• Comprendre les contradictions inter-impérialistes : fondamental pour comprendre notre époque !


    Excellent article publié en septembre dernier sur le site du PCmF. Incontournable pour écraser le confusionnisme et le "campisme", déviations qui (parfois) mènent tout droit à la Main d'Or...  


    Le repartage du monde entre les puissances impérialistes

    Les marxistes-léninistes-maoïstes et les confusionnistes 


    ob_8ef3f327add566c38456067cbbc7d6aa_inter-imperialiste.jpg"Ce qui est l’essence même de l’impérialisme, c’est la rivalité de plusieurs grandes puissances tendant à l’hégémonie, c’est-à-dire à la conquête de territoires- non pas tant pour elles-mêmes que pour affaiblir l’adversaire et saper son hégémonie." (Lénine, L'impérialisme, stade suprême du capitalisme)

    Alors que les puissances occidentales s’agitent dans une perspective d’intervention militaire en Syrie, on observe dans les différents groupes politiques « de gauche » et chez les masses populaires d’énormes confusions.

    Soutien sans réserve pour les uns à Bachar el Assad, perçu comme un résistant à l’impérialisme ; soutien à l’Armée Syrienne Libre pour les autres, perçue comme d’authentiques révolutionnaires. Ces positions erronées proviennent de l’ignorance de l’impérialisme dans son essence et du mode de production capitaliste en général. L’ignorance de la vraie nature de l’impérialisme, entraine dans un cas comme le conflit en Syrie, l’alignement sur les intérêts bourgeois des différentes puissances en présence. Les véritables causes tant internes qu’externes à la crise syrienne sont délibérément ignorées. Aussi, il ne faut pas se perdre dans un débat inutile sur l’utilisation ou non d’armes chimiques par le régime syrien - cela n’a d’importance politique que pour l’opinion publique. Les raisons de l’agitation guerrière n’ont rien à voir avec ça.

    C’est en prenant le cadre politique global de repartage du monde entre les différentes puissances impérialistes depuis plusieurs années qu’il faut analyser ce conflit. Bien sûr, celui-ci à ses propres causes internes à la société syrienne, mais les expéditions militaires de ces dernières années tant en Cote d’Ivoire, en Lybie, au Mali ; l’envoi récent de troupes supplémentaires au Cameroun, et le terrain actuel de grande tension internationale qu’est la Syrie s’explique par la phrase de Lénine citée plus haut. La concurrence économique féroce dans laquelle s’affrontent les différents États capitalistes pour assurer la domination de leurs monopoles sur les matières premières et la force de travail des peuples dominés, voilà la cause du mouvement des impérialistes, c’est cette incessante lutte pour l’hégémonie économique qui fait avancer leurs pions, qui dessine leurs alliances et exacerbe les conflits d’intérêts d’un camp impérialiste contre un autre. Les partisans du régime de Damas qui le présente comme un rempart contre l’islamisme et l’impérialisme sont des anti-impérialistes en paroles et des défenseurs de l’impérialisme en pratique. Car ils ne veulent voir qu’un seul côté du phénomène impérialiste mondial. Leur raisonnement consiste en ce que l’impérialisme se définit par U.S.A et U.E. Ceux-ci arment les rebelles syriens alors il faut défendre ce régime contre l’impérialisme atlantique, et du coup on soutient la Russie et la Chine ! C’est voir les choses en borgne. C’est balayer la nature impérialiste des États russe et chinois, c’est faire le jeu d’un camp impérialiste contre un autre. Les communistes n’ont pas à défendre des intérêts qui ne sont pas ceux de la classe ouvrière et des masses exploitées, mais qui sont juste la lutte pour la sauvegarde et l’extension des monopoles d’une poignée de bourgeois, et ceci qu’ils soient yankees, français, russes, ou chinois.

    Si nous défendons sans esprit d’analyse, comme le font certains, le régime d’Assad, ce serait dire aux masses qu’un impérialisme est meilleur qu’un autre. C’est une position intenable et qui n’aide pas les peuples du monde à comprendre et par la même combattre fermement la domination impérialiste.

    La théorie maoïste nous apprend que « partout ou il y a une guerre, il y a une situation militaire d’ensemble.» (Mao Tse Toung, Problèmes stratégiques de la guerre révolutionnaire en Chine).

    Si l'on comprend cela et le fait que la guerre sert les intérêts d’une classe dominante d’un pays donné, il doit être facile de comprendre que si les faiseurs de guerre occidentaux, sans oublier bien sur le Qatar, l’Arabie Saoudite, la Turquie et Israël soutiennent et arment l’ASL pour défendre leurs intérêts ; la Chine et la Russie soutiennent Bachar pour les leurs et non pour les intérêts du peuple syrien. C’est comprendre une situation dans son ensemble, globalement et non de manière partielle, incomplète. Toute critique de la guerre impérialiste qui ne prend pas en considération l’ensemble des politiques des pays impérialistes depuis ces dernières années ne peut refléter une juste compréhension de la situation mondiale actuelle.

    Tous les peuples, de tous les continents qui subissent l’impérialisme d’une ou plusieurs grandes puissances, doivent compter sur leurs propres forces s’ils veulent se débarrasser à jamais de la misère et de l’exploitation. La domination d’un maitre ne saurait être plus enviable que celle d’un autre.

    La Russie et la Chine, qui ont fait preuve de faiblesse sur la Lybie, sont bien contraintes aujourd’hui de mettre la pression s’ils ne veulent pas se faire bouffer leurs marchés par les impérialistes occidentaux, paniqués de la forte ascension de leurs concurrents asiatiques.

