• #Kanaky #Rassemblement #TolosaToulouse


    Le 4 novembre, les habitants de la Kanaky seront appelés aux urnes pour décider si leur pays deviendra ou non un nouvel État indépendant.

    Malgré ce référendum d’autodétermination, les dés sont pipés du fait de la mainmise coloniale de la France sur l'archipel et de sa politique d'ethnocide, via une colonisation de peuplement, visant à rendre la population originelle minoritaire sur la terre de ses ancêtres.

    Nous devons soutenir soutenir le Peuple kanak parce que :

    - Kanaky ce n'est pas la France, mais un territoire occupé et colonisé.

    - Les Kanak ont le droit imprescriptible de retrouver leur souveraineté nationale pour se construire comme peuple libre, indépendant et émancipé.

    - Nous avons le devoir politique d'être toujours du côté des opprimés.

    - La politique française d'outre-mer est un puissant ressort de la domination impériale notamment au travers d'une immense ZEE (zone économique exclusive) maritime, grande comme le Canada et dont la Kanaky est un pivot (de fait, elle en représente... 14% !).

    - Soutenir le Peuple kanak c'est aussi prendre conscience que la France mène en Hexagone même une politique d'ethnocide envers les nationalités et les cultures autochtones (occitane, bretonne, basque, catalane, corse, alsacienne, arpitane etc.) [de même que, comme nous avons pu l'évoquer dans un récent article, les minorités nationales issues de l'immigration postcoloniale] qu'elle voudrait voir disparaître à tout jamais, afin que "parlant comme [nos maîtres], nous pensions comme [eux] et ne bougions que dans les limites [qu'ils] nous auront fixées".

    Cessons d'accepter l'inacceptable !

    Nous appelons tous les révolutionnaires, progressistes, démocrates et occitanistes à venir soutenir le Peuple kanak, car sa lutte à de nombreux égards est la nôtre.

    ODPO - Organisation Démocratique du Peuple Occitan


    Rassemblement

    SAMEDI 27 OCTOBRE à 13h30

    Métro Jean Jaurès - Toulouse

    https://www.facebook.com/events/579928422459962/

     

    [Version Òc (gascon)]

    Tot-a-s amassas per la Kanaky libra !

    Lo 4 de noveme los poblans de Kanaky que seràn aperats a las urnas entà decidir se la Kanaky vaderà un naveth estat independent. A maugrat d’aqueth referendum d’autodeterminacion los dats que son pipats deu hèit de la dominacion coloniau de la França sus l'isla, de sa politica d'etnocide e de poblament.

    Be devem sostiéner lo Pòple kanak pr’amor que :

    - La Kanaky n’ei pas la França mes un territòri occupat e colonizat.

    - Los Kanaks qu’an lo dret imprescriptible de tornar trobar la soberanitat nationau entà’s definir com un pòple libre, independent e emancipat.

    - Que devem per dever estar tostemps deu costat deus opprimits.

    - La politica de delà-mar francesa qu’ei un ressòrt poderós de la dominacion imperialista notadament via l’imense ZEE (Zone Économique Exclusive) on la Kanaky ei un pivòt.

    - Sostiéner los Kanaks qu’ei tanben préner consciença que la França mia en Hexagòne ua politica d'etnocide contra las nacions e las culturas autoctònes (occitana, bretona, basca, catalana, còrse, alsaciana, arpitana, etc.) que vòu véder desaparéisher.

    Estanquèm-se d’acceptar l’inacceptable !

    Qu’aperam tots los revolucionaris, progressistas, democratas e occitanistas a viéner sostiéner lo Pòple kanak, pr’amor la loa luta qu’ei un mirader de la nosta.

    ODPO - Organisacion Democratica del Pòple Occitan
     

    #Kanaky #Rassemblement #TolosaToulouse

    ******************************************************************

    Kanaky est l'une des plus anciennes colonies françaises du Pacifique ; celles-là mêmes qui confèrent à l'impérialisme français la deuxième zone économique exclusive maritime au monde, juste derrière les États-Unis et devant l'Australie, avec plus de 10 millions de km² dont les eaux de l'archipel représentent déjà quelques... 1,4 millions (14%).

    Après le célèbre capitaine écossais Cook qui lui donne le nom de "Nouvelle-Calédonie" (Calédonie est l'ancien nom de l’Écosse), en 1774, elle est abordée par La Pérouse en 1788 suivi par D'Entrecasteaux quelques années plus tard ; des missionnaires religieux s'y établissent dès les années 1840, catholiques français mais aussi... protestants britanniques, si bien que dans une course de vitesse entre puissances, elle est déclarée officiellement colonie française en 1853 ; et comme en Australie par les Anglais, sa colonisation est notamment envisagée à cette époque par le biais de... forçats, condamnés par les tribunaux à la déportation sur ces terres lointaines.

    Le Peuple indigène kanak (qui a réussi déjà à imposer ce nom, qui ne prend pas de pluriel) n’a cessé depuis lors de se battre pour redevenir un peuple libre et maître de son destin : grands soulèvements de 1878 et de 1917, refus de la conscription lors des guerres mondiales (car il fallait alors, comme tant d'autres peuples s'en souviennent, et il n'y avait "aucun problème" à être "français" !) ; et puis bien sûr les violents et tragiques "évènements" de 1984-88, marqués entre autres douloureux souvenirs par l'exécution du révolutionnaire anticolonialiste Éloi Machoro par le GIGN en janvier 1985, et culminant entre les deux tours de la présidentielle 1988 dans le crime de guerre de la grotte d'Ouvéa, où 19 militants indépendantistes seront massacrés de sang froid par les forces colonialistes.

    Kanaky : encore un appel à rassemblement - Occitània - Tolosa (Toulouse)Pour les Kanak, la colonisation c’est la spoliation de leurs terres et tout un ensemble de discriminations et de relégations – salaires, emploi, niveau de vie, logement, santé, éducation… – sur le fondement d'un racisme ("primitifs" etc.) précisément FAIT pour justifier leur dépossession de leur propre pays, considéré en son temps (comme l'Australie proche) terra nullius, terre "d'aucun peuple" digne d'être considéré humain, par les premiers explorateurs. De fait, estimée à une centaine de milliers au début de la colonisation, la population indigène n'était plus que de... 27 000, soit une division par quatre, au début du 20e siècle.

    Mais Kanaky est aussi, c'est important de le noter car il n'y en a plus beaucoup, la dernière colonie de PEUPLEMENT outre-mer*, avec une forte population de colons européens, les fameux Caldoches : un total de quelques 73 000 Français et Européens (+ environ 20 000 métis) parmi lesquels d'ailleurs 37 000 "métros" carrément nés en métropole et venus comme fonctionnaires, militaires, entrepreneurs ou cadres d'entreprises etc., sur 270 000 habitants ; face à une grosse centaine de milliers de Kanak ; auxquels s'ajoutent avec l'exploitation du nickel et autres activités économiques d'autres communautés issues de l'immigration vietnamienne, chinoise ou indonésienne, tahitienne et polynésienne, ou encore de Wallis et Futuna, petite possession "française" plus au Nord ne servant de fait que de réservoir de main d’œuvre et comptant... deux fois plus d'émigrés en Kanaky que d'habitants sur place !

    Encore aujourd'hui, il est clair que la France colonialiste fera tout pour préserver là-bas ses intérêts économiques qui consistent notamment en quelques... 40% des réserves mondiales de nickel, en plus comme on l'a dit d'une position stratégique dans le Pacifique Sud.

    De fait, face à la revendication indépendantiste qui s'exprime depuis plus de 40 ans, selon une stratégie éprouvée et également utilisée ailleurs, elle organise et entretient la mise en minorité des Kanak dans leur propre pays ; ce qui n'est pas nécessairement difficile avec la force d'attractivité d'un territoire "européen" à l'autre bout du monde ; et voyez encore que lorsqu’ils tentent de dénoncer cela, il se trouve non seulement des colons (bien sûr) et des personnes des autres communautés dont l’État français entretient soigneusement l'anti-indépendantisme, mais aussi des éléments de la GAUCHE hexagonale ou "métro" sur place... pour les traiter de "xénophobes" !

    Après plus d’un siècle et demi de lutte, donc, et à l'issue des "évènements" des années 1980 et du massacre d'Ouvéa, les Kanak ont réussi à imposer le principe de leur droit à l’autodétermination, qui doit s'exprimer au travers d'un référendum.

    Mais, plus de 30 ans après les "accords" signés à Matignon entre la délégation indépendantiste menée par Jean-Marie Tjibaou et le nouveau Premier ministre d'alors, Michel Rocard, la tenue de la consultation n'a cessé d'être reportée sine die ; la date initialement prévue de 1998 ne débouchant en fait, avec Lionel Jospin, que sur un... "Matignon 2" renvoyant lui-même à "entre 2014 et 2018" c'est-à-dire cette année, deadline absolue en principe.

    Le principal point d'achoppement portant, de fait, sur la délimitation du CORPS ÉLECTORAL autorisé à y participer, avec une question de durée de résidence sur place que l’État colonial souhaite évidemment... la plus courte possible, en faveur de ses "métros" venus tout droit d'Hexagone ainsi que de l'immigration récente (asiatique ou polynésienne) réputée fidèle ; tandis que les Kanak (ces "xénophobes" !) la voudraient au contraire la plus longue possible, en faveur du peuple autochtone et dépossédé qu'ils sont.

    Finalement, un référendum se tiendra donc le 4 novembre prochain pour décider de l'avenir politique de la colonie des antipodes. Mais l'impérialisme français, on l'a dit, n'a certainement pas l'intention de laisser tomber facilement près de la moitié du nickel mondial et 14% de sa ZEE maritime ; et ceci laisse craindre toutes les manipulations   des "bruits" à ce sujet (non-inscription de milliers de Kanak sur les listes, inscriptions frauduleuses, modification de la loi ouvrant le corps électoral à des personnes non-citoyennes etc.) courent déjà...

    Dès lors, face non seulement à l'enjeu historique pour le Peuple kanak mais aussi à cette possibilité de coup d’État électoral de Paris, il est du DEVOIR de toute personne anticolonialiste et anti-impérialiste conséquente, ou simplement attachée à la justice et à la démocratie entendue comme droit inaliénable des peuples à décider de leur destin, de se MOBILISER pour affirmer et réaffirmer avec force le droit de Kanaky à l'autodétermination.

    Puisqu'on en a parlé, LA GAUCHE HEXAGONALE, et ce aussi bien modérée-bourgeoise que tout à fait "radicale", a toujours eu avec le colonialisme, le droit des peuples en général, et Kanaky en particulier une histoire "complexe"...

    Envisagé au départ, on l'a dit, comme colonie pénitentiaire, l'archipel voit ainsi débarquer dans les années 1870 les prisonniers déportés de la Commune de Paris. Pour autant, seule une toute petite minorité d'entre eux dont la célèbre Louise Michel sauront montrer un soutien, ou même simplement une "compréhension" envers le grand soulèvement kanak qui éclatera quelques années plus tard, en 1878.

    Un siècle plus tard, lorsque éclatent les évènements en 1984, c'est encore une fois la gauche, certes bourgeoise, mitterrandienne, mais la gauche, alliée au PCF et remplie d'anciens trotskystes (comme Mélenchon ou Cambadélis), qui est au pouvoir et "gère" en décrétant l'état d'urgence ; dépêche Edgard Pisani comme "super"-gouverneur-proconsul et couvre les exactions des colons d'extrême-droite et de la gendarmerie.

    Aujourd'hui, face au référendum actuel, encore une fois tant du côté "modéré"-bourgeois que "radical", elle semble plutôt faire preuve d'une certaine léthargie, à moins que ce ne soit un silence gêné... ou parfois, comme on a déjà pu l'observer l'année dernière sur la Catalogne, d'un timide voire semi- voire pourquoi pas très enthousiaste "soutien" du moment que "très loin, c'est très bien", mais en n'en restant pas moins "réservée", "frileuse" voire franchement hostile dès lors qu'il est question des luttes de peuples comme les Bretons, les Corses ou les Occitans, ou d'antiracisme politique (anti-impérialisme "intérieur" des communautés "prolongement" des peuples colonisés ou néocolonisés en Hexagone) juste devant sa porte.

    Il ne manque plus que surgissent ceux qui soutiennent "absolument", "totalement", "inconditionnellement" les luttes des peuples (et de "tou-te-s les oppriméEs") mais en pensant décider eux quand et comment depuis un local parisien ou quelque campus de grande métropole, pour que le tableau opportuniste soit complet...

    Un panorama opportuniste contre lequel notre époque, les temps qui courent, imposent de plus en plus de livrer un COMBAT POLITIQUE.

    Oui, car c'est là quelque chose avec lequel nous avons "grandi" politiquement en étant quotidiennement confronté : nous pensons profondément, et ce même s'il est évidemment des degrés d'oppression qui ne sont pas comparables entre eux (par exemple, on sait que vers 1900 la colonisation avait divisé la population kanak originelle par quatre...), que le soutien à la lutte du Peuple kanak doit nécessairement s’accompagner d'une réflexion urgente et d'une reconnaissance de la domination et même de l'ethnocide exercé par le même État français contre TOUS les peuples qu'il emprisonne dans les mailles de son filet.

    L’État français domine depuis des siècles, et tente depuis des décennies de faire carrément disparaître de son territoire des nations historiques dominées (occitane, catalane, basque, corse, bretonne, alsacienne, flamande, arpitane). Pour assurer le contrôle économique et social absolu de Paris sur ces territoires, il en fait ni plus ni moins que disparaître les peuples (sans violence ni liquidation physique des personnes, ce que signifie ethnocide par opposition à génocide), en tout cas en tant qu'ensembles sociaux d'individus ayant conscience de l'être, par l'usage d'une langue par exemple : nous avons ainsi en Occitanie, pour 16 millions d'habitants, seulement 8 000 enfants scolarisés en occitan alors qu'il faut normalement que 30% d'une tranche d'âge apprenne une langue pour assurer sa survie.

    Et la gauche (encore elle...), par choix et (surtout) par filiation idéologique (avec les courants les plus centralisateurs de la Révolution bourgeoise de 1789, ou de la IIIe République, grands... colonialistes par ailleurs), se complait dans cette situation et n'aborde la question que du bout des lèvres, jamais comme quelque chose de véritablement important...

    Le nationalisme français est aujourd'hui extrêmement présent à gauche : la "grandeur de la France", la "Patrie des Droits de l'Homme", les "valeurs de la République" etc. etc. ; faisant le lit de l'extrême-droite et de la Réaction. Il ne remet jamais en cause les fondements de l’idéologie bourgeoisie basée sur le mensonge de l’État-"nation" appelé "France".

    Tout mouvement qui se veut en rupture avec un système ne peut faire l'impasse de l'analyse profonde de ce système, même si cela remet en cause beaucoup de ses certitudes et "zones de confort".

    Soutenons les Kanaks plus que jamais, tout en tuant l'hypocrisie bourgeoise et petite-bourgeoise française : NON il n'y a pas qu'une seule nation en France, ni un seul peuple, une seule culture ou une seule langue !!

    À Paris, un ensemble de collectifs et d'organisations anti-impérialistes, anticolonialistes et antiracistes politiques a déjà organisé un meeting de solidarité le 19 septembre : collectifantiguerre.org_article109 facebook.com/FUIQP.ParisBanlieue/photos/ FUIQP.ParisBanlieue/posts/ ; initiative que nous saluons.

    Tolosa, capitale du Lengadòc historique, de l'Occitània centrale première conquête fondatrice de la France, ne sera pas en reste.

    Per Kanaky e tots los Pòbles opprimits de la Preson França, ENDAVANT !

    Kanaky : encore un appel à rassemblement - Occitània - Tolosa (Toulouse)

    * Sur tous ces points, lire par exemple l'exposé qu'en fait le FUIQP :

    #Kanaky #Rassemblement #TolosaToulouse


  • Commentaires

    1
    Pascal
    Mercredi 26 Septembre à 14:11
    Dire que la gauche hexagonale n'aborde la question des peuples minoritaires de l'Hexagone que du bout des lèvres est un euphémisme. Traditionnellement, c'est plutôt une hostilité violente, surtout le P"C"F. Au début des années trente, il a eu des contacts avec des autonomistes bretons et alsaciens mais ça lui a passé très vite. Il s'est toujours référe aux jacobins.
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