• Petite revue de web sur les derniers évènements en Corse


    Communiqués de la Manca :


    NO PASARAN


    NON AUX MANIPULATIONS


    Et le retour-analyse de Serge Vandepoorte (A Manca) sur les évènements


    U Cumunu (patriote de gauche, marxiste) : Ùn spenghjeranu mai a nostra fiaccula ("Ils n'éteindront jamais notre flamme" - le titre est en corse mais le texte ensuite est en français)


    Les réactions des nouveaux dirigeants nationalistes de l'île :

    Gilles Simeoni : le nationalisme corse est aux antipodes de tous les phénomènes de racisme et de xénophobie

    Jean-Guy Talamoni condamne le saccage d'un lieu de culte musulman à Ajaccio


    Quartiers Libres : Ajaccio, les pompiers, les pyromanes et les incendiaires

    Blog "Nutizie di Corsica" de Massimu (Mediapart) : Au feu les pompiers, y'a mon peuple qui brûle

    Lire aussi les articles du blog de Chjocca 17 (encore Mediapart)


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    Petite revue de web sur les derniers évènements en Corse


    Un autre article intéressant (sur Slate) : Le «racisme corse» n’existe pas (et l’invoquer occulte les vrais problèmes)


    Oui car il est bien évident que ces évènements ont été une nouvelle fois l'occasion d'un déchaînement de vomissures sur la vieille rengaine des "Corses gros racistes"* ; racisme bien évidemment amalgamé à la lutte de libération nationale (LLN)... alors que celle-ci vient de remporter dans les urnes du 13 décembre une victoire historique, ce qui a déjà donné l'occasion (avec le fameux discours en corse de Talamoni etc.) de quelques manifestations d'hystérie à certains, de l'extrême-droite (FN) jusqu'à la "gauche de la gauche" (Mélenchon) de l'échiquier politique francouillasse. Une "coïncidence" qui, au vu également de l'énormité des propos qui ont mis le feu aux poudres ("Sales Corses cassez-vous, vous êtes pas chez vous" etc. à des pompiers volontaires le soir de Noël), pourrait même presque laisser voguer nos esprits vers les doux horizons complotistes du "coup monté" en mode "État profond" [il n'y aurait en effet rien de si hallucinant à ce que deux ou trois petites frappes de quartier aient agi en service commandé pour commettre la provocation ; quant aux petits groupes qui se sont ensuite chargés d'exciter l'indignation de la population pour la transformer en ratonnade, ces fameux petits groupes succursales de l'extrême-droite BBR (ou italienne) grossièrement repeints aux couleurs "corsistes" (voire carrément du soutien à la LLN !) qui pullulent depuis quelques années, ils ont notoirement leurs entrées en Préfecture de Police : chacun dans son rôle bien défini à l'avance, l'"affaire est dans le sac" et le nouvel exécutif patriottu élu il y a à peine deux semaines se retrouve face à la pire situation qu'il aurait pu imaginer avoir à gérer... tout ceci à la grande satisfaction de Paris bien sûr !].

    Quelques petites réactions "à chaud", au fil de l'eau (et des digestions de repas de fête) à ce sujet :


    Petite revue de web sur les derniers évènements en Corse

    Petite revue de web sur les derniers évènements en Corse*


    Le style est un peu décousu, certes, mais enfin vous aurez compris l'idée directrice qui est que tout cela (les réaction indignées/égosillées de ceux qui viennent de nous plonger dans l'état d'urgence permanent, hein, pas les violences islamophobes, on s'est compris...) nous fait doucement rigoler - et globalement, sur ce terrain-là, les camarades qui nous ont toujours soutenus nous soutiennent... et les habituels connards qui nous attaquent en permanence nous ont encore une fois attaqués ; comme quoi il n'y a pas de hasard !

    Finalement, le meilleur mot de la fin pourrait bien être celui-ci :


    Petite revue de web sur les derniers évènements en Corse


    * Il ne s'agit bien sûr pas de dire que le racisme n'existe pas en Corse ; et le fait d'envisager une manipulation sur ce cas précis ne signifie pas (comme quelques débiles l'ont déjà interprété) une tentative de le nier ni encore moins de l'"excuser".

    Le racisme existe bel et bien en Corse, et pas de manière marginale. Il est perçu comme particulièrement "visible" et violent car les Corses ont culturellement l'habitude de "régler les choses eux-mêmes" (le phénomène commence déjà à s'esquisser en Occitanie...), l'autorité étatique ayant historiquement toujours été étrangère, d'occupation : sur le continent, 90% des violences racistes sont le fait des forces de "l'ordre" (comme on vient encore de le voir avec cette mère de famille de Pantin) et ne sont donc pas considérées comme telles, mais comme "la police qui fait son travail"...