    Chacun travaille à son hégémonie et non à la liberté des peuples, du Mali à la Syrie. Écoutons les fantasmes de la bourgeoisie française exprimés par la ministre du commerce extérieur, Nicole Brick dans son « devoir » sur « la France de 2025 ». Elle nous parle de la présence française en Afrique : « La France, parallèlement l’Europe, ont perdu leur place de partenaires privilégiés. Nous devons la retrouver d’ici 2025. La décennie à venir sera donc celle du retour à l’Afrique. »

    Et pourquoi cette chère France ne fait plus office de partenaire privilégié avec l’Afrique ? Parce que l’État chinois y conquiert toujours plus de marchés et par là sape le taux de profit des capitalistes français !

    Messieurs les humanitaires, qui vous extasiez en éloges sur la France républicaine venue sauver les Maliens des coupeurs de mains et de pieds, pensez vous vraiment que la guerre soit un acte de charité, ou êtes vous de simples hypocrites, des valets de l’impérialisme ?

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    Vous qui attendez les conclusions d’une enquête de l’ONU sur « gaz ou pas gaz ? », ignorez vous vraiment que ce n’est pas l’abus d’une arme spécifique qui est la cause du mouvement des impérialistes dans l’escalade vers la guerre ?

    La défense de leurs marchés, l’extension de nouveaux marchés voici leurs buts. Cette foutue concurrence mondiale. Vous savez ? Celle qui est dans la bouche de tous les politicards bourgeois de notre pays lorsqu’ils disent que la France n’est pas assez « compétitive ».

    Combattre l’impérialisme exige également de balayer les partisans de la France « dominée » par l’impérialisme U.S, clamant qu’elle agirait comme un simple pion. C’est une théorie dangereuse, car elle trompe les masses sur la nature de l’État français ; un État colonialiste et impérialiste qui exploite les peuples du monde pour les intérêts de sa bourgeoisie monopoliste. Lorsque la France mène la guerre au Mali, ne protège elle pas ses intérêts dans ce pays et au Niger voisin ? L’armée française se bat elle pour Areva ou pour Coca-Cola ? On voudrait nous faire croire que les intérêts rapaces de l’État français ne sont pas en jeu dans le conflit syrien. Mais qui ignore la présence de l’impérialisme bleu-blanc-rouge au Liban ? Ses importants intérêts économiques et sa présence militaire via la Finul. Là non plus, comme la Chine et la Russie, la France ne vaut pas mieux que les États-Unis.

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    Que disent les « amis » du peuple syrien ?


    Nous pouvons classer ces « amis » en plusieurs catégories politiques.

    Le P « c » F : « Non à toute interventions militaires en Syrie ! Empêchons que les militaires français soient expédiés en mercenaires de l’impérialisme ! »

    Le P « c » F est contre l’intervention militaire française, mais fidèle à son attitude de défenseur de l’État bourgeois, il s’indigne qu’on veuille faire de l’armée française une bande de mercenaires de l’impérialisme. Comme si elle ne l’était pas ! À moins que pour le P « c » F, « impérialisme » veuille dire « USA ». Appelons un chat un chat, l’impérialisme français est en tête des fauteurs de guerre, et il défend ses propres intérêts dans la région.

    Poursuivons : « depuis deux ans et demi, une révolte sociale, injustement et cruellement réprimée par un pouvoir qui n’a pas notre sympathie, a été détournée en guerre civile. Des groupes, des communautés, soucieux de ravir le pouvoir localement ou nationalement, se sont opposés au régime avec armes, incités dès le départ par des puissances étrangères ». On voit bien là le reflet de la ligne pacifiste et réformiste du P « c » F, incapable de poser le problème de la direction prolétarienne pour lutter contre l’impérialisme. Tout se résume ici en vœux pieux : « l’arrêt des ingérences impérialistes est le préalable nécessaire à un retour à la paix, un retour des réfugiés, à la reconstruction du pays, au rétablissement de sa cohésion, à une évolution démocratique après l’expérience de la tragédie ». Voilà comment ils veulent en finir avec l’impérialisme et leurs chiens de garde laïcs ou religieux ! Alors que le peuple a besoin d’une stratégie révolutionnaire, le P « c » F prône la stratégie des doléances aux impérialistes, une solution venue d’en haut, bref, une politique pacifiste qui désarme les masses. Ils sont dans leur rôle d’hypocrites bourgeois, partisans d’une « solution politique » faisant semblant d’ignorer que, comme le résumait Clausewitz « La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens ».

    Le Parti de gauche : « Le rôle de la France n’est pas de suivre les États-Unis dans leur nouveau délire guerrier ». De même que leurs compères du front de gauche cité plus haut, on apprend que la France ne saurait être impérialiste. Si elle entre en guerre c’est forcément pour le compte de l’empire Yankee. Ce parti a pourtant soutenu l’impérialisme français en Lybie et au Mali (sous couverts humanitaires bien sûr…). Le parti de gauche demande une nouvelle fois un règlement négocié du conflit dans le cadre de la seule institution internationale jugée « légitime », l’ONU, et des accords de Genève qui prévoyaient un cessez-le-feu et une transition négociée, des élections libres et transparentes, bref, tout l’attirail de la pensée bourgeoise. Là encore on ne veut pas appeler un chat un chat. L’impérialisme français a agi en Lybie en concert avec l’impérialisme italien qui a apporté son soutien logistique. On voudrait nous présenter l’ONU comme un organisme au-dessus des intérêts des classes dirigeantes.  Rappelons-nous la guerre de Corée, l’ONU avait formé un corps international par les USA. Au Cambodge, au Congo, qu’ont-ils semé les représentants de l’ONU tant civils que militaires ? Protection des exploiteurs locaux compradores, viols et prostitution infantile. Qu’ont-ils apporté à Haïti, si ce n’est le choléra ?  

