• Pendant que les néo-menchéviks gaucho-impérialistes nous bassinent avec l'"islamofascisme" et "Hitlerdogan"...


    ... voici des nouvelles du Pinochet du Nil :

    https://www.bastamag.net/Ventes-d-armements-un-nouveau-rapport-denonce-la-cooperation-des-entreprises

    Depuis son coup d’État militaire en juillet 2013, le régime d’al-Sissi a mis en prison au moins 60 000 personnes [une personne adulte ou adolescente sur 1.000] pour des raisons politiques, dispersé des manifestations par des moyens militaires faisant des centaines de morts [la répression de l'été 2013 en a déjà fait autour de 2.000...], sans compter les exécutions extra-judiciaires [ou simplement judiciaires : centaines de condamnations à mort, comme celles de près de 700 pro-Morsi en 2014, et dizaines d'exécutions],  et les disparitions forcées (entre juillet 2013 et juin 2016, il y a eu en Égypte 2811 cas de disparitions forcées des mains des services de sécurité, indique la FIDH), et le recours systématique à la torture. [On pourrait encore parler de la refermeture de la frontière avec Gaza, au service de l'asphyxie de l'insoumise cité palestinienne par l'entité sioniste : frontiere-egyptienne-rafah-gaza]

    Cela ne semble pas (bien sûr, s'il fallait en douter) déranger l'impérialisme et le complexe militaro-industriel bleu-blanc-rouge :

    Dans le même temps, entre 2010 et 2016, les livraisons d’armes françaises vers l’Égypte sont passées d’un volume de 39,6 millions d’euros à 1,3 milliard d’euros, rappelle la FIDH. « Certaines entreprises ont vendu des armes conventionnelles à une armée responsable de la mort de centaines de civils au nom de la guerre contre le terrorisme, notamment dans le Sinaï : navires de guerre Mistral (entreprise DCNS), frégates Fremm (DCNS), corvettes (Gowind), avions de combat Rafale, véhicules blindés (Arquus), missiles air-air Mica et de croisière SCALP (MBDA), missiles air-sol 2ASM (SAGEM) », détaille le rapport.

    Pendant que les néo-menchéviks gaucho-impérialistes nous bassinent avec l'"islamofascisme" et "Hitlerdogan"...

    Mais bon, c'est d'autant moins étonnant que cela ne semble de toute façon pas déranger non plus un certain gauchisme gaucho-impérialiste, typiquement fan du protectorat impérialiste "Rojava" au Nord de la Syrie, comme ce militant lyonnais d'une organisation tristement connue :

    Pendant que les néo-menchéviks gaucho-impérialistes nous bassinent avec l'"islamofascisme" et "Hitlerdogan"...

    En Turquie, le kémaliste Muharrem Ince a renoncé à contester la victoire pourtant manifestement truquée (de 3 ou 4 points facile) d'Erdogan dès le premier tour, et donc à donner le signal du regime change pour lequel tout était pourtant dans les starting-blocks turquie-kurdistan-elections-anticipees-heure-de-verite-approche hitlerisation-erdogan.

    Probablement parce que, selon nous, il a rapidement réalisé qu'il n'avait... pas d'armée pour ce qui devait forcément prendre la tournure d'une guerre civile (entre 45 et 50% de soutien pour Erdogan, ce n'est pas rien !) ; soit qu'il n'ait pas trouvé d'officiers limogés en 2016 prêts à tuer d'autres militaires turcs, soit qu'il ait été perçu comme trop à gauche (incarnation de la volonté de rapprochement avec la gauche kurde-alévie impulsée par certaines fractions de la bourgeoisie moderniste et - surtout - de l'impérialisme occidental) par ces secteurs militaires kémalistes orthodoxes ou "gülenistes" ("islamistes" modérés-libéraux et pro-occidentaux), soit un peu des deux.

    Mais s'il l'avait fait, pourrait alors déjà régner en Turquie, derrière la façade civile de son gouvernement "social-démocrate" (toutes les dictatures militaires en Turquie, au pire après un an ou deux, ont toujours adopté une façade civile), strictement la même répression FASCISTE qu'en Égypte ; toujours contre le mouvement révolutionnaire, non-liquidateur du moins (pas à la remorque du PKK et/ou du HDP en cas d'"accords de paix" avec ceux-ci), ET donc contre les partisans d'Erdogan, "islamistes" et ultra-nationalistes (comme déjà... sous tous les régimes militaires turcs de la seconde moitié du 20e siècle, première moitié des années 1960, 1971-74 et première moitié des années 1980).

    Mais voilà, attention hein, on aurait alors (sans doute) "bon fascisme" et pas "mauvais" comme avec Erdogan ; comme il y a "bonne scission et mauvaise scission" pour reprendre les mots d'un Turc (justement) de cette mouvance LOL ; et d'aucuns viendraient sans aucun doute nous expliquer que "l'armée a repris les choses en main" pour "empêcher les masses populaires de s'occuper elles-mêmes d'Erdogan et de sa clique" !!


