• Et voici une belle illustration de ce que nous avons pu dire sur la "radicalité" gauchiste...


    [Lire notre analyse à ce sujet : 1 - 2 - 3 - 4]

    Sur cette Une de L'Obs (devenu véritable Je Suis Partout du macronisme), on peut trouver comme exemples du "retour de flamme de la radicalité" les totos du Comité Invisible, les "casseurs" du "cortège du tête" désormais présent dans toutes les manifs, et... le PIR, qui comme chacun-e le sait "n'existe pas sur le terrain", "ne fait rien" sinon des "conférences d'universitaires bourgeois".

    Ben oui... Le Pouvoir bourgeois craint la gauche radicale blanche quand elle est "extrémiste" et "violente", casse des trucs et fait des dégâts qui coûtent des sous.

    L'auto-organisation indigène par contre, avec toutes les limites idéologiques ("postmodernes", "réformistes" ou autres) que l'on voudra bien s'amuser à lui trouver... il lui suffit d'exister pour être attaquée par les chiens de garde du Système.

    Si tu es un gauchiste blanc occidental du 21e siècle, et que tu ne casses pas des trucs qui vont coûter des ronds aux contribuables (= à ses électeurs), le Pouvoir ne s'intéresse pas à toi, ne te craint pas, tes IDÉES en tant que telles ne lui font pas peur !

    Si par contre tu t'organises politiquement (dans une relative "punchline" intellectuelle) en tant que représentant vivant du fait que le Système France est un Empire néocolonial qui vit sur le dos de dizaines de pays dominés, et de communautés de travailleurs issus de ces pays formant des colonies intérieures en métropole impérialiste... c'est une autre histoire.

    Voilà qui illustre encore une fois magistralement que la violence révolutionnaire "spectacle" en tant que telle n'est rien ; LA LIGNE POLITIQUE EST TOUT.

    Pour preuve : une ligne politique embryonnairement correcte, qui commence simplement à soulever des questions fondamentales que personne d'autre ne soulève, est diabolisée sur le même plan, voire en des termes plus infâmants et "triggers" encore qu'une violence causant des dizaines voire centaines de milliers d'euros de dégâts.

    C'est la raison pour laquelle la ligne politique authentiquement révolutionnaire, la "Pensée" doit être élaborée, permise d'éclore et développée en même temps que défendue contre le dispositif contre-révolutionnaire préventif à trois mâchoires dogmato-fossile ("stal" ou même "maoïste", anar, trotsko ou conseilliste peu importe), mouvementiste terteriste anti-intellectuel et postmoderne dissolvant-individualisant, finalement moraliste et en dernière analyse libéral "radical" (en allant peut-être, dans ce dernier cas, au-delà de l'écran fumée qu'il représente pour s'emparer des bonnes questions qu'il recouvre et leur apporter des réponses matérialistes, "traduire" ses concepts etc. etc.*).

    À partir de là, comme on dit, la lutte révolutionnaire de ter-ter "s'apprend en la menant". Mais il n'est pas possible de la mener correctement, et de là enrichir et développer la théorie (la "Pensée") de façon correcte, sans avoir un minimum d'une telle théorie - conception révolutionnaire du monde - "Pensée" correcte comme point de départ ; sur la base (certes) "de la pratique", oui : des 170 ans d'histoire qu'a le mouvement mondial dit communiste, et plus encore les luttes populaires non-guidées par la théorie scientifique initiée par Marx et Engels au milieu du 19e siècle (si la "Pensée" ne peut naître "que de la pratique" de celles et ceux qui l'élaborent... qu'on nous explique qui, au juste, n'aurait pas une telle "pratique" ? le syndicaliste qui se crève le cul 30 heures par semaine, en plus de son travail, à défendre ses collègues exploités n'a "pas de pratique" peut-être ? et pourtant, il vote Mélenchon... preuve que la ligne politique PRÉCÉDANT la pratique - et la guidant - est déterminante, même si ensuite bien sûr l'expérience pratique l'enrichit).

    De là le fait que "le PIR" (mouvance bien plus large, dans l'esprit des rédacteurs de L'Obs, que l'orga réelle), qui soi-disant "ne fait rien dans le concret" mais pose des pierres considérables pour construire une telle "Pensée" préalable à une action révolutionnaire qui aille quelque part, se retrouve placé à un niveau de "menace stratégique" supérieur à des gens théoriquement vides dont n'est craint que l'éventuel coût pour les finances publiques...

     

    * Le problème du postmodernisme ce n'est pas qu'il ne soulève pas de bonnes questions, il en soulève même d'excellentes ! Mais c'est qu'il y apporte des réponses erronées, anti-scientifiques (puisque "rien" n'est juste ni erroné, "tout dépend"), individualistes : en dernière analyse c'est un libéralisme "radical", et il a été concrètement fomenté depuis les années 1970 (French Theory, puis toutes les idpols et autres "studies" "intersectionnelles") voire 1960 (version primitive qu'était l’École de Francfort) CONTRE le matérialisme et la scientificité nécessaire à la révolution.

