• Municipales - analyse des résultats du second tour


    Hier dimanche 30 mars s'est donc tenu le deuxième tour des élections municipales, dans un peu plus de 6.400 communes sur 36.000.

    L'information principale, qui n'aura échappé à personne, est évidemment la confirmation du "sacre" électoral du Front National de Marine Le Pen. Celui-ci remporte une douzaine de villes importantes ou moyennes [aux résultats définitifs : 10 en comptant Hénin-Beaumont + un secteur de Marseille, "14 à 15 villes de plus de 9.000 habitants" selon Valls mais c’est en comptant des maires d’extrême-droite non-FN comme Jacques et Marie-Claude Bompard] : après Hénin-Beaumont remportée (donc) dès le premier tour dimanche dernier, c'est au tour de Fréjus avec David Rachline (45,5% face à deux listes de droite, la gauche s'était retirée) ; de VillesFNmunicipalesBéziers où Robert Ménard (47%), "sans étiquette", était également soutenu par le RPF de Vanneste (à ne pas confondre avec celui de Pasqua), le MPF de De Villiers et DLR de Dupont-Aignan (fils de militant "Algérie française", il a en outre raflé ce très important capital électoral local, tandis que la liste PS se maintenait contre les consignes de Solférino) ; du 7e secteur de Marseille (150.000 habitants aux portes des fameux "Quartiers Nord", Stéphane Ravier 35%) ; de Beaucaire (Julien Sanchez 40%) ; de Mantes-la-Ville (20.000 habitants aux portes de Mantes-la-Jolie soit exactement la sociologie que nous avions évoquée dans notre précédent article, Cyril Nauth ne fait "que" 30%* mais passe devant les deux listes concurrentes de gauche, qui réunies auraient frôlé les 60%) ; du Pontet (banlieue petite-bourgeoise historiquement à droite d'Avignon, Hébrard 42,6% contre 42,5% au candidat UMP) ; de Villers-Cotterêts (l'heure n'est pas à la plaisanterie mais enfin, ça ne s'invente pas...) et d'autres communes plus petites comme Le Luc ou Cogolin (toutes deux dans le Var, Le Luc fut même un bastion de la résistance démocrate-socialiste au coup d’État bonapartiste de décembre 1851, c'est dire combien le "Var rouge" a bien changé). Des "figures" du Front sont cependant battues comme Louis Aliot à Perpignan (45% contre 55% au candidat UMP), Gilbert Collard à Saint-Gilles (48,5% contre 51,5%, la gauche s'étant retirée) ou Florian Philippot à Forbach (35%, légèrement moins qu'au premier tour, en quadrangulaire).

    Il réunit au total 6,8% des suffrages exprimés (580.000 voix) en étant présent dans quelques 330 communes (sur 6.455 concernées par un second tour) ; contre 0,28% (~ 21.000 voix) au second tour 2008 (présent dans une poignée de communes alors qu'il était au plus bas du creux de la vague, Sarkozy lui ayant ravi depuis 2002 la tête de la mobilisation réactionnaire de masse) et 0,7% (~ 85.000 voix) à celui de 2001 (alors qu'il n'était pas encore totalement relevé de la scission mégrétiste, avant son coup d'éclat de la présidentielle 2002). Il fait même mieux qu'en 1995, où il avait déjà conquis trois villes importantes (Toulon, Marignane et Orange) en étant présent au second tour dans une grosse centaine de communes [un article relativise cependant les résultats actuels en expliquant que le FN n'aurait pas "triomphé" mais serait simplement "revenu" à ses niveaux de 1995 (voir aussi ici et ici) ; mais bon à l'arrivée il y a quand même 12 voire 15 maires au lieu de 3... le FN aurait toutefois fait élire deux petites centaines de conseillers municipaux en moins (1.180 au lieu de 1.363) et la plus grande ville conquise (hors 7e secteur marseillais) est Fréjus (52.000 habitants) contre Toulon (avec ses 170.000 âmes)].

    Nous avons là l'aboutissement logique de quatre choses :

    1°/ 20 voire 30 ans de mobilisation réactionnaire de masse sur les thèmes de l'"immigration", de l'"insécurité" et de l'"assistanat", menée tambour battant par TOUS les grands partis "républicains" bourgeois de droite comme de "gauche". Rappelons-nous (car cela a été confortablement enterré dans l'oubli) que c'est déjà après des années de matraquage médiatique de ce style contre la "gauche plurielle" de Jospin, alors au gouvernement, que Le Pen s'était retrouvé au deuxième tour de la présidentielle en 2002. Alors franchement, de grâce, lorsque l'UMP, le PS et consorts nous appellent à faire "barrage républicain" au grand-méchant-Front et qu'il se trouve des "maoïstes" pour relayer ce genre de conneries sur leur site "matérialiste", il y a vraiment de quoi rigoler (si grave que soit l'heure) !

