• Mouvement du 17 novembre : quelques réflexions et débats, en vrac


    [Lorsqu'une question n'est pas simple, vive le débat sain et constructif, franc et ouvert pour avancer ensemble vers la juste approche ! (en "normal" le "pour", en italique le "contre")]

    "C'est peut-être parce qu'on peut bien être de droite et même d'extrême-droite, et pour autant que quand tu vis dans une cambrousse paumée et mal desservie, le choix c'est "prendre la voiture ou manger"... https://www.mediapart.fr/.../dans-l-orne-pour-certains...

    J'ai envie de dire qu'à un moment donné, si on ne raisonne pas par cause : est-ce que la cause, ce qui est revendiqué, est juste ou pas (pas question pour moi, par exemple, d'aller manifester pour "les immigrés dehors", "la peine de mort pour la racaille" ou même pour l'union sacrée Charlie anti-terroriste-islamiiiiiste et ce, même avec des gens "de gauche" !!) ; mais uniquement en termes que ce soit soutenu et organisé par des gens d'accord avec nous (de ces 5 ou maximum 10% d'accord avec nous qu'il y a dans la population), la question qui se pose est : c'est quand qu'on s'étend ? C'est quand qu'on conquiert des positions, même petites dans un premier temps, d'hégémonie ?"

    "Oui mais dans ces cas là, faut dire aussi que Ruffin se joint a la mobilisation, que la CGT sur certaines régions-villes également, qu'il y a énormément de gens qui votent a gauche qui se joignent à ce truc, qu'il y a des personnes lambda pas fachos qui se mobilisent tout simplement....

    Penser que ce mouvement est majoritairement constitué de fachos et de réacs est une erreur je pense.

    Les révoltes dites des "jacqueries" en Occitània étaient sur des mots d'ordre fiscaux au passage.

    Pourquoi la "gauche" devrait délaisser cette grogne à l'extrême-droite ou à la droite dure ? Sachant que la grogne est légitime.

    Depuis 2-3 semaines beaucoup d'orga et d'individus posent la complexité de cette mobilisation, en se questionnant sur la prise de position à avoir et je crois que ça révèle pas mal de choses."

     "Très majoritairement les syndicats se désolidarisent et c'est bien normal ! On est pas dans la stratégie politique là.

    Et oui y aura pas que des fachos et on le dit depuis le départ. Mais par contre, le cœur de la mobilisation est sur la base même de l'extrême droite, du populisme interclassiste qui n'abolira jamais la disparité économique, et qui au contraire pourra l'accentuer. C'est le terreau fertile pour laisser ceux qui ont les pratiques de subordination. Il faut être patient, attendre la suite, car les contradictions émergeront toutes seules. Les intérêts de classe se confrontent naturellement, et c'est là où un vrai boulot sera à faire. Car si ce truc en est là, c'est bien par l'appui médiatique, qui n'a de cesse de descendre les mouvements sociaux. L'ennemi de classe est à la manœuvre, même si y a un risque de débordement. 

    Pour répondre à XXX, je pense pas qu'on pourra avancer des positions socialistes dans ce fourre tout. Il sera bien temps d'être là après, et en force ! Et très vite aussi. C'est aux confédérations syndicales de se bouger aussi."

    "Parce que ce n'est pas tout le temps le cas et partout ? On ne vit pas 24 heures sur 24 dans une société où il n'est pas évident d'avancer des positions anticapitalistes, une société dirigée par la droite via les médias ?

    C'est sûr que dans une manif où ne viennent que des gens de gauche, où on se retrouve l'espace d'une demi journée à 10.000 camarades ou semi-camarades concentrés, là il n'y a pas de problème, on peut parler de tout avec tout le monde dans cette petite société temporaire de 10.000 personnes.

    Mais pas avec des gens qui ne sont pas déjà convaincus, par un minimum de dénominateur commun qu'on appellera de gauche. La journée d'action bientôt s'achève et on revient à la vraie vie qui n'est pas ça.

    Je comprends d'autant moins la position de certains syndicalistes d'entreprise, que eux pourtant ils connaissent ça, prêcher au quotidien à des gens pas forcément convaincus...

    Donc pourquoi ne pas voir cette journée comme l'équivalent de débarquer, comme nouveau salarié et militant syndical, dans une entreprise où il y a des gens de toute opinion politique, des gens qui votent FN, des libéraux même, du moment qu'ils pensent avoir leur augmentation, des je-m'en-foutistes, des résignés convaincus que ça sert à rien de lutter et que ça changera rien, bref un échantillon de la société exactement comme il y aura le 17 novembre ?"

