• 10e anniversaire des émeutes de 2005


    Un très bon article à lire :


    Une révolte qui échoue, c’est 20 ans de répression (Quartiers Libres)


    Il y a dix ans, le 28 octobre 2005, en plein mois de Ramadan, les « banlieues françaises » s’enflammaient après la mort violente de gamins poursuivis par des flics. Muhittin Altun, Bouna Traore et Zyed Benna couraient pour échapper à des policiers qui n’avaient aucun motif sérieux pour les poursuivre. De ces trois mômes s’étant finalement réfugiés dans un transformateur EDF, Muhittin Altun fut le seul survivant.

    Zyed_Bouna_10_ans

    Des gamins d’un quartier populaire, la police nationale, des vacances scolaires et le Ramadan : tout était réuni pour que les choses virent au tragique.

    Un simple regard sur les statistiques des crimes racistes et sécuritaires suffirait à montrer que, depuis plusieurs décennies, ceux-ci sont ancrés dans les mœurs françaises. Le drame du 28 octobre 2005 n’est pas isolé : il y en a eu trop avant et après pour que l’on puisse le traiter isolement. Cependant, la singularité de cette séquence, c’est qu’à la suite du décès des mômes, la révolte a explosé dans les quartiers, à travers la France entière, malgré les appels au calme.

    Depuis 1983, le phénomène en lui-même est un éternel recommencement : des jeunes se font tuer sans raison – parce que personne ne mérite de mourir à cet âge et de cette manière, quelles que soient les circonstances – et le quartier se soulève en signe de solidarité et de protestation. La nouveauté, c’est que la dureté de la vie, dans toute son homogénéité pour les classes populaires vivant en « zones sensibles », « ZUP », « cités », « banlieues », « quartiers populaires », va transformer cette révolte locale en embrasement général.

    C’est un révélateur de l’évolution du climat social en France.

    Les conditions se sont dégradées à tel point que la mort de gamins d’un quartier éloigné et le traitement de ces évènements par les médias et les institutions incitent mécaniquement à la révolte dans toute la France.

    Avec l’aide des médias, de par la qualité de leur mise en scène, les habitants des quartiers populaires vont alors effrayer les classes dirigeantes ainsi que leurs « voisins » des zones pavillonnaires pendant tout le mois de novembre 2005, faisant trembler l’Occident tout entier, de Berlin a New York en passant par Londres.

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    "20 ans de répression" (enfin, là on en est à 10 ans mais ce n'est évidemment pas fini), c'est effectivement la première chose qui doit venir à l'esprit et y rester présente avant toute prétention à analyser la portée de ces évènements : le "système" a eu peur, et c'est cette peur qui domine et détermine encore très largement le contexte politique dans lequel nous vivons et luttons aujourd'hui.

    En réalité même des phénomènes politiques comme le dieudo-soralisme, les divers et variés "islamismes" et autres courants idéologiques réactionnaires (suprématisme noir "kémite" etc. etc.), sans même parler de l'individualisme "gangsta" en mode capitalisme extra-légal, peuvent être analysés dans cette perspective de "contre-subversion" ; et ce ne sont pas là nos "délires complotistes et (forcément) antisémites", mais carrément des personnes s'affirmant "Juifs et Juives révolutionnaires" qui le laissent entendre ouvertement : de même que la drogue (l'héroïne notamment) et l'esprit de gang fratricide ont été "injectés" massivement dans les ghettos US à l'époque des Black Panthers et des Brown Berets, on ne peut pas exclure que ces thèses politiques réactionnaires et (surtout) stériles aient été "injectées" dans les "quartiers" d'Hexagone après la "Grande Peur" de 2005 (enfin, elles étaient déjà présentes un peu voire bien avant, mais la "menace des banlieues" l'était déjà aussi), afin de mener les consciences politiques émergentes dans une voie de garage. Après tout (comme le rappellent "Juifs et Juives révolutionnaires"), la méthode a déjà pu être utilisée en Algérie coloniale : les Juifs y avaient obtenu la citoyenneté française, les séparant ainsi d'une population indigène dont ils faisaient pourtant partie depuis près de 2.000 ans ; mais en contrepartie, des groupes de colons bien francaouis agitaient et propageaient aussi la haine anti-juive dans les masses musulmanes arabo-berbères afin de détourner vers les Juifs (utilisant ces derniers comme "paratonnerre" en quelque sorte) la colère anticoloniale qui devait normalement les viser eux...