    Le PCOF : Que dit le PCOF, membre du même front d’opportunistes que les deux précités, ex pro-Hoxha ? Dans son communiqué il ne dénonce pas nommément l’impérialisme français, mais les dirigeants des grandes puissances occidentales. Certes il écrit : "Nous n’avons cessé de dénoncer Bachar el-Assad, mais nous avons avant tout mis en garde et exprimé notre opposition à toute opération militaire des puissances impérialistes qui veulent se débarrasser du régime syrien, pour en mettre un autre à la place qui leur saura favorable." Pas un mot sur la lutte inter-impérialiste entre les anciens impérialistes et les nouveaux (Russie et Chine). Où est la stratégie de cet ex-parti révolutionnaire dont le combat essentiel a été de profiter du désarroi du mouvement communiste international après la mort de Mao Tsé-toung pour attaquer le maoïsme et ainsi s’opposer à la lutte révolutionnaire armée, à la Guerre populaire ? Aujourd’hui ils bêlent avec les moutons et n’apportent rien de concret, aucune stratégie à notre peuple et aux autres peuples du monde.

    Le PRCF : Des nationalistes chauvins comme le PRCF se font l’écho de l’impérialisme lorsqu’ils déclarent « C’est un Fabius militariste, comme aux plus belles heures coloniales des socialistes français qui renie les principes défendus par la France lors de l’invasion américaine en Irak face à Bush, Dominique de Villepin avait refusé toute intervention militaire… ». Malheureux d’entendre pareilles conneries de la part de gens se revendiquant communistes. Ainsi la France aurait refusé la guerre en Irak en vertu de « principes » et non parce que la guerre contre l’Irak sapait les intérêts que l’impérialisme BBR avait avec Saddam Hussein. Pathétique… De même lorsque les mêmes révisionnistes nous disent « le gouvernement socialiste, qui s’apprête à démolir les retraites […] trouve soudain des milliards d’euros pour agresser un peuple souverain, alors qu’il prétend ne plus avoir d’argent pour la protection sociale et les services publics. »

    Renvoyons les donc à une leçon élémentaire du Manifeste de Marx et Engels : « Par quel moyen la bourgeoisie surmonte-t-elle les crises ? D’une part par l’anéantissement forcé d’une masse de forces productives ; d’autre part par la conquête de nouveaux marchés et l’exploitation plus poussée des anciens. »

    Il n’y a donc rien d’étonnant dans les pratiques du gouvernement « socialiste ». Exploitation plus intensive de la force de travail des prolétaires, destruction des acquis sociaux des travailleurs et conquête de nouveaux marchés par la guerre vont ensemble comme les ingrédients d’une même recette. À l’étape impérialiste, c’est d’une logique claire pour les communistes trempés dans la théorie marxiste-léniniste-maoïste.

    L’URCF : Si cette organisation est une des seules à avoir appelé à l’unité d’action des communistes contre la guerre en Syrie, elle s’affiche en véritable soutien au régime de Damas, résumant outre l’accaparement des richesses comme but pour les impérialistes, leur volonté de « briser l’axe de la résistance contre l’impérialisme américano-sioniste ». Voici la défense d’un impérialisme contre un autre dans toute sa splendeur ! Il n’existe pas de lutte inter-impérialiste mais un impérialisme américano-sioniste contre un « axe de la résistance ». Que l’URCF nous informe si la Syrie faisait déjà partie de cet axe lorsque Hafez el Assad massacrait les communistes de Syrie ? À quoi ressemble donc cet axe ? Un triumvirat nous vient à l’esprit : la Chine, la Russie, l’Iran. L’URCF ne voit qu’une Syrie une et indivisible, un peuple sans contradictions, une Syrie « qui n’a jamais ménagé sa solidarité avec la cause palestinienne… ». Pour finir, c’est en faveur d’un processus de paix que les membres de ce groupe s’expriment : « Le gouvernement syrien est prêt, sans préalable, à participer à une conférence internationale pour trouver une solution politique au conflit. » et encore « Ce sont les « rebelles » qui ont toujours refusé de négocier… ». On voit où entraine le rejet du maoïsme pour cette organisation ; le rejet de la loi de la contradiction leur empêche d’analyser la situation d’ensemble et de déterminer une ligne juste. Que peut-on attendre d’une organisation qui est passée de la lutte anti-trotskyste aux revendications trotskystes, de la dictature du prolétariat aux accords de paix en faveur d’un chien de garde des impérialistes asiatiques ?


