• 20 Novembre, Jour de la Résistance du Peuple noir au Brésil


    Texte de la LCP (Liga dos Camponeses Pobres, Ligue des Paysans Pauvres, maoïste) pour le 20 novembre, jour de commémoration de la mort du chef "marron" Zumbi en 1695, et des luttes des esclaves noirs au Brésil et de leurs descendants en général :

    VIVE ZUMBI DES PALMARES ! VIVE LE JOUR DE LA RÉSISTANCE DU PEUPLE NOIR !

    La Ligue des Paysans Pauvres salue ce jour du 20 novembre en rendant un vibrant hommage à l'héroïsme du chef de guerre Zumbi des Palmares [https://fr.wikipedia.org/wiki/Palmares_(quilombo)] ; saluant ainsi l'histoire de la résistance des quilombos contre l'esclavagisme, pour une vie libre sans exploitation ni oppression.

    C'est là un jour pour réaffirmer l'exemple de lutte et de résistance donné par le Peuple noir brésilien, qui est le visage même des classes populaires de notre pays et obtiendra un jour sa libération particulière, en tant que groupe ethnique massacré par le système d'exploitation capitaliste, dans le triomphe de la révolution de toutes les masses populaires opprimées dont il fait partie et représente même la majorité.

    Le Brésil est le pays qui a le plus "reçu" d'esclaves africains. Plus de 6 millions d'êtres humains ont été enlevés à leurs nations d'origine sur le continent africain, et déportés dans des conditions d'une indescriptible cruauté par les colonisateurs, torturés quotidiennement et obligés au travail forcé. Durant plus de 300 ans, les Noirs ont été réduits en esclavage dans notre pays. Des générations et encore des générations nées esclaves et vendues comme une quelconque marchandise, des familles entières séparées par la force, dégradées dans leur condition humaine, traitées pire que des animaux.

    Aux côtés des Peuples indigènes originels, les Noirs auront été les premiers travailleurs du Brésil, la première classe sociale opprimée et exploitée qui a bâti de ses mains toute la richesse du système colonial, et dont l'exploitation a permis de développer et consolider le système capitaliste et impérialiste.

    Le Peuple noir constitue le noyau, moteur et principal, des forces de la Révolution brésilienne à venir, en tant que majorité de la classe ouvrière et paysanne. Toute l'histoire de sa lutte pour la libération, au long des siècles, n'étant que le prélude à la lutte que cette gigantesque et puissante masse noire, qui constitue le cœur de l'alliance ouvrière-paysanne, va maintenant déchaîner pour mener la Révolution de Nouvelle Démocratie à son terme. La Révolution est la seule voie pour libérer toutes les classes populaires et en finir définitivement avec cette division de l'humanité entre le Peuple noir et tous les peuples opprimés de notre pays et du monde entier. 

    La lutte pour l'auto-affirmation du Peuple noir et de toute son histoire et sa culture, pour combattre le génocide qui le frappe dans les grandes villes comme dans les campagnes, soulèvera bientôt comme jamais auparavant dans notre histoire, une fureur révolutionnaire organisée et invincible ! La fureur de siècles de ressentiments et de rêves de revanche, écrasés à feu et à sang par la plus brutale répression et aussi, souvent, détournés par l'action de l'opportunisme, les discours d'intellectuels petits-bourgeois divisionnistes, corporatistes et racistes, liés et complémentaires au vieil État bourgeois-latifundiste au service de l'impérialisme.

    La question raciale est historiquement liée à la question sociale, et en particulier à la question agraire, de la propriété de la terre. Terre de laquelle les Peuples indigènes ont été expulsés par l'invasion des colons portugais. Terre de laquelle le travail, la sueur et le sang du Peuple noir réduit en esclavage, a extrait les richesses pour le compte du roi de Portugal et de l'Angleterre. Terre qui, au long des 515 années d'histoire de notre pays, s'est vue pillée et déniée au peuple pauvre ; déniée aux Noirs, notamment, par la fameuse Loi sur la Terre de 1850... toujours en vigueur de nos jours ; pour enfin, être déniée à tous les paysans pauvres !

    C'est ainsi que nous nous trouvons à présent en plein 21e siècle, et la question agraire au Brésil reste absolument intacte...

    Les 13 années de gouvernement du PT de Lula puis Dilma [le texte original date de 2015, nous en avons quelque peu "abrégé" la conclusion dont les longs développements contre le PT alors au pouvoir ne sont (après le coup d’État judiciaro-parlementaire de la droite en 2016 puis l'accession au pouvoir du fasciste ultra, champion de la suprématie peau-claire, Jair Bolsonaro fin 2018) plus d'actualité] n'ont pas mis fin à cette situation de domination semi-coloniale par l'impérialisme ni à cette base semi-féodale du pays.

