• Contre tous les racismes et le fascisme - l'égalité ou rien : photos (+ quelques mots sur les départementales)


    500 personnes à Tolosa et plusieurs milliers (peut-être 5.000 voire plus) pour une très très belle manif à Paris :


    Manif contre tous les racismes et le fascisme - l'égalité ou rien : photos

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    Il y a eu aussi environ 200 personnes à Strasbourg : photos et vidéos sur le site la Feuille de Chou

    Manif contre tous les racismes et le fascisme - l'égalité ou rien : photos

    Quant aux élections départementales qui se tenaient ce dimanche, elles se sont bien sûr et encore une fois terminées sur un succès du désormais incontournable Front National. Nous ne pouvons que vous inviter à lire et/ou relire nos analyses suite aux municipales et aux européennes, auxquelles il n'y a pas grand-chose à ajouter :

    Élections municipales du 23 mars 2014 - premières analyses

    Municipales - analyse des résultats du second tour

    Et hop ! (Valls nommé à Matignon dans la foulée)

    Résultats des élections européennes : "séisme politiiiiiique !!!"

    Un succès cependant (cette fois-ci) à quelque peu relativiser puisque les ~ 25-26% du parti lepéniste le placent en deuxième position (alors que les sondages depuis plusieurs mois l'annonçaient en tête avec près ou plus de 30%) ; devant le PS (~ 21%, peut-être 25% ou plus - donc peut-être devant le FN - avec ses alliés PRG etc., total des gauches à 35-36%) mais nettement derrière le tandem UMP-UDI qui caracole en tête avec 30% ou plus (total des droites non-FN 36-38%). Des chiffres certes (et comme toujours) à relativiser par le taux d'abstention, qui s'élève à près de la moitié des inscrits (soit dans les faits plus de 60% des personnes en âge de voter, et plus encore dans les territoires les plus populaires). Mais cela pourrait bien être - précisément - la confirmation de toutes nos analyses des articles en lien ci-dessus : à qui profite le crime de la montée et des "séismes politiques" frontistes...

    Sur BFM TV les commentateurs parlent déjà de "grande victoire de Nicolas Sarkozy" et le second tour s'annonce avec... plusieurs centaines de duels UMP-FN (= victoires UMP assurées) - 85 cantons auraient déjà été gagné par la droite, lui donnant 170 élus dès ce soir de premier tour contre 44 (22 cantons) pour la "large gauche" tandis que le FN aurait remporté quant à lui 3 cantons (le Pontet dans le Vaucluse et Fréjus dans le Var, deux villes déjà gagnées aux municipales, + Vic-sur-Aisne en Picardie), soit 6 élus.

    [Résultats à peu près définitifs lundi matin : FN 25,12% ; PS ou Union de la Gauche 21,2% mais "le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll insiste pour comptabiliser les alliés" (en fait le PRG et les "divers gauche" ) ce qui porterait le score à un peu plus de 28% (donc devant le Front National) ; total des gauches 36,34% (Front de Gauche ou PC ou PG 6,1%, EELV un peu plus de 2%) ; UMP ou UDI ou binômes UMP-UDI ou Union du Centre 29,5% ; total des droites non-FN 37,09%. 110 cantons d'ores et déjà remportés par la droite (220 élus), 32 par la gauche (64 élus), 4 par le FN (8) et 3 par des divers (6 élus). La gauche sera absente du second tour dans 524 cantons. Il devrait y avoir au total 1536 duels dont 772 face au FN (ce qui implique donc au moins 200 duels FN-gauche), 326 triangulaires (sous réserve de désistement) dont 297 avec FN ainsi qu'une quadrangulaire (Ambazac, Limousin) PS-FN-PCF-UMP [chiffres définitifs : 1614 duels, 278 triangulaires (après 36 désistements, c'est très peu) et 13 candidatures uniques (deux binômes d'une même famille politique, l'un s'est retiré) ; FN présent dans 1107 cantons dont 256 triangulaires ; la quadrangulaire à Ambazac (Limousin) n'aura pas lieu, devenant triangulaire après le désistement du binôme PCF ; 682 duels gauche-droite, 538 droite-FN, 294 gauche-FN, 39 droite-droite et 36 gauche-gauche.]