    Il n'est même pas nécessaire, à vrai dire, d'imaginer un "complot", un "plan" élaboré dans les bureaux d'un quelconque "service spécial" : il s'agit simplement là, dans une période d'explosion de la contestation et de l'antagonisme, des "défenses immunitaires" du "système" qui s'activent "naturellement" en l'absence de véritable organisation révolutionnaire permettant de les surmonter. Ceci rejoint finalement ce que nous avons toujours dit et répété sur Dieudonné et Soral : plus qu'une idéologie et un programme susceptibles de prendre réellement le pouvoir (et donc d'exercer une véritable menace...), un poison "stérilisateur" pour les consciences politiques émergentes et "discréditeur" pour les luttes où ils ramènent systématiquement leur fraise.

    Par rapport à tout cela, on va peut-être encore nous reprocher de "tout le temps parler d'eux" mais enfin, c'est tout de même dans la critique des positions des autres que l'on expose le mieux les siennes : la position du 'p''c''mlm' pour ce dixième anniversaire est absolument évocatrice ; évocatrice à vrai dire de toute leur évolution politique au cours de ces 10 dernières années. En effet, après avoir évalué les évènements à leur juste valeur, ce que trop peu à l'"extrême-gauche" avaient effectivement fait à l'époque, ils ont placé en ceux-ci des espérances totalement idéalistes et, ces espoirs déçus, ont alors basculé dans une amertume qui les a amenés vers des positions de plus en plus réactionnaires (cf. leurs propos actuels sur les "quartiers", l'immigration etc. etc.). Une vision, en réalité, totalement linéaire et "perfectionniste" du mouvement réel et des processus historiques en développement, ignorant complètement tous les obstacles à commencer par celui qu'évoque Quartiers Libres - celui de la "contre-révolution immense" (comme disait Marx) qui va systématiquement se dresser devant les poussées révolutionnaires et les mises en danger de l'ordre dominant de cette ampleur ; ainsi que toutes les contradictions internes propres à un tel mouvement, toute la sinuosité du chemin de la libération pour des millions d'hommes et de femmes.

    Une recherche, aussi, de "l'unité des masses" à tout prix ("cet effet de division au sein des masses populaires françaises", "fracture des masses populaires entre les secteurs populaires des banlieues (...) et les masses de la 'France profonde'", "échec de l'union des masses") ; débouchant à l'arrivée sur un étrange concept de... "démocratie populaire" en pleine métropole impérialiste (ou encore une célébration de "l'esprit Charlie" comme "plus grand mouvement de masse depuis 1945") ; alors que c'est peut-être malheureux à dire, mais Lénine nous a enseigné que la révolution comme "accouchement de l'histoire dans la violence" n'a que peu de chances de consister en une "armée" des classes populaires faisant face à une autre, celle de la bourgeoisie et - disons - des gens gagnant plus de 3 000 € par mois : les unes représentant au moins les 3/4 de la population, et les autres au maximum un quart, les choses seraient un peu trop faciles ! Non, c'est malheureux à dire mais même si la tâche des communistes est bien sûr de rassembler le maximum de forces sociales sous leur drapeau et de briser le plus possible les aliénations à la classe dominante (briser le "bloc historique" adverse...), dans un processus historique révolutionnaire il va aussi y avoir des masses populaires non seulement "indifférentes" ou "peu enthousiastes" mais carrément HOSTILES au dit processus : des masses aliénées qui combattront la révolution et que les masses révolutionnaires devront combattre.

    Du clan Le Pen à Alain Soral en passant par Zemmour, Onfray, Finkielkraut, Chouard, Michéa et autres "briseurs de pensée unique" (que ce soit en mode "néocon" islamophobe ou "rouge-brun" à plus ou moins forte tendance antisémite), les idées les plus réactionnaires sont exaltées comme "ce que pense vraiment le vrai peuple" des "petits" et des "sans-grade" ; mais comme l'écrivait très justement le philosophe marxiste Adorno, "glorifier les malheureux pauvres diables (aliénés) revient bien souvent à glorifier le merveilleux système (capitaliste) qui fait d'eux ce qu'ils sont"...