    2°/ Comme nous l'avions annoncé dès la fin 2009, au sujet du référendum anti-minarets en Suisse ("Le vieux parti d'extrême-droite, après sa tentative de 'draguer les basanés' sous l'influence idéologique d'Alain Soral en 2007, a trouvé là un thème idéal pour aller au choc des régionales en mars prochain. Régionales où le parti joue à quitte ou double : retour en force sur le devant de la scène, ou non-survie programmée à son fondateur et leader historique") ou encore à l'issue des régionales 2010, quatre années de "dé-diabolisation" et d'alignement du Front sur le mainstream islamophobe, "anti-racaille" et identitaire de la mobilisation réactionnaire de masse sous la conduite de Marine Le Pen ; tournant le dos au nationalisme "révolutionnaire", "tiers-mondiste" islamophile et antisémite de la période Soral tout en restant fidèle aux "fondamentaux" eurosceptiques et "anti-libéraux". C'est extrêmement net pour des millions de personnes : "Je n'aurais jamais voté FN avant Marine Le Pen, mais maintenant oui" (ou "je l'envisage").

    3°/ Bientôt deux ans de déception et de trahison par le PS au pouvoir des (pourtant maigres) espoirs de "changement" placés en lui par les masses (même réflexion qu'en 1°).

    4°/ L'absence (pour le moment) de mobilisation RÉVOLUTIONNAIRE de masse suffisamment conséquente pour amener toute cette colère populaire dans la voie de la révolution. Les statistiques démontrent amplement que le vote FN n'est pas tellement le fait de la "précarité" (novlangue pour dire prolétariat) que justement de la peur du déclassement, de devenir précaire. Pour autant, la crainte du déclassement et de la "précarité" pourrait et devrait être un élément mobilisateur pour les forces révolutionnaires ; d'autre part, même si c'est dans des proportions moindres, la "précarité" fournit aussi ses contingents de voix au Front National. Les forces qui en Hexagone disent vouloir la révolution contre le capitalisme sont souvent beaucoup trop "centrales", centrurbaines et petites-bourgeoises, étudiantes ou fonctionnaires, coupées des masses périphérisées qui représentent près des 2/3 de la population.

    Le (n)PCI (c'est dire l'écho international rencontré par ces élections) s'est exprimé sur le sujet, qualifiant le FN de "en substance, le (grand) parti bourgeois (réactionnaire) anti-UE" : "En réalité, en politique intérieure, le FN ne se distingue des partis qui s'alternent au gouvernement de la République française que dans le sens où il prône ouvertement la persécution des immigrants, que les gouvernements de droite comme de 'gauche' (artisans du 'programme commun de la bourgeoisie impérialiste') mettent en œuvre dans la pratique tout en se proclamant les champions des droits humains. Le FN ne s'oppose réellement aux autres forces bourgeoises que parce qu'il se positionne contre l'Union européenne (...) Le FN soutient en effet que le remède à la crise générale du capitalisme (qu'il n'appelle évidemment pas par ce nom) est la sortie de la France de l'euro et de l'UE, le plein rétablissement de la souveraineté de l’État français et la lutte contre l'immigration". Les camarades transalpins (qui savent tout de même un peu ce que fascisme veut dire, avec 23 ans de régime de ce nom entre 1922 et 1945 et un néofascisme loin d'être inactif depuis) se gaussent doucement de nos partis "républicains" qui "battent la grosse caisse contre le succès du FN, comme si le FN était la 'menace (immédiate) pour la démocratie' et pour les résidus de conquêtes sociales des travailleurs, comme s'il était le fascisme en marche".

    C'est certes un peu simpliste (mais compréhensible d'un point de vue étranger) : le phénomène FN obéit aussi à d'autres logiques que le simple débat pro/anti-UE, il s'inscrit dans des traditions réactionnaires spécifiques à l’État français, des considérations d'ordre géopolitique etc. Cela tend à présenter le Front National comme "marginal" et finalement peu crédible dans le "jeu" politique bourgeois hexagonal, alors qu'il est en réalité un paramètre incontournable dans le débat et la plupart des décisions politiques depuis 20 voire 25 ans, que chacun de ses "cartons" électoraux le met quelque part "un peu au pouvoir sans y être" et qu'il s'approche désormais d'une très grande victoire : voir littéralement la vie politique bourgeoise tourner autour de son cas.

