façon Berlusconi ou Fortuyn pour les déjà-un-peu-vieux comme moi, Sarkozy, et maintenant Marine Le Pen et Trump... qui élus (3 sur 5 que je viens de citer l'ont été) ne représenteront pas une "rupture" telle que l'arrivée au pouvoir d'Hitler en Allemagne, mais la poursuite et l'approfondissement de cette tendance de fond qui leur préexiste et qui les a portés, celle des besoins du Capital transmis à "l'opinion" formatée et que (on le sait maintenant) ceux qu'on appellera la "droite modérée" (comme le PS) suivent absolument tout autant qu'eux.

    "Punchlines" réseaux sociaux - novembre 2016

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    #AntiracismePolitique  #LuttesDesPeuples  #PasToutConfondre

    Moi, voyez-vous, je suis deux choses : 1°/ un (sale) COMMUNISTE, un gros rouge qui tâche lol, et 2°/ un affreux-tout-vilain "nationaliste" (pour reprendre les mots des détracteurs), au sens où je soutiens sans concession (et participe moi-même à une) les LUTTES DE LIBÉRATION DES PEUPLES (toutes, nonobstant que les formes et les degrés d'oppression ne s'équivalent pas). Car ces luttes sont non seulement compatibles, mais INDISSOCIABLES de la lutte contre le Capital ; les oppressions nationales n'étant pas une "problématique annexe" mais la NORME et, en réalité, le "carburant" du système capitaliste.

    Et donc, voyez-vous encore, c'est à travers ces lunettes toutes simples que j'arrive à voir les choses aussi simplement que cela : les racisé.e.s, les non-Blancs, ce sont des (un ensemble de) NATIONALITÉS OPPRIMÉES subissant une oppression PARTICULIÈRE - particulièrement brutale, excluant idéologiquement de l'espèce humaine, en lien avec la SUR-exploitation capitaliste de leur force de travail (ou parfois la volonté, qui a existé dans l'histoire, de les voir tout simplement disparaître pour garder leurs pays et leurs ressources sans la population).

    Cette forme particulière d'oppression nationale est bien connue de tou.te.s, hors d'Europe, sous la forme du COLONIALISME déployé par les Européens à partir de 1492, s'emparant grâce à leurs moyens militaires (armes à feu, chevaux etc.) d'immenses territoires à un moment où les gains territoriaux en Europe devenaient coûteux pour un résultat maigre et incertain, et y surexploitant sans pitié les populations locales ou des esclaves amenés d'Afrique et de quelques autres endroits (Madagascar, Inde, Indonésie) ; colonialisme ayant évolué à partir du milieu du 20e siècle vers une domination NÉOCOLONIALE plus "masquée" qui (elle) existe encore aujourd'hui (il n'y a plus de véritables colonies, les collectivités françaises d'outre-mer sont une forme de néocolonialisme).

    Et de manière tout à fait logique, elle (cette forme d'oppression nationale) a "accompagné" les millions de travailleurs de ces nationalités qui ont été IMPORTÉS pour les besoins du capitalisme au cœur même des métropoles impérialistes européennes - sans compter les cas particuliers d'anciennes colonies de peuplement blanc devenues des pays impérialistes : États-Unis, Canada, Australie etc., avec leurs nations indigènes et/ou descendant.e.s d'esclaves.

    Ce n'est pas plus compliqué que cela, et ne devrait pas faire de nœuds au cerveau des militant.e.s de notre champ politique "nationalitaire périphérique" : les non-Blancs/racisé.e.s sont des nationalités opprimées de manière particulièrement brutale et déshumanisante ("zone du non-être" comme disait Fanon au sujet des colonies) ; non "autochtones" mais "importées" pour les besoins du capitalisme (mais néanmoins bel et bien ici et "d'ici" : un "Empire colonial intérieur" à la métropole hexagonale en quelque sorte) ; dont l'oppression, comme nous l'avons dit, n'est pas une "problématique annexe" mais un élément essentiel au fonctionnement du système capitaliste ; et dont la lutte d'émancipation est une "dynamite" (au même titre et même PLUS que la nôtre) pour faire sauter celui-ci, d'autant plus qu'elle est en lien direct avec l'Empire extérieur (hors d'Europe) qui en est une sacrée (de dynamite) !!