    La révolution est le paroxysme de la politique, la politique est clivage ou n'est pas et la révolution sera donc aussi un affrontement entre deux parties des masses populaires, deux "BLOCS HISTORIQUES" selon la conception de Gramsci. Aussi déplaisante soit-elle, il faut se faire à l'idée !

    Ce que nous essayons simplement de faire, c'est peut-être de remettre (un peu) en cause un certain nombre d'idées fausses très ancrées dans la "gauche radicale", partagées par le 'p''c''mlm' et partagées y compris par les auteurs de travaux scientifiques sur lesquels nous nous appuyons, comme le "géo-sociologue" (d'idéologie plutôt "chevènemento-séguiniste"...) Christophe Guilluy : il est ainsi (par exemple) FAUX d'affirmer que "les masses populaires de province/'France profonde'", des périphéries, se sentant "seules et abandonnées de tous", auraient "choisi de soutenir le Front National" (et seraient donc, en toute logique, des ennemies jurées et irréconciliables des révoltes de banlieue que nous défendons ici). Une simple mise en parallèle de la carte des "périphéries" (dressée grâce aux travaux de Guilluy lui-même) avec celle du vote Front National montre en effet que celui-ci est d'abord et avant tout un vote d'"entre centres et périphéries", "géographiquement petit-bourgeois" si l'on peut dire, ce que viennent encore confirmer les études "sociologiques pures" confrontant le vote FN chez les "ouvriers non-précaires" à emploi stable (l'aristocratie ouvrière), où il est effectivement très au-dessus de la moyenne générale, et chez les prolétaires précaires où il est nettement plus faible et où le vote à gauche (valant ce qu'il vaut, on vous voit venir...) reste majoritaire. Les "périphéries profondes" non seulement des grandes métropoles (les fameux "quartiers" dont nous commémorons aujourd'hui le soulèvement) mais aussi "provinciales"/rurales ne votent pas particulièrement FN et font parfois même preuve d'un très fort antagonisme populaire comme on a pu le voir récemment à Flers (Orne, 15.000 habitant-e-s) après l'arrestation brutale de deux jeunes pour faits de cannabis, à Pont-de-Buis (Finistère, Breizh-Izel) contre l'armement militaire des forces de répression et en mémoire de Rémi Fraisse ou encore sur les diverses "ZAD" de Notre-Dame-des-Landes ou encore de Sivens (et tss-tsss pas de "ce sont des étudiants bobos gauchistes venus des grandes villes universitaires" : la jeunesse populaire locale est très impliquée dans ces luttes) ; ceci sans même parler du très fort et très antagonique militantisme autour des questions de libération nationale comme en Corse ou au Pays Basque (la conscience de Peuple nié imprégnant aussi fortement les luttes en Bretagne ou en Occitanie) : ces "territoires sociaux" (puisqu'il faut parler clairement, et puisque vous connaissez déjà nos thèses sur le sujet...) font partie selon nous, aux côtés des "zones urbaines sensibles"/"territoires perdus de la République", du "bloc historique" qui doit affronter le Capital et son État et livrer la guerre révolutionnaire en Hexagone. [Sur ce nécessaire "bloc historique" à constituer, lire ici Saïd Bouamama  et  ici "Pour un internationalisme domestique" d'Houria Bouteldja.]