    "Il n'y aura jamais aucun mouvement populaire spontané pur, ça n'existe pas. Engels disait qu'on ne fait pas la révolution avec des anges mais avec les hommes de la vieille société (qui sont des démons). Le rôle d'un révolutionnaire c'est d'orienter le mouvement vers une ligne rouge et pas fasciste. Sans la bagnole les masses peuvent pas bouffer, les classes populaires sont dans les périphéries des villes, doivent prendre la voiture, je ne parle même pas des populations rurales. Le prix de l'essence c'est 60% d'impôt et l'impôt c'est du vol en système capitaliste. Et le vrais CŒUR de l'affaire c'est la crise du système impérialiste qui ruine l'état et donc augmente le poids sur les masses. 80% des gens soutiennent donc soit les gens sont cons, soit la gauche est sacrément à la ramasse. Pour moi les masses font l'histoire donc c'est tout vu."

    "La gauche est à la ramasse, c'est sûr et certain, et depuis un sacré moment.

    Mais qu'est-ce qui fait que la sauce prend ? Et est-ce qu'on doit s'associer à une démarche, même populaire, si elle favorise un contre sens aux luttes qu'on mène ?

    Je reste persuadé que les intérêts de classe scinderont le mouvement à un moment ou à un autre. Mais je suis tout autant persuadé que se mêler à ça sera contre productif si on espère avoir une chance de gagner en puissance par la suite."

    "Il faut s'y joindre et surtout l'orienter vers le bon côté sinon spontanément ça va vers la droite, c'est évident dans une société dominée par le capitalisme. Il y a des contradictions de fou dans le peuple, principalement dans les classes les plus dominés (patriarcat, religion, tendance au soutien réac etc.) donc notre taf c'est d'accepter ça et de le transformer. Si les gens étaient spontanément révolutionnaire pourquoi il y aurait des révolutionnaires ? Sinon ce mouvement n'est qu'un mouvement donc il va se finir, mais aura t'on gagné des gens à la révolution ou laisser l'extrême droite capitaliser cette JUSTE (je tiens à la redire) colère des masses."

    "La colère peut être juste et l'expression de la colère moins. Oui il faut en être, s'y mêler, totalement d'accord. Mais pas en manifestant avec, pas en s'associant à cette mascarade. Si spontanément ça gueule, il fait aussi spontanément se mettre à réfléchir sur l'orientation à y donner et jouer la carte de la stratégie, organiser des débats etc. On coupera pas l'herbe sous le pied à l'extrême droite et au patronat en leur donnant du poids.

    Un mouvement aussi relayé par la bourgeoisie pose des pions de propagande dans la mobilisation ! Le prolo est impacté par les taxes et le coût de la vie, mais c'est le patronat, les sociétés de transport, tout simplement ceux et celles qui utilisent du carburant, qui ont tout intérêt à s'appuyer sur la grogne pour obtenir des avantages ! Et un samedi, c'est aussi un curseur de l'orientation politique !

    Si ça continue, là je me bougerais pour aller bosser sur des revendications de fond, j'irais appuyer vu que clairement, la stratégie sera d'impacter sur la production. Mais un samedi, le message est clair !

    Par contre sur ton regard sur l'impérialisme, je ne peux que te rejoindre."

    "Il faut y aller organiser dans ces trucs et aider à organiser et l'orienter dans le bon sens. C'est comme ça que se bâtit la révolution pas autrement. Vue la réaction du gouvernement je pense que c'est pas tant l'ami du patronat ce type de truc. Bloquer les flux c'est l'angoisse majeure du capitalisme actuel, c'est d'ailleurs pour ça que les syndicats n'utilisent pas ça comme principale arme d'action. C'est toujours les masses qui poussent vers ça car elles voient bien que les manifs ou grèves sont inopérantes.

    Tout le monde utilise le carburant : 88% des marchandises sont convoyées par camion ! Donc le prix de la bouffe et de TOUT est impacté. Qu'une partie du patronat s'appuie sur ça c'est normal, par contre il faut que nous aussi on s'y appuie parce que les mecs qui manifestent c'est pas des patrons."

