• Avec Copé, la 'droite radicale' franchit un nouveau pas et assume la tentation fasciste du 'coup de force' institutionnel


    Lu sur le site du Monde (passages surlignés par nous) :06f84e5e-f1b6-11e1-ad05-94c6c3ae2c22-493x328

    "La France a besoin d'un nouveau 1958."Telle est la conviction de Jean-François Copé, exprimée dans une tribune publiée samedi 4 mai dans Le Figaro. "En 1958, certains pensaient que (l'Hexagone) était condamné à l'écrasement, prise entre deux blocs et trahie par des élites à bout de souffle. Le général de Gaulle a montré que la France avait toujours les ressorts pour repartir à l'offensive", écrit le président de l'UMP.

    À en croire ce dernier, le pays "a besoin d'une reprise en main, d'un sursaut national. Comme en 1958, ce sursaut ne viendra pas de la gauche, incapable de s'élever au-dessus de ses intérêts clientélistes". "Le pouvoir est faible, sans ressort, ni vision pour la France. Bringuebalé par le cours des événements, il fait honte aux Français. (...) Les dirigeants, dignes héritiers de la SFIO finissante, ne comprennent rien au nouveau monde en train de naître". ajoute-t-il.

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    "Tous les grands engagements de François Hollande ont tourné au fiasco", estime Jean-François Copé, qui veut lancer "quatre grandes batailles". "Lançons la bataille de l'économie en renforçant le couple école-entreprise au lieu de les opposer", avance-t-il, tout comme "la bataille de l'autorité", celle des "institutions, pour réformer en urgence, sur la base d'un contrat clair avec les Français", et enfin, "la bataille de l'Europe, une Europe qui protège, une Europe des solutions". 

    ... CQFD 

    1958, pour rappel, c'est d'abord un coup d'État militaire et une insurrection réactionnaire de la (grande, moyenne et petite) bourgeoisie coloniale d'Algérie 'française', suivis d'un 'rappel en ALG-58-226-R128sauveur' (minutieusement orchestré par ses partisans) du général De Gaulle (qui avait dirigé, jusqu'en 1955, le RPF, formation de 'droite radicale' d'après-guerre "la moins éloignée de ce que l'on avait pris l'habitude, en France, de désigner comme le fascisme" dixit René Rémond), et de l'instauration au forceps d'une 'monarchie républicaine' qui, pour ne pas être strictement fasciste (n'étant pas dans un contexte de crise générale capitaliste, mais au contraire de prospérité), en présentait néanmoins bien des caractères...

     '1958', c'est donc un signifiant de 'reprise en main' et de 'remise en ordre' brutale de l’État et de la société hexagonale, signifiant que Copé ne peut évidemment pas ignorer et qu'il oppose, naturellement, à '1968', le grand mouvement populaire contre le régime gaulliste (précisément), à composante révolutionnaire mais avant tout ultra-démocratique et 'libertaire', synonyme pour lui de 'début de la décadence', une décadence qui s'est prolongée jusqu'à nos jours à page10atravers les honnies 'années Mitterrand'... il n'est nul besoin, à vrai dire, de parler de 'Mai 68 de droite' pour décrire l’époque que nous vivons : '1958' suffit ! Régime et 'classe' politique considérés comme en agonie terminale, avec une direction de ‘centre-gauche’ bourgeoise incompétente, pays en guerre (hier Algérie ou Cameroun, au lendemain du camouflet de Diên Biên Phu ; aujourd’hui Afghanistan, Mali etc.), ‘menace terroriste’ et ‘ennemi intérieur’ omniprésents, etc. etc. La 'révolution conservatrice' (déjà bien entamée ces dix dernières années) est résolument dans l'air du temps...

