• #Européennes


    44% des GJ pour le RN, d’autres sources disent 38% (ce ne sont que des enquêtes d’avant-scrutin)… C’est tout sauf improbable ; ce sont les proportions que l’on imagine depuis le début dans le mouvement, et de fait tout simplement (il est temps d’ouvrir les yeux) les proportions de sympathie pour le parti de Marine Le Pen chez les « sans-dents ».

    Le vote pour l’ex-Front, aujourd’hui Rassemblement National se situe comme on a déjà eu l’occasion de le dire, à « l’intersection entre la déshérence sociale (d’un capitalisme pourrissant en crise terminale) et le privilège blanc » (le « privilège » de faire partie du « corps légitime » d’un État-nation impérialiste qui participe à la domination occidentale sur le monde et d’en tirer un certain confort de vie qui même dans la plus grande précarité n’est pas celui du Bangladesh, ce que « dans le temps » les marxistes que nous sommes appelaient le « social-chauvinisme » de « l’aristocratie ouvrière », et qui peut même à présent affecter certains éléments non-blancs présents depuis un certain temps et relativement intégrés, face aux néo-migrants ou aux Rroms notamment) : il ne s’agit pas d’en faire un pur vote « protestataire », de « rejet des autres forces », et d’en minimiser la part d’ADHÉSION aux idées de ce parti, en particulier racistes/xénophobes, ou encore « réactionnaires » au sens parfois de rejet « excessif » d’un « progressisme » sociétal trop associé à un libéralisme économique débridé et à la dissolution de tout lien social, d'un (comme a pu brillamment l’exprimer H. Bouteldja) « besoin d’histoire, d’identité, de spiritualité et de dignité des classes populaires blanches » auxquelles on ne peut pas simplement, comme la « gauche radicale avec son matérialisme froid », proposer un SMIC à 1500 euros…

    Reste alors à savoir ce que l’on FAIT de ces millions de gens, quelles peuvent être les pistes pour les arracher à ce projet politique néfaste et les orienter vers d’autres voies ; ou si les faire disparaître de la circulation (et comment ?) peut se suffire comme politique.

    Quoi qu’il en soit, contrairement à ce qui pouvait être attendu (et que nous, en l’occurrence, pouvions espérer), l’aboutissement de ces 6 mois de mobilisation sans précédent n’a pas vu une explosion de l’abstention comme rejet global du « système » mais au contraire un regain de mobilisation à un niveau jamais vu depuis 25 ans, et en forme de « référendum » pour ou contre Macron et sa politique.

    De fait, ce sont près de 4 millions de personnes de plus qu’il y a 5 ans qui se sont présentées aux urnes ; soit une augmentation de pratiquement +20% de la participation (de 19,75 à 23,73 millions) ; bien que les personnes se déplaçant pour voter blanc ou nul aient progressé de quelques 285.000 (de 792.000 à plus d’1 million), soit une progression de +35% (progression des votes exprimés : 3,7 millions de 18,95 à 22,65 millions, soit +19,5%...).

    Du coup, et en toute logique, quel que soit le score final en %, TOUTES les listes ou presque ont en réalité enregistré une nette progression EN VOIX par rapport à leurs équivalents d’il y a 5 ans ; « ou presque » c’est-à-dire à l’exception des formations phares du vieux bipartisme qui depuis longtemps ne signifiait plus rien, désormais « prises en sandwich » entre La République en Marche et le RN pour les uns, la France Insoumise et EELV pour les autres : les Républicains et les débris du PS (liste de Raphaël Glucksmann et Génération.s de Benoît Hamon).

    Les Républicains réalisent en effet un score-fiasco historique, pulvérisant la contre-performance de la liste Sarkozy de 1999, avec 8,5% et 1,92 millions de voix soit une chute libre de plus de 2 millions, -50% par rapport à la liste UMP de 2014.

    La somme Glucksmann + Hamon s’élève à 2,14 millions d’électeurs contre 3,1 millions pour le total PS + Nouvelle Donne (qui cette année était sur la liste Glucksmann) en 2014, soit un recul d’un peu moins d’un million, -30%.

    De fait et même si, dans le sillage de Thierry Mariani et quelques autres, une certaine hémorragie a pu se produire des Républicains vers le RN, ceci permet de voir sur qui LREM a « mordu » en premier lieu (pour faire plus que doubler son score à ce qu’on appellera le « centre ») et donc où se situe sa ligne et quels intérêts sociaux sert sa politique.

    On peut encore y ajouter le cas de l’UDI, qui chute de pratiquement 1,9 millions à 566.000 voix ; score divisé (donc) par plus de 3 sous l’effet (clairement) de l’absorption radicale par LREM, à laquelle le Modem de Bayrou (colistier en 2014) s’était pour sa part rallié.

    Mais en dehors de ces cas de figure… tout le monde progresse ; mais bien sûr pas dans les mêmes proportions.

    Les écologistes d’EELV sont présentés comme la grande surprise de ce scrutin, sans toutefois renouveler leur résultat historique de 2009 – il faut rappeler que les européennes leur sont généralement favorables, sans qu’ils ne renouvellent en général l’exploit aux échéances nationales ou locales suivantes ; de fait ce sont des élections où les personnes de conscience disons sociale-démocrate, et sensibles à la question environnementale, ne semblent pas percevoir l’intérêt d’envoyer à Strasbourg des « antilibéraux » eurosceptiques et leur préfèrent des européistes convaincus mais « pour une autre Europe » (plus démocratique, sociale et écologique) comme pour mieux « peser de l’intérieur ».