    Le système qui a d'ailleurs très bien compris cela comme le montre la répression par le crachat, la calomnie, le pamphlet aussi pompeux que malhonnête et la démonisation de toute expression radicale à ce sujet (laissons de côté l'action, toujours réprimée par la loi lorsqu'elle franchit certaines lignes jaunes - ce n'est pas un critère). Quoi de plus simple, pour savoir qui est réellement un danger pour le système capitaliste-impérialiste français (ou n'importe quel autre...), que de regarder dans la direction des aboiements de ses chiens (y compris "de gauche") ?

    Voilà donc la base (l'ANALYSE SCIENTIFIQUE) toute simple sur laquelle nous pouvons et devons apporter notre soutien à l'antiracisme politique (que nous ne pouvons QUE soutenir, comme des hommes ne peuvent que soutenir le féminisme), pour répondre par exemple à la main tendue par certain.e.s de ses représentant.e.s : https://bouamamas.wordpress.com/…/la-logique-coloniale-fra…/ http://indigenes-republique.fr/pour-un-internationalisme-d…/

    Il ne s'agit nullement de substituer à la lutte contre le Capital une prétendue lutte contre "les oppressions" (où chacun.e s'emparerait d'une oppression qui l'afflige et se mettrait à lutter contre celle-ci) ; et d'ailleurs il faut affirmer  quelque chose bien clairement ici, car j'ai VU de mes yeux écrire le contraire noir sur blanc : NON, "toutes les oppressions" ne se valent pas. Non. Par définition, puisque ces oppressions consistent précisément à établir des HIÉRARCHIES au sein de la grande masse (mondiale) des producteurs-consommateurs de marchandise (et non des divisions "horizontales" et abstraites dont "l'unité de classe" ne devrait faire qu'une bouchée, comme dans la conception "rien-que-la-classiste" qu'il faut également réfuter)... "Hiérarchie" étant, pour celleux qui n'auraient pas bien suivi, un terme a priori antithétique d'"équivaloir".

    En dehors des quelques % de grand.e.s bourgeois.e.s "maîtres du système" (celleux qu'on ne croisera jamais dans la rue...), tout le monde est exploité et opprimé à un certain degré ; mais le principe même de "stratification" des masses populaires fait que l'oppression du travailleur même "précaire" homme blanc, ou même d'unE précaire blanchE ne "se vaut" pas avec celle d'un prolétaire racisé et a fortiori d'unE, et il en va de même si l'on prenait comme identité n'importe quel Peuple travailleur blanc d'Hexagone (puisque les "Français" comme nationalité, on l'a vu, cela n'existe pas), même les plus périphériques (Corse, Occitanie ou Bretagne "profondes", Pays Basque etc.) ; ou encore le cas très particulier des personnes juives ; et encore de même pour les situations opprimées sur la base du genre (femmes, personnes non-hétéronormées), qui ne sont jamais "abstraites" de l'appartenance de classe ou de race sociale : à bien des égards, oui, il est possible (et il ne faut pas avoir peur) de dire que LA prolétaire non-blanche de banlieue a finalement moins de choses en commun avec la petite bourgeoise blanche bien francouille (j'y reviendrai au paragraphe suivant) qu'avec... "son" HOMME (qui supposément la voile, bat et viole en tournante dans les caves aux yeux de la précitée). Et il n'est pas loin d'en être de même pour la prolétaire blanche de n'importe quelle périphérie "profonde" d'Hexagone !

    C'est là un démenti important à apporter aux thèses (plutôt de type anarchiste) de celleux qui pourraient y compris, rompant brutalement avec les "niqueurs de race" archéo-classistes, venir se poser en "allié.e.s blanc.he.s" de l'antiracisme politique. En clair, il ne s'agit surtout pas de verser dans une espèce de "foire aux identités opprimées" dans laquelle (et bien que nous convenions que toutes les oppressions, pour être de nature et de degré de violence différents, n'en soient pas moins "respectables") on en arriverait de fil en aiguille à cellelui qui n'est PLUS VRAIMENT L'AMI.E/ALLIÉ.E : le/la FRANCOUILLE (cf. le concept expliqué plus bas) - ou dit de manière peut-être sommaire et abrupte, le/la petit.e bourgeois.e blanc.he (qui aura bien toujours une ou deux oppressions à faire valoir dans sa besace, du genre être "précaire" à la sortie de ses -longues- études et "vivre moins bien que ses parents" - ce qui est le cas de toute personne blanche née après 1975 mais bon)... Un.e allié.e extrêmement encombrant.e.