    À noter (en prenant comme comparatif, c'est-à-dire comme élections de circonscriptions et d'étendue hexagonale les législatives de 20022007 et 2012, les cantonales étant précédemment par moitié des cantons) que si le FN explose effectivement, le "total des gauches" reste dans sa fourchette "normale" de 35-40% au premier tour (37,26% en 2002, 35,56% en 2007 et 39,86% en 2012) : ceux qui s'"effondrent" sont l'"extrême-gauche" (avec un ridicule 0,06%, à peine plus de 12.000 voix : une possible explication ici ?) ainsi que (à l'intérieur du total des gauches) les Verts (qui faisaient 4,5% en 2002, 3,25% en 2007 et 5,46% en 2012) et dans une moindre mesure le Front de Gauche, autrement dit la social-démocratie de notre époque, le Modem (0,37% contre 7,6% en 2007 et encore 1,77% en 2012) et puis... la droite non-FN qui faisait 43,31% en 2002, 45,57% en 2007 et 34,66% en 2012 mais dans un contexte de "vague rose" (la "vague bleue" actuelle fait donc à peine mieux !)... C'est donc bel et bien sur l'électorat de cette dernière que semble mordre prioritairement le Front National "modernisé" de Marine Le Pen (tandis qu'en parallèle le "peuple progressiste" disparaît électoralement) ; comme cela s'était d'ailleurs également observé entre les cantonales de 2008 et 2011 (le FN passant de moins de 5 à plus de 15% tandis que la droite reculait de plus de 40 à moins de 32%, le total des gauches restant dans une même fourchette de 47,77 et 48,97%) ; et si l'on regardait en détail les bureaux de vote où le Front fait ses meilleurs scores, l'on trouverait certainement des bastions PS-PC des années 1980 mais aussi et surtout la carte exacte des bureaux où Sarkozy écrasait Ségolène Royal en 2007 - une droitisation des classes populaires blanches qui a simplement poursuivi sa radicalisation ! Ce sont également des élus de droite qui ont permis l'élection de deux candidats FN au Sénat en septembre, et le parti lepéniste ou ses satellites (Rassemblement Bleu Marine) "débauchent" régulièrement à l'UMP et même à l'UDI : on voit bien là où se situe la porosité principale, bien que l'électorat trahi et écœuré par la gauche ait aussi un rôle très important (en se tournant directement vers le Front ou en s'abstenant, ce qui le fait forcément monter).

    Ceci ne devrait toutefois pas empêcher l'UMP-UDI de remporter un grand succès au second tour de dimanche prochain, avec le report d'une partie des voix de gauche en cas d'élimination de celle-ci ou de triangulaire avec la droite en tête (retrait de beaucoup de binômes de gauche dans ce cas de figure), en plus des "classiques" duels droite-gauche où elle part largement favorite (reports FN non-négligeables en perspective). À qui profite le crime disions-nous... De toute façon, comme nous avons déjà eu l'occasion de l'écrire, le Front National est déjà pour ainsi dire 20% au pouvoir depuis le 21 avril 2002, peut-être même 25% au pouvoir depuis les élections de l'année dernière et il le sera selon toute vraisemblance à 50% en 2017*.]

    [Autre information : au Pays Basque Nord, la gauche (modérée) abertzale qui cartonne aux élections depuis quelques années est avec plus de 16% la troisième force politique locale et sera présente au second tour dans 5 cantons (Bidache-Amikuze-Oztibarre, Nive-Adour, Saint-Jean-de-Luz, Montagne basque et Ustaritz-Nive-Nivelle). Elle affrontera même en duel, dans le canton Nive-Adour... le Front National : dans cette configuration, il est évident qu'une déculottée de ce dernier ne pourrait que nous combler d'allégresse !

    En Bretagne, dans le canton de Carhaix-Plouguer bastion des "affreux" Bonnets rouges "identitaires-romantiques-fourriers-du-fascisme", le désormais célèbre maire autonomiste de centre-gauche Christian Troadec est largement en tête avec 35,56% tandis qu'un binôme de sympathisants NPA et Front de Gauche remporte la... troisième place avec 16,77% (!), devant le PS (15,67%) et talonnant la droite (19%), le FN n'atteignant pas les 13% (il est de manière générale très bas dans toute la Bretagne, au Pays Basque et en Corse ; on ne peut hélas pas en dire autant en Occitanie, sauf dans la région gasco-pyrénéenne ou encore dans le secteur cévenol, le sud du Massif central en général ainsi que dans les Alpes de Provence).]


