• Pino Masi : la voix de la 'Guerre populaire italienne de basse intensité' des années 1970


    Compagno Saltarelli, noi ti vendicheremo !

    Chanson révolutionnaire italienne des années 1970. Un an après l'attentat massacre de la Piazza Fontana, commandité par la bourgeoisie et la République démocrate-chrétienne et exécuté par les fascistes de Stefano Delle Chiaie, une manifestation de commémoration a lieu à Milan. Au cours des affrontements avec la milice d'Etat, un étudiant, Saverio Saltarelli, est tué par un tir tendu de grenade lacrymogène par la police, reçue en plein coeur.

    La colère soulevée par ce lâche crime fasciste est un des points de départ de la Guerre populaire italienne de basse intensité des années 1970.

    Il dodici dicembre un anno era passato
    dal giorno delle bombe della strage di stato
    e in uno scontro in piazza, con una bomba al cuore
    ammazzan Saltarelli gli sbirri del questore.

    Se cambiano i governi, i mezzi, sono uguali:
    padroni e riformisti ammazzan proletari.
    Restivo e Berlinguer, con le stesse parole
    dicono: «Sì, è morto, gli si è fermato il cuore».

    Ma la gente dei quartieri dice: «Ieri Pinelli
    ce l'hanno assassinato, ed oggi Saltarelli».
    Compagno Saltarelli, noi ti vendicheremo,
    burocrati e padroni tutti li impiccheremo.

    Studenti del Feltrinelli, nella nebbia del mattino,
    vanno tutti alla O.M. dal compagno Martino;
    e lì Martino piange, non crede nel vedere
    quando entrano in fabbrica con le rosse bandiere.

    E poi con gli operai sono tornati in piazza:
    «Basta con i padroni, con questa brutta razza!».
    Operai della Pirelli, una gran folla enorme
    hanno bruciato in piazza cartelli delle riforme.

    Poi tutti quanti insieme, tremilacinquecento,
    sono entrati alla Siemens con le bandiere al vento.
    E per tornare al centro non han fatto il biglietto:
    «Noi viaggiamo gratis, paga Colombo», han detto.

    Compagno Saltarelli, noi ti vendicheremo,
    burocrati e padroni tutti li impiccheremo.
    Restivo e Berlinguer si sono accalorati
    nel dir che gli estremisti vanno perseguitati;

    Restivo e Berlinguer vanno proprio d'accordo,
    le loro istituzioni valgono bene un morto!
    Sei morto sulla strada che porta al Comunismo,
    ucciso dai padroni e dal revisionismo.

    Compagno Saltarelli, noi ti vendicheremo,
    burocrati e padroni tutti li impiccheremo.
    Le bombe e le riforme son armi del padrone,
    la nostra sola arma è la rivoluzione;

    ed oggi nelle piazze, senz'esser stabilito,
    abbiamo visto nascere nei fatti un gran partito;
    contro tutti i padroni, contro il revisionismo,
    uniti nella lotta per il Comunismo!

    Compagno Saltarelli, noi ti vendicheremo,
    burocrati e padroni tutti li impiccheremo.
    Compagno Saltarelli...

    Traduction :

    Le 12 décembre (1970 ndlr), un an était passé, depuis le jour des bombes (piazza Fontana), du massacre d'État
    Et dans un affrontement de rue, d'une bombe en plein coeur, ils ont tué Saltarelli, les sbires du préfet de police.
    Si les gouvernements changent, les moyens sont les mêmes : patrons et réformistes tuent des prolétaires.
    Restivo (Ministre de l'Intérieur) et Berlinguer (premier secrétaire du P"c") avec les mêmes paroles, disent "Oui, il est mort, son coeur s'est arrêté".
    Mais les gens des quartiers disent "Hier ils ont assassiné Pinelli, et aujourd'hui Saltarelli !"

    Camarade Saltarelli, nous te vengerons, bureaucrates et patrons, tous nous les pendrons !

    Les étudiants de Feltrinelli, dans la brume du matin, vont tous à l'oraison funèbre du camarade Martino,
    Et là Martino pleure, il n'en croit pas ses yeux, quand ils entrent dans l'usine avec leurs drapeaux rouges !
    Et puis avec les ouvriers ils sont retournés dans la rue, "Assez des patrons, de cette sale espèce !"
    Les ouvriers de Pirelli, une grande foule énorme, ont brûlé dans la rue les papiers des réformes.
    Puis tous ensemble, 3.500, ils sont entré à la Siemens, les drapeaux au vent,
    Et pour retourner au centre, ils n'ont pas pris de billet, "nous voyageons gratis, Colombo (Premier ministre) paye" ils ont dit.

    Camarade Saltarelli (...)

    Restivo et Berlinguer se sont échauffés, pour dire que les "extrémistes" seraient poursuivis,
    Restivo et Berlinguer vont parfaitement d'accord, leurs institutions valent bien un mort !
    Tu es mort sur la route qui mène au communisme, tué par les patrons et le révisionnisme !