    Il importe aussi, dans le même registre, de sortir d'une certaine "politique des ressentis" et d'un certain "nombrilisme politique" (faire de l'oppression sur laquelle on s'est focalisé - pour les raisons qui sont les siennes - l'alpha et l'oméga de tout) ; ce qui est particulièrement insupportable (entre risible et très énervant, disons) lorsque l'on est dans une situation d'oppression concrète "plus que toute relative" (il y a beaucoup de cas) ; mais fait dans tous les cas (même d'oppressions réellement très fortes) obstacle à la nécessaire compréhension globale du système dans sa totalité - en clair, une politique révolutionnaire totale et cohérente ne peut pas être un "défouloir" de souffrances individuelles, pour réelles et terribles qu'elles puissent être.

    Il s'agit au contraire et tout simplement, dans l'approche que nous devons avoir de toutes ces questions, de comprendre SCIENTIFIQUEMENT la manière dont le capitalisme, avalant au fil des siècles territoires et populations (arrachées à leur paisible "économie naturelle" agrémentée de quelques redevances féodales) pour les mettre dans ses chaînes (de production de plus-value), a "empilé" celles-ci dans sa besace et établi entre elles des hiérarchies dans sa division (mondiale, à l'arrivée) du travail.

    Exactement de la même manière que l'hétéropatriarcat ne se combat pas sur la base d'une "foire aux oppressions", mais d'une analyse scientifique de son caractère structurant pour le mode de production capitaliste (il existait déjà ici et là dans des modes de production antérieurs, mais il est démontré aujourd'hui que c'est le capitalisme qui l'a systématisé et "mondialisé").

    "Punchlines" réseaux sociaux - novembre 2016

    "Punchlines" réseaux sociaux - novembre 2016

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    Le concept 'francouille'

    Il n'y a pas de 'Français'. Il y a ce qui n'est pas une nationalité (une 'ethnie') mais plutôt une 'sociothnie' et qui s'appelle les FRANCOUILLES, consistant en les personnes qui baignent dans l'idéologie ou l'aliénation [exemple de cette aliénation francouille en mode "plus ouvrier que moi tu meurs" : http://humaniterouge.alloforum.com/blog-komunouriezh] ''lafRrrrance'' où qu'elles se trouvent sur le territoire hexagonal - mais particulièrement concentrées dans les zones les plus blanches (le choix de la couleur est sans doute un hasard lol) sur cette carte, ce qu'on appellera les "métropoles dans l'mouv" : http://ekladata.com/7BIxTBpdTv9J60kmiUW-oFMjJDY.jpg

    Et l'on peut dire en un sens que ce qui définit les non-Blancs c'est l'impossibilité de devenir pleinement de tels 'francouilles', ou du moins la possibilité au prix de beaucoup plus d'efforts et pour être moins bien 'payés' à l'arrivée que nous les Blancs (qui le sommes hélas devenus en très grande majorité, en catégorie 'aliénés' du moins).

    Voilà donc la 'sociothnie' dont nous refusons de voir se reproduire la prééminence dans une ''organisation révolutionnaire de la classouvrière de Frrrance'' (prééminence de Paris sur la 'province', des 'métropoles dans l'mouv' sur les périphéries reléguées, et bien sûr des Blancs sur les non-Blancs) ; reproduction automatique et inévitable dans un tel schéma [auquel j'assume, aujourd'hui, préférer un schéma de "Grand Front révolutionnaire coordonné" avec à la fois cette dimension d'"internationalisme domestique" incontournable (une "piste de modèle" à ce sujet pouvant être la Rainbow Coalition du BPP - Fred Hampton - aux États-Unis à la fin des années 1960) et, aussi, une dimension de pluralisme politique révolutionnaire car si l'on attend que tout le monde soit d'accord sur les moindres détails d'un programme politique et d'une idéologie (maoïste par exemple en ce qui nous concerne), le risque réel est d'attendre beaucoup trop longtemps : l'Hexagone et le monde auront plongé dans la pire barbarie fasciste bien avant... Si nous CROYONS en notre idéologie maoïste, si nous pensons vraiment qu'elle est la meilleure pour répondre à l'ordre du jour mondial d'abattre le capitalisme et d'instaurer le socialisme, alors quel souci y a-t-il à assumer le pluralisme dans le travail révolutionnaire, puisque nos conceptions devraient naturellement s'imposer d'elles-mêmes, influencer de plus en plus de gens etc. etc. ?].

    Et voilà ce que je viens de répondre à la 578ème proposition de construire un tel ''grand Parti de la classouvrière'' à m'avoir été adressée dernièrement....

    http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/petite-ref…

     


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