    Mais c'est quelque part aussi très vrai (et le "recul" de personnes situées à l'étranger a ici un caractère bénéfique) : la question de l'UE et de l'euro (et la vision plus ou moins "libérale" ou "dirigiste-protectionniste" de l'économie tricolore qu'elle sous-entend, car le FN c'est finalement aussi la fraction ultra-keynésienne de la bourgeoisie depuis que la majorité du gaullisme et de la "gauche" ont abandonné ce rôle) est en dernière analyse le seul vrai clivage entre le FN et l'aile droite Copé-Peltier de l'UMP ; tout le reste (les "valeurs républicaines" blablabli blablabla) n'est que barouf, décorum, pipeau et flûte. Tel est le seul réel motif du "cordon sanitaire" encore maintenu (pour combien de temps ?) par la direction Copé, qui fait semblant de ne pas voir que le FN a au moins autant "lissé" son discours par rapport aux années 1980-90 que la droite "républicaine" l'a fait par rapport à ses ancêtres des années 1970 (lorsqu'il était permis d'appeler à la ratonnade dans un quotidien local à grand tirage, par exemple) et qu’il la 1556346 654509047918605 969630399 omenace désormais, dans le champ politique du "peuple de droite", sur le clivage pro/anti-UE ; de même qu’il menace la gauche sur le terrain de l’intervention de l’État dans l’économie et de la protection sociale, tout en restant résolument hostile à l’"immigrationnisme", au "multiculturalisme islamisant", au "laxisme sécuritaire", à la "dissolution morale" et à la "culture de l’assistanat" supposément représentés par celle-ci.

    Des courants eurosceptiques ou europhobes (sur une ligne généralement social-populiste droitière) existent dans tous les pays européens. Simplement, ils restent relativement faibles dans les pays moins avancés et plus dépendants du continent (Europe du Sud et de l'Est), où la bourgeoisie (petite, moyenne et grande) a très majoritairement tendance à tirer profit de la construction européenne et de la monnaie unique. Même les courants les plus néofascistes, dans ces pays, ne se positionnent par contre l'UE ou en tout cas n'en font pas leur principal fonds de commerce ; en Ukraine, ils se sont même faits de facto ses mercenaires contre la Russie (tout en déplorant, sans doute, le "libéralisme", la "décadence" et le "multiculturalisme" incarnés par Bruxelles). Ils sont également assez faibles dans les grands pays qui sont clairement à la tête (et les grands bénéficiaires) de l'édifice européen et de l'euro ; on pense en particulier à l'Allemagne. Au Royaume-Uni, l'"offre" existe (UKIP, BNP, un certain nombre de chefs de file conservateurs) mais la "demande" est plus faible, puisque l’État britannique n'a pas l'euro et bénéficie déjà largement d'une "Europe à la carte". En revanche, dans un certain nombre d’États comme la France, les Pays-Bas etc., il est logique qu'existe un fort courant de la bourgeoisie s'estimant "grugé" et considérant que dans la crise générale actuelle l'Europe est le "problème" ou en tout cas un facteur aggravant ; courant s'opposant à ceux qui voient au contraire dans une "Europe forte sur la scène internationale" la "solution" aux problèmes. Dans une très large mesure, le vrai clivage entre le FN et les partis "républicains" (en particulier la droite "décomplexée") n'est-il pas là ? Il est permis de le penser.

    Quoi qu'il en soit, nous l'avons dit et le répétons : céder un pouce de terrain aux appels de "front républicain" ou "démocratique" ou tout ce que l'on voudra avec les partis bourgeois (UMP, UDI, PS) contre le FN, sous quelque enrobage "marxiste" que ce soit comme viennent de le faire de bien connus pseudo-"maoïstes", est EXACTEMENT l'erreur que la fascisation rampante, si elle "pensait", attendrait de nous.