    Du coté des trotskystes…


    Le NPA soutient la déclaration des groupes trotskystes arabes dont celui des trotskystes syriens. Ceux-là même qui versent des illusions sur « le pacifisme de la révolution » (difficile à croire dans une situation comme la leur). Dans sa déclaration du Premier Mai, ce groupe mentionne l’armement des ouvriers, mais les perspectives ne sont pas claires. L’armement est perçu comme une mesure essentiellement défensive, la prise du pouvoir par un processus armé n’est pas évoquée. En voici quelques extraits :

    « Nous appelons les travailleurs et les ouvriers à mettre la main sur les usines et les installations industrielles et agricoles qui ont été fermées par l’État ou les capitalistes, et de les gérer eux-mêmes à travers des conseils ouvriers autonomes. »

    « Il n’y a pas de révolution démocratique radicale, ou plutôt pas de révolution sociale, sans un rôle déterminant et autonome des travailleurs et des masses laborieuses. Œuvrons à constituer des conseils de travailleurs et d’ouvriers dans chaque usine et chaque installation, avec des fractions de résistance ouvrière armées partout. »

    Comme tout groupe trotskyste, il apparait incapable de comprendre les priorités d’un processus révolutionnaire. Il donne, en plus, du crédit à l’ASL qu’il décrit comme une armée constituée d’éléments populaires sans analyser le rapport qu’elle entretien avec les impérialistes occidentaux. Il préconise l’entrisme en son sein. Les trotskystes n’apprennent rien de l’histoire. Ils ne se donnent pas la peine d’étudier les révolutions victorieuses. Leur ligne politique participe à freiner les masses et à jouer le jeu des impérialistes tout en prétendant les combattre. Ils s’obstinent dans une ligne ouvriériste qui ne peut pas répondre correctement aux tâches d’une révolution. Comment les masses populaires de Syrie peuvent elles sortir de l’impasse d’une guerre civile et répondre à l’agression impérialiste sans être regroupées dans un large Front uni anti-impérialiste sous la direction d’un Parti communiste révolutionnaire, armé du marxisme-léninisme-maoïsme ?

    La révolution armée pour la prise du pouvoir : dans n’importe quelle situation, n’importe quel pays, les trotskystes, les gauches « révolutionnaires », ne veulent pas en entendre parler.

    Écoutons-les :

    « Nous dénonçons la complicité directe des gouvernements de la Russie et de l’Iran qui encouragent les crimes d’Al-Assad. Mais nous réaffirmons que les grandes puissances occidentales, en refusant de livrer des armes que réclament depuis tant de mois les structures collectives de lutte dont s’est doté ce peuple, portent une lourde responsabilité dans la perpétuation du régime assassin tout en contribuant au développement de courants obscurantistes religieux qui constituent un second ennemi pour le peuple syrien. »

    De qui se moque le NPA ? Les puissances occidentales et leurs alliés n’arment elles pas l’ASL, que leurs collègues syriens proposent de noyauter ? Mais analysons leurs confusions après cet autre extrait de leur déclaration où il est défendu que les bombardements occidentaux seraient « contre-productifs, face à un régime criminel et aventuriste, qui pourrait au contraire renforcer sa propagande internationale et finalement augmenter les souffrances en Syrie. C’est au peuple syrien de se libérer en toute autodétermination, avec toute l’aide internationale indispensable mais sans les manœuvres et interventions directes d’États qui défendent d’abord leurs propres intérêts. »

    Prenons une aspirine et récapitulons !!! Le NPA dénonce le soutien de la Russie et de l’Iran et reproche aux impérialistes occidentaux de ne pas soutenir les «  rebelles » (ce qu’ils font pourtant - pas assez pour les trotskystes). Les bombardements sont critiqués pour leur seul aspect « contre-productif », les Syriens devraient se libérer tout seuls sans les manœuvres et interventions directes d’États qui défendent leurs propres intérêts (critiqués auparavant pour ne pas fournir d’armes) mais avec toute l’aide internationale indispensable (???).

    Nous nous faisons mal à la tête en mettant à nu autant de profondes contradictions dans si peu de phrases ! Qu’est-ce que « l’aide internationale indispensable » si ce n’est les manœuvres et les interventions directes ou même indirectes des États ? Le NPA attend il une contribution des scouts ? Des associations de motards ou de joueurs de pétanque ? Il n’a pas précisé. Si les États défendent leurs propres intérêts, pourquoi leur reprocher de ne pas fournir d’armes ? L’impérialisme même lorsqu’il fournit du riz le fait, naturellement, dans ses intérêts.  Une quelconque aide internationale « indirecte » tels des organismes comme « Médecins sans frontières » ne servirait elle pas aussi des intérêts des États impérialistes ? Si les impérialistes occidentaux interviennent de façon « indirecte » quelle sera la position du NPA ? Un peu plus et on pourrait penser que le message du NPA s’adresse principalement à l’impérialisme français en ces mots : « Vous n’envoyez pas suffisamment d’armes », « ne bombardez pas le pays, l’ennemi en sera plus fort » ou encore « envoyez des aides via des couvertures humanitaires, des euros etc. »

    Peut-on être considéré comme luttant véritablement contre l’impérialisme lorsque l’on sème des illusions sur sa nature ?

    Nous ne citerons pas tous les autres partis opportunistes, aucun d’eux, derrière l’anti impérialisme dont ils se couvrent n’éclaire le prolétariat des peuples du monde sur la seule route possible pour triompher de tous les impérialistes : la révolution prolétarienne dans les pays impérialistes et celle de la démocratie nouvelle dans les pays opprimés par l’impérialisme.


    Croire au pouvoir des masses


    Le véritable problème dans la situation à l’intérieur de la Syrie réside dans le fait que les masses révolutionnaires refusent de s’armer dans une perspective de prise de pouvoir, laissant ce privilège à l’ASL via les impérialistes occidentaux et leurs alliés Turcs, Qataris, etc.