    Nous en avons déjà abordé les raisons dans des articles précédents : le fait que la Corse ait longtemps été (jusqu'au 18e siècle) sur la "ligne de front" de l'affrontement entre Chrétienté et Islam (la religion catholique étant vue par beaucoup comme une composante importante de l'identité insulaire) ; et surtout que pendant une autre longue période (19e-20e siècles) l'Empire français ait été le seul débouché d'une grande partie de la jeunesse ("un uniforme sur le dos" pour "aller jouer au patron chez les Arabes/Noirs") : après les "indépendances", beaucoup de ces Corses (ainsi que des Pieds-Noirs non-corses) rentreront au pays chargés de leurs "habitudes" et préjugés coloniaux... À partir de la même époque (années 1960-70) se mettra en place une "morphologie sociale" de type provençal, fondée sur l'agriculture "du soleil" et (surtout) le tourisme avec une importante population maghrébine (peut-être 20.000 personnes) confinée aux travaux les plus ingrats et très marginalisée, donnant lieu à des situations de ségrégation évoquant l'Alabama des années 1950 ("Arabi" assis entre eux au milieu des places car "interdits" des bistrots alentour etc.). Il est d'ailleurs frappant que l'on parle de racisme en Corse sans jamais évoquer... ce RAPPORT SOCIAL entre petits patrons corses et prolétaires maghrébins surexploités (volonté de "montrer qui est le patron", de prévenir par l'intimidation les comportements revendicatifs etc. etc.). Mais bien sûr, le système français a lui aussi (pour ne pas dire principalement) sa part de responsabilité dans la logique de ghettoïsation coloniale-intérieure des non-Blancs - sauf à imaginer que, pour on-ne-sait quelle raison, il n'aurait pas la même politique en Corse que sur le continent...

    Il est clair que les camarades patriotti qui disent refuser "tant le racisme que les comportements de repli communautariste, la radicalisation islamiste, la '9-3ïsation' de la Corse" etc. etc. (de la part des Maghrébins) manquent un peu de remise en question de leur propre société qui fournit un terreau à de tels repli et radicalisation, car à un moment donné aucune oppression ne reste sans réaction (fut-elle imbécile). Dans le contexte actuel, la provocation assortie d'insultes anti-corses contre les pompiers à Ajaccio est d'une imbécilité profonde et sert objectivement (si elle n'a pas été montée de toutes pièces) le sabotage du processus politique en cours ; mais il faut tout de même avoir bien cela à l'esprit et envisager que confrontées quotidiennement au racisme, certaines personnes puissent commencer à haïr les Corses (de manière tout aussi généralisante que le racisme dont elles font l'objet) et à souhaiter les voir "dégager de là".

    Pour autant, si le racisme en Corse est bien sûr immédiatement amalgamé à la lutte de libération pour présenter celle-ci comme le "FN version corse" (la presse "de gauche" étant de fait, dans le système intellectuel français, la "référente" sur le "problème corse"), le fait est que cette corrélation est totalement frauduleuse : il suffit par exemple de voir que les secteurs où ce racisme est le plus présent et puissant, comme la région d'Ajaccio ou la Plaine orientale, sont tout sauf des bastions "natios" - ainsi aux dernières élections régionales, à Ajaccio, l'alliance autonomistes-indépendantistes est arrivée d'assez loin en deuxième position au second tour, avec un Front National largement au-dessus de son score insulaire et même arrivé second (avec près de 16%) derrière la droite au premier ; un FN qui a également réalisé un gros score de plus de 16% au premier tour à Prunelli-di-Fiumorbu, où avaient eu lieu les évènements du début de l'été, non loin de la base militaire impérialiste de Solenzara située sur les communes de Ventiseri et Solaro où ses résultats sont aussi - comme par hasard - très importants...

    Le fait est aussi que le combat le plus décidé (même s'il ne va peut-être pas aussi loin que nous dans l'analyse) contre cette prégnance des préjugés racistes dans l'île, bien plus que d'une "gauche républicaine" PRG, PS ou PC qui peut être assez fortement implantée ici et là... mais qui cherche d'abord et avant tout à ménager ses réserves d'électeurs, est toujours venu d'une frange du mouvement de libération nationale - et c'est encore le cas aujourd'hui.