    Ils arrivent (donc) en 3e position avec 13,5% contre 8,95% il y a 5 ans, progressant de quelques 1,35 millions de voix (de 1,7 à plus de 3 millions) soit +80%.

    Le score de la France Insoumise, avec 6,3%, est en revanche présenté comme une terrible contre-performance. Mais là encore, et loin de nous de nous faire les avocats de cette formation dont nous ne sommes pas vraiment grands fans, les choses méritent qu’on y regarde de plus près.

    En 2014, elle se présentait sous l’étiquette du Front de Gauche aux côtés du Parti communiste. Cette liste avait récolté 1,25 millions de voix (6,6%). Cette année, le PC y allait séparément (il est entré entre temps en lourd conflit avec Jean-Luc Mélenchon). La liste insoumise conduite par Manon Aubry n’en a pas moins atteint les 1,42 millions de voix, soit 170.000 de plus, tandis que la liste PC de Ian Brossat en engrangeait de son côté près de 565.000…

    Le total, seul réellement comparable au score FdG d’il y a 5 ans, s’élève ainsi à près de 2 millions de voix, soit une progression de ce qu’on appellera la « social-démocratie de combat » de l'ordre de +60% !

    L’« échec » est donc en réalité fortement à relativiser (mais évidemment, en termes d’élus et donc de financements, c’est du pareil au même, donc si on n’a que cela en tête… quant au PC, sous la barre des 5%, il disparaît des bancs du Parlement européen pour la première fois de son histoire).

    Le RN, par rapport au FN de 2014, ne progresse quant à lui que de 580.000 voix soit +12% (le total des « droites populistes-souverainistes » avec Dupont-Aignan, Asselineau, Philippot désormais démissionnaire du RN etc. d’environ 1 million soit +17%).

    Ainsi, si on laisse de côté le cas particulier de LREM qui surgit en laminant (surtout pour ne pas dire quasi-exclusivement) le centre-droit et la droite traditionnelle (Républicains ex-UMP et UDI) ; et mis en perspective avec les +20% (environ) de déplacement aux urnes ; les forces qui progressent le plus par rapport à elles-mêmes ou leurs équivalents d’il y a 5 ans sont donc dans l’ordre : les écologistes d’EELV (+80%), la « social-démocratie de combat » FI + PC (+60% par rapport au FdG de 2014), le vote blanc ou nul (+35%) et… le RN (+12%, total des extrêmes-droites +17%).

    Ceci histoire de répondre, quoi que l’on pense de ces différentes forces, à l’idée (qui commence à se répandre) que le « débouché » de 6 mois de mobilisations en gilet jaune aurait été un surcroît (inattendu) de mobilisation électorale « au seul profit du RN »

    https://www.huffingtonpost.fr/entry/resultats-europeennes-2019-pour-qui-ont-vote-les-gilets-jaunes_fr_5ceaf34ee4b00e0365707bc5

    Autre mode de calcul :

    "EN 2014 :
    - "Gauche radicale" : FdG + NPA + LO = 8,17% ; un peu plus de 1,5 millions.
    - "Gauche modérée" : PS + Nouvelle Donne + EELV = 25,85% ; 4,9 millions de voix. On peut limite rajouter 65k voix (0,34%) pour Régions et Peuples Solidaires qui étaient cette fois avec EELV.
    - Centre : UDI-Modem + Nous Citoyens + AEI + Cap21 et compagnie : 13 et quelques % ; 2,5 millions de voix.
    - Droite : UMP = 20,8%, un peu moins de 4 millions de voix.
    - Extrême-droite : FN-RBM + DLR + Force Vie + UPR = un peu moins de 30% ; 5,65 millions.

    CETTE FOIS (34 listes, je prends pas les confettis ni les inclassables genre animalistes) :
    - "Gauche radicale" : FI + PCF + LO = 9,6% ; 2,17 millions de voix.
    - "Gauche modérée" : EELV + PS-Glucksman-ND + Génération.s = pratiquement 23% ; presque 5,2 millions.
    - Centre : LREM + UDI & co + Urgence Écologie = 26,7% ; un peu plus de 6 millions de voix.
    - Droite : "Union de la Droite et du Centre" autre de LR = 8,48% ; 1,9 millions.
    - Extrême-droite : RN + DLF + UPR + Philippot + confettis (Camus, royalistes, "dissidence", CNI, GJ malodorants) = dans les 30% ; 6,5 ou 6,6 millions.

    Suffrages exprimés en plus : 3,7 millions.
    Votes blancs ou nuls en plus : 285.000"

    AUTRE ASPECT INTÉRESSANT puisque nous avons (forcément) parlé du résultat d'EELV, et bien que nous n'en étions pas particulièrement des soutiens (problèmes d'européisme béat, de social-libéralisme etc.), la CARTE des ses résultats par localité en sachant que cette liste incluait cette année la coalition Régions & Peuples Solidaires (RPS) avec François Alfonsi de Femu a Corsica, deux membres de l'Union Démocratique Bretonne, une du Parti occitan, une Catalane du Roussillon et un Basque, et le soutien d'Unser Land (Alsace), du Mouvement Région Savoie, de Christian Troadec en Bretagne, de la Gauche Républicaine de Catalogne (ERC), de l'EAJ-PNB basque (mais pas d'EH Bai qui l'avait cependant envisagé, pour finalement laisser la liberté de vote à ses sympathisants), etc. etc. :

    #Européennes

    Faut-il y voir une expression de ce RÉVEIL DES PEUPLES et des territoires que nous avons pu dénoter dans le mouvement des Gilets Jaunes ?


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