    Ce que nous avons pu remarquer au sujet de l’ASL, c’est qu’il y a déjà eu des conflits internes en son sein. C’est un indicateur important tant il semble que les impérialistes occidentaux ont du mal à contrôler complètement ce mouvement, d’où le besoin des impérialistes d’intervenir pour faire le boulot à la place de leurs chiens de gardes.

    Les éléments avancés de la classe ouvrière syrienne doivent profiter de cette inorganisation des rebelles pour former leur parti, regrouper les masses populaires dans un front uni et mener la lutte avec leur propres forces armées, indépendante des impérialistes.

    Il appartient aux Syriens de déterminer, en cas d’invasion, la juste voie à suivre dans l’étude et la résolution de la contradiction principale et de la contradiction secondaire. Que celle-ci détermine leurs alliances, leur stratégie et leur tactique. Mais une organisation communiste doit garder jalousement son indépendance et se prononcer pour la prise de pouvoir par la voie armée.

    Quant à nous, nous sommes évidemment opposés à toutes les interventions impérialistes et combattons celle de notre pays en particulier. Les communistes qui veulent éduquer et diriger les masses, doivent juger indispensable de leur faire comprendre la place et le rôle qu’elles occupent dans la politique globale de repartage du monde entre les puissances impérialistes actuels. La dégradation du niveau de vie et de l’exploitation toujours plus poussées des prolétaires des pays impérialistes est en lien étroit avec les guerres menées contre les peuples du monde pour leur asservissement. Prolétaires de tous les pays, nous avons les mêmes ennemis !

    Les prolétaires qui peuvent être amenés par manque de connaissance politique à soutenir un camp impérialiste contre un autre, ne doivent plus se faire d’illusion et prendre en compte le caractère de classe des conflits d’aujourd’hui. Ceux qui soutiennent sans réserve l’ASL en sachant pertinemment qu’elle est armée et entrainée par les impérialistes occidentaux et leurs alliés dans le but de défendre leurs intérêts font partie des pires renégats. Alors que l’impérialisme occidental s’apprête à intervenir en leur faveur comme il l’a fait pour les rebelles libyens, ces opportunistes ne retirent en rien leur soutien.

    Les « pragmatiques » qui choisissent la défense de l’impérialisme asiatique comme «  moindre mal » sont dominés par cette conception bien bourgeoise du monde que ce sont « les grands hommes » qui font l’histoire ; qu’il est impossible de compter sur les forces populaires, que le peuple est faible, ignorant. Tout n’est qu’affaire de dirigeants, d’États. Pour eux, le peuple doit choisir son camp et rejeter le « ni-ni ». Peu leur importe qu’aucun de ces camps ne servent les intérêts des masses exploitées puisque de toute façon il leur est réservé le sacro-saint privilège de décider du sort de l’humanité. Ils ne croient pas dans le pouvoir du peuple, dans son pouvoir de changer le cours de l’histoire en défendant son propre camp. C’est l’illusion perpétuelle que le peuple a besoin de la bourgeoisie, celle à laquelle nous répondons par les mots de feu Armand Elisée de Loustalot « Les grands ne nous paraissent grands que parce que nous sommes à genoux. Levons-nous ! »

    À l’inverse de ceux qui s’abaissent aux pieds des bourgeois pour décider de l’avenir du monde, nous, maoïstes, n’oublions pas que le camp du peuple est notre camp et que c’est lui qui fait l’histoire. Même si cela fait office de simple formules pour tous ceux qui n’ont rien compris à toute l’expérience historique de la lutte des classes.

    En Syrie comme ailleurs, le peuple ouvrier et paysan et les couches les plus exploitées peuvent former le parti communiste révolutionnaire et mener le processus révolutionnaire jusqu’au communisme ! 

     

    MORT À TOUS LES IMPÉRIALISTES !!!

    LE PEUPLE DOIT COMPTER SUR SES PROPRES FORCES

    UNI ET ARMÉ, IL VAINCRA !!!

     

    PC maoïste de France

    septembre 2013

     


    Annexe SLP : Comment caractériser et "lire" le monde impérialiste aujourd'hui ? 

    C'est une importante question qui a déjà été traitée par nous (ici point 2), mais nous produirons ici un "rendu" beaucoup plus synthétique.

    Il y a les deux premières puissances mondiales qui sont

    1°/ de loin mais en perte de vitesse, les États-Unis d'Amérique,

    2°/ loin derrière mais en ascension fulgurante, la République "populaire" de Chine revenue au capitalisme après le coup de force de Deng Xiaoping en 1977-78. La géopolitique chinoise est devenue incontournable pour comprendre le monde d'aujourd'hui, même si elle se manifeste de manière apparemment beaucoup moins agressive que les impérialismes occidentaux (pas d'interventions militaires directes par exemple, mais soutien à nombre de régimes criminels comme la Syrie d'Assad par contre), au point de passer aux yeux de certains (on pense à un certain parti "marxiste" belge) pour le "camp de la paix". D'autant plus incontournable qu'elle joue pour le moment l'alliance avec la Russie, qui se réaffirme elle aussi sur la scène internationale après sa décadence des années 1990... mais jusqu'à quel point ? (des manœuvres militaires russes en Sibérie, l'été dernier, peuvent ainsi être interprétée comme un avertissement à Pékin, dont les ressortissants "colonisent" économiquement la région).

    Les puissances impérialistes moyennes sont les autres pays du G8 (sauf les États-Unis) : Royaume-Uni, France, Allemagne, Japon, Italie, Canada, Russie.

