• Au sujet d'une question...


    ... qui "traverse" pas mal le mouvement maoïste international, entre ce que l'on peut appeller les "péruviens"/"gonzalistes" et les "philippins"/"sisoniens" ; je veux parler de la question du rapport à certains régimes tels que (concrètement) le Venezuela chaviste, la Bolivie du MAS ou encore (tout simplement) Cuba ; régimes que certaines organisations (sur la ligne "péruvienne"/"gonzaliste") qualifient tout simplement de "fascistes" ou "social-fascistes" :

    Un critère très "bête" pour ce qui est de critiquer/attaquer ce type de régimes ("bourgeois", "social-fasciste" ou tout ce que l'on voudra), pourrait aussi être tout simplement de le faire dans une perspective et avec une stratégie claire, en sachant où l'on va : si la ligne de démarcation ainsi tracée donne lieu à un saut qualitatif vers quelque chose de grandiose, comme le Parti communiste du Pérou qui s'est en grande partie forgé contre la junte militaire réformiste et pro-soviétique de Velasco Alvarado et le soutien de la gauche et de la plupart des autres "Partis communistes" à celle-ci (mais, on le notera aussi, n'a pas déclenché sa Guerre populaire à ce moment-là, mais au moment du retour au pouvoir de la droite oligarchique et néolibérale...), alors OUI ; mais si c'est pour faire de la merde parce qu'on a de toute façon une ligne politique pourrie, comme les hoxhistes vénézuéliens de "Bandera Roja" contre Chávez ou burkinabés ("voltaïques", pardon !) du PCRV contre Sankara, et ne servir au final que l'offensive impérialiste réactionnaire contre ces pays, alors non !

    Depuis 2009, la ligne de Servir le Peuple a pu se résumer en substance à "(défendre ces régimes) TOUJOURS contre l'impérialisme occidental (hégémonique au niveau mondial), JAMAIS contre le peuple" (bien sûr ce n'est pas toujours aussi simple car bien souvent les choses s'imbriquent : en Syrie par exemple, le soulèvement populaire a été récupéré au profit d'une manœuvre de déstabilisation impérialiste et d'expansionnismes voisins ; cela dit, l'importance et l'efficacité du soutien russe et iranien à Assad peut peut-être permettre de ramener la situation à un "14-18" dans lequel des impérialismes et expansionnismes réactionnaires s'affrontent par Syriens interposés et il n'y a finalement aucun camp à soutenir).

    Mais c'est vrai que l'on peut aussi rajouter cette considération...

    Finalement, c'est un peu comme la libération nationale (et là on peut penser typiquement aux Kurdes) : OUI, et le droit à l'autodétermination est TOUJOURS juste en soi ; et bien évidemment que la lutte de classe des prolétaires, de tou-te-s les exploité-e-s contre la bourgeoisie est elle aussi TOUJOURS juste en soi ; mais ATTENTION... (surtout) dans les pays semi-coloniaux dominés par l'impérialisme, il n'est pas permis de faire de la merde – une perspective politique EN ACIER TREMPÉ est requise, la POLITIQUE AU POSTE DE COMMANDEMENT.

    Bon, disons plus prosaïquement que "là où il y a oppression, il y a résistance" et que nous ne pourrons bien sûr jamais empêcher (à l'autre bout du monde...) des masses opprimées de s'insurger contre ce qui les opprime (raison pour laquelle une révolution qui veut triompher doit justement éviter ces situations, en mettant hors d'état de nuire les agitateurs contre-révolutionnaires MAIS AUSSI et surtout en ne donnant pas aux masses de raisons de les suivre), et il ne fait hélas guère de doute que même au Venezuela, les fils-à-papa réactionnaires et racistes de toujours ont vu ces dernières années leurs rangs grossis de travailleurs révoltés par la misère qu'ils subissent ; mais la perspective politique qui affaiblit l'impérialisme ou au contraire le sert va DÉTERMINER NOTRE ATTITUDE INTERNATIONALISTE : simplement dire que "c'est mal de massacrer les gens, le régime qui fait cela est antipopulaire et ne peut pas avoir notre soutien" ; ou mobiliser et organiser une solidarité ACTIVE en faveur d'une force politique donnée, éventuellement l'envoi de volontaires pour prêter main forte voire se battre, etc.

    La bourgeoisie "de gauche", réformiste, peut être chassée du pouvoir ; mais elle doit l'être au profit de quelque chose de supérieur : la véritable démocratie populaire anti-impérialiste, le véritable socialisme en marche vers le communisme. Pas au profit d'un retour en force de l'exploitation impérialiste dont le pays s'était même très maigrement dégagé.


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