    Quant à Marine Le Pen, elle partage (évidemment) le même objectif et, à vrai dire, peu ou prou le même programme (Copé peut-être plus 'libéral-thatchérien', elle plus 'dirigiste-colbertiste' et ‘souverainiste’ sur la question européenne)... ils sont, tout simplement, deux sur la ligne pour un seul et unique fauteuil de Führer suprême ; d'où leur 'haine' de façade (vouée, de plus en plus, à s'estomper sous la 'pression de la base' des petits élus UMP) ! Selon les derniers - et terrifiants - sondages, si la présidentielle avait eu lieu ce dimanche, Sarkozy (mais ce pourrait être Copé) et Marine Le Pen (avec respectivement 34% et... 23% !) auraient éliminé Hollande dès le premier tour ; et au second, Sarkozy l'emporterait par environ 2/3 des voix (contre 82% pour Chirac face à Le Pen en 2002...). Nous assistons exactement à ce que nous avions annoncé dès avant l'élection présidentielle, mais encore plus rapidement que prévu : après à peine un an 11666 bigde pouvoir 'socialiste', de trahison social-libérale absolue des espoirs populaires, le 'peuple de gauche' est écœuré et désabusé, et la droite et l'extrême-droite ont conquis définitivement l'hégémonie intellectuelle en Hexagone. Autant dire que les 'jumeaux' de la réaction sur toute la ligne, Copé (Patrick Buisson en arrière plan…) et Le Pen, flairent le 'moment propice'... pour ne même pas attendre 2017 ! Et les appels démagogiques du sieur Mélenchon (et de ses suiveurs opportunistes NPA ou Verts) à une 'VIe République' bourgeoise, loin d'ouvrir la moindre perspective révolutionnaire, ne font qu'alimenter encore un peu plus cet 'air du temps' sinistre.algerie-de Gaulle1958

    On remarquera, aussi, que "l'Europe" est parfaitement saisie par Copé comme la seule voie praticable pour la bourgeoisie monopoliste BBR et ses comparses européennes ; ce qu'ont d'ailleurs compris toutes les 'droites radicales'/'populistes' et extrême-droites du continent, sauf la britannique (qui n'en a pas besoin, ayant l'alliance US et le Commonwealth)... et le FN, raison pour laquelle il reste encore 'marginalisé' malgré des scores électoraux de plus en plus importants. "L'Europe", donc, mais une Europe qui, face à sa crise actuelle, peut être 'repensée', par exemple vers une Europe 'à géométrie variable', ou 'resserrée' sur un 'noyau dur'... Lorsque l'intellectuel organique de la 'droite radicale' Éric Zemmour eric_zemmour_i.jpgdit que "la seule Europe qui eut été viable, c'est l'Europe de 1957, l'Europe carolingienne et napoléonienne, l'Europe des Six", il ne fait que dire tout haut ce que les bourgeoisies monopolistes des 'Six' en question (si l'on considère l'Italie dans sa seule moitié Nord) pensent tout bas : pourquoi avoir intégré, avec les mêmes droits et avantages, une représentation dans les institutions communes et un arrosage permanent d'argent public, des pays qui étaient censés être le 'premier cercle' de semi-colonies de la 'Banane bleue' France-Allemagne-Italie (du Nord)-Bénélux ? La Grèce, la Roumanie, le Portugal ou encore l'Irlande étaient 'faits' pour être des terrains d'investissements juteux, nom de nom, pas des 'partenaires' dont les technocrates et les élus au Parlement strasbourgeois sont sur un strict pied d'égalité avec les nôtres ! Et, 'pire que tout', pourquoi avoir accueilli, en 1973, une guillaume-peltier-secretaire-national-ump.jpgAngleterre (avec sa néo-colonie irlandaise et son proche vassal danois) qui veut tous les avantages sans aucune des contraintes, et n'agit en toutes circonstances que comme 'cheval de Troie' de Washington ? Parmi les soutiens de Copé, l'on trouve une 'Droite populaire' (Mariani, Luca etc.) ou encore une 'Droite forte' (Guillaume Peltier, Geoffroy Didier) qui sont, globalement, sur cette ligne : celle de la fraction ultra-réactionnaire mais réaliste des monopoles bleu-blanc-rouges...

    "Come un vecchio discende il fascismo / Succhia la vita ad ogni gioventù / Ma non sentite il grido, la sulla barricata / LA CLASSE OPERAIA L’ATTENDERA ARMATA !" (Luna rossa, chanson révolutionnaire italienne des années 1970)

      Anni di piombo2

     


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