    Le fascisme, en "France" encore moins qu'ailleurs, ne naît pas d'un parti s'affichant ouvertement comme LE parti fasciste : il naît d'une situation. Depuis plus de 30 ans et encore plus depuis 2008, la situation ne cesse d'y tendre ; reste à savoir quel sera l’événement qui, "crise nationale" sans précédent, verra l'instauration d'un régime fasciste ouvert (et non plus rampant). Et qui, de "l'offre" politique actuelle, en sera le chef de file, "l'homme" (ou la femme) "providentiel(le)". Car en 1940, qui a pris la tête du gouvernement de la "Révolution nationale" ? La Rocque ? Taittinger ? Doriot ? Maurras ? NON. Ce fut le "débonnaire" maréchal Philippe Pétain, "héros"-boucher "national" dont on pouvait supposer que, militaire, il avait le cœur plutôt à droite, et Pierre Laval, ancien Président du Conseil plutôt classable, dans la décennie précédente, au centre-centre-gauche ou au centre-centre-droit selon les points de vue. Et sur bien des aspects, le régime se présenta alors en "rempart" et "dernier recours" contre le "vrai" extrémisme de droite (dans lequel on pouvait inclure, dans un certain sens, l'occupant nazi). On a vu ce que cela a donné... Aujourd'hui, quand bien même le FN aurait remporté 30 ou 50 mairies, nous ne serions pas dans une situation comparable en gravité avec l'occupation nazie de 1940, et d'ailleurs la probabilité qu'une telle situation se reproduise un jour est infime ; mais quelque part, toute proportion gardée, la flamme tricolore du Front ne joue-t-elle pas un peu le même rôle de PRÉTEXTE que la croix gammée de l'envahisseur à l'époque, pour permettre au prurit réactionnaire qui démange nos politiciens de droite comme de "gauche" de se "lâcher" en toute bonne conscience ? Voilà qui devrait faire réfléchir les "maoïstes" qui aujourd'hui se rangent joyeusement derrière Manuel(-Pierre) (La)Valls, guère plus à gauche aujourd'hui que son "illustre" prédécesseur il y a 80 ans (et apparaissant en outre de plus en plus comme le "recours" d'un PS en faillite, ça promet !**), face aux grands méchants Dieudonné, Marine Le Pen et autres "Jour de Colère". Un opportunisme à des années-lumière de Mao et qu'aurait même sans doute rejeté le triste sire Thorez, qu'ils font pourtant mine de critiquer dans une série d'articles !

    Nous avons évoqué plus haut cet article qui affirme que le FN ne triomphe pas, mais "revient" simplement à ses niveaux des années 1990 (voir aussi ici et ici). C'est certes très exagéré : le FN était présent au second tour dans trois fois plus de communes qu'en 1995, recueille (du coup, mathématiquement) beaucoup plus de voix, ce qui donne du jamais-vu à des municipales, et gagne 12 fauteuils de maire (en comptant Ménard, + 3 Ligue du Sud dans le Vaucluse) au lieu de trois. Cependant, là où il y a une part de vrai, c'est que si l'on observe une séquence longue depuis plus de 30 ans (les municipales de 1983, notamment, voyaient l'entrée du FN dans le jeu politique avec le "coup d'éclat" de Dreux), on  voit comme une alternance de cycles : forte poussée du Front National, puis, comme une phase de digestion-assimilation par la classe politique bourgeoise "républicaine" du venin instillé par celui-ci, qui pendant ce temps-là stagne voire régresse (très nettement sous le sarkozysme de 2002 à 2010). L'avenir nous dira (de manière sinistre soyons-en sûrs) comment la "bonne vieille" bourgeoisie "républicaine" va "digérer" cette "vague bleu Marine" qui s'est abattue sur les municipales... Mais en attendant, les cris d'orfraie "républicains" de gens qui tiennent encore (et mettront encore en coupe réglée) 36.000 municipalités moins 15 doivent clairement et fermement être renvoyés à la sinistre hypocrisie qu'ils sont !

    Selon nous, nous l'avons déjà dit et le redirons ici clairement, le discours le plus dangereux qui se développe en ce moment n'est pas "j'en ai marre de tous ces cons, je vote FN" mais, chez des gens accordant plutôt leurs suffrages à l'UMP, "en quoi est-il plus abominable de nous (l'UMP) allier avec le FN que les socialistes avec les communistes ("aux 100 millions de victimes" rajouteront-ils généralement) ?"... discours que l'on entend ou lit de plus en plus fréquemment sur le Net et dans la vie de tous les jours. Tel est le véritable grincement des portes du pouvoir s'ouvrant devant le Front. Le FN n'arrivera jamais au pouvoir si on ne lui en ouvre pas les portes, c'est aussi simple que cela... et les portes en question ne s'ouvrent que de l'intérieur !

    Pour le reste (voir les résultats complets enfin publiés sur Wikipédia) :

    carte rsultats municipales 2014- C'est évidemment, "vote sanction" oblige, un triomphe pour la droite dite "républicaine" qui remporte près de 46% des suffrages contre 40% à la gauche, et gagne sur celle-ci quelques 155 villes de plus de 9.000 habitants (10 de plus de 100.000, parmi lesquelles Toulouse). Parmi les cas les plus emblématiques, Quimper perdue par Bernard Poignant, très proche conseiller de Hollande ("effet Bonnets rouges" ?), Pau qui passe à François Bayrou (ce qui relancera peut-être pour un temps sa carrière politique) après avoir été dirigée par le PS depuis 1971, ou encore Limoges, toujours restée à gauche depuis... 1912, plus d'un siècle !

