• Encore des punchlines autour du "séparatisme" national


    Alors, quand le jaco de base se réveille, il a l'art et la manière d'oublier ses propres cris au ''communautariiiiisme'' des manifs pour Gaza de l'été 2014, ou des camps d'été décoloniaux non mixtes, et de se saisir de la gravité de la situation en Palestine ou dans le Sud global en général pour l'opposer à nos revendications de Peuples en Europe.

    Mais en fait, la seule différence vraiment fondamentale est peut-être que ce qu'ils décrivent de la tragédie palestinienne, ou de n'importe quelle colonie ou néocolonie dans le monde, chez nous c'est enterré dans les siècles, il y a très longtemps en arrière (alors que les atrocités coloniales sont soit actuelles soit très récentes).

    En fait, nous sommes des sortes de boules de cristal. Nous sommes ce que sera le monde d'ici quelques siècles, si toute cette merde d'expansion infinie du règne du Capital n'est pas arrêtée d'ici là (mais elle le sera bien sûr, la révolution mondiale triomphera avant).

    Il n'y aurait plus (soi-disant) de colonisés ni de races : ces mots ne sont-ils pas déjà devenus quasi-tabous ? Tout le monde serait citoyen d'une "grande" et "belle" démocratie capitaliste, ainsi que "citoyen du monde". We are the World, we are the children.

    MAIS... dans l'anéantissement total des langues et cultures populaires millénaires, et une acculturation totale au paradigme néolibéral (occidental) consumériste du Marché mondialiséla Cité des Spectres... Il y a déjà trois fois plus de centres commerciaux par million d'habitants à Guayaquil (Équateur) qu'à Lyon, centres commerciaux dans lesquels des foules immenses déambulent tout le week-end et s'abrutissent ; par contre l'intérieur des boutiques est quasiment désert (personne n'a les ronds pour y acheter quoi que ce soit). Le dollar est roi et 90% des nouveaux-nés reçoivent un prénom anglo-saxon. C'est juste un exemple...

    Et bien sûr, une "citoyenneté du monde" à plusieurs vitesses ; dans l'exploitation et pour l'immense majorité la misère ; avec de grands Centres capitalistiques aspirant la richesse, gorgés en permanence de la sueur et du sang des masses travailleuses.

    Donc voilà, encore une fois : MERDE. Les Catalans ne sont pas (pas plus que les Bretons) les plus à plaindre en ce bas-monde, non ; les Catalans "ont du fric", oui ; parce que 1°/ pour des raisons historiques, leur fonction attitrée dans le Système Espagne a été industrielle et non agricole (= plus de valeur ajoutée = plus de fric), et 2°/ ils (ce "ils" incluant la bourgeoisie) ont su tirer leur épingle du jeu ; parce que la Transition (1975-82) n'a pas été la période enchantée des films d'Almodovar mais une période de luttes politiques et sociales extrêmement aiguës, avec des morts toutes les semaines ou presque (12 - 3 - 456) ; et parce que dès la mort de Franco, l’État espagnol avait pour objectif de rejoindre la construction européenne et ne pouvait pas se permettre une nouvelle guerre civile, or c'était une hypothèse très sérieusement envisagée : il a donc dû lâcher du lest, tout particulièrement dans les nationalités les plus "centrifuges" (Catalogne et Pays Basque). La Catalogne a donc connu en effet, jusqu'à la crise capitaliste terminale actuellement en cours depuis la fin des années 2000, un certain "miracle économique" parce qu'elle s'est UN PEU DÉGAGÉE du carcan étatique espagnol ; sans quoi elle serait peut-être dans la même situation que l'Occitanie centrale, sa voisine du Nord (nullement dégagée quant à elle du Système France), malgré le "dynamisme" chanté sur tous les tons des métropoles de Toulouse et Montpellier.

    Mais la Catalogne a RAISON, quand elle veut prendre des mesures un tant soit peu social-démocrates (le centriste Puigdemont ne serait pas au pouvoir actuellement sans l'appui de la social-démocratie indépendantiste ERC, et même de la gauche radicale CUP) et que Tribunal constitutionnel de Madrid les annule systématiquement, de vouloir quitter cet État "post"-franquiste au service du néolibéralisme pourri (lire ici) ; et surtout, elle a raison de vouloir s'arracher aux griffes de cet appareil politico-militaire et idéologique qui est, dans la péninsule, l'agent suprême du triomphe du paradigme précédemment décrit (triomphe déjà bien avancé puisque nous sommes en Europe et les Catalans sont déjà, tout comme nous, plus des "boules de cristal" qu'autre chose ; mais on ne va pas rejeter sous ce prétexte un processus politique qui pourrait être le premier pas d'un autre chemin !).

    À LA RIGUEUR dans certains cas comme la Flandre belge, très concrètement opprimée il y a encore 100 ans voire 80 ans, mais "surinvestie" capitalistiquement et poussée en avant dans sa revendication nationale, depuis l'après-guerre, par les Anglo-Saxons pour faire contrepoids à la bourgeoisie wallonne et bruxelloise francophone et francophile ; ou encore le Kurdistan d'Irak (Başûr) barzaniste dont il n'est besoin de rappeler à personne la terrible oppression sous Saddam, mais converti depuis la disgrâce de celui-ci en une place-forte de l'impérialisme (pratiquement un deuxième Israël) au Moyen-Orient ; on peut discuter de la pertinence (du point de vue de la révolution anticapitaliste et anti-impérialiste mondiale) de la revendication séparatiste SOUS LA DIRECTION POLITIQUE ACTUELLE telle qu'elle est...

    Mais ni la revendication catalane ni aucune volonté de rupture avec l’État "post"-franquiste néolibéral espagnol ne peut être considérée dans ce cas de figure.


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    Mon concept est très simple ! Je suis pour la fédération avec ce qui est révolutionnaire, et la séparation avec ce qui est réactionnaire.

    Je suis pour une Occitanie fédérée avec le Bassin parisien, la Bretagne, le Pays Basque et toute autre partie de l'actuel État français qui serait entrée en révolution (le combat politique serait alors pour des relations inter-territoriales égalitaires, pour que l'Hexagone rouge ne soit pas un nouveau centralisme économique francilien, et j'ajouterai, qu'il ne maintienne pas le privilège blanc ; de toute façon la révolution se ferait niquer dans ce cas, la révolution a pour centralité les SMICards et si elle est islamophobe elle a au moins le quart des SMICards contre elle, si elle ne laisse pas les travailleurs "vivre, travailler et décider au pays" elle en aura les 3/4, etc.).

    Mais je suis pour une Occitanie indépendante de l’État français tel qu'il est, et a fortiori d'un État français encore pire (aux mains de Wauquiez ou carrément Le Pen).

    Je suis, dans la perspective d'un Hexagone aux 3/4 en révolution, pour une Occitanie qui participe aux côtés des autres à prendre les dernières citadelles de la Réaction (et à en libérer les classes populaires des cachots).

    Je suis, dans la perspective d'une révolution outre-Pyrénées et d'une Fédération ibérique révolutionnaire, pour une Occitanie qui la rejoigne.

    Etc.

    Encore des punchlines autour du "séparatisme" national


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