    En fait la bonne démarche, que SLP tend à adopter depuis des années, c'est de prendre les bonnes questions postmodernes pour y apporter de bonnes réponses matérialistes dialectiques. Car toutes en ont, en fait !

    "Critique de la Modernité" ? Mais bien sûr ! Il y a une réponse marxiste à cela : en tant que lutte de classe, la révolution bourgeoise (car il faut souvent traduire et la traduction de la Modernité c'est ça : le triomphe du capitalisme et de la bourgeoisie) a été menée contre l'aristocratie, le cléricalisme... MAIS AUSSI contre les masses populaires paysannes et proto-ouvrières. Qui sur bien des aspects, tout en bénéficiant du progrès technique et scientifique (dans la productivité, le remplissage de l'assiette, la santé etc.), ont PERDU politiquement et socialement par rapport à l'époque féodale, où il fallait verser son petit tribut au seigneur, mais il pouvait y avoir beaucoup plus d'auto-organisation et d'autonomie politique populaire du-pais-a-la-commune-populaire du-pais-a-la-commune-populaire-2 qu'aujourd'hui. Sans même parler du colonialisme accompagnant l'accumulation primitive, puis la révolution industrielle et enfin l'ère des monopoles.

    Critiquer la Modernité c'est tout simplement prendre en compte ce double aspect du processus bourgeois entre la fin du Moyen Âge et le 20e siècle, en rompant avec le roman du "Progrès" d'un point de vue exclusivement bourgeois (la "liberté" bourgeoise faisant unilatéralement et exclusivement le bonheur du peuple, depuis les premières communes du Moyen Âge jusque aujourd'hui et pour l'éternité). C'est tout à fait faisable avec la science marxiste.

     

    [Résumé, peut-être, ULTIME sur la question du postmodernisme (commentaire FB) : 

    Il est d'autant plus difficile de définir le postmodernisme, qu'il ne se définit pas et même rejette en général cette appellation lui-même.

    Nous dirions pour notre part qu'il est une forme de dérive gauchiste à partir du traitement de causes légitimes, comme toutes les causes légitimes ont leurs gauchismes de toute façon, y compris la lutte des classes "pure" avec le dogmatisme ouvriériste ou autre.

    Notre définition du postmodernisme serait une dérive individualiste, individualo-centrée qui perd de vue les grandes divisions du travail et les hiérarchies des contradictions (principales, secondaires) au profit de souffrances, indiscutables en vertu de la "parole des concerné-e-s", et en réponse d'une recherche de "zones de confort safes", PERSONNELLES.

    S'attaquant au final, d'ailleurs, à des comportements dits oppressifs individuels c'est à dire des SYMPTÔMES, et non au fond structurel des problèmes (les grandes divisions du travail), dans une approche finalement MORALE tout en critiquant à tout va l'antiracisme et toutes les approches anti-oppression dites "morales".

    Au final, de dérive en dérive on en arrive à un "progressisme au service de l'ordre" version radicale, radicaliste, opposé et même en prétendue guerre contre le "progressisme au service de l'ordre" socedem ou lib-lib mainstream (De Haas, Fourest, Schiappa, "antiracisme" SOS etc.) mais TOUT AUTANT au service de l'ordre en réalité.

    Les souffrances personnelles, à partir d'oppressions non hiérarchisées ni mises en perspective, sont ainsi habilement dressées les unes contre les autres et détruisent toute unité d'action de masse contre une (ou pourquoi pas plusieurs de front !) division du travail priorisée comme à abattre.

    Il n'y a plus d'analyses justes et d'analyses erronées, puisqu'il n'y a plus que des ressentis tous valables et légitimes, à écouter sans critiquer sous peine de "silencier" les personnes... Donc la construction d'une conception révolutionnaire correcte pour transformer le monde (et liquider toutes ces souffrances) n'avance plus.

    À un certain point, parler de révolution et de ce que ça implique (pas un dîner de gala) devient "viriliste", "excluant" pour les gens qui ne seraient pas "physiques", costauds, ne sauraient pas se battre, ou seraient handicapés (comme si les communistes n'étaient pas capables de tous temps de trouver une utilité à tout le monde voulant servir la révolution, il suffit de penser à un géant théorique comme Mariategui... en fauteuil roulant, jamais monté sur une barricade).

    Lorsqu'on a atteint ce stade de n'importe quoi, on a affaire à un véritable dispositif de contre-révolution préventive.

    Voilà pour résumer (si on peut appeler ça résumer LOL)]


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