    L'on passera sur la "convocation" au débat du... référendum européen de juin 2005, "séquence politique" qui n'a que très peu intéressé et mobilisé les quartiers populaires concernés par les émeutes 6 mois plus tard, et dont nous ne voyons pour tout dire pas le rapport avec le sujet. Le rejet du Traité constitutionnel européen (contrairement par exemple au Traité de Maastricht en 1992) a principalement résulté du "basculement" momentané d'une partie du PS (incarnée notamment par Laurent Fabius) en sa  défaveur* ; partie du PS mue par des considérations d'opposition électoraliste à l'UMP (alors au pouvoir) et très vite revenue par la suite à ses fondamentaux sociaux-libéraux et européistes ; autrement dit il n'a pas fondamentalement fait bouger les lignes et les rapports de force (les... "blocs historiques") sur la (très "blanche") question pro- ou anti-UE, et encore moins (bien sûr) dans le sens d'une "déferlante nationaliste et social-chauvine tous azimuts" "aidant le fascisme tant en pratique que sur le plan des idées". La très forte poussée réactionnaire et fasciste observée ces 10 dernières années, d'abord avec l'élection triomphale de "SarkoBuisson" en 2007 (que le 'p''c''mlm' n'a pourtant pas comptée aux rangs de cette montée du fascisme...) puis avec l'explosion du vote FN sous l'égide de Marine Le Pen, n'a en réalité rien à voir avec cet évènement et plutôt tout à voir, au contraire et justement, avec la "Grande Peur" provoquée dans la petite bourgeoisie et l'aristocratie ouvrière "pavillonnaire" par les émeutes de novembre 2005 et les nombreuses autres flambées des "quartiers" qui ont suivi depuis !

    Tout ceci sans même parler des inévitables et incontournables contradictions, voire véritables frictions au sein même du "bloc historique" de la révolution : l'on pensera par exemple à la difficulté de mettre en avant certaines questions "sociétales" au sein du prolétariat dans son ensemble (et pas seulement des "colonies intérieures" prolétaires d'origine extra-européenne !), qui reste encore pétri de valeurs patriarcales ; à la "concurrence" des communautés et des mémoires entretenue par le "système" et qui ne disparaîtra pas du jour au lendemain ; aux différences de "centralité du Mal" qui peuvent exister entre les différentes cultures nationales représentées dans l’État français, etc. etc. Des contradictions qui doivent bien sûr être affrontées et "traitées" ; qui produisent et entretiennent des phénomènes comme le dieudo-soralisme (jouant alors, comme on l'a dit, un rôle de "poison" dans les consciences et les luttes) et qui permettent aussi aux "chiens de garde" de l'ordre établi (y compris prétendument d'"extrême-gauche"), en "zoomant" dessus, de discréditer et de frapper d'infâmie l'affirmation de tel ou tel secteur populaire dans son principe même ; mais qui ne doivent pas pour autant nous détourner de voir la tendance générale, tendance à la lutte révolutionnaire, dans son ensemble. Les "convergences" et autres "articulations" des luttes doivent bien sûr faire l'objet de toute l'attention des révolutionnaires... mais elles interviennent aussi régulièrement de manière totalement spontanée et "naturelle", comme lors de l'élection de Sarkozy en mai 2007 qui vit "émeuter" côte-à-côte, dans de nombreuses grandes villes, une jeunesse blanche d'extraction petite-bourgeoise mais vouée à la précarité par la crise générale capitaliste et la fameuse jeunesse "colorée" des banlieues-ghettos ; où encore lors du contre-sommet de l'OTAN à Strasbourg en avril 2009, lorsque des militants radicaux de cette même jeunesse petite-bourgeoise blanche prolétarisée assaillirent un commissariat et restituèrent aux jeunes de la "ZUP" locale les scooters confisqués en répression de l'usage de stupéfiants (comme c'était l'usage sous Sarkozy à cette époque), jeunes du quartier qui se joindront souvent aux affrontements et aideront beaucoup de militants anticapitalistes à échapper à la répression, etc. etc. Il en est ainsi car c'est la tendance historique générale !

    Le grand soulèvement insurrectionnel des quartiers prolétaires urbains à dominante "colonies intérieures" de novembre 2005 n'a donc pas été, de manière idéaliste et incantatoire, le "début de la Guerre populaire" en "France" ; mais UN évènement spectaculaire (par son ampleur "nationale" hexagonale) marquant UN "saut", dans le processus historique de libération révolutionnaire, pour UN secteur social du "bloc historique" populaire de la révolution. Un saut devant en préparer et en amener d'autres, dans un processus PROLONGÉ et semé d'obstacles, de détours plus ou moins malheureux, d'avancées et de reculs. C'est cela, voir les choses de manière dialectique.

