• Effectivement, c'est souvent un constat que beaucoup de personnes "d'origine" ne parlent pas arabe, ou de façon très sommaire...


    Eh bien c'est simple : elles sont passées par ce que nous appelons en Occitània la vergonha ("honte", de sa langue et de sa culture, et assimilation du mépris social alentour contre ceux - en l'occurrence sa propre famille... - qui la parlent), comme beaucoup d'autres avant elles !

    http://www.slate.fr/…/langue-arabe-maternelle-oubliee-honte

    Illustration dans le texte :

    "Parler arabe, en public ou même dans son foyer, était considéré comme un refus d’intégration, une manifestation du communautarisme, et les petits bilingues que nous étions ne suscitaient jamais la même admiration qu’un franco-anglais ou un bilingue chinois-français. Les attentats de ces dernières années et l’amalgame arabe = arabisation = charia a fait le reste.

    Mais déjà à 5-6 ans, alors que ma mère me parlait en arabe au supermarché ou dans la rue, je débusquais des regards réprobateurs et en est né un sentiment de honte. Personne dans ma classe n’a jamais témoigné la même curiosité sincère et enjouée pour la langue que je parlais à la maison que pour les autres enfants issus de foyers immigrés italiens, portugais ou coréens. Pour mes camarades, l’arabe se résumait à «nardinamouk» et «tfou» (le bruit que l’on est censé faire en crachant). Les autres, les Rachid, les Mounia, enfants de Tunisiens, de Marocains, d’Algériens avaient comme moi la mine renfrognée et la honte qui brûle les joues quand nos parents se pointaient aux réunions parents-profs avec leur accent, les «r» qui roulent et les «hamdoullah» qui ponctuaient chaque commentaire élogieux d’enseignant sur nos résultats scolaires.

    Jamais personne ne m’a dit que l’arabe était une belle langue. Jamais personne n’a pris le temps de me dire que ça n’était pas une langue de minorités qui doit se faire tout petite mais qu’elle était parlée par des millions de personnes dans le monde. À l’inverse, tout, qu'il s'agisse des sketchs à la télé dans lesquels des humoristes imitent l’accent arabe avec force raclements de gorge et sons gutturaux, ou des blagues sur les paraboles de nos balcons qui captaient mal les chaînes arabes, m’a incitée à avoir honte de ma langue maternelle et à tout faire pour l’oublier."

     


    slate.fr

    «Je sais pourquoi je ne pige pas un mot d’arabe, qui est pourtant ma langue maternelle»


  • Commentaires

    1
    Pascal
    Jeudi 20 Septembre à 14:14
    Ils ont eu honte de parler berbère (amazigh) davantage que de parler arabe.
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