• Aérons-nous le cerveau... si nous voulons pouvoir souffler sur l'étincelle de la révolution !


    [Commentaires vus sur les rézosocios]

    [Un intervenant parlait de construire une organisation en "évitant les pièges du stalinisme"]

    "Le 'stalinisme' n'a rien été d'autre que l'application, plus ou moins heureuse ou malheureuse selon les 'dossiers', du marxisme-léninisme dans un contexte très particulier (guerre mondiale et son approche) et déjà pour commencer je ne vois pas comment quoi que ce soit de 'staliniste' peut exister aujourd'hui.

    Il existe effectivement quelques petits groupes qui se réclament de Staline (Staline-Mao ou Staline-Hoxha) ; généralement ce sont de petites sectes, l'idée est grosso modo que Staline soit Dieu pour que le petit chef du truc soit son lieutenant sur terre. Mais à ce niveau-là ce n'est pas très différent des groupuscules trotskystes avec Trotsky, anarchistes avec Bakounine ou Makhno ou Durruti, voire conseillistes-ultragauches avec Rosa Luxemburg (ça marche d'ailleurs aussi avec des idoles impersonnelles : "les Conseils", "la Commune", "la Catalogne de 1936" etc.).

    En fait comme l'a bien résumé un camarade : les gens ils croient que Marx, Lénine, Staline ou Trotsky, Bakounine ou Rosa c'est leurs darons quoi... Les critiquer c'est insulter leurs darons.

    Ils vivent dans des cultes et des mythes, ils ne pensent plus avec leurs têtes.

    Staline, je pense que tout le monde est d'accord sur ce qui n'est pas défendable dans son œuvre [mais beaucoup moins, malheureusement, sur ce qui est tout à fait défendable et même à acclamer, et qui pourrait bien selon Mao être deux choses sur trois qu'il a faites la-critique-maoiste-de-staline].

    Mais Marx et Engels n'étaient pas avancés du tout sur le colonialisme, en plus de considérer la France comme la Grande Nation et de raconter n'importe quoi sur l'Occitanie (la 'nation du Sud de la France' disaient-ils), bon ils reconnaissaient son existence, c'était déjà ça... Et des Communards (référence plutôt libertaire) exilés en Kanaky, seule Louise Michel l'a (relativement) été. Même les conclusions du Congrès de Bakou (Zinoviev zinoviev_19201014, soutenu par Lénine et Trotsky) sont franchement paternalistes et civilisatrices vues d'aujourd'hui.

    Bakounine (et pas seulement Proudhon, ça ça commence à être relativement connu) était antisémite. Passé une époque, il n'attaquait plus Marx que sur sa judéité, à travers des discours dignes d'Hitler wikirouge.net/critique_socialiste_et_antis.C3.A9mitisme.

    La CNT-FAI n'a pas voulu soutenir le mot d'ordre d'indépendance du Maroc (pourtant bien mis à l'ordre du jour depuis Abdelkrim, c'était pas une revendication sortie de nulle part et sans base locale, je veux dire).

    Les Conseils n'avaient aucune raison de ne pas avoir les défauts des AG aujourd'hui : joyeux bordel, tous les points de vue se valent à priori, etc. En Alsace, je parle bien des conseils ouvriers-paysans-soldats (pas des conseils municipaux bourgeois), ils avaient leur lot de socedems partisans du rattachement à la France. En plus de ceux que les bourgeois pro-français pouvaient infiltrer... Ce qui pose la question d'une avant-garde, qui formule des positions et des objectifs clairs et s'y tient et les défend, même lorsque la masse du peuple en assemblée est versatile (celle-là même dont le principe du conseillisme est qu'elle a toujours raison).

    Une avant-garde qui a aussi ses défauts et ses perversions possibles, pas la peine d'y revenir.

    Tout ça, je ne sais pas si le pire est de le défendre sur la base des textes (vieux de 100 ou 150 ans) qu'on s'est greffé à la place du cerveau ; ou ceux qui carrément l'enterrent sous le tapis, n'ont pas ces positions problématiques mais font comme si celles de leurs idoles du passé n'existaient pas, discretos en sifflotant, parce que dans leurs têtes c'est impossible de s'attaquer aux 'dieux'."

    ************************************************************

    Il y a une conception, une Science prolétarienne communiste de la révolution ; et, QUE CELA NOUS PLAISE OU NON, elle est 'rythmée', 'scandée' par les étapes de développement que sont le marxisme, le léninisme et le maoïsme.

    Que cela nous plaise ou non ; car je vais, pour la démonstration, prendre l'exemple du trotskysme : Marx, Engels, pas de problème ils s'en réclament. Lénine aussi (fût-ce en gommant d'importantes divergences qu'il a pu avoir avec Trotsky). Ils se dissocient, à partir de 1924, de l'application concrète faire par Staline des théories de Lénine dans la construction du socialisme en URSS, et dans le développement de la révolution mondiale à travers le Komintern. Ils s'y opposent tellement systématiquement que chaque fois que Staline et ses partisans dans le monde se trompent, commettent des erreurs, foirent complètement quelque chose, forcément et mécaniquement... ils ont raison. Mais ils essayent tout de même (parfois) de s'emparer de figures, telles que Gramsci ou Mariátegui, qui se sont écartées de la "stricte orthodoxie" kominternienne sans pour autant s'être réclamées en quoi que ce soit de Trotsky : qui ont, en fait, peut-être commencé à comprendre et à DÉPASSER les limites du léninisme (rappelons que Lénine est mort à même pas 54 ans après seulement 6 ans de révolution, et que contrairement au maoïsme, jusqu'à sa mort le léninisme se réduit pour ainsi dire à sa seule personne)... et à préparer l'étape suivante et supérieure.

