• [Dossier kurde] Je ne mets pas une seule seconde en doute...


    ... que la Fédération de Syrie du Nord (Rojava) soit un "moindre mal", le "moins pire" endroit où l'on puisse se trouver dans cette région du monde en ce moment.

    Mais moi, pour moi ce "dossier" est clos et je suis déjà dans un AUTRE COMBAT : un combat IDÉOLOGIQUE contre celles et ceux qui voudraient démontrer, à travers Rojava et sa victoire sur les forces de Daesh et autres milices salafistes plus ou moins pro-Erdogan, que finalement le maoïsme voire même le léninisme "ça ne sert pas à grand chose" ; que ce ne sont guère que d'encombrantes reliques ; au profit d'une sorte de tentative de deux-fusionnent-en-un entre matérialisme marxiste et idéalisme anarchiste ou postmoderne (ce qui revient finalement un peu au même) ; tout ceci enveloppé dans l'argument, en fin de compte, OPPORTUNISTE IDENTITAIRE que des gens se sont battus, ont souffert, sont morts, et en plus maintenant sont victorieux.

    Il ne s'agit pas de mettre même une seconde cela en doute, et de ne pas saluer leur mémoire, mais d'une toute autre guerre qui est indispensable à la politique révolutionnaire, et qui est la guerre idéologique contre l'opportunisme.

    Comme le dit la formule consacrée, "on peut tuer un révolutionnaire mais pas ses idées", et de cela d'innombrables camarades martyrs attestent, y compris bon nombre ces dernières années en Rojava-Syrie ; MAIS PAR CONTRE, on peut tuer politiquement des opportunistes en tuant leurs idées, et de cela je n'ai pas l'intention de me priver.

    Rojava restera sans aucun doute, pour de nombreuses années encore, l'endroit où il fera le mieux vivre dans toute l'Asie du Sud-Ouest ; mais il ne faut faire aucun cadeau en termes de CRITIQUE POLITIQUE au Rojava victorieux d'après-guerre, pour montrer aux masses du monde ce qui arrive quand on n'est pas léniniste et encore moins maoïste. En l'occurrence, que l'expérience a eu et a sans aucun doute encore des aspects enthousiasmants ; mais aussi un aspect "tirailleurs de gauche" de l'impérialisme qui va en grandissant ; et qui est logique sur la base d'une idéologie confdem qui s'en prend principalement à des cibles idéalistes comme "l'État" ou "le masculinisme" et considère l'impérialisme voire même le capitalisme en tant que tel comme des problématiques tout à fait secondaires (pour le capitalisme, on pourrait presque parler d'un "classisme" découlant de l'autoritarisme étatique, et non d'un mode de production scientifiquement défini qui sous-tend absolument TOUTE la "modernité" mondiale actuelle !).

    En ce qui me concerne, je me suis planté sur le confédéralisme démocratique d'Öcalan parce que j'avais compris qu'il critiquait les tentatives d'implantation de l'État moderne "à l'européenne" qu'on observe dans la région depuis une grosse centaine d'années (et qui ont effectivement amené leur lot de massacres, génocides etc.). Mais non ! En réalité, il critique tous les modèles de société dans la région depuis que le triomphe de l'islam a mis fin à l'Antiquité gréco-araméo-perse... Et cela, un tel anti-matérialisme anti-historique, je ne peux l'accepter ; même sous les lauriers d'une éclatante victoire.

    Je ne veux pas, comme certains trotskystes, aller jusqu'à déplorer la victoire que les Kurdes de Rojava et leurs FDS viennent de remporter ; on peut bien sûr pointer du doigt les champs de ruines que sont Raqqa et Mossoul et les victimes civiles innocentes, mais non sans rappeler aussi le phénomène politique qui a été défait et la nécessité existentielle qu'avaient les peuples de la région de le défaire ; mais je ne veux pas non plus, sur le terreau de cette victoire, laisser prospérer les discours anti-matérialistes et les louanges à l'antimarxisme confdem que je viens de dénoncer.


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