    Les "petits" impérialismes voire "impérialismes vassalisés" (à l'une ou l'autre des puissances sus-énoncées) sont les autres pays ouest-européens (Belgique, Pays-Bas, Autriche, État espagnol, Danemark etc.), ou encore l'Australie et la Nouvelle-Zélande.

    Il existe des États qui, au regard de la balance des IDE notamment, sont clairement semi-coloniaux, dépendants (ils importent nettement plus de capitaux qu'ils n'en exportent), marqués de surcroît par la semi-féodalité dans les campagnes ("problème de la terre"), mais qui expriment et exercent des velléités de puissance au niveau de leur région du monde : Brésil, Argentine et bien sûr Venezuela en Amérique latino-caraïbe, Afrique du Sud en Afrique (et à une plus petite échelle Algérie en Afrique maghrébo-saharienne, Nigéria en Afrique de l'Ouest, Ouganda et Rwanda en Afrique centrale etc.), Inde en Asie du Sud, Turquie, Iran et Arabie saoudite au Proche/Moyen-Orient etc. En fait, si l'exportation de capitaux est retenue comme critère déterminant du caractère impérialiste d'un État (cf. Lénine, il y en a bien sûr d'autres, comme la dépendance quasi-exclusive d'une production à l'export), ces exemples ne le sont clairement pas au niveau mondial ; cependant, au niveau régional ils peuvent exporter beaucoup plus de capitaux vers leurs voisins qu'ils n'en reçoivent d'eux : il est alors pratiquement possible de parler de semi-impérialisme régional.

    Lorsque ces régions sont conflictuelles, ces acteurs sont incontournables pour comprendre les choses ; de manière étroitement imbriquée, ils "relaient" une ou plusieurs puissances impérialistes (grande ou moyenne) mais jouent aussi leur propre partition.

    Des petits voire micro-pays, mais abritant des concentrations capitalistiques très importantes, peuvent également être des acteurs régionaux importants, même si ce n'est pas de manière agressive (en tout cas, pas à visage découvert) : Qatar (qui a jeté le masque et appuie ouvertement des forces "subversives" dans les pays musulmans) mais aussi Émirats arabes unis (Dubaï, Abu Dhabi) dans le Golfe, Liban qui est aussi (avec Beyrouth) une grande place capitaliste arabe, Malaisie ou Singapour en Asie du Sud-Est, etc. Israël, en plus d'être une place forte militaire pour l'impérialisme occidental (principalement US), a aussi dans une certaine mesure ce caractère de place financière (Goush Dan autour de Tel-Aviv). Ses rapports avec l'Occident sont en principe ceux d'une "troupe de choc" avec son QG, dépendant de manière vitale de ce dernier, mais peuvent aussi être conflictuels, car le projet colonial sioniste (en lien, "entre autres", avec la valorisation de ce capital concentré) a aussi son autonomie, et en irritant les pays arabes il peut desservir les intérêts impérialistes européens et US (d'où l'existence de "lobbies" pro-israéliens dans tous les grands États occidentaux qui "comptent").

    D'autres pays, enfin, jouent également le rôle de concentrations capitalistiques et de places financières, mais refusent (pragmatiquement) la géopolitique et proclament parfois leur "neutralité". La Suisse (le plus gros et peuplé d'entre eux) est typiquement dans ce cas ; c'est en fait une gigantesque banque pour les capitalistes des pays européens (principalement les pays voisins). Mais tous les micro-États européens, dont on peut supposer qu'ils auraient disparu depuis longtemps autrement, sont aussi dans ce cas de figure : Luxembourg, Monaco, Andorre, Liechtenstein etc. ; ainsi que les dernières possessions britanniques dispersées à travers le monde (îles anglo-normandes, îles Caïmans etc.).

    Ce sera là, puisque nous en avons beaucoup parlé en janvier, l'occasion d'une dernière réflexion sur le "cas Dieudonné" ou plutôt le "cas Soral", puisque celui-ci est l'idéologue et Dieudonné le bateleur. Pro-Assad déclarés, les deux zigotos rejoignent finalement la liste des organisations "communistes" ci-dessus énumérées qui sont sur cette même position ; plus précisément, ce "campisme" issu de l'ultime décomposition brejnévienne du "marxisme-léninisme" post-Komintern est ce qui nourrit en permanence le soralisme (et le "nationalisme-révolutionnaire" en général) d'éléments "venus de la gauche".

    C'est typiquement là un phénomène de puissance moyenne, qui en plus de cela ne l'a pas toujours été ; qui a été une grande puissance et cherche le moyen de continuer à exister. Pour cela existent différentes "options stratégiques" :

    1°/ La première consiste tout simplement à occuper sa place, a priori généreuse (vu le rôle militaire réellement joué dans la dernière guerre mondiale), dans le bloc occidental/atlantique que l’État français a naturellement rejoint lorsqu'il fut créé (à la fin des années 1940) par les Alliés occidentaux vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale, face à l'URSS. Mais voilà : cela consiste (ou paraît avoir consisté) trop souvent à "ramasser les miettes" des Anglo-saxons (les grands vainqueurs de 1945) et cela ne plaît pas à tout le monde, dans une bourgeoisie dont apprendre la langue était encore une obligation pour toute "élite" qui se "respectait" avant ladite (et maudite) guerre.