    Voilà qui confirme ce que nous disions au lendemain du premier tour : le FN "cartonne" et "cocoricotte", les "républicains" poussent des cris d'orfraie (alors que le FN "cartonne" justement parce qu'il a adopté un discours plus "républicain")... mais à l'arrivée, sur le global, à qui profite le crime ? Il suffit de regarder la couleur dominante de la carte ci-dessus. Une bonne illustration de cela est offerte par la ville d'Aubagne près de Marseille, bastion PCF depuis 1965. Pour bien connaître l'endroit, nous pouvons vous assurer que la sympathie lepéniste y dépasse largement les quelques milliers de personnes, dans une ambiance de Deep South américain où la gauche est le "parti des Arabes, des syndicalistes et des assistés" basés dans les quartiers populaires en direction de Marseille tandis que les "bons Français travailleurs", vivant plutôt dans les zones semi-rurales en direction d'Aix, n'ont pas coutume de garder leurs idées droito-FN dans leurs poches. La droite y a remporté la mairie par 47,5% (plus de 10.000 voix) avec une participation en hausse de 2.400 votant-e-s et... un FN qui recule de plus de 1.500 voix (de 4.151 à 2.629, passant de 20,6% à 11,6%). L'électorat lepéniste semble donc manifestement avoir "voté utile" malgré le maintien de sa candidate, s'ajoutant aux logiques reports de la liste centriste UDI (qui avait fusionné avec celle de l'UMP) pour permettre à la droite de battre la gauche (nettement en tête au premier tour avec 7.500 voix et 37,3%) et mettre ainsi fin à près d'un demi-siècle de "socialo-communisme". On voit donc bien, dans ce cas d'école, à qui profite le cas échéant le "vote utile" des partisans "anti-système" de Marine Le Pen.

    Intéressant aussi : en 2008, alors qu'on avait parlé de "vague rose", le même ensemble de forces droite + centristes + Modem avait recueilli 49,3% des voix soit 3% de plus que cette année ; la gauche (sauf "extrême-gauche") en avait il est vrai recueilli 48,3% (8% de plus) et le FN et l'extrême-droite, comme on l'a dit, presque rien (0,33%, 25.000 voix, présents pratiquement nulle part au second tour)... Encore une fois, vive la "légende urbaine" comme quoi la montée du FN fait "gagner la gauche" !

    Le PS conserve ses bastions des grandes "métropoles mondialisées" à bobos, étudiants, fonctionnaires et cadres tertiaires : Paris, Lyon, Nantes, Lille ; comme la droite conserve les siens à Bordeaux (Juppé dès le premier tour) et Marseille. Il gagne sur la droite Avignon… et Lourdes, lieu décidément idéal pour ce qui relève du miracle. Seule Grenoble semble comme dans une autre dimension, à contre-courant de l'histoire, perdue par le PS... au profit de sa gauche : une alliance EELV-FdG. Il faut dire que, à une centaine de kilomètres de Lyon, la capitale des Alpes est la "métropole mondialisée" par excellence, avec son immense campus universitaire et son économie très tournée vers les nouvelles technologies. Révélateur du niveau de déroute idéologique (concept d'hégémonie) de la gauche bourgeoise dans ce pays, la question du "front républicain" (désistement, en cas de triangulaire avec risque de victoire FN, au profit du mieux placé pour battre ce dernier) : systématiquement appliqué par les listes PS et de gauche (à quelques exceptions près comme Béziers), il a été tout aussi systématiquement rejeté par l'UMP et les divers droite, qui se sont maintenus partout.

    - L'abstention, avec 36-37% [chiffres définitifs : 37,87% !!], confirme la tendance du premier tour. Les bulletins blancs ou nuls se montent à 3,57% des "votants" contre 3,1% en 2008 et 3,56% en 2001. Désormais, en ajoutant les non-inscrits sur les listes, le corps électoral se réduit sans doute à à peine un peu plus de 50% de la population majeure.