    * Le principe dans un régime parlementaire bourgeois (à moins d'abolir celui-ci, autrement dit d'instaurer le fascisme "pur et simple" comme en Allemagne en 1933 ou en Italie à partir de 1928) c'est qu'aucune force politique n'a jamais le pouvoir "à 100%" : les autres ont toujours d'une manière ou d'une autre des "niches" de contre-pouvoir, ne serait-ce qu'au niveau local, et (exercée à partir de ces "bases") une part d'hégémonie intellectuelle sur la société civile. Dans les années 1960, le gaullisme n'était ainsi pas "100% au pouvoir" mais plutôt (disons) "à 60 ou 70%" : les autres forces politiques, notamment la gauche non-communiste (FGDS) et (surtout) le social-républicanisme PCF, contrôlaient un grand nombre de municipalités et exerçaient une influence certaine sur la société (et donc sur la politique) de l'époque. En 2007 Sarkozy a remporté la présidentielle (sur le programme de Patrick Buisson...) et nous nous sommes dits "aïe", mais ensuite les législatives ont vu un net recul de la droite (345 députés contre 398 en 2002) et une nette progression de la gauche (227 contre 178), la défaite de "poids lourds" comme Alain Juppé à Bordeaux etc., suivies de municipales et de cantonales (2008) également très mauvaises pour la majorité présidentielle comme d'ailleurs tous les scrutins par la suite jusqu'en 2012 : il est évident que le quinquennat aurait été très différent (beaucoup plus conforme à nos craintes) si l'Assemblée de 2007 avait été "bleue horizon" et toutes les échéances suivantes du même tonneau. En revanche, le quinquennat précédent (2002-2007) et l'élection de Sarkozy à l’Élysée elle-même (après 4 ans de "résistible ascension") avaient été clairement placés sous le signe de la qualification de Jean-Marie Le Pen au second tour en 2002.

    Comprendre cela c'est comprendre les concepts que Gramsci appelle hégémonie et société civile : le règne de la bourgeoisie sous le capitalisme ne repose qu'exceptionnellement sur la seule force et la terreur brute ; il repose beaucoup plus généralement sur le fait que la bourgeoisie a su créer une adhésion autour de son programme (même le fascisme "total" avec parti unique, terreur répressive ouverte, persécutions racistes etc. repose sur la construction préalable d'une certain adhésion !)... ou de plusieurs programmes "concurrents" mais tous bourgeois (non-révolutionnaires), si bien qu'au final 99% de la population adhère à un projet de société capitaliste ou un autre.

    À l'heure actuelle il est possible de dire qu'un "consensus" bourgeois existe autour d'un programme socio-économique social-libéral, en quête d'un "juste milieu" entre Keynes et Friedman, "il faut répartir justement la richesse mais pour cela il faut d'abord la créer" (et puis "faut se mettre un petit peu au boulot aussi"...), ceci incluant même le Front National (mais pas le Front de Gauche, clairement keynésien) ; et que les véritables clivages portent en réalité sur 1°/ le reproche fait aux autres forces de ne pas avoir trouvé le fameux "juste milieu" (d'être trop libérales ou trop "socialistes"), bien qu'elles s'en réclament elles aussi tout autant, 2°/ la longueur de la matraque (répressivité policière) vis-à-vis des "masses dangereuses" populaires, 3°/ (un peu dans le même esprit) des débats "de société" tels que le droit (ou non) des personnes homosexuelles à fonder une famille et 4°/ la place de l’État français au sein de l'Union européenne et vis-à-vis de l'impérialisme américain, d'institutions de la "mondialisation" économique telles que le FMI etc. ; les "fondamentaux" de l'idéologie républicaine bleu-blanc-rouge faisant largement trait d'union entre tous ces courants. Le programme dominant (généralement "comme par hasard" celui dont l'immense majorité de la bourgeoisie a besoin à l'instant t) est celui qui aura su créer la plus large adhésion autour de lui (non pas "sur du vent" ou par du "bourrage de crâne", mais déjà parce qu'il correspond aux exigences concrètes du présent pour l'ordre social capitaliste) ; mais il est toujours d'une manière ou d'une autre influencé par les autres (qui représentent aussi des "choses auxquelles la bourgeoisie doit penser" à l'instant t), à proportion du rapport de force (qui exprime la "prégnance" de ces "questions" sur le moment).

    C'est dans ce sens qu'il est possible de dire que si le Front National reçoit l'adhésion de 20 ou 25% ou plus de la population, commence à remporter des collectivités locales conséquentes etc. etc., il est déjà "à 25% au pouvoir". Si demain (en 2017) l'élection présidentielle se solde par l'élection du candidat UMP face à Marine Le Pen par 55% contre 45%, il est clair que le FN sera "à moitié au pouvoir" et que le quinquennat sera bien au-delà des pires craintes que nous pouvions avoir en 2007. Ce sera bien sûr très différent d'un FN "à 20-25% au pouvoir" comme c'est le cas actuellement et depuis une douzaine d'années (et notamment sous la présidence de Sarkozy) ; l'on pourra clairement parler d'ambiance semi-fasciste (comparable à la Russie de Poutine par exemple) ; et un FN "à 80% au pouvoir" serait clairement un régime de type fasciste (même si un semblant de parlementarisme multipartiste était maintenu, ce qui est plus que probable... même Vichy ne l'avait pas vraiment aboli et l'Italie de Mussolini fonctionna ainsi de 1922 jusqu'en 1929 !). 

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