    L'échec de la réforme agraire promise prouve que le vieil État ne peut ni (en réalité) ne veut détruire le latifundio, de par sa propre essence et nature de classe bourgeoise-latifundiste pro-impérialiste ; et que c'est seulement et uniquement par la voie révolutionnaire que pourra triompher la lutte séculaire du Peuple brésilien pour la terre, l'eau, le pain, la justice et la démocratie nouvelle !

    Vive Zumbi des Palmares, héros du Peuple brésilien !

    À bas le génocide du Peuple noir !

    Vive la Révolution agraire ! Vive la Révolution de Nouvelle Démocratie !!

    20 Novembre, Jour de la Résistance du Peuple noir au Brésil

    20 Novembre, Jour de la Résistance du Peuple noir au Brésil


  • Commentaires

    4
    Pascal
    Lundi 2 Décembre à 10:49

    Les maoïstes brésiliens constatent que les Noirs constituent la majorité des ouvriers et paysans, surtout dans le Nordeste et qu'ils sont effectivement les plus exploités, sans pour autant parler des "privilèges" des Blancs toutes classes confondues. Ils parlent d'une division entre le peuple noir et les autres peuples opprimés mais disent qu'il faut en finir. Pour le PIR, le moins qu'on puisse dire est que ce n'est pas clair.

    Ils ne disent pas que les Blancs vont devoir assumer leur histoire depuis que les Portugais ont débarqué en Angola, que les Blancs vont devoir faire leurs preuves pour sauver leurs peaux, ni que la société brésilienne ne va peut être pas toujours accepter leur présence.

    https://www.cairn.info/revue-nouvelles-questions-feministes-2006-1-page-122.htm

    Pour ce qui est des quilombos, si les Noirs y étaient largement majoritaires, on y trouvait aussi des métis, des Indiens et des Blancs sans que l'on sache que cela ait posé des problèmes.

    L'Internationale Syndicale Rouge n'était pas contre le principe de syndicats noirs aux USA, de même un congrès de la race noire (précisant certes que c'était une race d'ouvriers et de paysans) s'était tenue avant guerre organisée par l'IC mais ne s'écartait on pas un peu de "l'orthodoxie" ?

      • Lundi 2 Décembre à 14:32

        Le plus simple pour débattre des positions du PIR serait peut-être de le faire directement avec eux, il y a un formulaire de contact sur leur site : 

        http://indigenes-republique.fr/nous-contacter/

        Mais pour apporter déjà quelques éléments qui nous semblent de réponse : non, pour qui a fait l'incommensurable effort de les lire vraiment, pour le PIR les Blancs comme les autres sont des catégories sociales créatures de l'ordre mondial impérialiste et qui ont vocation à disparaitre avec lui, pour ne laisser effectivement plus aucune barrière raciale entre exploités qui d'ailleurs ne le seront plus (exploités).

        Quant au Brésil, c'est tout de même le cas de dire que si ça existe ; si environ 20% des 20 à 25% les plus pauvres seraient blancs (sachant que c'est là-bas une auto-définition avec une forte tendance culturelle à se définir tel quand bien même un "vrai blanc" comme Bolsonaro ne serait pas d'accord...) ; notamment dans le Nordeste où ils descendraient de Hollandais partis dans les bois après la reprise de la région par les Portugais ; ainsi que dans le Sud où pratiquement tout le monde est blanc et certains sont restés en bas de l'échelle ; il n'en reste pas moins que la problématique des "petits blancs" est beaucoup plus restreinte qu'ici, où tout de même, bien plus que le quart des bas revenus sont d'ascendance européenne...

    3
    Pascal
    Dimanche 1er Décembre à 14:45
    Les maoïstes brésiliens doivent pouvoir dire "nous" en incluant des ouvriers et paysans blancs et ne reprochent pas leurs "privilèges" aux travailleurs blancs. Ils ne disent pas non plus que le socialisme brésilien devra être "centré sur les Noirs" comme la LTF pour l'Afrique du Sud.
      • Dimanche 1er Décembre à 18:48

        C'est pourtant ce qu'ils disent : "Le Peuple noir constitue le noyau, moteur et principal, des forces de la Révolution brésilienne à venir, en tant que majorité de la classe ouvrière et paysanne."

        Car la LCP, ce sont les maoïstes brésiliens.

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