    2°/ La seconde consiste, en partenariat solide avec l'Allemagne, à construire une "Europe forte", forte à la fois contre les Anglo-saxons et contre "l'Est" (remplacé aujourd'hui, schématiquement, par Russie + Chine ou encore Asie "émergente") et le "tiers-monde" qui, "comme à son habitude", remue ("ils ne savent que revendiquer ces gens-là", voyez-vous...). C'est la ligne qui est devenue (de loin) la plus suivie dans la bourgeoisie monopoliste BBR depuis les années 1960 (un débat demeurant sur "de quel côté" cette Europe va plutôt pencher, si elle va être "atlantiste" ou résolument anti-américaine).

    3°/ La troisième enfin, apparue dans le courant des années 1960 (car il fallait que les pays "socialistes" deviennent ouvertement révisionnistes) dans des milieux de droite "dure" et extrême (Thiriart), mais sans que les Partis "communistes" révisionnistes ne disent finalement grand-chose d'autre, consiste à s'allier (soit la France seule, soit l'Europe entière) avec l'Est (aujourd'hui la Russie et la Chine) et le "tiers-monde" nationaliste bourgeois ; en agitant pour cela un discours "anti-impérialiste" exclusivement dirigé contre les Anglo-saxons et (à l'attention des pays arabes... ceux qui ont le mazout vous comprenez !) le sionisme.

    drapeaux_france_syrie4-4.jpgCité en modèle par à peu près tout politicien bourgeois qui se "respecte", De Gaulle était globalement sur la deuxième option (c'est l'essentiel de son œuvre géopolitique, incarnée par le "couple" avec Adenauer), mais donnait parfois l'impression de pencher vers la troisième.

    Nous avons donc déjà eu l'occasion de dire que l'agit-prop à la fois "tiers-mondiste" et brûnatre-rance menée par Dieudonné et Soral n'a rien de "nouveau" ni de "spécial". La haine antisémite n'est rien d'autre que naturelle pour eux puisque parmi les "ennemis stratégiques" qu'ils souhaitent pour l'impérialisme français il y a en premier lieu Israël, et puisque c'est un discours très ancré dans les bourgeoisies nationalistes arabes (ou turque ou iranienne) qu'ils veulent séduire, d'autant plus verbalement virulentes contre le sionisme qu'elles ne le combattent guère en pratique.

    Mais ce n'est pas tout. Ce qu'il fait voir aussi, c'est que la mise en avant par eux des Chavez, Kadhafi, Assad ou Ahmadinejad voire Lumumba et Sankara (!) s'inscrit totalement dans un esprit et une culture coloniale européenne. Car ce qu'ils nous disent en fin de compte c'est : "Regardez ces Noirs, Arabes ou Latinos, ils nous montrent la fierté d'être patriotes, cette fierté dont nous les Blancs sommes interdits par la bien-pensance mondialisée" - ces "Noirs", "Arabes" et autres "Latinos" sont donc un peu des privilégiés en quelque sorte... En réalité, que l'on dénonce ces leaders nationalistes du "tiers-monde" (comme Pascal Bruckner et consorts) ou que l'on fasse mine de les valoriser en mode "NR"/Soral, c'est finalement la même pensée en arrière-plan.

    L'idée directrice, c'est de revendiquer pour les "Blancs" européens le "droit" d'être "patriotes", chauvins ; le "droit" pour les nations dominatrices d'être nationalistes... et de dominer.

    Le postulat, abstraction faite d'aimer ou pas les nationalistes du "Sud", c'est que les nationalismes se valent. Si un "Noir" ou un "Arabe" peut être nationaliste (encore une fois, que l'on prenne cela pour "modèle" ou qu'on le supporte mal), "pourquoi un Européen ne le pourrait pas". C'est le fond de l'idée qui anime aussi bien ce courant "national-révolutionnaire" que toute l'extrême-droite, autrement dit l'expression politique de la fraction la plus radicale des monopoles. Et c'est tout le contraire de ce que nous disait Lénine (par exemple) en 1922 : "Il faut distinguer entre le nationalisme de la nation qui opprime et celui de la nation opprimée, entre le nationalisme d'une grande nation et celui d'une petite nation. Par rapport au second nationalisme, nous, les nationaux d'une grande nation, nous nous rendons presque toujours coupables, à travers l'histoire, d'une infinité de violences, et même plus, nous commettons une infinité d'injustices et d'exactions sans nous en apercevoir. (...) Aussi l'internationalisme du côté de la nation qui opprime ou de la nation dite «grande» (encore qu'elle ne soit grande que par ses violences, grande simplement comme l'est, par exemple, l'argousin) doit-il consister non seulement dans le respect de l'égalité formelle des nations, mais encore dans une inégalité compensant de la part de la nation qui opprime, de la grande nation, l'inégalité qui se manifeste pratiquement dans la vie. Quiconque n'a pas compris cela n'a pas compris non plus ce qu'est l'attitude vraiment prolétarienne à l'égard de la question nationale : celui-là s'en tient, au fond, au point de vue petit-bourgeois et, par suite, ne peut que glisser à chaque instant vers les positions de la bourgeoisie". Les choses ne peuvent être dites plus clairement.

    des-supporters-de-dieudonne-font-le-salut-de-la-quenelle-deLe "nationalisme" est une idée politique et donc (si l'on est matérialiste, et non idéaliste comme ces clowns fascistes), en soi, il n'existe pas vraiment.

    Il est l'expression d'une position et d'une relation ÉCONOMIQUE entre une "nation" et les autres. Cette position/relation peut être dominante, ou dominée.