    - En dehors de quelques listes Front de Gauche, la "gauche radicale" était rayée de la carte électorale dès le premier tour. Sur les 40,68% du total des gauches, on relève 0,71% (60.000 voix) pour les listes étiquetées Front de Gauche, 0,78% (un peu moins de 67.000 voix) pour les listes PC seul et 0,13% (11.000 voix) pour les listes PG. L'"extrême-gauche" proprement dite (à la gauche du Front de Gauche), qui n'était plus présente que dans une poignée de communes, recueille 4.500 voix soit 0,05%. À Metz, la liste "Basta!" comprenant "des anticapitalistes, des écologistes et des anarchistes" avait été éliminée dès le premier tour avec 3,3% (1.154 voix), comme la quasi-totalité des listes NPA, LO etc. (parfois voire souvent avec des résultats bien moindres). Le PC garde quelques places-fortes comme Saint-Denis (d'un cheveu contre le PS) ou Nanterre (dès le premier tour) et reconquiert (en union de la gauche) Montreuil (écologiste depuis 2008) en région parisienne, Arles (Schiavetti) et Martigues (Charroux) en Provence, Dieppe en Normandie, Échirolles près de Grenoble ou Vénissieux (du très sécuritaire et islamophobe André Gerin, remplacé depuis 2009 par sa dauphine Michèle Picard) près de Lyon. C'est à peu près tout... Il perd (après 95 ans !) de 862 voix et avec 50% d'abstention le bastion historique de Bobigny ; où de nombreux-ses colonisé-e-s intérieur-e-s ont exprimé leur ras-le-bol de la gauche paternaliste-clientéliste en se tournant vers la liste UDI "ouverte à la diversité" de Stéphane De Paoli.

    - Concernant les listes de gauche indépendantiste ou autonomiste progressistes, à Saint-Herblain la liste de Primaël Petit qui s'était maintenue recueille 7,67% et un élu, soit seulement 1.200 voix contre plus de 1.500 au premier tour (avec une participation en très légère hausse de 200 suffrages exprimés) : un phénomène de vote utile semble malheureusement avoir frappé. Au Pays Basque*** les listes abertzale progressistes (ligne social-démocrate et écologiste) avaient eu des comportements variés entre les deux tours, certaines fusionnant contre strapontins avec la gauche bourgeoise PS-et-compagnie, comme à Ciboure ; d'autres se maintenant au contraire, fusionnant éventuellement avec la "gauche de la gauche" comme la liste de Jean-Claude Iriart avec la liste FdG-sans-PC à Bayonne, à la grande colère de l'ultra-jacobin Mélenchon (la direction PG avait refusé l'investiture à la liste). Résultat des courses : 9,4% et deux élus, 1.574 voix soit 1.000 de moins que le total Iriart + FdG au premier tour (alors que la participation augmentait de plus de 800 suffrages exprimés), un peu décevant donc... Après plus d'un demi-siècle de radicalisme valoisien (dynastie Grenet), la ville reste donc aux mains de la droite modérée (UDI, liste sur laquelle s’étaient incrustés quelques représentants ipar du PNV) avec Jean-René Etchegaray, qui bat son adversaire socialiste Henri Etcheto (connu apparemment comme pro-LGV, plutôt anti-euskara et jacobin) de... 26 voix ; ce que bien sûr tous les électoralistes (et crypto-jacobins) "de gauche" ne manqueront pas de reprocher à Iriart et ses colistiers du Front de Gauche qui l'avaient rejoint (comme si une gestion PS allait être fondamentalement différente d’une gestion ultra-centriste UDI, qui dans le "Sud-Ouest" partage le même fond rad'-soc' voire démocrate-chrétien). Ailleurs (et beaucoup plus loin de ces enjeux politicards), dans l'arrière-pays, ce sont des scores honorables qui ont été réalisés et même des mairies remportées dès le premier tour comme à ("Saint-Étienne de") Baigorri (1.600 habitants), face aux listes du caciquat local "républicain" bleu-blanc-rouge (généralement UMP ou apparenté, piloté depuis la côte par le clan Alliot-Marie de Lohizune/"Saint-Jean-de-Luz", le clan Borotra de Biarritz pilotant quant à lui les courants plus centristes - cela dit, le frère jumeau basé en région parisienne est nettement plus marqué à droite, et l'oncle décédé en 1994 était quant à lui un ancien Croix-de-Feu et vichyste "modéré"). À Ustaritz, la liste "à forte coloration abertzale" de Bruno Carrère (abertzale lui-même) remporte le scrutin avec 45,6% soit 1.624 voix, en progression de 321 bulletins par rapport au premier tour (participation en hausse de 103 votants). Il devient le premier maire abertzale d'une commune de cette taille.

    541474-le-dirigeant-du-parti-inseme-per-a-corsica-ensemble-Au-delà des scores et des manœuvres électoralistes d'entre-deux-tours des uns et des autres, nous tenons à souligner encore une fois notre vision positive de cette progression de l'abertzalisme progressiste, constituant un terreau favorable pour la lutte de libération révolutionnaire du peuple (LRP) proprement dite.