  • Commentaires

    6
    Pascal
    Mercredi 4 Juillet à 14:16
    Si on va par là, pour réprimer la révolte des basmatchis, les bolcheviks n'ont pas eu la main plus tendre qu'Al Sissi. Au point d'avoir fusillé Sultan Galiev.
    A propos d'armes françaises, ne pas oublier celles fournies à l'Arabie saoudite pour la sale guerre au Yémen.
      • Mercredi 4 Juillet à 15:22

        Les révolte des basmatchis avait d'abord été léguée aux bolchéviks par le colonialisme tsariste, contre lequel elle avait débuté en 1916.

        Il n'y a pas eu seulement répression mais négociation, tentatives de voir comment résoudre le problème et satisfaire certaines revendications.

        Le problème, c'est qu'en a été chargé... l'ancien génocidaire turc Enver Pacha, et que celui-ci, plus ou moins en lien avec les Allemands, a fini par au contraire y organiser une révolte sous ses ordres, dans une optique panturquiste.

        C'est celle-ci qui a été réprimée par Trotsky, envoyant la cavalerie de Boudienny : https://fr.wikipedia.org/

        En 1920, il tente de rentrer en Turquie pour reprendre la tête du mouvement nationaliste mais l'influence de Mustafa Kemal l'en empêche. Il participe au congrès des peuples d'Orient organisé à Bakou par l'Internationale communiste, réunissant notamment les peuples turcophones de la Russie soviétique.

        Il prend alors contact avec des officiers allemands pour continuer la guerre en Asie centrale contre le Royaume-Uni. Son objectif était d'unifier les forces armées turcophones de l'Asie centrale avec les unités de l'armée rouge pour créer un Turkestan indépendant.

        La défaite de 1918, et sa conséquence, l'occupation de l'empire ottoman, le pousse, à l'image de nombreux Turcs musulmans, à développer des sentiments panislamiques dans le cadre d'une lutte contre l'impérialisme européen16. Il se rapproche naturellement des bolcheviks, part pour le Turkestan (actuels Ouzbékistan et Tadjikistan) pour réprimer une révolte panislamique, mais finit par trahir l'URSS en organisant une résistance musulmane face aux communistes, s'appuyant sur les peuples turcophones de l'Asie centrale dans une optique panturquiste.

        Après avoir bataillé pendant plus d'un an et remporté quelques succès éclatants (comme la prise de Douchanbe), il voit ses ressources s'épuiser et ses derniers compagnons de lutte le quitter. Sa petite armée compte 7 000 hommes au début de sa campagne. Trotsky envoie alors contre lui la première armée de cavalerie de Semion Boudienny.

        Les circonstances de sa mort ne sont pas très claires. Selon certains, désespéré, abandonné de tous, il monta sur son cheval Derviche, en grande tenue, et décida de charger seul un bataillon de l'armée rouge, à la suite de l'assaut donné contre le village de Chagan, son dernier repaire. Près de Baldzhuan au Tadjikistan, il s'élança à travers la plaine vers les fantassins russes et le commandant du bataillon, l'Arménien Hagop Melkoumyan, donne l'ordre de tirer sur lui. Il est tué le 4 août 1922 ; après sa mort, le bataillon soviétique poursuit sa route comme si rien ne s'était passé

      • Mercredi 4 Juillet à 14:42

        Le sort de Sultan Galiev n'est pas quelque chose, de l'URSS des années 1920-30-40, que nous nous éreinterions à justifier et encore moins glorifier (un peu comme le sort du Bund par exemple, ou du POUM dans l’État espagnol) ; bien qu'il ait effectivement commis des erreurs et qu'une certaine fuite en avant l'ait en effet conduit à être perçu, au milieu des années 30, comme une menace pour la sécurité nationale de l'URSS.

        La crainte-panique du 2e front, ici en l'occurrence au Sud, où existaient déjà de puissants secteurs pro-allemands en Iran, Irak et Turquie ; la même crainte qui a conduit au fameux Pacte de non-agression alors que l'Ouest faisait tout pour lancer Hitler sur Moscou qui n'en avait pas fini avec les attaques japonaises en Extrême-Orient ; et qui en l'occurrence aurait pu permettre une prise de contrôle très rapide du pétrole de la Caspienne... et la fin pour nous tous : une Allemagne nazie victorieuse et 1ère puissance mondiale... est-ce que craindre que Sultan Galiev joue un rôle là-dedans était rationnel, nous ne saurions dire, mais en tout cas c'est qui a été craint.

        Pour voir plus loin à ce sujet : http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/sur-la-question-de-sultan-galiev-a143816850

      • Mercredi 4 Juillet à 14:32

        Avec le "laïc" Sissi (en réalité musulman croyant et observant), l'Arabie saoudite plus "spectaculaire" dans son islam, mais n'en reconnaissant pas moins Jérusalem comme capitale de l’État sioniste, est l'autre pilier du bloc occidental dans le repartage de la région.

    5
    Mamadou Niang
    Mardi 3 Juillet à 21:23
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