• La question de Rojava est devenue un enjeu idéologique international


    Il fallait sauver les cantons libres de Rojava des griffes de Daesh, oui. Chez les maoïstes de Turquie par exemple, à ce stade, c'était une décision qui faisait absolument consensus.

    Mais Raqqa, puis Deir ez-Zor, puis carrément la frontière irakienne, cela n'a PLUS RIEN À VOIR avec Rojava, et plus rien d'un quelconque objectif militaire "progressiste" ; mais bel et bien TOUT d'un objectif impérialiste au parfum de puits de pétrole...

    Comme en Chine en 1927 après la défaite des seigneurs de guerre, ou en 1945 après la défaite du Japon, il faut alors à ce stade savoir rompre le Front uni avec la bourgeoisie locale pro-impérialiste, et savoir le faire à temps. Ne pas le faire n'est rien d'autre que du révisionnisme, point à la ligne ; et encourager cela, le "chaperonner" est du gaucho-impérialisme.

    Car oui, il y a bel et bien en Occident une nébuleuse, un magma d'opportunisme de droite et de gauche (gauchiste)*, de droite masqué SOUS le gauchisme (bien souvent), qui est L'IMPULSEUR ACTIF de la ligne "tirailleurs de gauche de l'impérialisme" au Proche-Orient. Logique... pour un ramassis de petits gauchistes blancs occidentaux, PETITS BOURGEOIS DU MONDE, qui ont un intérêt MATÉRIEL concret aux miettes de bénéfices des guerres de rapine. Nous en connaissons bien certaines protubérances, qui ne représentent certes que ce qu'elles représentent, c'est à dire pas grand chose, mais qui en sont tout de même très représentatives de l'esprit : en apparence, un "dévouement sans faille à la cause des opprimés", dont il n'est d'ailleurs pas permis de "questionner les choix de lutte" (LOL) ; mais en pratique, un soutien et une impulsion active et permanente aux "choix", aux agendas CONFORMES aux intérêts de la petite bourgeoisie blanche occidentale qu'ils/elles sont.

    Proclamé et exalté "représentant des opprimés" kurdes, nous avons donc le PKK ; un parti dirigé depuis près de 20 ans par un leader incontesté depuis le fond d'une prison de sécurité nationale turque... Ce qui est contraire à tous les principes communistes les plus élémentaires, que nous maoïstes appliquons par exemple à Gonzalo au Pérou : on n'écoute pas un dirigeant emprisonné, sa "voix" qui sort de sa prison passant forcément à travers les "filtres" de ses geôliers !

    STOP. Ça suffit. Les choses sont en train de prendre une tournure gravissime. Elles s'orientent notamment, entre autres multiples choses, vers une coupure profonde et irrémédiable entre les masses arabo-musulmanes de l'immigration coloniale et le mouvement communiste ; on observe déjà des choses en ce sens, des discours du type "les antifas blancs au service du sionisme en Syrie, avec leurs Kurdes à la con là", et il est bien évident que ce n'est pas une ligne politique de tirailleurs de gauche de l'impérialisme qui va remédier à ce sentiment populaire déjà non sans fondement.

    La fidélité aux intérêts des Peuples colonisés et impérialisés de la planète, c'est la fidélité aux principes du matérialisme dialectique ; et pas une identity politics "opprimiste" qui en fin de compte ne soutient ("soutien !!", son grand cri de guerre) jamais que l'opportunisme liquidateur et la conformité aux intérêts petits bourgeois occidentaux.

    C'est un combat politique, idéologique sans merci qu'il nous faut désormais livrer, ici en Europe, contre les opportunistes impulseurs de tous les piétinements de nos principes élémentaires au Proche-Orient.

    Vive la révolution démocratique et populaire, ANTI-IMPÉRIALISTE en Turquie, au Kurdistan et au Machrek arabe !

    ÉCRASONS L'OPPORTUNISME ET LE GAUCHO-IMPÉRIALISME !!


    [* Nous pensons en effet, de plus en plus, que l'opportunisme de droite (réformisme, libéralisme, capitulardisme) et de gauche (ultra-radicalisme gauchiste) n'existent pas de manière pure et monolithique. En pratique, l'un et l'autre s'entremêlent savamment ; et bien souvent les positions les plus droitières, honteusement socedems n'avancent jamais mieux que sous un masque ultra-révolutionnaire : tout ce qui a trait au postmodernisme, à l'"intersectionnalité" et autre "déconstruction" notamment ; ou pour prendre un exemple concret, se chier dessus de l'hypothèse Le Pen mais ne pas oser assumer un appel à voter Macron, alors plutôt que d'assumer - pourquoi pas ? - cette option tactique en mode "nous préférons rester dans la continuité du hollandisme, en terrain connu", dire qu'on ne va pas voter mais qu'on va... "offrir" son droit de vote à une personne étrangère qui en est privée, faisant là un geste super "déconstruit de ses privilèges t'as vu". Par exemple. Dans l’État français, la ville de Lyon où l'organisation hégémonique est la Coordination des Groupes Anarchistes (CGA) est un peu un "laboratoire" de ce "mix", dont l'orga en question est un archétype (discours très radical, "intersec", "déconstruit" en paroles, et économisme syndicalo-protestataire en pratique), mais cela concerne globalement tout le milieu "radical" local. Et c'est ainsi que de la même manière, nous ne pensons pas que la frontière entre "l'ami qui se trompe" et "l'ennemi qui se cache" soit une question de degré de radicalité, de discours révolutionnaire ou au contraire "modéré"/réformiste : des gens de la Jeunesse communiste ou du NPA peuvent, à notre sens, être 100 fois plus des "amis qui se trompent" que des gens au discours beaucoup plus révolutionnaire qui sont des ennemis masqués.]


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