    Camarade Saltarelli (...)

    Les bombes et les réformes sont les armes du patron,
    Notre seule arme est la révolution,

    Et aujourd'hui dans les rues, sans qu'il soit établi, nous avons vu naître dans les faits un grand Parti !
    Contre tous les patrons, contre le révisionnisme, unis dans la lutte pour le communisme !

    Camarade Saltarelli (...)

      http://www.pugliantagonista.it/Saverio.jpg

    Ça fait du bien à écouter, surtout à la veille d'un nouveau défilé bureaucratique cogestionnaire... Vous ne trouvez pas ? 


    L’ORA DEL FUCILE (L’heure du fusil) reprend l’air de  Eve of Destruction (pas mal aussi, dans un registre plus pacifiste-idéaliste) de Barry McGuire. Le texte est bien emblématique de l’époque, où le fond de l’air était rouge : lutte implacable des masses populaires sur les trois fronts, contre la bourgeoisie capitaliste à l’Ouest, contre la domination impérialiste au Sud, et contre la nouvelle bourgeoisie révisionniste à l’Est.

    Sympathique à écouter, au moment où le mouvement des masses arabes, la guerre populaire de l’Inde aux Philippines, les 80.000 "incidents de masse" par an en Chine, les résistances du Sahara au Cap et les luttes d’émancipation du Mexique à la Terre de Feu, font de nouveau se lever la vague ; la seconde et glorieuse vague de la Révolution mondiale, qui n’attend que la nouvelle Internationale des Partis communistes révolutionnaires qui la mènera à la victoire !!!   

     
    Tutto il mondo sta esplodendo
    dall'Angola alla Palestina,
    l'America Latina sta combattendo,
    la lotta armata vince in Indocina ;
    in tutto il mondo i popoli acquistano coscienza
    e nelle piazze scendono con la giusta violenza.
     
     
    E quindi, cosa vuoi di più compagno,
    per capire
    che è suonata l'ora del fucile ?
     
    L'America dei Nixon, degli Agnew e
    Mac Namara
    dalle Pantere Nere una lezione impara ;  
    la civiltà del napalm ai popoli non piace,
    finché ci son padroni non ci sarà mai pace ;
    la pace dei padroni fa comodo ai padroni,
    la coesistenza è truffa per farci stare buoni.
     
    (Refrain)
     
    In Spagna ed in Polonia gli operai
    dimostran che la lotta non si è fermata mai
    contro i padroni uniti, contro il capitalismo,
    anche se mascherato da un falso socialismo.
    Gli operai polacchi che hanno scioperato
    gridavano in corteo : Polizia Gestapo !
    Gridavano : Gomulka, per te finisce male !
    Marciavano cantando l'Internazionale.
     
    (Refrain)
     
    Le masse, anche in Europa, non stanno più
    a guardare,
    la lotta esplode ovunque e non si può fermare ;
    ovunque barricate, da Burgos a Stettino,
    ed anche qui fra noi, da Avola a Torino,
    da Orgosolo a Marghera, da Battipaglia
    a Reggio,
    la lotta dura avanza, i padroni avran la peggio.
     
    (Refrain)
    Le monde entier est en train d'exploser
    de l'Angola à la Palestine ;
    l'Amérique latine combat,
    la lutte armée triomphe en Indochine ;
    dans le monde entier les peuples acquièrent conscience
    et dans les rues descendent, avec la juste violence.
     
    Alors, que veux-tu de plus camarade,
    pour comprendre
    qu'a sonné l'heure du fusil ?
     
    L'Amérique des Nixon, des Agnew et MacNamara
    des Black Panthers une leçon reçoit ;
    la civilisation du napalm ne plaît pas aux peuples
    tant qu'il y aura des patrons, il n'y aura pas de paix ;
    la paix des patrons ne convient qu'aux patrons
    la coexistence est une arnaque pour nous faire tenir tranquilles.
     
    (Refrain)
     
    En Espagne et en Pologne, les ouvriers
    démontrent que la lutte n'a jamais cessé ;
    contre les patrons unis, contre le capitalisme,
    même revêtu d'un pseudo-socialisme.
    Les ouvriers polonais qui ont fait grève
    criaient en cortège : Police = Gestapo !
    Ils criaient : Gomulka, ça va mal finir pour toi !
    Ils marchaient en chantant l'Internationale.
     
    (Refrain)
     
    Les masses en Europe aussi ne restent plus spectatrices,
    la lutte éclate partout et rien ne peut l'arrêter ;
    partout des barricades, de Burgos à Szczecin,
    et ici aussi chez nous, d'Avola à Turin,
    d'Orgosolo à Marghera, de Battipaglia à Reggio,
    la lutte dure avance, les patrons n'auront pas le dernier mot.
     