    Ils prolongent ensuite (sans qu'il y ait à leurs yeux de rupture) cette lutte contre le "stalinisme" au révisionnisme khrouchtchévien puis brejnévien qui suit la mort de Staline ; et là encore dans beaucoup de cas, essayent de s'emparer de figures qui se sont opposées à ce "modèle" révisionniste soviétique sans se réclamer de façon trop tonitruantes à leurs yeux (de façon disons hoxhiste) de la continuité avec Staline : le Che, divers anticolonialistes et anti-impérialistes, parfois Mao lui-même, ETA (oui, des lambertistes m'avaient fait part d'une opinion positive car "c'était une force révolutionnaire ouvrière" !), etc. etc. ; développant une sympathie croissante pour les luttes "tiers-mondistes" etc.

    Bref... ils ont qu'ils le veuillent ou non SUIVI les grandes étapes de la pensée marxiste, ils ont DÉPENDU d'elles ; leur activité et leur développement historique a été "rythmé" par elles.

    De même que chaque fois que les anarchistes, avec Makhno ou la CNT-FAI, ont fait quelque chose de (relativement) grand, c'était avec un mode d'organisation semi-bolchévik ; pas putschiste-conspirateur blanquiste, ni individuel ravacholien, ni purement syndicaliste radical ; autrement dit, en ayant assimilé partiellement (même à leurs corps défendant) des éléments de marxisme voire de léninisme.

    Par la suite, des courants libertaire toujours croissants se sont "ouverts" à l'idée qu'un "nationalisme" puisse être à défendre lorsque de nation opprimée, anti-impérialiste, anticolonialiste : imprégnation léniniste voire maoïste.

    En substance : ils ont toujours un train de retard... mais ils SUIVENT eux aussi le mouvement, les ÉTAPES à travers lesquelles la conception révolutionnaire des masses opprimées et exploitées du monde, pour leur libération, se développe.

    Cette conception et ses différentes étapes existent QU'ON LE VEUILLE OU NON, qu'on les assume telles qu'elles sont "à l'état pur" et sous leurs noms (marxisme, léninisme, maoïsme), comme nous le faisons, ou non.

    Elles 'scandent', 'rythment' et RÉGISSENT, DÉTERMINENT aussi bien toute l'activité réelle et concrète des larges masses populaires de la planète, qui se mobilisent, s'organisent et luttent, que celle de toutes les forces politiques disons anticapitalistes... quand bien même opposées, hostiles à l'idée de nouvelle et supérieure étape (marxistes-léninistes anti-maoïstes, ou trotskystes qui sont finalement cela pour le marxisme-léninisme - "vive Lénine" mais il ne représente pas un dépassement du marxisme, ou purs et simples marxistes anti-léninistes) ; ou tout simplement au marxisme lui-même (anarchistes) ; car en étant 'contre', elles en dépendent et se déterminent par rapport aussi !

    Et le combat permanent que nous devons mener est un combat, sur tel et tel et tel des 10 millions de sujets qui peuvent exister, des IDÉES JUSTES contre les idées fausses ; et non un combat "d'étiquettes" ou de "chapelles", c'est à dire où l'étiquette que s'est collée celui en face de nous suffit à disqualifier toute idée de sa part et celle que nous nous sommes nous-mêmes collée à nous donner automatiquement raison (sans cesser par ailleurs de dénoncer comme "faux" les autres que nous qui se sont collés la même).

    Raisonner ainsi ne mène strictement à rien et stérilise la pensée. Peu importe qui l'émet, une idée est juste ou elle est fausse ; et elle peut être juste même si 99% de ce que dit par ailleurs le même individu ou groupe est erroné. Un groupe qui a raison ou du moins la position la plus correcte qui existe sur 99 sujets sur 100 (ce que ne veut déjà pas dire automatiquement de se proclamer MLM, ou ML) peut avoir tout faux sur le 100e. L'idée juste peut parfois être comme un diamant à extraire des scories de déformations erronées ; souvent dues aux dogmes que le courant politique en question n'ose pas enfreindre.

    C'est dans cet état d'esprit que nous devons procéder à la "collecte", à la réunion et à la synthèse des idées justes dans une conception communiste du monde (et chacun de nos différentes situations nationales, locales) la plus élaborée et "pointue" possible, capable de permettre de renverser enfin le pouvoir des exploiteurs et d'instaurer celui du peuple exploité.


  • Commentaires

    2
    Pascal
    Mardi 28 Août à 14:06
    En général, les conseillistes considèrent la Révolution d'octobre comme un putsch bourgeois. C'était la position de Pannekoek, pas celle de Rosa Luxemburg mais on ne sait pas comment elle aurait évolué.
    Quand on reproche aux trotskistes de s'emparer de certaines figures, on peut peut être en dire autant des maoïstes avec Ho Chi Minh.
    Quand au Congrès de Bakou avec Radek qui "faisait appel aux sentiments guerriers qui inspirèrent jadis les peuples de l'Orient, quand, guidés par leurs grands conquérants, ils s'avancaient vers l'Europe"...
    1
    Mamadou Niang
    Lundi 27 Août à 11:38
    Bon je suis globalement d'accord avec ce que tu dis là c une conception assez dialectique. Mais le souci en est la conclusion. La recherche absolue de la vérité pure me semble être une impasse. Une fois que tu as dis ça il faut devenir sur quelles bases s'organiser, quelles sont les lignes de demarcation infranchissables, quelle base donner au parti et aux differents fronts tactiques, organisations de masse etc Ce travail de vérité doit se mener bien sûr mais à l'intérieur d'organes formels.
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