    Voici un extrait d'un échange à ce sujet avec un camarade :

    "Disons que sur le racisme, ils ont une crainte absolue qui est de se retrouver minoritaires dans leur pays, considérant pratiquement qu'il y a un plan à ce niveau-là. Un discours récurrent c'est "on est une terre d'accueil MAIS 1°/ on nous respecte dans ce pays qui est le nôtre, car d'autre nous n'avons point, on n'est pas des animaux dans un zoo, on ne fait pas n'importe quoi etc. (des trucs comme par exemple que la Corse est l'un des derniers endroits où une femme peut se balader tranquille à n'importe quelle heure et dans n'importe quelle tenue, donc touriste ou arabe, faire le sagouin vaut mieux pas s'y risquer...), 2°/ pas question de se retrouver minoritaires chez nous"... [Voir ici, par exemple, le typique raisonnement qui peut exister - par un militant réputé "plutôt de gauche"]

    Oui, sauf que bon... Je ne suis pas sûr en réalité qu'ils aient des problématiques vraiment si différentes de celles du Pays Basque ou de l'Occitanie, à savoir que s'ils sont menacés de minorisation et d'"interdiction de séjour" par endroits (sur le littoral en particulier...), c'est plutôt par des gens du reste de l'Hexagone, BIEN FRANÇAIS de fait (du Bassin parisien) ou en tout cas du cerveau, bien blancs et avec du cash ; pas des Arabes ou des Africains débarqués d'une barcasse avec un baluchon sur le dos. Les éléments avancés sont d'ailleurs conscients de cela et le disent (ou dit autrement, ils essaient de gérer les nouvelles recrues d'un mouvement passé de 20.000 à plus de 50.000 voix aux élections en 20 ans, et dont beaucoup de "néo-natios" ont hélas tendance à tout confondre).

    D'ailleurs quand on a dit cela, que les natios ont finalement gagné les élections avec 2 à 3 fois plus de suffrages que dans les années 1990... ben ça infirme un peu tous les discours comme quoi "on est passé à 315.000 habitants mais toute l'augmentation depuis 15 ans c'est des gens venus d'ailleurs, c'est pas le solde démographique corse" etc. etc. Ben ouais, peut-être, sauf que les patriotti ont fini par conquérir une majorité relative et gagner. Comme quoi la problématique est peut-être exactement la même que chez nous : que les gens qui s'intègrent s'intègrent Corses/Occitans/Basques... et pas gros Français de merde ; et (surtout) que déjà les gens "du cru" aient conscience de ce qu'ils sont et de la nécessité de rompre mentalement avec le concept "France".

    Au début du mouvement national, dans les années 1960, il y avait entre 95 et 100% de Corses "pure souche" en Corse. Qui se sentaient corses, ça oui, et parlaient corse couramment en général (même les caciques ultra-républicains comme le père Zuccarelli, qui ne voulaient même pas entendre parler de panneaux routiers bilingues, parlaient corse tous les jours à la maison et au bistrot)... mais qui étaient pro-français, "loyalistes". "Oui oui Paoli tout ça, un grand héros cet homme, mais enfin tout ça c'est du passé quoi, maintenant on est français et puis la République monsieur, et le général De Gaulle monsieur" etc. etc. Une liste même simplement autonomiste aurait fait dans les 3% aux élections. Le problème est-il donc vraiment la "minorisation" des Corses par les apports de peuplement extérieurs ? Je crois plutôt que c'est la conscience d'être corses et la rupture du lien mental enchaînant à la France... comme partout ailleurs. Et sûrement pas les Arabes qui doivent être 6 ou 7% de la population totale (chez nous les non-européens racisés c'est peut-être 10-12%, peut-être jusqu'à 25% à Marseille) et qui sont "bloqués" dans leur intégration par le système de ghettoïsation et de colonialisme intérieur de l’État français, ce dont la solution passe (donc) par la lutte et la victoire contre ce dernier. Les gens venus de l’État italien ou de "Méditerranée catholique" doivent fusionner assez vite j'imagine ; il y a par exemple un prisonnier politique qui s'appelle Marras, c'est un nom sarde ça. D'autres militants historiques du mouvement s'appellent Buteau, Vandepoorte, Dykstra... La problématique étant donc comme je l'ai dit qu'en s'intégrant les gens deviennent des Corses et non des gros "gaulois". Et que si "Grand Remplacement" il y a par endroit, il n'est pas le fait d'extra-européens mais de bons "Français moyens"... à moyens-sups (de tous Peuples réels confondus hein, je parle de "Français" dans la tête), bien blancs et avec une certaine forme de petit capital."

     


  • Commentaires

    1
    Pascal
    Lundi 4 Janvier 2016 à 17:44

    Un peu dans le même registre, Marion MLP après avoir déconseillé aux Bretons de donner des prénoms bretons à leurs enfants, déclare qu'il est vital de défendre les "langues"  ( plutôt des dialectes ou sous-dialectes occitans) provençale et niçoise.

    A-t-elle le cerveau qui déconne ? A-t-elle changé ? Y a-t-il autre chose ?

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