    "Ce qui est fondamental c'est vraiment la rupture avec la "scène" telle qu'elle existe : les orgas qui sont des sections syndicales (pour qui j'ai le plus grand respect par ailleurs) proclamées orgas, ou des black blocs totos éventuellement peints en rouge, sans parler des cercles de discussion postmos. Il faut revenir au peuple, auX peupleS au pluriel, aux beaufs et aux barbares, sortir de l'enfer de l'entre soi militant."

    "Oui, l'extrême-gauche blanche reste foncièrement réfractaire aux beaufs. À qui elle est normalement sensée s'adresser."

    => "Complètement. On l'a déjà vu avec les Bonnets rouges en 2013. Ces gens vivent dans leur monde, dans l'entre soi et ne se rendent même pas compte qu'ils abandonnent "le peuple" dont il se réclament et que celui-ci ira trouver les réponses là où il les trouve c'est à dire au FN pour les Blancs, ou chez Soral ou dans le "communautariiiiiisme" tant décrié pour les non-Blancs. [sans parler de toutes les municipalités de banlieue parisienne passées "étonnamment" à la droite de type UDI en 2014...]

    Ils ne savent même plus qu'il existe un monde à plus de 10 km de leurs campus où ils viennent en trottinette ou en vélo urbain. Un monde où si t'as pas de bagnole tu fais rien, tu crèves de faim même tout simplement, puisque les foyers ne sont plus autosuffisants potager-poulailler comme avant et le Super U est à 15 km. Donc je veux bien qu'il faille à brève échéance sortir du pétrole, mais on propose quoi aux gens, comme alternative ?"

    Petite "biblio" :

    https://www.rtl.fr/actu/debats-societe/17-novembre-les-renseignements-ont-identifie-les-initiateurs-des-gilets-jaunes-7795592198

    https://rmc.bfmtv.com/emission/17-novembre-certains-syndicalistes-rejoignent-discretement-le-rang-des-gilets-jaunes-1566269.html

    https://journal.lutte-ouvriere.org/2018/11/14/17-novembre-ne-pas-laisser-le-terrain-lextreme-droite_114932.html

    https://www.ensemble-fdg.org/content/prix-de-lessence-taxes-et-impots-faire-reculer-emmanuel-macron

    https://lecourrier.ch/2018/11/13/gilets-et-rires-jaunes/ : "Ce qui est présenté comme une taxe écologique n’est en fait qu’un transfert de la fiscalité des riches sur les pauvres. Elle pèsera cinq fois plus sur les revenus des 10% des ménages les plus modestes que sur les 10% les plus nantis. En d’autres mots, il s’agit de reprendre dans la poche des automobilistes ce qui a été donné aux plus riches via la suppression de l’ISF."

    https://rouendanslarue.net/gilets-jaunes-en-voiture-notes-sur-le-17-novembre/

    Un superbe texte :

    https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=10155665507661960&id=702736959

    "Pour Gaby, mon gilet jaune

    J'avais un oncle il s'appelait Gaby. Je l'aimais bien. Il était gazier. J'étais gauchiste. Il avait un grand poster de JM Le Pen dans son garage. On buvait des bières en réparant des bagnoles. Passons. Des années plus tard, j'avais fait un grand papier dans Libé pour expliquer comment le FN et Le Pen arrivaient à monter la tête de types bien comme Gaby. Deux pages. July (Serge) le patron m'avait félicité genre : « Enfin un journaliste qui ne les prend pas avec des pincettes ». Pourquoi je parle de Gaby et pourquoi je pense à lui en ce moment ? À cause des gilets jaunes. Gaby bossait à Gaz de France (son cousin, mon pater, bossait à EDF). Ils bossaient 7 jours sur 7 sans trop compter. Il y avait les lignes à réparer, les tuyaux à aligner. La chaleur des pauvres à assurer. Ils étaient fonctionnaires. On partait en vacances dans les tentes bleues de la CCAS. Passons. 

