• Flash Catalogne : reculade bourgeoise et éclatement des contradictions de classe dans le mouvement pour l'indépendance


    Au Parlement catalan, Carles Puigdemont a finalement déclaré l'indépendance de la Catalogne "conformément aux résultats du scrutin du 1er octobre"... mais en a immédiatement "suspendu" les effets en vue de "rechercher un dialogue avec Madrid et l'Union européenne" :

    http://www.huffingtonpost.fr/2017/10/10/catalogne-reunion-de-crise-a-madrid-apres-la-declaration-dindependance-suspendue_a_23239397/


    Pour la CUP, "il fallait aujourd'hui proclamer la République catalane et nous avons peut-être perdu une opportunité historique".

    http://www.naiz.eus/eu/actualidad/noticia/20171010/cup-hoy-tocaba-proclamar-la-republica-catalana-y-quiza-hemos-peridod-una-oportunidad

    La CUP a déploré ce mardi que Carles Puigdemont n'ait pas proclamé la République catalane et a ajouté que pour cette raison elle n'acceptait pas la suspension des effets de la déclaration d'indépendance, car "on ne peut pas suspendre la volonté de plus de 2 millions de Catalans qui ont voté oui" le 1er octobre. Elle a averti que sa confiance envers le gouvernement catalan était "entamée" et a proposé que la suspension n'excède pas "un mois environ".


    Anna-gabriel

    Anna Gabriel (CUP), durant son intervention. (Lluís GENE/AFP)


    "Il fallait aujourd'hui proclamer solennellement la République catalane et nous avons peut-être perdu une opportunité. Cette proclamation n'a pas eu lieu et nous ne l'avons su qu'une heure avant la session, et pour cette raison nous ne pouvons pas accepter cette suspension", a déclaré la députée de la CUP Anna Gabriel lors de son intervention au Parlement.

    Elle a expliqué que son groupe prévoyait un autre type d'intervention, dans laquelle ses 10 députés allaient déclarer au monde en 10 langues différentes que le Parlement avait proclamé l'indépendance de la Catalogne, mais que ce projet s'est trouvé modifié après que Puigdemont ait dit assumer que la Catalogne devait être un État mais qu'il suspendait la déclaration pour quelques semaines afin de dialoguer.

    "Ni nous, ni beaucoup de gens n'allons renoncer. Il n'y a pas de défaite qui vaille. Nous sommes déterminés à défendre la République catalane. Au nom de toutes les personnes qui portent un nouveau monde dans leurs cœurs, nous poursuivrons la lutte pour la République", a-t-elle poursuivi.

    Pour la CUP, il n'est pas possible de suspendre les effets de l'indépendance, et encore moins en vertu d'une négociation ou d'une médiation avec le gouvernement espagnol : "Une négociation avec qui ? Avec l’État qui continue de nous persécuter et nous menacer, qui déploie sans vergogne ses corps policiers et militaires, qui agite contre nous l'ultra-droite et nous dénie nos droits ?".

    Gabriel a également argumenté que la proclamation de la République catalane pourrait être un "outil de négociation" pour obtenir un dialogue d'égal à égal avec l’État, mais a averti qu'il n'est possible de dialoguer qu'avec un interlocuteur qui reconnaît les droits de l'autre, y compris celui à l'autodétermination.

    Elle a ajouté aujourd'hui que "nous entrons dans une nouvelle étape de lutte, car on ne peut pas suspendre la volonté de plus de 2 millions de personnes. Pour cette raison, nous poursuivons la lutte aux côtés de ces personnes qui portent un monde nouveau dans leurs cœurs".

    Arrufat : confiance "entamée"

    Plus tard, dans une conférence de presse après avoir signé la déclaration d'indépendance, le porte-parole du secrétariat national de la CUP, Quim Arrufat, a exigé de Puigdemont qu'il fixe une limite de temps à la suspension : "nous trouverions normal que [cette suspension] n'excède pas un mois environ".

    Arrufat a indiqué que, l'indépendance n'ayant pas été déclarée formellement et la République proclamée "comme il était convenu", la confiance envers le gouvernement était "entamée", et il a ajouté qu'il transmettrait aux instances de décision de la CUP la question de poursuivre ou non ses activités au Parlement.

    Arran : "Trahison inadmissible"

    De son côté, l'organisation juvénile de gauche indépendantiste Arran a accusé Puigdemont d'avoir commis une "trahison inadmissible" en suspendant les effets de la déclaration d'indépendance pour chercher un dialogue :

     


  • Commentaires

    1
    Pascal
    Jeudi 12 Octobre à 12:08

    Il faut voir ce qui va se produire dans les jours qui viennent. Ne pas oublier que la nation catalane comprend aussi le Pays Valencien, les Baléares, évidemment la Catalogne Nord et l'Andorre et qu'on parle et se sent catalan dans l'extrême est de l'Aragon (le "Ponant"). Dans les années 80, il y avait le mouvement IPC (Indépendantistes des Pays Catalans) qui voulait des Pays Catalans socialistes et unis, je ne crois pas qu'il existe encore.

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