• "Antisystèmes", "quenelliers" etc. : "dissidence" en carton, schizophrénie de petits bourgeois frustrés... et juteux fonds de commerce


    Encore un article de Quartiers Libres. C'est l'amour, toi-et-moi-dans-le-même-bermuda ? Peut-être, ou pas.

    C'est surtout d'une très grande importance de diffuser le plus largement possible ce genre d'article, car depuis bientôt 10 ans que l'on parle de ces personnages (Soral, Dieudonné, Séba puis la ribambelle des "quenelliers") on a l'impression qu'il s'agit de démons jaillis des portes de l'Enfer qui justifieraient "pour la culture et la civilisation" (comme disent les autres) les alliances "antifascistes" les plus hallucinantes, comme avec le P's' bourgeois de Valls (le Parti radical de notre époque)... Alors que nous avons tout simplement là des PETITS CAPITALISTES plus ou moins dandys qui ont trouvé dans la mobilisation politique de masse (la "dissidence") un créneau commercial vendeur et qui disent "juif" (enfin, plutôt "sioniste" ou "talmudiste" pour éviter les condamnations, qui coûtent du fric) pour ne pas dire CAPITALISME, car dire "capitalisme" les foutrait dans la merde en tant que petits bourgeois. Qui mettent leur "dissidence" au service du Front National car même la mettre au service du NPA ou de Mélenchon exigerait des remises en cause personnelles trop importantes, une autocritique trop difficile de ce qu'ils sont. Et qui ne vont nulle part sinon au bout d'un croc de boucher car dans ce pays, pour paraphraser C.L.R. James, "le cours géné­ral de l'histoire est tel que tout mouvement fasciste d'étendue nationale (aussi déguisé soit-il) sera obligé de s'attaquer à la lutte des 'minorités visibles'/colonisé-e-s intérieur-e-s pour l'égalité"*.

    Quant au cas Médine, c'est tout simplement (et malheureusement) le parcours classique des rappeurs-qui-vendent qui rejoint ce qui est dit plus haut : ils se retrouvent pris en tenaille entre leurs origines populaires et colonisé-e-s intérieures, qui les poussent à contester le monde tel qu'il est (a fortiori quand cette contestation est aussi leur argument commercial), et leur position actuelle de friqués qui les empêche de remettre en question le capitalisme (dont ils tirent leurs confortables ressources) : tout ceci en fait des proies de choix pour la pseudo-"dissidence". Le rap est un art profondément populaire mais qui depuis un bon quart de siècle a été marchandisé (comme beaucoup de choses dans le système capitaliste), ce qui a permis à certains artistes (une petite minorité, mais celle que tout le monde voit et entend) d'acquérir de belles fortunes : toute l'équation, toute la schizophrénie politique des ces personnes (qui fait couler kilométriquement l'encre de l'extrême-gauche petite-bourgeoise blanche) réside là, tout simplement. Un autre encore, comme Doc Gynéco, ne fait quant à lui plus de "contestation" depuis longtemps, assume la variét' et en cohérence avec son compte en banque affiche son soutien à Nicolas Sarkozy. Mais là, l'indignation de certains "antifascistes" est étrangement à géométrie variable. L'artiste pop-variété de petite classe moyenne blanche, lui, naît généralement dans un milieu politique républicain-citoyenniste-social-démocrate et mourra tranquillement républicain-citoyenniste-social-démocrate, électeur PS ou Vert, à moins que "trop d'impôts" ne le pousse un peu plus à droite (genre "je commence à travailler pour moi mi-octobre"... bon et je gagne jusqu'au 31 décembre trois ans de SMIC d'un ouvrier, certes, mais quand même !)...

    On a les maîtres à penser que l’on mérite

    À toutes les « panthers » autoproclamées (new, arabian et on ne sait quoi d’autre) : arrêtez donc de salir l’histoire du BPP avec vos palabres sur les juifs au nez crochu qui contrôlent le monde en secret ; stoppez vos délires d’oligarchie et de mondialisme qui vous conduisent à nouer des alliances avec les tenants du racisme et de l’impérialisme français. Si vous voulez lutter contre les dominations sociales et raciales, plutôt que de croire aux balivernes de quelques comiques troupiers, appliquez donc directement le programme des Panthers.

    S’inscrire dans une véritable logique militante, comme le faisait le BPP, c’est se confronter aux tenants du pouvoir sur tous les terrains, ce qui revient à être un révolutionnaire marxiste. Les Panthers, Fanon, Malcolm X, Cabral, Sankara, Lumumba, Nyobe, Césaire et la quasi-totalité des leaders dont la « dissidence » en carton du Net se charge aujourd’hui de vendre les t-shirts étaient des révolutionnaires marxistes.

    Lire aussi, sur l'effondrement idéologique du soralisme dont nous avions déjà parlé :

    Soral avait tort et "nous" avions raison

    Réponse de l'intéressé sur les réseaux sociaux : "Je ne résiste pas au plaisir de relayer ce magnifique article de ces sous-merdes d'antifas sous sponsoring trotsko-sioniste !". Waow, on peut dire que ça, c'est de l'argument politique !

    L'on pourra également vous inviter à lire ce cinglant article d'un blog anticolonialiste basé et luttant dans l'une des dernières colonies directes tricolores (la Réunion) ; autrement dit à qui on ne fait pas prendre des vessies "antisionistes" antisémites pour des lanternes anticapitalistes et anti-impérialistes :

    Comprendre le colonialisme et le racisme : le cas d'Alain Soral

    kemi seba medine

     

    * La prise de position d'Aymeric Chauprade (le "Monsieur International" du FN) en faveur d'Israël et de ses partisans, lors du dernier conflit-massacre à Gaza et des grande manifestations populaires le dénonçant, et la rupture consécutive d'Alain Soral et de sa nébuleuse avec lui - donc avec le FN (1 - 2 - 3) - sont venues confirmer cela et ce que nous disons depuis des années quant à l'INCONSISTANCE politique du soralo-dieudonnisme (ce qui ne nous empêche pas de dénoncer son fond idéologique, ses buts politiques et ses conséquences néfastes dans les classes populaires). En fin de compte, il est possible de dire que la différence entre Médine et Dieudonné (deux "idoles des quartiers" à leurs époques respectives) c'est que quand Dieudonné a rejoint Soral, cela pouvait encore passer pour une démarche "d'avant-garde" vouée à un certain succès. Cette différence se voit bien, d'ailleurs, dans la manière qu'a Médine (contrairement à Dieudonné qui est "à fond" dans son truc) d'assumer un jour à 100%, un jour à moitié, un jour presque pas etc., en mode "je prends pas parti mais un peu quand même".

     


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