    En Corse, les nationalistes de Gilles Simeoni (fils d'un "père fondateur" du mouvement de libération nationale dans les années 1960-70) remportent une victoire absolument historique à Bastia, deuxième ville de l'île (42.000 habitants), aux mains du clan (rad'-soc') Zuccarelli depuis 1968. Un nationalisme se voulant "rassembleur", volontairement inclassable à droite ou à gauche (se caractérisant en revanche par son rejet de l'action armée ; des graffitis et même des bulletins de vote nuls "FLNC" ont d'ailleurs égayé les bureaux de vote de la ville) et dont il est par conséquent impossible de dire quelle politique il mènera ces 6 années qui viennent ; mais dont le succès dans les urnes montre une claire volonté populaire d'"en finir avec la France"... Volonté déjà largement démontrée par de multiples (1 - 2) manifestations et résultats électoraux ces dernières années.

    - Enfin à Hénin-Beaumont, où il n'était plus question de voter mais de "sacrer" le nouveau maire FN Steeve Briois, s'est déroulée une scène hallucinante : en l'absence des élus d'opposition (qui boycottaient la séance), un cordon de CRS interdisait l'accès de la mairie... à toute personne n'ayant pas sa carte de militant FN ! Certes, il faut tenir compte du fait que cette affaire a pu être montée en épingle par une presse locale et nationale encore largement acquise aux partis "républicains" européistes qui n'apprécient guère le Front National (même "relooké") ; et que des pratiques antidémocratiques similaires ont déjà eu lieu ailleurs, y compris dans des municipalités "de gauche" : dans 90% des communes, le maire est souvent par définition l'homme à ne pas défier, transformant allégrement la police "républicaine" en sa garde privée. Mais enfin, cela donne une petite idée des pratiques du FN une fois au pouvoir. Un maire FN d'un côté... et de l'autre une préfecture "républicaine" qui lui fournit sans rechigner ces "forces de l'ordre", ce qui renvoie encore une fois (cf. plus haut) à la grosse rigolade que nous inspire l'idée de "front antifasciste" avec la bourgeoisie "républicaine", UMP comme PS.


    hénin-beaumont cordon CRS

     

    * C'est un très gros (et très antidémocratique) problème des municipales : la "prime" au "premier arrivé premier servi", qui obtient 50% des sièges + une représentation proportionnelle sur les 50% restants. Ainsi, avec seulement 30% des votants (et même pire : 17% seulement des inscrits) le FN de Cyril Nauth aura les deux tiers des sièges au conseil municipal (22 sur 33), alors que près de 58% des votants ont voté à gauche... Comme on peut le voir sur la carte, hormis à Bollène (Marie-Claude Bompard) et Cogolin l'extrême-droite n'a gagné aucune ville avec plus de 50% des suffrages, mais disposera des deux tiers ou des trois quarts des élus.

    ** C'est chose faite : Manuel Valls vient d'être nommé Ministre de l'Intérieur par Hollande. C'est bien sûr l'occasion pour les "materialistes.com" de se fendre d'un article quasi-hagiographique le défendant bec et ongle contre les affreux anarchistes (et "anarcho-maoïstes") qui dénoncent la répression, avec leurs discours "délirants" et "populistes" reflétant une "vision du monde profondément petite-bourgeoise" ; ce que les mêmes "matérialistes" "maoïstes" ont déjà fait pendant 5 ans sous Sarkozy. En crevant des yeux à Nantes ou en interdisant une manif anti-impérialiste JAMAIS INTERDITE sous Sarkozy, en expulsant 36.000 prolétaires étrangers en 2012 et 27.000 en 2013 etc., ce brave Manuel n'a fait que son boulot ("Quant à sa fonction de Ministre de l'Intérieur, il l'a assumé comme le font tous les Ministres de l'Intérieur d'un État bourgeois") voyez-vous ! Tout ce qui importe de leur point de vue "antifasciste" c'est que Valls fasse taire (enfin, façon de parler) le sinistre bouffon antisémite Dieudonné (quitte en effet à se rendre impopulaire, vu qu'à droite comme à gauche on considère cela pour ce que c'est : une pure diversion ; mais pour le 'p''c''mlm' l'imbécilité politique d'une "gauche" bourgeoise en perdition devient courage antifasciste), et qu'il joue (mollement) de la matraque contre les "Manifs pour tous" et autres "Jour de Colère" de l'ultra-droite ; pendant que les Zemmour et compagnie se répandent tranquillement sur toutes les télés et les radios et que les colonnes du Figaro, du Point ou de Valeurs Actuelles débordent de tribunes alliant dénonciation du "déclin de la France" (à cause de tous ces "glandeurs", feignasses et autres "assistés"), de la "catastrophe économique et sociale" annoncée et (en corrélation bien sûr)... de la "halalisation de quartiers entiers". Si l'on part du principe que Georges Ibrahim Abdallah a commis un ignoble pogrom suintant-l'antisémitisme-de-toute-part en abattant le sioniste Barsimantov en 1982, et qu'il a eu Jacques Vergès pour avocat jusqu'à la mort de celui-ci, ils vont bientôt nous dire que c'est par "antifascisme" que Valls le maintient en prison alors qu'il allait (enfin) être libéré l'année dernière après 29 ans de cachot ! Ce n'est qu'en avant-dernier paragraphe qu'ils daignent reconnaître que "en plus d'être un partisan du capitalisme libéral-social, Manuel Valls participe à l'esprit de réaction, à l'idéologie de l'État policier, au culte du chef, à l'idéologie du recours, typique de la Ve république"... ouf, rien que ça !
    Le 'p''c''mlm', avec le "cas Valls", a fini par définitivement dévoiler sa réelle affinité idéologique : une gauche de droite à la fois républicarde et social-libérale, cette gauche "mendésiste" que dit regretter un Alain Finkielkraut ; le même style de gauche "républicaine" de droite qui en 1940 donnera à Vichy ses Laval, ses Bousquet et ses Papon !