    Sur ces évènements et leur 10e anniversaire, on lira avec plaisir ces quelques positions communistes révolutionnaires :


    De la révolte des banlieues à la révolution prolétarienne ! (Bloc Rouge - meeting international prévu le 21 novembre)


    10 ans après les émeutes de 2005 : Combattre le racisme ! Abattre le capitalisme ! (OCML-VP)


    2005-2015, on n'oublie pas, on ne pardonne pas !
    (Femmes en Lutte 93)



    Et puis bien sûr (nous avons gardé le plus important pour la fin...) il y a aura ce samedi 31 octobre à Paris une Marche de la Dignité organisée en mémoire de Zyed et Bouna et de la glorieuse révolte populaire qui a suivi leur mort criminelle et tragique ; marche qui sera encore une nouvelle occasion d'affirmation militante pour le prolétariat ghettoïsé des "quartiers" et en particulier pour les colonies intérieures qui y vivent majoritairement : départ de Barbès à 14h00 en direction de la Bastille.

    BIEN ENTENDU, comme nous avons déjà pu le dire dans divers débats à ce sujet, IL SUFFIRA d'1% d'éléments à l'attitude et au discours douteux (et IL Y EN AURA sans le moindre doute) pour que, "zoomant" dessus, tous les ennemis du principe même d'affirmation des "quartiers" et des colonies intérieures fassent de cette mobilisation un repaire d'"antisémites", de "complotistes" et autres "confusionnistes", de "fanatiques religieux" etc. etc. (à vrai dire la seule présence - probable - de drapeaux palestiniens devrait déjà être incompréhensible et insupportable pour certains...).

    Le fait qu'il puisse y avoir, dans une mobilisation syndicale contre un plan de licenciement ou une quelconque "réforme" gouvernementale de type Loi Macron, quelques % (ou peut-être - voire certainement - plus) de personnes pensant que "quequ'part Marine Le Pen elle dit pas qu'des conneries" ne faisant pas pour autant focaliser nos "chasseurs de confusion" sur ces personnes et dire que ce mouvement social était un "repaire de fachos"... Vous aurez - sans aucun doute - compris où nous voulons en venir.

    Soyons-y donc préparé-e-s "psychologiquement" et (surtout) politiquement.

    10e anniversaire des émeutes de 2005
    10e anniversaire des émeutes de 2005


    * Notre position sur ce référendum, puisque c'est l'occasion de la répéter à nouveau bien que cela n'ait rien à voir avec le sujet, a été celle d'un "Non sans sabler le champagne" :

    - Nous avons analysé (et soutenu sur cette base) le "Non" comme (en réalité) un "merde" au pouvoir en place ; moins le rejet d'un texte déjà aux 3/4 en application (reprenant aux 3/4 les traités antérieurs...) qu'une sanction de toutes les politiques françaises menées depuis le début de la nouvelle crise générale dans les années 1970.

    - Nous avons reconnu aux 55% de "Non" cette valeur, et nous ne leur en avons jamais donné plus. La majorité au pouvoir, une bonne partie de l'opposition et la quasi-totalité des grands médias ayant fait campagne pour le "Oui", nous y avons vu un intéressant moment de divorce entre les classes populaires (où le "Non" était bien au-dessus de 55%...) et ceux censés "faire l'opinion" ; mais nous n'y avons jamais vu pour autant "la révolution" ou une quelconque "rupture radicale" en "marche".

    - Nous avons par ailleurs toujours dit que des gens avaient pu voter "Oui" pour de bonnes raisons ("pensant bien faire", avec des intentions progressistes mais idéalistes - typiquement l'électeur des Verts, ou encore le "régionaliste de gauche" type UDB, PÒc etc.) et "Non" pour de mauvaises (nationalistes, chauvinardes, xénophobes... ou trouvant le texte et l'Union européenne en général trop "sociale", "bureaucratique", "soviétique" - cela existe et c'était même sans doute une très grande partie du "Non" hollandais quelques jours plus tard, qui a pourtant été l'occasion d'un nouveau sablé de champagne pour les "nonistes" hexagonaux !).

    - Quoi qu'il en soit, il est absolument clair et vrai que 6 mois plus tard, l'écrasante majorité (75-80%...) était cette fois-ci pour... soutenir l'état d'urgence et condamner le soulèvement des quartiers populaires ; confirmant rétroactivement nos raisons de ne pas sabler le champagne au soir du 29 mai.

     


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