    Pourquoi j'en viens à évoquer ce passé vermoulu ? Le gilet jaune… L'injustice fiscale. La plupart des éditorialistes et des politiques n'y comprennent que dalle à cette colère. Emmanuel Macron et son armée de républicains en marche ont compris eux. Et ils commencent à flipper. À passer des consignes. À jouer de la carotte et du bâton. Vu d'ici, c'est pitoyable. Je ne sais pas ce qu'il adviendra de ce mouvement basique et populaire, si la stratégie du pouvoir va fonctionner, mais cette colère n'a rien à voir avec le réchauffement climatique et très peu avec le diesel. Les gens à l'origine du gilet jaune le disent depuis le début. Ils en ont assez d'être pris pour des pigeons, des vaches à traire, des décérébrés du bulbe, des sans honneur. Ils veulent se révolter. Il se révoltent. Gaby bossait à Gaz de France donc. Il y a usé sa santé. Il est parti en retraite sans se douter qu'on allait vendre Gaz de France à Suez en 2007. Quand je dis vendre, je déconne. Offrir serait plus adéquat. Une histoire de prédateurs et d'hommes politiques très compromis. Sarkozy, Hollande Villepin, Royal, Coppé, Longuet… Tous vont œuvrer avec des responsabilités diverses à cette prédation consentie. Je ne vais pas développer ici (lisez notre livre, « les prédateurs » en vente partout). 

    Tonton Gaby casse sa pipe. GDF devient Engie. Méthode Suez, extrême capitalisme. On pressure et on défiscalise à mort. Non seulement, se chauffer devient un luxe mais Engie, avec la bénédiction des politiques, Macron de chez Rothschild en tête, envoie ses bénéfices au Luxembourg (27 milliards en 2015, passez l'info à Google). L’État français se prive de 2 milliards d'impôts. Alors que nous, cochons de payeurs, on raque. On raque. Et on regarde passer les trains et les prédateurs qui se goinfrent. Et on ne doit rien dire. Et on doit – sous prétexte de réchauffement climatique, sous prétexte de récupération politique – fermer sa gueule. Ben non.

    Ce qui se prépare ici, c'est une Jacquerie. Le message est clair et éminemment politique. Les pauvres en ont marre d'avoir froid, de jouer du crédit le 15 du mois, de faire des demi pleins. Alors qu'à la télé, ils entendent chaque jour se raconter une histoire qui n'est plus la leur. Alors que leur président déroule le tapis rouge à ceux qui ne paient pas d'impôts, Frère, Desmarais, Bolloré, Arnault… Ceux qui font croire qu'ils nous sont indispensables, qu'ils sont des premiers de cordées. Foutaise. Demain, avec le fantôme de Gaby je serai gilet jaune à donf.

    Les beaufs et les cols blancs de Saint Germain n'ont rien compris, ce n'est pas un mouvement marqué à droite. Ni vraiment à gauche. C'est punk. No future dans ce monde-là.

    (Bon j'me grouille j'ai un train pour le salon des lanceurs d'alerte, maison des Métallos à Paris ce soir et demain)."

    Des blocages ont déjà commencé en... Belgique :

    https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_gilets-jaunes-blocage-de-sites-petroliers-en-wallonie

    https://www.rtbf.be/info/societe/detail_gilets-jaunes-deja-des-blocages-d-axes-routiers-pres-de-charleroi-et-namur

    RECUEIL COMPLET :

    http://ekladata.com/Gilets-jaunes.pdf

     


  • Commentaires

    2
    guibs
    Samedi 17 Novembre à 00:48
    Bienvenue dans la luttes des riches dirigeants planétaire contre le reste du monde...
    Macron l'inverse du robin des bois...comme Richelieu le disait mieux vaux prendre un francs a tous les pauvres que milles francs a tous les riches...
    On se croirais presque a l'époque de la revolution
    1
    guibs
    Samedi 17 Novembre à 00:42
    Le 17 novembre 2018 montrons au roi que le peuple peut se mobilser . Si celui si veux bien descendre de son rang d'aristo et qu'il se mettent dans la peau d'un citoyen lambda a gagner un SMIC, a payer ses charges impôt et autres taxes déguisées.... Modifier votre salaire pendant une dizaine d'années vous allez voir ce que c'est de survivre. Supprimez tous vos avantages comme le salaire a vie des présidents, la on en tiens une belle économie la! Quatre retraite de président économisé sur le dos du contruable. Supprimez aussi les avantages des ministres et sénateurs... Encore une....taxes les actionnaires qui font des millions sur le dos des salaries....taxes ceux qui délocalisent et qui font des millions de chiffres d'affaires...mettez des salaires convenables aux ouvriers et autres employés avec un minimum de 1900 brut sois 1500€ net sans primes ou autres ...un salaire...arrêtez les guerres car vos missiles coutent des vies et aussi des millions....

    Coluche reviens et faits de nous des citoyens solidaires des l'adversité et dans cette lutte des catégories... Les riches contre le reste du monde
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