    *** Le même camarade nous envoie cette fois encore les informations suivantes :

    Officiellement, les accords avec le PS étaient pour virer les pourris droitistes locaux, et quelques revendications culturelles, sur les autre sujets "les abertzale seraient dans l'opposition"...
    Ça n'a marché qu'à Hendaia (où il y avait promesse du PS pour la nouvelle ikastola) :
    http://www.enbata.info/articles/comprendre/a-hendaye-kotte-ecenaro-retrouve-la-mairie/

    c'est un échec à Urruña, où c'était le PS qui s'alliait aux abertzale, contre la bourgeoise aristocrate Odile De Coral : http://www.enbata.info/articles/odile-de-coral-reelue-a-urrugne

    échec à Ziburu contre le pourri Guy Poulou, et à Ahetze aussi.

    Il y a la belle victoire à Uztaritze, dégageant le pourri Lesbats, qui s'est pris une raclée dans les deux tours :
    http://www.enbata.info/articles/premier-maire-abertzale-dune-commune-de-plus-de-6-000-habitants

    Les abertzale se maintenaient sans fusionner aussi à :
    Azkaine/Ascain : 18,02 %
    Arbona : perdu à 617 voix contre 648
    Senpere/Saint-Pée sur Nivelle : 12,01 %
    Arrangoitze/Arcangues : 27,43 %
    Zuraide/Souraïde : 21,46 %
    Donapaleu/St Palais : 11,6 %

    Il y a 11 maires abertzale de villages de moins de 1000 habitants en Baxe-Nafarroa et Xiberoa (une). La "liste ouverte aux abertzale" à Baigorri. Une ou deux villes de plus de 1000 habitants en Lapurdi, plus Uztaritze donc.

    Sinon, à Biarritz il y a des "abertzale" avec le nouveau maire Modem Veunac, comme il y en avait chez Borotra, notamment le vieux pourri Jakes Abeberri, directeur de publication d'Enbata...
    A Angelu/Anglet l'ultra-jacobin Jean Espilondo s'est pris une veste au profit de l'UMP Olive.

    Au final on relève 18 maires classables "abertzale" :
    Bruno Carrère : Uztaritze
    Alain Iriart : Hiriburu ("Saint-Pierre d'Irube")
    Pierre Guillemotonia : Lehuntze
    Jean-Michel Coscarat : Baigorri
    Arño Gastambide : Aiherra
    Jean-Michel Galant : Azkarate
    Jean-Claude Ibargarai : Lakarra
    Joseph Goiheneix : Lekunberri
    Xebastian Ihidoi : Mendibe
    Christine Erdozainzi : Arantsusi
    Daniel Olzomendi : Izura
    René Etxemendi : Suhuskune
    Michel Ernaga : Urepele
    Mizel Oçafrain : Banka
    Lucien Betbeder : Lekorne
    Chantal Erguy : Aiziritze
    Jean-Jacques Prebende : Gabadi
    Léonie Agergaray : Muskildi

    Carrère : Uztaritze
    Alain Iriart : Hiriburu
    Pierre Guillemotonia : Lehuntze
    Jean-Michel Coscarat : Baigorri
    Arño Gastambide : Aiherra
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