    (Refrain)

     

    Et allez, en prime : Pino Masi était militant du groupe Lotta Continua, petit groupe communiste plutôt spontex, qui s’est désagrégé au milieu des années 1970.

    Il en a composé et interprété l’hymne :   

     
    Siamo operai, compagni, braccianti
    e gente dei quartieri
    siamo studenti, pastori sardi,
    divisi fino a ieri
     
    Lotta! Lotta di lunga durata,
    lotta di popolo armata :
    lotta continua sarà !
     
    L'unica cosa che ci rimane
    è questa nostra vita,
    allora compagni usiamola insieme
    prima che sia finita !
     
    Lotta! Lotta di lunga durata...
     
    Una lotta dura senza paura
    per la rivoluzione
    non può esistere la vera pace
    finchè vivrà un padrone !
     
    Lotta! Lotta di lunga durata...
    Nous sommes ouvriers, compagnons, journaliers
    et gens des quartiers,
    Nous sommes étudiants, bergers sardes,
    divisés jusqu’à hier  
     
    Lutte ! Lutte de longue durée,
    Lutte du peuple, armée :
    Lotta continua sera !
     
    L’unique chose qu'il nous reste,
    c’est notre vie,
    Alors camarades, utilisons-la ensemble,
    avant qu’elle soit finie ! 
     
    (Refrain)
     
    Une lutte dure, sans peur,
    Pour la Révolution ;
    La vraie paix ne peut exister,
    Tant que vivra un patron !
     
    (Refrain)

     

    Et puis son (sans doute) plus grand titre, qui était aussi celui du programme de lutte de LC à l'époque : "Prendiamoci la città !" ("Prenons la ville !")

     

    Questa nostra lotta è la lotta di chi non vuole più servir'

    di chi è ormai cosciente della forza che ha, e non ha più paura del padrone 

    di chi vuol' trasformare il mondo in cui viviamo nel mondo che vogliamo 

    di chi ha ormai capito che è ora di lottare, che non c'è tempo di aspettare

     

    Refrain : Dalle fabbriche in rivolta un vento soffia già, ovunque arriverà

    è proprio un vento rosso che non si può fermare e unisce chi ha deciso di lottare

    Per il comunismo, per la libertà prendiamoci la città

    per il comunismo, per la libertà prendiamoci la città !  

     

    Se occupa le case chi non ce le ha unisce tutta la città

    si lotta nei quartieri per non pagare i fitti, difendere le case dagli sfratti

    si lotta e si vive in maniera comunista, non c'è posto per il fascista

    la giustizia proletaria ricomincia a funzionare, con il processo popolare

     

    (Refrain)

     

    Proletari in divisa si ribellano perchè hanno capito   che

    anche la caserma come la prigione è un'arma del padrone

    e la loro lotta avanza con la nostra unità verso la libertà

    dai quartieri alle caserme, dalla fabbrica alla scuola, è tutta una lotta sola

     

    (Refrain)

     

    La scuola dei padroni non funziona più, ma solo come base rossa

    la cultura dei borghesi non ci frega più, l'abbiamo messa nella fossa

    Anche nelle galere della repressione cresce l'organizzazione

    svuoteremo presto tutte le prigioni per fare posto a tutti i padroni

     

    (Refrain) 

     

    Cette lutte, la nôtre, est la lutte de celui qui ne veut plus servir

    de celui qui a désormais conscience de sa force, et qui n'a plus peur du patron

    de celui qui veut faire du monde où nous vivons le monde que nous voulons

    de celui qui a compris qu'il est temps de lutter, qu'il n'y a plus de temps à perdre

     

    Refrain : Des usines en révolte un vent souffle déjà, partout il arrivera

    c'est un vent rouge qui ne peut s'arrêter, et unit ceux qui ont décidé de lutter

    Pour le communisme, pour la liberté, prenons la ville !

    (2X)

     

    S'il occupe les maisons, celui qui n'en a pas unit toute la ville

    On lutte dans les quartiers pour ne pas payer les loyers, défendre les maisons contre les expulsions

    On lutte et on vit de manière communiste, pas de place pour le fasciste

    la justice prolétaire recommence à fonctionner, avec le procès populaire !

     

    (Refrain)

     

    Les prolétaires sous l'uniforme se révoltent car ils ont compris

    que la caserne elle aussi, comme la prison, est une arme du patron

    et leur lutte avance avec notre unité, vers la liberté

    des quartiers aux casernes, de l'usine à l'école, c'est toute une seule lutte

     

    (Refrain)

     

    L'école des patrons ne fonctionne plus, sinon comme base rouge

    la culture des bourgeois, nous n'en avons plus rien à faire, nous l'avons mise à la fosse

    Dans les prisons aussi, dans la répression, grandit l'organisation

    Nous viderons bientôt toutes les prisons, pour faire de la place à tous les patrons !

     

    (Refrain)

     

     

     

    http://www.workerspower.co.uk/wp-content/uploads/2011/06/greek-riot-1.jpg


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :