• Israël n'est pas en "dérive fasciste", c'est le fascisme qui est "israélien"


    Si l'on prend la TROISIÈME définition du fascisme*, celle que l'on qualifiera de "césairienne" ou "fanonienne" (dans le prolongement de la dimitrovienne en fait, basée comme elle sur la violence et la terreur) : transplanter et appliquer en Occident même, dans la conquête militaire de pays alentour ou la répression du mouvement ouvrier, les méthodes "normalement" "réservées aux Arabes, aux coolies de l'Inde et aux Nègres d'Afrique", jusqu'à la déshumanisation (peuples non-germaniques "inférieurs", "gène rouge" des révolutionnaires pour certains théoriciens franquistes, "homme criminel" etc.) ; c'est la conclusion à laquelle on est forcé d'aboutir.

    Israël est une colonie collective occidentale au Proche-Orient qui fonctionne "normalement" pour une colonie. Il n'y a point là de fascisme (encore moins de "dérive" plus ou moins récente), mais des agissements qui sont dans la nature même d'une telle chose.

    C'est le fascisme qui est "israélien" ; signifiant de lorsque de telles méthodes se trouvent appliquées en Occident même.

     

    Israël n'est pas en "dérive fasciste", c'est le fascisme qui est "israélien"

     

    [* Les trois définitions du fascisme :

    Dimitrov : "dictature terroriste ouverte des éléments les plus réactionnaires, les plus chauvins, les plus impérialistes du capital financier" (des monopoles capitalistes impérialistes). La violence répressive est ici un élément central.

    Gonzalo : la violence, la terreur répressive, ne sont pas l'aspect principal car les classes dominantes les ont toujours exercées contre les classes exploitées... et la révolution a elle-même le devoir de les exercer contre les exploiteurs. Le fascisme est surtout un gigantesque mouvement par lequel le capitalisme se restructure pour surmonter sa crise générale, dans une pseudo-unité "corporatiste" d'intérêts entre les classes, dans les pays impérialistes ; et par la même pseudo-unité "corporatiste", se met en place le capitalisme bureaucratique dans les pays semi-féodaux semi-coloniaux.

    - Vers 1870, Marx critique le colonialisme comme (entre autres choses) une situation dans laquelle les forces armées capitalistes se "forment" à des méthodes qui pourront ensuite être "rapatriées" en métropole contre la classe ouvrière. La troisième définition, celle de Césaire, s'inscrit finalement dans le prolongement de cela : les fascismes auront été un gigantesque "rapatriement" des méthodes coloniales (qui jusque-là, outre-mer, ne choquaient pas grand-monde) en Europe, contre les mouvements ouvriers ou dans les guerres de rapine sur le continent même. S'agissant là aussi de violence et de terreur, elle rejoint celle (dont Césaire fut contemporain) de Dimitrov ; mais en insistant plus fortement sur l'origine coloniale des méthodes terroristes, et le fait qu'elles ne dérangeaient personne dans ce contexte extra-européen où elles étaient l’œuvre des "démocraties" bourgeoises (par rapport à notre sujet il suffit d'observer comment Israël, morceau de "démocratie" occidentale colonisant le Proche-Orient, est un grand "exportateur"... de savoirs-faire et de technologies répressives, non seulement vers les pays semi-coloniaux mais vers les métropoles impérialistes elles-mêmes !). De plus, cette oppression "fasciste" que subissent en permanence les peuples colonisés ou dominés par l'impérialisme favorise (Losurdo) "l'égalité entre Blancs", c'est à dire les surprofits de l'impérialisme redistribués aux classes populaires des métropoles pour les "aristocratiser". C'est à dire, dans un sens, le "corporatisme" dont Gonzalo fait la caractéristique centrale du fascisme...

    Nous aurions tendance à penser qu'il faudrait chercher une articulation, un recoupement entre les deux premières ; afin de séparer le fascisme d'un côté de la social-démocratie, de la "gauche" réformiste bourgeoise en général qui pourrait elle aussi correspondre à la définition de Gonzalo (avec cependant le fait que, dans les pays impérialistes du moins, cette "gauche" bourgeoise... n'existe plus vraiment, tout au plus un social-libéralisme en "ajustement structurel" néolibéral permanent qui serait en fin de compte la confluence commune des "démocraties sociales de marché" et des fascismes du siècle dernier), du moins ne pas faire preuve vis-à-vis d'elle d'un sectarisme qui "désoriente la classe ouvrière dans la lutte contre son pire ennemi" (sur-le-front-populaire-antifasciste-dimitrov), surtout dans les pays du "Sud global" (comme les régimes "de gauche" sud-américains retour-situation-amerique-du-sud) qui sont peut-être les derniers où (en se confrontant un peu à l'impérialisme) un semblant de réformisme social peut exister ; et de l'autre de la "terreur blanche classique" façon Thiers écrasant la Commune ou dictateurs bananiers d'Amérique centrale ou d'Afrique... Et ce en ayant toujours à l'esprit la troisième, qui permet de comprendre beaucoup de choses, fait d'une certaine manière le lien entre les deux autres, et permet de rester toujours d'un anti-impérialisme conséquent !]


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