    Il en résulte des "nationalismes" foncièrement différents dans leur nature. Si l'on peut dire (comme beaucoup de marxistes et de libertaires/anarchistes le disent), "abstraitement", que le "nationalisme" n'est jamais une bonne chose (car il conduit à faire l'impasse sur des positions et intérêts de classe contradictoires, impasse dont le "tiers-monde" a éprouvé durement les conséquences après sa "décolonisation"), il n'en reste pas moins que le "nationalisme" POPULAIRE (ouvrier, paysan, "plébéien", pas bourgeois) dans une nation dominée (une périphérie) est potentiellement révolutionnaire, transformable en conscience populaire révolutionnaire, alors que dans une nation dominante (siège d'un Centre capitaliste-impéraliste) seul l'internationalisme l'est.

    En plus, comme nous à SLP et au CC-PCRÒc sommes passablement des salopards, nous avons encore sensiblement compliqué les choses ; en expliquant que dans un État impérialiste de grande taille comme la "France" (ou le Royaume-Uni, ou l'Italie, ou l’État "petit-impérialiste" "espagnol") il n'y a pas une "nation" (française) mais un ensemble de Peuples absorbés au cours de l'Histoire et dont la majorité des "élites" ont, en quelque sorte, "fusionné" (celles qui ne le voulaient pas étant de toute façon éliminées, expropriées ou tuées), donnant une bourgeoisie et donc une pseudo-nation "française".

    La manière dont cette entité nommée "France" s'est construite comme "système" a instauré ce que l'on peut appeler des hiérarchies concentriques, depuis le Centre jusqu'à l'extrême-périphérie ("DOM-TOM" et ex/néo-colonies). Une personne "française" est ce que nous définissons comme une personne "insérée" (ayant une "situation" diraient nos chers papas-mamans) socialement et culturellement dans ce "système", un "petit bourgeois" comme diraient les marxistes vulgaires ; c'est-à-dire finalement une notion de classe. Cette personne, si elle veut rallier le camp de la révolution, n'a d'autre choix que la rupture intellectuelle et culturelle avec la "France", qui n'est pas une "nation" mais (finalement) un enclos idéologique. À côté (ou plutôt, au-dessous) de cela, il y a les Peuples (ensembles de classes populaires unies par les même caractéristiques nationales) ; y compris un Peuple (on va dire) francilien (entre Orléans, Rouen, Beauvais, Soissons, Troyes, Auxerre), même si celui-ci n'est plus guère "de souche" (les franciliens "séculaires" sont généralement et sauf exception "petits bourgeois", sociologiquement français) mais plutôt composé de descendant-e-s d'immigrés-déracinés de tout l'Hexagone et de toute l'Europe, aux côtés de massives colonies intérieures (d'origine extra-européennes) qui sont encore autre chose.

    L'organisation de la production capitaliste a hiérarchisé ces Peuples. Donc finalement, à l'arrivée, cela redevient simple (vous allez voir) : être "nationaliste" vis-à-vis des Peuples situés "au-dessous" dans la hiérarchie établie par le Capital, c'est être CHAUVIN, raciste et, en définitive, enchaîné idéologiquement à la bourgeoisie bleu-blanc-rouge (car qui d'autre cela sert-il ?). Seuls des sentiments internationalistes, de "solidarité", peuvent évidemment être considérés comme progressistes et potentiellement révolutionnaires. Vis-à-vis des Peuples situés "au-dessus", les révolutionnaires de chaque Peuple, comme hier les Black Panthers vis-à-vis des "Blancs", ne sont pas animé-e-s par la haine (sentiment qui encore une fois ne mène qu'au service objectif des dominants) ; mais avant tout par l'amour de leurs propres masses populaires opprimées. Ils et elles peuvent, en revanche, être amené-e-s à les rappeler à leurs devoirs internationalistes envers les Peuples "au-dessous" d'eux, a fortiori si les personnes en face ne sont pas des "philosophes de PMU", mais se prétendent des révolutionnaires... En résumé (et imagé) : se vouloir "occitan", "breton" ou "cooorse" et considérer que le combat "prioritaire", "l'invasion" contre laquelle lutter ce seraient "les Arabes", c'est être complètement à côté de la plaque et à vrai dire un gros con. Mais se vouloir "révolutionnaire", "communiste" ou "anarchiste" ; un "révolutionnaire" bien central cela va de soi – inséré, centrurbain, intellectuel ou (aristocrate) ouvrier (moâââ monsieur !) dans une grosse boîte bien stable, de préférence publique ; et nier les Occitans, Basques, Corses ou Bretons ; ce n'est pas "presque", c'est exactement la même chose !

    Tel est l'internationalisme véritable qui doit guider les révolutionnaires authentiques de tous les Peuples de la planète ; et qui n'a rien à voir avec la prétendue "égalité des nationalismes" des fascistes "tiers-mondistes" (ou pas), qui ne sont que les chiens de garde du Capital et de son État d'oppression !

    Le "Blanc" à la Ayoub qui se veut "nationaliste" et prétend que son nationalisme "vaut" celui d'un "coloré", que celui-ci a raison ou pas mais qu'en tout cas cela "justifie" le sien, est un chauvin de grande nation et un impérialiste pitoyablement déguisé et auto-justifié ; comme d'ailleurs tout central (en général) raisonnant ainsi envers un périphérique. Et le "coloré" ou le "périphérique" en général, à la Kemi Seba, qui prétend que son nationalisme "vaut" celui du "Blanc" ou du "central" en général, est un tirailleur et un nègre de maison. Point barre, et à bon entendeur salut !

     


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